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 Sur le chemin des Murmures

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La Noblesse
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Je suis : duc décadent de Sombreciel et mage de l'Été amateur d'explosions

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Message Sujet: Sur le chemin des Murmures   Lun 20 Juin - 21:00


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Alméïde d'Erebor & Castiel de Sombreflamme

Sur le chemin des Murmures

Ou quand nous sommes sous le charme



• Date : Le 23 juin 1001.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : C'est une semaine splendide qui s'achève, trop courte au goût de Castiel, qui aimerait encore garder la princesse d'Erebor auprès de lui. Au programme de cette clôture, une balade champêtre qui n'est pas sans arrière-pensée.


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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Lun 20 Juin - 22:36

Tu as très peu dormi et que d’un œil, pour les trois, peut-être quatre, heures que tu as réussi à grappiller aux mains de la nuit. Ça a été ainsi pour toute cette semaine de plaisir et de joie, de danses jusqu’aux petites heures et de visites aux quatre coins d’Euphoria, alors peu te chaut le manque de sommeil et ton teint pâle, bien caractéristique de toutes ces heures données à vénérer la lune, les étoiles et le sol qu’a foulé de ses pieds Alméïde d’Erebor.

Parce qu’il est uniquement question d’elle, dans ces nuits sans sommeil.

Tu penses uniquement à son sourire et à ses yeux, à ses cheveux de soie noire, à son visage parfait et à ses doigts d’artiste, à ce corps qui se cache sous ses voiles erebiens. Comme vous avez eu du plaisir, cette semaine ! Comme vous avez dansé, ri, découvert, lu, murmuré et ri encore ! Tu n’a pas pu te retenir, non, tu as tenté d’écouter les conseils de Mélusine, de réfréner tes ardeurs enthousiastes, de ne point brusquer cet être délicat qu’est Alméïde, tu as fait de ton mieux, mais tu as été incapable de tout faire, incapable de te retenir entièrement. Seuls tes instincts et tes passions, tes désirs affolants, chaque fois réveillés à la seule vue d’une mèche sombre, ont été contenus, que Mirta te pardonne de ne pas avoir été son dévoué serviteur pendant ces quelques jours. Le feu, ardent, délicieux, a brûlé tes doigts cent fois, tes mains tout autant, de ne jamais oser serait-ce effleurer l’Ibéenne, de se placer si sagement sur sa taille lors des danses et de se retenir d’arracher voiles et bijoux avec voracité.
Ce soir, seulement, en seras-tu capable ? Par tous les Dieux, tous autant qu’ils sont à veiller sur ta pauvre tête folle, sauras-tu contenir la fièvre qui fait de toi un simple mortel ? Ta langue, déjà, a voulu mille fois se délier, tout avouer, et tu crains que l’ivresse, la maladresse, ne te transformes en un monstre de précipitation. Non, Castiel, tu te dois d’être prudent, patient.

Tu as mangé un déjeuner frugal, ton estomac serré t’a empêché de manger plus que deux bouchées d’une tartine beurrée, et tu es déjà prêt à partir pour cette dernière journée et cette dernière nuit. Il est si tôt, le soleil vient de se lever au-dessus de la mer faussement calme en ce matin frais, mais tu es bien éveillé, frais comme la rose. Tu piaffes presque, dehors devant le palais, à attendre ton invitée. Vos chevaux sont sellés, vos vivres emballés par tes domestiques et empaquetés dans les sacoches que vous transporterez. L’escorte qui doit vous veiller, obligatoire vu ton statut, le fera de loin, à des postes cachés, le tout à ta demande. Parce qu’aujourd’hui, pour ces derniers moments, vous chevaucherez. Seuls. Ton cœur bondit, ton sourire apparaît, lorsque la dame paraît aux portes, vêtue pour cette journée de balade champêtre par les chemins les plus discrets de ton duché : « Prête, princesse ? » Cette fois, elle ne sait pas ce qui l’attend – cette fois encore. Toujours, avec toi.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Mar 21 Juin - 4:17

Le réveil a été soudain, presque brutal. Des rêves étranges sont venus troubler son sommeil, rêves dont le souvenir s'estompe mais dont elle garde une douloureuse impression de honte et de désarroi. C'est la voix d'Anthim qui résonne encore à ses oreilles et son estomac est tiraillé quelques instants, alors qu'elle se lève, l'esprit encore embrumé. Ce n'est pas la première fois qu'elle sent la culpabilité l'étreindre ainsi, la princesse d'Erebor, elle qui déteste le mensonge et admire toute personne capable d'honnêteté. Elle n'a pourtant pas trouvé d'autre solution afin de tenir la promesse faite au duc de Sombreciel des mois plus tôt et d'accepter son invitation dans le duché de l'esprit. Elle était pleine d'appréhensions, Alméïde, ne sachant trop quoi attendre de cette semaine organisée avec soin par le duc lui-même. Force est de constater qu'elle s'est beaucoup amusée en sa compagnie, dans la capitale cielsombroise, découvrant chaque jour un peu plus des coutumes de ce voisin honni par les siens. Et c'est un programme chargé qu'il lui a préparé, c'est à peine si elle est parvenue à trouver quelques instants de répit durant ces quelques jours d'activités incessantes. Et chaque nuit, elle s'est endormie épuisée, en un rien de temps, la tête pleine de musiques, d'inventions et de spectacles en tous genres. Elle lui en est même reconnaissante la princesse des dunes, car ainsi, elle ne songe pas à son frère et à sa réaction lorsqu'il apprendra où elle a passé la semaine.

C'est son dernier jour et il est emprunt d'une certaine nostalgie. Alméïde a apprécié ces instants auprès de Castiel et elle reconnaît en lui l'enthousiasme et la tendre folie qu'elle connaît si bien en Mélusine. Ce sont ces similitudes qui lui ont permis de se sentir rapidement en confiance, ou du moins plus à l'aise qu'elle ne l'aurait été d'ordinaire. L'engouement dont il fait sans cesse preuve est contagieux et la princesse se laisse aisément entraîner dans ses idées saugrenues, à la fois curieuse et fascinée par ce qu'il a à lui montrer de son duché qu'il chérit tant.

Elle ne perd pas de temps à s'apprêter en cette douce matinée. Un petit déjeuner lui est servi, assez garni pour nourrir une dizaine de personnes, lui laissant le choix entre bien des mets, sans doute par souci de lui apporter avec certitude quelque chose qu'elle apprécie. Alméïde mange peu pourtant et des domestiques viennent l'aider à terminer les préparations, ajustant le voile sur sa tête, par dessus la longue natte qui retombe délicatement sur son épaule. Un détail qu'elle avait malencontreusement oublié lors de son premier jour, oubli qu'elle ne risque pas de réitérer tant les regards se sont accrochés à son passage, d'ores et déjà attirés par ce teint hâlé si peu habituel en Sombreciel.

Et la voilà parée, prête pour cette journée qui lui réserve certainement encore de nombreuses surprises. On l'escorte jusqu'à l'extérieur, où Castiel l'attend près des chevaux déjà sellés, et son sourire fait écho au sien, si communicatif. « Prête, princesse ? » Sa voix laisse transparaître un certain empressement et elle acquiesce sans hésiter. « Je suis prête votre Grâce. » Elle s'avance vers l'un des chevaux, une bête magnifique à la robe soyeuse. Elle caresse doucement son encolure et s'installe promptement sur la selle, d'un geste habile, témoin d'années de pratique. Elle a revêtu une tenue plus simple, plus pratique ce jour-ci, afin de ne pas être gênée dans sa chevauchée. Voilà quelques temps qu'elle n'avait pas pris le temps de renouer avec cette activité qu'elle apprécie pourtant depuis des années. De plus, la journée s'annonce agréable, c'est donc une excellente occasion.

« Alors, allez-vous enfin me dire où nous nous rendons aujourd'hui ? » demande-t-elle alors qu'ils commencent tous deux à avancer, non loin l'un de l'autre. Elle doute qu'il lui révèle la surprise, lui qui semble aimer entourer son incroyable programme de mystère, mais elle ne perd rien à essayer.

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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Ven 15 Juil - 4:49, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Mar 12 Juil - 5:01

Il t’est si délicieux de voir Alméïde sous un voile cielsombrois, si différent de ceux erebiens. Ceux d’Erebor habillent les courtisanes du harem, protègent la peau des nomades contre le soleil, le sable et le vent, cache les membres de ceux qui travaillent le roc. Ici, il sublime, il suggère, il attise le mystère. Et en ce cas… oh, tu es plus qu’attisé. Imitant son geste, tu prends place sur ta propre monture, espérant avoir un peu de la grâce de la princesse.

« Alors, allez-vous enfin me dire où nous nous rendons aujourd'hui ? Vous connaissez désormais mon goût pour les surprises », réponds-tu avec aplomb, le sourire déjà large. Cette semaine a été pleine de surprises, d’imprévus, et tu espères que la finale sera
la hauteur des jours précédents. Tu es un peu nerveux que cela lui déplaise. Ou est-ce trop intime ? Jamais Mélusine ne te l’a indiqué clairement, dans votre correspondance ; tu as pris son silence pour un accord, pour ce qui t’arrange, mais tu crains le pire. L’aube est rose et éclaire votre chemin, alors que vous quittez Euphoria par des chemins moins empruntés que ceux commerçants. Le bruit des sabots des chevaux, celui des oiseaux, et le vent qui charrie l’air salin de la mer, odeur qui s’atténue alors que vous vous enfoncez dans les terres épineuses de Sombreciel. Toi qui aime tant parler, qui manifeste ta joie et ton bonheur dans un babillage incessant parcouru de rires et d’exagération, tu apprécies le silence de cette randonnée matinale, et lorsque tu pousses un peu plus le pas de ton cheval, Alméïde suit du même mouvement. Tu n’aperçois même pas la garde embusquée dans quelques bosquets, derrière quelques arbres. Tes yeux admirent uniquement, à la dérobée, le profil de ta compagne de la semaine.

