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 Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache

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Message Sujet: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyLun 3 Oct - 17:36


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Maelys Aigrépine & Denys du Lierre-Réal

Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache

Pour leurrer le monde, ressemble au monde



• Date : 28 Octobre 1001
• Météo : Nous sommes en début de soirée, et le temps s'est considérablement rafraîchi, quelques timides rayons filtrant à peine entre la masse nuageuse.
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Quelques jours avant la Samhain et la fin de sa convalescence, Maelys tue le temps à plaisanter avec Mirage sur la Cour, avant que Denys ne la surprenne et que s'engage un échange inopiné.
• Recensement :
Code:
• [b]Date :[/b] [url=LIEN]Titre[/url] - [i]Maelys Aigrépine & Denys du Lierre-Réal[/i]
Quelques jours avant la Samhain et la fin de sa convalescence, Maelys tue le temps à plaisanter avec Mirage sur la Cour, avant que Denys ne la surprenne et que s'engage un échange inopiné.

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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyLun 3 Oct - 17:39

Je griffonne quelques annotations dans mon carnet, lovée confortablement entre les pattes de mon dragon, le dos calé et les jambes passées au-dessus. Il me couve comme un trésor, ces dernières semaines, ce qui arrive passablement à m’irriter… Mais pas aujourd’hui. Sa respiration grondante me berce, et son souffle chaud compense la froideur de ses écailles émeraudes et de l’air, à ébouriffer constamment ma chevelure. Les nobles sont de sortie dans le jardin ducal, à contempler la floraison tardive de quelques fleurs isolées, avant de retourner prestement, pour la plupart, se réchauffer à l’intérieur. J’observe leur passage d’un œil circonspect, à les surplomber depuis l’imposant balcon où nous avons tous les deux pris attache. Je m’arrête, l’espace d’un instant, pour montrer une scène des plus comiques qui se dépeint devant nous à Mirage.

Regarde, il va se passer quelque chose…

Il a redressé sa lourde tête pour observer, avec une attention renouvelée, quand une jeune femme à la blonde chevelure et à la parure soignée, se met à invectiver un autre noble occupé à discuter et boire un verre en agréable compagnie. On l’entend clairement élever la voix, même de là où nous sommes, avant de lui jeter le contenu de son verre au visage et de s’en aller d’un pas furibond. Je laisse filtrer un léger rire, clairement amusée par la scène.

J’ai songé bon de la prévenir que son mari la trompait.
Charmante attention, ma petite. C’est vraiment le cas ?
Plus ou moins. J’aime bien rajouter quelques détails, sinon on n’est rapidement déçu du manque d’ampleur de la réaction.
Je comprends mieux comment tu avais fini par tuer le temps parmi ces humains en robe qui s’extasient devant des fleurs.
Oui, mais je passe moins de temps ici maintenant… Alors moins de ragots à colporter, et ça devient plus compliqué de trouver quelque chose de crédible.
On dirait presque que ça te manque, ma petite.


Je crois avoir demandé d’arrêter de fréquenter la Cour aussi régulièrement seulement pour retrouver un semblant de liberté… Et maintenant, me voilà avec un temps libre considérable, comme j’en ai rarement eu ces dix dernières années, et dont je ne sais comment l’occuper. Le manque d’entraînement, et l’interdiction de voler, me pèsent réellement. J’ai besoin de me défouler, avec peu de moyens de le faire à l’heure actuelle. Cet immobilisme est propre à me rendre folle, ou me faire sombrer dans une profonde dépression, si bien que j’essaie d’activer mon esprit autrement, pour calmer cette sensation de tourner comme un fauve en cage.

En attendant… J’apprécie la vue, mais encore plus la sensation de voir sans être vue au premier regard, et Mirage a comme un don pour trouver les meilleures places ainsi, malgré sa stature imposante. Il ne porte pas son nom pour rien, et personne ne s’attarde assez pour lever la tête, sauf peut-être un… Je lance un mince sourire à mon Duc, par derrière la balustrade, avant de retourner à mes esquisses. L’instant d’après, il a disparu. L’a-t-il pris pour une invitation ? Je crois qu’il a pris soin, ces derniers temps, de se tenir le plus loin possible de mes sautes d’humeur, parfois désastreuses… Mais je me sens presque apaisée, peut-être bien pour la première fois depuis les événements funestes du Tournoi des trois Opales. Je sais qu’il ne me reste que quelques jours à souffrir les pires tourments entre les mains des mages guérisseurs, et ma main est presque entièrement reconstituée. De longues heures consenties, chaque jour, à endurer ce supplice… Mais le résultat est enfin palpable. Je lève cette main devant mon visage, où mes doigts sont à nouveau présents, même si bandés avec précaution. Je les bouge, avec beaucoup de peine, ce qui arrive encore à m’affliger, même si j’ai pris l’habitude d’user de mon autre main pour compenser. Et heureusement, ma magie est toujours aux aguets… Je n’ai pas obtenu cette Opale et une plaque à mon nom pour rien, n’est-ce pas ? Elle est comme autant de mains invisibles qui s’étendent, à ma simple pensée. Alors à défaut d’exercices physiques, c’est ce muscle qui reste en permanence à l’entraînement.

Je suis occupée à faire voler et tournoyer une de mes lames, avec la régularité d’un métronome, entre chaque page que je tourne, si absorbée dans mes réflexions que Mirage se sent obligé de dissiper ce brouillard par une interrogation brève. Il penche la tête pour détailler d’un œil ce schéma fait à la va-vite.

C’est un bouclier ?
Si on veut, ses bords sont comme trois lames. Je suis toujours uniquement à faire voler autant de lames que je peux dans les airs… Je pourrais m’en servir autant pour l’attaque que ma défense, et éviter un événement tragique comme dans cette arène.
Ça risque d’être un peu lourd et peu facile à manier.
Toujours plus qu’un Serenus ou un Octavius tout en armure. Question d’entraînement. Je demanderais l’avis d’un spécialiste en la matière.
Tu n’as pas besoin de revoir ton armement. Tu m’as, moi.


Je le sens insistant, presque vexé en vérité. Il n’a toujours pas digéré, lui non plus… Mais je peux comprendre, cette impuissance m’aurait insupportée. Je le fixe, un temps, avant de lâcher à l’improviste :

Je vais en Sombreciel dans quelques jours, pour la Samhain.

Le silence. Un lourd regard de reproche… Puis, rien. Je le vois tourner la tête sur le côté, sans me demander plus de justifications. Quelqu’un d’autres a attiré son attention, et sa gueule s’étire en un sourire parfaitement draconique, un rien carnassier.

Ton Duc aux yeux bleus est là.

Je me renfrogne, devant ce coup bas. Il n’a pas manqué de relever ce détail, tiens. Je suis certaine qu’il vient d’étendre sa pensée à nous deux, en une basse vengeance. Il était obligé de préciser ? Je prends la peine de me lever, pour me tenir à sa disposition, même si je ne suis prétendument pas en service actuellement… On ne sait jamais.

- Mes hommages, mon Duc. Vous souhaitiez me voir ?
Il n’est pas venu jusqu’à moi pour rien, non ? Et puis, je crois que seul ce sérieux parvient à rattraper les frasques de Mirage, qui n’en rate pas une pour m’achever proprement :

Tu préfères être entre ses pattes que les miennes, ma petite ?
Pitié, faites qu’il se taise.
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La Noblesse
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Denys du Lierre-Réal
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J'ai : 34 ans
Je suis : le duc de Lagrance, marquis du Lierre-Réal

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Lagrance avant tout, à l'Ordre du Jugement et dans une moindre mesure à l'empire de Faërie
Mes autres visages: Hiémain ◊ Anthim ◊ Rackham ◊ Shahryar ◊ Nicolas
Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyJeu 10 Nov - 1:30

Bien des choses étaient arrivées en un mois à peine. Et tout semblait promettre que d’autres événements peu plaisants allaient venir couronner la fin du mois d’octobre avec les honneurs. Peut être lors de la Samhain et à cause cette fichue obligation de se rendre en Outrevent pour fêter les milles ans de paix entre les deux empires d’Arven. Ça avait quelque chose de particulièrement ridicule, quand on jugeait plus en détail les relations qui devenaient de plus en plus tendue entre les nations. Ne serait-ce qu’en Faërie, où deux des duchés ne soutenaient pas l’impératrice. L’union avait l’air belle… factice au possible, ce qui arrachait souvent un rire méprisant à Denys quand on venait lui en parler. Et ça, pour lui en parler, on avait de cesse de le faire. La noblesse lagrane elle aussi conviée à cette petite réception dans les landes du duché de l’honneur, sans savoir trop l’intérêt qui se cachait derrière tout ça, se pressait à le questionner à l’occasion. Le duc lui savait, pour certaines choses, ce qui allait réellement se passer lors du recueillement. Une chose que l’Impératrice Chimène ne s’attendrait pas à voir, croyant fermement en une cohésion face à la paix qu’il était nécessaire de maintenir. Quelle naïveté. Denys avait comprit qu’avec sa rancune envers bien des choses, principalement les magies condamnées, la douce princesse devenue souveraine n’était plus aussi malléable qu’avant. Une bonne raison pour s’en débarrasser.

