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 Ouvre-moi, tout ira bien

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La Cour des Miracles
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Lancelot l'Adroit
Lancelot l'Adroit

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Je suis : fabricant d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

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J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine de Bellifère, Marjolaine du Lierre-Réal, Liry Mac Lir, Anwar Sinhaj et Antonin de Faërie
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyDim 1 Oct - 12:32

Parfois, oui parfois, il m'arrivait de me demander si un chat n'était pas passé par là quand Mélodie était enfant et ne lui aurait pas mangé le cerveau.  J'étais mage de l'Été, elle devait bien le savoir, c'était ce qui faisait ma renommée.  Ça et mes automates animés par ma magie.  Forcément, elle avait dû se déclarer un jour et qu'en est-il d'un mage de l'Été?  Cela fait des flammèches.  Il n'y avait aucune chance pour que mes parents ne me laissent jouer avec des allumettes quand j'étais petit.  Enfin, ça ne m'avait pas empêché de le faire, mais je n'aurais pas été fat au point d'aller montrer mes prouesses à mon père pendant son sommeil.  J'étais tout de même plus malin que cela.  Je secouai la tête, un peu découragé par la naïveté de mon amie.  Comme elle pouvait être agaçante parfois!

« Si tu veux tout savoir, je travaillais à la forge quand ma magie s'est dévoilée.  J'étais occupé avec le soufflet pour faire augmenter la chaleur.  Tu peux imaginer ce qui s'est passé. »

Le feu s'était légèrement affolé et avait lécher le visage de papa.  Heureusement, seuls ses poils faciaux avaient été dévorés.  Puni pour si peu.  Ça aurait pu être pire pourtant, on aurait pu lui faire brûler l'entièreté de sa joue.  Mon cœur enfantin se révoltait encore un peu à l'idée d'avoir été privé de la forge pour un incident aussi banal.  Mais c'était ce qui m'avait permis de me rendre à l'Académie, ce dont j'avais toujours rêvé, après les récits dont nous en faisait ma mère.

« Alors là, je proteste.  Je ne laisse pas traîner mes œuvres d'art – comment oses-tu dire bidules – partout.  Mon atelier est extrêmement bien organisé.  Ce que je me demande encore, c'est comment se fait-il que tu ne te sois jamais fait prendre au vol.  Soit ça, soit si tu ne fais pas exprès de foutre le bazar seulement pour m'embêter. »

Quand à déguerpir, j'ignorai la portion qui impliquait que c'était par son bon vouloir.  J'aimais à croire que j'avais quelque autorité là-dessus.  C'était mon atelier tout de même et personne n'y agissait contre ma volonté.  Ou plutôt, c'était moi qui dirigeait le tout une fois à l'intérieur et la seule personne qui aurait peut-être un jour son mot à dire, ce serait madame l'Adroit.  Et pour le moment, il ne semblait pas que Mélodie soit particulièrement intéressée par ce noble titre.  Ou plutôt, elle n'avait probablement même pas conscience qu'il faudrait bien quelqu'un un jour pour y pourvoir et qu'elle avait son nom sur la liste des candidates.  Idiote va!  Elle pouvait bien prendre ses grands airs, mais si ses mains étaient agiles pour voler et faire sauter les serrures, ses yeux manquaient d'un peu d'observation.  Et là-dessus, je la valais largement.  Après tout, c'était mon métier.  Ça sous une couverture d'artisan.

Ce n'était pas la seule chose que j'ignorai.  Avouer que je l'aimais.  Je n'en avais pas besoin, mes regards et mes attentions pour elle le criaient bien assez.  Elle était simplement trop aveugle pour seulement s'en rendre compte et c'était démoralisant.  Pour la peine, je me sentis un peu amer.

« Non, je grogne parce que tu es agaçante et fureteuse.  Ça n'a rien à voir avec le fait de t'aimer ou pas.  De toute façon, même avec des jumelles télescopiques, tu remarquerais même pas l'amour que quelqu'un te porte, cette personne étant juste en face de toi. »

