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 Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?

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Message Sujet: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyVen 25 Nov - 18:28


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Mélodie Douxvelours & Mayeul de Vifesprit

Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?

Absence d'un reflet adoré.



• Date : 04 Novembre 1001
• Météo : Il fait claire, mais froid.
• Statut du RP : Privé

• Résumé : Toujours en Sombreciel, Mélodie explique ce qui s’est passé au garde encore présent, puis elle rencontre Mayeul qui attends de recevoir des soins, alors elle va lui parler. Curieuse de ce personnage qu'elle n'arrête pas de croiser depuis quelques mois.

• Recensement :
Code:
• [b]Date :[/b]04 Novembre 1001 [url=http://arven.forumactif.org/t1476-il-faut-tomber-pour-pouvoir-se-relever-mais-que-faire-quand-on-ne-sest-jamais-redresse#44846] Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?[/url] - [i]Mélodie Douxvelours & Mayeul de Vifesprit[/i]
 Toujours en Sombreciel, Mélodie explique ce qui s’est passé au garde encore présent, puis elle rencontre Mayeul qui attends de recevoir des soins, alors elle va lui parler. Curieuse de ce personnage qu'elle n'arrête pas de croiser depuis quelques mois.



Dernière édition par Mélodie Douxvelours le Ven 3 Fév - 10:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyVen 25 Nov - 18:30

Je me redresse doucement, un moment désorientée avant de me rappeler où je pouvais bien être. Je m’étais écroulée comme une masse la nuit venue, même si j’avais dormi une bonne partie de l’après-midi. Je me sentais bien mieux, quoiqu’encore raide. Je m’assois en enveloppant mon corps de ma couverture, passe la main sur mon visage pour y chasser les dernières volutes de sommeil.
Je prends le temps de coiffer mes cheveux et d’y défaire les nœuds que ces quelques jours avaient laissé, les tressant en une natte simple. Je prends le bol d’eau que j’avais rempli la veille, bois un peu et me sers du reste pour me nettoyer avec un bout de tissu propre. Je prendrais le temps de faire une toilette plus convenable de retour à Lorgol, en attendant l’eau qui se déposait sur ma peau et la faisait frissonner faisait son office en enlevant la crasse.

Ce n’était qu’un nettoyage sommaire, mais prendre le temps de prendre soin de moi, après tous ces événements, était une véritable bénédiction. Cela me permettait aussi de remettre un peu d’ordre dans ma tête. De comprendre cette mélancolie qui ralentissait mes gestes. Je savais qu’il me faudrait plus de temps pour assimiler et comprendre tout ce qui s’était passé ici, pour digérer cette étrange rencontre avec le fantôme de ma mère. J’en venais même à douter de sa véracité tant cela me paraissait irréaliste. Quelque chose avait changé grâce à ces retrouvailles, je le sentais, mais je n’étais pas encore capable de dire quoi avec exactitude. Sa disparition tranquille m’avait laissé un goût amer, reportant à plus tard le baume qui avait été apposé sur des plaies que le temps avait infectées. Et puis maintenant Maëlys savait…ça aussi apporterait son lot d’étrangeté quand nos chemins se croiseront de nouveau.

Je mange quelque provision que j’avais récupéré la veille et décide de sortir. Je me fais alors alpaguer par un des guerriers de l’armée. Ils étaient en train de faire le tour des tentes pour avoir des informations sur ce qui s’étaient passés. Je pince un peu les lèvres, incertaine de savoir les informations que je voulais donner. Mais je me laisse guider devant l’homme qui récupère mon témoignage, je ne laisse échapper que le strict minimum. Je reste vague et plaide la terreur pour expliquer mon incapacité à la précision. Je pense que la fatigue devait encore se voir sur mon visage, mes yeux faussement larmoyants achèvent de le convaincre. Il ne me garde pas bien longtemps et je réussis même à chaparder une pomme avant de m’éclipser.

J’allais retourner à ma tante pour plier mes affaires. Je devais rejoindre les portails et rentrer chez moi. C’était le mieux à faire, il n’y avait plus rien d’intéressant ici à part des ruines fumantes et une odeur de cadavre qui flottait par intermittence dans l’air. Puis je m’arrête en voyant Mayeul. Ce voltigeur étrange, charmeur et guilleret, portant un masque sombre qui affaissait sa stature. Assis sur un brancard de fortune, il attendait de se faire soigner.
J’aurais surement dû le laisser à cette tristesse qui semblait dix fois trop lourdes pour un homme qui avait la tête dans les nuages. Mais…nos routes s’étaient croisés bien trop de fois, de façons complètement inattendues pour que je ne me laisse pas aller à sa rencontre.
Je lui lance ma pomme, qui atterrit sur ses jambes, lui souriant gentiment.

-Je ne savais pas que tu avais été blessé. Heureuse de te voir en vie cela dit.


Pour une étrange raison, je devais admettre que c’était vrai. Il m’était sympathique et j’aurais été attristé d’apprendre sa mort, surtout ici. Ça aurait été du gâchis.
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Mayeul de Vifesprit
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Je suis : Voltigeur de Nuage, Major du Vol de Valkyrion, division de Svaljärd
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyDim 4 Déc - 15:07

Il a à peine somnolé quelques heures, roulé en boule contre le flan chaud de Nuage. Peut-être que rien que ça, pour ceux qui le connaisse, en dit long sur l’état d’esprit de Mayeul. Ca ne va pas. Maintenant que la pression retombe, maintenant que les flammes du combat ont fini d’emflammer ses veines, maintenant... Il se rend bien compte de ce qui s’est passé. Et il voudrait tellement l’oublier, Mayeul. Fermer les yeux et oublié ces derniers jours, ou plutôt, n’en conserver que Mathilde. Elle, et uniquement elle.

Il y aura des conséquences à tout ça, il le sait. Le Sablier disparu, l’Ordre du jugement. Le baiser de Reja. Un sourire amusé flotte sur les lèvres du Voltigeur devant cette image, si peu en adéquation avec ses pensées du moment. Merci à son griffon de toujours trouver le moment propice, n’est-ce pas ? Il s’est étiré et est reparti, après un dernier câlin réconfortant. Nuage. Nuage, c’est tout ce qu’il lui reste, tout ce  quoi il peut se raccrocher. Le griffon a été blessé durant l’attaque, superficiellement, mais bien assez pour que son Voltigeur refuse de rentrer tout de suite. Il y a fort à faire, de toute façon, ici. Entre les Faës à raccompagner à la frontière, les membres de l’Ordre du Jugement qui se cachent peut-être encore, les témoins à interroger... Alors quand il termine de faire son rapport, Mayeul se rend là où il peut être utile. Travailler, faire quelque chose, pour éviter de penser à quel point Mathilde lui manque, de ce manque poignant et intense qui l’empêche de respirer. Oublier, également, que le réconfort qu’il cherche se trouve dans ses affaires, à côté de cette chemise d’un autre temps qui porte l’odeur d’une Voltigeuse dont il a bien du mal à comprendre les réactions.

Mais il a promis à Mathilde de ne plus toucher à rien. De la laisser partir, puisqu’elle est morte, et qu’il est temps qu’il aille de l’avant. Temps que sa vie reprenne son cours normal, celui qu’elle avait avant de complètement s’écrouler après la mort de Mathilde. Qu’il redevienne celui qu’il avait été. Mais il n’est plus ce jeune homme là, il le sait. Il ne peut plus l’être. Alors oui, c’est plus facile de s’occuper plutôt que de se pencher sur son malheur. Sauf que les médecins, visiblement, ne l’entendent pas de cette oreille, et que l’un deux menace d’en référer plus haut s’il ne s’installe pas et ne se fait pas soigner.

Alors il s’est laissé faire. Forcé à l’immobilité, à la patience, alors qu’il est déjà resté si longtemps inutile après le tournoi. Il n’en peut plus, le Voltigeur, d’être celui que l’on soigne. Déjà que Marianne l’agace quand elle bande ses plaies, alors les autres ! Et forcément, durant l’attente, ses pensées se sont tournées vers Mathilde. Nuage le sait bien, de quoi son Voltigeur a besoin, mais lui aussi est forcé au repos.

Mélodie arrive à point nommé, en vérité. Le Voltigeur relève la tête quand une pomme atterit sur ses genoux, ses yeux croisant ceux de la jeune femme, et il esquisse un geste vague en direction du sang qui macule ses vêtements, là où la lame d’un assaillant l’a surprise. « C’est une égratignure, à peine. Comparé à bien d’autres ... » Il s’arrête au milieu de sa phrase, haussant les épaules. Inutile de continuer, n’est-ce pas ? L’Ordre du jugement n’a pas fait preuve de clémence, et nombreux sont les blessés graves et les morts. La Samhain, moment de recueillement, a été injustement bafouée dans son essence même.

Son esprit un peu embrouillé par la fatigue finit par se faire un peu moins nuageux, et Mayeul observe la jeune femme d’un air dubitatif. Elle était là, elle aussi, dans le passé. Elle est peut-être celle qui a créé la Rose Écarlate, où tout du moins, y a contribué un peu. Et il se souvient d’avoir été un peu agressif envers elle. Quoiqu’il ne s’excusera pas : elle a eu de la chance, mais elle aurait pu tout aussi bien les faire tuer, tous. Ruiner à jamais leur monde actuel. S'emparant de la pomme offerte, il en croque un morceau. « Tu as bien failli nous faire tuer, mais ceci dit, je suis heureux que tu sois en vie aussi. » Il y a eu bien trop de morts, ces derniers jours. Se décalant sur le brancard, Mayeul tapote la place libre à côté de lui, dans un geste d’invite, avant de reprendre. « J’ai besoin de me distraire les idées, et je ne suis pas le seul, j’imagine. » Il marqua une pause, la curiosité visible dans ses yeux bruns. « Lagrance, Sombreciel... Tu projettes d’écrire un guide de voyage, où alors tu aimes simplement visiter ? » Il esquisse un pâle sourire, bien loin de celui qu’il aborde habituellement, mais c’est toujours mieux que rien.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyDim 4 Déc - 22:02

Je lui lance un pauvre sourire lorsque sa phrase s’étrangle dans les évidences. Oui, il y avait eu pire, il y avait même eu des morts, des amputations. Enfin sans doute, je ne m’étais pas éternisée sur le champ de bataille pour voir toutes ces horreurs. Bien consciente que jamais je ne pourrais les oublier. Déjà que ces derniers évènements me hanteraient avec force pendant quelque temps, je ne voulais pas rajouter plus de pierres à mon fardeau.

-Tu as le droit de t’en réjouir tu sais. D’une certaine manière, on peut dire que tu le dois à ceux qui n’ont pas eu ta chance, ou ton adresse.

Je lui lance un petit clin d’œil moqueur. Qu’il profite, je ne comptais pas flatter son ego indéfiniment. Mais le voir si malheureux me poussait à le réconforter. Il tranchait tellement avec l’insouciance qu’il avait affichée à Lagrance qu’on aurait dit un autre homme. Quoi que… Ses tourments, ils les avaient laissés transparaitre lorsque j’avais accusé le duc de ces sacrifices ignobles.
Je suis un peu rassurée de le voir manger la pomme. La pauvre aurait été bien seule s’il s’était contenté de la faire tomber par terre d’un air grognon et je l’aurais certainement mal pris. En attendant, s’il mangeait, c’est que ça n’allait pas si mal que ça, finalement. Ses mots me font froncer un peu les sourcils. Une mine boudeuse s’accroche à mon visage.

-Tous nous faire tuer ? Quand ça ? Je prends néanmoins le temps de réfléchir. Tu parles de Stellaire ? Tu avais une meilleure idée peut-être ? Mentir à un être qui peut lire tes pensées de gré ou de force. Je claque ma langue contre mon palais. Désolée, mais je ne suis pas certaine que ça aurait été la solution, la demi-vérité non plus. Crois-moi, je connais le mensonge et c’était la dernière chose dont nous aurions eu besoin.

Légère, je me rapproche de lui, avec douceur je m’assoie à coté de lui sur sa banquette de fortune. Je ne voulais pas l’effaroucher et vu le stresse qui était encore palpable dans le camp, je préférais éviter tout quiproquo. Même s’il m’y avait invité. Je croise mes jambes en tailleurs et me tortillant pour mieux lui faire face. Un sourire se dessinant sur mes lèvres, oui, une distraction serait merveilleuse.

-Je ne dors bien que par épuisement de ces derniers jours. Donc, non tu n’es pas le seul à vouloir penser à autre chose.

