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 Il y a comme un problème

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Message Sujet: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyMer 19 Avr - 22:16


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Astrée Aubétoile & Aurore Aubétoile

Il y a comme un problème

Je veux ma maman, au s'cours !



• Date : 8 avril 1002
• Météo : Il fait chaud dans l'Archipel !
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Aurore se réveille dans une réalité qui n'est pas la sienne. Elle est nue, enceinte, dans les bras d'un homme qu'elle ne connaît pas et qu'elle ne comprend pas. C'est la panique !
• Recensement :
Code:
• [b]8 avril 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2035-il-y-a-comme-un-probleme]Il y a comme un problème[/url] - [i]Astrée Aubétoile & Aurore Aubétoile[/i]
Aurore se réveille dans une réalité qui n'est pas la sienne. Elle est nue, enceinte, dans les bras d'un homme qu'elle ne connaît pas et qu'elle ne comprend pas. C'est la panique !

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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyMer 19 Avr - 22:22

Il fait chaud.
C'est la première chose qui lui vient à l'esprit lorsqu'elle se réveille. Cette chaleur, ce n'est pas normal. Lorgol n'a jamais eu des températures aussi élevées non ? Et Souffleciel encore moins ! Aurore s'agite un peu dans ses draps à la texture étrange. Sa peau est moite, son corps semble moins... mobile ? Et lorsqu'elle se retourne pour prendre un verre d'eau sur sa table de chevet, son épiderme heurte celui de quelqu'un d'autre. Peau contre peau. De la peau... nue !

Ele se relève vivement et le drap léger qui la recouvre dévoile son corps dévêtu et un ventre... particulièrement arrondi. Un cri strident s'échappe de ses lèvres, jusqu'à s'en casser la voix, faisant sursauter la silhouette allongée à ses côtés. La silhouette d'un homme qu'elle ne reconnaît pas, au teint hâlé et aussi nu qu'elle. Par Levor ! Elle attrape un pan du drap et recouvre son corps tant bien que mal, les yeux arrondis face à cet inconnu, puis recule jusqu'à tomber du lit dans un bruit sourd. Quelques exclamations rentissent à l'extérieur de la maisonnette, sous forme d'interrogation, et la voix de l'homme semble leur répondre.

Empêtrée dans son drap, Aurore finit enfin par se relever, le coeur battant à vive allure, complètement paniquée, sans aucune idée d'où elle se trouve ni comment elle a atterri ici. L'endroit est petit, humble, désordonné. Pouilleux. C'est un endroit rustique et certainement pas digne de sa personne. Est-elle est en pleine campagne ? Et que se passe-t-il avec son ventre ?

La voix de l'homme retentit à nouveau. Il s'est levé et tente de l'approcher, sans prendre la peine de s'habiller. Par tous les dieux ! « Ne m'approchez pas, mécréant ! » hurle-t-elle d'une voix qui part dans les aigus. Sa main se lève pour faire apparaître une barrière invisible entre eux et se protéger de ce malotru qui en veut à son corps, mais il n'y a qu'un peu de glace qui apparaît sur le sol entre eux, rien qu'une infime parcelle d'Hiver qui se manifeste sans qu'elle ne comprenne ce qui lui arrive. « Où suis-je ? Vous m'avez kidnappée ? Qu'est-ce que vous m'avez fait ? » De sa main libre, elle attrape un vase et le lance sur l'homme qui prononce encore quelques mots dans ce patois qu'elle ne reconnaît pas. Puis elle s'empare d'une coupe de fruit et la tient au-dessus de sa tête, prête à s'en servir. « Laissez-moi tranquille ! Sortez ! » À force de s'époumoner, elle semble parvenir à se faire comprendre de l'homme qui ramasse un pan de vêtement qui traîne sur le sol avant de sortir.

La panique.
Aurore se met à fouiller le petit cabanon jusqu'à tomber sur ce qui semble être une robe mais qui n'a pas de manche ! Et qui lui arrive aux genoux ! Elle l'enfile malgré tout, faute de mieux, priant pour que l'homme de tout à l'heure ne revienne pas. Un hoquet la secoue, entre deux sanglots paniqués et l'horreur arrive à son comble quand elle sent quelque chose qui remue dans son ventre. Ô Levor, pourquoi faire subir une telle épreuve à l'une de tes dévouées servantes. Quelle maldéiction est-ce là ?

Enfin vêtue – partiellement – et armée – d'un pied de chaise qu'elle a brisé en la lançant contre un mur à plusieurs reprises – elle se rend à l'extérieur où plusieurs visages perplexes se tournent vers elle. Aurore manque de suffoquer face à ces personnes inconnues, étrangement vêtues, dans ce lieu qu'elle n'a jamais vu. Les arbres sont différents, même les animaux, les oiseaux qui survolent ce qui ressemble à un village, n'ont rien de familier. « C'est quoi c'est endroit, où m'avez-vous emmenée ? » demande-t-elle vivement. Mais la seule réponse qu'elle obtient est dans une langue incompréhensible. Une personne tente de l'approcher mais elle agite son bout de bois sous son nez en hurlant. « Restez où vous êtes, ne m'approchez pas ! Où est ma soeur ? » L'incompréhension se lit sur leurs traits et Aurore s'éloigne sans les quitter des yeux, d'abord lentement, puis en courant tant bien que mal, malgré son ventre proéminent. Et ses pas la mènent entre les petites maisonnettes, puis jusqu'à une plage où elle aperçoit l'océan à perte de vue. Elle se retourne face au village, paniquée.

