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 Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]

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Message Sujet: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyLun 14 Déc - 19:10




Livre I, Chapitre 1
Louis de Brunante & Ambroise de La Lande

Vapeur d'alcool





• Date : 7 décembre 1000
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Rien ne vaut une bonne chope de bière, et une taverne peuplée de pirates pour noyer son chagrin. C'est dans cet état d'esprit qu'Ambroise se rend au sein de la Taverne de la Rose, sans se douter qu'il y fera une rencontre plus que singulière.



Dernière édition par Ambroise de La Lande le Lun 14 Déc - 19:17, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyLun 14 Déc - 19:11

Le regard fixé sur la porte face à toi, tu accroches maladroitement une cape épaisse autour de tes épaules, veillant à ce qu’elle protège parfaitement ton corps du froid que tu t’apprêtes à affronter. Mais la neige, tombant en doux flocons depuis quelques jours, n’est rien face aux épreuves que tu as traversé ces dernières semaines. Toutes tes pensées sont entièrement tournées vers Outrevent, les visages d’ombres du passés prétextant la moindre occasion pour revenir te hanter. Cela peut être un objet, un souvenir qui s’égare dans le fil de tes pensées, ou tout simplement une odeur qui te rappelle quelques précieux moments de ton existence. Des précieux moments que tu aimerais parfois oublier.  

Bientôt, tu pousses la porte, t’engouffrant dans les ruelles de Lorgol en remontant le tissu sur ton nez. Le soleil décline à l’horizon, le jour faisant peu à peu place à la nuit dans une palette de couleur particulièrement variée que tu ne peux t’empêcher d’observer l’espace de quelques instants. Un passant t’injures alors que tu manques de le bousculer, et tu t’excuses dans un pâle sourire avant de continuer ta route, veillant cette fois à regarder où tu mets les pieds.
Le chemin, tu le connais pourtant par cœur, la taverne de la Rose étant devenu un de tes refuges favoris lorsque tu veux oublier d’où tu viens, qui tu es. Là-bas, on ne te pose pas de questions. On se contente de te servir autant de chopes d’hydromels que tu le désires jusqu’à ce que tu perdes toi-même ta propre identité. Inconnu parmi d’autres. Homme désirant simplement noyer son chagrin et ses regrets.

Ton regard accroche bientôt l’enseigne battu par le vent frais, et tu ne peux que te diriger vers la lourde porte de bois qui promet de t’offrir une soirée relativement paisible. Alors tu rentres, balayant la salle du regard, comme si tu pouvais y croiser un visage connu, quelque chose qui te raccrocherais à ton passé. Mais rien. Simplement des hommes affalés sur leurs tables, ou  d’autres jouant aux dés dans un coin de la salle. Une odeur agréable vient effleurer ses narines, tirant à ton estomac quelques grognements, résonnant en toi comme un cri d’alarme. Tu gagnes alors bientôt une des tables libre au milieu de la pièce, commandant une chope et un repas chaud. On opine. On s’éloigne pour transmettre le moindre de tes désirs. Quelques regards s’arrêtent sur toi, jaugeant ta haute taille, ta mâchoire volontaire et tes paumes larges qui n’ont pourtant plus tenu d’armes depuis bien des années. Ton arme à toi, c’est la magie. Ce don que tu as appris à maîtriser et que maintenant tu enseignes au sein de l’Académie. Parfois, il t’arrive de songer à ce que tu aurais fait si tu n’avais pas été contraint de quitter Outrevent. Quel aurait été ta place ? Tu soupires, et bientôt une des serveuses dépose devant toi assiette et de quoi boire. Tu sais que cette chope ne sera pas la première, ni la dernière de la soirée, mais tu ne peux t’empêcher de boire raisonnablement d’abord, juste avant de te perdre dans les bras de l’alcool, et de sa douce illusion.

