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 Comme deux aimants

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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyLun 30 Jan - 21:48


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Rejwaïde Sinhaj  & Mayeul de Vifesprit

Comme deux aimants

AIMANTS. Pas AMANTS. Pas encore




• Date : 3 février 1002
• Météo : Froide. Il neige à l'extérieur.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mayeul est persuadé que Reja l’évite, et il est bien décidé à en découvrir la raison. Qu’importe s’il doit un peu insister pour se faire !
• Recensement :
Code:
• [b]Date : 3 février 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1715-comme-deux-aimants#51846]Comme deux aimants[/url] - [i]Rejwaïde Sinhaj  & Mayeul de Vifesprit[/i]
Mayeul est persuadé que Reja l’évite, et il est bien décidé à en découvrir la raison. Qu’importe s’il doit un peu insister pour se faire !



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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyLun 30 Jan - 21:51

Il est officiellement en convalescence, Mayeul. Cloué au lit serait plus juste, en fait, puisqu’on lui a conseillé - obligé - de se reposer. Il a eu le droit de voir Nuage, et passe le plus clair de son temps libre aux côtés de son griffon. Le petit cendré est lui aussi prié de se reposer, sévèrement touché par le choc, et malgré son impatience, se plie lui aussi aux règles. Les nouvelles des frontières ne sont pas bonnes - et encore, Mayeul sait qu’on le laisse dans le brouillard, pour ne pas le surmener -, et le Voltigeur ne peut s’empêcher de culpabiliser d’être sous surveillance médicale. Mais malgré ses allégations, il est encore faible : il lui est difficile de faire quoi que ce soit sans se sentir vite fatigué, et avec la fatigue arrivent les mots de tête, lancinants et douloureux.

Il n’en a pas parlé aux médecins, de ces maux de tête. Pour être surveillé, encore plus qu’il ne l’est déjà ? Que Callia lui pardonne, mais les médecins, le major de Svaljärd en a un peu par dessus la tête. Ses bleus s’affadissent, et il attend avec impatience le droit de remettre son harnais et de retourner voltiger avec Nuage. Il se remet vite et bien, son compagnon plumeux, veillé par les médecins. Mais durant tout ce temps où Mayeul a effectué des allers-retours entre sa chambre et le nid de convalescent du griffon, Mayeul n’a pas croisé une seule fois Reja. Au début, il a pensé à une coïncidence : il sait qu’elle aussi est clouée au sol par ses blessures. Mais il finit tout de même par se demander si elle ne l’évite pas : elle a des raisons d’être en colère contre lui, après tout, et sa chute n’en est qu’une parmi tant d’autres.

Il sait pourtant qu’elle lui a rendu visite : Nuage le lui a confirmé, avec un amusement que Mayeul ne parvient pas réellement à comprendre. Il n’a aucun souvenir de Reja venue le voir, mais il est resté inconscient longtemps, alors sans doute l’Erebienne est-elle venu pendant ces moments là. Il a essayé de la surprendre, du coup, demandant à Nuage de l’aider, mais elle a semblé esquiver tous ses plans d’attaque. Pas grave. Mayeul n’a pas mis longtemps à en trouver un autre : le dos calé contre Nuage, il lui a écrit des poèmes, à la jolie fille des dunes, avant de les glisser sous sa porte. C’est peut-être plus par provocation qu’autre chose, peut-être bien : il voudrait réellement lui parler, mais s’il la provoque assez, elle cessera de l’éviter et viendra lui hurler dessus, non ? Cela fera tout aussi bien l’affaire, tant qu’elle ne prend pas son sabre avec elle. De toute façon, il est major, maintenant. Son officier supérieur, en titre du moins. Aussi furieuse qu’elle puisse être contre lui, elle ne lui fera sans doute rien. Perplexité. Mayeul balaie l’inquiétude du griffon d’un geste du bras : ils ont réussi à être presque courtois, au Palais des Soupirs. Presque. Elle a empêché qu’il ne soit décapité, c’est qu’elle doit un minimum l’apprécier, non ? Elle est difficile à lire, Reja. A comprendre aussi.

Le dos contre le poitrail de Nuage, Mayeul met la dernière touche à son chef-d’oeuvre poétique. Soutenir un long échange avec Nuage est encore douloureux, mais ils profitent chacun de la présence réconfortante de l’autre, et cela leur suffit bien. Et puis, taquiner les gens met toujours le Voltigeur de bonne humeur. Même si avec Reja, il y a toujours quelque chose en plus, et cela le chiffonne plus qu’il ne veut l’admettre. Il l’aime bien, réellement, malgré son caractère et ses menaces, qu’elle ne met pas réellement à exécution. Il se plaît à l’agacer, mais jamais assez pour qu’elle ne s’éloigne réellement. Il n’a pas envie qu’elle s’éloigne. Les lettres échangées avec Alméïde l’ont fait réfléchir, mais pourtant, Mayeul serait bien incapable de définir sa relation avec la Voltigeuse d’Erebor. Il l’apprécie. Il l’aime bien. Il rêve de poser ses mains sur son corps, comme dans ces rêves qu’il fait et dont il a bien du mal à se sortir au petit matin. C’est embrouillé, dans sa tête, et il ne sait plus vraiment ce qu’il ressent, Mayeul. Mais de toute façon, pour éclaircir quoi que ce soit, il faudrait déjà qu’elle ne l’évite plus. Il est à peu près sûr, Mayeul, que c’est à cause du baiser dont il l’a gratifié. Cela a été effectif, mais pas du tout bien apprécié. « Je reviens plus tard. » Lance le major à Nuage, se levant avec précaution, pour ne pas déclencher une nouvelle migraine.

D’un pas lent, il se dirige vers l’aile qui a été allouée à Reja, vers la chambre où il dépose régulièrement, depuis presque trois jours, des petits mots, des poèmes et même une plume de griffon, une fois. Mayeul n’a d’ailleurs pas exactement compris pourquoi, mais qu’importe, le petit griffon est compliqué à suivre. S’agenouillant devant la porte, le Voltigeur s’apprête à y glisser son parchemin, quand la porte s’ouvre soudain en grand, manquant de le déséquilibrer. C’est à une Reja qui n’a pas l’air commode qu’il fait face, le major, et il ne tergiverse pas longtemps avant de se relever, époussetant la poussière imaginaire sur ses genoux avant de lui offrir un sourire charmeur.


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Rejwaïde Sinhaj
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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyDim 5 Fév - 0:27

Au moins un mois.
Un mois !
Un mois sans Voltige.

