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 Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !

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Dragonnet du Chapitre • Version 4.3
Dragonnet du Chapitre • Version 4.3
Aaron de Sombreval
Aaron de Sombreval

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J'ai : 34 ans
Je suis : mage de l'Automne et chevaucheur ; fils du comte de Sombreval.

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Liam d'Outrevent
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyJeu 14 Jan - 18:35

Le sourire en coin apparut sur les lèvres d'Aaron disparut bien vite lorsqu'un hurlement se fit retentir dans la salle, quelques secondes avant que la Duchesse de Cibella ne s'effondre, perdant connaissance. Aussitôt, les nobles autour d'elle s'agitèrent tandis que tous découvraient la raison de cette frayeur. De longs et colorés serpents se répandirent dans la salle, sifflant et ondulant à leur aise au milieu de la foule.Trop gros pour Yetti, sans doute, elle qui raffolait des petits serpents. Ceux-là étaient d'une autre taille, néanmoins. Rapidement, quelqu'un annonçant que les reptiles n'étaient pas venimeux, une chance !

Tandis que certains vaquaient autour de la Duchesse évanouie, d'autres s'occupèrent des serpents, et chacun tenta de résoudre les choses à sa manière. Tristan tenta de les emprisonner dans une bulle d'eau, tandis que Bertin lâcha son ours à leur poursuite. Si le jeune cadet avait eu son familier, peut-être l'aurait-il lâché aussi. Arietty ne se serait sans doute pas risquer à tenter d'en faire son déjeuner, mais elle aurait au moins pris plaisir à les asticoter, bien que cela n'aurait sans doute pas arrangé les choses. Enfin, un groupe se fraya un passage au milieu de la foule, les bras chargés de paniers, tandis qu'une jeune femme se penchait pour saisir un serpent, avant de le poser autour de son cou.

Aaron frissonna. S'il ne craignait pas réellement les serpents, il n'était pas certain d'apprécier le contact de leur peau humide et visqueuse sur la sienne. Évidemment, c'était loin de l'effrayer autant que le vide, mais tout de même. Si le jeune cadet n'était pas un grand amateur de reptile, il préférait avoir affaire à eux plutôt que de voir la magie disparaître de Faërie, ou bien plutôt que de chuter d'Héritage. Au fond, il préférait les reptiles au vide, dans tous les sens du terme. A cette pensée, une angoisse fugace l'envahit, et une voix s'insinua rapidement dans sa tête : « Que se passe t-il ? ». Chassant ces sombres pensées, Aaron rassura Héritage de quelques mots brefs.

Tandis que les charmeurs de serpents ramassent leurs cadeaux non loin de Chimène, d'autres cris s'élèvent du fond de la salle, annonçant la présence d'autre reptile. Soufflant un grand coup, Aaron se décida donc à intervenir à son tour. Remontant jusqu'à la source du bruit, il découvrit d'autres reptiles semblables aux premiers. Après un instant d'hésitation, il se pencha pour en attraper un qui rampait placidement près de ses bottes. Tandis que le cadet soulevait son invité du sol, ce dernier se mit à se tortiller autour de ses mains, lui arrachant une grimace. D'un pas rapide, il se dirigea donc vers la jeune femme qui semblait fort à l'aise avec les reptiles, et lui tendit celui qu'il venait d'attraper, déclarant par la même occasion :

─ Je crois que ceci vous appartient. Je n'ai guère envie de l'emmener avec moi.

Spoiler:
 


Relations ♦️ Évolution ♦️ Jeu d'Omen
Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 V8TybSqu_o
Aaron darkred (haute voix)/gras (pensées) ; Héritage #6E6E6E ; Arietty #61210B
Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 175691TitreAaron2
Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 183231Quintal6
Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 512835TitreAaron1
Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 LabyrintheOcean
Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 LendemainGuerrePaix
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyVen 15 Jan - 21:30

Son regard. Je me flétris sur pied devant l’oeil noir que me jette Mélusine avant d’éponger le baron kyréen. Ce n’est pas tant la promesse de sévères remontrances que j’y lis qui me fait baisser la tête, non, les blâmes et les sermons ne m’effraient plus depuis longtemps. Mais ce regard qui crie “ Tu fais honte à notre nom , père serait tellement déçu, je suis tellement déçue...”, c’est là ma vraie punition, mon châtiment.
Derrière ma désinvolture et mon insouciance, derrière cette effronterie et ces sourires confiants, il y a eux, ma famille. Et mon désir de les rendre fiers de moi est égal à ma peur de les décevoir. Toutes ces bourdes que je fais, ces catastrophes que je cause, en dépit souvent, d’intentions louables... J’ai tellement peur de finir par jeter l'opprobre sur ma famille, de salir le nom des de Séverac. Peur de lire la honte et le dépit dans leurs yeux, comme maintenant.

C’est le cœur lourd et la gorge sèche que j’écoute l’impératrice prononcer enfin son discours de bienvenue et nous inviter à profiter des fastes de son palais. Mais, avant d’avoir pu faire un pas en direction du splendide buffet, un nouveau cri fouaille l’air, un hurlement d’effroi cette fois. Que se passe-t-il encore ? La duchesse de Cibella semble être à terre, sans connaissance tandis que les interrogations et les exclamations inquiètes fusent dans la salle. Des serpents, beaucoup de serpents. Des mouvements de panique contradictoires agitent la foule comme les remous d’un torrent. Je lance un rapide regard à ma sœur, est ce qu’elle aurait amené ses serpents avec elle ?  Non, elle paraît aussi surprise que tous, enfin presque tous.

A mes cotés, la princesse d’Erebor semble très agitée, elle s’élance vers la duchesse évanouie et je la suis sans trop savoir pourquoi, l’instinct et la curiosité sans doute. Puis, même si l’on a plusieurs fois crié que les serpents n’étaient pas dangereux, c’est plus prudent de rester à coté d’une native du désert. Elle s’avance au chevet de la noble Faë où se pressent déjà chevaucheurs, princesse Ibéenne et curieux. Je préfère rester en retrait, elle est médecin, moi je ne ferais que gêner, mais j’écoute et la confusion me noue le ventre.

Ainsi donc tout ce remue ménage est de mon fait,  non content de gâcher du vin, d’éclabousser mille toilettes et habits, voilà que je sème la panique et ruine le présent d’Erebor à la jeune impératrice. Dame ! Que de dégâts ! Pourvu que cela soit vite réglé et sans autre grave conséquence. Mais déjà, une erebienne se présentant comme médecin s’est agenouillée auprès de la duchesse et accuse Alméïde de vouloir nuire à l’impératrice et à sa soirée. Un instant j’hésite à intervenir, à la défendre, mais c’est mon invention qui a libéré les reptiles, si une seule personne présente m’a vu faire, c’est fini. J’ai passé la soirée en compagnie de la belle princesse, il ne faudra pas longtemps pour qu’on nous soupçonne d’avoir comploté ensemble pour saccager la réception. Le discrédit retombera sur elle comme sur moi. Non, je préfère effectuer un repli stratégique. Je m’éloigne discrètement du centre de l’attention générale, baissant la tête.

Je me dirige vers le buffet, bien décidé à noyer mes scrupules dans l’alcool et la bombance. Mais je n’ai pas fait dix pas que l’on me hèle, par mon nom de surcroît, de telle sorte qu’il m’est impossible d’ignorer l’importun. Je me tourne pour voir Tristan d’Amar se concentrer sur le transport aéro-aquatique de couleuvres. Quelle guigne de tomber sur le seul chevaucheur qui me connaisse. Je regarde le panier qu’il me demande d’approcher, oui je dois pouvoir faire ça sans risquer de tout faire exploser. Je le lui amène en écoutant ses recommandations, refermer une simple corbeille ne devrait pas non plus engendrer de catastrophe. Je soulève le couvercle devant moi et hoche la tête à l’intention du faë.

Je suis prêt, déposez les dedans.

Aussitôt les reptiles tombés bien au fond du panier, je repose le couvercle, les enfermant à l’intérieur. J’ai à peine le temps de saluer plus avant le chevaucheur que j’entends la voix orageuse de mon aînée vitupérer à l’encontre des méthodes de capture des mages.

Marquis, je m’incline légèrement. Je vous laisse poursuivre votre battue et débattre des bienfaits de l’eau sur les couleuvres du désert avec ma sœur là bas, bon courage.

Je m’éclipse sans attendre sa réponse et rejoins sans nouvelle interruption l’immense buffet. J’attrape sur un plateau l’un de ces verres enchantés dont la réputation de solidité ne semble pas extorquée. Je le fais tourner dans mes doigts avec un mince sourire. Damnée magie, tu as toujours le dernier mot hein ? Enfin pour une fois, ça m’arrange. Sur cette pensée je le vide d’un trait. Haaaa ! Que c’est bon !


Spoiler:
 


Dernière édition par Melbren de Séverac le Dim 17 Jan - 16:15, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptySam 16 Jan - 22:27

Au moment où les premiers serpents se firent entendre, Nyx, le familier d’Elyo s’agita. Le Maréchal, qui n’en croyait pas ses yeux, entendit au même moment un long hurlement appartenant à une duchesse avant que celle-ci ne tourne de l’œil. Le semblant de calme volait à présent en éclat. Du coin de son œil, Elyo vit l’impératrice s’agiter ; il fallait agir. Il vit alors ce qui semblait être un médecin de la Cour d’Ibelin accuser une noble d’avoir fomenté un complot. Il vit tous ces gens attroupé autour de la duchesse, cherchant plus à marquer une alliance qu’à la ranimer. Il vit les gardes, les invités, chacun tentant de faire la chasse aux serpents qui fourmillaient sur le sol du palais, tirant encore quelques cris suraigües aux quelques nobles dont ils s’approchaient trop près. Il vit ce était probablement un pirate, qui se croyait sans doute discret tandis qu’il colportait la panique et le chaos sur ces voisins. Il vit alors la scène de haut, comme un plateau sur lequel serait posé une centaine de dominos, tombant les uns après les autres, entrainant leurs voisins dans une décadence inéluctable. Enfin, il vit Nyx, un serpent dans les serres. Elyo s’en saisit, et observa cet animal de malheur. Sans qu’il s’en soit rendu compte, son visage s’était entièrement figé dans une expression meurtrière. Saloperie d’animal, cause de tout cela… Les poings d’Elyo se serrèrent, et broyèrent l’animal qui n’avait de cesse de se débattre. Une chaleur dévastatrice s’empara de son corps ; ses yeux s’embrasèrent. Il se rua sur le panier remplis de serpents, percutant violement le pirate sans pour autant s’en apercevoir. Après s’être saisit du panier, il le projeta de toutes ses forces contre le mur ; il s’enflamma immédiatement lors de l’impact. Un hurlement sourd ébranla les murs du palais…

Elyo ouvrit les yeux, le serpent dans les mains. Toujours au côté de Chimène, il observa le reptile… son souffle s’était légèrement  accéléré. Il prit lentement conscience de ce qu’il venait de lui arriver… Un frisson d’effroi lui parcouru l’échine ; par-dessus tout, il ne pouvait se laisser aller. Rien n’aurait été pire, et cette simple pensée lui glaçait le sang.  Il observa à nouveau Chimène : la situation semblait l’agacer au plus haut point. Le Maréchal se décida alors à bouger. Il se fondit dans la foule, et tenta de calmer les îlots de nobles qui se formaient. Bien qu’ils fussent d’ordinaire prompts à s’emporter, l’air parfaitement sûr de lui suffisait à les calmer. A moins que ce ne fût le serpent, toujours dans les mains d’Elyo, qu’il tenait fermement sans même y penser…
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyDim 17 Jan - 18:00

Les reproches sont lâchés tels des bombes à retardement qui je l'espère jetteront le discrédit sur Alméïde. Mais les reptiles fugueurs qui sinuaient au travers de la foule paniquée sont soudain emprisonnés dans d'étranges bulles d'eau magiques, créées sans doute par l'un des Chevaucheurs. D'ailleurs l'un d'eux doit tenter d'user de sa Magie sur moi, car je me sens soudain vidée de toute énergie, de toute colère. C'est une sensation déconcertante qui me submerge, et m'apaise soudainement. Décontenancée, je me relève alors qu'une jeune femme emmène au calme la Duchesse de Cibella, sans même nous laisser Alméïde et moi l'examiner, décidément ces Chevaucheurs ne doutent de rien ! Quelle arrogance ! Leur magie n'est pas la seule à guérir. Surtout de simples vapeurs !