Et alors que tu portes une cuillère à tes lèvres, tu sens soudainement la table tanguer, faisant tomber avec fracas l’assiette encore pleine et le précieux liquide ambré au sol. Tu cherches qui a osé commettre cette ignominie, avant de voir un garçon aux cheveux sombres affalés au sol, face contre terre. Tu te lèves, attrapant le garnement pour le remettre sur ses pieds tout en bougonnant « Par mes ancêtres ! Ne peux-tu pas faire attention mon gar… » Ta voix meurt soudainement dans le creux de ta gorge, le souffle semblant te manquer alors ton regard se fige dans celui du gamin. Ces yeux. Ces yeux aussi bleus que ceux de Lisbeth, sans compter la tignasse sombre ornant son crâne. Tu secoues la tête bientôt, comme pour éliminer ce que tu penses être une hallucination. Tu relâches lentement la prise que tu as sur le bras de l’enfant qui s’empresse de détaler vers une table plus éloignée, hurlant quelques paroles indistincte que tu ne cherches même pas à comprendre. Un poignard semble s’être enfoncé à nouveau dans les fragments de ton cœur. Lisbeth. C’était Lisbeth que tu venais de voir.
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyLun 14 Déc - 21:35

Il était de briquage de pont, cet après-midi – corvée assurée avec enthousiasme, malgré la neige tombant avec plus de force ce soir, et quand il revient à la Taverne de la Rose, les mains gelées par le travail, c’est en rêvant littéralement d’un bon repas chaud. Le cuisinier fait un ragoût sensationnel, Louis le sait, et c’est presque de la torture, le temps qu’il se rende à son quartier général personnel de Lorgol. Le sommeil sera bon, ce soir, il le sent déjà guetter, attendre que son estomac soit plein pour frapper pour de bon.

Dès qu’il pousse la porte de la taverne, il n’a pas le temps de saluer la tenancière de ce soir qu’il est aux premières loges pour assister à la collision frontale entre son héritier et une table, devant laquelle est attablé un client de la taverne, avec assiette et chope de bière. Le tout vole au sol, autour du gamin écrasé face contre terre, qui se fait relever d’une seule main par le type, avant de détaler à l’autre bout de la taverne comme si de rien était, comme s’il ne venait pas de se prendre de plein fouet une lourde table de bois.
Encore heureux que ce garnement ait la tête dure.

« Aymeric ! La tête à la moue friponne s’immobilise, comme subitement frappée par la foudre, et s’abrite sous la table en sachant bien ce que cette voix sévère signifie. Oh, pas de ça avec moi, marin d’eau douce. De quelques enjambées, il traverse la salle et va chercher le garçonnet derrière la table vide, occupé à tenter de se cacher derrière Lucy, qui arbore sa tête typique de mon cousin, quel bêta qu’elle a en commun avec ses sœurs aînées. Viens ici, toi. Je te rends ton cousin bientôt, Lucy. » La fillette hoche la tête, compréhensive, et se contente de regarder le cousin en question être balancé sur l’épaule de son père comme une vulgaire poche de pommes de terre. Position peu avantageuse pour le petit, mais bien pratique pour le père qui en profite pour discuter de ce qui motive ce transport : «  Je t’ai vu foncer dans la table du monsieur. Tu ne t’es pas excusé. C’est lui qui était au milieu, tranche l’enfant d’une voix ferme. C’est à se demander d’où il tient toute cette mauvaise foi. Pas vraiment. Et maintenant, tout son repas est à terre. Alors tu vas t’excuser, d’accord ? Mmmm. »
Ha, ce grognement mécontent qui signifie une approbation malgré tout. Faites des enfants, qu’ils disaient, la plus grande expérience de votre vie et le ciment de votre couple.
À la hauteur du rouquin, il repose Aymeric au sol, devant le client et la tenancière, déjà occupée à nettoyer le sol de la nourriture et de la bière renversée. Un petit signe de la main, commande double de repas et de bière, avant qu’il accorde son attention à l’homme : « Il a quelque chose à vous dire. Une main posée sur l’épaule d’Aymeric, qui regarde ses pieds, un air fâché au visage. Je m’excuse que vous étiez là et que j’ai foncé dans votre assiette. … bon. D’accord. C’est mieux que rien, sans doute, et il n'obtiendra rien de plus. Louis se mord les lèvres, retenant un éclat de rire. D’accord, c’est assez. Retourne voir Lucy et fais attention où tu cours. »

