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 Le bourgeon deviendra une fleur parfumée

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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyJeu 4 Mai - 16:52


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Denys du Lierre-Réal & Marjolaine du Lierre-Réal

Le bourgeon deviendra une fleur parfumée

La famille ducale célèbre la fête des Premiers Bourgeons



• Date : 20 mars 1002
• Météo : Il fait un temps superbe, le soleil brille de tout son éclat.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Ostara débute par la fête de Cerah, déesse titulaire du duché, et le couple ducal s'unit pour participer aux festivités en compagnie du peuple lagran.  Malgré la guerre qui ravage le continent, la fête promet d'être réussie.
• Recensement :
Code:
• [b]20 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2115-le-bourgeon-deviendra-une-fleur-parfumee#63660]Le bourgeon deviendra une fleur parfumée[/url] - [i]Denys du Lierre-Réal & Marjolaine du Lierre-Réal[/i]
Ostara débute par la fête de Cerah, déesse titulaire du duché, et le couple ducal s'unit pour participer aux festivités en compagnie du peuple lagran.  Malgré la guerre qui ravage le continent, la fête promet d'être réussie.

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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyJeu 4 Mai - 16:53

Cela faisait déjà quelques semaines que les rumeurs à propos d'un fils illégitime de Denys étaient parvenue aux oreilles de Marjolaine et ses inquiétudes avaient eut le temps de s'effacer doucement, après avoir été réconfortée par les propos de son époux, mais aussi par le fait qu'elle était bien occupée par les préparatifs d'Ostara.  Il y avait beaucoup à faire, encore plus alors que Faërie était en guerre contre Ibélène.  La duchesse s'inquiétait pour le bien être des Lagrans, mais craignait aussi quelque tentative d'attentat pendant la fête, alors que les habitants seraient détendus par l'atmosphère de la célébration.  Elle avait passé beaucoup de temps à s'assurer que la sécurité soit assurée pour tous.  Le moral de la population commençait à remonter avec les festivités en vue et la duchesse comptait bien là-dessus pour donner de l'espoir à tous : les choses reprendraient à nouveau un cours normal, elle avait confiance.  Outre ses espérances, elle pensait aussi profiter de la fête pour redoubler ses offrandes aux dieux qu'elle vénérait.  Pour que ses proches restent en sécurité.  Pour que ses enfants grandissent en pleine santé.  Pour que celui qui arrondissait son ventre naisse tout rose et piaillant, un beau garçon.  Pour que Denys délaisse de plus en plus ses maîtresses et aventures extra-conjugale pour se concentrer sur elle, leur famille.  Elle était la duchesse.  Elle était celle qui alimentait l'affection du peuple lagran pour la couronne ducale.  Si elle ne rêvait plus purement que le duc n'aie de yeux que pour elle et se comporte en amant éperdu, elle désirait son approbation, un respect plus grand encore qu'il ne lui portait.  L'exclusivité parce qu'aucune de toutes ces femmes d'une nuit ne la valait elle.

Si une bonne partie, voir la majorité, du temps de la veille avait été passée à s'assurer des derniers détails, une autre, plus moindre, avait été consacrée à préparer les tenues de la duchesse et de la princesse.  Pour l'occasion, Marjolaine avait expressément demander à ce qu'on prépare une tenue pour Rose.  D'une teinte à l'image du nom de la fillette.  Celle-ci avait montré une joie sans pareille en essayant sa nouvelle robe.  Rien de mieux pour poser une chaleur sur le cœur maternel de Marjolaine.  Si les derniers jours avaient été épuisants, cela l'avait revigoré.  Et une bonne nuit de sommeil l'avait entièrement remise en énergie, elle qui se fatiguait de plus en plus rapidement.

Debout de bon matin pour des préparations de dernières minutes, elle consacra le reste de son temps libre à sa toilette.  Elle avait revêtu une toge de la même teinte rosée que celle de sa fille.  Simple, mais si on regardait de plus près, le tout était finement travaillé et décoré de broderies représentant l'essence croisée de son mariage, la combinaison d'un lys et d'une rose.  Une fois elle-même prête, elle se dirigea vers la chambre de sa fille pour l'aider à tresser ses cheveux.  Ce n'était pas nécessaire, il y avait des gens pour s'en charger, mais Marjolaine le lui avait promit et elle aimait à s'occuper de la petite princesse, elle qui aurait tant désiré avoir une mère pour l'aider à coiffer sa chevelure.  Une chose si simple mais voulait dire beaucoup.  Avec Ostara qui approchait, elle avait un peu négligé la petite et elle comptait que la fête compenserait pour toutes ces journées.

Une fois habillées et peignées toutes les deux, les jolies dames restèrent dans la chambre de Rose à babiller aimablement en attendant que Denys ne viennent les chercher toutes les deux et ne les emmène participer à la fête.  Lorsque des bruits de pas se firent entendre, la petite fille se leva d'un bon pour aller accueillir son père, tandis que Marjolaine se relevait péniblement de la petite chaise sur laquelle elle s'était assise avec l'enfant.  Une main sur son ventre tendu, un léger sourire timide se traça sur ses lèvres.  C'était jour de fête et elle espérait bien que toute la famille en profiterait.

« Ne cours pas Rose, tu vas te faire mal! » réprimanda-t-elle mollement la fillette qui décidément n'écoutait pas du tout, obnubilée par l'idée de faire admirer sa jolie robe.  Pour Marjolaine, il n'y avait point de plus spectacle que de voir sa fille et son mari ensemble.  Il y avait une expression de bonheur sur le visage de l'enfant qui la comblait.
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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyJeu 4 Mai - 18:37

C’était sans doute avec impatience que tout le peuple Lagran avait attendu le lancement de la fête d’Ostara. Emblématique du duché, les quatre jours à venir seraient marqués du sceau de la fête et de la joie. Malgré la guerre qui faisait rage entre Ibélène et Faërie, il n’était pas question d’oublier leurs valeurs et surtout de laisser les violences des combats n’être que le quotidien du peuple. S’il ne le vivait pas purement et simplement, l’angoisse demeurait dans les cœurs. Alors maintenir la fête et faire qu’elle soit la plus belle était un point essentiel. Si Denys n’avait pas participé à la mise en place de toutes les activités, laissant ce devoir et ce plaisir à son épouse, il s’était néanmoins intéressé en partie à tout ça. Comme il l’avait promit à Marjolaine, il avait fait en sorte d’assurer la sécurité des lieux, plus qu’à l’ordinaire, sans que cela nuise pour autant au moral du peuple. Ils étaient nombreux, ces gens de toutes classes sociales, à être venus jusqu’à la capitale pour profiter des festivités. Et le jour J, l’effervescence était palpable.

Le palais, décoré plus encore pour l’occasion, regorgeait de merveille et de beauté. Les senteurs de milles et un plants embaumaient les couloirs jusqu’à parfois enivrer les passants et les couleurs chatoyantes attiraient de partout les regards. Serviteurs et domestiques s’affairaient, courraient presque pour remplir leurs tâches, mais les rires sonnaient joyeusement. Et bien que pour le duc, festivité ne rimait pas avait tranquillité, il s’était comme tous les autres laissés emporter par l’impatience et la joie de la fête. Habillé à la manière traditionnelle des lagrans pour l’occasion, il avait prit le temps de se préparer comme il fallait, une rose d’une teinte légère - rappelant le nom de son adorable petite fille – accompagnait même sa tenue, comme c’était toujours le cas. Le lancement de celle-ci n’allait pas tarder d’ailleurs, et pas question de la manquer. Mais d’abord, Denys devait aller chercher son épouse.

D’un pas tranquille, il rejoignit rapidement la chambre de Rose, où il savait qu’il trouverait celle-ci certainement en compagnie de sa mère. Mais il n’avait pas encore franchit la porte de la pièce qu’une petite fille débarqua, un grand sourire sur les lèvres, accourant jusqu’à lui pour l’enlacer. Il eut un rire commun avec elle quand celle-ci manqua de se prendre les pieds dans le tapis en reculant.

« Fais donc un peu attention. » Cela ne sonnait même pas comme une réprimande. Il était clair que la fille du couple ducal, si elle était bien éduquée, bénéficiait de la bienveillance et d’un certain manque de sermon de la part de ses parents. Mais difficile de fâcher une si adorable petite fille, surtout un tel jour. Celle-ci, consciente de sa mesquine petite autorité sur ses parents aborda une révérence presque parfaite, digne d’une petite princesse. « Tu as vu ma jolie robe ?! » Fit-elle avec une joie à peine contenue, tournant sur elle même pour faire admirer les plis légers du tissus. « C’est maman qui l’a choisi ! Elle te plait ? » Les yeux brillants, elle tourne le regard à la fois vers sa mère et son père, attendant l’approbation. Le sourire de Denys est taquin quand il finit par répondre. « Elle est superbe. Et je vois que toi et ta mère êtes parfaitement accordées. » S’il n’avait semblé presque pas regarder son épouse, le fait est qu’il avait observé les détails de sa tenue sans en rater une miette, appréciant la finesse et l’accord qu’il y avait avec celle de Rose. Ça avait quelque chose de très mignon qui le faisait sourire. Si sa fille d’ailleurs semblait vouloir encore accaparer l’attention de son père, celui-ci lança malgré tout un regard à son épouse, suivit de quelques mots :

« Vous aussi, vous êtes parfaite. » A peine quelques mots, pas besoin de plus. Il tendit son bras dans une invitation à le suivre. « Vous êtes prête ? » Rose en tout cas semblait l’être, vu l’engouement qu’elle eut à l’idée d’enfin se rendre à la fête. Elle prit les devants un instant, sortant de la chambre pour attendre ses parents devant la porte. Denys quant-à lui accorda un regard plus doux, plus affectueux, observant même le ventre rebondit de Marjolaine qui, avec cette robe, n’en était que plus visible. « Essayez de ne pas trop vous fatiguer. N'hésitez pas à me le dire si c'est le cas. » Conseilla-t-il doucement, conscient que la situation de son épouse ne lui permettrait sans doute pas de profiter toute la journée des festivités comme elle le souhaiterait.


