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 Allumer le feu

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Message Sujet: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyMer 28 Déc - 22:17


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Antonin de Faërie & Maelenn du Noroît

Allumer le feu

Ou quand on recherche l'enseignement à tout prix



• Date : Le 4 décembre 1001.
• Météo : L'air est froid et la neige tombe doucement.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Le jeune prince de Faërie n'a plus l'opportunité de se consacrer à sa carrière de Chevaucheur, ni même de mage. Un enseignement alternatif est ce qu'il pourrait lui convenir, mais il doit d'abord se trouver un professeur, ou bien des cobayes.
• Recensement :
Code:
• [b]4 décembre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1620-allumer-le-feu]Allumer le feu[/url] - [i]Antonin de Faërie & Maelenn du Noroît[/i]
Le jeune prince de Faërie n'a plus l'opportunité de se consacrer à sa carrière de Chevaucheur, ni même de mage. Un enseignement alternatif est ce qu'il pourrait lui convenir, mais il doit d'abord se trouver un professeur, ou bien des cobayes.

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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyMer 28 Déc - 23:11

Elle est venue au palais impérial d’Alfaë une seule fois. Lors du couronnement de la princesse Chimène comme impératrice, au bras d’un noble lagran désireux de s’accaparer sa gracieuse compagnie contre un généreux nombre de fleurons. Depuis, la couronne s’est posée sur une autre tête. Depuis, la princesse Chimène n’est plus. Et aujourd’hui, c’est seule qu’elle est entrée au palais impérial, sa harpe outreventoise comme seul bagage.

On l’a reconduite jusqu’à un salon, où on lui a proposé une des infusions cibellanes si appréciées sur tout le continent. Elle y attend depuis, seule, les yeux fixés sur le rouleau de parchemin officiel qu’on lui a transmis par le biais de l’antenne de la Guilde des Mages à Edenia. Pas celle des Compagnes, non, ce qui l’a bien surprise. Une convocation au palais, avec le jeune prince de Faërie. À travers les lignes soigneusement tracées, aucune explication sur le sujet de sa présence. Il désire la voir. Tout simplement. Mais tous savent qu’il n’y a rien de simple, dans le fait d’être convoqué par un membre de la famille impériale, surtout lorsqu’on ne croit pas avoir quoi que ce soit à se reprocher.
Elle est fière, Maelenn, et même intimidée, elle ne montre aucun signe de nervosité. Il y a peut-être ses doigts, qui doucement caressent les écailles de son Familier, enroulé autour de son avant-bras. Peut-être son souffle qui se veut calme, mais est un peu désordonné. Ou encore ces quelques frissons sur sa nuque, qu’elle attribue au froid climat de Cibella, bien que pour cet entretien, elle n’ait pas revêtu ses révélateurs atours de Compagne, sa robe se faisant aussi raffinée qu’elle est sage. Elle a même pensé enfiler un de ces affreux oripeaux outreventois qu’elle a délaissée depuis un an, terrorisée à l’idée d’être inconvenante devant son prince !

Les portes du salon s’ouvrent sur le prince de Faërie, que le domestique annonce d’une voix de ténor, avant de les laisser seuls. Elle se lève du canapé dès qu’il l’approche et c’est profondément qu’elle s’incline devant l’homme : « Votre Grâce. » Sa nervosité a monté d’un cran, mais elle ne s’entend pas dans sa voix grave et respectueuse, tout comme elle ne se voit pas sur son visage. Lorsqu’elle se relève, c’est à la dérobée qu’elle le regarde, évidemment sans le dévisager. Il est comme dans ses souvenirs. Il n’est pas bien plus jeune qu’elle. Ils ont probablement marché les couloirs de l’Académie de concert, pendant quelques années, sans même se douter de leur destinée. Maelenn l’a déjà vu, l’héritier de la Rive, alors qu’elle était encore demoiselle du Noroît et que le titre d’héritière lui avait été transmis suite à la fuite de sa sœur. Sa sœur qui, comme celle du prince Antonin, a été marquée par le Sang. Oh, ce qu’ils partagent sans le savoir… « Je vous remercie de me recevoir au palais, c’est un honneur. » Un honneur dont elle ignore la raison, mais un honneur tout de même.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyJeu 29 Déc - 18:31

Le nez dans les papiers, les yeux caressant les mots couchés sur le papier. Antonin travaille, du matin au soir. Il ne s’arrête plus et les heures s’égrainent dans ses appartements. La solitude lui pèse, on ne peut pas dire que ses divers enseignants soient d’une compagnie prompte à le soulager des peurs qui le tenaillent, à lui changer les idées. Ce n’était pas leur rôle après tout.
Agonie était bien là, mais ne pas pouvoir la voir, ne pas la sentir... Ce n’était décidément pas pareil.

Les heures passent, le temps est impitoyable, le prince le sait bien, mais il n’arrive tout de même pas à voir les journées défiler. Il manque toujours de temps, il lui échappe, lui file entre les doigts comme le sable du désert d’Erebor. Sans même s’en rendre compte, les semaines se forment, grossissent pour devenir des mois.

S’il était crucial qu’il rattrape son retard, qu’il refasse toute une éducation pour qu’il puisse être conforme au statut qui lui incombait désormais, il se refusait d’abandonner ce qu’il avait appris jusqu’ici. Ce pour quoi il s’était battu et les rêves qu’ils avaient nourri pour en faire une réalité, l’amenant à la place qu’il a aujourd’hui. Ce n’est pas un hasard si son père lui a offert le privilège d’être son héritier. Antonin le savait, il en était convaincu, que s’il ne l’avait pas mérité, si son père ne l’en avait pas estimé capable, il aurait laissé cette lourde, mais précieuse place à sa sœur.

Elle en avait tout autant la carrure que lui.

Ainsi, il avait fait deux demandes. L’une concernant les Chevaucheurs, requérant une assistance pour qu’Agonie s’entraine sans lui, même si cela lui coutait, il savait qu’avec l’aide de la dragonne, il rattraperait son retard…d’une manière ou d’une autre. Le travail ne lui faisait pas peur. L’autre avait été adressé aux mages, quêtant les faveurs de ces derniers pour lui envoyer un compagnon qui lui permettrait d’entretenir ses capacités, voire même de les améliorer.
Il ne savait pas qui lui serait envoyé, juste que ses deux requêtes furent acceptées par chacun des deux ordres. Les mages furent les plus rapides et déjà, une aide lui avait été envoyé. C’est pour ça qu’il se dirigeait vers le salon de réception des invités. Les mains pleines de rouleaux, qu’il lisait en marchant. Il n’était pas question de perdre du temps et il n’avait pas pu finir de lire le dernier chapitre sur la politique commerciale et les taxes en vigueur dans les ports d’Outrevent. S’il était resté l’étudié plus longtemps, il aurait risqué de se mettre en retard et il ne pouvait tolérer de l’être. C’était un service qu’on lui rendait, il ne saurait se montrer grossier en faisant attendre son invité.

Il se presse, mais son invité semble déjà présent. Antonin donne ses précieux parchemins à un domestique, lui demandant à ce qu’ils soient rapportés dans ses appartements. Un autre se charge de lui ouvrir la porte pour l’introduire devant, non pas le, mais la mage. Un sourire discret étire les lèvres du jeune homme, effaçant les ombres qui rendaient son visage si soucieux. Voilà de quoi ensoleiller sa journée, elle était tout à fait charmante. Une surprise forte plaisante pour celui qui ne passait son temps qu’avec des enseignants à la peau marqué de rides.