Pas besoin de plus que le Brunante file de sous sa main, laissant les deux adultes Un haussement des épaules, un sourire qui s’épanouit. La table a été relevée, le sol lavé, tous deux sont prêts à revenir à leur première occupation. Manger, boire. « Je peux vous joindre ? Je vous paie le repas et la bière gaspillés. » Et ça, c’est de la bonne foi.
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyMer 13 Jan - 10:32

Tu entends le brouhaha autour de toi comme s’il n’était qu’une action lointaine, la perception d’un autre monde qui n’était pas le tien. La vision de ce regard,  brillant d’une flamme que tu avais connue jadis semblait t’avoir ramené quelques années en arrière, là où tu faisais encore des projets de mariage. Ces années-là où tu étais encore pleinement heureux. Une femme s’approche rapidement, se penchant pour ramasser ce qu’il reste de ton repas et de ta chope de bière, et dans un mouvement plein de compassion, tu te baisses avec elle, lâchant d’une voix lointaine « Attendez, je vais vous aider. » Elle semble essayer de refuser, mais tu ne l’écoutes pas, tu te contentes de l’aider à ramasser les éclats qui étaient éparpillés autour de la table. Tu sembles procéder si efficacement que bientôt, la tenancière ne t’aides plus, et se contente simplement d’éponger la quantité impressionnante de liquide que devait alors contenir ta chope. Tu te relèves bientôt, confiant le tout à une autre serveuse qui s’empresse de ramener tout ceci en cuisine, alors que tu retournes gagner ta chaise, essayant de penser à autre chose qu’au mini sosie masculin de Lisbeth qui te faisait tant de mal.

Jouant avec une pièce dans le creux de ta main, tu essayais de te concentrer sur les tours que tu tentais de lui faire faire, sans grand succès. Elle tombait négligemment sur le bois de la table dans un fracas qui te semblait presque odieux, alors que tu bougonnais dans ton coin. Et dire que tu pensais passer ici un excellent moment. Bientôt, tu entends quelqu’un approcher, et tu tournes ton visage vers les bruits de pas qui semble résonner alors d’un éclat nouveau. Un homme tient un enfant sous son bras, le même garnement qui a renversé l’intégralité de ta table, le garçon aux yeux de Lisbeth. Tu pinces les lèvres alors qu’il se répand en quelques bribes d’excuses qui n’y ressemblent pourtant que vaguement, et pourtant au fond de toi, tu sais que tu devrais t’en contenter. Alors, tu en profites pour continuer d'observer le garçon, ses cheveux sombre, la carrure encore frêle, et la moue insolente barrant son visage. Tout en lui semblait lui rappeler Lisbeth, pourtant, il retrouvait aussi un peu en lui de l’homme qui se tenait à ses côtés. Son père sans aucun doute. Bientôt, l’enfant détale en direction des cuisines, sans demander son reste. Au moins là-bas ne serait-il pas obligé de formuler des excuses qui lui arracherait la gorge s’il en venait à renverser quelque chose. Cette mauvaise foi…

Le type lui, ne part pas. Bien au contraire, il se propose de venir à ta table et de t’offrir le repas et la boisson. Tu esquisses alors un léger sourire pour dissimuler ton trouble de plus tôt. « Comment pourrais-je refuser une pareille offre ? » Tu lui fais signe de s’installer d’un ample geste de la main, content d’avoir quelqu’un avec qui te distraire durant cette soirée qui s’annonçait finalement plus lugubre que prévu. Une serveuse vint bientôt vous porter deux bières ainsi que deux assiettes bien remplies, et tu la remercie de ce geste avant de regarder ton nouveau comparse face à toi « C’est un sacré p’tit gars que vous avez là. Il n’a peur de rien on dirait. ». Tu portes la boisson à tes lèvres en le regardant toujours, détaillant discrètement le type en face de toi, et dont tu ignorais tout. « Votre fils je suppose. »
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyJeu 14 Jan - 19:50

