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 Alliance et complaisance

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Les Chevaucheurs
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Tristan d'Amar
Tristan d'Amar

Messages : 4809
J'ai : 33 ans
Je suis : Capitaine de Vol de l'Escadron de Chevaucheurs de Lagrance
Marquis d'Amar

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fluctuante. S'il était fidèle à l'impératrice, il l'est nettement moins à l'empereur, bien qu'il se soit éloigné de Chimène de son vivant, par son attitude envers les mages du Sang. Il est malgré tout toujours fidèle à son duc, à son duché, et à Faërie.
Mes autres visages: Grâce de Sombregemme
Message Sujet: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyJeu 23 Fév - 16:35


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Gustave de Faërie & Tristan d'Amar

Alliance et complaisance



• Date : 8 mars 1002
• Météo : Radieux Le soleil est masqué par les nuages.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Tristan veut proposer une alliance à Gustave de Faërie, et oeuvrer avec lui pour réhabiliter réellement les mages du sang.
• Recensement :
Code:
• [b]8 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1815-alliance-et-complaisance]Alliance et complaisance[/url] - [i]Gustave de Faërie & Tristan d'Amar[/i]
Tristan veut proposer une alliance à Gustave de Faërie, et oeuvrer avec lui pour réhabiliter réellement les mages du sang.











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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyJeu 23 Fév - 19:52

Le palais impérial de Faërie était en vue, pour le Chevaucheur et son dragon. Ils n’avaient pas pris le temps de se reposer, ou à peine, volant depuis la veille au matin. Les écailles argentées brillent à la lueur des lunes et des étoiles, alors que Ferveur survole Alfaë, Tristan sur son dos. Ils avaient volé deux jours et deux nuits, ne s’interrompant guère, malgré l’immense fatigue qui les assaillait. Il était indispensable de parvenir à Alfaë à temps pour l’audience que Tristan avait demandé à son nouvel Empereur, il y a plusieurs jours de cela. Il aurait pu y aller en portail, pour se ménager et pour ménager Ferveur, tous deux ayant été confrontés à de grandes émotions qui les avait privés de sommeil autant que d’énergie, mais la nouvelle devait se répandre. Un nouveau dragon d’Argent était né, ce n’était plus une légende, que seuls les Amoureux du Vent pouvaient confirmer sans que personne n’en ait de preuve. Il serait connu, sous peu, dans tout Arven, que le Vol d’Argent n’était pas une fable.

Difficile pour Tristan que d’appréhender cette réalité, et pour Ferveur de s’y adapter, bien que leur lien soit plus fort que jamais, que bien qu’ils aient eu l’impression que la moitié de leur cœur leur était arrachée, ils restent liés, à tout jamais. Impossible pour lui d’oublier la terreur pure de voir Ferveur perdre la vie, parce qu’il avait égoïstement renoncé à ce lien vital, à cet ami qui n’était nul autre que son âme-sœur. Il avait cru perdre la raison, en pensant qu’il l’avait mené à sa mort, en se séparant de lui.

Il secoua la tête, pour chasser ces souvenirs déplaisants. Il aurait tout le temps de ressasser cela plus tard, hors du palais impérial. Un garde se présenta à lui, alors qu’il se séparait de Ferveur lui indiquant qu’il repasserait le voir le lendemain matin, et s’endormit une fois les appartements mis à sa disposition atteints – les gardes l’avaient informé que, comme convenu, l’Empereur le recevrait au lendemain.

**

Il se leva, ne s’étant endormi pour quelques courtes heures, mais bien reposantes. Comme si le fait de ne plus nier cette magie qui le tentait, et d’avoir retrouvé Ferveur comme avant, lui avait permis de ne plus fuir le sommeil. Après un bain plus que bienvenu suite à ses deux jours de chevauche, il avait revêtu une tenue acheminée par le personnel d’Amar, avant de se faire guider jusqu’à l’Empereur, et d’attendre qu’il le reçoive.

Se fendant d’une révérence, il s’avança dans la pièce dans laquelle il était convié. « Votre Majesté Impériale. Je vous suis reconnaissant de me recevoir. Votre famille se porte-t-elle bien ? »

Il s’assit sur un signe de Gustave de Faërie, pensant qu’il apprécierait que les serviteurs apportent quelques gourmandises et boissons. Ça n’était pas la première fois, et probablement pas la dernière, mais il n’avait pas mangé depuis un peu plus de deux jours, étant parti sans rien emporter d’Amar.

« Je ne vous ai pas demandé cette rencontre pour vous parler de la pluie ou du beau temps, Empereur. Je souhaiterai vous apporter mon soutien, pour réhabiliter les mages du Sang. S’ils sont présents en Faërie, ils ne sont pas acceptés pour autant, je ne vous l’apprends pas. Il faut montrer que nous ne sommes pas à craindre. »

Tristan regardait Gustave, il ne pouvait ignorer ses prunelles entièrement cerclées d’écarlate, maintenant – à l’image de sa fille, très certainement. Si elle ne prenait cette couleur que lorsqu’il pratiquait la magie du Sang, auparavant, c’était définitif maintenant.










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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyMar 28 Fév - 21:41


Voilà une visite qui est des plus impromptue. Et intrigante. Tristan d'Amar, capitaine de vol de Lagrance, qui était arrivé la veille, épuisé d'avoir volé sans interruption. Quel sujet pouvait donc être si important qu'il fasse le déplacement ainsi ? Pourtant, je n'ai pas pressé mon invité surprise, me contentant de lui allouer des appartements, de quoi se laver et se sustenter, avant de se reposer. C'est le sens de l'hospitalité le plus basique et le jeune homme n'a pas semblé plus pressé que cela de s’entretenir avec moi, qui suis, fort occupé, en ces temps de guerre. Je ne peux recevoir toutes les doléances et m'entretenir avec tous les sujets qui le désirent. Il n'y a pas assez d'heures dans une journée pour se faire. Cependant, je suis curieux concernant le Marquis, dont le regard cerclé de rouge m'intrigue. Ce regard si semblable à celui de ma chère princesse. Mage de Sang. Tiens donc... on dirait que mon avènement a débloqué quelques situations épineuses et pousser ceux dont cette magie honnie coulait dans leur veine, à sortir de l'ombre et explorer ce pouvoir interdit il y a 1000 ans. Vient-il me parler de cela ?

Je n'ai guère dormi cette nuit. Avec les responsabilités viennent les soucis. Et le sommeil me fuit. Sans compter que bien des situations sont sources de questionnements pour moi. Liam et Chimène par exemple, la visite du Duc d'Outrevent n'ayant pas été anodine, loin de là. Et remettant en cause certains de mes projets, me poussant à envisager d'autres possibilités, qui risquaient fort de déplaire à l'Ordre. Et la venue du marquis a ajouté encore à ces questionnements, si bien que je le fais convoquer dés que je le peux et trouve satisfaction à le voir déjà prêt à alerte après sa courte nuit de repos.