Il en était à ces quelques réflexions, en compagnie de son épouse, en se baladant dans les jardins, Marjolaine à son bras. Des bavardages légers, quelques rires même. Et curieusement, l’on remarquait que depuis quelques temps, le duc se montrait plus présent auprès de sa femme, comme délaissant les maitresses pour d’obscures raisons. Ce depuis le Tournoi des Trois Opales. Etrange, cela attisait les curiosités. Des commentaires qui intéressaient bien peu le duc en vérité. Pourtant, il laissa bien vite son épouse seule quand, en relevant les yeux vers le palais, il remarqua la grosse tête d’un dragon aux écailles d’émeraude, et la petite tête d’une Maelys facile à reconnaître. Il s’excusa auprès de Marjolaine pour offrir sa compagnie à la jeune chevaucheuse. Malgré les apparences, et même s’il avait peu l’air de s’en soucier, il s’était intéressé à son état après les tristes événements du Tournoi. Sa santé aussi bien physique que morale en avait prit un sacré coup, et quand bien même n’était-il pas allé la voir souvent qu’il avait fait en sorte que les soins se passent le mieux possible et avec les meilleurs guérisseurs à son service. Force était de constater qu’elle avait plutôt bien reprit du poil de la bête. Ne serait-ce qu’à Lorgol quelques dix jours plus tôt, où ils avaient pu vivre une aventure… étrange.

L’immense créature le regarde, et il semble, à en juger par le rictus de cette énorme gueule, qu’il soit en train de sourire en l’apercevant. Denys ne connaissait pas grand chose sur les dragons, symbole de leur empire pourtant. Celui-ci, il ne l’avait rencontré qu’une fois vaguement, lors du festival de l’Oraison où il avait écrasé un malheureux mage. La voix étrange, grave mais presque moqueuse, résonne dans son esprit, dans une remarque qui ne manque pas de surprendre Denys autant que ça le fit sourire. Il ne manque pas de le relever d’ailleurs, d’une voix amusée et presque enjouée :

« Duc aux yeux bleus ? Est-ce là un détail qui a son importance Dame Aigrépine ? »

Il s’amuse un instant de la voir se renfrogner, sans méchanceté aucune cela dit. Il renvoya un regard à l’immense créature ailée, source de cette gêne soudaine chez la chevaucheuse qui se montra en quelques instants bien protocolaire. Il s’apprêtait à la taquiner un peu d’ailleurs quand le dragon s’en chargea, la voix gutturale et puissante du dragon murmurant à son esprit. Le rire sort de ses lèvres, franchement amusé.

« En voilà une remarque que je ne risque pas d’oublier. Dois-je prendre les commentaires de votre dragon pour vérité ? » Oh oui il joue, avec pourtant une certaine gentillesse. Il n’a pas ce regard mesquin et calculateur, ce magnétisme presque tranchant dans les prunelles. « Allons ne soyez pas aussi formelle, vous n’êtes pas en service et je venais vous voir simplement pour prendre de vos nouvelles. Rien qui ne soit très officielle en somme. »

C’était en un sens vrai. Et parmi peu de personne, Maelys pouvait se targuer d’avoir l’attention de son duc pour d’autres choses qu’une attirance purement sensuelle voire sexuelle. Il lui permettait presque – le mot avait son importance – d’agir à sa guise comme un électron libre, sans qu’il n’ait à intervenir. Ce n’était d’ailleurs pas vraiment son rôle mais puisque la demoiselle avait ce quelque chose de remarquable à ses yeux, il s’y intéressait évidemment. Et pour ne rien gâcher, elle n’était certainement pas vilaine à voir.

« Votre main va-t-elle mieux ? Et vous même, depuis Lorgol ? » Puis sans oublier - comment le pourrait-il - le dragon derrière elle, avisa une autre question. « Oh j'en oublie les manières ! Me présenteriez-vous votre partenaire ? »


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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyDim 13 Nov - 19:11

Je ne m'attendais pas à ce qu'il quitte la compagnie de sa femme pour venir me trouver, et ne me suis pas vraiment préparée à une entrevue en bonne et due forme. Peut-être a-t-il besoin de moi pour quelques affaires urgentes ? J'en suis à ranger mon carnet et les quelques feuilles volantes en toute hâte, dans la besace qui pend sur le côté de la selle de Mirage. J'oublie un léger détail, et rattrape la lame en suspension dans les airs pour la rengainer, dans un sourire de circonstance.

... Qui s'évanouit subitement, quand mon Duc relève le fameux « détail » dans le discours de Mirage. Je m'empourpre subitement, à rajouter dans la précipitation :

- Non ! Non, du tout. Enfin si. Je veux dire... C'est simplement un détail marquant de votre... Personne, quelque chose qui vous caractérise et qui simplifie les descriptions physiques. Pour Mirage, vous comprenez ? Il ne peut pas voir à travers mes yeux alors...

Il abaisse sa lourde tête pour la porter à ma hauteur, son œil reptilien me détaillant avec une lueur d'amusement que je connaissais bien, et qui semblait étrangement faire écho dans le regard du Duc de Lagrance.
L'art et la manière de noyer le poisson... Je suis admiratif.
Je lui décoche un coup de poing contre le museau, à défaut de pouvoir le faire taire... Ce qui le fait à peine frémir et agiter la tête. C'est trop tard, il s'est déjà fendu d'une autre remarque déplacée qui... Provoque l'hilarité du Seigneur du Lierre-Réal. J'affiche une moue boudeuse, alors que les deux se renvoient la balle. J'aurais préféré qu'il oublie aussitôt ce qu'il vient d'entendre, mais c'était trop demandé bien entendu. J'agite les mains, à nier farouchement les paroles du dragon :

- Non, surtout pas ! C'est juste... Un gros jaloux.

Disons cela, oui. C'est le rire du dragon qui retentit maintenant, un son rocailleux, qui répand un air chaud dans l'atmosphère. Je me rends compte avec un temps de retard de mes paroles à double tranchant, et rajoute à la hâte :

- Enfin, je n'entendais pas par là que votre compagnie me dérangeait. C'est seulement...

Oh, ce n'est pas vrai... Les deux se sont ligués contre moi, ce soir. Je pousse un soupir retentissant, reprenant mes esprits. Je croise les bras, à détourner le regard, vexée pour de bon.

- Arrêtez de vous moquer de moi.

Le rire de Mirage s'atténue, et je le sens pousser du museau dans mon dos, comme pour me forcer à réagir. Je reste stoïque, fermée, et ne laisse plus rien filtrer vers lui. C'est mesquin de sa part, lui avec qui je partage toutes mes pensées les plus intimes, d'en confier quelques unes à mon insu au Duc de Lagrance. Je n'aime pas cette image que je renvoie, qui me rappelle désagréablement celle dans les souterrains de Lorgol. Il faut dire que nous ne nous sommes pas reparlés depuis, et que son comportement, tout comme le mien, m'ont plongée dans une rare perplexité. Surtout que... Il a encore cette gentillesse étrange qui transparaît, et qui ne semble pas être feinte. Est-ce mon regard envers lui qui a changé, ou lui-même qui n'a plus la même attitude ? Difficile à dire... Peut-être un peu des deux.

Il me précise les raisons de sa venue, et je lâche un simple « Oh. » un rien étonné en réponse. Il voulait simplement prendre de mes nouvelles ? Voilà encore une preuve que les choses sont... Bizarres. Il ne s'en est pas encombré auparavant, alors pourquoi maintenant ? Ah, certes, Lorgol... Encore. C'est aussi quelque chose que j'aurais préféré qu'il oublie.

- Je vous remercie pour votre sollicitude. Les guérisseurs sont plutôt satisfaits du travail accompli... Ils m'ont simplement demandé quelques jours supplémentaires pour s'assurer que tout est en ordre.

Je défais le bandage sur ma main, moi-même encore étonnée de la voir... Intacte, comme avant, presque à l'exactitude. On aperçoit à peine la délimitation, du fait de la carnation. Seulement, j'arrive à peine à faire réagir mes doigts, et encore moins les plier.

- Ils disent qu'il faudra du temps, beaucoup de temps, pour que je retrouve tous mes réflexes mais... Que je ne devrais pas avoir à m'inquiéter de retrouver toute ma motricité, si je suis assidue. Et je le serais, bien entendu.

Mon sourire est franc, quand je rive mon regard à celui de mon Duc.