« Comment pourrais-je refuser une pareille offre ? » À la bonne heure ! Louis s’assit sur la chaise libre, face à l’autre homme, et bientôt le repas est posé devant eux, un délicieux fumet montant jusqu’à ses narines. Il en mourrait d’envie. Le briquage de pont était de plus en plus frénétique (et disons-le, un peu bâclé), vers la fin, pour tenter d’accélérer le moment du repas chaud et de la bonne bière… Il a déjà les lèvres dans la dite bière que l’autre lui parle, captant son regard curieux : « C’est un sacré p’tit gars que vous avez là. Il n’a peur de rien on dirait. » Il y a de la fierté, dans ses épaules qui se redressent, dans son œil qui se pose sur la tignasse sombre d’Aymeric, qui a déjà oublié tout ce qui s’est précédemment passé, retourné à ses jeux et à ses cavalcades avec sa cousine. Un sacré p’tit gars, c’est le cas de le dire ! Qui, selon les avis passés de ses parents, ressemble beaucoup à son père quand il avait lui-même cet âge respectable de quatre années. « Ouais, et avec une tête sacrément dure. » Il rit, un peu, prend une plus longue rasade de bière avant de s’attaquer à son repas avec l’enthousiasme d’un estomac affamé.

« Votre fils je suppose. » Un hochement positif de la tête, sa bouche étant occupée à mâcher les bouchées de son ragoût. Délicieux. La cuisine de la Taverne de la Rose est excellente, comme toujours, et il devra aller féliciter les cuisines, une nouvelle fois, ainsi que sa tante d’avoir engagé du personnel aussi compétent. Il y a de bonnes tavernes, à Lorgol, mais plusieurs d’entres elles ne servent que de la pisse à boire et à manger : rien qui puisse se comparer à l’établissement de Freyja. Il s’aventure à une réponse verbale dès qu’il a dégluti : « Le seul. Vu l’métier, c’est pas plus mal. » Louis s’est toujours imaginé avoir des enfants. Une belle marmaille hurlante, gigotante, avec laquelle s’amuser, apprendre, se fâcher. Son mariage avec Lisbeth a mis un clou dans cette envie et la naissance d’Aymeric a été une surprise totale, qui ne risque pas de s’agrémenter de plus de garnements prochainement. Parce que déjà, des gamins, ça ne se fait pas seul, et qu’ensuite, comme souligné au rouquin… la piraterie et la famille, ce n’est pas toujours compatible. Freyja réussit l’exploit, mais lui ne se sent clairement pas à la hauteur. « Et un comme ça, c’est assez. J’sais pas si vous avez des gamins, mais on pourrait alimenter toutes les machines d’Ibélène avec lui. » Cette fois, c’est de la malice, de l’amusement, loin de cette légère déception qui pouvait s’entendre – avec un peu d’oreille, de perception – dans son commentaire sur le fait qu’Aymeric soit son seul enfant. Il est le seul, mais non le moindre ! Et puis, sans doute qu'un grand type baraqué comme lui doit avoir quelques marmots dans les pattes... il voit bien le genre de type que les dames affectionnent. Bien qu'il l'ait jamais vu, celui-là, ici, avec ses bouclettes rousses et soyeuses. Faut dire que depuis qu'il est arrivé à Lorgol, il a surtout passé du temps sur la mer.
Le pirate fait descendre un peu de son repas avec la bière, avant de repartir sur un autre rire bref, un peu surpris de sa propre impolitesse : « Désolé, je suis affamé. Eric. » Il tend une main par-dessus la table, sympathique, pour son camarade de repas, sans jamais se douter de son identité. Sans jamais se douter que dans ce monde, rien ne les rejoint. Que surtout, un point les oppose.