« Vous avez fait un long voyage pour me voir et réclamer cette audience. »

Réponse à son remerciement de le recevoir, si rapidement.

« A merveille, aux dernières nouvelles. Cela a été un grand bouleversement pour tous et chacun doit apprendre à faire avec son nouveau statut et ses nouvelles responsabilités, naturellement. »

Antonin, Chevaucheur d'Agonie, devenu prince héritier, qui voit donc de nouvelles leçons compléter son apprentissage et alourdir ses journées. Mais Aramdnine également, au cœur des tractations pour un mariage politique. Lauriane, en revanche, est épanouie dans ce rôle d'impératrice qu'elle convoite depuis de nombreuses années. Je fais signe à Tristan d'Amar de prendre place alors que quelques rafraîchissements et collations ont été préparés à son intention. Je m'assois à mon tour, face à lui, dans ce petit bureau informel, qu je préfère et de loin, à la salle du trône où se déroulent les audiences publiques et habituelles.

Et il ne tarde pas à en venir au sujet de sa présence ici. Les Mages de Sang. Dont il fait partie, comme le trahissent ses yeux.

« En effet, c'est un délicat problème. Difficile d'effacer des esprits des siècles de propagande. Beaucoup ne sont pas prêts à remettre en cause un enseignement séculaire et désuet... Tout soutien est évidemment le bienvenue, davantage encore de la part d'un Mage de Sang de votre rang. Je suppose que cela est très récent. Comment acceuille-t-on votre révélation ? »

Cela e doit pas être évident pour lui. Il est noble, il a des terres, des serviteurs. Il commande des Chevaucheurs qui ont apprit à craindre la Magie du Sang et à détester ceux qui pourraient la pratiquer. Ma question n'est pas purement polie, elle est réellement intéressée de savoir comment cela se passe.

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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyVen 3 Mar - 23:20

Un long voyage, oui, assurément. Mais il était nécessaire, aussi Tristan n’avait dormi que le minimum, pour être prêt à la volonté de l’Empereur. S’il lui avait demandé à être reçu il y a quelques temps déjà, il avait quelque peu précipité celle-ci, en arrivant la veille au soir, assurément épuisé. Il acquiesce, le Marquis, se plie aux jeux de la noblesse, aux jeux du pouvoir, comme il convient de le faire. Il n’est guère patient, pourtant, et ne tourne pas en rond. Un de ses défauts, ou peut-être bien une qualité, dont il sait user quand il le faut. Il peine à croire que faire attendre l’homme face à lui soit intelligent en l’instant, concernant ce dont il veut lui faire part.

Il n’est pas idiot, et sait assurément que ça n’est pas pour parler de la pluie et du beau temps, ou de la santé de sa famille, qu’il est là. Pas que la discussion déplairait au Chevaucheur, mais il a bien des choses à régler – si s’entretenir avec Gustave de Faërie est sa priorité, moult choses l’attendent après ça, principalement de s’entraîner à maîtriser sa nouvelle magie. Il pourra toujours se battre, grâce à cette arme qu’il possède et avec laquelle il s’est entraîné, mais les Chevaucheurs sont bons grâce à leur magie, il n’est pas habituel de les voir combattre avec des armes, pas sans elle du moins.

Il hoche la tête, dans un signe de remerciement, s’asseyant et ne touchant pas à la nourriture en l’instant. Un peu plus tard, peut-être. S’il est affamé, il est habitué à ignorer sa faim, à l’excès par ailleurs, au point de se mettre quelque fois en danger, mais mis-à-part Cassiopée, rares sont les gens au courant. Il sourit, un rictus pas forcément amène, à la question de l’Empereur. Comment accueille-t-on cela ?

« Personne ne le sait encore, Majesté, hormis Carmine, une rescapée de l’île des Amoureux du Vent. Elle était présente, c’est… grâce à elle. Le changement me semblait suffisamment conséquent, pour que vous en soyez le premier averti. Bien que le passage de Ferveur, le dragon qui est mon compagnon, ait du alerter les habitants du duché, de la Capitale. »

Il avait du en entendre parler, c’était presque certain. Mais Tristan était confiant, il saurait tenir ses Chevaucheurs. « On ne devient pas Capitaine sans avoir la loyauté de ses hommes, sinon leur confiance. Cela sera compliqué, mais ils me suivront, quand ils seront conscients que je ne suis inapte, ni maléfique. N’est-ce pas des gens proches d’eux, qui peuvent leur ouvrir les yeux ? Nous avons appris, nous avons combattu, côte à côte. Ils accepteront plus facilement, ainsi. »

Quant aux nobles… Ils étaient communs, en Lagrance, les mages du Sang. Nobles ou non, mais rares seraient ceux qui s’offusqueraient – cette magie ne rythmait-elle pas la vie lagrane depuis toujours, dans la plus grande tolérance, bien qu’elle soit dissimulée ?

« Comprenez moi, Majesté : il a été suffisamment difficile pour moi, d’embrasser cette magie, depuis que Sithis l’a révélée comme étant partie de moi. J’ai pu échanger avec mes semblables, avec des gens qui, comme votre fille, ont vécu mille tourments de ce fait. J’ai pu entrevoir ce qui m’attendait, si je m’y vouais, et je ne vous cacherai pas que le choix fut difficile – le sacrifice presque insoutenable. Je ne prétendrais pas savoir ce qu’ils ont vécu, je n’en ai expérimenté qu’une petite partie. Mais je suis prêt à me mettre à votre service, pour qu’elle ne soit plus frappée par la disgrâce, pour qu’elle brille et ne soit plus restreinte à la dissimulation et à l’ombre. »

Il est sérieux, le Chevaucheur, grave, étrangement solennel. Pas que ça ne change beaucoup de ses habitudes, mais il est rarement aussi sincère, aussi impliqué, dans ses propos.










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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyJeu 16 Mar - 17:32


Tristan était le premier Mage de Sang noble et assumé que je rencontrais. Il n'était pas n'importe qui. Marquis, rien que ça, Capitaine de Vol, de surcroît. Un homme respecté. Une figure publique. Sa... Conversion allait changer bien des choses et surtout, il allait permettre de tester un peu le terrain. Sa chance était d'être lagran. Là-bas, cela serait un peu moins difficile qu'ailleurs, à n'en point douter, même si la Magie du Sang était si solidement crainte et haïe dans l'imaginaire collectif que même pour le Marquis d'Amar, cela serait éprouvant. Et comme il m'en informa, il ne l'avait pas encore annoncé, se contentant d'être formé par une rescapée de l'île... Bien. Concernant son dragon, j'étais curieux.