« ASTRÉE !!! »
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyMer 3 Mai - 22:39

Ça ne pouvait être qu’un cauchemar, dont elle ne parvenait pas à se réveiller. Le ciel se jouait d’elle, les astres devaient parler en sa défaveur. Comment aurait-il pu en être autrement, alors qu’elle se retrouvait dans un tel endroit ? Qu’elle était dans un tel état, déplorable, scandaleux ? Qu’elle semblait enduite de… de saleté ? Rien que l’idée lui soulevait le cœur, et elle dut courir loin de cette cabane rudimentaire, qui semblait gorgée de bêtes en tout genre, infestée. Et elle s’était réveillée sur une paillasse, sur le sol, quasiment dévêtue et… dans l’état dans lequel elle était. Elle n’avait pas hésité avant de plonger dans l’océan, proprement écœurée de son propre corps, sans comprendre un seul instant ce qu’il se passait. L’avait-on enlevée ? L’avait-on maintenue inconsciente pour… pour elle ne savait quelle obscure raison ? Où se trouvait-elle ?

Elle se sentait encore sale, l’était, et elle se grattait frénétiquement, laissant d’immenses traces rouges sur sa peau, allant jusqu’à se faire saigner, les plaies se mélangeant à la terre incrustée sous ses ongles, la terrorisant encore un peu plus, l’horrifiant presque tout à fait. Fermant les yeux, elle se laissa aller à des sanglots incontrôlables, unique preuve de son désarroi, de la rage et de la fébrilité dans laquelle la situation la mettait. Elle rentra dans la… chose, qui devait être son logis, retenant à nouveau un haut le cœur, fouillant frénétiquement pour trouver un savon, quelque chose qui pouvait servir d’arme, une trace de ce qui lui était arrivé, de ce qu’elle subissait.

Rien. Aucun indice. Que des objets étranges, dont elle ne comprenait pas l’origine. Et ce flou quant à ce qu’elle faisait là. Elle observa les lieux du regard, cherchant d’autres habitations, un ruisseau où se laver, peut-être. Elle ne pouvait le faire dans l’océan. S’emparant du savon qu’elle avait déniché, dont la propreté la faisait douter, elle se mit à courir, trébuchant, meurtrissant sa peau, zébrée de petites cicatrices dues aux branches qui la fouettaient, aux feuilles qui la coupaient, avant de trouver l’étendue d’eau qu’elle recherchait, et de plonger frénétiquement la tête dedans, à plusieurs reprises, frottant intensément ses cheveux. Elle refusait de les couper, elle ne se résoudrait pas à ça, non. Elle n’avait aucune idée du temps qu’elle avait passé à les laver, puis à laver son corps, mais elle se sentait à peu près propre. Pas autant que chez elle, et certainement pas à l’aise dans ces vêtements affreux, purement scandaleux et qui masquaient à peine sa peau, mais elle se sentait moins mal. Ils étaient toutefois sales, eux aussi, elle devait en trouver d’autres. Si elle ne rougissait pas à la simple idée de se trouver nue, elle les aurait ôtés – d’autant plus qu’elle était quasiment nue, à ses propres yeux.

Elle repartit, plus doucement, essayant de repérer des habitations. Dans la première visitée, elle se changea, honteuse de dérober ainsi des vêtements, mais moins que de porter ceux qu’elle avait. Si ceux là étaient tout aussi échancrés, ils étaient au moins propre. Le rouge ne quittait pas ses joues, malgré tout. Mais elle devait trouver une arme, de quoi se défendre. Elle prit une cruche qu’elle avait trouvée dans la cabane où elle avait dérobé les habits – ça n’était pas grand chose, mais elle pourrait peut-être assommer quelqu’un, avec. Et quand les cris de sa jumelle retentirent, elle n’hésita pas, courant vers leur source, pour finalement entendre son nom, plus loin, avançant encore plus rapidement, avant de se jeter dans les bras de sa jumelle, sans se soucier de son aspect. Elle est forcément moins misérable qu’elle, bien que tout aussi paniquée. Elle reprend difficilement son souffle, et la serre plus que nécessaire dans ses bras, choquée par son ventre, mais persuadée qu’elle aussi est victime du même cauchemar qu’elle. Au moins, elles sont ensemble.

« Aurore ! Qu’est-ce qu’on a pu nous faire ? On doit… On doit partir. Je ne sais pas où on est. Ni qui est là avec nous. On nous a enlevées, tu crois ? S’il te plait, dis moi que ça n’est qu’un mauvais rêve. On peut peut-être chercher une barque, pour s’enfuir. Si c’est un cauchemar, ça ne changera rien que ça soit une barque ou un bateau, non ? »


Dernière édition par Astrée Aubétoile le Dim 4 Juin - 15:13, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyDim 21 Mai - 19:18

Son cri s'élève puis disparaît à l'horizon, la laissant plus seule que jamais. L'horreur de la situation la frappe de plein fouet tandis qu'elle hoquète péniblement, des larmes le long de ses joues rougies par la honte et le soleil qui frappe avec ardeur. Elle sent la douleur de ses articulations malmenées par le poids de ce ventre qui pèse, qui la dérange, qui lui donne la nausée. Elle se sent terriblement mal, sur le point de suffoquer sous la chaleur, prise de panique. Seule avec son pied de chaise à la main, elle erre sur la plage, les pieds dans l'eau, complètement ahurie. Quel cauchemar est-ce là ? Quelle malédiction a-t-on jeté sur elle ? N'a-t-elle pas toujours agi avec honneur et loyauté ? Ne mérite-t-elle pas meilleur traitement ? Et qui sont ces gueux qui l'entouraient et dont le regard parfois se pose sur elle au loin, sans oser l'approcher ? Des regards qui jugent. Des regards qui lui veulent du mal, elle le sait, elle le sent.

Alors Aurore ressent plus la présence de sa soeur qu'elle ne l'entend. Elle se retourne vivement et écarte les bras lorsqu'elle voit arriver sa silhouette et ses cheveux rendus plus blonds que jamais par le soleil de cet endroit. Elle la serre contre elle, contre son corps, contre son coeur. Elle la serre comme jamais elle ne l'a fait auparavant, gênée par la protubérance au niveau de son ventre mais faisant fi de cet obstacle pour l'embrasser avec tendresse et désespoir.

