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 Chassons les tourments et le désespoir.

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Message Sujet: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptySam 11 Mar - 0:28


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Antonin de Faëire & Quitterie Aubenacre

Chassons les tourments et le désespoir.

Et dansons joyeusement en piétinant toute conscience.



• Date :12 Mars 1002
• Météo :
• Statut du RP : Privé
• Résumé :
Antonin a invité Quittou à le voir. Suite à diverse rencontre et discussion, ils se sont trouvé des points communs et Antonin prend à cœur de réduire les tourments de la belle en lui offrant la solution qu'il s'est trouvé pour lui-même.
• Recensement :
Code:
• [b]12 Mars 1002 :[/b] [url=arven.forumactif.org/t1861-chassons-les-tourments-et-le-desespoir]Chassons les tourments et le désespoir.[/url] - [i]Antonin de Faëire & Quitterie Aubenacre[/i]
Antonin a invité Quittou à le voir. Suite à diverse rencontre et discussion, ils se sont trouvé des points communs et Antonin prend à cœur de réduire les tourments de la belle en lui offrant la solution qu'il s'est trouvé pour lui-même.



Dernière édition par Antonin de Faërie le Sam 11 Mar - 0:29, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptySam 11 Mar - 0:28

…La guerre…
Adossé contre sa chaise, Antonin se masse les tempes, le crâne en feu, son regard fixé contre un mur où une carte d’Arven avait été accrochée à sa demande. Y était consigné nombre d’épingles colorées, chacune représentant les zones annexées, les zones de combat.
Comment en était-il arrivé là ?
Il ne comprenait pas. La paix était à chérir, il savait le soir où il avait accueilli Tristan que la rencontre avec l’empereur d’Ibélène s’était mal passé. De là à ce son père décide de déclarer la guerre. Mais qu’aurait-il pu faire d’autre devant les affronts et l’irrespect qui avaient été montrés à son égard ? Il devait s’imposer, comme il l’avait toujours fait, tous le dénigrant, tous redoutant le changement, tous préférant s’en tenir à de vieille règles injustes qui condamnaient des innocents n’ayant rien demandé…Mais…Tous finissaient indéniablement par courber l’échine et reconnaitre la valeur de son père.
Antonin était tiraillé, il n’était pas capable de remettre en cause le jugement de son père, mais il ne pouvait, au fond de lui-même, pas cautionner cette déclaration de guerre. Il était tout simplement incapable de mettre des mots sur son mal-être et malgré ce qu’il avait dit à Agonie, il avait été incapable d’arrêter de prendre ces drogues cielsombroises.

C’était les seuls capables de le faire dormir, de lui faire relâcher la pression. Il n’avait plus retouché à celle l’ayant fait partir en cavale à Lorgol, il faisait attention aux doses qu’il prenait…mais force était de constater que l’appel de ces herbes se faisaient de plus en plus présente sur sa langue, il les voulait de plus en plus souvent, il voulait augmenter les doses qui semblait ne plus le satisfaire pleinement. S’il se retenait, la tentation était devenue de plus en plus grande.

Il tentait de trouver refuge ailleurs, de se vider l’esprit auprès de sa sœur et d’Agonie. Et contre toute attente, il s’était également trouvé une oreille amicale en la personne de Louison. Douce et belle Louison, un esprit immaculé, mais toute aussi torturé que lui. Privée de ses ailes, enchainée au sol, quand bien même la parfaite santé de son dragon. Il l’appréciait, son esprit, sa déchéance si semblable à la sienne tout en étant diamétralement opposé, il aimait à la la courtiser gentiment, de loin, avec légèreté, juste pour le plaisir de voir le rouge colorer ses joues et lui donner quelque seconde d’une douce insouciance.

Elle lui avait confié une part de ses tourments, la gentille Louison, cette impression d’être coincée, d’être inutile à la tâche première qui lui avait été confié, d’être incapable d’honorer la fierté qu’elle avait ressenti lorsque son dragon l’avait choisi. Il était semblable et différent et à cette oppression qui la comprimait et qui la tourmentait, Antonin avait déjà trouvé un remède. Les jours défilant, les visites aussi, il avait fini par lui proposer de le rejoindre, pour tenter d’apaiser ses tourments que la guerre avait sans doute décuplés.
S’il n’était pas seul, alors ça ne comptait pas vraiment, il ne ferait qu’aider une amie dans le besoin. Ils se soutiendraient mutuellement et inhalant de quoi détendre muscles et esprit, il n’y avait rien de mal à ça n’est-ce pas ?

Fébrile, il faisait les cent pas, redoutant la réaction de la belle lorsqu’il finirait par le lui proposer, lorsqu’elle serait devant le fait accompli, les mots prenant la forme des substances venant de Sombreciel. Il avait déjà plus ou moins avancé le sujet, préparé le terrain, tâté pour éviter de se heurter à une incompréhension chargée de mépris, mais il n’y avait rien de tout cela dans les yeux de la Chevaucheuse.
Il s’ordonna au calme, ne voulant trop attirer l’attention d’Agonie sur son esprit en proie à l’impatience, et aux questionnements. Ne voulant pas qu’elle lui dise ce qu’il ne voulait pas entendre. C’est donc avec soulagement qu’il accueillit l’arrivée de Louison, lorsque le majordome annonça son arrivée et que le prince alla rejoindre le salon privé non loin de sa chambre.

-C’est toujours un ravissement de vous voir ma Dame.

Dit-il, réellement heureux de la voir, une fois arrivé dans le salon et qu’ils furent laissés tranquilles.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyVen 24 Mar - 18:25

La lettre de la momie:
 

C’était… C’était trop.
Cela faisait un mois à présent que les mots dansaient dans la tête de Quitterie. La lettre, elle la connaissait par cœur à présent, à force de la lire par les yeux de Sayam ; et son esprit, petit à petit, tentait fébrilement d’intégrer la portée de cette confession, émise il y a plus de mille ans par une femme qu’elle avait côtoyée pendant des années à Lorgol et qui était devenue sa meilleure amie. Savoir ce que Lucille était devenue après être restée coincée dans le passé, c’était… c’était déjà perturbant en soi – elle a épousé Hypérion, nom d’un petit jupon cielsombrois, le Roi Noir en personne ! – mais y ajouter de surcroît ces sentiments insoupçonnés que sa Lulu aurait nourris envers elle, c’était…

Trop.
Beaucoup, beaucoup trop.

