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 La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.

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Message Sujet: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyLun 13 Mar - 14:25


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Gustave de Faërie & Antonin de Faërie

La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.

Le mensonge a l'air tellement plus réconfortant.



• Date : 11 février
• Météo : Bruineuse
• Statut du RP : Privé
• Résumé :
Antonin revient de son escapade de Lorgol, il demande à être reçu par son père pour le mettre au courant de la situation, bien conscient d'avoir dépassé les bornes, et ainsi évité, voir anticipé les potentiels répercussions que cela pourrait avoir.
• Recensement :
Code:
• [b]11 Février 1002:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1867-la-verite-et-la-redemption-ne-semblent-pas-toujours-compatibles#56384]La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.[/url] - [i]Gustave de Faërie & Antonin de Faërie[/i]
Antonin revient de son escapade de Lorgol, il demande à être reçu par son père pour le mettre au courant de la situation, bien conscient d'avoir dépassé les bornes, et ainsi évité, voir anticipé les potentiels répercussions que cela pourrait avoir.



Dernière édition par Antonin de Faërie le Lun 13 Mar - 14:26, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyLun 13 Mar - 14:25

C’est penaud qu’il est rentré à Alfaë, le prince, n’en montrant rien à l’extérieur, se protégeant d’un masque stoïque, mais rongé de l’intérieur. Ce qu’il avait fait n’était nullement excusable, il se sentait déjà bien assez coupable pour les petits plaisirs auxquels il s’abandonnait dernièrement, mais là…ça avait dérapé et dépassé sans commune mesure tout ce qu’il avait pu imaginer. Il avait fait son possible pour être le plus discret possible, rentré sans provoquer de remous. Mais son statut attirait les regards aussi surement que le miel, les abeilles. C’était compliqué, pas impossible, la guerre rendait cependant l’entrepris encore un peu plus ardu, un peu plus dangereuse même.
Il avait beau se flageller de l’intérieur, retourner la situation dans tous les sens, se poser des questions, tout cela ne servait qu’à apposer un voile sur ses plaies à lui cacher une vérité qu’il se refusait d’admettre.
Ironique pour un mage de vérité.
Il travaillait trop, il se tuait à la tâche, il se rendait malheureux, il ne voulait pas de cette nouvelle vie si éreintante, si cloisonné qu’elle lui en avait arraché ses ailes. S’il avait pris le temps de s’écouter, de s’ouvrir, de s’affirmer, sans doute que rien ne paraitrait autant insurmontable, que la montagne infranchissable prendrait des allures d’une simple pente un peu glissante.

Il s’était crée sa prison seul et ça aussi, il se refusait à le voir. N’osant faire la moindre demande à son père, ne voulant pas le déranger dans l’entreprise qui était la sienne, ne voulant le décevoir par ses requêtes. Enfant stupide qu’une froideur parentale, n’ayant rien à voir avec lui, avait biaisé sa vision du monde.
Le portail crépite devant ses yeux qui s’abiment dans cette contemplation, il se blâme toujours, mutilant son cœur pensant y trouver la rédemption.

Ce n’était pourtant pas grand-chose, mais dieux qu’il s’en voulait. Plus ses pas l’avait éloigné de la couturière, plus il avait réfléchis, plus le poids s’était attaché à ses chevilles.
Quand il franchit le portail pour rejoindre le palais impérial, il se sentit un peu mieux, allégé. Oui, ici était sa place, mais malgré tout il devrait en référer à son père. Il ne savait pas qui l’avait vu, il ne savait pas ce qui avait été interprété, lui à Lorgol, batifolant avec une cielsombroise. Lui le prince, un outreventois. Il y avait trop à en dire, trop à en déduire, trop de venin à cracher pour qu’il se risque à vouloir cacher l’affaire et qu’elle ne s’évente auprès de l’empereur, son père. Il ne pouvait s’y risquer, ni même s’y résoudre.

C’est donc en trainant les pieds et la mort dans l’âme, se parant toujours de ce masque qui lui allait si peu, qu’il se dirigea vers les appartements de son père. Il avait demandé à ce qu’on prévienne Gustave de Faërie, dès qu’il était rentré, qu’il voulait le voir. Il savait que son père le recevrait, c’était qu’il ne demandait pas souvent à abuser du temps de son père lorsqu’il était en train de travailler.
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyVen 17 Mar - 21:52


J'étais inquiet.

Inquiet pour ma famille. Je les avais embarqué dans ma conquête et maintenant que j'avais atteint mon but, j'étais bien trop préoccupé par les affaires de l'empire pour m'occuper de ma descendance. Armandine semblait bien s'y faire, même si le fait de devoir faire une alliance politique devait l'inquiéter. Mais elle avait été élevée comme une princesse et savait que c'était là son devoir. Quant à Antonin... C'était lui qui m'inquiétait en cet instant. Les rapports le concernant n'étaient pas des plus réjouissants. Mon héritier ne semblait pas se faire à son nouveau statut et il avait utilisé un portail jusqu'à Lorgol. Puisque je ne pouvais toujours être physiquement présent pour mes enfants, je faisais en sorte de toujours les garder à l’œil. Le réseau d'espions royaux était plutôt bon. Celui de l'Ordre également. A Lorgol, c'était plus compliqué. C'était le fief de la Cour des Miracles, ces voleurs, assassins et espions de haut vol. Mon fils semblait être perdu. Et faire des choses qui compromettait son statut de prince héritier amené à devenir empereur un jour.

Et pourtant, il était là, au palais. Mon fils. Pour quelles raisons au juste ? Quand on m'annonça qu'il était à Alfaë, je l'attendis dans mes appartements, en toute intimité. Le prince désirait-il s'entretenir avec l'empereur ou le fils au père ? J'espérais la seconde option, cela faisait bien longtemps que nous ne nous étions pas vraiment parlés... Mais l'avions-nous jamais fait ? La naissance d'Antonin s'était faite dans des circonstances peu favorables. Des années dont je n'aime pas me souvenir alors que ma femme me battait froid et que notre famille n'avait rien d'idéale. Cela avait fini par changer, fort heureusement.

On frappa à la porte et mon fils apparut devant moi. Je me levai pour l’accueillir, allant au devant de lui pour une accolade affectueuse. Oui, j'avais eu vent de ses aventures, de ses frasques, qui ternissaient son image et la mienne. Allait-il m'en parler ? Allais-je entamer la discussion en abordant le sujet, pour tout de suite régler le problème ?