Mes propos étaient un peu plus acerbes que je ne l'aurais voulu.  Ce n'était pas complètement sa faute.  Elle était comme ça.  Si elle ne voyait pas quelque chose, ce n'était pas parce qu'elle faisait exprès de l'ignorer.  Elle était tout simplement incapable de le voir.  C'était frustrant pour quelqu'un comme moi à qui le moindre détail n'échappait pas.  Surtout quand une telle personne se trouvait à être le sujet de mes affections.  J'étais Cielsombrois et aborder une femme – ou même un homme – n'était pas quelque chose que je faisais avec répugnance.  C'était arrivé par le passé.  Mais ça ne comptait que comme de petites amourettes, je n'avais pas été envoûté et emporté.  Il y avait quelque chose chez la voleuse qui me ramenait à elle sans que je ne puisse faire autrement.  Pourtant, je n'aurais su me déclarer à voix haute.  Si elle ne percevait pas d'elle-même mes propres sentiments, eh bien peut-être ceux-ci étaient-ils beaucoup plus faibles que je ne le croyais moi-même.

« Enfin, c'est pas ta faute.  Même si tu pouvais le voir, tu n'en serais peut-être pas plus heureuse, alors il vaut peut-être mieux que tu restes dans l'ignorance des noms sur la liste de tes prétendants.  Si tu es sage, un jour te la donnerai. »

C'était un peu trop paternaliste comme discours, mais j'osais espérer qu'elle comprendrait que c'était de l'humour en réponse à mes propos un peu trop secs qui avaient précédés ceux-ci.






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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyMar 3 Oct - 16:53

-et … c’est tout ?

Je m’affaisse un peu, toute excitation envolée par la neutralité de Lancelot. Un lourd soupir s’échappe de ma poitrine tant la déception douche toutes mes hypothèses. Un Lancelot pyroman, recherché dans son duché et venant trouver exil à Lorgol pour rentrer à la Cour des Miracles, n’était-ce pas plus intéressant et amusant que juste « le feu de cheminée a enflé pour roussir quelque poil de barbe » ?

-Tu aurais pu faire un effort au moins, je ne sais pas moi, enjoliver, exagérer…là c’est…c’est juste, pas drôle. Tu as besoin d’un peu d’exubérance, et t’obliger à chercher tes bidules garde ton esprit en éveil. Tu devrais me remercier au lieu de râler et de médire sur mes capacités de voleuse.

Qu’on me sous-estime et me pense incapable du moindre fait était précisément ce que je voulais. Ainsi, qui se douterait que la brave fille se vautrant dans la rue pour avoir bu un peu trop d’alcool s’amusait à danser sur les toits le soir venu pour vous dérober le collier qu’elle a vu à votre coup quelques heures plus tôt ? Personne ne soupçonnait la beauté de la Ville Basse vu d’en haut et de l’art subtil d’un voleur en pleine action, personne hormis nos pairs. Seule la lune se faisait l’observatrice complice de nos agissements, lovée, sans doute, confortablement dans le giron d’Isil qui jamais ne se lasserait du ballet incessant de ses enfants.

-Fureuteuse et agaçante…

Je prends ces mots un instant en bouche pour les gouter et en apprécier la saveur, un regard brillant s’accrochant dans le vague, à défaut de réussir à subtiliser l’attention de l’espion.

-Je prends ça pour un compliment ! et sur ce que tu dis, je te trouve vache. Je sais quand les gens tiennent à moi.


Et c’était vrai, je leur rendais la pareille dès que je pouvais quant au reste…

-Mais l’autre, n’est qu’une illusion destinée à te faire faire des conneries et te rendre aussi manipulable qu’une poupée. Je n’ai pas besoin de ce genre d’amour Lance, les autres peut-être, mais pas moi. Alors oui, l’amour je connais, mais son autre facette, celle qui rend stupide et niaiseux, non vraiment je m’en passerai. Cela signerait certainement mon arrêt de mort et je tiens trop à la vie pour l’abandonner aussi facilement.

Oui, c’était sans doute stupide, mais la certitude que je ne pourrais jamais faire mieux que cette mère qui était de loin bien meilleure que je ne le serais jamais était tellement encrée que je doutais de pouvoir m’en défaire. Pouvoir jouir de ce genre d’amour, le même que celui unissant Hiémain à Mélusine ou tant d’autres encore était une aberration à mes yeux. Cela ne pourrait être que destructeur me concernant.
Je finis par éclater de rire.

-Parce que, toi le grand espion de la Cour des miracles connait ces fameux prétendants peut-être ?

