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 De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine

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Message Sujet: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMar 18 Oct - 16:07




Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Liselotte Passefil ♦ Faustine de la Fugue

De fil en aiguille

De point en contrepoint




• Date : 17 octobre 1001
• Météo : Il est dix heures du matin, le soleil est clair mais il fait bien frais en Lagrance.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé :
• Recensement :
Code:
• [b]17 octobre :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1378-de-fil-en-aiguille-liselotte-faustine]De fil en aiguille[/url] - [i]Liselotte & Faustine[/i]
Marjolaine a embauché Liselotte pour tailler de nouveaux vêtements à Faustine ; mais le sens de la mode diffère considérablement de Sombreciel à Outrevent.



Dernière édition par Faustine de la Fugue le Mar 18 Oct - 22:56, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMar 18 Oct - 16:10

Sagement posé sur les rocailles de son bassin personnel, Eriath l’observe aller et venir, serein et détendu. Le gazouillis de l’eau qui ruisselle sur les pierres est apaisant, mais sa nervosité est tout de même trop intense : Faustine va et vient, incessamment, dans la chambre qui est la sienne au palais ducal d’Edenia. Chambre assez grande, de par sa faveur auprès de la duchesse, dotée d’un filet d’eau qui chante entre les galets lisses polis par le temps – le mage de l’Hiver qui a installé cette petite merveille après l’arrivée d’Eriath dans la vie de sa mage a été chaudement remercié pour l’excellence de son travail. D’ordinaire, la placidité tranquille de la tortue, sa personnalité pleine de bonhomie et de nonchalance suffisent à canaliser sa mage ; mais aujourd’hui, Faustine se trouve en difficulté.

Marjolaine du Lierre-Réal, sa duchesse souveraine et meilleure amie, a engagé une couturière pour lui faire réaliser d’élégantes tenues de Cour, et notamment une robe de bal pour les grandes occasions.
Une couturière cielsombroise.

Il n’en faut pas plus pour nouer en pelote étroite les nerfs pudiques de la petite Outreventoise timide. Elle a beau se dire que son amie ne l’enverrait jamais paraître en public à demi-nue, elle reste angoissée tout de même : la réputation des enfants de Mirta n’est plus à faire, et Faustine reste trop pétrie de la modestie du Noroît pour envisager l’une de ces tenues légères dont s’affublent les maîtresses du duc. Elle ne veut pas faire honte à sa duchesse toutefois : alors, si pour paraître à ses côtés une nouvelle robe est exigée, la ménestrelle s’y pliera. Marjolaine a même promis des gants assortis, alors… Alors, bon. Courage.

Les ondes rassurantes d’Eriath rassérènent un peu sa mage qui fait les cent pas dans la pièce – jusqu’à ce que quelques coups secs contre le battant de la porte ne la fassent sursauter. Nerveusement, elle agrippe le haut col de sa robe, tire dessus un instant pour inspirer un grand coup. C’est une couturière renommée que Marjolaine a engagée : à Lorgol, la Halle des Tisserands bruisse de sa réputation, et elle a écrit à Ibelin pour la mander à la Cour, contre une généreuse rétribution. La voilà qui arrive à présent ; on l’a sûrement emmenée saluer la duchesse à son arrivée du portail depuis la capitale ibéenne, et c’est d’une voix tendue que Faustine invite l’ouvrière à entrer.

C’est presque une invasion : au milieu d’un océan de nuanciers contenant une multitude de coupons de toutes les couleurs, transportés par des serviteurs zélés, une jeune femme à l’air vif fait son entrée comme en pays conquis, et Faustine se recroqueville instinctivement contre le mur, se tassant inconsciemment le dos contre la paroi. L’amusement discret d’Eriath la mortifie quelque peu. D’un sourire un peu crispé, elle remercie les serviteurs qui s’éclipsent ; et une fois seule avec le démon en jupons venu tout droit des contrées du péché, elle s’incline poliment. « Bienvenue, dame Passefil. Je suis Faustine de la Fugue. »

Elle connaît son nom, bien sûr : elle est là pour elle, après tout. S’assénant une claque mentale, et luttant contre la rougeur embarrassée qui envahit ses joues, elle lisse nerveusement les pans de ses jupes blanches.

A quelle sauce va-t-elle être mangée... ?
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Liselotte Passefil
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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyJeu 20 Oct - 21:23

Quelle bonne surprise lorsqu'on lui a appris que la duchesse de Lagrance elle-même demandait ses services à Edenia ! Non pas pour sa propre personne, certes, mais pour une de ses dames de compagnie et la perspective la met en joie. Le duché fleuri possède une finesse et une élégance que Liselotte apprécie depuis toujours. Leur raffinement exquis est un plaisir pour les yeux et la richesse de leurs étoffes l'est tout autant. Quelle aubaine que de se voir confier une telle mission et quelle opportunité d'étendre enfin son travail en Faërie ! Elle devra songer à remercier Castiel de l'avoir présentée à Denys du Lierre-Réal, un remerciement dans les règles de l'art, bien entendu. Une rencontre tout à fait exaltante et il lui tarde de revoir le duc dont les manières lui sont plus que plaisantes. La couturière se demande un instant si sa femme a eu vent de leur petite entrevue, connaissant la réputation sulfureuse de son époux, puis elle décide qu'il est plus sage de ne pas en faire mention lorsqu'elle la verra.

À son arrivée au palais, le temps lui semble doux après les températures d'Ibelin. Liselotte est escortée dans les couloirs à la décoration délicate, raffinée, observant avec attention ces lieux qui lui sont encore inconnus. Son pas léger la mène jusqu'à la duchesse avec qui elle passe de nombreuses minutes, discutant allègrement en sa compagnie, se renseignant ainsi sur la jeune femme qui a besoin de ses services. Son intérêt s'éveille à la mention de ses origines outreventoises, puisqu'elle n'a pas – ou peu – l'occasion d'habiller ces femmes du duché de l'honneur qui accordent certainement autant d'importance à leur apparence que les chèvres qu'elles élèvent. Qu'à cela ne tienne, le défi n'en sera que plus intéressant – et amusant.

