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 Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.

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Message Sujet: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyMer 13 Juil - 23:26


Jehanne d'Ansemer
ft. Annabelle Wallis

« Bien des espoirs sont déçus, et bien d'autres, inattendus. »




Âge : 30 ans.
Date et lieu de naissance : 30 août 970, à l'Ancre-Fleurie.
Statut/profession : Duchesse d'Ansemer.
Allégeance : Elle l'ignore encore. En tout cas, certainement pas à son mari ni à Ansemer.
Groupes : Faërie + Noblesse

Anecdote :
Le père de Jehanne avait toujours refusé de lui permettre d'étudier l'herboristerie qui lui tenait tant à cœur. Mais après son mariage, son mari n'avait pas d'intérêt pour ses occupations, elle avait le champ libre pour faire ce qu'il lui plaisait concernant les plantes et leurs propriétés. Certes elles étaient moins fascinantes à Ansemer, comme étrangères à Jehanne, mais le temps et de l'aide fournie par Cassandre, sa correspondante de l'Académie de longue date, lui permirent de développer ses connaissances en la matière. Elle tint un journal de ses découvertes et du savoir transmis par les écrits que lui envoyait Cassandre.



Dans la vie, je suis...

Silencieuse - Réfléchie - Désordonnée - Patiente - Observatrice - Généreuse - Méfiante - Douce - Aimante - Protectrice - Maternelle - Passionnée - Possessive - Attentive - Imaginative - Curieuse - Volontairement exclue de la vie en société.

Et voilà comment j'en suis arrivé là.


Son cœur battait la chamade. Elle marchait toutefois le plus lentement qu'elle pût, pensant qu'ainsi elle parviendrait à retarder ce douloureux moment. « Le Duc a demandé à vous voir, maîtresse... il est très en colère... » Voilà les paroles de Lehianne, la seule servante qu'elle supportât de voir chaque jour. Ses mots l'inquiétaient follement tandis qu'elle se dirigeait vers les appartements du Duc où celui-ci l'attendait. De toutes ces années, elle n'avait suscité que l'indifférence de son mari et, parfois, elle avait senti dans ses frasques comme un mépris sous-jacent. Loin était le temps où la rage animait le regard du duc lorsqu'il se posait sur Jehanne. A présent, elle ne voyait qu'un motif à la fureur soudaine de son époux et la certitude que tout allait s'écrouler autour d'elle lui coupait le souffle. A son grand malheur, elle finit par arriver devant les portes de l'appartement de son mari. Elle ne songea pas à fuir. Quand bien même elle le voulût, elle le ferait en abandonnant ce qu'elle avait de plus précieux au monde. Et cela, jamais elle ne se l'autoriserait, pas même en pensée.
Elle frappa donc, doucement, deux coups qu'elle espérait avec naïveté inaudibles aux oreilles du duc. Mais celui-ci semblait l'attendre juste derrière la porte qu'il ouvrit à la volée. Il la saisit violemment par le bras et la tira sous ménagement à l'intérieur, omettant sciemment ou non de refermer la porte. Jehanne perdit l'équilibre sous la force de la poigne du duc et tomba devant deux petits pieds bien familiers. En relevant les yeux, elle vit la chevelure dorée tant aimée, le menton volontaire surmonté de lèvres roses et d'un nez encore tout enfantin. Elle croisa le regard clair de sa fille, regard inquiet de l'enfant qui n'a que sa mère au monde. « Maman, que se... » Mais le duc l'interrompit dans un éclat assourdissant : Silence ! Il fonça droit sur Jehanne et la releva aussi brusquement qu'il l'avait envoyée à terre. « Regardez-la ! tonna-t-il, les yeux fous. Regardez-la, et osez me dire qu'il s'agit là de ma progéniture ! » Jehanne baissa les yeux sur sa fille, les larmes menaçant d'inonder son regard. « Ah, j'oubliais, dit-il perfidement, vous ne dites pas un mot ! Eh bien, hochez la tête pour me dire si oui ou non, vous trouvez quelque trait chez cette fillette qui s'apparente aux miens, et non à ceux de mon frère ! » Jehanne sentit un sanglot la secouer. Elle se devait de dire quelque chose, de... « Mon époux, répondit-elle d'une voix faible et enrouée. Je vous assure que c'est votre enfant... » Non surpris de l'entendre parler, sa rage décupla devant le mensonge. Oh ! Elle aurait dû se taire, comme elle se maudissait d'avoir parlé ! Elle sentit le choc avant la douleur et parvint à grand-peine à tenir sur ses pieds. Sa joue commença à la brûler peu après. Puis elle croisa le regard fou du duc, et sut que c'était la fin.


