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 Le vent marin (Pv Bartholomé)

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Message Sujet: Le vent marin (Pv Bartholomé)   Le vent marin (Pv Bartholomé) EmptyJeu 13 Juil - 18:11


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Bartholomé d'Ansemer & Ayana Ailauvent

Le vent marin



• Date : 7 Juin 1002
• Météo (optionnel) : Temps couvert
• Statut du RP : Privé
• Résumé : En mission pour Outrevent, la jeune femme se retrouve dans le Palais Ducale d'Ansemer. Devant attendre pour repartir, elle prend le chemin de la sortie et percute un homme sur le chemin.
• Recensement :
Code:
• [b]7 Juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2424-le-vent-marin-pv-bartholome#73305]Le vent marin[/url] - [i]Bartholomé d'Ansemer & Ayana Ailauvent[/i]
En mission pour Outrevent, la jeune femme se retrouve dans le Palais Ducale d'Ansemer. Devant attendre pour repartir, elle prend le chemin de la sortie et percute un homme sur le chemin.

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Message Sujet: Re: Le vent marin (Pv Bartholomé)   Le vent marin (Pv Bartholomé) EmptyJeu 13 Juil - 18:12

La nuit s'était avérée longue, très longue. Cela faisait déjà plusieurs jours que nous étions partis avec Foudre pour la mission. Plusieurs jours avec un temps qui ne cessait de changer. D'abord, nous avions suivi les vents Outreventois, il s'agissait de chez nous, nous avions l'habitude toutes les deux, cependant... Deux jours plus tard, nous avions dépassé la frontière et nous trouvions à Ansemer. L'air marin me fouetta rapidement le visage, ses embruns enlaçant mes sens comme si j'y étais habituée. Il me fallut un moment avant de prendre mes repères. Tout allait bien, voyage avec Foudre m'avait toujours plu et je pouvais passer des heures en vol. J'oubliais souvent, le monde, les autres, le besoin sans cesse et continue de toujours détailler les autres, pour les connaître, savoir comment ils allaient réagir à ma présence, savoir sur eux, ce qu'ils pensaient pouvoir cacher, comme si j'étais en manque. Il ne s'agissait que de surveillance au fond, je ne fais confiance à personne, mis à part à la caserne et là encore, parfois, j'ai du mal avec certains. Cela me permet aussi de renseigner mon Capitaine quand il en ressent le besoin. Bref, je sais bien qu'il s'agit d'un don, mais ces derniers temps, je l'ai vu comme une malédiction. Je me demande si c'est pour cela qu'on m'a envoyé ici, en mission, alors que la guerre fait rage de nouveau. Au départ, j'ai tiqué, me demandant si on me confiait cette mission parce que je ne m'étais pas montré à la hauteur. Mais ils avaient fini par tellement insister que je me suis demandée pourquoi. Et ce pourquoi tournait encore dans ma tête à l'heure actuelle. Il allait et venait avec la franchise d'un dragon adulte qui veut vous faire un câlin et vous fonce dessus alors qu'il fait plusieurs tonnes et vous seulement quelques kilos.

Je ne voulais pas m'en aller d'Outrevent, je ne souhaitais pas m'éloigner du Duc et laisser le Duché sans un de ses Chevaucheurs, mais faire honneur, c'est aussi respecter les choix et les ordres de mission et je fais confiance à mon Capitaine pour prendre soin de Liam. Ce n'est pas le problème. Le problème, c'est que j'ai l'impression de sombrer. Demain je serais à Port-Liberté, demain sera un autre jour, mais cette nuit. Je broie du noir. Je ne me sens pas à la hauteur. J'ai l'impression que tout ce que je fais tombe à l'eau, ne serait-ce que ces recherches pour mon frère. Entre la guerre qui refait rage et mon frère toujours introuvable, je me sens au fond du gouffre. Sans compter mes parents qui n'ont eu de cesse de me mettre la pression pour ces mariages. Ai-je réellement l'air de vouloir me marier ? En ai-je réellement le temps ? Ne voient-ils pas ce qu'il se passe ? Ou cherchent-ils désespérément à rester aveugle. Je n'en sais rien, je n'ai plus de goût à rien cette nuit et je reste là, prostrée comme la petite fille que j'étais en entrant à l'académie. J'ai l'impression d'avoir perdu mes forces, d'avoir perdu ce qui fait de moi celle que je suis et au fond, c'est peut-être le cas. Peut-être que je ne suis plus que l'ombre de la Chevaucheuse que je devrais être. Peut-être que ce n'était finalement pas ce qui m'était destiné. Je sens une aile me rapprocher doucement mais sûrement, un sourire sur le visage, je me colle contre les écailles de Foudre. Cependant, malgré toute la chaleur que dégage ma dragonne, je reste éveillée la tristesse au bord du cœur et l'impression de n'être plus personne.