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyVen 5 Mai - 8:17

Marjolaine ne put s'empêcher de rougir comme une jeune fille lorsque Denys la complimenta sur sa tenue.  D'autant plus qu'il était charmant le duc dans sa toge traditionnelle, sa rose épinglée sur les pans du vêtement.  Elle accepta avec soulagement le bras tendu de son époux, prête à quitter la chambre de la petite princesse et de profiter autant qu'elle le pourrait des festivités.  Elle se fatiguait de plus en plus rapidement et le soutien d'un bras lui serait fort probablement indispensable à un certain point de la fête.  Ce n'était pas encore le cas, mais elle appréciait toute attention venant de son mari, qu'elles soient nécessaires ou non.  Elle passa son bras sous celui du beau brun et hocha doucement la tête pour affirmer qu'elle était toute aussi prête que possible.  De toute façon, Rose n'aurait pas attendu plus beaucoup plus longtemps : à l'âge où elle commençait à prendre conscience des choses, il s'agissait peut-être là de la première fête dont elle pourrait garder un souvenir et Marjolaine en était toute émue.  C'était peut-être aussi le bébé qui grandissait en son sein qui exacerbait toutes les émotions qu'elle ressentait.  Oh comme elle aimait cet enfant, comme elle le chérissait!  Comme elle l'attendait!  Chaque doux regard du père de celui-ci posé sur son ventre la rassurait.  Malgré tout, c'était elle qu'il avait choisie, c'était à elle seule que revenait le droit de mettre au monde ses héritiers.  Elle le prenait comme une certaine victoire, un pas de plus vers le cœur de celui à qui elle était unie par les liens du mariage.

« Vous êtes charmant, merci, » souffla-t-elle autant pour le complimenter discrètement sur son apparence que pour le remercier de sa prévenance à son égard.  Naturelle peut-être, considérant la situation, mais très appréciable pour la jeune femme qui avait le pas de plus en plus lourd et de plus en plus lent.  De plus, elle ressentait toujours une certaine joie à l'idée d'être celle toujours au bras de son duc lors des sorties officielles.  Une joie un peu dérisoire, mais elle aimait ce sentiment de pouvoir montrer à toutes celles qui croyaient pouvoir se faufiler dans les draps de cet homme qu'elles ne pourraient jamais aller plus loin, que seule la nuit et les ténèbres ne les verraient jamais en compagnie du Duc de Lagrance.  Et elle était fière de la position qu'elle tenait, des responsabilités que cela entraînait.  Même, pour elle ce n'était plus question d'un fardeau issu du pouvoir, elle était toujours impatiente de participer à nouveau dans ces activités qui unissaient nobles et le peuple.  Si tout n'était point parfait, elle avait beaucoup mieux réussi dans la vie qu'elle n'aurait espéré le faire lorsqu'elle avait dix-huit ans.  Elle avait un époux, des enfants, une occupation importante, le pouvoir de venir en aide aux autres.  Et tout cela, elle le devait à Denys.  Était-il surprenant qu'elle s'accroche autant aux restes de l'affection qu'ils avaient éprouvé l'un pour l'autre lorsqu'ils s'étaient fiancés?  La flamme s'était peut-être affaiblie, les passions de la jeunesse apaisée, mais elle continuait à faire briller cette lueur dans son cœur.  Alors en un jour de célébrations comme ceci, elle ne pouvait qu'être heureuse.  Et elle souhaitait de tout son cœur qu'il en irait de même pour le reste des Lagrans.

« Maman!  Dépêche-toi!  Dépêche-toi! » trépigna d'impatience la pauvre enfant qui les avait devancé depuis longtemps, sortant même déjà de la chambre.  La voix de sa fille arracha la mère à la contemplation du visage du père, elle qui ne le regardait que timidement à travers ses longs cils épais, et elle ne put retenir un sourire encore plus grand que cette esquisse qui s'était déjà tracée sur son visage quelques instants plus tôt.

« Ne sois pas si pressée mon cœur, la fête ne commencera pas sans toi, » s'attendrit-elle en faisant signe à la princesse de les rejoindre, son père et elle.  Elle tendit la main devant elle pour inciter l'enfant à la prendre, mais celle-ci d'un geste décidé préféra s'en prendre à celle disponible de son père.  Marjolaine ne put retenir un petit rire amusé devant la mutinerie de sa propre fille qui préférait son père à sa mère.

« Allons-y, si je me sens faiblir je vous en ferai part, » ajouta-t-elle à l'intention de son époux.

Les murs du palais étaient magnifiquement décorés.  Marjolaine avait discuté pleinement de la chose avec les jardiniers, avait aussi engagé quelques mains supplémentaires pour aider et convaincre la perte faite dans les effectifs précédemment.  Ils avaient accomplis un superbe travail et devant les exclamations de plaisir que poussait Rose à tout tournant dans les couloirs, Marjolaine était ravie.  Si la demeure elle-même était splendide sous les décorations, la ville l'était encore plus.  Les rues grouillaient de mouvement, de nombreux Lagrans de la périphérie venus à la capitale pour la fête.  L'odeur parfumée des fleurs était enivrante, leurs couleurs chatoyantes.  L'animation gagna aussi le cœur déjà fébrile de Rose qui voulut s'élancer vers l'avant, courir humer tel parfum, admirer telle fleur, mais Marjolaine l'attrapa par l'épaule juste à temps.  Elle ne craignait pas que qui que ce soit ne s'en prenne à la jeune héritière, pas en ce jour de fête, mais il serait tout de même fort ennuyant de la perdre dans la foule.

« Mamaaan, lâche-moi, je veux allez voir! » protesta la fillette, mais la mère ne relâcha pas sa poigne sur la petite.
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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptySam 10 Juin - 18:57

Le sourire est timide, comme toujours, et le compliment fait mouche, à n’en pas douter. Et à l’inverse, Denys est flatté aussi de l’avis exprimé par son épouse sur la tenue traditionnelle qu’il a enfilée pour l’occasion. Il semble régner entre eux une légèreté comme celle aux premiers jours de leur mariage. La flamme est loin de brûler  et briller comme autrefois, mais elle n’est pas une braise éteinte pour autant. Dans le foyer, elle s’embrase encore, parfois de manière inattendue. Il ne peut prétendre, Denys, être un jour tombé amoureux de sa femme – car l’amour, il l’a toujours plus ou moins repoussé, estimé comme un sentiment dangereux. Mais pourtant, Marjolaine attise des sentiments forts et uniques chez le duc. Une réelle et sincère affection que même Maelenn - sa plus proche confidente - ou Mayeul - son meilleur ami - n’ont pas la chance d’avoir. Il l’a cru plusieurs fois, en vérité, être tombé amoureux d’elle, sans jamais se permettre de laisser son cœur franchir cette barrière invisible et dangereuse. Les maîtresses n’y sont pas pour rien d’ailleurs, outre le plaisir qu’elles ont pu procurer. Elles étaient un bon moyen de se tenir éloigné, au risque réel de blesser Marjolaine. Un sacrifice qu’il regrettait parfois, qu’il voyait comme blessant, mais qu’il n’avait pas cessé de faire. Et mieux valait à ses yeux que la flamme brûle encore une peu, quitte à ce qu’elle s’éteigne un jour peut-être, que s’enflammer et déclencher un brasier de passion impossible à contrôler. Et preuve en était en ce jour que la flamme était toujours là, pas aussi fragile qu’on voulait bien le croire.

Ils s’observent avec un silence léger, les époux du couple ducal de Lagrance, jusqu’à ce que la voix enjouée et pressée de leur petite fille vienne définitivement interrompre la rêverie. En ce jour de fête, difficile de faire tomber les sourires et la joie sur les visages. Rose est la première à le faire ressentir à ses parents, souhaitant presser leurs pas là où il n’y a pas lieu de s’agiter. Pourtant, la mère et le père qu’ils sont ne peuvent que s’attendrir d’une agitation toute innocente et d’un regard aussi pétillant d’impatience.

« Il serait impardonnable de commencer sans la princesse de toute façon, tu ne crois pas ? » Fit Denys en se moquant gentiment de sa fille, qui elle au contraire n’y remarqua qu’une flatterie qui fit gonfler son égo de petite demoiselle. Demoiselle qui saisit plutôt la main de son père que celle de sa mère d’ailleurs, attendrissant un peu plus les cœurs de ses deux parents décidemment bien faibles. « Hé bien, me voilà entouré des deux dames de ma vie. » Sa fille tant aimée et la mère de celle-ci, à laquelle il adressa un petit sourire en coin avant de se décider à bouger. Attendre encore et Rose finirait pas hurler de frustration.

A l’instar du palais, les rues aux alentours de celui-ci regorgent de beauté et d’agitation. L’activité est florissante, joyeuse, pleine d’entrain et de vie, et les sourires s’accentuent au passage du couple. N’y a-t-il pas de vision plus agréable que celle d’un peuple heureux dans l’adversité d’une guerre qui fait rage ? Les Lagrans qui détestent la guerre préfèrent ne pas y penser. Faire la fête pour tenter d’oublier, vénérer le renouveau et la vie plutôt que le chaos et la mort, tels étaient les principes d’Ostara. Attentif néanmoins, le duc ne peut se rattraper la main vive et rapide de Rose, s’échappant de sa prise pour tenter de vadrouiller dangereusement seule. C’est Marjolaine la première à rattraper la petite fille, même si les deux époux ont esquissé le geste en même temps. Pour autant, elle n’est pas décidée à se laisser faire, la farouche petite fille de quatre ans, protestant à poigne de sa mère pour la retenir. Cette fois, le regard et la voix du duc est plus sévère quand il s’adresse à son enfant. Si l’un et l’autre sont prompts à céder raisonnablement aux caprices de Rose, ils savent aussi mettre les points sur les i quand cela s’avère nécessaire. Et en général, lorsqu’ils doivent élever la voix, il n’y a pas lieu de protester à nouveau.

« Rose, tu restes avec nous et il n’est pas question d’en discuter. Si tu veux aller quelque part, c’est avec ta mère et moi. » Elle ne répond pas, la petite fille. Et si dans son regard se lit la frustration et dans sa moue boudeuse la vexation, elle obéit presque immédiatement, venant reprendre cette fois la main de sa mère. Plus doucement cette fois, retrouvant un sourire léger, il reprend. « Et ne fait pas ta mauvaise tête, nous irons où tu veux aller. » Tant que c’était en leur compagnie. Non que Denys craignait de laisser sa fille en compagnie des lagrans, mais la ville était grande, le festival rameutait beaucoup de visiteurs… il était alors si simple de se perdre. « Alors, que voulais-tu voir ? » Et une nouvelle fois, l’enfant ne se fait pas prier, guidant d’un geste large du bras ses parents, tirant légèrement sur celui de Marjolaine. Il fallut lui demander d’y aller doucement pour ne pas trop fatiguer sa pauvre mère.

Le stand qui avait attiré Rose était celui d’essence florale très rare, des mélanges pour la plupart et d’une beauté pour le moins époustouflantes. S’il n’y avait rien de rare à croiser pareilles merveilles lors du festival d’Ostara, il était toujours plaisant de les contempler chaque année.