Elle se lève pour s’incliner pendant qu’Antonin se rapproche. Il entend le claquement discret de la porte qui se referme derrière lui. Il s’incline aussi le prince, mais pour inciter la jeune femme à se relever, lui offrant un sourire chaleureux. Il n’était pas encore tout à fait habitué aux courbettes et aux titres élogieux. Cela le perturbait encore, bien qu’il réussissait désormais à parfaitement le cacher. Il empruntait l’attitude d’Agonie lorsqu’il était en public. Revêtant un masque inspiré de la reine qui partageait son esprit. Même si cela n’était pas vrai, au moins ne remarquait-on pas son appréhension.

-Je vous en prie, relevez-vous. C’est à moi que vous rendez service en vous présentant ainsi aussi rapidement, il serait fort mal aimable que je vous laisse vous courber de la sorte, alors que vous avez d’ores et déjà toute ma reconnaissance d’avoir bien voulu me donner de votre temps.

D’un geste de la main, il l’invite à s’installer. Le jeune homme va s’assoir en face de la jolie demoiselle, sur un petit fauteuil au velours d’un rouge sanglant. Dès qu’il était entré dans la pièce, il avait fait appel à sa magie. C’était devenu une habitude, surtout depuis qu’il était devenu prince. Détecter le mensonge était une capacité des plus pratiques, qu’il n’aurait jamais pensé utiliser ainsi lors de rencontre mondaine. Mais, aujourd’hui n’était-ce pas un peu différent ? Après tout, elle était ici pour qu’il puisse pratiquer sa magie.

-Est-ce que vous savez pourquoi j’ai mandé vos services ? Si vous me permettez une certaine rudesse, puis-je vous demander qu’elles sont vos capacités en tant que mage ? Dame… ?
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyVen 30 Déc - 2:23

Le jeune homme est plus que poli, doté d’une voix calme et contrôlée qui n’est pas sans lui rappeler… elle-même, n’est-ce pas ? Suite à sa salutation, elle se relève et lui adresse un paisible agréable, avant de reprendre place sur son siège.

La magie de l’Automne tourne dans l’air, elle peut presque la sentir sur sa peau. Diseur de vérité, dit-on du prince de Faërie, doué de surcroît. De son côté, ce n’est pas la subjugation, qui se manifeste, mais une perception hésitante. C’est une Compagne, qui lui a conseillé d'ainsi user de sa magie, afin de deviner les émotions, de les anticiper, d’y répondre au mieux possible. Elle ressent un peu d’appréhension, mais rien qui soit antipathique à son égard. « Est-ce que vous savez pourquoi j’ai mandé vos services ? Si vous me permettez une certaine rudesse, puis-je vous demander quelles sont vos capacités en tant que mage ? Dame… ? Dame Maelenn », qu’elle complète, gardant le nom de la seigneurie dont elle n’héritera pas pour elle.
Ses mots lui rappellent ses études. Elle se rappelle l’Académie et les séances d’étude et de pratique que se faisaient les enfants de l’Automne, assemblés dans les jardins, ou dans l’une des petites salles de la Bibliothèque de la Pensée Automnale. Elle se rappelle les subterfuges auxquels ils se livraient afin d’entraîner leurs compères dans leurs différentes disciplines.

Alors son regard s’alarme, son souffle s’accélère, et dans son esprit, elle tord la vérité. Elle embrouille ce qu’elle a lu, ce qu’elle a vu, ce qu’elle sait, ses yeux clairs fixés sur Antonin. Il y a longtemps, qu’elle ne s’est pas adonnée à cet exercice. « Comme… comme mage ? » Maelenn se fait confuse, un peu désorientée, jusqu’à reprendre contenance. « Je suis désolée, Votre Grâce, il doit y avoir un malentendu. J’ai été mandée à la cour d’Alfaë comme Compagne. Compagne, insuffle la subjugation, comme un murmure, pour cacher les véritables mots lus sur le parchemin qu’elle tient entre ses mains. Une douce inclinaison, pour favoriser le mensonge, pour voir s’il saura sortir de ce qu’elle tisse d’un sourire innocent. La vérité sait-elle s’extirper, d’une volonté doucement appliquée ? On m’a signifié qu’étant Outreventoise de naissance, vous m’auriez accordé votre préférence, à la faveur d’autres candidates. » Ment-elle, dit-elle la vérité ? Elle veut savoir, mesurer, elle veut voir ce que cet homme sait faire et ce qu’il peut discerner, dans les couches embrouillées de son esprit, dans la magie qui danse et qui caresse.
Elle veut le tester.
Juste un peu.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyVen 30 Déc - 17:52

Maelenn, le prénom roule dans ses oreilles et est repris en écho dans sa tête. Un fort joli prénom. Il l’observe la belle et il remarque sa respiration qui se saccade étrangement ou encore l’hésitation dans sa voix. Il se retient de froncer les sourcils et de s’avancer pour, peut-être, réussir à arracher le mystère de cette soudaine angoisse. Du moins, c’est comme ça que l’interprète le jeune prince. Elle était ici en sécurité, il ne pensait pas s’être fait menaçant, alors qu’est ce ? Et puis les mots s’écoulent de cette bouche charnue et délicieusement colorée. Des mots qui sont gênants et qui l’interpellent.
Là, son visage se fige dans une expression indéchiffrable tant la confusion se faisait dans son esprit. Elle mentait, il en était sûr…presque sûr ? Presque, parce qu’il avait une furieuse envie de la croire la belle, de laisser le mensonge qui s’était mêlé à ses paroles le convaincre, de l’ignorer pour simplement acquiescer, simplement pour la rassurer, pour calmer ce cœur qui semblait palpiter avec trop de force dans ce corps fragile.

Elle mentait, il le savait et il ne pouvait pas passer outre. Puis le visage du prince s’adoucit, alors que la jeune femme tisse sa toile. Les fils étaient d’une remarquable efficacité, s’agençant avec finesse, quoi qu’un peu faiblard. Avec plus de puissance, peut-être que…
Mais il pensait commencer à comprendre ce qu’il se passait, d’entrevoir la magie qui s’était subtilement mélangée au langage, avec une parcimonie telle qu’elle se confondait presque avec la voix chantante de Maelenn, quelle en devenait presque imperceptible. Pas assez présente pour être évidente, mais pas assez puissante pour poser problème et éteindre sa propre magie. C’était malin et de toute évidence, Maelenn savait pourquoi on l’avait envoyé ici. Sinon elle ne se serait certainement pas prêtée à ce petit jeu. Elle n’en aurait retiré aucun bénéfice et il ne lui ferait pas l’affront de la penser stupide.

-Dans ce cas, comment une requête adressée à la caste des Mage s’est retrouvée à être dans les mains de celles des Compagnes ? demande-t-il avec une patience amusée. Vous devez bien avoir votre idée sur la question, non ?

Il était curieux, Antonin, de savoir ce qu’elle aurait l’audace de sortir. Il espérait qu’elle ne jouerait pas la carte de l’ignorance, même si c’était encore la voix la plus sage à prendre. Le jeune prince prend cet échange comme un jeu et il se plie volontiers à l’exercice en profitant pour laisser ressortir cette insouciance joviale que son rôle lui interdisait d’avoir.

