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 Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde

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Les Voltigeurs
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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyVen 14 Avr - 21:50


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Alméïde d'Erebor & Mayeul de Vifesprit

Qui aime parler de sentiments ?

Ecrire, c'est quand même plus facile .



• Date : 5 février 1002, dans la matinée
• Météo : Froide, il neige un peu dehors
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mayeul tombe par hasard sur Alméïde, et l'idée de la voir ne l'enchante guère. il l'apprécie, là n'est pas la question, mais disons que la teneur de leurs dernières lettres n'est pas un sujet de discussion qu'il a envie d'aborder.
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici : 5 février 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2011-qui-aime-parler-de-sentiments-almeide#60133]Qui aime parler de sentiments ? [/url] - [i]Alméïde d'Erebor & Mayeul de Vifesprit[/i]
Mayeul tombe par hasard sur Alméïde, et l'idée de la voir ne l'enchante guère. il l'apprécie, là n'est pas la question, mais disons que la teneur de leurs dernières lettres n'est pas un sujet de discussion qu'il a envie d'aborder.



Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde TitreMayeul1
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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyVen 14 Avr - 21:53

Il n’en peut plus de rester au lit, cloîtré, surveillé, alors que d’autres Voltigeurs sont autorisé à se battre. Il s’est juste cogné la tête, par Callia, ce n’est pas si grave ! Certes, il a encore quelques vertiges, mais qui cela peut-il bien gêner, mis à part lui-même ? Nuage est encore en convalescence lui aussi, mais il serait bientôt remis. La vérité, c’est que Mayeul n’en peut plus de rester inutile. Il tourne en rond, lit, écrit, mais la plupart du temps, il se repose. Et contrairement à ce qu’il pensait il y a quelques jours, se reposer, c’est d’un ennui mortel !

Et quand Mayeul s’ennuie, ses pensées ont tendance à divaguer quelque peu. On le tient pour le moment hors du coup et de l’avancée de la guerre, pour ne pas lui risquer d’émotions trop fortes, mais il n’est pas stupide, non plus. Mais il n’a rien à faire, rien à penser alors inlassablement, ses pensées tournent en boucle sur Reja. Il a envie de s’excuser, ou d’aller lui râler dessus, de lui parler, même s’il est vexé au possible de ce qu’elle lui a dit. Il ne sait pas, et Nuage ne lui est pas d’une grande utilité. L’amusement du griffon est clair dans son esprit, comme si ce dernier riait d’une bonne blague qu’il serait seul à connaître. Agaçant au possible !

Et puis, pourquoi ne peut-il pas penser à la jeune femme ? Elle s’est dévoilée à lui, elle lui a raconté des choses qui, il le sait, elle doit déjà regretter d’avoir dites. Des choses qu’il ne soupçonnait pas jusque là et qui, couplées aux lettres échangés avec Alméïde, lui font comprendre un peu mieux l’erebienne. Même s’il ne veut pas la comprendre, réellement. Enfin, quelle utilité ? Il veut juste la draguer, encore plus maintenant qu’elle l’a rejeté. Cela l’irrite qu’elle ne comprenne pas qu’il ne lui veut rien, et cela l’irrite qu’il ne sache pas lui-même pourquoi il s’acharne autant. Il n’apprécie pas Reja. Et le fait qu’elle dorme avec sa chemise ne le perturbe pas du tout. Le fait qu’elle le rejette non plus. Il n’aime juste pas qu’elle lui dise non, c’est tout. Et s’il s’acharne, il n’aura l’air de rien d’autre qu’un belliférien en manque.

Sauf qu’en fait, ces paroles pleines de sagesse et de bon sens ne parviennent pas à éteindre le besoin qui couve dans son corps tout entier. Et c’est autrement plus préoccupant pour Mayeul, parce qu’il ne comprend pas pourquoi. C’est sûrement la proximité de la jeune femme. Il a besoin de changer d’air. Retour à la case départ, car il est cloué à Ibelin, jusqu’à ce que Nuage aille mieux, et que lui aussi aille mieux. Il a besoin de penser à autre chose. Mais quoi ? Sans qu’il y pense, ses pas le mènent à travers la caserne, jusqu’au couloir qui mène à la chambre que Reja partage avec d’autres Voltigeuses qu’il n’a pas davantage envie de rencontrer.

Mais trop tard ! Un moment, le major de Svaljärd a l’impression de croiser la danseuse des dunes, avant de réaliser que ce n’est pas elle qui lui tourne le dos, mais sa sœur . Alméïde. A Ibelin ? La peur l’enserre, aucunement rationnelle, pas d’avantage contrôlée. « Princesse Alméïde, il est arrivé quelque chose à votre sœur ? » Pourquoi sera-t-elle là, sinon ? La brève bouffée de panique se calme pourtant, quand la voix de la raison la tempère : il n’est rien arrivé à Reja, Alméïde est simplement ici pour... se mettre à l’abri, peut-être ? Voir sa sœur blessée, tout simplement ? Il ya des tas et des tas de raisons, et mayeul se rend compte que son empressement peut paraître bien suspect, après leurs lettres échangées.

« Je-je n'ai rien dit. Le devoir m'appelle. Je vous laisse à... ce que vous venez faire. Bonne journée. » Il bat en retraite, et c’est proprement ridicule. Stupide, stupide, stupide ! Mais ses sens sont encore engourdi par ce que les médecins lui donnent pour calmer ses vertiges, et il n’est pas tout à fait remis, et il ne s’attendait absolument pas à rencontrer la princesse d’Erebor ici. Il ne peux pas lui parler, pas après leurs derniers courriers. D’abord parce qu’il ne sait pas quoi lui dire, ensuite parce qu’il sait quelque chose qu’elle ne sait pas, et que Reja lui a fait confiance, et que dans son état il préfère éviter de risquer un mot malheureux. Tourner les talons est la solutions la plus sage. Parce qu’en plus, il n’est pas totalement sûr qu’Alméïde ne le déteste pas, et ne cherche pas à s’assurer de ses sentiments pour la Voltigeuse.

Sentiments qu’il n’a absolument pas ! Etre dans son couloirs est une pure coïncidence, tout comme le fait que ses premiers mots soit pour s’inquiéter de la jeune femme. Il est juste un peu fatigué, un peu drogué, et c’est une explication suffisante. Sûrement. Il ne tient pas à s’attarder pour s’assurer qu’Alméïde y croit, de toute façon.


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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyMer 19 Avr - 1:49

Elle a mis plusieurs jours à arriver Alméïde, fermement accrochée au griffon d'ébène venu la chercher en urgence suite à l'attaque fulgurante de Faërie en Erebor. Le compagnon de Reja lui a trasmis des images qui lui ont glacé le sang, alors que peu de temps avant, elle était pourtant sur le dos de Justice à tenter de repousser les envahisseurs. Le fier dragon d'Or n'en est pas ressorti indemne et elle a eu la chance de n'avoir que quelques égratignures, mais la vision de ces flammes qui ravagent les oasis et les caravanes, elle ne l'oubliera certainement jamais. Ils ont fait de leur mieux, ensuite, pour aider les survivants à se réfugier, mais pour grand nombre d'entre eux, il était trop tard.

Quel effroi alors, quand elle a aperçu Sirocco sur son balcon, le bec cognant contre la vitre jusqu'à en briser une partie. Immédiatement, elle a imaginé le pire : Reja grièvement blessée, Reja aux porte du royaume de Sithis, Reja dont le coeur s'est arrêté de battre en son absence. La princesse a sauté de son lit, a ouvert la porte de son balcon à la volée et n'a été que partiellement rassurée par ce que l'Ébène avait à lui montrer. Rassurée et terrifiée. Elle a immédiatement revêtu des vêtements de voyage, a empli un sac de ce dont elle aurait besoin pour se rendre à Ibelin, a écrit un mot pour ne pas inquiéter les dames de compagnie qui viendraient la réveiller au petit matin puis a sauté sur le dos du griffon. Et il s'est envolé, il a tracé son chemin à travers la nuit, sous les mille yeux de Valda, s'arrêtant juste assez pour dormir, pour manger un peu. Puis ils repartaient tous les deux, le coeur serré.

Elle est arrivée la veille, Alméïde, et elle s'est rendue sans attendre dans la chambre où Reja dormait à poigns fermés. Un soulagement indescriptible s'est emparé de tout son être en la voyant ; blessée, en convalescence, mais pas en danger immédiat. Lorsqu'elle s'est éveillée, elle l'a serrée entre ses bras, si fort. Et elle l'a veillée, chantant l'une de ces chansons des dunes que leur mère entonnait souvent, la berçant jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Ce qu'elle fit à son tour, épuisée par le voyage et l'inquiétude.