Liselotte fausse compagnie à la douce duchesse lagrane et suit les nombreux domestiques chargés de transporter son matériel. Car elle n'est pas venue les mains vides, ça non, la petite couturière appliquée. Son esprit fourmille d'idées diverses et il lui tarde d'apercevoir la ménestrelle afin de se faire une idée de ce qui lui est possible. Autant dire qu'elle n'est pas déçue. À peine la porte s'est elle ouverte qu'elle entre dans la pièce avec entrain, un grand sourire aux lèvres et le regard vif. Immédiatement, ses yeux se posent sur la jeune femme et, si elle déplore le tas de tissu informe qui lui sert de robe, elle est agréablement surprise par la vision de sa cliente du jour. Cliente restée relativement en retrait, visiblement mal à l'aise, faisant naître un éclair de malice dans les yeux de la Cielsombroise. Oh, comme elle va s'amuser.

Les serviteurs se retirent enfin et Liselotte la voit s'approcher de façon bien solennelle. « Bienvenue, dame Passefil. Je suis Faustine de la Fugue. » La couturière, débarrassée de son voile depuis son arrivée, lui adresse un sourire chaleureux et s'incline à son tour, préservant ainsi les apparences et toute distinction inhérente à sa fonction. Néanmoins, sur ses traits se dessine une aura espiègle qu'elle ne cherche pas à dissimuler. « Enchantée, dame de la Fugue. Je suis absolument ravie de faire votre connaissance. » Charmante demoiselle, sans aucun doute, dont les yeux cerclés de rouge ne la gênent aucunement, aux traits doux, au maintien digne. Une femme très belle donc, qu'elle aura à coeur de sublimer.

« Si vous le voulez bien, nous allons directement entrer dans le vif du sujet. Déshabillez-vous que je puisse prendre vos mesures. » dit-elle d'un ton parfaitement mesurée, visiblement sérieuse. Mais un instant plus tard, elle laisse échapper un rire léger, très bref. « Je plaisante voyons, n'ayez crainte. Venez donc, approchez, je ne vais pas vous manger. » Ce n'est pas l'envie qui lui manque ; elle semble tout à fait exquise, mais ce n'est certainement pas le moment pour une telle discussion. Alors Liselotte ouvre une petite mallette qui contient son matériel, dont un mètre ruban dont elle s'empare sans tarder. Tout en s'approchant de la ménestrelle, elle lui demande : « Avant de commencer, avez-vous des attentes particulières ? C'est votre duchesse qui m'a mandatée mais vous restez ma cliente et j'ai à cœur de vous satisfaire, croyez-le bien. » Un petit sourire innocent suit ses paroles et elle déroule le mètre ruban.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyJeu 24 Nov - 19:52

Elle s’effarouche, la damoiselle de la Fugue, sous le regard évaluateur et un brin malicieux de la couturière. Marjolaine pourquoi, pourquoi avoir engagé une Cielsombroise ? A Lorgol, quantité d’artisans outreventois auraient été ravis de mettre leurs aiguilles au service de la couronne lagrane, et l’inconfort aurait été bien moindre. Elle est en pleine détresse, la petite ménestrelle ; un peu paniquée, quelque peu gênée, et très, vraiment très mal à l’aise. La rougeur qui s’installe sur ses joues en est un signe incontestable, et sous les amples manches de sa tenue ses doigts gantés tremblent un peu, accrochés aux plis du tissu épais dont est bâtie sa tenue.

Un instant, elle reste interdite, et sa bouche s’arrondit en un Ô silencieux, tout autant surpris que choqué. Levor la protège – se déshabiller ? Le petit rire que la créature démoniaque en jupons émet ensuite ne la rassure pas vraiment. Après tout, l’araignée aussi fait les yeux doux à la mouche avant de la dévorer, n’est-ce pas ? Nerveusement, Faustine rajuste le haut de son corsage, d’un geste crispé, cramponnant à pleine main l’étoffe sobre comme pour mieux la retenir contre son buste consciencieusement harnaché de mille et une épaisseurs de chemise, corset, blouse et autres couches successives. Avec grande méfiance, elle observe la Cielsombroise ouvrir sa mallette – que va-t-elle en sortir, comme instruments impies et accessoires scandaleux ? Marjolaine, pourquoi infliger ça à ta confidente ? Les larmes montent aux yeux de la ménestrelle, qui se demande avec ferveur ce qu’elle a bien pu faire pour mériter une telle punition. Pourquoi, pourquoi, pourquoi moi ?

Pétrifiée, elle bat des paupières plusieurs fois, sans quitter des yeux les mains visiblement agiles de la demoiselle Passefil. Une pointe de jalousie, fugitivement, traverse ses pensées : Liselotte a de bien jolis doigts, fins et adroits ; quand les siens, dissimulés sous les gants qu’elle ne quitte presque jamais, sont tordus et déviés, comme des griffes crochues dont elle a terriblement honte, et qu’elle n’ose pas montrer tant ils représentent de honte et d’opprobre. Un soupir d’envie lui échappe, involontaire, et lorsqu’elle relève les yeux vers le sourire innocent de sa visiteuse, elle hésite un moment, tentant de comprendre ce qu’elle vient de lui dire. Elle a vécu trop longtemps parmi les libertés de la cour lagrane pour ne pas savoir ce que les sous-entendus sont parfois capables d’exprimer…

Timidement, elle noue ses mains l’une à l’autre, sous le ruban de brocart qui ceinture sa taille, les joues rosies et l’amusement silencieux d’Eriath parasitant ses pensées. « Je… Je ne veux pas de v-vêtements qui me d-d-donneraient en spectacle. Pas comme les autres dames de la cour. Je ne v-veux pas m’exhiber, comprenez-vous, dame P-Passefil ? Je veux rester humble, et modeste. Elégante s’il le faut, si ma d-duchesse l’ordonne ; mais d-décente. » Nerveusement, elle rentre les mains dans ses manches à nouveau, comme si dévoiler le tissu de ses gants était tout aussi inacceptable que montrer sa peau. « Je suis d’Outrevent, voyez-vous ; et m-même si j’en ai été chassée, je v-veux en rester digne. P-pouvez-vous faire ça ? »