Enfin, incapable de tenir tous les rênes de ton secret plus longtemps, tu romps le confortable silence entre vous d’une voix calme : « Nous pique-niquerons en chemin. Nos terres sont peu fertiles, sauf pour ce qui est des conifères, des pommiers et de quelques fleurs utiles dans la préparation de nos spécialités locales, mais elles cachent de splendides lacs. Vous pourrez même vous y baigner, si vous en avez le désir. » Alors que tu éviteras très soigneusement de t’approcher à moins de quatre mètres de la rive, par simple précaution. Tu aimes contempler la mer et admirer les reflets des forêts dans les lacs, ces joyaux liquides que bien des peintres comparent aux yeux des Dieux, mais de loin. De très loin, idéalement. Tu restes pensif encore un peu, hésitant à lui en révéler un peu plus sur votre destination. Tu choisis de conclure dans le mystère, encore et toujours : « Nous allons à un endroit très… cher à mon cœur. elle est privilégiée. Tu es un duc tape-à-l’œil, tu envoies sans cesse de la poudre aux yeux, pour détourner l’attention de ce qui te touche réellement, ce qui t’importe plus que tout. Pas aux Murmures, cela dit. Pas ce soir, comme tu te l’es promis. À Alméïde, tu peux révéler qui tu es. Juste un peu. Votre semaine a-t-elle été agréable ? Ou dois-je m'attendre à une déclaration de guerre dès votre retour à Vivedune ? » Ton léger, ton rieur, pour cacher l'inquiétude qui se meut en ton ventre.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Ven 15 Juil - 16:51

« Vous connaissez désormais mon goût pour les surprises » Oh, comme il est vil. Un sourire amusé fend ses lèvres tandis que sa curiosité est piquée au vif par tant de mystère. Elle soutient un instant ce regard rieur et plein de malice, espérant en retirer encore quelques informations mais elle finit par abandonner de bon cœur. Car elle est bel et bien habituée désormais. De surprise en surprise, de découverte en exploration, le séjour d'Alméïde n'a été fait que de ces instants volés ici et là où tout était mis en place pour l'étonner. Et comme une enfant, elle a pris plaisir à cet apprentissage des coutumes cielsombroises, si différentes de celles de son duché mais très certainement tout aussi fascinantes à bien des égards. Elle en avait déjà eu quelques aperçus grâce à Mélusine qui ne cesse de la surprendre depuis des années. Mais jamais elle n'avait passé autant de temps au cœur de ce duché voisin et elle a fait au mieux pour ne pas en perdre une miette. Bien que certaines mœurs lui paraissent encore bien... étrangères.

Le temps est clément en cette douce matinée et leur chevauchée agréable. Un silence paisible s'installe, uniquement interrompu par le pas régulier de leurs montures sur les chemins peu fréquentés qu'ils empruntent. Un silence qui ne trouble aucunement la princesse, adepte de la solitude et du calme. Elle se mêle peu au monde Alméïde, satisfaite d'être laissée en paix à dévorer les ouvrages de la bibliothèque ou à étudier quelque schéma dessiné quelques jours plus tôt. Castiel a dû s'en rendre compte puisqu'il a ménagé de nombreux moments afin qu'elle puisse être seule ou qu'ils profitent de la bibliothèque du palais. Et encore une fois, il a visé juste en pensant qu'une balade à cheval lui ferait plaisir, loin de l'agitation constante de la capitale cielsombroise, si vive, si intense.

« Nous pique-niquerons en chemin. Nos terres sont peu fertiles, sauf pour ce qui est des conifères, des pommiers et de quelques fleurs utiles dans la préparation de nos spécialités locales, mais elles cachent de splendides lacs. Vous pourrez même vous y baigner, si vous en avez le désir. » Son regard se pose sur lui lorsqu'il brise le silence, éveillant son intérêt. Un pique-nique au bord d'un lac, voilà qui lui semble fort appréciable. Elle acquiesce doucement mais elle se garde bien de dire qu'elle n'a pas l'intention de se baigner. Tout d'abord, parce qu'elle ne sait pas nager et qu'elle ne veut prendre aucun risque mais elle n'a de toute manière pas les vêtements adéquats. Elle ne compte pas réitérer l'expérience des bassins de Sinsarelle qui déjà, est à deux doigts de colorer ses joues déjà rosies par la brise et les doux rayons du soleil. Et puis, elle connaît désormais sa peur de l'eau et préfère rester auprès de lui en cette dernière journée en Sombreciel. À plusieurs reprises, elle s'est surprise à apprécier ses récits, son engouement, sa présence rafraîchissante quoique parfois déroutante. Castiel est bien homme de Sombreciel, un brin excessif mais Alméïde y voit là de nombreuses similitudes avec Mélusine qui a su gagner sa confiance avec les années.

« Nous allons à un endroit très… cher à mon cœur. » Oh ? Les questions se pressent sur ses lèvres mais elle ne saurait les poser car il enrobe ses quelques mots d'une aura de mystère et il y a peu de chances qu'il révèle quoi que ce soit à ce sujet. Il ne tarde d'ailleurs pas à le contourner habilement. « Votre semaine a-t-elle été agréable ? Ou dois-je m'attendre à une déclaration de guerre dès votre retour à Vivedune ? » Elle rit doucement, non sans ressentir une certaine appréhension au creux de son ventre à l'idée de la réaction d'Anthim quand elle aura enfin le courage de lui annoncer la véritable destination de son voyage. Mais si guerre il devait y avoir, elle ne viendrait certainement pas de son insatisfaction.

« Aucun souci à vous faire de ce côté-là votre Grâce, vous avez été un hôte exemplaire. » Et le programme qu'il lui a préparé... quel programme ! Nul doute qu'elle repartira la tête pleine de souvenirs agréables de ce séjour à Euphoria. Cette ville qui porte décidément bien son nom. « J'ai beaucoup apprécié l'exposition d'inventions, leur imagination est sans limites ! Bien que je me questionne encore sur l'utilité d'avoir des bottes sans semelles. » Si ce n'est peut-être de profiter de la fraîcheur du sol tout en ayant l'air distingué ? Oui, une imaginations débordante ces Cielsombrois ! Encore que certaines des inventions semblaient tout à fait fascinantes. « Je regrette de ne pas avoir vu la fin de la pièce cependant, elle était très intéressante. » Mais survenue le lendemain d'une soirée dansante et quelques heures après une dégustation de cidre qui lui est doucement monté à la tête. Alméïde s'est rapidement fait rattraper par la fatigue et n'a été réveillée que par les applaudissements de la salle. Toute penaude à l'idée d'avoir ainsi raté une partie du spectacle et fort embarrassée de s'être endormie sur l'épaule du duc qui n'a visiblement pas vu d'intérêt à la réveiller. Rejetant le souvenir gênant au loin, elle préfère demander : « J'espère ne pas vous avoir trop longtemps retenu loin de vos responsabilités cette semaine, vous devez avoir fort à faire. » Il est duc après tout et elle sait combien la charge peut être lourde par moments, elle qui a vécu aux côtés d'Anthim toute sa vie.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Mar 19 Juil - 1:38

En une phrase, tes angoisses se dissipent quelque peu, le long des mots doux d’Alméïde, les plus doux qu’elle a pu prononcer depuis que tu as la chance de l’avoir rencontrée : « Aucun souci à vous faire de ce côté-là votre Grâce, vous avez été un hôte exemplaire. » Exemplaire. Toi. Ce n’est pas le type de compliment, habituellement ! Tu es toujours trop, pas assez, trop enthousiaste, pas assez retenu, trop colérique, trop emporté, trop peu contrôlé. Alors tu t’enorgueillis de ce compliment, le caressant en ton esprit comme tu le ferais d’un objet précieux. « J'ai beaucoup apprécié l'exposition d'inventions, leur imagination est sans limites ! Bien que je me questionne encore sur l'utilité d'avoir des bottes sans semelles. Pour les bordels, ma chère. Je vous ai épargné la visite de quelques-uns des meilleurs bordels d’Euphoria, mais les plus distingués demandent une tenue particulièrement soignée, ce qui peut être difficile à faire dans les circonstances. Ainsi, on peut profiter du confort des coussins les plus confortables sans mettre de côté son élégance, ou salir les lieux. Peut-être auriez-vous aimé en visiter un ? » La question est sincère, mais non pas dépourvue de ce désir de la faire rougir, encore, de faire monter à ses joues ce rouge qui déjà s’y dessinait à la mention d’un pique-nique champêtre, sans que tu saches que tu n’es pas le responsable de la gêne inhérente à la baignade.

Tu la taquines, tu te moques, tu provoques. Tu étires jusqu’à la fin les plaisirs de ces jours en sa compagnie, amassant le plus de souvenirs, de rires et d’œillades complices que tu puisses emmagasiner dans ta mémoire.