Un autre de ces singuliers dragonniers jaillit à mes côtés tentant par des mots apaisants de désamorcer la dispute. Mais le plus insolite, c'est cet ours qui l'accompagne et se met en chasse pour enserrer les ophidiens dans sa gueule. Qu'il les mange, ces horribles bestioles, après tout la nature est ainsi faite, chacun a son prédateur. En ce qui me concerne, moins il en restera mieux ce sera.

C'est un vrai tourbillon mondain qui s'agite autour de nous ! Sixtine m'apporte un soutien inespéré ce dont je la remercie d'un signe de tête et d'un sourire. Amener ces serpents était vraiment d'une bêtise sans nom, je doute que la jeune Impératrice soit passionnée par l'élevage de reptiles. D'autant qu'ils risquent de mourir de froid en Cibella.
Ismaïl, tel un preux chevalier, vient à ma rescousse et désigne d'autres serpents à attraper à l'autre bout de la salle. Tel que je le connais, il tente certainement de m'aider en semant un peu plus la zizanie parmi les invités. Puis c'est le Duc de Sombreciel qui nous rejoint et glisse son bras sous celui d'Alméïde pour l'entraîner vers le buffet, non sans avoir lâché un commentaire plutôt acide sur les Chevaucheurs.

Déçue, je reste là, bras ballants, alors que l'incident semble clos aussi rapidement qu'il a débuté. Les charmeurs de serpents érébiens récupèrent les couleuvres dans de grands paniers d'osier, avec l'aide du benjamin des Séverac, dont je reconnais la blondeur et les traits juvéniles.

Encore une tentative de nuire à Alméïde qui se solde en un lamentable échec, suis-je donc définitivement poursuivie par la malchance ? Par bonheur la présence et le sourire d'Ismaïl sont d'un réconfort inestimable. Je vais le rejoindre, mais avant :

- Princesse Sixtine, merci encore de votre soutien. Ces horreurs sont enfin hors d'état de nuire.  Quelle stupide idée de cadeau ! J'espère que votre tante n'en tiendra pas rigueur à Erebor, la princesse Alméïde est la seule fautive. Enfin l'heure est aux réjouissances.
Je me retourne et attire vers nous mon ami pirate :

- Mais je manque à tous mes devoirs, je vous présente Ismaïl de L'Ancre, un ami très cher de Lorgol.
C'est alors que j'aperçois la Marquise de Sinsarelle qui a passé autour de son cou l'un des serpents qu'elle cajole. Un frisson de dégoût me parcourt, je croyais qu'ils étaient tous enfermés. La seule chose qui m'intéresse dans ces maudites bestioles, c'est leur venin qu'il m'arrive d'utiliser dans certaines médications.

Une couleuvre à la main, le Maréchal de Flamme convainc les invités d'oublier l'incident et d'aller se restaurer aux buffets qui foisonnent de mets raffinés et délicats. Ce qu'ils s'empressent de faire.
Il ne me reste plus qu'à suivre ma résolution de profiter de cette fête, auprès d'Ismaïl, ce sera certainement très réjouissant ...

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Le Destin
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J'ai : un âge au dessus de toute raison.
Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyDim 17 Jan - 22:55




Chroniques d'Arven

Ce soir, on danse

Intrigue 1.1



Intrigue animée par Delrya


Une grande fête

Le chaos indescriptible qui s'est emparé de l'assemblée semble se calmer. Un à un, les reptiles regagnent leurs paniers et leurs cages, sous la houlette attentive des gardes et Chevaucheurs présents. Confiée à des soins attentifs, la duchesse de Cibella reprend doucement connaissance et se retire, encore quelque peu ébranlée, non sans remercier chaleureusement ceux qui ont pris soin d'elle.

De son côté, Chimène qui avait sitôt été écartée du danger, revient au devant de la scène. Et si elle cache admirablement son trouble, il n'en reste pas moins que la jeune impératrice semble indécise quant à la suite à donner à cet incident. Faut-il mettre fin à cette soirée sur laquelle elle mise tant ? Persévérer, au risque de voir les choses se gâter davantage ? Après un bref instant de silence, chacun attendant un mot de sa part, Chimène esquisse finalement un geste en direction des buffets dédaignés. Ses détracteurs pourront blâmer sa jeunesse, son inexpérience et même sa naïveté, mais elle refuse de montrer une trace de faiblesse ou de lâcheté.

Les festivités reprennent donc, malgré la tension manifeste qui règne et les œillades méfiantes envers la délégation erebienne.


Les suggestions du Destin

Décidément, les dragonnets sont bien dociles... Et le Destin en est fort aise. Mais puisque tous lui obéissent si bien, le voici qui décidé de corser encore le jeu...

Pour ce tour, vous devrez placer dans votre RP au moins une rime composée de deux alexandrins.



Ce tour de jeu durera jusqu'au dimanche 24 janvier 2016 inclus.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyMar 19 Jan - 9:05



Inutile de se lamenter, la tactique utilisée par mon joli toubib n'a pas été couronnée de succès, et cette Alméïde a échappé à l'opprobre suprême, celle qu'aurait pu lui jeter le gratin de ce monde. Pour réussir un tel tour de force, c'est-à-dire jeter le discrédit sur la protégée du Duc d'Erebor, il fallait sans doute davantage qu'une improvisation, même si cette-dernière m'a paru brillante et pleine d'astuce. Cent fois sur le métier remettre son ouvrage, précise l'adage. Moi je dirais plutôt : « Laisser mûrir son plan, humer d'où vient le vent, ourdir avec talent, puis châtier l'impudent ! »

Siméane me lance une œillade insistante, et je la rejoins aussitôt, me campant à ses côtés. S'il n'en reste qu'un, je serai celui-là. Nous le savons tous les deux. A ma vive surprise, mon amie de cœur me présente la princesse Sixtine, laquelle, si j'ai bien suivi, lui a apporté son soutien lors de l'algarade avec sa demi-sœur. Siméane n'ignore pas à quel point j'exècre la noblesse, dans sa quasi-totalité, mais cette jeune princesse doit être quelqu'un de très particulier pour qu'elle prenne la peine de me la faire connaître. De très particulier et de très proche d'elle, assurément. Je me sens un peu godiche, ignorant les convenances et les bonnes manières, mais je fais de mon mieux pour témoigner toute mon estime et tout mon respect à cette alliée dont j'ignorais l'existence. Nous suivons alors le flot des invités, en direction du buffet copieusement garni. On ne se prive de rien, dans l'aristocratie. Les pouilleux survivent, les nobles font ripaille. Le poisson pour le duc, l'arête à la canaille ...

De petits verres d'un alcool apparemment corsé me font de l’œil, et j'en rafle deux sur le coin d'un tréteau, orné de napperons blancs, et aussi long que ma mansarde de Lorgol. J'en tends un à ma Samy, laquelle, en d'autres circonstances, moins officielles, moins guindées, m'a démontré qu'elle ne dédaignait pas un gorgeon de vilain tord-boyaux. Je me penche ensuite vers le lobe de son oreille, en déposant au passage un baiser furtif sur son épaule nue. J'ai décidé de la taquiner, de l'amuser, afin que nous profitions plus amplement de nos retrouvailles.

- Crois-tu qu'une ou deux chansons de marins dérideraient tout ce beau linge, ma mie ? Je viens récemment d'apprendre « Les quatre filles du roi ont de grosses tétines, et quand elles se nettoient débordent les bassines ... », et cela me semble tout indiqué pour divertir tous les pignoufs qui nous entourent. Qu'en penses-tu, ma belle amie ? Accorderais-tu ta voix à la mienne ?

Je la dévisage, d'un air particulièrement sérieux, même si, bien évidemment, je ne compte nullement pousser la chansonnette. Je doute cependant que Siméane en soit totalement convaincue. Ne suis-je pas capable de toutes les audaces et de toutes les extravagances ?

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyMar 19 Jan - 22:58

Le geste de l’impératrice était mal assuré, mais salvateur. Elyo, qui tentait de calmer les esprits, divertissaient les quelques groupes de convives, tantôt en leur contant quelques anecdotes de Chevaucheurs, tantôt – dans un jeu de comédien exceptionnel – faisant mine de s’intéresser aux affaires de chacun. Une sœur, dîtes-vous ? Et votre domaine ? J’espère que vous me le ferez visiter ! Ce que récoltait Elyo ne l’intéressait guère, mais au contraire le rassurait. Pourtant, tandis que les sourires mondains se redressaient, une question lancinante sifflait aux oreilles du Maréchal : que s’était-il passé ? Qui souriait à présent que les convives se remettaient de leur frayeur, aussi prompt à se rassurer qu’à reconsidérer leur rôle dans les évènements ? Quelque chose de profondément vicieux se cachait là-dessous, et le vieux Chevaucheur n’était en rien serein.

– Un avertissement ?

Elyo hocha la tête. Tandis que les nobles d’Arven goûtaient aux plats succulents qui leurs étaient réservés, le Maréchal s’était frayé un chemin jusqu’aux tables. Son appétit était presque aussi connu que son grade – et ce dernier en était bien plus fier ! Adossé à un mur, l’air perplexe, il reconnut la silhouette de Neve. Ce jeune garçon était frêle, mais touchant. Elyo se fit la réflexion que si d’aucun cherchait d’ordinaire à cacher ses propres faiblesses, Neve n’en faisait pas partie. Ses faiblesses le dépassaient, et paradoxalement le sublimaient. Ce jeune homme était un pur esprit, d’une acuité rare. D’un sourire, il l’invita à s’assoir.

- Excellent vin, n’est-ce pas ?

- Excellent vin, oui… Craignez-vous quelques gouttes de cigües ?


Le Maréchal  appréciait la vivacité de son élève. Il prit alors ses aises, se resservit un ballon du liquide grenat et le leva très haut au ciel en murmurant ces mots « à la tienne, ma belle ». Ses yeux se reposèrent sur ceux de Neve.

- Laisse-moi te dire ces mots : il n’est pas en ces lieux
le moindre énergumèn' qui n’aspire aux cieux.