Au petit matin, le soleil se lève à peine lorsqu'Alméïde quitte la chambre pour retrouver Castiel, visiblement aussi peu reposé qu'elle. C'est aujourd'hui que tout se joue, elle le sait ; son coeur encaisse à nouveau l'angoisse qu'ils partagent dans quelques murmures, puis les paroles deviennent réconfort, les larmes coulent, leurs lèvres se retrouvent, l'étreinte est douce. Jusqu'à ce que ses devoirs l'appellent. Alméïde le regarde partir, priant doucement le Destin pour que tout se passe bien, pour que leurs efforts n'aient pas été vains. Pour qu'ils puissent être réunis, enfin.

La matinée entame doucement son cours lorsqu'elle retourne auprès de sa soeur qui dort encore. Elle fait porter un message à Anthim, installé au palais d'Ibelin, pour le prévenir qu'elle est là et qu'elle rentrera à ses côtés. Elle frissonne dans le bâtiment glacé, s'enroule dans un plaid laissé sur une chaise, puis sort dans le couloir avec la vague idée d'aller manger quelque chose afin de reprendre quelques forces. Il lui sera impossible de dormir en sachant ce qui se joue en ce moment, au palais, mais elle ne peut pas rester à rien faire.

Dans le couloir, un bruit de pas la fait sortir de ses réflexions et la silhouette du Voltigeur devient plus nette alors qu'elle cligne des yeux à plusieurs reprises pour chasser la fatigue. « Princesse Alméïde, il est arrivé quelque chose à votre sœur ? » Elle fronce les sourcils, à la fois inquiète et perplexe. « Ma soeur ? N-non, je... » « Je-je n'ai rien dit. Le devoir m'appelle. Je vous laisse à... ce que vous venez faire. Bonne journée. » Elle met quelques instants à réaliser ce qu'il vient de se passer, surprise de le voir tourner le dos et s'éloigner d'un pas aussi pressé.

« Mayeul, attendez ! » s'exclame-t-elle en s'avançant vers lui. Il s'arrête, bien heureusement, et quand il se retourne, elle lui adresse un sourire doux, sincère, un peu las. « Je suis contente de voir que vous allez bien, Sirocco m'a montré ce qu'il s'est passé. En partie. » En partie oui. Juste de quoi la terrifier, juste de quoi lui faire comprendre l'urgence de la situation tout en la rassurant quelque peu. Sans réfléchir plus avant, Alméïde s'approche pour le serrer dans ses bras, la gorge encore un peu nouée par cette appréhension qui ne la quitte plus depuis plusieurs jours.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyMer 26 Avr - 22:50

Parfois, ses mots dépassent sa pensée. Souvent, même : Mayeul n’a probablement jamais appris véritablement à se taire, et si la discipline acquise durant ses années de cadet l’aide parfois, elle n’est pas parvenue à lui imposer totalement un moment de réflexion avant qu’il ne prenne la parole. Pourquoi, pourquoi a-t-il fallu qu’il parle de Reja à sa sœur ? Après ses lettres échangées, après ses intentions qui n’étaient pas très difficile à deviner, pourquoi a-t-il fallu que les premiers du Voltigeur soit pour s’inquiéter de la danseuse des dunes ? Il a presque rattrapé sa bourde pourtant, tournant le dos pour une retraite stratégique, et non pas une fuite mortifiée. Mais la princesse élève la voix, et Mayeul ne peux pas faire mine de l’ignorer. Il l’apprécie, la princesse Alméïde. Elle l’a soutenu maintes fois, lui a apporté des conseils qui, s’ils ne l’ont pas ravi, lui ont fait comprendre quelques détails.

Le sourire qu’elle lui offre pourtant est sincère et désarmant. Avant qu’il ne puisse la rassurer sur son accident pourtant, Alméïde le serre dans ses bras . Mayeul n’hésite guère avant de retourner l’embrassade, serrant la jeune femme contre lui avant de prendre la parole. « Je n’en sais guère davantage, je ne me rappelle de rien après notre retraite du Palais. » Avoue le Voltigeur, espérant quelque peu la rassurer. « Mais oui, n’ayez crainte, je vais bien. » Si on oublie le bandage qui entoure encore son crâne, les vertiges qui le prennent parfois et les drogues qui courent dans son organisme, pour lutter contre les douleurs et les nausées. Oui, il va bien, ou presque. C’est Nuage, le plus important. Le plus inquiétant. « Nuage est encore en convalescence, mais il guérira. » Sa voix est peut-être un peu moins affirmative et sûre que d’habitude, mais Alméïde est sans doute trop fatiguée pour l’entendre. Elle a l’air épuisée, la princesse d’Erebor.

Mayeul recule d’un pas, sans pour autant lâcher la jeune femme. Il a un peu peur qu’elle ne s’effondre, à vrai dire. « Vous devriez vous reposer quelques instants, princesse Alméïde. » Elle n’est pas princesse ici, il le sait Mayeul, mais il est cielsombrois, après tout. Il peut bien la reconnaître comme princesse. « Je suis censé être le blessé, mais vous avez une mine à faire peur. » Plaisante le Voltigeur, attirant la jeune femme sur un banc disposé non loin, avant de la pousser à s’asseoir. Il l’observe un instant, avant de reprendre la parole : « Vous voulez que je vous fasse chercher un verre d’eau ? un peu de nourriture peut-être ? La cuisine est à quelques couloirs d’ici, mais il y a toujours de la nourriture à disposition, personne ne verra un inconvénient à ce que vous mangiez un peu. » Il lui adresse un sourire complice. « Et puis, ne le dites à personne, mais je suis major du vol de Svaljärd, alors j’ai le droit à quelques privilèges. »

Il plaisante, il parle, il sourit, et personne ne pourra se douter qu’en réalité, Mayeul est quelque peu anxieux à l’idée de se retrouver seul avec la princesse Alméïde. Elle n’a pas l’air de lui en vouloir, elle n’a pas l’air de se souvenir, pour les lettres, mais elle se souvient forcément. Et pire que tout, elle a peut-être vu les poèmes qu’il a adressé à Reja. La Voltigeuse lui a peut-être même montré ! Alors non, mayeul n’est pas très à l’aise. Il la sait douce et aimante la jolie jeune femme, mais il ne peut s’empêcher de songer à cette nuit lointaine, au cœur du palais de Vivedune, où elle s’est montré si brave. Et si farouche. Il n’a pas peur d’Alméïde, non... mais s’ils pouvaient éviter le sujet de Reja tous les deux, cela serait parfait !


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyDim 7 Mai - 14:37

L'étreinte lui est rendue, ferme et chaleureuse, un moment plus doux au coeur de la tempête. Dans sa tête fourmillent les souvenirs de ces derniers jours, de la peur et de la panique, de la mort et de la destruction, des flammes qui s'élèvent à l'horizon et des fiers combattants ibéens qui ne lâchent pas prise malgré l'adversité, malgré la fulgurance de l'attaque. Sous ses yeux dansent dragons et griffons, le doré de Justice vibrant dans un grondement ancien, alors qu'il déploie ses ailes et ouvre sa gueule pour repousser l'ennemi. Dans son esprit, l'Ébène de Sirocco, quelques bribes de souvenirs partagés, des éléments qui lui font froid dans le dos. Puis le devoir, les responsabilité, un avenir incertain, des alliances naissantes et fragiles qui ne parviendront peut-être pas à terme. Le poids de tout cela s'accumule et se mêle à la fatigue, la submerge peu à peu et elle s'accroche à Mayeul, comme si relâcher prise signifiait la chute.

« Je n’en sais guère davantage, je ne me rappelle de rien après notre retraite du Palais. » Il n'a pas vraiment été épargné non plus le Voltigeur, elle l'a bien vu à travers les yeux de Sirocco, et elle le remarque au bandage qui entoure son crâne. Elle n'est pas bien rassurée, mais elle se console en se disant qu'ils sont encore en vie et c'est le principal. « Mais oui, n’ayez crainte, je vais bien. » Bien. Très bien. Mais l'est-il vraiment ? Elle se rappelle d'une chute, de sang qui s'écoule, d'un hématome, d'une perte d'équilibre et des mêmes paroles réconfortantes : je vais bien. Le souvenir la fait brièvement sourire. « Nuage est encore en convalescence, mais il guérira. » Alméïde relève légèrement les yeux et la détresse s'y lit avec aisance. Nuage ? Elle ne dit rien pourtant, peu désireuse d'accentuer le trouble de Mayeul qui doit déjà être assez touché par les blessures de son compagnon ailé.