« Aurore ! Qu’est-ce qu’on a pu nous faire ? On doit… On doit partir. Je ne sais pas où on est. Ni qui est là avec nous. On nous a enlevées, tu crois ? S’il te plait, dis moi que ça n’est qu’un mauvais rêve. On peut peut-être chercher une barque, pour s’enfuir. Si c’est un cauchemar, ça ne changera rien que ça soit une barque ou un bateau, non ? »

Un cauchemar oui, ce doit forcément être ça. « Je n-ne sais pas Astrée, tout ça n'est pas normal. Je me suis réveillée dans un lit avec... avec un homme... » Le dernier mot n'est qu'un murmure et l'effroi se peint sur ses traits alors que son visage devient plus rouge que jamais. « Jamais je n'aurais... ce n'est pas moi, c'est impossible. » Levor en soit témoin, elle n'est pas l'une de ces Cielsombroises décadentes, elle ne fera rien avant son mariage, comme le veut la tradition. L'angoisse la prend un instant d'imaginer qu'il a pu se passer quoi que ce soit sans qu'elle en ait le moindre souvenir. Aurait-on abusé d'elle... ? Cette simple idée lui donne envie de vomir et il lui faut tout son courage pour regarder sa soeur dans les yeux. « Il y a un problème. Je n'arrive plus à contacter Sucre, la dragonne reste sourde à mes appels. Quel que soit cet endroit, il faut qu'on parte, et vite ! » L'Améthyste n'est plus là et elle ressent son absence avec force, comme si quelque chose n'allait pas. Son regard se tourne vers l'océan puis vers sa soeur.

« Nous n'avons aucune idée d'où nous sommes, nous ne pouvons pas prendre le risque de naviguer à l'aveuglette. Penses-tu pouvoir nous guider si nous attendons le soir et que tu as du temps pour étudier le ciel ? » C'est raisonnable, mais Aurore n'a pas envie d'attendre aussi longtemps. La seule alternative, c'est de trouver quelqu'un qui parle leur langue et puisse les aider. De toute manière, si elles doivent attendre la nuit, il leur faudra bien se nourrir... La perspective effraie l'Outreventoise qui frissonne déjà à l'idée de retourner auprès de ces inconnus. Qui sait ce dont ils sont capables ?
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyDim 4 Juin - 15:26

Elle aurait presque eu envie de pleurer, de se voir ainsi. De rare, de désespoir, de dégoût, d’incompréhension aussi, face à ce qu’il se passait. Elle frémissait de se sentir ainsi étrangère à son propre corps, et de n’avoir aucune idée de l’endroit où elle se trouvait. Si elle avait essayé de lutter contre elles, les larmes roulaient sur ses joues, alors qu’elle dévastait la petite habitation où elle était, à son… réveil, si elle pouvait qualifier les choses ainsi, et qui faisait naître des haut-le-cœur en elle. Elle osait à peine toucher les choses, les bousculant et ne se sentant pas capables de les ramasser, jusqu’à trouver un savon et se jeter à nouveau dans l’eau, malgré les blessures qu’elle s’était causées en courant parmi les quelques arbres sur son passage, se griffant probablement avec des buissons d’orties aussi.

Cela lui prit du temps de se laver, à regarder à chaque seconde par-dessus son épaule si quelqu’un l’épiait, refusant de se montrer totalement nue malgré le peu que couvraient ses habits. Elle mit longtemps, aussi, à se convaincre de piller une cabane, des vêtements aussi choquants que ceux qu’elle portait, mais propres – ou qui en avaient l’air. Seule la voix d’Aurore la poussa à en sortir avec ces objets volés, tant la panique y était prégnante. Identique à la sienne, pensait-elle.

Elle courut à ses côtés sans réfléchir, l’enlaçant avant d’analyser la situation, avant de parler, trop peut-être, pour donner l’impression qu’elles maîtrisaient quelque chose. Qu’elles pouvaient agir.

« On… On nous a forcément piégées. On nous a fait quelque chose, ce n’est pas normal. Ce… Ce n’est pas toi, Aurore ! Ce n’est pas vrai !Tu n’es pas comme ça, et tu n’aurais pas fait ça. C’est peut-être une illusion. C’est ça, on nous a piégées dans une illusion ! C’est pour ça que tu ne peux pas entendre Sucre ! Je suis sûre que c’est pour ça. Sinon, elle serait déjà ici en train de ravager tous les arbres, pour manger les fruits qu’on trouve dessus. Même si je sais pas ce que c’est… »

Elle essayait de la réconforter du mieux possible, mais elle n’était pas certaine de pouvoir le faire. Elle ne savait pas à quel point sa jumelle était fusionnelle avec Sucre, même si elle était parfois jalouse et possessive, même si elles en avaient beaucoup parlé, elle ne savait pas réellement ce qui les unissait. Mais elle ne pouvait la laisser paniquer.

« Je te jure devant Levor lui-même que je ne laisserai rien nous arriver, et qu’on rentrera chez nous. Et je ferai de mon mieux pour nous guider, même si ça doit me prendre du temps. Si on voit le ciel d’une façon… Peut-être que c’est différent, que depuis Lorgol, ou depuis chez Papa et Maman. Peut-être que… Peut-être que j’arriverai à nous faire aller dans le bon sens. Tu crois que… Tu crois que tu pourras nous aider, avec ta magie ou des élémentaires ? Faire en sorte qu’on charive pas ? Qu’on puisse avancer, aussi ? »

Elle grimace, effrayée à l’idée qu’elle lui dise non. Elle espère qu’elle lui dira oui. Mais elles ne peuvent rester à rien faire, en attendant.