-Sachant que, et ce ne doit être un secret pour personne, j’ai à peine le temps de manger tellement mes travaux m’accaparent et que je ne peux même plus visiter ma consœur à écaille. Comment diable pourrais-je en trouver pour votre compagnie, si charmante soit-elle au demeurant... sans compter que la plupart des compagnes sont réputées d’autant pour leurs charmes et leurs intelligences redoutables que d’avoir, dans leurs rangs, des mages habiles pouvant fort bien tenir le rôle de camarade qui m’aiderait à travailler en mettant en conflits nos dons respectifs lors de nos entrevus. Vous avouerez que la coïncidence est amusante et tout de même assez pratique dame Maelenn.

Il lui offre un sourire cajoleur, pour ne pas l’effaroucher la belle, craignant presque d’avoir été trop dur avec elle et de l’effrayer. Mais si elle était effectivement une compagne, elle saurait habilement renverser la situation en sa faveur, les femmes étaient douées pour cela, encore plus quand elles en faisaient leurs métiers en aiguisant avec une délicatesse effrayante leurs esprits.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyMer 18 Jan - 18:44

Le prince est intelligent. Elle est ravie de le voir confus, autant qu’il puisse être amusé de ce petit jeu qu’elle initie. C’est un exercice autant pour elle que pour lui et retomber dans ces manigances est rafraîchissant. « Dans ce cas, comment une requête adressée à la caste des Mage s’est retrouvée à être dans les mains de celles des Compagnes ? Elle prend l’infusion dans ses mains, en savoure une gorgée, sans semblée être le moins du monde démontée par la justesse de la remarque du prince. Vous devez bien avoir votre idée sur la question, non ? Je suis bien mage, Votre Grâce, mais je ne sais pas si mes capacités dans ce domaine sont à votre hauteur. »

Vraiment ?

Un sourire mystérieux de madone, au-dessus de la délicate tasse de porcelaine, avec toujours ce regard faussement affolé, désorienté. Elle sait jouer la petite chose délicate, même inoffensive. Elle sait que cela plaît à certains hommes et que cela abuse bien plus souvent qu’autrement même les plus avertis. Même ceux qui savent détecter la vérité. « Sachant que, et ce ne doit être un secret pour personne, j’ai à peine le temps de manger tellement mes travaux m’accaparent et que je ne peux même plus visiter ma consœur à écaille. Comment diable pourrais-je en trouver pour votre compagnie, si charmante soit-elle au demeurant... sans compter que la plupart des Compagnes sont réputées d’autant pour leurs charmes et leurs intelligences redoutables que d’avoir, dans leurs rangs, des mages habiles pouvant fort bien tenir le rôle de camarade qui m’aiderait à travailler en mettant en conflits nos dons respectifs lors de nos entrevues. Vous avouerez que la coïncidence est amusante et tout de même assez pratique dame Maelenn. Fort pratique, Votre Grâce. » Elle est amusée, oui, et le sourire innocent devient plus franc, plus malicieux. Ce jeune homme sait déjà parler fort convenablement aux femmes, Maelenn en est impressionnée. Sans doute une conséquence de son apprentissage comme diseur de vérité. Celle doit être plus facile à discerner lorsque la magie se distille à travers un discours efficace, qu’il soit enjôleur ou menaçant.
Ça lui donnerait presque envie de retourner à l’Académie pour maîtriser un nouveau domaine.
Gavriel siffle contre son poignet, ses yeux noirs fixés sur Antonin de Faërie. Il ne lui parle pas, ne lui dit pas ce qu’il pense du jeune homme et de sa finesse, mais il semble plus curieux qu’antipathique à son égard. Autant qu’elle. Cet accord l’enhardit, la jeune femme. « Vos compliments me vont droit au cœur, Votre Grâce. Peut-être est-ce ces charmes que vous vantez, qui vous encouragent à m’accorder un peu de votre temps ? La magie se fait cette fois plus appuyée, dans ce sourire charmeur, subjuguant sans même être discernable. Oui, bien sûr, qu’il veut lui accorder du temps. Bien sûr. Vos journées doivent être si harassantes… Prenez donc ce moment pour vous détendre. » Puis, ne veut-il pas la rejoindre sur le canapé ? Bien sûr, qu’il veut la rejoindre. Bien sûr, qu’il se lève et vienne s’asseoir juste à ses côtés, qu’il se serve une tasse de thé. Bien sûr, qu’il veut se détendre.

User ainsi de magie sur un homme de si haute noblesse pourrait être dangereux. On pourrait l’exécuter, pour ainsi appuyer sa volonté sur ce Chevaucheur bien né, sans même qu'il s'en doute. Mais c’est un exercice. Un jeu. Elle ne fait rien de mal. C'est tout à sa demande. « Votre nouvelle vie vous plaît-elle ? », demande Maelenn sur le même ton paisible de la conversation. Elle ne peut pas forcer la vérité, mais elle est peut encourager les confessions. Simplement… pas maintenant.


Dernière édition par Maelenn du Noroît le Ven 10 Fév - 6:33, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyVen 20 Jan - 18:53

Ses lèvres s’ourlent d’un sourire, réponse à celui, bien plus charmant, de sa compagne du moment. Il était faible devant les femmes, ne pouvant s’empêcher de leur prêter une attention toute particulière, de les couver, de vouloir les protéger. Il savait pourtant qu’elles n’étaient pas sans défenses, il ne se permettrait jamais dire cela de sa mère ou encore de sa sœur, ho que non, jamais il n’oserait. Mais, force était de reconnaitre, qu’elles avaient une force bien différente que celles que les hommes affichaient, paraissant ainsi bien plus frêle. C’était peut-être l’une de ses faiblesses que de penser de la sorte, il pouvait éventuellement le reconnaitre, mais c’était, à ses yeux, un travers acceptable.
Jouer à ce petit jeu avec Maelenn le remplissait d’aise, trouvant en sa finesse un casse-tête bienvenue occupant ses pensées loin de ses soucis habituels.
C’était un combat paisible qu’ils menaient, dans la magie, doucereuse, les cajolait avec malice. Qui, de la vérité ou du mensonge, serait assez habile pour faire plier l’autre ? C’était un débat intéressant, millénaire même, Antonin se doutait qu’ils ne réussiraient pas à y trouver de réelles réponses. Mais, rien ne les empêchaient d’essayer.

La maline répond avec une prudence tachée de vanité, un petit rire de gorge agite le prince. Bien sûr que son charme y jouait pour beaucoup, la belle savait d’ailleurs parfaitement en jouer. Il ne pouvait en douter, pas après avoir gouté à ses capacités, pas en parlant à une compagne en toute connaissance de cause. Peu importe la raison pour laquelle on lui avait envoyé précisément cette mage là, il devait bien admettre qu’il trouvait ce choix appréciable à tous les niveaux. Il la sentait, la magie, vibrer et chanter autour de lui, s’enrouler avec paresse. Les mots de la belle étaient chargés de mille promesses auxquels il avait une envie irrésistible de répondre.
Et pourquoi pas ?
Il était un mage de vérité, l’énoncer telle quelle ne saurait lui porter préjudice et il devait le lui concéder, il aurait été bien moins enclin à perdre du temps avec un vieux maitre d’école à la voix chevrotante et l’odeur douteuse que la fleur qui lui faisait face.  

-Hé bien, vous n’avez pas tout à fait tort. Même si j’aimerais tout de même croire que mon sérieux et ma volonté ne sauraient être remis en cause pour une raison aussi triviale que celle de l’aspect de mes instructeurs.