« Je regrette de ne pas avoir vu la fin de la pièce cependant, elle était très intéressante. Comme toi, tu ne regrettes aucunement qu’elle se soit endormie ! le poids de sa tête t’a surpris, mais tu n’as plus osé bouger par la suite, humant son parfum discrètement. Vous avez uniquement raté l’orgie, réponds-tu avec un sérieux qui dure le temps de quelques longues secondes, avant que tu éclates franchement de rire. Je vous taquine. » Encore, toujours, n’est-ce pas ? « J'espère ne pas vous avoir trop longtemps retenu loin de vos responsabilités cette semaine, vous devez avoir fort à faire. Cette inquiétude est appréciée, mais tu la chasses d’un geste de la main, comme tu chasserais une mouche incommodante. J’ai l’heureuse chance d’être la victime régulière d’insomnies et il ne me dérange plus d’œuvrer à la bonne tenue de mon duché au milieu de la nuit. Puis, entre… passer des instants avec vous et… » … et travailler… non, oui, tu préfères les insomnies. Difficiles à cacher, celles-ci, vu ton allure et tes cernes, mais tu ne t’en formalises pas. Tu préfères prétendre travailler qu’avouer que tes nuits sont plutôt garnies en cauchemars. En horreurs. Tes doigts caressent distraitement la crinière de ta monture, puis ses poils rêches et propres, les muscles de ce cou puissant. Une gêne, subite, te prend, et te rends timide. Tu n’es pas habitué de faire la cour sérieusement et tes intentions te semblent bien sérieuses, envers la princesse d’Erebor. Trop, peut-être, pour une femme que tu connais bien peu. Tu es intimidé, oui, par toutes ces possibilités auxquelles tu ne sais pas quoi répondre.

Tu retournes au silence, même, assez longtemps pour que lorsque tu reviens au sujet de son séjour en Sombreciel, le sujet semble neuf, presque intouché : « De mon côté… vous faire explorer le palais et Euphoria a été ma partie favorite. » Tous les recoins sombres et mystérieux, ce quai toujours embrumé, les passages secrets connus dans la ville et dans ton palais, sans mentionner tous ceux que vous ne connaissez pas. Tu as aimé voir ses yeux s’illuminer devant une bibliothèque basculant sur un boudoir minuscule et chaleureux, un escalier s’escamotant sous le lit d’une chambre d’invité, un faux soupirail s’ouvrant pour révéler des cachettes, un long couloir passant sous les maisons de jeux protégées par Omen et Albys, et encore un toboggan atterrissant au milieu d’un jardin de roses. « Ça me fascinait, quand j’étais petit. Quand j’étais seul, puis avec Melbren… nous avons contribué à l’éboulement de quelques passages, d’ailleurs. Celui reliant ma suite et celle qui vous a été attribuée, entre autres. » Tu es suggestif, un peu amusé. Tu ne dois pas être trop sérieux, c’est la clé. Jouer le jeu.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Jeu 21 Juil - 2:09

« Pour les bordels, ma chère. » Pardon ? Ses yeux s'écarquillent et une candide surprise se dessine sur ses traits tandis qu'il explique les raisons d'une invention si particulière. Ses joues s'empourprent à nouveau à mesure que ses explications touchent à sa fin et deviennent clairement écarlates lorsqu'il lui demande si elle voulait en visiter un. À cours de mots, elle hoche vivement la tête de façon négative, fort embarrassée à la seule idée de pénétrer dans un tel lieu. « N-non je... ce n'est pas nécessaire. » Parvient-elle tout de même à répondre, reportant son regard droit devant elle, faisant mine d'admirer le paysage. Elle devrait pourtant être habituée à aborder ce genre de sujets, elle qui régit le harem de son frère, mais il n'en est rien. Elle préfère chasser toute image douteuse de son esprit et poursuivre sur les activités de la semaine qui lui semblent être un terrain moins glissant. Mais Castiel est taquin, Castiel aime chercher les limites et parvient toujours à la surprendre.

« Vous avez uniquement raté l’orgie » L'orgie ? Mais quelle orgie ? Elle ouvre des yeux ronds comme des soucoupes, prise de court par cet air sérieux qui ne laisse aucune place au doute. Du moins, jusqu'à ce qu'il éclate de rire. « Je vous taquine. » Oh. Et l'embarras la reprend, le rouge sur ses joues ne la quitte plus. Un air faussement boudeur prend place sur ses traits de s'être ainsi fait avoir à nouveau. Car ce n'est pas la première fois que le duc de Sombreciel s'amuse à tester ses réactions sur des sujets de cette nature et elle soupçonne que ça l'amuse beaucoup, tout comme ça amuse une certaine marquise qui ne perd pas une occasion pour glisser une remarque espiègle à son oreille. Elle ne s'offusque pas pourtant la princesse, pas vraiment. Elle retrouve rapidement son sourire, quoique plus timide.

« J’ai l’heureuse chance d’être la victime régulière d’insomnies et il ne me dérange plus d’œuvrer à la bonne tenue de mon duché au milieu de la nuit. Puis, entre… passer des instants avec vous et… » Elle songe un instant à s'enquérir au sujet de ces insomnies dont il est malheureusement victime – déformation professionnelle, sans doute – mais une nouvelle gêne s'empare d'elle, différente de la précédente. La végétation au bord du chemin lui semble soudain fort intéressante, de même que le paysage intrigant de ce duché dont elle ne savait rien, ou presque, il y a encore quelques jours à peine. Le silence s'installe une nouvelle fois entre eux, rompu par l'avancée des chevaux et la brise agitant la cime des arbres et le voile dont elle s'est parée pour leur balade.

« De mon côté… vous faire explorer le palais et Euphoria a été ma partie favorite. » Son attention se reporte entièrement sur Castiel, un sourire venant fleurir sur ses lèvres au souvenir des nombreuses heures passées à déambuler dans la ville ou dans les moindres recoins du palais. Euphoria possède un certain charme qui a su ravir l'Erebienne, bien que son cœur soit à jamais épris de l'architecture voilée des palais d'Erebor et de ses dunes, de ses montagnes, de ses oasis merveilleuses. Elle a pris un plaisir non feint durant ce séjour et elle ne s'en cache pas. « Ça me fascinait, quand j’étais petit. Quand j’étais seul, puis avec Melbren… nous avons contribué à l’éboulement de quelques passages, d’ailleurs. Celui reliant ma suite et celle qui vous a été attribuée, entre autres. » « Oh, quel dommage qu'il ait été détruit. » répond-elle presque immédiatement, tout à fait naïvement. Puis elle réalise enfin... « Je veux dire... J'aurais aimé voir ce – d'autres passages secrets. C'était... J'ai beaucoup apprécié aussi. » Elle balbutie, elle se raccroche aux branches tant bien que mal. Par Asil, ne peut-elle donc pas réfléchir avant de parler ?

Elle reprend doucement contenance, parvient à esquisser un sourire timide à moitié dissimulé sous le voile. « Melbren et vous semblez très proches... J'imagine que c'est un miracle que le palais tienne encore debout après votre passage à tous les deux, si j'en crois vos dires. » Quel doux euphémisme. Ce n'est pas la première fois qu'il mentionne leur talent pour la destruction et elle a déjà eu vent de quelques unes de leurs frasques par l'intermédiaire de Mélusine. Les pauvres domestiques devaient s'arracher les cheveux face à de telles terreurs. « Palais qui reste néanmoins magnifique. Je vous remercie de me l'avoir fait visiter, ainsi que tout le reste. Ces derniers jours étaient très... enrichissants. » Surprenants. Déroutants, peut-être. Elle n'aurait jamais pensé partager la compagnie du duc de Sombreciel aussi longtemps. Ni même y prendre plaisir ainsi. Mais elle ne regrette pas d'avoir accepté cette invitation, bien qu'elle doive en subir les conséquences à son retour. Mais c'est une pensée qu'elle préfère chasser pour le moment, elle aura bien assez d'occasions de s'en vouloir plus tard.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Mar 2 Aoû - 6:07

« Oh, quel dommage qu'il ait été détruit. » Tiens donc ! Pour être surpris, tu l’es ! Ainsi, elle aurait souhaité que tu… ou elle… que vous… dans la chambre de… Tu dois cesser aussitôt ton esprit de divaguer : celui-ci est déjà rendu trop loin pour le sous-entendu que la femme s’empresse de démentir avec maladresse. « Je veux dire... J'aurais aimé voir ce – d'autres passages secrets. C'était... J'ai beaucoup apprécié aussi. » Oh. Oui. Bien sûr. Par curiosité. C’est tout. Par pour qu’elle… ou que tu… par Mirta, que tu es ridicule ! Le cheval a ralenti, tes gestes se faisant quelque peu erratiques, mais tu le fais reprendre son pas. « Melbren et vous semblez très proches... J'imagine que c'est un miracle que le palais tienne encore debout après votre passage à tous les deux, si j'en crois vos dires. Inutile de nier : tu te contentes d’acquiescer, joignant un bien large sourire au mouvement de tête. Palais qui reste néanmoins magnifique. Je vous remercie de me l'avoir fait visiter, ainsi que tout le reste. Ces derniers jours étaient très... enrichissants. »