Depuis que les médecins qui ont étudié la balafre de sa cuisse se sont mis d’accord, les mots ne cessent de tourbillonner sans fin dans l’esprit de Reja, rebondissant de mille cahots, égratignant son âme et versant un sel amer sur sa plaie. Comme s’il n’avait pas suffi qu’elle chute de son griffon – il faut à présent qu’elle s’abstienne de remonter dessus pendant au moins un mois ! Ah, ils ont bien tenté d’adoucir les choses, les médecins de la caserne d’Ibelin, expliquant minutieusement les dégâts occasionnés à sa jambe, les muscles déchirés, le tendon rompu, la longue convalescence, et la pénible rééducation… Si encore il restait des mages guérisseurs à Ibelin – mais ils ont tous été chassés ! Alors, la fille des dunes va devoir supporter son lent retour vers la santé, avec au cœur la peur affreuse de ne plus jamais pouvoir danser.

Sirocco n’est même plus là pour apaiser son angoisse. Il s’est envolé, au matin de la nuit où elle s’est réfugiée en larmes dans son nid, inconsolable sans vraiment savoir pourquoi – il s’est envolé, et n’a pas dit où il allait, juste qu’il reviendrait. Le langage des griffons ne permet pas vraiment de calculer les jours, elle a la sensation que ce sera « bientôt », mais son compagnon plumeux lui manque. C’est que tout lui pèse tant, en ce moment, à Reja : l’inquiétude pour son rétablissement, les folies de sa sœur qui va épouser le duc Castiel de Sombreciel, les ravages causés par la guerre en Erebor, et pour couronner le tout des missives suspectes qui semblent se matérialiser sous sa porte depuis quelques jours. Oh, elle passe le temps, Reja : avec Marianne, avec Grâce, qui ont été logées dans le même dortoir, elles discutent, font connaissance mais ça s’arrête là. Rien qui ne puisse vraiment détourner son attention de ces petits mots – et des menus objets qui les accompagnent. Une plume. De Nuage, à en juger par sa teinte. De toute façon, elle avait reconnu l’écriture de Mayeul – visiblement, le petit griffon est de son côté et continue à lui assurer sa complicité. A-t-il donc tellement pitié de l’Erebienne qui s’est couverte de ridicule ?

Elle ne sait pas quoi penser des poèmes, Reja. Elle apprécie le geste, à son corps défendant, car l’attention du Cielsombrois est tout de même flatteuse ; mais elle a bien trop entendu parler des enfants de Mirta pour se faire des illusions sur les motivations de Mayeul. Il s’ennuie sûrement, et lui écrire est un dérivatif pour occuper ses journées, très certainement. C’est tellement distrayant de persécuter une pauvre fille des dunes, après tout ! Il ignore évidemment qu’elle rêve de lui, chaque nuit, de ses baisers, de ses caresses ; et que les pensées tourbillonnent furieusement sous le crâne de la farouche enfant du harem. Alors, forcément, ses poèmes n’arrangent rien…

Elle déprime peut-être un peu, Reja. Ce matin, elle est restée tard au lit, laissant sortir ses camarades de dortoir, profitant du calme pour tenter de trier ses idées confuses. Elle est en train de se rendormir, lorsqu’un bruit de pas devant la porte éveille son attention. Un léger grattement – oh, par Valda. Serait-ce le poète appliqué venu livrer un autre de ses petits mots ? Sans trop réfléchir, elle sort du lit, boitille jusqu’à la porte, et l’ouvre en grand, surprenant Mayeul la main sous le battant. Oh, elle aimerait bien glapir son indignation et jouer les outrées ! « Vifesprit ! » siffle-t-elle, mâchoires serrées, prête à tempêter. Mais le reste de l’étage n’a pas besoin d’entendre, aussi Reja se ravise et agrippe fermement le col de l’homme de son index recourbé, pour l’attirer dans le dortoir vide et refermer soigneusement la porte, raflant le parchemin au passage.

Déposant la missive sur la commode, elle se tourne vers lui, pointant un index accusateur sous son nez. « Qu’est-ce que tu fabriques ? A quoi tu joues ? »

C’est en suivant son regard le long de ses jambes qu’elle réalise lui avoir ouvert en chemise.
Pas en chemise de nuit, non, pas ces longues chemises-là – mais la chemise qu’elle met pour dormir.
Sa chemise, à lui.
Qui lui arrive quelques centimètres au-dessus des genoux.

Aussi rouge qu’un étendard de Bellifère, elle saisit prestement le premier vêtement qui lui tombe sous la main : le peignoir épais que Grâce enfile le soir. Elle s’en enveloppe et en noue la ceinture de ses mains tremblantes, sentant la brûlure embraser son visage tout entier et se demandant fébrilement le Voltigeur peut bien poser les yeux, là, maintenant. Pour cacher son trouble, elle croise les bras, le feu aux joues ; et comme l’attaque reste la meilleure défense, elle poursuit son interrogatoire. « Qu’est-ce que tu me veux ? » Elle renifle, puis ajoute, presque à contrecœur. « Ta tête, ça... va mieux ? »



 

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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyDim 5 Fév - 21:43

Il ne se départit pas de son sourire le Voltigeur, quand la jeune femme l’attire dans sa chambre sans ménagement. A peine parvient-il à garder son équilibre, encore un peu hésitant à cause du coup reçu sur son crâne, mais cela ne le démonte pas plus que ça. Reja est furieuse, et il ne peut s’en empêcher, cela l’amuse. Elle est magnifique, la danseuse des dunes, les cheveux en bataille, la mine furieuse, et le corps très peu couvert. Très très peu couvert, d’ailleurs. Sans mot dire, les yeux de Mayeul se baisse lentement vers les cuisses qui se devinent sous le tissu fin, les jambes dénudées et les pieds nus. Les joues en feu, Reja le lâche pour se précipiter vers un peignoir, dérobant à la vue du major de Svaljärd sa tenue plus que légère. Cherchant à cacher de son mieux son désappointement, le Voltigeur garde les yeux baissés, le regard perdu sur les pieds nus de la jeune femme, qu’il s’imagine sans peine saisir dans sa main, ses lèvres embrassant chaque courbe, avant de remonter le long de sa jambe, vers sa... Perdu dans ses pensées, Mayeul loupe le début de la question de Reja, et, se sentant coupable, secoue la tête pour éclaircir ses idées. Mauvaise, très mauvaise initiative : la nausée le gagne aussitôt, résultat d’un mouvement bien trop brusque pour son état de guérison actuel, et le Voltigeur pâlit visiblement, sa vision se teintant de points noirs. Les médecins l’ont prévenu, pourtant.