« Antonin, quel plaisir de te voir. »

Vraiment. Il avait grandi cet enfant sérieux et studieux, qui ressemblait tant à sa mère. Il était grave en cette heure. Et... A fleur de peau quelque part. Je l'avais délaissé. Moi, j'avais enfin ce que je désirais, mais qu'en était-il de mes enfants ? Lauriane était heureuse elle aussi, épanouie dans son rôle d'Impératrice. Elle était ambitieuse. Pas Antonin.

« Quel bon vent m'amène mon jeune Prince ? »

Rien n'était anodin dans mes paroles. Parle-moi mon fils... Parle-moi.

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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyDim 19 Mar - 16:34

« Quel bon vent m'amène mon jeune Prince ? »

Antonin ne s’était pas attendu à avoir un accueil si chaleureux. Que son père ne soit pas au courant de son escapade était impensable. Il le connaissait, assez pour se rendre compte de cette tendance obsessionnelle du contrôle, un tempérament qui lui avait valu sa place d’empereur. Il ne laissait rien entre les mains d’Omen. Plissant les lèvres, le prince en est toujours à réfléchir comment amener son histoire, comment lui avouer son incartade sans tout dire. Comment lui expliquer ce que des murmures avaient susurré dans l’oreille de leur empereur.
Aussi respectueux et admiratif de son père qu’il puisse être, c’était aussi justement pour ça qu’il ne pouvait tout lui dire. Comment avouer, à cet homme qui était aussi intimidant qu’aimant,  qu’il avait cédé à la tentation des plaisirs cielsombrois, jusqu'à lui en faire perdre la raison ? Ce n’était pas possible, il ne pouvait pas le décevoir, il n’en avait pas le droit. Ses lèvres se plissent, alors qu’il grappille quelques secondes encore avant de parler et que le silence n’en devienne gênant.

-Je pense que tu dois déjà être au courant père.

Et ce n’était certainement pas un vent de bonne augure comme son géniteur avait eu la délicatesse d’amener le sujet.

-Je viens m’excuser pour le trouble que j’ai pu provoquer, comme tu as pu le remarquer, j’ai…pris la liberté de passer la soirée à Lorgol. Cependant, ce n’était certainement pas la plus sage des décisions à prendre surtout vu notre situation actuelle et je me rends bien compte que cela pourrait provoquer de potentielle retombée… assez néfaste.


C’était déjà une bonne entrée en matière, mais Antonin savait que cela ne satisferait pas son père, qu’il voudrait en savoir plus. Comme il savait qu’il serait impératif de lui parler de Liselotte Passefil. Elle venait du royaume ennemi, elle était de Sombreciel, et il avait flirté bien trop ouvertement avec elle pour qu’il se permette de taire cette rencontre et ses agissements. Il n’était simplement peut-être pas obligé de tout décrire avec force détails et explication. Même le plus digne adorateur de Lévor avait droit à une vie privée et des secrets… donc lui aussi pouvait en avoir, non ?
Alors qu’il se démenait pour arrondir les angles tout en étant en accord avec sa conscience, père et fils se dirigent vers le cœur des appartements de l’empereur, pour y trouver des quoi s’installer plus confortablement. Ils ne sont pas dupes, l’un comme l’autre sait que la conversation ne risque certainement pas de s’arrêter à ces quelques misérables explications. Autant être à l’aise pour la suite d’un spectacle qu’Antonin attendait avec réticence.  

-Surtout que je n’ai pas vraiment pris de précaution quant à ma discrétion… et je crains que cela ne provoque quelques rumeurs fâcheuses. Je me devais donc de t’en tenir informé.

Il préfère s’arrêter là le jeune prince avant de n’en dire trop. Installé qu’il était dans un siège, le dos droit et ses mains posées l’une sur l’autre sur ses cuisses. Il appréhende que son père ne commence à lui poser des questions, il savait qu’il y répondrait, il ne savait juste pas encore comment.

Il attend que le regard qui le scrute prenne une décision à son sujet et il n’aime pas ça.
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyVen 7 Avr - 16:16


Faire semblant de ne rien savoir était un excellent moyen d'obtenir des aveux. Et de tester les gens qui pouvaient m'entourer. Je ne me fiais pas à grand monde, mon parcours m'ayant apprit, que, malheureusement, la trahison était partout. J'aurais du être plus confiant en ma famille. Les bêtises d'Antonin étaient des erreurs de jeunesse. Mais elles pouvaient prêter à conséquences... De graves conséquences. Mon fils, mon héritier, ne pouvait se permettre de se laisser ainsi aller et voir son comportement ainsi lui échapper. M'échapper pour être plus précis. Il serait empereur un jour et il devait être irréprochable. Que jamais la faiblesse ne s'empare de lui et ne puisse être décelée. C'était ce qui avait mené Chimène à sa perte. Était-ce là un trop lourd fardeau pour mon fils qui avait toujours fait ma fierté par son sérieux et son application ? Que lui avait-il donc pris ? Antonin ne me fit pas l'affront de me mentir ou de chercher à me dissimuler quoique ce soit. Sa présence en ces lieux avait donc bien un rapport avec son comportement et il venait m'en informer, ou plutôt, s'en expliquer.

Je me contentai de hocher la tête, n'ajoutant rien, tandis que mon fils me présentait ses excuses.

« En effet, cela pourrait avoir de sérieuses conséquences, Antonin. »

Je me tus sur cette approbation assénée d'une voix sévère. J'étais un père bienveillant, du moins, il me semblait. J'adorais mes enfants et voulais le mieux pour eux. Ayant été abandonné par mes propres parents, sur des conseils stupides et arriérés, j'avais pris garde à ce que ma famille soit la plus unie possible. Sans que cela ne soit parfait, bien évidemment. Mais mes deux enfants s'entendaient bien et se parlaient. C'était déjà beaucoup. Ma fille était très proche de moi, davantage que de sa mère. Et Antonin... Malheureusement, les premières années de notre fils avaient été difficiles alors que sa mère me battait froid pour mon comportement à son égard. Cela s'était arrangé ensuite mais... le petit garçon avait-il senti ce climat tendu et hostile dans sa prime enfance ? Il n'en avait jamais parlé. Et si j'étais fier de lui et l'avais encouragé dans les moindres pas de sa vie, je n'étais pas aussi proche de lui que je ne l'étais de sa sœur. Il était sur la réserve et secret.