Il prit une grande inspiration, puis se leva. Dans un sourire triomphant, les bras grands ouverts, il déclara :

J’accuse ceux de la délégation d’Erébor d’avoir été les ouvriers – maladroits, j’ose encore l’espérer – d’une machination malencontreuse, qui aurait pu dégénérer.

J’accuse la demi-sœur du duc d’Erebor, Alméïde d’Erebor, régisseuse du Harem et médecin à ses heures perdues, d’une formidable naïveté, dont les conséquences la dépassent.

J’accuse la famille d’Ibélène, en particulier le côté maternel, de savourer silencieusement une situation qui nécessiterait le recours de chacun.

J’accuse l’empereur Augustus, dont la grandeur d’âme n’est plus à prouver, de ne pas avoir su tempérer sa femme par les sacrements matrimoniaux.

J’accuse ici les esprits séditieux et malhonnêtes, si tant est qu’esprit soit le terme adéquat, de n’avoir aucune estime, ni pour Faërie, ni pour Ibélène.

J’accuse la passivité de convives qui de toutes évidences n’ont pas leur place ici, mais qui se sont laissés guider par le gout du vin… Si seulement le lait maternel n’en avait pas été saturé.

J’accuse enfin tout personnage dont la malice dépasse les limites de la bienveillance, de tirer leurs profits d’un conflit qui les dépasse. Arven est une terre duelle et magnifique, dans laquelle je fonde mes espoirs. Je n’ai qu’une passion, et c’est celle du rayonnement de cette terre. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en justice pour calomnie et que l’enquête sur les incidents de cette soirée ait lieu au grand jour !

J’attends
.


Le Maréchal s’assit, le sourire aux lèvres, et le verre à la main.


Dernière édition par Elyo Hautmistral le Mer 20 Jan - 16:26, édité 1 fois
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Les Chevaucheurs
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Tristan d'Amar
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Je suis : Capitaine de Vol de l'Escadron de Chevaucheurs de Lagrance
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J'ai fait allégeance à : Fluctuante. S'il était fidèle à l'impératrice, il l'est nettement moins à l'empereur, bien qu'il se soit éloigné de Chimène de son vivant, par son attitude envers les mages du Sang. Il est malgré tout toujours fidèle à son duc, à son duché, et à Faërie.
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyMer 20 Jan - 1:06

Ne me remerciez pas, imaginez vous mon supposé alexandrin sur cet air :
 

Un ours. Tristan ne s’habituerait jamais à voir un tel familier. Aussi massif, aussi encombrant. Il ne convenait pas de toucher le familier de qui que ce soit, mais éviter une créature prenant tant de place relevait presque de l’impossible à ses yeux. Le voir évoluer aussi librement et s’entendre de cette manière fit naître une bouffée de jalousie dans l’esprit du chevaucheur qui l’étouffa plutôt bien, ou la masqua du moins grâce à sa concentration pour ne pas relâcher les serpents ni les asphyxier. Une tâche plus ardue qu’il n’y paraissait, qui lui demandait une énergie considérable. Il ne se rendait pas compte de l’intensité avec laquelle il puisait dans ses forces, pas plus qu’il n’agissait consciemment en guérissant les serpents qu’il blessait en fait.

Le chevaucheur se concentre, essayant de faire abstraction des bruits ambiants – la panique, les querelles, les quolibets plus ou moins sympathiques, cela ne lui importe pas. Seuls comptent les serpents et sa magie. Sa maîtrise qu’il veut parfaite. Sa maitrise qui ne peut que l’être. L’arrivée des charmeurs de serpents, et l’intervention d’une jeune femme qui leur somme d’arrêter perturbe le mage qui relâche sa concentration et qui, s’il libère les serpents – fort heureusement au-dessus du panier amené aimablement par Melbren -, ne dématérialise pas les bulles d’eau par inattention. Sentant soudainement l’ampleur de l’énergie que la magie a drainée en lui, cette même magie échappe à son contrôle, et de nombreuses gouttes d’eau se dirigent vers le duc de Sombreciel, jusqu’à reformer la bulle au-dessus de lui, et finalement retomber comme un soufflé.

Fort heureusement, ou bien malheureusement, tournant le dos au duc, Tristan ne s’en aperçoit pas, et se concentre plutôt sur la scène cavalière qui se passe sous ses yeux. Des serpents, ramassés par beaucoup de convives, avec une grâce qu’il n’avait que rarement vue jusqu’ici. Et pourtant, chevaucher un dragon est la chose la plus gracieuse qu’il soit. Subjugué par ce spectacle, il n’en détourne pas les yeux un instant. Dans sa tête, si son air absent peut le trahir, retentit une mélopée dont il a un vague souvenir sans bien savoir lequel.

« Reptil' du soleil, tu parcours la terr', le sabl’,
Les charmeurs t’appell', ils t’attir', sont agréabl’.
»

Tristan secoua brièvement la tête, sorti de sa rêverie par la voix du Maréchal des Flammes, qui faisait une déclaration pour la moins… ubuesque. Dissimulant mal sa surprise, il laissa transparaître pendant quelques secondes, ou peut-être même pendant une minute complète voire deux, l’envie qui le consumait. Cette envie de faire ses preuves, d’être le meilleur, de devenir Maréchal des Flammes. Oh, il faisait confiance à son supérieur et mentor, mais… Il aspirait à plus. Encore, et toujours.

Spoiler:
 










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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyMer 20 Jan - 22:50

Sur les tables s’étalent flacons et bouteilles,
Alcools lagrans au goût de mûre ou de groseille,
Vins outreventois à la belle robe vermeille,
Liqueurs de Sombreciel à la force sans pareille.
Cinq, six, huit, bien trop vite les verres s'enchaînent
Et je pense à ma décision pas si lointaine.
Malgré toutes mes belles paroles , mes promesses,
Il n’aura fallu que peu de temps avant qu’ivresse,
Cette compagne exigeante, ne reprenne possession
De mon corps, chassant toutes mes appréhensions.
Enivrante euphorie, ô montre moi ton monde
Aux couleurs éclatantes, aux joies si profondes.
Ô Erelf, ne rends pas mes joues rubicondes
Donne moi le charme, l’aisance et la faconde
Qui sauront subjuguer en quelques secondes
Les plus farouches comme les plus pudibondes.

J’avale un dernier verre d’un breuvage délicieux
Et, arborant fièrement un sourire audacieux
Je me tourne enfin vers la foule qui s’avance.
Ceux là même qui sifflaient, quelle outrecuidance.
Ils sont tels les vautours dont la chasse prend fin
Qui viennent pour la curée, cachant sous leur parfums
Les fétides relents de leur nature de charogne.
Ils se jettent sur les plats sans aucune vergogne
Et boivent les vins à la lie, ô parfaits ivrognes.
Devant un tel spectacle je sens monter ma rogne.
Mais je me détourne et me force à me détendre
Ce n’est ni lieu ni heure pour causer un esclandre.

Mais cette conviction n’est pas partagée par tous
Et résonnant dans la salle comme une secousse
La voix du Maréchal s'élève, accablante.
Pourquoi donc déjà rouvrir la plaie purulente ?
J’écoute abasourdi le long réquisitoire
Étonné par le ton bien trop ostentatoire.
Ce n’est pas ainsi, vieil homme qu’on obtient victoire
Pensé-je en observant l’effet sur l’auditoire.
Chevaucheurs, vous avez oublié un reptile !
Venimeux si j’en croit ce que sa langue bifide
Crache comme médisances et propos hostiles
Sur Ibélène n’épargnant pas même Alméïde.
Sans vraiment écouter les dernières réprimandes
Du maréchal, je cherche dans la foule gourmande
La belle silhouette de la charmante princesse.
Il ne faut pas longtemps pour qu’elle m'apparaisse
Au côté d’un Castiel trempé et ruisselant.
Et j’admire ce spectacle rare, captivé.
Par Mirta, mon frère, que t’est-il donc arrivé
Pour que tu ressemble ainsi à un éperlan ?

Pourtant malgré ma curiosité je préfère
Épier la belle erebienne au bras de mon frère
D’ici je ne peux voir si les propos sévères
Du maréchal l’ont troublée ou s’ils l’indiffèrent
Mais les pans épars de mon manteau entrouvert
Laissent distinguer les voiles de sa tenue légère
Et c’est l’oeil baladeur que je contemple sa robe
Jusqu’à ce que sous mon pied le sol se dérobe.
Comment donc, ô dieux, peut il être ainsi instable ?
Je souris, essayant de rester présentable
Mais je suis forcé, d’une main, d’agripper la table
Pour m’éviter une chute ô combien lamentable.
J’ai comme un vertige, comme une pression sur le cœur
Que je sens s’accroître pour mon plus grand malheur.
Et je fais appel à tout mes talents d’acteur
Pour camoufler autant que possible mes vapeurs.

Soudain je me sens mal, nul besoin de croquis.
La nausée qui hurle en moi, ne bois plus ce vin,
Elle est bien trop forte, j’ai lutté mais en vain.
Je cours vers l’entrée, bouscule servants et marquis.
Je lance mes excuses d’une voix nasillarde,
Mille pardons combien empressés et circonspects.
J’arrive sur une terrasse où patrouillent quelques gardes.
Je les ignore et me penche sur le parapet.
Et je crache dans le vide des flots pellucides,
Je tousse mes boyaux dans une purge acide
Qui me laisse pantelant comme le faon mis au monde.
Je laisse là quelques temps ma carcasse moribonde
Puis, ayant recouvré quelques forces précaires
Mais de rejoindre la fête nulle velléité
Je descend d’une démarche d’octogénaire
Un court escalier, priant les divinités
Pour ne pas m’écrouler. Puis j’observe les parterres
florissants. Alors, sans l’avoir prémédité,
J’avance avec dans la gorge le goût amer
De l'excès et je m’éloigne des festivités.
Perdu dans les allées de ce jardin d’hiver
Le vent froid est le prix de ma sobriété.

Je marche doucement, le visage offert au vent.
J’écoute le bruit des graviers tout en rêvant,
Me demandant bien ce qu’il se passe au festin.
Où en est donc ce jugement de mascarade ?
Indécis, je continue encore ma balade
Puis, convaincu que mon cœur et mes intestins
Ont récupéré toute leur vigueur légendaire,
Je m’en retourne vers la salle de réception,
L’estomac vide mais décidé à satisfaire
Cette fringale en goûtant chaque plat sans exception.


Spoiler:
 
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyJeu 21 Jan - 11:15

Spoiler:
 


Neve demeurait abasourdi, perdu entre les algarades et les exclamations qui agitaient l’assemblée. Des accusations précoces, des remontrances, des sifflements de vipère, des contestations ; la foule furibonde se cabrait comme un beau diable. Si les serpents retrouvaient peu à peu leur habitat d’origine dans les larges paniers des érebiens, soulevés habilement dans les bulles d’eau de Tristan, les arveniens n’en étaient pas à leur coup d’essai en matière de conflits. Après être venu au secours de la duchesse de Cibella, Gaëtane, Neve avait préféré la laissé au soin des médecins ibelins. Toute la noblesse d’Arven s’était attroupée autour d’elle en quelques instants, comme les badauds curieux qui se joignent aux altercations urbaines. Le jeune ansemarien jeta un regard interrogateur au Maréchal de Flammes, Elyo Hautmistral, qui n’avait pas cillé d’un iota, mais dont l’extrême frustration se propageait comme une aura destructrice. Il observa son visage contrit de colère, ses poings serrés et sa posture menaçante. Il détourna les yeux, et dans une entrepris désespérée, tâcha d’apaiser la foule désordonnée.

