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 Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyDim 3 Jan - 12:40



Et partout ça déambule avec infiniment de grâce et distinction, ça cambre fièrement la taille, ça bécote de-ci delà de blanches menottes, ça dodeline du croupion avec une rare élégance, ça papillote outrageusement des mirettes, ça rectifie le tombé d'un dispendieux satin, ça lisse délicatement trois poils de moustache d'un air inspiré, et moi, pauvre de moi, je me demande vraiment ce que je traficote là. Je suis sur la lune, je m'y suis égaré. Je suis une aberration de la nature errant à travers un monde de courbettes et de salamalecs. J'ai eu tort de chercher à pénétrer à tout prix sous les colonnades de ce palais pour y discuter gentiment avec une bouteille de liqueur ou de grand cru, je n'y suis pas à l'aise. D'ailleurs je suis persuadé que les organisateurs de cette joyeuse sauterie n'ont même pas de rhum, les gosiers de ces godelureaux sont à coup sûr bien trop raffinés et avertis pour se compromettre avec un pichet de cet avilissant alcool qui plaît tant aux boucaniers et aux aigrefins de toutes origines. Je vide donc les lieux, à défaut de vider un verre. Je ne verrai point cette brave Chimène sur son trône impérial, mais je n'en ferai pas une maladie, elle m'indiffère totalement. Elle n'est qu'une sang-bleu de plus, et les nobles, dans leur ensemble, me hérissent le poil.

Tout en regrettant de ne pas avoir repéré ma douce amie Siméane, je m'éloigne donc de la salle de réceptions afin de fuir tout ce gratin qui m'incommode vivement. Je pourrais rentrer illico à Lorgol, mais qu'aurai-je à raconter aux clients du « Perroquet Unijambiste » et à mes loustics de l'Audacia ? Nada ! Nib de nib ! Ils vont se payer ma tête si je leur avoue n'avoir accompli que l'aller-retour sans même avoir avalé un gorgeon sur le compte de la p'tite Impératrice Chimène et de son entourage. Ce n'est pas digne d'un asticot de mon acabit, équipé d'un gosier en pente aussi raide que le flanc le plus vertigineux des montagnes d'Erebor. Bref, ça cogite furieusement sous ma tignasse. Il y a peut-être une entrée de service à l'arrière du palais, que la valetaille utilise pour réceptionner les marchandises avant d'approvisionner le buffet. Faut que j'en aie le cœur net. Hop, je pousse au hasard une grille, qui couine comme un clébard dont on a écrasé la queue, et je m'écarte sans regret du gotha et du somptueux banquet d'anniversaire.

C'est un immense jardin qui m'accueille par delà un rideau d'arbres et quelques murettes fraîchement repeintes. Le pouvoir des fleurs n'est pas une légende, la traversée des parterres s'avère apaisante. La nature est un puissant sédatif, elle calme les natures acariâtres et surexcitées, la mer offrant d'ailleurs la même caractéristique. Je me laisse donc imprégner par son silence et ses parfums, et je marche au hasard dans cet eldorado. Mes pensées dérivent lentement, comme des voiliers portés par un vent paresseux. Soudain une silhouette fragile surgit au bout de l'allée que j'ai empruntée. Je l'identifie aussitôt, bénissant cet heureux concours de circonstances. Il s'agit en l'occurrence de la seule personne que je chéris vraiment, mon malicieux toubib, ma Samy. Je retiens un cri. La belle ne m'a pas remarqué, et je m'approche en douce afin de la surprendre. J'adore la taquiner, l'asticoter, et elle me le rend bien, mais cette fois c'est moi qui tiens le gouvernail.

Je ne distingue que son profil, mais il me déconcerte un brin. Ma tendre amie paraît particulièrement songeuse. J'hésite à l'intercepter de manière tapageuse, comme je l'envisageais deux secondes plus tôt. Mais il m'est difficile de me montrer raisonnable, d'autant plus que je suis d'un tempérament très tactile. Surtout avec ma Samy. Il me tarde d'ailleurs que nous franchissions enfin le pas, c'est-à-dire, comme le déclament les poètes, que nous franchissions cet océan qui mène de l'ami à l'amant. Hop ! Je surgis d'une opportune cachette – l'ombre d'une statue équestre – et j'enlace  ma toute belle en lui bécotant la nuque, dès qu'elle passe à ma portée. Elle sursaute mais elle m'a déjà reconnu à mon rire tumultueux. Je la garde captive un moment, en la serrant sans doute un peu trop fort, mais on ne se refait pas.

- Qu'est-ce que je suis content de te voir, ma mie ! Je craignais que tu ne sois pas venue, puisque nous n'avons pas eu l'occasion de parler de cette fête ! Dis-moi vite, comment vas-tu ? Rassure-moi,  tu me semblais soucieuse en parcourant ce jardin, ou bien n'est-ce qu'un sentiment erroné ? Viens, cherchons un banc pour y papoter à l'aise ... proposé-je en la prenant par cette main si fine que j'aime tant garder dans la mienne, lorsque nous nous promenons à Lorgol, loin de l'agitation du port et des docks.

Spoiler:
 

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyDim 3 Jan - 15:14

Perdu dans ses pensées, les étoiles semblaient danser. Suivant une lente mélopée ésotérique, elles se jouaient de l’observateur rationnel pensant pouvoir les identifier – des étoiles Faë, sans doute. Fortune planait paisiblement au-dessus de l’océan aux reflets d’argent. De temps à autre, un puissant coup d’aile tirait Elyo de sa torpeur. Alors il se souvenait s’en être allé sur le dos de Fortune pour prendre de la hauteur, et réfléchir à la missive qu’il reçut quelques jours plus tôt. Elyo sourit ; il aime voler, car il apprécie le vent marin.

N’es-tu donc capable d’aucun sérieux, jeune homme ?

La remarque de son compagnon l’amusa. « Les dragons aussi dissidents se font rares de nos jours. », se dit-il… Néanmoins, dans un coin de son esprit, la missive de l’impératrice Chimène était présente. Après l’avoir reçu, il l’ouvrit sous les yeux attentifs de Nyx, son familier. Les yeux du faucon semblaient percevoir le contenu de cette lettre avant même qu’Elyo ne l’ouvre. Après avoir lu son contenu, le Maréchal de Flammes resta perplexe un long moment. Il était évident qu’il s’agissait d’un acte politique majeur, et les quelques langues jugeant cela comme une facétie de jeune fille appartenaient à des idiots. De même qu’il était évident que Chimène avait conscience des assassins et autres vauriens qui ne tarderont pas à jouer les troubles fêtes. Qu’a-t-elle derrière la tête ? S’agit-il d’une promotion de l’harmonie entre Ibélène et Faërie, ce qui aurait le mérite d’être courageux, ou d’un doigt levé fièrement aux assassins de la Confrérie Noire ? Quoi qu’il en soit, la prudence sera de mise… Elyo comprit aussitôt son rôle à jouer dans ce bal. En tant que Maréchal des Flammes, il jugea qu’il se devait de faire honneur à son impératrice. Elyo préférait faire honneur à Chimène la jeune femme malicieuse plutôt qu’à la femme politique… Quoi qu’il en soit, il suivrait son allégeance à la magie.

Que penses-tu de tout cela, toi ?
« Elle a du cran la p’tite… »

Le garant des Chevaucheurs redoutait leur rencontre avec leurs homologues Voltigeurs. Parmi ceux qui se présentent à la Caserne de flammes, il n’est pas rare de rencontrer des hommes animés par un désir de pouvoir intense, brûlant de savoir comment faire cracher le feu à leur dragon. Au passage, Elyo se faisait souvent la réflexion que ces Chevaucheurs étaient généralement ceux qui avaient le moins de poils au menton. La formation  était effectivement une formation militaire– se le cacher serait irrationnel– mais ce n’était pas une raison aux yeux d’Elyo d’oublier qu’il s’agissait d’abord et avant tout de Magie, ce souffle merveilleux offert par la Faërie. Plus que tout, Elyo espérait la rencontre avec son alter ego –celle de son ego avait été repoussée à plus tard. Ils ne se voyaient pas souvent à l’Académie, et le Maréchal de Flammes voulait s’assurer d’une chose… Aimait-il l’alcool ? Elyo devait tirer ça au clair. Il décida qu’il lui proposerait un verre pour en avoir le cœur net.
Portant une simple chemise blanche ainsi qu’un pantalon de cuir souple, Elyo se présenta devant la porte du palais. Si l’effervescence de Lorgol ne le dérange guère, cette foule surexcitée l’agaçait. Il pénétra donc dans l’enceinte du bâtiment, sur-décoré de guirlandes et de nobles de toutes parts. Elyo en connaissait un certain nombre –de ces nobles– et se balada d’îlot en îlot, serrant des mains et esquissant de grands sourires malicieux, mettant mal-à-l’aise plus d’un convive. Après s’être saisit d’un verre, le Chevaucheur glissa mentalement à son dragon : « Ne t’éloigne pas trop, on pourrait avoir besoin de toi. »

Je ne suis jamais loin, jeune homme…


Jeune homme… Tout de même, il avait déjà 38 ans.


Dernière édition par Elyo Hautmistral le Dim 3 Jan - 17:41, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyDim 3 Jan - 16:59


La salle du trône se remplissait peu à peu de toute la noblesse d’Arven. Les pédants connotaient à l’aide d’habits lourds et somptueux, incrustés de pierreries, tandis que les plus subtiles maniaient l’art des parfums et des couleurs avec légèreté et adresse. Neve ne quittait pas les quelques Chevaucheurs présents ce soir-là, et constata qu’ils étaient peut-être les seuls à ne pas être issus du grand monde. Le jeune ansemarien balaya l’assemblée du regard ; peu de visages lui étaient familiers, si ce n’étaient quelques figures de la noblesse faë que son grade de Chevaucheur lui avait permis de rencontrer ou de servir par le passé. Un constat lui arracha un sourire amer : très distinctement s’opposaient dans la salle les ibelins et les faës, par petits îlots fermés réduits à qui possède le plus grand réseau de personnes influentes. Puis le sourire de Neve devint amusé lorsqu’il aperçut au loin, postée près de l’un des banquets, la fameuse Sixtine d’Ibélène, fille d’Augustus d’Ibélène, que le sort lui avait permis de rencontrer la veille. Leur rencontre s’était vue abrégée par un bataillon de gardes impériaux, mais au-delà de ce désagrément digne d’un roman, l’incongruité de cette entrevue laissait au jeune ansemarien un goût d’aventure dans la bouche.

En détournant les yeux de la princesse d’Ibélène, Neve croisa le regard d’une femme inconnue de lui, appartenant sans aucun doute à la noblesse ibeline, qui leva sa coupe de champagne pour le saluer. Le jeune ansemarien lui adressa un hochement de tête courtois, tandis que dans son esprit, il cherchait en vain qui cette noble pouvait être. Constatant ses innombrables interrogations, un Chevaucheur de l’escadron d’Ansemer, bien plus âgé que Neve, l’informa qu’il s’agissait des rejetons De Séverac, une importante famille cielsombroise. Le jeune ansemarien avait vu juste au sujet d’Ibélène. Enfin, l’ultime personne que Neve reconnut dans l’assemblée fut Elyo Hautmistral, qu’il n’osa pas aborder mais à qui il adressa un signe de tête respectueux. Le Maréchal de Flammes était contraint par ses obligations et son grade d’assister au bal de l’impératrice, et Neve se demandait intérieurement de quelle façon son instructeur le plus imminent parviendrait à rentabiliser cette soirée qui, sans se mentir, ne lui seyait guère.