Et pourtant, elle y est allée, sous la planche tachée de rose dans ce qui était naguère le bureau de Lucille dans leur appartement commun, et qui est maintenant une pièce occupée par Melinda. Elle l’a soulevée, la planche, elle a fouillé dessous, trouvé le journal… Et par les yeux de Sayam, elle a lu chaque ligne, chaque mot, chaque nuance de ces sentiments si choquants pour une fille de Bellifère. C’était trop. Elle s’est précipitée au rez-de-chaussée de la Taverne, a filé droit à la tour des Mages solliciter un Outreparleur, pour demander à Antonin permission de venir le visiter. Elle a besoin de se changer les idées, la petite Chevaucheuse aveugle, et qui mieux que le prince cloué au sol pour s’en charger ? Chacune de ses visites au palais impérial a toujours été l’occasion de rires et d’amusement, et là, tout de suite, Quitterie a besoin d’un ami. Elle a… elle a besoin d’oublier, comme il le lui a déjà maintes fois proposé, et aujourd’hui – aujourd’hui, elle a envie d’accepter.

Elle s’est jetée dans le portail comme d’autres se jettent à la mer, laissant Sayam à Lorgol, laissant Serment à Port-Liberté, fermant cette part de son esprit qui leur est dédiée d’ordinaire. Au salut cordial du prince, elle s’incline, trouvant quelque part un sourire un peu fatigué pour cacher sa tristesse et éclairer sa pâleur. « Je vous remercie de votre invitation, Antonin – elle est arrivée à point nommé, j’avoue que vous retrouver… ensoleille ma journée. » Machinalement, elle s’incline dans une révérence de cour polie, se relève lorsque le prince s’empare de sa main pour l’y aider. Elle la presse, cette main, heureuse de trouver un soutien et la chaleur de son amitié. Dans d’autres lieux, s’il n’était pas sur les marches d’un trône et elle insignifiante, s’il n’était pas d’Outrevent et elle de Bellifère, s’il n’était pas homme et elle femme, elle l’aurait pris dans ses bras et serré contre elle, juste pour quémander un peu de réconfort, mais… mais voilà, l’ordre des choses est fait pour être respecté, aussi se contente-t-elle de conserver un instant cette main princière entre les siennes.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptySam 1 Avr - 11:31

C’est un sourire qui étire les lèvres du Chevaucheur lorsque les paroles de la belle tintent joyeusement à ses oreilles. Sourire qui se crispe lorsque la révérence suit, n’étaient-ils pas suffisamment proches pour se défaire du protocole ? Peut-être pas, sans doute jamais. Pourtant il n’était que cadet et elle Chevaucheuse accomplie, dans d’autres circonstances, dans une autre vie, ça aurait été à lui de courber la tête en guise de salut respectueux. Il n’y avait cependant pas de double vie permise, il n’en avait qu’une et regretter, être perturbé ne le mènerait à rien. Il en prenait compte peu à peu, que son attitude, sa mélancolie qui le perdait et accentuais sa confusion de jour en jour était néfaste. C’était déjà une avancée, pas bien grande certes, mais un petit pas en avant tout de même.

Lorsqu’il s’empara de sa main pour la redresser, pour que cesse ces simagrées qui le mettait tant mal à l’aise, la pression timide, message muet, passant de l’un à l’autre ne lui échappa pas. Fatigue, teint cireux et yeux rougis, non décidemment la douce Louison n’avait pas bonne mine. Avec prévenance et douceur, il l’a guide jusqu'à un canapé, prenant mille précautions pour ne pas l’effaroucher, pour ne pas la fêler davantage. Elle paraissait bien fragile en cet instant, bien que la joie fatiguée qui éclairait avec peine son visage semblait sincère.

Antonin s’installe à côté d’elle, pas trop proche pour ne pas verser dans l’indécence, mais assez tout de même pour qu’elle sente sa présence et qu’elle s’en drape pour éloigner ses tourments. Il ne savait pas ce qui l’avait laissé dans un tel état, mais il ne se sentait pas de la pousser à parler, alors il décida de faire comme s’il n’avait rien vu, si elle voulait s’épancher, elle était assez grande pour le faire seule.

-J’en suis heureux, alors. C’est toujours un plaisir que de vous recevoir.

Au moins avait-il une excuse pour s’enfuir de ce carcan de plus en plus insoutenable qui le comprimait jusqu'à l’os. Les regards s’étaient durcis à son égard lui semblait-il, Agonie se faisait impatiente, râlant à chaque entrevue avec quiconque. S’il avait le temps de parler, il en avait pour voler et être avec elle. La dragonne était possessive, si ce trait n’avait jamais été dérangeant jusqu'à présent, la priver de l’humain qu’elle s’était appropriée était un revers imprévu qui la mécontentait fortement.

-Au moins puis-je me détendre un peu au son de votre voix et j’ai comme l’impression que vous avez également besoin de vous changer les idées.

Les idées, les pensées, les images et impressions qui s’égrainaient dans leurs crânes, envie volage et persistante. Il en revenait toujours et inévitablement au même point. Il voulait s’égarer de nouveau dans les brumes délicieuses de l’inconscience, mais il ne pouvait s’y résoudre, pas seul, pas après sa virée à Lorgol. Elle était son excuse, sa porte de sortie, lui qui salivait et dont le regard se posait avec régularité sur ce tiroir au fond doublé d’où reposait les substances importées d’un duché ennemi.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyDim 2 Avr - 16:36

Elle se sent toujours un peu mal à l’aise dans ce palais écrasant de faste, la petite Quitterie qui cavalait dans le sable du littoral quand elle était petite et qui rentrait souvent les cheveux pleins de sel et d’algues après un bain dans les vagues d’Aubenacre. Une petite va-nu-pieds, une petite souillon, échappée à l’adolescence pour s’en aller à Lorgol conquérir sa liberté. Il reste quelques vestiges d’elle sous la carapace de Louison, quelques souvenirs, des histoires contées par Désirée, un câlin de Gédéon, les encouragements de Géralt, un sourire, quelques éclats de rire. Mais dans le palais impérial d’Al-Faë, elle se sent tellement déplacée, la Chevaucheuse aveugle devenue un fardeau pour sa division ! S’il n’y avait Antonin pour l’accueillir et solliciter parfois sa présence, sûrement n’y viendrait-elle jamais. Elle se rend bien compte de l’importance que chacun ici accorde aux apparences, et comprend à quel point sa cécité l’isole de ce monde en demi-teintes et en faux-semblants.

Mais aujourd’hui, un bonheur factice est ce dont elle a besoin.

Le prince semble content de la voir – elle perçoit sa présence alors qu’il s’installe près d’elle, suffisamment loin pour ne pas heurter les convenances en usage à la cour, suffisamment près pour affoler sa pudeur belliférienne encore bien ancrée. Il est toujours comme ça, Antonin, dans ces moments de tranquillité qui n’appartiennent qu’à eux deux : paisible et respectueux, mais toujours à la lisière du raisonnable, comme s’il marchait en équilibre sur un fil en la défiant de le faire basculer. Jamais un geste inapproprié, jamais une parole scandaleuse ; mais mille attentions tendancieuses qui font rosir les joues de Quitterie et mettent à mal sa dignité toute prude. D’ordinaire, elle ressort de leurs entrevues éprouvée mais heureuse de la compagnie d’un prince qui a su se mettre à son échelle et se présenter en ami ; mais aujourd’hui, cela ne suffira pas à apaiser le trouble affreux qui tempête sous son crâne, elle le sait.