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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyLun 5 Déc - 20:00

Est-ce... de la peur qu'elle lit dans ce regard ? La farouche Outreventoise aurait-elle peur de se faire dévorer toute crue ? Il semblerait bien que oui et la constatation fait naître un sourire satisfait sur les lèvres de la couturière. Elle a l'ascendant et ça lui plaît. Pourtant, elle n'a aucun désir de l'effaroucher au point qu'elle se referme comme une huître, ah ça non ! Elle aimerait voir ce beau minois se détendre et, peut-être, y voir poindre un sourire. Liselotte observe sa cliente désemparée et, déjà, elle imagine toutes les possibilités ; les décentes et les plus indécentes. Ses formes sont peu visibles sous cet amas de tissu qu'elle appelle une robe, elle a néanmoins assez d'expérience pour savoir que tout modèle peut être sublimé et que même la roche la plus solide peut être taillée de la façon la plus fine. Dans son esprit, déjà, valsent les couleurs, défilent les étoffes les plus belles et les plus nobles. La dame de parage de la duchesse de Lagrance saura faire bien des envieuses parmi les plus nobles de la cour, elle en est persuadée. Mais avant tout, elle prête l'oreille aux désirs de la jeune femme, car elle est là pour ça, n'est-ce pas ?

« Je… Je ne veux pas de v-vêtements qui me d-d-donneraient en spectacle. Pas comme les autres dames de la cour. Je ne v-veux pas m’exhiber, comprenez-vous, dame P-Passefil ? Je veux rester humble, et modeste. Elégante s’il le faut, si ma d-duchesse l’ordonne ; mais d-décente. » Pauvre petit oisillon fragile. La voilà toute chamboulée. Pense-t-elle qu'elle va la vêtir de simples sous-vêtements de dentelles et la laisser déambuler dans les couloirs du palais ducal ainsi ? Non pas que l'idée lui déplaise, mais elle a une réputation à tenir, par Mirta ! « Je suis d’Outrevent, voyez-vous ; et m-même si j’en ai été chassée, je v-veux en rester digne. P-pouvez-vous faire ça ? » Chassée... Liselotte pose à nouveau ses yeux sur les pupilles cerclées d'écarlate et son visage semble soudain bien sérieux pendant un instant. Vision fugace qui s'efface bien vite au profit d'un sourire chaleureux et d'un ton affable.

« Dame de la Fugue, n'ayez crainte. Je suis la couturière de l'impératrice d'Ibélène, croyez-vous qu'elle soit vêtue de façon indécente ? » demande-t-elle avec un air entendu. Peut-être lui a-t-elle déjà demandé quelques créations plus... originales, à l'intention de son mari, et uniquement lui. Mais qui est-elle pour confirmer ou non de telles rumeurs ? « Non, vraiment, je puis vous assurer que vous n'aurez pas à vous plaindre de vos tenues, je saurai trouver le compromis adéquat entre vos envies et celles de sa Grâce Marjolaine. » N'aie crainte, petit oisillon, je saurai te confectionner les plus merveilleuses des ailes et tu pourras enfin prendre ton envol.

Liselotte s'approche de la ménestrelle d'un pas guilleret afin de prendre les mesures nécessaires, prenant garde à ne pas effaroucher la belle. Ses gestes sont rapides, précis. De temps à autre, elle prend quelques notes dans son carnet puis reprend son joyeux babillage. « Les températures sont plus clémentes ici qu'en Outrevent, je crois que vous apprécierez bien plus quelques étoffes légères pour les beaux jours. » Et pas uniquement pour les beaux jours. Cette robe n'est pas une robe, c'est une tente, elle pourrait y loger trois guerriers bellifériens là-dedans ! Adieu la laine et les tissus lourds, bienvenue à la soie, à la dentelle, aux rubans de couleur et au velours le plus doux. « Je pense que le bleu est votre couleur. Un bleu myosotis. Et pourquoi pas quelques robes dans les teintes pêche ? » Et du blanc, bien sûr. Décent, digne, toujours élégant. Elle n'attend pas vraiment de réponse la couturière, tournant autour de la jeune femme avec entrain, l'observant d'un oeil professionnel. « La duchesse m'a parlé de vos talents de musicienne, il me plairait de vous écouter durant mon séjour au palais. Pensez-vous jouer ce soir ? »




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyJeu 2 Fév - 0:05

Elle virevolte, l’effrayante Cielsombroise, et la malheureuse fille d’Outrevent jetée en pâture à ses desseins ne peut que la suivre des yeux, telle la biche acculée qui ne quitterait pas du regard le loup glouton venu la dévorer. Elle est si mal à l’aise avec le regard d’autrui, Faustine ! Elle-même supporte mal de voir son propre corps lorsqu’elle se baigne, lorsqu’elle s’habille, dans le secret de sa chambre. Elle le voit dans ses cauchemars, lorsqu’elle revit chaque coup, chaque fracture des délicates phalanges de ses doigts – lorsqu’elle compte mentalement chaque balafre de ses poignets, chaque plaie infligée à sa propre âme déjà blessée, chaque cicatrice tracée pour tenter d’exorciser le démon sanglant qui a clamé sa magie. Elle a essayé, Faustine, pendant des années : elle a infligé tous les sévices à cette chair coupable d’abriter un pouvoir banni, elle a supporté toutes les brimades auxquelles son esprit pouvait penser. Elle s’est affamée, elle s’est brûlée, et ses membres en portent encore les stigmates. Où serait-elle aujourd’hui sans l’affection vigilante de Marjolaine qui a su, à l’époque, la convaincre d’arrêter de se mutiler ? Sans la présence ensuite d’Eriath au cœur de ses pensées, pour lui interdire de recommencer à se détruire faute de parvenir à se guérir ? La voilà, la vraie raison de ses robes épaisses et informes, de ces mètres de tissu dont elle se couvre pour cacher les marques de son corps. Pour cacher sa honte, sa malédiction, et son impuissance à se corriger : échec terrible, ratage désastreux.