J’entraînai mon fils dans mes appartements, à l'abri des oreilles indiscrètes, alors que la conversation risque d'être désagréable. Mon visage s'est quelque peu refermé. Si j'étais avenant en le voyant arriver et sincèrement heureux de pouvoir l'étreindre, désormais, j'exigeai des comptes. Et je serai intransigeant. Davantage avec lui qu'avec quiconque. Et comme le jeune homme qui se tient devant lui, nerveux, semble jeune et fragile en cet instant, face à son père... Son empereur. Comme le passé vient le harceler avec force en lui rappelant d'autres conversations, avec un enfant au regard sérieux... Mais la nostalgie n'a pas lieu d'être. Alors la voix s'élève, sévère :

« Tu le devais effectivement. Pourquoi es-tu allé à Lorgol, Antonin ? Pourquoi t'es-tu encanaillé là bas ? Pourquoi avoir prit cette décision idiote ? Tu es prince désormais et le moindre de tes faits et gestes et observé et rapporté. Souvent déformé et amplifié. Nombreux sont nos détracteurs et s'ils peuvent salir notre nom, ils le feront sans l'ombre d'un remord. Ma position sur ce trône est fragile. J'ai besoin de soutien. Surtout de celui des miens, en qui je dois pouvoir avoir confiance. »

Je sous entendais très clairement que ma confiance en lui était sérieusement branlante et qu'il n'était plus vraiment un soutien pour notre famille par son comportement puéril.

« Tu sais tout cela. Tu es jeune, pas idiot. Et pourtant, tu t'es exposé aux commérages. Explique-toi. Et sois sincère. N'oublie aucun détail. Je sais bien des choses mon fils et je détesterais découvrir que tu m'en caches. »



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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyLun 10 Avr - 16:02

Les reproches attendus ne tardent pas à pleuvoir. Magnanime et impitoyable, son père l’avait toujours été et Antonin le savait pertinemment. Il avait la carrure d’un empereur et ce n’était pas en gagatisant stupidement devant ses enfants qu’on le devenait. Par contre, ce qu’il n’avait clairement pas prévu avait été la gifle assenée par la remise en doute de sa loyauté. Il avait toujours, minutieusement, religieusement, suivis les traces de son père pour assurer ses arrières, protégeant Armandine, se battant pour l’Ordre, pour leurs idéaux.

N’était-ce pas trop dur que d’en venir à cette extrémité, que de remettre en doute la confiance qu’il pouvait mettre sur son propre fils ? Les yeux, rabaissés par la honte, balaient la pièce une vague seconde, remettant de l’ordre dans ses idées, s’accrochant à l’esprit carnassier de la reine qui le revendiquait avec un acharnement de tous les instants. Il avait été prêt à se faire sermonner, à se faire humilier alors que son père aurait montré du doigt ses faiblesses. Pourtant, il n’avait pas à l’accuser aussi injustement.
Antonin était prêt à prendre ses responsabilités, il ne se serait jamais présenté à son père en espérant la clémence de sa part. Il ne le lui en aurait jamais donné de toute façon. Cependant, en tant qu’héritier, ne devait-il pas aussi revêtir une armure et s’insurger si son père commençait à devenir aveugle ?
Le jeune homme respire et se force à se calmer. Revêtant un masque illusoire, encaissant et laissant sa mine ne pas s’assombrirent davantage, alors que son cœur saignait.

-Si j’ai fait des erreurs et que je suis parfaitement conscient des possibles retombés néfastes, ce n’est pas pour autant que tu dois douter de moi. Tu devrais le savoir.

Comme un enfant, il avait envie de lui balancer ses propres égarements à la figure, mais une partie de lui refusait d’admettre que son père ait pu en avoir. Comme cette guerre absurde et insensée qui faisait éclater le continent pour tuer des innocents, ou encore les sombres histoires accompagnant sa prise de pouvoirs. Il n’était pas d’accord avec tout ça, mais une voix réussissait à donner sens à chaque détail dérangeant, si bien qu’il se voilait la face avec une efficacité redoutable, dénigrant volontairement son ressentit.

Les questions sont des pièges difficiles à éviter. Pas impossible du moins. Qu’elles soient posées par sa conscience ou par son père. Surtout quand la vigilance d’un dragon caractériel se fâche qu’on traite son protégé de la sorte. Gardienne attentive, depuis la viré d’Antonin à Lorgol, elle s’était faite bien plus invasive, mais en cet instant, elle représentait un support bienvenu. Il permettait au petit prince de ne pas flancher, de ne pas céder à ses instincts infantiles pour simplement se recroqueviller en balbutiant des excuses minables. Non, il ne voulait pas de ça.

- … Pour le reste… Je…J’avais besoin de prendre l’air, d’une pause. Comprends, quoique je fasse ce n’est jamais assez, je n’ai pas le temps pour faire le quart de ce que je devrais. Étudiant, Mage, Chevaucheur, Prince, je crois que…j’avais juste besoin de mettre ça de coté pour une soirée. Aussi stupide cette idée fut-elle.

Sans mentir, il ne disait pas toute la vérité, mais comment le pouvait-il ? Antonin détestait devoir admettre devant son père son incapacité à tout gérer. Comme de devoir cacher sa prise de drogue à son père, il se disait qu’il avait droit à une vie privé, même devant son père, mais lui cacher une accoutumance aussi dangereuse que celle qui était la sienne...était-ce vraiment raisonnable ?
Pourtant, il n’était pas prêt à assumer, ni à parler de sa faiblesse, l’un découlant de l’autre, ouvrant la porte sur son inutilité. Il ne voulait pas que son père se détourne définitivement de lui, qu’il ouvre les yeux pour se rendre, finalement, compte que son enfant n’était qu’un usurpateur. Qu’il n’avait rien de l’homme qu’il aurait voulu avoir comme fils. Antonin était terrifié à cette idée, même si Armandine lui avait souvent répété qu’il se faisait des idées, qu’il valait mieux que ce qu’il pensait, il n’arrivait pas à la prendre au mot.

-J’y suis allé en sommant un mage des portails, je suis revenu de la même façon. Je suis arrivé dans l’une des tours de la ville, pour y rencontrer, à son pied, Liselotte Passefil, une Ibéenne, Cielsombroise. C’est une femme que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer, j’avais eu recours à ses services de couturière pour offrir des robes à Armandine… Elle m’a accompagné un moment et puisqu’il semblait être trop tard pour recourir de nouveau à un mage et repartir …Elle m’a hébergé pour la nuit…

Ho oui, il allait en prendre pour son grade, son père allait littéralement le détruire, le déchiquetant morceau par morceau, analysant le moindre fait et le lui enfonçant dans le crane avec violence pour que plus jamais, jamais, il ne recommence. Ca il le savait, comme il savait mériter ce qui allait suivre. Il se permettait de lui cacher ses dérives, mais il ne pouvait se permettre que d’autre lui livre le récit de cette soirée.
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyMar 25 Avr - 17:29


Mes paroles étaient dures sans doute. Trop. Mais Antonin était un adulte désormais, plus un enfant, il n'avait pas besoin d'être couvé. Il devait faire face à ses devoirs et assumer ses responsabilités. Et les conséquences de ses erreurs. Et voilà qu'il s'insurge mon fils. Bien. Un regain d'énergie et de fierté. Il en aura besoin à l'avenir.