« Maman, papa, regardez ! C’est la première fois que j’en vois une comme ça ! »

La fleur en question était le symbole de son épouse, le lys. Ou plutôt une branche de petites fleurs de lys, pendantes comme des clochettes, d’une belle couleur rosée et tachetées de pourpre. Comme une guirlande, elles décoraient le stand du jardinier en embaumant l’air d’un parfum frais et léger.


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptySam 10 Juin - 19:55

Il était toujours pénible pour la mère de reprendre la fillette, même lorsque c'était nécessaire.  Son cœur tendre y trouvait une difficulté difficile à franchir néanmoins, pour le bien-être et la croissance saine de son enfant, elle s'efforçait d'y recourir quand c'était nécessaire.  Fort heureusement, Denys était là pour l'appuyer dans cette démarche parfois un peu difficile lorsque les yeux croisaient le visage boudeur de la petite princesse.  Et elle en profitait un peu la duchesse, laissant l'autorité absolue au père pour traiter comme un bijou son trésor de fille, puisque de toute façon, celle-ci raffolait de son père.  Ce qui rendait parfois presque jalouse cette jeune maman.  Mais elle savait au fond d'elle-même que l'amour de Rose pour elle était aussi inconditionnel que celui qu'elle-même lui portait.  Et cela avait tout son pesant d'or.  Si la gamine était toujours aussi impatiente, la remontrance de son père avait suffi pour qu'elle prenne la main de sa mère et ne s'éloigne plus à toute vitesse de façon impromptue.  Marjolaine serra la main de la petite avec tendresse et caressa ses petits doigts dodus d'enfant, espérant lui rendre le sourire malgré les remontrances qui venaient de lui être faites.  Elle était jeune et reprit vite sa gaieté en sachant qu'elle pourrait voir tout ce qu'elle désirait selon son bon désir, tant et aussi longtemps qu'elle restait en compagnie de ses parents.  La duchesse se laissa entraîner par sa petite, tout en laissant échapper sur un ton amusé : « Doucement Rose, maman ne peut pas aller aussi vite que toi! »  Son ventre était déjà bien rebondi, plus encore que lors de sa première grossesse.  Ce petit garçon grandissait bien dans son ventre.

Le ravissement de la mère comme de la fille était sans égal à la vue de l'essence croisée qui avait attiré l'attention de la seconde.  Marjolaine affectionnait particulièrement les lys, elle qui avait grandi dans de jardins qui en était parsemé, de toutes les couleurs et de toutes les tailles, et cette version miniature et délicate la transportait d'admiration.  Les couleurs étaient merveilleuses et enivrait la jeune femme qui tournerait bientôt la trentaine.  Le plant avait plutôt bien tourné.  Elle se tourna vers Denys, souriante.

« C'est particulièrement joli, ne trouvez-vous pas?  Peut-être pourrions nous demander à en intégrer quelques pousses dans nos jardins? » demanda-t-elle d'un ton empli d'espoir.

Comme toute Lagrane, elle avait en plus des jolis vêtements pour passion les arrangements floraux.  Elle pouvait déjà imaginer l'effet dans les jardins de cette plante ravissante.  Elle se pencha légèrement pour caresser la joue de Rose dans un geste maternel empli d'affection.

« Elle est très jolie Rose.  Et si nous cherchions aussi la fleur préférée de papa? » proposa-t-elle, emplie de gaieté.  Leur fille ne portait point son nom au hasard.  Ses yeux se portèrent sur le bouton de rose que son époux portait sur le cœur et songea qu'après toutes ces années, il ne s'était point départi de sa fraîcheur et de sa beauté avec l'âge.  Elle évita de songer à ses propres traits, plus fatigués ces temps-ci, puisqu'elle dormait mal, peinant à trouver une position qui lui soit confortable une fois étendue.  Être enceinte avait ses désagréments.

Elle s'était penchée un peu plus qu'elle ne l'avait cru et chancela quelque peu lorsqu'elle se redressa, sa main libre trouvant instinctivement le bras de son mari pour reprendre son équilibre.  Elle lui adressa un nouveau sourire, timide, mais de cette timidité qu'on les jeunes femmes lorsqu'elles posaient leur regard sur un homme séduisant.  En cette occasion d'Ostara, même si elle avait vieilli, même si son ventre était bien proéminent plutôt que bien plat, même si sa main tenait celle de sa fille, elle avait l'impression de connaître un renouveau.  Elle baissa toutefois rapidement les yeux, rougissante.  Elle n'était plus une jeune adolescente depuis longtemps.

« Maman, tu regardes toujours papa… bizarre, » prononça la fillette qui du haut des ses quelques pommes avait un regard bien personnel sur la relation entretenue entre ses parents.  Sans spécialement comprendre toutes les nuances, elle devinait bien parfois qu'ils étaient… pas comme tout le monde.  Marjolaine rougit un peu, d'être ainsi mise à nue par les propos ingénues d'une enfant et rougit, contemplant ses pieds avec beaucoup d'attention.  Enfin, plutôt son giron qui masquait à sa vue ses jolies chaussures.  « On va par là? Moi j'ai fini de regarder! » Ses yeux qui dévoraient les espèces rares démentaient ses propos, mais ceux-ci ne pouvaient s'empêcher non plus de lorgner vers les quatre points cardinaux, assoiffés de beauté.
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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyDim 11 Juin - 15:39

Elle ne reste pas bien longtemps vexée, la petite princesse de Lagrance, dont le visage reprend très vite cette joie communicative et cet émerveillement constant. Ce n’était pas une petite remontrance de rien du tout qui allait ternir sa journée, d’autant plus qu’elle restait guide et maitresse des lieux à voir en compagnie de ses parents. Loin d’imaginer sa fille vexée comme un pou et le bouder lui, il s’amusait surtout de ses réactions d’enfant qui avaient tendance à lui rappeler sa propre jeunesse. Ce qu’il avait pu être capricieux lui aussi, toujours à regarder les autres avec de petits yeux mignons pour obtenir les faveurs de tous. Sans le moindre doute, Rose tenait de lui pour tout ce qui était petits mensonges et caprices bon enfant. La fougue et la vivacité aussi lui ressemblaient pas mal. De Marjolaine, elle tenait sans doute sa douceur et générosité. Toute demandeuse qu’elle était, la petite princesse savait rendre avec tout son cœur.

« Regardez, regardez ! »

Et elle s’agite devant tant de merveille, la petite princesse, ne sachant plus où donner de la tête, entrainant d’abord sa mère, puis son père, à sa suite pour observer tout ce qui semblait briller sous ses yeux. Les fleurs étaient particulièrement belles et en bon lagran, Denys était véritablement sensible à ces arrangements floraux tout comme l’était son épouse. Il acquiesça d’un sourire entendu à la remarque de Marjolaine.

« Bien entendu. Je demanderai à l’un de nos jardiniers de repasser ici faire cet achat. D’ailleurs, je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier pour celui que vous m’avez trouvé pour… remplacer l’ancien. »

S’il n’a guère l’envie de parler de ce qui était arrivé au début du mois de mars, il devait reconnaître que l’initiative de son épouse pour remplacer le traitre qui avait voulu lui ôter la vie avait permis au duc de s’occuper d’autres choses plus importantes. S’il s’était longuement entretenu avec l’homme en question qui serait chargé d’entrer dans un lieu unique qui était particulièrement restreint, force lui était de constater que c’était quelqu’un en qui il pouvait avoir confiance. Bien que désormais, ses jardins secrets étaient aussi protégés par un Ange Pleureur qu’il avait commandé à un Mage du Sang. Il ne laisserait plus personne faire n’importe quoi avec ses trésors.

Rose semblait ravie à l’idée de chercher d’autres fleurs, celles qui correspondaient le plus à son père, à la demande de Marjolaine. Il ne peut s’empêcher de sourire tendrement devant l’enthousiasme de la petite princesse qui darda du regard les autres marchands et jardiniers, son propre sourire fendant son visage jusqu’aux oreilles. Mais il quitta une seconde son enfant des yeux quand la main de Marjolaine se raccrocha à son bras avec un peu de force. Doucement, il l’aide à se redresser, mais ne croisant que peu son regard, il semble un instant s’inquiéter.

« Tout va bien ? Vous êtes fatiguée ? » Il se garda bien de lui faire remarquer que son visage était parsemé de rougeurs, lesquelles ressemblaient d’avantage à de la gêne qu’à un quelconque essoufflement. Mais il n’était pas certain de ce fait. Pourquoi être timide avec lui après toutes ces années partagées ? Il savait son épouse discrète, mais point de la sorte, même s’il avait pu remarquer cette attitude lors de leur dernière grosse entrevue à propos de ce prétendu fils bâtard. C’est la remarque de Rose, pleine d’innocence, qui répond presque à l’interrogation. Et au vu de la réaction silencieuse de son épouse, il juge qu’elle a visiblement touché juste. Pour autant, par respect pour elle, il n’ajoute rien et fait mine de détourner l’attention de l’enfant. « Tu as trouvé les fleurs que ta mère cherchait, Rose ? » Il n’en faut pas plus pour qu’elle désigne un autre étale tout en tenant toujours la main de sa mère, avant que finalement elle décide d’aller ailleurs. Décidément, elle ne manquait pas d’énergie cette petite.

« Attend une seconde. »

Il arrêta alors les deux dames à côté d’un stand repéré plus tôt où Denys acheta au marchand deux fleurs. L’homme fut d’ailleurs très flatté que son duc s’intéresse à son modeste commerce et le remercia sincèrement tout en saluant la duchesse et la princesse au passage. A nouveau prêt d’elle, il offrit à l’une comme à l’autre une des fleurs. Il glissa même celle pour Rose dans sa jolie chevelure tressée qui ronronna presque de joie. Penché prêt d’elle, il lui désigna une direction.

« Par là, il y a des démonstrations de mélange d’essences fleuries. »

Les grands yeux ronds de la princesse étaient suffisants pour comprendre que c’était par là qu’elle voulait aller. Main toujours dans celle de sa mère, elle fut cependant plus calme dans sa démarche, malgré l’excitation montante. Plus encore lorsqu’elle remarqua près de l’étale d’un mage de la floraison une de ses amies de jeu en compagnie de sa chaperonne. Si elle lâcha cette fois tout à fait la main de sa mère, elle resta dans le giron de ses parents, les oubliant une seconde pour se pâmer avec fierté de sa tenue, de sa coiffure et de la fleur qui trônait fièrement dans sa chevelure. Quand le mage commença à user de sa magie pour croiser les plantes, les quelques spectateurs cessèrent de parler, à commencer par la princesse qui semblait obnubilée. Denys en profita alors pour chuchoter à son épouse quelques mots.

