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 Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]

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Message Sujet: Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]   Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda] EmptyJeu 28 Juil - 4:37


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Lucille Sombrefiole et Melinda Orlemiel

Qu'il fait bon de rentrer chez soi !

Un petit verre pour se remonter le moral ?



• Date : 21 juillet 1001 (nuit, très très très tôt le matin)
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après une nuit mouvementée piégées de l'illusion dans le rucher, Lucille et Melinda rentrent ensemble à la Taverne de la Rose et discutent un peu avant d'aller dormir, si c'est possible de fermer l'oeil après une telle aventure.



Dernière édition par Lucille Sombrefiole le Jeu 28 Juil - 4:42, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]   Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda] EmptyJeu 28 Juil - 4:40

L'enseigne se balance en grinçant mais on arrive à percevoir les lettres qui indiquent la Taverne de la Rose, alors on se presse à l'entrée, avec l'excitation d'être bientôt accueilli par une odeur abondante de bonne bière et de sueur de pirate. Je tiens la porte à ma camarade d'infortune, car il se trouve que nous partageons les bonnes adresses, et je m'engage à sa suite. Comme prévu, j'ai les narines pleines de senteurs familières et j'entends aussi des rires gras et des jurons, des bruits de vaisselle tintant au fond en harmonie avec la voix de Freyja dont je perçois plus de notes que de mots. Sans que je ne m'en aperçoive tout de suite, un sourire est venu se coller sur mon visage et ne s'évanouit pas. Cet univers, cette ambiance qui n'a rien de distingué ou d'intellectuel, il me convient tout à fait et il m'avait manqué. Il m'avait manqué pendant des mois avant ça et il m'avait manqué l'espace de quelques jours passés en Outrevent.

Qu'il fait bon de rentrer chez soi !

La fille avec ses abeilles, s'appelle Melinda et loge à la Taverne de la Rose, comme moi. C'est à peu près tout ce que j'ai pu apprendre pendant nos voyages à travers les portails magiques gracieusement offerts par le Duc de Lagrance. Je réprime un petit rire. En y repensant, c'est plutôt cocasse d'avoir été prise au piège d'une illusion au milieu d'un rucher dans la campagne en pleine nuit avec des personnes d'origines et de statuts aussi différents. Ca l'est encore plus d'y avoir croisé quelqu'un que j'aurais pu connaître juste ici, chez moi, puisque il n'y a guère qu'un étage qui sépare nos lits. J'ai pour habitude de converser avec tous les clients de Freyja, qu'ils soient habitués ou juste de passage et après avoir vécu une nuit aussi intense avec ma nouvelle voisine, je ne me vois pas lui dire « au revoir » tout de suite. Voilà donc ce que je lui propose :

« Je vois que tu dois prendre soin de tes nouvelles amies bourdonnantes, mais si le cœur t'en dit, tu peux redescendre par ici avant d'aller dormir, je t'offre un verre. »

La nuit est trop avancée, tout le monde est déjà presque achevé. Etrangement, je n'ai pas le cœur à boire, j'essaie de penser avec lucidité à ce qui s'est produit, on a à peine échangé quelques mots à ce sujet et quelque part, si j'espère que Melinda revienne vers moi, c'est aussi pour en parler avec elle. J'ai beau accepter tout ce qui m'arrive avec une certaine curiosité, voire un peu trop d'enthousiasme pour certaines situations, j'ai besoin de comprendre. Le monde fonctionne d'une certaine manière et c'est vital pour moi d'en connaître les rouages. Tout ce qui est magique me perturbe au plus haut point, ce n'est pas faute d'avoir essayé de m'immiscer dans l'univers de ces camarades opposés, durant mes études à l'Académie ! Mais j'ai baigné dans le savoir et c'est quelque chose de beaucoup plus concret pour ma petite vision d'Ibéène, que je la force à s'élargir ne m'aide pas à mieux appréhender les mystères Faë, à les accepter, peut-être, mais là n'est pas la question.