Le lendemain est une autre histoire. Je n'ai pas dormi de la nuit, mon esprit s'est aventuré sur tout un tas d'idée qui n'aurait jamais dû venir. Je me demande bien ce qui s'est passé. Eh beh t'en a une de ces têtes. Ne me dis pas que tu as pas suivi mes pérégrinations mentales, je ne te croirais pas. Tu es où tu dois être, mais j'ai beau te le dire, tu ne m'écoutes jamais, alors je t'ai laissé réfléchir. Tu n'as pas dormi ? Non, pas une seule miette de sommeil. Tu te reposeras sur mon dos. Nous sommes presque arrivés.Une fois en vol, je m'accroche convenablement à Foudre et entreprend de me reposer. Plusieurs heures plus tard, je me sens un peu mieux, je n'ai pas vraiment dormi, mais somnoler m'a fait du bien. De toute façon, nous avons l'habitude, nous autres Chevaucheurs, de ne pas dormir beaucoup. Je ne dormais que peu et c'est pire depuis que je suis passé par l'académie. Le moindre bruit me réveille et je vais sans cesse vérifier que personne, au grand jamais ne s'est introduit dans la Caserne. Un brin parano. Enfin bref. J'arrive finalement à Port-Liberté en début de matinée, laisse Foudre à la caserne avant de me diriger vers le Palais ducale. Je vais aller déposé ça Tu dois faire quoi déjà ? Je dois donner ça, tu sais toutes les autorisations qu'on a du mal à avoir pour traquer les criminel qui se sont enfuis ici et qu'on doit ramener. Ah oui c'est vrai les criminels. J'ai une si mauvaise mémoire C'est beau de se moquer tiens. Je n'oublie jamais une mission je te ferais remarqué. La dragonne finit par me gronder dessus comme si elle me boudait. Les gosses je vous jure.

Une fois arrivée au Palais, je prends le coffret dans lequel j'ai toutes les autorisations et me dirige vers l'endroit où je dois le déposer, il ne me reste plus ensuite qu'à aller les appréhender. On me dit qu'il me faut attendre encore un peu. Bien, je n'ai plus qu'à aller visiter Port-Liberté. Ça tombe bien, je ne connais pas l'endroit, ce sera l'occasion. Je commence donc à marcher tranquillement en me disant que peut-être je trouverais des infos sur mon frère, quand, dans la lune comme je suis, je percute littéralement quelqu'un devant moi. Seuls mes réflexes me permettent de me redresser et d'éviter de tomber les fesses par terre. Je relève la tête et rencontre le regard d'un homme plutôt grand -il faut dire que pour moi, tout le monde est grand vu ma taille- avec pas mal de charmes. Je secoue la tête et m'incline un instant.

« Je suis vraiment navré, je ne regardais pas devant moi. J'espère ne pas vous avoir fait mal. »

Je suis vraiment nigaude parfois et j'oublie que je ne suis pas la seule à marcher dans les couloirs.... Il serait bon que je m'en souvienne à l'avenir.


