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 Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]

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La Noblesse
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Denys du Lierre-Réal
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Je suis : le duc de Lagrance, marquis du Lierre-Réal

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J'ai fait allégeance à : Lagrance avant tout, à l'Ordre du Jugement et dans une moindre mesure à l'empire de Faërie
Mes autres visages: Hiémain ◊ Anthim ◊ Rackham ◊ Shahryar ◊ Nicolas
Message Sujet: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyDim 2 Oct - 2:20


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Denys du Lierre-Réal  & Maelenn du Noroît

Elle apaise les maux et calme les esprits

Chante et joue pour moi, éloigne les ténèbres




• Date : 3 octobre 1001
• Météo : C'est une froide journée qui se profile à l'horizon. Nous somme en fin de journée, le soleil fait danser ses derniers rayons dans le ciel dénué de nuages.
• Statut du RP : privé
• Résumé : Denys est revenu depuis peu de temps du Tournoi. Cela lui arrive rarement, mais il est fatigué et a besoin d'un réconfort autre que les bras d'une femme. Il en appelle à Maelenn, dame de compagnie et charmante musicienne de sa Cour.
• Recensement :
Code:
• [b]3 octobre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1317-elle-apaise-les-maux-et-calme-les-esprits-pv-maelenn]Elle apaise les maux et calme les esprits[/url] - [i]Denys du Lierre-Réal  & Maelenn du Noroît[/i]
Denys est revenu depuis peu de temps du Tournoi. Cela lui arrive rarement, mais il est fatigué et a besoin d'un réconfort autre que les bras d'une femme. Il en appelle à Maelenn, dame de compagnie et charmante musicienne de sa Cour.





Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Lun 3 Oct - 2:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyDim 2 Oct - 2:42

Il n’a presque pas dormi. Cela arrivait fréquemment que Denys n’ait pas besoin de beaucoup d’heure de sommeil et que l’aurore était sa compagne de réveil, mais depuis quelques jours, c’était différent. L’angoisse, le tracas, la peur, les pensées qui filent et défilent sans cesse et sans laisser le moindre répit. C’en devenait douloureux, au point que le duc en perde son sommeil. Ce n’était pas seulement Faërie qui le préoccupait, ni l’attitude de Chimène qu’il n’était pas parvenu à apaiser… il y avait l’Ordre du Jugement, mais aussi la Confrérie Noire et ce vol organisé pour récupérer sa vie et sa liberté. C’était sans doute ça le plus pressant pour Denys, une chose qu’il ne pouvait définitivement pas oublier puisqu’à chaque fois qu’il regardait son corps dans un miroir, elle s’étendait sur sa peau, rougeoyante et encore chaude… La marque de Sithis, la main imprimée comme une brulure au fer rouge qu’il ne parvenait pas à oublier. Elle lui faisait parfois mal, comme un rappel indélébile du serment qu’il avait prêté. Il n’avait guère pu y songer lors du Tournoi, les événements s’enchainant sans pauses, mais aujourd’hui, alors qu’il était de retour à Lagrance, difficile d’oublier la présence de Sithis qui tenait sa vie entre ses mains. Sa vie qu’il devait racheter bien difficilement. Heureusement, il avait eu des nouvelles des voleurs. Une chose bien rassurante. Plus ou moins.

Ni les fleurs chatoyantes de Lagrance restées splendides malgré l’automne, ni le temps encore un peu clément malgré la fraicheur ne parviennent à ravir le cœur du duc. Il a à peine fait une balade matinale dans les jardins, et son air préoccupé ne semble guère le quitter. Ni la charmante compagnie de quelques maitresses ne lui avait fait envie. Celui de sa femme pas plus, non qu’il fut repoussé par elle ou par les plaisirs charnels. La fatigue sans doute le mettait dans un état terrible, à tel point qu’il devenait difficile de travailler en ces conditions. Au bout de deux jours, il avait cessé de se leurrer. Il avait besoin de se reposer. Aussi avait-il laissé à quelques personnes de confiance ses affaires, à son épouse les tâches qu’elle avait pour habitude d’accomplir, et il s’était enfermé dans ses appartements privés. Des appartements qu’il occupait somme toute assez peu, allant d’ordinaire dans ceux réservés à sa femme et lui. Mais il avait besoin de changer d’air, même si cela ne signifiait pas partir réellement. Juste, affalé dans le canapé, des coussins sur lesquels se vautrer, il s’était échoué pour tenter de trouver le repos. Pourtant, elles ne le quittaient pas, ces foutues pensées qui pullulaient comme de mauvaises herbes dans son esprit.

La tête dans un oreiller, il releva seulement son visage quand quelqu’un frappa à la porte et entra. Non qu’il ait l’air pitoyable de quelques manières que ce soit, il avait en tout cas l’air très certainement éreinté, le duc de Lagrance. Mais l’habitude des bonnes manières et la bienséance le poussa à se relever un peu pour accueillir la jeune femme qu’il avait fait expressément venir pour lui. Il était moins lumineux, son sourire, son regard plus terne, cerné par la fatigue. Pourtant, il ne se prive pas de saluer comme il se doit Maelenn, en prenant sa main qu’il gratifie d’un baiser.

« Chère Maelenn. Comme votre présence m’emplie de joie, si vous saviez. Votre musique et votre voix me manquaient tant. Sans parler de votre si agréable compagnie. Comment vous portez-vous ? »


Il l’invite à s’asseoir à son aise, elle aussi. Et bien vite de son côté, retourne se poser sur l’agréable canapé, frottant légèrement ses yeux qui doucement commençaient à le piquer.