- Je n'ai pas eu l'occasion de vous remercier. Vous étiez si occupé... Et les circonstances à Lorgol ont fait que... Peu importe. Je sais que je n'aurais pas pu bénéficier de soins aussi poussés sans votre bienveillance. Je suis votre obligée, et j'espère que mes performances au Tournoi des Trois Opales auront réussies à vous satisfaire, et vous prouvez vers qui va ma loyauté.

Mirage est étrangement silencieux, subitement. Il faut dire que je fais preuve d'un bel aplomb avec une pareille hypocrisie... Enfin, je n'ai rien dit qui soit faux. Mes actes témoignent parfaitement de ma dévotion. Je me suis battue autant pour moi que pour lui... Et Gustave de la Rive, bien entendu. Je n'oublie pas ma participation dans l'enlèvement de Chimène parmi tous mes autres forfaits. Une tentative d'abdication ratée, néanmoins. Dommage... Mais d'autres occasions se présenteront. Je suis certaine qu'ils ont échoué simplement parce que je n'ai pas pu rester sur place, forcée de revenir à ma place pour ne pas attirer davantage l'attention de mon Capitaine de Vol ou des autres Chevaucheurs Lagrans. Même s'il savait, qu'aurait-il à en redire ? Il m'a simplement demandé d'être plus discrète sur mes opinions personnelles, ce que j'ai fait. Personne n'a pu me mettre la main dessus et me confondre. Qui plus est, je suis revenue avec la seule Opale de tout Faërie, en représentant mon Duché d'accueil.

- Quant à ce qu'il s'est passé à Lorgol, sachez seulement que... Je n'étais pas moi-même. J'espère que vous n'avez gardé aucune séquelle de notre mésaventure ?

Je n'ai pas vraiment envie de m'attarder sur ce sujet, aussi lui retournais-je aussitôt la question.

Mirage s'est redressé, au mot « partenaire », les ailes déployées. Tiens, cela semble lui plaire. Je lève la tête vers l'imposant dragon, aux écailles vert-de-gris, qui s'accordent étrangement avec le temps nuageux. D'habitude, on les perçoit davantage vert-bleu, ce qui me laisse croire que son nom n'est vraiment pas usurpé.

- Voici Mirage, du Vol d'Emeraude, issue des montagnes lorgoliennes.

Enchanté, petit humain.
- C'est le Duc, Mirage.
Petit Duc.
Je lève les yeux au ciel, et décide de ne pas insister.
- Ne le prenez pas mal... Il aime bien traiter de « petit » ce qu'il affectionne.
Je peux parler par moi-même, ma petite.
- Je sais, mais je préfère que tu t'en abstiennes.
Il oriente ensuite son regard reptilien vers le Duc, penchant subitement sa lourde tête en avant.
Vous êtes mage ?
- Non, il n'est pas mage.
Dommage, je l'aurais peut-être choisi à ta place. Mais personne n'est parfait.
Je me fends d'un sourire faux, contenant ma colère dans une longue inspiration. Je l'ignore sciemment pour m'adresser au Duc lagran :
- Si nous rentrerions à l'intérieur ?
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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyMar 3 Jan - 2:56

La précipitation dont elle fait preuve est un signe clair de sa gêne, ce qui n’est pas sans accentuer le sourire un peu taquin de Denys qui observe la jeune femme tenter de se rattraper, faisant passer les paroles de son dragon pour une erreur de sa part. Mais il n’est pas non sans remarquer le geste du grand lézard, ni la lueur qui illumine son regard avec ce qui semble être de l’amusement. Un amusement qui ne plait guère à sa partenaire et sous le regard du duc de Lagrance, elle décoche un coup léger à son dragon. Oh il ne dit pas un mot, observe avec une attention presque bienveillante, et concède avec taquinerie.

« Oh je comprend oui. » Léger et moqueur, il semble un instant même échanger une œillade au dénommé Mirage qui n’est pas plus dupe que lui, de toute évidence.

Le déni renforce le rire de Denys, et voir la jeune femme revêtir une véritable moue boudeuse était un jeu qui lui convenait tout à fait. Comme embourbée dans les eaux profondes d’un marais, elle tentait tant bien que mal de rattraper les taquineries provoquées pas son dragon et que le duc n’avait pas hésité à renvoyer.

« Jaloux ? De moi ? »

Ah tient ? Il n’y avait pas songé – ou pas en l’instant du moins – et la perspective des paroles à double sens fait se calmer doucement le rire de Denys pour plonger un regard à la fois curieux et intrigué dans celui de Maelys, qui ne souhaitait certainement pas parler d’une telle chose, en ces termes. Mais il était tentant de jouer de sa patience qui n’était certainement pas vertueuse. Et bien vite, il remarque que les moqueries du dragon et les siennes finissent par avoir raison de celle-ci, la vexant tout à fait. Ou presque. Soit, il cesserait donc ce petit jeu et un nouveau sourire fleurit sur les lèvres du duc, plus calme.

« Allons, ne vous vexez pas Maelys. Je ne cherchais pas à vous blesser ni à user votre patience. »

Une bienveillance suivie des raisons de sa venue qui semblent surprendre la chevaucheuse, qui ne répond que par une exclamation fugace, n’étonnant pas plus que cela Denys. On le jugeait rarement doux et sincèrement gentil en vérité, plus fourbe et cachotier comme tout bon lagran qui se respecte. Mais il n’était pour autant pas un homme cruel ni dénué de cœur. Et bien qu’il ne s’estimait pas responsable de l’état dans lequel se trouvait Maelys, elle restait une demoiselle qu’il appréciait – malgré ce caractère imprévisible et parfois insupportable – et dont il souhaitait le prompt rétablissement. Ce n’était pas pour rien qu’il l’avait confié aux mains de ses meilleurs mages guérisseurs. Peut être pas totalement sans un objectif derrière tout ça… mais tout n’était pas seulement une affaire de calcul inhumain, bien heureusement.

Pourtant, le sourire franc que lui adresse la jeune femme, ce regard déterminé qu’il peut voir au fond de ses prunelles n’est pas sans marquer le duc de Lagrance, dont le sourire sur son propre visage disparaît un instant, laissant place à une expression indescriptible. Surprise ? Etonnement ? Méfiance ? Les remerciements, il les avait attendu, bien sûr, mais pas de cette manière. Et alors qu’elle finit ses mots, il va pour prendre la main de Maelys dans la sienne, observant la dextre reconstruite par magie et qui semblait être comme avant.

« Je suis content de constater que votre état va en s’améliorant. Je n’ai pas douté un seul instant que vos compétences au Tournoi sauraient vous rapporter votre part de gloire. Et me prouver votre loyauté. » Sans quitter les yeux de la jeune femme, il avance pour déposer un baiser sur cette main immobile, où tous mouvements semblent impossibles mais où les sensations n’ont pas disparues. « Vous méritez les meilleurs soins, Maelys. » Elle est profonde et chaude, la voix qui prononce ces mots, et peut être un brin charmeuse. Il ne cille pas en l’observant, couvant d’un regard appuyé la jeune femme avant de finir par se reculer et relâcher sa main. Le trouble semble la prendre, pour plusieurs raisons, et l’évocation des événements arrivés quelques semaines plus tôt ramène le sourire sur les lèvres de Denys. Oh, essayait-elle de faire oublier à son duc la douceur et la timidité qu’elle avait affiché à son égard ? La peur et la vulnérabilité ? Le respect et presque la peur ? Il lui fera grâce cependant de ne pas aborder le sujet pour l’instant. Il n’avait d’ailleurs guère d’importance à ses yeux.

« Non, rien du tout, si ce n’est une certaine amertume face à cette demoiselle qui nous a faussé compagnie et qui a presque voulu me sacrifier. »

Rancune ? Pas réellement, ce n’était pas le genre de Denys. Cependant, il y a effectivement une pointe acerbe dans sa voix à l’évocation de cette jeune femme, qui avait semblé d’ailleurs entretenir une forme d’inimité à son égard, là où il ne lui avait strictement rien fait. Mais une fois encore, ce sujet avait une importance moindre pour le duc de Lagrance, et le dragon de sa jeune chevaucheuse avait tout à coup plus d’intérêt que ces événements passés qui n’avaient pas apporté grand chose à sa vie.

Il devait reconnaître que c’était une créature magnifique, quand bien même n’était-il pas un adepte des Seigneurs du ciel. Mais ils faisaient la fierté de Faërie et protégeaient le peuple et l’empire depuis des millénaires. Son ton qui résonne dans son esprit est presque trop supérieur, mais n’est pas prompt à offusquer le duc de Lagrance, qui se contente d’afficher un sourire amusé, plus encore face aux répliques de Maelys qui semble souhaiter lui inculquer le respect.