Dernière édition par Ayana Ailauvent le Jeu 13 Juil - 21:46, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le vent marin (Pv Bartholomé)   Le vent marin (Pv Bartholomé) EmptyJeu 13 Juil - 20:26


Bartholomé d'Ansemer et Ayana Ailauvent

Le vent marin

07 juin 1002


[RP en référence à Kaamelott d'Alexandre Astier :coeur:]

Arrivé devant la porte de la salle d’audience que le duc se tourna vers son intendant, le regard las :

Euh… beaucoup de doléances aujourd’hui ? Demanda-t-il.

— Pas mal, Votre Grâce. Répondit le concerné. Plus d’une douzaine de cas.

Bartholomé se fendit d’un puissant soupire.

C’est une connerie ces histoires de doléances… se plaignit-il.

— Comment cela mon seigneur ?

Mais oui ! Répliqua le seigneur des océans. Vous dites aux gens « Venez, vous pouvez vous plaindre au duc ». Ben les mecs ils sont pas cons : ils viennent et ils se plaignent. Voilà.

Résigné et sans attendre de réponse, il poussa la porte, entra, s’assis sur le trône ducal et annonça le début de la séance.





Silence ! Tonna Bartholomé du haut du trône ducal en lançant un regard noir aux deux hommes en train de se disputer devant lui.

Occupé à plein temps par la gestion du duché et par la guerre, ces séances lui tapaient de plus en plus sur les nerfs ces derniers temps. La stupidité des demandes — et des gens — n’avait de plus rien pour remonter le moral du seigneur.

Si vous êtes incapable de soigner votre conduite en présence de votre duc, menaça-t-il les deux belligérants, je vous assure que le différent qui vous amène aujourd’hui devant moi deviendra le cadet de vos soucis ! Maintenant, reprenez depuis le début, chacun à votre tour et dans le calme.

Les deux paysans venus demander le jugement de Bartholomé s’inclinèrent respectueusement tout en continuant à se lancer des regards assassins. Le plus gros des deux prit ensuite rapidement la parole.

— Vous m’connaissez Vot’ Altesse…

Votre Grâce, corrigea machinalement le duc.

— Je vous d’mande pardon sire ?

Non rien, continuez…

— Vous m’connaissez Vot’ Seigneurie. C’est pas mon genre de v’nir chounier dès que j’ai un corps au pied.  Mais là on est arrivé à un stade, si c’est pas vous qui tranchez ça s’ra moi et là, j’sens venir l’odeur des granges brulées !

Quel est. Le. Problème, coupa Bartholomé en séparant chacun de ses mots tant l’énervement recommençait à monter.

— Il a zigouillé mon âne ! Accusa le gros paysan en pointant du doigt le second.

— Un r’grettable accident Vot’ Grâce ! Intervint tout de suite le maigre des deux. C’est un animal qu’il avait l’habitude de v’nir brouter sur mon pré. Il se trouve que mes chiens lui sont tombés dessus, il faut les comprendre ils font leur travail.

Sursautant de colère, « le Gros » sauta soudainement sur « le Maigre » et le tout se mua en bagarre. D’un signe, le duc indiqua aux gardes d’intervenir. La séance reprit quelques minutes plus tard alors que les deux énergumènes arboraient chacun une imposante bosse au coin de crâne.

Dites moi, repris Bartholomé en tenant de se calmer de son mieux. Comment cela se fait-il que votre âne se soit retrouvé sur le pré de votre voisin ?

Un peu embarrassé, le Gros répondit :

— Un joli p’tit âne Vot’ Chefferie. Pas sauvage pour un sou ! Je l’laissais un peu s’promener.

— Ben oui, et puis le bestiau : pas folle la guêpe, lâcha tout de suite le Maigre, c’est chez moi qu’il radinait. Parce que vous n’avez pas vu mon pré, mais surtout vous n’avez pas vu le sien ! Tout boueux, des trous comme ça, de la merde partout…

À nouveau le Gros sauta sur le Maigre et la bagarre recommença de plus belle, nécessitant une nouvelle intervention des gardes. Bartholomé se prit la tête entre les mains. « Je n’en peux plus de ces cons… », se dit-il à lui même.