« Ah mais où ai-je la tête, je ne vous ai même pas demandé s’il vous plairait de prendre quelques rafraichissement. »

Il sourit, un peu amer de ce côté tête en l’air, ce désordre de son esprit qui le caractérise tant quand la fatigue vient perturber sa machinerie mentale.


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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyDim 2 Oct - 6:02

Elle est surprise, inutile de mentir, de trouver le duc de Lagrance si épuisé. Elle est fine, Maelenn, capable de soumettre les esprits à sa magie et à ses attentions, sensible aux humeurs et aux émotions, et dans ce visage charmeur, souriant, se lisent fatigue et tracas. Sur ses propres traits, elle conserve uniquement cette expression ravie et même flattée. Flattée d’être invitée dans la suite personnelle du duc de Lagrance, pratiquement en urgence, ravie d’être en compagnie de cet homme que, depuis un an, elle apprend à connaître petit à petit. De corps, parfois, mais surtout d’esprit. « Chère Maelenn. Comme votre présence m’emplie de joie, si vous saviez. Votre musique et votre voix me manquaient tant. Sans parler de votre si agréable compagnie. Comment vous portez-vous ? Elle s’incline profondément, la Compagne, devant le duc qui l’a accueilli dans son duché et à sa cour, celui dont le baisemain fait relever un peu plus son sourire et dont les compliments la flattent. Je me porte bien, Votre Grâce. La cour manquait certainement de votre lumière, en votre absence. »

Elle-même a préféré ne pas quitter Edenia, le temps de ce Tournoi des Trois Opales, de ce… festival de la bataille et du coq trop fier. Le meilleur endroit où se faire enlever subrepticement par un Belliférien inspiré et surtout imbibé. Très peu pour elle, merci, tant pis pour les affaires et les fleurons, et force est de constater que Maelenn a pris la bonne décision. Les nouvelles en provenance du duché de la Guerre ont été peu heureuses et le retour de la délégation lagrane sous de bien tristes augures. La championne aurait été gravement blessée, a-t-on chuchoté entre Compagnes, et la ville encore se drape de mystères. Peut-être aura-t-elle quelques réponses, aujourd’hui ?

Sous son bras, sa harpe outreventoise joliment ornementée, bien plus légère et maniable que celles des cours et des orchestres. Son instrument, ultime. Elle s’installe, à son aise, dans un fauteuil, et ses doigts caressent les cordes doucement, en tirant quelques premières notes. De son poignet, Gavriel remonte jusqu’à son cou, laissant ses bras libres de tout mouvement. « Ah mais où ai-je la tête, je ne vous ai même pas demandé s’il vous plairait de prendre quelques rafraichissement. Dans sa réponse, une pointe de malice, alors que ses yeux pâles se portent sur le duc au regard fatigué et au sourire amer. Uniquement si vous m’accompagnez. Il n’y a pas de mal, vraiment. Avez-vous une demande particulière, mon duc ? »
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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyLun 3 Oct - 0:40

Il n’a pas pour habitude de paraître aussi fatigué. D’ordinaire, c’était toujours lumineux et soigné que Denys se présentait aux gens, même à la plus insignifiante des personnes. Mais ses traits sont tirés, le sourire le pauvre reflet de ses pensées intérieures. Il est moins enthousiaste, plus prompt à se laisser aller. C’est un état passager, il le sait, ça ne dure jamais bien longtemps, mais cette tendance à toujours tout surveiller arrivait parfois à le dépasser. En ces instants, juste s’évader suffisait, et quoi de mieux pour cela que la douce mélodie d’une musique jouée avec talent ? C’était bien pour cela qu’il avait fait venir la charmante Maelenn. Compagne recherchée et reconnue au sein de la Cour de Lagrance, ce n’était certainement pas la première fois qu’il faisait appel à ses services pour apaiser les tourments de son esprit, par les simples vibrations mélodieuses de ses cordes. Il était parfois arrivé qu’ils partagent autre chose que bavardages et sourires, mais très étrangement, elle n’était pas de ces femmes simples à charmer, ni de celles sur lesquelles Denys jetait son dévolu. Elle portait bien le nom de sa profession, une compagne de choix.

« Charmante flatterie. »


Cela ne le dérange pas. Au contraire, ça gonfle son orgueil, quand bien même n’était-ce pas ce qu’il recherchait à cet instant. Il retourne un maigre sourire, mais sourire malgré tout à la belle jeune femme, qui s’installe avec grâce sur le fauteuil qui lui ait proposé, affichant avec fierté la harpe qui est son instrument de prédilection. D’un éclat de voix, il appel un serviteur qui s’empresse d’entrer dans la pièce. Et d’un ordre, il le somme d’apporter de quoi se restaurer, pour lui, quand bien même l’envie n’y est guère, et pour elle, un bon vin aux senteurs sucrées. Alors qu’il dépose le verre à proximité de la belle, sa nouvelle demande, au demeurant parfaitement normale, arrache un léger soupir au duc. Comme s’il avait l’envie de s’afficher comme quémandant quelque chose. Non qu’il fût de ceux exigeant que l’on devine tout de ses désirs, c’était plutôt la perspective de sa demande qui pouvait paraître ridicule. Il se rassoit, entamant son verre qui définitivement ne lui apporte guère de satisfaction. Quand ses lèvres se détachent du contenant, il relève son regard vers Maelenn.