Elle ouvrit brusquement les yeux, recouverte d'un fin voile de sueur froide. Frissonnante, elle s'extirpa de ses draps qui lui semblaient un étau et se dirigea vers la fenêtre qu'elle avait laissée entrouverte. Bien que tremblante, elle ne la referma pas, cherchant dans l'air frais de la nuit quelque réconfort à son sommeil tourmenté. Elle ferma les yeux en laissant la brise fraîche effacer les réminiscences de sa terreur et sécher les larmes qui avaient coulé. Elle se frictionna les bras et eut soudain une pensée terrifiée. Sachant que sa peur n'avait pas lieu - pas encore, susurra une petite voix au fond-elle - elle enfila une robe de chambre et se dirigea à grands pas vers la porte de ses appartements. Sur le marbre froid, ses pieds n'émettaient aucun son tandis qu'elle rejoignait la chambre de Bertille, adjacente à la sienne. Elle ouvrit la porte sans bruit et se faufila à l'intérieur. Sa fille dormait avec un élémentaire de feu mineur non loin, encore effrayée par les ombres et les monstres nocturnes qui habitaient son sommeil. Elle se pencha sur son lit, le regard plein de dévotion devant le doux visage endormi, sourd aux inquiétudes de la vie et à la réalité de sa naissance. Jehanne déposa un doux baiser sur son front et elle crut voir s'épanouir un petit sourire sur les lèvres de sa fille. Elle eut alors l'impression que ce lit était bien trop grand pour un si petit être et l'y rejoignit doucement.
Bien loin, se dit-elle, était le temps où le simple bonheur d'avoir trouvé un sens à son existence la portait chaque jour. A présent, l'étreinte de l'inquiétude refroidissait son cœur à mesure que le temps passait, et que sa fille grandissait. Elle eût souhaité qu'elle restât à jamais cette enfant insouciante et éprise de liberté. Elle se souvint alors du temps où elle était ainsi, et à quel point Bertille lui rappelait cet aspect déchu de sa vie. Mais était-il vraiment révolu ? Si elle avait pu transmettre cette joie de vivre à sa fille, n'était-ce pas parce qu'au fond, la petite fille était toujours présente en elle ? L'on dit que nous sommes dotés d'une nature profonde que rien ne peut altérer et qui est le fondement de notre personne. Ce fondement, espéra Jehanne, était peut-être toujours présent en elle.