« Comment cela s'est-il passé pour votre dragon ? »

Rumeurs... Suppositions... Je voulais des faits. De la bouche même de l’intéressé si possible. Parce que ce qui touchait la Magie du Sang m’intriguait et parce qu'il était plus aisé de faire accepter quelque chose de maîtrisé et connu. Ce qui était loin d'être le cas. Mais avec ces cartes en mains, il serait bien plus facile de convaincre l'opinion publique que cette magie n'était pas si monstrueuse qu'on pouvait bien le penser. Concernant ses hommes, il semblait assuré de leur loyauté. Belle détermination. Mais cette assurance n'allait-elle pas voler en éclat face à un rejet né de l'éducation ?

« Je l'espère, Marquis. »

Des arguments qui se tenaient. Je ne pouvais qu'espérer qu'il ai raison, effectivement. Lagrance était le duché idéal pour commencer à changer les mentalités. Il était déjà plus malléable à ce sujet. Les autres finiraient bien par suivre. Je devais également amadouer les ducs et duchesses à ce sujet. Si les dirigeants étaient favorables, le peuple serait plus enclin à suivre, naturellement. S'ils s'opposaient à la volonté impériale... Ce serait une toute autre affaire. Je ne tolérerai pas de révolte. Mais il faudrait patience et doigté. Malheureusement, la force ne ferait que me desservir...

« Et j'accepte naturellement votre proposition, nous avons besoin de prouver à tous que la Magie du sang n'a rien de honteux ni de dangereux. Pas davantage que toute autre forme de magie. Trop d'enfants et d'adultes qui en étaient dotées ont souffert de ne pouvoir l'utiliser, par crainte pour leur vie. Ce qu'il fut il y a 1000 ans n'est plus actuellement. Enterrer cette magie alors semblait judicieux pour garantir la paix, mais désormais elle n'est plus. Et ce que nous avons apprit par les habitants de l'île des Amoureux du Vent devrait nous servir de leçon. »

Bannir une magie ne suffisait pas à la faire disparaître. Et les conséquences étaient alors bien pires.

« J'ai besoin de sujets loyaux et fiables, qui croient réellement en la possibilité de tous vivre ensemble avec toute forme de magie. Il suffit de planter quelques graines de doute pour que les esprits s'ouvrent et que les œillères tombent. Cela sera plus aisé en Lagrance. C'est un bon point de départ. Quelles sont vos relations avec les nobles lagrans ? Et les autres capitaines de Vol ? Êtes-vous prêt à vous faire l'ambassadeur de cette magie ? Cela sera difficile. Dangereux même. Votre vie sera certainement en danger. Je ne sous estime pas la violence de nos opposants. Ils pourraient s'en prendre à vous, à vos biens, à ce qui vous est cher. »

Il fallait prendre en compte ces facteurs. Mais je me doutais que cet homme avait déjà pesé le pour et le contre et pris sa décision en tout état de cause.

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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyMer 5 Avr - 23:18

L’Empereur semble le dévisager, chercher à le sonder. Tristan ne peut l’en empêcher – et ce n’est sûrement que le premier. Comment pourrait-il en être différemment, pour le premier Chevaucheur mage du Sang, de mémoire d’homme – d’homme ayant une longévité normale, du moins. Alaïs de Sombreflamme n’en avait-elle jamais vu ? Il n’avait pas eu l’occasion et l’opportunité, ou même le courage, de le lui demander. Il attendit toutefois en silence que Gustave de Faërie reprenne la parole. Il ne désirait pas accélérer la conversation, ou se montrer impatient. Ce n’était pas la meilleure façon qu’il aurait de se faire apprécier, autant que faire se peut, de l’homme. Il ne s’attendait toutefois pas à la question qui a franchi ses lèvres. Il aurait préféré ne jamais l’entendre. N’avoir jamais à y répondre.

Son esprit s’éloigne, le ramène à cette intense douleur qu’il a ressentie, qui a brûlé chaque parcelle de son corps, qu’il a peut-être rêvée, alors qu’il voyait Ferveur perdre la vie, perdre chacune des si belles écailles qui lui conféraient une majesté et une splendeur suprême. Il se souvient de son cœur brisé par l’abandon, brisé par la souffrance de cet être qu’il aime plus que tout, qu’il a cru perdre à jamais. Il se souvient s’être senti défaillir, retenu uniquement par Alaïs pour ne pas courir aux côtés de Ferveur qui vivait un calvaire qu’il ne pourrait jamais qu’imaginer et dont il s’accusait encore. Il se souvient de la terreur qui l’avait étreint, alors que le dragon ne se relevait pas. Il touche machinalement les égratignures, les cicatrices sur ses bras, dues aux écailles acérées qui jonchaient le sol. Il aurait pu se faire soigner, mais il l’a refusé. Que sont quelques cicatrices, en comparaison au sacrifice de Ferveur ? Rien. Il lui faut du temps, avant de revenir à la réalité, plus encore pour ne plus être contraint au silence, par une bouche sèche, une voix qui ne voulait se faire entendre.

« Il a renoncé à l’essence même de ce qu’il était, votre Grâce. A perdu ses écailles, manqué de perdre la vie, dans un douloureux moment… »

Il ne saurait détailler ce qu’il s’est réellement passé. Ferveur semble ne pas lui en tenir rigueur, bien qu’il ne veuille parler. Pas encore. Il a ressenti la douleur, pourtant, la crainte, le mage. Ou peut-être les imagine-t-il, manifestation de sa détresse à voir la créature massive et forte ainsi affaiblie. Peut-être invente-t-il ses propres souvenirs, pour ne pas perdre la raison. Ou peut-être est-il en train de la perdre, justement. Même s’il n’en a pas l’impression.

« Croyez-vous que je n’ai pas fait le choix d’être ambassadeur de la magie du Sang, dès lors que je l’ai acceptée ? Je n’osais espérer conserver mes liens avec Ferveur, mais plus encore maintenant, je la porterai en étendard. Je serai son héraut, et je m’efforcerais de la faire accepter davantage. Je suis proche du peuple lagran, Votre Grâce, aidant la duchesse à améliorer leur vie avec les revenus de mon domaine. Moins des nobles, mais je m’efforce d’y travailler. Quant à mes Chevaucheurs, j’ose croire qu’ils me respectent et considèrent mes décisions comme sensées. Pour mes homologues, nos relations sont, pour le moment, professionnelles. Nous n’avons eu guère de répit, pour développer cela davantage, mais ils n’ont jamais remis en cause mes décisions, ni moi les leurs, pas plus que nous n’avons été en désaccord. »

Il garda le silence, un instant. Faisant mine de réfléchir à ses propos. Y réfléchissant réellement, y ayant déjà réfléchi. « Mes proches sont déjà en danger, Majesté. Moi aussi. Sur le front, ou au service d’un duc, d’un duché, ce qui compromet leur survie. Ils savent se défendre, ou ont des gens pour veiller sur eux. En auront davantage encore, si nécessaire. Mais je ne peux défendre cette cause seul, Majesté. Qu’envisagez-vous, pour les mages du Sang ? Que comptez-vous faire, en faveur de cette acceptation que vous désirez ? »










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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyMar 25 Avr - 16:03