Se concentrant avec une rare acuité, Neve tâcha de rafraîchir l’air ambiant, condensant la légère humidité de l’air en des cristaux microscopiques. Bien que son acte ne fut pas décisif dans l’apaisement inexorable de l’assemblée, le jeune ansemarien fut rassuré de voir les évènements prendre une tournure plus calme. L’impératrice Chimène reparut, troublée mais forte, et tâcha de reprendre les rênes de la soirée d’une poigne assurée. D’un geste délicat, elle indiqua les buffets disposés sur les ailes de la salle, alourdis de mets divers et variés, succulents et extravagants, de liqueurs mordorées et de vins rubiconds. Gaëtane reprit ses esprits, les médecins se dispersèrent, les serpents furent reconduits hors de la salle du trône, et les nobles se dirigèrent d’un commun accord vers un dîner chèrement acquis. Neve s’apprêtait à soupirer de soulagement, lorsque l’extravagance de la soirée se sublima à nouveau : un ours immense se dandinait dans la salle du trône, tantôt folichon, tantôt concentré à aider son compagnon d’âme, un certain Bertin d’Ansemer que le jeune ansemarien commençait à connaître. Cet ours, Horatio de son petit nom, Neve l’avait déjà rencontré auparavant. Toutefois, il connotait au cœur de cette haute assemblée. Le jeune Chevaucheur s’autorisa enfin à soupirer.

La soirée reprit un cours lent et passif, comme toute soirée mondaine, et tandis que les convives se pressaient autour des buffets, Neve se joignit à Elyo, demeuré près de l’impératrice Chimène. D’une voix timide, il s’adressa à son supérieur au sujet des récents évènements, non plus inquiet mais sérieux. Le Maréchal de Flammes se servit une nouvelle coupe de vin grenat ; visiblement, une idée nouvelle émergeait dans son esprit.

Excellent vin, n’est-ce pas ?

Excellent vin, oui… Craignez-vous quelques gouttes de cigües ? se risqua le jeune ansemarien.

Elyo ne répondit pas immédiatement, mais les quelques vers qu’il enchaîna conforta Neve dans ses spéculations : il n’allait pas demeurer ainsi sans rien faire une éternité durant, sans même prendre la défense explicite de son impératrice. Et en effet, une poignée de secondes s’écoulèrent avant que le Maréchal de Flammes, d’une voix forte, expose un réquisitoire sensé, mais extravagant comme aucun autre, à l’endroit de la diligence d’Ibélène. Toutes les têtes couronnées furent visées, d’Augustus à sa femme, d’une certaine Alméïde aux esprits pervers qui avait commandité une telle algarade. Neve jeta un regard ahuri à son supérieur, pantois devant son discours accusateur. J’attends, telle était son ultime parole. Le jeune ansemarien n’eut pas le courage de terminer son verre de vin. Les yeux des autres Chevaucheurs s’étaient pareillement retournés vers le Maréchal de Flammes. Neve croisa le regard pour le moins surprit de Tristan, qu’il rejoignit, mal assuré.

Où donc nous abandonnent ces froides altercations, vers le conflit duel entre nos deux nations ? souffla-t-il à son camarade.

Spoiler:
 


Dernière édition par Neve l'Embrun le Ven 22 Jan - 9:28, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyJeu 21 Jan - 13:28

Les serpents avaient été une surprise de taille, tout le monde avait paniqué et l'agitation avait gagné la foule des nobles invités. Si ça avait été une mauvaise blague, Jhali aurait trouvé ça pour le moins amusant. Mais il ne s'agissait en fait que d'un cadeau qui avait mal tourné. Comment pouvait-on laisser des serpents s'échapper de la sorte...? Ce n'était pas comme si ils étaient capables de casser eux-mêmes les cages en verre. Vraiment, ces gens n'avaient rien de professionnels, juste des maladroits, probablement. Ou ils voulaient semer le chaos dans la soirée. Jhali ne parvenait pas à trancher sur la question et était perdue dans ses pensées, pendant que tout le monde se remettait peu à peu et des gens s'étaient mis à aider la femme inconsciente. Le reste des mésaventures n'aurait pas intéressé Jhali si un jeune homme n'était pas venu la sortir de ses rêveries. Il lui tendait l'un des serpents avec un air mal à l'aise. Il était avec les autres Chevaucheurs, il devait en être un lui-même sûrement. Jhali attrapa le serpent avec douceur, elle savait manier ces bêtes-là, elle les avait longtemps étudiés, entre autres choses qui l'avaient intéressée. Le serpent autour de son cou, elle examina un peu le Chevaucheur, il n'avait pas l'air bien méchant, juste mal à l'aise avec les serpents. Etrange pour quelqu'un qui montait un gros reptile.
" Cette charmante bête ne vous fera rien,
Elle est aussi terrifiée que vous l'êtes vous.
Alors de me la confier vous faites bien,
C'est évident que je suis plus à l'aise que vous. "

Chose assez rare, elle lui sourit néanmoins, l'étrangeté de la soirée la faisait sourire et l'amusait un peu malgré tout. La jeune Chimène déclara que la fête devait continuer, les serpents étaient à nouveau enfermés, à l'exception de celui que Jhali gardait sur ses épaules. Elle porta son attention sur son nouveau "compagnon", discuter avec un Chevaucheur pouvait être intéressant. Du moins, un Chevaucheur qu'elle n'avait pas essayé de voler, comme le jeune Tristan qu'elle avait vu non loin de Chimène...
" Vous êtes un Chevaucheur il me semble n'est-ce pas ? J'ai toujours voulu voir un dragon en vrai, ils sont si beaux, si dangereux... "
Mais l'empoisonneuse fut interrompue par une voix tonitruante qui fit taire toutes les conversations. Cet homme, garde éminent de l'impératrice, probablement le Maréchal de Flammes, était odieux et violent à l'égard de tous ces gens assemblés, qu'ils soient de Faërie ou non, il ne pouvait pas dire des choses pareilles. Jhali n'était pas plus attachée à Faërie qu'à Ibélène, elle était une fille de Lorgol. Mais ces propos la choquaient au plus haut point, tout comme la suffisance et l'arrogance qu'elle lisait sur ses traits, il semblait être typiquement le genre d'hommes à la dégouter, imbus d'eux-mêmes...Ne mesurant ni ses gestes ni ses humeurs, elle attrapa le verre d'une convive non loin d'elle et l'expédia vers cet impudent aussi fort qu'elle le put, dans l'espoir de le toucher, ou au moins de l'éclabousser de vin.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyJeu 21 Jan - 13:39


C’était bien la première fois que l’on n’invitait pas Alexandre Septimus à un anniversaire ! Même s’il s’agissait de l’Impératrice qui fêtait ses vingt cinq ans, elle aurait pu faire un petit geste à l’homme qui développait un petit commerce florissant dans son royaume. Il payait des taxes pour ça en plus et c’était assez astronomique. Mais ça n’allait pas arrêter notre bon ami qui avait à présent une toute nouvelle mission. Sachant qu’il n’était pas spécialement bien vu par la Rouquine et que les nobles n’auraient certainement pas envie de le voir en tant qu’invité pour ne pas faire mauvaise figure devant la Royauté, il décida de s’inviter lui même à cette petite fête.

Non pas en tant qu’Alexandre Septimus, mais plus en tant que simple serveur. La Confrérie Noire ne lui avait pas donné d’ordre de mission pour un tel événement, cela voulait dire qu’il n’y avait pas d’assassinat en vu, ou alors, que quelqu’un avait déjà été choisis en avance et pour cela. Il se devait d’y être pour voir qui pourrait trépasser durant les festivités. Arrivant avant même que tout cela ne commence, habillé tel un servant, il se faufila jusqu’aux cuisines ou il se présenta sous le nom de D’Jo, nouveau serveur. On lui donna rapidement diverses taches qu’il fit sans trop se presser, regardant les lieux avec un œil de gamin amusé.

Il rencontra aussi une délicieuse jeune femme, mais ne fit rien pour le moment. Il viendrait lui parler d’une grande carrière plus tard. Pour le moment, il se contentait de faire son pseudo travail et bien vite les convives arrivèrent. Et la soirée débuta bien mal alors qu’il était en train d’installer le buffet. Des sifflements, des serpents, il semblait que la Rouquine n’avait pas que des amis dans le coin. Un petit sourire était constamment présent sur le visage de l’homme qui s’amusait de voir tout ce joli petit monde se crisper de choses si insignifiantes. Mais ou étaient ses bonnes manières ! Plateau à la main, il s’approcha d’un groupe tout en s’inclina.

▬ Puis-je vous proposer à boire Messieurs, Mesdames ?
▬ Nous avons ici un excellent vin d'Lagrance.
▬ Doux et légèrement Fruité, comment résister ?

▬ Ou aimeriez vous plutôt un d’Outrevant ?
▬ Plus Sec et râpeux en bouche, un vin d’exception.
▬ Toutes de bonnes cuvées, elles vous émerveilleront.


L’homme s’amusait à parler tel un expert de vin. A vrai dire, il adorait ce vin et aurait tué pour une bouteille pareille. Mais pour le moment, il faisait son boulot. Du coin de l'oeil, il vit le contenu d'un verre voler vers une cible. Ca promettait.

Spoiler:
 
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyJeu 21 Jan - 18:07

Que de paroles fourbes de la bouche de sa demi-sœur. Que de rancune qui pèse sur son cœur. La princesse d'Erebor relève des yeux désemparés face aux accusations énoncées à portée de voix de tous ceux qui se sont rassemblés autour de la duchesse évanouie. La détresse s'empare d'elle. L'incompréhension également. Oserait-elle pointer ainsi du doigt le duché qui l'a vue naître ? Non bien sûr. Elle la désigne comme seule fautive. Erebor ne serait alors qu'un dommage collatéral si l'on venait à l'assimiler à Anthim. Elle préfère encore porter le chapeau de cet affreux désastre. Après tout, elle n'est une princesse que dans sa demeure. Dans cette assemblée, elle n'est qu'une bâtarde de plus pour beaucoup des nobles qui portent sur elle un regard accusateur. « Ce n'est qu'un incident, rien de tout cela n'était prévu. » parvient-elle à répondre d'une voix peu assurée. Mais les événements s'enchaînent sans qu'elle ne puisse les saisir du bout des doigts. Une mage prend en charge la duchesse de Cibella, d'autres se mettent entre elle et sa demi-sœur. Les serpents se répandent dans toute la salle mais se font bien vite happés par des bulles d'eau flottant dans les airs. La princesse de Sixtine la morigène, certainement sans malice mais avec une condescendance qu'elle n'apprécie guère. La bienséance lui ordonne pourtant de garder ses lèvres scellées pour le moment. L'incident n'étant pas réglé, elle n'a aucun désir d'envenimer les choses.