Dès que le silence fût revenu, le Maigre reprit la parole, ajoutant à présent à sa bosse un superbe œil au beurre noir :

— Un bête toute miteuse en plus ! Et à moitié crevée. Je suis sur que mes chiens ont chopé une maladie. Un âne comme ça, ça vaut à peine la moitié d’un âne.

Et bien donnez lui la moitié d’un âne. Lâcha le duc excédé.

— Qu’est-ce que voulez vous dire, sire ?

Vous me dites ça vaut la moitié. Vous prenez un âne, vous le coupez en deux, vous lui donner.

— Maaais je vais pas couper un âne en deux, répondit le Maigre sans comprendre.

— Et qu’est-ce que vous voulez que je fasse de la moitié d’un âne moi ? Intervint le Gros pas plus avancé.

Se levant d’un bond de son trône le duc hurla :

ET MOI QU’EST CE QUE VOUS VOULEZ QUE JE FOUTE DE VOS CONNERIES ? UNE HEURE ET DEMI QUE JE ME FARCIS VOTRE SERENADE : « ET MON ANE, ET MES CHATS, ET MES POULES ». MERDE ! LA !

Il sorti sa bourse de sa veste et la jeta aux paysans.

Tenez ! Tenez ! Vous avez de quoi vous en payer cent-cinquante des ânes avec ça ! Alors maintenant vous allez me foutre le camp, compris ? Aller, déblayez !

Saisissant la bourse de leur seigneur, les deux paysans sortirent précipitamment de la salle d’audience et la porte se referma sur eux dans un bruit sourd. Le silence revint enfin.

Hum… désolé, fit Bartholomé devant le regard rond et la bouche ouverte de son intendant. Annulez le reste des doléances d’aujourd’hui, j’en ai ma claque.

Le duc sorti dans les couloirs du palais ducal en proie à un mal de crâne insupportable. La pression commençait à s’accumuler et craquer ainsi devant ses sujets n’était pas la meilleure des choses à faire. Pour se calmer, il décida de marcher un peu dans le palais, appréciant le calme enfin retrouvé. Le regard perdu dans ses pensées, Bartholomé ne revint à la réalité qu’en percutant une jeune femme de plein fouet.

Aussi surprise que lui, elle sembla elle aussi être arrachée soudainement à ses pensées. Elle évita cependant une chute disgracieuse en reprenant de manière surprenante son équilibre. Décidément, le duc enchainait les maladresses aujourd’hui.

—  Je suis vraiment navré, fit-elle avec un sourire charmant. Je ne regardais pas devant moi. J'espère ne pas vous avoir fait mal.

De petite taille, la jeune femme arborait une superbe chevelure brune mettant en valeur deux grands yeux verts à présent fixés sur Bartolomé. Par réflexe, le regard du seigneur dériva malgré lui vers les formes gracieuses de la jeune femme avant de remonter rapidement vers ses yeux profonds. « Loin d’être désagréable à regarder », se dit le duc.

La faute est la mienne, ma Dame, réfuta Bartholomé avec un sourire. Pour ne pas m’avoir averti de la présence d’une beauté comme la votre si près de moi, j’ai bien peur que mes yeux ne soient en train de vieillir dangereusement.

Constatant qu’elle était seule dans le couloir — fait inhabituel pour une Dame qui se déplaçait rarement sans une ou deux suivantes — Bartholomé s’interrogea sur son identité.

Je ne crois pas vous avoir jamais croisé en ces murs, reprit-il sans se départir de son sourire. Me feriez-vous l’honneur de connaître votre nom ?
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Message Sujet: Re: Le vent marin (Pv Bartholomé)   Le vent marin (Pv Bartholomé) EmptyMar 18 Juil - 20:42

Je me sens gourde et idiote, alors je garde la tête baissé. Perdu dans les brumes de mes pensées, je n'ai pas pu l'éviter, je ne l'ai même pas vu et je suis encore embrumé quand il reprend la parole. J'ai quasiment un sourire qui étire mes lèvres, quand un sursaut de conscience me prend d'un seul coup. Attendez, ce visage je... Oh mon dieu, la brume se lève et je me rends alors compte de la terrible erreur que je viens de faire. Je m'incline alors un peu fortement au lieu de répondre à sa question.