« Je ne le prend pas mal rassurez-vous. Et il est vrai que comparé à lui, je suis relativement petit. » Ce n’était même pas relatif en fait… Denys savait qu’il n’était pas particulièrement grand, mais de ça non plus, il ne s’en vexait pas. Il était du genre à facilement s’adapter à toutes les situations, et plus encore à ses interlocuteurs, fussent-ils des dragons. « Je suis tout aussi enchanté, Mirage du vol d’Emeraude. » Il se fend d’un petit salut à l’intention du partenaire de la jeune femme, amusé de cette situation fort cocasse. Il n’a même pas besoin de répondre, la chevaucheuse s’en charge à sa place, ôtant les mots de la bouche de son duc, lequel se contente à nouveau d’observer, jugeant la colère visiblement montante de Maelys. Il lui plait, ce dragon, à l’enquiquiner de la sorte, sans réellement méchanceté. « Même si j’avais été mage, les gens comme moi ne sont pas fait pour les cieux mais règnent bien sur la terre ferme. » Au delà du ton léger et amusé se perçoit entre les lignes une sincérité froide et vraie. Aux rêves d’un héritier se soustrait le devoir. Avec le pouvoir vient toujours la responsabilité. Et ce qui pourrait sembler être simple aux yeux de tous n’est parfois qu’un fardeau.

« Comme il vous plaira Maelys. » Et d’un geste l’invite à rentrer à l’intérieur, saluant le vieux dragon avant de suivre tranquillement la jeune femme qui a visiblement l’envie de s’esquiver de la présence de son partenaire peut être un peu trop joueur pour ses nerfs. Il ignore si elle y gagne au change avec lui. La marche s’allonge pendant quelques secondes dans le silence, jusqu’à ce que Denys finisse par rompre celui-ci, oubliant la légèreté passée pour aborder des choses plus… sérieuses. « Vous a-t-on dit que ceux qui ont attaqué son Altesse Chimène lors du Tournoi n’étaient autre que des hommes de Gustave de la Rive ? »


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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyDim 22 Jan - 16:30

Il ne comprend rien du tout, oui. Au contraire, il a très bien compris.
Je lève les yeux au ciel, dépitée par leur comportement. Oui, à tous les deux. Et le Duc de Lagrance est bien trop prompt à relever les moindres incohérences de mon discours. En même temps, à quoi devais-je m’attendre, face au roi des vipères ? Toutes mes dérobades me semblaient ridicules, et bien mal amenées. C’aurait été plus simple de faire semblant, sans la trahison de Mirage. Tout de suite les grands mots ! Tu te trahis très bien toute seule.

Je me décompose, alors que son rire se tarit pour une expression plus curieuse et intriguée... J’aurais presque préféré qu’il continue à se moquer de moi, avec ce gros lézard vert. Je grimace un sourire. « Vous savez, les dragons sont très jaloux... » J’entends un grondement dans mon dos, semblable à un rire, qui découvre les crocs de l’Emeraude. « Surtout lui. Et il vous prend pour un rival. » Mirage s’interrompe subitement, orientant son regard fendu vers moi. Tiens ? Humain ou dragon, c’est toujours aussi efficace, dès qu’on s’en prend à leur ego. Lui, un rival ? Il est loin d’être à ma hauteur. J’ai plusieurs centaines d’années d’avance. « Oui mon vénérable serpent, et bientôt tu vas avoir les écailles qui tombent. » Et toi, tu as la langue trop bien pendue. Tu ferais bien d’apprendre à l’utiliser autrement.

L’envie de le frapper à nouveau me prend, mais je me retiens de justesse. Il ne mérite pas une telle attention, et puis... C’était uniquement pour détourner l’attention. Jaloux, Mirage ne l’est pas. Je pense même qu’il a du respect pour le Seigneur du Lierre-Réal, vu qu’il a tendance à me pousser vers lui. Ce n’est pas quelque chose qu’il a l’habitude de faire, en temps normal... Et j’aurais préféré qu’il continue de s’en garder.

Je pouvais continuer de faire ma mauvaise tête, à ces deux-là, mais les excuses de mon Duc arrivent bien vite, ponctuées du coup de museau de Mirage. J’étais susceptible, mais pas au point de me montrer rancunière pour si peu. Et surtout... Il se montrait étrangement prévenant.

Je contiens un mouvement de recul, quand il s’empare de ma main. Elle a beau être comme intacte, je me souviens très bien de l’aspect qu’elle avait ces dernières semaines, et de la peine qui était mienne à chaque fois que les guérisseurs retiraient les pansements pour poursuivre leur œuvre. J’ai vu les os se remettre en place, les tissus se reconstituer... Et j’en conserve encore un profond dégoût, même si je n’ai eu de cesse que d’aller de l’avant, pour m’assurer un prompt rétablissement. Je la laisse à nue, sans doute pour la première fois depuis longtemps. Je crains son jugement, et résiste à l’envie de lui reprendre aussitôt pour la ganter à nouveau. Je parviens à peine à en bouger les doigts, et elle est si raide dans la sienne... Chaude, tout comme ses lèvres qu’il dépose sur ma peau. Je reste figée dans une stupeur muette, de par ces sensations oubliées, de cette acceptation qui me touche bien plus qu’il ne pourrait le croire, de ses yeux si clairs dardés sur moi qui font battre mon cœur un peu plus vite. Je me fends d’un sourire mal assuré en retour. Les mots me manquent subitement, et je me contente d’hocher la tête en signe d’assentiment, alors qu’il reprend un peu de sa réserve pour me laisser à mon trouble.

Charmant. Quoi ? C’est le mot que tu cherchais, non ? J’avais presque réussi à oublier ta présence... J’avais bien remarqué, oui. Je coule un regard équivoque à mon dragon, avant de revenir à celui qui me fait face. Fort heureusement, il évite de commenter notre mésaventure à Lorgol, et ne se fend que d’une remarque sur Mélodie. Ah, oui... Je grimace.

« Elle s’appelle Mélodie. » Inutile de le cacher, n’est-ce pas ? Il n’était pas un idiot, parfaitement capable de comprendre que l’inimité entre nous datait de bien avant ces souterrains. « Nous étions amies, avant que... Enfin, étant plus jeunes, à Lorgol. Je ne saurais dire quels griefs conservaient-elles à votre égard, mais elle ne représentera pas un danger pour vous. Elle est vindicative, mais ce n’est pas une meurtrière. Elle n’a fait que fuir les conséquences de ses propres paroles. » Je ne voulais pas qu’il s’en formalise, ni qu’il me demande davantage à son sujet. Je ne pense pas qu’il le fera, cependant... J’aurais mieux préféré qu’ils ne se rencontrent pas, et que Mélodie ne cherche pas encore à tout gâcher.

Pour le moment, Mirage me causait déjà bien assez de problèmes pour ne pas en rajouter une couche. Je serais bien en mal d’inculquer le moindre respect à un dragon aussi vénérable que lui, mais il aurait pu se passer de prendre de haut mon Duc, ce qui risquait de nous attirer ses foudres. Fort heureusement, il ne s’en formalisait pas. Mirage prend tout de même la peine d’incliner son long cou, vers le Duc, quand il lui adresse des salutations qui semblent à sa mesure. Lui, il est respectueux, pas comme toi. Il penche la tête sur le côté, avec une expression interrogatrice, mais revient bien vite au Seigneur du Lierre-Réal. Sur vos fleurs ? Je crois bien en avoir piétiné quelques unes, la dernière fois. Vous devriez prendre de la hauteur, un jour. Votre royaume a l’air bien différent, depuis les cieux... Vous seriez étonné de le découvrir. Il se fend d’un sourire parfaitement draconique, à dévoiler ses crocs. Le dragon se redresse, ailes déployées, prêt à prendre son envol. Prenez bien soin de ma petite, c’est aussi un devoir que vous devez honorer en juste retour de notre loyauté.

Mes cheveux me fouettent le visage quand ses ailes vert-de-gris claquent dans l’air. Je me retourne, pour le regarder s’envoler, après ces paroles à double-sens qui me laissent pour le moins sceptique. Le vieux dragon préfère nous congédier, plutôt qu’on le fasse. Je lâche un profond soupir, avant de suivre mon Duc à l’intérieur. Nous marchons longuement, dans un silence qui ne me dérange guère, parcourant les couloirs du palais ducal. C’est lui qui le rompe en premier, à évoquer un sujet qui est loin d’être innocent. Il joue, encore, mais bien différemment. « C’est ridicule. Tout porte à croire que Gustave de la Rive est mort. » Je relève la tête vers lui, pour le fixer un temps, à me demander ce qu’il a bien à répondre à cela.
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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyDim 12 Fév - 18:53

Plus que l’embarras, il y a de la perplexité dans le regard de Maelys, mêlée au trouble qu’il s’était plu à éveiller chez elle. S’il y avait eu calcule dans le geste de Denys, les raisons à celui-ci étaient libres d’interprétation. Bien qu’en réalité, il n’y avait eu nuls mensonges dans ses paroles ni tromperie dans son regard. C’était peut être bien cela le plus perturbant, ignorer les motifs de ce charme instauré entre eux, mais qui en réalité n’était pas déplaisant. En tout cas, Denys appréciait de voir ce léger trouble chez la jeune chevaucheuse. Etait-ce étonnant de la part de son Duc cela dit ? Il lui laissait le soin d’en juger et n’ajouta rien, pas plus qu’elle ne fit mot. Au contraire, elle fit visiblement en sorte d’ignorer ce qui venait de se passer et reprendre le fil de la conversation comme si de rien n’était.