Une voix familière résonne à ses oreilles comme une délivrance. Le duc de Sombreciel fait son apparition et la soustrait à une compagnie qui se faisait fort désagréable. Les paroles espiègles parviennent à la faire sourire et elle ne manque pas de saluer la princesse ibéenne ainsi que sa demi-sœur d'un signe de tête poli en s'éloignant au bras de Castiel. « Des serpents ? Comme c’est charmant ! La prochaine fois, prévenez-moi, nous ferons un cadeau commun. » Le ton léger utilisé l'apaise. Tout comme la vision de Mélusine et de la délégation erebienne qui récupèrent les reptiles afin de les enfermer dans leurs paniers. L'inquiétude ne s'évanouit pas totalement pour autant, même lorsqu'elle lui répond sur le même ton : « Je vous assure que sur le papier, ça semblait être une très bonne idée. » Ces serpents sont très appréciés en Erebor. Visiblement, ce n'est pas le cas partout. Peut-être auraient-ils dû se contenter des autres présents, bien plus classiques, mais définitivement inanimés. Oui, la prochaine fois, ils se contenteront de l'inanimé.

Tous les deux parviennent au buffet au moment où l'impératrice reprend place devant la foule et invite les convives à profiter du reste de la soirée. En voilà une excellente idée. Alméïde reste auprès du buffet, saisissant au passage un verre enchanté empli d'un liquide sucré mais non alcoolisé ainsi que l'un des mets qui s'offre à eux. Il semblerait pourtant que le répit soit de courte durée car l'homme qu'elle a aperçu plus tôt aux côtés de Chimène se met à parler d'une voix profonde et puissante. Les accusations glissent sur sa langue comme le sifflement des reptiles emportés au loin et la princesse d'Erebor sent la honte poindre sur ses joues. Ce malheureux incident n'a-t-il pas suffi ? Doit-elle être l'objet d'une telle inquisition ? Leur vive curiosité n'est-elle pas assouvie ? Ou désirent-ils réellement qu'on la jette aux lions ? La jeune femme du désert garde sur son visage un sérénité qu'elle est bien en peine de ressentir désormais. Elle encaisse l'offense avec dignité mais ses lèvres restent scellées, peu désireuse d'ajouter de l'huile sur le feu. Elle n'en a d'ailleurs pas besoin puisque tout mot prononcé de sa part aurait inévitablement été interrompu par le verre lancé à travers la salle en direction du Maréchal de Flammes, ainsi que par la bulle d'eau qui éclate au-dessus de la tête du duc de Sombreciel. Cette soirée est-elle placée sous la surveillance d'Uld, l'Infortuné, ou n'est-ce qu'un coup du sort, les aléas du Destin qui se jouent ainsi d'eux ?

Alméïde repose son verre d'un geste précipité et s'empare d'une serviette de table afin de la donner à Castiel. « Est-ce que ça va ? » demande-t-elle, non sans esquisser un sourire amusé malgré l'enchaînement de malheurs qui se déroule sous leurs yeux. Probablement la nervosité. Quoique la vision du duc passablement trempé demeure relativement risible. Si Anthim assiste à la scène, il doit certainement profiter du spectacle. « Peut-être pourrions-nous demander aux serviteurs de l'impératrice s'ils ont de quoi remplacer cette chemise, vous risquez d'attraper froid. » Amusée mais pas moins soucieux de son état. Et si ça lui permet de s'éloigner de cette foule dont l'animosité s'épaissit, elle n'en sera que plus heureuse.


Spoiler:
 


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyVen 22 Jan - 17:24

Tes yeux cherchent la salle, se posent sur ta sœur Mélusine qui s’occupe de rattraper les serpents avec l’aide des charmeurs de serpents erebiens, reviennent à Alméïde : « Je vous assure que sur le papier, ça semblait être une très bonne idée. Son expression incertaine le fait rire, d’un bref éclat. Ne vous en faites pas. Une part des présents cielsombrois est certainement en poussière, à ce moment, te désoles-tu en pensant à la fine verrerie confectionnée pour l’occasion. Ça, tu vas devoir en parler à Melbren. Heureusement, il reste l’alcool pour oublier. » Une blague, malicieuse, qui pourrait ne pas tout à fait en être une.
Heureusement, également, que ta consommation d’alcool se résume depuis ton sevrage à ces délicates liqueurs lagranes, et non pas aux élixirs les plus costauds de Sombreciel.
L’invitation de Chimène à rejoindre le buffet est appréciée des convives, sans parler de toi et de ta compagne du moment. Les mets servis te mettent l’eau à la bouche. Dans une main, tu te sers un verre de vin aux fraises d’hiver, et de l’autre, tu garnis patiemment une assiette de petits fours aux légumes, jusqu’à ce qu’une voix puissante se fasse entendre. Tu te redresses, lentement, dans un mouvement presque mécanique, abandonnant les plats et les alcools pour concentrer toute ton attention sur le Maréchal de Flammes, dont l’uniforme dénote bien l’importance du rang.

Ses paroles font vibrer une indignation vive en toi. Comment ose-t-il parler ainsi de votre impératrice ? Catarine n’est pas une enfant irresponsable que l’on doit tenir en laisse ! Et d’Alméïde, et même de tout Erebor ? Ce duché n’est pas le tien et tu n’en es même pas ami, mais ces sous-entendus scabreux n’ont absolument rien à faire ici ! Et tu vas jeter ton verre au visage de l’homme, joignant le mouvement d’une personne que tu ne vois pas (mais dont tu apprécies le geste), lorsque tu es brusquement coupé dans ton élan.

Coupé par la sensation immonde de quelque chose qui te tombe sur la tête, te mouillant de la tête à la ceinture.

De l’eau.

Tu es trop estomaqué pour crier – tu sens seulement ton souffle se bloquer dans ta gorge, dans tes poumons, ton hurlement s’arrêter avant même de pouvoir être poussé. L’eau. L’odeur de l’eau, la sensation de l’eau, le froid de l’eau, le goût de l’eau, même, sur tes lèvres. « Est-ce que ça va ? » La voix d’Alméïde te parvient, étouffée. Tu fixes tes mains, blanches, trop blanches, tremblantes, et en toi, l’indignation devient la colère. « Peut-être pourrions-nous demander aux serviteurs de l'impératrice s'ils ont de quoi remplacer cette chemise, vous risquez d'attraper froid. » Tu hoches la tête, lentement, puis te retournes pour chercher le responsable de cette injure. Le mage de l’eau, te souffle-t-Il, dans ton esprit, quand tu regardes un jeune rouquin que tu reconnais comme un quelconque noble de Lagrance. Marquis.

Tu dois te retenir, de toutes tes forces.
De mordre et rugir, que là tout se corse.


« Oh, mais fermez votre gueule, espèce d’imbécile. Avant de vous soucier d’Ibélène et de tenter de nous accuser de complots ridicules, occupez-vous de vos cadets incapables de maîtriser leurs pouvoirs. Et en silence, si c’est à votre portée, ça nous reposera de vos idioties. » Ta voix chaude et pourtant cassante résonne, relâchant de cette colère qui ne termine pas de gronder en toi. Il Veut sortir, Il Veut agir, maintenant, tu sens la chaleur monter, le feu qui brûle tes mains de l’intérieur, jusque dans tes veines. Tu t’empresses de t’éloigner, emportant Alméïde à ton bras, et lorsque tu poses ton regard sur Tristan d’Amar, quelque chose se brise. Un barrage.
Le feu.

Tu ne le vois pas se prendre au bas de ses vêtements.
Tu n’en as cure.
Ce n’est pas toi.

(c'est Lui)

Spoiler:
 


Dialogues de Castiel en darkred ◊ Dialogues de Mirat (chat persan ou panthère) en indigo




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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyVen 22 Jan - 17:54


Ce soir on danse
Intrigue 1.1
Mélusine • 31 janvier 1001


Plus rien de cela n’a de sens. Incrédule, j’écoute la tirade véhémente du Maréchal de Flamme, partagée entre l’envie de rire nerveusement, et celle de lui hurler quelques vérités au visage. Ma part cielsombroise plus raffinée se dispute le dernier mot de l’histoire avec ma moitié erebienne bien trop sauvage et barbare pour les salons policés, et je reste statufiée quelques instants, caressant machinalement le corps souple du reptile confortablement lové autour de mes épaules. Castiel ne se pose même pas la question : victime d’un mauvais tour, dégoulinant, il invective le camp ennemi et quitte les lieux, abandonnant ma chère Alméïde sur place. Il a raison - et les volutes de fumée grisâtre qui s'élèvent au bas des vêtements du Chevaucheur insultant me montrent qu’un mage, dans l’assemblée, a trouvé moyen de manifester, lui aussi, sa désapprobation.

J’ai peine à croire ce que j’ai entendu – comment un homme aussi… ridicule que cet Elyo Hautmistral peut-il être toléré en porte-parole de son empire ? Comment Chimène peut-elle accepter de laisser ce pitre la couvrir de honte ? Secouant la tête, désapprobatrice et plus qu’agacée, je me fraie un chemin dans la foule pour rejoindre l’attroupement. Je dévisage le Maréchal de Flamme, qui a dressé les armes contre Ibélène toute entière là où seul Erebor aurait pu être incriminé. Qui est-il pour parler ainsi au nom des grands de ce monde ? Comment sa souveraine peut-elle entériner ces paroles ? Elle est jeune, mais elle n’est pas idiote, n’est-ce pas ? C’est à elle que je m’adresse, par-dessus les épaules de sa garde qui l’entoure, les rangs des Chevaucheurs qui se sont rapprochés de leur chef, les serviteurs qui cavalent et les charmeurs qui s’affairent. D’une grave révérence, je la salue, soutenant machinalement le cobra pour ne pas qu’il glisse de mes épaules. Je ne parle pas fort – je préfère ne pas élever la voix dans ce climat tendu, mais mes mots portent toutefois. J’ai le regard braqué droit dans celui de la petite reine, si pâle sous la flamboyance de sa chevelure embrasée, et je sais qu’elle m’entend parfaitement.

« Disgrâce, Votre Altesse, contre tout Ibélène,
Vous attisez la flamme, vous réveillez la haine.
Vous ne méritez pas le trône et la couronne,
Ni aucune allégeance. Vous n’êtes plus personne.
Votre porte-parole a déclaré la guerre
Abdiquez votre titre et la paix de naguère.
»


Mon bras tendu désignait le Maréchal ; je le laisse retomber, l’autre calmant toujours le serpent lové sur mes épaules. Réagissez, Votre Altesse : sans quoi, Ibélène entrera en guerre contre Faërie pour laver l’affront…
Et quand tout cela sera terminé, je tirerai les oreilles de Melbren qui est la cause de tout cela !

Spoiler:
 











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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyVen 22 Jan - 17:55


Ce soir on danse
Intrigue 1.1
Quitterie • 31 janvier 1001


Massée avec les autres Chevaucheurs, j’essaie de comprendre ce qui se passe. Le discours enflammé de notre Maréchal m’a laissée pantoise : quelle mouche l’a donc piqué, de parler ainsi comme s’il était roi couronné, de voler à notre Reine la place qui est la sienne ? A-t-il oublié son rang, ses responsabilité, son serment ? Mes yeux fatigués ne me permettent pas de voir les Ibéens qui nous font face, mais j’entends parmi le tumulte le timbre clair d’une femme. Une des sœurs du duc de Sombreciel, me souffle Sayam. Un mouvement de foule me précipite sur l’estrade, et j’aperçois près de moi la silhouette couronnée, entourée d’un cordon de gardes sur le qui-vive. Confuse, je trébuche et me prends les pieds dans le tapis raffiné – tombée à genoux, je reste prosternée devant ma souveraine, bien consciente de sa noblesse si raffinée, et du gouffre abyssal qui me sépare d’elle. Les mains au sol, la tête baissée, je la supplie misérablement, avec toute la foi de mon cœur faë qui ne peut s’empêcher, pourtant, d’admettre que la marquise de Sinsarelle a raison.