« Votre Grâce. Je m'excuse de ne pas vous avoir reconnu directement, j'étais tellement perdu dans mes pensées. Je suis réellement navré, Lévor m'en soit témoin. »

Mon dieu, si cela revenait aux oreilles de mon duc. Bon sang, comment j'avais fait pour ne pas reconnaître le duc d'Ansemer ? Je suis si débile à ce point-là ? Je sais bien que je me perds souvent dans mes pensées ces derniers temps. Il y a des choses qui ne vont pas. Ma famille qui décide de se mêler de ma vie, la note que j'ai reçu récemment et qui n'avait aucun nom, aucun visage, sans compter tout le reste. Cette guerre me met sur les nerfs, j'ai l'impression de ne jamais me trouver au bon endroit, de ne jamais être à la bonne place. Et les recherches sur mon frère n'avancent pas réellement. Je ne cherche aucune justification à mon manquement aux règles, et certainement pas au manque de protocole, bon sang, quand j'y repense. J'espère qu'il n'en prendra pas ombrage, même si ça n'a pas l'air d'être le cas, mais quand il sera qui je suis... Bon sang, j'ai vraiment honte de mon comportement. Rentrer de cette façon dans le duc, ne même pas le reconnaître, lui parler comme à un étranger... Je suis vraiment... Je secoue la tête et me remet droite avant finalement de fermer mon visage. Mauvaise habitude, mais je ne voudrais pas qu'il pense, si je fais un sourire, que je me moque de lui, c'est bien la dernière chose que j'espère.

« Je suis encore une fois navrée. Je me nomme Ayana, Ayana Ailauvent Monsieur. »

Je ne relève pas son commentaire sur la beauté ou quoi que ce soit. Je suis du genre à me penser banale et de toute façon l'honneur dont je fais preuve me fais directement penser que je n'ai même pas le droit de penser à quoi que ce soit de ce genre avec quelqu'un comme lui. Comme je l'ai dis un jour à Abi, une roturière ne peut prétendre aimer ou trouver de l'intérêt à un quelqu'un d'un plus noble rang que le sien. Ce n'est as honorable. Ça ne m'empêche pas de remarquer qu'il est plutôt bel homme. Pourtant, je me fustige mentalement. Ce genre de pensée, c'est le début des problèmes.

« Et effectivement, vous ne m'avez jamais croisé dans ces murs, tout simplement parce que je suis une Chevaucheuse du vol d'Outrevent. »

Je vois d'ici déjà ce que les gens pensent. D'un autre côté, il paraît que mon duché se voit dans mon attitude froide, distante et à mes émotions parfaitement maîtrisés, ainsi qu'à mon corps bloqué dans la rigidité. Je ne dis pas le contraire, même si je suis parfaitement horrifié de l'erreur monumental que je viens de faire, que mon cœur a battu plus fort, que j'aurais pu largement m'empourprer de honte, mon visage n'a rien montré qu'un calme glacial. Cependant, mes paroles étaient sincère et j'espère qu'il n'en prendra pas ombrage.

« Je suis ici à la recherche de criminel. J'ai eu les autorisations nécessaires, mais je préférais me présenter à votre palais. »

Je suis du genre assez carré et j'estime que même si l'on m'a donné le droit d'aller les arrêter, j'ai le devoir de me présenter au Palais ducale. D'une pour me présenter, de deux pour réitérer ma demande. Peut-être que je ne devrais pas, il y a beaucoup de peut-être alors que mon regard se pose tranquillement sur son visage. Je peux voir les rides d'agacement, les tensions autour de ses yeux, autour de ses lèvres. Alors au lieu de me taire comme je fais chaque fois, j'en viens finalement à reprendre la parole.