L’impératrice Chimène se faisait attendre, et tous les murmures commençaient à converger vers l’épicentre de la salle : le trône vide et délicatement orné. Neve s’apprêtait à saisir une coupe d’un liquide mordoré et sucré, lorsqu’un nom attira son attention. Marquis d’Amar. Le jeune ansemarien ne prit pas le temps de conclure son geste que déjà il cherchait le nouveau venu du regard, à travers une foule opaque et médisante. Tristan d’Amar, Capitaine de Vol de Lagrance, il aurait dû se douter qu’il assisterait au bal organisé par Chimène. Neve tentait d’apercevoir ses cheveux de flammes, lorsqu’enfin il le vit, tâchant de se faire oublier, au vu de son titre encore très controversé. Le jeune ansemarien se faufila discrètement jusqu’à lui, et heureux de le retrouver et de le savoir présent, il l’aborda chaleureusement :

Heureux de te voir, Tristan. Comment te portes-tu depuis la dernière fois ?
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 4 Jan - 0:22

Tant d'étoffes soyeuses, d'argenterie inestimable et de pierreries inestimables... Comment résister à pareille tentation ? Tu sais pourtant qu'il n'est guère raisonnable pour toi de sortir de ton trou... Mais l'occasion est trop belle et l'envie dévorante. Alors qu'importe cet avis de recherche apposé sur ton front, tu t'es décidée à sortir de ton trou.

Depuis un mois maintenant, tu rôdais sur les chemins reliant Lorgol à la capitale faë, t'aidant d'un rien de charme pour convaincre marchands et colporteurs de t'avancer le temps d'un village à l'autre jusqu'à ce qu'enfin apparaisse devant tes yeux éblouis la magnificence d'Alfaë. Une seule fois auparavant tu as foulé les pavés de la ville, sans parvenir le moins du monde à en découvrir tous les recoins. Il est grand temps d'y remédier, en commençant par le palais impérial lui-même...
Au fil de tes escales, tu as pris le temps de teindre ta tignasse rousse en une masse sombre, grimant tes joues pâles d'un hâle fort convaincant. Et dans l'ultime vitre où tu vérifies ton reflet, tu te trouves fort satisfaite de cette Erebienne à la peau tannée que tu es devenue. Alior elle-même ne trouverait guère à redire à ce déguisement ! C'est ainsi maquillée, mêlée à la foule des domestiques d'un jour que tu franchis finalement les murs du palais, t'invitant par une petite porte dérobée. Un plateau sur une main, une tenue rapidement enfilée et te voici propulsée dans une salle d'ores et déjà bien peuplée. Luxe et splendeur s'y côtoient dans un raffinement qui aiguise tes sens affûtés. Tes yeux glissent avidement de rivières de diamants en bracelets sertis de pierres précieuses, mais tes mains restent sages. Pour l'instant.

Toute à ton rôle, retrouvant dans cette foule compacte les réflexe de plusieurs années à servir au palais d'Ibelin, portant à ces nobliaux si nantis des coupes d'un vin fruité tout droit venu des pressoirs de Lagrance. D'un groupe à l'autre, tu virevoltes et observes, adressant au passage une œillade appréciatrice aux deux Chevaucheurs que tu régales d'une boisson. Doucement, presque par défi, tes pas te portent à proximité de la marquise de Sinsarelle. Oh Mélusine, toujours aussi belle et hautaine... Et donc les jupons ne semblent guère assagis si tu en juges par le regard appréciateur dont elle couvre celui qui lui fait face. Tu en parierais tes propres dessous qu'il finira dans son lit avant la fin de la soirée ! L'idée de t'approcher du couple est tentante, amusante... La voleuse te reconnaîtrait-elle seulement sous ce déguisement ? Mais avant que tu ne tranches sur l’inconscience d'une telle démarche, les trompettes retentissent et font vibrer la salle de leur annonce en fanfare.

Chimène de Faërie arrive.

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Le Destin
Le Destin

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J'ai : un âge au dessus de toute raison.
Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 4 Jan - 0:40




Chroniques d'Arven

Ce soir, on danse

Intrigue 1.1



Intrigue animée par Delrya


Une grande fête

Enfin l'appel des trompettes se fait entendre. Chimène s'avance, suivie de son inséparable conseiller. Rumeurs et questionnements s'éteignent dans un souffle tandis que chacun la regarde rejoindre son trône, vêtue d'une robe crème dont la simplicité rehausse le diadème insolent dont elle a orné ses cheveux roux. Ce soir, le doute n'est plus permis : c'est bel et bien en impératrice que la jeune femme se présente ce soir. Debout face à l'assemblée, elle observe les invités réunis en son honneur, un mince sourire aux lèvres. Malgré son apparence fragile et son jeune âge, c'est une souveraine assurée qui lève une main pour demander le silence et remercier ses invités.

Mais avant qu'elle n'ait pu prononcer le moindre mot, un sifflet sonore s'élève du fond de la pièce. Suivi d'un second. Et d'un autre auquel viennent répondre des acclamations indignées. De toute évidence, la jeune impératrice n'a pas que des soutiens en ce lieu...


Les suggestions du Destin

S'étant laissé dire que le décompte des mots du tour précédent pouvait être sujet à question, le Destin décide dans sa grande mansuétude de ne point sévir à l'encontre des dragonnets dissidents. Mais gare à ce nouveau défi...

Pour ce tour, il vous est demandé de glisser dans votre message au moins un nom d'oiseau (à signaler en italique ou en gras, à votre convenance).



Ce tour de jeu durera jusqu'au dimanche 10 janvier 2015 inclus. Pensez à vous regrouper pour ne rien manquer des péripéties.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 4 Jan - 21:25

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Cette servante des cuisines se fondit en excuses avant de retourner à son travail acharné de colibri, parée de joues légèrement rosées comme d’un léger sourire hagard. Le résumé des événements qui s’étaient déjà déroulés avait certes été d’une précision remarquable, la jeune femme semblant fascinée de pouvoir prendre part à ce qui pouvait être le soir d’une vie, mais un constat indéniable se dessinait de ses paroles : il ne s’était rien passé de bien remarquable, ni de très intéressant. La domestique s’était étalée en compliments sur la prodigieuse arrivée de la famille impériale d’Ibélène, notamment sur la grâce de l’impératrice Catarine, fille de Faërie, ou la beauté de la princesse Sixtine, arrivée qui avait balayé avec ferveur les quelques étalages des rares adulateurs de Chimène ; elle avait également mentionné la prestance des Chevaucheurs et des Voltigeurs, la plupart étant bien jeune et regroupée en des groupes distincts ; elle avait enfin conclu sur l’évocation du ballet que semblaient former les membres de la famille Séverac et leurs proches. A ce sujet-là, elle avait à demi-mot reconnu que c’était la seule attraction forte de la soirée, Chimène ne s’étant toujours pas montrée.
L’impératrice se faisait donc désirer. Bonne nouvelle donc, puisque les choses réellement intéressantes n’avaient pas encore débuté.
Citalphe était lui aussi en retard, ce qui n’importait pas et à personne – au contraire du temps certain que la jeune impératrice prenait pour apparaître et qui, à n’en pas douter, alimentait certaines conversations dans la salle du trône. La seule chose qui amenait le professeur en ce lieu était la curiosité, gonflée par cette murmurante intuition qui l’invitait à se presser pour ne pas rater d’évènements essentiels. Peut-être la soirée ne serait-elle bonne qu’à lui fournir du travail basique de rapporteur, cette phrase écrite une date pour alimenter de futurs manuels scolaires, et qu’il perdrait de son temps comme une pie qui voyait briller une breloque – mais peut-être pas. Qui pouvait deviner les évènements avant qu’ils n’aient lieu ? La présence de ce qui pouvait être considéré comme le gratin d’Arven laissait présager du bon.
Ses pas le menèrent dans la salle principale des réjouissances à laquelle Citalphe accéda en virevoltant entre les différents groupes de nobles, discutant par-ci, par-là. La première chose qui le surprit fut la foule présente : pour une impératrice que tous considéraient comme impopulaire, nombre avaient fait le déplacement jusqu’à Alfaë. Les discussions allaient bon train, résonnant dans cette immense pièce dont sol luisait du travail de ses domestiques et le plafond resplendissait de la minutie de ses architectes. Et le moins que l’on pût dire était que le professeur passait complètement inaperçu dans cette mer de tenues colorées, de plumes ébouriffées et de voix aiguisées de paroles destinées à être plus fortes que les précédentes. Pourtant, Citalphe avait fait un effort : sa tenue des grandes occasions était composée d’une chemise blanche, neuve, au jabot tissé dans une dentelle fine qui s’évaporait de ce manteau d’un bleu de nuit, le tout sur un simple pantalon noir et des bottes qu’il avait lui-même cirées. Il s’était néanmoins fait une raison : il devait être l’un des rares roturiers de cette salle. Si on ajoutait à cela le fait qu’il n’était fils de personne et simplement professeur d’histoire à l’Académie, personne ne lui porterait quoi qu’il en fût d’attention, puisqu’il n’apporterait rien.
Citalphe attrapa d’une pirouette ce verre d’alcool posé sur le plateau qu’une domestique apportait aux invités. Cela arracha un sourire sur ce visage tendu par la besogne, auquel il répondit d’un clin d’œil avant de disparaître dans la foule, désirant atteindre l’un des bords de la pièce pour profiter d’une meilleure vue d’ensemble. Etait-il à peine arrivé au point désiré que les trompettes se mirent à retentir d’un chant fort et solennel, et que la jeune Chimène daigna enfin honorer de sa présence les gens qu’elle avait assemblé. Le professeur observa un instant cette jeune femme qui, sans aucun doute, était très belle, mais dont tout le maquillage et tous les atours ne pouvaient la priver de cet air innocent qui était l’origine de nombre de railleries.
L’historien laissa son regard errer vers le premier conseiller de l’impératrice, Hugues Hurlenfer, qui observait la foule comme un épervier épiait le moindre mouvement. Un roturier ayant réussi à gagner les faveurs de la précédente impératrice pour tenir une place des plus intéressantes. Conseiller un trône qui semblait proie aux vacillements était une entreprise périlleuse… Et pourtant Hugues se tenait derrière la tête couronnée, soutien semblant intangible. Son nom alimenterait-il une liste historique de profiteurs et de traîtres, celle de ceux qui renforçaient les familles nobles, ou finalement celle des oubliés sur lesquels on rejetait tous les malheurs du monde ?
Et voilà Chimène qui faisait un mouvement qui attira l’attention de Citalphe. Elle, au moins, semblait convaincue qu’elle était prête à faire ses preuves à ces personnes qu’elle avait invitées. Sa bouche s’ouvrit pour laisser sortir un discours traditionnel quand le seul son qui parvint à ses auditeurs fut celui de sifflets et acclamations indignés. Montant lentement, cette contestation sourde semblait gagner en popularité – et à la vérité, le professeur ne sut quelle réaction avoir, ni surpris ni ravi de la tournure que pouvait prendre les évènements.
S’éloignant légèrement des autres, il observa les évènements d’un sourcil arqué, attendant les réactions des uns et des autres en regrettant que le service se fût interrompu le temps du discours, se faisant aussi discret qu’un moineau en quête de nourriture, en quête de péripéties.
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyMar 5 Jan - 21:09


Les sifflements se firent entendre, d’abord un, puis de nombreux autres. Elyo parcourut l’assemblée du regard ; contrition, indignation, sourires en coin. Un écho lourd, malveillant prit de l’ampleur parmi la foule. Y répondirent au quart de tour les Chevaucheurs, en alerte, et Elyo fut surpris de voir quelques Voltigeurs se joindre à eux. Malgré l’ampleur de l’incident, qui l’agaçait, un sourire désabusé se dessina sur son visage. Fichus nobles, pas foutus de rester à leur place de… nobles. Sans vraiment s’en rendre compte, Elyo brisa la coupe qui se trouvait dans ses mains, et le bruit cristallin fit cesser un court instant toute discussion. On se retourna vers l’auteur, avant de s’apercevoir qu’il s’agissait du Maréchal de Flammes, un colosse à la réputation bien faite. Le sourire d’Elyo ne cessait pas. Dans sa tête, pourtant, il mesurait l’urgence de la situation. Un mouvement de foule pouvait se créer, et à la première arme sortie, l’évènement le plus attendu du mois se métamorphoserait en un bain de sang. Discrètement, il essaya d’identifier les auteurs de ces sifflements. Provenaient-ils d’hommes que l’alcool avait désinhibés, de quelques jeunes provocateurs ? Bien sûr que non. Ils sortaient de la bouche d’opposants politiques, sans aucun doute. Il était vrai que Chimène n’avait pas fait dans la dentelle en invitant tout Arven à son vingt-cinquième anniversaire. Néanmoins, le pire était encore à venir : comment allaient se placer les nobles d’Ibélène, opposants tout désignés ? D’un simple sifflement découlait un enjeu majeur, à savoir la coercition et l’harmonie entre les deux faces du continent. Un simple sifflement… La fragilité de ce monde eut un goût exécrable à cet instant. Le foutu rejeton de Mizajouréfa qui était responsable de tout cela s’était attiré l’agacement croissant d’un des mages de feu les moins sereins de la région.