Enrichissants. C’est un joli mot. Il te plaît. Tu aimes savoir que pour cette femme avide de connaissances, cette visite dans ton duché a été enrichissante. Et encore ! C’était une semaine, à peine, quelques jours à s’étourdir dans un échantillon de tout ce que Sombreciel a à offrir à ceux qui y vivent, ou y voyagent. « Je vous remercie. Vous êtes charmante. Et gentille,  et bien élevée, et intelligente, et fascinante, et curieuse, et belle, par Aïda, belle ! Nous étions des enfants plutôt énergiques et je crois que nous sommes désormais des jeunes hommes tout aussi enthousiasmes. Un de mes boudoirs a été réaménagé en balcon, récemment, et ce n’était pas un plan architectural prévu. Disons que l’on apprend à utiliser les explosions lorsqu’elles surviennent. » Par ta faute, à dessein. Tu l’as fait exploser, rien de moins, y couchant ton maître d’armes dûment pinté pour qu’il explose avec la pièce. Tu n’avais pas besoin de sa version de ta blessure à la main, alors tu as pris les grands moyens. Tu ne crains rien. Tu souris, l’air de rien, menteur dont le jeu n’a jamais intérêt à être révélé. Il y a longtemps, il y a des années, il y a bientôt dix ans, que tu mens à chaque jour.
« Erebor et Sombreciel ont évolué bien différemment, depuis les temps où tous deux formaient une seule et même terre. » En bien, en mal, ce n’est pas le sujet. Vos cultures se sont éloignées, simplement, et seuls parfois quelques relents rappellent qu’ils sont plus que voisins, qu’ils ont déjà été un. Chose rapidement niée par tous. Ce qui se comprend : ces Erebiens sont tellement emmerdeurs, quand ils s’y mettent, et même quand ils ne s’y mettent pas ! À croire que tu as la chance de partager la compagnie de la seule personne fréquentable de cet endroit (et Ismalia, évidemment)(et tes soeurs). « Une chose est commune, assurément. Les superbes femmes. » Tu ris avec clarté, avec jeu, mais tu vois bien que l’Erebienne accueille ton commentaire avec timidité. « Est-ce que je vous gêne… Alméïde ? » Le prénom est un peu hésitant. As-tu le droit de l’employer ? Y es-tu autorisé ? Tes joues rosissent, légèrement, sous l’impulsion.
Vivement que la nuit tombe, qu'elle vous absorbe, et que tout cela passe inaperçu. Souhait que, tu l'ignores, tu partages sensiblement avec l'Erebienne, bien que les tiens s'accompagnent d'idée un peu plus... osées, avouons-le.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Mer 3 Aoû - 13:25

« Je vous remercie. Vous êtes charmante. » Elle lui adresse un sourire timide, à demi dissimulé sous le voile. Alméïde n'est pas avare de compliments, mais ce qu'elle dit est toujours emprunt de sincérité. Son séjour a été réellement enrichissant. Déroutant parfois. Surprenant, sans aucun doute. Il semble que chaque jour – chaque heure même – a été synonyme de découvertes. Qu'il s'agisse du duché, d'Euphoria ou de Castiel lui-même qui, comme lors de leur première réelle conversation, s'est révélé tout à fait différent de ce qu'on avait pu lui rapporter ou de ce qu'elle avait vu de ses propres yeux en compagnie d'Anthim. Est-ce là réellement la même personne ? La princesse s'interroge encore mais n'en est pas moins ravie d'être en compagnie de cette version du duc se Sombreciel, emporté par son engouement. Elle a bien vu avec quelle passion il lui présentait les moindres recoins de sa ville ou de son palais, de quelle ferveur brillaient ses yeux quand il mentionnait ce qui lui tenait à cœur. Elle s'est parfois surprise à tomber sous le charme de ses nombreux récits contés d'une voix parfois tendre, parfois mutine. Et elle regrette qu'il ne sache pas se montrer sous son meilleur jour lorsqu'il est en présence de son frère.

« Nous étions des enfants plutôt énergiques et je crois que nous sommes désormais des jeunes hommes tout aussi enthousiasmes. Un de mes boudoirs a été réaménagé en balcon, récemment, et ce n’était pas un plan architectural prévu. Disons que l’on apprend à utiliser les explosions lorsqu’elles surviennent. » Alméïde laisse échapper un rire léger, loin de se douter des véritables raisons d'une telle explosion. Elle n'y voit là qu'une énième facétie du duc, prenant les aléas du quotidien avec légèreté et s'arrangeant au mieux avec ce qui lui tombe sous la main. Elle apprécie cette spontanéité, caractéristique qu'elle a aperçue chez bien des personnes en flânant dans les rues d'Euphoria.

« Erebor et Sombreciel ont évolué bien différemment, depuis les temps où tous deux formaient une seule et même terre. » Elle ne peut qu'acquiescer à ces mots, sans pour autant répondre quoi que ce soit. Son esprit vagabonde tandis qu'ils avancent sur les chemins déserts et silencieux en cette douce matinée. Et elle songe à ces deux duchés voisins, ennemis, pourtant emplis de richesses l'un et l'autre.

« Une chose est commune, assurément. Les superbes femmes. » Nouveau sourire timide qui se dessine sur les lèvres de la princesse. Son regard se détourne, reste fixé droit devant. « Est-ce que je vous gêne… Alméïde ? » Elle finit pourtant par retrouver le regard du duc, un peu surprise de l'entendre prononcer son prénom pour la première fois. Détail qu'elle ne relève pas pourtant, pas plus que le soudain embarras dont il est pris puisqu'elle réfléchit sérieusement à la question posée, ses joues encore teintées d'un voile rose.

Elle hésite. Ouvre la bouche une fois, puis deux. Et enfin, parvient à exprimer le fond de sa pensée. « Vous avez un franc-parler auquel je ne suis pas habituée. » Tout au plus avec Mélusine, qui elle aussi laisse ses paroles s'échapper sans utiliser le moindre filtre. Voilà une différence notable entre les deux duchés. Euphoria porte si bien son nom car ses habitants semblent suivre le cours de leurs pensées sans jamais se brider, agissant selon leurs désirs les plus profonds dans une spontanéité et un excès qu'il ne lui a jamais été donné de voir. Il y a quelque chose de déroutant et d'exaltant à observer l'effervescence d'un peuple qui ne se cache de rien. En Erebor, le peuple est fait de la même roche qui entoure le duché. Dans leur sang coule le sable du désert, dans leur cœur résonnent les chants sauvages et barbares, dans leurs yeux brillent les contes d'un peuple nomade qui jamais ne se satisfait de s'arrêter à un seul endroit. La retenue semble les habiter et pourtant en eux s'embrasent les passions qui animent chacun des habitants d'Erebor. Une retenue dont Alméïde a hérité, plus encore que la fierté sauvage de sa mère qui coule pourtant dans ses veines.

Alméïde lui adresse un sourire timide. « Pour tout vous avouer, j'appréhendais beaucoup ce séjour en votre compagnie. Votre réputation vous précède et ma foi, votre comportement avec Anthim... » Elle s'interrompt, un peu embarrassée. Elle espère ne pas l'offenser en parlant aussi franchement. « Mais j'ai été agréablement surprise par ce que j'ai pu voir. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait. J'espère avoir un jour l'occasion de vous rendre la pareille. » S'il revient en Erebor, si Anthim le lui permet, s'il y a la moindre chance pour que tout se passe sans la moindre anicroche.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Ven 19 Aoû - 20:05

La princesse hésite à répondre. Craint-elle de te froisser ? Tu préfères la franchise aux mensonges. Qu’elle ne craigne rien. A-t-elle remarqué ta propre hésitation, ta gêne ? Tu espères que non. « Vous avez un franc-parler auquel je ne suis pas habituée. » Oh. À tout prendre… c’est un compliment. Tu te sens soulagé, même. « Pour tout vous avouer, j'appréhendais beaucoup ce séjour en votre compagnie. Votre réputation vous précède et ma foi, votre comportement avec Anthim... » Ton expression se fait un brin plus sombre. Oh. Évidemment. Ton comportement avec Anthim. Tu préfères ne pas aborder cette question, qui se passe certainement de commentaires. Alméïde pourrait même aller jusqu’à dire que tu n’es pas la même personne, en présence de son frère, et elle n’aurait pas tort. Dans ces moments, c’est une autre part de toi qui prend le dessus. « Mais j'ai été agréablement surprise par ce que j'ai pu voir. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait. J'espère avoir un jour l'occasion de vous rendre la pareille. » Heureusement, la finale est joyeuse et tu accueilles sa franchise avec bonheur, ainsi qu’une pointe de malice, teintée d’un espoir que tu ne prends aucunement la peine de dissimuler : « Est-ce une promesse de prochain rendez-vous ? »

Par tous les dieux, comme tu le souhaites.

Votre agréable chevauchée s’interrompt peu de temps suite à cette discussion, aux abords d’un lac limpide où vous pouvez enfin pique-niquer. Les sacoches des chevaux sont remplies de victuailles, assez pour remplir plus que deux estomacs, dont le tien toujours aussi serré d’excitation. Tu picores, à peine, et tu n’ouvres même pas la bouteille de vin emportée. La princesse ose se tremper les pieds dans l’eau fraîche du lac et toi, tu te surprends à détourner les yeux, rougissant comme une jouvencelle belliférienne devant la vue de ces chevilles brunes dénudées. Toi, qui vois des femmes nues pratiquement chaque jour. Ça en est ridicule. L’après-midi se révèle aussi paisible et vous prenez quelques pauses pour détendre et dénouer vos jambes, après tant de temps à cheval. Vous prenez même la liberté de faire une partie du chemin à pied, les chevaux vous suivant docilement. Il n’y a rien qui presse, après tout, et tu espères que tout ceci vaudra la peine, pour la princesse d’Erebor. Que cette dernière surprise, la plus personnelle, la plus intime, lui plaira. Le temps se rafraîchit progressivement, au fur et à mesure que la route vous mène plus près de Valkyrion. Une certaine hâte étreint ton cœur et celle-ci s’épanouit pleinement lorsque tu aperçois enfin les grilles annonçant l’entrée de ton domaine personnel, alors que le soleil entame sa descente dans le ciel et le couvre d’un rose rêveur. Le gardien ouvre les grilles, sur un long chemin s’achevant au loin sur un manoir de taille modeste et d’allure plus que conventionnelle perdu au milieu des pins noirs. Vous êtes à pied, encore, et subitement, tout te semble si écrasant. Les Murmures, sombres et mystérieux.