« On doit cueillir des fruits. Prendre de l’eau pure. Des vêtements, s’il fait froid… Je sais que c’est pas bien, mais on peut en prendre dans ces maisons. On… On les remboursera, un jour. Quand on saura où on est. Et il faut trouver quelqu’un pour nous le dire. Quelqu’un qui parle pas… bizarrement. » Et ce serait probablement le plus difficile.
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyVen 9 Juin - 0:44

Elle est aussi désemparée qu'elle, sa douce moitié, son tendre reflet. Son regard et ses traits s'animent de la même frayeur que la sienne, ses paroles sont teintées du même désarroi. Quelque part, il est rassurant de savoir qu'elle n'est pas seule dans cette situation, que sa soeur est à ses côtés et qu'elle vit la même horreur. À cela près qu'elle n'a pas le corps déformé par un acte dont elle n'a pas le moindre souvenir. Depuis combien de temps est-elle enceinte ? Et de qui ? Elle ne veut pas accoucher, quelle horreur, cet enfant n'est pas le sien, elle se refuse à l'accepter ! Il est le fruit de l'imagination douteuse d'un esprit malade qui lui impose des images ignobles, elle en est de plus en plus persuadée et à mesure qu'elle se fait à cette idée, les sanglots s'apaisent, les larmes se font moins abondantes. Astrée la rassure, lui confirme que non, ce n'est pas elle. Les mots qu'elle pronoce sur Sucre la font sourire. Elle laisse échapper un son étranglé, entre rire et sanglot, puis elle essuie sa joue humide en reniflant piteusement.

Sa jumelle se met à parler précipitamment, la rassurant tout en cherchant des solutions auxquelles elle acquiesce sans trop savoir que faire de plus. Il n'y a qu'Astrée pour pouvoir les guider grâce aux étoiles. Elle-même a retenu de nombreuses choses grâce à leur père ou grâce à sa soeur et à ses enseignements qu'elle partage avec elle, mais ses connaissances du ciel se limiteront toujours à quelques constellations importantes et à la meilleure façon de trouver le nord. Quand elle lui parle de magie, cependant, Aurore blêmit. Elle se rappelle la tentative ratée de toute à l'heure et elle frémit d'apprendre qu'elle est incapable de maîtriser l'Hiver. Le silence de Sucre est déjà assez difficile comme ça. Et pendant qu'elle s'inquiète, elle entend vaguement Astrée proposer des solutions pour le voyage. Alors elle la prend par la main.

« Astrée, attends. Je crois que... qu'on ne pourra pas compter sur ma magie. Elle ne marche plus. » Et pour démontrer ses propos, elle se tourne vers la plage et tente d'y faire apparaître un élémentaire d'eau, même le plus mineur. C'est à peine si l'humidité de l'air autour d'elle paraît réagir, mais rien de se produit et elle doit retenir de nouvelles larmes. Plus de magie, plus de Sucre, enceinte d'un inconnu, loin de sa demeure... Quelle malédiction est-ce là ? Tout à coup, elle se sent mal et elle relâche la main d'Astrée, se retournant juste à temps pour vomir dans le sable, malade sous cette chaleur étouffante et toute l'horreur qui l'étreint. Elle est trop sensible, l'Outreventoise, et ce depuis toujours. Cette fois, c'est la goutte de trop. Elle ne veut pourtant pas s'abattre sur son sort. Sa soeur a besoin d'elle comme elle-même a besoin de sa soeur. C'est pourquoi elle se redresse, s'essuyant honteusement le menton, un peu tremblante. « Ca ira. Tu as raison, allons trouver quelqu'un qui nous comprenne. » Puis elle prend sa main dans la sienne, l'entraîne en direction de ce qui semble être un village – plutôt un hameau – s'éloignant de la plage. Quelques personnes sont présentes et les regardent curieusement. Aurore reconaît l'homme qui se trouvait à ses côtés et resserre sa prise sur son pied de chaise, détournant rapidement les yeux.

Elle entraîne Astrée jusqu'à une jeune femme, non loin d'elles, qui paraît perplexe. « Excusez-moi, est-ce que... Pouvez-vous nous dire où on se trouve ? » Elle cligne des yeux et émet un rire nerveux, comme si elle venait de lui faire une bonne blague. La jeune femme lui répond dans ce langage incompréhensible, d'où elle ne décèle que son prénom, prononcé avec un fort accent étranger. Les éléments commencent à faire leur chemin dans son esprit. « Je vous demande pardon, mais je ne vous comprends pas. Est-ce que vous parlez notre langue ? L'arvennois, vous le parlez ? » insiste-t-elle, perdant patience. La jeune femme fronce les sourcils. « Je chercher père. Père parler vous. » « Père ? » Aurore la regarde s'éloigner, consternée, avant de se tourner vers Astrée avec espoir. « Tu crois que père est là ? » Sa voix dissimule mal son émotion et ses doigts se resserrent sur ceux de sa soeur, durant les minutes où elles patientent, mal à l'aise, à l'ombre d'un petit cabanon. Puis enfin, elle voit la jeune femme revenir suivie de... Non, ce n'est pas leur père. Leur père est à peu près de leur taille, à peine plus grand, les cheveux plus foncés également. Cet homme-là les domine de presque deux têtes, les cheveux aussi clairs que les leurs, et les yeux tout aussi bleus. « Bah alors les filles, qu'est-ce qui s'passe ? On m'dit que vous attaquez des gens sans raison et qu'vous voulez pas leur parler îlien. Y'a un problème ? » Toutes les deux le regardent, sans rien dire, arborant la même mine perplexe. C'est Aurore, la première, qui rompt le silence. « Vous êtes qui ? » « Voyons les filles, vot' vieux père va finir par s'vexer. Voulez pas m'dire c'qui s'passe ? » Mais même si elle le voulait, Aurore reste totalement muette et sa main ne relâche pas celle de sa soeur.
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyDim 25 Juin - 12:22