La question semblait douloureuse. Peut-être même indiscrète. Se pouvait-il qu'il y ai des sujets qui ne devaient être dévoilés ? Des secrets de Chevaucheurs et de mages ? La relation entre un Chevaucheur et son dragon était complexe, très intime... J'ignorais si je dépassais les limites de la bienséance en demandant des détails. Oserait-il refuser de me le dire dans ce cas ? Ou bien le ferait-il en guise de bonne foi envers moi ? Je l'ignorais, mais j'observais. Son regard vague, sa façon de se frotter les avant bras. J'attendis patiemment, alors que je devinais que les souvenirs affluaient et sans doute de nature douloureuse. Je hochai la tête quand il rompit le silence, respectant sa douleur et sa souffrance. Et ses souvenirs qui risquaient de le hanter encore bien longtemps. Je n'appréhendais pas toute la portée de ce sacrifice sans doute. Je n'avais jamais été lié à un dragon et ne le serais jamais. C'était mon fils qui avait eu cet honneur. Une lourde charge à laquelle s'ajoutait son statut de jeune prince héritier désormais. Lui, il comprendrait la torture qu'avait ressentie le Marquis d'Amar. Mais jamais je ne lui en soufflerais mot. Il étaient des souffrances qui devaient demeurer intimes.

Je laissais le sujet mourir. Pour en aborder un plus préoccupant et davantage d'actualité. La réhabilitation de la Magie du Sang. Un sujet qui intéressait le Marquis. Qui était même sa première préoccupation et la raison de sa venue jusqu'ici alors qu'il se demandait quel allait être son avenir désormais tandis qu'il avait embrassé pleinement cette magie qui coulait dans ses veines et s'étalait en écarlate autour de ses pupilles. Qui souhaitait m'apporter ton aide. Je le sondai avant de décider quoique ce soit. Il serait un soutien non négligeable s'il parvenait à user de son influence. Il était capitaine de Vol. Ses Chevaucheurs lui resteraient-ils fidèles en apprenant qu'il était détenteur d'une magie proscrite pendant 1000 ans ? Et la haine de cette magie demeurait très forte... Ainsi que la haine de l'Ordre aux manières... musclées. Et discutables.

Il m'assura alors avoir pleinement pris conscience des risques et être décidé à s'élever en héraut de cette magie, d'user de son influence pour la faire accepter. Pour qu'on la comprenne et cesse d'en avoir peur. Parfait. Au moins, j'étais assuré de ses ambitions. Il me demanda alors ce que je comptais concrètement faire pour les Mages de Sang. Une question qui était probablement légitime, même si... insolente ? Etait-il en train de me demander quelques garanties alors qu'il mettait sa vie en danger ? Probablement. J'aurais pu m'en offusquer. Je m'en faisais la réflexion après tout. Mais je ne lui en tins pas rigueur.

« Promulguer un edit pour les protéger, évidemment. Seront coupables de crime ceux qui oseront les persécuter. J'aimerais qu'ils puissent exercer leur magie librement. Je sais cependant que cela ne sera pas possible partout. Je compte rassembler mes ducs et savoir qui leur offrira asile et protection. Ils seront libres de circuler sur les terres de Faërie, mais je ne peux forcer mes ducs à les accueillir à bras ouverts quand toute une population est hostile. Mon plan est sur le long terme, Marquis. Il faut amener les mentalités à changer. Cela ne se fera pas en quelques années. Ni peut-être de mon vivant. Mais je poserai les pierres de cet édifice. Je compte également m'entretenir avec Cassandre, afin de savoir si elle serait prête à ouvrir un nouvel apprentissage de la magie. Si une ville peut accepter la Magie du Sang, n'est-ce pas Lorgol ? Et si elle refuse... Et bien, je ferai construire une école de magie. En Lagrance peut-être... »

Je marquai une pause, avant de demander :

« Ces premières mesures vous semblent-elles satisfaisantes ? »

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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyLun 22 Mai - 0:54

Le silence se fait pesant, inconfortable, alors qu’il réfléchit à la demande de l’Empereur auto-proclamé. Légitime, peut-être, selon son droit de naissance, mais auto-proclamé malgré tout. A-t-il envie, à vrai dire, de se confier à un tel homme ? De dévoiler quelque chose de si personnel, si intime, qu’il a cru que son être se déchirait, que son cœur se fendait en deux, et que la vie allait le quitter, aussi sûrement qu’elle avait quitté Ferveur ? Il ne comprenait toujours pas réellement ce qu’il s’était passé, comment Ferveur avait pu sembler mort, comment la douleur avait irradié son esprit, combien le manque s’était fait mordant et cruel, lorsqu’il ne l’avait plus senti dans son esprit, avant qu’il ne soit entier à nouveau, lorsque la douce présence de Ferveur lui était de nouveau parvenue. Il ne savait même pas s’il était réellement disparu, ou s’il avait juste créé ce manque, en voyant le dragon tomber, souffrir, perdre ses écailles et, semblait-il, gronder de douleur ? Il aurait préféré garder cela pour lui, et sans doute était-ce pour cela qu’il s’exprimait d’une voix atone, brisée à sa manière, mais c’était la seule façon dont il disposait pour faire entendre le sérieux de son engagement, l’ampleur de son sacrifice, et l’ardeur avec laquelle il défendrait les siens, les mages du Sang.

Il ne rajouta rien, toutefois, alors même que Gustave de Faërie conservait le silence. S’il souhaitait poursuivre la conversation, alors Tristan attendrait, mais il ne comptait pas la relancer. Il n’était pas certain d’être en mesure de le faire, à vrai dire. Qu’il le veuille ou non, il peinait à se remettre de toutes ces émotions induites par le sacrifice de Ferveur, aussi grand que le sien l’avait été, et il n’avait pas la force de les surpasser pour le moment. Il lui faudrait quelques minutes, peut-être, pour se remettre, minutes que l’homme face à lui lui accordait, alors qu’il conservait le silence. Était-ce volontaire ou non ? Tristan n’aurait su le dire, mais peu importait.

Il avait besoin, toutefois, de savoir ce que l’homme entendait faire pour les mages du Sang. Sa fille, elle, était protégée par son statut, par les hommes auprès de son père… Les autres détendeurs de ce don honni ? Pas le moins du monde. Pas tous, du moins. Et il devait agir pour eux. Il était chanceux, de vivre en Lagrance. Protégé, autant que faire se peut, par son statut, son rang, sa fortune. Sa position, de Capitaine. Il s’affirmait plus assuré qu’il ne l’était, du soutien de ses Chevaucheurs, mais ces derniers fréquentaient de nombreux mages du Sang dans le duché depuis plusieurs années, même si ces derniers ne s’affichaient pas aussi ouvertement et en nombre qu’ils ont pu le faire, ces derniers mois. Il écouta attentivement ses plans, ses choix à venir. Il était lucide, malgré les méthodes qu’employaient certains agents de l’Ordre, pour imposer leur opinion. Il comptait toujours leur apporter son secours, mais pas en ayant recours à la force ou à l’intimidation. Et il semblait que leur nouvel Empereur, malgré son accession plus que discutable au trône grâce à ces mêmes manières, ne soit pas du même acabit. Pourvu que ce soit réellement le cas.