Malgré tout, j’éclate de rire à sa question. Je ne m’y étais pas attendue et la façon dont il semblait me voir était toute à fait inédite. C’était une façon intéressante d’aborder le sujet et de faire connaissance. Hésitant entre vérité et mensonge. J’opte pour la première, du moins pour le moment. Avec les circonstances actuelles, la fatigue et l’angoisse, mentir me semblait complètement déplacé. Pas devant quelqu’un qui semblait aussi pathétique que moi, pas quelqu’un que j’avais accosté ainsi, je n’avais pas envie de le tromper. Pas encore du moins et pas maintenant.

- Qui sait....Et je pense que tu peux rajouter les catacombes de Lorgol. C’était bien toi n’est-ce pas, au début, non? Sinon, pour te répondre, j’aime voyager, je n’ai rien ni personne qui m’attend où que ce soit. Alors, je profite quand je le peux et… Sombreciel… c’est un peu particulier, c’était pour la Samhain. Nous avons tous des âmes à honorer. J’étais venue pour ça à la base, plus que pour tenter de draguer un dragon après un saut dans le passé. Je crois qu’il me manque un peu de… charisme pour ça, ou de masse… c’est au choix.

Sans lui demander son avis, je reprends ma pomme croquant dedans avant de la lui rendre. Je prends le temps de déguster tranquillement.

-C’est très frustrant, parce que je ne peux te renvoyer la question. Tu me répondras simplement qu’un Voltigeur voyage et c’est tout. C’est beaucoup moins drôle. Du coup, pour te faire pardonner, raconte-moi quelque chose d’équivalent. Je suis gentille, je te laisse le choix.
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyVen 9 Déc - 22:00

Mélodie comprit bien vite à quoi il faisait allusion, en parlant de presque être tuer. Une meilleure solution ? Non, il n’en avait pas sur le coup, mais il n’a guère envie de lui avouer qu’elle a raison, alors qu’il est persuadé qu’il y avait d’autres solutions que de faire ce qu’elle a fait. Il n’est pas un menteur patenté, mais pourtant, ce qu’elle a avoué lui semble avoir été une erreur. Enfin, inutile de revenir là-dessus, n’est-ce pas ? Encore une fois, comme en Lagrance, ils ne seront pas d’accord, et n’ont probablement pas l’énergie de faire valoir leurs points de vue. Surtout que, Mayeul l’admet bien volontiers, il n’a aucun argument recevable.

Et puis, s’ils se disputaient, elle n’accueillerait pas avec autant de légèreté sa proposition de discuter un peu, et de se changer les idées. Elle aussi en a bien besoin : dormir par épuisement, le Voltigeur sait exactement ce que c’est. Et puisque le sujet vérité et mensonge à dire à stellaire est plutôt risqué, il préfère opter pour quelque chose d’autre. Sa présence ici, par exemple. Mélodie semble trouver amusante sa façon de formuler la chose, et il acquiesce, Mayeul, quand elle parle des catacombes de Lorgol. Oui, c’était bien lui. Blessé, perdu, mais bien lui. Son épaule a presque guérie, maintenant, mais elle reste parfois douloureuse. Il écoute avec attention l’explication de la jeune femme. Oui, elle a raison, ils ont tous des âmes à honorer. Il ne se rappelle que vaguement du fantôme qui se trouvait aux côtés de la jeune femme, et il se garde bien de poser la question. Le sujet est encore trop douloureux pour être abordé, de son point de vue du moins. « Hé ! » Râle-t-il quand elle lui reprend la pomme pour croquer dedans, mutine. Elle la lui redonne, et il la contemple sans vraiment savoir quoi en faire. Puis décide de mordre dedans, tout en écoutant Mélodie continuer à parler.

« Quelle générosité. » Réponds Mayeul avec un sourire narquois, heureux pourtant de se changer les esprits durant quelques minutes. « Mais tu te trompes sur mon compte, je ne voyage pas tant que ça. Je suis Voltigeur à Euphoria, et le domaine de mes parents est situé près de la frontière lagrane. Nous avions l’habitude d’aller en famille au Festival quand j’étais enfant, j’ai juste tenu à honorer la tradition. » Il a des raisons de s’y trouver, en tout cas. Plus qu’elle, visiblement.  « Quant à Lorgol, j’ai étudié à l’académie, alors, je suppose que c’est un endroit auquel je suis attaché. Et j’avais mon épaule à soigner, après ce qu’il s’est passé en Bellifère. »

Le Voltigeur croisa le regard de Mélodie, avant d’éclater de rire. Un son presque étrange, qui tranchait avec les mines sombres environnantes, et même la sienne, quelques secondes auparavant. Mais vraiment ... « Ne me dis pas que tu étais en Bellifère, parce que sinon, je vais réellement croire que c’est toi qui me porte malchance ! » Son fou-rire s’achève bien vite, et la main du voltigeur s’attarde presque inconsciemment sur son épaule douloureuse, vestige du traitement que lui a infligé Maelys dans l’arène. « Ne te vexe pas, mais vraiment, tu es étrange. Bien peu sont ceux à appeler les dragons de la Rose par leur nom, même s’ils sont mille ans plus jeune. »

Il laisse passer un bref moment, avant de reprendre la parole. « Je m’appelle Mayeul, au fait. J’imagine que tu le sais déjà, ou que tu l’a entendu, mais j’ai toujours eu un faible pour les présentations correctes. » avoue le Voltigeur. « Mais si cela t’intéresse, dans ma tête, tu es la belle inconnue qui vole des pommes , tient tête aux dragons et gifle les Chevaucheurs. Ce qui me convient parfaitement, comme nom, sauf si tu en a un plus court. » Une conversation légère, il est capable de la soutenir sans soucis, Mayeul. Rire lui a fait du bien, et même si l’absence de Mathilde ne sort pas de son esprit, il se concentre sur la conversation. Parce qu’honnêtement, il est tellement fatigué qu’il ne peut guère faire autrement.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptySam 10 Déc - 10:24

Il nargue le voltigeur, usant de son charme sans qu’il ne s’en rende compte. J’écoute, amusée, heureuse de pouvoir m’évader le temps d’une conversation. Ereintée, les souvenirs plein la tête, passé lointain et proche se confondant en une affreuse cacophonie.
Je me rendais compte à cet instant que cette discussion était terriblement bienvenue, bien plus que ce à quoi je m’étais attendue. Je n’avais pas encore eu le temps de véritablement me poser et les dernières personnes avec qui j’avais parlé n’avaient pas été des plus agréables. Ors, je ne voulais plus penser à l’Ordre, au Sablier et aux fantômes.

Il fallait que je retrouve un équilibre. J’étais fatiguée que les évènements me poussent et mes désarticulent au gré des humeurs du Destin. Assise là, près du sourire mutin de l’homme, j’y trouvais une présence étonnamment réconfortante. Nous cachions chacun nos blessures pour que l’autre les soulage par son ignorance. Cela faisait un bien fou et je sentais doucement mes épaules se décontracter à mesure que nous parlions, que nous nous cherchions, joueur et désireux d’oublier ce monde chaotique qui ne nous convenait pas.

-J’aurais pensé que tu avais bougé plus que ça. Tu n’as pas vraiment l’air d’être le genre de personne à rester assis bien tranquillement dans une classe à écouter ce qu’on lui dit. Mais bon, après tout, pourquoi pas, je ne te connais pas vraiment.

Son rire résonne et je le regarde surprise. Ce son se répercute autour de nous, m’enveloppant agréablement. Un sourire doux se dessine sur mon visage en réponse. Je croise les bras lorsqu’il m’explique le cheminement de ses pensées, le pourquoi de cette étrange hilarité. Une ombre passe, douloureuse et écorchant au passage ma poitrine, puis mes yeux se reportent sur le visage du Voltigeur et je la sens s’éloigner avec ses méchantes griffes.

-Hé, ce n’est pas drôle. J’y étais, et crois-moi, j’aurais préféré être ailleurs. J’ai failli y rester figure-toi !
M’exclamais-je d’un ton faussement offensé.

Ma tête se penche légèrement, me vexer ? Je pouffe légèrement, la silhouette du Voltigeur faisant rempart aux mauvais souvenirs, les faisant fuir avec son rire. Il en fallait bien plus que ça. Je ne voyais pas en quoi j’étais étrange, il n’avait simplement pas eu à côtoyer la même misère que moi, à supposer qu’il connaisse le réel sens de ce mot. Il était normal qu’elle m’ait laissé des séquelles me poussant avoir des considérations bien éloignées que celle d’un Voltigeur.

-Ça ne me vexe pas. Tu sais, j’ai déjà du mal avec les bonnes mœurs humaines, alors draconique n’en parlons pas. Puis, c’est justement parce que ce dragon-ci en particulier m’a sauvé la peau en Bellifère que je suis encore là. S’il s’est donné la peine de m’aider et de m’écouter, je ne vois pas pourquoi il irait se formaliser d’un parlé un peu cru et sans manière…. En plus… Les dragons ont une compréhension du monde qui … est vraiment…particulière, je crois.
Dis-je en me remémorant Stellaire et son collègue en train de provoquer une tempête dans les tribunes.

J’incline légèrement la tête à sa présentation. Amusée par cette soudaine solennité. Riant plus franchement à sa description. Je replace quelque mèche derrière mon oreille en le regardant d’en dessous, souriante.

-Flattée de cette présentation, mais je me contenterais de gifleuse de Chevaucheur. J’aime bien ce titre. Ça ne lui aura pas fait de mal, ils ont souvent beaucoup trop d’orgueil, comme ça, je lui ai évité une explosion prématurée de cheville. Mais, si tu le souhaites, tu peux aussi m’appeler Mélodie. Ça sera peut-être plus pratique.

Comme toute personne, j’aimais à être complimentée et ce n’était pas si souvent que la chose pouvait arriver. Je prenais donc ses paroles avec plaisir, mais sans plus. Mayeul était un homme charmeur, il l’avait déjà montré en Lagrance. C’était une seconde nature chez lui et ses louanges n’étaient pas à prendre avec le plus grand des sérieux. Ils sortaient ces mots avec la même aisance qu’une formule de politesse, il n’y avait rien de plus derrière. Il avait dû en faire chavirer des cœurs avec ce visage et ces paroles enrobées d’un miel alléchant.

-Tu n’avais pas l’air de t’entendre avec cela dit. Les Chevaucheurs et Voltigeurs sont-ils toujours autant en compétition ou c’est seulement vous deux ? C’était assez drôle à voir cela dit.

Comme deux coqs se disputant l’attention de la belle aveugle et des paysannes. Un concours muet dont l’orgueil était le seul juge. Finalement, j’avais été celle qui avait été la plus virulente, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que ce soit leur rivalité qui n’éclate en une franche animosité.

-Sans mentir, tu dois avoir une sale opinion de moi, non ? Tu as l’air de désapprouver tous les choix que j’ai pris qu’il t’a été donné de voir. Stellaire, le Chevaucheur,  ce que j’avais dit sur le Duc de Lagrance. Promis, je ne te giflerais pas, tu peux parler sans crainte.

Je lui souris en lui offrant le visage le plus innocent que j’étais capable de faire en ces circonstances.
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyVen 16 Déc - 21:53

Elle n’a pas tort, Mélodie : Mayeul n’a pas vraiment le profil de l’étudiant type. Et pourtant, il sait être calme et attentif, et rester penché des heures sur un sujet qui le passionne ne le dérange absolument pas; certes, il est infatigable, et impatient, mais pour peu que quelque chose retienne suffisamment son attention, Mayeul sait parfaitement s’adapter. Ou savait. Il ne sait plus vraiment où il en est, de toute façon. Pas depuis la mort de Mathilde. Et encore moins après ce que son fantôme lui a dit. « Les apparences sont trompeuses, dit-on. Je sais être très sage, pour peu que j’en ai envie. » Et il en avait eu envie, à cette époque. L’Académie l’avait passionné, véritablement, et il savait être attentif... Tant que l’on ne lui reprochait pas de se défouler autrement. Les rues de Lorgol avaient abrité ses premières bêtises sérieuses, seul ou accompagné.

Le ton offensé pris par la jeune femme lors de son accusation redouble son fou-rire, et l’incongruité de la chose. Elle y était, elle aussi ? Il l’ignorait, et c’était plutôt logique : il était plutôt occupé, à chacune de ses sorties, le Voltigeur. Lui aussi, avait failli mourir, plusieurs fois même. Il n’avait pas oublié le choc des canons, sa chute, et le dernier acte, tandis qu’il s’occupait d’essayer de massacrer ceux qui, quelques jours auparavant, il avait appelé camarades. Son rire s’estompe bien vite, et la conversation reprend, plus légère, plus agréable. Plus nécessaire, peut-être aussi, pour effacer les douleurs et la mort qui semblaient s’accrocher à eux.