Astrée est plus que rassurée, de sentir sa sœur se calmer, et ses sanglots diminuer, dans ses bras. Elle ne savait pas vraiment quoi lui dire, elle s’était contentée de parler simplement et avec son cœur, pour l’apaiser, et elle était heureuse que ça ait marché. De toute façon, tant qu’elles étaient toutes les deux, alors rien de si mauvais ne pouvait leur arriver. Elle frémit, en pensant qu’elles auraient pu être séparées. Vraiment séparées. Elles suivaient des chemins différents, sa sœur devait combattre pour leur Empire, pour le protéger, mais elles étaient quand même deux parties d’un même tout, et elles étaient plus fortes ensemble. Peu importe le fou qui avait fait ça, il n’avait pas commis l’erreur de les séparer – ou peut-être l’avait-il commise, pour elles. Mais elles étaient là. À deux. Même si Sucre était pas là. Même si leurs père et mère non plus. Elle les retrouvait. Astrée ne pouvait pas perdre cet optimisme.

« Eh ben, je ferai tout le boulot ! Et comme ça, pour une fois, c’est moi qui serais la meilleure. Je leur montrerais, que les Savants valent aussi bien que les Mages ! On le sait, toi et moi, qu’on est aussi fortes, pas vrai ? Je nous sauverais, et quand on sera rentrées, on ira faire un gros câlin à Sucre. »

Elle aimait la dragonne sincèrement, presque autant qu’elle aimait sa sœur. Elle savait qu’elle partagerait jamais le lien unique qu’elles avaient, ni même que le lien qu’elle tisserait avec Sucre pourrait être aussi fort que celui d’Aurore avec elle, mais elle en avait pas besoin. Elle aimait et comprenait les étoiles comme sa sœur pourrait jamais les comprendre, même si ça l’empêchait pas de lui apprendre un peu. Ce dont elle rêvait, c’était de voir les étoiles de partout. Pour voir si elles étaient différentes. S’il y en avait de nouvelles. En un sens, c’était une opportunité, non, d’être là ? Même si elle savait pas où elle était. « Aurore, tu sais, je crois que… Que ça va m’aider à rendre ma carte du ciel meilleure ! Avec tout ce que je vais apprendre ici ! Alors c’est bizarre, dur, mais… On va s’en sortir ! Et tout ira bien ! Il faut que je note tout ça ! Que je le ramène avec moi ! Tu veux bien ? » Elle parle, et parle encore, malgré le fait que sa sœur la tire vers un autre endroit. Oh, la panique n’a pas disparu, loin de là. Mais elle voit un peu d’espoir. Quelque chose de bénéfique, à tirer de ça.

Jusqu’à ce que quelqu’un parle, dans un langage qu’elle comprend à peine. Qu’elle peine à identifier comme le leur, quand quelques petits mots sont échangés, avec un accent qu’elle connaît pas. Elle plisse les yeux et fronce les sourcils de contrariété, serrant la main de sa sœur aussi fort qu’elle-même la serre. Elle pensait que la personne parlait d’un autre père, mais… Aurore fait naître un espoir fou en elle. Le leur, de père. Ce serait… vrai ? La déception est cruelle, quand elle voit un inconnu, et elle se rapproche instinctivement de sa sœur, se place devant elle, comme pour la protéger, même si c’est pas elle qui sait se battre. Elle apprendra. Elle doit. Elle veut pas être démunie comme ça.

« Vous mentez ! Père est pas du tout comme vous. Il parle bien. Très bien. Et il a pas une tête de… de… de machin décoloré par le soleil, bien trop bronzé ! Qu’est-ce que vous nous avez fait ? C’est vous qui avez lancé ce sortilège ? Vous nous voulez quoi ? Nous manger ? Peut-être que vous faites des sacrifices ! Et îlien ? Pourquoi on parlerait îlien ? On est des jeunes filles de bonne famille, des Outreventoises, on a rien à voir avec vous ! Rendez-nous nos vrais habits ! Dissipez cette illusion. Et vous approchez pas de ma sœur ! »

Oh, elle ne le laisserait pas faire. Même si elle devait le frapper, ou faire des choses avilissantes.
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptySam 1 Juil - 19:33

« Eh ben, je ferai tout le boulot ! Et comme ça, pour une fois, c’est moi qui serais la meilleure. Je leur montrerais, que les Savants valent aussi bien que les Mages ! On le sait, toi et moi, qu’on est aussi fortes, pas vrai ? Je nous sauverais, et quand on sera rentrées, on ira faire un gros câlin à Sucre. » Ces quelques mots lui suffisent pour être rassurée. Tant que sa soeur est là, il ne peut rien leur arriver. Tant qu'elles sont réunies, elles sauront surmonter les obstacles, aussi terribles soient-ils. À elles deux, elles parviendront à trouver une solution, même à cette farce qu'est cette vie dont elles ne savent rien du tout. Est-on en train de leur jouer un tour ? Des mages se moquent-ils d'elles en ce moment-même en s'insinuant dans leur tête afin de générer le pire des cauchemars ? Aurore ne voit pas d'autre explication et elle n'a aucune idée de comment arrêter ça. Le mieux qu'elle puisse faire, pour le moment, c'est de faire comme si c'était vrai et de trouver un moyen de rentrer chez elle où des gens pourront réellement l'aider.