« J’espérais… » Il a un léger rire. Mais il ne semble pas amusé. « Je ne sais pas ce que j’espérais en fait. Que vos talents de musicienne me permettent de trouver un peu le repos, ce serait un bon début. J’ai tant et tant de choses à penser, j’en ai terriblement mal au crâne. » Et ce n’était pas seulement le fait d’avoir mal au crane qui était dérangeant. Puisqu’un problème de ce genre pouvait aisément être contré par les guérisseurs et herboristes. C’était plus insidieux. Vicieux. « Jouez pour moi Maelenn, s’il vous plait. »


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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptySam 15 Oct - 2:36

Le vin est sucré, délicat, sur son palais, et tandis qu’elle en boit une gorgée plus polie que vraiment assoiffée, elle reste aux aguets des moindres gestes de Denys. De son infime soupir. Elle aurait dû être en mesure de deviner ses pensées, la jeune Compagne, mais elle refuse de se flageller pour un si petit détail. Pour l’aveu que lui glisse le duc de Lagrance, dissimulé bien pauvrement sous un sourire sans aucune sincérité : « J’espérais… Je ne sais pas ce que j’espérais en fait. Que vos talents de musicienne me permettent de trouver un peu le repos, ce serait un bon début. J’ai tant et tant de choses à penser, j’en ai terriblement mal au crâne. » Sa coupe est reposée sur la table. Plus que jamais, elle comprend, Maelenn, ce que l’homme exige d’elle, ce qu’elle-même a tant cherché dans la musique depuis l’exil de Maidhenn.

« Jouez pour moi Maelenn, s’il vous plait. »

Alors elle joue.

De la harpe outreventoise monte une douce mélodie. De sa mémoire, de son répertoire, elle extirpe un des berceuses de son enfance. Elle y laisse les paroles pour n’en garder que le son, que les cordes pincées et effleurées avec précision. Puis, de sa magie, elle extirpe bien autre chose que la subjugation.
Chaque mage peut faire et défaire, construire et détruire. Elle subjugue avec sa musique, Maelenn, elle soumet sans même un mot, et même la harpe n’est pas nécessaire, si elle le désire. C’est une arme comme une autre, supplémentaire, dont les blessures sont invisibles. On a bien murmuré à son sujet, au Noroît et ailleurs en Outrevent, on a bien douté de son honneur, pour ainsi se vouer à quelque chose qui peut s’avérer si trompeur. Sans se douter qu’encouragée par l’ire paisible des salons et les commentaires, elle a foncé tête première vers un destin bien différent que celui qu’on espérait sien. Pour son duc, pourtant, rien de tout cela. C’est le calme, qu’elle insuffle dans sa musique, et à la subjugation se substitue l’apaisement. Pour l’esprit de Denys, elle tricote à chaque portée, à chaque note, une sérénité nouvelle. Pendant de longues minutes, elle ne souffle pas un mot, la musique enveloppant patiemment l’homme couché sur le canapé. Vulnérable et démuni, laissé à ses bons soins. Quelques notes victorieuses, inopinées, rehausse le rythme de la berceuse. Elle est fière, la Compagne, que son duc la choisisse elle lors de ce moment qui semble fort difficile, qu’il ait confiance en ses capacités pour apaiser ses maux.

Sa voix calme et légèrement rauque perce la musique, s’y accordant pourtant parfaitement, comme de nouvelles notes : « De bien tristes nouvelles nous sont venues d’Hacheclair, votre Grâce. De mort, de désespoir, de guerre qui veille et embrase les frontières. Est-ce ce qui trouble votre sommeil ? » Une corde, pincée, appuyant sur la volonté. Sur ce qui peut encourager un homme à se confier, sa tête à se libérer.
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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyMer 7 Déc - 1:22

Elle ne tarde pas à s’exécuter, la belle Maelenn au cœur secret. Il n’a pas peur de cette femme à la réputation troublée, rejeté d’Outrevent pour des talents que l’on qualifierait de mesquins. Non il ne craint pas les malices de son pouvoir, Denys, par le simple fait que la jeune femme n’avait guère de raison d’agir ainsi envers son duc qui était souvent disposé à lui accorder son attention et sa sympathie. Elle n’a pas besoin de le manipuler – y serait-il réellement sensible, lui même voué à Syned jusqu’au plus profond de son âme ? – ni jouer de tours et roueries avec lui. Il savait, Denys, que c’était en traitant les gens d’une certaine manière qu’ils finissaient par devenir ce qui était tant redouté. Elle n’est point mauvaise, Maelenn, et sa musique l’exprime pour elle, dans une mélancolie douce et apaisante qui ravit l’esprit du duc, tombant alors dans une fragile torpeur. Nul sommeil ou songe, juste les notes qui dansent dans sa tête et murmurent à ses oreilles. Et peu à peu, ce poids sur ses épaules qui s’allège, cette douleur sous son crâne qui s’apaise, comme doucement dérobés par la mélodie de la Compagne, dont les doigts agiles courent sur les cordes pincées avec fermeté mais grâce. A sa merci oui, mais entre des mains en lesquelles il a confiance pour éloigner de son esprit tous ces maux qui l’empoisonnent et l’empêchent de réfléchir. Empli d’une sérénité nouvelle, Denys parvient à se laisser aller, entre les coussins moelleux du canapé, les yeux fermés à ne rien faire d’autre qu’écouter.

Et la voix chantante s’accorde tout à coup à la mélodie, aux nouvelles notes tissées pour lui, sous forme d’une question qui lentement lui fait relever les paupières, sans pour autant faire glisser son regard vers la jeune femme qui continue son jeu. Les yeux un instant perdus dans le vague mais l’esprit toujours apaisé par la douce berceuse, il se prend à confier ce que ses pensées susurrent à son oreille, d’une voix mélangée à un soupir las.