Est-ce une erreur de l’emmener ici ? Oh, Uld, est-ce une autre maladresse dont tu ne peux t’échapper ? Tu crains, Castiel, tu crains qu’elle se ne plaise pas, ici, dans ce domaine isolé et presque secret où rares sont ceux qui y pénètrent. La voix basse et petite, tu te retournes vers la princesse des dunes : « Bienvenue aux Murmures. » Tu réussis à sourire, avec douceur, alors que vous avancez vers le manoir, dont la blanche façade tranche contre les arbres noirs et le ciel rose. « Le domaine dont j’ai hérité, en plus de tout un duché. Il n’y a rien à en tirer, si ce n’est beaucoup de calme. Rien à tirer de cette forêt sombre et dure, de la clairière recouverte d’épines de pin, de cette terre froide. Tu continues, sans pouvoir t’arrêter, pris par les premiers souvenirs que tu as de cet endroit. C’est ici que nous sommes incinérés, à ciel ouvert, suite à notre mort. J’avais cinq ans, lorsque mes parents sont décédés. C’était… Terrifiant. C’est le seul mot qui te vienne à l’esprit. Terrifiant et fascinant, peut-être. Solitaire, également. Une seconde, tu es démuni, avant de reprendre contenance. … inoubliable. En attendant la nuit, visitons. » Une splendide bibliothèque. Un jardin sauvage de roses piquantes. Des pièces recouvertes de murales étonnamment pudiques. Un salon où s’ouvre à la fois une verrière immense et un foyer de la même envergure.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Sam 20 Aoû - 16:07

« Est-ce une promesse de prochain rendez-vous ? » Pour toute réponse, elle lui adresse un sourire timide et continue son chemin à ses côtés, d'un pas tranquille. Oserait-elle songer à une rencontre prochaine ? Peut-être est-ce encore trop tôt pour en décider. Leur discussion reprend avec légèreté et ils parviennent enfin au bord du lac dont il lui a parlé un peu  plus tôt. L'endroit est agréable, malgré la rudesse des paysages cielsombrois et Alméïde prend plaisir à partager cet instant en sa compagnie. Seul le vent, plus frais, se joint à eux et après le repas, elle va même jusqu'à s'approcher de l'étendue d'eau calme, à peine ridée par la brise qui vient également jouer avec son voile et ses vêtements. Il y a une certaine insouciance chez la princesse quand ils reprennent la route et elle s'étonne par moments de la facilité avec laquelle elle parvient à s'exprimer à ses côtés. Loin de l'effervescence de la ville, loin de la cohorte de gardes et de domestiques de son palais, les mots lui viennent avec aisance. Leur route est néanmoins ponctuée de quelques moments de silence où elle admire, sans se cacher, les alentours. C'est à peine si elle songe encore à leur destination et au mystère qui l'entoure, jusqu'à ce qu'ils y parviennent enfin et que le soleil entame sa lente descente à l'horizon.

« Bienvenue aux Murmures. » La princesse pose sur la demeure un regard curieux et intéressé. Il émane de l'endroit comme un sentiment de quiétude, d'isolement. Et il est beau ce manoir, dans toute sa solitude, au bout de ce chemin qu'ils arpentent aux côtés de leurs montures. « Le domaine dont j’ai hérité, en plus de tout un duché. Il n’y a rien à en tirer, si ce n’est beaucoup de calme. » Un mince sourire fleurit sur ses lèvres mais elle ne dit mot. Parfois, le calme, c'est tout ce dont ils ont besoin et Alméïde se verrait tout à fait travailler, étudier dans un tel environnement où rien ni personne ne pourrait la tirer de ses réflexions ou de ses songes. Car elle aime s'isoler Alméïde, elle apprécie le silence et la tranquillité. Et peut-être s'en est-il rendu compte. « C’est ici que nous sommes incinérés, à ciel ouvert, suite à notre mort. J’avais cinq ans, lorsque mes parents sont décédés. C’était… inoubliable. En attendant la nuit, visitons. » Oh. Elle sent alors son trouble, acquiesce à sa proposition sans un mot, peu désireuse de raviver ces souvenirs certainement douloureux. Et alors que des domestiques viennent s'occuper de leurs chevaux et se chargent de leurs bagages, Alméïde le suit à l'intérieur de la demeure.

Le contraste avec le palais d'Euphoria est frappant ; là-bas, l'activité semble incessante, les serviteurs traversent les couloirs d'un pas précipité, la cour y est extravagante, ostentatoire. Rien de tout cela dans le manoir à la décoration discrète, aux domestiques aussi silencieux que des ombres, aux pièces tout aussi splendides mais plus sobres. Elle apprécie, Alméïde, et elle ne s'en cache pas, ponctuant la visite de commentaires doux et enjoués. Ils s'attardent quelques instants dans le jardin et quand il en reviennent, les effluves des prémices d'un repas leur parvient. La princesse demande à être excusée quelques instants afin de faire une toilette rapide ; le voyage a été long et elle aimerait se débarbouiller un peu avant de le rejoindre à table.

Dans la chambre qui lui a été attribuée, on lui mis à disposition tout le nécessaire ; la literie est fraîchement changée et la pièce est faiblement éclairée. Alméïde jette tout d'abord un coup d’œil par la fenêtre, observant un peu les alentours baignés de la lumière déclinante du crépuscule. Puis elle se débarrasse de ses vêtements imprégnés de l'odeur de sa monture, lui préférant une robe simple, d'un bleu nuit, brodée d'argent. Et maintenant qu'elle ne risque plus d'être dévisagée par de nombreux curieux, elle retire son voile cielsombrois et dénoue ses cheveux qui retombent négligemment dans son dos. Avant de rejoindre Castiel, elle récupère quelque chose dans l'un de ses bagages, déposés au pied du lit. Puis elle redescend, guidée par une domestique à travers les couloirs de la demeure.

Emmenée dans un petit salon où le duc patiente, elle pénètre dans la pièce, un mince sourire aux lèvres. « J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre. » dit-elle pour signaler sa présence. Elle avance jusqu'à lui, présentant ce qu'elle a entre les mains. « J'ai quelque chose pour vous. Je voulais attendre la fin de mon séjour pour vous le donner. » Nerveuse, elle lui tend un épais ouvrage sur lequel l'écriture dorée contraste avec la couverture sombre. « Il s'agit d'un livre relatant l'histoire d'Erebor. Vous aviez dit, je crois, ne rien connaître de notre duché... C'est très sommaire bien sûr, mais j'espère que vous y apprendrez des choses intéressantes. » Elle dissimule mal son embarras, Alméïde, soucieuse à l'idée qu'il n'apprécie pas le présent. Avant de venir en Sombreciel, elle s'est rappelé leur conversation, au sein de la bibliothèque de Vivedune, les quelques mots échangés, comme sur le ton de la confidence. N'est-il pas, après tout, à moitié Erebien lui aussi ?

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Dim 21 Aoû - 4:24

Tu es rassuré de constater qu’Alméïde apprécie l’endroit, si différent d’Euphoria et de son incessante frénésie. Plus jeune, tu détestais cet endroit, chargé de souvenirs tristes. Tu as grandi, depuis, et tu as appris à aimer le calme des Murmures, le froid de ses murs et le silence qui t’est parfois si nécessaire. Il y a de grandes choses qui se sont faites aux Murmures, jadis, et tu espères secrètement que ceux-ci sauront porter ta voix aux futurs ducs et duchesses de Sombreciel. Tu avais peur qu’elle ne se plaise pas, dans ce lieu si intime, et ses commentaires enthousiastes ont su calmer tes craintes.

Le temps file, pourtant, et déjà les parfums du repas viennent chatouiller vos narines. La faim te tenaille, enfin, la nervosité lui laissant enfin place. Tu profites qu’Alméïde fasse sa toilette pour toi-même te changer, assez rapidement pour ne pas être pris au dépourvu et faire attendre ton invitée. La sobriété de tes vêtements fait écho à celle des Murmures, où tu sens toujours un besoin d’authenticité qui s’exprime autrement que dans ton extravagance typique. Puis, attendre une femme pour ensuite la découvrir si magnifique, lorsqu’elle te rejoint enfin… Ô, Dieux, y a-t-il supplice plus délicieux ? « J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre. Votre beauté vaut certainement toute l’attente, princesse. » Parée de nuit, cheveux et voiles aux couleurs du ciel toujours plus sombres, l’argent des broderies appelant la lueur des étoiles. Tu es ébloui. « J'ai quelque chose pour vous. Je voulais attendre la fin de mon séjour pour vous le donner. » Un présent ? Tu es intrigué et tu prends l’objet qu’elle te tend, soit un livre à la couverture sombre, mais aux lettres d’or. « Il s'agit d'un livre relatant l'histoire d'Erebor. Vous aviez dit, je crois, ne rien connaître de notre duché... C'est très sommaire bien sûr, mais j'espère que vous y apprendrez des choses intéressantes. » Tes lèvres s’articulent en un oh silencieux. Coupé de toute voix. Muet. Touché, plus que tout, en vérité. Tu ouvres le livre avec précaution, déjà désireux de le dévorer. Moins par intérêt envers le sable et le roc que par désir de poser tes yeux sur des mots qu’Alméïde a sans doute déjà lus, qu’elle a choisi pour toi, en pensant à toi. Elle s’est souvenue de votre conversation. Elle a désiré, vraiment, te faire plaisir. Tu reçois des cadeaux chaque jour, de nobles, de bourgeois, d’amis, même d’ennemis, mais aucun, jamais, n’est ainsi. Aucun ne vise à rappeler à ton esprit un agréable moment, à le nourrir de ce qu’il manque le plus. Aucun n’est choisi avec le même soin, aucun n’est même, réellement, pour toi.