« Aurore, tu sais, je crois que… Que ça va m’aider à rendre ma carte du ciel meilleure ! Avec tout ce que je vais apprendre ici ! Alors c’est bizarre, dur, mais… On va s’en sortir ! Et tout ira bien ! Il faut que je note tout ça ! Que je le ramène avec moi ! Tu veux bien ? » Elle acquiesce et serre la main de sa soeur. « Bien sûr. Tout ce que tu veux, tant qu'on arrive à retourner chez nous. » Et c'est sincère, c'est tout ce qu'elle veut. Les falaises d'Outrevent et le vent qui hurle lui manque. Elle ne supporte pas cette chaleur qui manque de la faire suffoquer et elle a l'impression que sa peau brûle sous les rayons d'un soleil plus puissant que chez elles. Alors c'est avec soulagement qu'elle reste à l'abri, dans l'ombre, sans savoir à quoi s'attendre.

Mais il faut croire qu'elles ne sont pas au bout de leurs surprises. L'homme qui les rejoint prononce des paroles qui la laissent sans voix, ce qui n'est pas le cas de sa soeur qui n'hésite pas à le remettre à sa place de quelques mots. Aurore acquiesce à chacun de ses mots, éberluée, le regard fixé sur cet inconnu étrangement... familier. Et le sourire de l'homme s'affaisse, visiblement décontenancé devant leurs réactions, comme s'il attendait une chute à cette grande blague mais que celle-ci tardait à venir. « Tu m'parles de quoi ? On a jamais vécu en Outrevent, on était en Ansemer avec vot' mère avant de v'nir ici. Z'êtes sûres que ça va ? Vous êtes pas restées au soleil trop longtemps au moins ? » Aurore resserre sa prise sur son pied de chaise et échange un regard avec Astrée. Il y a décidément un problème. « Nous nous portons très bien monsieur, mais... on ne sait pas comment on est arrivé ici. Hier, je m'endormais à Lorgol et aujourd'hui... » Elle déglutit avec difficulté et pose le regard sur son ventre rond qui provoque un intense embarras chez la cadette. « Dites-nous simplement comment on peut rentrer chez nous, je vous prie. » L'homme semble de plus en plus perplexe. « Mais... vous êtes chez vous. » Il gratte sa barbe de plusieurs jours avec effarement puis pousse un soupir résigné. « V'nez avec moi, on va discuter. » Il fait mine de s'en aller mais s'arrête pour s'assurer qu'elles le suivent. Aurore jette alors un coup d'oeil à sa soeur et c'est ensemble qu'elles se décident à l'accompagner dans ce village inconnu où on les dévisage avec curiosité. Des Îliens... Comment ont-elles pu atterrir au coeur de l'Archipel ? Et comment pourront-elles repartir ? Y a-t-il seulement des portails par ici ? Elle en doute, mais elle espère tout de même.

Toutes les deux suivent l'homme jusqu'à une petite cabane et elles s'arrêtent devant, un peu hésitantes. Est-ce bien raisonnable de le suivre ? Aurore songe à son pied de chaise, à sa magie défectueuse, à son ventre rond. Mais elle n'est pas seule et c'est ce qui l'encourage à entrer à sa suite, afin d'en savoir plus. Et oh, comme elle aurait voulu ne pas apprendre tout ce qu'il avait à leur dire ! L'homme – Mati ? – semble croire peu à peu les jumelles, ou du moins, entre-t-il dans leur jeu, et il leur explique qui il est, qui elles sont, ce qu'ils font là tous les trois. Sans un mot et sans lâcher la main de sa soeur, Aurore écoute, à la fois sidérée et attristée, ne sachant si c'est la colère ou l'horreur qui prédomine. Quand l'homme finit, elle se redresse tant bien que mal malgré son ventre rond et le pointe fermement du doigt. « C'est faux. Tout ça c'est faux ! Vous êtes pas notre père, vous nous avez abandonnées quand on est nées et on a été élevées par des gens bien. C'est eux nos parents, vous, vous n'êtes qu'une farce ! » Et sans écouter ses protestations, elle sort de la cabane et fait quelques pas à l'extérieur, jusqu'à un palmier contre lequel elle s'appuie. Tout cela n'est pas réel. Tout cela n'est pas réel. Et si elle se le répète assez souvent, peut-être que ça finira par être vrai.
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyDim 16 Juil - 21:52

Elle parle, probablement à tort et à travers, mais sa sœur semble retrouver ses moyens, et c’est tout ce qui compte, aux yeux d’Astrée. Elle avait assez de force pour elles deux, si Aurore ne perdait pas tous ses moyens entre ses bras. Et qu’elle semble réussir à la consoler, à l’éloigner de cet effroi qui semblait s’être emparée d’elle, la rassérène plus qu’elle n’aurait cru que ce soit possible. Alors elle l’étreint fortement, avant de la laisser aller, sans lâcher sa main cependant. Et sans cesser de babiller, sur tout et sur rien, comme si c’était encore important. Comme si elle avait juste en tête d’améliorer sa carte du ciel, sa carte des étoiles et de tous les astres visibles dans le ciel. C’était un peu vrai, mais c’était surtout pour éloigner sa stupeur, et les craintes qui menaçaient de l’assaillir, à l’idée qu’elles ne puissent jamais retourner chez elle. Parce que sinon, rien n’irait plus.

« On retournera chez nous, c’est sûr. Jamais j’abandonnerai de nous ramener. Même si… Même si on doit chevaucher des dragons des mers, voler un bateau… Cette idée la fait frémir plus que tout – elle est honnête, et jamais elle ferait ça, sauf si sa vie était en jeu. C’était le cas, non ? Je ferai tout pour qu’on soit plus prisonnières ici. Jamais. » Et elle le jurait sur Levor, elle ne remettrait jamais les pieds ici, sur ce qu’elle devinait être une île de l’Archipel vu les… les sauvages, qui la peuplaient !

