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 L’écho de deux existences, réunies par le Destin

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Message Sujet: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMar 8 Aoû - 19:04


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Tyr Parle-d’Or & Ljöta d’Evalkyr

L’écho de deux existences, réunies par le Destin

Quel est le mot magique ?



• Date : 31/07/1002
• Météo (optionnel) : C’est l’aube. Les combats ont pris fin dans la Capitale, et les voleurs sont sur le retour. Il fait froid, sur ces terres, mais le temps reste doux et clément à cette époque de l’année.
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Les voleurs ont profité du chaos à Svaljärd pour commettre quelques larcins en toute impunité chez les nobles et, sur le retour, Tyr se retrouve avec un accrochage au sens propre du terme… Aussi désagréable que délicieux, avec une des Lames de la Confrérie Noire qui semble en pleine mission.
• Recensement :
Code:
• [b]31/07/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2503-lecho-de-deux-existences-reunies-par-le-destin]L’écho de deux existences, réunies par le Destin[/url] - [i] Tyr Parle-d’Or & Ljöta d’Evalkyr[/i]
Les voleurs ont profité du chaos à Svaljärd pour commettre quelques larcins en toute impunité chez les nobles et, sur le retour, Tyr se retrouve avec un accrochage au sens propre du terme… Aussi désagréable que délicieux, avec une des Lames de la Confrérie Noire qui semble en pleine mission.



Dernière édition par Tyr Parle-d'Or le Mar 8 Aoû - 19:05, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMar 8 Aoû - 19:05

L’aube se lève, aux lueurs sanglantes, sur une Svaljärd dévastée par la perte de son impératrice, et son empereur pas loin de l’être aussi. Alors que, pour la première fois depuis que la guerre a été déclarée, je ne peux pas m’empêcher de sourire devant cette chance audacieuse que nous avons eue. Que le Destin soit loué ! Et si mes plans ont été quelque peu contrariés par le chaos le plus total qui nous a accueilli, nous avons pu passer de demeure en demeure sans être le moins du monde inquiétés. Qu’ils se tranquillisent, ces chers nobles qui craignaient pour leur vie après cette nuit si macabre… Nous, les voleurs, n’en avions qu’après leurs possessions subitement bien moins protégées. J’aurais rarement fait une aussi bonne affaire. Ah, pauvre impératrice… C’est vraiment dommage, mais quelle aubaine tout de même. Je cliquette à chacun de mes pas, un peu moins discrets, alors que nous avons rapinés tout ce que nous pouvions, jusqu’à ce que nous soyons tous si chargés qu’il était temps de signer le départ.

Personne ne s’est soucié de nous, simples ombres que l’aube peinait à dévoiler… Mais maintenant que le soleil commence à être plus haut dans le ciel, il est temps de faire marche arrière. Il risque de dévoiler autant du carnage que nos quelques méfaits. Ce serait idiot d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre et se faire prendre sur le retour, non ? C’est précisément ce que je pense, quand nous rebroussons chemin aux abords du palais impérial. Je ferme la marche, vigilant comme toujours, à garder un œil sur les autres voleurs. C’est toujours le capitaine qui se doit de quitter le navire en dernier, et c’est aussi ma vision des choses à la Cour des Miracles, pour ne laisser personne derrière aux prises avec des gardes. Je n’aurais pas de mal à défendre, s’il faut en assommer un ou deux, ou les tuer si nécessaire. L’effet de surprise joue en notre faveur, et ma formation militaire ainsi que les années passées dans les rues de Lorgol font le reste.

Tout du moins, c’est ce que je croyais. Ce n’est pas vraiment un garde que je crois discerner à l’intersection que vient de dépasser les autres voleurs… Non, la silhouette est plus petite, plus souple, et tellement plus silencieuse qu’elle me surprend au dernier moment. Je n’ai que le temps de poser une main sur la dague à ma ceinture, avant de me stopper aussi subitement dans mon geste… Car ma main vient d’être irrémédiablement attirée vers la sienne. Qu’est-ce que… ?