Elle a besoin de la clé de ces songes altérés dont il ne cesse de lui vanter les bienfaits.

« Antonin, j’ai – j’ai besoin d’oublier. » Abrupte et brutale, cette demande si inhabituelle pour la petite Chevaucheuse si sérieuse. Résolument, elle lui a pris la main, serrant les doigts du prince entre les siens qui tremblent un peu, soulignant sa prière, révélant son mal-être. De quelques mots précipités, elle s’explique, maladroitement. « Une de mes amies proches est décédée il y a quelques temps, et j’ai trouvé une lettre. Elle ne m’aimait pas comme je l’aimais moi. C’était ma meilleure amie, mais elle… Elle me voyait autrement. Différemment. Comme une femme ne devrait pas en voir une autre. » Elle a murmuré la fin, Quitterie, le feu aux joues et les larmes aux yeux ; mortifiée que son amitié si pure pour Lucille soit désormais alourdie de ce lourd secret qu’elle a tant de mal à accepter. Elle en reste choquée au-delà de ce que les mots peuvent formuler, et elle n’a personne vraiment à qui en parler – Désirée est loin, si loin ! Nerveusement, elle resserre sa prise sur la main de son homologue Chevaucheur privé d’ailes. « Je veux juste pouvoir penser à autre chose, même si c’est uniquement pour quelques heures. J’ai besoin d’oublier, Antonin, je n’ai plus la force de repenser à ça perpétuellement, à chaque minutes – aidez-moi, je vous en supplie… »
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptySam 8 Avr - 16:43

Les traits tirés effacent bien rapidement le joli sourire de Louison. Elle ne tarde pas à laisser se déverser son désespoir qui touche Antonin en plein cœur. Il vibre de la même tristesse qui étouffe sa nouvelle amie et serait tenté de la prendre contre lui. Comme il le faisait avec Armandine dans ses jeunes années, comme il lui arrive encore de le faire quand le doute embrumait ses beaux yeux vermeils. Il n’aime pas voir les femmes sujettes à de tels tourments, il aimerait pouvoir les protéger contre la cruauté du monde. Ironique quand on savait qu’il n’arrivait même pas à gérer sa propre vie, mais s’occuper des autres avait toujours été une échappatoire salutaire pour lui dont la froideur familiale avait toujours instillé l’incertitude dans sa poitrine.

Dans un sursaut de lucidité, il avait envie de lui dire que l’oublie n’était pas la solution, que ce n’était pas ça qui la soulagerait et pourtant en avait-il réellement le droit ? Lui qui avait déçu son père par son attitude pour avoir cherché un peu de répit et d’oubli? Il saignait encore des blessures de cet entrevu, mis à mal plus que jamais. Jamais il n’avait reçu des mots aussi acerbes de sa part. Il s’était juré de ne plus y toucher, du moins plus autant qu’avant, ardeur calmée par une erreur qu’il avait amèrement regrettée. Mais…mais comment refuser l’aide que la Chevaucheuse était venue quérir ? Il ne s’en sentait ni le droit, ni la légitimité. Il lui suffirait de faire attention au dosage, s’ils en prenaient tous les deux, il pourrait plus facilement la surveiller non ?

Pourquoi en prendre lui aussi ? Ho, c’était tout simple, une certaine accoutumance s’était emparée de son corps. Antonin aurait été bien en mal de le reconnaitre, mais il en voulait, il en redemandait, il se languissait. Il avait froid parfois, la fatigue et la déprime semblaient insurmontables, il ne pouvait trouver le salut que dans la douceur des drogues venues de Sombreciel. Le désespoir est contagieux et alourdit bien vite le prince. L’histoire est vite racontée, hachée, il ne comprend pas tout, du moins pas toutes les ficelles invisibles qui la tiraillent et qui semblent d’une importance capitale.
Il n’envisageait même pas que l’amour entre deux femmes, un amour véritable, un besoin charnel, puisse être possible .Bien sûr il y en avait toujours pour faire exister l’improbable, mais n’était-ce pas que de rares exceptions, des hurluberlus s’épanouissant dans l’extravagance et l’attention que les autres portaient vis-à-vis de celle-ci ?
Quand elle finit son récit au bord des larmes, Antonin se permet de poser sa main sur la tête de Louison, geste affectif pour calmer l’eau qui mouille ses yeux. Le seul qu’il peut décemment se permettre.

-Très bien, très bien. Je… je ne devais plus en prendre, mais, ça sera l’exception, la dernière fois avec toi, ma chère amie. C’est une belle façon de dire au revoir pour toi, comme pour moi.

« Antonin »

Son nom gronde, menace contenue en un seul mot.

« Oui, je sais Agonie. La dernière, juste pour cette fois-ci. »
« Promets. »
« C’est promis, Levor m’en soit témoin. »
« Ca va mal se terminer, tu en as conscience ? »
« Ne t’en fait pas, je ferais attention. Lorgol était…un accident, je n’ai jamais eu d’épisode comme ça jusqu’à présent. »
« Si tu le dis dit petit prince. Je serais là pour ramasser les morceaux, mais si tu romps ta promesse, je viendrais personnellement t’embarquer entre mes griffes avant que tu ne retouches à ça ! »
« Je prends note. »


«…
..Tsss quelle pimbêche fragile ».


-Mais… ça n’est pas magique, tu te rappelleras quand même. Simplement… tes blessures te paraitront … superficielles. Tu veux toujours ?

Ce n’est qu’une fois l’assentiment de la jeune femme acquis que le prince se lève.

-Je reviens, ne fais pas de bêtises.

Il a un peu peur qu’elle n’en vienne à en faire une, véritablement, c’est bien pour cela qu’il a cédé aussi rapidement, du moins est-ce l’une des raisons ayant fait pencher la balance avec autant de facilité.
Il se dirige vers l’une des portes du petit salon, attenante à un couloir discret, presque secret, rejoignant ses appartements en vitesse. Il ouvre le dernier tiroir de son bureau, celui qui coince un peu, raclant le sol avec paresse quand il bouge. Il défait le double tiroir, secoue un peu, la planche faisant de la résistance inutile. Puis, Antonin prend le sachet pour récupérer les herbes, drogue douce, qu’il avait pour habitude de prendre.
Ce qu’il n’avait pas vu, ni maintenant, ni avant, c’était le défaut dans les compartiments de chaque produit, le mélange subtil, mais dangereux, de poudre avec les herbes qui en faisait une décoction pour le moins…explosive. Mais tout cela, il ne l’avait pas vu, il l’ignorait totalement.