Il ne l’a pas vexé, en tout cas. Bien. Mayeul se contente d’incliner la tête à sa réponse, réfléchissant. Il ne s’y connaît guère en dragon, alors, peut-être bien qu’elle dit la vérité. Franchement, il l’ignore, et ne s’en préoccupe pas plus que ça. Un roucoulement lui fait lever la tête, mais Nuage se repose encore, lui aussi durement mis à l’épreuve par l’attaque soudaine de l’Ordre du jugement. Que le griffon goûte un peu au repos, lui aussi, cela ne lui fera aucun mal. Il se retourne ensuite vers Mélodie, préférant enchaîner sur des présentations plus officielles que celles qu’ils ont eu, chacun, pour le moment. « Mélodie, c’est effectivement plus pratique. Et il la méritait, cette gifle. » Disons que Mayeul préférait qu’elle tombe sur Thomas plutôt que sur lui. « Et soit dit entre-nous, celle qui l’accompagne a des manières déplorables, alors, il doit être habitué. » Non, il n’a pas oublié - ou pardonné - la manière dont Cassiopée a écrasé les pieds de Liselotte et les siens en échange de leur baiser de bienvenue. Fichus Faës !

« Et non, c’était juste pour s’amuser un peu. De toute façon, avec ce qu’il s’est passé... les relations entre Chevaucheurs et Voltigeurs ne sont pas des plus amicales. Mais crois-moi, c’était juste pour rire un peu, ce n’était pas vraiment sérieux. » Réellement, ce n’était pas sérieux. Se disputer l’attention de ces dames étaient un passe-temps plus qu’une réelle ambition, le jour là. La soudaine réplique de Mélodie l’interpelle, avant qu’il ne la regarde avec amusement. « Une promesse est un pacte avec Levor, rappelles-toi. » Il reprend pourtant, plus sérieux. « Et détrompe-toi, je n’ai pas de mauvaise opinion sur toi. Certes, je n’aurais pas fait les mêmes choix, mais les tiens ne sont pas mauvais pour autant. Je ne suis pas imbu de moi-même au point de croire avoir toujours raison. » Regardant autour de lui, Mayeul souffle à la jeune femme d’un air conspirateur. « Mais ne dit à personne que j’ai dit ça, tu veux ? »

Mayeul se mit assis un peu plus confortablement, réprimant une grimace lorsque le mouvement réveilla ses blessures, avant de s’expliquer. « Tu m’intrigues, en fait. Réellement. Et même si je pense que nous ne seront jamais d’accord sur aucuns sujets, et bien... J’aime bien confronter mon avis à un point de vue totalement différent. D’ailleurs, tu ne m’as pas dit : tu viens d’où, Mélodie ? » Les expériences passées forgent les gens et les caractères, mais leur endroit de naissance aussi. Peut-être que repenser à ses années à l’académie fait ressortir le féru de psychologie qu’il était plus jeune, après tout. Le Voltigeur croque à nouveau dans sa pomme, hésitant une brève seconde avant de tendre ce qu’il reste à Mélodie. C’était sa pomme, après tout, ils peuvent bien partager.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyMer 21 Déc - 21:06

Les mots du Voltigeur me conviennent parfaitement, s’harmonisant avec mes convictions. Oui, il l’avait mérité, il n’aurait pas dû intervenir.
Je me renfrogne un instant en repensant à ces évènements. C’était comme si la mort me pourchassait, comme si elle planait au-dessus de moi, collectant les âmes pour Sithis et me laissant dans une froide oppression. Elle faisait partie de ma vie depuis bien longtemps maintenant, je l’avais connu trop jeune et depuis, elle semblait incapable de me laisser vivre sans sa présence. J’étais bien peu de choses, je n’étais pas forcément intelligente, ni très instruite, mais dans ces conditions, comment ne pas croire qu’il s’agissait d’un message ? D’une mise en garde, me disant de profiter tant que je le pouvais, car je risquais fort de ne pas pouvoir le faire très longtemps ?
Un frisson parcourt mon corps et je me frotte les bras pour le faire partir. Ainsi, peut-être que ces noires pensées s’en iraient aussi ? Je ne trouve comme échappatoire que le regard de Mayeul et je m’y plonge, volant son amusement passager pour le faire mien. C’était faux, mais qui le saurait ? Personne, s’en priver aurait été stupide.

Je m’absorbe dans la conversation, posant des questions sans intérêts, mais qui avaient réellement piqué ma curiosité. Je trouvais ça étrange que les Chevaucheurs et les Voltigeurs soient si proche, de par leur fonction, et pourtant qu’ils se fassent fronts avec autant d’acharnement pour prouver qu’ils étaient les meilleurs. Ils n’avaient pas les mêmes montures, avaient des savoir-faire différents, ils n’étaient pas comparables et pourtant… Ils s’évertuaient à vouloir l’être. C’était comme si voleurs du charme, de l’escalade et de la stratégie commençaient à se faire la guerre et à vanter leur exploit en se clamant meilleur que les autres… Bon…c’est vrai, il y en avait toujours pour ça…mais ça restait quand même très con.

C’est avec cet étrange constat que j’en viens à demander l’avis de Mayeul. Je me souvenais clairement des mines sombres quand je m’étais avancée, certains avaient eu un mouvement pour me retenir, mais craignant le courroux du dragon, n’avaient pas osé aller plus loin. Son avis… dans le fond, je m’en fichais, qu’il me fasse des reproches ou des louages n’auraient rien changé à mon jugement et si je devais le refaire, je le referais.
A mon sens, ça avait été la seule et unique solution possible.
Mais, malgré tout, cela ne m’empêchait pas de vouloir savoir. La curiosité était une horrible manie, elle s’immisçait de partout, semait des idées, revenait de temps à autres pour les faire germer et grandir. Si bien qu’une fois en route, il devenait impossible de lutter. Je l’aimais bien, cette compagne capricieuse, je la laissais donc faire à sa guise, même si j’avais dû essuyer quelques revers malheureux à cause d’elle.

Sa réponse fut une surprise. Pas de leçon de morale, ni de compliment exagéré. Une vérité toute simple et étonnamment pleine de bon sens. Je n’aurais pas cru entendre ça de sa part. Bon, il était vrai que je ne le connaissais pas, mais tout de même. Le peu que j’avais vu m’avait laissé une impression de légèreté très peu prompte à de tels discours.

-Si je fais ça, alors tu me devras une faveur. Est-ce que tu t’en rends compte ?

Je lui lance un clin d’œil, amusée. Moitié joueuse, moitié sérieuse. Il était dangereux de demander un service à un voleur, même s’il n’en était pas conscient. Je n’étais pas encore certaine qu’il soit assez digne de confiance pour pouvoir me comporter de la même façon avec lui et…. J’avais aussi, clairement, besoin de le taquiner. C’était ma façon à moi de décompresser, à défaut de pouvoir encore rentrer chez moi et d’user de ma force jusqu'à m’en vider l’esprit en escaladant les tours de Lorgol.

-Je…t’intrigue ? Répétais-je en fronçant les sourcils.

J’étais incapable de dire s’il était sérieux ou non, comme je n’avais pas la moindre idée de comment prendre cet aveu. C’était bien la première fois qu’on me disait une telle chose. En général, on me hurlait plutôt dessus pour avoir volé une bourse mal attachée à une ceinture. Je savais susciter bien des choses, l’agacement prenant souvent l’ascendance sur tout le reste, mais de là à parler d’être intrigante… c’était une première…

-Hé bien, je pense te décevoir alors. Je ne suis qu’une simple fille du peuple venant de la Ville Basse de Lorgol. Il n’y a rien de bien merveilleux là-dedans, je le crains.
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyJeu 22 Déc - 22:44

La jeune femme se frotte les bras, saisie d’un frisson, et le mouvement ne passe pas inaperçu aux yeux du Voltigeur. Il porte encore la chemise donnée - jetée - par Reja et il ne lui vient pas à l’idée de s’en séparer, mais il fait signe à un autre Voltigeur qui passe par là, lui demandant de lui apporter une couverture. Après tout, Mayeul est blessé, et il est tenu de rester immobile sur ce brancard jusqu’à ce qu’on le soigne, ce qui l’agace fortement. Alors oui, cette conversation est une bouffée d’air bienvenue, un moyen efficace de tromper l’ennui tout en discutant et en confrontant ses idées à celle de quelqu’un d’autre.

Car plus différents que Mélodie et lui, c’est difficile. Ils n’ont tellement pas les mêmes convictions que c’est un miracle qu’ils ne se disputent pas. Ou peut-être qu’ils sont trop fatigués pour cela, après l’éprouvante épreuve que fût ces derniers jours. Dans tous les cas, Mayeul n’en a pas la volonté, et il se contente d’écouter sagement la jeune femme. Le Voltigeur de tout à l’heure revient avec la couverture demandée, et il le remercie avant de la lancer avec habileté à Mélodie. « Met ça, les soirées sont froides par ici. » Indiqua-t-il, gesticulant sur le brancard pour trouver une position qui tire moins sur sa blessure.

La remarque de la jeune femme, et son clin d’œil, le fait doucement rire. Une faveur ? Pour qu’elle garde le silence ? « Et le fait de ruiner ma réputation de Cielsombrois arrogant et sûr de lui ne te culpabiliserait même pas ? » Demande-t-il, avant de reprendre avec amusement. « Parfait. Dis moi ce que tu désires, et je verrais si je peux te l’obtenir. » Pas une promesse, mais presque. Parce que non, il ne se doutait pas qu’il parlait avec une voleuse de la Cour des Miracles, Mayeul. Il avait bien trouvé ça étrange que l’homme fasse tomber la lettre à Arc-En-Fleur, mais cela n’avait pas éveillé ses soupçons plus que nécessaire. Pourquoi ? Mélodie n’avait pas l’air dangereuse, de toute façon, pas assez pour qu’il se méfie d’elle.

La réponse suivante de la jeune femme, pourtant, le fit redevenir sérieux. Il la dévisagea un instant, silencieux, avant de s’expliquer. « Pour une simple fille du peuple, comme tu dis, tu es drôlement agile. » Elle comprendra sans peine qu’il fait mention du concours d’agilité, des lustres plus tôt. « Alors certes, Grâce et moi nous nous remettons encore des blessures reçues à Hacheclair, mais cela n’enlève rien à ton mérite, crois moi. Tu étais impressionnante. » Réellement, même s’il a ragé d’avoir perdu, il sait qu’elle l’a battu, Mayeul. Presque à la loyale. Faire mention des événements de Hacheclair lui fait porter sa main à son épaule, presque inconsciemment, à cet endroit où la poussée de Maelys lui a fait heurter le bouclier de magie. La douleur s’est estompée, depuis le temps - la fin de sa convalescence arrive - mais c’est une douleur fantôme qui, il le sait, ne le quittera pas de sitôt. « Et donc, Stellaire. Pas toutes les filles du peuple sont sauvés par la Rose Ecarlate. »

Lui aussi a été sauvé par la Rose, il y a plusieurs mois. Mais le sujet est trop compliqué pour qu’il l’aborde. Comment expliquer sa chute, sous l’emprise de ces drogues qu’il consomme sans s’arrêter ? Qu’il a promis d’arrêter, pourtant, au fantôme de Mathilde. La douleur de l’absence de sa sœur lui serre le cœur, soudain, et ses yeux se font plus vagues, plus lointain. D’un air absent, Mayeul joue avec la chemise qu’il porte, plongé dans de bien sombres pensées. « Tu as quel âge, Mélodie ? » C’est stupide, comme question, et complètement hors de propos. Il le sait bien, Mayeul. Mais... Est-ce qu’elle a côtoyé Mathilde, Mélodie ? Lorgol est immense, et il sait que la chance est infime, mais il a besoin de poser cette question, aussi stupide qu’elle soit. Mélodie ne fera pas le rapprochement avec le fantôme qui l’accompagnait, il le sait. Il l’espère du moins.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptySam 24 Déc - 13:54

Une étrange lueur s’allume dans mes prunelles, de l’amusement ? Oui, c’en était, ainsi qu’une sorte de soulagement. Il avait mal interprété un geste anodin, mais trahissant de sombres pensées et une plaie, une faiblesse béante. Cela ne me dérangeait pas de paraître fragile, j’en jouais plus souvent qu’à mon tour, mais c’était les questions que je voulais à tout prix éviter.
Aussi, je me pelotonne dans la couverture avec reconnaissance, me donnant l’impression d’être un chat ronronnant sur un coussin bien confortable. Je remercie le Voltigeur d’un signe de tête. S’il ne faisait pas particulièrement froid, il ne faisait pas chaud non plus et la couverture était en train de m’apporter une chaleur étonnamment réconfortante.