C’est cette bague, que j’ai seulement enfilé pour un côté plus pratique. La pierre vient tout simplement de… De s’encastrer dans celle sertie au bracelet qui entoure ce poignet si gracile. Je retiens un rire amer. C’est une mauvaise blague, vraiment. J’ai peut-être loué le Destin un peu vite…

Mon regard croise celui de glace qui me fait face, de par derrière ce masque. J’ai presque un mouvement de recul, car les Lames ne le revêtent pas si elles ne sont pas en mission. Un frisson me parcourt l’échine, à songer qu’elle est venue pour tuer quelqu’un, et qu’elle va sans doute considérer cet accrochage comme un obstacle à sa mission. C’est bien ma veine.

Les voleurs se sont arrêtés, plus loin, et m’observent avec un scepticisme grandissant. Je leur fais signe de poursuivre sans moi, avec un sourire de circonstance, à faire croire que j’ai la situation bien en main… C’est plutôt cette pierre qu’il l’a, semblerait-il, mais je dois être assez crédible, parce qu’ils me rendent un signe de tête avant de poursuivre. Je m’en serais voulu qu’ils se fassent attraper si proche de la fin, juste pour un léger détail à régler.

Je conserve ce même sourire, d’ailleurs, alors que je tente de retirer la bague… En vain. Il se fait peut-être un peu plus crispé à mesure. Je prends une longue inspiration, faisant appel à tout mon contrôle, et mon sens de la diplomatie. Je sais ce qu’elle risque d’avoir en tête, et il n’est pas question que je perde un doigt aussi bêtement. Ces deux mains, ce sont mes outils de travail.

« Auriez-vous l’amabilité de retirer ce bracelet à votre poignet, très chère… ? Je m’en voudrais de vous retarder dans votre mission. La mienne se termine, alors si vous le voulez bien… J’aimerais autant disposer, et ne pas vous ennuyer davantage. »
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMer 9 Aoû - 21:21

Dans les ruines de l’aile détruite du palais ducal, une silhouette avance en silence, de couloir en couloir, sans faire plus de bruit qu’une ombre sur les tapis maculés de sang et de cendres. Prudente, elle redescend au rez-de-chaussée. Sous le masque qui dérobe ses traits, ses yeux clairs pensifs traduisent l’ambivalence de ses sentiments. La fidèle membre de l’Ordre est profondément ravie de l’ampleur de la dévastation causée aux ennemis du peuple, à ceux qui voudraient continuer à les priver de leur droit d’héritage ; mais la princesse de Valkyrion a le cœur serré de voir le palais de son enfance aussi sévèrement endommagé. Elle n’était pas particulièrement attachée à l’Impératrice, au contraire même, cette catin faë n’aurait jamais dû se voir autorisée à gouverner Ibélène – elle accueille donc la nouvelle de son trépas avec contentement ; mais sa propre famille était en danger également et le danger est passé plus près qu’elle ne l’avait envisagé. D’où ce retour sur les lieux du massacre, pour s’imprégner de l’atmosphère et faire la paix entre les deux parts de son être.

La mission de la Sombre Mère est arrivée à point nommé pour la distraire. Elle a laissé Aubrée auprès d’Astrid et des enfants, et s’est éloignée pour courir les rues sous le complice manteau de la nuit. Deux nobles de la capitale, maudissant Lida et Sithis… Peut-être l’effet de l’alcool, ou le traumatisme des jours passés ; en tout cas, on ne prend pas impunément la Sombre Mère à parti, et pour cet irrespect impardonnable, ils doivent mourir. Ainsi la déesse l’a-t-elle décidé, ainsi leur mort a-t-elle été ordonnée. Le passage au palais n’était qu’un simple détour ; aussi Ljöta se glisse-t-elle de rue en rue vers sa première destination. Tout est silencieux, dans la maison endormie : l’homme a envoyé son épouse et leurs enfants à Lorgol dès l’annonce de la rupture de la Trêve, il dort donc seul.