Inconscient, avec innocence, il ramène de quoi faire fumer les herbe et les dits produits. Les dépose dans le salon complètement attenant à sa chambre et reviens chercher Quittou pour l’installer dans ladite pièce. Plus confortable, plus privée. Ainsi, ils ne risquaient pas d’être dérangés en pleine activité… rédhibitoire.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyMar 11 Avr - 4:50

Oh, quelle sensation familière, cette main sur sa tête qui tapote gentiment ! D’anciens souvenirs remontent soudain à sa mémoire, de Géralt qui la réconforte après une chute, de Désirée qui console un chagrin d’enfant insurmontable. Un fragment de douceur, de complicité, un simple geste d’amitié empreint d’une affection sincère – la Chevaucheuse solitaire en a de nouveau les larmes aux yeux. Il est bien étrange, ce prince si atypique : de par son service de Chevaucheuse, Louison a eu l’occasion de rencontrer bien des têtes couronnées, incluant Chimène en personne. Antonin est… différent. Il n’a pas cette hauteur dédaigneuse que peut arborer parfois la duchesse Gaëtane, ni cette supériorité prétentieuse du duc Bartholomé. Rien non plus de la rigidité sérieuse du duc Liam, ni encore la caressante rouerie du duc Denys. Il n’a pas non plus l’écrasante stature de son père, l’empereur Gustave ; non, il est… autre chose. S’il fallait choisir un mot, ce serait « humain ». Elle le perçoit désemparé parfois, lorsqu’ils discutent à bâtons rompus dans l’intimité d’un boudoir aux portes closes, écrasé même sous le poids des attentes qu’on lui impose. Et il y a, quelquefois, de temps en temps, comme un désespoir noir, tapi au fond de ses paroles. Est-ce la frustration de se voir privé des ailes d’Agonie, la révolte de n’avoir pas la liberté de choisir lui-même la voie qu’il veut suivre ? Ou est-ce simplement le reflet de sa propre prison qu’elle projette sur lui ? Ils n’en ont jamais vraiment parlé, il n’est pas vraiment dans la nature de Quitterie de se confier… et ils trouvent certainement plus de profit à prétendre que tout va bien, lorsqu’ils sont ensemble. Qu’ils peuvent faire semblant et oublier leurs soucis, l’espace de quelques heures, d’un après-midi.

Elle n’en a pas la force aujourd’hui.

Antonin s’éclipse – si elle sent un peu coupable de le pousser au crime, ses scrupules s’évanouissent quand sa mémoire lui rappelle les terribles paroles de Géralt, il y a quelques jours à peine. Notre nièce, et sûrement notre sœur aussi, Père s’en est pris à Désirée, j’en suis sûr – quelle horreur ! Frémissante, la Chevaucheuse se laisse guider hors de la pièce, prêtant vaguement attention au déplacement tandis que le prince les installe loin de tous les yeux indiscrets. L’on jasera sûrement sur le compte des deux Chevaucheurs privés de vol qui trompent leur ennui ensemble dans une chambre du palais, mais étrangement elle n’en a cure ; elle veut oublier, tout simplement. Même temporairement. Attentive, elle écoute avec soin les explications d’Antonin, hochant la tête au fur et à mesure. Oui, elle a compris.

Elle se pose bien quelques questions, mais elles s’évaporent rapidement tandis que la fumée fait son effet. Oh, elle tousse un peu, évidemment ; mais peu à peu sa tête semble se vider et s’alléger tandis que la pièce commence à tourner doucement dans les ténèbres où elle est plongée. Comme si le plancher dansait sous ses pieds. Même l’obscurité semble s’illuminer de couleurs qui n’existent pas, et dans ses oreilles il y a comme un carillon de sons que personne n’a jamais entendus. C’est… c’est merveilleux. Pourquoi n’en parle-t-on pas plus ? Doucement, elle se met à rire, trouvant la situation terriblement désopilante, affalée dans le fauteuil où Antonin l’a installée. Il est merveilleux, Antonin, tiens, c’est vrai : il lui a procuré ces instants de magie, et elle veut lui exprimer sa gratitude. Se levant péniblement et tanguant fortement, elle se dirige vers lui au jugé, trébuche et atterrit en petit tas près de son fauteuil à lui, s’agrippant à ses genoux pour se relever et se lover dans le siège près de lui, l’entourant des deux bras et collant un baiser sonore sur son front. « Il faut que je te dise, que t’es… T’es un vrai copain. » Oubliés, le vouvoiement, la bonne éducation, les manières de cour : avec diligence, elle s’applique à combler son manque d’affection par un câlin un peu maladroit, obtenu au prix de leurs deux têtes cognées malencontreusement, mais fortement sincère. Sûrement est-il plus habitué qu’elle, il ne lui en voudra pas !

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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyVen 14 Avr - 20:03

L’herbe se consume et délivre sa fumée épaisse. Elle se délite doucement dans la pièce, se laisse inhaler pour perturber les sens et détendre les muscles. Les pupilles se dilatent et bientôt Antonin se laisse emporter par une douce torpeur. Il se sent bien, en oublie presque la présence réprobatrice d’Agonie. Ses idées s’embrument et le monde lui paraît soudain plus clair et obscur à la fois. Il veut bouger, il veux voler, il veux se défaire de ce carcan qui l’entrave et parait, d’un coup, d’une fragilité déconcertante. Pourtant, il n’a pas le temps d’esquisser le moindre geste, de rouvrir ses yeux qui s’étaient fermées pour profiter du calme si rare qui vide son esprit dans une langueur délectable. Non il n’a le temps de rien, il en a d’ailleurs perdu la notion, qu’une jolie jeune femme vient près de lui. Un sourire radieux sur des lèvres marquées jusqu'alors par des tremblements de tristesses. Il la préfère comme ça et ne peut s’empêcher de poser sa main sur son visage pour y caresser ce sourire du bout des doigts. Il le trouve tellement beau, attirant, irréaliste même, qu’il se sent le besoin de vérifier qu’il ne rêve pas.

Dès lors qu’elle les dépose en un baiser, il n’a plus qu’une envie : y gouter.

Mais il ne se presse pas, il a tout son temps et il semblerait que Louison ait besoin de s’épancher sérieusement vu la mine qu’elle arbore, plantant ses prunelles dans celles du prince. C’est un sourire qui répond à sa déclamation, alors qu’il laisse sa main sur son visage dériver doucement sur la peau de la Chevaucheuse et aller taquiner gentiment son cou. Quelle peau douce elle avait.

-Je pense que je peux dire la même chose de ta part, ma douce.