Sauf ce livre.

Tes prunelles sombres s’humidifient, un peu. Tu as le cœur sensible, les émotions toujours prêtes à jaillir. Si tu la connaissais plus, qui sait ce que tu ferais ? Un sourire des plus sincères et des plus doux vient étirer tes lèvres. « Merci. »

Tu as tant envie de l’embrasser.

« Je le lirai avec beaucoup de plaisir, Alméïde. » C’est tout ce que tu peux lui assurer, tout ce que tu peux faire, retenant ton désir brûlant de la serrer contre toi. Promesse que tu tiendras, tu le sais déjà. Le livre est précieusement confié à la domestique venue vous chercher pour le repas, pour qu’elle aille le déposer dans ta chambre, et vous êtes reconduits à la salle à manger. Où il n’y a ni lancer de saucière, ni insultes, aucune déclaration de guerre faite en l’air, encore moins de menaces et de hurlements de colère, et finalement, aucun claquement de porte magistral. Que des rires et des discussions, autour d’un repas délicieux, pendant un temps qui ne semble pas finir. Lors de votre sortie de table, tu prends la jeune femme à part pour lui glisser, mystérieux : « L’air est froid, aux Murmures, particulièrement la nuit. Vous trouverez de quoi vous couvrir dans votre chambre. Je vous attends à l’entrée du manoir. » Lampe à l’huile en main, également chaudement vêtu et sur tes traits paisibles, une mélancolie toute cielsombroise que tu ne peux dissimuler à la perfection. Pas ici, alors que tu arraches à cette semaine ses derniers instants, sur le sentier qui part de ton manoir jusqu’à travers les bois sombres, où tu guides la princesse prudemment, qu’elle ne trébuche pas et ne se blesse pas. « Comment êtes-vous devenue la princesse d’Erebor, Alméïde ? C’est peu commun. » Tu veux l’écouter, encore, entendre sa voix douce et posée, qu’elle accompagne votre chemin de son histoire.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Lun 22 Aoû - 6:52

« Votre beauté vaut certainement toute l’attente, princesse. » Elle devrait être habituée à entendre les compliments dont il n'est certes pas avare depuis quelques jours, mais rien n'y fait ; ses joues se parent d'une légère teinte rosée et un sourire timide traverse ses traits tandis qu'elle lui tend le livre avec nervosité. Elle appréhende tant sa réaction, espère qu'il l'appréciera autant qu'elle a apprécié le lire, le choisir. Il lui semble que c'est bien peu en remerciement de ce séjour plein de surprises mais elle sent alors le soulagement l'envahir quand elle aperçoit le sourire qui anime son visage, la lueur dans ses yeux sombres. Sourire qui trouve un écho sur les lèvres de la princesse lorsqu'il la remercie doucement.

« Je le lirai avec beaucoup de plaisir, Alméïde. » Elle est définitivement rassurée et entame la soirée, le cœur léger. Ils quittent ensemble le petit salon, l'appétit éveillé par les doux effluves émanant de la cuisine. Le repas est délicieux, teinté de rires et de discussions agréables. Elle ne voit pas le temps passer, la princesse, et bientôt, la nuit a fini de voiler le ciel de son manteau de velours. Il lui semble que les heures se sont envolées, tout comme les derniers jours, et elle regrette, à son grand étonnement, que son séjour touche à sa fin. Elle y a pris du plaisir, plus qu'elle ne l'aurait cru, plus qu'elle ne l'aurait espéré. Si elle s'y était attendue...

Le repas se termine et Castiel s'approche pour lui adresser quelques paroles enrobées de mystère. « L’air est froid, aux Murmures, particulièrement la nuit. Vous trouverez de quoi vous couvrir dans votre chambre. Je vous attends à l’entrée du manoir. » Son intérêt est éveillé, sa curiosité attisée. Alméïde se rend rapidement dans sa chambre où elle saisit le manteau qui l'y attend, l'enfile sans perdre un instant et le rejoint devant le manoir, comme convenu. Uniquement éclairé par la lampe, son visage semble indéchiffrable. Elle frissonne dans l'air de la nuit, sous la brise qui agite les pans du manteau qu'elle referme avant de se mettre en route à ses côtés. Le silence est doux sur ces terres où seul le vent les accompagne, chuchotant entre les branchages au-dessus d'eux. Le ciel dégagé se pare d'une myriades d'étoiles scintillantes, plus visibles que jamais au sein de ce domaine isolé de tout.

« Comment êtes-vous devenue la princesse d’Erebor, Alméïde ? C’est peu commun. » Oh. Elle tourne la tête, soudain arrachée à la contemplation des cieux pour poser le regard sur Castiel. Accrochée à son bras pour se laisser guider sur ce sentier qui lui est inconnu, elle esquisse un sourire emprunt de nostalgie à la question posée. « J'étais encore très jeune et je me faisais souvent importuner par d'autres, plus âgées. Elles étaient mesquines, moqueuses et très blessantes. À l'époque, l'atmosphère au sein du harem était terrible, je n'en ai presque que de mauvais souvenirs, à l'exception de ma mère et de ma jeune sœur. C'est ce que je fais en sorte d'éviter à présent que j'en ai la charge. » Les mots lui viennent avec aisance. Elle confie sans mal le souvenir de cette courte période de son enfance où elle n'était que poupée de chiffon entre les mains grossières de ces femmes qui n'avaient que faire de la sensibilité d'une petite fille. « Un jour, elles ont vraiment été horribles avec moi et je me suis faufilée hors du harem pour me réfugier le plus loin possible de ces femmes. Je me suis rendue dans la volière, celle que je vous ai fait visiter lors de votre séjour à Vivedune et j'y suis restée longtemps. Et puis Anthim est arrivé. » Le souvenir est tendre dans sa mémoire et elle se le rappelle avec mélancolie. « Il m'a consolée, nous avons joué ensemble tout le reste de la journée et le soir, il a demandé à notre père si je pouvais être sa compagne de jeux. Grâce à lui, j'ai eu des privilèges qu'aucune autre de ses sœurs n'a pu avoir. J'ai grandi à ses côtés comme une princesse alors qu'aux yeux des autres, je n'étais rien. » Et elles étaient nombreuses à être jalouses. Oh, comme elles étaient jalouses, mais Alméïde se moquait bien de tous les avantages que lui conférait sa position. Tout ce qui comptait, c'était qu'elle avait désormais un frère, aimant et protecteur. « Je lui dois tout. » conclue-t-elle avec douceur et sincérité. Sa reconnaissance est évidente, la tendresse qu'elle éprouve pour Anthim également. Elle sait qu'ils se haïssent l'un et l'autre avec une férocité inégalée et pourtant, ils auraient tant à échanger, elle en est persuadée.

Puis, sur un ton plus enjoué : « Où allons-nous... votre Grâce ? » Vague hésitation où elle a voulu prononcer le prénom de son hôte, mais elle n'ose pas Alméïde. Et elle regarde droit devant elle pour masquer cette gêne passagère, curieuse de connaître la destination de cette balade nocturne.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Lun 22 Aoû - 13:26

C’est une belle histoire. Tu as pensé, l’espace d’un instant, qu’elle ne voudrait pas te raconter son histoire, mais ses mots ont coulé avec aisance de sa bouche, suite à un sourire nostalgique et, sans aucun doute possible, heureux. Tu t’es représenté, attendri, une jeune Alméïde aussi adorable que possible, prise dans un harem peuplé de harpies grimaçantes, viles jusqu’à la moelle et se disputant pour attirer un tant soit peu l’attention du sultan, avec la même hargne que tu imagines celle des actuelles concubines, malgré les bonnes intentions de la princesse. Puis, même, un jeune Anthim moins haïssable que maintenant. Au cœur sur la main, réclamant une compagne de jeu qui deviendra sa sœur, qui deviendra la jeune femme douce et timide qui tient ton bras. Une belle histoire, à la fin heureuse. Au futur agréable, également. Le simple fait que son frère ait accepté qu’elle vienne en Sombreciel quelques jours, oh ! Il y a certainement lieu de penser que tout ne sera pas noir, dans l’avenir, pour les deux duchés ennemis.

« Où allons-nous... votre Grâce ? Castiel, que tu réponds aussitôt, avec la même joie. J’aimerais que vous m’appeliez Castiel. » Tu as osé utiliser le sien, de prénom, n’est-ce pas ? Pourquoi ne ferait-elle pas de même ? « Nous sommes presque arrivés. »Tu ne réponds pas à sa question, mais tu n'en as pas beosin. À peine quelques mètres plus loin, le sentier s’ouvre sur une clairière, qui s’ouvre elle-même sur un champ aux herbes hautes, dans lesquelles chantent les grillons. Vous y êtes. Vous avancez, encore un peu, jusqu’à la limite entre le boisé et le champ.

Tu n’as jamais montré ce lieu à personne, après que tu l’aies découvert, alors que tu étais un adolescent explorateur. C’est à ce moment, tu t’en rappelles, que tu as apprécié les Murmures.