S’il y en avait, il devait être suicidaire, au minimum.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyJeu 5 Oct - 17:51

Une part de propos de Mélodie avait glissé sur moi comme l'eau d'une rivière sur son fond de roches polies.  Le reste… fit un peu mal.  On avait beau dire sur les Cielsombrois, j'avais une conception de l'amour qu'on pouvait qualifier de très romantique et voir celle-ci complètement piétinée par l'objet de mes affections avait quelque chose de particulièrement douloureux.  Au moins, ce qui était clair, c'était que tout comme je m'en doutais, la voleuse n'avait pas la moindre idée des sentiments que j'éprouvais à son égard et elle ne me les rendait pas.  Ce n'était pas par méchanceté ou même parce que j'étais simplement un ami.  C'était tout simplement parce qu'elle ne croyait pas pouvoir tomber amoureuse de qui que ce soit un jour.  Et ça, c'était une réalité que je ne pourrais pas changer.  Pas maintenant.  Elle ne se remettait pas encore de notre expédition dans une autre vie, il ne fallait pas l'agacer en essayant de lui ouvrir les yeux sur un monde qu'elle ne voulait pas voir.  Et aussi triste que cela pouvait-il me rendre, je ne pouvais me jurer à moi-même que je serais prêt à l'attendre jusqu'à ce que ses oeillères ne tombent et qu'elle puisse enfin me retourner cette pousse d'amour.  C'était une plante fragile et si on ne l'arrosait jamais, elle finirait par se faner et mourir, comme toutes les autres.  C'était vrai quand on disait qu'en amour, on se contente d'eau fraîche et de sentiments, mais lorsque vous n'avez ni l'un, ni l'autre, on ne peut faire autrement qu'abandonner cette première bouture pour une autre avant de s'éteindre complètement.  Ah Mélodie!  Tu n'étais pas si fine que tu le croyais!  Aujourd'hui, aurais-tu tenu le même discours si tu avais su ce qu'alors j'éprouvais pour toi?  C'était pur et innocent, comme un enfant.

Mais plus encore que ses mots, ce qui me blessa réellement fut son éclat de rire.  Elle ne savait pas ce qu'elle faisait – que Mirta lui pardonne – mais cela me cause une douleur sourde dans la poitrine.  Je ris jaune un peu, tâchant de ne pas laisser transparaître mes véritables émotions.

« En tout cas, je connais certainement quelqu'un de cette fameuse liste.  Et si j'avais envie de savoir qui sont les autres, je le saurais.  Ne te moque pas de mes compétences dans le domaine, » répondis-je sur un ton de vierge offensée.

Je n'avais pas une très haute opinion de moi-même, mais j'avais du mal à tolérer que les autres remettre en question mes propres talents.  C'était une tâche que je me réservais à moi-même.  Et il est tout de même plutôt douloureux d'entendre l'objet de vos rêves vous déprécier, en sachant déjà que vous ne tiendrez probablement jamais une pareille place dans ses songes à elle.  Je tentais de ne pas paraître vexé, mais je savais que cela transparaissait certainement.  Avec Mélodie, il n'était pas besoin de me masquer.  Elle savait qui j'étais et je n'avais rien d'extrêmement intéressant à découvrir à son sujet qui pourrait être revendu à prix.  Du moins, personne ne pourrait jamais m'offrir de récompense suffisamment intéressante pour trahir un enfant de la Cour des Miracles.

« Cessons de parler de cela.  Peut-être que je me retrouve sur la liste des chevaliers complètement éperdus d'amour pour toi et tu me donnes un énorme mal de tête.  Tu es sans pitié. »

Je m'étirai comme un chat sur le lit et songeai un instant à lui tourner le dos.  Mais ça aurait été une extrêmement mauvaise idée.  Elle aurait cru que je boudais et cela aurait forcément suscité une série de questions auxquelles je n'aurais pas eu envie de répondre.  Je la connaissais trop bien pour mon propre bien parfois.  Mais cela pouvait s'avérer en certaines circonstances plutôt utiles.

« J'espère au moins que tu es plutôt bien divertie par ma visite à l'improviste.  Ton logement est vraiment déprimant tu sais, je me sens tout gris. »

Ce n'était probablement pas tant dû à l'habitation qu'à notre conversation.  Mais je ne pouvais n'en vouloir qu'à moi-même, c'était moi qui nous avait entraîné sur ce terrain dangereux et pas elle.