Oui, douce était le mot parfait, celui qui la représentait le plus parfaitement aux yeux d’Antonin. Fragile également, mais la douceur ne l’était-elle pas ? Il la laisse se blottir contre lui et passe ses bras autour d’elle pour mieux apprécier sa présence.

-Alors, est-ce que ça va mieux ? Sinon peut-être pourrions nous occuper notre temps autrement ?

En devenant plus intime peut-être ou…

« Antonin ! »

Qu’elle est grondante la voix qui s’apparente à celle d’une mère en colère.

-Dragon !

Pensait-il ou parlait-il ? Il ne savait plus trop, mais cela avait-il vraiment de l’importance ?

-On peut aller voir Agonie si tu veux ! Et puis on pourrait même voler !

Il allait rajouter qu’il pourrait aussi éventuellement faire d’autre chose, comme de se découvrir plus intimement. Il en avait envie, pourquoi se retenir alors qu’elle était là, presque offerte. Mais deux choses l’en empêchèrent, tout d’abord un bout de conscience trainant encore, pas tout à fait noyé sous la brume bienfaisante qui lui souffla que « non », ce n’était pas correcte, que ce serait profiter d’elle et il ne voulait pas profiter de la belle, il ne voulait pas lui faire du mal. La seconde fut le non retentissant d’une Agonie outrée qui ne voulait pas voir ladite Louison et encore moins qu’Antonin ne retente d’aller la retrouver dans la ville du pays voisin alors qu’elle se trouvait dans le périmètre.

-Sinon, je risque de t’embrasser si tu restes là, comme ça, et je ne suis pas sûre que tu aimerais ça. Parce que tu peux être sacrément séduisante avec tes jolies lèvres et ton sourire. Ce n’est pas très respectable tu vois.

Au moins l’avait-il prévenu, c’était déjà ça. Parce qu’il avait déjà envie de fourrer ses mains dans ses cheveux, et peut-être ailleurs, un peu plus bas, pour flatter la courbe de ses reins qui avait l’air de l’appeler avec insistance.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyJeu 25 Mai - 23:15

Dragon !

C’est peut-être bien ça, la voix ronchonne qui la houspille et la harcèle dans un recoin de son esprit. Comme si sa conscience avait décidé de lui remonter les bretelles ; mais elle en a assez, Quitterie, d’être sans cesse réprimandée, et cette fois elle refuse d’obéir. Fermement, elle repousse au loin les accents raisonnables de la créature – Serment, il s’appelle Serment, lui murmurent ses souvenirs, et il veille sur toi diligemment. Peu importe : Quitterie n’écoute pas, Quitterie veut oublier, Quitterie ne veut surtout pas y penser. Cela ne fait qu’apporter tout un cortège de regrets et d’angoisses, de doutes et de peurs – là, tout de suite, elle n’a pas besoin de tout ça. Ce qu’il lui faut, c’est de la nouveauté, de la découverte, de l’insouciance aussi ; pour oublier qu’elle est aveugle, qu’elle finira vraisemblablement seule, et que sa famille est un non-sens suprême car sa nièce est également sa sœur.

Un frisson d’horreur la parcourt à cette idée – qu’elle chasse résolument, dans les brumes envahissant lentement sa conscience. Dragon, oui, l’idée est tentante ! Mais il y a comme un léger souci. En se concentrant attentivement, elle parvient péniblement à remettre le doigt dessus. « J’ai pas le droit. Je peux pas voler sans mon Capitaine. Parce que… parce que… » Parce que… quoi déjà ? Un nouvel abîme de réflexion l’engouffre, et elle finit par se rappeler. « Parce que je suis aveugle ! » La logique lui semble incontestable, et c’est d’un air affirmé qu’elle hoche gravement la tête pour appuyer ses propos. Elle a un peu de mal à rassembler ses idées, depuis qu’elle s’est installée là avec Antonin – la pièce lui semble tourner un peu sous ses pieds, et un brin de nausée semble menacer. Un peu étourdie, elle s’évente d’une main, détachant l’agrafe supérieure de son corsage de l’autre. Peut-être qu’un peu d’air frais lui remettra les idées en place ? En tout cas, les bras d’Antonin autour de sa taille sont curieusement rassurants, et elle se sent mieux – une simple présence humaine près d’elle, un peu de chaleur partagée, pour chasser la noirceur de ses pensées. Un véritable ami, ce prince cloué au sol et privé de nuages ; un soutien dans ces moments difficiles, un compagnon d’infortune auquel elle peut livrer sa détresse de Chevaucheuse privée de ses ailes, car il est en position de la comprendre… Ses derniers mots, toutefois, la tirent de sa torpeur rêveuse.

« Non. Je suis pas – pas 'respectable', moi, monsieur. Je suis pas utile, je suis pas adroite, je suis pas fiable, je suis pas intelligente. Et je suis pas, je suis vraiment pas respectable. Je suis la honte de ma famille, je me suis ensauvée et j’ai dés-déshonoré mon nom, et mon père, et ma grande sœur et-et-et le reste aussi. Je suis pas respectable, d’accord ? Alors essaie pas de-de me 'respectabliser'. J’veux pas de câlin 'respectable'. » conclut-elle d’un ton véhément en calant son visage dans le cou d’Antonin avec une précision approximative.

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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyDim 4 Juin - 13:51

Elle n’avait pas le droit, mais quelle drôle d’idée. Antonin la défigure à moitié, alors que ses doigts jouent distraitement avec les cheveux de la belle, se contacte le calme. Il les trouvait d’une douceur incomparable et aurait pu se rouler dedans s’ils avaient été d’une longueur adéquate. Faute de mieux, il se contentait d’en gouter la texture du bout des doigts, son esprit volatil passant d’un sujet à l’autre, ayant des difficultés à se fixer sur quoi que ce soit. Il sentait vaguement que l’effet des drogues était trop puissant, que ce n’était pas tout à fait normal. Il aurait pu paniquer, s’il avait été assez lucide pour se rendre compte, mais déjà la torpeur engourdissait son esprit et chassait les tourments. Pourquoi alors s’angoisser ? N’était-ce pas ce qu’il avait toujours cherché, ce pour quoi il avait proposé ces substances à la jolie Louison, elle qui avait l’air si perdu et désemparé ?
Pourquoi donc s’inquiéter ?
C’était également pourquoi, il ne comprenait pas les mots qui sortaient de la bouche de Louison, il ne voyait que des lèvres pleines et gourmandes, dont il se doutait que le goût devait être un délice. Mais une dernière bribe de raison le retient de couper la parole de sa compagne et il fronce les sourcils. Trouvant absurde le fait de ne pas avoir le droit. Qu’elle ne puisse pas, passe encore, mais ne pas avoir le droit…

-On dirait que ton capitaine te prend pour un enfant…Que ta cécité t’empêche de voler… passe, mais que tu ne puisses pas car il te l’interdit…. Je ne sais pas, je trouve ça bizarre. Tu ne devrais pas te laisser faire comme ça.