Elyo, tout en ne quittant à aucun moment l’assemblée des yeux, dans lesquelles il eut été inutile à présent de chercher la moindre trace de pardon, s’avança vers le trône où demeurait Chimène, quelque peu tendue. Sa démarche était lente, presque nonchalante, mais un observateur avertit remarquerait aisément que cette position n’avait rien de détendue, mais évoquait plutôt un protecteur. Il continua sa marche jusqu’à se placer au côté de la jeune impératrice, qui regarda son manège d’un œil interrogateur. Comble de l’incorrection, Elyo s’adossa au mûr derrière le trône. Avec un sourire amusé, mais toujours bienveillant, le Maréchal de Flammes pencha simplement la tête vers la jeune Chimène et déclara d’un ton rassurant :

Ah, la jeunesse… Vous savez ce que c’est.

Chimène et Elyo se soutinrent longuement du regard. Fort heureusement, il ne s’agissait pas d’une pique de la part du vieil homme, ce que l’impératrice perçut, mais plutôt un trait d’humour éhonté. Après cela, les yeux grisés d’Elyo se reposèrent sur la réception, plus froids que jamais. Il espérait que la réaction de Chimène n’empirerait pas les choses, et fut légèrement rassuré. Il était évident que la jeune impératrice avait prédit ce genre d’incidents, et Elyo se demandait même si elle ne les escomptait pas. Après tout, il s’agissait ici de prouver une bonne fois pour toute à la population d’Arven que Faërie comptait à sa tête une femme forte, quel que ce soit son âge. Le tout après le message sanglant de la Confrérie Noire.

Estimant que dissidents politiques, semeurs de zizanie, jeunes éméchés, météo et vent du nord ne l’empêcheraient pas de profiter de l’excellent vin, Elyo fit un geste à un serveur. Ce dernier, penaud, se retrouva le centre des regards de plusieurs centaines de personnes. Il finit par se rétablir de sa crise de sa stupéfaction foudroyante et offrit à Elyo un verre (étrangement, le plus rempli). À ce moment précis, Nyx, le faucon d’Elyo, surgit d’un recoin inconnu, et se posa sur l’épaule de son maître. Il émit un long sifflement, et l’on vit le sourire du Maréchal de Flammes s’élargir encore. Il émit un rire légèrement cynique, et faisant abstraction de toute personne présente s’adressa à son familier :

Apprends-leur à siffler, Nyx.

Spoiler:
 


Dernière édition par Elyo Hautmistral le Mer 6 Jan - 21:23, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyMer 6 Jan - 20:31


La morsure de la bise hivernale me rappelle soudain que mon élégante robe de soie n'a pas été conçue pour déambuler ainsi dans les Jardins. La Magie ne peut s'opposer complètement à l'hiver, et si elle a paré la nature de ses plus beaux atours en l'honneur de la jeune Impératrice, elle ne peut contrer la rigueur de la saison. Je suis encore bouleversée par la vue de ma demi-soeur, pourtant je dois rentrer au Palais, ne serait-ce que pour me vêtir plus chaudement. Un médecin malade n'est pas concevable ...

Alors que je fais demi-tour pour remonter l'allée, deux bras  m'enlacent brusquement. Je sursaute violemment, prête à me débattre, lorsqu'un rire joyeusement farceur résonne à mes oreilles, ma nuque dévoilée par mes cheveux relevés est assaillie par un baiser fripon. Vivement je fais volte-face, ayant reconnu la seule personne qui ose se permettre cette familiarité : Ismaïl ! Le Destin aurait-il décidé de se montrer clément pour une fois ?

Dans les bras du jeune pirate, je ne boude pas mon plaisir, je me laisse aller contre lui et savoure sans détour son étreinte réconfortante. J'en pleurerais de joie si la bienséance me l'autorisait ou plutôt si je n'étais pas si fière. Que c'est bon de le revoir ! Les mois sont passés si vite, et pourtant c'est comme si nous nous étions quittés hier. Pas de faux-semblants, pas de ronds de jambe. Avec Ismaïl, je peux être moi-même, et nos discussions, nos taquineries m'ont terriblement manqué :

- Oh ! Ismaïl ! Comme je suis heureuse de te voir ! Je n'étais pas sûre que tu viendrais ... Je te croyais en mer ...
Je me laisse entraîner vers un banc de marbre qui nous accueille sous une charmille verdoyante constellée de larmes de givre. Le contraste est saisissant, je n'y avais pas prêté attention, engluée dans mes sombres pensées. Nos mains enlacées se nichent délicatement sur la cuisse du pirate comme deux moineaux frigorifiés. Il a revêtu pour la circonstance, un corsaire et une chemise noirs sous une redingote bordeaux. Je reconnais qu'il est très élégant ainsi, et même fort séduisant. Mon regard troublé erre un instant sur nos doigts entrecroisés, puis cherche les prunelles chocolat étoilées d'éclats de malice, et d'un brin d'inquiétude que sa voix relaie alors qu'il m'interroge. Suis-je aussi transparente ? Ou est-ce parce qu'il me connaît si bien ? Captive de son regard brun, j'hésite à lui confier cette rancoeur qui me ronge, et pourtant me soulager de ce fardeau me ferait le plus grand bien. Je finis par me lancer, guettant avec une certaine appréhension ses réactions, car Ismaïl compte beaucoup pour moi, c'est mon ami, mon meilleur ami :

- Je ... J'ai ... Je viens de voir ma demi-soeur ... Je ne pensais pas la rencontrer ici ... Je ne voulais pas la voir ... Je la déteste, non je la hais ! Elle ... Elle ... J'ai été chassée de la Cour d'Erebor parce que j'ai essayé de lui ...
Soudain les trompettes aux sonorités éclatantes retentissent, annonçant l'arrivée de l'Impératrice, et interrompant mon laïus. Le Destin se mêlerait-il encore de me sauver la mise ?

- Je te raconterai plus tard. C'est peut-être mieux ainsi ... Tu veux bien qu'on aille admirer cette enfant qui dirige Faërie ? On dit qu'elle a la beauté fragile d'un cygne ... Nous resterons en retrait, et je te montrerai la source de mes tourments ... Viens !
Je me lève et me tiens debout devant lui, je lui tends mon autre main pour l'entraîner vers le Palais, d'où s'échappent, à ma plus grande surprise, des sifflets ...

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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyMer 6 Jan - 22:25

Les paroles du jeune inventeur sont douces et avenantes. Le délicatesse de ses mots la prennent par surprise et la princesse a bien du mal à savoir comment y répondre sans se confondre en paroles inintelligibles. Il enrobe parfaitement son discours enjôleur d'une courtoisie sans failles et Alméïde ne peut s'empêcher de se sentir flattée d'une telle attention malgré tout. Elle n'a pas l'âme vaniteuse pourtant et a bien du mal à savoir quoi répondre. Ce qui résulte alors d'un simple signe de tête empli de gratitude et d'un sourire timide bien que sincère.

Si la compagnie de Mélusine et de son ami est fort agréable, la princesse songe plutôt à questionner son jeune frère, curieuse d'en savoir plus au sujet de ses inventions. Désireuse également de la laisser en tête à tête avec ce baron dont elle a le plaisir de lire le nom au moins une fois par missive. Et si la princesse n'a pas pour habitude de jouer les entremetteuses, elle n'est pas femme à se mettre en travers du Destin. Heureusement, la perche subtilement tendue est réceptionnée par son jeune compagnon de soirée qui ne tarde pas à lui offrir son bras et à s'éloigner à ses côtés de quelques pas. Alméïde ne manque pas de saluer Mélusine et son ami d'un signe de tête poli avant de se laisser entraîner à travers la foule puis de refuser en douceur le breuvage présenté sous ses yeux. Pas d'alcool pour elle ce soir, pas après la réaction étrange produite la dernière fois qu'elle en a bu. À cet instant, son regard se pose sur une silhouette qui lui semble familière, disparaissant de son champ de vision avant même qu'elle n'ait eu le temps de l'identifier. Serait-ce sa demi-sœur ou ses yeux lui feraient-ils défaut ? Son trouble n'a cependant pas le temps de s'installer que les paroles du baron de Vivessence sur ses exploits la ramènent à la conversation actuelle.

Sur ses lèvres naît un sourire à l'amusement certain. Elle ne relève pas, hausse légèrement les épaules, une lueur espiègle dans les yeux. Son intérêt est alors bien plus éveillé par la mention d'un appareil permettant de voler. Ce sont des yeux brillants qui croisent les siens quand elle demande avec sincérité : « Pourrai-je jeter un œil à une telle merveille si vous parvenez à la mettre sur pied ? » Jamais encore elle n'a entendu parler d'un engin semblable. La passionnée de sciences en elle imagine l'homme pouvoir atteindre les airs, égal aux dragons et aux griffons, tournoyant dans le ciel plus haut que les hirondelles au retour du printemps.

« Savez-vous que j’ai moi aussi entendu parler de vous ? » Vraiment ? Si ces quelques mots la surprennent, la suite de son discours la met dans un embarras terrible. Tout d'abord ravie à l'idée d'avoir des nouvelles du duc de Sombreciel, elle est prise de court par la mention de leur discussion et par les propos qu'ils ont entretenus dans la bibliothèque – quoique légèrement déformés par la malice de son jeune ami. « ...cela doit être une expérience exaltante. » « C'est... En effet je.... Tout à fait exaltante. » bredouille-t-elle. La chaleur s'empare de ses joues et elle détourne les yeux, incapable de décider de l'attitude à adopter, incroyablement gênée que Castiel ait pu tenir un tel discours à son sujet. Où est-il d'ailleurs ? L'esprit de la princesse cherche la distraction tandis que son compagnon de soirée tourne à son tour les yeux, lui permettant de retrouver un peu d'aplomb. Elle aperçoit au loin Sitara qui s'approche d'eux, seule. Anthim n'était-il pas avec elle un instant plus tôt ? Où a-t-il pu bien passer ?

« Comment vous sentez-vous ? Avez-vous encore froid ? » Son regard retrouve le sien avec timidité et elle répond d'un hochement de tête négatif, un sourire hésitant sur les lèvres. « Ca va beaucoup mieux, merci encore. » Le manteau lui fournit une agréable chaleur et il n'a rien d'encombrant. Peut-être cela lui servira-t-il de leçon pour le prochain bal. À sa décharge, elle a passé la matinée dans le jardin sous un soleil particulièrement doux et songer à la température n'a pas été une priorité.