Avec une prostituée.

Fâcheux contretemps. La fille n’a rien fait, et l’assassin ne s’imagine pas l’exécuter. Heureusement qu’elle transporte toujours de quoi pallier à ce genre d’imprévus : de la poche de sa cape, elle sort une fiole dont elle verse adroitement le contenu sur un coin du drap, avant de l’appliquer sur le visage de l’innocente. Elle ne réagit même pas, tant le chloroforme est efficace – laissant le drap en place, Ljöta contourne le lit, et réveille l’homme en plaquant sa dague sous son menton. Ce n’est qu’après plusieurs minutes de terreur et de supplications étouffées, de douleur et de torture raffinée, que Ljöta finit par trancher l’artère battant dans son cou, répandant un flot de sang sur le lit où l’homme agonise en puissants soubresauts. Une fois la mort survenue, la Kyréenne retire le drap du visage de la catin, et s’esquive discrètement. La fille se réveillera dans une heure ou deux – et elle sera déjà loin.

Le soleil se lève à l’horizon, et Ljöta réalise qu’elle va devoir se hâter si elle veut atteindre son objectif. Cependant, à peine a-t-elle atteint le premier croisement qu’on la bouscule – et que l’importun semble s’accrocher à son poignet. Immédiatement, elle se crispe, prête à frapper ; puis elle réalise que le souci vient en fait… de son bracelet, auquel la bague de l’inconnu semble rivée. Prudente, elle parcourt du regard les environs : une troupe semble l’attendre plus loin, et ses mouvements génèrent un cliquetis caractéristique. « Voleur, hein ? Gavé de butin ? » Sa voix est basse, mais le ton clairement exaspéré. De sa main libre, elle lutte un instant avec l’attache du bijou à son poignet… Sans succès. « L’attache est grippée. » Par Uld…

L’homme a congédié ses laquais, c’est bien, mais le soleil commence à compromettre leur sécurité… Il va leur falloir un abri. « On va par là. Je connais un endroit sûr pour régler ça. » Et où elle pourra, si nécessaire, lui trancher le doigt sans être dérangée. D’autorité, elle l’entraîne à sa suite dans la maison qu’elle vient de quitter, parvenant à se glisser dans le soupirail au prix de quelques contorsions, le tirant fermement. Une fois à l’intérieur, elle s’autorise à souffler un peu, jetant un regard tant irrité que curieux vers l’importun qui vient lui gâcher sa mission. « On sera tranquilles à peu près une heure. À qui ai-je l’honneur ? »





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyVen 11 Aoû - 0:49

Bon, elle a pensé en premier lieu à m’occire, comme toute Lame digne de ce nom, qui plus est en mission. Je ne le prends pas mal, alors que la même idée a dû me traverser l’esprit quasiment au même moment, sauf que mon geste était un peu moins vif. Réjouissant de constater que j’aurais pu mourir aussi bêtement, au retour de plusieurs vols si lucratifs que l’on va manquer de moyens pour tout ramener. Au moins, c’aurait été une mort heureuse, non ? De la main d’une femme, avec les poches chargées de mon butin.

J’ai l’impression d’être comme un gamin des rues pris la main dans le sac, à entendre le ton exaspérant qu’elle emploie, quand elle réalise ma propre profession et… Ce à quoi nous étions occupés peu de temps auparavant. Inutile de nier, même si l’idée seule de lui confirmer ses soupçons ne me viendrait pas à l’esprit. Je me contente de lui sourire, car un beau sourire résout tout. Impossible de savoir si elle y est vraiment sensible sous ce masque, malheureusement, et donc autant sourire à un mur mais… Ca valait le coup d’essayer non ?