Lorsqu'il recule, elle se tient toujours au bras offert, retenue par ses mains qui la soutiennent. « Vous devriez vous reposer quelques instants, princesse Alméïde. » Elle acquiesce, elle ne le sait que trop bien, mais elle ne peut pas. Sa soeur aura peut-être besoin d'elle d'un instant à l'autre, elle ne veut pas rater son réveil. « Je suis censé être le blessé, mais vous avez une mine à faire peur. » Elle répond à la plaisanterie d'un sourire las, pas le moins du monde vexée par la remarque. « Le voyage m'a un peu fatiguée, rien de plus. Je vous assure que je vais bien. » déclare-t-elle, écho des paroles prononcées tout à l'heure. Elle se laisse pourtant entraîner sans rien dire s'asseyant à ses côtés, soulagée de retrouver un semblant de stabilité.

« Vous voulez que je vous fasse chercher un verre d’eau ? un peu de nourriture peut-être ? La cuisine est à quelques couloirs d’ici, mais il y a toujours de la nourriture à disposition, personne ne verra un inconvénient à ce que vous mangiez un peu. » Elle hésite un peu la princesse. Elle n'a pas faim, mais le médecin en elle sait qu'il lui faut prendre des forces si elle veut tenir le reste de la journée. Son hésitation semble être prise pour un refus par le Voltigeur qui insiste avec humour. « Et puis, ne le dites à personne, mais je suis major du vol de Svaljärd, alors j’ai le droit à quelques privilèges. » Cette fois, elle laisse échapper un léger rire, sincère. Elle secoue la tête avec un amusement qui efface un instant l'épuisement de ses traits. « Il faudrait que je mange quelque chose oui, mais... plus tard d'accord ? J'aimerais juste... juste me reposer ici, un instant. » Sa main se referme sur celle de Mayeul et elle se sent soudain en sécurité. Il est peut-être blessé, mais elle a depuis longtemps la sensation de pouvoir lui faire confiance, malgré ses actes inconscients, malgré les lettres échangées – qui lui semblent plus maladroites que des preuves de mauvaises intentions – malgré une consommation durant le tournoi qui lui a révélé un côté plus vulnérable que ce qu'il semble vouloir montrer. Alméïde n'en apprécie pas moins le Cielsombrois rieur et charmeur.

Son regard se relève et se pose sur le bandage. « Est-ce que votre tête va un peu mieux ? Qu'ont dit les médecins ? Les bandages ont-ils été changés récemment ? » Elle lève sa main libre dans l'intention de vérifier s'il est bien mis en place mais elle s'interrompt, soudain consciente de son geste, et elle rit à nouveau, brièvement. « Je vous demande pardon, c'est un réflexe. » Le médecin ressort, paré de cette compassion qu'elle ressent pour quiconque pourrait avoir besoin d'elle. Mais nul doute que les médecins d'Ibelin savent ce qu'ils font. Alors elle secoue un peu la tête Alméïde, cherchant à chasser la fatigue. « Que faisiez-vous ici ? Ne devriez-vous pas vous reposer également ? » demande-t-elle finalement avec une inquiétude sincère. Il devrait être allongé pour ménager sa blessure, oui. Non pas s'inquiéter pour une princesse en manque de sommeil.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyJeu 11 Mai - 22:27

Il l’apprécie cette étreinte offerte par la princesse d’Erebor, sans penser à mal. Ici, personne ne viendra lui reprocher de se montrer familier avec la jeune femme. Castiel - le duc de Sombreflamme, autant le nommer par son titre - est probablement occupé, Reja n’est pas là, personne ne va lui reprocher son rapprochement. Et c’est agréable, de serrer contre lui la jeune femme qu’il apprécie réellement, de faire bifurquer ses pensées sur autre chose que ses soucis actuels. Alméïde semble s’accrocher à lui, et il la soutient du mieux qu’il le peut, lui assurant sa présence et son réconfort.

La princesse l’interroge, sur des souvenirs que Mayeul ne possède pas. De sa chute, de ses blessures et du temps passé allongé dans sa chambre, il ne se rappelle rien. Des bribes de souvenirs, des sensations, complétés par celles de Nuage. C’est perturbant, en un sens, de posséder ces souvenirs qu’il ne parvient pas à se remémorer comme siens. Il assure cependant à la princesse qu’il va bien, l’entraînant sur un banc pour qu’elle puisse se reposer. D’eux deux, c’est probablement elle qui semble la plus épuisée, même si elle lui assure aller bien. Evidemment. Mayeul aussi assure toujours aller bien, même quand ce n’est pas le cas. Il ne cherche pourtant pas à lui prouver qu’elle enjolive probablement son propre état : Alméïde n’avouera pas qu’elle est fatiguée, tout comme lui n’avouera pas qu’il n’est pas encore très en forme.

A sa proposition de se reposer, de se restaurer, la jeune femme finit par acquiescer, mais plus tard. Très bien, plus tard, Mayeul lui fera porter de quoi se restaurer. Pour le moment, elle semble encline à parler, ce qu’il préférerait éviter, en réalité. Enfin, tant que la conversation ne dévie pas sur sa Voltigeuse de sœur, Mayeul peut probablement gérer. Assis aux côtés de la jeune femme, la main d’Alméïde sur la sienne, le Cielsombrois acquiesce doucement. Elle a besoin de parler, il s’en doute. Parler de cette guerre qui fait rage, de ses soucis, de ses inquiétudes. Le Voltigeur sait écouter. Pourtant, c’est vers lui que l’inquiétude de la jeune femme se tourne, tandis qu’elle lève la main pour s’assurer de ses bandages, avant de s’interrompre elle-même. Le rire d’Alméïde, trop bref, retentit dans le silence, avant qu’elle ne reprenne le fil de la conversation. « J’ai probablement assez dormi pour plusieurs semaines, vous savez. »

Elle est médecin, alors sans doute lui doit-il une explication. « J’ai l’impression de passer mes journées à me reposer, alors que d’autres partent se battre, et que les mauvaises nouvelles affluent. Ne me demandez pas de rester à me tourner les pouces, vous non plus. » La prévient-il doucement. Les médecins d’Ibelin le savent déjà, Mayeul n’est pas un patient très coopératif quand il en a marre. « J’ai juste besoin de ne pas rester immobile. Je revenais d’une visite à Nuage. » Alméïde ne connaît sans doute pas l’architecture de la caserne, pas assez en tout cas pour comprendre que le couloir de Reja, la chambre de Mayeul et les nids de convalescence ne sont absolument pas situé à proximité l’un de l’autre. « Et ma tête va mieux, oui. Je n’ai probablement plus besoin d’un bandage, mais cela pousse les gens à me prendre en pitié, et j’ai le droit à des rations supplémentaires. » Assure le Voltigeur avec légèreté. Il plaisante, évidemment, et la jeune femme n’en sera probablement pas dupe. Elle n’a pas besoin de s’inquiéter davantage pour lui, de toute façon, aussi ne souffle-t-il rien de ses vertiges et des maux de tête. « J’ai une commotion cérébrale, quelques hématomes ici et là... rien qu’un baiser de votre part ne saurait guérir, belle Alméïde » Plaisante à nouveau le Voltigeur, amusé. « Quand j’étais enfant, mes livres racontaient que Callia honorait les princesses du don de guérison : vous êtes la première princesse que je rencontre, alors vous ne m’en voudrez pas de vous extorquer un baiser guérisseur, j’espère. » Ce n’est pas une obligation, et la lueur d’amusement qui dans dans les prunelles du Voltigeur ne laisse que peu de doute sur le sérieux de la requête. Même s’il n’a rien contre un baiser d’Alméïde, le Voltigeur. Personne ne le saura, après tout.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyMer 31 Mai - 23:35

La fatigue et la faim importent si peu, face à tous les événements qui se déroulent depuis quelques jours. Qu'importe son propre bien-être, quand sa famille ou ses amis sont blessés et ont besoin de son attention. Alméïde prend sur elle, absorbe les maux et garde la tête haute pour s'occuper de ceux qui encaissent plus encore. C'est son devoir de princesse que de veiller sur son peuple, c'est son devoir de médecin que de prendre soin des autres. Le bandage qu'arbore le Voltigeur éveille immédiatement ses réflexes et son inquiétude déjà élevée. S'est-il remis de ses blessures ? Est-ce grave ? A-t-il mal, ressent-il encore des vertiges ? Tant de questions qu'elle s'efforce de retenir, une moue contrite sur le visage alors qu'elle tente de prendre la situation à la légère.