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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyVen 6 Oct - 14:17

Je me redresse pour me mettre à genoux, les cuisses contre son torse et le regardant avec yeux dénudés de toutes malices. Mes doigts cherchent sa peau pour que les ombres n’engloutissent pas ma raison et ne fassent revenir les cauchemars. Distraitement, ils s’accrochent à son bras pour y suivre les lignes d’une musculature timide. Ma tête se penche sur le côté, faisant dévaler une cascade de cheveux devant ma poitrine, certaines mèches me cachant partiellement de Lancelot. Pourtant, je ne peux que lui sourire en guise de paix. Jamais je n’irai me moquer de lui, du moins pas ainsi, je n’oserais pas alors que j’étais tout bonnement incapable de faire le dixième de ce qu’un espion était capable de faire. J’étais menteuse, je pouvais manipuler les gens, cela m’arrivait, mais dès que je commençais à m’échauffer, toute illusion partait en fumée dans une violence qui me poussait bien souvent à user des poings ou d’insultes.

-Tu te trompes, je ne me moque pas…du moins, pas comme ça. Je trouverais juste absurde qu’avec les informations que tu as, que tu dois surement t’occuper de récupérer, tu perdes du temps en des futilités inintéressantes comme celles de chercher une liste de prétendants surement pas bien longue et pas bien enrichissante.


Je veux dire, qui cela pourrait bien intéresser ?

-Tu sais, j’ai rien à offrir, je vois pas pourquoi qui que ce soit irait s’intéresser à une…fille des rues ? En plus avec qui je pourrais bien aller hein ? Tu me vois dire à qui que ce soit « ha au fait, tu sais le tour de machin qui a été volée la nuit dernière, en fait c’était moi »…


Je ne peux m’empêcher de rire à cette pensée. Peut-être devrais-je tenter juste pour le sport et la beauté du jeu. Mais avec qui ? Lancelot ? Il savait déjà..Red ? … Il savait déjà… Et puis c’était un pirate ca ne comptait pas vraiment.

-n’empêche, ça pourrait être assez drôle.

J’acquiesce à sa demande et me réinstalle contre lui une fois ses étirements finis.

-Ok, mais soyons franc, tu es plus intelligent que ça et puis tu peux trouver tellement mieux. Toi tu as un avenir, alors le gâche pas avec ce genre de blague stupide.

Il était un espion de la Cour, un savant génial, il pourrait avoir le monde à ses pieds. J’étais, dans le fond, curieuse de savoir qui serait digne de faire chavirer son cœur tendre, mais d’une perfidie certaine. C’était le paradoxe de mon ami, il avait ce côté sans pitié qui donnait l’impression de ne pas avoir d’autres choix que de plier le genou devant lui. Heureusement qu’il n’était pas Duc, il aurait été redoutable et impitoyable drapé de faux-semblant pour vous manipuler à sa guise, un sourire d’angelot sur les lèvres.

-Et encore, j’ai nettoyé tout le sang.

L’humour était là et je me rendais compte en cet instant que je n’aurais jamais pu le tourner en dérision des mois plus tôt. Du sang, il y en avait eu ici, dans cette chambre même, certaines lattes en gardaient d’ailleurs des traces, là sous nos pieds, caché par le lit et ses draps trainant par terre.
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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyDim 8 Oct - 11:20

Une blague stupide.  Si alors qu'elle me prenait le bras, je m'étais pris à espérer un peu, je me glaçai à ces mots.  Ce n'était pas une plaisanterie.  Ce n'était pas de la stupidité non plus.  C'était un battement de cœur un peu fou que je ne pouvais pas contrôler quand elle était près de moi, comme ça, blottie dans le creux de mon bras.  Quiconque aurait vu cette scène nous aurait tout au moins pris pour des amants, mais ce n'était même pas l'ombre de la vérité.  Elle ne me voyait pas et ne désirait pas que moi je la vois.  Croyait-elle que parce que j'étais né en Sombreciel je ne savais pas ce que c'était d'aimer?  Que je serais prêt à foutre tout en l'air pour une simple blague parce que ça ne me dérangeait pas qui dormait dans mon lit?  Parfois, j'avais envie de me laver de mon duché d'origine, de me débarrasser des croûtes dont il me couvrait. J'étais fier d'être un Cielsombrois, il ne fallait pas s'y méprendre, mais il arrivait que par moment, cela me pesait.  Et ce n'était pas à moi de juger, à moi seul, qui était digne de mes affections et qui ne l'était pas?  Cela me blessait de la voir se rabaisser à ce point devant moi.  Je préférais la Mélodie hardie qui touchait à tout dans mon atelier, sans se soucier de ce qu'elle pourrait briser rien qu'en frôlant le mauvais endroit.  Cette Mélodie ne lui ressemblait pas.  C'était elle, c'était son visage, mais ce n'était pas cet esprit-là qui m'avait envoûté.  Est-ce que cette réalité alternée me l'avait brisée sans point de retour?  Je soupira, quelque peu découragé.  Il ne servait à rien de la contredire, j'étais certain qu'elle ne me laisserait pas en placer une.

