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 Tu ne t'écraseras point sur des châteaux.

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Message Sujet: Tu ne t'écraseras point sur des châteaux.   Tu ne t'écraseras point sur des châteaux. EmptyVen 15 Juil - 11:58




Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Jehanne d'Ansemer & Quitterie Aubenacre

Tu ne t'écraseras point sur des châteaux.

Du moins tu essaieras.




• Date : 15 juin 1001.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Louison, Chevaucheuse aveugle, a détruit la partie d'une tour de l'aile Ouest du palais ducal en plein vol et le duc étant absent, c'est à Jehanne qu'il revient de régler l'affaire.



Dernière édition par Jehanne d'Ansemer le Ven 15 Juil - 16:58, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Tu ne t'écraseras point sur des châteaux.   Tu ne t'écraseras point sur des châteaux. EmptyVen 15 Juil - 13:19

Jehanne ne serait pas laissée en paix ce jour-là. Elle l'avait su lorsque son mari était parti pour quelque affaire en-dehors du duché, elle l'avait su lorsque Lehianne l'avait informée d'un incident en cuisine, elle l'avait su encore lorsque tôt dans la matinée, elle avait entendu ce fracas assourdissant de pierre percutée. Lehianne avait accouru vers sa maîtresse, alarmée et pour une fois silencieuse. Tout le château avait été dans cet état avant de trouver la cause de ce raffut, qui n'avait pas tardé à se montrer lorsque Jehanne avait jeté un œil par la fenêtre. Elle fut des plus surprises de voir un dragon reprendre son envol depuis les vestiges du toit d'une des tours de l'aile Ouest, heureusement sans avoir causé que des égratignures et quelques hématomes que Jehanne se fit un plaisir de soigner avec quelques herbes. Le mur du dernier étage était tombé, le toit avait été presque entièrement arraché, mais le fracas n'avait heureusement pas été à la mesure des dommages. Cela lui fournit une distraction bienvenue à son morne ennui. Mais il restait à s'occuper de ce Chevaucheur qui avait non seulement causé des dégâts à un palais ducal, mais aussi pris la fuite après ledit méfait. Ce fut ce que lui expliqua le conseiller du duc que celui-ci avait laissé en son absence, en cas de besoin. Autrement dit, il n'avait aucune confiance en sa femme et cette méfiance était partagée par son conseiller. Parfois, Jehanne eut l'impression qu'il cherchait à la voir trébucher et commettre une erreur. Grand bien lui fasse, se dit-elle. Elle se montrerait digne de son rang, si elle n'avait pu se montrer digne de son union. Tout du moins, pensa-t-elle avec anxiété, elle essaierait.
Les choses furent faites très rapidement ; le Chevaucheur fut identifié grâce à son dragon que des gens du palais avaient reconnu pour être celui de Louison Aubenacre; puis elle fut convoquée l'après-midi même pour rendre des comptes de ses bévues. Cela se déroulerait dans la salle de bal principale du palais, la plus grande et opulente, comme le suggéra le conseiller du duc, afin, dit-il, de « montrer toute la force et le pouvoir du duc même en son absence », en prenant garde à ne pas mentionner la force et le pouvoir de la duchesse. Jehanne n'en avait cure, et souhaitait juste régler l'affaire au plus vite afin de passer plus de temps avec sa fille. Le conseiller n'eut nul besoin de suggérer un interprète, car celui-ci n'était pas nécessaire ; Jehanne engagerait Lehianne afin de transmettre ses paroles. La jeune servante avait appris au fil des années à décrypter les signes et les regards de sa maîtresse, et celle-ci avait en elle toute confiance. Ce que le conseiller désapprouva, bien entendu. Mais la duchesse n'avait que peu d'intérêt pour les avis de cet homme qu'elle connaissait à peine et qui lui inspirait la même froideur que son mari.
Jehanne, le conseiller, Lehianne et quelques domestiques attendaient donc l'arrivée de la Chevaucheuse lorsqu'enfin les portes s'ouvrirent sur la jeune femme. Jehanne n'était pas à l'aise dans son siège, entourée de ses serviteurs, et préféra se lever, cherchant à masquer sa nervosité. Mais à mesure que Quitterie Aubenacre approchait, elle eut le sentiment grandissant que quelque chose lui avait échappé. Ce n'était pas tant dans sa démarche qui ne laissait entrevoir que la formation de Chevaucheuse de la jeune femme, non c'était quelque chose dans son attitude : Jehanne avait l'impression que quelque chose n'allait pas avec son regard... Il ne se posait sur rien de précis et la jeune femme continuait à avancer. Le conseiller se racla la gorge pour lui intimer de s'arrêter. Il annonça la duchesse et s'apprêtait à, en somme, mener le dialogue lui-même quand Jehanne leva la main pour le faire taire. Offensé, il se renfrogna d'un air moqueur. Lehianne s'avança et Jehanne commença à signer. « Vous êtes ici pour répondre de vos actes de ce matin. Savez-vous quels sont-ils ? »
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Message Sujet: Re: Tu ne t'écraseras point sur des châteaux.   Tu ne t'écraseras point sur des châteaux. EmptyVen 12 Aoû - 18:18