« De bien tristes nouvelles oui. » Qu’il répète sans grande conviction, Mnémosie lui rappelant alors les souvenirs des derniers jours, tous ces morts dans un chaos de rage. « Nombreuses sont les choses à troubler mon sommeil, chère Maelenn. Niobé n’a jamais été très généreuse avec moi. » Il se frotte à les yeux, prit d’une fatigue soudaine, comme si parler de la déesse des songes appelaient ceux-ci inévitablement. Il continu pourtant de cette même voix, poussé à la confidence. « Hacheclair n’est que le début du déclin, je le crains. Sous le couvert de bien belles paroles, des morts encore rejoindront Sithis, et c’est la guerre, partout en Arven, qui bientôt s’éveillera. Faërie… Faërie ne tardera pas à connaître un tournant décisif, si vous voulez mon avis. » Il sait des choses. Bien des choses qu’il ne peut hélas révéler pour l’instant. Il ne peut non plus parler de ce qui le tracasse plus profondément encore, et curieusement, le simple fait d’avoir prononcé le nom du dieu sans visage avait ravivé une légère douleur sur sa peau. Là, cette marque près de son cœur, qu’il pulse et signe son lien avec la mort elle même… sa main dérive d’ailleurs vers celle-ci, massant comme pour apaiser le souvenir glacial qui lui revient en l’instant en mémoire. « Elles sont si nombreuses oui… Ces choses qui me tourmentes. »

Quelle faiblesse pouvait-il afficher plus en cet instant que celle-ci ? Il en aurait presque honte, si les notes qui continuaient de résonner dans l’air s’étaient arrêtées. Or, le jeu continue, et d’une pensée il remercie la Compagne de ne point avoir cessée. Quelques secondes passes de ce nouveau silence, que le duc fini à nouveau par rompre.

« Et vous Maelenn, y a t-il des choses qui troublent vos nuits, qui ternissent vos rêves ? »

Etait-il le seul à devoir se confier dans l’intimité de cet instant ? Oh il ne cherche point à troubler la jeune femme ou la mettre mal à l’aise, mais bavarder sur quelqu’un d’autre que lui convenait mieux à Denys, avare lorsqu’il s’agissait de révéler le fond de ses pensées, les secrets de son cœur et de son esprit.


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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyVen 9 Déc - 21:23

La magie opère, délicate et précise, tirant de la bouche du duc des Jardins quelques mots soupirés avec lassitude : « De bien tristes nouvelles oui. Nombreuses sont les choses à troubler mon sommeil, chère Maelenn. Niobé n’a jamais été très généreuse avec moi. » Elle aimerait pouvoir y faire quelque chose, mais elle n’est point mage du sommeil, point apte à lui faire retrouver les bras de Niobé. Ses attentions suffiront, peut-être, à apaiser cet esprit tourmenté, ce corps tendu, assez pour que le repos le gagne. « Hacheclair n’est que le début du déclin, je le crains. Sous le couvert de bien belles paroles, des morts encore rejoindront Sithis, et c’est la guerre, partout en Arven, qui bientôt s’éveillera. Faërie… Faërie ne tardera pas à connaître un tournant décisif, si vous voulez mon avis. »

La langue de Gavriel darde en direction de Denys, comme s’il pouvait déceler le mensonge, ou la vérité, dans ses paroles simplement en goûtant l’air qui l’entoure. Il est sincère. Crois-tu vraiment qu’il y aura la guerre ? À cela, la vipère n’a rien à répondre. Rien de plus que ce qu’a évoqué le duc, faisant trembler légèrement la Compagne. Elle n’est pas faite pour la guerre. Elle ne désire pas que celle-ci s’éveille, même si les raisons qui la font gronder sont celles-là même qui ont chassé sa sœur du Noroît. Est-ce donc inévitable ? Ses yeux pâles glissent du visage de l’homme jusqu’à son torse, où il a posé la main, comme touché au cœur. Comment ne pourrait-il pas l’être, en ces temps troublés ? « Elles sont si nombreuses oui… Ces choses qui me tourmentent. » Elle ne cesse pas de jouer, bien que ce soit avec plus de délicatesse encore, laissant les confessions et les faiblesses se mêler aux notes. Il serait aisé de pousser sa chance, sa magie, afin qu’il lui confie ce qu’il refuse de dire à voix haute, les non-dits étant nombreux dans ses mots, mais elle ne désire pas jouer de la confiance de son duc outre mesure.
Que la question lui soit retournée ne manque pas de la surprendre : « Et vous Maelenn, y a t-il des choses qui troublent vos nuits, qui ternissent vos rêves ? » Elle observe un silence, se concentrant sur sa harpe. Doit-elle se confier ? Ce n’est pas un ordre, que sa demande, mais ainsi se dérober des demandes de son duc ne serait point honorable. Ses tourments sont anciens, ils ont plus de dix années. Ils ne peuvent certainement pas intéresser Sa Grâce Denys.