Une moue vient fendre ses lèvres de Maelys à la mention de cette jeune fuyarde des souterrains de Lorgol. Difficile d’ignorer les liens qui reliaient entre elles les deux femmes, même si une forte inimité avait été constatée. Et une haine curieuse contre lui aussi, qu’il avait bien du mal à identifier. Oh certes, Denys n’avait pas souvenir de toutes les personnes qu’il avait pu rencontrer, mais celle-ci, cette Mélodie ne faisait clairement pas partie de ses connaissances. Mais bien des personnes détestaient les dirigeants des duchés pour leur noblesse et ce qu’ils considéraient comme une chance donnée dans la vie sans avoir jamais eu à souffrir de la réalité. Quelle stupidité de croire que des personnes de la haute comme lui ignoraient ce qui se tramait dans les profondeurs des bas-fonds. Denys en tout cas ne faisait pas parti de ces nobles là qui se contentaient de rester sur leur piédestal en feignant de ne pas voir ce qui se trouvait sous eux. Bien au contraire, il ne rechignait pas à se lier aux maîtres de la Ville Basse de Lorgol par exemple, toute secrète soit cette vérité.

« Oh je ne la voyais pas comme un quelconque danger. Mais nous n’aurons malheureusement jamais le fin mot de cette histoire dans les souterrains. »

Etait-ce un mal ? C’était après tout des actes de l’Ordre du Jugement et Denys connaissait bien assez celui-ci pour savoir les objectifs suivis par chacune des parties de l’organisme. Depuis longtemps, le duc de Lagrance suivait l’Ordre dans le plus précieux des secrets, partageant certes cette vision de libérer les anciennes magies, mais cachant en son cœur l’affection pour les réelles raisons. La guerre. C’était un bien simple mot et une bien tragique fin en soi. Mais il était complexe de comprendre ce qui se jouait dans l’esprit de Denys vis-à-vis de cet objectif à la limite du barbare.

L’histoire entre cette Mélodie et Maelys n’intéressa que peu Denys, aussi n’insista-t-il pas plus sur le sujet, qui était à ses yeux clos et dénué de bien d’intérêt. Il pouvait voir de toute façon que parler de ça ne convenait que peu à la chevaucheuse, ce qui en soi ne semblait pas difficile à comprendre. Le passé était quelque chose d’à la fois révolu et trop présent, intime ou gênant, et qui souvent demandait à rester secret. Outre le fait qu’il soit son duc et que parler de telle futilité en sa présence était mal venu, il voyait en Maelys une personne qui cherchait non pas à oublier le passé, mais à l’évoquer le moins possible pour le surmonter. De ce qu’il savait d’elle, la jeune femme avait fait un long chemin pour se retrouver à la place qu’elle occupait aujourd’hui. Et s’il n’était pas totalement étranger à une part de la notoriété dont elle bénéficiait maintenant, il devait reconnaître que la ressource dont elle faisait preuve était admirable. Des actes guidés par l’impulsivité qui avaient fait d’elle ce qu’elle était désormais. C’était cela, l’intérêt de Denys pour Maelys. L’instabilité d’un caractère fougueux, mais plus malléable qu’on ne pouvait le croire.

C’est étrange de parler pour la première fois avec un Seigneur du Ciel, relativement ancien d’ailleurs à ce qu’il pouvait constater. Mais la vision d’un dragon restera toujours bien différente de celle des humains, et la réponse qui lui est formulée ne fait qu’hausser un sourcil au duc, sans lui faire perdre son sourire. Que peut-il répondre à la vision d’une créature si différente de lui ?

« S’il n’y avait que les fleurs, ce serait bien simple. Et puis, je n’ai pas d’ailes ni un compagnon à votre mesure qui me permettrait de voir « mon royaume » depuis les cieux. »
Etait-ce une pointe d’envie ? Peut-être jalousait-il pendant une seconde Maelys et les chevaucheurs qui avaient cette liberté de voler au plus haut jusqu’aux nuages. Mais ce n’est qu’un instant passager, qui ne demeure pas à l’esprit du Duc, qui sait apprécier ce dont il dispose. La liberté n’est pas ce qu’il désir. Le pouvoir en revanche… « Rassurez-vous, votre petite Maelys ne craint rien à mes côtés. » Le ton, quoique léger, se veut pour le moins sincère, et il l’est. Au cœur du palais d’Edenia, il y avait bien peu de choses à craindre. Et Denys n’était pas non plus un homme versatile et d’une humeur mauvaise qui pouvaient porter le moindre préjudice à la jeune femme. Aux yeux de beaucoup de personnes, elle avait même bien de la chance de profiter de la compagnie du Duc comme si de rien n’était.

Le dragon s’était envolé, laissant les deux humains qu’ils étaient sur le balcon. Pour autant, ils n’avaient pas prit la peine de s’attarder plus que de raison dehors, entamant une marche silencieuse dans les couloirs jusqu’ici déserts. Le silence qui s’installe n’est pas là sans raison, et Maelys ne semblait pas décidée à le rompre d’une quelconque manière. Peu importait, Denys s’en occupa de son côté, relâchant quelques informations de grandes importances à sa chevaucheuse. Outre un jeu, il espérait surtout percevoir les réactions de la jeune femme, constater de son étonnement ou au contraire l’absence de celui-ci. Rien n’est innocent dans cette petite manœuvre, et au regard fixe que lui renvoi Maelys, il oppose un regard tout aussi déterminé. La réponse, elle, est loin de correspondre à ses attentes. Aussi, il se fend d’un petit sourire, rictus amusé avec une pointe de déception, alors qu’il se soustrait à son regard pour continuer leur route.

« Tout porte à croire vous dites ? Je vous pensais plus maligne que cela Maelys, et je suis déçu. » C’est faux. Ou pas totalement. Le ton en tout cas est d’une taquinerie notable. Il ne laisse cependant pas à la jeune femme le temps de répondre. « Allons, quelles preuves avons nous ma chère ? Un corps ? Il n’a pas été retrouvé. Il n’y a aucun témoin, rien pour nous affirmer qu’il est bien mort. » L’Ordre avait voulu le faire croire. Mais Denys savait bien qu’il était vivant et que rien ne lui était arrivé. « Cela étant, ce n’était peut être pas un mal s'il est de retour. » Mystérieux, Denys, il reporte son regard sur Maelys, sondant sa réaction à nouveau, curieux de ce qu’elle pouvait être susceptible d’exprimer. La donne avait changé depuis que Chimène avait été enlevé et qu’elle s’était ouvertement déclarée contre les Magies Perdues. Ce n’était pas seulement pour cela que Denys lui retirait peu à peu son soutien. En réalité, l’influence de certaines personnes sur l’esprit de la jeune impératrice devenait clairement un problème. Elle n’était plus aussi malléable qu’avant. En ce cas, elle ne servait plus bien les intérêts du Duc. Un simple constat, une réalité qui aurait vite fait d’arriver. « Qu’en pensez-vous vraiment Maelys ? De tout cela, de la situation nouvelle qui se dessine pour Faërie ? »

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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyLun 13 Fév - 22:18

Le fin mot de cette histoire, nous l’avions eu. Encore un coup d’une cellule de l’Ordre, aussi mal inspirée que ceux qui les avaient forcés à nous entretuer dans l’Arène… Décidément, on pouvait critiquer mes manières, mais d’autres étaient capables de bien pire. Je suis bien heureuse qu’il n’insiste pas, quant aux véritables motivations de Mélodie. Je ne saurais lui expliquer pourquoi elle a autant de rancœur en elle, et quelque part, je suis presque soulagée de constater qu’elle n’est pas uniquement dirigée contre moi.

Nous laissons bien vite derrière nous cet épineux sujet pour un autre, et de notre mésaventure dans les bas-fonds de Lorgol, le Duc de Lagrance m’oriente maintenant sur l’enlèvement de Chimène. J’ai la certitude qu’il cherche à me coincer, avec ses sous-entendus et ses interrogations, bien avisé de mon allégeance, autrefois ouvertement affichée, pour Gustave de la Rive. J’aurais peut-être préféré rester entre les griffes de Mirage, finalement, qui a déjà repris son envol après quelques dernières pensées soufflées à mon Duc. « Il vous proposait, d’une certaine façon, de voir votre Royaume depuis les hauteurs. » C’est rare, et notable. Mirage déteste chevaucher avec quelqu’un d’autre, encore moins un néophyte. Je ne pense pas que mon Duc en ait réellement conscience.

