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 La bienveillance du hasard

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Message Sujet: La bienveillance du hasard   La bienveillance du hasard EmptySam 12 Nov - 9:37


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Melinda Orlemiel & Neve l’Embrun

La bienveillance du hasard

Une rencontre au détour de mille tours



• Date : le 5 octobre
• Météo : Le ciel est gris, nuageux. Le soleil perce à peine.
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Tout à fait par hasard, Melinda et Neve se croisent dans les rues de Lorgol. Ayant des souvenirs plutôt positifs l’un de l’autre, depuis leur terrible aventure en Outrevent, où ils ont dû s’entraider, ils décident de converser un peu.
• Recensement :
Code:
• [b]Date :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1435-la-bienveillance-du-hasard]La bienveillance du hasard[/url] - [i]Melinda Orlemiel & Neve l’Embrun[/i]
Tout à fait par hasard, Melinda et Neve se croisent dans les rues de Lorgol. Ayant des souvenirs plutôt positifs l’un de l’autre, depuis leur terrible aventure en Outrevent, où ils ont dû s’entraider, ils décident de converser un peu.



Dernière édition par Melinda Orlemiel le Sam 12 Nov - 9:44, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La bienveillance du hasard   La bienveillance du hasard EmptySam 12 Nov - 9:44

L’ennui.

Ennemi insidieux, il s’était glissé peu à peu dans mon esprit au cours des derniers mois, tel un serpent avide de me porter le coup fatal. Je le sentais, depuis plusieurs semaines, et je n’arrivais pas à déterminer si je voulais vraiment le déloger, ou non. Oh, bien entendu, qui aimerait s’ennuyer ? L’ennui était un ennemi aussi cruel que pernicieux : non seulement il poussait à une certaine léthargie – voire un certain amour des actes quotidiens les plus banals – mais en plus il ne paraissait pas aussi dangereux qu’il l’était en réalité. Oui, mieux valait fuir l’ennui, quelles que soient les circonstances. Mais déjà, à peine avais-je remarqué la présence de cet adversaire, que je m’apercevais m’y être habituée, et désormais il me collait à la peau aussi sûrement qu’une sangsue accrochée à sa victime.

L’ennui s’était insinué dans ma vie.

Durant les premiers mois, Lorgol s’était montrée être une ville fort intéressante, peuplée de mystères, de choses à découvrir et de dangers palpitants. Et puis, la ville aux Mille Tours n’avait pas été mon seul centre d’intérêt durant tous ces mois passés à attendre les entretiens d’entrée. J’avais pu assister au couronnement de Chimène, j’avais été victime d’une attaque au sein même de mon propre duché, je m’étais rendue au fameux Festival de l’Oraison en Lagrance. J’avais voyagé plus en moins de six mois que je ne l’avais fait en toute une vie. J’aurais dû avoir le sentiment que ma vie était plus occupée et plus passionnante que jamais. Et pourtant, après seulement trois mois de calme – ou d’inactivité, selon le point de vue –  je me surprenais à m’ennuyer souvent et longuement. Et, je devais bien l’avouer, ce comportement m’horripilait.

Alors, je m’étais décidée, ce matin, à sortir à l’aube, pour admirer le lever de soleil sur les tours de Lorgol. J’avais tenté tant bien que mal de retrouver l’endroit que m’avait montré le petit Arsène – il n’y était pas, d’ailleurs, dommage – mais n’y avait, étrangement, pas ressenti cette impression de sérénité qui m’avait frappée la première fois qu’il m’y avait emmenée. Puis j’avais erré, sans but, dans les rues de Lorgol, laissant mes pas me porter et mon regard errer sur un paysage qui commençait à devenir un peu trop familier à mon goût. Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un profond soupir de dépit, songeant qu’un bon voyage me ferait du bien. Loin d’ici. Quelque chose qui pourrait me changer les idées et me donner à nouveau cette impression indicible d’être libre.