Un sourire répond à son invitation, il sent les pulsions qui le prend, les envies qui l’assaillent, est-ce les siennes ou celles de la belle magnifiées par la magie ? S’il pouvait se le permettre, sans doute aurait-il froncé les sourcils pour montrer sa perplexité et lui donner le temps d’y réfléchir plus longuement. Mais le temps filait, il courait inlassablement loin de lui, et il avait bien trop de mal à ne pas en perdre sur son chemin pour devoir le gaspiller de la sorte. Alors, il se lève et sert galamment la jolie demoiselle du breuvage qu’elle avait l’air de convoiter, s’asseyant à ses côtés pour se faire de miel.

-Malgré tout, et même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque, je ne peux guère me permettre de vous accorder plus de temps que celui qui nous est déjà imparti. Le repos ne m’est pas encore permis.

Rajoute-t-il, joueur. Un partout, il avait cédé pour reprendre un peu, pour lui montrer qu’il pouvait se faire docile sans être dupe. Il voulait bien satisfaire les petits caprices de cette belle dans ce jeu impromptu qu’elle avait initié, mais pas se laisser passer un collier à son cou, il avait déjà bien trop de chaîne à porter.  

-De plus si vous êtes seulement venue en votre statut de compagne, et cela me brise le cœur que de devoir vous le dire, mais nous n’aurons guère l’occasion de nous revoir. C’était bel et bien d’un mage dont j’ai mandé les services. Mais peut-être cette requête n’a-t-elle pas atterrie dans vos mains graciles seulement par hasard.

Après s’être aussi servi de la boisson chaude, il s’empare de la tasse avec une lenteur calculée, y buvant quelque gorgé pour reprendre ses aises de ce côté-ci du salon, mettant ainsi un peu de distance entre eux. Il prend le temps de choisir ses mots avec une certaine prudence. Elle était belle, charmante même, mais il était trop tôt pour s’épancher à son oreille. De plus, il ne voulait pas non plus se résoudre à mentir dans une situation si banale, ce n’était pas pour rien qu’il était mage de vérité.

-Hé bien, je n’en suis pas encore au stade de savoir si elle me plait ou non. J’ai des obligations que je dois remplir, j’apprends énormément de choses passionnantes, mais les journées semblent toujours trop courtes. Je suppose que je pourrais vous répondre de meilleure façon d’ici quelques mois…. Si nous en sommes aux confidences, et vous ma dame ? puis-je me montrer curieux en vous demandant comment de mage vous en êtes devenue compagne ?

Il n’y avait pas de jugement, les femmes de cette caste étaient hautement respectées pour leur finesse et leur savoir. Les dénigrer aurait été une insulte, une erreur, que le prince qu’il était ne pouvait se permettre de faire.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyVen 10 Fév - 6:48

Il n’a pas que de l’intelligence, ce jeune homme : il a de l’humour ! Il est également résistant, contre cette magie qui subtilement appuie contre sa volonté pour la plier à la sienne, et Aura comprenne ce plaisir qu’elle éprouve lors de cet exercice. Probablement qu’ils auraient trouvé grand plaisir, à l’Académie, à pratiquer leurs spécialités, à tester leurs limites et à étudier ensemble. Elle se fait satisfaite lorsqu’après quelques instants d’hésitation, le prince se lève et vient à ses côtés, puis remplit machinalement sa tasse de thé. Le mouvement est peu naturel et trahit l’intervention de sa magie : l’entraînement est définitivement bienvenu. Avec une harpe, tout devient bien plus facile, mais elle ne doit pas se reposer sur ses lauriers.

« Malgré tout, et même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque, je ne peux guère me permettre de vous accorder plus de temps que celui qui nous est déjà imparti. Le repos ne m’est pas encore permis. Je saurai me satisfaire de ce court entretien, mon prince, vous me voyez déjà honorée que je puisse partager votre compagnie serait-ce quelques instants, qu’elle confie, honnête, les mains serrées autour de sa tasse. De plus si vous êtes seulement venue en votre statut de compagne, et cela me brise le cœur que de devoir vous le dire, mais nous n’aurons guère l’occasion de nous revoir. C’était bel et bien d’un mage dont j’ai mandé les services. Mais peut-être cette requête n’a-t-elle pas atterrie dans vos mains graciles seulement par hasard. » Sûrement pas, en effet, et peut-être bien qu’elle comprend le choix de la Guilde des Mages. Les voies des serviteurs d’Aura sont parfois bien mystérieuses… Bien qu’ils soient assis sur le même canapé, il conserve une distance respectueuse entre eux et elle ne fait aucun geste pour la diminuer. Il ne faudrait pas être inconvenante pour son prince. On le dit charmeur et elle n’a aucune difficulté à croire ces murmures, mais ce n’est pas à elle de dépasser les limites de leurs positions respectives.

Elle se fait curieuse de sa vie, de sa nouvelle vie – il passe tout de même d’héritier d’une baronnie à héritier d’un empire, par Levor ! Si ce n’est pas une ascension sociale de tous les dieux, elle ne sait bien pas ce que ça peut bien être, et il doit être chamboulé. Il ne semble pourtant pas trop déstabilisé, le jeune prince, et chacun de ses mots est soigneusement choisi. Elle reconnaît bien là les enseignements types des enfants de l’Automne. « Hé bien, je n’en suis pas encore au stade de savoir si elle me plait ou non. J’ai des obligations que je dois remplir, j’apprends énormément de choses passionnantes, mais les journées semblent toujours trop courtes. Je suppose que je pourrais vous répondre de meilleure façon d’ici quelques mois… Si nous en sommes aux confidences, et vous ma dame ? Puis-je me montrer curieux en vous demandant comment de mage vous en êtes devenue Compagne ? Il me faudra donc revenir d’ici quelques mois pour vous poser la question à nouveau », relève Maelenn, juste avant de prendre une petite gorgée de sa tasse de thé et d’enchaîner elle-même sur la question qu’il lui a gracieusement posé en retour : « C’est une position très appréciée, hors d’Outrevent, qu’elle souligne avec un œil un peu amusé, et fort appréciable. J’ai la chance de fréquenter les esprits les plus fins et les plus habiles, avec un grand respect envers ma propre intelligence et tous mes talents. Je suis mage et musicienne, et mon titre de Compagne aide certainement à ce que je sois reçue avec les meilleurs égards. Puis, la noblesse regorge de jeunes hommes encore célibataires et désireux de passer leurs soirées en bonne compagnie, sans avoir à nouer un ruban au poignet de qui que ce soit. Vous pouvez probablement comprendre ces sentiments, Votre Grâce. » Puis, pour mettre ses géniteurs en furie, pour leur attirer tous les racontars et pour ne jamais transmettre le noble nom du Noroît, outre la Caravane des Plaisirs, il n’y a certainement rien de mieux que cette profession.
Le prince saura-t-il discerner si elle dit entièrement la vérité ? Elle cache bien des choses, à cet homme qu’elle ne connaît pas, et elle est curieuse de savoir si l’incomplétude d’une réponse sonne à ses oreilles, à sa magie, comme un mensonge.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyJeu 16 Fév - 20:03

Un petit sourire s’étire derrière la façade qu’Antonin s’était construit. Il incline la tête, les yeux brillants d’amusement à la réponse, naturelle, de la jeune femme. Qu’elle revienne donc, elle était d’une compagnie forte agréable et s’il n’était pas tenu par les chaînes des convenances sans nul doute qu’il l’aurait courtisé plus ouvertement. Un esprit acéré dans un corps magnifique, que demander de plus ?
S’il l’avait rencontré à Lorgol, quand il n’était qu’un étudiant, qu’un apprenti Chevaucheur, lorsqu’il prenait de rare pause à parcourir la ville et se perdre dans les tavernes, s’il l’avait rencontré, oui, alors qu’ils n’étaient que des inconnus, sans nul doute qu’il aurait tenté sa chance.
Désormais, rien n’était aussi simple, l’outreventois en lui prenait le pas sur l’inconséquence de la jeunesse, les devoirs étouffaient ses envies. Il les prenait pour les enfermer sans hésitation dans un coffre qui était déjà bien trop rempli.