Quand mon regard croise le sien, c’est moi qui le détourne en premier, ce qui me fait bêtement enrager, tout comme son petit sourire suffisant et sa remontrance. Je serre les dents, et peine à rester stoïque. Calme-toi. J’essaie. Pourquoi tu t’agaces aussi vite, avec lui ? Je sais pas. Ça me dépasse. Je n’aime pas le décevoir, non, et il en joue certainement, pour me faire sortir de ma réserve. Je n’ai pas à lui révéler mon appartenance à l’Ordre, ni les missions que je peux mener pour eux. Je le laisse donc enchaîner sur ses hypothèses. De toute façon, il ne m’a pas laissé l’occasion de protester.

« Alors, d’après vous, on aurait cherché à le faire disparaître. Nous n’avons pas trouvé la moindre trace de ravisseurs, et rien qui permettrait de remonter sa piste. » Je le sais très bien, puisque j’ai aidé les Chevaucheurs dépêchés sur place pour enquêter. Ils n’ont pas réussi à déterminer exactement ce qui avait bien pu se passer, et encore moins à retrouver les de la Rive… Il m’a fallu un moment aussi, pour remettre la main sur Gustave, que nous puissions régler nos comptes.

J’hausse un sourcil perplexe, quand il finit de me tourmenter, pour conclure que… Il voudrait son retour ? Vraiment ? « Je pensais que vous souteniez Chimène. » Aurait-il changé d’avis ? Avec lui, rien d’impossible. Il m’avait toujours paru suivre le vent le plus favorable, pour ne servir finalement que ses propres intérêts. « A moins que ses nouvelles positions quelque peu radicales ne vous chagrinent ? » Cet enlèvement avait lamentablement échoué à la faire céder, mais au moins, il avait révélé à la face de Faërie la véritable nature de son Impératrice… Et celle-là était déjà moins pour me déplaire, mais je me savais diverger d’opinions avec mon Duc quant au traitement réservé aux Mages du Sang. C’étaient des nuisibles, rien de plus. Je ne suivais pas l’Ordre pour leur permettre de regagner leur place, mais pour qu’ils assurent la sienne à Gustave de la Rive, un vrai dirigeant. Il aurait la poigne suffisante pour faire prospérer Faërie, j’en étais persuadée.

Je lui lance un regard de biais, quand il me pose finalement directement la question. « Vous connaissez mes opinions politiques. Il ne me semble pas m’en être caché, puisque vous m’avez même demandé d’être plus discrète à l’avenir. » Oh j’avais été discrète oui, mais je n’en avais pas moins agi dans l’ombre sans jamais trahir ce en quoi je croyais. Pouvait-il en dire autant ? Et en quoi croyait-il vraiment, hormis lui-même ? « Chimène est toujours une incapable, même si elle a ouvert les yeux sur les dérives des mages du Sang. Elle s’est radicalisée dans sa pensée, sans doute parce qu’elle craint la mort… Je crois toujours qu’elle n’est pas apte à gouverner, et que Gustave de la Rive l’aurait été bien davantage. » Je lui livre ma pensée, sans ambages. Je tais mes actes, ma responsabilité… Mais pas mes convictions, qui n’ont pas changé depuis l’Ordalie de Diamant. « Et vous ? Ça doit vous travailler, pour que vous en parliez même avec moi. »

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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyLun 10 Avr - 17:44

Chevaucher un dragon ? Il jalousait peut être un peu ceux qui avaient cette chance de s’envoler au plus haut des cieux, mais il n’avait pas songé que le dragon d’émeraude lui aurait fait une telle proposition à demi mot. En général, dragons et chevaucheurs étaient bien trop liés pour accepter si facilement à d’autres de partager ce plaisir avec un partenaire différent. Alors derrière la surprise, marquée l’espace d’une seconde dans son regard se dessine presque un semblant de gratitude.

« Alors vous le remercierez pour moi, c’est une proposition que j’apprécie. »

L’acceptait-il pour autant ? Il ne le confirma d’aucune façon, laissant planer le doute comme il savait si bien le faire dans le murmure de ses paroles. Il préféra se pencher sur d’autres sujets, même si la proposition resterait sans doute dans son esprit à se mélanger aux milles autres idées qui le peuplait.

Il se doutait bien, Denys, que Maelys n’était pas si difficile à faire sortir de ses gonds, mais il était peu être un peu surpris de la voir se braquer face aux quelques mots qu’il avait égarés avec taquinerie. Qu’elle se méfie, la jeune chevaucheuse, laisser paraître si facilement sa colère et l’ouverture touchant son égo était donner une chance au duc de Lagrance d’y pénétrer tel un serpent au venin fulgurant. S’il estimait ne pas la connaître encore bien, chaque parole échangée avec Maelys donnait l’impression à Denys de mieux percevoir les contours de sa personnalité, d’en apprécier la fougue ou d’en déprécier la violence. Il était difficile pour lui de définir clairement la place de cette demoiselle sur l’échiquier qu’il créait pour lui et ses plans. Un pion d’abord, songeait-il, manipulable et malléable. Mais c’était trop peu pour une pièce aussi particulière que la chevaucheuse. Plus qu’un pion, un fou qui sait surprendre, qui n’est pas toujours là où on l’attend de lui, mais qui sert de la bonne façon. Car s’il savait, Denys, que Maelys ne serait pas si simple à contrôler, il voyait en elle une forme de loyauté puissante. Pour lui ou pour un autre, il ne savait pas encore tout à fait. Mais peu à peu, il saurait creuser dans ce qu’elle ne dit pas pour le percevoir et l’exploiter. Et qui sait, ce qui servirait à ses desseins servirait peut être aussi aux ambitions de la jeune femme ? Toute utilisation n’était pas uniquement favorable à une seule partie.

« A le faire disparaître, ou à l’aider à disparaître. Cacher des évidences et des preuves n’est certainement pas difficile pour qui sait falsifier les choses. Et après tout, il n’est sans doute pas arrivé au couronnement de l’Impératrice sans des alliés pour le soutenir. »

C’était là l’évidence même. Et si cela ne semblait sonner que comme une supposition dans la bouche du duc, c’était autrement plus qu’une idée en l’air. Il savait la vérité, lui aussi, sur le véritable devenir de Gustave de la Rive. Et plus encore ses plans organisés dernièrement lors du Tournoi des Trois Opales. S’il ne l’avait pas soutenu une fois encore en favorisant la recherche de Chimène, il ne l’avait pour autant pas empêché de mettre à exécution ses manœuvres. L’échec de Gustave lors du Tournoi et de son fait seul, la prochaine néanmoins serait peut être la bonne. Car effectivement, Denys commençait doucement à changer d’avis. Un esprit qui se débat, qui n’obéit plus et qui se braque ne l’intéresse pas s’il doit y perdre trop de temps et d’énergie. C’était exactement ce que Chimène était en train de devenir… une pièce inutile.

« Oh je suis loin d’être chagriné par les décisions de l’Impératrice, rassurez-vous. Mais il est certain que nous divergeons un peu trop sur certains points. »

Soutenait-il alors toujours Chimène ? Il n’avait point répondu à la question sous entendu de la chevaucheuse, et la laissa continuer vis-à-vis de celle qu’il lui avait posé en retour, quémandant son avis sur cette situation. Un regard extérieur était toujours bon à prendre, surtout chez une partisane de Gustave de la Rive, quand bien même l’avait-elle cru mort jusqu’ici.

« En effet. » Approuve-t-il aux premiers mots de la jeune femme, écoutant la suite avec intérêt, son regard bleu observant avec une certaine insistance la chevaucheuse, comme pour essayer de lire ce que ses yeux diraient ou ce que ses lèvres ne diraient pas. Au fond, rien qui ne le surprend, et rien à tirer de ce qui se murmure entre les lignes. Est-il à nouveau déçu ? Si c’est le cas, il n’en montre rien, et ne répond que d’un sourire fort amusé à la vindicte de Maelys à l’encontre de Chimène. Un avis qu’il tend à partager avec le temps. Un temps longuement laissé à l’Impératrice, qu’elle n’avait su saisir pour grandir et évoluer comme il le fallait. Tant pis pour elle, il était certainement l’heure de passer à autre chose. « Tout me travaille Maelys, vous savez. Je ne cesse de penser. » Il rit, de cet esprit qui est le sien, si rarement endormi. « Mais ne vous sous estimez pas, vous êtes une personne rafraichissante dont l’esprit n’est pas comme celui des fils et filles de Lagrance. J’aime votre vivacité et la teneur de vos propos, sincères et directs. » Ce qui sonnait là comme un compliment en était réellement un, pas même enrobé dans de doucereux mots pour l’amadouer. « Vous avez dit tout à l’heure que vous me pensiez du côté de l’impératrice Chimène. En réalité, c’est à Faërie qui j’offre vraiment mon soutien. » Et certainement bien plus à Lagrance qu’autre chose, pour soutenir ses propres ambitions. Mais ça, il n’en ferait point mot. « Plus le temps avance et plus il m’apparaît que Chimène change, et point d’une façon satisfaisante. A mes yeux du moins. Ce que je crains, c’est que Faërie pâtisse de sa peur nouvelle et de ses décisions hâtives, brusques. Il est certain qu’une attitude comme la sienne ne pourra pas maintenir éternellement la paix que nous nous escrimons à maintenir avec Ibélène. Voilà ce qui me travaille, Maelys. » Douce vérité cette fois pourvue de bien des mensonges. Rien qui ne puisse porter préjudices au duc, qui n’exprime que des craintes et des doutes, mais des réalités qui ne sont peut être pas toute bonnes à prendre. Pour qui savait en tout cas déceler le mensonge dans le ton si sincère de Denys. Une sincérité de lagran.