Les trompettes résonnent soudain dans la salle à présent bondée. Les visages se tournent en direction du trône, le silence retombe et les regards suivent la silhouette de la nouvelle impératrice. D'une beauté à la fois simple et lumineuse, à la chevelure flamboyante et à la peau de porcelaine, elle semble prête à assumer ce rôle que tant désirent lui voler. Peut-être est-ce d'ailleurs pour ça que des murmures fusent à travers la salle et que des sifflements s'élèvent. Alméïde tourne la tête de chaque côté, troublée par une telle réaction, le cœur serré pour la jeune impératrice qui ne cherche certainement qu'à pouvoir faire ses preuves. La princesse se tend face à ce spectacle indécent. Confuse, elle porte une main à ses lèvres. « Ces gens devraient avoir honte de se comporter ainsi. » souffle-t-elle, plus pour elle-même que pour un quelconque vis-à-vis. Rassurée, elle voit un homme à la stature respectable et au regard perçant s'installer aux côtés de l'impératrice. Il semble vouloir aider. Peut-être n'est-il pas le seul. La princesse se tourne vers son jeune ami, quelque peu hésitante. « Pensez-vous qu'il soit judicieux d'intervenir ? » Après tout, c'est à la jeune Chimène d'asseoir son autorité sur le peuple d'Arven désormais et elle n'est pas la mieux placée pour faire quoi que ce soit. Mais la situation la met mal à l'aise et elle ne supportera pas bien longtemps une attitude aussi scandaleuse.

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I'd give anything to hear you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes.
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyJeu 7 Jan - 17:50

Sixtine sirota de son vin, c’était un geste conventionnel, elle ne ferait que siroter, elle ne devait surtout pas se montrer ivre, ce n’était point raisonnable. Certain de ses sujets la saluèrent et elle rendit un sourire gracieux à ces derniers. Elle aperçut Melbren et se promit de lui écrire afin de prendre des nouvelles de ses inventions, elle appréciait les gens intelligents, le jeune de Séverac faisait partit des gens qu’elle voudrait proche d’elle si un jour elle devenait impératrice.  Plus d’une fois il lui avait montré la vivacité de son esprit et elle songeait fortement à le marier à Madeleine, sa mère serait on ne peut plus d’accord elle en était certaine et si elles convainquaient son père et que les futurs époux s’appréciaient personne ne pourrait empêcher cette délicieuse union pas même les autres Séverac.
 
Soudain Chimène arriva, elle était ravissante, Sixtine encore une fois faisait pâle figure avec ses cheveux couleur corbeau et ses yeux couleur terre. Ses parents s’approchèrent en premier, puis elle et son frère de par leur importance ils devaient être les premiers à la saluer. Elle posa sa coupe de vin à peine entamé sur le plateau d’une serveuse (Perle) et reprit le bras de son frère. Ils montèrent les marches menant au trône des sièges avaient été préparés pour eux. Elle serait à côté de sa mère qui serait à côté de l’Impératrice. Son père et sa mère saluèrent l’impératrice d’un hochement de tête, son frère lui du se mettre à genoux et elle fut la dernière pile au moment où les sifflets commencèrent à se firent entendre, un genou à terre elle resta figée. Elle ne savait quoi faire, respecter le semblant d’alliance faite avec sa mère, ou rabaisser le claquet de ceux qui insultait son sang, le sang impérial. Elle choisit l’entre deux en se relevant elle se pencha rapidement vers Chimène et lui murmura.
 
- Il faut que vous réagissiez fermement ma tante ou tout le monde vous croira faible, nous vivons dans un monde de rapace, vous ne voulez pas paraître faible croyez-moi… Maréchal des flammes bonjour, fit-elle avant d'incliner sa tête une dernière fois.
 
Elle se redressa et partit s’installer auprès de sa mère et lui murmura.
 
- C’est notre sang, nous devons gagner le trône dignement, sinon nous aurons une image de prédateur, je préfère que nous ayons une image de sauveur.
 

Elle reprit une coupe et observa la foule. Elle repéra Neve et leva la coupe vers lui en son honneur.


Dernière édition par Sixtine d'Ibélène le Jeu 7 Jan - 19:44, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyJeu 7 Jan - 18:36



Elle est bien jolie, ma Samy, dans cette robe de soie qui met en valeur sa silhouette harmonieuse, sa peau diaphane et son teint de porcelaine. C'est la première fois que je la vois aussi élégamment vêtue. Lorsque nous nous baladons sur le port de Lorgol, ou dans ses quartiers les plus populaires, elle est parée bien plus simplement, de manière plus fonctionnelle et anonyme, et parfois même, à l'occasion, s'accoutre t-elle en marin ou en fieffé lascar de la Cour des Miracles afin d'éviter les propos graveleux et l'indécence maladive de la faune locale. Je la nomme alors mon bel éphèbe, mon croquignol, et ces épithètes nous amusent beaucoup. Aujourd'hui, je me réjouis d'avoir accompli quelques louables efforts pour me saper avantageusement et ne pas ressembler à ce que je suis en réalité.

Nous mêlons étroitement nos doigts – j'adore ça – et nous prenons place sur un banc de marbre blanc couronné d'une ravissante tonnelle de verdure. A Lorgol, j'aurais dit : on se les gèle. Ici, il fait tout simplement glacial. Si bien que je pose ma chaude redingote sur les épaules amplement découvertes de mon toubib, même si c'est véritablement un crime contre l'esthétique de les lui dissimuler. Ma Samy me semble indécise, elle tergiverse, je pressens un problème sérieux et je me crispe un brin. Je m'inquiète, je l'interroge du regard, je l'encourage à se livrer. Une vive appréhension m'envahit tout-à-coup. Aurait-elle quelqu'un dans sa vie, quelqu'un qui me reléguerait au second rang et me confinerait à un rôle d'amoureux transi vaincu par ses propres atermoiements ? Je n'aurais jamais imaginé que ce fut possible ! Elle est tout mon univers, et j'ai toujours été convaincu qu'un jour ou l'autre, en dépit de nos différences ...

Elle parle enfin, d'une voix qui chancelle un brin. Elle est en proie à la plus vive des émotions. Son visage entier en atteste. Je caresse ses doigts menus, cherchant à lui apporter mon soutien. Je l'écoute sans l'interrompre. J'ai compris dès ses premiers mots que notre relation, notre affection, ne sont pas en péril, mais cela ne me soulage guère, car son agitation me chagrine et me bouleverse. Elle ne s'est jamais répandue en confidences à propos de sa demi-sœur durant nos cinq années d'amitié, mais cette fois la coupe est pleine. Il lui a suffi de croiser cette Alméïde pour s'écrouler et pour sombrer corps et biens. Pour revivre ce qu'elle a ressenti comme une injustice, une déchéance sociale autant que mentale.

Une assourdissante sonnerie de trompettes interrompt soudain les douloureux épanchements de Siméane. Qu'importe, j'en sais suffisamment pour haïr autant qu'elle cette intrigante qui a collectionné tous les honneurs. Le fracas des cuivres témoigne de l'arrivée de l'héroïne de la fête. Ma doctoresse préférée se lève, et m'offre de l'accompagner pour célébrer l'événement à son côté. Elle me propose sa main, ce qui est un argument amplement suffisant pour que je lui emboîte le pas.

- Allons donc ovationner cette jeune Impératrice, ma p'tite caille ! Dis-moi, que penses-tu d'elle ? Crois-tu qu'elle sera à la hauteur de sa tâche ? Tu sais, à Lorgol, certains la raillent déjà, ils doutent de ses capacités, ils la traitent d'oie blanche et ils ... oups, d'ailleurs, écoute, même ici elle ne fait pas l'unanimité !

En effet, comme pour corroborer mon propos, une salve de sifflements intempestifs s'échappe du Palais et se répand dans les jardins. Cette démonstration d'hostilité ne me trouble guère, car cette Chimène m'est totalement indifférente. Je suis depuis toujours allergique aux têtes couronnées et aux illustres personnages qui composent leur cour. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai questionné Siméane, afin de ne commettre aucun impair. Néanmoins, nous pressons le pas, car ça risque bel et bien de se gâter à l'intérieur de l'immense bâtisse. La situation est assez piquante, et ce n'est pas pour me déplaire. Je suis également impatient d'entrevoir cette Alméïde qui cause tant de soucis à mon joli toubib. A quoi ressemble cette vilaine chouette ? Ainsi que le répète judicieusement Philippe Jedidiah, identifier un ennemi, c'est déjà un premier pas vers son éradication.


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Dernière édition par Ismaïl de l'Ancre le Jeu 7 Jan - 19:50, édité 1 fois
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Dragonnet du Chapitre • Version 4.3
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Aaron de Sombreval
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyJeu 7 Jan - 19:35

[Attendez moi, j'arrive !  :papillon:]

Tandis que le jour tombait sur Cibella, Aaron se dirigeait vers le Palais Impérial d'un pas mesuré. Vêtu d'un pantalon de cuir noir ajusté, d'une chemise de lin blanc surmontée d'une étoffe pourpre ainsi que d'une paire de bottes qu'il avait pris soin de cirer, il se rendait - comme une bonne partie de la population - à l'anniversaire de l'Impératrice Chimène. Quelle n'avait pas été sa surprise lorsqu'il avait reçu l'invitation, lui qui n'était qu'un cadet ; il ne connaissait l'impératrice que de nom, rien de plus. Pourtant, après maintes hésitations, le jeune homme avait décidé de se rendre au Palais, autant pour satisfaire sa curiosité que pour enrichir de possibles relations.

Il pu admirer à loisir le somptueux décor du Palais dans lequel avait lieu la réception tandis qu'il s'approchait, et attendait son tour pour entrer. Le héraut posté à l'entrée de la salle du trône annonçant chaque visiteur, Aaron eut un peu de temps pour détailler l'architecture et la beauté des bâtiments adjacents. Faits de marbre blanc, chaque pierre semblait capter le moindre jeu de lumière, mettant en valeur les nombreuses dorures parsemant les murs. A n'en pas douter, c'était là un des joyaux de Cibella. Si le Comte de Sombreval possédait une demeure tout à fait respectable, elle n'avait cependant rien à voir avec le Palais Impérial.

Lorsqu'enfin son tour fut venu, le jeune cadet donna son nom au Héraut, qui le clama haut et fort, avant de le laisser se joindre à la masse grouillante qui se tenait dans la salle du trône. D'un pas rapide, Aaron se hâta de se fondre dans la masse, préférant observer plutôt que d'être observé. Tel un aigle au regard perçant, il déambula pendant un moment, accrochant ça et là des bribes de conversations. De ce qu'il entendait, nombre de personnalités étaient venues de loin pour assister à l'anniversaire de l'Impératrice.

Et justement, les trompettes se mirent à retentir, annonçant l'arrivée imminente de Chimène. Aussitôt, les conversations se turent et chacun tenta de s'approcher pour apercevoir la jeune femme avancer. D'un pas agile, Aaron se faufila dans la foule, non loin de quelques chevaucheurs qu'il avait reconnu, toutefois se mettre en avant. Lentement, la jeune Impératrice s'avança au milieu de la foule, vêtu d'une robe mettant parfaitement en valeurs ses atouts et la rendant éblouissante. Tout en elle appelait la grâce et la beauté, et Aaron dû reconnaitre qu'il ne s'était pas attendu à pareil beauté. Même si cela ne faisait pas tout, cela restait sans conteste un atout.