« Oui, Majesté. Mais si j’approuve votre décision de tenter de faire enseigner aux mages du Sang par des professeurs, peut-être devriez-vous ouvrir des écoles malgré tout, pendant que vous négociez avec dame Cassandre ? Cela servirait, peut-être, à démontrer à tous que les nôtres ne sont pas aussi malicieux, aussi dangereux, qu’ils le croient. Ce dont les gens se souviennent, ce sont la crainte, les attaques, les actes musclés. Une chose aussi… simple, et de laquelle il ne résulterait pas de trouble, pourrait les convaincre que comme partout, il y a des gens dangereux, mais aussi des gens inoffensifs. Et pour l’acceptation à Lorgol… certainement, mais l’Académie n’est pas Lorgol. Les professeurs qui règnent en son sein non plus. Peut-être devriez-vous vous entretenir avec Carmine, qui elle-même a tenté de plaider la cause des pauvres hères bannis sur l’Île des Amoureux du Vent ? Elle pourrait vous aider à ne pas répéter ses propres arguments. Il avait toutefois un autre sujet à amener dans la discussion… Je pense toutefois que vous devez faire davantage, Majesté. Mettre sur le devant de la scène votre fille. Nul n’ignore la façon dont vous avez conclu des fiançailles pour elle. Mais elle ne sera pas respectée en Outrevent, pas par ce peuple à la droiture inflexible que vous devez connaître. Peut-être pas de votre vivant, comme vous l’avez dit. Elle ne peut acquérir cette position de femme de duc, qui lui siérait, en Faërie. Et je doute qu’elle ait la protection qu’elle mérite, en Ibélène. Je ne vais pas vous mentir, je suis venu en ce jour pour vous demander sa main, si vous me l’accordez. Elle serait princesse de Faërie, et marquise d’Amar, en Lagrance. Un titre de plus, pour légitimer sa position, affirmer que les mages du Sang ne ploieront pas. Ma grand-mère n’est pas originaire de Lagrance, bien que je ne sache pas où elle est née. Je pourrais me renseigner, rechercher cela. Il y a surement des documents en faisant état. Cela pourrait donner de la légitimité à votre fille, si l’on retrouvait cela. Elle était noble, peut-être dispose-t-elle de terres, prêtes à accueillir d’autres mages du Sang. Tout cela est hypothétique, mais si vous m’autorisez à courtiser votre fille, cela montrera que vous ne comptez pas écarter les mages du Sang de votre entourage, que vous n’œuvrez pas que pour son bénéfice. Je pourrais vous aider à les faire accepter. »

Il s’imputait beaucoup d’influence, beaucoup de pouvoir, mais il ne comptait pas cacher ses intentions ou même diminuer ce dont il se croyait coupable.










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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyLun 22 Mai - 19:00


Il était certain que la façon qu'avait eu l'Ordre de gérer les choses ne pouvait qu'alimenter l'antagonisme de n'importe quel quidam envers les Mages de Sang. La force n'était pas toujours la solution. Parfois, il n'y avait pas d'autres alternatives. Mais quand on pouvait gérer les choses pacifiquement... Je n'étais pas novice en diplomatie. Je bénéficiais de l'esprit rusé et de la sagacité de mon épouse. Je n'étais plus un jeune freluquet inexpérimenté. Il m'arrivait de manquer de discernement cependant. Ma passion et ma fougue m'emportaient parfois au delà de la raison. Maintenant que le pouvoir était enfin mien, il fallait me faire respecter de mon peuple. Aimé dans le meilleur des cas. Mais au moins leur donner envie de me suivre et de défendre Faërie.

Si j'avais fait tout cela, c'était pour acquérir le trône, bien entendu, ce trône usurpé par les femmes qui me revenait de plein droit, mais aussi pour que les mages comme ma fille, puissent vivre au grand jour. Qu'ils aient les mêmes droits que tous les autres. Ils n'avaient pas choisi leur magie, c'était la magie qui les avait choisi. Et elle n'était dangereuse que par l'emploi qu'on en faisait. Il fallait la montrer sous son meilleur angle possible au faes... Je continuais de me demander combien d'enfants détenaient ce pouvoir et devaient l'étouffer... Au moins, ils pourraient apprendre à contrôler leurs pouvoirs. S'épanouir, se soutenir entre eux. Beaucoup demeureraient des parias... Mais ils ne seraient plus isolés.

Construire des écoles sur des terres plus aptes à les accueillir était tentant. Lagrance me semblait une terre d'asile plus qu'acceptable. Je n'imposerai aucune construction ailleurs. Ni même à Lagrance. Il me fallait l'accord du Duc pour se faire, mais chaque chose en son temps. Ce n'était pas au Duc que j'avais à faire, mais à un Marquis. Qui avait du pouvoir, des terres, de l'influence, le respect de ses Chevaucheurs. Ce n'était pas rien. Et qui était l'exemple qu'un Mage de Sang pouvait être honorable. S'il était apprécié et respecté avant, il pouvait convaincre que révéler sa magie ne l'avait pas transformé en monstre. Même si cela serait difficile et un travail de longue haleine.

« Dans ce cas, il me faut m'entretenir avec le Duc de Lagrance. Proposeriez-vous vos terres pour accueillir un tel projet ? »

Je soupirai quand il émit quelques réserves concernant l'Académie et Lorgol, restant sur ses gardes à ce sujet et me rappelant l'échec de Carmine pour présenter la Magie du Sang sous son meilleur jour. Ce n'était pas une mauvaise idée.

« On aurait pu penser que l'exemple de cette île aurait pu amener nos concitoyens à réfléchir... »

Mais non. Ils ne savaient pas prendre le recul nécessaire.

« Sauriez-vous me mettre en contact avec elle ? »

Ce serait une discussion fortement intéressante. Toutefois, je fronçai les sourcils quand Tristan d'Amar s'enhardit au point de me conseiller de faire davantage. Et bien. Quelle audace. Mais ses paroles trouvaient un écho dans celles prononcées par Liam d'Outrevent. Ce duché ne saurait accepter ma fille. S'étaient-ils donc donné le mot ?

« Alors nous y voilà. Vous avez longuement tourné autour du pot, Marquis. »

Ma voix était calme, alors que mon sourire était presque sournois.

« Vous ne manquez pas d'audace pour venir réclamer la main d'une princesse. A un Duc, je devrais préférer un Marquis ? »

Pourtant, à ce sujet, ma décision est déjà prise. Armandine n'épousera pas Liam d'Outrevent. J'espèrai m'attirer les faveurs de l'outreventois en lui accordant ce qu'il désire et en faisant preuve de mansuétude. Je lui accordais ce qu'il désirait et il faisait de même. Échange de bons procédés. Il m'avait conseillé de marier ma fille à un lagran. Le Duc était déjà marié et il était volage, de notoriété publique. En revanche, le Marquis d'Amar m'était relativement inconnu. Il me faudrait mener mon enquête sur cet homme.