« J’ai probablement assez dormi pour plusieurs semaines, vous savez. » Un mince sourire vogue sur ses lèvres, compatissant. Le repos lui est nécessaire pour récupérer après un tel choc, mais elle ne tient pas à lui marteler les conseils qu'il a déjà dû recevoir des centaines de fois depuis son arrivée. C'est un grand garçon, c'est à lui de décider s'il veut les suivre ou non. Ca ne diminue pourtant pas l'appréhension qu'elle éprouve, à le voir ainsi. « J’ai l’impression de passer mes journées à me reposer, alors que d’autres partent se battre, et que les mauvaises nouvelles affluent. Ne me demandez pas de rester à me tourner les pouces, vous non plus. » Elle fronce légèrement les sourcils ; entre compréhension et réprimande, son coeur balance. C'est néanmoins le soulagement de le voir en vie qui l'emporte et son coeur lourd des horreurs qu'elle a vues l'empêche de réellement lui en vouloir de faire sa forte tête. Qu'aurait-elle dit, si elle aussi, elle était clouée au sol alors que son duché était ravagé par les flammes ?

« J’ai juste besoin de ne pas rester immobile. Je revenais d’une visite à Nuage. » Elle acquiesce, silencieuse. Oui, bien entendu, ça lui semble normal. « Et ma tête va mieux, oui. Je n’ai probablement plus besoin d’un bandage, mais cela pousse les gens à me prendre en pitié, et j’ai le droit à des rations supplémentaires. » Un rire, doux et sincère, s'échappe de ses lèvres. « C'est un très bonne chose. » répond-elle, pas tout à fait dupe, mais heureuse de le voir plaisanter. Elle en avait bien besoin ; de rire, de la présence d'un ami. Car c'est bien ce qu'il est, n'est-ce pas ? Un ami ?

« J’ai une commotion cérébrale, quelques hématomes ici et là... rien qu’un baiser de votre part ne saurait guérir, belle Alméïde » Le rouge monte à ses joues et son regard se fait soudain fuyant. « Quand j’étais enfant, mes livres racontaient que Callia honorait les princesses du don de guérison : vous êtes la première princesse que je rencontre, alors vous ne m’en voudrez pas de vous extorquer un baiser guérisseur, j’espère. » L'amusement se peint sur les traits de l'Erebienne, mêlé à l'embarras tandis qu'elle relève les yeux vers lui. « N'avez-vous pas combattu aux côtés d'une princesse lors du tournoi ? » demande-t-elle, taquine, d'un ton faussement accusateur. Elle ne croit pas une seconde à son baratin, mais Alméïde ne cherche pas réellement à savoir pour quelles raisons il lui fait une telle demande. Est-ce par jeu, qu'il continue ainsi à s'aventurer sur le chemin de la séduction, alors qu'il lui a tant parlé de sa soeur dans ses lettres ? C'est la seule idée qu'elle désire accepter, la princesse, car toute autre alternative serait inacceptable. « Mais s'il y a la moindre chance que Callia puisse vous protéger d'un baiser guérisseur, je serais un bien mauvais médecin de vous le refuser. » Pas de la manière qu'il désire néanmoins. Alméïde se redresse, ceint son visage de ses mains et dépose un baiser sur son front, avec douceur, avant de se rasseoir à ses côtés. Que Callia le protège, et qu'Anzaplasthe lui accorde un peu de ses bienfaits.

« Je sais qu'on a dû vous le dire souvent depuis votre arrivée, mais ménagez-vous tout de même. Une commotion est dangereuse pour un homme qui se repose tant sur son équilibre pour voler et se battre. Une mauvaise manoeuvre pourrait nuire, non seulement à vous, mais à Nuage aussi. » Sa voix ne porte pas le ton accusateur ou moralisateur que certains pourraient communiquer par ces quelques mots. Elle est inquiète, tout simplement. Très sérieuse, également. Les blessures de voltige sont parmi les pires et les conséquences pour ceux qui se remettent à voler trop tôt sont désastreuses. Alméïde pousse un soupir. « Je suis désolée, je comprends que vous puissiez vous sentir démuni de ne pouvoir vous rendre utile alors que la guerre est finalement à nos portes, mais quelque chose me dit que vous aurez suffisamment d'occasions pour faire vos preuves. » Foncer tête baissée ne lui apportera rien de bon, elle ne l'a que trop appris durant l'année écoulée. L'hésitation semble s'emparer d'elle un instant, puis elle ajoute : « Quel désastre... Toutes ces personnes obligées de fuir... » Elle ne revoit que trop bien le chaos, les flammes, les caravanes des habitants du désert qui se mettent en route vers des lieux plus sûrs. Puis elle apprend que sa soeur, sa propre soeur, s'est retrouvée au coeur des événements. « J'aimerais tant... Vous savez, j'ai toujours été admirative et fière de ce que ma soeur était capable d'accomplir au dos de son griffon, mais avec les derniers événements, j'aurais préféré la savoir éloignée de tout ça. »


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyMar 6 Juin - 21:30

Il se confie à elle, Mayeul, sans pour autant entrer dans les détails. Il est encore nauséeux, en vérité, pas si bien que ça, mais il ne peut pas le lui dire. Alors il fait semblant que tout va bien, et si Alméïde n’est pas dupe, elle aussi fait semblant que tout va bien. C’est parfait. Prétendre, cela fait du bien parfois. Le rouge colore les joues de la ravissante princesse, alors qu’il lui réclame un baiser pour être guéri. L’embarras est visible dans les yeux de la jeune femme, dans la rougeur de ses joues et dans la façon dont ses mains se crispent. C’est tellement amusant de la taquiner ainsi, qu’il ne peut résister très longtemps le Voltigeur.

Son expression tombe pourtant, quand elle évoque Ljöta. Mayeul a des sentiments plus que mitigés en faveur de la princesse kyréenne, et honnêtement, il doute qu’elle soit du genre à embrasser les gens pour les sauver. Plutôt à achever leur souffrance en leur tranchant la gorge, et rester pour admirer le spectacle de leur fin. « Vous m’avez déjà guéri une fois, vous devez avoir un don particulier. » Plaisante Mayeul, sans pour autant révéler ses sentiments à la jeune femme. Inutile de lui préciser à quel point il n’apprécie pas Ljöta. Elle est la sœur du duc, et il doit un minimum de fidélité à la famille d’Evalkyr, maintenant qu’il aborde avec fierté le blason de Valkyrion sur son harnais de vol. Que la vie est compliquée, parfois !

Alméïde accède à sa demande finalement, se levant pour placer sur son front un chaste baiser. Il n’en attendait pas moins de la jeune femme, et son sourire satisfait se fait plus taquin alors qu’il remet en place quelques mèches de cheveux dérangées par Alméïde. « Etes-vous sûre de vouloir vous marier un jour ? Vous pourriez parcourir les routes d’Arven et faire don de vos baisers à tous les blessés que vous croisez. Par Levor, si vous le faites, je vous jure de dévouer mon épée à votre sécurité. » Promet en riant le Voltigeur. Mais sa tentative de dérision tourne vite court : la jeune femme semble sincèrement inquiète pour lui, plus sans doute qu’il ne l’est lui-même. La médecin lui fait la morale, d’un ton plus léger qu’accusateur, mais Mayeul n’est pas dupe, et sait reconnaître les conseils, même enrobés d’une couche de miel. Et, une chose est sûre, le Voltigeur n’est pas très docile quand il a décidé de n’en faire qu’à sa tête.

Mayeul se contente de détourner le regard, sans répondre. Il le sait, évidemment qu’il le sait. Sa tête lui tourne encore, il a même du mal à soutenir une longue conversation avec son griffon sans avoir la nausée qui le gagne. Alors oui, qu’elle se rassure, il est conscient de devoir attendre et patienter pour sa guérison. Pour autant, il n’est pas obligé d’aimer ça, ni de l’accepter de gaieté de cœur. Et puis la médecin enchaîne, et le Voltigeur reste silencieux. Oui, c’est un désastre. Tous ces morts, tout ce chaos, et lui forcé de rester ici ! Il se mord la lèvre, Mayeul, pour ne pas répliquer vertement à la jeune femme qu’il se fiche de faire ses preuves, qu’il veut juste aider. Mais Alméïde n’a pas mérité qu’il passe sur elle sa frustation, sa peine et son angoisse, d’autant qu’au fond, elle n’a pas tort. Il veut leur prouver, Mayeul, qu’il n’est pas le Voltigeur inutile et bon à renvoyer que certains le soupçonnent d’être.