Elle se souvenait du temps où elle n'avait pas à chercher au plus profond d'elle pour trouver cette étincelle, mais où elle avait juste besoin de contempler son reflet. Les joues rouges, quelque peu rondes, le regard étincelant de malice et la démarche sautillante d'une adolescente. Voilà ce que lui renvoyait le miroir chaque jour.
Ces traits étaient partagés par Geneviève, sa fidèle confidente et cousine, qui partageait de sa vie presque tout. Leurs frasques d'adolescentes indisciplinées, leurs voyages à la cour impériale, leurs excursions nocturnes dans le grand jardin... Jehanne confiait plus à Geneviève qu'à quiconque. Elle comblait le vide qu'avait laissé sa mère en la mettant au monde au prix de sa vie. Plus tard, alors que l'enfance laissait place doucement à la maturité, les deux jeunes femmes firent tourner bien des têtes. Il fut alors connu et avéré que les deux beautés étaient promises à un avenir brillant. Qu'est-ce qui avait changé cela, pour toutes deux ? Jehanne le savait, et elle en était en partie responsable. L'amertume la prit tandis qu'elle repensait à cette nuit maudite où elle eût mieux fait de rester la jeune fille sage qu'elle se plaisait tant à imiter.
Ses rapports avec son père n'avaient jamais été chaleureux. Du plus loin qu'elle se souvînt, le comte de l'Ancre-Fleurie n'avait jamais eu pour sa fille qu'ordres et froideur. Jehanne, lorsqu'elle fut en âge de comprendre d'où lui venaient ces sentiments si peu paternels, se sentit d'abord coupable d'être la cause de la mort de sa mère, et de n'être qu'une fille. Mais plus tard la rancœur qu'elle commença à nourrir envers son père étouffa cette culpabilité, et elle s'ingénia à lui rendre la vie difficile. Mais rien n'aurait pu la préparer à la fourbe manigance de cet homme.
Le duc d'Ansemer, Bartholomé, s'introduisit en pleine nuit dans la chambre de la jeune Jehanne. Au début effarouchée par cette visite impromptue, très vite les rouages se mirent en place dans l'esprit de la jeune fille. Bien sûr, elle avait déjà remarqué cet homme de plus de dix ans son aîné, et assurément elle savait que sa plus proche amie, Geneviève, en était folle amoureuse. Mais le duc l'ignorait avec une telle indifférence que Jehanne voulut le lui faire payer. Elle se dit donc qu'elle séduirait le duc - bien qu'il n'y eût plus grand-chose à faire au vu de sa présence dans ses appartements - et alors que celui-ci tomberait fou amoureux d'elle, elle mettrait fin à leur liaison et le traiterait avec un mépris égal à l'indifférence qu'il portait envers Geneviève. Tout semblait bien ficelé dans la tête de Jehanne, excepté la part d'implication de son père dans cette histoire. Au petit matin il surgit dans la chambre des amants et exigea le pire que Jehanne pût jamais concevoir. Elle eut beau se plonger dans un mutisme obstiné, rien n'entama la résolution de son père à la marier de force au duc, qui lui en voulut terriblement durant de longues années.
Mais ce n'était pas le pardon du duc que Jehanne chercha. Ce fut celui de Geneviève, qui non seulement avait été abusée et presque noyée le soir d'une promenade en mer, mais aussi trahie par sa plus proche amie quelques mois plus tard, qui avait épousé le seul homme qu'elle eût jamais aimé. Geneviève lui en voulut terriblement, et Jehanne s'en voulut encore plus. Les années passèrent, ôtant à Jehanne le goût de la vie, au fil des visites nocturnes du duc cherchant seulement à concevoir un enfant, et de son ennui au cours des jours passés à rêver d'une autre vie. Son seul réconfort fut Lehianne, sa fidèle servante, qui à sa plus grande surprise lui fit comme un baume au cœur.
La jeune rousse était un véritable moulin à paroles. Elle parlait sans cesse ; lorsqu'elle coiffait Jehanne, lorsqu'elle lui apportait son petit-déjeuner, lorsqu'elle l'habillait. Elle la nourrissait de paroles qui faisaient office de distraction à Jehanne, un moyen de s'échapper de son morne quotidien pour s'intéresser à celui, bien plus bon vivant et rêveur, d'une jeune servante bavarde. Jehanne en vint à tenir à elle et à la considérer comme une amie. Lehianne, malgré sa langue bien pendue, savait se montrer discrète et accomplissait tout ce que lui demandait Jehanne, comprenant mieux que quiconque les désirs silencieux de sa maîtresse.