C'est un morceau de tarte que je prends, au final, assise à ma table dans un coin. Je guette les escaliers pour y voir apparaître la silhouette gracile de cette peut-être future amie, mais du coin de l'oeil, je peux apercevoir la salle se vider. Je n'ai aucune idée du temps qui nous sépare de l'aube, mais à en juger par le comportement des clients, nous sommes rentrées à une heure indécente. Quelques uns que je connais au moins de vue me font un signe parfois et je leur rends par politesse, mais je me fiche d'eux. Si mon appartement ne ressemblait pas à un laboratoire mélangé à un atelier mélangé à la réserve de ma boutique mélangé à une expérience ratée, avec accessoirement un lit au milieu de tout ça, j'aurais bien proposé à l'apicultrice de m'y retrouver pour ne pas se mélanger aux autres. Aujourd'hui, ils ne m'intéressent pas. Elle m'intéresse. Surtout que je n'ai pas pu récupérer ce miel outreventois, en fin de compte.

Enfin je la vois et je souris de plus belle, assez satisfaite. Je me lève et étire mon bras le plus haut possible en l'agitant, jusqu'à ce qu'elle croise mon regard et se dirige vers moi. Après qu'elle se soit installée, je lui précise :

« Commande ce que tu veux, je te l'ai promis, c'est moi qui paie. »  

En ce qui me concerne, je finis ce qu'il reste de ma pâtisserie. A l'occasion, s'il reste encore quelque chose de bon, je reprendrai de quoi me nourrir. Se faire pourchasser par des anges en colère, ça creuse ! Tiens, je vais lui dire ça, dès que j'aurai avalé cette dernière bouchée, car je ne suis pas si mal élevée pour parler la bouche pleine :

« Ca creuse de se faire poursuivre par des anges... »  

C'est un moyen comme un autre de lancer la conversation, à vrai dire, je ne la connais pas du tout, je ne sais pas comment m'y prendre avec elle. D'ordinaire, j'ai plutôt des facilités avec les gens, ils sont beaucoup plus nombreux à avoir de l'humour que ce que l'on veut bien croire. Mais prise de cette espèce d'incertitude, j'ajoute, espérant être plus convaincante :

« Enfin, je devrais pas en rire. »

C'est toujours comme ça avec moi, j'ai cette légèreté à laquelle je ne peux rien faire. C'était terrifiant sur le moment et ça m'a très certainement momentanément coupé toute envie de mener à bien les projets pour lesquels je m'étais déplacée jusqu'à ce rucher mais à présent c'est fini. Et on est en vie. Youpi. Le choc émotionnel est loin et enfoui, en revanche le tourbillon de pensées dans ma tête ne veut pas s'arrêter, je n'arrive toujours pas à concevoir ce qui nous est arrivé de manière sensée. J'ai lu la lettre, comme tout le monde, j'ai compris les phrases, j'ai compris le message, j'ai compris le but. Mais ça ne suffit pas. Je me lance, un peu maladroitement :

« Qu'est-ce... Est-ce que tu... Enfin je veux dire, par rapport à cette nuit, je pense qu'on devrait en parler. C'est vraiment pas clair pour moi. »  


Dernière édition par Lucille Sombrefiole le Dim 11 Sep - 17:32, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]   Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda] EmptySam 30 Juil - 17:43

En arrivant devant la Taverne de la Rose, une étrange pensée me frappa de plein fouet. J’eus tout d’abord le sentiment que je rentrais chez moi. Alors que jusqu’alors il avait été évident dans mon esprit qu’Outrevent resterait à jamais mon foyer, l’aventure que je venais d’y vivre avait jeté une tache sombre sur ce duché pourtant si cher à mon cœur. De plus, cette taverne était devenue, au fil des jours que j'y avais logé, un refuge, et y être rentrée me soulageait. Pourtant, ce qui me stupéfia le plus fut cette impression de sécurité qui m’envahit, aussi douce qu’étrange. Je n’avais jamais eu besoin de me sentir en sécurité. Parce que je ne m’étais tout simplement jamais sentie en danger. Jusqu’à cette nuit.

Je pris une profonde inspiration, tentant de m’habituer à cette impression nouvelle. Lucille – compagne de mésaventure avec qui j’avais brièvement fait connaissance entre deux portails – me tint la porte, et je la remerciai d’un signe de tête en m’engouffrant dans la Taverne, avec mes abeilles. Depuis ma première rencontre, plutôt tumultueuse, avec Freyja, je m’étais installée ici, et à vrai dire, j’adorais l’ambiance de cet endroit. Il n’y manquait plus que mes petites abeilles pour que tout soit parfait. C’était pour elles, d’ailleurs, que j’avais été emportée dans cette exécrable illusion qui ne cessait de tournoyer dans mon esprit en images sombres, sinistres, terrifiantes. Peut-être en valaient-elles la peine, ces petites créatures bourdonnantes auxquelles je m’étais attachée. Je n’étais pas encore fixée là-dessus. Tout était encore… confus.