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Dernière édition par Louis de Brunante le Dim 3 Avr - 7:48, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyLun 29 Fév - 11:34

« Ouais, et avec une tête sacrément dure. » Tu opines, un léger sourire naissant sur tes lèvres avant que tu n'enfournes une nouvelle cuillère de ragoût. Faut dire que c’est l’un des meilleurs que tu peux manger en ville. Et pour une fois, tu as trouvé un peu de compagnie pour parvenir à l’agrémenter. Ce n’est pas que tu manques d’amis dans le coin, mais rencontrer de nouvelles gens avec qui discuter était toujours agréable, même si aujourd’hui c’était la curiosité qui te brûlait les lèvres et qui te dévorait les entrailles. Tu voulais en savoir plus sur le père de ce garçon qui ressemblait tant à Lisbeth, à cette femme que tu aimais encore malgré la mort qui l’avait emporté, malgré ce mariage qui l’avait à tout jamais arraché à tes bras. Mais on ne pouvait pas franchement si le gosse était le fils de Lisbeth d’ Outrevent. Ça ne se faisait pas, en tout cas pas avant plusieurs verres dans le nez – au moins. Alors tu bois lentement, mais sûrement, scrutant la pièce du regard avec attention. Les gens ne cessaient d’entrer et de sortir de la taverne, demandant un plat chaud à manger – sans doute attiré par les douces effluves se dégageant de la cuisine, dissimulant l’odeur âcre de sueur de la plupart des clients qui ne devaient pas être familier des bains.

Tu continues d’observer le petit Aymeric qui joue autour des tables. Il ne manque pas d’énergie. Bientôt tu penses à ta descendance inexistante, imaginant comment ton fils pourrait être à cet âge. Et tu l’imagines presque sous les traits d’Aymeric, le regard de Lisbeth et les boucles rousses des de La Lande. Pourtant, tu sais que cet enfant ne restera qu’à l’état de projet, vestige d’un passé désormais révolu puisque jamais Lisbeth ne pourra porter un de tes enfants. Un de vos enfants. Ton protagoniste t’arrache à tes pensées bientôt, entre deux bouchées de ragoût. « Le seul. Vu l’métier, c’est pas plus mal. Et un comme ça, c’est assez. J’sais pas si vous avez des gamins, mais on pourrait alimenter toutes les machines d’Ibélène avec lui. » Tu secoues la tête quelques instants, en profitant pour avaler une nouvelle bouchée qui te brûlerait presque le palais tant tu mets d’empressement à la manger. « Pas de gamins. Faudrait une femme pour ça, et même si c’est pas ce qui manque dans le coin, j’éviterai de prendre la première venu. » Un sourire malicieux s'esquisse sur tes lèvres tandis que l’on te sert une nouvelle bière que tu t’empresses de porter à tes lèvres, continuant bientôt « Mais il est vrai que le vôtre ne manque pas... d'enthousiasme. Ni de réparti. Il doit faire votre fierté. » Même si visiblement, le temps qu'il passe en mer le tiens longtemps éloigné de son foyer. Il sourit légèrement tandis qu'il s'excuse, tendant sa main vers lui. Une main qu'Ambroise se presse de lui tendre bientôt, la saisissant avant de la secouer brièvement « C'est rien. Ambroise. »
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyDim 3 Avr - 7:49

« Pas de gamins. Faudrait une femme pour ça, et même si c’est pas ce qui manque dans le coin, j’éviterai de prendre la première venue. » Un homme sage ! Qui détrompe l'idée rapide qu'il s'en était fait, d'ailleurs, sans sembler s'apitoyer de la chose. Pas d'enfants, c'est encore plus de liberté, après tout. Pas qu'il regrette le sien, mais... ça ne facilite pas les choses. « Mais il est vrai que le vôtre ne manque pas... d'enthousiasme. Ni de répartie. Il doit faire votre fierté. Oh... oui. » Fierté et amour, tout cela compris, avec toujours cette pointe de désespoir amusé que lui confère la vue de son héritier au caractère brûlant.