« Votre proposition ne manque pas d'attrait cependant. Quelles sont vos relations avec le Duc ? Vous devez comprendre que le mariage de ma fille a pour but de pacifier Faërie, de m'apporter des alliés et de permettre aux Mages de Sang de pouvoir parcourir Faërie librement. Pour cela, il me faut le soutien de mes sujets et surtout de mes Ducs. Lagrance est la terre la plus susceptible de me permettre de changer les choses. Nouer une alliance avec Cibella ou Ansemer serait d'autant plus profitable. »

Vendez-vous Tristan d'Amar. Donnez-moi des arguments solides pour consentir à une telle décision.

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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyLun 5 Juin - 23:07

L’homme semblait réfléchir. Celui qui avait de manière plus que brutale perturbé le couronnement de sa sœur, qui avait forcé son accession au trône, cautionné les actes de l’Ordre, dont bien des membres semaient malheur et désolation sur leur passage, n’était pas uniquement cet homme prêt à tout pour obtenir ce qu’il voulait. Il semblait faire preuve de mesure et de retenue, en cet instant. Tristan ne savait pas réellement sur quel pied danser avec lui, mais il ravisait toutefois son opinion… pour le moment. Si l’Empereur devait espérer le juger et le connaître davantage, lui qui avait effectué des recherches lors de l’Ordalie pour prouver sa félonie ou sa légitime prétention au trône, la réciproque n’en était que tout aussi vraie. Ce n’était, le marquis l’espérait, que le premier entretien qu’ils avaient en privé, mais aussi qu’une première impression qui resterait à être confirmée.

Les actes, plus que les paroles ou la bonne volonté, restaient, et faisaient d’un homme celui qu’il était réellement. Il avait déplacé son premier pion sur l’échiquier, en embrassant cette magie, quand Gustave de Faërie en avait plusieurs d’avances, et certains plus condamnables que d’autres, mais Tristan attendait et attendrait de voir. Peut-être se rattraperait-il. Peut-être réparerait-il, autant que faire se peut, le tort qu’il avait causé. Il verrait. Tout Faërie verrait, tout Arven même.

« Mes terres sont bien assez vastes pour cela, oui. Mais l’école sera construite en marge de celles-ci, éloignées de ma demeure. Non par manque de confiance, mais pour l’indépendance de chacun. Pour le respect de ma vie, aussi. Sous réserve que vous ayez l’accord de mon duc – car cela serait, d’une certaine manière, s’opposer à l’Académie. Si je suis favorable à l’idée de ces écoles, car nulle magie ne devrait être laissée à l’abandon, je suis résolument opposé à l’idée d’agir dans le dos de Denys du Lierre-Réal, ou du Conseil de l’Académie. »

Il se tut un instant, amenant toutefois assez rapidement le sujet de l’Île du Vent, de Carmine, à qui l’Académie n’avait pas réellement donné gain de cause. « Si elle y consent, Majesté. J’ose croire qu’une relation de confiance s’est tissée entre elle et moi, et que je puis l’amener à vous parler.Je saurai trouver les mots pour faire que ce soit le cas, mais elle voudra en savoir plus sur vos désirs, et sur les raisons qui vous pousse à échanger avec elle, avant d’accepter. Je n’entends pas là que vous devriez me mettre dans la confidence, mais peut-être lui adresser un courrier. » Il ferait ce que bon lui semblerait, en réalité. Et Tristan n’avait aucun besoin de savoir ce dont il voulait l’entretenir, pour le moment.

Surtout quand il voulait l’entretenir d’autres choses, plus… compliquées. Plus incertaines, et pour lesquels il devrait manœuvrer habilement.

« Estimez-vous réellement que ce dont nous avons parlé avant cela n’était pas indispensable, Votre Grâce ? Il me semblait peu avisé de vous entretenir de cela, avant de le faire du reste, et je ne me serai pas permis de vous offenser en vous demandant de but en blanc la main de votre fille. »

Il était, étrangement, sincère, en disant cela. Parce que le sort des siens lui importait davantage encore que ses désirs matrimoniaux, quoi que l’empereur puisse en penser. Dusse-t-il le froisser, qu’il n’aurait pas réagi autrement.

« Liam d’Outrevent incarne son duché, Altesse. Dans son honneur, son respect de ses serments, et sa rigueur. Cela fait partie de leur qualité, mais il peut être… délicat pour eux, d’accepter ainsi ce qui a été banni, condamné, tant d’années auparavant Ce qui défie les règles. Les ducs d’Ansemer et de Lagrance sont déjà mariés. Un marquis, certes, mais dans des terres qui accueilleraient sans la rejeter votre fille. Sans la craindre. Sans qu’elle n’ait à souffrir du regard des autres. Je ne vaux pas mieux qu’un duc, Majesté, mais je peux lui offrir une vie agréable et paisible. Prospère. Heureuse, je l’espère. »

Il se doutait que les questions ne s’arrêteraient pas là. Qu’il voudrait en savoir plus. Bien plus. Mais il était prêt à y répondre.

« Vous avez eu le soutien officiel des couronnes ducales de Cibella et d’Ansemer, lors de l’Ordalie de diamant, Altesse. Ce souvenir persiste, dans les mémoires des gens présents. Des nobles, de votre peuple. Vous pourriez avoir celui de Lagrance, de cette façon. Vous rapprocher du couple du Lierre-Réal, des mages du Sang dans leur entourage. Cultiver des liens, avec des nobles lagrans , dont certains mages du Sang, qui pourraient s’unir par la suite avec des nobles ansemariens et cibellans. Vous pourriez les remercier de leur soutien ainsi, mais aussi assurer l’acceptation des mages du Sang. Vous cultiveriez des alliances en Lagrance et dans les autres duchés de Faërie. Vous assiérez ainsi votre pouvoir. Des avantages découleraient de cette union, Votre Grâce. »

Se rangerait-il seulement à ses arguments, cela dit ?










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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyDim 3 Sep - 14:02


« Cela va de soit. Je n'exige aucunement que vous sacrifiez votre vie personnelle et professionnelle pour cette hypothétique école. Être marquis et Chevaucheur est déjà un exercice d'équilibriste en soi. »

Un cumul de rôles qu'il n'ai pas toujours aisé de concilier, ce me semble. Quant à l'obtenir l'autorisation de Denys... Je ne pouvais me permettre d'offenser mes vassaux en forçant les choses ou en passant outre leur pouvoir. Ce serait me mettre en délicatesse auprès de ceux qui devaient ms soutenir et fragiliser davantage encore ma position, déjà bien précaire.