Il se sentait à l’étroit dans sa carcasse, Antonin. Des fois, il avait envie de se déchirer, d’arracher sa peau par lambeau pour grandir et trouver la liberté. Quand cette pression insoutenable était à deux doigts de le tétaniser, c’était là qu’il se rabattait sur les drogues cielsombroises, ce n’était pas « bien », il le savait, mais c’était une solution moins expéditive que celle de vouloir se mutiler en espérant muer sous une peau plus souple et susceptible de pouvoir accueillir son esprit agité en totalité.
Il en profite donc, de ce temps, de ce répit inattendu. À part ces précepteurs, il n’avait plus guère le temps de tenir une réelle conversation. Le prince qu’il était, ne lui valait des autres que des regards craintifs ou admiratifs. Les discours étaient trempés de cette différence de statut, rendant impossible toutes futilités, creusant un fossé entre lui et les autres.

-Il est certes vrai qu’employer vos capacités pour la solde des compagnes plutôt qu’en temps que mage limitent quelque peu vos possibilités en Outrevent. Je suppose qu’elles vous ont ouvertes d’autres portes, même si j’ai un peu de mal à comprendre le prestige que vous en retirez par apport à celui que vous aurez pu avoir en travaillant pour la seule guilde des Mages. Sans vouloir vous heurter.


Antonin ne comprenait pas l’intérêt de la caravane des plaisirs et de la guilde des compagnes, de ceux y vendant corps et âme, souillant leur être en passant de main en main pour satisfaire les moindres plaisirs de badauds incapables d’y parvenir seuls. Pour lui, c’était une activité dégradante, une soumission inacceptable, ces pauvres hères ne pouvant y être que contraint et forcé. Les compagnes étaient moins enclines à ces actes, mais elles n’en restaient pas moins obligées à revêtir un habit de docilité pour convenir à leur client. S’effaçant derrière une intelligence qu’elles devaient sans doute brider pour ne pas heurter la sensibilité dérangée de ceux ayant recours à leurs services.
Pourtant, en venir à refuser leurs services et leurs talents pour seuls prétexte de leur activité sans tenir compte de leur réelle valeur n’était-il pas une erreur ? …Question délicate dont Antonin n’avait pas encore la réponse.

-Sans prétention, ni offense, je n’ai pas besoin de recourir au service d’une quelconque guilde pour savoir m’entourer. Qu’il s’agisse de dame, ou d’autre personnalité. Ce serait un comble pour un prince que d’être incapable de choisir des personnes dignes de confiances pour l’’épauler sans l’aide d’un tiers, ni d’y arriver d’ailleurs. Mais dans un sens, je vois ou vous voulez en venir, il serait dommage de vous restreindre à un seul chemin quand il y en a tant qui doivent s’ouvrir sous vos pas.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptySam 8 Avr - 0:28

Il se fait attentif, l’Antonin, à sa sobre explication quant à son choix de vie. Ce qu’elle accepte d’en révéler, livrant au prince une part privilégiée de son histoire - sans pourtant tous les drames et toutes les provocations qui la parsèment. « Il est certes vrai qu’employer vos capacités pour la solde des Compagnes plutôt qu’en temps que mage limite quelque peu vos possibilités en Outrevent. Je suppose qu’elles vous ont ouvertes d’autres portes, même si j’ai un peu de mal à comprendre le prestige que vous en retirez par rapport à celui que vous aurez pu avoir en travaillant pour la seule Guilde des Mages. Sans vouloir vous heurter. » Comment pourrait-il comprendre, ce petit prince de Faërie, élevé au coeur des landes outreventoises, dans ces mêmes valeurs étriquées et étroites qui savent autant enfermer que rejeter, que punir ? Elle ne lui en veut pas, à ce jeune homme, qui sans comprendre, ne la repousse pourtant pas - elle se contente de bien simplement hausser les épaules. « Les subjugateurs ne sont pas les plus populaires des membres de la guilde, je vous assure, encore plus chez une femme en Outrevent. » La voilà, cette magie évoquée, jamais nommée, qui se cache sous ses traits fins et qui lui porte préjudice. Celle dont elle n’a pas honte, mais qui sait la faire méfiée et surveillée à chaque rare incursion sur les terres de l’Honneur.
Elle n’y a de toute façon plus rien. Sa seule famille est en Lagrance et la couronne à laquelle elle a juré allégeance également. Il ne reste que pour elle, en secret, cette broche volée, et sous ses doigts, les mélodies de ce duché laissé derrière elle.

Maelenn ne cherche pourtant pas à s’attarder à cela, à ce qui l’a poussée à devenir Compagne et non pas autre chose. « Sans prétention, ni offense, je n’ai pas besoin de recourir au service d’une quelconque guilde pour savoir m’entourer. Qu’il s’agisse de dame, ou d’autre personnalité. Ce serait un comble pour un prince que d’être incapable de choisir des personnes dignes de confiances pour l’épauler sans l’aide d’un tiers, ni d’y arriver d’ailleurs. Mais dans un sens, je vois ou vous voulez en venir, il serait dommage de vous restreindre à un seul chemin quand il y en a tant qui doivent s’ouvrir sous vos pas. Je ne doute pas de la justesse de vos choix de compagnie, mon prince. Vous me semblez déjà bien avisé et il est heureux de constater que l’héritier du trône faë semble cette fois être fait pour la couronne. » Cette pauvre Chimène était certes bien jolie, mais certainement pas faite pour être impératrice, ni même duchesse d’Outrevent, comme il était d’abord prévu. Quel dommage que sa fin ait été si cruelle et qu’au lieu d’abdiquer la couronne, elle ait préféré abdiquer sa tête… La vipère aspic se dresse, à son poignet, se tend, corde noire et étrange, jusqu’à effleurer le Chevaucheur de sa tête, de sa langue. L’inspectant, le goûtant, aux abords de ces riches vêtements et de ses doigts minces. « Pourquoi devenir diseur de vérité, Votre Grâce ? » Voilà une magie que sa famille espérait bien la voir embrasser, d’ailleurs ! C’est fort noble, fort apprécié, et avoir un prince et un jour un empereur doté de ce pouvoir est bien heureux pour la paix. Ce doit lui être plus que pratique.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyMar 11 Avr - 22:55

La subjugation, c’était donc ça qui posait problème. La compréhension se faisait lentement dans l’esprit du jeune homme dont le trouble n’est traduit que par un rétrécissement de ses lèvres. La confiance donnée à la mauvaise personne pouvait provoquer des tragédies. Il n’y avait pas que les mages des puissances jadis bannis qui avaient la vie dure. La situation de la jeune femme semblait trouver un écho dans celle d’Antonin, tout du moins dans celle de sa sœur. Rejetée pour n’avoir été coupable que de posséder des capacités particulières.
Maelenn aurait pu se diriger vers une autre branche de la magie de l’automne, mais devoir se brider pour un paraitre hypocrite n’était pas des plus brillants. Il ne fallait pas se voiler la face, même ces ramifications les plus sombres trouvaient souvent leurs utilités dans les heures les plus graves et c’était les mêmes à les rejeter, qui finissait par avoir recours à leurs services.