« C'est rien. Ambroise. » Les mains se serrent, brièvement, tandis que l'information sur le prénom du gaillard se fraye un chemin dans l'esprit du pirate. Ambroise. Il a déjà connu un Ambroise, en Outrevent. Un enfant qui était à la cour, sans être noble, ou quelque chose du genre, mais ses souvenirs sont flous à ce sujet. Tout aussi roux que l'homme devant lui, cela dit, il en est certain. C'est peut-être cela qui lui met la puce à l'oreille, mais il ne pipe pas mot quant à son doute. Louis de Brunante a peut-être connu un Ambroise, jadis, mais Eric Voile-Ardente, certainement pas. Et il n'est pas assez naïf pour griller aussi facilement une couverture qui, parfois, ne tient qu'à quelques commentaires retenus. Alors il ruse, esquisse un geste vers son oreille, « À l'accent... vous êtes d'Outrevent ? », et bien sûr que ce type est d'Outrevent, il connaît parfaitement cet accent un peu râpeux et rond que même l'éducation noble de Lisbeth n'a jamais réussi à gommer chez son épouse, ou chez sa mère. Il fait le curieux, l'innocent, alors qu'il sait bien que cet accent peut se faire furieux, agressif, lorsqu'il se transpose dans des cris et des insultes, comme il s'est une fois révélé caressant.
Et si cet Ambroise est celui de son enfance ? Cela ne l'avancera pas. Il ne le reconnaîtra pas. Ils n'ont rien pour réellement se reconnaître. Ils se sont peu connus. Ils n'ont rien en commun. Et Louis de Brunante n'est de toute façon pas invité à cette table. « Qu'est-ce qui vous amène à Lorgol ? » Marchand, peut-être ? Certainement pas pirate. Professeur ? Artisan ? Ou simple voyageur en provenance d'Outrevent ? Sa curiosité est encore plus réelle, désormais, et même le ragoût semble perdre de sa saveur, tandis que ses questions l'orientent vers ce qui est peut-être un nid à problèmes.


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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyDim 22 Mai - 13:15

Ta paume se presse contre la sienne, tandis que dans son regard tu sembles pouvoir y lire une pointe d’interrogation. A moins que ce ne soit du trouble ? Tu ne sais pas vraiment, et tu as tôt fait de retirer ta main puissante de la sienne pour rencontrer à nouveau ta pinte de bière, portant à nouveau l’alcool à tes lèvres. Tu te perds à nouveau quelques secondes dans tes pensées, observant les personnes présentes, réclamant de quoi se sustenter ou, à défaut, de quoi se saouler. « À l'accent... vous êtes d'Outrevent ? » La question t’interpelle, et fait lever les yeux tandis que ton visage se barre d’un léger sourire amusé. « Visiblement on ne peut rien vous cacher. Ce sont vos années en mer qui vous ont permis d’identifier aussi rapidement les accents ? » Jamais tu n’as cherché à cacher tes origines outreventoises ou à gommer cet accent qui gonfle ton cœur d’un orgueil chauvin. Pourtant, on ne t’avait jamais fait cette remarque auparavant, et tu ne peux t’empêcher d’avoir une lueur de fierté qui luit dans ton regard en cet instant. Outreventois tu es, outreventois tu resteras, qu’importes que tu te sois exilé en ces lieux pour fuir un amour impossible, et une union odieuse à tes yeux. Tu reprends une cuillère de ragoût, déglutissant bruyamment avant de t’appuyer contre le dossier de la chaise en bois, qui émet un léger grincement. « Vous avez devant vous un authentique homme d’Outrevent, en effet. Je vis pourtant à Lorgol depuis quelques années, au sein de l’Académie. Cela ne se voit sans doute pas, mais je suis professeur. » Un poste que tu avais accepté pour fuir, puis quitter le duché de tes origines sans avoir besoin de fournir une multitude d’explications. Ton père avait pourtant voulu t’en empêcher. Mais la verve et les cris de Tybalt de La Lande n’avaient pas réussi à te détourner de ce choix. Buté, tu n’avais écouté personne, et tu avais quitté Outrevent par le premier navire, sans même un mot d’adieu à Lisbeth ou à Majda. Tu avais écrit à ta mère pour la rassurer, lui dire que tu allais bien. Mais jamais elle n’avait été dupe. Et maintenant, tu étais ici, ruminant ton chagrin, discutant plus ou moins joyeusement avec cet Eric – pirate notoire dont tu ignorais tout, hormis la ressemblance flagrante de son fils avec une femme qui était désormais morte et enterrée. « Je suis cependant curieux d'en apprendre plus sur vous. Vous avez sans doute été autre chose que pirate auparavant. Vous avez le sens du verbe, et vous vous tenez plutôt bien à table. Où êtes vous donc né, quelle est votre histoire ? »
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Message Sujet: Re: Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante]   Vapeur d'alcool [ft Louis de Brunante] EmptyVen 3 Juin - 21:39