Néanmoins, alors que chacun des invités - ou presque - était pendu aux lèvres de la jeune Chimène, des sifflements se firent entendre dans la salle, provoquant stupeur et réaction. Tels des colibris, tous se mirent à tourner la tête à droite et à gauche pour tenter d'identifier la source de ces bruits odieux. Et tandis que tout un chacun donnait son avis sur la question, Elyo Hautmistral - maréchal des Flammes - s'avança, et vînt se placer aux côtés de l'impératrice. Par ce simple geste, il défiait quiconque d'oser approcher l'Impératrice pour s'en prendre à elle.

S'il ne le connaissait encore guère, Aaron devait admettre qu'Eyo avait tout d'un chevaucheur, la carrure comme l'attitude. En tant que Maréchal des Flammes, il serait amené à devenir son supérieur, même si le jeune cadet le considérait déjà comme tel. Peut-être aurait-il même affaire à lui durant son apprentissage, qui pouvait dire ? Néanmoins, tandis que nobles et paysans bavassaient pour savoir ce qu'il tenait de faire, Aaron observa les alentours. Il reconnu plusieurs chevaucheurs, tous au service de Chimène. Allaient-ils se joindre à Elyo pour défendre l'honneur de l'Impératrice ? Et lui, devait-il le faire ? Il n'était pas encore chevaucheur, simplement cadet, et il n'était pas certain de vouloir se faire remarquer aussi tôt. Tel un vautour, Aaron était de ce qui préférait se cacher dans l'ombre pour observer, et n'agir que lorsque la situation semblerait propice. Ainsi, attendant de voir la suite des évènement, le jeune homme resta là où il était, sans chercher à se cacher, mais sans soutenir son supérieur.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyJeu 7 Jan - 20:24


Neve était déçu, profondément. Lorsque les premiers sifflements se firent entendre, Chimène venait à peine de se faire son entrée dans l’éclatante salle du trône. Sa beauté fragile et son extrême jeunesse contrastaient habilement avec son regard franc, droit, déterminé. Elle s’avança lentement, avec une légèreté toute provocatrice, imposant aux convives un silence de marbre. Sa carrure si frêle et ses gestes aboutis, son sourire intelligent, sa grâce, tout son être respirait la jeunesse et l’autorité. Neve l’observait, un espoir taciturne enfouit au cœur de son ventre ; il suffisait d’une personne, et tout le destin d’Arven pouvait basculer en faveur de la concorde et de l’harmonie. Le jeune ansemarien fit taire le cri idéaliste qui ne faisait que croître dans son estomac, son penchant proprement pragmatique lui intimant le respect. Tout n’était que manœuvres et atours pour le moment, mais il était évident que ce bal recèlerait bien plus de surprises qu’un simple meeting de la noblesse arvenienne.

Le sifflement fusa comme un couteau de jet, tranchant le silence respectueux qui s’était imposé de lui-même dans l’assemblée. Un nouveau sifflement retentit dans l’immense salle du trône, résonnant gravement dans les alcôves, puis un suivant, et encore un, jusqu’à ce que des exclamations s’élèvent. La situation venait de perdre pieds à une vitesse vertigineuse, rappelant Neve à la réalité des conspirations et des menaces. Stimulant la magie dans ses veines dans l’éventualité où les protestations empiraient, Neve sentait ses muscles se tendre lorsqu’un crissement strident retentit et apaisa les sifflements un instant. Il s’agissait d’Elyo Hautmistral, le Maréchal de Flammes de l’Académie, qui venait de briser sa coupe d’alcool dans sa main. Il s’avança en silence devant l’impératrice, sous les yeux ahuris d’une assemblée tantôt impressionnée, tantôt apeurée. Il souffla quelques mots à Chimène, non pas comme la grande gueule qu’il semblait à première vue, mais comme un père. Les opposants à l’impératrice devraient user de nombreux stratagèmes pour venir à bout d’un pareil colosse s’ils souhaitaient s’en prendre à la jeune femme. Le familier d’Elyo ne tarda pas à le rejoindre, et la remarque sarcastique du Maréchal de Flammes lança l’élan.

Neve n’eut pas besoin de se concerter avec Tristan, ni même avec aucun autre membre des escadrons, et tandis que l’impératrice continuait de se faire huer par quelques ressortissants de l’ombre, les sifflements retentissants de plus belle, les Chevaucheurs tâchèrent d’honorer un instant l’allégeance faite à leur impératrice. D’un même mouvement, tandis qu’Elyo retournait se poster aux côtés de Chimène, ils s’avancèrent à l’extrême frontière entre les convives et le large espace accordé à l’impératrice et sa suite, quelque peu surélevé. Ils semblaient hésitants pour les plus jeunes, provocateurs pour les plus vétérans, mais quoi qu’il devait advenir le temps de ce bal, ils soutiendraient, bien au-delà de protéger, leur impératrice. Tristan se tenait aux côtés de Neve, et ce dernier sentit l’énergie magique s’agiter en lui, décider à ne pas demeurer placide si un imprévu périlleux survenait. Près des deux amis, Quitterie, appartenant à la même division que Neve, se tenait elle aussi sur ses gardes. Les vautours de l’ombre, prêt à décortiquer la carcasse de quiconque baisserait les yeux, n’étaient pas loin.

Neve s’interrogea sur la provenance de tels affronts, mais l’assemblée compacte et les visages inconnus convergeant de concert vers l’impératrice ne lui venaient pas en aide. Il était certain que les sifflements étaient émis du fond de la salle. Si les gardes à l’entrée du palais d’Alfaë avaient été déjoués, que quelques trouble-fêtes étaient pénétrés dans la salle du trône ? Ou s’agissait-il seulement d’opposants politiques ibelins ayant forcé sur la bouteille ? Quelques coqs trop fiers pour accepter l’insolence juvénile de Chimène ? Neve espérait que la situation s’en tiendrait à son fragile équilibre, instauré notamment par la démarche d’Elyo et l’élan protecteur des Chevaucheurs. Chimène n’avait pas à subir de dommages, moraux ou physiques. Qu'elle demeure silencieuse devant ses détracteurs n’aurait en rien équarri sa prestance, au contraire. L’agitation avait gagné la foule, les convives échangeaient des regards égarés et consternés, les Voltigeurs ne savaient où se positionner dans cette surprenante intervention, la noblesse semblait tantôt rebutée par l’insolence des trouble-fêtes, tantôt admirative. La déception eut un goût amer dans la gorge de Neve, qui déglutit inconsciemment.

Avec l’arrivée des Chevaucheurs, les sifflements avaient repris, des insultes percèrent dans la foule consternée, la provocation pris lentement de l’ampleur au fond de la salle du trône.

Rapaces, avez-vous pour projet de marquer l’histoire de votre bêtise ?! s’insurgea Neve, la voix forte et froide, avec l’espoir de mettre un terme à une telle imbécillité et une telle balourdise.

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Dernière édition par Neve l'Embrun le Jeu 7 Jan - 21:36, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyJeu 7 Jan - 21:07

Je souris devant son intérêt.

Bien sur, je serai d’ailleurs ravi de vous accueillir à bord une fois que j’aurai réussi à la finaliser.

Ravi oui, mais je me vante. Je patine dans mes recherches comme un agneau dans la semoule. Je suis loin, en vérité, du terme de mon grand projet, il me reste encore tant à faire, tant de problèmes à surmonter et à résoudre. Mais baste, ce n’est point le lieu pour me torturer les méninges. Je souris à ma belle interlocutrice et détourne malicieusement la conversation vers elle. Je me fais espiègle et prends plaisir à la voir rougir de mes allusions. Nos yeux se quittent un instant et elle reprend contenance dans l’observation de la foule. Elle est charmante et, si je n’ai aucun remords à batifoler ainsi, lorsque je me retourne vers elle c’est d’un ton sincère et déférent que je m’enquiers de son confort. Mais elle balaie mon inquiétude d’un geste de la tête et d’un sourire.  « Ça va beaucoup mieux, merci encore. »
Je m’incline pour signifier que c’était bien naturel et lui souris aimablement.

J’en suis heureux.

Je la contemple, enveloppée dans mon léger manteau, sans trop savoir quoi ajouter. J’hésite même un instant à lui narrer les tribulations vanillées de son prédécesseur. C’est alors que le chant cuivré des trompettes retentit, annonçant en fanfare l’arrivée de notre hôte et me préservant d’une embarrassante réputation d’ivrogne. Pour fêter mon honneur sauf et aussi parce que jamais deux sans trois, j’attrape un nouveau verre et observe avec attention la suite des événements.

Chimère, impériale, s’avance et rejoint son trône, escortée par son conseiller. J’admire son assurance, son port altier, je ne sais si elle est bonne actrice ou si elle a réellement gagné en confiance et en audace en quelques mois de règne mais le résultat est là. Elle donne l’image d’une impératrice forte et compétente. Je déplore par contre le manque de goût de sa robe. Je ne conçois pas qu’aucune couturière, costumière ou petite camériste n’ait émis la moindre réserve sur ne serait ce que la couleur. Par Alior et Asma, vous avez une impératrice rousse et flamboyante, drapez la de verts et d’émeraudes, noyez là d’outremers et d’indigos, faites en un paon éblouissant, pas un flan vanille carotte. De la crème, par les astres... Je soupire un bon coup et me calme dans l’attente du discours.

Chimène s’avance justement, elle lève la main pour réclamer un peu de calme, les conversations se taisent, les murmures s’estompent, un doux silence s’installe. Mais avant que la jeune impératrice ne puisse ouvrir la bouche, un sifflement agressif déchire l’air. Il n’a pas le temps de venir éclater en échos acides contre le haut plafond de l’immense salle de réception qu’un second retentit à son tour. Le silence chancelle sous le choc, blessé, déchiré, un troisième sifflement vient l’achever d’une gifle acrimonieuse. Alors de la salle monte une clameur sourde, entre fronde et indignation. Moi même je sens la colère battre à mes tempes et chauffer mes joues. Je sens bien aussi le trouble de la princesse d’Erebor à mes cotés et je devine ses paroles plus que je les entends, oui ils devraient s’étrangler de honte. Je grince des dents.

Je ne supporte pas que l’on siffle une jolie fille pour une autre raison que la faire se retourner dans la rue. Et encore...

Et encore je suis loin d’approuver ces forts peu galantes manières, elles sont l’apanage des lâches et butors. Et là, ce n’est pas la grivoise sibilation d’une grive, non ce sont les chahuts de quelques affreux freux. Mon sang se met à bouillir devant cet orchestre disgracieux, je tourne mon regard vers l’estrade, vers Chimène, si sûre d’elle un instant auparavant. Plusieurs personnes l’entourent, son conseiller bien sur mais aussi la famille impériale d’Ibélène et le maréchal de la flamme. Pauvre hirondelle perdue, maudits soient ceux qui riront d’elle, ils ne méritent que le fouet du martinet.

L’indignation gronde toujours dans la salle comme un orage qui menace. Je ne suis pas la seule personne que les sifflements ont outré et nombreux protestent vivement contre un tel manquement à l’étiquette. Un peu partout le ton monte. Les huées et sifflets contestataires résonnent encore contre la jeune impératrice. Encouragés par l’alcool et l’anonymat que procure la foule, ses détracteurs se déchaînent. Ah ils veulent jouer à ça, les maroufles ? Moi aussi j’aime jouer. « Pensez-vous qu'il soit judicieux d'intervenir ? »
Je me tourne vers la belle Alméïde dont les paroles font écho à mes pensées, je vois bien que la situation la met terriblement mal à l’aise. Je tente de la rassurer d’un sourire qui se veut confiant.

Je vais intervenir, je ne sais pas si c’est judicieux mais je ne peux décemment pas rester là sans rien faire.