Mayeul porte une main à sa tête, s’efforçant de respirer doucement, lentement, jusqu’à ce que sa nausée s’éloigne, et que sa vision s’éclaircisse. Comme s’il ne s’était rien passé, il lève les yeux vers la jeune femme, ses prunelles pleines de défiance fixées dans celles de l’Erebienne, la mettant au défi de l’accuser de mentir. « Je vais très bien. » Parfaitement bien, n’est-ce pas ? Mieux qu’elle, sans doute : elle a été blessé gravement, dans cette chute. Chute dont il est en théorie responsable. Il ne se souvient de rien, mais Nuage lui a montré. Le feu, Sirocco, Reja, le sable... Des sensations, des images, qu’il a bien du mal à associer avec la réalité puisqu’il ne s’en rappelle absolument pas. « Et je veux que tu arrêtes de m’éviter. » C’était bien ça, sa question, non ? Pour un peu, il rejetterai presque la faute de ses actions sur elle : c’est elle qui passe son temps à l’ignorer, et à ne pas vouloir lui parler ! Il a simplement employé des mesures adéquates pour la confronter.

Et la preuve en est, ça a marché. Certes, il aurait pu se présenter dans sa chambre, mais croiser Grâce et Marianne, parler à la jeune femme devant elle, non, il n’en a pas envie. Sa méthode, bien qu’un peu extravagante, est sans doute meilleure. Ils se font face tous les deux, dans une proximité qui le trouble plus qu’il ne veux l’avouer. « Écoute, je suis désolé. Je crois que... Que je te dois des excuses ? » Il a l’air perplexe, le major, et il l’est, en vérité. Il a l’impression qu’elle lui en veut pour quelque chose, mais il ne sait pas pourquoi. Le baiser, peut-être, échangé dans le palais des Soupirs ? Il a fait ça pour la sortir de sa transe, rien d’autre. Évidemment, rien d’autre. La voix narquoise lui fait presque lever les yeux aux ciel, mais il sait mieux se contrôler que ça, tout de même. Non, rien d’autre : ça a marché, et c’était bien son seul but. Ou alors, la chute ? De cela non plus, il ne se sent pas coupable. Les poèmes, peut-être ? « Pardonnes-moi. » Cela ne sonne pas réellement sincère, et pour cause : il ne voit pas trop ce qu’il a à se faire pardonner.

« Dis... c’est ma chemise que tu portes ? » Demande soudain Mayeul, changeant de sujet sans même prévenir. Sa voix n’est pas moqueuse, mais bien perplexe. Pourquoi porterait-elle sa chemise, d’ailleurs ? Il n’a pas eu le temps de bien regarder, son regard s’étant plutôt attardé sur les jambes fines de la jeunes femmes, et les cuisses musclées qui se devinaient à peine sous le tissu léger.


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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyDim 5 Fév - 23:33

Il est… si pâle. Bien plus qu’elle ne s’en souvient. Les Voltigeurs ont tous le teint un peu hâlé par des heures de vol au grand air, même en plein hiver ; mais là, Mayeul semble… malade. Plus qu’elle ne l’aurait cru après la visite qu’elle lui a rendue il y a quelques jours. Il ne semblait pas si mal portant ; mais il faut croire que le coup qu’il a pris sur la tête lui joue encore quelques mauvais tours. Les mains crispées sur le tissu du peignoir, Reja observe son visiteur vaciller légèrement, puis reprendre contenance. Il va très bien, dit-il, de ce ton insolent qui l’irrite souverainement – mais elle ne va pas le contredire. S’il ne souhaite pas lui faire part de son état de santé, c’est son choix, après tout. Elle prend mentalement note, toutefois, de ne pas le cogner trop fort : il a l’air fragile, ce matin, et elle ne voudrait pas le casser. Pas trop vite. Pas tout de suite. Après tout, puisqu’il est là, peut-être que… ?

Ou peut-être pas. Certainement pas, même ! Il est cielsombrois, enfin, il ne faudrait pas l’oublier. Fronçant les sourcils, lèvres pincées, elle réplique avec la plus parfaite des mauvaises fois. « Je ne t’évite pas. » Non, évidemment – elle se cloître dans le dortoir, mange à peine, erre avec soin dans des couloirs où il n’a rien à faire, et contourne avec application la section où il a été logé. Mais non, à part ça, elle ne l’évite pas, du tout : elle… visite. Le reste de la caserne. Qu’elle connaît par cœur, admettons, mais voilà, il faut bien quelqu’un pour surveiller les recoins isolés, hein ? Elle s’apprête à développer, à enchaîner quelques justifications boiteuses et prétextes douteux, mais il ne lui en laisse pas le temps : l’air clairement perdu, d’un ton plus indécis que sincère, le  Voltigeur lui présente… des excuses.

Par Valda.
Il a vraiment dû taper fort le sol.

Un peu estomaquée, la bouche entrouverte, elle exhale un souffle choqué. « Est-ce que tu sais au moins pour quoi tu t’excuses, au juste… ? » Non, parce qu’il ne doit pas savoir qu’elle rêve de lui, chaque nuit. Il ne peut pas savoir. Qu’il obsède le coin de ses pensées qui n’est pas préoccupé par, au choix, la guerre, sa blessure, l’absence de Sirocco, ou l’insensé mariage de sa sœur. Elle attend de voir ce qu’il va lui répondre – et bien sûr, quand sa question résonne dans le dortoir silencieux, elle est une fois de plus complètement prise au dépourvu. Le brasier sur ses joues s’intensifie encore, et elle toussote nerveusement, tentant de resserrer un peu plus les pans du peignoir sur sa poitrine, comme si les yeux de Mayeul pouvaient transpercer l’étoffe.

(Heureusement qu’ils ne peuvent pas.)
(Et s’ils pouvaient, hein ?)