Et si elle avait pu les fréquenter au minimum, alors… Elle en aurait été plus que satisfaite. Elle aurait voulu ne jamais voir cet homme, qui déshonorait la mémoire de leur père, si on pouvait déshonorer la mémoire de quelqu’un de vivant du moins, et qui voulait lui voler sa place. Elle était en colère, oui, très en colère, et qu’il arrête de sourire n’était pas son problème. Pourquoi il leur mentait comme ça ? Pourquoi il voulait leur faire croire qu’elles étaient… non, elle pouvait pas accepter ça du tout, elle le refusait catégoriquement. Elle fronça les sourcils et croisa les bras, comme pour montrer qu’elle refusait de le croire. Elle pouvait pas le croire de toute façon, ce qu’il disait avait aucun sens. Aucun. Et ça n’en aurait jamais. Il avait pris une noix de coco sur la tête ? Ou peut-être que le soleil avait tapé trop fort. En tout cas, il disait que des lagraneries. Et s’il était aussi vil que les lagrans, alors… Alors elle aurait mieux fait de le jeter à l’eau, et d’espérer qu’il puisse pas les poursuivre.

« C’est vous qui avez trop pris le soleil ! Ou alors une cosse de cacao ou un autre gros fruit dur vous est tombé dessus, et vous vous en souvenez même pas. Vous dites que des bêtises. Que des bêtises, rien de plus. Je vous croirai jamais. Et je veux pas vous suivre, je veux pas discuter avec vous. Je veux aller en Outrevent, ou à Lorgol. J’irai que là. Si vous voulez rester ici avec vos cheveux crasseux et peut-être plein de puces, c’est pas mon problème. » Il a l’air passablement… interloqué, triste peut-être, à l’entendre, mais il se retourne vers elle, et sans Aurore, Astrée n’aurait pas suivi du tout l’homme, mais elle voulait pas quitter sa jumelle d’une semelle.

Elle finit par voir une petite cabane, et si elle aida Aurore à franchir les petites marches qui la séparaient de l’intérieur de la cabane, elle refusa d’avancer plus, et d’y mettre les pieds. Elle faisait pas confiance à ce menteur. « Vous nous avez kidnappées, et vous essayez de nous faire croire que tout ça c’est vrai ! Parce que nos parents, nos vrais parents, sont meilleurs que vous, et vous êtes jaloux, juste jaloux ! Je le sais, j’en suis sûre. Sûre sûre sûre. Alors mentez vous allez nous dire qui est supposé être cette mère qui nous a abandonnées, que je lui dise ce que je pense d’elle comme je viens de vous dire ce que je pense de vous, et vous allez nous faire retourner chez nous tout de suite, au lieu de contrarier ma sœur ! »

Elle bouscule l’homme dont elle s’est approché, malgré elle, sans grand succès malgré sa taille, et elle rejoint sa sœur, posant sa main sur son épaule, avant de l’attirer vers elle pour la prendre encore dans ses bras.

« On va rentrer, je te promets qu’on va rentrer, mais… tu dois te reposer. Tu devrais t’asseoir ou t’allonger sur un de ces hamacs. Je suis sûre que le… l’homme peut nous aider à te faire t’y allonger. »
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyMar 1 Aoû - 20:44

Appuyée contre le premier arbre venu, elle a du mal à respirer. La chaleur, la panique, les hormones qui s'affolent et le choc de cette réalité sont autant de nouvelles qui sont en train de l'étouffer. Elle ne veut pas croire ce qu'elle vient d'entendre. Sa mère ne peut pas être une de ces sauvages d'Îliennes qui les a finalement abandonnées. Son père ne peut pas être cet homme nonchalant et peu soigné qui est venu s'installer dans l'Archipel en emportant ses filles sous le bras. Ce n'est pas sa vie, ce n'est pas elle. Jamais elle n'aurait laissé un homme la toucher avant le mariage, jamais elle ne serait tombée enceinte de cette façon. Et pourquoi l'Archipel ? Pourquoi ce lieu où tout est étranger et où ses repères lui manquent ?

Aurore prend une grande inspiration quand sa soeur la rejoint pour la rassurer, mais il lui semble voir des points noirs danser devant ses yeux et la tête lui tourner. Elle hoche vivement la tête, soudain très pâle, s'accrochant au bras d'Astrée. « M'allonger. Il faut que je m'allonge. » gémit-elle en esquissant quelques pas à ses côtés. Mais pas sur les hamacs qui paraissent bien peu pratiques pour une femme enceinte. Elles retournent à contrecoeur dans la demeure de leur 'père' et il installe une couchette pour elle, l'aidant à s'installer aussi confortablement que possible. Quelques instants plus tard, il lui apporte un verre d'eau et elle le remercie du bout des lèvres avant de détourner le regard, incapable de l'observer plus longtemps, incapable d'accepter sa version des faits. Il finit par annoncer qu'il a du travail à terminer et qu'elles peuvent rester autant qu'elles le désirent, ce à quoi elle ne répond même pas.

Quand elles se retrouvent seules, Aurore se tourne vers sa soeur et lui fait un peu de place auprès d'elle pour qu'elles s'allongent toutes les deux. Là, elle se blottit contre son épaule, réconfortée par sa présence comme lorsqu'elles étaient petites et qu'elles se retrouvaient toujours dans le même lit pour affronter le noir et la nuit et tous les dangers qu'elle pouvait apporter. Ce n'est que d'un murmure qu'elle finit par briser le silence. « Je ne veux pas rester ici. Je veux retrouver papa et maman, les vrais. Je veux qu'on rentre à la maison. » Demande prononcée à demi-mots, de façon presque honteuse. « Je me repose un peu et ensuite on cherchera un moyen de partir, d'accord ? » Son regard retrouve celui de sa soeur, déterminé. Elle veut partir au plus vite, qu'importe le moyen. Il y a forcément des bateaux qui viennent jusqu'ici, le continent fait des échanges avec l'Archipel, elles ne peuvent pas moisir ici toute leur vie.
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptySam 19 Aoû - 0:52

Elle est effrayée, de voir sa sœur comme ça. De la voir se sentir si intensément mal, de voir le teint hâlé qui recouvrait sa peau, son visage, prendre une tout autre teinte. Son visage si doux et plaisant à voir pour Astrée en temps normal est si blanc, semble crier qu’elle est malade. La jumelle frissonne, avant d’entourer le corps de sa sœur d’un bras et de la soutenir avec, l’amenant vers un endroit où elle pourra se reposer, se sentir mieux. Se soigner, avant de repartir. Astrée ne l’abandonnera pas un seul instant, veillera sur elle, pendant qu’elle réfléchit à leur évasion, au moyen de s’échapper qu’elles vont devoir trouver. Elle ne renoncera pas, jamais, à ramener sa sœur sur le continent. Que Levor en soit témoin, Aurore ne pourrira pas dans ce lieu scandaleux et si indigne d’elle.