Le sang?  Quel sang?  Faisait-elle référence à son meurtre sanguinaire?  Probablement pas.  J'étais certain d'avoir tout du moins pour un instant à éloigner ces pensées terribles.  Je tournai le visage vers elle surpris, cherchant la réponse dans ses yeux et accidentellement, mes lèvres effleurèrent les siennes, son visage tourné vers moi était un peu trop près.  C'était inattendu et je fixai rapidement à nouveau le plafond un peu confus.  Je ne devais pas laisser percevoir ma confusion, ni les sentiments qui me tiraillaient.  Je pourrais sûrement le lui cacher.

« Ah bon?  Tu as décidé de laisser tomber la Cour des Miracles pour jurer fidélité à la Confrérie Noire?  J'ai combien de temps pour m'enfuir avant que tu n'essaies de me décapiter à mon tour? »

Le ton n'était pas juste.  Mon trouble m'empêchait de trouver l'ironie dont mes mots auraient normalement résonné.  Elle me  connaissait trop bien pour ne pas le remarquer, je ne pouvais croire qu'elle resterait sourde à un témoignage aussi vif de mon embarras.  Foutu mouvement de surprise.  On aurait eu l'impression que je n'avais jamais embrassé de femmes de toutes mon existence.  Ce n'était pas le cas.  Sans connaître de grande passion, j'avais eu quelques femmes dans ma vie.  Des amantes de passage.  Pour passer le temps et parce qu'il fallait trouver quelque façon d'honorer Mirta, parfois de trouver l'inspiration pour des poupées.  Je n'avais jamais eu beaucoup de muse.  Et jamais avec aucune de ces femmes d'une temporalité si éphémère dans mon existence je ne m'étais comporté ainsi, tel un jouvenceau ignorant tout du corps d'une femme et des plaisirs qu'il pouvait offrir.  Me mettre nu devant une parfaite étrangère ne m'avait jamais aussi troublé que ce baiser accidentel.

En vérité, je crois que si je l'avais jamais voulu, j'aurais pu embrasser Mélodie, comme n'importe quelle autre fille.  Elle ne m'aurait pas repoussé.  Mais ça n'avait aucun intérêt s'il n'y avait pas de sentiments, or je m'en étais toujours gardé.  Jusqu'à ce bête accident.  Après tout, ça avait été prouvé qu'elle ne voyait pas de problème à joindre nos lèvres puisqu'elle l'avait fait elle-même plus  tôt.

« Comment tu as été acceptée?  Ils vont faire de toi une assassine experte en accident? » demandai-je, cherchant à poursuivre la blague pour masquer mon malaise.






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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyLun 9 Oct - 20:35

C’était un accident, un mouvement brusque et inattendu et pourtant ma langue lèche mes lèvres pour y gouter la saveur du jeune savant. Je n’étais pas une sainte, loin de là, j’aimais à profiter des plaisirs de la chair comme tout un chacun et j’étais certaine que Lance avait de quoi satisfaire ses dames. Après tout, n’était-ce pas quasi une religion par chez lui ? Je le sens se crisper, certainement réfléchir à mille à l’heure. Je ne pensais pas que ma blague le perturberait autant, jusqu'à lui faire oublier ma présence et en venir à m’embrasser. Je me retiens de justesse de le taquiner à ce sujet d’ailleurs. Par contre, je reste un instant perplexe, j’étais pourtant persuadé qu’il savait. Peut-être pas en détail, peut-être pas comme certains autres. Je roule sur le dos pour fixer moi aussi le plafond.
Indécise.
Fallait-il ouvrir ou non la boite de Pandore. J’aimais moi-même à penser que j’avais guéris et que la Samhain avait été le point d’orgue de cette cicatrisation lente et douloureuse. N’était-ce pas le moment d’éprouver cette théorie ? Puis, confession pour confession ? Parler d’un malheur pour ne masquer un autre ?
Solution ou complication ?