Et la conversation dévie sur Reja, laissant Mayeul répliquer sans réellement s’en rendre compte. « Avez-vous déjà vu votre sœur voler, Alméïde ? Sirocco et elles, ils sont... magnifiques. Invincibles. Sauf quand je me mets dans leurs pattes. » Mayeul a un léger rire, dépourvu de tout amusement. Il a juré à Reja ne pas se sentir coupable, mais la vérité, c’est qu’il sait que l’accident est de sa faute. Il aurait du veiller sur elle, il aurait du faire attention... Il est major, maintenant. A quoi bon cette insigne, ce grade, s’il n’est même pas capable de veiller à la sécurité des Voltigeurs qui l’entourent ? « Ne craignez rien pour elle, princesse. Sirocco veille, et Grâce ne laissera rien lui arriver. » La main du Voltigeur serre celle de la princesse Erebienne, tandis que ses prunelles se posent dans les yeux de la jeune femme. « Faites lui confiance. Je sais que c’est dur, mais c’est de votre soutien et de votre confiance dont elle a besoin, pas de vos inquiétudes. »

Il ne lui dira pas, à la princesse, ce que lui a révélé Reja. Les souffrances du Harem, sa certitude qu’Alméïde n’hésitera pas à l’abandonner. Non, il ne dira rien, mais il a besoin qu’Alméïde comprenne : Reja a besoin d’elle.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptySam 17 Juin - 14:05

« Vous m’avez déjà guéri une fois, vous devez avoir un don particulier. » « J'aimerais autant ne pas avoir à le faire trop souvent. » répond-elle d'un ton faussement répréhensif. S'il pouvait éviter de se blesser trop souvent, ce serait bien plus rassurant, mais il est Voltigeur et têtu du surcroît, visiblement. A-t-elle seulement son mot à dire ? Probablement pas. Son regard reste doux néanmoins, loin du reproche ou de l'agacement. Juste une appréhension sincère pour une personne qu'elle affectionne.

« Etes-vous sûre de vouloir vous marier un jour ? Vous pourriez parcourir les routes d’Arven et faire don de vos baisers à tous les blessés que vous croisez. Par Levor, si vous le faites, je vous jure de dévouer mon épée à votre sécurité. » Elle rit un peu, Alméïde, d'un rire qui sonne faux, détournant son regard. Elle rit pour masquer la gêne et l'inquiétude grandissante qui l'enserre de ses griffes. En ce moment même, Castiel doit être en train de discuter avec Ermengarde de l'idée qu'il lui a présentée et tout sera décidé durant cette conversation. Ose-t-elle seulement croire à un dénouement heureux après toutes les erreurs commises ? Elle était prête à renoncer à tout pour épouser le prince de Bellifère avant qu'il ne vienne avec une solution qui a tout de la folie pure. Mais une telle folie a été acceptée par Anthim, par son propre frère. Il ne l'a pas fait de bon coeur, mais il l'a fait tout de même et elle ne peut que prier les dieux pour que tout se passe bien et qu'une alliance ressorte de cette rencontre, pour Ibélène, pour leurs duchés. Et aussi pour cet amour qu'ils n'auraient pas dû partager mais qui consume tout – la raison y compris – depuis trop longtemps. Alors oui, Alméïde fait mine de s'amuser de la remarque, bien que la mention du mariage éveille tant de craintes qu'elle ne peut partager avec lui, tant de culpabilité également.

Il lui est plus facile d'endosser le rôle du médecin, d'emprunter une voie qu'elle connaît bien et sur laquelle elle évolue avec assurance, parfois même avec autorité. Elle voit bien que Mayeul n'apprécie pas ce qu'elle a à lui dire, alors elle n'insiste pas. La fatigue aidant, elle laisse son esprit dériver et celui-ci se rend directement vers un second sujet qui se révèle être source d'angoisse. Sa soeur.

« Avez-vous déjà vu votre sœur voler, Alméïde ? Sirocco et elles, ils sont... magnifiques. Invincibles. Sauf quand je me mets dans leurs pattes. » La réponse semble si spontanée qu'elle étonne la princesse qui relève les yeux avec curiosité. Un sourire tendre se peint sur ses lèvres à la mention de sa soeur au dos de Sirocco, du lien qui les unit, des exploits qu'ils accomplissent tous les deux. « Ne craignez rien pour elle, princesse. Sirocco veille, et Grâce ne laissera rien lui arriver. » Elle hoche la tête mais sa gorge est trop nouée pour parler. « Faites lui confiance. Je sais que c’est dur, mais c’est de votre soutien et de votre confiance dont elle a besoin, pas de vos inquiétudes. » Alméïde pousse un soupir et secoue la tête. « Je le sais Mayeul, et j'ai pleinement confiance en elle. Je lui confierais ma vie, sans hésiter. Mais... je suis également sa grande soeur et j'aimerais pouvoir veiller sur elle, la protéger plus qu'elle ne me protège moi, être plus souvent présente que je ne le suis réellement... » Elle le sait bien, Alméïde, que depuis quelques temps elle a été bien trop prise pour avoir l'occasion de passer du temps avec sa cadette. Les lettres et les discussions par le biais de son miroir n'y changent rien ; rien ne vaut sa présence à ses côtés et les étreintes qu'elles peuvent partager.

Son regard se baisse sur leurs doigts entrelacés, son esprit semblant voguer vers d'autres images agréables, douces. « Je sais de quoi elle est capable, j'ai vu ses prouesses dans les cieux autant que sur terre. » Elle relève alors les yeux et ceux-ci brillent d'un aura tendre, emprunte de nostalgie. « Et vous Mayeul, l'avez-vous déjà vue danser au son des chants des dunes, parmi nos cousines, à la lueur des flammes ? L'avez-vous déjà vue se mouvoir sous les étoiles ? » Sans attendre de réponse, elle ajoute d'une voix plus basse, presque dans un murmure. « Elle a le talent de notre mère. » Elle aussi, quand elle dansait, tout le monde semblait retenir son souffle devant sa beauté sauvage. Oh, Reja, sa tendre soeur, la danseuse astrale. On ne lui a pas donné ce doux nom pour rien. Alméïde sait danser et chanter, mais à côté de sa cadette, ce n'est rien, absolument rien. Elle reprend, toujours avec calme : « Me demander de ne pas m'inquiéter pour elle serait me demander d'arrêter de respirer. J'aime ma soeur, je ne le supporterais pas s'il lui arrivait quoi que ce soit. » Rien que d'y songer, ses yeux s'humidifient et, la fatigue aidant, elle doit faire un grand effort pour ne pas laisser les larmes s'écouler. Elle a eu si peur quand Sirocco est venue la chercher, elle préfère ne pas imaginer ce qu'elle aurait ressenti si la guerre l'avait enlevée à elle.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyJeu 29 Juin - 22:32

Il ignore complètement les sombres pensées qui s’agitent dans la tête de la médecin. Mayeul le sait, elle est préoccupée, fatiguée, inquiète sûrement, aussi ne cherche-t-il pas à en savoir davantage. Lui-même à son lot de soucis, en vérité. Portant sans même s’en rendre compte une main à sa tête dans l’espoir inconscient de calmer la douleur soudaine qui s’est réveillée, le Voltigeur observe la princesse sans mot dire, alors qu’elle s’ouvre devant lui de ses inquiétudes concernant Reja. Tant que les questions de la jeune femme ne se font pas trop pointues, Mayeul préfère en vérité parler de quelqu’un d’autre que de lui. Il lui décrit avec spontanéité le duo que forme Sirroco et Reja, leur façon de voler, qu’il a pu observer. Il ne peut s’en défendre et de toute façon, cela ne sert à rien de le cacher. Elle est belle, l’erebienne, et il a du mal à détacher le regard d’elle et de son griffon parfois.

Alméïde aussi est belle, mais elle manque de cette beauté sauvage qu’illustre Reja, de cette détermination et de cette farouche volonté née, il le sait désormais, des épreuves qu’elle a subi. Alméïde... Alméïde n’a pas autant souffert. La médecin est douce et pleine de bonté, et Mayeul l’apprécie pour ça. Mais elle n’est pas sa sœur, et c’est bien à la cadette que le major de Svaljärd a envie de dédier ses pensées et ses poèmes.

Le Voltigeur esquisse un sourire lorsque la médecin lui répond. Est-ce le sort de toutes les grandes sœurs, que de vouloir protéger leurs cadets ? Mathilde veillait sur lui, sans cesse, du haut de ces quelques minutes qui lui donnaient le droit d’aînesse. Il voudrait lui dire, à Alméïde, ce que Reja lui à partager. Mais ce serait trahir la Voltigeuse, et il sait bien que ce n’est pas une bonne idée. Il a beau s’en défendre, l’idée que l’erebiene lui en veuille le dérange profondément. Parce qu’il ne rêve que de la mettre dans son lit, évidemment. Rien d’autre. Il l’apprécie, et il l’oubliera. Évidemment. Peut-être qu’à force de se le répéter, cela marchera. Qui sait ? Reja, c’est juste un défi, un auquel Mayeul est incapable de résister. Cela n’a rien à voir avec les sentiments qu’il pourrait, ou non, éprouver.