« Pardonnez, Majesté, l’ardeur de mon discours,
Voyez votre assemblée, regardez alentour.
Le Maréchal peut-être dépasse sa pensée
Car la passion parfois sait bien nous emporter.
Voulez-vous donc encore quelque sanglant conflit
Qui dresse le savoir contre toute magie ?
Est-ce donc aujourd’hui que l’on renie céans
La valeur de nos vies – une paix de mille ans ?
Je refuse d’y croire ! Oh, de grâce, madame,
Imposez-lui silence, faites ranger les lames.
»


Le bien soudain embrasement des vêtements de Tristan, frère d’armes qui n’a guère aidé au maintien du calme pourtant, vient poser une fin bien agitée à ma supplique, et Sayam m’enjoint la prudence.
J’y réfléchirai, quand la panique sera passée. Activant ma magie, je me tiens prête, me relevant et couvant ma reine d’un regard vigilant bien que foncièrement effarouché, tandis que mes camarades s’occupent de la torse humaine.

Spoiler:
 

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Les Chevaucheurs
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Tristan d'Amar
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J'ai : 33 ans
Je suis : Capitaine de Vol de l'Escadron de Chevaucheurs de Lagrance
Marquis d'Amar

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fluctuante. S'il était fidèle à l'impératrice, il l'est nettement moins à l'empereur, bien qu'il se soit éloigné de Chimène de son vivant, par son attitude envers les mages du Sang. Il est malgré tout toujours fidèle à son duc, à son duché, et à Faërie.
Mes autres visages: Grâce de Sombregemme
Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyVen 22 Jan - 20:33

Tristan ne comprenait réellement pas l’attitude du Maréchal, dont il n’avait pas l’impression qu’il soit si vindicatif habituellement, bien que le cynisme lui aille comme une seconde peau. Mais attaquer et attiser ainsi les tensions… Quelqu’un l’avait-il drogué, à son insu ? Serait-ce là l’œuvre de quelque cielsombrois désireux de s’amuser aux dépends des Faë, ou même de l’Impératrice ? Elle ne peut laisser passer un tel affront à ses invités, au risque de les voir se retourner contre elle. Oh, par les écailles de dragons, si Elyo se retrouvait démis de ses fonctions, et la place de Maréchal vacante… Le Chevaucheur secoua très légèrement et presqu’imperceptiblement la tête, ramené à la réalité par Neve. Si le Maréchal ne devait plus être Maréchal, il ne pourrait l’être à sa place, c’était certain. Il était bien trop jeune, et manquait sûrement d’expérience. Et pourtant… Il le désirait ardemment. Mais il chassa ces pensées parasites, pour se concentrer sur le jeune homme qui lui parlait.

« Dans un conflit dévastateur qui, je le crains,
Nous guidera vers des affrontements sans fin.
»

Il s’exprimait à voix relativement basse, lui aussi, pour ne pas alimenter les discussions qui fleurissaient sur l’impolitesse et la folie qui habitaient le Maréchal. Que quelqu’un d’important se permette de s’exprimer ainsi n’était pas sans conséquence. Loin de là. Les exclamations enflammées et colériques qui naissaient suite à ce monologue pour le moins déplacé n’avaient rien de surprenant, malheureusement.

Jetant un regard désolé à Neve, Tristan s’approcha du Maréchal et de l’Impératrice. S’il ne criait pas, sa voix était malgré tout assez forte, et portait suffisamment pour être entendue de tous.

« Majesté, veuillez excuser le Maréchal,
Il semble avoir abusé des boissons locales,
Permettez moi de l’éloigner de votre fête,
Il n’a plus ni tous ses moyens, ni toute sa tête.
»

Le Capitaine de Vol s’apprêtait à s’excuser envers les Ibéens injustement accusés, avant d’emmener avec lui le Maréchal, mais il n’en eut pas le temps, sentant brusquement la chaleur des flammèches qui pourléchaient le bas de sa tenue. Il n’entendit qu’à peine un serveur lui proposer une boisson qui se renversa sur les flammes avant qu’il ne les éteigne. Devenant cramoisi, il s’empressa d’inonder le feu vengeur sans bien comprendre l’origine de cette magie – car il ne peut s’agir que de cela, le feu ne pouvait pas prendre ainsi par hasard-, ni les raisons qui ont poussé quelqu’un à s’en prendre à lui. Sans doute aurait-il déclamé à son tour son outrage d’être ainsi traité, mais l’incompréhension à laquelle il était sujet, sa fatigue et son état de nerfs n’ont que diminué encore davantage sa maîtrise de la magie, et quelques gerbes d’eau se répandent dans la salle, arrosant deux ou trois invités qui eurent le malheur de se trouver dans la trajectoire de la magie.

Bredouillant des excuses et sans demander son reste, Tristan sortit de la pièce avec le Maréchal, ayant dans l’idée de l’amener à la fontaine qui se trouvait dans le jardin pour l’y plonger avant de lui éclaircir les idées.

Spoiler:
 

|HJ| Merci à Melchou pour son aide pour les alexandrins :coeur:












Dernière édition par Tristan d'Amar le Sam 23 Jan - 22:13, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptySam 23 Jan - 21:53


hrp:
 
Près des buffets, l'ambiance semble résolument se tourner vers la fête. Au bras d'Ismaïl, j'admire avec gourmandise l'étalage artistique des victuailles. Il me tend un petit verre de cristal taillé, pioché sur le plateau tendu par un serveur qui nous fait l'article. Je hume avec reconnaissance le parfum enivrant d'une liqueur cielsombroise. Un alcool doux et fruité, juste assez fort pour me fouetter les sangs et me faire oublier mon fiasco. J'en avale une gorgée délicieusement brûlante, qui me fait frissonner, à moins que ce ne soit ce baiser aussi léger qu'une aile de papillon, qu'Ismaïl dépose sur mon épaule. Ce n'est pas la première fois qu'il me gratifie de marques d'affection aussi directes. Elles se multiplient même ces derniers temps, et je les apprécie beaucoup, autant que celui qui me les donne ...
Et puis je saisis avec un certain effroi, les paroles que vient de me murmurer Ismaïl. Non ! Il n'oserait tout de même pas ?! Quoiqu'avec ce coquin, tout est possible !

- Non ! Je sais bien que tu serais fort capable d'entonner l'un de ces airs, mais je crois que ce n'est guère le moment, mon ami. Je me suis assez fait remarquer, profitons plutôt de toutes ces merveilles, que dirais-tu d'un assortiment de ces bouchées de volaille, ou bien ces petits canapés multicolores ? lui demandé-je en attrapant une assiette, que je commence à remplir consciencieusement.
Des cris retentissent soudain, des accusations cinglantes et perfides, qui émanent du Maréchal qui se tenait près de l'Impératrice à notre arrivée. À mon grand désarroi, il jette le discrédit sur Alméïde, ce qui aurait pu m'arranger, mais aussi sur Erebor et Ibélène. Et ce n'est absolument pas ce que je désirais ! Comment en sommes-nous parvenus à une telle catastrophe ? Erebor est le duché qui m'a vu naître, même si j'en ai été chassée, je garde mes racines érébiennes au plus profond de mon coeur, et Ibélène est mon duché d'adoption depuis plus de quatre années. Accablée de remords, ma main enserre le bras d'Ismaïl à le broyer.

De loin, j'observe les événements qui s'enchaînent ensuite comme un jeu de dominos, chacun tombe à son tour : les Ibéens clament leur courroux à la jeune Chimène, les Chevaucheurs sont dépassés par les paroles accusatrices de leur chef. Enfin pas tous, une d'entre eux se précipite aux pieds de l'Impératrice et la prie de réfuter les propos du Maréchal appuyant ainsi Mélusine de Séverac dans son plaidoyer passionné. Je reconnais la jeune femme de tout à l'heure qui nous a prestement enlevé la Duchesse Gaëtane. J'espère de tout coeur qu'elle va convaincre sa souveraine de parler haut et fort afin de dissiper la crise qui menace de submerger Arven.

Mon impulsivité me joue des tours pendables,
Et je me sens soudain terriblement coupable.
Je n'ai pas su tenir mon rang, tenir ma langue,
Et cette zizanie, qui court de table en table,
J'en suis le détonateur, j'en suis responsable,
Autant que les accusations et les harangues.
Je ne souhaitais compromettre qu'Alméïde,
Nullement réveiller un conflit fratricide ...


La foule des invités s'agite et les partis se forment, nous bousculant mon compagnon et moi vers l'estrade. Le Chevaucheur aux cheveux de feu prend la parole, excusant à son tour le comportement de son supérieur. D'inquiétantes volutes de fumée s'enroulent telles des serpents autour de ses chevilles, manifestations magiques sans aucun doute, les Faës s'attaqueraient-ils entre eux ?                    
Le plateau du serveur qui nous a apporté les liqueurs tout à l'heure, se renverse sur le Chevaucheur Tristan, éteignant les flammèches qui apparaissaient. Cependant alors qu'il emmène le Maréchal, des gerbes d'eau jaillissent et éclaboussent les volants de ma robe, mais je m'en moque ! Qu'est-ce-qu'une robe comparée à une guerre ! Des protestations fusent aussitôt, et alimentent le mécontentement des invités.

- C'est une catastrophe, Ismaïl, je dois faire quelque chose, mais quoi ? M'excuser d'avoir accusé Alméïde ? Je ne le peux pas, après tout c'est elle qui a apporté ces serpents ! Ce Maréchal est devenu fou ! Il réveille les rivalités entre les familles régnantes ... Chimène doit rester sur le trône de Faërie, même si Sixtine ou Catarine voudrait s'y asseoir ... Je ne voulais pas tout ça, non ! m'écrié-je en me tordant les mains nerveusement.

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Dernière édition par Siméane Adelphe le Dim 24 Jan - 13:32, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyDim 24 Jan - 12:10


La réponse de Tristan se perdit comme un écho dans une assemblée de plus en plus mouvante et grondante. Un schisme distinct s’opérait, opposant Ibélène et Faërie comme au temps de la Grande Guerre, et Neve jugea qu’en présence de souverains moins éclairés qu’Augustus et Chimène, l’ébauche de paix en Arven aurait implosée en mille ethnies et divergences. Le Maréchal de Flammes demeurait aux côtés de Chimène, droit et maladroit, et le jeune ansemarien préféra se convaincre qu’il était ivre. Son discours réquisitoire avait ébréché les esprits sensibles du continent, et bien que Neve comprenait au plus profond de lui les motivations du grand Elyo Hautmistral, son idéalisme le poussait à réfuter toutes incitations à la guerre. Les fauteurs de trouble avaient été maladroits et stupides, la délégation d’Erebor avait été maladroite dans ses présents, Chimène avait été maladroite dans sa stupéfaction, le Maréchal de Flammes avait été maladroit dans son excès de zèle, les Chevaucheurs avaient été maladroits, Arven tout entier, ce soir, était l’expression même de la maladresse, et personne n’en était dédouané.