Elle refuse de se montrer, Faustine. De laisser quelqu’un voir. Savoir. Comprendre. Oh, la couturière est cielsombroise, elle n’y connaît sûrement rien en magie, et très certainement rien en interdits – ne dit-on pas que chez eux, tout est permis ? Elle ne verra que des marques hideuses, des signes visibles de cette perversion qui empoisonne l’âme de Faustine. Ce n’est pas une perversion, Maidhenn, c’est un don, et j’en suis l’extension. Le ton empreint de reproche de son Familier fait honte soudain à la ménestrelle, et elle se force à sortir de ses réflexions morbides, tirant un peu plus le tissu de ses manches sur ses gants, serrant étroitement l’étoffe épaisse, comme pour se donner du courage. Elle n’a pas vraiment écouté le babil meublant le silence, se contentant d’hocher mécaniquement la tête à tout ce qui lui est proposé. Mais la dernière remarque de la demoiselle Passefil retient son attention, et elle relève le regard sous sa coiffure sévère, fronçant légèrement ses sourcils sombres.

Jouer. Devant la cour ducale.
Quelle bonne blague.

Un sourire un peu amer se décide à franchir ses lèvres, et elle secoue doucement la tête. « Non, je ne jouerai pas ce soir. Ma musique… n’est pas vraiment au goût des seigneurs lagrans. Je joue de la vielle à roue, voyez-vous : et le son de mon instrument est trop outreventois pour plaire aux oreilles d’Edenia. » Marjolaine l’aime, ma vielle, toutefois : parfois, lorsque je joue, je la surprends à fredonner les mélodies familières, esquissant les paroles qu’elle connaît par cœur désormais à force de m’entendre les répéter. La harpe lui manque, c’est vrai ; mais comment caresser les cordes avec ces doigts tordus et déformés ? La vielle est un vieil instrument, c’est vrai, plus ancien que les cornemuses prisées sur les landes et les falaises, et populaire auprès du petit peuple dont elle anime les fêtes en joyeuses sarabandes ; c’est la seule part d’Outrevent qu'elle a emportée avec elle, et il la réconforte d’en jouer. La curiosité de la fille de Cielsombrie pour son instrument l’effraie nettement moins que l’éventualité de devoir un jour lui laisser voir sa peau et l’histoire secrète qu’elle raconte, alors, timidement, la ménestrelle lève l’œil vers elle. « Peut-être voudrez-vous mener vos pas vers la bibliothèque des Iris un après-midi… ? Je m’y tiens souvent pour jouer quand le soleil décline, c’est calme, et isolé. »
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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMar 21 Fév - 22:26

Elle tourne et tourne autour de la ménestrelle, en une folle farandole, d'un pas guilleret et la mine réjouit. Le début de la création est toujours l'étape la plus excitante. C'est ce moment simple et particulier où elle prend la température, où elle laisse les idées affluer pour mieux les prendre au vol et les noter sur le papier. Tout en prenant les mesures nécessaires, elle glisse quelques commentaires sur ce qu'il convient de faire ; de la dentelle, oui, ce serait parfait. C'est délicat, comme ce doux visage si sérieux et si craintif. Comme ces lèvres qui sages qui prononcent quelques mots hésitants. Oui, des étoffes délicates, aériennes et distinguées. Quelque chose de vaporeux, d'un peu mystérieux, qui sublime sans rien dévoiler, qui attise sans provoquer. Liselotte voit plus loin que cette robe hideuse qui recouvre la jeune femme et elle imagine déjà l'élégance et la beauté auréoler cet être qui lui semble si fragile. Elle a une stature digne pourtant, l'Outreventoise, malgré sa timidité et elle aime ça, la petite couturière. Elle saura en éblouir plus d'un.

« Non, je ne jouerai pas ce soir. Ma musique… n’est pas vraiment au goût des seigneurs lagrans. Je joue de la vielle à roue, voyez-vous : et le son de mon instrument est trop outreventois pour plaire aux oreilles d’Edenia. » De la vielle à roue. Voilà un instrument qu'elle ne connaît pas, si ce n'est de nom. « Je n'ai jamais entendu personne jouer de la vielle à roue ; en Sombreciel, nous avons l'habitude des grands orchestres. Pourrez-vous me montrer ? » demande-t-elle avec une sincère curiosité. Elle est parvenue à l'intriguer et en toute bonne Cielsombroise, elle aime la découverte et la nouveauté.

« Peut-être voudrez-vous mener vos pas vers la bibliothèque des Iris un après-midi… ? Je m’y tiens souvent pour jouer quand le soleil décline, c’est calme, et isolé. » Un sourire fend le visage de la couturière. « Ce sera pour moi un grand plaisir. Je m'y rendrai dès que l'occasion me sera présentée. » répond-elle avec un brin d'allégresse dans la voix. Elle termine de prendre quelques notes dans son carnet puis elle recule de quelques pas pour observer la ménestrelle, les poings sur les hanches.