Les yeux d’Alméïde se plongent dans les siens, lui posant une question avant d’enchaîner. Il le sait, vaguement, tout cela. Elle est dige, si digne la médecin, mais elle oublie qu’il a étudié la psychologie, Mayeul. Il ne fait guère étalage de ses talents le Voltigeur, et sait se faire oublier, mais s’il y a quelque chose qu’il sait faire, c’est écouter. Et comprendre. La voix d’Alméïde n’a pas besoin de se briser pour qu’il la sente bouleversée et mû par une impulsion soudaine, le major de Svaljärd prend la princesse d’Erebor dans ses bras. Ils sont seuls, dans ce couloir, mais il se tient prêt à la lâcher dès qu’elle en manifestera l’envie. Les cielsombrois sont des gens tactiles, mais en Erebor, ils sont parfois tellement coincés ! Tenir Alméïde dans ses bras, c’est juste pour Mayeul l’occasion de montrer à la jeune femme qu’il la comprend, et souhaite la réconforter. Il prie souvent Aïon, et connaît la valeur des mots, mais on ne fera jamais mieux que la chaleur humaine pour réconforter autrui. Et il apprécie Alméïde Mayeul, sincèrement, bien assez pour ne pas vouloir la savoir triste.

« N’arrêtez pas de vous inquiétez pour elle alors, mais faites lui confiance. Elle vous aime, et elle reviendra pour vous. Pour Sirocco. Et puis, ce ne sont que de stupides Chevaucheurs, pas de quoi effrayer une danseuse des cieux. »
Plaisante le Voltigeur. Il finit par lâcher la princesse, serrant la main de la médecin dans la sienne, plongeant ses yeux dans ceux d’Alméïde. « Votre sœur m’égorgerait probablement, si elle me surprenait à l’observer en train de danser. Racontez-moi. » Et s’il le demande, c’est autant pour la jeune femme que pour lui. « Racontez-moi les dunes, Alméïde. Les danses sous le regard des étoiles, les chants et la chaleur des feux. S’il vous plaît. » Oh oui, qu’elle lui décrive sa Reja Alméïde, celle que Mayeul ne connaît pas.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptySam 1 Juil - 20:05

Ils ont chacun bien des sujets de préoccupations et il n'est pas surprenant que le silence, parfois, reprenne ses droits entre le Voltigeur et la princesse. Elle est troublée Alméïde, tellement fatiguée et angoissée. À chaque instant, elle revit l'intense effroi éprouvé lorsqu'elle a cru qu'il était arrivé quelque chose à sa soeur et elle songe à cette guerre qui fait rage. Pourtant, ce n'est que le début. Les attaques qui ont eu lieu il y a quelques temps n'étaient que les premières d'une longue série et ils n'auront d'autre choix que de se défendre et de repousser l'ennemi. Elle tremble à cette pensée l'Erebienne, songeant que si elle n'avait pas été aussi irréfléchie et égoïste, leurs liens avec Bellifère auraient été plus forts et ils seraient venus à leur secours dès que les dragons se sont manifestés. Au lieu de ça, elle est dans l'attente d'une réponse concernant une alliance des plus étranges. Oh, elle sait combien Ermengarde de Bellifère a l'esprit ouvert, mais elle connaît aussi sa détermination et sa fierté. Une telle proposition, malgré l'urgence de la guerre, n'arrive-t-elle pas un peu trop tard ? Après le refus de Castiel d'épouser Madeleine, puis le sien concernant Martial, y a-t-il un seul espoir qu'elle accepte ? Alméïde ferme les yeux et prie le Destin de lui accorder ses bienfaits, profitant de la présence de Mayeul pour se rassurer et s'apaiser. La mention de sa soeur ne l'aide pas beaucoup, mais l'étreinte du Voltigeur parvient à lui réchauffer le coeur. Au-delà de leur statut respectif, il y a une affection qui lui est salvatrice en ce moment. Alors la princesse, bien que surprise, se serre un instant contre lui, reconnaissante.

« N’arrêtez pas de vous inquiéter pour elle alors, mais faites lui confiance. Elle vous aime, et elle reviendra pour vous. Pour Sirocco. Et puis, ce ne sont que de stupides Chevaucheurs, pas de quoi effrayer une danseuse des cieux. » Il parvient à la faire sourire et elle relève la tête quand il la relâche, afin de croiser son regard. Ces mots semblent bien peu de chose, mais ils parviennent à la rassurer, ne serait-ce qu'un peu. Et puis, Reja est en vie, elle se remettra de ses blessures, c'est tout ce qui compte. Il ne lui faut qu'un peu de repos et nul doute qu'elle remontera au dos de son griffon très bientôt pour défendre son empire avec toute la détermination dont elle est capable.

« Votre sœur m’égorgerait probablement, si elle me surprenait à l’observer en train de danser. Racontez-moi. » À la fois surprise et amusée, elle le regarde, hésitante. Qu'elle lui raconte ? Vraiment ? « Racontez-moi les dunes, Alméïde. Les danses sous le regard des étoiles, les chants et la chaleur des feux. S’il vous plaît. » Et un sourire tendre fend ses lèvres alors qu'elle laisse les souvenirs remonter à sa mémoire. Des souvenirs doux et chaleureux qui lui réchauffent le coeur et l'esprit. « Vous a-t-on déjà parlé des Danseuses des Dunes, Mayeul ? » demande-t-elle avec douceur en laissant son regard se perdre dans les souvenirs et les histoires qu'on lui a contées étant enfant. Son esprit vogue déjà au loin, son coeur danse au son de la musique qui résonne dans son être. « Elles sont extraordinaires, des femmes d'une grande beauté qui dansent à l'unisson sur le sable du désert, capturant les mouvements des dieux eux-mêmes pour émerveiller les clans de leur talent. » Un talent qui la laisse toujours sans voix. « C'est ma mère qui a tout appris à Reja. Elle nous a toutes les deux placées sous la tutelle d'Aïda, mais c'est elle qui a reçu ce don et qui a su l'exercer à la perfection. Lorsqu'elle danse, c'est... C'est comme si le temps s'arrêtait. Le Destin lui-même cesse de faire s'écouler son Sablier pour les admirer, tout le désert retient son souffle de les sentir fouler son sable au coeur de la nuit. » Leur danse est un poème à elle seule, une histoire que l'on raconte d'un bout à l'autre du désert, un chant barbare que l'on se passe, de génération en génération. Alméïde esquisse un sourire tendre, emprunt de nostalgie, lorsqu'elle songe à tout ça.

« On la nomme danseuse astrale et ce nom lui va comme un gant. Sur le sable du désert comme sur le dos de Sirocco, c'est Valda qui veille sur elle et lui prête sa lumière. » Elle lève alors les yeux, légèrement timide. « Vous devez penser que j'exagère, mais j'espère que vous aurez la chance d'assister à cela de vos propres yeux un jour, et vous comprendrez. » ajoute-t-elle, songeuse, se demandant si c'est seulement possible. « Mais, si j'en crois vos paroles précédentes, elle ne semble pas beaucoup plus ouverte à votre approche... ? » Le ton est interrogateur, à la fois amusé et curieux. Elle n'a pas oublié les lettres échangées après tout.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyDim 16 Juil - 20:56

Il n’aurait pas pensé partager un tel moment avec la jeune médecin mais après tout, pourquoi pas ? Il apprécie Alméïde, sa douceur et son sourire, sa conversation et ses rires discrets. Ils sont amis, peut-être pas vraiment, mais plus que de simples connaissances, en tout cas. Et même quand le silence reprend ses droits, ce n’est pas le silence lourd et pesant de ceux qui n’ont rien à se dire, mais bel et bien celui, respectueux, qu’ont deux amis qui se plongent chacun dans leurs pensées.

Il hoche la tête à la question de la princesse, doucement, presque incertain. Il est Cielsombrois, évidemment qu’il a entendu parler des danseuses des dunes. Des récits, sans doute enjolivés, de ces femmes qui ensorcellent les cœurs en dansant. Mais le récit que lui en fait Alméïde ne diffère pas vraiment, sauf que l’on distingue son admiration et son amour de ces femmes qui offrent leur corps au regard des Dieux et des hommes. Son amour pour sa sœur, à qui leur mère a tout appris. Il n’a aucun mal à imaginer Reja danser pour oublier les coups et l’humiliation, faire de son corps un instrument qui lui permet d’oublier tout autre chose pendant quelques instants. Peut-être qu’il se trompe. Peut-être qu’au fond, ce qu’il imagine de Reja n’est pas la réalité.

Mais il se mord la langue, très fort, pour ne pas risquer de dévoiler un pan de la vérité que la Voltigeuse lui a laissé entrevoir sur son passé. Alméïde ne sait pas, a-t-elle dit. Alméïde ne doit pas savoir. Alors le major de Svaljärd ne dit rien, et il ne peut que songer au choc que ses mots pourraient faire à Alméïde. Il ne veux pas la blesser, pas les blesser, aucune des deux sœurs. Alors il se tait Mayeul, laissant les mots de la princesse dessiner en son esprit des danseuses d’une beauté à coupler le souffle, de paysages extraordinaires de dunes et de sables qui viennent sublimer les corps de celles qui s’offrent à l’appréciation des Dieux.