Tu ne t’écraseras point sur des châteaux
Du moins tu essaieras
Jehanne & Quitterie • 15 juin 1001


Penaude, je me laisse glisser le long de l’aile de Serment, absolument désolée. Puis, un peu paniquée, je prends pied sur les tuiles, tentant de garder l’équilibre sur le toit penché tandis que je fais maladroitement le tour de mon dragon un peu K.O. pour évaluer les dégâts.

Serment, ça va ?
Laisse-moi un instant, petite, il y a des étoiles devant mes yeux.


Un bruissement d’ailes se fait entendre, je perçois un déplacement d’air, et une silhouette apparaît à la lisière de mon champ de vision. Perché sur ses hautes pattes, le bec en avant et l’air inquisiteur, c’est Sayam qui déplace agilement son corps de cigogne le long des écailles froissées de mon dragon.

Rien de cassé, mon grand ami ?  
Je ne crois pas, pas cette fois – peut-être juste quelques éraflures et ecchymoses.  
Je suis tellement désolée, Serment !


Nerveuse, inquiète, je me cherche à joindre mes mains pour les tordre, comme d’habitude lorsque j’ai fait une bêtise – lorsqu’une douleur intense au niveau de mon épaule m’arrache un gémissement.

Elle, par contre, elle s’est blessée.  
Occupe-toi de ta mage, Familier : moi, ça va aller.


A ce stade, je n’écoute plus vraiment. L’adrénaline de la collision s’est dissipée, et je commence à prendre conscience de ce qui s’est passé : la tour, au milieu de la brume matinale, que je n’ai vue qu’au dernier moment ; Serment, distrait par un vol de mouettes à esquiver, et le choc frontal, terrible, contre la paroi magiquement renforcée du bâtiment. Puis la glissade désespérée contre la paroi, Serment me protégeant de ses ailes, s’agrippant de toutes ses griffes, jusqu’au l’atterrissage en petit tas sur une avancée de toit du bâtiment voisin. J’ai mal, ma respiration me transperce – je sens un liquide poisseux imbiber le tissu de ma chemise, le long de mon flanc, mais cela ne compte pas. Je vois mon dragon saigner – ses écailles éraflées, la peau arrachée de ses ailes là où elles ont frotté la paroi en m’abritant, et ses griffes cassées tant il a tenté de freiner notre folle dégringolade. Des larmes soudaines me montent aux yeux : moi, cela ne compte pas, mais Serment est blessé, et c’est ma faute ! Ma faute, ce seigneur du ciel meurtri, ma faute, ce roi des nuées abattu.