Il était temps de rentrer parmi mes rues aux bâtiments délabrés. J’avais besoin de chaleur humaine, de la considération des miens et des mains rugueuses me touchant en des gestes de soutiens discrets, mais tellement apaisants. Oui, la Cour des Miracles c’était ça aussi. Mille et uns détails, mille et uns regards, des gestes timides, des effleurements presque invisibles et pourtant porteurs de mille mots.

Je fais une moue, en réfléchissant à ce que je pouvais bien lui demander. La seule réponse qui me vint fut de dormir. C’était un besoin impérieux, il bondissait dans mon crâne avec un tel enthousiasme qu’il me faisait presque mal. Je ne pouvais et voulais, décidément, pas lui dire cela.
Mon pouce vint s’égarer sur mes lèvres, signe de ma réflexion. Force était de constater que je n’avais pas encore totalement récupéré. Impossible de trouver une autre idée tant cela tournait à l’obsession. Dormir, repos, détente.
Puis, enfin, je trouvais quelque chose à me mettre sur la dent, même si, à mon sens, c’était peine perdue.
Mais… pourquoi pas ?

-Je veux voler à dos de griffons !

J’étais curieuse de voir s’il accepterait cette requête qui avait tous les attraits d’une demande terriblement enfantine. J’en prenais d’ailleurs l’aspect, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants de joie, m’apprêtant à sur jouer la déception si je devais essuyer refus. Car si refus il y avait, il faudrait forcément une compensation pour la peine occasionnée non ? Ce n’était qu’un juste retour des choses.

Mon ego, quant à lui, aimait le jeune homme. Il se gorgeait de ses compliments ronronnant joyeusement à chaque parole pour lui faire les yeux doux, lui intimant de continuer sur cette route, de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Dieux qu’il était agaçant, le pire c’est que je n’avais, dans le fond, aucune envie de faire taire ce prétentieux rayonnant de plaisir. J’espérais simplement que cela ne se verrait pas trop. Être sensible à la flagornerie pouvait s’avérer dangereusement stupide, mais… c’était quand même bien agréable.
Je ris tout de même lorsqu’il prend la peine de me rappeler l’état diminué dans lequel il se trouvait avec sa camarade.

-C’est que tu n’as jamais grandi dans la Ville Basse, tous les gamins de la rue sont bien obligés d’apprendre à se débrouiller. C’est pas vraiment l’endroit le plus sûr du monde, si tu vois ce que je veux dire.

Même si les méchants n’étaient certainement pas ceux auxquels le Voltigeurs penserait. Pour moi, les forces de l’ordre étaient autrement plus terrifiantes que tous les pirates et autres malfrats qui traînaient dans la Ville Basse.

- Certes, mais après tout, ce n’est pas le job de la Rose que de protéger le peuple ? Puis…Pour tout te dire… C’est que … j’avais eu la merveilleuse idée de balancer ma bourse sur l’un des mages qui maintenaient cette foutue barrière…son copain a pas vraiment aimé. Je pense que c’était juste une coïncidence, il devait s’en occuper pour vous sauver et ça m’a aussi sorti du pétrin.


Mon visage affiche une mine un peu contrite. Ca avait été stupide…Certes, mais pour ma défense, je pensais que ce serait du un contre un. Ou tout du moins que cela le déstabiliserait assez pour arrêter son sort et que moi, je puisse détaler comme il fallait. Je n’avais pas du tout prévu qu’il s’en fiche royalement pour me faire attaquer par son copain.

-Huum, ça ne se fait pas de demander l’âge d’une femme. C’est donnant-donnant, tu me donnes le tien en retour alors. Je laisse un instant le silence s’installer. J’ai 26 ans. Pourquoi cette question au fait ?

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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyMar 27 Déc - 22:03

Mayeul regarde un moment la jeune femme se pelotonner sous la couverture, et songe que ses bras auraient tout aussi bien fait l’affaire. Mais il ne la connaît pas, et ne sait pas vraiment quelle sera sa réaction. Blessé comme il est, il ne peut pas réellement prendre de risque : sa - trop - longue convalescence après Hacheclair lui a servi de leçon, et il se montre un peu plus prudent, Mayeul. Il n’a pas envie de se retrouver encore cloué au sol pendant de longues semaines. Au moins le temps que ses blessures guérissent.

Il lui a proposé un échange, et la jeune femme semble perdue dans sa réflexion, avant de sortir une remarque triomphante. Voler à dos de griffon ? Sérieusement ? Mayeul n’est pas forcément contre l’idée, ceci dit, et il la partage à Nuage qui semble lui aussi enthousiaste. Il a aussi besoin de se dégourdir les ailes, et le faire avec une novice peut-être amusant. Même s’il a été blessé pendant l’attaque, il veut bien se prêter au jeu. Mayeul, pourtant, ne rate pas une occasion de marchander. « Et cela ne vous paraît pas un peu disproportionné ? Offrez-moi autre chose, et je verrais ce que je peux faire. » Mécontentement. Patience. Nuage n’en était pas ravi, lui qui étais enchanté par l’idée, mais Mayeul le supplia de patienter un peu avant de faire son apparition, voir ce que la jeune femme lui proposait en échange. Après tout, elle ne devait pas avoir si souvent l’occasion de demander ça à un Voltigeur, elle serait prête à un sacrifice, sûrement.

Leur petit jeu de questions-réponses ne s’arrête pas pour autant, et il acquiesce avec un sourire malicieux, le Voltigeur, refusant de montrer sa peine et son cœur qui se serre lorsqu’il évoque son enfance. Parce qu’elle est inexorablement liée à Mathilde, et que c’est douloureux, surtout après son départ. « J’ai grandi sur le domaine de mes parents, et la chose la plus dangereuse que j’ai faite a sûrement été de grimper sur le toit pour rejoindre la chambre de ma soeur. Mais il était haut, notre toit ! » Justifie-t-il avec un sourire, qui n’atteint pas ses yeux, pourtant. Mathilde. Mathilde lui manque terriblement, tellement qu’il en suffoque presque. Et pourtant, cela lui fait du bien de l’évoquer, en un sens. Comme si elle était là, à ses côtés.

Il a vécu une enfance protégée, Mayeul, évoluant au sein de la noblesse cielsombroise, rejoignant l’Académie par la suite. Ses parents n’étaient pas - et de loin - les parents les plus aimants et les plus protecteurs du monde, mais ils l’aimaient, il le sait. Et il avait eu Mathilde. Il n’imagine pas ce que ça peut-être, de grandir dans les rues, à risquer sa main pour un peu de nourriture. Il ne peut même pas l’imaginer, en réalité. Ce n’est pas son monde, tout simplement. Ce qui explique peut-être pourquoi Mélodie et lui sont en réalité si différent.

Et puis elle lui explique, pour le Tournoi. Mayeul secoue la tête en souriant. « Pour une fille qui a vécu dans la rue, excuses-moi de te le dire, mais tu n’as pas un instinct de protection très développé ! » Scepticisme. Oui, certes, il est Voltigeur et n’en possède pas non plus, mais ce n’est pas la peine de le mentionner. « Pour tout t’avouer, je ne me souviens pas de grand chose, si ce n’est de cette rage aveugle, et cette certitude que ce que je faisais était la seule chose à faire. » Il n’en a pas reparlé, Mayeul, à personne. Mais avec Mélodie, c’est bien plus simple : elle ne le connaît pas, ne sait rien de lui, et ne risque pas d’aller tout raconter à son major, ou au capitaine. « Le seul moment où j’ai constaté la présence d’un bouclier, c’est quand mon épaule, et mon crâne, se sont fracassé dessus. » Sa voix est presque détachée, et pourtant, les Dieu savent à quel point cela hante encore ses cauchemars. « Mais merci d’avoir aidé, alors. » Conclut-il avec un amusement feint.

La conversation semble prendre un tournant un peu plus sombre, et la question de Mayeul prend la jeune femme au dépourvu. Il faut bien avouer qu’elle est étrange, en vérité. Mayeul hésite un instant, avant de répondre avec franchise. « Pour savoir. J’ai été à l’Académie, puis à la Caserne de Serre, et ma sœur a habité Lorgol jusqu’à... Bref. Tu aurais pu être une de ses patientes, quoique je l’accompagnais souvent, et je me serais rappelé un visage aussi beau que le tien. » La complimente-t-il, glissant dans les propos charmeurs avec facilité. C’est un domaine qu’il maîtrise, celui-là. « Et une patiente amusante, charmante et délicieuse, elle me l’aurait forcément présenté. Et si tu veux tout savoir, j’ai 29 ans. Bientôt 30, d’ailleurs, dans plusieurs semaines. La tradition cielsombroise veut qu’on offre un baiser pour porter chance, et tu serais la première à m’offrir un baiser pour mes trente ans, si ça te dit. » Le sourire revient, teinté d’ironie, et les yeux du voltigeur brillent d’amusement. Il n’est pas sérieux. Mais si elle a envie d’y croire, il ne sera pas contre !


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyMer 28 Déc - 14:46

J’affiche une moue boudeuse. Le fourbe, il avait accepté pour ensuite me retirer le gâteau en me demandant de quoi ré équilibré la balance. J’étais presque tentée de lui faire remarquer qu’ayant eu l’immense privilège de me voir moitié nue durant le concours d’équilibre, cela valait largement la partie manquante de notre accord. Mais je m’en abstiens, craignant qu’il me demande à revoir cela de plus près. Cela ne m’aurait pas dérangée outre mesure, mais je rechignais à sortir de la chaleur bienfaisante de la couverture. Je n’avais pas vraiment de problème à montrer mon corps, mais je n’étais pas exhibitionniste pour autant. Bref…cela ne faisait pas avancer mon affaire. Je le scrute, cherchant une idée qui ne venait décidément pas.

-Je cherche… Je te dis dès que je trouve, mais si tu as une idée, je t’en prie, dis-moi.

Des idées, j’étais certaine qu’il en avait. Qu’il me les dise, ça c’était une autre histoire. Pour donner le change, je continue notre discussion, il se plie à l’exercice, répondant du tac au tac à chacune de mes phrases. Je ris doucement lorsqu’il me parle de sa sœur et de son incroyable échappé. Vraiment, la vie des nobles et des bourgeois étaient à des lieues de celle des gens qui vivaient dans la misère. S’il savait, s’il avait connu le monde comme je le connaissais, aurait-il quand même eu ce regard plein de reproche qui m’avait chauffé les omoplates un millénaire dans le passé ?

Allez savoir, mais je me rendais compte d’à quel point leur vie était paisible, à quel point grandir dans cet environnement, certain d’avoir à manger le lendemain, de ne pas craindre le froid de l’hiver ou la maladie pouvait sembler idyllique. Je le jalousais presque, je savais qu’une vie comme ça m’aurait épargné la lourde perte de ma mère, mais… En y réfléchissant…j’aimais ce que j’étais devenue, l’indépendance, la force. J’étais capable de choses que même ce Voltigeur ne pourrait faire sans l’aide de son griffon. Je dansais sur les hauteurs sans l’aide de personne ni d’aucunes ailes, je frayais avec le ciel et les hauteurs avec la seule force de mon corps. Dans un sens c’était assez satisfaisant de se savoir détenteur de possibilités qui n’étaient pas accessibles à tous, même de ces nobles, même de ces riches à l’abri du besoin.

De nouveau je ricane devant sa remarque. C’était vrai, mais vivre pour voir les gens mourir autour de soit n’était pas mieux…non ? Je savais mon geste stupide pour dire vrai, mais je n’avais pas envie qu’on me le fasse remarquer, je le faisais très bien toute seule. C’est pourquoi j’hausse les épaules tout en lui répondant.

-J’avais quelque chose à protéger, forcément, on agit différemment. Je n’avais pas non plus réfléchi au fait qu’il soit accompagné…. Je comptais… je ne sais pas trop en fait, mais pas me battre ça c’est sûr….ho !... C’était toi à ce moment là ? J’avais bien aperçu l’action, mais j’étais…occupée disons. Ca n’a pas dû te faire du bien…. Je n’y connais rien en magie, mais c’était une sacrée saloperie qu’ils ont lâché sur vous… J’hésite un instant. C’était pas de votre faute.
Finis-je par rajouter avec nonchalance.