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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyDim 7 Mai - 23:05

« Je ne me suis pas montrée négligente, mon Duc. » Je le fixe longuement, mon regard sombre ancré dans le sien, plus clair. Qu’il fasse lui-même ses conclusions, à se demander si je ne suis qu’une petite Chevaucheuse ignorante qui s’offusque que l’on juge son travail mal réalisé... Ou si j’ai délibérément aidé à effacer les dites preuves. Je crois qu’il sait déjà à quoi s’en tenir, que Gustave de la Rive est en vie, et qu’il prépare son prochain coup. Tout comme lui, non ? Ce sont tous deux de belles vipères, qui savent parfaitement comment les choses doivent se passer, contrairement à Chimène. Loin de déprécier leurs méthodes, assez semblables, je les respecte justement tous les deux pour cette raison. Ils savent comment parvenir à leurs fins, et sont prêts à beaucoup de sacrifices pour ce faire.

J’en ai assez, des faux-semblants. Je suis quasiment certaine de ne pas pouvoir le battre à ce jeu-là, et pourquoi feindre encore l’évidence même ? Je lui avais fait comprendre que j’avais finalement bien appris de lui, à le surveiller constamment, dans ces jeux politiques... Et là où il ne semblait que suggérer, s’étendre à quelques positions, se cachait un fragment de vérité. J’étais persuadée qu’il savait très bien où il voulait en venir, contrairement à ce qu’il affichait, comme toujours. Denys du Lierre-Réal passait un temps considérable à jauger, à estimer la valeur de chaque chose... Comme autant de variétés de fleurs, avec leurs particularités propres. Je m’étais souvent demandé pourquoi il avait une telle passion pour quelque chose d’aussi fragile. Beau, mais fragile.

Mais il ne les aimait peut-être pas toutes, finalement. Son discours avait changé, vis-à-vis de Chimène de Faërie. Lui qui m’avait sermonné pour ma conduite, mon manque cruel de discrétion... N’avait-il pas finalement voulu depuis le début que j’agisse ainsi ? Je suppose que les récentes prises de décision de l’Impératrice ne lui plaisaient pas tellement. Elle se débattait, dans le carcan de ses obligations, et j’appréciais assez l’entrain qu’elle mettait à faire cliqueter ses chaînes, mais cela ne changerait pas son devenir. J’avais confiance en Gustave de la Rive, qui ferait un bon empereur. Nous avions échoué, au Tournoi des Trois Opales, mais cet événement avait permis de révéler le vrai visage de l’Impératrice... La prochaine serait la bonne.

Je penche la tête, avec une moue interrogatrice, alors qu’il me confie que ses pensées le travaillent constamment. « Vous ne devez pas souvent dormir. » Je ne lui envie pas, d’avoir un esprit constamment en éveil. « Vous devriez peut-être vous entraîner plus souvent, c’est utile pour se vider l’esprit. » Oh... Ou il s’entraînait plutôt au lit, pour ce faire. J’ai un bref sourire, à cette simple pensée, mais ne fait pas d’autres remarques. Surtout qu’il est encore... Gentil, étrangement. Je ne suis pas totalement sincère avec lui. Je me méfie encore, même s’il n’a toujours pas fait mine de se servir de mes faiblesses contre moi. Il a eu le temps d’en apprécier plus d’une, pourtant, au travers de nos nombreux déboires. J’ai l’impression qu’il n’est jamais loin, quand quelque chose se produit, pris aussi dans la tourmente... Mais qu’il en ressort toujours intact, lui.

« Je peux être pleinement sincère, si vous le préférez. Je ne pense pas que c’est à Faërie que vous offrez votre soutien, mais uniquement à vous-même, et donc à Lagrance. Je ne pense pas non plus que la paix vous importe, tant que Lagrance est épargnée, car si tout se déchire ailleurs... Les vrais vainqueurs sont ceux qui en ressortent indemnes. »

Je marque un silence, à le scruter longuement. « J’ai l’impression que vous cherchez à jauger ma loyauté. » Je lève ma main bandée, devant mon visage. « Vous m’avez envoyé à la mort, à ce Tournoi, mais vous aviez placé des espoirs en moi. Je les ai satisfait. Je vous ai rapporté la seule Opale de toute Faërie, pour vous prouver que mon allégeance allait à Lagrance avant Gustave de la Rive, malgré mon intervention inopinée à l’Ordalie de Diamant. J’aurais pu finir mutilée, inapte au combat et au vol, ma vie brisée. Vous m’avez rendu mes pleines facultés. Je ne pourrais pas l’oublier. » Je la laisse retomber le long de mon corps. « J’espère que le résultat vous satisfait. »
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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptySam 10 Juin - 22:10

« Je n’ai jamais prétendu le contraire. »

Ce n’était pas la négligence qui avait offert à Gustave de la Rive l’occasion de disparaître et laisser supposer sa mort, mais bien un acte délibéré. Néanmoins, en aucune façon Denys avait laissé sous entendre clairement que Maelys était liée à cette affaire. Ce n’était qu’une supposition qu’il envisageait à juste titre. Et si elle se sentait concernée, c’était certainement pour une raison qui n’était pas anodine. Mais jusqu’ici, cette affaire n’était évoquée que sous le couvert d’une discussion pour le moins normale, en apparence. Il devait reconnaître cependant que, d’une certaine façon, la jeune femme commençait à comprendre les manœuvres de son duc et une part de son cheminement de pensée. C’était pour le moins intéressant. Il avait laissé beaucoup de choses en suspens au cours de cette conversation, des taquineries et indices échappés sciemment, que Maelys avait visiblement su saisir à son échelle. Y avait-il alors de quoi lui en vouloir d’être méfiante ? Au contraire, c’était la preuve qu’elle savait où elle était et face à qui elle se trouvait. La confiance n’était pas une chose facile à confier.

Il acquiesce, à la remarque sur son sommeil, n’y voyant pas grand chose à rajouter tant c’était là une vérité. Il ne pouvait se targuer, Denys, d’être béni des dieux des rêves et du sommeil. Ce n’était au fond pas si handicapant que ça, peut-être juste un peu fatiguant. Il se fend d’un sourire néanmoins face aux paroles qui suivent, amusé à l’idée de s'entraîner. « C’est un sage conseil. » Le suivrait-il ? Ses pensées n’avaient pas dérivées comme celles de Maelys Maelys sur quelques idées un peu étranges, mais il capta le sourire discret au coin de ses lèvres.

L’instant fugace et léger s’éclipsa cependant pour revenir à quelque chose de plus sérieux alors qu’il évoquait ses allégeances et ce qu’il pensait des actes de Chimène. Il aurait été mentir que de prétendre ne pas être intéressé par l’avis de Maelys. Plus encore lorsqu’elle se targuait d’être sincère. Il se doutait bien que ce n’était pas toujours le cas. Mais puisqu’elle le prétendait en l’instant, son attention fut plus captée que jamais. Les mots sont assez justes et il ne peut se sentir vexé ou blessé qu’elle ait touché la bonne cible. Si rien ne paraît sur son visage, ses yeux scrutent avec silence la jeune femme, jusqu’à ce que le silence vienne une seconde prendre place entre eux. Les regards s’accrochent et un simple murmure traverse les lèvres du duc.