« Appréciez-vous ce début de journée ma chère ? » Alors qu’elle tournait légèrement le visage, il en profita pour la regarder vraiment dans les yeux. Le murmure n’était audible que d’eux. « Vous n’êtes point gêné par quelque chose j’espère ? » Il n’avait pas oublié ce regard qu’elle avait évité de lui donner une seconde plus tôt, mais il restait curieux, le duc. Il ne souhaitait pas que son épouse passe un mauvais moment pour quelques raisons qu’elle n’osait lui confier. Et s’il pouvait y faire quelque chose ma foi…


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyDim 11 Juin - 18:44

Pourquoi Marjolaine retrouvait-elle ses sentiments de jeune femme?  Était-ce les hormones de grossesse ou la beauté qui les entourait?  Elle n'en savait trop rien et c'était peut-être cela qui lui faisait monter encore plus le rose aux joues.  Ça et le fait que même une enfant lisait si bien ses propres sentiments.  Elle remercia intérieurement Denys de ne pas avoir posé plus de questions, détournant l'attention de Rose sur un autre sujet.  Elle était reconnaissante et cela lui laissa le temps de se recomposer une meilleure contenance.  Elle suivit docilement les pas de sa fille qui ne savaient où aller, désirant voir ce qu'il y avait à gauche et droite en même temps.  Heureusement que le père de la petite était là pour la modérer, autrement la mère aurait eu bien du mal à suivre cette petite boule d'énergie qui marchait bien vite pour une fillette de quatre ans.  Elle ne songeait pas toutefois qu'en arrêtant la petite princesse dans son élan, c'était pour leur offrir à chacune une fleur.  Elle le regarda avec affection piquer celle de leur fille dans sa tresse tandis qu'elle-même accrochait la sienne à sa poitrine, puisqu'elle avait remonté ses cheveux en un élégant chignon sur sa nuque, lequel était déjà parsemé de quelques fleurs.  Elle était touchée de cette attention, même s'il ne s'agissait que d'une simple fleur.  Un présent qu'elle recevait assez régulièrement d'ailleurs, sans jamais en avoir perdu une seule goutte du plaisir qu'elle en avait tiré la première fois qu'il lui en avait offert, alors qu'elle était si jeune.  À peine une femme.

Perdue dans ses souvenirs de ces moments où elle commençait à espérer pour le futur, elle se laissa guidée vers un attroupement rassemblé pour voir une démonstration de croisement entre deux essences fleuries.  Elle se tira de ses pensées pour elle aussi y porter attention, car bien que ce ne serait pas la première fois qu'elle verrait ce phénomène, il conservait toujours une magie merveilleuse qui la faisait rêvée.  Et cela la faisait penser à son union, lorsqu'ils avaient eux aussi créé leur propre essence à l'aide d'un mage.  Que de doux souvenirs.  De son côté, Rose paradait fièrement dans ses atours et Marjolaine songea vaguement que la petite ne devrait pas se montrer aussi coquette, mais elle n'avait clairement pas le cœur à lui faire des remontrances, pas en cette journée de réjouissances.  Puis elle était encore jeune, cela passerait avec le temps.  Tandis que le mage de floraison commençait son travail, la foule se tût peu à peu, partiellement, laissant place à un silence presque complet.

Elle sursauta légèrement et tourna un regard étonné vers son époux lorsque celui-ci l'interpella.  La surprise se transforma vite en un certain plaisir, mais aussi en désolation, l'espace d'un moment.  Pourquoi croyait-il qu'elle ne se plaisait pas?  Avait-elle fait quelque chose pour lui déplaire ou lui laisser croire qu'elle ne s'amusait point?  « Cette matinée m'est des plus agréable, je vous l'assure, » murmura-t-elle en réponse après un court instant.  Il était vrai qu'elle avait été plutôt pensive ce matin-là, étrangement.  Peut-être avait-elle inquiétée son époux et elle s'en voulut quelque peu.  Elle secoua doucement la tête.  « Rien n'entache cette magnifique journée pour moi.  Je vous avoue cependant que je songeais…  mes pensées s'attardaient sur l'époque de nos premières rencontres.  Je crois que cette beauté me rend nostalgique, » expliqua-t-elle sur un ton embarrassé.  Elle n'avait point l'habitude de dévoiler le fil de ses pensées à Denys, sa timidité lui faisait conserver une certaine réserve de ses sentiments, par crainte de lui déplaire, ou tout simplement par crainte de ne trop se laisser envoûter par lui et de n'en souffrir que davantage.  Si elle faisait mine la plupart du temps d'ignorer les incartades maritales de son mari, elle en souffrait beaucoup.  Néanmoins, c'était jour de festivités, les célébrations devaient être réjouissantes et libres de toutes préoccupations, or elle reléguait toutes pensées déplaisantes au loin.  « Parfois, il me semble encore que c'était hier, ajouta-t-elle avec un sourire tendre, Ne vous inquiétez pas, je me porte bien et je ne suis pas fatiguée, observez la magie faire son œuvre plutôt. »  Elle s'approcha d'un pas de l'homme et passa son bras autour du sien, hésitant à appuyer sa tête contre son épaule.  Elle était bien, juste comme ça là et en profitait paisiblement.

Si au départ, la transformation avait obnubilé Rose, les changements commençaient à tarder à se faire remarque pour la patience d'une si jeune enfant.  Et tandis que certains murmures étouffés commençaient à se faire entendre, personne n'osa élever la voix par crainte d'influencer le mage et son travail, la fillette avait d'autres plans en tête, d'autres endroits à visiter et y emmener ses parents.  Elle se retourna pour voir sa mère s'appuyer contre son père et l'idée de faire partie de ce charmant portrait traversa son jeune esprit d'enfant.  Elle se présenta devant le duc, bras tendus vers lui, dans la manifeste intention de le voir la prendre dans ses bras.  Peut-être pourrait-il la faire virevolter dans les airs?  Marjolaine laissa échappa un doux rire devant le visage levé de la princesse vers son père.  « Mais n'étais-tu pas pleine d'énergie tout à l'heure ma chérie, tu es déjà fatiguée? » demanda la duchesse, amusée.

« Je suis trop petite pour voir la nouvelle fleur! » protesta l'enfant, indignée qu'on la prenne encore pour une toute petite qui s'épuisait facilement.  Marjolaine ne releva pas qu'il n'y avait personne devant eux pour lui gêner la vue et que si elle ne voyait rien c'était parce que le travail était encore en cours.
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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyLun 19 Juin - 14:48

Force était de constater que Rose était pour l’instant conquise à l’idée d’observer les démonstrations d’un mage de la floraison. Mais il n’était pas surprenant non plus que la patience de l’enfant se lasse en n’observant aucun changement notoire sur les pousses que l’homme était en train d’enchanter. Pourtant il y avait beaucoup de poésie et de finesse dans l’art de ce mage, qui par la magie qui coulait en lui était capable de lier les essences même de la nature pour créer de nouvelles merveilles. N’était-ce pas là quelque chose de fantastique tant il y avait de vie débordant dans ces sortilèges ? Ce n’était rien en comparaison de la Magie du Sang qui créait la vie elle même, mais les talents du mage étaient pour le moins splendides.

Mais aussi magnifique qu’était la démonstration sous les yeux curieux des spectateurs, l’attention du duc fut tourné plutôt vers son épouse, qui quelques secondes plus tôt avait démontré une attitude étrange. Bien évidemment, il ne lui en tenait nullement rigueur et ne jugeait pas là les réactions comme malvenues… Peut-être était-il juste curieux et attentif, ne souhaitant pas qu’elle passe un mauvais moment sans oser le lui dire. Une inquiétude à peine visible dans son regard, lui qui portait toujours si bien son masque, feint d’un beau sourire, si éclatant. La réponse rendue fut marquée par la surprise et mêlée à quelque chose d’un peu plus sombre qu’il ne sut reconnaître. Néanmoins, Marjolaine démenti tout mauvais sentiments, assurant apprécier cette journée si paisible. Si cela suffisait amplement à Denys de savoir cela, il perçu comme une attente de la part de son épouse, alors il lui laissa une seconde pour poursuivre. Ce serait mentir que de dire qu’il s’attendait à de tels propos, et il lui faut un instant pour en percevoir la saveur et l’apprécier. Lui et Marjolaine parlaient beaucoup mais se confiaient peu leurs états d’âme. La passion n’avait jamais franchit la raison et l’embarras. Pourtant, il ne peut s’empêcher d’être attendri d’une telle confession, et son sourire se fait alors plus tendre à la révélation. Et elle eut beau essayer de lui détourner l’attention en lui conseillant de reprendre l’observation du mage que ledit sourire ne se fane pas. Au contraire, à celui-ci il ajouta un murmure qu’elle seul put entendre, d’un ton doux quoique un peu taquin, lâché avec confidence et affection.

« Ce sont de jolis songes. »

L’espère-t-il du moins. Il s’en souvient encore aussi, de ces instants presque innocents qui datent d’il y a bientôt presque dix ans. Même si à l’époque il ressortait d’une histoire de cœur pour le moins douloureuse - Mélusine qu’il eut autrefois aimé - il ne regrettait en aucun cas les choix qu’il avait fait. Tout n’était peut-être pas parfait et son cœur ne s’était peut-être jamais réparé, mais l’affection de Marjolaine, son amour même, avait changé beaucoup de chose. Il n’était pas réellement capable de lui rendre tout ce qu’elle lui avait donné jusqu’à aujourd’hui, mais ce n’était pas pour autant qu’il était incapable de le voir et qu’il l’ignorait. Sur son épaule, il sent doucement son épouse déposer sa tête, comme hésitante. Tendrement, il se rapproche d’elle, penchant à son tour sa tête pour affectueusement se poser sur celle de Marjolaine. Un instant qui pourrait avoir un goût d’éternité si leur adorable mais capricieuse petite princesse n’en avait pas décidé autrement.

Le rire du duc, quoique doux, est sincère, comme celui de son épouse. Une seconde, il regarde la petite fille à la moue si déterminée, les bras tendus de manière affirmés, le regard exigeant que l’on s’occupe d’elle. Pour un peu, elle taperait presque des pieds tant son père ne semblait pas décidé à se pencher pour l’attraper et la prendre dans ses bras. Malgré la fausse excuse pour voir la fleur qui n’est pourtant point là, elle ne se débine pas, la petite, osant affronter de ses petits yeux ceux souriants de son père. Et alors qu’il ne semble toujours pas vouloir se bouger pour la prendre, elle, noble petite princesse de Lagrance, dans ses illustres bras, elle finit par baisser un peu les yeux, murmurant toute gênée un « S’il te plaît papa, tu peux me prendre dans tes bras ? » Ce qui est suffisant pour le duc. Et satisfaisant.