« Bien, il est temps de passer aux choses sérieuses. » Son regard se fait mutin et son sourire emprunt de mystère. « Dame de la Fugue, pardonnez mon franc-parler, mais je ne veux plus vous voir porter de telles horreurs. » Elle désigne la robe d'un geste vague et se tourne pour prendre dans ses affaires quelques nuanciers qu'elle trie avant de s'approcher d'elle, sans relever les yeux, concentrée sur ses gestes. « Si je peux me permettre, vous êtes une femme magnifique. Votre visage est doux, votre maintien est droit. Cette robe alourdit votre silhouette et ce chignon... il vous fait paraître si sévère. » Elle compare quelques couleurs les unes aux autres, les approchant de son visage afin de déceler celles qui épouseraient au mieux son teint et la couleur de ses yeux. Enfin, elle lève le regard pour mieux rencontrer le sien. « Ne prenez pas ombrage de mes paroles, c'est mon travail de trouver ce qui saura au mieux vous mettre en valeur. » Elle pose ensuite le nuancier, couche quelques mots sur le papier à toute vitesse puis, sans prévenir, prend délicatement sa main entre ses doigts. « Et ces gants... y tenez-vous vraiment ? » demande-t-elle, un peu perplexe. Elle sait qu'ils peuvent être des accessoires très appréciés, fort élégants, mais ils semblent si déplacés. Il était grand temps que quelqu'un intervienne.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMar 21 Mar - 2:04

A peine l’invitation est-elle émise que Faustine voudrait la reprendre. Vieux réflexe de préservation : ne jamais laisser personne s’aventurer dans les secrets de son âme, et son art en est un. Elle n’a plus sa harpe depuis longtemps déjà, et la vielle est devenue la compagne de ses années d’exil loin de sa terre natale. Cela lui convient, au final, que les Lagrans dédaignent sa musique lancinante : elle peut en profiter seule, ranimer le souvenir d’Outrevent au milieu des jardins déserts en plein hiver, le long d’un corridor désaffecté l’été. Elle aime la solitude, Faustine, pour raviver d’elle-même le sel de ses blessures, et lorsqu’elle joue c’est une fenêtre de vérité qui s’ouvre, offrant son âme nue aux regards extérieurs. La petite couturière est bien aimable, mais elle est cielsombroise, et Faustine la redoute curieuse comme une pie. Elle saura vraisemblablement saisir et interpréter toutes les nuances de son comportement, et même s’il n’y a pas grand-chose à découvrir que l’écarlate de son regard ne trahisse pas déjà, cette idée la dérange.

Trop tard, cela dit. L’invitation a été émise et acceptée. La ménestrelle en prend son parti – rien ne dit, de toute manière, que la petite couturière viendra effectivement l’écouter jouer, ni même qu’elle en aura tout simplement le temps. Elle verra bien, le moment venu – pour l’instant, une pointe d’angoisse la saisit alors que sa visiteuse mentionne les « choses sérieuses ». Déglutissant nerveusement, Faustine observe Liselotte jouer avec ses nuanciers, contrariée de l’entendre critiquer sa tenue. Des horreurs ? Pour qui se prend-elle, à juger ainsi les coutumes d’Outrevent et la dignité de ses filles ? La colère l’envahit, mais elle la repousse au fond de son esprit. C’est sa duchesse qui a ordonné la réalisation de ces tenus ; c’est Marjolaine, qui l’a voulu, alors… Alors, quand Marjolaine veut, Faustine obéit. Serrant les dents, se forçant au silence, elle garde pour elle sa rancune et se laisse manipuler comme une poupée par la petite couturière qui n’a sûrement pas conscience de la portée de ses mots.

Ou peut-être que si, car elle lui ordonne – lui ordonne ! – de ne pas s’offusquer. Plissant les lèvres, Faustine décide qu’elle s’offusquera quand même, et n’offre qu’un regard glacial à son interlocutrice. Comme si elle se permettait, elle, de critiquer la tenue scandaleuse de la Cielsombroise ! Autant se montrer totalement nue, au stade où elle en est. Elle se fige, dans une posture rigide clamant sa désapprobation choquée, toisant sévèrement la couturière – quand soudain, elle a ce geste inconcevable de lui prendre la main, comme si elle souhaitait en retirer le gant.

Une pulsion de panique traverse la ménestrelle, et elle retire sa main d’un geste vif, comme si le simple contact de la couturière l’avait gravement brûlée. Personne – personne ! – n’a le droit de toucher ses doigts mutilés. Pour un peu, la ménestrelle s’enfuirait à toutes jambes, éperdue, mais les vagues de calme émises par Eriath l’apaisent quelque peu, même superficiellement. Serrant résolument ses mains l’une contre l’autre, elle prend la parole d’une voix timide, mais ferme. « Les gants ne sont pas négociables. Vous pouvez en concevoir de nouveaux, dans d’autres tissus et d’autres couleurs, mais mes doigts restent couverts, c’est impératif. » La Cielsombroise ne comprendra peut-être pas les motifs de ce refus catégorique, mais Faustine a sa dignité, et refuse d'exhiber aux regards ses phalanges tordues et mutilées. Un instant, elle ferme les yeux, rassemble toute la sérénité dont elle est capable, et tente de ne pas considérer la visiteuse comme une ennemie envahissant son refuge. « J'ai mes raisons, maîtresse du fil, je ne vous demande pas de les comprendre ; juste de les respecter. Je tiens à demeurer gantée. Pour le reste, ma duchesse vous a donné les pleins pouvoirs, mais pour ce détail, j'impose ma préférence. Est-ce acceptable ? »
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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMer 12 Avr - 2:24

Elle la sent crispée, tendue, la charmante Outreventoise. Comme un animal farouche qui soudain s'apprête à bondir au moindre signe de danger. Oh, elle ne s'en offusque pas la petite couturière, il y a bien longtemps qu'elle a appris à faire avec le caractère douillet des enfants du duché de l'Honneur. Ils sont chatouilleux sur les convenances et désespérément fermés à toute forme de nouveauté, ce qui la laisse perplexe. Le plaisir n'est-il pas dans l'inconnu et dans la découverte ? Que tirent-ils de ces traditions enracinées qui les empêchent de se divertir comme il convient ? Que la vie doit être morne, dans les duchés autre que Sombreciel, particulièrement dans ces terres du nord où le vent est omniprésent et où le goût vestimentaire est fort douteux. La susceptibilité de ces personnes ne sont pas qu'une simple rumeur, semble-t-il et Liselotte pourrait rire devant le petit minois renfrogné de la demoiselle si elle n'avait pas un minimum de savoir vivre. Bien entendu, elle s'en amuse tout de même et laisse fleurir un peu plus le sourire qui orne ses lèvres.