« Continuez. »

Et elle continue, la chevaucheuse, de cette même justesse. Mais ce n’est plus de lui qu’il est question, ce qui n’est pas plus mal. C’est d’elle qu’elle parle, de ses convictions et de sa loyauté. L’avait-il remise en cause, cette loyauté ? Il n’en avait pas l’impression, mais ne fit pas le moindre commentaire à ce sujet et observa seulement la jeune femme ainsi que cette main levée devant son visage, encore blessée. Un instant, ce regard déterminé le ferait presque frissonner. Se sent-il coupable ou se sent-il flatté de cette déclaration, il ne saurait trop le dire. A l’écouter, il semblait ne l’avoir considéré que comme un pion, un jouet que l’on pouvait jeter sans conséquences. De cette constatation, il serait presque vexé et sans le vouloir, son regard se fait, l’espace d’une fraction de seconde, plus dur et plus sévère. Mais ça ne dur pas assez longtemps pour marquer son orgueil et bien vite, ses yeux s’adoucissent, accompagné d’une voix toujours très calme.

« Vous pensez que j’avais prévu tout ce qui se passerait, Maelys ? » Etait-ce faux ? N’avait-il pas songé à nombre de possibilité pour contraindre ou convaincre un élément aussi imprévisible que la jeune femme ? Difficile d’en juger. Et ce n’était pas tant la fidélité de la Chevaucheuse qu’il jugeait que le caractère de celle-ci et son imprévisibilité. De cela cependant, il ne pouvait en parler. Il laisse échapper un soupir. « Je n’avais pas pour but de remettre en doute votre loyauté, je suis juste un homme prudent. Vous renouvelez en cet instant votre attachement à Lagrance et j’en suis satisfait, oui. Mais permettez que je renouvèle aussi une chose que je vous ai dit lors du Tournoi : Je suis fier de vous. Au delà des attentes que j’espérais, vous avez fait la fierté de Lagrance et ma fierté. » Puisqu’ils en étaient à faire preuve de sincérité, n’était-ce pas un juste retour des choses que retourner la vérité ? Mais quelle était-elle réellement… ? « Il était normal de vous rendre les ailes que j’ai contribué à abimer, même indirectement. » Ils étaient quittes là dessus, même s’il n’avait jamais été question de marchandage et de paiement. C’était plutôt de la gratitude pour un acte loyalement exécuté. Car il pouvait être manipulateur et un froid calculateur qu’il n’en était pas moins prêt à récompenser.


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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyVen 23 Juin - 16:24

J’ai réussi à capter son attention, dirait-on, vu le silence qui s’étire après mes affirmations. Si son expression reste de marbre, mon Duc me donne l’impression d’avoir viser juste, quand il m’invite à poursuivre mon raisonnement. Peut-être aurait-il préféré que je continue de parler de lui, car même sans flatter son ego, je constate que sa curiosité l’emporte rapidement quand il en est question. Une faille ? Rien n'est moins sûr. Je sens Mirage attentif, juste sous la surface, même s’il se garde de se prononcer. Le regard est sévère, l’espace d’un instant, avant de retrouver cette expression plus empruntée. J’aurais préféré qu’il le conserve encore quelques instants, comme une fissure dans ce masque toujours bien ajusté. Il ne me donne que davantage envie de le bousculer, pour le pousser dans ses retranchements. Suis-je vraiment capable de menacer l’édifice de ses pensées ? Je ne le pense pas. Je ne suis pas assez importante pour cela. Ce n’est rien plus que des remous qui troublent cette surface si limpide en temps normal.

« Je pense que vous connaissiez les risques, et que vous étiez prêt à les assumer, puisque ce n’était pas à vous de les prendre directement, mais à moi. C’était un pari… Qui s’est révélé fructueux, apparemment. » Au-delà de ses attentes, même, vient-il de dire. Je n’arrive pas à me satisfaire de ces paroles, de cette fierté qu’il semble dégager. Et pourtant, n’a-t-il pas lui-même dépassé mes attentes ? Il s’est montré plein de sollicitudes, soucieux de mon devenir, et s’est assuré que je ne manque de rien, que je puisse me remettre d’aplomb. C’était une forme de reconnaissance. Je me souviens même vaguement de ses bras refermés sur moi, quand j’étais trop faible pour ne serait-ce que marcher, à l’issue de la première épreuve du Tournoi des Trois Opales. Ca m’a semblé plus vrai qu’aucune parole qu’il aurait pu prononcer. J’ai l’impression de devoir gratter une multitude de couches pour discerner un fond de vérité. La connait-il lui-même, à force de se perdre dans ses cajoleries ? « Je n’arrive pas à déterminer si vous vous souciez des autres, même sans le savoir. » Je serre mes bras autour de mon ventre, le regard perdu ailleurs alors que je ralentis le pas, jusqu’à stopper ma marche. « Mais je crois que vous êtes plus spontané que vous ne le pensez, et c’est appréciable quand vous l’êtes… Vous n’aviez pas de raison précise de venir me voir, il me semble. » Je lui rends un mince sourire, à le détailler longuement. Je ne devrais pas le tourmenter davantage, ni tenter de franchir cette barrière invisible. Il est mon Duc, et tout comme avec mon Capitaine, la hiérarchie doit primer sur les sentiments propres non ? « Je ne vais pas vous monopoliser davantage. Je ne doute pas que la Duchesse doit vous attendre. » C’était étrange, oui, de le voir se détourner d’elle pour venir me voir. Je reste à le fixer, incertaine de la marche à suivre, comme souvent en sa présence. Et je ne crois pas qu’un jour je serais vraiment fixée.
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Message Sujet: Re: Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache   Ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache EmptyMar 4 Juil - 11:19

« En effet. »

Il y a, chez Maelys, une justesse de mot qui ne cesse de l’étonner. Des coups portés pour effleurer une surface sans doute bien trop solide, mais qui laisse malgré tout échapper quelques vérités. Plus qu’il ne le voudrait, elle parvient à ébranler ne serait-ce qu’un peu la fermeté de son esprit, et sans y distiller le doute, il y avait quelque chose qui se créait. Était-il si simple à lire, à percevoir ? Ou au contraire, était-il si compliqué que la jeune femme ne cherchait qu’une chose : percer ce mystère ? Il ne saurait encore le dire, car s’il parvient lui même à dessiner les contours de la personnalité de Maelys, il reste encore bien des choses à ajouter. Il savait que ce n’était pas en une seule rencontre, face à face, qu’il saurait esquisser le portrait de la chevaucheuse. Cette fois était suffisante néanmoins et il ne pouvait prétendre à une victoire totale sur elle. Car insidieusement, peut-être parce qu’il ne s’était pas assez méfié, il avait laissé entrevoir assez de ce qui se cachait sous le masque. Pas grand chose, certes, mais suffisamment pour que ça le gêne et le fasse reculer. Si nul geste n’est esquissé en ce sens, il tient à replacer entre eux cette barrière qu’il avait sans doute franchit par orgueil. S’il n’y a pas tant de froideur dans son ton, il y a plus de distance dans les mots et dans le sourire qu’il offre à la jeune femme.

Était-il vraiment spontané comme le sous entendait Maelys ? Bêtement, il avait du mal à le croire, lui qui avait depuis si longtemps perdu les manières d’agir naturellement pour user de calcul à chacun de ses pas. Oh certainement avait-il déjà laissé son corps et son esprit agir de la sorte, face à l’inattendu, mais il était si rare qu’il agisse sous le coup de l’émotion et des sentiments. En vérité, il avait même horreur de se sentir dépassé par autre chose que des pensées qu’il était capable de contrôler. Il n’y avait rien de plus détestable que de ne pas pouvoir tenir les fils de sa propre existence. Fort de cette pensée, il ne comprenait pas alors pourquoi ces simples mots, si peu proches de ce qu’il croyait être, étaient capables de le surprendre et… de le toucher ? Ne serait-ce que de manière infime, les paroles faisaient échos en lui, peut-être par le souvenir de ce qu’autrefois il était, quelqu’un de moins froidement calculateur, qui avait laissé les sentiments le guider. Autrefois oui. Il y a bien longtemps en vérité.

« Non c’est vrai, je n’avais pas de raison particulière. » Ou aucune que vous avez pu déceler, murmurait son propre esprit. Une pensée qu’il tût en accordant un autre sourire, plus distant. « Je ne crois pas être égoïste et froid à ce point pour ne pas me soucier un tant soit peu des autres. Mais si vous en doutez, j’espère que le temps finira par vous laisser en juger autrement. » Pourtant, il ne pouvait nier, toute silencieuse soit cette pensée, que sa propre personne comptait bien plus que celle des autres. Bien avant l’inquiétude qu’il pouvait avoir pour ceux qui comptaient pour lui, hélas.

« Vous avez raison. Quant-à moi, je vais vous laisser vous reposer. » Acquiesça-t-il à la remarque de Maelys, mettant fin à cette entrevue qui avait été à la fois fructueuse et étrange. Dans ce petit jeu, Denys n’était même pas certain d’avoir pleinement emporté la victoire. Il aurait pu en prendre ombrage, mais n'ajoute ni ne laisse rien paraître. Un dernier sourire et il prit congé de la jeune femme. Une pièce bien importante sur son plateau, plus précieuse qu’elle ne le croyait et que lui même ne le pensait.

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