C’était typiquement le genre de situation ou les victimes se sentaient coupables. Mais qu’auraient-ils pu faire d’autre ? Je me rappelle les évènements illusoires de l’Académie et frisonne. La magie était une sacrément monstrueuse quand elle était utilisée de cette façon.

-Ha ha, je pense que c’est la Rose qu’il faut remercier. Au final, j’ai été inutile et il a fallu qu’on vienne à mon secours. C’est pas vraiment glorieux en fait.

Un sourire douloureux étire mes lèvres. Un médecin, si seulement. Je n’avais jamais été malade, du moins, jamais rien qui ne demande à aller voir un docteur. La seule et unique fois où j’en avais eu besoin, ça n’avait pas été pour moi et sans doute sa sœur avait-elle été trop jeune pour que je sois allée quémander ses services. Des services que je n’avais guère pu me payer, une visite ou deux, tout au plus, même pas de quoi acheter des médicaments. De toute façon, ça avait été trop tard, le mal avait été dans son sang, ou quelque chose dans le genre. Je ne sais plus, ce dont je me rappelle c’est du regard réprobateur, sous-entendent que j’aurais dû venir plus tôt que le médecin m’avait lancé. Le même qui avait refusé de voir ma mère parce que je n’avais pas encore réussi à réunir toute la somme pour profiter de ses services. En d’autres circonstances, en d’autres lieux, peut-être aurais-je rencontré sa sœur, peut-être aurait-elle sauvé ma mère. Mais nous en revenions toujours au même sujet et le passé n’était pas modulable…Enfin…pouvais-je réellement, encore, tenir ce propos après avoir voyagé dans le temps ?

-Une patiente charmante et délicieuse dont que tu as l’air de réprouver régulièrement. Sûr que pour ton ego, avec le choc, tu aurais retenu. Je le taquine gentiment. Mais tu sais, qui dit gamin des rues dit pas d’argent et je n’aurais jamais pu me gérer les frais d’un médecin. Donc dans tous les cas, je pense que je n’aurais jamais pu la rencontrer. C’était…elle avec toi dans les souterrains ? Enfin, si tu ne veux pas en parler, je comprendrais.

C’était bien l’un des seuls sujets qui réussissait à réfréner, si ce n’était faire carrément fuir, ma curiosité. La mort était douloureuse, j’étais la première à fuir cette douleur quand je ne pouvais supporter la réalité en face. L’ignorance de Maëlys en était la preuve. Même si je ne cachais pas être orpheline, ce n’était pas un sujet que j’abordais. Cela prouvait également à quel point j’étais encore incapable de passer à autre chose. Mais peut-être que désormais… je le pouvais ? Que j’en avais le droit ?

-Hé bien, Monsieur le Voltigeur, si jamais tu recroises mon chemin le jour de ton anniversaire, tu auras ton baiser…. Du coup… n’est-ce pas suffisant comme contribution pour mon vol de griffon ?
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyJeu 29 Déc - 22:24

Elle n’a pas la moindre idée de quoi lui proposer en échange. Mayeul en a des tas lui, des idées, mais chacun de celles qui lui viennent à l’esprit sont aussitôt démontées par un Nuage outré. Bon, il va encore y réfléchir, parfait. De toute façon, il a le temps : il est cloué sur cette civière, en attendant que l’on s’occupe de lui, et autant dire qu’il n’est pas prioritaire. Les pensées du voltigeur s’échappent quelque peu vers son griffon, et ce dernier accepte de venir le rejoindre avec enthousiasme. Il aime bien, Nuage, faire de nouvelles rencontres. Il est curieux, le griffon, et ravi de se frotter à d’autres caractères que celui du voltigeur.

La conversation dévie sur Bellifère, Hacheclair et le tournoi. Mélodie avait quelque chose à prOtéger, et c’est pour ça qu’elle s’est lancé sur les mages de l’Ordre du jugement, sauvée par un dragon de la rose Ecarlate. Elle est chanceuse, la jeune acrobate, autant ne pas le nier. Elle s’étonne soudain que ce soit lui qui ait heurté le bouclier, le plaignant presque. Quelques mots qu’il réfute d’un geste, secouant la tête. « Je sais. Ce n’était pas ma faute. » Sa voix est un peu plus froide qu’il ne l’aurait voulu, sans doute, mais on le lui a répété tellement de fois ! Lui-même s’est répété ces mots tellement de fois qu’ils ont perdu tout leur sens. Si, c’était de sa faute. Il aurait dû combattre, il aurait dû... Faire quelque chose. « Je les aurais tué, tous, sans rien pouvoir y faire. » Murmure-t-il, si bas que Mélodie n’entendra peut-être même pas, avant d’enchaîner plus fort. « Je suis resté en convalescence un moment. Et oui, la Rose... Nuage m’a expliqué. »

Son griffon lui a montré les images de ce qu’il s’est passé dans l’arène, et en dehors. Après, quand il a été remis, quand il a pu un peu mieux appréhender ce qu’il s’était passé. La remarque de Mélodie lui arrache un sourire, et il hausse quelque peu les épaules, le Voltigeur. « Si ça peut te rassurer, je n’ai pas été très glorieux non plus. » Sinon, il aurait pu combattre la magie. Combattre l’illusion. Combattre cette certitude.

Leur conversation reprend, plus personnelle peut-être, plus douloureuse aussi. Elle lui a dit, Melodie, avoir besoin de fêter ses morts elle aussi. Mayeul s’est retenu de poser la question, pourtant : l’a-t-elle vu, le fantôme de l’être aimé, durant ces quelques jours ? Mais il a beau parfois - souvent - manquer de tact, le Voltigeur, il sait pourtant se tenir, et reste silencieux. La réponse de la jeune femme, pourtant, lui fait secouer la tête avec amusement. « Ce n’est tout de même pas de ma faute si tu fais des choses que les gens raisonnables réprouvent ! » Il ne se considère pas comme raisonnable, non plus, mais c’est un détail sur lequel il passe volontiers. Il hésite un peu à lui répondre, avant de pousser un long soupir. Mathilde... Aurait voulu qu’il parle d’elle. Elle le lui a bien dit, dans ces souterrains, qu’elle voulait qu’il avance. Qu’il ne se raccroche plus à elle. Peut-être qu’avec Mélodie, c’est l’occasion de s’y essayer ?

« C’était... Mathilde, oui. Ma sœur. Elle n’est... N’était... Pas comme ça, elle. Elle soignait les plus pauvres, parce qu’elle aimait ça. Elle disait que nos parents avaient bien réussi à nous élever sans grand chose, et que ce n’était pas la peine de chercher à gagner des centaines de fleurons. » Mayeul eut un sourire amusé à ce souvenir. « Elle avait de grands projets. Elle voulait créer un dispensaire, dans notre tour de la Ville Basse. Elle disait que quand je serais passé Capitaine, elle aurait largement les moyens, et piocherait sans regret dans ma paie. » Cela ne c’était jamais fait, et ne se fera probablement jamais, à son plus grand regret. « Lorgol, c’était un peu notre ville, à nous aussi. » Explique le Voltigeur, conscient pourtant que la Lorgol qu’il a appris à aimer ne sera jamais celle de Mélodie, probablement.

Il marque un temps d’arrêt, avant de demander. « Cela dit, je ne sais toujours pas ce que tu fais exactement, à Lorgol. » Même s’il en a quelques indices. « Et attendre jusqu’à mon anniversaire ? C’est un peu trop long pour moi ! » Un sentiment de fierté et de chaleur envahit soudain son esprit, et Nuage bondit soudain devant eux, sa tête plumeuse se posant contre la poitrine de son Voltigeur, manquant le renverser sous le choc. « Mélodie, Nuage, Nuage, Mélodie. » De brèves présentations, mais elles ne sot guère nécessaires, de toute façon. L’arrivée du griffon tombe à pic, et il enchaîne. « Alors ? Un baiser, tout de suite, contre un vol sur Nuage. » Agacement. Injustice. « Et un baiser à Nuage, aussi, alors. » Satisfaction.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyVen 30 Déc - 15:29

Je ricane lorsque le Voltigeur fait remarquer que lui non plus n’a pas été très efficace. Je n’avais pas vraiment cet avis sur la question, pour ma part, ceux de l’arène n’auraient rien pu faire. Peu importait les efforts qu’ils auraient pu fournir. La magie était une faculté difficile à contrer, alors quand plusieurs mages mêlaient leurs puissances pour arriver à leurs fins. Ils n’avaient eu aucune chance…vraiment. Se reposer sur les autres et compter sur leurs aident pour s’en sortir n’étaient pas une honte. Personne n’était mort, ils auraient déjà dû en être fiers. Mais je m’abstiens de le lui faire remarquer, il semblait à vif concernant cette histoire et sans doute était-il trop tôt pour qu’il en ait réellement le recul suffisant pour en parler sans amertume.

-Écoute, dis-toi que c’est toujours mieux d’être inutile à deux que tout seul. C’est pas forcément réjouissant, mais c’est mieux que rien.

La conversation continue et Mayeul s’offusque de mes remarques joueuses. Je bombe le torse, prenant l’air le plus digne dont j’étais capable. C'est-à-dire…. A peine plus qu’un enfant ayant réussi à faire un oiseau en papier. Mon corps était fatigué et courbatu pour faire mieux. Quelle piètre performance, c’était décevant.

-Mais… c’est beaucoup plus drôle ainsi, non ?

Et nous dérivons, j’ose lui demander concernant le fantôme et contre toute attente il me répond. La douleur tend son corps et fait écho à la mienne. Je ne peux que compatir devant ses blessures mises à nu qu’il daignait me montrer. Je ne peux m’empêcher de poser une main sur sa cuisse et de la presser doucement pour lui indiquer mon soutien. J’hésite même à lui parler de ma mère pour le soulager, pour lui dire qu’il n’était pas seul et que je comprenais sa peine…mais… à quoi bon ? Alors je me contente de me rapprocher un peu et de forcer un sourire douloureux sur mon visage.

-Et bien, s’il t’arrive un jour de la revoir durant la Samhain, remercie là de ma part pour avoir pensé à nous de la sorte et pour tous ces jolis projets.

J’ai à peine le temps d’émettre un gloussement amusé concernant son subit changement de sujet qu’une énorme tête vient s’insérer entre nous et s’appuyer joyeusement contre Mayeul. Un griffon, le sien je supposais. Le joyeux volatile me permet d’éluder la question du Voltigeur, ce petit était arrivé à point nommé et je ne peux qu’admirer la bête.
Les griffons faisaient moins peur que les dragons, il avait une carrure moins grandiose, il ne crachait pas de flammes. Cependant, je n’irai pas jusqu'à les sous-estimer, au-dessous du plumage duveteux on devinait une musculature puissante et une vigueur que la joie de Nuage mettait en évidence. Ho non, ne pas prendre au sérieux un griffon aurait été tout autant stupide que d’ignorer les grognements d’un dragon furieux.

-Ravie de te rencontrer Nuage. Je ris doucement. Très bien, un baiser pour chacun de vous, je consens à cette tache terriblement compliquée.

J’en profite pour poser ma main de part et d’autre de la tête de l’animal pour gouter à la douceur de son plumage, puis dépose un baiser sur le front de Nuage. Je me détourne ensuite de lui, me penche pour pouvoir me rapprocher de Mayeul et vient déposer mes lèvres sur les siennes. Il n’avait certes pas précisé où il voulait son bisou, j’aurais très bien pu m’amuser à le déposer sur son front à lui aussi, mais cela ne me semblait ni juste, ni très divertissant. Je n’étais pas aussi chaste.

-Êtes-vous satisfait mes seigneurs, dis-je malicieuse en regardant tour à tour Voltigeur et monture.
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyDim 1 Jan - 21:45

La remarque de Mélodie eut le don de le faire sourire. Mieux que rien ? En voilà une façon originale de présenter les choses. Mais elle a raison de ne pas trop creuser le sujet : Mayeul est encore mitigé sur le sujet, et il n’a pas encore réellement eu le temps de s’y pencher. Sa convalescence, rythmée par les visites des guérisseurs et la reprise des entraînements, n’a pas été un moment parfait pour se pencher sur ses problèmes de morale et de conscience. Pas alors qu’il s’inquiétait de son avenir. Peut-être devra-t-il finir par se pencher, mais le moment ne semble jamais être le bon.