Depuis que j’étais toute petite, j’avais coutume de songer qu’il suffisait de bien peu pour écarter l’ennui de ma route : pour moi, tout comme s’ennuyer requérait un certain état d’esprit, s’amuser dépendait de notre façon de penser plutôt que d’agir. Ainsi, même dans les lieux et les circonstances les plus barbantes, je parvenais parfois à trouver une étincelle d’originalité qui rendait la situation hilarante. Mais comme le monde extérieur semblait s’être chargé pour moi de me distraire durant quelques temps, j’avais perdu l’habitude de rendre mes pensées amusantes. Peut-être que c’était une habitude que je devais à nouveau cultiver au plus vite.

D’un autre côté, qu’est-ce qui pourrait bien être capable de rendre la vie amusante alors que je me contentais de marcher dans des rues que je connaissais déjà presque par cœur ? Mon esprit était à court d’idées. Et c’était l’ennui, ce tueur d’idées, cet assassin de l’originalité, ce meurtrier de l’improvisation, qui m’empêchait de réfléchir correctement. Cet ennemi pernicieux m’enlevait le seul moyen de le fuir. Cruelle, comme stratégie, mais redoutablement efficace.

Puis, miraculeusement, j’entrevis une porte de sortie. Mon regard tomba sur un visage familier. Il ne me fallut que quelques instants pour le remettre dans son contexte. Là-bas, en Outrevent, à la lueur des torches… Ce n’était autre que le chevaucheur, celui qui était devenu aveugle. Malgré les sombres souvenirs qui accompagnaient notre première rencontre, je laissai un large sourire étirer mes lèvres. Autant j’aurais eu quelques difficultés – enfin, difficultés relatives – à aborder un inconnu juste pour passer le temps, autant il me semblait facile de pousser cet homme à briser mon ennui à ma place. Je me dirigeai vers lui d’un pas assuré et le pris par le bras, l’entrainant dans la direction vers laquelle je marchais sans me préoccuper de ce qu’il faisait, sans me demander s’il avait quelque chose de plus important à faire.

— Bonjour, vous ! J’espère que vous vous rappelez de moi, on s’est croisé en Outrevent. Il faisait noir – surtout pour vous, en fait, je suppose – et nous étions poursuivis par des statues. C’est peut-être difficile de me remettre, j’avais perdu ma voix, à l’époque.

Oh, visiblement, je me remettais petit à petit de cet épisode, j’avais même réussi à parler de ma mutité sans que mon sourire ne vacille ou sans que ma voix ne fléchisse. Plutôt positif, non ?

— Vous allez mieux ? Enfin, je suppose qu’aller mieux n’est guère difficile, après tout vous avez déjà récupéré votre vue, c’est une raison suffisante pour aller mieux. Donc, vous allez bien ? C’est une notion un peu différente, « aller bien ». Mais de toute façon, ça n’a pas beaucoup d’importance que je fasse cette nuance, je suppose.

Je continuais à l’entrainer à ma suite. Sans doute m’avait-il suivie jusqu’ici uniquement sous le coup de la surprise. A moins qu’il n’ait réellement rien de mieux à faire que de venir avec moi, je ne pouvais pas le déterminer.

— J’espère que vous n’aviez pas de projets pour cette journée, parce que j’ai décidé de vous emmener. Par ailleurs, comme je ne sais pas vraiment où vous emmenez, si vous avez quelque chose de vraiment important à faire, je peux peut-être vous accompagner.

Bon, ma phrase était peut-être un peu impérative. Ce genre de demandes passait sans doute mieux sous forme de question. Sans doute. Je lui lançai un regard suppliant et demandai :

— Je m’ennuie, alors est-ce que je pourrais rester avec vous ?

Je m’aperçus brutalement que je ne savais même pas comment s’appelait ce chevaucheur. Un remarquable manque de ma part, alors que nous avions vécu une telle aventure ensemble.

— Je ne crois pas que nous nous soyons déjà présentés, murmurai-je d’un ton songeur. Je m’appelle Melinda Orlemiel, je suis apicultrice. Et vous êtes… ?

Je ne m’intéressais pas particulièrement aux prénoms de mes connaissances, mais pour échapper à l’ennui, j’étais capable de tout. Or, parler à un presque-pas-inconnu dans la rue, c’était encore sage, comme comportement, non ?
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