« Je doute de ton jugement, Antonin. »

Il marqua une pause, observant son héritier, avant de soupirer :

« S'excuser et reconnaître ses torts est une bonne chose. Mais les anticiper et se raisonner pour ne pas les commettre est davantage appréciable. Tu ne m'as pas habitué à ce genre d'égarement, mon fils. »

Et au delà de la colère et de la stupéfaction, il y avait de l'incompréhension de ma part et une vague inquiétude. Voilà qu'Antonin commençait à commettre des erreurs dangereuses, alors qu'il avait toujours été un fils exemplaire qui avait à cœur de bien faire et de faire notre fierté. Devais-je en être alarmé ? Tout le monde commettait des erreurs... Ce n'était peut-être rien. Juste le besoin d'évasion d'un jeune homme ayant trop de pression. Mais justement, le bien-être de mes enfants m'importait réellement. Mes ambitions étaient devenues les leurs, par la force des choses. Je n'avais pas eu de problèmes avec Lauriane, qui était plus que ravie d'être impératrice. Armandine semblait bien vivre son statut de princesse. Antonin... il était bien davantage secret et ne s'était plus confié à moi depuis fort longtemps...

Je le poussai alors dans ses retranchements. Je connaissais suffisamment Antonin pour savoir que le faire culpabiliser sur sa conduite était plus efficace qu'une simple colère. Lui qui avait à cœur de nous rendre fier ne supporterait pas que cela change. Et il s'ouvrit un peu à moi, m'avouant avoir eu besoin d'air, tout simplement, alors que la pression se faisait trop forte sur ses jeunes épaules. Je plissai les yeux en l'observant, cherchant à savoir si c'était la vérité ou un habile mensonge. J'en conclus qu'il était sincère.

« As-tu des difficultés à gérer tous tes devoirs, Antonin ? Est-ce que je t'en demande trop ? »

Possible... Il avait raison. Il était beaucoup de choses. Il accumulait beaucoup de rôles. Et tous n'étaient pas faits pour fonctionner ensemble. Devenir Prince exigeait de lui une éducation plus poussée. De nouveaux cours. Lourds, abrutissants.

« Pourquoi ne pas m'en avoir parlé avant de te sentir dépassé et de commettre cette erreur ? »

J'aurais pu comprendre... Mon fils n'avait-il donc pas suffisamment confiance en moi pour se livrer à moi ? Les années avaient-elles donc creusé un gouffre infranchissable entre lui et moi ? N'étais-je que l'empereur à ses yeux et plus le père ? Avais-je raté quelque chose dans son éducation, dans sa vie ? Autant de questions qui m'assaillaient au simple aveu de son malaise. Mais la suite balaya mes doutes l'espace de quelques instants alors qu'il m'avouait avoir passé la nuit avec une couturière Ibéenne... Je poussai un long soupir affligé et las. Avant que mon expression ne se durcisse et ma voix se fasse plus froide :

« Bon sang Antonin... De toutes les femmes que tu pourrais avoir, il a fallu que tu choisisses une Ibéenne... Une cielsombroise qui plus est ! Je n'ose imaginer ce qu'elle a pu t'enseigner. Les cielsombrois sont dépravés ! Et drogués jusqu'à la moelle et... »

Je m'interrompis net, avant de le regarder avec sévérité :

« J'espère que tu ne t'es pas essayé à leurs pratiques, Antonin ! »


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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyDim 7 Mai - 16:36


Impitoyablement, son père avait choisi ses mots pour que la culpabilité balaie toute velléité de rébellion. Il doutait de son jugement, que dire de plus ? Comment s’offusquer alors qu’Antonin ne pouvait que comprendre ses mots ? Ce qui le blessait d’autant plus.

Il ne savait que répondre à son père, est-ce qu’on lui en demandait trop ? La question n’était-elle pas plutôt « es-tu capable d’assumer tes devoirs » et cette distorsion, cette question sous-jacente qu’il croyait voir dans les propos de Gustave le terrifiait. Il ne pouvait pas se montrer inapte, quel serait son rôle autrement ? Que répondre ? Qu’il était dépassé, que ses heures de sommeil se comptaient sur les doigts d’une main tant il voulait en faire, que seul la torpeur amenée par des herbes réussissait à l’emporter dans les bras de Niobé ?
Qu’il avait besoin de voler, mais que cela l’amputerait d’un temps salutaire à parfaire sa formation pour être digne du rôle qu’on attendait qu’il endosse ? Ses lèvres se pincent alors qu’il croule sous les interrogations, que la confusion l’ensevelit sans qu’Agonie ne puisse l’aider d’aucune sorte. Pour elle, le monde était si simple, si limpide, il voulait s’emparer de cette vision pour la faire sienne, mais il ne pouvait que faire semblant, lui donnant le temps de paraitre en public avec l’allure de ce qu’il devait avoir.
Mais voilà, ce n’était qu’une honteuse imposture, sans elle, sans le masque, il n’était rien.

-Tu n’en demande pas trop… Il me faut simplement du temps.. pour m’adapter.

C’était sans doute cela, pensait-il alors qu’un claquement septique retentit dans son crane, désapprobation d’un Agonie qui ne se voilait pas la face. Comment son père ne pouvait-il pas se rendre compte que son fils voyait plus de précepteurs dans sa journée que les rares minutes qu’il prenait pour se reposer ? Pire, comment Antonin lui-même ne le voyait-il pas ? S’entêtant, se voilant la face, allant jusqu'à se droguer pour fuir une réalité qu’il avait lui-même transformée en cauchemar.

-Ca ne me semblait pas assez important pour te déranger, sans doute…

Il était empereur après tout. Devoir écouter les doutes de son fils était un superflu dont il n’avait pas besoin. Surtout si cela devait lui ouvrir les yeux quant au fait qu’Antonin n’était pas apte à la grandeur dont il le vouait. De cela, le petit prince en avait une peur viscérale, comme un enfant qui craignait l’abandon. Après tout, il avait toujours dû se montrer digne de leur amour, le leur prendre, car tel était les choses, s’il s’avérait qu’en réalité il n’était plus digne de celui-ci, alors que lui resterait-il ?

« Moi »

Agonie s’effaça aussi vite qu’elle était arrivée. Gardienne d’un esprit qui se paralysait de lui-même par des broutilles, selon elle. Et pourtant son intervention fut comme un baume qui apaisa instantanément l’angoisse bloquant douloureusement sa poitrine. Oui, il l’aurait toujours, de cela, il en était certain.