Elle est amusante, la jeune femme, suffisamment pour lui donner envie de passer encore un moment à discuter en sa compagnie. Suffisamment aussi pour qu’il n’est pas envie de rester silencieux quand elle effleure le sujet de Mathilde. Il le sait, sa sœur veut qu’il parle. Qu’il guérisse, et quoi de meilleur que de se confier ? Ce n’est pas comme si ce qu’il lui raconte est réellement secret, après tout. Et même si c’est douloureux, il a l’impression que ça lui fait du bien, le Voltigeur. Mélodie ne se laisse pas tromper par son ton apparemment léger : en même temps, il le sait Mayeul, il n’est pas un très bon menteur. Elle lui presse la cuisse en u signe de soutien muet, et il lui lance un regard reconnaissant avant de hocher la tête. « Merci pour elle, mais je crois que je la reverrais pas. Elle a été assez claire là-dessus. » C’est presque un rire qui lui échappe, un rire qui menace de se transformer en sanglot qu’il maîtrise à grand peine . Elle lui manque tellement, Mathilde, mais en même, la revoir a été une bénédiction. Ce fantôme, c’était elle, sa Mathilde, sa sœur, son obstination et ses sages réprimandes inclus.

Mais Nuage est là, déjà, ses plumes duveteuses et ses yeux brillants d’intelligence, apportant son réconfort et sa joie communicative. Il se laisse câliner et embrassé par Mélodie, repliant sagement ses ailes et calmant son impatience du début. Il roucoule doucement devant l’attention de la jeune femme, avant de la regarder d’un air intéressé embrasser son Voltigeur. Quant à Mayeul, c’est plutôt un regard interloqué qu’il lance à la jeune femme, quelque peu persuadé qu’elle refuserait de l’embrasser. Comme quoi, il s’est bien trompé ! Il va pour lui répondre quand un médecin les interrompt soudain. Mayeul a presque oublié sa blessure, avec cette échange ! « On se donne rendez-vous près du lac, le temps qu’il s’occupe de moi ? En cas de chute, c’est toujours mieux de nager que de s’écraser au sol. » La taquina le Voltigeur, envoyant au griffon l’image du lac paisible autour duquel la fête avait si bien commencé.

Il blague, évidemment. Nuage a déjà emmené des passagers, même sans harnais, et tout c’est toujours bien passé. Il ne va pas faire des acrobaties, de toute manière, le griffon : il a été blessé pendant l’attaque, bien que superficiellement, et Mayeul est capable de bouder très longtemps si son compagnon à plumes surestime ses propres forces.

**

Il fait plus frais près de l’eau, et c’est un Mayeul un peu grimaçant qui se tient près du griffon cendré, attachant son propre harnais de vol aux épaules de Mélodie. Sa cuisse a eu besoin de quelques points de suture, et il appuie le moins possible dessus, tandis qu’il ajuste quelques sangles. Il s’en voudrait, tout de même, de ne pas sécuriser le vol de la jeune femme. « Dernière chance pour changer d’avis. » Indique le Voltigeur, amusé, en lâchant Mélodie pour venir gratter le bec de Nuage avec affection.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyLun 2 Jan - 17:24

La surprise se lit dans ses yeux alors que je me détache de lui. C’était un cielsombrois pourtant, il ne devrait pas tant s’effaroucher d’un bisou qu’il avait lui-même quémandé. Mais nous sommes incapables de continuer notre conversation, car le médecin s’occupant de Voltigeur venait enfin d’arriver. On me chasse gentiment et Mayeul me donne rendez-vous ailleurs, il réussit même à m’arracher un dernier rire alors que je lui fausse compagnie.

-Oui, tu as raison c’est plus sage en effet. Je m’en voudrais terriblement si tu en venais à tomber de ton griffon pour te faire encore plus mal. On va éviter ça, pas vrai Nuage ?

Je lance un clin d’œil au griffon, puis m’éclipse avant que le médecin ne décide de me chasser à coup de balai.

♦♦♦

C’est un Mayeul morose qui me retrouve près du lac. Certainement ; que le traitement qu’il avait reçu n’avait pas été très agréable. Pourtant, il tint sa promesse, amenant compagnon à plume et harnais pour que je puisse voler sur un Nuage bondissant.

Je laisse sagement le Voltigeur finir d’installer son équipement sans faire de vagues. Empêchant ma langue, cette garce stupide, de lancer des blagues débiles sur le fait qu’il était ostensiblement en train de faire des attouchements qui pouvaient prêter à confusion. Nuage pépie à nos côtés, nous observant avec cette lueur d’intelligence qui ne pouvait tromper sur l’intellect de ces animaux. Il semblait content et je ne pouvais qu’être dans le même état d’esprit. J’étudie l’homme faire et resserrer les lanières de cuir avec curiosité, cet harnachement me faisait presque penser à celui que nous utilisions pour escalader les murs. Il y avait quelques différences notables qui m’intriguaient profondément, analysant déjà si ce système ne pouvait pas être copié et amélioré pour rendre nos propres outils plus efficaces. Je me retenais cependant, de faire la moindre remarque dessus, même de poser des questions de peur de me trahir trop facilement.
Malgré toute ma curiosité et ma bonne humeur, Mayeul réussit à faire apparaitre une moue contrariée sur mon visage.

-Tu rigoles, j’espère ? Pourquoi changer d’avis ? Tu as peur que ton compagnon ne finisse par me préférer à toi ? Plaisantais-je en lui offrant mon plus beau sourire. Après tout, je comprendrais que la grande gagnante du concours d’équilibre puisse t’impressionner, mais tu n’as pas à t’en faire, tu sais. Je veux dire, je n’aurais jamais gagné si tu n’avais pas été blessé, Nuage ne devrait donc pas trop se laisser éblouir par ma personne.

Je me rapproche du griffon et en profite pour flatter son encolure. J’aimais cette sensation de douceur que prodiguaient les plumes sous ma main. Je pourrais certainement rester ainsi des heures à grattouiller l’énorme volatile où se disputait à certains endroits un pelage soyeux et brillant. Nuage ne semblait pas farouche, et sa tête joyeuse m’avait tout de suite plu et mise en confiance, ainsi, ne me posais-je pas vraiment de question sur mon droit à le toucher ou encore du fait que Mayeul ou le griffon puissent s’en offusquer.

-Je peux monter dessus ?

Il était peut-être réticent, mais moi, je trépignais d’impatience à l’idée d’essayer. L’idée de voler et de gagner des hauteurs qui m’étaient interdites remplaçants tous les cauchemars et les idées noires qui m’assaillaient, les repoussant au moins pendant quelques heures salutaires.
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyDim 8 Jan - 14:54

Elle a eu le dernier mot, la jeune femme, en s’éclipsant tandis qu’un médecin s’apprête à s’occuper de lui, et Mayeul secoue la tête avec un sourire. Il aime son caractère franc et ses remarques impertinentes, sa façon de ne pas être farouche. Réellement, il pensait qu’elle allait ne pas lui donner, son baiser !

**

Il tire quelque peu la tête, le Voltigeur, mais cela n’a rien à voir avec la jeune femme, ou même le fait de partager, quelques instants, l’attention de Nuage. Les soins n’ont pas été agréables, et il a refusé farouchement d’avaler quoi que ce soit qui aurait pu aider à apaiser la douleur. Si tôt après ce que Mathilde lui a fait promettre, cela ressemblait trop à trahir sa parole. Alors il a serré les dents, mais il n’empêche que cela reste douloureux ! Nuage se montre plein d’entrain pour lui rendre le sourire, il le sait Mayeul, et ne tarde pas à rendre les armes, flattant doucement le bec du griffon avant d’ajuster son harnais aux épaules de Mélodie. La jeune femme reste étrangement silencieuse, et le Voltigeur se méprend sur son silence, pensant qu’elle hésite.

Secouant la tête devant la réponse pleine d’arrogance que lui donne la jeune femme, Mayeul ne peut s’empêcher de préciser d’un ton faussement indifférent : « Ou alors, je peux simplement lui demander de te laisser tomber à l’eau, et me moquer de l’équilibre précaire de la grande gagnante que tu es. » Il laisse échapper un bref rire avant d’ajouter doucement. « Grâce et moi étions blessé, certes, mais ça n’enlève rien à ta performance. » C’est un compliment, parfaitement. Nuage n’hésite pas à se laisser câliner, ce qui n’étonne pas réellement le Voltigeur : son griffon est jeune, plein de curiosité, et il apprécie les copines que Mayeul lui présente, en général : elles ont toujours un mot doux ou une caresse pour lui. Même Reja, qui l’a soignée sur injonction de Sirocco. La brève image de l’Erebienne dans son esprit trouble quelques secondes le Voltigeur, le déstabilisant suffisamment pour qu’il perde le fil de sa pensée. D’un air distrait, Mayeul triture la chemise qu’il porte toujours, avant que Nuage ne le pousse à se rappeler du moment présent.

Mélodie. C’est vrai. Le griffon pépie son acceptation, mais le Voltigeur retient la jeune femme par le bras avant qu’elle ne s’exécute. « Attends. Parler à un griffon, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’à un dragon. » Pas qu’il ait tenu de longues discussions avec un reptile, personnellement, et Mélodie semble plus compétente sur les dragons que lui, mais il tient à lui expliquer tout de même. « Ce sont des images, des sentiments, des impressions... C’est déroutant, la première fois. » Pas que la première fois : après le tournoi, et le sévère coup sur la tête qu’il avait reçu, Mayeul avait eu du mal à communiquer avec Nuage sans souffrir d’horribles migraines après. « Et ça m’ennuierait que tu tombes en vol sous le coup de la surprise. Pas que j’insinue que tu ne sois pas agile. » Explique-t-il en s’approchant pour fixer une dernière sangle. « Mais plutôt inexpérimentée. » Son sourire n’insinue rien. Rien du tout.

Lac. Chute. Jalousie. Le petit griffon hulule doucement face aux pensées extravagantes de son Voltigeur, avant de se tourner vers Mélodie et d’oser une pensée vers elle. Nuage. Musique. Impatient soudain de prendre les airs, cette fois sans son Voltigeur blessé mais en compagnie d’une bien curieuse jeune femme, le griffon déploie ses ailes, avant de les ranger sagement. Est-elle prête, la jolie Mélodie ? Mayeul lui, se laisse tomber assis dans l’herbe, histoire que sa blessure le fasse moins souffrir, observant avec attention la jeune femme enthousiaste et son griffon qui ne l’ait pas moins. « Ne l’abîme pas. » Prévient-il en regardant la jeune femme. C’est son griffon, après tout. A lui.

Affection. Appartenance. Il est son griffon tout autant que lui est son Voltigeur, après tout.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyJeu 12 Jan - 19:28

« Ou alors, je peux simplement lui demander de te laisser tomber à l’eau, et me moquer de l’équilibre précaire de la grande gagnante que tu es. »

Je lui lance un regarde piteux, une moue sur le visage. Mimant la tristesse que pouvait provoquer une telle déclaration. Je ne tomberais pas, il en allait de ma réputation de voleuse. Ca il ne le savait pas, comme j’ignorais sciemment ma présomption, mais je ne tomberais pas ! Hors de question, c’était une résolution que je concentrais pour la faire devenir certitude. Alors, je me contente de hausser les épaules en reportant mon attention sur le griffon et son plumage duveteux.

-Ce ne serait pas très faire play de ta part. Un mince sourire filtre malgré tout lorsqu’il ajoute un compliment dans sa phrase.

C’était drôle de le voire se voiler la face, blesser ou non, j’aurais gagné. Ils avaient un bon équilibre, c’était vital pour eux que de pouvoir danser dans les airs avec leurs partenaires ailés. Mais moi, je frayais avec les hauteurs seule, les pieds dans les nuages en équilibre sur un fil tout les jours. Ce n’étaient pas les mêmes genres d’exercices et sur le sol, ou du moins des surfaces dures, je ne doutais pas qu’un voleur était bien meilleur qu’un voltigeur. Il était également sûr que je paraîtrais bien moins à l’aise sur Nuage que lui, mais, je n’étais pas non plus dépourvue de capacités. Je prends tout de même le temps de le remercier, avant de quémander à monter sur le griffon. Craignant qu’à tout moment il décide de m’enlever ce si beau cadeau des mains. Je me presse doucement contre mon copain à plume, et fais une moue impatiente quand Mayeul m’arrête.
Je penche doucement la tête à ses propos. C’était vrai qu’ils étaient télépathes aussi, mais une télépathie différente. Mayeul explique, s’emmêle, se perd et se retrouve in extrémiste. Même si, au final, ces propos ne m’avançaient pas plus que ça. Sa pique ne passant pourtant pas inaperçu.