Secouant la tête, elle cherche frénétiquement quoi répondre. Quelque chose de passe-partout. D’anodin. Parce qu’elle ne peut pas vraiment lui dire qu’au début, elle dormait avec son odeur pour se réconforter après le traumatisme de la Vouivre – et qu’après l’avoir lavée plusieurs fois, la chemise, elle a quand même la sensation qu’il n’est pas loin pendant qu’elle dort, qu’elle n’est pas seule et qu’il veille sur elle. Et que la teneur de ses rêves lorsqu’elle porte cette chemise est nettement plus… agréable, et scandaleuse, que lorsqu’elle porte autre chose. Crispée, elle hausse une épaule, massant machinalement son poignet toujours en attelle pour se donner une contenance. « Ce n’est plus ta chemise : tu me l’as donnée. » Est-ce vraiment pertinent de chipoter sur un point de langage avec un enfant du duché de l’Esprit ? Pas forcément. « Elle est très grande pour moi, c’est confortable pour dormir. » Et comme elle est plus courte que les robes de nuit erebiennes, elle n’irrite pas sa cuisse blessée en frottant sur la plaie dont on allège les bandages, la nuit. Nerveusement, elle rajuste le peignoir, tentant de cacher un peu plus ses jambes. Changer de sujet, vite ! « Tu es sûr que ça va… ? Si tu vomis sur ses affaires, Grâce va tout brûler, et toi avec. »




 

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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptySam 11 Fév - 22:36

Elle est d’aussi mauvaise foi que lui, visiblement, en clamant ne pas l’éviter, et Mayeul n’est absolument pas dupe. Il pose sur Reja un regard dubitatif, sans prendre la peine d’essayer de le dissimuler. Ils savent tous les deux qu’elle l’évite : il le sait bien, le major, il l’a cherché ces derniers jours. Il a évité Grâce et Marianne pour ne pas soulever de questions auxquelles il ne voulait pas forcément répondre - ou dont, plus vraisemblablement, il n’a pas la réponse - mais il y a d’autres Voltigeurs ici. Croisant les bras, Mayeul la dévisage un instant, son corps tout entier prêt au combat, avant de se raviser. « Tu ne m’évites pas, et je vais parfaitement bien. Tout est donc parfait. » La phrase est lourde de sarcasmes, mais il s’en fiche complètement. Elle est désespérante, Reja, de se montrer autant sur ses gardes avec lui. Repensant aux lettres d’Alméïde pourtant, Mayeul sait qu’il n’obtiendra rien d’elle s’il se montre aussi défiant : elle est aussi buté que lui, sinon plus, et cela ne mènera nul part. C’est qu’il deviendrait presque raisonnable, le major de Svaljärd !

Alors, il choisit de la surprendre, et de s’excuser. D’il ne sait pas trop quoi, mais des excuses, Mayeul le sait, cela surprend toujours, et adoucit les gens. Malheureusement pour lui, la Voltigeuse n’est absolument pas dupe, et si sa réaction semble choquée, sa question prend Mayeul complètement au dépourvu. Ah... non, il ne sait pas. Vraiment pas. Parce que c’est ce qu’elle attends de lui, non ? Qu’il s’excuse. Pour quelque chose qu’il a fait, ou pas fait, ou mal fait ? Il n’en sait fichtre rien, mais il est persuadé que c’est ce qu’attends Reja de sa part. Bien qu’il ne comprenne pas exactement pourquoi elle l’a évité, du coup, au lieu de le confronter. Cela ne ressemble tellement pas à la Reja qu’il lui semble connaître, de se cacher plutôt que de foncer sus à l’ennemi ! Ce n’était peut-être pas des excuses, alors, qu’elle attendait ? Mais quoi, sinon ?

Mais il le sait le Voltigeur, la meilleure défense, c’est l’attaque. Et il est doué pour changer de sujet, passer du coq à l’âne sans que cela ne lui pose problème. Et en toute honnêteté, cette histoire de chemise le perturbe bien plus que les excuses qu’il devrait - doit ? Ne doit pas ? -  présenter. Éventuellement. Pour il ne sait pas quoi. Oui, décidément, ce n’est pas un sujet qui lui tient à cœur. Savoir pourquoi la Voltigeuse porte ses vêtements est bien plus intéressant ! Et elle ne cherche même pas à nier, la farouche Erebienne. Sa chemise, vraiment, puisqu’il lui a donné ? Mayeul croise à nouveau les bras, la dévisageant d’un air qui révèle bien qu’il ne croit pas une seconde en la véracité de ses allégations. D’un geste, il balaie le changement de sujet de la jeune femme, avant de secouer la tête. « Grâce s’en remettra, et elle m’apprécie suffisamment pour ne pas vouloir me tuer. » Pas avant qu’il se soit excuser de son comportement au palais des Soupirs, et tout cas, et de ses sous-entendus sur la relation qui unit la jeune femme au major de Séverac.

« Et ne change pas de sujet. » Oh oui, elle n’échappera pas à ses questions aussi facilement. « Tu peux la garder : je ne mets pas de chemises pour dormir, elle ne me manquera pas. » Un sourire amusé fleurit sur les lèvres du Voltigeur, tandis qu'il songe qu'après tout, elle lui va même bien mieux qu'à lui. Et d'ailleurs, ne l'a-t-il pas gardé, lui, cette chemise venue d'un lointain passé ? Une chemise partout, égalité. De la main, il indique le seul lit défait de la pièce. « Puisque tu ne m’évites pas, cela ne t’ennuie pas si je m’assois quelques minutes ? » Il n’a pas besoin de s’asseoir, mais elle, oui. Elle est blessée, il le sait, et il s’en voudrait de la faire souffrir. Les yeux du major se pose à nouveau sur la jeune femme, détaillant sans même qu’il ne s’en rende compte la peau nue de ses jambes, sa silhouette bien trop cachée par le peignoir dont elle s’est enveloppé, avant de s’arrêter sur son visage. A-t-elle aimé ses poèmes ? Pourquoi n’est-elle pas venue le voir, une fois qu’il était réveillé ? Les questions se bousculent sur ses lèvres, mais il ne sait plus trop, à cet instant, comment démarrer la conversation avec la jeune femme. Alors, il choisit d’opter pour un sujet léger, et une question presque innocente. « A quoi doit-je l’honneur de ne pas avoir été accueilli dans ta chambre le sabre à la main ? » Les poèmes. Il est sûr que ce sont les poèmes. Ah ! Il le savait, qu’Alméïde avait exagéré le fait que Reja ne les appréciait pas dans ses lettres !


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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyDim 12 Fév - 18:23

Maudit Voltigeur obstiné. Il a le chic pour sauter de dragon en griffon pourtant, alors pourquoi ne se laisse-t-il pas détourner du sujet ? Ce n’est quand même pas si important qu’elle dorme enroulée dans sa chemise, quand même, ce n’est… ce n’est qu’un vêtement. Un peu de tissu, et qui ne porte même plus son odeur à lui ! Il lui confie ne pas porter de chemise, et Reja ne peut s’empêcher d’opiner du chef. « Oui, je sais. » Il dort nu, elle le sait, elle l’a constaté… aux toutes premières loges. Elle réalise seulement ensuite qu’elle est en train de se trahir, et s’empourpre un peu plus. « Comme tous les Cielsombrois, j’imagine, hein. » Pas le meilleur rattrapage, ça, elle en a conscience ; mais avec un peu de chance, il aura trop mal à la tête pour y réfléchir plus en détail. Trop prise dans sa confusion, elle acquiesce machinalement lorsque Mayeul demande s’il peut s’asseoir… et réalise trop tard qu’il est à présent installé sur le bord de son lit.