Ce à quoi elle ne s'attend pas, néanmoins, c'est le geste vif de la ménestrelle au moment de saisir sa main. La surprise se dessine sur les traits de la couturière, face au regard glacé de la jeune femme, visiblement offusquée par ce qu'elle vient de faire. « Les gants ne sont pas négociables. Vous pouvez en concevoir de nouveaux, dans d’autres tissus et d’autres couleurs, mais mes doigts restent couverts, c’est impératif. » Perplexe, Liselotte pose les yeux un court instant sur les mains gantées, serrées l'une contre l'autre, sans trop savoir que penser d'une telle demande. Mais l'Outreventoise paraît véritablement secouée et elle garde le silence, patiente, afin de ne pas la pousser un peu plus dans ses retranchements.

« J'ai mes raisons, maîtresse du fil, je ne vous demande pas de les comprendre ; juste de les respecter. Je tiens à demeurer gantée. Pour le reste, ma duchesse vous a donné les pleins pouvoirs, mais pour ce détail, j'impose ma préférence. Est-ce acceptable ? » La couturière observe le visage bien sérieux de la jeune femme, comme pour tenter de la jauger. Et c'est d'une voix parfaitement sereine qu'elle répond : « Tout à fait acceptable, dame de la Fugue. Mes clients ont toujours le dernier mot. » Elle ne peut que conseiller, que faire essayer, mais elle est tributaire des désirs de chacun. Il ne lui arrivera jamais d'accepter concevoir certaines horreurs dont quelques étranges énergumènes sont si friands, mais elle sait s'adapter et jamais il ne sera dit que sa clientèle sera insatisfaite. Jamais.

Soudainement, ses traits retrouvent leur éclat et un sourire lumineux réapparaît, comme si de rien n'était. La Cielsombroise retrouve son air jovial et son regard espiègle, sans plus de cérémonie. « J'aimerais vous présenter quelques échantillons, dites-moi quelles sont vos préférences. » Elle se retourne promptement et fouille dans ses affaires à la recherche de quelques carrés de tissus, bien ordonnés, qu'elle étale sur la table devant la ménestrelle. Soie, dentelle, cachemire, laine... tout autant de matières qui, entre les bonnes mains, peuvent se transformer en merveilles. « Vous pouvez les manipuler si vous le désirez, prenez votre temps. » Liselotte s'écarte quelque peu pour la laisser à son exploration des échantillons présentés tandis qu'elle même fait un petit tour sur elle-même, observant la pièce d'un oeil attentif. « Vous devez être très proche de sa Grâce la duchesse Marjolaine pour obtenir ainsi un tel présent de sa part. J'ai entendu beaucoup de bien à son sujet, elle semble être une femme pleine d'esprit et fort raffinée. » La voix de Liselotte reste légère, très douce, mais la curiosité n'en est pas moins vive en son sein. L'occasion est trop belle pour ne pas glaner quelques informations, n'est-ce pas ?




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMar 18 Avr - 0:04

La couturière observe ses doigts à la dérobée, et Faustine lutte contre l’envie terrible de les cacher dans son dos, comme ces premiers mois auprès de Marjolaine il y a des années, et où chaque regard posé sur elle la plongeait dans un abîme de honte et de mortification dont elle ne parvenait à émerger qu’au prix de sanglantes traînées à l’intérieur de ses poignets. Elle n’avait pas encore Eriath à l’époque, ne connaissait que la solitude dans son tourment intérieur ; et y repenser lui laisse encore des frissons d’horreur… mais également insidieusement tentateurs. Soudain, elle sursaute ; comme une tape de réprimande sur la main, Eriath vient de… mordre le fil de ses pensées, de ses petites dents de tortue acérées. Penaude, elle reporte son attention sur la Cielsombroise qui a visiblement repris son gai babil.

D’un œil pensif, elle manipule les échantillons étalés devant elle, évaluant la texture, l’épaisseur, tentant d’imaginer l’allure qu’elle aurait dans ces différentes matières. Rapidement, elle écarte les plus luxueuses souvent associées aux tenues tape-à-l’œil des courtisanes, fixant son choix sur la laine et le velours. Les plus denses, les plus aptes à cacher sa peau ; et sous le regard inquisiteur de la couturière, elle désigne timidement un coupon de dentelle toute simple. C’est uniquement lorsque le nom de Marjolaine arrive dans la conversation qu’un sourire un peu hésitant fleurit distraitement sur ses lèvres. « Sa Grâce la duchesse vient d’une famille réputée pour sa tolérance, les Blanc-Lys, qui ont consenti à m’ouvrir leur porte il y a dix ans, lorsque je… lorsque je n’avais plus d’endroit où résider. » Elle s’interrompt, se mord les lèvres ; elle n’a pas envie de parler du Noroît à cette Cielsombroise trop curieuse qui semble prendre plaisir à démanteler tous les pans de sa vie pour y fouiller allègrement, comme elle fouille jusqu’aux coudes dans ses coffres à échantillons. Non, elle n’a pas envie d’étaler pour elle l’absurde qu’a été sa vie depuis l’émergence de sa magie, la fuite de la demeure familiale, le bannissement, l’errance avec la Caravane, le refuge en Lagrance. Elle n’a pas envie d’expliquer ses doigts crochus, les cicatrices autour de ses poignets, les marques sur ses membres… Alors, elle élude, se doutant bien de toute manière que les ragots renseigneront bien la petite couturière si elle pose les bonnes questions aux bonnes personnes. « La duchesse m’honore de son amitié depuis, et j’ai le privilège de compter parmi le cercle le plus restreint de ses dames. Ma fidélité lui est sienne et ma loyauté ne faillira jamais. » Levor en soit témoin.