Les yeux d’Alméïde rencontrent les siens, et c’est de l’admiration qu’il y décèle, une admiration tenace pour une petite sœur au talent exceptionnel. Oh, il la croit sur parole : il a vu Reja évoluer avec Sirocco, la grâce et la beauté sauvage qui émane de chacun de ses gestes. Il veut bien croire que les Dieux eux-mêmes stoppent pour l’admirer, et que Valda lui prête la lumière des astres pour sublimer chacun de ses mouvements. La soudaine question d’Alméïde le prend en traître pourtant, et Mayeul ouvre la bouche avant de la refermer sagement. Une appréhension soudaine s’empare de lui, à l’idée de parler à la sœur d’une jeune femme qu’il n’a que pour ambition de mettre dans son lit, rien d’autre. Absolument aucun autre sentiment n’entre en ligne de compte dans cette appréhension.

« Oh heu... si, détrompez-vous en fait. Nous avons passé une partie de l’après-midi ensemble. » Sans doute que cela sonne étrangement. Mayeul est doué avec les mots quand il le veut, mais il lui faut un peu de temps pour réfléchir, et le mal de tête ne rend pas les choses faciles. « Elle a aimé mes poèmes. » Son sourire est plein de fierté, mais Mayeul passe sous silence le reste de l’échange qu’il a eu avec la Voltigeuse. « Et je pense qu’elle m’apprécie. » Elle ne l’a pas tué, après tout, cela compte résolument comme un point positif.

« Je ne lui ai rien promis de plus que ce que je vous décrivais dans mes lettres. » Continue Mayeul, parfaitement conscient que ce n’est pas exactement ce qu’il s’est dit entre Reja et lui, mais il songe que cela reste assez proche de la vérité pour qu’on ne puisse l’accuser de mensonge. A peu près. Passant la main dans ses cheveux, dérangeant quelques mèches qui démangent sous le bandage - il n’est pas nerveux, non ! - Mayeul reprend. « Vous savez, je suis au repos forcé, ce n’est pas comme si j’avais beaucoup de choses à faire. Je passe la voir, de temps en temps. Elle s’ennuie. » Elle s’ennuie de vous, voudrait-il dire. Elle s’ennuie du sable des dunes, elle s’ennuie de la Voltige et des étoiles, mais surtout, elle s’ennuie de sa sœur. Il ne lui appartient pas de le dire à Alméïde, pourtant.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyVen 28 Juil - 13:04

Qu'il lui est étrange de parler ainsi de sa soeur à cet homme qu'elle connaît, finalement, bien peu. Pourtant, les paroles lui viennent naturellement, teintées d'admiration et d'affection pour sa cadette pour qui elle a toujours une pensée. Mais plus elle la décrit, plus elle tente de dépeindre l'art subtil et sauvage des danseuses des dunes, plus cela lui semble absurde ; les mots ne suffisent pas pour lui faire comprendre à quel point Reja compte pour elle et combien son talent ferait pâlir les lunes elles-mêmes. Il devra le voir pour en saisir la splendeur, si seulement cette chance lui est donnée un jour, si la Voltigeuse le laisse seulement approcher. Détail qui a son importance car il lui semblait lire la détresse et l'indignation de sa soeur dans les lettres qu'elles se sont envoyées il y a plusieurs mois de cela. Sous la fatigue, le regard se fait poliment curieux.

« Oh heu... si, détrompez-vous en fait. Nous avons passé une partie de l’après-midi ensemble. » Elle hausse les sourcils, un peu surprise. Reja, passer l'après-midi avec un Cielsombrois ? A-t-elle seulement eu le choix ? « Elle a aimé mes poèmes. » Ces mêmes poèmes qui ont contrarié sa soeur, qui lui ont fait hésité à l'occire sur le champ ? La mine de la princesse se fait un peu plus perplexe. « Et je pense qu’elle m’apprécie. » Cette fois-ci, c'est l'amusement qui anime son sourire. Elle peine à imaginer Reja apprécier un Cielsombrois, quel qu'il soit, mais elle ne cherche même pas à l'en convaincre. « C'est que vous êtes quelqu'un d'appréciable, Mayeul. » le taquine-t-elle, non moins sincère.

« Je ne lui ai rien promis de plus que ce que je vous décrivais dans mes lettres. » Les y voilà. Les lettres. Alméïde semble reprendre un peu de son sérieux, mais elle écoute patiemment, sans l'interrompre. « Vous savez, je suis au repos forcé, ce n’est pas comme si j’avais beaucoup de choses à faire. Je passe la voir, de temps en temps. Elle s’ennuie. » Mh. Il y a comme une fausse note dans tout ce qui vient d'être dit par le Voltigeur – non pas qu'elle n'ait pas confiance en ses paroles, mais elle connaît sa petite soeur et elle connaît sa version des faits concernant ses impressions sur Mayeul. Pourtant, si l'idée de lui faire remarquer sa perplexité lui traverse l'esprit un instant, elle décide de ne pas s'y attarder plus avant ; elle l'a mis en garde de nombreuses fois, elle a tenté de lui expliquer au mieux la situation, mais s'il décide tout de même d'approcher sa soeur, il n'y a pas grand chose qu'elle puisse faire. Elle a toute confiance en Reja pour s'occuper de son cas s'il venait à faire un pas de travers ou à dépasser les limites de l'acceptable. La fureur d'une Erebienne n'est pas chose à prendre à la légère.

« Dans ce cas, je suis contente que vous puissiez lui tenir compagnie. » déclare-t-elle avec douceur, l'air de celle qui n'est pas dupe peint sur ses traits. Elle pousse alors un long soupir. « J'aimerais tant pouvoir rester à ses côtés jusqu'à ce qu'elle se remette totalement de ses blessures, mais je dois reprendre la route bientôt. » ajoute-t-elle d'une voix plus douloureuse, teintée de regrets et d'amertume. Il y a trop longtemps qu'elle ne peut voir sa soeur qu'en coup de vent, mais elle ne peut pas rester à Ibelin indéfiniment. Dès que son frère reprendra la direction des dunes, elle partira avec lui. Elle n'aurait même pas pu venir si Sirocco n'était pas venu la chercher ; elle fera sans doute un détour plus tard dans la journée pour aller le remercier à nouveau d'avoir fait tout ce chemin pour Reja. Mais pour le moment, elle est trop épuisée pour ça. Elle réprime d'ailleurs un bâillement, puis se frotte les yeux pour rester éveillée. « Vous a-t-on dit quand vous pourrez reprendre vos fonctions ? » demande-t-elle, à la fois par curiosité et par désir de ne pas sombrer dans le sommeil si elle venait à rester silencieuse trop longtemps.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyDim 30 Juil - 14:24

Mayeul n'est guère doué pour cacher ses sentiments, et il n'éprouve pas de grades difficultés à lire la surprise das l'expression d'Alméïde. Est-ce si étrange, qu'il passe une petite partie de l'après-midi avec Reja sans qu'ils ne tentent mutuellement de s'étrangler ? Ou lors, c'est le fait que Mayeul soit en vie qui surprend la princesse des sables ? Il continue à argumenter le cielsombrois, et finit par lui aussi la regarder avec perplexité lorsqu'Alméïde dit qu'il est appréciable. Est-ce une moquerie ? Une affirmation ? Le Voltigeur fronce les sourcils avant d'enchaîner. Il s'est cogné la tête, elle devrait en tenir compte, Alméïde, avant de l'obliger à se creuser les méninges pour qu'il comprenne ce qu'elle veut lui faire comprendre. A moins qu'il n'y ait rien à comprendre ?

Il le sait Mayeul, Alméïde n'approuve pas réellement qu'il tourne autour de sa petite sœur. Cette vision exclusive et trop sérieuse de l'art d'aimer, que les jeunes femmes semblent partager, le perturbe réellement, mais il n'est pas stupide pour autant Mayeul, et il ne ment pas : il ne fera rien qui blesse Reja. Parce qu'il l'aime bien, ce qui, justement, découle du fait qu'il veut passer la nuit avec elle. Encore une fois, ils sont dans une impasse : quel mal y a-t-il à vouloir coucher avec Reja ? Mayeul lui a promis de faire attention à elle, et il s'y tiendra. Promettre plus que quelques heures, pourquoi donc ? Ils sont grands, ils peuvent s'amuser un peu, non ? Pourquoi faire l'amour doit-il être une affaire d'empire ?