« Que tu es exigeante ma chérie. » Se moque-t-il gentiment, la prenant dans ses bras et déposant un baiser de réconciliation sur sa petite joue ronde. A son tour, elle passe les bras autour du cou de son père, lançant un regard vers sa maman, au comble de la joie.

« Je suis aussi grande que maman ! On voit tout d’ici. » Oublié déjà était le mage de la floraison et ses enchantements qui prenaient du temps. Être dans les bras de son père lui donnait un point de vu nouveau et d’ici, elle put à nouveau tendre un bras dans une direction où de nombreuses personnes semblaient aller. « Là bas ! Qu’est-ce que c’est ? »

Et suivant le regard de la petite ainsi que son évasif geste, le duc observa, percevant une grande statue couverte de fleurs au centre du immense place.

« C’est la statue de Cerah. C’est sa fête aujourd’hui tu sais. Le peuple la célèbre. »


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyJeu 22 Juin - 14:55

Qui aurait pu résister aux sourires ingénus de la petite princesse?  Certainement pas Marjolaine.  Si cela n'avait été de son énorme ventre, elle aurait soulevé la petite pour l'embrasser sur les deux joues.  Bien que le papa de celle-ci semblait d'un avis à lui apprendre les bonnes manières, attendant que les politesses – qu'elle connaissait très bien déjà – ne s'échappe de ses lèvres.  Si la duchesse avait été un chat, elle aurait certainement ronronné de plaisir en la voyant, toute timide, demander à son père de la prendre dans ses bras.  Et la complicité qui les unissait tous les deux étaient toujours un spectacle qui la réjouissait plus que tout, même si pour l'occasion, elle se faisait quelque peu déloger de sa propre place, elle qui avait timidement posé sa tête sur l'épaule de son époux.  Mais elle n'était pas du tout gênée par cela, au contraire, elle était toute de joie de voir son mari et sa fille former un si joli portrait de famille.  Et cela la confortait dans l'idée que peu importe quelles étaient les tares de Denys envers elle, elle restait, avec ses enfants, la seule famille que Denys reconnaîtrait.  Elle s'appuyait sur cette affirmation aveuglement.  De toute façon, elle n'avait pas vraiment d'autres options si elle désirait poursuivre à vivre plutôt heureuse.    Elle devait garder confiance en Denys, son avenir, comme celui de Rose et de ce bébé qui poussait dans son ventre, reposait entièrement sur lui.  Elle ne pourrait pas retourner à Blanc-Lys.  Ce serait une humiliation trop grande.  Si elle avait ses craintes et ses insécurités, dans des moments comme celui-là, elle reprenait confiance.  Si elle n'arrivait pas elle-même à s'attacher le duc, leurs enfants les liaient.  Pour le moment, il n'y avait que Rose.  Bientôt le second.  Elle payait un lourd pour les avoir mis au monde, elle le savait, mais elle ne le regrettait pas.  Tant que Denys n'en savait rien, elle n'avait pas peur de faire face seule aux conséquences de son ambition.

Lorsque la petite s'exclama, Marjolaine ne put s'empêcher de caresser avec tendresse sa joue rose.  La foule s'était éclaircie, mais il restait encore suffisamment de gens pour observer le mage lier les deux espèces florales.  Il était temps pour la famille ducale d'accorder un peu de leur attention à d'autres kiosques de la fête.  En accordant de leur temps à plusieurs personnes, ils feraient plus d'heureux.  Pour la duchesse, c'était une chose importante.  Cette fête permettait au peuple d'oublier les temps troubles qui les agitaient et de resserrer les liens entre la couronne et la population.  C'était à cela que tendait toute l'oeuvre de Marjolaine et elle ne doutait pas que la curiosité enfantine de Rose les aiderait à se déplacer rapidement d'un endroit à l'autre, la petite ne pouvant rester en place bien longtemps.  C'était l'âge.

« Et si nous allions la voir de plus près? » proposa la jeune femme.

Les exclamations de joie qui s'ensuivirent n'avaient point besoin d'être appuyées par des explications plus claires.  Marjolaine rit de nouveau, amusée.  La journée s'annonçait pour être plus que magnifique et elle se sentait heureuse.  Elle engagea la route en direction du centre de la place.  Bien qu'elle était plus occupée à tresser des guirlandes de fleurs pour Maari, elle en avait préparée quelques unes aussi à offrir la déesse tutélaire de leur duché, espérant que cela contribuerait à préserver sa prospérité et lui rendre la paix.

« Tu t'amuses bien Rose? » demanda-t-elle à la fillette, sur un ton empli d'affection maternelle.

Mais l'enfant était trop absorbée par quelque chose pour entendre sa mère la questionner : alors qu'elle avait tant à voir, avait-elle le temps d'écouter des discours?  D'autre part, cela donnait la réponse à la question.  Pas de la façon la plus polie, mais la petite n'avait pas entendue sa mère, cette dernière en était persuadée.  Un petit coup dans son ventre la fit sourire.  Apparemment, leur fils aussi semblait s'amuser, là, bien au chaud. Comme j'ai hâte de te rencontrer mon enfant.

« Rose fais attention!  Ne te penche pas comme ça! » s'exclama la mère lorsqu'elle reposa son regard sur sa fille, la voyant se tortiller dans les bras de son père, se penchant avec énergie vers l'avant pour regarder elle ne savait quoi.  Elle avait confiance en Denys pour ne pas la laisser tomber, mais elle s'inquiétait tout de même pour sa petite.  Un accident était si vite arrivé dans une foule, même si la famille ducale était bien protégée.  C'était jour de fête et la joie pouvait vite faire oublier aux gens la prudence.  Et Marjolaine commençait doucement à se sentir un peu fatiguée, elle qui s'épuisait si facilement avec cette grossesse.
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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyLun 17 Juil - 23:38

Elle était véritablement adorable, la petite princesse de Lagrance. Du haut de ses quatre ans, elle développait déjà un caractère fort, certes capricieux et malin comme l’était son père plus jeune, mais aussi doux et généreux comme celui de sa mère. Charmant mélange de ses deux parents, elle savait par ses sourires et ses regards en biais soumettre les cœurs les plus faibles à sa volonté. Le digne pouvoir des enfants mignons. Mais toute certaine de pouvoir corrompre son père d’une bouille adorable, elle fut bien vite surprise de ne pouvoir obtenir ce qu’elle voulait sans les formes et la politesse demandée. Laquelle arriva bien vite avec cette prise de conscience, encore plus rapidement balayée une fois dans les bras de son père. Les rires et exclamations de la petite faisaient sourires les gens, ses parents en premier oui mais aussi les nombreux passants aux alentours qui appréciaient sans doute de voir la petite princesse aussi heureuse.

Maîtresse de leur itinéraire en cette grande journée, Rose n’avait pas besoin d’autre chose qu’une exclamation de joie pour répondre à l’interrogation de sa mère. Riant de concert avec son épouse, il eut avec elle un regard entendu et se dirigèrent alors vers la grande statue de Cerah, la déesse tutélaire du duché. Autour d’elle, les gens étaient nombreux. Beaucoup étaient ceux à avoir apporté des offrandes et les déposaient aux pieds de celle-ci. Couronne de fleurs, essences rares, bien des objets qui attisaient la curiosité de la petite princesse. A chaque objet, elle posait dessus son regard enfantin, sans pour autant questionner encore sur la signification. Pourtant, il pouvait voir, Denys, que sur les lèvres de la petite princesse brûlaient mille et une questions. Celle de Marjolaine, elle, semble complètement passer à la trappe dans l’esprit de la petite, absorbée par cette contemplation curieuse. Il eut un haussement d’épaule pour son épouse, lui renvoyant un sourire comme si, de toute évidence, ce devait être le cas et qu’il n’y avait pas raison de prendre ombrage d’une absence de réponse. Bien entendu, peu de chance que la duchesse n’en veuille de toute manière à sa fille bien aimée.

Elle était d’une grande beauté, cette statue de la déesse des Jardins. Régulièrement entretenue, la pierre était taillée avec une infinie finesse, révélant des détails qui faisaient le talent du peuple Lagran. Si la taille dans la pierre n’était pas leur spécialité, celle de la décoration et de la finition en faisait parti. La chevelure, même de pierre, semblait flotter au vent. Les fleurs qui la décoraient paraissaient juste naissantes, éclosent le matin même. Le regard, paisible, observait presque comme si elle était vivante. Bien des statues dans le palais et ses jardins vivaient, enchantées par les Mages du Sang. Mais toute inerte était celle de Cerah, elle était d’une grande beauté. Et il ne se lassait pas, Denys, de contempler cette merveille qui représentait la déesse à laquelle il avait été voué à la naissance.

« Que fais-tu Rose ? »

Questionna tout à coup le duc, sentant que sa fille commençait à se tortiller dans ses bras pour observer quelque chose, se penchant un peu trop. Une position qui alerta aussi Marjolaine, enjoignant sa fille de faire attention. Mais des paroles de ses parents, elle semblait ne pas vraiment y porter grand intérêt et continua de se pencher, tendant un bras pour s’exclamer.

« Mais maman regarde ! Il y a des fleurs qui poussent aux pieds de papa ! »

Il ne l’avait pas remarqué, le duc, et la réflexion de sa fille eut le don de le surprendre, le faisant à son tour regarder au sol. Elle avait raison, la petite princesse, et plutôt deux fois qu’une. Bien que celui-ci fut recouvert de pavé, entre chaque semblait pousser des fleurs, juste au niveau de ses pieds. Se décalant en supposant que c’était là le sort d’un mage de la floraison, il fut plus encore surpris de voir que chacun de ses pas faisaient naître de nouvelles fleurs.

« C’est assez… inattendu. »


Et l’inattendu, de manière générale, ne plaisait guère au duc. Pourtant il n’y avait là rien de malveillant et curieusement, il pouvait presque sentir le regard de la statue posé sur lui. Cerah à travers celle-ci le regardait-elle ? Rien n’était moins sûr.

« Papa, tu fais pousser tes fleurs !
Oui, il semblerait...
C’est très joli ! »

Elle semblait enchantée de voir une telle chose, la petite Rose, et continuant de bataille pour retrouver la terre ferme, elle eut gain de cause. Il semblait difficile de fatiguer cette petite.

« Il faudra offrir un cadeau à Cerah pour la remercier ! S’exclama-t-elle d’un grand sourire.
Tu as raison, c’est une bonne idée. »

Puis se tournant vers sa mère à grand pas pour l’enlacer au niveau des jambes malgré le gros ventre qui faisait obstacle un peu plus haut, elle demanda toute pleine de joie.