Je finis mon vin d’un geste sec et hèle la serveuse la plus proche, une jolie brunette au teint halé. Je pose mon verre vide sur son plateau, il en reste un plein que je bois d’un trait. Quatre. Ce n’est pas très raisonnable mais cet alcool est vraiment excellent, autant en gâcher le moins possible. Je le repose et regarde la domestique d’un air pressant.

Votre plateau est vide, vous devriez le rapporter en cuisine. Faites vite, belle enfant, éloignez vous de moi !

Je fouille dans mes nombreuses poches, en sort un bric-à-brac confus d’outils et de mécanismes avant d’enfin trouver ce que je cherche. L’objet au creux de ma main, je lance un sourire charmeur à la belle Erebienne.

Vous vouliez en savoir plus sur mes inventions ? Je redeviens sérieux en poursuivant. Ce n’est pas celle que j’aurai aimé vous montrer, comme ce ne sont pas les meilleures conditions… J’observe la foule d’un œil sombre. L’ambiance est loin d’être chaleureuse, il est grand temps de briser la glace.

Je porte à mes lèvres et souffle doucement dans le drôle de sifflet de mon invention. Le son n’est pas strident, proche de celui que l’on pourrait tirer d’un verre chantant. De mes doigts je module adroitement le timbre jusqu’à ce qu’un craquement fasse écho à mon étrange mélodie, alors je prends une rapide inspiration et vide violemment mes poumons dans l’instrument. Le sifflement cristallin envahit la salle. Autour de moi, les verres se brisent sèchement dans les mains, plus loin ils se fêlent, s'ébrèchent, se fissurent, seuls les plus distants sont épargnés. Partout le vin se déverse en moussant sur les manches des vestes, sur les robes et les pantalons. 
Les cris se sont tus, pour l’instant. Mais l’homme indigné aime rarement être arrosé et c’est inquiet que je regarde le désordre autour de moi, un sourire amer aux lèvres. Sourire qui finit par disparaître lorsque j’aperçois le splendide pourpoint du baron de Sylvamir trempé de vin, souillé de mousse. Quel gâchis.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptySam 9 Jan - 16:23


Ce soir on danse
Intrigue 1.1
Mélusine • 31 janvier 1001


En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mon petit frère m’escamote mon amie, et je me trouve seule à seule avec Hiémain, pour quelques précieux instants d’intimité au milieu d’une foule qui commence à se densifier. Nous échangeons quelques mots, à mi-voix, profitant de la confidentialité que le brouhaha environnant nous procure. Un frisson familier court le long de mon dos, et j’étudie les alentours d’un regard inquisiteur : je me sens observée. Je n’ai pas le loisir de poursuivre plus avant mes recherches, toutefois : les trompettes sonnent, majestueuses, et l’impératrice faë daigne enfin nous honorer de sa présence. Elle a l’air toute fragile sous sa couronne, flamme écarlate sur ce trône presque trop grand pour elle, et j’ai pitié soudain de cette enfant jetée en pâture aux vautours.

Vautours qui manifestent clairement leur mécontentement, d’ailleurs : des sifflets retentissent dans l’assemblée, des quolibets commencent à pleuvoir, les gardes de Chimène se rapprochent de l’estrade ; et du coin de l’œil, j’aperçois Melbren sortir de ses poches quelque chose de non identifié, soufflant dedans. Connaissant les exploits de mon puîné terroriste, je me raidis – tandis qu’alentour, toutes les coupes de verre ibéen importées à bas prix éclatent en mille fragments jonchant le sol.  Un soupir lassé m’échappe – dans mes mains, la coupe de cristal faë protégée par son enchantement incassable vibre un peu, mais n’éclate pas. Il y a sûrement un intendant de la vaisselle qui va se faire frotter les oreilles, et je n’aimerais pas être à sa place : quelle idée d’oublier les sortilèges élémentaires, dans la capitale de la magie ! Dans l’assistance, les malheureux ayant puisé dans les récipients ibéens pestent et s’insurgent, tandis que les moqueries continuent à l’encontre de Chimène malgré tout. D’un regard noir, je réprimande silencieusement mon frère inconscient – avait-il vraiment besoin d’en rajouter pour pousser la réception sur la voie de l’incident diplomatique ?

Machinalement, je pêche un mouchoir de dentelle étincelante de blancheur dans mon décolleté, tentant d’éponger une partie du liquide tachant le pourpoint de Hiémain. Contrariée, je ravale ma colère et me promets d’attraper Melbren par l’oreille dès que l’occasion se présentera. Père aurait tellement honte… « Mes excuses, Hiémain. Une facétie mal avisée de mon frère, je suis désolée pour ta tenue, et pour le… désordre. Je tâcherai de me faire pardonner cet outrage… » D’un œil prudent, j’examine les alentours. Le chaos se généralise… et j’ai peur, soudain, pour la petite impératrice sur son estrade, fragile moineau égarée parmi les corbeaux.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyDim 10 Jan - 22:56


Ce soir on danse
Intrigue 1.1
Quitterie • 31 janvier 1001


Bon. C'est un peu la panique à bord. Je l'ai senti dès la réception de l'invitation collective à la caserne de Port-Liberté. L'impératrice invite le Vol d'Ansemer à assister au bal organisé pour son anniversaire ; ainsi que les autres Vols et toute la noblesse du continent. Tant d'Ibéens sur notre territoire, cela m'inquiète : et s'ils avaient prévu de semer le désordre pendant la cérémonie ? Méfiante, je reste près de Neve tandis que nous prenons place parmi les autres Chevaucheurs, dépendante des yeux de Sayam qui me décrit les alentours tandis qu'il cale son grand corps de cigogne sur les poutres du plafond.

Lorsque les sifflets retentissent, je n'ai pas vraiment le temps de réfléchir ; activant ma magie, j'appelle le pouvoir de l'eau sans lui donner corps pour le moment, prête à le libérer si mes talents de guérisseuse étaient nécessaires. Un mouvement de foule masse les Chevaucheurs près de l'impératrice, et je suis le groupe, trébuchant sans grâce en me prenant les pieds dans ma robe à deux reprises. Dans ma tête, Sayam me raconte ce qu'il voit, palliant à ma mauvaise vue ; et je me tiens sur le qui-vive, angoissée soudain de sentir toute cette tension environnante.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyDim 10 Jan - 23:29

Tristan prit le verre qu’on lui tendait, une magnifique coupe digne des plus grands artisans faë. S’il avait pu se transformer en moineau pour aller se dissimuler dans un coin peu éclairé, il en aurait été ravi. C’était malgré tout hautement improbable, et il doutait qu’on le laisse seul dans son coin. Un sourire franc lui fut arraché, cependant, en voyant Neve. Il aurait pu avoir pire compagnie, certainement, et il passerait peut-être une soirée moins compliquée que ce à quoi il s’attendait.

« Le plaisir est partagé, Neve. Je vais bien, je t’en remercie. Et toi ? Comment te portes-tu, et comment se porte la jeune femme que tu désirais tant aider ? As-tu trouvé un début de solution à son problème ? »

C’était assez cruel, mais il était plus simple de parler des problèmes des autres, même sans savoir leur nature, que des siens. Il n’eut toutefois pas le temps d’entendre une réponse de son ami, que la jeune Impératrice apparaissait, presque aussitôt accueillie par les sifflets de quelques pies et vautours malfaisants et qui écœuraient Tristan. Ils se délecteraient de son infortune, ce serait un trésor ou une carcasse qu’ils chériraient.

Suivant les autres chevaucheurs, il s’établit devant Chimène, bien décidé à faire rempart de son corps. Il serait prêt à attaquer s’il le devait, et à protéger si le risque n’était pas aussi grand qu’il ne le craignait. Il leva un instant les yeux vers un animal qui volait au plafond… Une cigogne, constata t’il en plissant les yeux. Il aurait trouvé cette vision assez agréable, tellement l’animal semblait incongru, si la situation n’était pas si préocuppante.

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Dernière édition par Tristan d'Amar le Lun 11 Jan - 11:49, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyDim 10 Jan - 23:53




Chroniques d'Arven

Ce soir, on danse

Intrigue 1.1



Intrigue animée par Delrya


Une grande fête

Les bris de verres ont éparpillé des éclats coupants partout. Déjà, une horde de domestiques se ruent pour réparer les dégats, ramassant les tessons les plus voyants, épongeant le vin versé.
Rassérénée par la présence des Chevaucheurs venus se placer auprès d'elle, Chimène semble reprendre des couleurs et profite de l'instant pour prendre la parole d'une voix forte – bien qu'encore ébranlée – remerciant chacun des convives présents pour cette soirée de fête. Son discours ne dure guère, juste le temps de lever sa coupe à la paix et à la prospérité des deux empires. Et tous peuvent voir les yeux de la jeune impératrice balayer la foule sur ces derniers mots, cherchant parmi les visages attentifs ceux de ses opposants. Enfin, sur un geste large, elle ouvre officiellement la soirée et désigne les vastes buffets dressés de part et d'autre, croulant sous des mets variés et délicats où rivalisent les spécialités de tout Arven.

La tension est toujours palpable dans la salle du trône. Toutefois, personne ne semble plus guère disposé à faire entendre son mécontentement. L'effet de surprise des verres brisés et l'appel du ventre jouent certainement sur cet apaisement soudain... tout comme la barrière sévère que forment les Chevaucheurs regroupés autour de leur souveraine. Doucement, les conversations reprennent et les groupes convergent vers les buffets. Quand un nouveau sifflement retentit. Un sifflement bien différent des précédents auquel succède un hurlement strident vers lequel converge tous les regards.
Gaëtane, duchesse de Cibella vient de perdre connaissance en découvrant à ses pieds le corps sinueux d'une couleuvre à diadème. Une seconde est rapidement découverte à l'autre extrémité de la salle. Puis une troisième. Et bientôt, ce ne sont pas moins de dix reptiles qui glissent sur le sol de marbre, visiblement inconscients de l'effet qu'ils produisent sur cette noble assemblée.


Les suggestions du Destin

Le Destin est fort satisfait de la coopération de chacune de ses marionnettes. Mais le jeu n'est pas fini...

Et puisque l'humeur est à la panique, il vous demande cette fois de mentionner l'une des pires peurs de votre personnage (à signaler en italique ou en gras, à votre convenance).