Il connaissait les murmures et le venin qui s’écoulait entre les murs de la demeure ducal. Il n’en connaissait pas l’histoire véritable, ayant été déformée et amplifiée pour qu’elle paraisse plus romancée et extraordinaire. Comme tout le monde, il savait pourtant les grandes lignes de cette femme qui avait tenté de mettre sous sa coupe l’ancien duc avec sa magie. Pourtant, dans un pays où la magie était reine, ne pas savoir s’en prémunir était tout autant stupide qu’impardonnable. Rejeter cette erreur de jugement d’un homme naïf sur une descendance innocente était tout autant insupportable que de voir les mages du sang massacrés parce qu’ils avaient eu le malheur d’avoir un héritage particulier.

-C’est un fait. Je le déplore d’ailleurs, il est tout autant stupide de rejeter vos talents que ceux des magies bannis il y a mille ans. Se dire royaume de magies sans être capable de s’en prémunir est stupide. Vous en blâmer est irresponsable.

Un sourire discret né sur les lèvres du jeune homme lorsque la jeune femme enchaine pour dépeindre un tableau de lui qu’il ne reconnaissait pas. Elle était sincère, du moins ne mentait-elle pas. Pourtant, il ne pouvait être d’accord avec elle. Il n’était pas fait pour le trône, pas encore. Il y travaillait cependant et un jour, il en serait digne. Du moins, l’espérait-il.

-Et la flatterie ne vous mènera à rien, même si, j’apprécie le compliment.

Le cas de Chimène était…compliqué. Il la voyait autant comme une usurpatrice que comme une victime. Elle aurait dû avoir plus de temps pour se préparer à devenir impératrice, être formée là où certains avaient un talent inné pour le commandement. Mais voilà, Gustave avait, aux yeux d’Antonin, sa place légitime en tant qu’empereur. Il voulait croire que cette pauvre enfant aurait fait une bonne impératrice, mais sa disparition tragique n’était-elle pas pour le mieux, sa mort n’avait-elle pas apporté tout ce que sa famille avait toujours voulu et recherché ?
Son trépas leur avait offert la possibilité de changer les choses et de protéger Armandine d’une règle désuète et dépassée. La vie réservait bien des surprises et il fallait concilier avec ses désirs et les répercutions encourues pour les avoir assouvis.

-Ce n’est pas bien compliqué en vérité. Un choix de raison dirons-nous. Une fois Chevaucheur, beaucoup orientent leur capacité pour le combat, être efficace et rapidement. Pourtant, notre rôle ne se limite pas à ça. Il faut parfois faire preuve d’un peu plus de finesse. Savoir reconnaitre la vérité, chercher des indices, entrevoir les traquenards. Il faut bien que quelqu’un en soit capable. J’ai pris la voix la plus rare parmi les Chevaucheur et pourtant, d’une utilité mésestimée par les jeunes cadets impulsifs que nous sommes.  Puis…Soyons honnête, par la force des choses, c’est un talent qui force la loyauté et éloigne les faux-semblants autour de moi et de ma famille. Ainsi, c’est une protection parfois bien plus sûre que celle d’une quelconque magie offensive.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyLun 17 Avr - 3:56

Plus le jeune homme parle, plus elle se prend à apprécier ses prises de position, ses choix de mots, les opinions dont il lui fait part sans se cacher. Elle savait l’empereur en faveur des mages du Sang, il a tout de même une fille aux pupilles cerclées du même écarlate qui a enflammé les yeux de sa soeur il y a des années, mais ainsi entendre son fils défendre ces magies bannies entoure son coeur de velours. Sans qu’il le sache, ils partagent la même douleur, et elle est espère que la princesse Armandine n’ait pas eu à souffrir comme Maidhenn. Qu’elle ait été entourée, soutenue, aimée, et que le prince Antonin se fasse son héraut.« [...] Vous en blâmer est irresponsable. Si tous pensaient comme vous… », qu’elle murmure. En Outrevent et même ailleurs, à vrai dire, si tous étaient plus… ouverts. Indulgents.
Tant de vies seraient sauvées.

Puis, bien qu’il se fasse modeste -et elle reconnaît bien là la marque d’Outrevent sur un de ses enfants- face à ses compliments, elle ne les pense pas moins. Elle aime la sincérité de ses paroles, le travail qu’il s’applique à effectuer dans chaque sphère de sa vie, sa clairvoyance, qu’arrogante, elle attribue à son apprentissage d’enfant de l’Automne. Magie sensible, faite pour percevoir les émotions  les subtilités et les délicatesses du discours et des sentiments, elle est à ses yeux bien plus complexe et donc admirable que celles plus tapageuses des autres Saisons.

Elle en oublie de boire son thé, plongée qu’elle est dans le discours du jeune prince, et lorsqu’elle en boit une gorgée, elle est surprise de trouver le liquide froid sur sa langue. « C’est un choix judicieux qui en effet aurait trouvé toute son utilité au sein d’un escadron de Chevaucheurs et qui saura bien vous accompagner dans vos nouvelles fonctions. Vous aidera à choisir avec justesse votre compagnie, dit-elle avec malice, ramenant avec une pointe d’humour cette précédente flatterie qui n’en reste pas moins honnête. Je crois également que plusieurs enfants d’Outrevent sont poussés vers une quête de justice et de vérité, de par les valeurs qui nous sont enseignées. Cette notion de justice est vouée à changer, je crois bien, et… j’ose même l’espérer. » Maelenn veut poursuivre, interroger l’homme sur le travail à faire afin de percevoir la vérité, comment fait-il ?, mais elle est coupée par la voix masculine, presque sirupeuse, de Gavriel, qui dévisage le prince de ses yeux noirs et luisants : N’as-tu pas de Familier, mage ?, demande la vipère, redressée entre ses doigts. Une voix qui porte l’accent typique -un brin pincé- des nobles lagrans, comme si un sorcier avait un jour condamné un homme à n’être que reptile. « Gavriel, un peu de politesse », qu’elle s’offusque, au-dessus de son thé refroidi, ses sourcils froncés dans un net mécontentement. Ce n’est pas poli, non, d’ainsi interroger un mage à ce moment, mais le serpent à l’égo bien portant n’a que faire des conventions.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyMer 3 Mai - 11:13

La discussion passe agréablement, même si les sujets évoqués sont quelques peu délicats. La magie d’Antonin n’est pas troublée par les paroles et s’accorde aux sons mélodieux de la voix de Maelenn. Il aimerait à se laisser bercer, mais l’intuition née de sa magie le titille régulièrement lorsqu’elle tente de détourner des paroles.
La délicatesse du sujet concernant la subjugation semble avoir quelque peu abaissé les masques. Il voit l’intérêt que cette conversation suscite dans les prunelles de la jeune femme, sans réussirai à en connaitre les secrets. Antonin ne voulait d’ailleurs pas les décrypter, elle avait droit à son intimité et il ne pouvait décemment pas franchir cette ligne.
S’il ne comprenait pas les raisons qui avaient pu pousser cette jeune femme, certainement très talentueuse à se jeter dans les bras des compagnes, ni les réponses qu’elle avait pu en tirer, il n’imaginait même pas la peine qu’elle devait ressentir à se voir renier par sa famille pour ce simple fait. Ses parents seraient-ils susceptibles d’en faire autant ? Antonin aimait à penser que non, mais dans le fond il savait que ses géniteurs pouvaient, l’un et l’autre, se montrer d’une intransigeance parfois terrifiante.