-C’est moi ou tu n’attends qu’une chose, que je tombe pour te foutre de ma gueule ?

Qu’importe, je ne tomberai pas, quand bien même, ce n’était pas ça qui me ferait peur. Le voltigeur n’avait pas intérêt à avoir un cadavre sur les bras, Nuage me rattraperait, le lac amortirait ma chute. Tout ça pour dire que si je n’étais pas morte dans ce fichu saut dans le temps, je ne risquais pas d’y rester bêtement pour être tombé d’un piaf géant en plein vol. Pas quand il était question de flirter avec le ciel.
Nuage pépie et me sort de ma rêverie passagère, son esprit touche le mien en une brise tendre et tourbillonnante. C’était comme si une porte s’était ouverte entre nous, laissant échapper état d’âme et sensation, des impressions, certaines plus fortes prenant le pas sur le reste pour imprimer des certitudes et me permettre d’y mettre des mots. C’était perturbant, inhabituel, mais… Tellement excitant, j’ouvre grand les yeux et j’éclate de rire, ne pouvant m’empêcher de flatter l’encolure du griffon.

-Oui mon grand, et nous danserons dans le ciel le temps d’une chanson si cela te convient.

J’aurais pu le prendre comme un viol de mon esprit. Je sais que, plus jeune, avant d’entrer dans la Cour, j’aurais été complètement incapable d’accepter ce genre d’échange. Mais mon maitre et les enfants des Miracles m’avaient appris à travailler de concert, à accepter une aide vitale, à devenir un rouage pour permettre l’accomplissement d’un dessein bien plus grand. Alors, aussi perturbant fusse cette étrange conversation, c’était …. Intéressant que de pouvoir s’y frotter.

Je lance un regard impatient à Mayeul, puis à Nuage, j’attends leurs assentiments. Un flottement s’étend un instant entre nous trois, puis finalement, j’ai le feu vert. Je grimpe sur le griffon, prenant mille précautions, de peur de lui faire mal, m’y prenant certainement comme un manche et faisant cela avec la grâce d’une vivenef échouée sur un rivage.
C’était presque jouissif que de sentir les muscles jouer sous mes cuisses, presque car perturbant. Je n’avais pour ainsi dire, pas l’habitude de devoir m’en remettre à autrui, du moins…pas comme ça. C’était, tout aussi perturbant que son esprit qui venait effleurer le mien par touche attentive. Je n’avais jamais été aussi dépendante d’autrui, sur un vol, même faisant partie d’une machinerie bien huilée, on pouvait toujours prendre des initiatives et s’en sortir, le sol et les toits n’avaient pas de limites. Là, mon monde se réduisait au dos du griffon, son dos et bientôt le vide. C’était à la fois très restreint et immensément grand.
Il y avait de quoi satisfaire ma curiosité et me changer les idées, ça j’en étais certaine.

-Il y a encore de machins à attacher ou c’est bon ?
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyLun 16 Jan - 22:45

Il se contente de lui sourire d’un air totalement innocent, Mayeul, quand Mélodie lui fait remarquer que ce ne serait pas très juste de sa part de demander à nuage de lui faire perdre l’équilibre. Certes. Mais elle ne le saurait jamais, et si ce n’était un fond de scrupule qui le retient, Mayeul serait tenté de supplier Nuage de le faire. Car oui, maintenant qu’ils en parlent, un peu de son agacement à voir Mélodie triompher de l’épreuve revient. Il n’est pas jaloux, non, ni même déçu de n’avoir pas gagné tous ces fleurons. Ce n’est pas comme s’il en avait expressément besoin, après tout : il a un travail, un salaire, un domaine dont il héritera un jour, il n’a pas à se plaindre . Non. Mais il est vexé, le Voltigeur, comme si la victoire de la jeune femme remettait en cause ses capacités. Ce qui n’est pas faux, en quelque sorte, dans son esprit du moins.

Il doute peut-être un peu de lui, Mayeul. De ses capacités. Il ne sait plus vraiment où il en est, de toute façon, depuis ces quelques jours passés en compagnie de Mathilde. A nouveau, et certainement pas pour la première fois, l’envie presque impérieuse de retomber dans ses travers, de prendre quelque chose pour chasser la douleur, se fait ressentir. Il inspire longuement, le Voltigeur, se concentrant sur sa tâche du moment, bouclant son harnais qu’il a prêté à la jeune voleuse. Il pourrait le faire les yeux fermés, et cela l’aide à se concentrer. A oublier à quel point il regrette d’avoir promis à Mathilde. Un peu.

La voix de Mélodie le sort de ses pensées, et Mayeul taquine distraitement le bec de Nuage avant de lui répondre d’un sourire qui sonne faux, et d’une voix innocente qui sonne faux également. « Absolument pas, voyons. » Il conserve le masque quelques instants, avant de secouer la tête, encouragé par l’indignation qui émane de son griffon. « Peut-être un peu. Mais je ne lui demanderais pas de te faire tomber exprès, promis. Ce ne serait pas juste de ma part, et absolument pas mérité. » Et puis, elle avait payé son passage d’un baiser, et il n’allait pas l’arnaquer.

Le petit Nuage fait connaissance avec celle qui aura l’honneur de partager un vol avec lui, et Mayeul s’efforce de faire taire la jalousie qui l’enserre de son étau. Le griffon n’est pas dupe, mais il espère bien donner le change pour Mélodie. Ce n’est pas comme s’il était en état de voler de toute façon, là, maintenant. Sa blessure le démange, et s’il entend bien ne pas rester sur place trop longtemps, il est bien forcé d’y rester quelques jours, jusqu’à être rétabli. Et Nuage est impatient. La jeune femme aussi. Il est bien le seul à bouder, le Voltigeur, mais c’est plus fort que lui. Elle attend son assentiment, et Mayeul lutte quelque peu pour la lui donner, sous le regard amusé de Nuage. Le Voltigeur lève les yeux au ciel avant de répondre à la jeune femme. « C’est tout bon. Garde les yeux ouverts. » Quelque chose lui dit, pourtant, qu’elle n’est pas peureuse la demoiselle.

Une dernière caresse affectueuse au griffon, qui pince doucement sa peau en un geste de réconfort, et le Voltigeur se recule, réprimant de son mieux sa jalousie à voir Mélodie s’élever dans les airs grâce à la puissance des ailes de SON griffon. Qu’elle aille taquiner les nuages, quelques instants, pour comprendre ce que signifie s’élever. Pas seulement en grimpant en haut d’un arbre ou d’une tour, non. Voler, véritablement. Sauter dans le vide, sans rien pour vous retenir. Se fier seulement à l’adresse de son griffon, s’en remettre totalement à quelqu’un d’autre. C’est grisant, et intimidant. Et surtout, cela demande une telle confiance que l’on comprend pourquoi les Voltigeurs et leurs griffons sont si liés. Est-ce le cas des Chevaucheurs ? Après tout, ils ne font que s’harnacher pour aller d’un point A à un point B. Rien de vraiment palpitant.

Le Voltigeur se laisse glisser dans l’herbe, jouant d’un geste machinal avec la chemise qu’il n’a pas quitté, et qu’il se surprend parfois à inspirer pour sentir l’odeur de Reja. La Voltigeuse ne s’y attendait sans doute pas, en lui offrant ce cadeau un peu particulier, mais Mayeul songe que cela ne veut strictement rien dire. Elle sent bon, l’Erebienne, et son odeur le réconforte tandis qu’il suit des yeux Mélodie et son griffon, attendant avec une impatience grandissante que la jeune femme lui rende son griffon.

Ca non plus, cela ne veut rien dire. Il n’aime pas particulièrement Reja, et il n’est pas particulièrement jaloux que Mélodie passe un moment avec Nuage. Absolument pas.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptySam 21 Jan - 14:04

Il hésite, il ne répond pas. J’attends en espérant qu’il ne décide pas, finalement, de me laisser en plan. Il finit par acquiescer et je peux enfin monter sur le griffon. Le pelage, amalgame de poil et de plume le rend étonnamment confortable. Après un dernier échange entre le Voltigeur et sa monture, Nuage s’agite doucement et se met en route.
Je suis un peu secouée au début, puis j’arrive à me claquer sur les mouvements de l’animale en déverrouillant mon bassin. Ce n’est pas des plus fluides, certainement, mais au moins, je ne tombe pas. Je sens l’esprit du griffon roder aux alentours du mien et c’est en souriant que je l’invite à prendre place à mes côtés, le temps de ce vol. C’était primordial de ce que Mayeul avait dit, alors autant jouer le jeu jusqu’au bout, je l’avais initié, je devais donc me plier à leurs règles, si étrange fussent-elles.
Il s’ébroue, puis ses ailes s’écartent largement, me laissant admirer les reflets qu’un soleil timide laissait sur ses plumes. Puis, me fiant à ce que je pensais comprendre des sensations de Nuage, je regarde devant moi, me cramponnant alors qu’il commence à battre des ailes et que le sol parait d’un coup beaucoup plus loin qu’il ne l’était l’instant d’avant.

Le vent claque à mes oreilles et les nuages semblent m’ouvrir les bras dans une invitation muette. Je jubile et une joie dévorante remplie mon âme, celle du griffon se mêlant à la mienne, l’une venant contaminer l’autre. C’était étrange que d’être deux dans un espace strictement personnel et inviolable. Je trouvais que les griffons avaient une façon de communiquer qui était plus intime et plus touchante que les dragons. Les mots pouvaient renfermer tant de mensonges et de blessures. Eux se contentaient d’ouvrir leur cœur en espérant être acceptés de leurs compagnons. C’était du moins ainsi que je le voyais.

Je le laisse guider notre petit voyage, il me faisait découvrir le ciel, son domaine, avec générosité. Je sentais ses muscles puissants bouger sous moi, chaque battement d’ailes propageait des ondes sereines qui louvoyaient le long de la colonne de Nuage. Je n’étais pas très à l’aise, je supposais que c’était un peu comme monter à cheval, il fallait avoir de l’assiette, accompagner pour ne pas gêner, s’harmoniser. Mais je n’étais qu’une voyageuse occasionnelle, sans expérience qui plus est, il était difficile que de se synchroniser lorsque le corps n’était pas prêt. Je faisais mon possible pour ne pas être un fardeau trop gênant, en profitant au passage pour me gorger, m’enivrer du vent et de l’horizon qui s’offrait sous mes yeux. Riant aux éclats à chaque manœuvre malicieuse d’un griffon qui était d’humeur taquine.
Voulait-il m’amuser ou prenait-il à cœur d’impressionner son compagnon resté à terre pour briser cette mine bougonne qui avait assombri ses traits? J’étais bien incapable de déchiffrer cela et ce n’était pas un secret que je désirais voler.

Nous survolons gentiment le lac et une idée me vient, je tapote doucement l’épaule de l’animal pour attirer son attention. Parlant autant que pensant, n’étant guère habituée à ce mode de conversation.

-Dis, si je tombe, tu me rattrapes ?

L’orgueil se disputait à la curiosité. Les piques du Voltigeur avaient fini par entamer ma vanité, étais-je capable d’une de leurs voltiges ? Mon équilibre valait-il le leur ? Même si j’étais intimement persuadée que nos prouesses dépendaient d’un savoir-faire bien différent du leur. Je sens l’amalgame émotionnel du griffon, une vraie boule d’énergie, tournoyé dans ma tête avant de s’arrêter sur une décision. L’amusement qui semblait flotter dans mon esprit était assez fort pour que je le prenne comme un « oui ». Alors, je détache les mousquetons me rattachant au griffon, pendant qu’il entame une descente en douceur. Je n’ai pas à faire de gros effort pour m’éloigner de lui et laisser le vide m’attirer avec avidité en son sein.
Mon cœur s’emballe et je sens l’adrénaline électriser mon corps.
La présence tranquille de Nuage dans ma tête tient la panique loin, très très loin. Je le vois tournoyer autour de moi, et me m’offrir son dos pour que je tente d’y revenir comme une grande. Je tente une première fois, rate, la seconde est la bonne et c’était tant mieux, c’était l’eau qui m’aurait accueilli lors de ma troisième tentatives plutôt que le vent sifflant de la manœuvre de Nuage pour survoler le lac à quelque centimètre de sa surface. Il revient ensuite tranquillement vers son Voltigeur, et c’est un sourire radieux que j’offre à Mayeul en espérant que cela serait suffisant et l’empêcher d’éclater de fureur. Enfin, je ne le connaissais pas bien, mais l’imprudence était rarement bien acceptée. Une fois posé, je glisse et me rétame lamentablement, n’ayant pas rattacher les sécurités. C’était ironique après avoir tenu aussi longtemps sur le volatile, me donnant surement des allures d’enfant maladroit. Mais qu’importe, je me redresse et me jette joyeusement sur Mayeul avant qu’il ne décide de me hurler dessus, lui plaquant un baiser sur la joue.