Sur son lit, à elle.
Il y a un Cielsombrois campé sur ses draps.
Un tourbillon d’images fortement perturbantes traverse son esprit au pas de course, et elle reste pétrifiée quelques secondes, clignant des yeux mécaniquement, les mains crispées sur les revers du peignoir de Grâce auquel elle se cramponne comme à une bouée de sauvetage. C’est qu’elle a déjà pensé au Voltigeur dans son lit, oui – à plusieurs reprises, au cours d’un songe, ou dans une rêverie distraite. Oui, elle l’avait… fantasmé, mais n’aurait jamais pensé le voir un jour réellement installé là comme s’il était chez lui. Et son cerveau bloque, sur cette image saugrenue, à tenter de démêler le réel de l’imaginaire.

Heureusement, il choisit ce moment pour évoquer le talisman de lui éclaircir les idées. La révélation est profonde, et Reja hoche vigoureusement la tête. « Mais c'est vrai, ça, tiens. Tu as entièrement raison. » De quelques pas rapides, elle s’approche du lit, glisse la main le long du matelas pour en extraire son sabre, et s’installe à son tour sur les draps – la lame au clair soigneusement posée entre eux. « Je ne suis pas encore vraiment levée. Si j’avais été habillée, c’est effectivement lui qui t’aurait accueilli. » précise-t-elle tapotant affectueusement l’arme de sa main blessée. « Et ne va surtout pas t’imaginer que mon attelle m’empêche de m’en servir : j’ai suivi un entraînement ambidextre. Je ne sais me servir que du sabre, d’aucune autre arme, mais celle-là, je la maîtrise. Vraiment bien. » Pour la subtilité, on repassera ; mais au moins le Cielsombrois est-il dûment prévenu des péripéties auxquelles ses facéties pourraient l’exposer.

Même si – et elle ne l’avouera jamais – elle n’a pas été tant fâchée que ça par les petits mots glissés sous sa porte. Même si la plume de Nuage sert de marque-page au recueil de légendes erebiennes qu’elle lit en ce moment. Mais ça, il ne faut pas lui dire, à Mayeul – il se ferait sûrement des idées. Fausses, bien sûr. Evidemment. Evidemment ? « Il faut que tu me dises, quand même. Pourquoi tu t’obstines ? Il y a sûrement quantité de filles qui seraient contentes de t’accueillir avec autre chose qu’un sabre, tu sais. » Qui n’iraient pas l’espionner la nuit en lui faisant croire que c’est un rêve, aussi.




 

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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyDim 12 Fév - 22:37

Mayeul la regarde d’un air curieux, quand la Voltigeuse affirme savoir qu’il dort sans chemise, avant de se raccrocher à ce qu’elle peut. Il lève un sourcil dubitatif, mais ne presse pas le sujet. Il pourrait, pourtant : il sait, de source sûre, qu’elle est venu dans sa chambre quand il était inconscient. Il n’en a aucun souvenir, ces jours passés entre le palais des Soupirs et son réveil étant complètement flous dans sa tête, mais Nuage le lui a montré, quand il s’inquiétait pour elle. Elle est probablement venue pour voir s’il allait bien, étant donné qu’ils se sont percuté, mais il ne s’en souvient pas. Elle n’est peut-être même pas réellement rentré, d’ailleurs : les médecins ont été plutôt intraitables quand au fait de le laisser sortir, et qu’il devait se reposer.

Il a repris des couleurs,le Voltigeur, mais la tête lui tourne encore, bien qu’il soit trop fier pour se l’avouer. Non, c’est pour elle qu’il s’assoit, rien d’autre. Car elle est la plus blessée des deux, après tout : lui n’a presque plus rien, si ce n’est quelques bleus qui s’affadissent, un mal de crâne persistants et quelques vertiges. Légers. Qu’il n’a même pas pris la peine de mentionner aux médecins, d’ailleurs. L’idée de demander comment dorment les Erebiennes lui traverse un instant l’esprit, mais il la chasse bien vite au profit d’une question bien plus légère, et qui lui attirera certainement moins les foudres de la jeune femme. Il remarque à peine son trouble, et la suit du regard quand elle finit par s’installer à ses côtés sur le lit, la lame de son sabre dénudée entre eux. Il se rappelle vaguement les légendes contées par sa nourrice, où il était fait mention de l’honneur des guerriers qui dorment dans le même lit que les pieuses jouvencelles et gardent leur lame dénudée pour montrer qu’il n’ont pas l’intention de coucher avec elle - encore des histoires étranges d’honneur, sûrement des Outreventois ! - mais se demande si Reja les connaît, elle aussi. Est-ce une menace ? Visiblement, oui, s’il se fie à sa phrase d’après.

Il n’est guère impressionné, le Voltigeur, et se contente d’un regard amusé sur le sabre, puis sur la jeune femme. Il ne remet absolument pas sa parole en doute mais clairement, il n’est pas le moins du monde effrayé par le fait qu’elle essaye de le tuer. Puisqu’après tout, il ne tentera rien, n’est-ce pas ? Donc elle n’aura pas de raison d’essayer de lui passer son sabre en travers du corps. Il n’est d’ailleurs même pas armé, lui : ils sont en guerre, pourtant, mais vu l’état dans lequel il se trouve, être armé ne lui serait pas d’une grande utilité s’il se passait quoi que ce soit. En guerre, oui. L’expression du major s’assombrit un peu, avant qu’il ne chasse ces pensées moroses. On ne lui a pas tout raconté, il le sait : il est encore fragile, et le coup qu’il a reçu sur le crâne fait qu’on lui évite les émotions trop fortes.