C’est presque sans gêne qu’il louche sur la poitrine de la jeune femme lorsqu’elle se met à dégrafer son habits et qu’il semble y déceler quelque dentelle cachée. Il rougirait presque si la brume qui encombrait ses pensées n’était pas si pesante, engluant sa réflexion en la rendant d’une lenteur exaspérante. Il avait l’impression à la fois de ne pas être capable de penser, et de le faire trop vite pour que son corps soit capable d’en interpréter la teneur.
C’était très étrange comme sensation et sa concentration s’en trouvait grandement amoindrie. Quel piètre prince il faisait, oui cette phrase tournait, depuis qu’il avait été nommé prince, elle ne le quittait pas, mais en cet instant ce n’était qu’un vague écho désagréable qu’il était capable d’ignorer avec superbe. Il fallait dire que les atours de la jolie Chevaucheuse étaient autrement plus intéressants.
Il pince les lèvres, relève le regard avec lenteur. Il savait qu’il ne devait pas, il ne se rappelait plus pourquoi, mais il savait.

-Louison, je… j’ai très envie que tu enlèves la totalité de ton corsage, sauf que ça serait quand même pas très correct. Tu devrais pas te découvrir plus.

Vint alors la tirade de la Chevaucheuse, presque une leçon de moral. En d’autre circonstances, sans nul doute qu’Antonin aurait souri d’un air bienveillant, tachant de démonter point par point chaque élément démontré. Mais là, il n’était capable que d’acquiescer en fronçant les sourcils, hochant la tête avec une mine sérieuse et concentrée.

-Une personne qui n’est ni adroite, ni respectable, ni fiable et intelligente peut pas devenir Chevaucheur. J’veux dire les dragons, eux, ils savent ce qu’on a dans le cœur, ils choisissent pas n’importe qui ! Et et et…. Tu sais au moins ce que ça veux dire un câlin pas respectable ?

Son regard se fait d‘un coup plus pressant, il n’était qu’un homme après tout, en compagnie d’une demoiselle fort charmante et désirable. S’en rendait-elle seulement compte ?

-Arrête de te comparer aux autres et d’y voir un reflet déformé ! Si tu étais tout ce que tu dis, jamais je ne me serais intéressé à toi et jamais on n’aurait continué à se voir et on n’aurait pas été amis. Conclut-il satisfait.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyDim 11 Juin - 15:30

Boudeuse, la Chevaucheuse tortille entre ses doigts le tissu de la chemise d’Antonin, bougonnant sur les genoux cet homme qui n’est, après tout, que le prince héritier du trône impérial de Faërie. En temps normal, elle se serait évanouie de honte, ou cachée sous le tapis, ou aurait fui par la fenêtre ; mais là, tout de suite, elle a juste envie qu’on s’intéresse un peu à elle, à son chagrin, à sa petite vie, à sa misérable personne qui passe si souvent inaperçue. Juste besoin qu’on s’occupe un peu d’elle, égoïstement, avec ce sentiment d’injustice enfantin. Comment le concilier avec la certitude de ne rien valoir ? Difficilement, d’où le conflit perpétuel dans l’esprit de la Chevaucheuse, ces questions qui s’enchevêtrent, qui se bousculent, qui font mal et qui hurlent.

Au moins, Antonin, lui, semble lui donner de l’attention – la voir comme une Chevaucheuse potable, comme une amie fiable, comme… comme une femme désirable. Le rouge lui empourpre les joues à cette pensée, mais une part d’elle se sent un peu flattée de l’intérêt que lui porte son ami. Elle a si peu l’habitude de l’attention des hommes ! Autour d’elle, parmi ses connaissances de l’Académie, les fréquentations de la Taverne de la Rose, ou même ses camarades Chevaucheuses, les mariages fleurissent et les bébés suivent. Par moments, Quitterie se demande si elle n’aurait pas… tout simplement, raté sa vie. Quand elle se compare aux autres, elle peine à discerner son utilité : incapable de voler seule, destructrice de tours et autres éléments architecturaux fragiles… À quoi sert-elle, au juste ? N’aurait-elle pas mieux fait de rester en Bellifère, et de mener la vie qu’on lui aurait choisie… ?

Elle n’a pas besoin de tous ces doutes, actuellement ; sa cécité désormais totale est bien assez préoccupante, tout comme l’arrivée imprévue d’Éponine et la vérité sur la nature des relations qu’entretiennent son père et sa sœur… Chassant tous ces propos d’une main un peu hagarde, elle se concentre sur Antonin qui lui dit des choses… gentilles. Ça non plus, elle n’a pas trop l’habitude, et c’est un baiser plein de gratitude qu’elle dépose au jugé sur la joue de son ami. Son ami. Elle a un ami. Un vrai. « Je trouve qu’on devrait faire des trucs d’amis. Non ? Genre là… tu vois… on nous empêche de sortir. Hé bah, on a qu’à sortir, quand même ! Comme ça tu peux me montrer ton palais. Parce que toute seule je vais me perdre dedans. Y’a sûrement des coins où on sera tranquilles, non ? C’est quoi, ton endroit préféré ? »

Un endroit où elle aurait moins chaud, peut-être. Parce que, là… Machinalement, elle achève de dégrafer son corsage et le retire, se rappelant après coup des paroles d’Antonin à ce même propos. Du doigt, elle lui indique les portions de tissu restantes, toutes de dentelles cielsombroises offertes par son admirateur anonyme. « T’inquiète pas, hein. Regarde, j’ai encore ma chemise – et en dessous, mon corset. C’est très – convenable. » Elle hoche très doctement la tête pour souligner ses mots, envoyant d’une pichenette le vêtement délaissé sombrer entre le mur et une commode. C’est sûr qu’avant de déshabiller une Belliférienne, il faut venir à bout d’un empilement extravagant de pellicules de tissu superposées, alors Antonin est en sécurité. Il ne risque pas d’être assailli par… par… par un débraillement scandaleux. Idril la garde de dépraver le digne prince héritier de Faërie ! Il ne manquerait plus qu’elle en vienne à exercer sur lui une mauvaise influence… !

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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyVen 14 Juil - 9:09

Un endroit qu’il aime ? Antonin caresse du plat de la main le velours de son accoudoir, préférant cela plutôt que de s’égarer sur la peau d’une Louison tout à fait débraillé. Il aurait dû, il en avait envie, d’une façon. Mais il avait peur aussi de faire une bêtise, d’en profiter, profiter de quoi au juste ? Antonin n’était pas capable d’y répondre, comme il savait qu’il ne devait plus se laisser aller ainsi à cajoler les donzelles, à cause d’un certain incident, cependant, de là à y mettre des couleurs et des formes précises…non vraiment la réponse lui filait entre les doigts et seuls les yeux froids et accusateurs de son père l’empêchaient de céder à la tentation. Ca et l’idée que la jeune demoiselle puisse le regretter après coup, qu’elle ne vienne plus lui rendre visite, elle, le petit chaton effarouché qu’il avait réussi tant bien que mal à apprivoiser, elle dont la voix trouvait écho dans son cœur meurtri.