-Père, il n’y a pas eu d’enseignement qui tienne. Ce n’était qu’une nuit et pour y dormir.

Même si lui-même avait toujours du mal à se convaincre de cela. La peau de la jeune femme contre la sienne émoustillait toujours ses songes à l’occasion.
La dernière demande de son père lui hérisse les poils de la nuque pourtant. Comment lui répondre honnêtement, alors qu’il s’adonnait régulièrement à se détendre en ayant recours à leur méthode de « drogué ». Comment le lui dire sans que son regard ne se charge d’un mépris cruel ?
Impossible.

-Ai-je l’air d’avoir recouru à la moindre de leur pratique, il est tôt, et a part le remords, y voyez-vous la moindre séquelle possiblement occasionnée par ces fameuses pratiques ?

Il était bien plus simple que de répondre ainsi, il n’était pas capable de lui mentir, il ne le voulait pas. Mais tout son être se rebellait à l’idée de lui avouer sa faiblesse. Il ne pouvait s’y résoudre.

-Il ne s’est rien passé. Je ne l’ai pas choisi, elle m’est plutôt tombée dessus.

Ou le contraire, mais était-ce réellement important ? Au loin une dragonne ricanait des pensées volatiles de son protégé.

-Et, je n’ai fait que dormir là-bas, le temps de pouvoir revenir. Les autres rumeurs qui pourraient circuler ne sont que ragot et dérive d’imagination fertile. C’est en toute franchise que je suis venue te trouver, pas pour t’offrir une semi-vérité qui nous ferait du tort à tout les deux.

Il était tout à fait honnête, même s’il n’était pas prêt de lui avouer son plus grand secret. Ce qui c’était passé cette nuit, il le lui livrerait, les raisons, aussi, bien que détournées ou de façon imparfaite. Il ne pouvait, en l’état, pas faire mieux.
Quel piètre prince il faisait.
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyLun 22 Mai - 18:25


« Vraiment, Antonin ? Juste du temps ? Mais en as-tu suffisamment ? »

Après tout, cela faisait plusieurs mois déjà que j'étais empereur et qu'il était prince de Faërie. Il avait un emploi du temps chargé. Nous en avions tous un. Mon fils éprouvait-il quelques difficultés à tout assumer de front ? A s'organiser ? C'était possible. Il ne se plaignait jamais, ne faisait jamais part de son ressenti concernant tout cela.

« Te sens-tu capable d'être prince de Faërie, Antonin ? Et un jour empereur ? Parviens-tu à trier tes priorités ? »

Parce que finalement, c'était peut-être cela le problème. Antonin essayait-il de mener sa vie comme avant, mais en se rajoutant davantage de responsabilités encore ? Alors qu'il aurait été judicieux de mettre de côté certaines choses pendant un temps, afin de se concentrer sur ce qui était vraiment essentiel... Avait-il l'intelligence de faire cela ? De prendre du recul ? Je regrettais que mon fils ne se confie pas davantage à moi, quand ma princesse le faisait si aisément. Je l'interrogeais alors à ce sujet et pinçai les lèvres à sa réponse.

« Rien n'est anodin, surtout quand cela concerne mes enfants, Antonin. »

J'évitai de lui dire que c'était encore une grave erreur de jugement que de ne point connaître ses limites et les franchir ainsi sans garde-fou. Il était suffisamment contrit et accablé ainsi et je n'avais pas à cœur non plus qu'il se sente totalement misérable et perdre toute confiance en lui. C'était là un exercice périlleux, entre sévérité et clémence, entre prise de conscience et accusation. Il fallait lui taper sur les doigts suffisamment pour qu'il prenne conscience de ses bêtises, mais pas au point de ruiner toute sa confiance...

Je m'enquis alors de ce qu'il avait pu faire lors de cette fameuse nuit à Lorgol, craignant qu'il ne se soit laissé allé à la débauche et aux plaisirs artificiels. Les tentations étaient nombreuses dans la ville aux milles tours. Et un jeune homme à bout et ayant besoin de se détendre... Je n'étais pas naïf à ce sujet. Je le regardais comme s'il me prenait pour un imbécile.

« Tu veux me faire croire que tu n'as fait que dormir chez cette femme ? »

Je plissai les yeux quand il répondit à mon invective par quelques questions. Ce n'était pas une réponse franche et je n'aimais pas cela.

« Tu es jeune, Antonin et je ne pense pas être capable de deviner ce que tu as pu faire simplement en te regardant. Je sais juste qu'on a tendance à répondre à une question par une autre question quand on souhaite esquiver le sujet. »

Je soupirai, avant de reprendre, avec lassitude :

« Elle t'est tombée dessus... Le hasard fait tellement bien les choses. »

Pointe de sarcasme. On pouvait me reprocher d'être paranoïaque. Mon fils ne l'était pas suffisamment de toute évidence.

« Je l'espère, Antonin. J'ai envie de te croire... Tu es mon fils et je déteste l'idée que tu puisses me mentir. Si je ne peux faire confiance à ma famille, que me reste-t-il ? »

Question formulée avec douleur, avant que je ne reprenne :

« As-tu trouvé un certain apaisement lors de ton escapade au moins ? »

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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyJeu 1 Juin - 20:41


Il préfère ne pas répondre à cette question, se terrant dans un silence que son père brise pour continuer ses interrogations. Le temps, si seulement il en avait plus, si seulement il n’avait pas l’impression de le perdre sans rien accomplir. Mais était-ce vraiment le cas, qu’il n’accomplissait rien, qu’il n’avançait pas ? N’était-ce pas plutôt qu’il était trop dur avec lui-même ? Peut-être bien, mais il n’était pas encore temps pour lui d’ouvrir les yeux et d’accepter cette réalité. Ce n’était pas tant qu’il n’était pas fait pour ce rôle, pour réussir à tout gérer, simplement que le temps avait son rythme et que peu importaient ses efforts, il ne pourrait ni le presser, ni le ralentir.

Alors, maintenant que son père était passé à d’autres sujets, voilà qu’il posait la question qui tournait dans sa tête inlassablement. Antonin aurait espéré que son père lui apporterait cette réponse, que la grandeur de cet homme qui semblait si sûr de lui aurait réussi à faire de cette interrogation une certitude. Si son empereur lui-même venait à douter, comment lui, Antonin, Jeune homme de 21 ans, aurait été capable d’y répondre ? Il se retint de montrer sa faiblesse, de baisser les yeux ou d’incliner la tête pour laisser y voir que le trouble qu’il ressentait était assez lourd pour lui faire courber l’échine. Il ne voulait pas le décevoir, voilà la seule et unique certitude, celle qui le maintenait à flot tout en le coulant par le fond. Celle qui tournait en boucle dans sa tête en une litanie effrayante et rassurante.