-Non rien de cela. Je crois que je ferais une piètre assassine, j’aime bien trop le jeu pour me vautrer dans le sang.


Quoique pour certains, c’était précisément leur idée de l’amusement. Cela me provoque un frisson glacé qui me fait dresser les poils sur les bras. Je lance le bras vers le ciel, tentant vainement d’y attraper le toit et ses tâches qui souillaient une peinture et un bois déjà vieux. Je la laisse retomber en un poing sur le torse de Lancelot qui se moquait, grognant à moitié, alors que j’étais autrement sérieuse. Certains sujets ne devaient pas être tournés en dérision et ce que je m’apprêtais à lui dire faisait partie de ceux-là.
Pourquoi était-ce si dur d’aborder cette histoire et de la lui raconter ? Pourquoi n’était-il pas au courant, la Cour regorgeait de récits, le mien ne faisant que grossir la masse et faire vivre les ombres.

-Ma mère est morte dans cette pièce en se vidant de son sang. Je pensais que tu savais, d’où la blague. De mauvais goût certes, mais voilà. J’ai déplacé le lit pour cacher certaines traces que j’ai jamais réussi à faire partir. Enfin tu vois le tableau. C’est un peu glauque, mais tout le monde n’a pas le luxe d’avoir une demeure qui tient sur ses fondations dans le coin. Et je me voyais pas aller ailleurs. Enfin bref, c’est pas vraiment un secret donc je pensais que tu étais au courant.


Dieux que cela me mettait mal à l’aise que de parler de ça, comme ça. J’avais l’impression d’un coup que la maison en elle-même prenait vie et se contractait dans des bruits de succions immondes pour se rire de moi et de cette histoire absurde qu’était la mienne.
Peut-être que la cicatrice n’était pas tout à fait refermée en fin de compte.
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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyMar 10 Oct - 9:33

Ma plaisanterie semblait être d'un mauvais goût certain puisqu'elle me mérita un coup de poing sur le torse. Ça n'avait pas fait mal, mais son grognement ne semblait pas apporter de bonnes nouvelles.  C'était curieux, je croyais qu'elle faisait des blagues subitement pour se détendre et se changer les esprits, mais il semblait que j'avais fait erreur.  Quelque chose à son air sérieux me le faisait comprendre et je ravalai mes rires.  Du mieux que je le pouvais.  Imaginer Mélodie tenter de tuer quelqu'un était quelque chose d'amusant.  Elle réussissait probablement plus souvent grâce au hasard plutôt que grâce à ses propres talents, j'en étais plutôt certain.  Mais j'avais dû mal comprendre ses mots.  J'avais dû mal comprendre ces intentions, car même si elle répondit à la plaisanterie par une autre, cela cachait autre chose.  Mais quoi, je ne le savais pas trop exactement.

Je ne le compris que beaucoup trop tard.  J'avais réveillé une blessure chez elle sans le savoir.  Et pourtant, j'aurais pu y penser.  Je savais qu'elle n'avait plus de mère.  Que celle-ci était morte depuis quelques temps déjà, mais je n'en avais jamais vraiment appris les détails et il ne m'avait jamais traversé l'esprit de lui poser la question parce que c'était indiscret qu'en fin de compte ça ne me regardait pas et que je n'avais pas à aller remuer les chagrins des autres.  Et c'était pourtant ce que je venais de faire et mon malaise était palpable.  J'étais venu lui changer les idées, lui faire oublier sa propre mort et je lui rappelais finalement le spectacle sanglant du décès de sa mère, celle qui avait fort probablement été le phare de ses jours, puisque je savais très bien qu'elle n'avait pas de père.  Du moins, elle ne le connaissait pas.  C'était le cas de plusieurs d'entre nous en vérité.  Les gens des classes opprimées ont tendance à se réunir pour soigner leurs blessures entre eux.  Il n'y avait rien de plus vrai.

« Tu n'étais pas obligée de me le raconter Mélo, » soufflai-je avant tout.  Elle n'avait probablement pas envie de m'entendre lui dire que j'étais désolé et que je comprenais.  Je ne comprenais pas.  Je n'avais pas perdu ma mère moi. Elle était en sécurité à Lorgol avec ma sœur, là où je l'avais cachée.  « Mais j'apprécie que tu l'aies fait, » ajoutai-je.  Je l'attirai contre moi, sans insister pour qu'elle se raccroche à moi.  Je voulais simplement lui dire qu'elle pouvait le faire si elle le désirait.  Ou aller trouver le réconfort ailleurs si elle trouvait que je n'étais pas assez bien pour tenir ce rôle.  Je ne la laissais pas se déprécier elle-même et ne portait pas foi à ses protestations de « Tu mérites mieux que moi ».  C'était à moi de le décider ça.