« Dure journée ? »

Juste une question, que je n'aurais peut-être pas dû poser. À voir comment il le prend. Déjà il n'a pas l'air de m'en vouloir de lui avoir rentrer dedans. Peut-être qu'il ne m'en voudra pas d'être curieuse.
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Message Sujet: Re: Le vent marin (Pv Bartholomé)   Le vent marin (Pv Bartholomé) EmptyVen 11 Aoû - 19:07


Bartholomé d'Ansemer et Ayana Ailauvent

Le vent marin

07 juin 1002



Après une volée d’excuse interminable, la dénommé Ayana répondit enfin à la question que Bartholomé lui avait posé. Et le duc ne put se retenir de rire de lui-même. Ainsi donc il avait affaire à une jeune outreventoise. Sachant très exactement ce que la plupart des sujets de ce duché pensaient de lui, son sourire se teinta d’une légère tristesse. Le seigneur d’Ansemer hocha la tête quand elle lui fit par de sa mission et de sa volonté de se présenter au palais. La jeune femme semblait des plus sérieuses et très attachée à ses responsabilités. Une outreventoise jusqu’au bout des ongles, se dit-il.

Dure journée ? S’enquit-elle de manière surprenante, tant dans la forme familière de la question que dans son contenu.

Surpris, Bartholomé passa sa main dans les cheveux en désordre. Il n’était néanmoins pas vraiment un homme attaché à outrance aux convenances — résultat de ses nombreux voyages en mer où aucune place n’était faite au rang et la haute naissance — et c’est avec un sourire moins emprunt de tristesse qu’il répondit à la jeune femme.

Disons que ce début de journée n’est pas placé sous le signe de l’intelligence, dit-il en repensant aux deux paysans de la salle d’audience. Vous n’imaginez pas le nombre de problèmes dénués d’importance qui viennent me faire perdre mon temps et ma patience.

Une envie soudaine d’air frai s’empara du duc.

J’avais pour projet de faire quelques pas dans le jardin ducal. Me feriez vous le plaisir de m’accompagner ? Dit Bartholomé en tendant son bras à Ayana. La compagnie d’une jeune et belle Chevaucheuse me changerait agréablement.

Le seigneur d’Ansemer regrettait depuis longtemps l’hostilité qui régnait entre son duché et Outrevent, fidèle reflet des relations entre les deux ducs. Le jeune Liam n’avait jamais caché son aversion pour le « comportement » de Bartholomé qu’il n’avait pas hésité à qualifier d’inadmissible. En effet, les infidélités de Bartholomé envers son épouse Jehanne étaient très connues et Bartholomé ne tentait même plus de cacher ses maitresses à sa femme ou à la cour ducale.

Le duc hésitait entre exploser de rire et enrager quand ce jeune duc d’Outrevent se permettait de le juger. Il ne savait rien de la situation de Bartholomé. À vrai dire, et à la décharge de Liam, peu de gens étaient au courant de l’histoire qui entourait le mariage du seigneur d’Ansemer avec une noble lagrane. De nouveau, il se replongea dans ses souvenirs.

Aux alentours de ses vingt-neuf ans, le palais ducal avait reçût la visite du comte de l’Ancre-Fleurie du Duché de Lagrance. C’était alors une période où les affaires du duché retenait Bartholomé à terre et il passait ainsi beaucoup de temps dans les jardins ducaux pour ressentir au moins l’air marin de la côte toute proche.

Il y fit la rencontre de la jeune fille du comte, Jehanne, qui avait accompagné son père pour sa visite diplomatique. Bien qu’il trouvait personnellement le comte ennuyeux à mourir, la douceur, l’intelligence et l’humour de sa fille était un contraste flagrant avec la personnalité grise de son père. Son seul désir de retrouver les jardins du duché des fleurs faisant écho à la nostalgie de l’océan de Bartholomé, ils se rapprochèrent malgré leurs différences et il plaça en elle une confiance qu’il se surpris de ne plus avoir accordé à un proche depuis très longtemps.

Quand il reçut un mot de sa main l’invitant à passer un peu de temps avec elle dans ses appartements avant de dormir, il s’y rendis le cœur léger, oubliant presque l’appel de la mer tant ses pensées était tournées vers ses magnifiques yeux verts. Comme on pouvait s’y attendre — et il comprit plus tard, comme elle et son père s’y attendaient effectivement — la conversation se mua vite en caresses et les caresses en baisers jusqu’à les retrouver tous deux dévêtus et blottis l’un contre l’autre.