Changeant de sujet pour s’écarter de ce point sensible, Faustine attrape pensivement le coupon de laine, le faisant tourner entre ses doigts. Prudemment, la ménestrelle relève ses yeux cerclés d’écarlate vers Liselotte, incertaine quant à la meilleure manière de présenter la requête qui lui est très soudainement venue en tête, émise directement par Eriath qui barbote gentiment dans son bassin. « Il fait… froid, en Lagrance, l’hiver, et je me demandais… si… » Hésitante, elle triture le petit bout d’étoffe, craintive du jugement de l’Ibéenne. « En fait, j’ai un Familier, Eriath, c’est lui dans le bassin, juste là, et il a vraiment froid en ce moment, c’est pas bon pour lui… Vous sauriez lui fabriquer quelque chose de chaud… pour sa carapace… ? »

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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptySam 22 Avr - 20:17

Liselotte détourne bien vite le regard de ces mains qui semblent être la cause de son embarras. À la dérobée, elle a remarqué la forme étrange de ses doigts sous le tissu épais qui les recouvrent. C'est un sujet à ne pas aborder visiblement, un tabou qu'il vaut mieux laisser où il est, et la couturière fouineuse et curieuse n'en est pas moins patiente et respectueuse. Elle saura se renseigner ailleurs, auprès de domestiques peut-être ou de membres de la cour. Les langues se délient vite, elle le sait bien, à condition de poser les bonnes questions aux bonnes personnes à grands renforts de sourires aimables et de quelques gestes anodins. Les Lagrans émettent autant de mensonges que de vérités, elle n'aura plus qu'à démêler le faux du vrai.

La laissant à l'inspection des tissus, elle observe la chambre, les mains dans son dos, d'un pas léger. Son regard se fait un peu plus appuyé sur la ménestrelle lorsqu'elle aperçoit le choix des tissus, mais il se radoucit bien vite en observant la dentelle prendre place parmi ses préférences. Ses yeux détaillent un peu plus la silhouette de l'Outreventoise et elle se décide également pour de la soie ; le tissu n'a pas été choisi, mais elle compte bien lui faire au moins une robe dans cette matière noble qui, elle en est persuadée, lui irait à ravir. Elle ne sera pas obligée de la mettre, mais elle l'aura à disposition, si elle change d'avis un jour.

« Sa Grâce la duchesse vient d’une famille réputée pour sa tolérance, les Blanc-Lys, qui ont consenti à m’ouvrir leur porte il y a dix ans, lorsque je… lorsque je n’avais plus d’endroit où résider. » Liselotte acquiesce d'un petit signe de tête, esquissant un sourire, comme pour l'encourager. Sans dire un mot, elle patiente, l'oreille tendue ; parfois, ne rien dire laisse place aux plus grandes confidences et la couturière a appris à laisser de côté ses babillages lorsque cela s'avère nécessaire. « La duchesse m’honore de son amitié depuis, et j’ai le privilège de compter parmi le cercle le plus restreint de ses dames. Ma fidélité lui est sienne et ma loyauté ne faillira jamais. » Une fidèle de la duchesse, une amie chère... Bien, c'est d'autant plus intéressant. « C'est un grand honneur, en effet. » déclare-t-elle pour appuyer les paroles de la ménestrelle, l'air songeur, sans rien ajouter. Elle s'approche pour examiner ses choix quand elle reprend la parole dans une demande pour le moins... étonnante.

« Il fait… froid, en Lagrance, l’hiver, et je me demandais… si… » Si ? Elle hausse un sourcil, attendant la suite. « En fait, j’ai un Familier, Eriath, c’est lui dans le bassin, juste là, et il a vraiment froid en ce moment, c’est pas bon pour lui… Vous sauriez lui fabriquer quelque chose de chaud… pour sa carapace… ? » Son regard se tourne vers le bassin désigné et la curiosité s'éveille face à cette étrange demande. Intriguée, Liselotte se penche légèrement en avant pour observer la tortue, semblant réfléchir sérieusement. Ses mains restent éloignées néanmoins ; bien qu'elle ait l'habitude de les déposer un peu partout où elle le souhaite, elle n'irait pas faire l'affront de toucher à un Familier. « Je pense que c'est... envisageable. » répond-elle, songeuse, mais pas complètement opposée à l'idée. Elle penche la tête sur le côté, semblant évaluer les possibilités. « Auriez-vous l'amabilité de prendre les mesures pour moi, dame de la Fugue ? Il me sera un peu difficile de le faire sans toucher votre Familier et je préfère m'en abstenir. » ajoute-t-elle en se redressant pour la regarder à nouveau.

De quelques pas, elle retrouve la table et son matériel pour lui tendre le mètre ruban, soudainement transportée à l'idée de ce défi étrange mais qui lui plaît. La lueur pétillante de ses yeux ne trompe pas. « Je pense... Oui, mesurez bien la base de sa carapace, tout autour, puis de la base au sommet, de ce côté. » Elle approche un peu le doigt du Familier sans le toucher, sans même l'effleurer, se contentant de lui montrer exactement les angles nécessaires à la conception de ce qu'elle a en tête. « Vous voyez ? Sur la longueur, puis sur la largeur. » Un doigt sur les lèvres, elle observe le Familier, plongée dans sa réflexion. « Peut-être faudrait-il que le tissu fasse le tour, afin de rester bien accroché, qu'en pensez-vous ? » interroge-t-elle à voix haute. Voilà un exercice auquel elle n'est certes pas habituée, mais c'est un défi intéressant.




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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyMer 31 Mai - 22:42

C’est une demande parfaitement saugrenue, Faustine en a bien conscience, et c’est uniquement parce que ses propres doigts manquent de l’habileté nécessaire à ce travail délicat qu’elle se hasarde à formuler l’incongrue requête. Elle perçoit la curiosité d’Eriath : cela fait plusieurs semaines que cette idée grandissait tranquillement dans son esprit serein, traçant son petit bout de chemin ; et il guette la réaction de la couturière avec un grand intérêt. Nonchalamment, il s’étire hors de sa carapace, étendant le cou démesurément comme pour attraper une feuille de salade particulièrement avenante, se dressant de toute la dérisoire hauteur de ses petites pattes. Il aime avoir l’attention de la nouvelle venue, et le fait qu’elle envisage d’exécuter la commande la fait monter dans son estime reptilienne.