Mais, Jehanne le découvrit très vite, une seule servante n'était pas assez pour lui redonner le sourire. Au fil des années elle se conforta dans son mutisme, regardant à peine son époux qui enchaînait les maîtresses et, le découvrit-elle au cours d'une cuisante humiliation, couchait avec la meilleure amie qu'elle eut jamais, Geneviève. En la faisant sa favorite, en l'invitant à coucher dans la propre maison du duc, il lui fit plus de mal que durant les années précédant cette liaison. Elle croisait parfois le regard de Geneviève, au détour d'un couloir, un regard plein de rancœur et de haine tenace, un regard qui lui disait : « Voilà, j'ai accompli ma vengeance. Regarde-moi alors que je te prends le peu de choses que tu as. ». Elle apprit à éviter toute mention ou présence de Geneviève, et à mépriser son époux.
Mais il n'en avait pas toujours été ainsi concernant Bartholomé d'Ansemer. Bien après qu'il lui eût exprimé sa rancœur à son égard, Jehanne le surprit un jour à contempler les eaux salés de la mer. Elle vit alors dans le regard du duc un sentiment si égal au sien que cela la frappa. On eut dit que le duc était dans une cage, une cage flottant au milieu d'une mer agitée. On eut dit qu'il était incapable de sortir de cette cage, ou de même d'effleurer la surface de l'eau. Durant un instant, Jehanne eut l'impression d'être dans cette même cage, aux frontières de son jardin, là-bas à l'Ancre-Fleurie, de sentir le parfum des roses et des magnolias, mais sans pouvoir en effleurer une seule. Elle voulut réconforter son mari, et un sentiment d'empathie et de tendresse grandit en elle durant un court instant, un sentiment qui lui donnait l'impression d'être une autre personne, de s'éveiller d'un sommeil noir et profond. Puis le duc avait tourné le regard vers elle, et ses yeux étaient redevenus froids comme la glace. Le moment se brisa et ne survint plus jamais.
Alors qu'elle se sentait véritablement sombrer, Bertin, le frère de son époux, lui fit la surprise d'être une ancre à laquelle elle s'accrocha désespérément. Elle ne remarqua ses propres sentiments que lors d'une soirée qu'elle passa avec Bertin seul et à sa demande qu'elle ne sut refuser. Elle l'écoutait parler, simplement, et la voix la transportait dans un endroit chaud, sûr et calme, ou ni Bartholomé ni Geneviève n'existaient, où seules les fleurs du jardin de son enfance l’enchantaient de leur parfum envoûtant.
« Dieux ! s'exclama Bertin alors que Jehanne commençait à s'assoupir. C'est déjà la minuit, je vous ai trop occupée, ma chère Jehanne. » Elle aimait la façon dont chaque syllabe de son nom coulait sur les lèvres de cet homme, elle aimait le voir parler et rêver à voix haute, son regard brillant d'une étincelle si familière, et pourtant si lointaine à Jehanne.
Bertin se leva et Jehanne fit de même. Alors qu'il lui prenait la main pour l'aider à se relever, elle sentit dans ce contact quelque chose de différent. Différent de tout ce qu'elle avait ressentit tandis que les hommes lui faisaient hommage en prenant sa main pour la baiser. Différent du contact si froid de son mari. Elle se surprit à serrer cette main caleuse et sentit une rougeur lui monter aux joues. Elle ne se savait plus capable de rougir. Bertin remarqua aussi ce sentiment chez elle, et elle le sut, chez lui-même aussi. Il murmura son nom.
Jehanne n'avait pas prévu d'agir envers son mari de même sorte que lui envers elle. Mais elle pensait ni aux conséquences, ni même au lendemain lorsqu'elle sentit les lèvres de Bertin l'effleurer doucement à l'épaule, et remonter lentement vers son cou. Elle poussa un soupir qu'elle n'avait eu que cette nuit il y avait des années de cela, elle sentit dans son ventre cette sensation, elle pensa décuplée, qu'elle n'avait connue qu'à ses dix-huit ans. Le souvenir de cette nuit lui ramena celui de son mari, et elle s'écarta à grand-peine. Elle voulut lui dire dans son regard que ce n'était pas bien, mais toutes ses résistances fondirent quand Bertin l'embrassa.
Elle eut pu résister à cette étreinte si elle avait été, à l'instar de celle, bien lointaine à présent, de Bartholomé, brusque et rageuse. Sous cette rage Bartholomé avait cherché à réveiller le désir qu'il avait eu pour Jehanne cette fameuse nuit, mais ce désir était dénué de douceur. Bertin, en revanche, cueillit ses lèvres avec une telle tendresse qu'elle se sentir désarmée. Elle ne put résister à une pareille douceur et répondit à l'étreinte de cet homme d'une certaine façon si proche de son mari, et pourtant si différent.