Ce fût à cet instant que le piège se referma sur le pauvre naïf qu’il était. La porte s’ouvrit sur le comte et Bartholomé fût pris en flagrant délit, Jehanne dans ses bras. Quand le comte le menaça alors de scandale s’il n’épousait pas sa fille sur-le-champ, le jeune duc comprit que tout n’avait été qu’une mascarade orchestrée pour faire de Jehanne la duchesse d’Ansemer.

Amer et pris au piège, il comprit alors que la belle complicité qui l’avait attiré dans les draps de la jeune femme n’avait été depuis le début que tromperie. Il se résolu cependant à épouser Jehanne bien malgré lui…

Sa colère s’était ensuite peu à peu mué en froideur et s’il ne pouvait changer son mariage, il refusait de se faire piéger toute sa vie par une femme et une famille qui n’avait eu que pour unique but de grappiller un peu de pouvoir — du moins c’est ainsi qu’il voyait les choses.

Bartholomé chassa les souvenirs de sa tête et offrit un nouveau sourire à la jeune Ayana. La sénilité s’emparait-elle de lui avant l’heure à se perdre ainsi dans ses pensées ? Pour se changer les idées, le duc se décida à interroger quelque peu la jeune femme sur son dragon. Voilà un sujet digne de toutes les attentions.
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Message Sujet: Re: Le vent marin (Pv Bartholomé)   Le vent marin (Pv Bartholomé) EmptyLun 21 Aoû - 11:10

Peut-être n'aurais-je pas dû poser cette question et une fois encore, un peu être se glisse dans mes pensées. Je sais cette question un peu trop familière, bien trop cavalière en fait, mais je ne sais pas pourquoi, elle est sortie toute seule. Comme si ma bouche s'était déconnecté de mon cerveau et qu'elle agissait en son propre nom et plus au nôtre. C'est juste qu'en décryptant son visage, j'ai eu l'impression de me voir quand je commence à me rigidifié, quand je m'éloigne des autres et que j'envoie boulet tous ceux qui m'entourent, c'est à dire peu de monde. En fait, malgré mon statut d'honorable Outreventoise qui ne devrait pas se tenir aux côtés du du d'Ansemer qui met tout l'honneur de côté pour des choses frivole, j'ai envie de lui tendre la main, de l'aider, de laisser tomber tout ce que je montre pour me montrer comme je suis. La jeune femme qui aime prendre soin des autres. Je me souviens de toutes les rumeurs, de tout ce qui a pu passer jusqu'à nous. On le dit séducteur et surtout peu conforme dans sa façon de gérer les choses. On dit énormément de chose en Outrevent et je sais que mon duc ne l'aime pas parce qu'il s'expose avec sa maîtresse, au yeux de tous et que ça, ce n'est pas très honorable. Pour nous, pauvre Outreventois, c'est une insulte aux mœurs de notre pays. Au fond, je devrais me conformer à cette idée et laisser tomber le reste. Je devrais éviter de laisser parler cette part de moi qu'Abi a découvert au grand jour. Mais je ne peux pas oublier ce que je suis. Si Outrevent et ses valeurs m'ont forgé, mes années à l'académie m'ont appris d'autres choses. J'ai côtoyer nombre de gens qui m'ont permis d'évoluer d'une façon différente ce que j'aurais été et qui ont poussé ma curiosité à son maximum. Aujourd'hui, alors que je peux voir ses expressions malgré qu'il semble impassible, j'ai bien envie d'en savoir plus sur ce duc qui ose défier les valeurs de mon duché. « Effectivement, je n'imaginerais pas pouvoir faire votre travaille. » Inconcevable pour quelqu'un comme moi qui prend trop de plaisir à Chevaucher. Je n'imagine pas non plus écouter sans discontinuer certaines personnes qui ne rendent pas compter réellement de ce qu'ils demandent, alors que d'autres sujets sont bien plus important. Je n'aurais pas fait une très bonne noble, c'est certains.