« Tu y arriveras »
-J’y arriverais.

A travers ses mots, c’était Agonie qui parlait, sa force d’âme qui le poussait toujours à relever la tête alors qu’il se sentait minable et au plus bas. Sans elle, il n’était décidément pas grand-chose.

« C’est faux, tu mettrais simplement plus de temps à te rendre compte de ta valeur. Je n’ai pas choisi une lavette pour partenaire»

C’est comme ça qu’il en vient à avouer à son père qu’il ne pensait simplement pas que ses pensées étaient assez importantes pour venir déranger l’empereur. Il n’avait pas nié, Gustave, Antonin n’était pas convaincu, comment aurait-il pu être égoïste au point de demander à son père de s’occuper de lui, d’écouter ses états d’âme alors qu’il se devait déjà d’écouter un pays et de le gérer ? En pleine guerre qui plus est.
Non c’était absurde, même si la tentative de ce dernier pour rassurer son fils le touchait.

-Je…Oui…simplement dormir.

Nu, à se frotter l’un contre l’autre sans doute, mais devait-il réellement donner autant de détail ? Alors que lui-même n’était sûr de rien, tellement sa mémoire était floue et semblait instable concernant cette nuit. Il fallait dire qu’il n’avait pas trop envie de croire à ses réminiscences où il se voyait en train d’abaisser sa main en une caresse pour aller flatter les reins de la belle.
Il savait se tenir, comment avait-il pu tomber si bas.
Et c’est en pinçant un peu les lèvres qu’il s’abstient de répondre face au scepticisme de son père. Comment lui dire que le hasard avait provoqué une situation tout à fait inverse et que c’était plutôt lui qui avait failli lui tomber dessus et se rompre le cou au passage ? … Il voulait être sincère, réellement et voir Gustave douter de lui faisait saigner son cœur, mais il n’arrivait pas à être honnête et tout à fait ouvert. Il ne supportait déjà pas ce regard ou la déception se disputait à la lassitude, alors il doutait de pouvoir faire face à la colère et la furie de ce dernier s’il apprenait tout dans les détails. Son père était impitoyable, il le savait, il ne l’épargnerait pas, c’était un fait. Il aurait dû pourtant tout lui dire pour qu’il récolte sa juste punition, mais il n’y arrivait pas.

[i]« Tu ne dramatiserais pas un peu ? »[/b]

Il ignorait Agonie et ses remarques. Le cœur prit dans un étau effroyable. Non, il ne mentait pas, il ne disait simplement pas tout. Etait-ce vraiment si grave ? Non disait Agonie, oui lui soufflait sa conscience.

-Je ne sais pas encore.

De l’apaisement…Ce n’était pas vraiment cela, cela lui avait clairement changé les idées, comme le réveil lui avait donné un choc lui ayant quelque peu remit les idées en place. Mais de là à parler d’apaisement… rien que d’être en porte à faux avec son père à cause de ça ne pourrait lui apporter le moindre répit.

-Tu sais, on dirait que c’est facile pour toi, que le déroulement de chaque chose a d’ores et déjà était prévu par ton esprit. Qu’il s’agit d’évidence…mais ce n’est pas mon cas.

En cela, il avait surement plus pris de sa mère que de son père. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose, seul l’avenir pourrait le dire.
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyMer 7 Juin - 11:26


Il était laconique mon fils. Il ne me répondait pas franchement. Et je me demandait qui il essayait de convaincre en affirmant qu'il y arriverait. Moi ? Ou... Lui ? Le second cas était bien plus inquiétant que le premier. S'il n'avait pas confiance en lui, comment penser qu'il puisse accomplir toutes ces tâches qui lui incombaient ? S'il doutait, il n'y parviendrait pas. L'avais-je donc mal préparé ? L'avais-je jeté dans la fosse aux lions sans lui donner les arbres pour les terrasser ? C'était possible. Je tentai de me rappeler de sa jeunesse, des dernières années, alors que ma quête de reconnaissance m'avait totalement dévoré et m'avait poussé à négliger les miens durant quelques temps. Mes enfants ne m'avaient jamais rien reproché, n'avaient jamais dit qu'ils trouvaient mon désir de récupérer le trône dévorant. Ils m'avaient soutenu et suivi. Sans broncher. Par peur ? Par amour ? J'espérais bien le second davantage que le premier. Mais finalement, que voulaient-ils eux ? Il était un peu tard pour se poser ces questions n'est-ce pas ? Antonin était un cadet prometteur, mais voler avec sa dragonne allait devenir plus délicat... Je l'observai, plongeant mon regard dans le sien, avant de hocher la tête.

« Tu y arriveras. Mais ne rejette pas l'aide que tes proches peuvent t'apporter ou leurs conseils. Seul, c'est bien plus difficile. »

Et je parlais en connaissance de cause évidemment. Je n'étais pas parvenu à ravir le trône seul. Ma détermination m'avait porté, mais j'avais eu besoin d'aide et de soutien. J'avais du apprendre à déléguer et à me reposer un peu sur les autres, même si c'était difficile. Encore fallait-il parvenir à s'entourer des bonnes personnes. Je ne faisais pas facilement confiance, il y avait trop de duplicité autour de moi... J'avais commis des erreurs, m'étais fié aux mauvaises personnes, je voulais éviter cela à mes enfants, mais peut-être devaient-ils faire leurs propres erreurs pour apprendre et grandir...

Et nous y étions à ces fameuses erreurs alors qu'Antonin me racontait sa petite escapade à Lorgol. Accosté par une femme, et il avait simplement dormi avec elle... Vraiment ? J'étais réprobateur. Et je lui fis la morale alors que je devinais qu'il ne me disait pas tout. Il conserva le silence, ne se défendit même pas. Et je ne savais pas si j'en étais satisfait alors qu'il acceptait les reproches sans broncher ou si j'aurais aimé un peu de rébellion de sa part, une étincelle de fougue. J'avais été ainsi. Et je n'aimais pas les reproches. Antonin était davantage discipliné que moi. Ironique alors que je lui reprochais de s'être montré imprudent... Au final qu'attendais-je de lui ? Qu'il soit un fils parfaitement obéissant ? Qu'il s'affirme et me montre ce qu'il avait dans le ventre, quitte à nous disputer ? Un fils rebelle n'était pas l'idéal. Mais j'espérais qu'il avait son caractère et de la vie en lui... Qu'il ne se laissait pas porter par les événements... Ni couler. Je décidai de mettre un peu d'eau dans mon vin et lui demandai si son escapade lui avait été bénéfique au moins.