Obéissante, Faustine saisit le mètre ruban et commence à énoncer la série de chiffres, prenant très soigneusement les mesures demandées. Au bout de quelques minutes de mensurations et de circonférences diverses et variées, le parchemin de la jeune couturière est couvert d’une série de nombres soigneusement transcrits. « Il faudrait certainement trouver une manière de fixer le… l’habit… sans que cela n’entrave sa marche, oui. Si le tissu est trop épais cela va frotter le sol sous son ventre, il faudrait que cela soit fin et résistant… » Délicatement, elle a saisi Eriath dans son bassin et s’est assise au coin du lit, caressant du bout des doigts la carapace familière. Elle n’a pas l’habitude qu’on l’observe dans l’intimité de sa chambre, et la présence de la Cielsombroise l’angoisse un peu ; il est aisé pour un œil exercé de repérer les mille et uns détails évoquant Outrevent dans chaque recoin de la pièce. Tout comme il est facile à une oreille attentive de capter la mélancolie nostalgique de ses compositions, dans les lancinantes lamentations de la vielle lorsqu’elle fait pleurer le long des couloirs les regrettés échos de sa mémoire… Qu’est-ce que cette étrangère va bien avoir retenu d’elle, qu’aura-t-elle capté de ces yeux si vifs qui semblent saisir chaque détail de ce qui l’entoure ?

« Vous avez vu beaucoup de ce que je suis, j’en suis convaincue, maîtresse Passefil. Me direz-vous votre histoire ? Peut-être y a-t-il là matière à chanson. J’aurai plaisir à écrire et composer si votre vie est aussi trépidante que votre ardeur de vivre et votre belle énergie le laissent à penser. »

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Message Sujet: Re: De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine   De fil en aiguille ♦ Liselotte & Faustine EmptyJeu 1 Juin - 22:03

C'est indéniable, elle ne s'attendait pas un seul instant à une telle demande. Pourtant, la perplexité est très rapidement balayée par l'amusement et l'envie de relever ce nouveau défi qui lui est présenté. C'est n'est certes pas son domaine de prédilection, que de confectionner des vêtements pour animaux de compagnie ou Familiers, mais elle se prend au jeu pour cette demande unique qui ne se reproduira pas de si tôt. Alors elle guide la ménestrelle, prend les mesures nécessaires, prend quelques notes et esquisse un croquis grossier de la tortue pour avoir une idée de la façon de procéder. Tant de menus détails qu'elle effectue par réflexe comme si elle s'occupait réellement d'un de ses clients habituels. Comme les idées qui lui traversent l'esprit dès qu'elle se trouve devant une personne qui passe commande ; sa tête fourmilles de robes, de tissus, de mille et une couleurs qui pourraient rendre la jeune femme absolument ravissante. La tortue, elle, l'oblige à pousser la réflexion comme elle n'en a pas l'habitude, et ça la fait sourire, comme une enfant devant un nouveau jouet particulièrement singulier.

« Il faudrait certainement trouver une manière de fixer le… l’habit… sans que cela n’entrave sa marche, oui. Si le tissu est trop épais cela va frotter le sol sous son ventre, il faudrait que cela soit fin et résistant… » Liselotte acquiesce, en observant le Familier entre les doigts de la mage. « Peut-être une lanière de cuir, ou un morceau de tissu fin, mais résistant. » réfléchit-elle tout haut, couchant de nouvelles notes sur le papier, l'air concentré, les yeux brillant de cette réflexion créative qui l'anime lorsqu'elle se trouve dans son atelier à confectionner ses oeuvres. Peut-être pourrait-elle lui faire quelques tenues accordées à celles de l'Outreventoise ? Dans les mêmes tons, ou faites des mêmes broderies ?

« Vous avez vu beaucoup de ce que je suis, j’en suis convaincue, maîtresse Passefil. Me direz-vous votre histoire ? Peut-être y a-t-il là matière à chanson. J’aurai plaisir à écrire et composer si votre vie est aussi trépidante que votre ardeur de vivre et votre belle énergie le laissent à penser. » Liselotte relève les yeux pour les poser sur l'écarlate qui cerne les siens. Oui, elle a vu beaucoup de ce qu'elle est, malgré la brièveté de l'entretien ; elle devine plus qu'elle ne sait, mais il lui suffirait de quelques questions aux bonnes personnes. Le compliment – peut-être naïf – la fait sourire, mais son ego flatté ne dirait certainement pas non à une chanson parlant d'elle. Oserait-elle seulement l'espérer ? « Ma vie n'a rien de bien exceptionnel, ma Dame, mais je serais ravie d'en partager quelques bribes avec vous, si cela vous fait plaisir. » Prenant place à la table, son carnet en main, elle se met à raconter ; jamais en détails, toujours en surface. Liselotte parle beaucoup, mais elle révèle peu, bien qu'elle n'ait pas grand chose à cacher, a priori. Son discours dévie souvent de son cours, partant dans des digressions futiles, des anecdotes amusantes, croustillantes, parfois un peu osées pour la ménestrelle qui détourne timidement les yeux. Jusqu'au moment où Liselotte prend congé d'elle.

***

Plusieurs jours passent avant qu'une missive ne parvienne au palais ducal de Lagrance, accompagnée d'un colis épais et soigneusement ficelé. Le pli est annoté d'une écriture élégante.

Chère dame de la Fugue,

Voici les tenues commandées par la duchesse à votre intention. J'ai pris plaisir à en dessiner chaque coupe en les imaginant orner votre délicate silhouette et j'espère que vous prendrez autant de plaisir à les porter. J'y ai joint un certain nombre de gants de tailles et de couleurs diverses, ainsi que des rubans pour vos cheveux que vous gagnerez à défaire afin de mettre en valeur la douceur de votre visage.

Puisse Alior sublimer votre beauté qui, comme la fleur fragile, ne cherche qu'un peu de soleil pour s'épanouir.

Liselotte Passefil


PS : J'ai pris la liberté de joindre à vos tenues celles de votre compagnon à carapace. Il ne s'agit que de quelques essais, j'attends votre avis par retour de courrier, afin de m'assurer que les dimensions sont bonnes.


Dans le paquet:
 




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