Ce tour de jeu durera jusqu'au dimanche 17 janvier 2015 inclus.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 11:39

L'attention de l'assemblée fut soudain attirée par l'arrivée de Chimène. Jhali ne put s'empêcher de reconnaître qu'elle était belle et noble, elle était peut-être une bonne dirigeante, bien que cela laisse l'assassin indifférente. Un chef ou un autre, tant que ce n'était pas un dictateur, ça ne changeait rien pour elle. Mais elle écouta quand même ce que la jeune femme avait à dire jusqu'à ce que des sifflets retentissent dans la salle...Tout le monde ne supportait pas cette jeune femme visiblement. Pour Jhali, la raison de ces sifflements était inconnue, voire mystérieuse, elle était peu au fait des tensions politiques de ce monde malgré qu'elle connaisse la situation entre Ibélène et Faërie...Elle resta un moment à regarder autour d'elle les gens outrés ou amusés sans oublier les Chevaucheurs autour de leur Impératrice. L'agitation était dense mais soudain les verres volèrent en éclats, ceux des invités, ceux des plateaux et d'autres encore...Si la magie était de la fête maintenant...C'était cela que Jhali craignait le plus, même en vivant en Faërie, elle avait peur de la magie et de ses utilisateurs, ça ne s'expliquait pas et ça faisait des choses folles... Tous les serveurs se précipitèrent pour enlever les morceaux de verre, pas Jhali bien entendu, elle ne jouait pas son rôle avec entrain. Elle regardait l'agitation se calmer et la jeune Chimène appeler à faire la fête. Mais les choses semblaient assez compromises malgré...Et ce n'était pas fini...Un cri retentit accompagné du son particulier d'un serpent sifflant. La fille de Lorgol regarda à ses pieds pour voir la bête provoquant tant d'émoi. Des serpents du désert se trouvaient partout dans la salle, sifflant et avançant parmi les convives...Ils étaient beaux, colorés mais pas du genre dangereux, la couleuvre à diadème n'avait aucun appareil à venin. Jhali avait étudier les serpents dans son ascension dans la Confrérie et savait les reconnaître, elle les connaissait bien....Ces serpents ressemblaient plus à un mauvais présage ou un avertissement qu'à une menace réelle, mais ça suffisait à terrifier les dames. Bien que n'ayant aucun intérêt à déjouer ce petit tour, Jhali déclara d'une voix forte et claire que ce n'était pas des serpents dangereux. " Ce ne sont pas des serpents venimeux ! Ils ne sont pas dangereux, restez calmes, surtout pas de panique ! "

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 13:22


Peu à peu, la chamade qui venait d’ébranler la salle s’apaisa, comme une flamme vacillante que l’on étouffe. Chimène, émergeant des bouleversements qui avaient secoué l’assemblée, se rasséréna et tâcha de reprendre consistance en prononçant un bref discours et en invitant ses convives à prendre place autour des buffets, disposés sur les ailes de la salle. Neve demeurait sur le qui-vive, malgré la légèreté qui reprenait ses droits dans les esprits des petites têtes couronnées de cette soirée. À ses côtés, les Chevaucheurs semblaient tout aussi attentifs que lui. Les sifflements n’avaient certainement pas cessé sans conséquences collatérales. Les voix s’étaient élevées, les verres avaient été brisés, les trouble-fêtes s’étaient tus, et désormais que devait-il faire, lui, le fragile Chevaucheur ? Il se détendit peu à peu en observant les conversations reprendre de bon train, et adressa un sourire rassuré à Louison (alias Quitterie) près de lui. Ses muscles commençaient seulement à se détendre, sa magie s’apaisant dans ses veines, lorsqu’un nouveau sifflement brisa l’harmonie si chèrement instaurée (si la situation n’avait pas été si critique, Neve en aurait soupiré). Toutefois, le son n’eut pas le temps d’instaurer son emprise angoissante sur l’assemblée que déjà, un hurlement fit s’effondrer inéluctablement la concorde.

Une duchesse faë, à seulement quelques pas des Chevaucheurs, s’écroula au sol, inconsciente, alors qu’une couleuvre à diadème serpentait sans mal entre les convives. D’autres exclamations retentirent soudain, et le mot « serpent » traversa toutes les lèvres. Combien étaient-ils ? Avaient-ils atteint l’impératrice ? Qui les avait introduits dans la salle trône ? Les questions se bousculèrent avec entropie dans l’esprit du Neve, qui ne sachant faire la part des choses, décida d’agir plutôt que de rester pantois. Il jeta un regard alerté vers l’impératrice, s’assurant qu’elle n’avait rien et qu’aucune couleuvre ne s’était glissée jusqu’à elle, avant de s’en retourner à l’assemblée que la panique gagnait inéluctablement. N’ayant pas en mains suffisamment de cartes, ni de réponses, pour agir en conséquence, le jeune ansemarien décida de faire les choses dans l’ordre. Il commença par se précipiter vers la fameuse duchesse évanouie, portant le nom de Gaëtane selon les quelques courtisanes qui l’accompagnait. Elle gisait au sol, esseulée au cœur d’un cercle de convives effrayés, ne sachant comment intervenir. Si toutes les pensées du jeune ansemarien convergèrent de concert vers la duchesse évanouie, ce n’était pas par désir de se faire mousser par les têtes couronnées d’Arven, bien au contraire. Sa quête de discrétion se voyait littéralement abolie ce soir. S’il chercha à venir en aide à la victime effarouchée, réellement pathétique il fallait en convenir, c’était poussé par un nœud dans l’estomac qui l’étreignait depuis longtemps ; la peur de l’abandon. Dans une foule si compacte et paniquée, personne ne songeait à tirer quelque personne lambda d‘un quelconque danger. Une voix inconnue conforta Neve dans son geste :

Ce ne sont pas des serpents venimeux ! Ils ne sont pas dangereux, restez calmes, surtout pas de panique !

À ces mots, Neve assena un violent coup de pied au reptile qui se dandinait près de la duchesse, le projetant à plusieurs mètres de la foule compacte. L’objectif n’était pas de les tuer pour l’instant, seulement de les éloigner ; si les gardes impériaux désiraient découvrir l’origine d’un tel affront, autant que les reptiles soient en vie. Après quoi, le jeune ansemarien s’agenouilla vivement près de la duchesse, parée comme un paon provocateur. Il décida de faire abstraction de son grotesque accoutrement et appliqua ses mains sur son visage, concentré sur l’énergie magique qui l’habitait de nouveau. Quelques gouttes d’eau prirent consistance au bout de ses doigts, une fraîcheur apaisante enveloppa la fameuse Gaëtane, revigorante et vivifiante. Une poignée de secondes s’écoulèrent avant que la duchesse n’écarquille les yeux, comme tirée d’un mauvais rêve, et titube un instant en reprenant ses esprits. Neve se recula vivement, il n’y avait pas de temps à perdre avec les formalités, la panique risquait de gagner la foule à tout instant. Le jeune ansemarien balaya la salle du trône du regard, à la recherche des potentielles origines d’un pareil remue-ménage. Les serpents se dénombraient visiblement au nombre de dix, selon les exclamations indignées de la noblesse arvenienne. Le sombre message derrière leur soudaine apparition était plus qu’équivoque.

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Dernière édition par Neve l'Embrun le Mar 12 Jan - 18:29, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 17:04

Neve, enfin les chevaucheurs c’étaient mis entre eux et un potentiel danger, Sixtine étrangement n’avait pas peur, malgré l’histoire sanglante de ce palais. Elle se sentait prête à voler l’épée quasi décorative de son frère et à se défendre au besoin. Puis pour le moment ce n’était que des sifflets rien de dramatique. Chimène fit son discours et termina en présentant les buffets croulants sous les bonnes choses. Sans être impressionnable, Sixtine trouva que c’était ce qu’on appelait un sacré festin. Soudain un cri se fit entendre : des serpents. Une montée d’adrénaline lui monta dans le sang avant qu’une voix inconnue n’indique qu’ils n’étaient pas venimeux. Quelle sombre farce alors. Sixtine grimaça et se décida de rejoindre Neve qui s’était occupé de la duchesse de Cibella.
 
- Je vous avais dit que nous allions nous recroiser très vite, fit-elle avec un sourire tendre. Laissez-moi m’occuper de cette dame et exterminez moi cette vermine plutôt brave Neve.
 
Cela rimait et cela la réconforta comme si faire preuve d’humour pouvait atténuer le souvenir d’un terrible drame. Elle aida la Duchesse à se redresser et la teint fermement par le dos.
 
- Comment vous sentez vous ? Voulez-vous quelques choses de sucré ? Un peu de vin ?
 

La femme la regardait presque comme une apparition. La pauvre. Sixtine avait tellement peur de perdre le contrôle de son corps, c'était sans doute sa plus grande peur.


Dernière édition par Sixtine d'Ibélène le Lun 11 Jan - 18:27, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 17:53

La situation semble complètement leur échapper. La jeune impératrice est à court de mot devant le spectacle scandaleux auquel ils assistent. Au milieu des sifflements, des hommes et des femmes se rassemblent pourtant autour d'elle. Alméïde devine parmi eux des chevaucheurs et la voilà désormais rassurée ; si les événements devaient se précipiter, au moins, elle serait entre de bonnes mains. La princesse reste pourtant tendue. Cette attitude lui déplaît fortement. Pire, elle parvient à l'irriter, comme peu de choses le font. Il ne s'agit là que d'un comportement honteux, indigne de personnes de leur rang. N'ont-ils pas tous été un jour novices eux aussi ? Porter sur ses épaules des responsabilités qui ne lui étaient pas destinées n'a certainement rien de facile. Ces gens n'ont-ils donc aucune compassion pour cette nouvelle tête couronnée qui n'a rien demandé à personne ?

Le jeune Melbren, à ses côtés, semble partager son avis. Il sort de sa poche un appareil étrange qui lui est inconnu et elle l'observe sans savoir quelle attitude adopter. Que va-t-il donc faire avec ? Elle le voit qui souffle dedans et soudain la pièce s'emplit d'un son qui vibre dans l'air et qui s'amplifie jusqu'à ce que les verres de la plupart des convives éclatent dans leur main. La princesse d'Erebor assiste à ce spectacle d'un air interdit. Voilà un bien étrange instrument. Fascinant à vrai dire. Ce n'est probablement pas l'avis de la foule qui les entoure et dont la moitié voient leurs vêtements tachés d'une bien malencontreuse façon. La diversion semble pourtant avoir l'effet escompté. Les railleurs se sont tus un instant, juste le temps qu'il fallait à l'impératrice pour retrouver son aplomb et reprendre la parole par dessus le brouhaha confus d'invités surpris par les événements.

Alméïde parvient enfin à se détendre. La situation est reprise en main, Chimène semble légèrement ébranlée mais elle garde la tête haute malgré tout. La preuve d'une grande volonté et d'une maturité sur laquelle de nombreux convives devraient prendre exemple. La princesse du désert pensait alors pouvoir reprendre la soirée là où elle s'était arrêtée en avançant vers le buffet, mais l'agitation s'empare à nouveau de la salle. Des cris retentissent. De nouveaux sifflements également. Et une jeune femme s'évanouit, qu'elle reconnaît comme étant la duchesse de Cibella.

Confuse, elle regarde de tous les côtés pour comprendre la raison d'une telle agitation quand une femme déclame que les serpents ne sont pas venimeux. Les serpents ? « Oh non. Non non non. » Pas les couleuvres. Elles étaient censées être l'un des présents pour l'impératrice. Si la panique s'empare des convives, c'est sur Erebor que l'on pointera un doigt accusateur. Alors Alméïde s'avance jusqu'à la duchesse évanouie. Elle a aperçu un chevaucheur s'en approcher ; peut-être est-il doté de pouvoirs de guérison mais elle n'a pas envie d'attendre pour s'en assurer. Ce sont ses réflexes de médecin qui prennent le dessus et elle s'agenouille à ses côtés au même moment que la princesse d'Ibelene. « Non princesse, ne les tuez pas, ils sont inoffensifs. » Inoffensifs mais effrayés. Pauvres bêtes. « Il faisaient partie des présents pour l'impératrice, le verre de leur cage a dû éclater tout à l'heure en même temps que le reste. » En profitant pour terroriser la moitié de la salle. La princesse ne peut que compatir ; elle sait combien ces reptiles peuvent en effrayer plus d'un. Elle-même ne se trouverait pas en meilleure posture si elle devait se retrouver enfermée dans un endroit confiné. Ou pire, enterrée vivante.