« Maman ! Qu’est-ce qu’on peut offrir à la déesse, dis ?! »

Infatigable, décidément.


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyVen 4 Aoû - 23:41

L'angoisse de voir tomber Rose qui se tortillait ainsi inquiétait beaucoup Marjolaine.  Avec son énorme ventre, elle aurait bien été en peine de la rattraper.  Elle n'avait pas de grandes craintes, elle avait suffisamment confiance en son aimé pour savoir qu'il ne laisserait jamais malheur arriver à leur petite princesse, mais un accident était si vite arrivé.  L'idée de baisser le regard pour tenter de comprendre ce qui agitait tant la petite n'avait toutefois pas traversé l'esprit de la mère de l'enfant.  C'est avec une énorme surprise qu'elle constata voir pousser aux pieds de splendides fleurs.  Surprise, la duchesse esquissa un mouvement de recul pour avoir une meilleure vue du phénomène, elle qui peinait à voir ses pieds tant sa taille s'était alourdie.  C'était étonnant et tout à fait inattendu, comme le soulignait bien Denys, incertain.  Chaque pas qu'il posait engendrait la poussée de nouvelles plantes, toutes plus jolies les unes que les autres.  Bien que cela fut étrange, l'enchantement que cela provoquait chez Rose ravissait Marjolaine.  Elle y voyait d'ailleurs un excellent présage, un message des dieux à leur encontre.  Du moins, celui de Cerah.  Elle délaissa la contemplation des fleurs engendrées par les pas du duc et posa son regard sur la statue, comme pour lui demander humblement quel signe cherchait-elle à leur donner.  Était-ce plus personnel ou pour le duché tout entier?  Sa fille chérie s'accrochant à sa jambe pour lui demander quelle offrande serait adéquate pour la déesse la tira de ses réflexions et un large sourire étira les lèvres de la Lagrane.

« Tu te souviens des jolies couronnes de fleurs que nous avons tressées ensemble hier? » demanda-t-elle sur un ton empli de bienveillance.  La question raviva rapidement la mémoire de la fillette, elle qui avait tressé pour la première fois ses couronnes de fleurs – avec l'aide très soutenue de Marjolaine et de Faustine.  L'activité l'avait beaucoup enthousiasmée et l'avait tenue occupée, offrant à sa pauvre mère un peu de repos.  « Elles sont pour Cerah.  Je suis certaine qu'elle sera très contente de les recevoir.  Tu veux bien aider maman à les lui offrir? »

« Je suis une grande maintenant! Je peux le faire toute seule! » répondit tout simplement la petite princesse, avide de faire ses preuves et de faire les choses par elle-même.  Marjolaine esquissa un sourire et prit la main de son enfant, question qu'elle tienne un peu en place et ne se mette pas à courir dans tous les sens pour arriver à la statue avant ses parents.  Elle se tourna vers Denys, souriante.

« Il semblerait que Cerah vous soit en faveur, » déclara-t-elle, engageant leur progression vers la statue où ils pourraient faire leur offrande.  Cela eut pour effet de déclencher l'apparition de nouvelles pousses fleuries, les pas de Denys leur ouvrant un chemin parfumé.  L'un des autres effets de ce miracle divin fut d'attirer l'attention peu à peu de la foule.  On entendait ça et là des cris s'exclamer : « Des fleurs croissent aux pieds de notre duc! »  En un tel jour de célébration, il était difficile de cacher un tel phénomène inexplicable.  Les rumeurs commencèrent à circuler.  Cerah avait béni la famille du Lierre-Réal, qu'elle reconnaissait comme légitime héritier du trône.  Cette profusion de fleurs annonçait la prospérité pour Lagrance.  Pour d'autre c'était un signe que la guerre cesserait enfin bientôt.  Tous avaient leur propre explication de ce miracle et tandis que les têtes couronnées s'approchait tranquillement de leur destination, laissant derrière eux une trace fleurie, les Lagrans assistant à la fête se serrait de plus en plus autour d'eux pour voir de leurs yeux propres le miracle s'accomplir.

Une fois au pied de l'énorme sculpture, Marjolaine se sentait un peu fatiguée de tant de marche, ralentie par la foule des badauds qui se poussaient doucement pour voir leur duc répéter le prodige une nouvelle fois.  Elle s'appuya un instant au bras de Denys, se sentant un peu tremblante sur ses jambes, elle qui se déplaçait difficilement désormais.

« Je suis un peu fatiguée, vous voudrez bien aider Rose à offrir les couronnes de fleurs pour moi?  Elles sont déjà toutes prêtes, » lui dit-elle à vois basse.  Elle n'était pas exténuée, mais elle désirait garder de ses forces pour le reste de la fête à laquelle elle comptait participer aussi longtemps que possible.  Pour être là alors que cet événement tant attendu devait redonner de l'espoir et la joie à son peuple.
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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyJeu 10 Aoû - 11:05

Que d’impatience, dans le regard de Rose, désireuse de bien faire et surtout heureuse de faire quelque chose. Si ce curieux événement laissait perplexe le duc, la petite princesse, elle, n’y voyait qu’une merveille de plus à admirer. Quémandant l’attention de sa mère, sure et certaine qu’elle aurait une réponse, la petite fille s’accrocha à la duchesse, l’appelant pour l’inciter à la regarder. La scène avait ce quelque chose de léger et enfantin, porté par les rires joyeux d’une petite fille innocente. De constater simplement ça amusait Denys qui, malgré la surprise et la méfiance qui ne le quittait guère après cette étrange manifestation, accorda un grand sourire à sa fille et son épouse. Elle était si mignonne, Rose, de vouloir tout faire comme une grande, du haut de ses cinq ans. Il n’était pourtant pas question de caprice dans son envie de faire les choses seules. Ou presque pas.

Lorsqu’il fut décidé de s’approcher plus de la statue pour remercier la déesse avec les couronnes de fleurs fabriquées spécialement pour elle, Denys reprit le bras de Marjolaine, celle-ci tenant de son autre main la petite princesse intenable. Rendant un sourire à sa femme, celui-ci fut cependant un peu pincé, peut-être gêné. « Peut-être. » Répondit-il, vaguement énigmatique. Si c’était là un cadeau de Cerah, alors il n’avait certainement pas de raison de s’en faire. Au contraire, il y avait un symbole de bénédiction qui n’était pas malvenu en ces temps troublés. C’était d’ailleurs ce que semblaient penser le peuple lagran quand le couple ducal passa à travers la foule et que peu à peu, la route fleurie que ses pas traçaient fut remarqué. Les murmures s’élevèrent, nombreux et colporteurs. Bientôt, toute la ville serait au courant. S’il le cacha habilement sous son habituel sourire, Denys était particulièrement flatté de l'événement qui poursuivait son cheminement. D’une prière silencieuse, il adressa un remerciement à sa déesse tutélaire, tout en poursuivant son chemin jusqu’à la statue et l’autel dédié. Si la foule s’écartait à leur passage, il fut malgré tout quelque peu compliqué d’avancer, et bien vite, Denys sentit Marjolaine s’appuyer un peu plus sur lui. Ce n’est que lorsqu’ils furent au pied de la sculpture qu’elle glissa à voix basse des mots à son attention. Du même ton, il répondit :

« Très bien. Ménagez-vous un peu, je m’occupe de Rose. »

Il eut pour Marjolaine un sourire doux, compatissant de son état qui visiblement la fatiguait plus vite qu’il ne s’y attendait. Il lâcha le bras de son épouse, hésita une seconde à lui faire venir un siège pour qu’elle puisse s’asseoir mais jugea bon de ne pas le faire finalement. Elle semblait vouloir continuer leur marche, et il doutait que si elle s’asseyait, elle puisse se relever par la suite. Il tendit la main à Rose, qui attrapa sans attendre celle-ci, mais se retourna malgré tout vers sa mère avec un petit regard inquiet.

« Elle ne vient pas maman ?
Elle se repose un peu. Tu viens ? Allons offrir ses cadeaux à Cerah. »

Si, une nouvelle fois, la petite fut enchantée de participer à quelque chose avec son père, elle mit quelques secondes à quitter sa mère malgré tout. Néanmoins, elle leva haut le menton et marcha avec vigueur, montrant qu’elle était toute prête pour offrir à la déesse les couronnes qu’elle avait si durement fabriqué la veille. Un serviteur qui accompagnait de loin arriva d’ailleurs avec les dits présents, effectivement tout prêts et préparés comme il fallait.

« Tient, prend en une ma chérie. »

Et avec une attentionnée précaution, comme le lui avait apprit sa mère sans doute, la petite fille attrapa la couronne de fleur qu’elle avait façonné, consciente tout à coup de sa fragilité. Le duc guida ensuite la petite fille vers le socle de la statue, déjà pourvu de bon nombre d’offrandes et cadeaux. Beaucoup étaient des couronnes, évidemment, mais il y avait aussi d’autres éléments représentant les attributs de la déesse. Une fois le présent déposé par la petite fille, comme le lui avait montré son père, elle adressa sa petite prière à voix haute, remerciant Cerah de veiller sur eux, sur leurs jardins, d’être belle et de faire grandir ses fleurs à elle. Une prière d’enfant toute adorable qui fit sourire quelques personnes venues elle aussi prier la déesse. Une fois les couronnes toutes déposées, père et fille revinrent vers la duchesse restée un peu en retrait, et presque immédiatement, l’enfant rejoignit les jupes de sa mère, se félicitant de sa réussite !

« Êtes-vous sûre que ça va aller ? » Demanda-t-il en reprenant le bras de son épouse. « Nous pouvons rentrer un peu et profiter aussi des festivités au palais. Je ne voudrais pas qu’un accident vous arrive à nouveau. » S’il était relativement sérieux dans ses propos, il ne put s’empêcher de faire référence à cette fois où Marjolaine s’était perdue dans les rues d’Edenia, quelques semaines plus tôt, enceinte jusqu’au cou et incapable de parler autrement qu’avec des bulles. Ce n’était qu’une taquinerie, cachant une réelle mise en garde sur son état. Il ne voulait pas qu’elle ne puisse plus profiter de la fête à cause de trop d’efforts.