Elle parle, toutefois, glissant quelques mots soigneusement choisis : « Il y a longtemps, Votre Grâce, j’ai perdu une sœur. Perdue dans la haine de leurs parents, perdue sur les chemins d’Arven, perdue et pourtant toujours proche de son cœur. Il ne passe pas une journée, non, sans qu’elle ne prie pour elle. Qu’elle appelle Levor à la veiller de cœur et d’âme, Aïda à mener sa musique jusqu’à ses oreilles, Volga à protéger les routes qu’elle marche. Il ne passe pas une Samhain sans qu’elle lui adresse quelques mots, sans savoir si elle est auprès de Sithis. Je crains, ou j’espère, que ce conflit me permette de la retrouver. » Un sourire mélancolique flotte sur les lèvres de Maelenn, à la pensée de retrouver Maidhenn. Oh, si elle savait, que celle-ci est bien plus proche qu’elle le pense ! « J’ai espoir qu’elle a su trouver à quelque part en Arven un endroit aussi accueillant que Lagrance l’a été à mon égard, ainsi que vous, Votre Grâce. Il y a un an que je suis à Edenia et je ne saurais comment vous manifester pleinement ma reconnaissance pour m’avoir accueilli à votre cour avec tant d’attention. »
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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyMer 25 Jan - 2:07

Elle est bien silencieuse à tout ce qu’il lui dit, la belle Maelenn, mais Denys ne s’attendait pas à ce qu’elle réponde quoique ce soit. Après tout, qu’y avait-il à dire, de cette guerre qui se profilait à l’horizon et que rien ne semblait pouvoir arrêter ? Les tensions sont plus fortes que jamais et force est de constater que les empires ne font plus grand chose pour les empêcher de se briser. Pour certains, l’entente est même d’ores et déjà terminée. Le duc Hjalden dont le dégout pour les mages était avant connu était aujourd’hui devenu criant. Et il n’était certainement pas le seul. Enfin… ce n’était pas ce qui inquiétait et tourmentait le plus Denys pour l’instant. Ses affaires personnelles avaient bien plus d’importances, surtout quand il s’agissait accessoirement de sa vie. Mais de cela, il n’avait pas réellement envie d’en parler, et habilement, il préféra retourner quelques questions à la belle Compagne, même si nulle obligation ne transparaissait dans son ton. Mais tandis qu’elle continuait à jouer ses notes, sa voix finit par s’élever. Cela l’intéresse-t-il réellement ? Plus qu’il ne peut l’avouer. Denys aimait en savoir plus sur ceux qui lui étaient proches. Et si ce n’était de leur bouche, il usait d’autres moyens, moins conventionnels. Mais il est vrai qu’il n’avait jamais réellement questionné la jeune femme sur son passé avant cela. Ce n’était pas vraiment les sujets de conversation les plus répandus et parfois cela pouvait être mal pris. Ça n’avait pas l’air d’être le cas, et aussi, par respect pour la belle Maelenn, le duc écouta avec attention les mots. Des mots bien surprenants.

Il est flatté, Denys, des compliments qu’elle fait sur Lagrance et des remerciements qui lui sont adressés. Flatté mais sans plus, l’égo ne prend pas le dessus et il met quelques secondes à trouver les mots. Il ne peut pas prétendre être touché par l’histoire de Maelenn, ce n’est point la sienne et cela ne le regarde pas. Cela dit, quelques mots finissent par traverser sa bouche, plus doux que le ton qu’on lui connaît naturellement. Il n’est pas réellement compatissant, mais il est loin du charme habituel.

« Lagrance sera toujours une terre d’accueil pour ceux qui en on besoin vous savez. Peut être n’est-elle pas aussi loin que vous semblez le croire. » Etait-ce quelques mots pour la rassurer ? Juste ce qu’il jugeait avec une certaine évidence. Les gens qui fuyaient ou qui disparaissaient venaient bien souvent trouver refuge dans le paisible duché des jardins.

« Vous avez manifesté votre reconnaissance de bien des manières depuis votre arrivée Maelenn et je n’ai pas un seul instant regretté de vous avoir accueilli à Edenia comme il se doit. J’ai beaucoup de respect et d’affection pour vous ma chère. » Mais ça elle le savait déjà, elle ne l’ignorait pas. Après tout, il n’aurait jamais confié son esprit à une personne en qui il n’avait aucune confiance et aucune affection.

« Puis-je vous demander pour quelles raisons votre sœur a disparu ? » Une fuite par peur de son Destin ? Une faute de sa part à la suite d’une étreinte charnelle qui aurait laissée des traces ? Le déshonneur ? Bien des raisons poussaient parfois les jeunes filles à partir. Moins qu’en Bellifère, là où elles n’étaient que de tristes décorations pour leurs époux, mais Outrevent ne donnait pas beaucoup de pouvoir non plus à la gente féminine. Ce qui était bien dommage. « Et vous ? » Une autre question, prononcée alors qu’il se redresse doucement d’entre les coussins, pour observer la Compagne. Une nouvelle fois, il ne l’oblige à rien dans ses mots ni dans son regard. Et même s’il croise celui-ci un instant, il s’en détourne pour prendre une gorgée d’alcool dans sa coupe. Vrai qu’il ne l’a jamais questionné sur ça non plus. Ou du moins, jamais plus que de raison.


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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyVen 10 Fév - 6:05

« Lagrance sera toujours une terre d’accueil pour ceux qui en on besoin vous savez. Peut être n’est-elle pas aussi loin que vous semblez le croire. » De bien doux mots, oui, bien qu’elle ne sache pas si elle doit se fier à ses propres espoirs. La pensée est aimable et Maelenn l’accueille d’un bref sourire, mais elle sait bien que les chances sont minces. Tant de choses ont pu arriver, depuis la dernière fois qu’elle a vu sa sœur… tant de fois la mort a pu rôder autour d’elle et l’engloutir. « Vous avez manifesté votre reconnaissance de bien des manières depuis votre arrivée Maelenn et je n’ai pas un seul instant regretté de vous avoir accueilli à Edenia comme il se doit. J’ai beaucoup de respect et d’affection pour vous ma chère. C’est un honneur pour moi », le rassure-t-elle. Un honneur, oui, d’être ainsi dans les bonnes grâces d’un homme si noble et si délicat. De son duc, pardi !