Et il n'avait pas la réponse...

Pourtant, Antonin se décida à me parler. Et à me reprocher mon intransigeance, de manière détournée sans doute. Je soupirai. Où s'arrêtait l'empereur et où commençait le père ?

« Ce serait bien commode si tel était le cas. Je sais simplement ce que je veux et ce que je dois faire, Antonin. Et je gère les imprévus du mieux possible. Mais j'ai été jeune. J'ai eu 20 ans. Et je n'avais pas les mêmes responsabilités que toi à l'époque. J'étais jeune, libre de voyager, la tête farcie de rêves de grandeur. J'avais sans doute une liberté que tu n'auras jamais. Je m'inquiète pour toi, fils. Je vous ai entraîné dans ma quête et peut-être ne vous ai-je pas suffisamment préparé à tous ces bouleversements... Et n'ai-je pas fait attention à ce que vous vouliez. »

Allait-il saisir la perche que je lui tendais ? Allait-il me parler à cœur ouvert ?

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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyVen 30 Juin - 17:06

Entre rébellion et mal être, le petit prince regarde son père, ne le quittant des yeux, la honte n’arrivant pas a lui faire baisser le regard pour cette fois. Pourtant, il y avait toujours cette culpabilité cuisante qui obscurcissait l’éclat de ses prunelles. La scène était presque irréaliste, lui et son père se disputant dans une des pièces du palais royale de Faërie. Un Empereur et son prince, un père et son fils qui se défiaient, qui se parlaient avec difficulté, alors qu’ils étaient entourés de mille et une richesse, de tapisserie, de tapis, d’ornement à en faire tourner la tête. Mais qu’importe le pouvoir, qu’importe l’argent, ce n’était pas pour autant qu’ils aidaient à mieux communiquer et se faire comprendre.

Il a la poitrine au bord des lèvres, Antonin, déchiré entre une rage contenue qui dévastait froidement la logique dont il pouvait faire preuve et le venin glacial de la honte qui embrassait ses joues. Agonie ne faisait rien pour arranger l’état de son protégé, estimant qu’il s’était contenu depuis bien trop longtemps, susurrant et encourageant la tempête qui faisait rage en lui. Il faillit en perdre le sens des paroles de son père.
De cet homme si fier, qui semblait tellement infaillible, avouer à demi-mot qu’il n’était pas parfait, qu’il avait simplement appris à faire avec ce que le Destin lui offrait. Satisfaisant ? Il n’était pas certain d’apprécier la réponse, ni même de vouloir y ajouter quoi que ce soit. Pour dire quoi ? Qu’il se sentait tellement inférieur à lui, tellement dépassé qu’il avait préféré se faire des illusions en humant les fumées d’herbes aux propriétés particulières ?
A la place il préfère tempérer ses propos, se raccroche aux quelques racines de cohérences dans son esprits pour que ses pieds reprennent contacte avec le sol et que le vent ne l’emporte ailleurs, bien loin de ce qui lui semblait important.

-Personne n’aurait pu nous préparer à ce qu’il s’est passé et se passe. Si la Rose n’était pas intervenue, s’ils n’avaient pas laissés les tensions monter, alors il n’y aurait pas eu de guerre, il y aurait eu moins de mécontentement, de tensions. Nous aurions moins dû faire nos preuves, du moins pas avec tant de rapidité.


Il laisse échapper un lourd soupir, ce qui ne soulage en rien la pierre qu’il porte dans cette carcasse devenue soudain trop petite pour lui dès lors que l’étiquette de prince avait été accolée dessus.

-Tu n’as pas fait attention à ce que nous voulions, car tu n’en avais pas besoin. Et désormais, nous n’avons plus le luxe du choix. Il n’y a donc pas à revenir dessus.

Et pourtant, n’était-ce pas cela qui pesait si lourd sur ses épaules ?
Ou du moins en partie ?
Que son père lui apporte plus de considération et qu’il se remette en question quant au bien être de ses enfants lui apportait malgré tout du baume au cœur et il ne sentait que plus coupable encore d’avoir eu un comportement aussi puéril et stupide… D’avoir été si fragile. Alors même que leur mère et sa sœur accumulaient les tensions, Gustave n’avait pas besoin d’un fils déviant.
[/b]
-J’aurais aimé avoir plus de liberté…Je..Je ne vais pas le nier, voler avec Agonie, l’entraînement de Chevaucheurs me manque, mais le rôle de prince me tient tout autant à cœur. C’est simplement que de devoir se former en quelque mois, quelques années, à une éducation de toute une vie n’est pas….Facile. J'ai l'impression que peu importe mon implication, il y a toujours une masse énorme de travail et que mes efforts sont vains...[/b]
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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyDim 3 Sep - 14:48


Je ne le comprenais plus. Je ne le comprenais pas. Avais-je seulement déjà su le faire après tout ? Il y avait toujours eu un fossé entre nous. Je l'aimais pourtant, mon fils, qui ressemblait tant à sa mère. Il avait été l'otage de ma passion pour elle, le résultat de mes manœuvres. Les dieux fassent que jamais il ne l'apprenne. Je le perdrais sans doute. Antonin était trop doux et pétri d'honneur pour comprendre mon geste, pour comprendre les circonstances précédant et suivant sa naissance. Et pourtant, cela éclairerait sans doute bien des choses autour de lui et la façon dont il le ressentait. Mais je n'étais pas prêt à perdre mon fils. Même si j'étais en colère contre ces manquements, déçu également. Et incertain concernant l'éducation que nous avions pu lui prodiguer. Je décidai de me tempérer dans mes propos, de lui avouer que je commettais des erreurs, que j'avais peut-être mal jugé la façon dont ma famille allait vivre ces chamboulements. J'avais œuvré par ambition personnelle jusqu'à maintenant, comme une revanche sur le destin qui m'avait retiré ce qui me revenait de droit. Lauriane m'avait épaulée, conseillée, soutenue. Elle avait totalement embrassé ma cause. A ma grande surprise, Antonin ne m'accabla pas. Il excusa même les derniers événements. J'essayais de le faire parler de lui, de ses doutes, de ses difficultés. Je lui tendais une perche, et il ne la saisissait pas, se contentant de balancer quelques généralités, sans pour autant me livrer ce qu'il aurait pu avoir sur le cœur.

Nouvelle déception.