« Il ne m'est pas davantage venu à l'esprit d'agir en despote et d'imposer ainsi cette idée. »

J'avais répliqué avec un grand calme, mais quelque chose d'incisif dans le ton. Pour bien rappeler que ses propos frôlaient l'insulte. Ce n'était probablement que maladresse de sa part et un moyen de rappeler qu'il était homme d'honneur et vassal fidèle de son Duc, mais cela pouvait également sous entendre qu'il ne cautionnerait pas une manière d'agir autre. Comme d'imposer une construction. Quelle opinion avait au juste ce jeune homme de ma personne ? Mes actes récents m'avaient probablement desservi aux yeux de la population et je devais offrir une image de tyran assoiffé de pouvoir et prêt à tout pour l'obtenir. Ce n'était pas entièrement faux mais je n'étais pas non plus un homme cruel et égoïste. Je rappelai cependant que l'Académie toute puissante, dont la vocation était d'aider les jeunes Mages qui se présentaient à elle, avaient balayé le problème des Mages de Sang, alors même qu'un de leur représentant était venu plaider cette cause. Jamais il ne leur avait effleuré l'esprit de réfléchir réellement aux magies proscrites et de réviser un jugement vieux de 1000 ans. Pourtant, rien n'était jamais définitif, et aucune loi gravée dans la pierre et scellée à jamais...

Est-ce que, désormais que l'Empereur était favorable à cette éducation, l'Académie se montrerait moins frileuse et davantage ouverte à la discussion ? Cette Carmine était un lien important. Il serait enrichissant de la rencontrer. Je demandai donc à Tristan de s'arranger pour nous obtenir une entrevue, ce qu'il accepta, non sans quelques réserves quant à son acceptation, méfiante qu'elle était.

« J'écouterai votre conseil et rédigerai donc une lettre à son intention. »

Puis, il y eut une autre demande. Une demande de mariage, formulée avec audace. Il se défendit avec hardiesse de mon accusation de n'être venu que pour cela. Armandine... j'avais des projets plus grands pour elle. Épouser Liam d'Outrevent par exemple. Un mariage que le Duc ne souhaitait pas, préférant épouser ma sœur. Cela méritait réflexion. Et voilà que les arguments du Marquis d'Amar faisaient écho à ceux du Duc d'Outrevent. Je lui demandai alors de plaider sa cause. Pourquoi marierai-je une princesse à un obscur Marquis au juste ? Il allait de soi que malgré le poids du devoir, je souhaitais que mon enfant soit heureuse et s'épanouisse dans sa vie de femme. Il me déplaisait de savoir qu'elle serait rejetée dans un duché, juste parce que sa magie avait été honnie durant des siècles. Elle était fière et obstinée, mais était-elle assez forte pour vivre dans l'hostilité ?

« A vous entendre, cette union serait presque miraculeuse en termes de bénéfices. Êtes-vous dans les bonnes grâces de Denys du Lierre-Réal ? Avez-vous un quelconque poids politique au sein du Duché de Lagrance ? Ansemer et Cibella me sont effectivement acquis. Outrevent et Lagrance, en revanche... Le Duc est un homme d'affaires qui a besoin de tirer avantage de ses engagements. Les bonnes grâces impériales devraient être une façon d'obtenir son soutien plein et entier. »

Devraient. Mais serait-ce seulement le cas ?


« Dites-moi, Tristan d'Amar, avez-vous déjà rencontré Armandine ? »

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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyJeu 21 Sep - 17:44

Tristan hocha la tête. Les choses étaient claires, c’était là essentiel. S’il désirait réellement offrir refuge et enseignement aux mages qui, comme lui, ne maîtrisaient pas cette magie qui était la leur, il était indispensable que cela soit fait sans avoir davantage d’impact sur sa vie. Même si, en réalité, sa vie toute entière était maintenant liée à la magie du Sang et, d’une certaine manière, dépendante d’elle. Il en était là de ses pensées, lorsque l’empereur y mit fin, avec un choix de mots pour le moins étrange. Il était aisé de dire les choses de cette façon, mais les actes étaient plus parlant – et si Tristan avait fini par percevoir cela comme une façon maladroite de faire valoir ses droits et de défendre ceux de sa fille, de sa famille, il n’en restait pas moins que Gustave de Faërie s’était imposé sur le trône aux dépends de feue sa jeune sœur. Tristan se demandait comme l’homme face à lui, ayant pourtant à cœur le bonheur de sa famille, avait pu laisser une telle tragédie survenir – mais il ne la connaissait après tout pas, peut-être était-il simplement indifférent, quant à elle, quant à son sort ou sa survie. Il se garda bien de l’interroger à ce sujet, malgré tout. S’ils évoquèrent brièvement Carmine, doyenne des mages du Sang et un atout certain pour favoriser les échanges entre les anciens captifs de l’île des Amoureux du Vent, et le symbole d’une mage ayant un usage bénéfique d’une magie qui met mal à l’aise, qui terrifie les gens, Tristan avait d’autres sujets à aborder.

« Je vous laisse, Votre Grâce, évoquer ce sujet auprès du duc de Lagrance et de dame Carmine, en ce cas. Ils sauront sans nul doute se faire oreilles attentives –  je les informerai, si vous le souhaitez, que vous souhaiteriez évoquer tout cela avec eux. »

Il acquiesça, par ailleurs, quand Gustave de Faërie déclara qu’il rédigerait une lettre à l’intention de Carmine. Fort bien. Tristan la lui transmettrait, sans plus attendre. Il inspira brièvement, une inspiration appuyée, pour avoir l’impulsion nécessaire à la requête qu’il voulait présenter – qui, de toute évidence, n’était pas accueillie sans réserves ou sans discuter. Il ne s’y était pas attendu, mais il devrait comme il l’avait pensé défendre son projet, son opinion.

« Loin de moi l’idée de me donner plus d’importance que je n’en ai, Majesté. Simplement de vous souligner les bienfaits dont pourrait bénéficier votre fille, en concluant cette union. Vous êtes suffisamment sensé pour savoir que toute situation a des avantages aussi bien que des inconvénients, j’ose croire que, dans ce cas particulier, les premiers puissent surpasser les seconds.

Je suis Capitaine depuis plus d’un an, Majesté. J’ai échangé à de nombreuses reprises avec mon duc, et j’ose croire que nous parvenons à nous accorder et à avoir confiance en l’autre, pour œuvrer dans l’intérêt de Lagrance. Sans ne jamais remettre en cause les actes ou opinion de chacun, nous échangeons suffisamment pour que je puisse dire être dans ses bonnes grâces, oui. Quant à mon poids politique, assurément. Je suis le seul et unique héritier du marquisat d’Amar, un marquisat ancien et prospère. Couplé à mes fonctions, cela me donne une position importante et unique en Lagrance, d’autant que j’ai l’oreille de mon duc quand il s’agit d’assurer la protection du duché, notamment. Cela implique d’acquérir suffisamment de connaissances sur ce qu’il se passe au sein du duché, et dans la vie de mon duc, pour faire au mieux. Ne pensez-vous pas que de voir son Capitaine épouser votre fille, une personne haut placé au sein de votre Empire, puisse avoir des avantages indéniables pour Lagrance ? Elle deviendra, par la force des choses, Lagrane, si vous consentez à me donner sa main. Une personne de qualité, au sein de la Cour du duc.
»

Une personne que son duc ne manquerait pas d’essayer de séduire et de manipuler, pour en retirer des avantages, Tristan en était certain. Mais il serait de son devoir de la protéger, tout en contentant son duc, si l’union aboutissait.