Elle eut peu de scrupules à entretenir cette liaison interdite avec Bertin, bien qu'elle craignît très souvent que ce ne fût qu'un rêve, ou que Bertin l'abandonnât soudainement. Mais un tel jour n'arriva pas, et cet homme qu'elle avait cru dénué d'amour lui en donna plus qu'elle ne l'espéra. Il lui semblait que le vide dans son cœur commençait à se combler à mesure qu'ils forgeaient leur amour interdit. Le duc visitait toujours la couche de sa femme, bien entendu, mais à présent ces moments ne lui pesaient plus tant qu'avant. Il semblait qu'elle partageât ce fardeau avec Bertin. Puis vint l'heureuse nouvelle, celle qu'elle n'attendait pas. Un enfant était à naître.
Elle fit taire la voix sourde dans son esprit qui lui disait que son mari ayant trop peu partagé sa couche et son amant bien trop, peu de doutes demeuraient quant à la paternité de l'enfant...
Cette voix fut silencieuse le jour où Bertille naquit. Elle perdit tout d'abord les eaux, chose bien naturelle à laquelle on l'avait préparée. La panique la saisit la première : Bertin n'était pas là, et son époux couchait en ce moment-même avec sa favorite, celle dont elle ne voulait même plus prononcer le nom. Mais les sage-femmes ne la laissèrent pas seule à sa détresse et elle se sentit bientôt trop entourée pour être vraiment seule. Des heures durant les contractions la laissèrent pantelante, et le pire était à venir. La sage-femme lui dit alors que le moment était venu, et Jehanne rassembla son courage. Dans un cri silencieux et à travers un souffle saccadé, elle se mit à pousser de toutes ses forces. Elle agrippa les draps du plus fort qu'elle put, et elle retint le moindre son de s'échapper de ses lèvres. Plus tard, alors que ses cheveux étaient trempés de sueur et son corps encore tremblant de l'effort fourni, on lui déposa sa fille dans les bras, ses cris éveillant Jehanne au plus profond de son âme. Lorsqu'elle croisa le regard du nouveau-né, elle sut. Elle sut ce dont parlaient toutes ces femmes lorsqu'elles évoquaient la maternité. Elle sut qu'elles disaient vrai, qu'un enfant était véritablement l'accomplissement de la vie d'une femme. Bertin avait été son ancre, son bonheur inespéré, mais Bertille fut mille fois plus. Toute son existence prit un sens, le monde changea du tout au tout. C'était cela, le but de sa vie, ce petit être innocent, le fruit de son propre sein. C'était comme si elle se sentait à présent trop pleine. Et c'était merveilleux.
Elle murmura alors, la voix cassée et endormie par tant d'années de silence : « Ma fille. ». Nul ne l'entendit et n'eut jamais plus l'occasion de l'entendre.
Ce bonheur inconditionnel dura quelques années, puis la voix revint à mesure que l'enfant grandissait. Ses vieilles peurs lui revinrent, et elle sut, alors que Bertille était âgée d'à peine cinq ans, qu'elles étaient fondées. C'était un jour chaud et très peu venteux. Bertille jouait dans l'herbe avec un dragon de bois que Bertin lui avait sculpté. Un sourire flottait sur les lèvres de Jehanne et faisait écho à celui de Bertin. Son regard se posa alors sur le visage de sa fille, et pour la première fois, elle remarqua vraiment les détails qu'elle avait tenté d'ignorer. Sa peau de pêche était la même que sa mère, ses yeux clairs et sa chevelure d'or pareillement, ainsi que sa démarche sautillante qu'elle avait crue bannie à jamais de ce monde. Mais cette mâchoire, ce nez et cette forme de visage n'étaient pas les siens. Le dessin de ses traits, son air malicieux et cette lueur dans son regard, n'étaient pas de Bartholomé. Elle le savait, elle le sut en regardant tour à tour Bertille et Bertin : ce dernier était le père de cette enfant.
Bertin remarqua l'inquiétude dans son regard, tandis que le sourire de Jehanne mourait sur ses lèvres. Elle tenta de lui faire comprendre en plongeant son regard anxieux dans le sien. Bertin tourna la tête vers sa fille, et elle sut qu'il découvrait tout comme elle la vérité. Sa fille.
La peur et l'incertitude reprirent place dans son cœur, et la petite voix qu'elle avait tenté d'ignorer la narguait. Je te l'avais bien dit.