Il faut croire que oui, parce qu’elle porte la main à son poignet. Et mon sourire se fait plus crispée, à voir qu’elle ne parvient pas plus que moi à se libérer de ce bijou. « C’est ennuyeux. Le Destin est joueur ce soir… C’est toujours au pire moment que ça arrive. » J’étais presque sorti de ce palais, prêt pour le voyage de retour. « Ou le meilleur peut-être… » Je ne suis pas si mal accompagné n’est-ce pas ? Au moins, ce n’est pas un garde du palais, même si mon risque de décès est toujours aussi élevé.

Je n’aime pas l’idée de la suivre. L’endroit n’est pas sûr, oui mais… Aucun endroit n’est sûr avec un assassin. Je remets en place foulard et capuche pour la suivre. J’ai la désagréable impression d’être enchaîné, et bien incapable de protester. Je me fais tirer en avant. Autoritaire avec ça ! « Une cache ? » Je ne peux pas m’empêcher de me faire curieux. « Le lieu du dernier assassinat en date peut-être ? » Je le glisse sur le ton de l’humour, mais quelque chose me dit que la deuxième option est envisageable. Ce n’est pas si évident de la suivre, mais nous avons pour nous la discrétion de deux ombres dans la nuit déclinante. Autant que faire se peut, avec la Lame qui me tire fermement dès que je n’avance pas assez vite à son goût. Je me prépare à devoir me battre pour conserver ma main entière, et garder les arrières me convient finalement mieux.

« J’ai l’impression d’être un prisonnier en cavale… Je me félicite que ce ne soit jamais arrivé. C’est très contraignant d’être agile quand on est menotté à quelqu’un. » Je passe le soupirail, tant bien que mal, à me contorsionner avec une seule main disponible pour réellement m’appuyer. Je souffle, enfin. Je croise son regard de glace, qui en dit long. Je parle peut-être un peu trop. Ca m’arrive, quand la situation commence à se faire stressante. Trop.

Je détaille l’intérieur, cherchant à tout mémoriser, quand elle me précise le délai que nous avons. Une heure. Elle est pragmatique, c’est bien. Je plisse le regard et la fixe en retour, presque amusé par sa question. Je dégage mon visage et abaisse ma capuche pour lui faire pleinement face, quelques mèches d’or filtrant aussitôt. « Vous l’avez dit, un voleur chargé de butin. Et vous, vous êtes une Lame de la Confrérie Noire. Ca m’étonnerait que vous retiriez ce masque pour me dire qui vous êtes, ce n’est pas très équitable vous ne croyez pas ? Je m’appelle Tyr. »

Je lève nos mains scellées devant nos visages, intrigué. « Ce sont les pierres qui ont fusionnés entre elles ? C’est curieux. On dirait un enchantement. Je ne suis pas mage, et vous ? » Je la baisse, mes yeux revenant à elle. « Ce n’est pas chez vous, ni même une de vos caches, n’est-ce pas ? » Et si en une heure on ne trouve pas comment faire… Je ne vais tout de même pas devoir continuer de la suivre dans ses excursions matinales, si ? Quelle mauvaise blague.
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Il babille, ce Voleur, et Ljöta ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine curiosité pour cette pipelette délesteuse bien différente des enfants des Miracles qu’elle côtoie d’ordinaire sur les pavés de Lorgol, ou autour d’une chopine à la Taverne de la Rose. Oh, la jovialité n’est pas étrangère aux fils et filles d’Isil, mais elle s’accompagne toujours d’une certaine réserve, comme s’ils n’osaient pas être vraiment eux-mêmes en dehors de leur enceinte sacrée. Ils ne sont pas si différents des enfants de Lida, somme toute, car eux aussi se montrent toujours vigilants lorsqu’ils quittent la Tour de la Confrérie. Bien souvent les chemins de la Main Noire et celui de la Cour des Miracles se sont croisés, leur collaboration se passe d’ordinaire sans accroc – mais là, ce matin, ce Voleur-là est plus une gêne qu’un soutien…