La question de Reja le prend un peu au dépourvu, et son regard se pose sur le sabre, à nouveau, avant qu’il ne relève les yeux sur la jeune femme. Pourquoi ? Si seulement il le savait ! Il ne sait pas, pourquoi, réellement. Enfin si, il a l’impression de le savoir : parce qu’elle se refuse à lui, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui dise non. Ses parents lui disaient très peu souvent non, quand il était petit, et Mayeul a toujours su charmer son chemin, son sourire et ses manières affables lui ouvrant bien des portes. Que Reja se refuse à l’apprécie le perturbe, et il s’accroche à elle avec la certitude qu’elle changera d’avis. Qu’il saura la faire changer d’avis. Mais il y a quelque chose de plus profond, et c’est ça qui le fait s’interroger. Il l’apprécie, il en est certain : plus elle le rejette, plus il l’agace, et plus il insiste. Alors, peut-être qu’il y a autre chose que le fait qu’il veuille se faire aimer. Peut-être. Il n’a pas vraiment pris le temps de se pencher sur la question, en vérité. Et ne le prends davantage à ce moment là, d’ailleurs. « Je sais, mais ce n’est pas elles que je veux. » Mayeul se tourne vers la Voltigeuse, ses yeux la détaillant sans qu’il ne cherche à s’en cacher. « Pourquoi tu ne m’aimes pas ? » Demande-t-il soudain, sans chercher à être subtil le moins du monde. Il y a cette histoire avec Alméïde, il le sait, mais ils en ont déjà parlé, non ? « Je pense à toi, tu sais. Je pense chaque mot des poèmes que j’écris. »

La main du Voltigeur s’avance, et il effleure à peine le poignet blessé de la jeune femme. A peine : il ne veux pas qu’elle ait l’impression qu’il la force, ou qu’elle se sente prisonnière. Et puis, il y a toujours la menace de son sabre, éclair gris-acier qu’elle sait manier, il n’en a aucun doute. « De quoi tu as peur ? » Ce n’est pas de lui qu’elle a peur, tout de même ? Mais cela colle, pourtant : ça expliquerait pourquoi elle le repousse avec acharnement, pourquoi il a parfois l’impression qu’elle l’apprécie avant qu’elle ne le rejette en bloc la seconde d’après. Pourquoi elle l’ignore. Pourquoi elle semble autant sur ses gardes quand il est à ses côtés. Il ne comprend pas vraiment, mais cela lui semble l’explication la plus logique. Et pourtant.... c’est elle qui tient le sabre. Ce serait plutôt à lui d’avoir peur d’elle.


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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyMer 15 Fév - 19:31

La question de Rejwaïde semble le prendre au dépourvu. La Voltigeuse s’étonne de cette réaction : lui qui déborde toujours de mots et de discours, comment se trouve-t-il à court d’explications ? Elle s’attend à tout : un raisonnement alambiqué, des questions sans aucun rapport, des justifications absurdes ; mais pas ce silence méditatif alors qu’il jette un œil pensif au sabre posé entre eux, avant de relever les yeux vers elle. Cela ne dure pas longtemps, toutefois : sa réponse est d’une clarté abrupte. Il sait. Il en veut une autre. Ah. Bon certes, elle s’en doutait un peu ; mais cela ne répond toujours pas à la question : pourquoi ? Elle en a côtoyé, des Cielsombrois, au gré des missions ici et là ; il y en a même deux dans sa division, et elle a bien vu qu’ils ne se formalisaient pas d’un refus, passant à leur conquête suivante sans perdre de temps. Alors pourquoi ce Cielsombrois-là s’acharne-t-il ? C’est… C’est illogique. Incohérent et incompréhensible, et s’il y a bien quelque chose que Reja ne supporte pas, c’est de voir une explication lui échapper. Elle s’apprête à réitérer sa demande, lorsqu’il pose à son tour une question. Sans subtilité aucune, bien sûr, fidèle à lui-même, et elle ne peut retenir un sourire exaspéré… et peut-être un peu amadoué. Un peu. Juste un tout petit peu. Il évite le sujet, visiblement, serait-il un peu perdu, lui aussi ? Quoi qu’il en soit, il vient de renverser les rôles : c’est elle à présent qui monte sur le grill.

Elle ouvre la bouche pour répondre – parce que tu es cielsombrois, parce que tu m’énerves, parce que tu es incapable d’être sérieux deux minutes, parce que ton griffon a une influence désastreuse sur le mien, parce que tu as mis ma sœur en danger, parce que, parce que, parce que – quand il ajoute une phrase qui lui coupe net toute envie de répondre. Chaque mot des poèmes qu’il écrit. Nerveuse, elle se mord la lèvre, Reja, tentant de repousser dans un coin de son esprit le souvenir des petits mots qu’elle découvre glissés sous la porte du dortoir tous les matins – et qui lui attirent les plaisanteries de ses camarades de chambrée. Ca parle d’elle, tout ça – d’elle, de sable, de vouloir la voir danser. De sa beauté, de son corps, de ses yeux – de ses cheveux, aussi. De la couleur de ses saris. De l’orage dans son regard. De plein d’autres choses aussi. Ils sont perturbants, ces poèmes : flatteurs, mais insistants, comme si Mayeul savait très bien qu’elle ne pourrait pas s’empêcher de penser à lui à chaque fois que son regard se pose sur les feuillets empilés sur sa table de chevet, sous l’épais ouvrage erebien qui leur sert de presse-papiers.

Pendant les quelques secondes où son esprit s’est évadé parmi les poèmes, Mayeul a profité de son absence pour approcher la main de son poignet. Elle s’apprête à la retirer sèchement, comme si son simple contact pouvait brûler ; mais l’effleurement est léger, et elle se trouve désarçonnée par la douceur hésitante de ce geste. De quoi a-t-elle peur ? Un soupir résigné emplit le silence. Détournant le regard, les yeux dans le vague, elle replonge dans ses souvenirs d’enfance, se crispant imperceptiblement. « Je n’ai pas peur de toi. Pas vraiment. J’ai peur de moi surtout. De… de m’attacher. Plus qu’il ne le faudrait. J’ai grandi dans un harem, Mayeul, un endroit terrible rempli de femmes qui se faisaient la guerre pour l’attention d’un seul homme. Des femmes réduites au rang d’objet, qui prenaient plaisir à me tourmenter parce que j’étais la fille de la favorite. J’en porte encore les cicatrices ; elles ont… détruit une part de moi. Je me suis juré, toute petite déjà, que si un homme entrait dans mon cœur un jour, il ne serait qu’à moi, et je suis de celles qui ne sauraient se donner sans aimer. Je n’ai pas peur à l’idée de te céder, je sais que cela pourrait même être… agréable. Mais je sais aussi que tu es cielsombrois, et que l’exclusivité n’entre pas dans vos habitudes. Alors voilà, pourquoi je te dis non. Je préfère m’interdire d’y penser et refuser, que me risquer à t’aimer un peu, pour être trahie et blessée. »

Son ton est calme. Si calme, alors que les émotions tourbillonnent au creux de ses pensées – mais voilà une douleur qu’elle refuse de lui montrer. Elle ne s’attend pas à ce qu’il comprenne, lui à qui on a rarement dû dire non, et qui visiblement a grandi entouré d’amour et de sécurité. Que peut-il bien savoir des larmes d’une enfant brisée ?