« Puis-je vous demander pour quelles raisons votre sœur a disparu ? » La réponse ne vient pas immédiatement. Elle ne sait même pas si elle viendra, tout simplement. Elle a toujours préféré éluder les réponses, laisser les gens imaginer ce qu’ils désiraient à propos de l’honneur de Maidhenn, mais Denys… le duc Denys se confie bien à elle, n’est-ce pas ? Ses secrets sont bien plus importants que les siens. Ne mérite-t-il pas la vérité ? « Et vous ? » La question la surprend, par son acuité, la sort de ses réflexions avec brusquerie et elle entend avec horreur une fausse note dans sa mélodie. Rapidement rattrapée, mais la faute est là, et la perfectionniste qu’elle est ne peut tolérer de tels écarts. Surtout pas en musique. « Je suis désolée », murmure Maelenn, rosissant, gênée de cette erreur. Elle en entendrait sa mère hurler, dans son esprit, lui ordonner de tout reprendre dès le début jusqu’à être parfaite, jusqu’à en avoir les doigts crispés par la douleur et ensanglantés de glisser sur les cordes de sa harpe.
Jamais autant que ceux cassés, mutilés, de Maidhenn.
Est-ce cette image qui l’inspire ? Sa voix hésite, mais elle ose : « Nos parents… l’ont chassée. Comment parler de la nature de sa sœur ? De cette magie impie que l’on a tenté de briser, sans succès. Tout ce qui a été brisé a été leur famille, leur cœur, leurs vies. Sa magie… est différente », avoue Maelenn, timide. Elle ne se rend pas compte qu’elle cesse de jouer, absorbée dans ses souvenirs de Maidhenn et dans le soin qu’elle porte à répondre au duc Denys. Différente. Il est intelligent et il saura comprendre, elle n’en doute pas. « Quant à moi… Je crois bien avoir forcé ma sortie d’Outrevent. Les Compagnes y sont bien mal vues et mes talents, qu’importe lesquels, n’ont pas trouvé intérêt auprès de Sa Grâce Liam. » Ni ceux de mage, ni ceux de Compagne, pour ce que ça importe. Son sourire est revenu, teinté d’un brin de malice, à la mention légère de ces divers talents dont elle se réclame sans honte, embrassant tout à fait cette profession aussi déshonorante en Outrevent qu’elle est renommée en Lagrance. « Et n'ai-je pas rencontré Gavriel à peine quelques jours après mon arrivée à Edenia ? Le Destin n’aurait certainement pas pu envoyer signe plus clair. » Son visage s’éclaire tout à fait, alors qu’elle évoque la vipère aspic enroulée autour de sa gorge. Sa main effleure les écailles sombres, d’un geste doux.

Le reptile doucement s’enroule autour de sa main, profitant de ce court interlude sans musique pour reprendre place contre son avant-bras, bracelet plus vrai que nature. La Compagne inspire, les yeux fixés sur l’animal, le clair de ses iris rencontrant le noir des siens, et dit d’une voix assurée : « Si à l’avenir, dans ces conflits qui se dessinent, vous avez besoin de moi, de quelque façon que ce soit… sachez que je serai votre fidèle sujette, Votre Grâce. Ma magie et ma profession peuvent se révéler bien utiles et je serais heureuse d’être ainsi votre alliée. » Son regard remonte jusqu’au duc, paisible, malgré l’hésitation qu’il peut peut-être y lire. C’est ainsi qu’elle saura pleinement lui redonner son hospitalité, s’il l’accepte. De quelque façon que ce soit.
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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyDim 9 Avr - 17:59

La curiosité peut paraître mal placée voire étonnante de la part du duc de Lagrance lui même. On ne le connaissait pas, d’apparence du moins, pour s’intéresser au passé et à l’histoire des gens qui l’entouraient. Mais dans l’intimité d’un instant aussi calme, la curiosité le poussait à demander. Mais ce n’était pas seulement par intérêt pour la belle et charmante Maelenn, de cette manière au moins, personne ne le questionnait sur ses ressentis à lui. De toute façon il n’aimait pas vraiment parler de lui, Denys. Ce qui était paradoxal, lui qui arrivait d’ordinaire à se confier à la jeune femme plus qu’aux autres personnes de son entourage. En vérité, ce qui pesait sur le cœur du duc aujourd’hui n’était pas de ces choses qu’il pouvait révéler sans éveiller les conséquences. Et il préférait nettement que son épouse seule soit sa confidente sur les événements survenus en Bellifère. Non qu’il n’avait confiance en Maelenn, bien au contraire, mais Denys savait combien il n’était pas prudent de partager les informations à différentes parties. Un risque qu’il ne prendrait pas, même si l’envie de s’épancher sur ses problèmes était de plus en plus forte. Heureusement que les notes de la Compagne étaient là pour calmer son esprit, exactement comme il l’avait espéré.