Il se présente, toutefois, et d’un signe de tête attentif la princesse enregistre cette information. Tyr. Ce n’est pas un prénom commun – quelque chose titille sa mémoire. On lui a déjà parlé d’un Tyr des Miracles, mais à quel propos ? Ou a-t-elle entendu une conversation dans la salle commune de la Taverne ? Ou était-ce un contrat qu’il aurait passé jadis ? Contrariée, Ljöta réalise qu’elle est incapable de se rappeler les circonstances exactes entourant ce nom, et de toute manière rien ne garantit qu’il s’agisse du même Tyr… Tant pis ! Cela finira bien par lui revenir, si elle ne tente pas de forcer sa mémoire ; comme une mélodie entêtante qui tourne et s’agite dans un coin de l’esprit, et que les paroles se bousculent au bout de la langue sans consentir à venir pleinement. Oui, ça lui reviendra – en attendant, des sujets plus pressants requièrent son attention.

« Cette demeure n’est pas la mienne en effet, et il y a un cadavre au premier étage. Nous avons un peu de temps avant qu’il ne soit découvert ; il y a sûrement dans cette cave des outils que nous pourrions utiliser pour séparer les pierres. » Dire qu'elle a hésité à se parer du bracelet, trouvé dans un coffret d'une vieille réserve inutilisée de la Tour Noire ! Du regard, elle parcourt les murs du sous-sol obscur, plissant les yeux pour mieux distinguer les contours des objets dans la pénombre. Une porte massive semble mener aux pièces de vie ; tandis qu’une arche obscure plus loin doit vraisemblablement donner accès à une partie de la cave, peut-être le cellier à vins ou un espace de rangement moins usité. Il y a également une quantité impressionnante de toiles d’araignées, et une épaisse couche de poussière qui la fait tousser lorsqu’elle ôte son masque pour mieux y voir, dévoilant son visage tandis que son capuchon glisse en arrière, libérant ses tresses blondes. « Je suis Lia. » Elle n’en dit pas plus : c’est sous ce nom qu’on la connaît, à Lorgol et dans le reste des huit duchés. Lia l’Assassin, discrète et réservée, sous sa couverture de petite marchande de fleurs lorsqu’elle parcourt les pavés de la Ville Basse. Lia aux yeux clairs, souriante et amicale pendant les spectacles des ménestrels et des conteurs lors des soirées à la Taverne de la Rose. Inoffensive petite Lia aux tresses dorées.

Personne n’a jamais soupçonné derrière ce visage trompeur ni la princesse de Valkyrion, ni l’Écoutante de la Lame.
Mais la Cour des Miracles a de bons informateurs, et peut-être son interlocuteur en sait-il plus qu’il ne le devrait sur son statut et son identité ?





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMar 22 Aoû - 23:48

J’égrène quelques informations à mon sujet, rien de bien transcendant. Je n’aime pas quand les échanges se font en sens unique, et il est évident que cette créature de la nuit ne va pas trahir son identité uniquement pour mes beaux yeux. Je m’attends à ce qu’elle reste masquée, comme une distance imposée, alors que nous n’avons même pas le loisir de disposer de notre espace vital à notre guise… Je la vois bien hocher la tête, marquer le silence. Impossible de savoir ce qu’elle pense. Il est difficile de capter ce regard bleu sans bien la regarder en face, et dans l’immédiat, j’ai bien d’autres préoccupations que de savoir si elle a deviné mon identité réelle. Je ne m’en cache pas, ou pas vraiment. Je ne saurais encore dire si ce sera un avantage ou un frein auprès d’elle.