Elle jette un regard peu amène au fou qui se dit leur père, niant tout bonnement lui être reconnaissante de sa réactivité à préparer une couchette pour sa sœur. Si elle ne craignait pas que cette dernière ne tombe et se fasse mal, elle en aurait vérifié la propreté, avant de l’y installer, mais elle n’en avait guère le temps. Elle aida Aurore à s’allonger, et dit à leur prétendu père qu’il n’avait qu’à partir, oui, qu’elles n’en avaient cure de lui et qu’il devrait avoir honte de ce qu’il faisait. Elle le haïssait de tout son cœur, cet homme qui les avait surement kidnappées et droguées, pour leur faire croire ses fables stupides. Il n’était rien pour elle, ne serait jamais rien pour elle.

Sa sœur l’appelle, cependant, a besoin d’elle, et sa colère s’évanouit aussitôt, alors qu’elle s’allonge à ses côtés, l’enlace comme elle peut, la rapprochant d’elle en caressant ses cheveux, espérant que ce geste suffirait à l’apaiser et à la réconforter. « On partira, très vite, je te le promets. Que je doive construire un bateau, te porter en nageant, implorer Messaïon de nous venir en aide, quelle que soit la façon de faire, je te sortirais de là. Mais dors, pour le moment. Tu as besoin de te reposer, pour aller mieux. » Elle lui tendit le verre d’eau, qu’elle reposera quand elle en eut fini, puis se mit à lui chanter une petite chanson que leur mère avait l’habitude de leur chanter quand elles ne se sentaient pas bien, petite. Leur vraie mère.
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Message Sujet: Re: Il y a comme un problème   Il y a comme un problème EmptyMer 23 Aoû - 22:36

« On partira, très vite, je te le promets. Que je doive construire un bateau, te porter en nageant, implorer Messaïon de nous venir en aide, quelle que soit la façon de faire, je te sortirais de là. Mais dors, pour le moment. Tu as besoin de te reposer, pour aller mieux. » Aurore hoche doucement la tête se se blottit un peu plus dans les bras de sa soeur. Les caresses régulières dans ses cheveux affreusement emmêlés finissent de la rassurer, de l'apaiser même. Les minutes s'écoulent et elle retrouve une respiration régulière, un calme éphémère qui détend tout de même ce corps fourbu de courbatures et de douleurs. Les émotions de la journée finissent par avoir raison d'elle et l'Outreventoise sombre alors dans une somnolence cotonneuse, jusqu'à s'endormir totalement dans cette chaleur dont elle n'a pas l'habitude. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu besoin de la présence de sa soeur ainsi. Autrefois, elles ne se retrouvaient de cette façon que lorsqu'une frayeur secouait les enfants qu'elles étaient. Depuis qu'elles ont rejoint l'Académie, les choses ont bien changé, elles ont passé pratiquement une année éloignées l'une de l'autre et elles ont grandi, certainement. À cet instant, elle se retrouve enfant, à chercher le réconfort des bras d'Astrée pour chasser ce qui lui fait peur.

Lorsqu'elle se réveille, sa jumelle est toujours près d'elle, visiblement endormie elle aussi. Reposées, sans nouvelle surprise qui les ferait paniquer, elles cherchent un réel moyen de s'en aller. C'est avec réticence qu'elles abordent les autochtones, qu'elles laissent leur père faire la traduction sans toutefois comprendre cet étrange délire qu'elles s'obstinent à entretenir. Elles s'impatientent et s'agacent devant le manque de coopération des Îliens, devant leur nonchalance qui frôle l'indifférence. Et plusieurs jours passent sans qu'aucun navire n'accoste cette île de malheur. Aurore ne se fait décidément pas à cet endroit, ni à ce ventre proéminent qui bouge parfois, créant une nouvelle vague de panique dans tout son être. Elle ne s'habitue pas plus à cette chaleur, à cette langue, à cette vie qui devrait être la sienne si elle en croit ceux qui l'entourent. À aucun moment, elle ne s'éloigne d'Astrée, puisant en elle le courage dont elle a besoin pour ne pas fondre en larmes à chaque fois qu'elle songe à son réveil et à ce que signifie ce bébé qui grandit en elle, à chaque fois qu'elle tente de parler à Sucre et qu'elle rencontre le néant.

Plusieurs jours passent et enfin, le Zéphyr arrive. C'est comme une lueur au milieu d'un brouillard épais, une respiration après de longues minutes passées la tête sous l'eau. Cette vivenef semble soudain être la plus merveilleuse qu'elle ait jamais vue et elle est venue... pour elles. Aurore n'en croit pas ses oreilles, mais lorsque l'équipage indique rechercher deux jeunes femmes, deux jumelles, portant leurs noms, elle manque d'éclater en sanglots tant le soulagement l'étreint. Il ne leur faut d'ailleurs pas bien longtemps pour récupérer leurs affaires et pour embarquer.

Enfin, elles quittent cette île de malheur. Enfin, elles rentrent chez elles. C'est en tout cas ce qu'elles croient.
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