Des notes perturbées l’espace d’une seconde par la question posée, sortant de son mutisme Maelenn dont le rosissement des joues fait fleurir sur les lèvres du duc un sourire coupable mais rassurant. Il n’a pas besoin de prononcer le moindre mot pour l’excuser d’une fugace erreur si vite rattrapée. Comme s’il de toute façon disposé à juger un art dont il n’était qu’un amateur à ses heures. Son seul souci est de savoir si, malgré le doute perceptible dans le regard de la jeune femme, il entendrait les confidences de son passé et de celui de sa sœur bien tristement disparue. Non qu’il lui en voudrait d’une quelconque manière de repousser sa question, mais il apprécierait le geste et les paroles comme marque de confiance. Une chose qui ne se donnait pas facilement, à plus forte raison en Lagrance.

Et au silence nouvellement installé, la mélodie si calmement stoppée, se succèdent les mots timides, les paroles douloureuses. Chassée ? Chassée en Outrevent ? Etait-ce si surprenant ? Ils n’étaient pas bien tolérant, les fils et filles de Levor, et une erreur de jeunesse pouvait facilement mener à la condamnation. Denys ne s’attend pas cependant à ce que ce soit la condition magique de la sœur de Maelenn qui ait à ce point porté préjudice à son existence. Quand l’aveu perce les lèvres de la Compagne, il ne met qu’une fraction de seconde à comprendre le cœur du problème. Et il se fait plus sombre alors, le regard du duc, atterré d’une telle attitude envers une enfant de la magie qui n’a jamais choisi le don qui est le sien. Comment pouvait-on être à ce point buté et arriéré ? Le dégoût se lit sur les traits du maitre de Lagrance, mais ce n’est point contre la douce Maelenn ou la mystérieuse Maidhenn qu’il adresse ce regard, mais bien à aux parents de ces deux jeunes femmes blessées. Ce sont bien là les Outreventois…

« Je vois… » Murmure-t-il doucement, sans laisser s’interrompre néanmoins les confidences de la Compagne. La suite le fait lever les yeux au ciel, même si un léger rire vient détendre doucement l’atmosphère. « Je ne m’étonne pas que le duc d’Outrevent ne sache point reconnaître les dons d’une fleur aussi rare que vous. Il n’a pas ce talent. » En a-t-il seulement, ce grand têtu pourvu d’un honneur et de valeurs qui paraissent à Denys bien hautaines et inutiles ? Il se redresse complètement, le duc de Lagrance, pour se glisser plus proche de la Compagne, déposant une main taquine sur ses hanches avant de susurrer à son oreille quelques doux mots. « Moi en tout cas j’en apprécie toutes les facettes. » Et quand le serpent défait son étreinte sur le cou de Maelenn pour glisser jusqu’à son bras, il s’en satisfait tout à fait pour gratifier cette gorge douce d’un baiser. « J’en remercierais presque Liam de ne pas avoir voulu de vous à sa Cour. » Se moque-t-il avec taquinerie de son homologue, ce qu’il ne ferait certes jamais. Remercier une parfaite bourrique serait inutile, il ne comprendrait pas la subtilité de la blague.

Le ton de la conversation redevint tout à coup sérieux, surprenant une seconde le duc qui n’en laissa rien paraître, il se contenta juste de se redresser quand Maelenn chercha à croiser son regard. La déclaration le laisse silencieux, même s’il en apprécie le son et le goût à sa juste valeur.

« Voilà de belles paroles, Maelenn, je saurais m’en souvenir. Votre fidélité sera récompensée comme il se doit et je saurais vous trouver une mission digne de vous. L’avenir nous dira bientôt clairement ce qu'il en est. » Si guerre il devait y avoir. Quoique guerre il y aurait, il le savait, il y comptait bien… Mais de ça, il ne veut point y songer encore tout à fait et préfère à nouveau déposer un baiser sur le cou de la Compagne, déposant la tête sur son épaule avec une certaine tendresse et une rare proximité.


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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptyLun 17 Avr - 0:47

Le duc ne l’a pas interrompu, pendant ses prudentes confidences, mais elle n’a pu ignorer ses compliments. Elle en a rougit, légèrement. Le duc Liam est toujours un sujet sensible, bien qu’elle n’en parle pas, qu’elle ne s’est jamais vraiment entretenue de son faible à quiconque, puisqu’il était aussi ridicule que vain. Idéal brisé, héros déchu, duc laissé derrière elle en même temps que tout Outrevent. Entendre Denys railler à son sujet ne la choque pas, la fait plutôt sourire. Il a raison. Tu ne l’as jamais rencontré, réplique-t-elle, amusée, mais la conviction du reptile est aussi douce que les mots de l’homme qui d’elle s’est encore rapproché. Il est joueur et elle ne peut pas prétendre être déplûe, de cette main posée sur sa hanche, de ces mots susurrés à son oreille, emplis de sous-entendus équivoques : « Moi en tout cas j’en apprécie toutes les facettes. Ni déplûe de ce baiser sur sa gorge dénudée, tendre marque d’affection qui souligne le privilège qui est le sien, d’être si proche de cet homme puissant. J’en remercierais presque Liam de ne pas avoir voulu de vous à sa Cour. »

Maelenn n’oserait jamais le dire, jamais avec autant d’aplomb à tout le monde, mais elle aussi est plus qu’heureuse que ni lui, ni un autre, n’ait jamais désiré d’elle à son service.