Le prince se réadosse confortablement dans son siège, laissant le loisir à Quitterie de reprendre son équilibre sur lui ou de partir s’installer ailleurs. Cette proximité lui était agréable. Une chaleur humaine qu’il n’avait plus eu le loisir de se gorger depuis une éternité lui semblait-il. Tout ce faste n’était que des décorations d’une froideur effrayante, rien qui puisse sustenter un cœur. C’est donc avec un petit sourire qu’il répond à Louison, laissant planer un mystère inexistant entre eux. Sa pièce favorite ? Ici ? Il n’était pas sûr d’en avoir, il ne s’était pas encore approprié les lieux. C’était loin de la demeure familiale qu’il affectionnait tant, puis, il lève doucement la main qui jusqu’alors trouvait du réconfort sur le velours, il l’a ferme et la monte à hauteur du visage de Louison, pour relever son index et montrer le plafond, lui offrant une mine mutine.

-Il n’y a que dans les cieux que je me sens chez moi.

Auprès d’Agonie qu’il aurait pu rajouter. Cette dernière s’en serait sentie flattée, mais sa présence se faisait discrète dans cet esprit embrouillé qui était désormais le sien, comme parasité.
C’est un peu distraitement qu’il observe le corset tomber, tomber, tomber, comme si le temps s’était ralenti. Ce n’est que lorsque ses yeux remontent pour rencontrer la dentelle et d’autres couches d’habits qu’il semble prendre la mesure du geste de Quittou. Il aurait pu en rougir, mais son esprit s’était envolé dans les nuages, il ne put s’empêcher cependant de siffler de façon fort peu élégante et inappropriée pour un prince.

-Jolie dentelle soit dite en passant.

Puis il se lève, profitant de ce que la belle lui ait libéré les genoux. Il aimait la sentir tout proche, mais c’était quand même plus commode pour se mouvoir. Il regarde la pièce un instant perdu dans une hébétude abrutissante. Puis la porte lui murmure ce pour quoi il s’était d’un coup enlevé à l’étreinte doucereuse de son fauteuil.

-Bien, puisque tu veux visiter, visitons. Allons rejoindre les nuages !

Il lui propose sa main, Antonin, à la jolie Louison. Attendant qu’elle s’en empare pour qu’il puisse la mener dans le labyrinthe de couloirs, par les passages détournés et indivisibles aux yeux des méchants gardes si prompts à colporter et empêcher de tourner en rond. Ainsi, il la mènerait vers la tour, vers le ciel, à la rencontre de ses ailes au nom terrifiant, mais qui lui apportait tellement.
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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyMer 19 Juil - 22:38

Il aime ses dentelles ! Il les trouve jolies ! Ces dentelles pleines de fanfreluches qu’un mystérieux admirateur lui envoie à intervalles réguliers depuis des mois, et que Calico prend un vif plaisir à lui chaparder quand elle en a l’occasion. Ces dentelles affriolantes qu’en temps normal elle refuserait tout net de porter – ou alors sous une couche suffisante de vêtements pour assurer qu’elles demeurent hors de vue. Ces dentelles si douces au toucher, qui épousent confortablement ses formes – avec une telle précision que la Chevaucheuse se demande parfois de quelle manière l’inconnu qui la couvre de ses attentions a bien pu prendre ses mesures aussi précisément. Flattée par le commentaire de son ami, Louison affiche un sourire un peu évaporé, réalisant avec un peu de retard qu’il s’est levé et qu’il l’attend sûrement. Battant des bras comme un moulin à vent pris de folie, elle finit par repérer l’endroit où il se trouve, et agrippe sa main au jugé. « On y va alors ! Vers le ciel ! Et, et, et les nuages ! Et les, les oiseaux ! » Et tout le reste de ce qu’il y a dans le ciel, oui, absolument.

Quand elle aura repris ses sens, elle se demandera sûrement comment le personnel du palais a pu laisser errer en liberté un prince visiblement pas très frais et une aveugle débraillée clairement pas en possession de toutes ses facultés ; mais pour le moment, Quitterie est pleinement satisfaire de tituber à la suite d’Antonin, trébuchant sur tout ce qui se met en travers de son chemin, ignorant résolument la consternation de Sayam et la désapprobation de Serment. Elle en a assez, la petite Belliférienne exilée, de laisser les règles édictées par autrui régenter sa vie. Elle a besoin de liberté, de s’évader, de… de respirer. A pleins poumons, sans stress, sans toute cette pression permanente qui l’oppresse depuis qu’elle a compris qu’elle n’y verrait jamais plus – que pour elle, c’était terminé, les ténèbres seraient désormais tout son univers.

Alors elle suit Antonin, confiante dans la promesse de liberté qu’il incarne, grimpant escalier après escalier à sa suite, traversant pièces et couloirs au trot, escaladant même sans ciller le parapet du rempart de la plus haute tour, avançant en titubant sur ce qui est certainement… le toit du palais. Il lui a fait retirer ses chaussures qu’elle a gaiement balancées elle ne sait trop où, et le contact des tuiles larges sous la plante de ses pieds la fait glousser, tant c’est inhabituel. C’est calme, ici, en hauteur, loin de brouhaha de la ville, de l’agitation du palais – elle entend juste le bruit de la mer. « Oh… Waouh ! On est… on est bieeeeen ! Je sens le vent, Antonin ! » Le vent qui joue dans ses cheveux totalement décoiffés, qui fait danser son jupon au gré de ses souffles. Elle danse un peu aussi, Quitterie, en équilibre sur le bord du toit, sans voir où elle met les pieds, jouant avec la brise les bras grands écartés, riant comme une enfant qui savoure un loisir interdit. Elle n’a pas conscience que Serment vient de tout rapporter à Obsession, elle ne sait pas que la dragonne est en train d’alerter Rackham ; non, tout ce qui compte, c’est le plaisir de faire quelque chose d’interdit.

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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyLun 7 Aoû - 16:40

Les chemins qu’ils empruntent semblent déserts. Ils arrivent sur les toits avec une facilité déconcertante, comme si…comme si le temps s’était arrêté, il s’était dilaté et disloqué juste pour eux, une fenêtre pour leur ouvrir un passage suffisant à leur fuite vers une liberté dont ils ont été privés. Le vent claque à ses oreilles, le ciel lui ouvre ses bras et lui murmure mille promesses tandis que dans sa tête une dragonne gronde. Il la voit au loin, avec ses ailes d’un vert tendre, fendre les cieux, il devine les muscles qui se contractent puissamment à chaque battement alors qu’Agonie les rejoint et tourbillonne autour d’eux, gardienne de leur escapade et de leur sécurité. Un ballet étrange se met en place sous les rires d’une Louison aux anges.