Je réfléchis trop. Je sens mon esprit en ébullition, alors que je me retrouve comme le dernier des voleurs qui aurait été pris la main dans le sac… Ah ! Une situation bien ennuyeuse. C’est rare qu’une de mes stratégies se conclue par un accroc de cette ampleur… En même temps, je n’aurais pas pu deviner que cette pierre trouverait sa jumelle pour ne faire qu’une avec. Je n’avais même pas remarqué qu’il s’agissait d’un artefact magique… Mais ici, en Ibélène ? J’aurais cru qu’ils avaient fini par tous les détruire, surtout avec un duc aussi porté sur la chasse aux sorcières.

Elle interrompt assez subitement le cours de mes pensées avec un seul mot magique, qui n’est pas celui qui nous délivre de l’emprise des pierres, non… Juste, un cadavre à l’étage. Un cadavre. « Oh… C’est ennuyeux. » Je marque un silence. « Je veux dire, pour nous. Enfin, ça doit l’être aussi pour lui. » Je m’embrouille. Je souris. Toujours la même parade… « Mais le cadavre n’a plus de raison de s’en soucier. Vous avez terminé votre contrat ? » J’espère que la réponse est oui. Il ne manquerait plus qu’à défaut de solution, elle m’entraîne dans une course-poursuite enchaînée à elle pour remplir sa part avant que le soleil ne soit haut dans le ciel.

J’avance un peu trop brusquement vers l’arche obscure, à me faire entraîner en arrière, comme un chien qui tire sur son collier pour que son maître suive son mouvement. C’est désagréable, mais l’assassine veut elle aussi trouver une solution à notre épineux problème, et me laisse le loisir de tout retourner, pour trouver dans une étagère de rangement un outil qui fera l’affaire. « J’ai bien envie d’utiliser la méthode dure, pas vous ? Un bon coup de marteau et… » Je me retourne, avec mon arme improvisé en main, et me fige aussitôt. Elle vient de retirer son masque, et la surprise n’est pas feinte dans mon regard. Je n’aurais pas pensé qu’elle oserait, que nous serions vraiment à égalité, tous deux à visages découverts, avec un seul prénom pour s’abreuver de l’essence de l’autre.

Lia. Lia l’Assassine.

Je me surprends à la détailler, cette beauté glaciale, qui a l’air subitement bien moins dangereuse… Encore une apparence, un masque juste plus raffiné. N’ai-je pas déjà entendu ce nom prononcé par un des mendiants, consulté dans un rapport ? Peut-être. Mes souvenirs me font défaut. Rien ne colle, en vérité. J’ai l’impression d’avoir surpris ce visage dans des circonstances qui n’ont rien à voir avec aujourd’hui. « Trois lettres. Vous êtes aussi plutôt minimaliste ? Sans vous offenser, vous n’avez pas la tête de l’emploi… C’est sans doute ce qui fait autant votre force. » Je devrais contrôler ma curiosité. J’ai bien envie de sortir vivant de cette cave. Tout ce qui devrait m’importer, c’est d’asséner un bon coup de marteau sur cette pierre pour qu’elle se brise, et éventuellement, sans que mes doigts en fassent de même.
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyJeu 24 Aoû - 19:30

Il l’observe, silencieux soudain, et Ljöta affronte sereinement le regard attentif qui la scrute très sérieusement. Il semble étonné qu’elle ait retiré son masque, et l’ombre d’un sourire se pose un instant sur les lèvres pâles de la Kyréenne. Elle aime surprendre et déconcerter – être prévisible, c’est inviter la mort et la traîtrise, et elle s’en garde soigneusement. Peu lui importe, au final, que cet inconnu connaisse son visage – le nom auquel il l’associe n’est qu’un pseudonyme, un faux-semblant, une illusion placide derrière laquelle la princesse de Valkyrion peut se dissimuler en toute sérénité. Comme elle le fait depuis tant d’années déjà. Elle ne perd rien de sa réaction, les rouages semblent presque s’enclencher au fond de son esprit, et elle se doute qu’il tente de raccrocher cette petite information à l’immensité des murmures que lui rapportent sûrement ses camarades des pavés.