En fait, je l’avouai volontiers, le problème n’était pas vraiment l’illusion, les ténèbres qu’elle avait entrainées, les poursuivants terrifiants, la tour en ruine qui n’avait pas vraiment été le meilleur des refuges, ou même les souffrances que m’avaient fait subir les statues. De cela, j’aurais pu venir à en rire en découvrant que tout ça n’avait même pas été réel. Peut-être même aurais-je pu féliciter les mages de l’Automne qui nous avaient embourbés dans ce cauchemar de leur talent à nous effrayer. Peut-être. Si je n’avais pas été rendue muette.

— Je peux parler, marmonnai-je en m’effleurant la gorge, comme pour vérifier que la parole ne s’était pas de nouveau brutalement envolée.

Ce n’était pas la première fois, d’ailleurs, qu’il me paraissait nécessaire de préciser oralement que j’avais toujours l’usage de ma voix. Au beau milieu des bruits habituels de la Taverne, cette remarque devait d’ailleurs passer inaperçue. Je pris une nouvelle inspiration, m’efforçant de retrouver mon calme. Il fallait que je m’occupe de mes abeilles. Je m’apprêtais à partir lorsque Lucille me rappela sa présence en me proposant un verre. De toute façon, je doutais fort de parvenir à dormir, quand bien même j’essayerai de toutes mes forces. La confusion qui régnait dans mon esprit était encore trop forte pour laisser place au sommeil. Je hochai affirmativement la tête.

— Merci, ce serait avec plaisir.

Je partis installer mes abeilles. J’avais hâte de pouvoir me concentrer de nouveau sur mes pensées, de pouvoir y mettre de l’ordre, et surtout, de parvenir à éloigner cette détestable peur que je sentais au plus profond de moi, mais je m’efforçai de rester focalisée sur ces petites créatures bourdonnantes qui n’avaient rien demandé, et dont j’étais désormais responsable. Etrangement, cette tâche simple qui m’avait été coutumière durant si longtemps m’apaisa. Je murmurais tout du long de douces paroles à celles qui avaient été mes amies et mes confidentes de toujours, comme si elles avaient besoin d’être rassurées. Une fois que je fus absolument certaine qu’elles étaient bien installées, je retournai auprès de Lucille.

La salle était presque vide et je n’eus aucun mal à la repérer, d’autant plus qu’elle me faisait signe. Je m’installai à sa table, remarquant au passage qu’elle avait presque finit de manger sa pâtisserie. Comme elle me proposait de commander ce que je voulais, je m’aperçus qu’il me fallait réfléchir à ce dont j’avais envie. En l’état actuel des choses, mes facultés de réflexion en étaient plutôt au point mort. Comme d’habitude, je laissai ma langue se démener à ma place. Elle était toujours douée pour improviser sans même mon aval. Elle pourrait peut-être, pour une fois, trouver quelque chose d’intelligent à dire.

— A vrai dire, j’hésiterais presque à prendre un peu de liqueur cielsombroise pour rendre tout ça moins… dramatique, m’entendis-je grommeler.

J’en restai un instant stupéfaite. D’un autre côté, je n’avais pas tort. La dernière fois que je m’étais risquée – par inadvertance – à m’empoisonner aux trucs cielsombrois, rien n’avait été vraiment grave à mes yeux. Même quand j’avais cru que j’allais peut-être mourir, je ne m’étais pas sentie particulièrement impliquée. Je pris ne profonde inspiration et secouai la tête. Non, il valait mieux que je garde la tête froide. Mes pensées étaient déjà assez embrouillées comme cela. Je me contentai donc de demander une simple bière et de remercier Lucille pour sa générosité.

Entretemps, Lucille avait fini de manger sa pâtisserie, et me fit remarquer qu’avoir été poursuivie par des anges lui donnait faim. Derrière ma confusion et l’anxiété qui ne me quittait pas, une pointe d’amusement naquit. De tout ce que ces statues auraient pu susciter, la faim était bien l’élément le plus improbable. J’avais plus envie, à l’instant, de vider mon estomac que de le remplir. Pourtant, manger était indubitablement une façon de prouver qu’on était encore en vie, et après avoir subi pareil cauchemar, je comprenais tout à fait qu’elle en ait besoin. Comme prise d’un doute, toutefois, Lucille ajouta qu’elle ne devrait pas en rire. Je haussai les épaules.