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyLun 14 Aoû - 4:42

Marjolaine se sentit plutôt soulagée à l'idée de pouvoir se reposer un peu.  Elle aurait souhaité faire elle-même ses offrandes à Cerah, mais elle se contenterait de lui adresser ses prières de loin.  Au moins, elle avait pu participé au tressage des couronnes de fleurs et elle ne doutait pas que la déesse comprendrait et se montrerait pleine de grâces de pour elle.  Alors que Denys emmenait avec lui la petite princesse, et que celle-ci se retournait pour jeter un regard inquiet à sa mère qui ne venait pas avec eux, la duchesse fit un signe de main encourageant à sa fille.  Elle était en sécurité avec son père et elle-même bien entourée.  Et puis, n'avait-elle pas affirmé qu'elle pourrait le faire toute seule comme une grande?  Avec un peu d'encouragement, elle se laissa tout de même assez rapidement convaincre de la laisser derrière pour ne rendre hommage à la déesse qu'avec son père.  D'où elle était, les mains posées l'une par-dessus l'autre sur son lourd vendre, elle observait son enfant et le père de celle-ci présenter leur offrande à la déesse titulaire de leur duché.  Elle ne pouvait pas entendre, avec les bruits environnants, de son point les prières qu'adressait Rose, mais elle se recueillit en elle-même pour formuler les siennes propres, demandant à la déesse protection pour son mari et pour sa fille.  Elle ne demandait rien de plus pour ce jour.  Elle avait déjà suffisamment prié pour un fils auprès de Maari, qu'elle ne demanda que très furtivement à la déesse des moissons : ça ne coûtait rien d'avoir une bénédiction divine supplémentaire.

Elle ne fut abandonnée à elle-même que très brièvement, sa petite Rose retrouvant rapidement le chemin vers ses jupes.  Marjolaine, un sourire attendri aux lèvres, posa une main sur la petite tête brune et félicita la petite pour avoir fait ses premières offrandes.  Elle laissa Denys prendre son bras à nouveau, s'y appuyant un peu plus que lorsqu'ils avaient quitté le palais et glissa la petite main menue de leur enfant dans celle qui était libre.  Elle était plus calme, pour le moment, mais la mère ne doutait pas que son rejeton n'attendait que le moment propice pour se remettre à courir pour satisfaire sa curiosité.  L'an dernier, elle avait pu suivre l'enfant dans ses quêtes, mais elle n'était pas en mesure de le faire cette fois-ci.

« J'aimerais rester encore un peu hors des murs du palais, » souffla-t-elle avec timidité, n'ignorant pas de quel incident parlait Denys.  Elle se sentait encore fort embarrassée de son retour au palais après avoir été égarée dans les rues d'Edenia, incapable de prononcer un son, sa bouche émettant des bulles à profusion.  Elle avait honte de s'être présentée ainsi devant Denys et elle aurait espéré que cet effet secondaire ne disparaisse avant son retour au palais.  Elle savait que cela avait été une source de plaisanterie quelques temps.  Et si elle n'en avait pas été autant mortifiée, peut-être aurait-elle pu également en rire.

« Restons encore un peu, là où le peuple entier peu nous voir, je sais que cela leur fait plaisir.  Et ces fleurs qui poussent à vos pieds sont rassurantes pour eux, » ajouta-t-elle pour expliquer ce choix.  Elle était certes fatiguée, mais plus important encore était de montrer aux Lagrans bonne figure, leur donner de l'espoir en ces temps difficiles.  Il faudrait retourner au palais, bien sûr, ils avaient des nobles aussi dont s'occuper, mais ayant vécu en recluse toute son adolescence, Marjolaine était plus encline à se préoccuper des petites gens que des grandes.

« Papaaaaa! » entendit-elle alors une petite voix s'exclamer à ses pieds.  Qu'avait encore vu la petite princesse pour lui causer une excitation pareille?  « Papa!  Papa!  Maman!  Maman! » La fillette sautillait sur place, en pointant le doigt au loin.  Marjolaine ne remarqua pas tout de suite ce qu'elle cherchait à leur montrer avec tant d'enthousiasme.  Elle le discerna peu à peu.  Le soleil auréolait la tête de la statue de Cerah, comme s'il s'était s'agit d'un miracle.  Le spectacle était d'une splendide et elle resserra sa prise sur le bras de Denys, envahie par toutes sortes de sentiments.  « C'est beau maman!  Elle te ressemble! »  Marjolaine esquissa un sourire amusé.  C'était gentil à Rose de dire de pareilles choses, son esprit d'enfant ne songeant pas plus loin que ce qu'elle voyait devant ses yeux.  « Papa, n'est-ce pas que Maman est plus belle qu'une déesse?  Et Papa, c'est le plus beau de tous! » compléta-t-elle, très certaine de ce qu'elle affirmait avec conviction.





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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyLun 28 Aoû - 0:17

Sans surprise, Marjolaine refusa avec sa politesse habituelle la proposition de rentrer se reposer au palais. C’est qu’elle pouvait être têtue, sa tendre épouse, et ce malgré la fatigue qui se faisait visible sur ses traits et dans le maintien de sa stature. Enceinte comme elle était, il n’était pas forcément prudent de trop se forcer. Ceci étant, Denys n’était pas à sa place et ne pouvait prétendre comprendre le genre de fatigue qui pouvait traverser sa femme, aussi n’eut-il aucune réelle objection, comprenant le désir qu’elle avait de voir la ville et le peuple de Lagrance venu s’amuser pour les festivités. Et les arguments qu’elle évoquait ne méritaient aucune opposition de sa part. Elle avait raison et il ne put qu’accepter avec diplomatie, serrant un peu plus le bras de sa duchesse.

« Bien, comme il vous plaira. Mais nous irons plus doucement. » Il adressa un sourire doux à son épouse avant de se tourner vers la petite fille, calme pour l’instant. « N’est-ce pas, Rose ? » La princesse eut une petite moue, mais voyant que sa maman n’avançait plus comme avant, elle comprenait que ce n’était pas forcément facile pour elle. Aussi acquiesça-t-elle d’un petit oui. Oh vilaine, elle osait tromper son monde en faisant croire qu’elle était triste, vexée, mais ce regard de renard, il le connaissait bien, le duc de Lagrance, pour avoir eu le même autrefois, lorsqu’il était lui même un gamin intenable et capricieux. Une bouderie qui ne dura pas bien longtemps quand elle s’exclama avec excitation. Et comme si ses deux parents ne l’avaient pas entendu, la petite continua avec une force croissante, attirant l’attention sur elle.

« Oui oui Rose, qu’y a-t-il ? » Demanda finalement le duc avec patience, alors qu’elle se mettait à sautiller sur place. Il n’était pas certain de comprendre ce qu’elle souhaitait leur faire voir, suivant néanmoins ses signes et ses gestes de petite fille qui désignaient la statue de Cerah. Il y avait alors un beau soleil pour illuminer la pierre, auréolant la sculpture d’un halo de lumière qui avait des airs de miracles. Difficile de nier la beauté de l’instant, même si selon lui ça ne méritait pas autant de pépiement d’enfant. Mais c’est bien parce que Rose était une enfant qu’elle s’exclamait de toutes les choses qui l’impressionnait ou attirait son attention. Elle n’en avait pas fini d’ailleurs, la petite princesse, de ses commentaires convaincus et sincères qui ne faisaient qu’attendrir le cœur de ses parents, qui n’avaient de cesse de sourire en l’observant.

« Bien sûr que ta mère est la plus belle. » Que pouvait-il dire d’autre de toute façon ? Ce n’était pas comme si Denys pensait que son épouse ne faisait pas partie des plus belles femmes qu’il connaissait après tout. Et il fallait admettre que Marjolaine se distinguait non seulement par son caractère mais aussi par sa beauté, toute en discrétion. Une beauté qui allait avec son âme douce.

« Plus tard, je veux être comme maman ! » S’exclama la petite fille, qui avait - si on en doutait - sa mère pour modèle. Et qui pourtant ressemblait tant à son père lorsqu’il était plus jeune, pleine de vie et capable de faire crouler le monde à ses pieds par des sourires et regards en biais des plus adorables.

« Nous continuons alors ? »

Demanda le duc, autant à son épouse qu’à sa fille. Et l’une comme l’autre fut affirmative sur la question, et c’est ainsi que la famille ducale continua son tour des festivités au cœur de la cité des jardins. Certains visages, parmi les gens croisés étaient connus, déjà vu l’an passé et qui revenaient présenter leurs travaux. Il y eut le grand concours d’horticulture, bien d’autres processions en l’honneur de Cerah. Et même un discours de la part du duc et de la duchesse, assurant du succès de cette fête et priant avec eux que la guerre ne s’éternise pas, croyant que l’espoir viendrait bientôt frapper à leurs portes.

Plusieurs heures ainsi passèrent, jusqu’à ce que cette fois, la fatigue de Marjolaine ait raison de son caractère têtu et de l’impatience de Rose. Poussée par Denys, ils rentrèrent tous les trois au palais sous bonne garde, où les serviteurs continuaient de s’affairer comme des abeilles dans une ruche. Bien des gens de la noblesse étaient présents aussi, saluant le couple à son passage. Ils n’allaient cependant pas rejoindre immédiatement la fête du palais, bien que les musiques résonnaient un peu partout dans les couloirs. Il valait mieux que Marjolaine se repose d’abord un peu dans ces appartements et c’est là où le duc la mena, faisant mander quelques dames de compagnie qui sauraient lui faire reprendre des couleurs.

Il y avait aussi fait appeler la gouvernante de Rose pour qu’elle vienne se charger de la petite princesse, à la fois déçue d’être partie des rues de la ville, enchantée par tout ce qu’elle avait vu, inquiète pour sa maman un peu pâle et triste de devoir quitter son papa pour l’instant. Elle s’accrocha d’ailleurs un peu à son père, qui dû user d’une terrible autorité pour la convaincre.

« Rose, ma chérie, nous avons des choses à voir avec ta maman, alors j’aimerais que tu ailles avec ta gouvernante. On se revoit plus tard pour la fête et je te promets même de danser avec toi. »

Oh comme il s’éclaire le regard de la petite princesse qui n’a pas besoin de plus de mots pour être convaincue. « C’est vrai ? » Demande-t-elle pour s’assurer de la promesse de son papa, qui confirma ses dires. Et sur ces mots, la petite partie avec la jeune femme en charge d’elle, laissant le duc en compagnie de son épouse et quelques femmes restées en retrait si d’aventure Marjolaine avait besoin d’elle. Se tournant d’ailleurs vers son épouse assise dans un confortable fauteuil, il la questionna sur son état.

« Vous êtes décidément bien pâle. Ne souhaitez vous pas que je fasse venir quelqu’un, si vous vous sentez mal ? » Il vint s’approcher d’elle, caressant sa joue d’ordinaire si rosée. « Vous êtes incorrigible. Vous n’avez que trop insisté. » Et ce n’était pourtant pas là un reproche.