« Et ta blague était du plus mauvais goût.  Mais maintenant je comprends pourquoi tu squattes mon atelier aussi souvent.  Et j'en profite pour te préciser que ce n'est pas l'hospice pour les sans-abris et que la prochaine fois que je t'y trouve, je te charge la nuit.  Je me reconvertis même en auberge rien que pour toi, ne suis-je pas d'un complaisance formidable? » demandai-je?  Je plaisantais plus ou moins.  J'avais peur de froisser ses sentiments et je n'osais pas en dire beaucoup plus.  C'était une tentative un peu mièvre de changer le sujet de conversation vers quelque chose d'un peu moins macabre.  Je ne voulais pas même pas savoir de quelle façon était morte sa mère et pourquoi elle se vidait de son sang.  C'était une pensée douloureuse pour tout le monde.






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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ouvre-moi, tout ira bien - Page 2 EmptyVen 13 Oct - 10:01

« Tu n'étais pas obligée de me le raconter Mélo, »

Mes épaules se soulèvent en un haussement qui se voulait désinvolte. Il était rare que Lancelot ne sache pas, en général c’était lui qui prodiguait le savoir, l’utilisait pour créer des machines merveilleuses. Il ne se rendait pas compte que oui, justement, je l’avais été, d’obligée. Pas pour lui, mais pour moi, pour tester avec prudence les rebords d’une plaie refermée, pour voir si en appuyant dessus le pue qui pouvait l’infecter n’en jaillir pas, signe que l’infection était toujours là.
Mais il n’y avait rien eu, un élancement, un pincement, reliquat d’un souvenir à jamais douloureux, toujours aussi terrifiant et pourtant dès lors que la voix de Lancelot crève le silence, les murs et leurs chuintements horripilants s’estompent pour reprendre leur apparence d’immobilité.
La panique, le désespoir, tout ça semblaient m’avoir déserté, quelques brumes s’accrochaient cependant, mais elles se dissiperaient comme maintenant. Elles étaient partis, pour aborder d’autres souvenirs, certes, mais au moins étaient-ils plus récents, un mal pour un bien…
Je n’en étais pas encore certaine tant les crises d’angoisse et les cauchemars étaient virulents.

Je me laisse conduire dans les bras de Lancelot, me blottit dans ses bras. Ainsi les cauchemars ne devraient pas revenir. Le front contre sa poitrine, sa chaleur diffusant doucement au travers de ses habits débraillés, je souris.

-Ce n’est pas vraiment comme si je te laissais le choix.


Qu’il décide de me chasser ou non ne changera rien au fait que je viendrais irrémédiablement m’installer. Tel un chat, je trouverais les failles, les recoins sombres et confortables pour m’y installer. J’étais une reine oubliée, acclamée par des ombres silencieuses, seules témoins de mes prouesses, il ne pourrait rien faire pour m’empêcher d’entrer, car j’étais une voleuse, de ceux qui savaient se frayer un chemin n’importe où et par n’importe quel moyen par la force de mes bras ou l’agilité de mes mains.
S’il y avait bien une chose, une seule, dont j’étais fière et qu’on ne pourrait m’enlever, c’était bien mon savoir faire.

J’étais bien là, au creux de ses bras. Je sens doucement mes yeux se fermer pour en apprécier le confort et me roule en boule tout contre lui.

-Mais oui, tu es formidable, tu le sais et je doute que tu aies besoin de moi pour que tu t’en persuades.

Enchevêtrée entre des habits, des draps et des mains, je m’endors doucement, bercé par la respiration tranquille de mon ami. Il ne me fera pas de mal, il avait déjà prouvé sa dévotion à mon égard, m’avait arraché des ombres pour ne pas que la haine ne me dévore jusqu'à l’âme. C’était une de mes rares certitudes en cet instant, et c’était un trésor qui me réchauffait le corps, détendait mes muscles et apaisait mon esprit.

-Si tu bouges, je te mords.

Il avait eu le temps de partir et de fuir, maintenant, je ne lui laissais plus le choix. Il passerait la nuit ici.
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