Tu réduis la flamme de la lampe jusqu’à ce qu’elle s’apparente à la lueur d’une étoile, puis la dépose à vos pieds. Les lunes sont minces, ce soir, et les étoiles, visibles par milliers, semblent uniquement en briller de plus belle. Leur lumière ténue flatte le visage de l’Erebienne et tu lui intimes le silence, d’un doigt sur tes lèvres. Elle comprendra bien rapidement. Le chant des grillons devient de plus en plus fort, jusqu’à complètement prendre le pas sur les autres sons de la nature. Vos yeux s’habituent à la noirceur ambiante et lentement, des hautes herbes, s’élèvent de délicates lueurs vertes. Certaines restent accrochées aux herbes, plus brillantes encore, tandis que les autres vibrent et volent sous la lune, nouvelles étoiles qui transforment le champ en un lac des plus paisibles et des plus beaux, en un reflet du ciel noir de l’été, dansant et chantant sous les lumières de ses jumelles d’argent.

Les Murmures n’est pas le domaine des ducs de Sombreciel sans raison. Là-bas, plus que dans tout le duché et dans tout Arven, vivent les lucioles. Les Murmures sont également les leurs, les secrets qu’elles racontent sous les lunes, qui toujours les confondent pour leurs sœurs.

Il y a longtemps, que tu n’es pas venu admirer les lucioles. Que tu n’as pas regardé le ballet de ces insectes si particuliers qui illuminent les chemins du duché de l’Esprit une fois la nuit tombée. Lueur de l’esprit, dit en partie votre devise, les mots maîtres de Sombreciel. Tu te sens apaisé, de les voir s’élever dans le champ, puis s’égarer autour de vous et dans le boisé, éclairant ses chemins. La présence d’Alméïde à tes côtés est plus vive que jamais, à cet instant, toi qui as toujours été seul ici. Oseras-tu ? Tu hésites, tu crains, et ta main brûlante ose enfin effleurer, puis prendre, celle de la princesse d’Erebor, tes doigts s’entrelaçant aux siens. Ton cœur bat à toute allure. Tu ne sais pas combien de temps, combien de minutes, tu restes ainsi, sans oser la regarder, puisant tout ton courage dans la danse hypnotisante des lucioles. Finalement, tu te retournes vers la princesse, et tu chuchotes, ton autre main remontant jusqu’à son visage : « Alméïde, j’aimerais… Tant de choses, par tous les Dieux ! Tu veux tant de choses, mais tu es incapable d’en nommer serait-ce une, ta voix étranglée dans ta gorge, dans ce chuchotement grave. … puis-je… vous embrasser ? » Tu lis la surprise, dans le visage de l’Erebienne, tu y lis l’hésitation, mais pas le dégoût, ou la peur, ou même le refus. Alors, tu oses, oui. Te pencher vers elle et l’embrasser, avec douceur, cueillant un baiser sur ses lèvres, que tu découvres chaudes et tendres. D’abord avec hésitation, puis avec plus d’assurance, retenant de toutes tes forces tes instincts voraces, laissant uniquement cet homme vulnérable devant elle. Tu en as tellement envie, Castiel. Tellement envie, serait-ce uniquement de ce baiser. C’est tout ce que tu veux.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Mer 24 Aoû - 15:23

« Castiel. J’aimerais que vous m’appeliez Castiel. » Très bien. Castiel. Alméïde acquiesce avec un sourire timide qui s'élargit quand il annonce quand ils sont presque arrivés. Elle trépigne la princesse, emplie de cette allégresse enfantine qu'elle ressent lorsque la curiosité prend le dessus. Et il a su l'éveiller si souvent durant ce séjour, enrobant chaque surprise d'une aura de mystère qui a su la maintenir en haleine et la réjouir un peu plus à chaque découverte. Encore une fois, il semble vouloir lui faire une surprise de taille et elle ne peut s'empêcher de laisser son esprit voguer en tous sens pour tenter de savoir de quoi il s'agit. Elle le suit sans un mot et s'arrête à ses côtés lorsqu'ils parviennent aux abords d'un champ. Fébrile, elle observe les alentours sans comprendre. L'endroit est si calme, si serein. Les étoiles illuminent les cieux avec une intensité qui semble encore grandir lorsque Castiel diminue celle de la lampe. La princesse tourne vers lui un regard interrogateur et elle fronce légèrement les sourcils face à cette demande tacite de ne pas dire un mot. Intriguée, appréhensive, amusée peut-être également, elle pose ses yeux sur l'obscurité qui se fait de moins en moins épaisse à mesure que les secondes s'écoulent. La mélodie des grillons les accompagne, ainsi que la brise et leur respiration discrète. Alméïde sent de la nervosité à travers l'apaisement que lui procure cet endroit, comme coupé du monde. Puis elle les voit apparaître, les lueurs, les lucioles.

L'émerveillement prend place sur ses traits à mesure qu'elles s'envolent tout autour d'eux, illuminant le champ de mille étoiles scintillantes qui se fond bientôt avec l'horizon et les cieux d'un noir d'encre. En se concentrant assez, elle pourrait presque avoir l'impression de flotter, de s'élever au plus près des astres qui semblent veiller sur eux. Ses yeux brillent devant le phénomène, ses lèvres passent de la surprise à une joie intense, sincère. Encore une fois, il a vu juste en songeant que ça lui plairait et Alméïde n'ose prononcer un mot, de peur de briser cette impression onirique qui les enveloppe.

Elle sent soudain sa main contre la sienne, contact chaud et inattendu qui manque de la faire sursauter. Son esprit revient un instant au présent, les pensées tournoient dans une danse folle. Devrait-elle retirer sa main ? Ce serait si facile, il lui suffirait de feindre un frisson, de croiser ses bras pour faire mine de se réchauffer, de faire comme si de rien n'était sans cesser un instant de contempler la valse élégante des lucioles. Elle reste immobile pourtant, comme figée, incapable de réagir. Ses doigts mêlés aux siens se réchauffent et elle sent ses joues en faire de même. Alméïde remercie les dieux pour cette obscurité bienvenue, plus nerveuse encore. Combien de temps reste-t-elle ainsi, immobile, sans savoir ce qu'il convient de faire ? Assez, semble-t-il, pour qu'il prenne la décision avant elle.

« Alméïde, j’aimerais… » Les yeux levés vers les siens, elle aperçoit les lueurs scintillantes des lucioles dans ses prunelles sombres. Sa main se pose sur sa joue et elle frissonne Alméïde, certainement pas de froid. Elle déglutit avec difficulté, son cœur s'emballe. « Oui ? » demande-t-elle dans un chuchotement, d'une voix timide. « … puis-je… vous embrasser ? » Elle écarquille les yeux et sa bouche s'entrouvre, comme pour répondre, mais les mots se meurent dans sa gorge. Elle sait bien ce qu'elle devrait dire. Elle sait ce qu'elle devrait faire. Tout ça est absurde, complètement insensé. Mille et une pensées se bousculent dans sa tête et parmi elles, celle de son frère et de ses menaces, rarement prononcées à la légère. Lui qui ne sait même pas qu'elle est là à cet instant... Elle songe un instant à Mélusine et aux paroles qu'elle a prononcées elle aussi, quelques jours plus tôt, mais n'est-elle pas allée rejoindre son baron, sous ses propres conseils ? Et puis... Il est le duc de Sombreciel, elle est d'Erebor, elle devrait... Mais elle n'en fait rien. Ses lèvres se posent sur les siennes avec une douceur surprenante, tout son corps se fige et ses pensées se troublent. S'attendait-elle seulement à apprécier ce contact ? S'attendait-elle à y répondre avec aussi peu d'hésitation ? Le baiser se fait alors plus intense et Alméïde y met fin, comme électrisée, comme consciente de ce qu'elle est en train de faire. Ses joues sont plus rouges que jamais et elle ose à peine le regarder en face.

« Castiel, je... » Ah, encore cet embarras qui l'empêche d'aligner deux mots cohérents. Comme elle aimerait avoir plus d'assurance, comme elle aimerait pouvoir contrôler ses émotions comme d'autres y parviennent sans mal. « C'est... ce n'est pas... » judicieux ? Raisonnable ? Une bonne idée ? Bon sang, que pourrait-elle dire qu'il ne sait déjà ? Et pourquoi elle ? Pourquoi la sœur d'un homme qu'il exècre par dessus tout alors qu'en tant que duc, il pourrait avoir à peu près n'importe qui ? Et pourquoi n'a-t-elle pas encore lâché sa main ? Elle se mordille la lèvre et se secoue mentalement. Elle se sent ridicule. Et comme dans toute situation où elle ressent de l'embarras, Alméïde fait encore ce qu'elle sait faire de mieux ; tenter de changer de sujet. De façon totalement subtile. Ou pas. « Est-ce que... Vous vous rendez souvent ici ? Aux Murmures, je veux dire. » Question tout à fait pertinente en la circonstance. Elle en est persuadée.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Dim 28 Aoû - 8:55

Le baiser se rompt, subitement, te laissant un peu surpris. « Castiel, je… » Elle s’échappe, t’échappe, et toi, gourmand, exigeant, tu veux la retenir – et tu te bats, désespéré, contre toi-même. Tu trembles, Castiel. De froid, peut-être ? D’appréhension, certainement. D’entendre ton prénom, de sa voix troublée, mot d’arrêt, mot de trop. « C’est… ce n’est pas… » Est-ce toi ? Le problème ? Tu n’as pas… oh, par Mirta, tu aurais dû lui demander. Attendre, encore un peu. Quel imbécile tu fais. Ta main serre la sienne, tandis que l’autre passe de son visage à sa nuque, à peine moins intime. Tu as envie de l’embrasser encore, envie de plus. Si tu n’avais pas fait le premier pas… oui, tu as bien fait. N’est-ce pas ? « Est-ce que… Vous vous rendez souvent ici ? Aux Murmures, je veux dire. Tu souris, légèrement, avant de répondre. Uniquement l’été. L’hiver, le domaine est prisonnier des glaces. »
Tes parents sont morts en hiver. Tu te souviens du grand feu, du grand brasier dans lequel ils ont brûlé pendant une éternité, au milieu de la nuit et de la glace, entourés de ces pins noirs, acérés comme mille lances. Tu en as fait bien des cauchemars et encore, tu n’aimes pas t’aventurer aux Murmures alors que l’hiver n’a pas retiré ses griffes du domaine et de tes souvenirs. Peut-être sauras-tu lui dire ? Lui dire ce détail, dans ce même murmure qui a donné son nom à ces terres infertiles ? Peut-être aurais-tu pu, si tu n’avais pas été si idiot ? C’est de ta faute, si le charme a été rompu. Ta faute, celle de ton impatience.