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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyVen 1 Sep - 10:11

Elle supportait avec une patience angélique les assauts de Rose qui voulait bien tout voir en même temps.  Son affection maternelle s'y prêtait et n'avait d'ailleurs pas d'autres plus vif désir.  Devant leurs yeux, la fête battait son plein et recelait de splendeurs à découvrir pour les nobles participants.  Elle n'avait pas passé autant de temps à tout organiser pour rien.  Elle était si fière du peuple lagran, alors qu'elle observait un sourire aux lèvres les nobles sujets de la couronne s'amuser et oublier pour quelques instants les soucis qui les guettait.  C'est avec regret que malgré sa fatigue croissante, la duchesse se laissa entraîner par son époux vers le palais, la main de la fillette dans la sienne, leurs doigts entrelacés.  Elle avançait à petits pas et s'efforçait de garder un sourire en tout temps sur ses lèvres.  Elle saluait d'un geste royal ici et là, cachant leur retraite vers le palais derrière encore plus d'attention pour tous ces gens rassemblés.  Il lui coûtait d'écouter Denys, elle n'avait pas particulièrement envie de se retirer tout de suite, mais elle savait qu'il avait raison.  Il y avait déjà longtemps qu'elle aurait dû rentrer et prendre un peu de temps pour s'asseoir et se reposer.  Ce n'était pas bon pour le bébé qu'elle se fatigue autant, mais elle avait un sens du devoir aigu.  Et un désir de prouver à Denys, comme à tous les Lagrans, qu'il ne s'était pas trompé en la choisissant pour porter la couronne avec elle.  Cependant, en faire trop jouerait mal dans ce noble objectif, elle en prenait bien conscience.

Une fois dans ses appartements, elle se laissa asseoir bien docilement dans sa petite chaise favorite.  Elle appela Rose avant qu'elle ne soit emportée par sa gouvernante afin de poser un baiser sur son front et lui promettre dans un chuchotement qu'elle pourrait manger toutes les sucreries qu'elle désirerait plus tard.  Un moyen de se faire pardonner de lui gâcher son plaisir en rentrant si tôt, maintenant qu'elle était assez grande pour en tirer encore plus que les années précédentes.  La fillette partie, ses dames de compagnie l'aidèrent à placer ses coussins et elle remercia d'une voix douce où perçait effectivement la fatigue.  Une fois celles-ci en retrait, elle leva les yeux vers son époux qui manifestait visiblement beaucoup d'inquiétude à son égard.  Elle lui adressa un sourire et lui tendit la main dans l'objectif qu'il ne la prenne et ne s'assoit près d'elle.

Sa caresse sur sa joue lui fit plaisir et elle regretta de causer du soucis au duc.

« Ce ne sera pas nécessaire, je suis seulement quelque peu éreintée, » répondit-elle à son offre de faire chercher quelqu'un pour la soigner.  N'était la fatigue, elle ne se sentait pas particulièrement mal.  Seuls ses pieds la faisaient souffrir, eux qui avaient supporter son lourd poids tout le temps de la promenade.  Elle savait qu'il n'avait pas tort et qu'elle aurait dû demander de rentrer au palais plus tôt pour prendre du repos, seulement elle n'avait pas pu s'y résoudre.

« Je voudrais pouvoir vous contredire, mais je me dois d'admettre que j'ai surestimé mes forces, souffla-t-elle, l'air désolé, Mais vous avez vu combien ils étaient heureux dehors, de nous voir, de célébrer la fête de Cerah aussi gaiement.  Je n'ai pas trouvé le cœur de rentrer. »  Malgré son épuisement évident, ses yeux brillaient alors qu'elle pensait à ce qu'elle avait vu dehors.  Au signe qu'ils avaient reçu quand des fleurs s'étaient mise à tracer un chemin sous les pas de Denys.  La journée avait été merveilleuse en tout point et l'ajourner plus tôt l'aurait rendue terriblement triste, elle n'en doutait pas.

« Je suis comblée aujourd'hui.  Cette journée vaut toutes les fatigues qui en découle, croyez-moi. »  Pour plusieurs raisons.  Ce temps passé en famille.  La joie de la population entière.  Toutes ces jolies fleurs.  Ces spectacles.  Au beau milieu de la guerre qui secouait le continent, l'événement lui apparaissait presque comme un miracle au milieu de la tourmente.  Un oasis qui disparaîtrait bientôt et dont elle voulait profiter entièrement.

« Avant de vous rencontrer, je ne croyais pas que je puisse connaître un tel bonheur un jour.  En vous épousant, j'ai aussi lié mon destin au peuple lagran dans une seconde noce et les expressions de joie de celui-ci sont pour moi source d'une immense satisfaction.  En une telle occasion, participer à la fête avec eux m'apparaît comme ma responsabilité et cette fatigue qui en résulte est un prix peu cher payé pour tout ce que j'en gagne en retour. »

Elle serra sa main doucement avec tendresse.  Peut-être croyait-il seulement que c'était là l'expression de l'amour qu'elle éprouvait pour lui, dans ses manières détournées de le lui exprimer.  Mais c'était bien plus que cela.  Elle qui une vie morne en rejoignant le palais.  Elle n'avait pas épousé Denys pour sa couronne, mais elle ne pourrait dire qu'après des années de mariage, celle-ci n'avait toujours que peu d'intérêt pour elle.  Après tout, c'était ce qui l'avait sauvée d'une vie recluse et désolée.  Une vie où elle ne connaîtrait jamais les joies de la maternité.  Oui son mariage avec Denys ne lui avait pas seulement donné une position sociale encore plus élevée que celle qu'elle avait déjà, il lui avait apporté l'espérance de vivre enfin un peu au soleil.  Elle ne comptait pas lui parler un jour de tout cela, il n'était pas nécessaire qu'il le sache.  Il n'avait que besoin de savoir qu'elle le soutiendrait jusqu'au bout.  Cela suffisait.





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Message Sujet: Re: Le bourgeon deviendra une fleur parfumée   Le bourgeon deviendra une fleur parfumée EmptyDim 10 Sep - 12:58

Lorsqu’elle l’invita à venir s’asseoir près d’elle, il devina que faire venir un guérisseur n’était pas nécessaire. Et à vrai dire, lui même ne croyait pas en cette nécessité, supposant que l’état de son épouse n’était dû qu’à la fatigue générée par son envie de demeurer au cœur de la fête. S’il voyait bien qu’elle regrettait quelque peu d’être retourné au palais, Denys gardait en tête qu’il avait bien fait d’insister et que la fatigue qui perçait dans la voix si douce de son épouse en était la preuve suffisante. Attrapant la main qui lui était tendue, il vint se poser à ses côtés sur un petit fauteuil, caressant de ses doigts ceux de Marjolaine pour effacer l’air désolé qui s’affichait sur ses si jolis traits. Il accorda un sourire rassurant à son épouse.

« Je l’ai bien vu oui, et je sais combien le peuple vous aime, Marjolaine. C’est pourquoi il ne faut pas abuser de ces bonnes choses et l’inquiéter sur votre état autant que je m’inquiète. » Dit-il avec une douceur amusé, tentant de lui faire oublier ces regrets qui ne devaient pas ternir son humeur. Il ne voulait pas que cette journée se termine si mal pour elle, quand bien même le début l’avait comblé. « Cette journée n’est par ailleurs pas terminée et Ostara durera encore plusieurs jours, vous le savez bien. Dès que vous serez un peu reposée, nous pourrons y retourner si tel est votre désir. » Même si derrière ces mots, il ne pouvait promettre lui même être parfaitement disponible sur toute la durée de la fête. Il restait le duc, et la guerre demeurait derrière le masque des festivités. Il ne pouvait totalement oublier les devoirs qui pesaient sur ses épaules.

Néanmoins, il était heureux de la savoir comblée de cette journée. Et si elle n’avait pas été enceinte, sans doute seraient-ils tous deux restés jusqu’à tard, profitant des festivités jusqu’à ce que la réelle fatigue les éreintes. « Je vous crois. » Car lui aussi n’était pas déçu de ce temps passé à oublier quelque peu ce qui pesait réellement sur lui. Un instant, il n’a rien à ajouter, se contentant simplement d’observer Marjolaine qui semble chercher ses mots. Et quand viennent les confidences, il écoute attentivement. Au fond de lui pourtant, il s’étonne qu’elle lui offre ces paroles, elle qui n’avait pas l’habitude de confier ce qui pesait sur son cœur, que ce soit le mal qui la rongeait ou le bien qui la faisait briller. Il ne peut s’empêcher de lancer un petit sourire gêné à son épouse quand celle-ci eut finit de parler, et sciemment, il détourna les yeux.

« Vous êtes si généreuse. Vous méritez tout cet amour que le peuple à pour vous. »

Et en même temps, Denys était envieux de cet amour réciproque qui vivait ardemment entre le peuple lagran et son épouse. Elle était plus qu’appréciée, elle était adorée comme l’avait été Cyselle en son temps. Si Denys était le duc, celui qui avait le dernier mot, Marjolaine attirait bien plus la sympathie de tous et la véritable loyauté. Et ça, il ne l’ignorait pas. Parfois, il la jalousait. Car depuis son père déjà, les Lierre-Réal n’étaient pas réellement bien vus en Lagrance. Le temps avait fait son œuvre, ses actes aussi, attirant peu à peu la loyauté sur cette nouvelle famille régnante, mais les souvenirs restaient, et les rumeurs continuaient, parfois, de ressortir des limbes de l’oubli. Combien de fois avait-il entendu les gens murmurer à demi mot que la famille du duc avait été responsable de la mort de Cyselle ? Que la maladie fulgurante qui l’avait emmené aux portes du royaume de Sithis n’était pas seulement due au hasard mais à quelques poisons discrets ? Oh Denys l’aimait aussi, son peuple, et était capable de faire bien des choses pour lui. Mais cette loyauté qu’il avait pour Lagrance ne lui était pas rendue comme il l’espérait vraiment. C’était Marjolaine la dépositaire de ce pouvoir. Et si un jour elle se retournait contre lui…

Cela ne pouvait arriver.

« Vous êtes la parfaite duchesse que j’espérais pour Lagrance lorsque je vous ai épousé. Vous avez su prendre vos marques, seule et vous avez réussi à gagner ce que je n’ai pas. Vous voir ainsi si heureuse ne peut que me combler. » Dit-il en lui retournant un regard. Pourtant, les mots n’étaient pas tout à fait sincères. Et s’il parvenait à cacher sans mal le murmure du mensonge, le soupçon de fausseté pouvait être décelé à qui savait le lire. Car ce qui pouvait réellement combler le duc de Lagrance était autrement plus complexe. Et le sentiment d’envie pour ce que Marjolaine possédait ne cessait de le tirailler, dans le secret de ses pensées. Relâchant doucement la main de son épouse, il plongea son regard dans le sien avant d’esquisser un premier mouvement pour se relever. « Je devrais peut-être vous laisser vous reposer maintenant. »


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