Je laisse filer cette sensation alors qu'il reprend la parole. Mon regard se porte dans le sien. L'accompagner ? Au jardin ? J'imagine déjà les commérages qui vont s'en suivre et tout ce qui pourra être dit, répété et amplifier. Mais la curiosité est un vilain défaut et là où je devrais m'offusquer de cette demande, parce que tout cela est contraire aux règles d'Outrevent. Je me prends à avoir envie de tester l'expérience, pas seulement pour en apprendre plus sur lui, mais parce qu'il ne semble pas faire état de mon statut de pauvresse par rapport au sien. Qu'il ne voit que la Chevaucheuse. Je me demande s'il est curieux au sujet des dragons. Tout le monde est curieux à ce sujet, généralement c'est là-dessus qu'on me pose des questions. Pourtant, il possède tout un vol lui aussi. Je devrais refuser, je le sais parfaitement, malgré tout, alors que mon esprit d'Outreventoise se rebelle contre ce que je vais répondre, je ne peux m'empêcher d'éprouver un peu de liberté à prendre cette décision. « Je vous accompagne. Cela fait longtemps que j'ai envie de visiter les jardins d'Ansemer. L'occasion est trop belle. » Je lui offre un de mes rares sourires alors qu'il semble dans ses pensées. « Cependant, je crains de ne pouvoir accepter votre bras. Pas que cela me dérange, mais je suis une roturière, on ne m'a pas appris à marcher au bras de quelqu'un. » Ce n'était pas la vraie explication. En fait, je n'avais pas envie de m'habituer à la chaleur qu'il dégageait, à cette impression que je pourrais bien m'entendre avec lui et qui était tout aussi dérangeante que le fait que j'outrepassais clairement les règles établit entre la noblesse et le bas peuple. Peut-être que j'en fais trop, que je devrais lâcher la bride, mais ce que je faisais en ce moment, n'avait rien de véritablement honorable et même si j'étais motivée à en apprendre plus sur lui, sur les raisons pour lesquels il se comportait de cette façon, mes valeurs étaient encore assez ancrés dans ma petite tête pour ne pas outrepasser toutes les règles. « Vous aussi, vous vous perdez souvent dans vos pensées. » Ce n'était pas une remarque désobligeante, juste une remarque. Je n'aurais probablement pas dû lui parler comme cela non plus, mais au fond, je ne sais pourquoi, j'avais envie de me sentir libre de lui dire ce que je pensais.

Je n'aurais probablement pas dû la non plus. Mais même si je comprenais parfaitement ma position, que je comprenais parfaitement ce que Liam pouvait penser de ce duc, je sentais quelque chose de cacher derrière tout cela et la curieuse que j'étais avant envie de déchiffrer l'énigme du duc d'Ansemer. Un peu trop pour les petites épaules de la roturière, mais pas assez pour les épaules de la Chevaucheuse et quoi qu'il se passait, la Chevaucheuse avait toujours le dessus sur le reste. Je le laissais donc prendre la tête de notre petit groupe. Je me fis la réflexion que d'origine, j'avais toujours Bandit sur mes épaules, sa présence me réconfortait aussi facilement que me venait les illusions, pourtant, il n'était pas là et je sentis un instant ma confiance prendre un coup dans l'aile. Ce fut Foudre qui m'entoura de son courage farouche et de sa curiosité qui lui donnait aussi envie d'en savoir plus sur cet homme mystérieux et bel homme. Au final, je me demande si ce n'est pas Foudre qui me dévergonde plus qu'autre chose. Avoue que t'adore ça. Un sourire teinte mes lèvres avant de disparaître. Sa fougue est ce qui me réveille à chaque fois. Effectivement, j'adore ça. Parce que ce serait mentir que de dire le contraire et parce qu'à nous deux, nous formions une paire unique, comme chaque Chevaucheur et son dragon étaient unique. Je laissais donc le duc nous emmener vers les jardins sans rien dire de plus, attendant qu'il se décide à me poser des questions pour répondre et ensuite, peut-être que ce serait moi qui poserais les questions.
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