Alméïde vérifie les signes vitaux de la duchesse et fait signe au chevaucheur à ses côtés. « Elle va bien, éloignez-la d'ici, faites lui boire quelque chose et emmenez-la prendre un peu l'air. » Elle ne court aucun danger. Et si les invités ne risquent rien face aux reptiles, une morsure reste douloureuse et les serpents sont trop excités. Elle cherche des yeux Anthim et sa suite pour obtenir un quelconque soutien et se redresse pour s'adresser à la foule. « Reculez, ils ne sont pas dangereux, juste effrayés. N'ayez pas peur, on va s'en occuper. » La question est désormais de savoir comment. Elle espère que ses comparses Erebiens vont se joindre rapidement à elle afin de rattraper les reptiles en fuite. Il s'agirait de ne pas causer d'incident diplomatique.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 18:14


Des sifflets désapprobateurs, des cris de protestation qui fusent pour y répondre, et puis ces verres qui éclatent d'un seul coup, sur les plateaux, sur les dessertes et dans les mains des convives créant un chahut terrible, au moment même où nous nous glissons dans la salle du trône. Et moi qui craignais que les gardes ne nous créent des difficultés ! Mais non, ils sont bien trop occupés à gérer l'agitation des invités, alors que les domestiques s'affairent à ramasser les morceaux de verre qui jonchent le sol.

La pauvre Chimène, entourée de ses vaillants Chevaucheurs et de la famille régnante d'Ibélène, est bien malmenée pour son anniversaire. Elle tente un discours de bienvenue bien terne, mais invite tout de même ses convives à profiter de la fête. À demi-dissimulée par les piliers, je cherche dans la foule un visage haï, je veux montrer Alméïde à Ismaïl, je veux qu'il voit la princesse d'Erebor qui a saboté ma vie, mon avenir en prenant ma place auprès d'Anthim. La voilà, elle parade, elle minaude près d'un jeune homme blond, alors que moi je me cache ! De nouveau, la colère qui enfle, malgré la main de mon ami pirate dans la mienne, malgré mes bonnes résolutions, elle gronde, elle siffle à mes oreilles comme ... Oh non ! Des serpents !

Alors que la foule se dirige vers les buffets, un cri d'effroi retentit. Dans un froufrou de tissu, s'affaisse une jeune femme au pied de laquelle ondule l'une des bestioles que j'abhorre le plus au monde depuis ma plus tendre enfance, un serpent. Mais pas n'importe lequel, je le reconnaîtrais entre mille : une couleuvre des sables. Une autre a surgi à l'autre extrémité de la salle semant la panique sur son passage.

- Regarde Ismaïl ! Des couleuvres des sables, des serpents d'Erebor ! Que font-ils ici ? Et là-bas c'est Alméïde, la princesse d'Erebor, ma demi-soeur.
Une femme s'écrie soudain que les reptiles ne sont pas dangereux. Non, c'est vrai, ils ne le sont pas, cependant leur morsure provoque des rougeurs et des démangeaisons fort désagréables. Il ne faut surtout pas y toucher et les exterminer le plus rapidement possible.
Sortant de l'ombre, je m'approche de la pauvre femme évanouie au chevet de laquelle se penche déjà un Chevaucheur et Sixtine, la princesse d'Ibélène. Mais Alméïde a eu la même idée que moi et s'est précipitée également. Je vais devoir l'affronter, mais tant pis l'occasion est trop belle :

- Laissez-moi prendre soin de cette dame, Princesse Sixtine, je suis médecin.
Puis j'ajoute plus fort afin d'être entendue du Chevaucheur qui s'éloigne, et des personnes attroupées autour de nous :

- Bonsoir Alméïde, vous reconnaissez ces serpents aussi bien que moi puisqu'ils viennent d'Erebor. C'est vous qui les avez apportés ! Que cherchiez vous à faire ? À nuire à l'Impératrice ? À  faire de sa fête un véritable capharnaüm ? C'est réussi ! Bravo ! Ces serpents ne sont pas venimeux, certes, mais leur morsure est particulièrement désagréable, et provoque des désagréments certains, l'auriez-vous oublié ? Quelle folie ! Que personne ne les approche ! Laissez les Chevaucheurs et les gardes s'en occuper, je vous en prie !

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Marquis d'Amar

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J'ai fait allégeance à : Fluctuante. S'il était fidèle à l'impératrice, il l'est nettement moins à l'empereur, bien qu'il se soit éloigné de Chimène de son vivant, par son attitude envers les mages du Sang. Il est malgré tout toujours fidèle à son duc, à son duché, et à Faërie.
Mes autres visages: Grâce de Sombregemme
Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 18:50

Les festivités organisées par l’Impératrice ne semblaient pas pouvoir se dérouler sans incident. Si l’on faisait abstraction de l’impolitesse de certains qui s’étaient permis de la siffler, un autre imprévu l’avait sitôt remplacé. Tristan s’efforça de sourire à Chimène, de manière assez maladroite toutefois, pour la rassurer, avant de se détourner à cause de nouveaux sifflements et du hurlement associé. Il fronça les sourcils, en voyant la dizaine de serpents glissant au sol. Il n’est pas particulièrement effrayé par les reptiles ; mais ça n’est pas le cas de la majorité des invités. L’effervescence revient, mais appuyée d’angoisse. L’affirmation de l’absence de générosité des serpents que fait une des convives ne parvient qu’à peu de choses, bien qu’elle soit relayée par d’autres pour bientôt faire le tour de la salle. Tristan s’arrête un instant sur elle. La voleuse qui s’était introduite chez lui. Que fait-elle là ? Il n’a guère le temps de s’attarder sur la question, mais il questionnerait assurément certaines des personnes présentes, pour en savoir plus sur elle. Il n’avait pas réellement confiance en elle. Fort heureusement, son affirmation était reprise par une jeune femme en qui Tristan avait étrangement confiance. L’érebienne l’avait soigné, mais avait aussi fait preuve d’une grande discrétion.

Le chevaucheur se rapprocha malgré tout de la scène, à la suite de Neve et des quelques autres qui se sont avancés vers la femme au sol, dont l’une d’entre elles qui semble déterminée à faire du grabuge. Fronçant à nouveau les sourcils, il parvint aux côtés de cette femme revendicatrice, tentant de se concentrer pour apaiser ses nerfs grâce à sa magie de guérison. Il n’était pas certain que cela fonctionnerait, mais il sentait l’humidité prendre possession de ses mains, et il espérait réussir à l’apaiser. Il était évident qu’elle n’était pas dans son état normal. Mais il était bien plus difficile de « soigner » une blessure qui n’était pas physique. Il s’y entrainait cependant régulièrement : outre sa peur d’échouer et de ne plus maitriser sa magie, il craignait énormément de ne plus réussir à soigner ses proches, quelle que soit l’affliction qui les frappe.

Si cela ne fonctionnait pas, il ne pourrait rien faire de plus. Mais peut-être perdrait-elle sa velléité. Sa tentative achevée, il tenta de manipuler des bulles d’eau pour enfermer les couleuvres dans certaines d’entre elles. C’était une maîtrise basique du pouvoir de mage de l’eau, et il n’y avait aucune raison que ça échoue. Il espérait simplement ne pas nuire aux serpents, et les asphyxier. Il ne pourrait pas forcément se concentrer longtemps, cependant. Cherchant du regard, il découvrit un panier qui serait assez grand pour les mettre, et qui lui semblait fermer assez bien.

Interpellant à un jeune homme non loin, Melbren, Tristan lui demande son aide.

« Amenez-moi ce panier, je vais essayer de les y faire entrer. Il faudra refermer promptement le couvercle, une fois qu’ils y seront. Je ne suis pas certain de les maintenir vivant longtemps dans l’eau, voire de les y maintenir tout simplement, il faut faire vite. »

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 2 EmptyLun 11 Jan - 19:23

Bertin avait toujours aimé les réunions mondaines, sauf quand il y était présent en tant que Chevaucheur plutôt que prince – parce qu’en tant que prince, il pouvait se contenter de boire, manger, et discuter toute la soirée. Une perspective bien plus réjouissante que de devoir jouer les gardes du corps (ce qui impliquait évidemment de rester sobre) (ce qui l’ennuyait considérablement). Mais le maréchal des flammes avait convoqué ses Chevaucheurs en cette occasion très particulière, et Bertin avait comme de bien entendu répondu à l’appel, désormais debout aux côté de l’impératrice, son éternel sourire suspendu à ses lèvres. Un sourire temporaire néanmoins : à peine la pauvre Chimène avait-elle commencé son discours que des sifflements avaient retenti, vite rabroués par son collègue Neve. Bertin lui-même n’était pas intervenu directement, mais un très léger mouvement de tête avait suffi à faire passer le message à Horatio, son fidèle familier qui se tenait un peu en retrait, et s’était avancé lourdement vers le fond de la salle inaccessible aux Chevaucheurs en grognant. Quelques exclamations et excuses s’étaient fait entendre face à l’imposant grizzli, et l’incident s’était clos peu après. Le prince d’Ansemer avait été incapable de retenir un rire. Ah, ces dissidents. Que de la gueule, bien entendu.

Horatio était revenu se poster auprès de son maître sous l’œil étonné ou admiratif des convives, et la soirée reprit son cours comme si rien ne s’était passé. Les Chevaucheurs reprirent leurs postes, et Bertin alla s’appuyer contre une colonne de marbre, les bras croisés sur son torse, ses yeux amusés scannant la foule qui se dirigeait déjà vers les buffets. Chimène avait beaucoup d’opposants, ce genre d’incident n’avait rien de surprenant. Maintenant que c’était réglé, ils pourraient peut-être passer une soirée tranquille...

Mais visiblement, rien n’était supposé se passer comme prévu. A peine Bertin avait-il eu le temps de se dire que cette soirée ne serait finalement pas si mal, qu’un hurlement strident suivi d’un bruit de chute se fit entendre. L’oreille aux aguets, Bertin se détacha de sa colonne et suivit quelques-uns de ses camarades en direction du bruit – pour découvrir, étalée sur le sol, la duchesse Gaëtane entourée de Neve, la princesse Sixtine, la princesse d’Erebor, une jeune femme qui avait l’air de connaître sa médecine… et des serpents.

« Par la barbe du Merlu. » lâcha le prince avant de grimacer face aux bestioles grouillantes qui tentaient d’onduler entre les pieds des gens. Quelques exclamations de frayeur retentissaient encore, et la princesse d’Erebor tentait tant bien que mal de rassurer son entourage, arguant qu’il ne s’agissait là que de couleuvres inoffensives. Bertin était tout disposé à la croire – en remerciant tout de même le ciel qu’il ne se fut pas agi de mygales. Dieu qu’il détestait ces sales bestioles à huit pattes qui hantaient ses cauchemars. Les araignées et lui, c’était décidément une grande histoire de haine. Ses pensées furent interrompues par la femme-médecin qui apostrophait violemment la malheureuse princesse – et Bertin jugea bon d’intervenir à son tour.

« Allons mesdames, inutile de causer plus de remous qu’il n’y en a déjà. » glissa-t-il en s’interposant discrètement entre les deux. Du coin de l'oeil il aperçut son autre collègue, Tristan, utiliser sa magie pour attraper les couleuvres, et songea qu'il fallait aller lui donner un coup de main. « Madame, puis-je abuser de votre générosité en laissant cette femme à vos bons soins ? » demanda-t-il à la jeune femme aux yeux aussi bleus que francs qui s’était emportée contre la princesse d’Erebor. Puis il se retourna vers son familier et siffla pour attirer son attention. « Quant à toi, viens donc aider Tristan à attraper des couleuvres ! » Il marqua une courte pause, avant d’ajouter, en fronçant les sourcils. « Non, tu ne les manges pas. Tu as entendu la princesse, ce sont des cadeaux pour l’impératrice. Manger le cadeau de quelqu’un d’autre, mais où donc as-tu appris tes manières ? »

Horatio laissa échapper un grognement contrit, mais obtempéra et entreprit de saisir une couleuvre, puis deux, entre ses crocs, sans pour autant les achever dans son impressionnante gueule. Bertin secoua la tête en soupirant. Décidément, cette soirée était plus agitée qu’il ne se l’était imaginé.

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