Elle se fait tout de même si sérieuse, dans ses paroles. Fille de Levor, elle ne donne pas sa parole à la légère et chacun de ses serments est dûment tenu, qu’importe leur gravité. Elle a le besoin de montrer sa gratitude, de rendre ce qu’on lui a donné avec ce qui est à sa portée. « Si à l’avenir, dans ces conflits qui se dessinent, vous avez besoin de moi, de quelque façon que ce soit… sachez que je serai votre fidèle sujette, Votre Grâce. Ma magie et ma profession peuvent se révéler bien utiles et je serais heureuse d’être ainsi votre alliée. » À cet homme, elle donne sa confiance. Elle n’en a pas peur. Peut-être devrait-elle, en vérité ? Craindre cet homme couronné, capable de l’exécuter d’une seule parole ? Pourtant, elle soutient son regard sans trembler, sereine. « Voilà de belles paroles, Maelenn, je saurais m’en souvenir. Votre fidélité sera récompensée comme il se doit et je saurais vous trouver une mission digne de vous. L’avenir nous dira bientôt clairement ce qu'il en est. »
La ligne de ses épaules se détend encore plus et elle hoche la tête avec douceur, satisfaite de cette réponse simple. En temps et lieux, elle saura, et à cet homme, à cette couronne, elle prouvera cette fidélité si chère à son coeur encore pétri d’honneur.
Contre son poignet, Gavriel resserre ses anneaux, alors qu’elle ferme les yeux et caresse l’instant. Ces secondes où le Destin suspend la chute des grains de son sablier, lui permettant de savourer chaque détail de ce moment avec une acuité effarante. Peut-être est-ce la faute de sa magie, si elle se fait si sensible ? Au souffle de Denys, à ses lèvres sur son cou, au chatouillis de ses cheveux contre sa peau, le poids de sa tête sur son épaule. Sa voix mélodieuse entame, dans le vieux parlé d’Outrevent qui désormais uniquement perdure dans les superstitions et les chansons, l’histoire de Maidh. Celle de toutes les âmes guidées par sa lanterne, apaisées une dernière fois avant de rejoindre le royaume de Sithis ; celle de la porteuse de lumière, à l’âme si grande et si belle. La magie, douce, tisse autour d’eux son manteau rassurant de sérénité. Détendez-vous, souffle la magie à l’oreille de Denys. Concentrez-vous sur la mélodie. Sur ces notes pincées du bout des doigts, résonnant au fond du coeur et de l’esprit. Concentrez-vous, détendez-vous.
Faites-moi confiance.
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Message Sujet: Re: Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn]   Elle apaise les maux et calme les esprits [PV Maelenn] EmptySam 29 Avr - 4:06

La confiance. C’est une chose que l’on pourrait penser simple à offrir. La placer en quelqu’un était pourtant bien difficile pour certaines personnes. Denys était de ces gens, qui bien qu’ouvert, bon compagnon et fort sympathique au naturel, ne donnait point facilement une telle emprise sur sa personne. Depuis longtemps habitué à ne compter réellement que sur lui même, il avait fait le choix il y a des années de fermer son cœur et son esprit pour mieux éviter toutes faiblesses. Ainsi, peu étaient ceux à réellement en savoir sur le duc de Lagrance, de sa vie personnelle aux confidences qui peuplaient ses pensées complexes. C’était le plus simple, le plus efficace. Ne pas s’attacher, apprécier les gens, avoir de l’affection sans y laisser plus que de raison les premières brides de confiances s’instaurer. Toujours garder le doute et ne jamais aller au delà d’une certaine limite.

Ceux qui pouvaient se targuer de l’avoir, cette confiance, étaient bien peu nombreux, pour ainsi dire, ils se comptaient sur les doigts de la main. Marjolaine évidemment, son épouse qui, si elle ne possédait pas son amour, avait bien plus que n’importe qui d’autres une place dans le cœur de Denys, lequel, disait-on, était perdu dans une forêt de ronce et d’épines. Mayeul, cet ami d’enfance qui savait tant de choses sur lui, qui l’avait connu à une période où les choses étaient différentes, bien plus simples. Alméïde, cette douce princesse qui s’était confiée autant qu’il avait pu le faire et qui avait su se frayer un chemin dans son affection. Et Maelenn. L’on pouvait sans doute croire que c’était la magie qui avait brisé les barrières, forcé le duc à s’approcher de cette outreventoise venue pour fuir son duché. Et pourtant il avait confiance, Denys, en cette compagne qui était si différente et semblable dans son étrange solitude. Plus que n’importe qui d’autre, elle s’était créée une place si vite et avait obtenu de lui ce qu’il peinait à donner d’ordinaire : sa confiance. A tort ou à raison, c’était souvent ça, le plus compliqué avec cette notion de confiance, mais il voulait croire qu’elle était aussi réelle que réciproque.

C’était ce pourquoi il ne craignait pas de se confier à Maelenn et de laisser son esprit aux bons soins de sa magie subjugatrice, capable de tenter la complexité de ses pensées pour les modeler à son bon vouloir. Le silence après ses dernières paroles fait place à cette mélodie envoutante, à cette voix chantante qui pourrait distiller la magie, corrompre ce qu’il est. Mais il n’y a que les doux chants de la noble et charmante compagne, ces mots aux sonorités complexes, que le duc ne comprend pas tout à fait mais reconnaît comme la vieille langue d’Outrevent. Et qu’importe ce que chante cette histoire, car tout contre elle, tête reposée tendrement sur l’épaule de Maelenn, Denys se contente d’écouter à nouveau les notes apaisantes et solennelles. La sérénité doucement envahi son esprit, ordonnant aux pensées nombreuses de se calmer, se taire pour mieux revenir plus tard. Mais au moins le laisser en paix l’espace d’une poignée de secondes. Juste assez pour qu’il se repose. Juste assez pour un temps.

« Merci Maelenn. »

Le murmure est sincère, tendre et caressant. Et sans bouger, les yeux fermé, il laisse la mélodie agiter ses sens comme si rien d’autre n’existait.


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