-C’était génial, merci !
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyMer 25 Jan - 19:54

Il partage son enthousiasme et sa curiosité, le petit Nuage, à son Voltigeur resté à terre. Évoluer avec Mélodie est bien différent de ce dont il a l’habitude, et la nouveauté n’est pas désagréable : lui et Mayeul se connaissent bien, et partagent tout, depuis le temps qu’ils volent ensemble. Nuage connaît les réactions de son Voltigeur probablement aussi bien que les siennes, est capable d’anticiper ses désirs ou ses besoins, mais Mélodie, c’est une autre histoire. Ils ne sont pas habitués l’un à l’autre, et Nuage découvre sans aucun doute la jeune femme qu’elle le découvre petit à petit. L’expérience est amusante, ceci dit, et le griffon ne se prive pas de partager sa bonne humeur. Il en a besoin, Mayeul, de cette bonne humeur pour oublier quelque peu ce qu’il a vécu ces derniers jours, et le griffon la lui partage volontiers.

Elle n’est pas très stable, la jeune femme, et semble tendue. Il peut comprendre, le griffon, qu’elle n’a pas l’habitude,ce qui ne l’empêche pas de s’amuser un peu, ajoutant juste assez de malice dans ses changements de direction pour qu’elle en soit éblouie sans risquer la chute. Malgré les allégations de Mayeul, Nuage ne la fera pas tomber, et sans nul doute le Voltigeur ne le désire pas non plus. C’est juste pour s’amuser. Quoi qu’il connaît bien des mouvements pour s’amuser le petit Nuage, mais aucun qui ne garantira à Mélodie de rester sans tomber, alors il les abandonne pour le moment. Quoi qu’il en soit, même si elle semble un peu tendu, elle reste calme et essaye de ne pas gêner, et Nuage apprécie. Elle l’a embrassé, après tout - et cela semble important pour les humains. Elle a fait rire Mayeul, aussi, et il ne peut que l’apprécier encore un peu plus. Il n’aime pas ça, quand son humain est triste, et avec le retour éphémère de sa sœur de couvée, Mayeul a bien du mal à sourire de manière aussi libre qu’il y a quelques jours.

Et puis il est blessé. Nuage aussi est blessé, même s’il a été soigné par Reja, qui a pris soin de lui sur l’insistance de Sirocco. Sa blessure n’est qu’un lointain tiraillement pourtant, et il ne fait pas de grands efforts avec Mélodie. Même si elle semble vouloir tester quelque chose de plus compliquée. Admire-t-elle elle aussi, comme les plus petits des Humains, les prouesses et les Voltiges des griffons dans le ciel, accompagnés de leurs compagnons ? Pense-t-elle pouvoir être aussi libre et agile qu’eux ? Il est curieux, réellement, Nuage, et ne se fait pas prier longtemps pour agréer à sa demande. Mayeul, à qui il transmet son amusement et sa curiosité, ne semble pas du même avis, mais Nuage ne s’en préoccupe pas pour le moment. Il bougonne parfois, le Voltigeur, mais il ne boude jamais longtemps. Le griffon sent bien pourtant sa jalousie, et s’efforce de le rassurer.

C’est une cascade tranquille, une des plus facile, une de celle qu’il maîtrise, Nuage. Il accompagne Mélodie, attentif à sa panique ou à son hésitation, même s’il se demande s’il saura les décoder. Elle n’est pas Mayeul, et avec Mayeul, c’est bien plus simple. Elle se loupe une fois, mais la seconde est la bonne, et le sentiment de triomphe du griffon frôle la conscience de la jeune fille. Elle peut-être fière d’elle et de son agilité. Mais la blessure de Nuage commence à le tirailler, et il retourne sagement à terre, ne voulant pas rouvrir la plaie.

Quand elle saute à terre pour se ramasser lamentablement, Le Voltigeur lève les yeux au ciel - et oh, combien il ressemble à Mathilde quand il fait ça ! - et ne peut s’empêcher de pousser un soupir agacé. Elle a osé, et il est à la fois jaloux et impressionné, ne sachant pas trop quel sentiment il doit laisser s’exprimer. Elle se relève pour se jeter dans ses bras, espérant sans doute qu’ainsi, il n’osera pas grogner. Elle a pris des risques mais après tout, il en prend aussi. Souvent. Il lui jetterai bien la pierre, mais il connaît Nuage : personne ne peux l’obliger à faire quelque chose qu’il n’a pas envie de faire, pas même lui. Elle n’a pas du insister trop longtemps pour le convaincre, alors, il peut difficilement la disputer elle. Ou disputer Nuage, également.

« On ne peut pas m’acheter avec des baisers, tu sais ? » Demande-t-il, l’agacement dans sa voix mêlée à un certain amusement. Il ne s’extirpe pas pour autant des bras de la jeune femme le Voltigeur, plongeant ses yeux dans les siens. « C’était une façon de me prouver que tu peux m’égaler sans problème, ou juste une cascade ridicule pour montrer que tu n’as peur de rien ? Parce que si tu attends que je m’incline devant ta supériorité, tu peux toujours courir. » Ils sont proches, serrés l’un contre l’autre, et Mayeul s’amuse de cette proximité. Il favorise sa jambe droite, la blessure à sa cuisse rendant la position debout inconfortable, mais il n’a aucune intention d’être le premier à faire un pas en arrière.


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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptyVen 27 Jan - 16:44

-Pourquoi pas ?

Il a l’air contrarié, encore un peu plus que tout à l’heure. Pourquoi donc ? Je penche la tête sur le coté, tentant d’y desceller la faille, de trouver l’explication miracle qui me permettrait de comprendre cette humeur maussade. Mais rien, mes yeux s’arrondissent à mesure qu’il semble m’apporter un semblant de lumière. Même si cela pouvait passer pour de la taquinerie, son air résolument sombre ne faisait que rendre chaque parole un peu plus âpre. À quel moment en était-il venu à cette étrange conclusion ? Mes sourcils se froncent, sans pour autant m’éloigner du Voltigeur, profitant de sa chaleur après m’être nourrie de celle du griffon.

-Me dit pas que tu as vraiment pris ce que j’ai dit au sérieux ? Honnêtement ? Je veux dire, je ne cherche en rien à être supérieure à qui que ce soit. Le faire serait tellement stupide. En quoi je peux bien t’être supérieure ? Ni même me comparer à toi ? Je ne suis qu’une gamine des rues, sans le sou, survivant à grande peine la plupart du temps. Je n’ai rien, la seule chose que je peux retirer de cette misère est, éventuellement, la liberté de n’être attachée à rien. Liberté qui m’empêche d’être assez disciplinée pour me soumettre à une quelconque autorité. Je ne serai jamais voltigeuse, je n’aurais jamais de griffons, ni de compagnons comme toi. Il y a même de forte chance que je ne fasse pas long feu tout court à vrai dire.
Nos vies ne sont même pas comparables, comment je pourrais prétendre à vouloir t’être supérieure dans ce cas ? Tu es Voltigeur, bien sûr que tu sais voler avec ton compagnon, heureusement pour toi que tu es meilleur que moi…sinon ce serait un tantinet dangereux je pense. Je ne faisais que jouer, rien de plus, rien de moins.


Je finis ma tirade en haussant les épaules, me détachant finalement de lui. Son humeur et cette mise au point, importante, m’ayant floué le moral. Tout n’était pas vrai, je n’en étais plus au stade de la survie, ma liberté, je la devais à mon maître et à la Cour, mais il n’avait pas vraiment besoin de le savoir, non ? Je m’éloigne de Mayeul pour m’approcher du griffon, trouvant en lui un bien meilleur ami, je m’accroupis pour lui donner un bisou sur le bac et lui flatter l’encolure.

-Merci pour le vol Nuage, c’était un plaisir.

Puis, je me redresse.

-Dommage que ton compagnon soit de si mauvaise humeur. Je crois qu’il est temps que je m’éclipse.

Je n’avais pas envie de m’appesantir sur cette atmosphère qui commençait à alourdir mon cœur, moi qui avais simplement tenté de me changer les idées et de penser à autre chose que les tourments amenés par la débâcle de ces quelques jours. Ca avait presque marché, mais l’ego de cet imbécile, charmant au demeurant, avait réussi à tout gâcher. Peut-être pas tout, tout, mais une partie en tout cas. C’était tellement dommage.

-Bon courage Voltigeur, peut-être que nos routes se recroiseront à l’occasion.


Et sans même un regard en arrière, je commence à m’éloigner.
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Message Sujet: Re: Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ?   Il faut tomber pour pouvoir se relever, mais que faire quand on ne s’est jamais redressé ? EmptySam 4 Fév - 23:28

Il ne parvient pas à comprendre quand, exactement, leurs différences sont venues alourdir l’atmosphère. Peut-être bien est-ce de sa faute, c’est vrai : il pourrait mettre ça sur le manque de sommeil, ses blessures, la mort de Mathilde... Sur un tas de choses, en vérité. Mais ce serait se mentir à lui-même, et il le sait pertinemment, Mayeul. Il est jaloux, il se sent misérable, blessé. Encore. Il n’a pas toujours pas digéré ce long mois de convalescence après Hacheclair, il n’a toujours pas digéré Hacheclair tout court, d’ailleurs. Sa faiblesse. Son sentiment d’inutilité.

Elle plaisante, Mélodie, il le sait. Bien sûr. Mais c’est un peu trop, en réalité, pour lui. Ces derniers jours, ces dernières heures. Il ne réfléchit même plus correctement Mayeul, laissant ses sentiments bien embrouillés prendre le pas sur sa raison. Elle est furieuse contre lui, et bien que cela l’embête, le Voltigeur doit bien s’avouer qu’il n’est pas mécontent qu’elle partage son agacement. Il se sent moins seul, comme ça. C’est nul et puéril, mais ça fait du bien. Et si les paroles de la jeune femme sonnent vraies, il ne peut empêcher un sourire amer de fleurir sur ses lèvres lorsqu’elle mentionne sa courte espérance de vie. Et la sienne, veut-elle en parler ?  

Il la laisse s’éloigner, saluer Nuage, sans même faire un geste. Elle n’est pas Voltigeuse, elle n’est rien, c’est vrai. Qu’une jeune femme dont il peine à comprendre les motivations. Elle a souffert, sans doute : il n’en est pas sûr, mais il a assez croisé l’éclat triste de ses yeux pour imaginer le reconnaître. Il le voit tous les jours, après tout, dans son propre miroir. Peut-être qu’ils se ressemblent plus qu’il ne l’imagine. Ou peut-être pas. Agacement. Peine. Un soupir, et Mayeul interpelle la jeune femme. « Mélodie, attends ! Tu as raison, je n’ai pas... J’ai encore un peu de mal à gérer... Tout ça. » Un geste vague, englobant l’intégralité de ce qu’il s’est passé. « Quoi qu’il en soit... Je te suis redevable, je crois. De... De m’avoir changé les idées. » Il n’est vraiment pas doué, Mayeul, en excuses. La fatigue commence à le rattraper, et il vacille un peu sur sa jambe blessée. « Alors, si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, rends-toi à la Caserne de Serre pour me demander. J’y ai laissé une bonne impression, et quelques amis, ils sauront me trouver. Ou t’aider, si il faut. » Son sourire hésite, tremble, une ébauche de sourire qui dit bien son incertitude et son épuisement, avant de s’appuyer sur Nuage pour soulager sa cuisse. « Fait attention à toi. Et aux dragons pleins de mauvaises intentions. » Tente-t-il de plaisanter avant de s’appuyer davantage sur son griffon. Cela sonne faux, même à ses propres oreilles, mais il n’est pas capable d’en faire plus. Nuage pose son bec contre la main du Voltigeur, quémandant ce contact physique dont l’humain a terriblement besoin.

Ils regardent Mélodie s’éloigner, côte à côte. Pour un bon moment, probablement. S’il doivent se revoir un jour, la décision est entre les mains de la jeune femme.

RP TERMINÉ


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