Alors tu retiens les détails, les aveux, tu les refoules derrière tes propres peurs, et tu captes ses lèvres une deuxième fois, puis une troisième fois, parce que jamais deux sans trois. Nouveaux baisers, plus fougueux, plus volontaires, cette fois définitivement teintés du tabou qui plane sur vos deux têtes, tel une épée menaçant de vous abattre. Alors tu te moques, tu profites, tu prends, tu te frottes délibérément et ensuite dépasses les frontières de ce qui t’est interdit. Pour la première fois, tu comprends que l’on puisse enlever une épouse – tu comprends que l’on veuille voler une femme aux bras de ceux qui jalousement la gardent. Tu t’éloignes, enfin, reprenant tes mains, tes bras, remettant la sage distance entre vos corps. Tu as eu l’impression de brûler, Castiel, pendant ces baisers, et tes mains, tes doigts, tes lèvres encore vibrent et s'enflamment de ces contacts fantômes, en attente de recommencer. « Je suis désolé », dit ta voix enrouée. Tu n’es pas désolé, ou peut-être seulement à moitié. Pas désolé d’avoir osé, désolé de l’avoir ainsi troublée. Ou, l’es-tu ? Tu ne sais même plus.

Les lucioles jettent une lueur surréelle sur vos visages. Tu n’as pas envie de rentrer. Tu guettes les insectes d’un œil nerveux, y cherchant l’apaisement. Ton cœur enfin se calme, se calque sur le rythme d’une danse, et tu t’apaises. Lorsque tu te reprends à briser le silence, c’est avec un brin plus d’assurance, mais certainement pas de sagesse : « Voud… voudriez-vous me… m’accompagner au couronnement de… de l’impératrice ? Elle va dire non. Tu le sais, tu t’en doutes. C’est impossible. Pas avec Anthim. Il te tuerait. Tu dois tout de même le demander, pour être en paix avec toi-même. En amie. Ou juste en… en princesse. » Tu vas même jusqu’à l’imaginer, sacrilège, voilée à la cielsombroise, comme tu as eu le privilège de l'admirer cette semaine, mais du violet emblématique de ton duché. Oh, doux rêve.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Jeu 1 Sep - 20:09

« Uniquement l’été. L’hiver, le domaine est prisonnier des glaces. » Et il répond. Il répond vraiment à cette question maladroite posée à cet instant inopportun et voilée de cet embarras qui l'enveloppe depuis quelques minutes. Alors elle acquiesce, sans trop savoir quoi dire. Elle reste muette sans trop savoir quoi faire. Elle ressent plus que jamais la proximité du duc à ses côtés, sa main chaude contre sa nuque et ses doigts qui s'entremêlent aux siens. Son esprit tente de la ramener à la réalité, à ce qui est en train de se passer sous ses yeux, aux conséquences quand son frère finira par tout savoir et à tout ce que ça implique. Mais elle ne parvient qu'à saisir le mélange doux et insouciant des souvenirs de la semaine qui vient de s'écouler ; des rires, des danses, des découvertes. Et surtout, elle n'y voit que le plaisir sincère éprouvé de jour en jour au cœur de ce duché aux mœurs étrangères, en compagnie d'un homme tout à fait différent de l'image qu'elle s'en faisait. Alméïde relève les yeux vers ce regard qu'elle a vu tour à tour rieur, malicieux ou charmeur. Jamais froid ou condescendant, jamais haineux ou insultant, comme il peut l'être parfois lorsque c'est la silhouette d'Anthim qu'il croise. Et, si elle n'oublie pas cet état de fait, elle ne peut s'empêcher de penser que c'est un autre qui lui a tenu compagnie durant son séjour. Un autre qui lui a arraché tant de rires. Un autre qui s'est montré aussi avenant. Ne serait-ce pas plus simple, que ce soit réellement le cas ? Que ce soit en effet un autre homme qui se tient désormais devant elle et dont elle ne peut soudain plus détacher les yeux lorsqu'il avance à nouveau pour s'emparer doucement de ses lèvres.

La surprise passée, Alméïde goûte à l'interdit au son de son cœur qui s'affole. Elle lui laisse les rênes, se laisse guider dans une danse dont les pas ne lui sont que trop peu familiers et qui, à l'instar d'une valse, lui fait tourner la tête comme à une débutante. Ses doigts se resserrent contre les siens, semblent s'y accrocher ; aurait-elle peur de perdre pied ? Elle perd certainement la tête oui, voilà ce que toute personne sensée lui dirait en apprenant ce qu'il se passe à l'instant. Puis le contact se défait, doucement. « Je suis désolé » Elle ose à peine retrouver son regard, le souffle court et les joues brûlantes. Troublée. Oui, troublée. Par leur rapprochement ou par cette distance soudainement retrouvée ? Elle n'ose pourtant faire un geste, ni même prononcer un mot, de peur de briser l'instant comme on éclaterait une bulle de savon.

« Voud… voudriez-vous me… m’accompagner au couronnement de… de l’impératrice ? En amie. Ou juste en… en princesse. » C'est Castiel qui finit par briser le silence. Et de manière tout à fait inattendue. Alméïde relève les yeux pour y lire l'appréhension dans les siens, mais sa gorge se noue et elle secoue lentement la tête. « J-je... je ne peux pas. Je dois m'y rendre auprès de mon frère, vous le savez bien. » Ce n'est évidemment pas dit sur un ton de reproche et elle se sentirait presque navrée de voir la déception se dessiner sur les traits du duc, mais ils savent tous les deux ce qu'il en est, n'est-ce pas ?

Un nouveau silence s'installe et il lui faut de nombreuses secondes à observer la danse ininterrompue des lucioles et une bonne dose de courage pour parvenir à avancer, timide, afin de reprendre doucement sa main dans la sienne. Sans un mot, simplement, laissant les minutes s'écouler sous les étoiles et face au spectacle onirique qui lui est offert ce soir. La nuit est froide aux Murmures, a-t-il dit. Et il n'a pas tort car malgré son manteau, elle frissonne légèrement sous la brise qui agite vêtements et cheveux en douceur. Elle n'a pas envie de rentrer cependant. Pas encore.

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Message Sujet: Re: Sur le chemin des Murmures   Jeu 8 Sep - 7:25

Tu veux étirer l’espoir, étirer le désir, mais la déconvenue est bien trop rapide à ton goût, la réalité amère dans la voix douce de la princesse des dunes : « J-je... je ne peux pas. Je dois m'y rendre auprès de mon frère, vous le savez bien. Je sais. » Tu sais, mais cela ne t’empêche pas de rêver, de faire durer dans ton esprit l’image d’Alméïde d’Erebor voilée de violet, fantasme inatteignable et pourtant si désirable. D’être déçu, dans ce murmure de réponse, dans tes yeux qui fuient les siens, dans cette réponse que tu attendais sans croire vraiment qu’elle serait autre que celle-ci. L’épée, finalement, s’abat.

Tu entends à peine le bruit des criquets, tant ton cœur bat fort à tes oreilles. Tant il rate de battements alors que la main d’Alméïde vient reprendre la tienne, dissipant de ce simple geste tout ce calme illusoire que tu t’es appliqué à reprendre. À tes lèvres monte un sourire aussi idiot que paisible et tu te refuses de rompre cet instant qui apaise chaque partie de toi, de l’ombre à la lumière. Tu baisses la tête pour regarder vos mains, l’une dans l’autre, et… l’espace d’un instant… oui, tu imagines bien plus que cette simple demande de t’accompagner au couronnement de l’impératrice de Faërie. Dans la nuit des Murmures, le temps d’une pensée folle et complètement impossible, tu imagines le pire, le mieux, l’indécent, le délicieux. Tu imagines, les lueurs des lucioles aidant à ton rêve, un lien de soie.
La peau brune de l’Erebienne est parcourue de frissons, que tu t’attribues d’abord, avant de constater que non seulement sa main en est parcourue, mais également son visage. « Vous êtes gelée », que tu constates dans un chuchotement de coupable dépit. Quelle négligence de ta part ! Tu es un bien mauvais hôte. Tu aurais dû penser qu’une femme née du sable et du roc ne pourrait supporter le froid de ton duché, même au début de son été. Tu caresses son épaule, son bras, avant de l’attirer doucement contre toi, la prenant dans tes bras, contre ton corps qui, lui, est d’une chaleur affolante. Tu déposes un baiser sur le front d’Alméïde, avant d’appuyer ton menton contre sa chevelure, humant son parfum et profitant de son contact doux. Une étreinte chaste, pour ce qu’elle est de sincère, de tremblante, de frissonnant non plus de froid, mais de retenue, de tant de désir.

Peut-être, encore, pouvez-vous arracher à la réalité quelques doux instants, dans ce lieu hors du monde ?

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