Dans ma tête, ça se bouscule

Que penses-tu des compétences de la toute nouvelle impératrice de Faërie, la jeune Chimène ? La trouves-tu légitime, penses-tu qu'elle va réussir sa période de probation ?
• Jehanne ne connaît que trop bien l'incertitude et le sentiment de ne pas être à sa place. Elle a beau vivre dans le désespoir, elle ne peut s'empêcher d'être optimiste quant aux chances de Chimène. Elle est jeune et l'apprentissage touche facilement les jeunes âmes, pourvu qu'elle ait la volonté nécessaire et qu'elle se forge un caractère digne d'une impératrice. Toutefois elle se doit de cacher ces pensées aux gens d'Ansemer car le duc a bien déclaré qu'il ne veut pas voir Chimène sur le trône.

Envisages-tu de prendre part au conflit si une guerre entre Ibélène et Faërie devait se déclarer ? Quel parti prendrais-tu, et pourquoi ? Comment participerais-tu à la lutte ?
• Jehanne ne s'est jamais vue prendre part à quelque conflit que ce soit, si ce n'est celui qui lui permettra de quitter Ansemer à jamais. Bien sûr, ce ne sont qu'illusions pour elle et bien qu'une guerre pourrait faucher son mari, elle pourrait aussi lui prendre Bartin, sa fille et tout, même si peu, tout ce à quoi elle tient. Elle redoute le son des tambours de guerre autant que celui de son époux apprenant la véritable ascendance de sa fille. La guerre détruit les hommes et la terre qu'ils foulent. Si jamais une guerre venait à se déclarer, elle se porterait volontaire en tant que soigneuse et mettrait à profit le savoir des plantes qu'elle est parvenue à acquérir au fil des ans. Du moins, voilà la façon dont elle imagine les choses, tout en gardant à l'esprit que le rêve diffère bien souvent de la réalité.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est l'espoir qui porte Jehanne et lui permet encore de rêver. Elle s'imagine partir avec sa fille, son amant et sa fidèle servante, partir loin de ce mari indifférent, de cet endroit qui l'étouffe. Elle s'imagine arriver à Lorgol et sentir tout le poids des années de malheur lui être ôté des épaules, ses poumons se remplir du doux parfum de la liberté, et enfin son cœur être gonflé du bonheur auquel elle ne croyait plus. Mais au réveil, la réalité la frappe, telle une porte se refermant brusquement devant elle, laissant échapper les dernières effluves de la liberté, la plongeant dans le noir et l'incertitude.


Tu ne t'écraseras point sur des châteaux.


Derrière l'écran

Dans la vie, je m'appelle Azel de mon pseudo et j'ai 16 ans. J'ai découvert le forum via le top des forums rpg et voici ce que j'en pense : je trouve cet univers très riche et complexe, le forum bien construit et l'équipe très à l'écoute et impliquée dans ce travail. Je suis contente de pouvoir faire partie de cette communauté ! /o.




Dernière édition par Jehanne d'Ansemer le Sam 16 Juil - 20:23, édité 12 fois
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyMer 13 Juil - 23:27

Bienvenue et bon courage pour ta fiche ^^.
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyMer 13 Juil - 23:49

Bienvenuuuuue :cute:


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I'd give anything to hear you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes.
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyMer 13 Juil - 23:50

Bienvenue et bon courage pour ta fiche
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 0:02

Bienvenue avec la superbe Jehanne, qui est vraiment un beau personnage. J'ai hâte de la découvrir sous ta plume :**: !


Dialogues de Castiel en darkred ◊ Dialogues de Mirat (chat persan ou panthère) en indigo




Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. 1479663390-proinoir
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 0:06

Merci beaucoup à vous !
Castiel, j'espère être à la hauteur de tes attentes :cute:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 0:26

Owiiii une autre duchesse Faë :cute: c'est qu'on se sentirait seul à force avec Marjo !!!

Bienvenue à toi en tout cas avec ce super perso, Jehane promet vraiment beaucoup :**: bon courage pour ta fiche et hâte de te voir en jeu :mimi:


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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 0:41

Oh ben je suis bête je viens de poster dans ton topic de demande et questions xD

Bienvenue, ravie de voir que tu t'es inscrite :**:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 1:13

Bienvenue, jolie Jehanne :cute:
Bon courage pour la fiche :cutie:










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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 7:31

Sois la bienvenue Jehanne ! :ballon:
Bon courage pour la rédaction de ta fiche !
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 7:35

Bienvenue Jehanne.
Il est beau ce prénom :**:

Bon courage pour ta fiche!


Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. TitreMayeul1
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 8:41



Sois la bienvenue en Arven, Jehanne, et bon courage pour la suite de ta fichounette ! :cheers:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyJeu 14 Juil - 12:58

Merci à tous ! /o

Oui j'aime aussi beaucoup ce prénom, il est original :**:

EDIT : Voilà, fini, je n'attends plus que le Rp test ! En espérant que je n'aie pas oublié de fautes /o
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 12:26

Bienvenue officiellement, jolie Jehanne :coeur:

Je suis contente de voir ce PV tenté, je l'aime beaucoup :**: Si tu as encore des questions, n'hésite pas, tu connais le chemin :hihi: Et pense bien à signaler ta fiche dans le topic approprié quand tu auras fini :blowkiss:

Bon courage pour la fin !
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 13:00

Merci officiellement :haww:

Un PV comme celui-là, je n'allais pas le laisser passer :hihi:
Ce sera fait, merci :**:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 13:50

OMG, Annabelle Wallis est si belle. Bienvenue à toi :heart:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 13:58

Awn merci je saiiis :keu:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 15:55

Je profite d'avoir un peu de temps pour me dépêcher de venir te lire !

Dans l'ensemble, c'est très bien ! Tu as bien compris le personnage et on sent que tu as vraiment cherché à t'approprier l'univers :**:
Mais il y a quelques broutilles à modifier quand même :coeur:

Infos générales :
• Il manque le lieu de naissance.
• Pour l'anecdote, juste une précision : il est possible que Cassandre lui ait fait parvenir des parchemins, des écrits mais elle n'est pas herboriste elle-même et ne peut donc pas aider davantage Jehanne en la matière :cute:

Histoire :
C'est vraiment bien écrit et j'aime particulièrement le début ! Mais j'ai quand même une petite remarque :hihi:
• L'agression de Geneviève n'a pas eu lieu le soir où Jehanne était avec Bartholomé, ce serait un peu gros :P Cet événement s'est passé quelques mois plus tôt (Geneviève n'avait que 16 ans quand c'est arrivé :cute: ) Désolée si la formulation du PV met le doute, c'était une façon de parler :P

Questions :
• Ce n'est pas vraiment une modification à faire mais une précision : dans l'intrigue en cours, Bartholomé – qui n'a jamais tellement caché ses doutes à l'égard de Chimène – s'est officiellement déclaré contre elle, déclenchant l'Ordalie :cute:

RP :
• Je sais que Quitterie est une catastrophe ambulante, mais il est peu probable qu'elle ait détruit toute une partie du palais :hihi:
• Attention, les gens la connaissent sous le nom de Louison Aubenacre
• Pense bien à aller le recenser :mimi:

Pour le reste, c'est tout bon ! Il ne te reste que ces quelques modifications à faire et je pourrais te valider :superman:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 16:30

:boude:
Je suis pas une catastrophe. :*_*:

Pour le test RP, nous en avons parlé par MP, je vois que nous avons la même analyse :hihi:
Courage jolie Jehanne, tu y es presque :siwi:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 16:30

Ah si vous en avez parlé, je ne dis plus rien :mdr:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 16:31

Oui, je lui ai fait les mêmes observations :geu:
On est trop connectées :haww:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 16:40

:bro:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 17:02

Mais quelle activité quand je sors ! :laugh: Bon, bien entendu ce n'est pas dans l'ordre : :mimi:
Je crois que j'ai tout modifié, et c'est noté pour Bartholomé, j'ai ajouté cela dans la question pour plus de précisions. Comme Quitterie l'a suggéré, elle ne détruit qu'une partie d'une tour :hihi:
Pour l'anecdote, je n'ai pas précisé mais c'est bien ce que j'avais en tête, des parchemins et des écrits qu'elle lui enverrait. Pour Geneviève, j'ai effectué les modifications.

Voilà, je crois que j'ai corrigé tout ce qui n'allait pas ! :**:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 18:01

Une ansemarienne, une ansemarienne :bounce: Bienvenuuuuuue :coeur:
Un rp s'impose, à la première occasion !
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. EmptyVen 15 Juil - 18:28

Aha merci :mimi:
Oh ouii totalement :vv:
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Message Sujet: Re: Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.   Jehanne  ♣  Le silence est une forme de parole. Empty

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Jehanne ♣ Le silence est une forme de parole.
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