Les évènements prirent une ampleur déconcertante et hypocrite. Un verre fusa de la foule compacte en direction du Maréchal de Flammes qui, un sourire désabusé aux lèvres, ne semblait pas destiné à ciller. Sans trop savoir quelle énergie pacifique l’emportait, Neve agit en une fraction de secondes. Le bras tendu, les doigts crispés sous l’affluence de la magie, le jeune ansemarien projeta une bulle d’eau véloce contre le verre mal attentionné, qui dévia de sa trajectoire et vint heurter l’un des piliers de la salle du trône. Répondre à la violence par la violence, tandis que des âmes détractrices avaient tantôt hué avec haine et désaveu l’entrée de Chimène, et personne d’Ibélène n’avait haussé le ton ! Quelle hypocrisie ! Neve n’accusait aucune des deux faces de cette pièce si longtemps ébréchée qu’était Arven, mais les réactions s’envenimaient comme de la poudre à canon, et il ne pouvait admettre que l’intelligence humaine soit évincée par la colère. Tandis que le jeune ansemarien s’occupait de sauvegarder l’intégrité physique de son supérieur en déviant le verre, Tristan s’était approché de lui et s’évertua à le guider hors de la salle du trône, tandis que Quitterie plaidait avec lucidité la cause du Maréchal de Flammes.

Neve se précipita à l’aide de son compagnon lagran, protégeant Elyo des potentielles agressions alors que tous trois traversaient la foule hargneuse. Ils parvinrent dehors sans trop d’encombre, non sans s’être fait copieusement huer en venant en aide à leur supérieur. Là, une fontaine émettait un clapotis timide et mélancolique, et Neve conseilla le Maréchal de Flammes de se désaltérer.

Votre devoir est de veiller sur Chimène, ajouta-t-il avec défiance. Vous ne pouvez retourner au cœur de l’affrontement, quelques soient vos desseins. Mais dès que la foule se sera apaisée, n’oubliez pas que notre jeune impératrice a besoin de votre aide, et croit en vous.

Sur ces mots, Neve adressa un signe de tête à Tristan, lui stipulant que leur devoir étaient désormais de laisser le Maréchal de Flammes en paix afin qu’il recouvre entièrement ses esprits. Les deux Chevaucheurs pénétrèrent à nouveau dans l’enceinte du palais, et progressant à entre les mondains éhontés, ils retrouvèrent bientôt l’ensemble des Chevaucheurs, attroupés à quelques mètres du trône. Le venin parcourait toujours les veines de l’assemblée, comme un poison meurtrier et décisif. La violence répondait comme toujours à la violence, et Neve jugea que le peuple était pour beaucoup dans les guerres passées. Le peuple et sa haine, attisée au moindre regard. Le jeune ansemarien refusait de se sentir à nouveau démuni et inutile, esseulé dans cette foule divisée et folle-à-lier. S’approchant sans ciller de Chimène, il s’adressa à elle en ces termes, empreints d’une profonde humilité :

Quelques mots suffiraient à déjouer la haine,
Majesté, croyez-moi, la violence est stérile,
Je vous prie de couvrir les pensées les plus viles
M’autorisant, ce soir, à rimer une aubaine.


Neve demeura suspendu aux lèvres de la jeune impératrice, confus de sa demande mais déterminé à mettre un terme à la tyrannie des idées noires. Lorsque Chimène, d’un imperceptible signe de tête, lui stipula son approbation, le jeune ansemarien s’avança au-devant du trône, observant l’assemblée grondante. Sa voix claire et forte, non plus fragile comme un oiseau, non plus timide, surplombant les altercations :

Tu réponds à la haine, Arven, en miséreux,
Ton sein est obscurcis d’un passé trop pesant,
Et si en toi s’endort le serpent belliqueux
C’est que la paix demeure depuis plus de mille ans.
Alors quoi, quelques verres ton fait perdre le nord ?
Tu poursuis ta colère, ô Arven déchiré !
À quoi bon délier les perles d’un collier d’or,
Ce collier de la paix si durement tressé.
C’est un puissant venin qui ce soir nous éprouve,
Et nous nous projetons dans l’échec divisé,
Regarde autour de toi, arvenien, et découvre,
Que le mal est en toi et non pas à côté.
Il suffit désormais d’accuser sans vergogne !
De poursuivre les maux comme des pierres ardentes !
Sois plus intelligent, Arven, que la charogne,
Et réduit au silence cette haine démente.

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Dernière édition par Neve l'Embrun le Dim 24 Jan - 16:33, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyDim 24 Jan - 13:30




Parfois, le feu sommeille longtemps, à l'image de ces amants repus par une somptueuse nuit d'ardente passion, et dont les corps demeurent enlacés, comme s'ils ne pouvaient cesser de s'aimer, encore et encore. Il suffit alors d'une simple escarbille rebelle, du souffle léger d'un vent indocile, pour que l'incendie retrouve une nouvelle vigueur. Les propos époustouflants du Maréchal des Flammes ont le même effet que ces cendres qui se refusent à mourir et renaissent soudain en grondant.

Hop ! Aux oubliettes les joyeuses chicaneries avec ma toubib, mes menaces d'un récital de chansons paillardes, l'alcool à la fois honni et tant apprécié, les appétissants canapés – un seul d'ailleurs me suffirait, moelleux et confortable –, voilà que Siméane s'accroche à mon bras et que le flot des invités nous pousse vers le trône de la jeune Chimène, objet de l'intérêt général. Quelle sera la réaction de cette-dernière ? Sera t-elle à la hauteur de la situation ? Honnêtement, je m'en bats les flancs avec une pelle à tarte en forme de poisson-scie, mais cette péripétie inquiète ma Samy, et je ne puis rester indifférent à son émoi. Il n'est ici qu'une seule et unique reine. L'atteindre dans son âme, c'est écorcher la mienne.

Ma belle amie parle enfin. Elle est désespérée, et m'avoue qu'un profond sentiment de culpabilité l'étreint face à cet épisode que, pour ma part, je trouverais particulièrement plaisant si ma toubib préférée ne se sentait point si concernée. Chevaucheurs et courtisans défilent devant Chimène, difficile donc de répondre dans un tel brouhaha, et je décide de remonter la vague.
- Viens ! Éloignons-nous un brin ! ... dis-je en emprisonnant entre les miens les pauvres doigts que ma Samy torture à se les briser.

Nous n'allons pas loin. Juste quelques pas. Je sens confusément que la suite risque d'être pittoresque, et j'éprouve quelques scrupules à trop en éloigner ma mie, car sa demi-sœur est toujours impliquée et même particulièrement mise sur la sellette. Je désire simplement que Siméane retrouve son sang froid et sa tranquillité d'esprit. Sans lui rendre ses mains glacées, je l'adosse à un immense péristyle dont la masse froide estompe le chatoiement des lumières du palais. Mes mains ont dix doigts, et j'adore ça. Mes yeux se noient dans l'éclat argenté des siens. Je lui laisse le temps de se ressaisir. Calmement. Je porte l'une de ses menottes blanches à ma bouche et y dépose un long baiser. Calmement. Récupère, mon amie-amour. Récupère. Après, et seulement après, nous parlerons. Calmement.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyDim 24 Jan - 22:20

Une douche ?
Il y a eu des sifflets, des affreux reptiles aux corps sinueux et répugnants – non, quatre années d'apprentissage auprès de Mélusine ne t'ont pas habituée à ces saletés, c'est tout juste si tu ne hurles plus en les voyant. Puis des diatribes sans queue ni tête qui te laissent bien indifférente. La politique des grands de ce monde ne te concerne pas et ce n'est certainement pas pour les échos diplomatiques que tu as décidé de pointer ton museau grimé à cette noble soirée.
Mais une douche !
Avec horreur, tu sens l'eau froide t'asperger et tu t'entends... couiner. Couiner, oui, tandis que l'eau s'infiltre dans ton col et glisse le long de ta colonne vertébrale. Pis encore ! Une mèche dégoulinante te retombe par devant le visage. Une mèche sombre... et rousse. Nom d'un petit jupon... Si ta teinture disparaît, tu vas te trouver en bien mauvaise posture. Tu jettes un regard furieux alentour, cherchant le responsable de ta mésaventure. Trempée, l'oeil mauvais et la mine hargneuse d'un chien oublié dehors par temps de pluie, tu marmonnes entre tes dents.
« Ah, regardez la donc, la foule des nantis.
Toutes ces belles dames, ces barons, ces marquis.
Une troupe de cirque, des animaux de foire,
Ils ont l'or aux coutures mais nulle once de gloire.
C'en est assez pour moi, de ces jeux hypocrites,
Une bourse, un bijou, il est temps que je quitte.
»
Et, joignant le geste à la parole, tu te frayes un chemin rageur entre pourpoints et riches robes, délestant au passage quelques parures de trop. La bague d'une Lagrane pavoisant, la bourse d'un Kyréen en colère, le bracelet d'or d'une princesse erebienne et te voici partie. Les nobles assemblées ne sont décidément pas ton fort.

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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyLun 25 Jan - 0:55




Chroniques d'Arven

Ce soir, on danse

Intrigue 1.1



Intrigue animée par Delrya


Une grande fête

Cette soirée semble définitivement vouée à dégénérer. Et les esprits, loin de se laisser apaiser par la profusion des plats présentés, sont plus échauffés que jamais. La longue diatribe du Maréchal de Flamme, malgré son intention louable de défendre sa souveraine, n'a fait qu'embraser le feu qui couvait. Une voix s'élève pour crier sa colère, suivi d'une seconde. Et malgré les quelques paroles d'apaisements qui s'élèvent, cherchant à éviter une guerre par trop menaçante, la tempête gronde.
Très vite, c'est un chaos absolu qui s'invite à l'anniversaire de Chimène qui malgré toute sa bonne volonté et sa contenance impeccable ne peut s'empêcher de blêmir. À grand peine, elle tente de calmer le jeu, prêtant une oreille attentive aux mots sages de ses sujets.
« Mesdames et nobles sires, mes dignes invités.
N'écoutez point la haine, apaisez vos esprits.
Nous sommes tous ici, Ibéens et Faës,
Les fiers enfants d'Arven, terre qui nous nourrit.
Mille années sont passées, loin des spectres guerriers,
Préservons cette chance mes amis, je vous prie.
Ne laissons plus le fiel encore nous séparer.
Chérissons tous ensemble cette paix qui nous unit.
»
Mais la jeune impératrice est loin d'être en capacité de calmer le jeu dangereux qui se trame sous ses yeux. Il n'est pas certain qu'une quelconque autorité en soit capable... Ses gardes, sur le qui vive, semblent partagés entre un désir évident de soutenir leurs collègues Chevaucheurs et leur devoir de mettre la souveraine en sécurité, jusqu'à ce qu'un nouvel écho de rancœur se fasse entendre. Ce n'est certes pas ce soir que l'avenir de la paix sur Arven se verra assuré. Et avant que tout ne dégénère, la garde intervient finalement, éloignant la jeune femme à son corps défendant, suivie de son conseiller qui enjoint de quelques mots les invités à profiter de l'hospitalité du palais.
En ce qui concerne Chimène, la fête est terminée et le fiasco de cette soirée pourrait bien jeter une ombre de mauvaise augure sur les mois à venir...