Il est surpris : tant mieux. C’est un minime avantage, mais il aime l’avoir. « Visiblement on ne peut rien vous cacher. Ce sont vos années en mer qui vous ont permis d’identifier aussi rapidement les accents ? On navigue avec toutes sortes de bonhommes et de bonnes femmes. On prend l’oreille. »

Il est lui-même à moitié d’Outrevent, après tout. Et dans ce prétexte se cache la réalité.

« Vous avez devant vous un authentique homme d’Outrevent, en effet. Je vis pourtant à Lorgol depuis quelques années, au sein de l’Académie. Cela ne se voit sans doute pas, mais je suis professeur. Un bien bel endroit, l’Académie, qu’il paraît… z’êtes chanceux. » Louis a visé juste et il en serait fier, si ce n’était pas de la crainte ridicule que ce Ambroise soit celui de sa jeunesse – roux, Outreventois, Ambroise, ce sont déjà trois caractéristiques qu’il se rappelle de celui qu’il a croisé jadis. Quelle coïncidence ce serait, n’est-ce pas ? Vaut mieux se dire qu’en effet, ça ne se peut pas. Et que ce type, ce professeur à l’Académie, est juste un… une coïncidence d’un autre niveau.

« Je suis cependant curieux d'en apprendre plus sur vous. Vous avez sans doute été autre chose que pirate auparavant. Vous avez le sens du verbe, et vous vous tenez plutôt bien à table. Où êtes vous donc né, quelle est votre histoire ? M-moi ? », bafouille un Louis surpris. C’est que les pirates ne posent pas trop de questions, tant que le chaland connaît un nombre suffisant de chansons paillardes et est efficace au travail ; c’est que dans la Ville Basse, on se soucie bien peu de qui il est, tant qu’il paie ses consommations et ne se met pas dans le chemin de la Cour des Miracles. Sur l’Audacia, il est le neveu de Freyja, et peu se demandent si ce lien est du sang ou du cœur, tant les familles se constituent par l’aventure sur les flots. Alors, il hausse les épaules et reprend le sourire, affirmant une demi-vérité, ou peut-être le trois-quart d’un mensonge : « Juste un marin comme un autre, avant de devenir un pirate comme un autre sur la plus belle de toutes les vivenefs. J’ai eu d’la chance. » C’est tout, il aimerait dire que c’est tout, mais c’est faux. Elles seront longues, les années, avant que ses manières se gomment et s’effacent, avant que la noblesse disparaisse. Les gorgées de bière fraîche le gardent détendu. Du moins, en apparence : sa main qui gratte sa barbe, puis sa nuque, souligne bien sa gêne, elle. Le pirate se balance sur les pieds arrières de sa chaise et cherche Aymeric du regard, un instant, le temps de s’assurer que le gamin n’est pas en train de faire une trop grosse bêtise. Désormais coiffé d’un voile rose et portant un sabre de bois, à l’identique de sa cousine : il est une princesse pirate. D’un large signe de la main, il désigne son fils, dans toute sa gloire royale : « Et j’ai eu cette crapule. Avec une femme qu’est morte maintenant et c’est pas plus mal. Pas d’émotion, dans sa voix, au souvenir de Lisbeth. Pas même à sa dernière image d’elle (la gorge tranchée, ouverte, dans cette mare de sang, par tous les Dieux, il a failli paniquer), qui lui revient trop souvent en mémoire. C’est tout ce qu’on a fait de bon, tous les deux. » Sans savoir que c’est tout ce qui intrigue Ambroise.


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