Il s’arrache à la contemplation des rayons du soleil qui se reflétait sur les écailles pour surveiller Quittou. Il souriait bêtement en la voyant irradier d’autant de bonheur, son visage s’était relâché de sa tension habituelle, laissant apparaitre une jeune femme tout à fait différente, presque plus jeune et d’une beauté certaine. Celle là même qui avait frappé Antonin, mais qui était à peine visible derrière ces mèches qui cachaient des yeux vitreux, derrière cette tête courbée vers le sol comme si tout le poids du monde pesait sur elle.

Il se sentait bien ainsi, avec le vent qui s’infiltrait dans ses vêtements pour les agiter, sans qu’il n’y ait plus de mur pour l’oppresser, ces murs qui avaient l’air de se resserrer sur lui un peu plus à chaque minute qui passait.

Ses pieds nus sur la terre cuite des tuiles, il avait contre toute attente, un équilibre plus qu’acceptable vu sa condition. C’est sans aucun problème qu’il rejoint la jolie Louison, si ce n’était qu’il chancelait un peu, donnant à sa démarche un comique certain, dénudée de la rigidité formelle qui l’animait habituellement.
Il enserre la taille de la jeune femme d’une main, lui agrippe doucement les doigts de l’autre pour l’accompagner dans cette danse à la musique absente. Son rire se joint à celui carillonnant de Louison et ainsi ils virevoltent pendant une éternité, jusqu'à ce que les oiseaux se mêlent à la danse, que le soleil se décroche et que la lune et les étoiles s’éteignent.

Leur étreinte aurait pu durer quelques secondes comme de longue heure, il n’aurait pu le dire, il n’avait aucune notion du temps, alors que ses pas entrainent son amie sur une valse tournoyante. Il a l’impression d’être le centre de l’univers, lui qui tourne, Agonie qui les survole en sens inverse. Elle n’est pas tant en colère qu’attentive.
Après tout pourquoi être furieux, elle l’avait prévenu, il avait dit que tout irait bien, elle le croyait, du moins assez pour ne pas l’aiguillonner de ses pensées acerbes et réprobatrices, pas assez du moins pour les laisser batifoler sur un toit sans aucun chaperon.

Ils en profitent les deux amies, avant de devoir retourner à leur prison, ils sont des oiseaux élevés dans des cages dorées, incapable de voler et de rejoindre le ciel si beau et enivrant, mais pourtant terriblement dangereux. Ils se délectent de la sensation de leste des chaines invisibles qui les tiraillent d’ordinaire, plus de devoirs, de stress, de responsabilité, de cœur lourd ou de question sans réponses.

Il n’y a qu’eux, le ciel, et la dragonne qui les garde comme une mère couve ses œufs.

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Message Sujet: Re: Chassons les tourments et le désespoir.   Chassons les tourments et le désespoir. EmptyMer 16 Aoû - 20:43

Ils ont dansé, sur le toit du palais, suspendus au-dessus du monde. Elle a presque la certitude, Quitterie : elle se rappelle vaguement avoir flotté, dans la plus parfaite sérénité, à l’abri entre les bras d’Antonin, loin des peines et des chagrins du quotidien. Elle a oublié sa cécité, elle s’est exclamé avec ravissement pouvoir à présent entendre les couleurs – et ça faisait sens, obscurément, dans ce brouillard dense qui jetait le flou sur ses pensées.  C’était un moment de paix, de calme et de bonheur, débarrassée des chaînes cruelles du malheur – mais évidemment, cela ne pouvait pas durer l’éternité.

C’est la voix de Rackham qui a tout fait voler en éclats.

Comment il est arrivé là, elle n’en sait rien et n’est pas en état de comprendre ; elle saura, plus tard, que Serment s’est ouvert à sa sœur de couvée de l’inquiétude que lui causait sa Chevaucheuse, et qu’Obsession a tout rapporté à son mage. Qu’il a pris le premier portail pour rejoindre le palais impérial, et qu’il s’est fait indiquer le chemin vers le prince et son invitée à grand renforts de hurlements et de regards glacés. Elle se rappelle de la danse soudain interrompue, de cet étau de fer qui a enserré le haut de son bras et l’a secouée comme un prunier – oh, c’est tout léger, une Louison amaigrie, au bout du bras d’un Rackham fort mécontent. Sa tête a ballotté follement, ses dents s’en sont entrechoquées, elle s’est même mordu la langue – c’est le goût cuivré de son propre sang qui lui a un peu remis les idées en place. Elle n’a pas compris grand-chose des flopées d’îlien proférées sur un ton hargneux – son Capitaine gère mal sa colère, elle le sait bien.

Elle a compris un peu du reste, toutefois. L’ampleur de sa déception, alors qu’il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour lui permettre de voler encore, y compris se charger personnellement de voler avec elle. Qu’il la savait idiote et stupide, susceptible de commettre quantité de bourdes, mais qu’il n’aurait jamais imaginé quelque chose d’aussi puéril et pathétique. Qu’elle devrait s’estimer heureuse que Serment ait été intelligent à sa place et lui permette d’intervenir avant qu’il n’y ait eu de réels dégâts corporels – et est-ce qu’elle réalisait qu’elle aurait pu se tuer, en tombant de ce toit ? Qu’elle ne volerait plus, à effet immédiat, avant d’avoir prouvé qu’elle en était digne et qu’elle avait bien compris ses fautes. Que des consignes sévères seraient laissées à Calico de cesser de se rendre complice de ses bêtises – et que d’ailleurs, il emménagerait son Familier au front, pour que Quitterie cesse de bénéficier d’une indulgence qu’elle ne méritait pas.

Qu’il ne voulait plus avoir affaire à elle, plus ou moins.

Bien sûr, le cœur de la Chevaucheuse a saigné. Oh, qu’elle a pleuré une fois rentrée, des larmes amères dans la solitude de sa chambre à la caserne, regrettant son indépendance envolée, la confiance de Rackham brisée, vautrée dans la honte et l’apitoiement sur sa propre personne. Mais plus que le reste, ce qu'elle regrette, c’étaient les heures de liberté, sur ce toit du palais impérial, à s’imaginer que ses chaînes étaient brisées.

Est-ce qu’elle pourra seulement revoir Antonin un jour, lui dont la seule faute a été de lui manifester un peu d’amitié ?
Si elle devait perdre son seul ami, après avoir déjà rompu la confiance de son Capitaine et sacrifié ses ailes au passages, elle ne s’en remettrait sûrement jamais.

Jamais.

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