— Et pourquoi pas ? Après tout, si tout ça n’était qu’une illusion, il ne s’est rien passé.

Une idée me vint en tête, et malgré moi, un léger sourire parvint à percer mon expression encore choquée pour y ajouter un zeste d’amusement.

— Finalement, ces mages de l’Automne sont presque comme des enfants turbulents qui se sont amusés à imiter les hululements des fantômes dans le noir, pour nous effrayer. Et puisque nous savons maintenant qu’il n’y a ni fantôme ni statue tueuse…

Je laissai mon sourire se noyer en une moue songeuse.

— … peut-être est-il temps de rire de la plaisanterie.

Bien entendu, ce que ces mages avaient fait était bien plus grave qu’une simple plaisanterie orchestrée par des enfants, et j’en étais parfaitement consciente. Mais s’il existait la moindre comparaison en ce monde pour alléger ce que j’avais ressenti durant les quelques instants où les mots m’avaient échappés, alors autant en profiter, non ?

Je ne savais trop que dire, mais Lucille se débrouillait à merveille. Elle buta quelque peu sur les mots, mais parvint finalement à m’expliquer que nous devrions parler à propos de cette nuit. Je pris une profonde inspiration. Quand j’étais petite, et que je me réveillais quelque fois en proie à un terrible cauchemar, mon frère disait qu’il était toujours préférable d’en parler. Et sitôt que je lui avais expliqué à quel point j’avais pu avoir peur, et qu’il avait démonté une à une toutes mes craintes injustifiées, je parvenais à me rendormir sans peine. Peut-être que parler me ferait du bien, effectivement. Peut-être que j’avais besoin de clarifier ce qu’il s’était réellement passé. Peut-être que cela suffirait à chasser la confusion que je ressentais au plus profond de moi.

— Pour moi aussi, c’est un peu obscur, avouai-je après avoir avalé une gorgée de bière.

Aussi sombre que ce rucher lorsque nous nous étions éloignés de la dernière torche. Au moins avions nous été capables de nous fier à la lueur des lunes et aux gémissements qui résonnaient derrière nous.

— Je ne sais pas par où commencer, avouai-je assez simplement. Je suis encore un peu… ébranlée.

Un euphémisme. J’étais plutôt très, très ébranlée, à l’instant.

— J’ai l’impression que ma logique est partie en vacances, et que mes pensées ne parviennent pas à rester sagement rangées, poursuivis-je avec un triste sourire. Ca me parait tellement… invraisemblable.

Qu’ils aient été assez stupides pour imaginer que la peur soit capable de quoi que ce soit de productif. Qu’ils aient décidés de nous plonger dans cette terrible illusion. Qu’ils m’aient rendue muette. Qu’ils soient parvenus à nous atteindre chez moi, à Outrevent, là où je me sentais en sécurité. Que mes petites abeilles ne m’aient pas avertie du danger. Que tout ça n’ait été qu’une illusion. Que j’aie pu vivre un truc pareil.

Mais n’étais-je pas la première à dire que tout était possible ?
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Message Sujet: Re: Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]   Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda] EmptyDim 11 Sep - 21:28

Elle me plaît bien cette Melinda, à mettre de jolis mots sur une aventure moins jolie. Une plaisanterie d'enfant ? Pourquoi pas. Pour avoir fréquenté quelques jeunes mages à l'Académie, tout ce qui leur manque pour réaliser de grosses bêtises est un peu d'entraînement. Alors pour les réaliser, tout ce qui manque à des illusionnistes expérimentés est une âme d'enfant et l'imagination qui va avec. Les hululements de fantômes sont juste un peu plus réussis. Je lui souris, à la jolie apicultrice, parce que j'aime bien sa vision des choses. Elle m'a suivie dans ma tentative pour détendre l'atmosphère et je lui en suis reconnaissante. Effectivement, c'est derrière nous et même si c'était angoissant, ça n'a pas eu le temps de me faire vraiment peur, contrairement à d'autres cauchemars qui peuvent durer plusieurs mois et qui n'ont rien d'une blague ou d'une illusion.
N'y pensons plus.