 

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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptySam 18 Fév - 21:00

Elle le perturbe Reja, bien plus qu’il ne veut se l’avouer. Parce qu’il ne comprend pas comment elle fonctionne, ce qu’elle pense. Ce qu’elle cache. Il sait décrypter les gens, en général, le cielsombrois. Par Alder, il a même eu un diplôme de l’Académie pour ça ! Et elle, elle reste bien trop mystérieuse pour lui. C’est du moins l’excuse qu’il se donne : celle de vouloir la comprendre. De vouloir qu’elle l’apprécie. Il a tout un tas d’excuses au fond, Mayeul, parce qu’il ne comprend même pas vraiment lui-même ce qu’il ressent pour elle. Il en est sûr, une fois qu’ils auront couché ensemble, cela passera. C’est une obsession, c’est tout. Rien d’autre. Elle l’a hypnotisé, par son regard, sa façon d’être, mais lui faire l’amour rompra le charme. Il pourra passer à autre chose, et arrêter de rêver d’elle. De penser à elle. C’est juste une question de volonté : une fois qu’il l’aura eu, il l’oubliera. Il a toujours été un enfant gâté après tout, bien décidé à obtenir tout ce qu’il veut, et là, il la veut elle. Une fois qu’il l’aura eu, ce sera bon, il passera à la suivante. Il en est persuadé. Parce qu’il ne peut pas en être autrement. Elle ne sera plus mystérieuse, et il l’oubliera. N’est-ce pas, qu’il l’oubliera ?

Il a l’impression de lui en révéler trop, pourtant, quand il lui avoue pour les poèmes. Qu’il pense à elle, vraiment à elle, en les écrivant. Il en a écrit beaucoup des vers, de ceux qui charment les jeunes filles naïves et les font se pâmer d’envie - ou rougir d’audace - mais jamais il n’a autant réfléchit à chaque mot. Autant ressenti chaque mot, et cela ajoute encore à sa perplexité. Mais c’est juste parce qu’elle le perturbe, il en est persuadé. Pour quoi il rêverait d’elle, sinon ? Il lui a pris le poignet gentiment, délicatement, un peu effrayé qu’elle ne se serve de sa main valide pour lui faire goûter cet acier qui repose entre eux. Effrayé. Pas désappointé, sûrement pas. Réellement ? Pas le moment, grogne Mayeul, intérieurement. Clairement pas le moment.

Et elle prend la parole, la Voltigeuse, plus honnête et ouverte qu’il ne l’a jamais vu, ou presque. Elle lui raconte, brièvement, et il y ajoute ses échanges avec Alméïde, pour reconstituer le puzzle. La princesse d’Erebor lui a dit la même chose, à peu près. Mais des paroles de Reja, Mayeul sent bien poindre le doute et l’incertitude, la peur, la volonté de ne pas succomber. « Tu serais capable de t’attacher à moi ? » Souligne-t-il, le sourire aux lèvres et le challenge clair dans ses yeux qui sont posés sur l’Erebienne. Il la met au défi de dire non, maintenant. Mais il sait que c’est compliqué d’avouer tout ça, pour elle, aussi ajoute-t-il rapidement. « Je ne veux pas te blesser Reja, je te jure. Mirta en soit témoin, jamais je te forcerais à m’apprécier. Je n’imagine même pas ce que tu as vécu. » Le croit-elle ? il n’en sait rien, et il se rapproche, n’hésitant pas à franchir la ligne imagée du sabre entre eux. « Je ne trahirais pas ta confiance. Je serais tout à toi, quelques heures, à toi et entièrement à toi. Tu as le droit de t’amuser, toi aussi. De penser à autre chose qu’à ce qui t’es arrivé. » Il ne peut pas lui promettre plus, elle le sait sûrement. « Je peux t’aimer pour cette nuit, Reja. Une nuit, rien qu’à toi. Laisses-moi t’offrir cela, au moins. »

Pour la rassurer, le Voltigeur remonte sa main sur celle de la jeune femme, ses doigts agrippant  l’attelle. L’attelle ? Les yeux de Mayeul se posent sur l’objet, visiblement perdus. « Tu es venue me voir quand j’étais inconscient ? » Il change de sujet, il le sait, mais.... il a besoin de savoir. Nuage lui a déjà dit que oui, mais il doit l’entendre. « Je t’ai dit quelque chose ? » Parce qu’il a rêvé d’elle. Avec cette attelle. Il le sait, il s’en rappelle clairement, même s’il ne comprend pas comment c’est possible. Il ne l’a jamais vu avec, jusqu’à présent, vu qu’elle l’a soigneusement évité. Peut-être que... qu’il s’est réveillé quand elle était là, et que cela explique qu’il le sache ? Ou alors l’image provient de Nuage ? Cela fait si longtemps qu’ils se connaissent, tous les deux, que le Voltigeur a parfois du mal à discerner ses propres souvenirs de ceux que le griffon lui a fait parvenir. Comme à Hacheclair, par exemple, dans cette arène maudite. « Parce que j’aurais juré... » Ce n’est qu’un murmure, que la jeune femme n’a peut-être même pas entendu, et qu’il balaye d’un mouvement d’épaules. « Oublies ce que j’ai dit. » Parce que ça ne dois avoir strictement aucun sens pour elle. Déjà que cela en a à peine pour lui !

Et puis, il a bien d’autres mystères à éclaircir, en vérité. Dans une tentative limpide de remettre sa pensée sur le bon chemin, le Voltigeur pose une nouvelle question. « Pourquoi n’es-tu pas partie du harem ? » Il a de la peine à imaginer Reja si sauvage, si ivre de liberté, être contrainte à rester où que ce soit. Elle aurait trouvé un moyen de s’enfuir, il en est sur, même s’il sait que les harems gardent leurs portes fermés. Et ce sont eux, les cielsombrois, qui ont soi-disant des moeurs étranges ?