Les suggestions du Destin

Mais quelle emphase dans vos réponses, mes petits dragonnets ! Le Destin en est fort aise... Il se surprend même à être tout à fait séduit par les rimes audacieuses d'un jeune cielsombrois à qui il accorde, dans son immense mansuétude, 30 points bonus.

Pour ce dernier tour, il vous faut insérer dans vos réponses au moins deux mots parmi la liste suivante :
nivéal - adamantin - caligineux - vespéral - callipyge - incoercible - purpurin - fuligineux - passementerie - chenu



Ce tour de jeu est le dernier ! Il durera jusqu'au dimanche 31 janvier 2016 inclus.


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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyMer 27 Jan - 17:36

Mais que se passe-t-il quel est le discours que fait Elyo. Elle le pensait pondéré, mais il accuse tout le monde réveillant les hostilités calmés pour faire la fête. Sixtine ne sait quoi faire n’ayant pas encore choisi franchement son camps entre la promesse d’un trône et la paix elle prend la décision de se taire. Elle se relève et retourne s’asseoir auprès de sa mère. L’impératrice tente un discours d’apaisement, mais il n’est guère entendu, il manque terriblement de fermeté et pour la première fois Sixtine envisage que la jeune femme n’est vraiment pas faite pour le trône. Sixtine serre ses lèvres purpurines pour ne rien dire, pour ne pas intervenir et quand l’impératrice se lève pour quitter le banquet, elle décide de se joindre à la foule Pour parler à certain noble de Faërie histoire de faire connaissance et lier certaine affinité.
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyMer 27 Jan - 21:57

En regrimpant l’escalier pour retourner à la fête d’anniversaire, je croise l’arrogant maréchal qui se fait escorter à l’extérieur, il me prend un instant l’envie incoercible de tendre la jambe à son passage, de le voir basculer et mordre la poussière mais je m’abstiens, à regret... Je ne sais pas vraiment si c’est ma conscience qui me pousse à ne pas envenimer davantage la situation ou si la présence des deux chevaucheurs vigilants à ses cotés m’exhorte à la prudence. Je ne m’incline pas pour autant, ce serait faire montre de trop d’obséquiosité et d’hypocrisie. Je les regarde un moment s’éloigner entre les haies et les parterres de fleurs nivéales, jusqu’à une fontaine, puis je me détourne en frissonnant pour rentrer à l’intérieur.


L’ambiance s’est considérablement refroidie ici aussi, l’engouement vespéral a laissé la place à une défiance nocturne, regards de biais et austérité, voilà la finalité de cette soirée. Pour ne rien arranger, il règne dans la salle une désagréable odeur d’alcool, de sueur et de brûlé et je fronce un instant les narines. Le sol est couvert de flaques et je croise quelques convives complètement trempés, les cheveux et la passementerie dégoulinants d’eau comme au sortir d’une douche. Je camoufle un sourire devant ce spectacle, j’ai manqué des événements intéressants moi. Je m’approche du buffet, attrape un plat vide, égouttant un peu de sauce restée au fond au dessus d’un autre, et m’emploie à le remplir d’un assortiment de mets raffinés. Un peu de lapin et de faisan, des œufs de cailles, les reliefs d’un poisson à viande blanche, je dévore le tout avec un appétit féroce en ouvrant grand les oreilles. Non loin de moi, un militaire chenu aux rouflaquettes improbables s’agite avec une ferveur belliqueuse, se plaignant auprès d’une jeune nymphe callipyge et couverte de bijoux outranciers de la pusillanimité de l’impératrice et de la jeunesse en général. Sa juvénile gigolette souriant sottement et se pendant à son bras à chaque remarque factieuse sur Chimène, le désastre de la fête, la fourberie des ibéens et la virilité dubitable des chevaucheurs.  


En parlant de ceux ci, revoilà le fluet ansemarien qui escortait son maréchal à l’extérieur, il monte auprès du trône, sur l’estrade impériale, et entame un discours de réconciliation aussi bien intentionné qu’inutile. Les esprits sont échauffés, les oreilles sourdes, dans un camp comme dans l’autre. Le venin est dans la plaie, il faut couper court, mettez un terme à cette soirée, à ce désastre. Chimène s’avance à son tour pour ajouter sa voix aux appels au calme, à la paix. Il est trop tard majesté, trop tard pour les belles paroles, vos mots, si justes soient-ils, n’ont pas de sens. En mille ans la guerre s’est faite oublier, elle s’est maquillée, ses lèvres ensanglantées sont devenues purpurines, elle s’est changée en idée séduisante, idéalisée. Non, personne ici ne sait ni ne conçoit ce que peut représenter un conflit entre Faërie et Ibélène, moi pas plus qu’un autre. Mais si cette fête continue ainsi, nous allons tous découvrir ce qu’est la guerre. Ne sentez vous pas ce froid, cette atmosphère fuligineuse, comme un vol de corbeaux dont les ailes funestes obombrent cœurs et regards, c’est elle qui approche, drapée dans la colère et la rancœur. Allez vous en majesté ! Retournez à vos appartements, tenez un conseil, une réunion de crise, faites donc tout cela mais allez vous en en ! Avant que vous ne vous fassiez siffler à nouveau, ou pire. C’est la garde qui finit par réagir et qui emporte l’impératrice hors de sa fête d’anniversaire. C’est presque cocasse de la voir ainsi disparaître, comme si elle était punie et renvoyée dans sa chambre, ne pleurez pas majesté, au moins, grâce à moi, vous avez pu avoir un aperçu de vos cadeaux.

Son conseiller, en homme prévenant, nous invite généreusement à profiter des agapes et des fastes du palais. Je mords dans un morceau de volaille en souriant, je compte bien m’y atteler monseigneur. Si je ne suis plus mort de faim et que cette entrée a su diluer les vapeurs caligineuses  qui encombraient mon esprit, je suis loin d’avoir comblé mon appétit. Je m’approche d’une splendide pièce montée représentant sûrement un quelconque édifice emblématique d’Alfaë. Le travail est titanesque, magnifique, et sans doute assisté par la magie. Je me coupe doucement une tour, goûtant la pierre blanche et crémeuse, les ardoises cobalt au parfum de myrtille et les vitraux adamantins en cristaux de sucre. Je me ressers une petite gloriette entourée de jardins dont je savoure chaque élément avec délice. Définitivement rassasié, je regarde l’assemblée commencer lentement à se disperser, à la recherche d’une tête connue avec qui finir dignement cette étrange soirée.



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Dernière édition par Melbren de Séverac le Ven 29 Jan - 12:24, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !    Intrigue 1.1 • Ce soir, on danse !  - Page 3 EmptyVen 29 Jan - 11:58


Apaisantes, des mains brunies par le soleil et l'air marin se posent sur les miennes, fleurs nivéales torturées. Mon désarroi est si grand, si visible qu'Ismaïl préfère m'écarter de la foule, et c'est dissimulés par l'une des colonnes que nous percevons les paroles d'apaisement de l'Impératrice. Mais d'incoercibles rumeurs enflent dans l'assemblée, enterrant aussitôt son discours bien terne. Des gardes avisés soustraient la pauvre Chimène à la colère des invités et l'accompagnent vers la sortie. Pauvre enfant, voilà une bien triste fête d'anniversaire ...

Adossée au pilier de marbre aussi froid que l'hiver kyréen, je retrouve peu à peu un calme de façade. Mes doigts glacés se sont entortillés à ceux de mon ami-pirate et reçoivent avec gratitude le long baiser qu'il y dépose. Un autre baiser ? Ismaïl est décidément bien généreux. Mes yeux se perdent dans ses prunelles fuligineuses, tentent de décrypter les émotions qui s'y bousculent, et me bousculent. Notre belle amitié flirte avec un sentiment plus profond depuis quelques mois, je devine à toutes ses attentions que mon meilleur ami aimerait devenir encore plus. Ismaïl est sans aucun doute la personne que j'aime le plus au monde, le risque de briser notre harmonie m'effraie, mais aujourd'hui j'ai vraiment besoin de réconfort et de me reposer sur sa fidélité sans faille. Quittant la fraîcheur du pilier de marbre, je dépose un baiser léger à la commissure de ses lèvres et lui murmure :

- Merci d'être là pour moi, mon cher Ismaïl ! Toujours ! Serre-moi fort contre toi, juste quelques secondes, puis nous retournerons dans l'arène. Je dois voir la Princesse Sixtine, pour m'excuser, puis nous dévaliserons le buffet ou nous irons nous promener dans les jardins. Comme tu voudras ...
Dégageant mes doigts des siens, j'enlace sa taille et me blottis contre lui, sans attendre sa réponse. Savourant sa chaleur, ses mains qui se posent sur moi, je suis encore plus troublée, mais plus pour les mêmes raisons. Cette intimité, cette proximité, c'est nouveau, et terriblement agréable. Cependant ce n'est ni le lieu, ni l'heure, et je dois au moins réparer une partie de mes erreurs. À regrets je m'écarte doucement d'Ismaïl, mais je garde sa main dans la mienne :

- Viens, essayons de retrouver la Princesse dans cette foule ...
Nous circulons lentement parmi les invités, j'entends malgré moi les conversations toutes ou presque centrées sur les incidents. Non loin, j'aperçois Alméïde et le Duc de Sombreciel, je prends bien soin de les éviter, une confrontation désastreuse quotidienne me suffit largement.
Heureusement la robe purpurine de la Princesse est facilement repérable. J'attends qu'elle termine sa discussion avec un baron faë, gonflé d'importance, pour lui adresser mes excuses :

- Princesse, je suis désolée d'avoir provoqué un tel désordre. J'espère sincèrement que les propos du Maréchal de flammes seront très vite oubliés. Il n'avait pas le droit de vous incriminer, seule la princesse d'Erebor est responsable de ce chaos. Je suis vraiment désolée ... répété-je, contrite. Mais il y a une dernière chose dont je dois l'informer avant la fin de cette fête :

- Je pense rentrer rapidement à Ibelin, je me suis assez fait remarquer ici. Je voulais vous prévenir que mon ami Ismaïl va m'accompagner et passer quelques jours chez moi.
Sixtine m'ayant demandé, il y a quelques temps, de l'initier aux rudiments des soins et des pansements, une idée plutôt farfelue me traverse soudain l'esprit, mais connaissant la princesse, je suis certaine qu'elle va lui plaire. Ainsi qu'à Ismaïl, du moins je le souhaite ... Je baisse la voix et sur le ton de la confidence, j'ajoute :

- D'ailleurs, je le verrais très bien jouer les cobayes pour les petits ... hmm ... conseils que vous m'aviez demandés. Je suis certaine que ce pourrait être aussi instructif que distrayant. Faites-moi savoir dès que vous serez disponible, Princesse.
Une petite révérence déférente ponctue mes propos, et j'entraîne mon compagnon vers le buffet, bien décidée cette fois à profiter de toutes ces appétissantes victuailles ...

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