C'est que Melinda est aussi perdue que moi. A force de l'entendre déclarer être dotée de parole, j'en ai déduit que la perdre avait été une épreuve pour elle. Si j'avais été à sa place, je ne pense pas que ça m'aurait autant affectée, mais je ne vais pas me plaindre d'être passée à travers cet enchantement. Peut-être que perdre la vue m'aurait plus angoissée et l'espace de cette pensée, je ferme les yeux par réflexe, essayant d'imaginer me repérer uniquement au son. Non, pas possible. Je les réouvre bien vite, histoire de ne pas avoir l'air de m'endormir pendant que Melinda me parle. Ainsi, je peux capter sa mélancolie à travers un sourire fade que j'essaie de lui rendre, gentiment.

« Oui c'est tout à fait ça ! » Décidément, elle parle bien pour une ancienne muette. « Je retourne ça dans tous les sens. Plus j'y pense, moins j'y comprends quelque chose. »

Surtout que c'est magique. Et encore, cette magie qui nous a embarqués dans ses délires est une magie connue. Je n'ose même pas imaginer ce dont est capable la magie du sang qui a été interdite et cachée si longtemps. La lettre supposait que les mages du sang auraient rendu notre expérience plus... réelle.

« Tu crois qu'ils le feraient vraiment ? Les mage du sang. Donner vie aux statues. Nous... vous priver de vos sens... »

A quel point l'illusion dont nous avons ont été victimes est-elle un miroir de leurs capacités ? Le cauchemar mis en scène par les mages de l'Automne est fascinant et intriguant mais la magie du Sang à quelque chose d'angoissant et malsain.

« Je ne sais pas s'ils ont fait passer le bon message. Ils veulent être acceptés n'est-ce pas ? Ca sonnait plus comme une menace... »

Peut-être que le monde va changer, peut-être que dans quelque temps certains de mes clients à l'Académie seront des mages de sang. En attendant, c'est toute la partie magique de l'école qui est suspendue et ça n'a rien de bon pour mes affaires. Certes, je peux me concentrer sur mes recherches mais ma boutique n'est pas au mieux de sa forme. D'abord mon séjour loin de tout, ensuite ça. Curieusement, penser à mes soucis matériels a quelque chose de rassurant. Quelque chose de bien concret, contrairement à ces histoires brumeuses d'illusion et de magie. D'ailleurs, les mages eux-même, ceux qui n'ont pas participé à toute cette manigance, ont-ils plus de facilité à comprendre l'illusion ou sont-ils tout aussi perdus ? Et les Faë ? Ils baignent bien dans un monde de magie au quotidien... Au fait, elle vient d'où Melinda ?

« Au fait... Je m'excuse de te poser la question, mais tu es de quelle origine ? »

Elle loge à Lorgol, tout comme moi, mais les apiculteurs se trouvent plutôt côté Faërie que je sache.

Spoiler:
 
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Message Sujet: Re: Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]   Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda] EmptyJeu 22 Sep - 20:27

Les souvenirs de cette nuit flottaient encore devant mes yeux, ombres insensées auxquelles mon esprit essayait vainement de donner un sens. Invraisemblable, incompréhensible, inhumain, cet acte qui m’avait arraché non seulement la parole, mais aussi l’illusion que mon foyer était sûr. Lucille était du même avis, même si elle parvenait à y penser, elle, au moins. Pour ma part, j’avais encore du mal à ordonner rationnellement mes pensées ; elles m’échappaient, glissaient entre mes doigts, et moi, incapable de les retenir, je les regardais s’emmêler chaotiquement, trop lasse pour essayer de les comprendre ou de les arranger de nouveau.

Qu’ils le feraient vraiment ? La pensée me glaça. Je n’y avais même pas songé jusqu’alors, soulagée comme je l’étais d’avoir enfin été débarrassée de cette illusion. Je m’imaginai un instant, un bref et horrible instant, que ce à quoi je venais d’échapper s’était vraiment produit – ou se produirai vraiment – et je me surpris à songer, avec un mélange d’horreur et de stupéfaction, qu’il me suffirait de jeter quelqu’un en pâture aux anges pleureurs pour m’en sortir. Cette idée, après le soutien que nous nous étions manifestés les uns aux autres devant notre déstabilisante perte de sens, me paraissait immonde.

— J’espère que non, sifflai-je entre mes dents. Je ne veux pas apprendre de quoi les autres sont capables lorsqu’ils se battent pour échapper à ça.

Et j’étais comprise dans les autres ; je ne voulais pas savoir si j’étais réellement capable de jeter quelqu’un aux statues pour assurer ma propre survie. Je relevai les yeux vers Lucille et haussai les épaules, comme en guise d’excuses.