« Brièvement, Majesté, lorsque vous avez appelé l’Ordalie. J’ai pu échanger quelques mots avec elle – ce qui est bien insuffisant, j’en conviens, étant donné ma demande. Mais si vous y consentez, ou que vous consentez que je lui fasse la cour avant d’accepter un mariage, je ferai mon possible pour y remédier. »










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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyDim 8 Oct - 15:42


« Très bien. »

Que Tristan d'Amar se fasse intermédiaire entre tous les protagonistes. C'était parfait. S'il était possible d'offrir un endroit sûr aux Mages de Sang, ce serait déjà une avancée considérable pour eux. Et les terres de Lagrance étaient bien les plus opportunes. Le Duc était le plus tolérant de tous concernant cette magie interdite. Il suffisait de trouver des avantages pour Denys. C'était aisé de discuter avec des gens de sa trempe, quand bien même on ne pouvait pas leur faire confiance. Je n'étais pas naïf le concernant. Cette question réglée, le jeune Marquis fit donc sa demande. Épouser ma fille. J'avais d'autres ambitions pour elle. Duchesse d'Outrevent était plus prestigieux que Marquise d'Amar et cela me permettrait d'avoir au moins un sujet fidèle à la tête de ce duché. D'un autre côté, Liam d'Outrevent avait clairement fait comprendre qu'il ne souhaitait pas cette union et qu'Armandine serait déconsidérée par le peuple d'Outrevent, hostile à la magie du Sang et à ma personne. Ma fille, en tant que princesse, devait jouer son rôle, et servir les intérêts de l'Empire. D'un autre côté, je ne voulais pas la sacrifier. J'aimais les membres de ma famille, qu'importe l'image que je pouvais avoir auprès des sujets du royaumes et de mes ducs.

Alors soit. Qu'Armandine ai une position avantageuse en Lagrance ne serait pas une mauvaise chose. Le Duc Denys ne m'était pas tout acquis non plus. Mais encore fallait-il que le jeune homme face à moi ai l'oreille de son Duc. Qu'il puisse servir mes desseins dans un des duchés sous ma coupe. Il répondit donc avec une certaine clarté, ce qui était appréciable. Et il avait des arguments assez convaincants, je ne pouvais le nier. Il allait falloir me renseigner sur ce jeune homme. Et parler à mon épouse de cette éventualité. Elle était mon premier conseiller après tout.

« Le bonheur de ma fille est naturellement important pour moi, même si, comme toute femme de sa condition, son mariage doit avant tout servir des desseins politiques. Je pense que vous l'avez bien compris. »

N'avait-il pas mis en avant cet argument après tout ? Il avait tenté de tirer sur la corde sensible paternelle. Non sans un certain succès d'ailleurs.

« Je tiens à ce que son époux prenne soin d'elle et la protège. S'il n'est question d'amour, qu'il existe au moins respect et affection. Armandine est encore jeune et a encore à apprendre. Je compte sur son époux pour la guider et en faire une femme avec laquelle compter. »

Était-ce une bénédiction ? Tout du moins, ce n'était pas un refus catégorique.

« Je vous autorise à la courtiser. Je réserve mon jugement vous concernant. Je verrai si vous tenez parole et servez les intérêts de la magie du Sang. Si vous agissez comme nous venons d'en convenir. Montrez-moi que vous n'êtes pas qu'un beau parleur, mais également un homme d'action, capable de réactivité et de pugnacité. Et alors, je vous accorderai officiellement sa main. »

Voilà de quoi le motiver à me servir avec diligence et loyauté. L'entretien touchait sans doute à sa fin, à moins qu'il ne souhaite m'entretenir d'autres affaires. Dans le cas contraire, il était libre de disposer et de profiter de l’accueil réservé aux invités du marque de l'empereur.

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Message Sujet: Re: Alliance et complaisance   Alliance et complaisance EmptyDim 8 Oct - 17:47

Il acquiesçait. Parfait. Le capitaine informerait donc son duc de la requête de Sa Grâce Gustave, ainsi que dame Carmine, et verrait à arranger une rencontre. Cela prendrait peut-être du temps, étant donné le climat de guerre et leurs obligations à chacun, mais cela aurait lieu. Tristan se contenta donc de hocher la tête, abordant l’autre sujet pour lequel il avait souhaité cette entrevue entre lui et l’homme qui lui faisait face. Il se doutait que ce serait autrement délicat, la requête impliquant directement et personnellement Gustave de Faërie, alors qu’il pouvait percevoir le reste avec plus de distance… malgré le fait que les deux concernent sa fille et son avenir, l’un en tant que mage du sang, l’autre matrimonialement.

« Vous ne connaissez sûrement pas ma vie, Majesté, mais je suis malheureusement bien conscient des obligations dues à un statut, et de la difficulté de ne pas y déroger, oui. Un marquis a des devoirs, ainsi qu’un capitaine, quoi que bien différents, mais pas forcément opposés. S’ils ne sont en rien comparables à ceux d’une femme, la liberté est malgré tout entravée. À sa manière. »

Était-ce là la meilleure façon de lui exposer les choses ? Il ne faisait, après tout, que corroborer ses dires, mais ça ne voulait pas dire que Gustave de Faërie le prendrait bien.

« J’ai mal vécu tout cela, si je dois être honnête avec vous. Mais je vous fais le serment, par Levor, de tout faire pour que la vie de votre fille lui soit douce. Pour qu’elle ne se sente pas misérable ou malheureuse, quel que soit son avenir. Pour qu’elle ait accès à ce qu’elle désire. Et d’apprendre à le connaître, à l’apprécier, si l’amour ne naît malheureusement pas. Elle sera instruite, si elle le désire. Elle pourrait, je le pense, fréquenter son altesse Marjolaine. Sa vie ne sera ni vide ni vaine. »

Il était mortellement sérieux, plus que sincère, le marquis, en faisant ce serment. S’il avait été éduqué en Lagrance, peut-être que ces origines outreventoises obscures étaient tout de même présentes en lui.

« Fort bien. Je ne m’engage pas légèrement, sachez le, et ferai tout mon possible pour mettre en place ce dont nous avons convenu. Et pour vous montrer que je saurai agir de manière à ne pas rendre votre fille malheureuse. »

Il s’inclina, et suivit le serviteur chargé de le conduire hors de la pièce… comme s’il pouvait ne pas trouver son chemin, sous l’œil attentif de l’Empereur.










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