Malgré tout, les manigances d’un reptile à la langue curieuse n’’avait pas échappé au prince, laissant faire le serpent et explorer du bout de la langue sa peau. Contacte léger, à peine un effleurement, mais dont la sensation restait pour le moins surprenante. Il aurait pu en rester là, mais il semblerait que là où la belle Maelenn maniait les mots avec précaution et finesse, son Familier avait la rudesse d’un taureau encornant sans discernement ou presque.
Sans doute que cela l’aurait offusqué dans d’autres conditions, avec une autre personne, sans doute encore plus s’il s’était agi d’un homme d’ailleurs. Mais voilà, rien de tout cela n’hérissait ses nerfs et c’est un amusement qui répondit à la réprimande de Maelenn.

-J’ai déjà fort affaire avec une reine qui demande mon entière personne pour elle et elle seule. Je crains qu’elle ne soit capable de menacer qui que ce soit ayant la mauvaise idée de me revendiquer…Familier ou pas. Pourquoi cette question ?

Il blague, à moitié seulement, la cohabitation avec un Familier et la reine pourrait très bien passer comme être totalement catastrophique, tout dépendrait de comment elle déciderait de considérer le nouvel arrivant. C’était souvent tout ou rien avec elle.

« Non, je ne mangerai pas ton familier, je ne suis pas folle non plus. »
« Je n’ai rien dit. »
« Tu l’as pensé très fort.

- Ne vous en faites pas, il peut poser des questions. Je ne répondrais peut-être pas à toutes, cependant. Mais n’est-ce pas le jeu et le but de cette entrevue ? Louvoyer au travers des mots pour voir quelle magie se marie le mieu avec ? S’il y a un joueur de plus…hé bien, pourquoi pas après tout.

« Dragueur, si je décidais d’intervenir tu n’accepterais pas »
« En effet… Tu es un peu trop… Dragonne… et reine. »

« Ca ne veut rien dire. »
« Si tu savais, tout et rien à la fois. »
« Je sais. »

C’était aussi pour ces étranges conversations qu’il l’aimait autant, Agonie. Cette complicité qui ne demandait pas de cohérence, mais une intimité en plus qui donnait sens.[/font]
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyLun 8 Mai - 23:42

Elle est fâchée, de l’interruption inattendue de son Familier. De cette outrecuidance avec laquelle il s’adresse à rien de moins qu’un prince, l’appelant mage comme s’il s’agissait du premier péon venu. Il est fin, Gavriel, il est subtil. Que lui prend-il, à ainsi parler à Sa Grâce Antonin ? Laisse-moi faire. L’indication doucereuse ne la satisfait pas et même si ses traits se détendent, elle n’en est pas moins agacée. Le prince impérial, mage. Pour un Lagran, tu donnes à ce moment très mauvaise impression. Et tant pis s’il est vexé. Il n’aura qu’à partir bouder dans un coin du palais, comme lors de la rencontre avec le duc Liam. Mauvaise foi partagée.

Heureusement, le jeune homme ne semble pas prendre ombrage de la rudesse de la vipère, et lui répond avec une amabilité toujours impeccable : « J’ai déjà fort affaire avec une reine qui demande mon entière personne pour elle et elle seule. Je crains qu’elle ne soit capable de menacer qui que ce soit ayant la mauvaise idée de me revendiquer…Familier ou pas. Pourquoi cette question ? Certainement, avec une Reine telle qu’Agonie du Jade, vous devez être comblé, siffle le Familier, flatteur, sachant bien que ses mots ne sont pas entendus que par le mage, mais également par celle qui règne dans son esprit. Simple curiosité, Votre Grâce. » Il est aussi parfois plus facile d’appréhender un mage lorsque l’on voit son Familier, qui sait en dire long sur la personnalité de l’être auquel il est lié, sur ce qui est caché, ou assumé. Certains ne le rencontrent jamais, n’est-ce pas ? Si elle n’était pas sortie d’Outrevent, si elle n’avait pas choisi ce chemin, jamais elle n’aurait rencontré Gavriel, et elle ne peut plus imaginer une vie sans lui. Sans cette part de son âme, venue si naturellement la compléter. « Ne vous en faites pas, il peut poser des questions. Je ne répondrais peut-être pas à toutes, cependant. Mais n’est-ce pas le jeu et le but de cette entrevue ? Louvoyer au travers des mots pour voir quelle magie se marie le mieux avec ? S’il y a un joueur de plus… hé bien, pourquoi pas après tout. » Elle dépose l’infusion froide, regrettant quelques secondes de ne pas être mage de l’Été et de pouvoir réchauffer bien rapidement tout cela. Ses doigts effleurent la harpe, déposée contre le canapé où ils sont assis, les cordes vibrant à peine sous ceux-ci. Juste une vibration, sans son, pas même une note.
Jouer. Elle a le droit de jouer. Elle y est autorisée. Jusqu’où peut-elle pousser la chose, sans être réprimandée ? Tu devrais oser. Oser. Elle n’a pas été éduquée pour cela. Surtout pas avec un plus grand seigneur qu’elle. Pourtant… pourtant, elle l’a fait.
« Gavriel est Lagran, je ne veux certainement pas jouer contre lui, rit doucement la Compagne, s’attirant un sifflement désapprobateur de la vipère. Quant à moi… Je vous promets, Votre Grâce, que tout acte de magie que j’aurai à votre égard ne sera point exécuté afin de vous nuire. Pouvez-vous m’assurer que ceux-ci ne seront pas retenus contre moi ? », demande-t-elle avec politesse, offrant patte blanche au jeune prince. Elle sait qu’Agonie veille, elle sait que toute la garde d’Alfaë sera prête à jaillir si le moindre problème survient, mais elle veut que tout soit clair. Aucun mal n’est souhaité, au prince Antonin. « Ce jeu deviendra bien plus intéressant, je vous l'assure », qu'elle souligne, toujours avec le même sourire teinté de mystère. En tout bien, tout honneur, évidemment. En toute magie.
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyJeu 1 Juin - 20:40

Le Familier était pour le moins perturbant, il n’avait aucune gêne et ses propos cachaient bien plus qu’il ne voulait le dire. L’animal avait des idées dans la caboche, il avait fait des conclusions et se servait volontiers des réponses du prince pour en venir à certaines constatations, de ça Antonin en était sûr. Mais à savoir lesquels ? C’était là tout la question.
Le jour et la nuit, autant il ne doutait guère de l’intégrité de la jeune femme, son don aidant, autant son Familier, Gavriel, n’inspirait pas tant confiance que cela. C’était d’autant plus étrange que de bien vouloir croire une personne tout en redoutant la curiosité intelligente de sa moitié d’âme.

L’origine du petit serpent éclaire cependant le prince quant à cette étrange distance qu’il tient à maintenir avec l’animal. Le duché n’était pas connu pour sa franchise et c’était un véritable calvaire pour Antonin que de devoir traiter avec ceux qui ne savaient pas être vrai. C’en était à tel point que certain Lagran réussissait à lui provoquer de véritable mal de crane, sa magie se hérissant de dissonance à chaque mot, à la moindre syllabe. Il se contentait en général de sourire gentiment, un sourire un peu faux, mais il n’allait pas s’épancher sur sa difficulté à avoir à faire à des Lagrans à la jeune femme.