Mon fils ne me faisait pas suffisamment confiance pour s'ouvrir à moi et me parler sans fards. Et pourtant... Quand il reprit la parole, je sentis un tiraillement désagréable dans ma poitrine... La culpabilité ? Les remords peut-être ? Si Antonin ne disait pas tout, il y avait bien dans ces quelques mots une froide résignation. Et le résultat de mon égoïsme. Pas besoin de faire attention à ce qu'ils voulaient. Voilà son jugement. Son fils devait lui en vouloir de l'avoir placé dans cette situation, de l'avoir propulsé à ce statut de prince, d'héritier, de futur empereur de Faërie. Et bientôt, se poserait la question de ses épousailles. Car j'avais besoin d'alliés, de soutien. Besoin que mes enfants m'apportent ces alliances, que j'espérais solides. Le pays avait basculé dans la guerre.

Et enfin... Enfin ! Antonin lui confia avoir besoin de davantage de liberté, de pouvoir voler sur le dos de sa dragonne. Je ne pouvais comprendre vraiment le lien unissant Chevaucheur et Dragon, ni le manque qui pouvait naître de délaisser cette formation. Un prince Chevaucheur... Ce n'était pas vraiment compatible.

« Mais si tu ne t'aménages pas de repos, tu vas craquer, Antonin. »

Et il commettra des erreurs stupides comme il l'a fait dernièrement.

« Sans doute serait-il judicieux que je discute avec ton instructeur, afin d'aménager ton emploi du temps... Que tu puisses continuer et terminer ton entraînement, tout en apprenant tes devoirs de prince héritier. »

Cela faisait une ingérence dans la vie d'Antonin et l'impression que je ne lui faisais pas confiance pour gérer sa vie, mais j'avais davantage de poids que lui pour négocier ce genre de choses.

« Il y a toujours des solutions. »

Je posai ma main sur son épaule et repris avec force :

« Jamais aucun effort est vain. Celui qui gravit une montagne a l'impression de ne jamais en voir le sommet et pourtant... il y arrive, tôt ou tard. »

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Message Sujet: Re: La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles.   La vérité et la rédemption ne semblent pas toujours compatibles. EmptyDim 17 Sep - 20:16

Avoir du repos ? Antonin entre-ouvre les lèvres dans une contestation muette. Il n’en avait pas besoin, il s’insurgeait intérieurement, bouillait de cette faiblesse qui l’empêchait d’avoir au plus vite les connaissances que son statut l’obligeait à savoir. Ainsi, il ne se montrait pas digne de la confiance de son père, mais il avait déjà fauté, alors…avait-il vraiment le droit de laisser l’orgueil aiguillonner son ego quand il s’était couvert de ridicule seul et sans aide ?
En vouloir à son père pour tenter de lui faciliter la vie n’était pas judicieux.
Il était le seul coupable de sa déchéance. Il n’était pas assez fort, pas assez intelligent, jamais assez de quoi que ce soit pour être le digne héritier de Gustave de Faërie, jamais assez, et cette certitude le rongeait.

Chevaucheur, ça il savait qu’il aurait pu y arriver seul et avec les honneurs. Son père n’était pas mage, il n’y avait donc aucun risque de marcher dans ses pas. Mais être à la tête de Faërie ? Devoir évoluer dans l’ombre de cet homme toujours à des lieux d’avance devant lui ? Comment était-il supposé lutter quand l’admiration et le respect qu’il avait pour son paternel le lui faisait presque prendre des allures de dieu à la perfection entaché par son humanité ?

Le problème était là, sans qu’il ne s’en rende compte, sans qu’il n’ose se l’avouer. Son père était tellement impressionnant, que lui se sentait minuscule à côté, prétendre vouloir arriver à la même stature ?
Non, vraiment c’était absurde.
Mais il essayait, comme une petite personne tentait de masquer sa taille en portant des talons. Pourtant la vérité restait là, bien réelle, entreposée dans un écrin d’amère réalité, c’était factice.

Pouvait-il seulement reconnaitre qu’il n’avait pas besoin de prendre un peu l’air ? Lui qui sombrait doucement dans les brumes des drogues pour se détendre quand le sommeil le manquait à cause de la charge qui pesait démesurément sur ses épaules ?
Puis plus que l’affliction, c’est la surprise qui se dépeint sur les traits du jeune homme. Antonin relève de grands yeux surpris pour faire face à son père.
Avait-il bien entendu ? Lui, reprendre son entrainement de Chevaucheur ? Mais, et son statut de prince n’en pâtirait-il pas ? Pourtant, pourtant, c’était là où son cœur résidait désormais et l’espoir chassait à grand coup de balais cette honte, cette bassesse qui semblait lui coller à la peau jusqu'à lui en sucer la moelle de ses os.

-Je… J’apprécierais si cela ne te dérange pas.

Il avait failli refuser, mais la voix d’Agonie susurre dans son esprit « la vérité, rien que la vérité ». Alors, même si Antonin se sent vulnérable, même s’il se sent idiot et immature que de convoiter les deux rôles qui partagent sa vie, celui de Chevaucheur et de prince, il espère.
Ainsi, le soleil brulerait aussi un peu pour lui et il ne serait plus constamment caché par l’ombre démesurée de son père.
Ils n’avaient jamais pris le temps d’en parler véritablement avec Gustave. Que d’abandonner son rôle de Chevaucheur, du moins pour un temps.
C’était quelque chose qui n’aurait pas eu besoin de mot, parce qu’Antonin n’avait jamais estimé ses besoins légitimes par apports aux convictions de son père. Mais voilà que cette conversation mettait à jour une étrange échappatoire. Un entre-deux inattendu et inespéré.
Oui, voler, continuer cette formation qui lui avait tant apporté, autant la fierté de ses parents que de se trouver en la personne d’Agonie. Ce n’était pas si mal, et tant pis si son ego chouinait que c’était là un manque flagrant de ses capacités de prince.

Qu’importe si, tel un enfant, son père s’occupait de mettre en place un tel emploie du temps. Il n’aurait jamais espéré que cela puisse être possible, alors il ne faudrait pas trop en demander. Sa fierté viendrait le tirailler plus tard, en cet instant il était trop surpris pour se rendre compte de quoi que ce soit.

-Le problème n’est pas de gravir une montagne père, c’est de rattraper celui qui est parti il y a bien longtemps de cela pour réussir à l’égaler et être digne de lui.

Oui, car ses craintes et ses angoisses, son addiction qui s’insinuait avec perfidie dans son corps, tout cela, il ne pouvait lui en parler par peur d’être renié. Par peur que son père ne se rende compte de cette triste réalité qui était évident pour Antonin : Il n’était pas digne de son père et de l’honneur qu’il lui faisait.

La conversation risquait de coupé court, le palais était réveillé et c’est un discret tapotement à la porte qui sonne comme un gong aux oreilles du jeune homme. L’empereur était demandé ailleurs, et leur brève entrevue allait devoir s’écourter. Un empire n’attendait pas.
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