Il est vraiment perplexe le Voltigeur, et comme un réflexe, sa main vient frôler le bandage jusqu'à ce qu'il se force à la retirer, agacé. Il se passe souvent la main dans les cheveux quand il est nerveux le Voltigeur, ou indécis, et cette stupide blessure l'en empêche. Dès demain, c'est décidé, il retirera tout ça, et reprendra l'entraînement. Mécontentement des médecins ou pas. Alméïde reprend la parole et si elle n'a pas l'air de le croire davantage, ses paroles semblent destinées à faire la paix. "Vous... vous repartez déjà ?" Demande Mayeul, surpris. Il le devine, Reja va en être affectée, même si elle fait son possible pour le cacher. Il ne connaît peut-être pas grand chose du harem et des traditions érébiennes mais le manque et l’absence d'un être cher, il sait ce que c'est. Il ne peut pas trop insister pourtant, au risque de trahir la confiance de la Voltigeuse. Alméïde ne doit pas savoir, a-t-elle dit. Et Mayeul s'y raccroche, de toute ses forces, de peur d'oublier et de glisser un mot malencontreux dans la conversation.

Il balaye la question d'Alméïde d'un geste, avant de lancer d'un ton plein d'assurance. "Demain, probablement. Je n'ai pas de séquelles de ma chute." C'est un mensonge, mais les médecins ne lisent pas encore dans les pensées. Heureusement. Il l'observe un petit moment la princesse, avant de prendre doucement la parole. "Est-ce que vous voulez que je vous fasse préparer un lit ? Nous pourrions aller manger pendant qu'un des serviteurs le prépare, pour vous reposer quelques heures, guère plus, si cela vous agrée." Il n'a pas le pouvoir de leur assurer l'intimité, mais après tout... "Je peux vous laisser ma chambre, si vous désirez." Elle n'est pas grand chose dans ce palais Alméïde, mais Mayeul ne pense pas que cela dérangera. "Ainsi, vous pourriez profiter de quelques instants avec votre sœur." Il n'est pas réellement sûr que l'arrangement plaise à Reja - ou à quiconque d'ailleurs - mais on e peux pas lui reprocher d'essayer de pousser Alméïde dans la bonne direction. Il n'a pas trahi Reja, juste essayé de donner un petit coup de pouce à sa relation avec sa sœur. Rien de répréhensible.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyDim 30 Juil - 17:22

« Vous... vous repartez déjà ? » Il semble surpris et elle hoche doucement la tête, un peu lasse peut-être. « Je n'ai pas vraiment le choix. » Un soupir s'échappe de ses lèvres alors qu'elle songe à la guerre qui a éclaté et à tout le travail qui les attend en Erebor. Anthim aura besoin de son soutien, le duché aura besoin d'eux. Elle a déjà failli à son devoir une fois, elle ne veut pas recommencer. Reja est Voltigeuse, elle sert son empire, elle comprendra mieux que quiconque. Elle se promet de prendre de ses nouvelles aussi souvent que possible ; son miroir l'attend sagement dans sa chambre à Vivedune, elle pourra s'assurer que tout va bien dès qu'elle sera rentrée. Elle espère tout de même pouvoir la revoir très vite, car elle doute bien que le conflit entre les empires obligera sa soeur à prendre plus de risques que jamais et elle ne peut s'empêcher de craindre pour elle.

Elle préfère écarter ces appréhensions de ses pensées et s'intéresse plutôt à l'état du Voltigeur. « Demain, probablement. Je n'ai pas de séquelles de ma chute. » Encore une fois, la princesse fronce les sourcils, dubitative. Le bandage sur sa tête semble indiquer tout autre chose et elle est pratiquement certaine que, si elle l'examinait, elle ne le laisserait pas reprendre du service dès le lendemain. L'envie de le contredire est forte mais elle doit se rappeler qu'elle n'est pas son médecin, ni même quelqu'un de... proche ? Il est un ami, peut-être, une connaissance qu'elle apprécie, très certainement. Mais de là à vouloir lui dicter sa conduite, ce serait dépasser les limites. Alméïde secoue la tête et s'efforce de retrouver un semblant de sourire, comme réjouie par la nouvelle.

« Est-ce que vous voulez que je vous fasse préparer un lit ? Nous pourrions aller manger pendant qu'un des serviteurs le prépare, pour vous reposer quelques heures, guère plus, si cela vous agrée. Je peux vous laisser ma chambre, si vous désirez. » Elle ouvre la bouche pour refuser, mais il la prend de court. « Ainsi, vous pourriez profiter de quelques instants avec votre sœur. » Un sourire doux anime son visage et elle acquiesce doucement. « Je vous remercie, c'est très généreux de votre part. Mais je ne voudrais pas retirer son lit à un patient. » déclare-t-elle sans aucun jugement, mais avec sérieux. Et avant qu'il ne puisse la convaincre, elle ajoute d'une voix sereine. « J'irai chercher à manger dans quelques minutes, j'aimerais juste... J'ai encore besoin de quelques instants, si vous voulez bien rester à mes côtés. » Sa présence lui fait du bien, lui permet d'oublier un peu ce qui la tracasse et les enjeux qui se jouent en ce moment-même dans le palais. Son sourire semble communiquer toute la reconnaissance qu'elle peut éprouver de le voir s'inquiéter pour elle, de l'écoute dont il a fait preuve alors qu'il n'y était pas obligé.

Le silence retombe doucement et Alméïde laisse son regard voguer sur la porte fermée de la chambre dans laquelle dort Reja. La fatigue finit toutefois par avoir raison d'elle. C'est sans réellement s'en rendre compte que ses yeux se ferment, que sa tête bascule sur le côté. À plusieurs reprises, elle se reprend, jusqu'à sombrer contre l'épaule du Voltigeur, complètement épuisée. Elle aurait dû accepter sa proposition finalement.


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Message Sujet: Re: Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde   Qui aime parler de sentiments ? || Alméïde EmptyVen 4 Aoû - 21:16

Elle n'a pas l'air enchantée de repartir la princesse des sables, mais Mayeul peut comprendre : les affaires du duché, ou son métier de médecin l'appellent sûrement ailleurs. Il veut tellement lui dire le Voltigeur, que pour l'instant le plus urgent c'est Reja ! Mais il a promis, et après tout, la Voltigeuse ne compte pas sur lui pour la protéger : elle a été claire, en le virant de sa chambre. Mais... qu'importe, Mayeul sait qu'Almeïde à tort. Tout son être lutte pour le dire à la jeune femme, mais le peu de raison que Mayeul conserve lui fait rester muet. Reja lui en voudra à mort s'il dit quoi que ce soit, et il sait à quel point l'érebienne est dangereuse, sabre en main. Il n'a pas peur d'elle, pas exactement, mais trahir des confidences serait mal pris. Almeïde devrait savoir... c'est sa sœur, après tout.

Mais la jeune femme préfère opter pour un sujet autre, et le Voltigeur la voit froncer les sourcils devant le manque évident de vérité dans sa réponse. Elle n'ajoute rien pourtant, le laissant s'en tirer avec son mensonge, et Mayeul réprime tant bien que mal son air triomphant, avant de s'enquérir si elle désire s'allonger un peu. Ce ne serait pas du luxe, vu son état apparent d'épuisement. La jeune femme refuse, assortissant sa réponse d'une pique bien ajusté qui voit naître un air offusqué sur le visage du major de Svaljärd. Il n'est pas un patient ! Il est fraîchement sorti de l'infirmerie, certes, mais cela ne nécessite pas qu'il soit traité comme un invalide.

Mais il n'a pas le coeur à répliquer Mayeul, tandis qu'elle lui demande d'une voix douce quelques minutes de calme et de réconfort. Il le sait le Voltigeur, les gens apprécient sa présence, depuis tout petit. Ce n'est pas un hasard s'il a choisi d'étudier la psychologie après tout. Il cherche à comprendre les gens Mayeul, à les apaiser, et sa simple présence, ainsi que son écoute, fait souvent des merveilles. Alors il acquiesce, silencieux, et il ne se passe guère de temps avant qu'il ne sente la jeune femme dodeliner de la tête. Almeïde finit par s'endormir contre son épaule et il passe un bras réconfortant autour de ses épaules, s'assurant qu'elle se repose le plus confortablement possible. Le couloir est peu fréquenté à cette heure, réservé aux convalescents, et si quelques personnes passent en les observant d'un air surpris, Mayeul n'en a pas grand chose à faire.

Le duc d'Erebor le ferait sûrement exécuter pour oser toucher a sa soeur. Le duc de Sombreciel aussi, probablement. Mais ce n'est pas à eux qu'il pense en ce moment, contemplant les boucles sombres en rêvant à une toute autre jeune femme. Reja le tuerait, si elle était la. Et pourtant, combien ne souhaite-t-il pas que ce soit la Voltigeuse endormie sur son épaule, plutôt que sa grande sœur ?


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