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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyVen 7 Avr - 2:17

Il plaide, le Cielsombrois ; et s’il faut ne lui reconnaître que ça, il plaide bien. Ils sont adroits dans l’art du discours, les enfants d’Euphoria, et Mayeul ne dément cette réputation flatteuse. Reja sait très bien ce qu’il est en train de faire, elle connaît leurs trucs, leurs astuces ; mais une part d’elle pourrait se laisser prendre au jeu subtil des mots, tant l’éloquence du Voltigeur est grande. Il est doué, et persuasif ; elle pourrait presque céder, mais un fond de prudence la retient. Un reste de haine séculaire des Erebiens pour les étrangers, sûrement – à mi-voix, elle exhale, presque incrédule. « Je ne comprends pas comment vous pouvez aimer sur commande, vous, les Cielsombrois. » Elle, elle ne peut pas ; elle est un peu comme ces Kyréens obstinés qui n’aiment qu’une fois, elle en est persuadée, et c’est pour ça qu’elle s’interdit de succomber. Elle ne saura pas aimer puis oublier, elle n’est pas faite comme ça, la fille de harem aux rêves piétinés… C’est un sourire un peu amer qui fleurit sur ses lèvres, tandis qu’elle dégage doucement son poignet de la main de Mayeul, prenant soin à ne pas en déranger l’attelle. « Non. Je ne troquerai pas une nuit de douceur contre une vie de souffrance, quand bien même tes attraits vaudraient les regrets que je m’infligerais. Je ne m’attends pas à ce que tu comprennes ce que ça implique, d’avoir grandi dans un harem. »

C’est avec une rougeur soudaine et suspecte qu’elle élude soigneusement la question suivante, se contentant d’un grommellement approximatif plus qu’évasif. Le simple souvenir de ce qu’il s’est passé cette nuit-là lui allume le feu aux jours, et elle s’efforce de ne pas y penser, pour conserver le contrôle de ses pensées. Il suffit bien qu’elle rêve de lui la nuit, non ? Par chance, il saute encore de dragon en griffon, même si le nouveau thème de ses questions ne la ravit pas plus. Vaillamment, elle refoule au fond de son esprit la mémoire des coups, des injures, des brimades et des supplices, verrouillant cette partie-là de son être. Lèvres pincées, elle le toise froidement, à nouveau réfugiée dans sa carapace de granit inexpugnable. « Les enfants de harem sont comme des oiseaux dont on aurait arraché les ailes. Pas de liberté, pas de joie, pas de rire – juste cette rage, brûlante, de survivre. Alméïde ne sait rien de cela, et ne doit pas l’apprendre. » C’est le choix qu’elle a fait, il y a tant d’années : se taire, pour préserver le secret, pour maintenir cette bulle d’insouciance dans laquelle sa sœur a grandi et que la vie d’adulte menace de faire éclater.

Saisissant le sabre, elle désigne la porte d’un ample mouvement du bras. « Quant à toi, tu n’es pas la personne idéale pour en discuter, et tu le sais. Va-t-en, s’il te plaît : il y a d’autres filles ici, qui seront sûrement capables de t’aimer juste pour une journée. »

Qu'il s'en aille perturber quelqu'un d'autre, oui.
Même si les poèmes vont lui manquer.



 

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Message Sujet: Re: Comme deux aimants   Comme deux aimants EmptyDim 9 Avr - 17:45

Il parle Mayeul, et il parle bien, il le sait : plus d’une jeune femme est tombé sous le charme de ses mots, attirée par une nuit de douceur. Parce qu’il ne ment pas, le cielsombrois : il sait se consacrer à ses conquêtes de la soirée. C’est d’Amour dont on parle, d’amour éphémère certes, mais quel besoin de s’attacher a? Et il l’aimera Reja, pour cette nuit ou peut-être d’autre, mais il l’aimera, la conviction de sa voix ne fait aucun doute. Il l’aimera, et il l’oubliera sans doite, ne gardant en mémoire que les bons moments passé. Il le croit, et il l’espère : l’Erebienne est différente, et il se plaît à croire que c’est parce qu’elle se refuse à lui. Pourquoi, sinon ?

Quelques mots incrédules, et la Voltigeuse retire sa main, avant de refuser sa proposition. Mayeul ne cherche même pas à cacher sa déception, ignorant avec ostentation l’amertume du refus. C’est parce qu’elle a dit non et qu’il ne peut obtenir ce qu’il veut, forcément, qu’il est déçu. Pas parce qu’il avait réellement envie de se rapprocher de Reja. Non. Et il ne sait même pas quoi lui répondre, quand elle lui dit qu’il ne comprend pas. Non, évidemment qu’il ne comprend pas. Ils sont trop différents pour ça. Qu’est-ce qu’un enfant élevé en Sombreciel, souvent livré à lui-même, peut-il bien comprendre du concept premier d’un harem, qui est d’enfermer ses occupants ? C’est une coutume stupide et archaïque, d’obliger des hommes et des femmes à rester enfermé pour en disposer à sa guise, tandis qu’ils se battent pour obtenir les faveurs de celui qui les maintient enfermés. Les Erebiens sont tellement arriérés parfois !

Reja ne répond pas à ses questions, mais Mayeul est tellement troublé qu’il ne prend pas la peine de le relever. Il ne comprend pas réellement, comment c’est possible. Il ne se souvient pas, et cela le perturbe bien plus qu’il ne veut l’admettre. C’est avec un véritable effort de volonté qu’il reprend le fil de sa conversation avec Reja, mais une nouvelle déception l’attend : lèvres pincées, bras croisés, il n’est guère difficile de comprendre que la Voltigeuse ne parlera pas plus. Elle s’est complètement renfermée, la danseuse des sables, arguant qu’alméïde ne doit pas savoir. C’est pour cela qu’elle est restée ? Pour qu’Alméïde ne sache rien ? Ou alors n’est-ce qu’une menace envers lui, pour qu’il n’en informe pas la princesse. Reja le sait, il connaît Alméïde, et il n’est pas le plus doué pour garder un secret. Mais elle a tort de garder ce secret, il le sait Mayeul. Les frères et sœurs ne devraient avoir aucun secret l’un pour l’autre. Surtout pas de cette ampleur.

Mais il n’a pas le temps de lui expliquer ou de la convaincre, que déjà elle le met à la porte. Le geste de l’Erebienne munie de son sabre est limpide, et Mayeul ne peut s’empêcher de protester. « Tu as tort, et tu préfères me virer plutôt que de l’admettre. » Mais la demande est polie, et il n’a guère d’arguments pour la refuser. Elle doit se reposer, elle est blessée, et lui aussi : sans doute n’est-ce pas le moment pour argumenter de ses erreurs et du fait que sa sœur a sans doute le droit de savoir. Le ton du Voltigeur se fait plus dur, sa voix se refroidit, et il n’est guère difficile de deviner qu’il est vexé de se faire mettre à la porte.« Aimer ? Je ne suis même pas sûr que tu connaisses le sens de ce mot. » il était prêt à lui apprendre, mais puisqu’elle refuse, qu’elle se débrouille. « Je te laisse donc. Que Valda veille sur ton compagnon et toi, Voltigeuse. » Il n’a même plus envie d’argumenter. Juste de l’oublier. Peut-être lui reste-t-il de quoi noyer sa déception dans sa chambre ?

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