— Je ne sais pas grand-chose des mages du Sang, avouai-je en esquissant une moue mitigée – sinon, bien sûr, qu’ils avaient poussé l’Académie à interrompre ses inscriptions. Peut-être qu’ils le feraient, c’est vrai. Mais ce ne serait pas une bonne idée pour eux, je crois.

S’ils voulaient être acceptés, et non pas haïs, ou craints, alors c’était une mauvaise idée. Mais si le but des mages du Sang était simplement de revenir en Arven, à tous prix, alors peut-être qu’ils le feraient. Peut-être qu’ils auraient l’impression de faire avancer leur cause en effrayant la populace. Les hommes pouvaient parfois se montrer incroyablement stupides lorsqu’ils poursuivaient désespérément leurs objectifs. Cette idée me fit frissonner, mais je ne pouvais pas la rejeter simplement parce qu’elle me faisait peur. J’aimais la vérité ? Et bien elle était là, la vérité : les mages étaient peut-être capables de pire encore. Ou peut-être que ce n’était qu’un mensonge destiné à terrifier les âmes naïves. Ou peut-être encore qu’un opposant à la magie du Sang avait agi ainsi pour que le monde entier se mette à haïr cette forme de pouvoir. Peut-être. Les hypothèses étaient multiples, et aucune ne me paraissait convaincante.

Lucille, en tous cas, pensait apparemment comme moi : si les mages du Sang voulaient être acceptés, ils auraient pu trouver une meilleure idée que de nous effrayer de cette façon. En fait, cette idée était même ridicule. Si avant j’étais simplement impassible devant l’arrivée de ces mages, je n’avais désormais aucune envie de les accueillir. Plutôt de fuir, loin, et uniquement parce que je n’avais aucun moyen de me défendre. Sans quoi j’aurais probablement frappé tout potentiel mage du Sang que j’aurais pu croiser, avant même qu’il ait eu la possibilité de me nuire. Et de me rendre muette, surtout.

— Ce n’est peut-être pas les mages du Sang eux-mêmes qui ont agi, fis-je remarquer en haussant les épaules. Ces mages de l’Automne ont peut-être simplement décidé de faire ça de leur propre chef ? Nous n’en savons rien.

Je n’essayais pas de défendre les mages du Sang, non, je voulais simplement souligner que nous n’avions aucune idée de ce qu’il se passait, et qu’il était tout bonnement inutile de spéculer, puisque nous n’avions pas suffisamment d’éléments pour poser une certitude. Ça ne m’empêcherait nullement de craindre les mages du Sang, cela dit, voire même, à vrai dire, toute l’Académie. Je m’apercevais, petit à petit, que la magie pouvait avoir un côté absolument effrayant que je ne lui avais jamais vu jusqu’alors.

Avant que j’aille pu totalement explorer cette nouvelle crainte par rapport à l’Académie, Lucille me demanda de quelle origine j’étais. J’esquissai tout d’abord un large sourire, toujours heureuse de parler de mon duché, d’Outrevent, de me maison, de ma famille, de mes abeilles. Mon sourire se ternit. Désormais, Outrevent n’était plus seulement ma demeure, c’était devenu un lieu de peur, de danger, et de fuite. Je ne pus m’empêcher de frissonner.

— Je suis outreventoise, marmonnai-je en baissant les yeux sur ma bière espérant y entrevoir je ne savais quoi, exactement, sans doute une lueur d’espoir.

C’était une fierté, auparavant, de dire cela, mais à présent, je me sentais un peu coupable qu’une telle chose ait eu lieu dans mon duché, comme si j’en étais en partie responsable, comme si j’aurais pu le prévoir, le prévenir, trouver un stratagème pour m’en défendre.

— Je suppose qu’il me faudra un peu de temps avant de pouvoir m’habituer à l’idée qu’ils ont pu faire ça dans mon duché, murmurai-je pour me donner du courage. Je me demande si je pourrais de nouveau m’y sentir en sécurité.

Je finirais sans doute par m’habituer à cette idée, un jour. Je l’espérais, du moins. Un peu ragaillardie, je relevai le visage vers Lucille, un faible sourire sur les lèvres. Faible, certes, fragile, même, mais bel et bien présent.

— Et toi, tu viens d’où exactement ?
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Message Sujet: Re: Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda]   Qu'il fait bon de rentrer chez soi [Melinda] Empty

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