Cesse de te tourmenter, petite, je connais ta valeur, et tu n’es pas en faute.  
Quitterie, ils s’échappent.


En effet. Ils s’échappent.

Des bandits de grand chemin, des vauriens, des moins-que-rien, que l’escadron poursuit depuis la veille au soir dans la campagne, et qui se sont éparpillés dans Port-Liberté au matin. L’alerte est arrivée il y a quelques minutes, l’ordre de déploiement a suivi, appelant à l’envol tout le personnel de la division, y compris celui de réserve. La réserve dont je fais partie, moi la guérisseuse de bataille : toute handicapée que je suis par ma cécité presque totale, je n’en ai pas moins sauté sur le dos de mon dragon pour rattraper ces voleurs d’enfants et délivrer leur dernière victime. Sans réfléchir à sa blessure, Serment se relève, un peu pataud, mais volontaire ; et je m’agrippe à lui de mon bras valide. La mission nous attend.

Plus tard dans l’après-midi, une fois mon rapport fait et mon bras dûment pris en charge par un guérisseur assermenté, la convocation arrive du palais ducal. Allons bon. Nous avons rattrapé les ravisseurs, délivré la mignonne Océane du Flot d’Argent, future marquise et adorable frimousse de cinq ans qui a ri aux éclats quand je l’ai prise avec moi sur le dos de Serment pour la ramener à ses très nobles parents – et voilà que l’on me cherche querelle pour une malheureuse tour ? Fataliste et résignée, j’emboîte le pas au sergent venu me convoquer et me laisse conduire dans la salle d’audience du palais une heure plus tard, guidée par les yeux de Sayam.

Je m’attendais à me trouver face au conseiller revêche qui transmet d’ordinaire les ordres de la Couronne, mais c’est une voix de femme qui s’exprima. La duchesse, Quittou. C’est elle qui siège. Par Valda au firmament – notre duchesse Jehanne que l’on ne voit jamais ! Avide de détails, je pêche dans l’esprit de Sayam les quelques images qu’il me transmet, la mine résolue de cette femme bien courageuse, la mine renfrognée du conseiller, et la grâce presque surnaturelle de ces deux mains pâles qui tracent dans les airs l’écho de mots que personne n’entend mais que l’âme comprend.

Je ne suis pas vraiment présentable, je le sais bien, dans mes jupes de chevauchée et le cuir de mon harnais tachés du sang séché qui a coulé de mes blessures et de celles de mon dragon. J’ai le bras en écharpe et une belle estafilade qui barre mon front, mes cheveux sont emmêlés et je suis couverte de poussière ; néanmoins, je m’incline profondément devant cette femme muette qui est l’une de mes idoles personnelles. « Louison Aubenacre, guérisseuse de bataille du Vol d’Ansemer, Chevaucheuse de la division de Port-Liberté, au rapport devant vous, Votre Grâce. Je ne sais si mon rapport officiel vous a été transmis par ma hiérarchie – j’ignore si Messire votre conseiller l’a demandé – mais je suis prête à vous présenter les faits. » Je me relève de mon salut, nerveuse, les paumes poisseuses. « Je me trouvais en mission expresse signifiée par notre commandant, en vol à la poursuite des kidnappeurs appréhendés peu après, ma Dame. Nous avons percuté une tour du palais en esquivant les sortilèges de destruction que leur mage nous lançait. Si nous avions viré de l’autre côté, il aurait eu le champ libre pour s’en prendre aux civils, Votre Grâce ; j’admets avoir porté préjudice aux bâtiments ducaux, par la force des choses et contrainte par ma mission. »

N’ayant rien d’autre à dire, je me tais, crispant les doigts de mon bras valide dans mes jupes salies. Vais-je être punie pour avoir tenté d’accomplir ma mission, en dépit de mes moyens limités ? Hors de question, en tout cas, de mentionner ma cécité : je ne tiens pas à ce que ma triste condition m’accorde un quelconque passe-droit.

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