Pourtant, c’est en plissant un peu les yeux qu’il accueille la demande de Maelenn. Elle disait la vérité, totalement et complètement, sans faux-semblant, mais ses propos n’étaient pas pour le rassurer. Il prend donc le temps d’y réfléchir, passant brièvement la main sur son menton, revenant chercher le regard de la belle.

-Tant que votre magie ne sort pas de cette pièce et cesse dès lors que vous la quitterez, si vous ne me nuisez point, alors je me porterais garant de votre sécurité et que personne ne porte atteinte à votre personne qu’une quelconque façon que ce soit. Dans le cadre de nos entrevues j’entends, je crains malheureusement de ne pouvoir rien faire concernant vos autres affaires.

Il fallait être claire, les engagements n’étaient pas à prendre à la légère et les termes se devaient d’être claires et concis. C’était peut-être puéril de sa part, mais ainsi, il se sentait bien plus à l’aise.

-Puis-je au moins être mis au courant de ce que vous avez en tête, ou me devrais-je de le découvrir par moi-même ?

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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyMer 14 Juin - 19:20

Il ne te fait pas confiance. Elle en roulerait des yeux, mais son silence se fait patient, alors que le prince semble hésiter à lui accorder sa grâce dans ce jeu qui sera le leur, et cela pour plus d’une seule rencontre, elle le pressent. Elle n’est pas prédictrice, mais un instinct lui souffle que ce ne sera pas la dernière fois qu’elle aura le plaisir de converser avec le prince de Faërie. « Tant que votre magie ne sort pas de cette pièce et cesse dès lors que vous la quitterez, si vous ne me nuisez point, alors je me porterais garant de votre sécurité et que personne ne porte atteinte à votre personne qu’une quelconque façon que ce soit. Dans le cadre de nos entrevues j’entends, je crains malheureusement de ne pouvoir rien faire concernant vos autres affaires. C’est bien tout ce que je demande, Votre Grâce. Il ne me viendrait pas à l’esprit d’abuser de votre pouvoir, ni de votre bonté. » Raisonnable jeune femme, qui se contente de ce qu’on lui accorde, lorsqu’elle ose à peine réclamer. Cartes sur table, pour elle comme pour lui. Pour le prince, cela doit bien s’apparenter à une déformation de sa magie, ce besoin de clarté et de franchise. D’ailleurs, s’il ment, sent-il sa propre magie tressaillir, réagir ? Le trahit-elle, comme un visage trahirait le mauvais menteur ? Tant de questions, que Maelenn osera peut-être poser, afin de satisfaire une curiosité qui ne connaît jamais de fin.

« Puis-je au moins être mis au courant de ce que vous avez en tête, ou me devrais-je de le découvrir par moi-même ? Laissez-moi plutôt vous surprendre », qu’elle répond, en sachant très bien que les surprises ne sont pas l’apanage des Outreventois, peuple définitivement terre-à-terre et peu enclin au changement, tout comme à l’inattendu. Elle a appris à embrasser cela, en parallèle du contrôle que lui permet sa magie. Appris à apprivoiser ce qui lui échappait. « Rien de douloureux. Au contraire. » Ses talents ne se limitent pas à la conversation, oh que non. Sa main effleure la théière désormais froide, posée sur la table devant eux, puis elle regarde à nouveau son interlocuteur. Cette fois, la magie se fait insistante, puissante, la subjugation enrobant chacune de ses paroles, s’infiltrant dans la volonté du prince afin de le faire plier sans même qu’il s’en rende compte, sans même qu’il tressaille. Ou, le fera-t-il ? « Demandez-nous une nouvelle théière, je vous prie. » L’entretien n’est pas terminé. Pas encore. Ils ont bien encore une théière à partager, afin que tous deux doivent retourner d’où ils sont venus. Ils peuvent encore profiter de cette froide journée. Il en a envie. N’est-ce pas ?
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Message Sujet: Re: Allumer le feu   Allumer le feu EmptyVen 14 Juil - 9:10

Elle se fait mutine la compagne et arrache un sourire au prince qui voudrait pourtant paraître plus intimidant, à l’image de son père. Mais c‘était peine perdu, tandis qu’il appréciait déjà, de trop sans doute, la demoiselle aux ressources surprenantes. Pourtant, il sait qu’il ne doit pas s’endormir sur ses lauriers, que même sa magie ne le protège pas de la manipulation et de la trahison. Qu’elle n’est ici que parce qu’on le lui a imposé et qu’elle ne fait que ce qu’on lui a demandé, rien de plus, rien de moins.
Car désormais, toutes ses relations seraient ainsi : Superficielles. Il ne pouvait se permettre de créer des liens véritables, d’intimités, avec les gens, plus maintenant que sa position lui donnait tant de faiblesse s’il venait à déraper. Pourtant, il chasse sciemment les brumes noires qui obscurcissent cette agréable entrevue. Il s’installe confortablement et suit la jeune femme du regard. Elle qui semble tellement à son aise dans un lieu qu’il a mis du temps à faire siens, et qu’il n’est même pas totalement sûr de réussir à complètement s’approprier un jour. Les décorations, les meubles, tout de bois et de sculpture, clamaient haut et fort qu’il s’agissait bien là d’une des pièces du Palais-royal. Il n’avait encore osé y changer quoique ce fût, à part dans ses appartements privés. Intimidé, encore indécis, ne se sentant pas la légitimité d’imposer ses goûts et lui rendant les lieux encore plus étrangers.

Les mots de Maelenn passent presque inaperçus derrière l’écran de ses pensées, une simple demande, une caresse, un murmure timide qu’il serait blasphématoire de ne pas prendre en compte sous peine de faire s’évanouir l’atmosphère étrangement réconfortante qui s’est d’un coup installée dans la pièce. Machinalement, sans trop y penser, il avance le bras, puis il se rend vaguement compte que quelque chose ne va pas. Toute cette énergie qui crépite autour de lui, qui semble même adoucir les épines de sa magie qui l’entoure comme une cape protectrice, c’était trop soudain pour que… Agonie rode, guette, attentive. Une lumière amusée illumine les yeux du prince fait échos au sourire carnassier de sa consœur saurienne. Pourtant, il se plie à la volonté de la belle, mais c’est une soumission consentie, consciente et cela fait toute la différence pour lui, bien qu’elle ait pu l’avoir si sa magie n’avait pas saturé l’air aussi soudainement. Il ne se serait douté de rien, habitué à la douceur mielleuse d’une magie de subjugation utilisée avec brio. Cela rendait Maelenn d’autant plus dangereuse – désirable ?- que respectable, peut-être aurait-il dû se méfier, mais voilà, il était faible devant les femmes, il était bien moins méfiant et il se prêtait plus volontiers à leurs jeux qu’a ceux de leurs homologues masculins.
Il s’empare de la théière et somme donc un valet de venir à sa rencontre pour leur en apporter une nouvelle plus chaude et à même de les contenter.

-Je vous trouve bien exigeante, mais soit, je vais tenter de vous satisfaire au mieux dans la limite du raisonnable, le temps de notre entrevue.

Etait-ce à cause de la magie de la jeune femme qu’il se laissait aller à de tels propos ou par sa volonté propre ? Dur d’y répondre, mais cela lui convenait pour le moment. Il était en accord avec ses principes, tant qu’il ne perdait pas de vue le réel intérêt de cette discussion, il pouvait bien se détendre un peu non ?
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