Elle est curieuse, l’Écoutante, de savoir ce qu’un voleur des chemins fait avec un bijou visiblement magiquement lié au sien. Elle ne se souvient même plus comment ce bracelet est entré en sa possession – trouvé au fond d’un coffre à la Tour Noire ? Marchandé sur un étal dans la Ville Basse un jour de marché ? Troqué aux pirates contre quelques fleurons à la Taverne de la Rose ? Offert par un soupirant à la cour ducale de Svaljärd ? Ou par un admirateur au cours d’un de ses voyages diplomatiques ? Impossible de remettre le doigt dessus. Elle l’a depuis un bon moment, oui… Et d’ordinaire, le fermoir ne résiste pas autant à ses tentatives pour le défaire. À croire qu’il s’est magiquement scellé dès que la bague est venue à son contact. Satanés mages ! Engeance maudite ! Si seulement ils pouvaient tous périr, le continent serait sansnul doute un endroit bien plus sûr…

Le babillage du Voleur la tire de ses pensées pleines d’un courroux férocement appliqué. Et si c’était lui, le mage ? Un instant, ses narines palpitent, comme si elle tentait de renifler la magie en lui – mais non, s’il était l’architecte de ce sort maléfique, il aurait certainement pu le dissiper avant qu’elle ne le traîne dans la maison où elle vient d’étendre un cadavre et une catin inconsciente. Trois lettres. Certes. « Vous avez visiblement misé sur le minimalisme également, sire Tyr. » Oh, elle a bien senti la pointe inquisitrice, voilée derrière ses mots ! Elle continue son chemin le long des murs, à la recherche d’outils, sans guère de succès pour le moment, se laissant quelques secondes pour réfléchir. Il ne semble pas l’avoir reconnue, sûrement ne sait-il pas à qui il a affaire – ou bien peut-être n’a-t-il pas encore relié tous les points. Son visage lui semble familier : elle est sûre de l’avoir déjà croisé. À la Taverne de la Rose, sûrement, où elle vient rituellement prendre son repas au point du jour, lorsque que sa nuit de veille s’achève et qu’elle s’apprête à aller dormir. Elle laisse délibérément cette bribe de souvenir en paix dans un coin de son esprit : à trop vouloir s’en saisir et la remonter, elle risquerait de l’effilocher. Cela lui reviendra sûrement plus tard.

« Bien. J'ai peur que ce marteau que vous avez là ne soit trop peu précis. Mais j’ai une lame, dans le pire des cas… » Un sourire malicieux étire le coin de ses lèvres, doublé d’une œillade réjouie qu’elle laisse s’égarer en direction de son anneau. A mi-voix, elle laisse échapper d’un ton tout aussi rêveur que nostalgique : « Naguère, j’ai tranché net tous les doigts de la main d’une ennemie. C’était plaisant… Recommencer me plairait sûrement. » Elle ne peut s’en empêcher : relevant les yeux vers ceux de Tyr, elle lui adresse un clin d’œil taquin. Elle plaisante, bien sûr ! Bien évidemment.

Presque.





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyDim 3 Sep - 10:08

Je me retourne vers elle, dans un sourire charmeur, mon visage si proche, un instant, qu’elle pourrait sentir mon souffle sur sa peau. « Tyr suffira. Je n’ai rien d’un sire… J’arpente les rues et les toits, à la faveur de l’ombre. » Ce n’est rien qu’un murmure, comme une confidence. Je croise brièvement son regard, et ses traits continuent de m’interpeller. Dans la pénombre, impossible d’en avoir la certitude… Mais ne l’aurais-je pas déjà vu retranscrite dans quelques archives de la Cour, ses traits-là ? Difficile à confondre, non ? On n’oublie pas une si belle femme si aisément. Alors je me demande vraiment si… « Vous ressemblez beaucoup à ces belles figures nobles, représentées dans les halls du palais. » Quel palais, au juste ? Celui-ci, ou le précédent que nous avons pillés ? Nous avons été tellement gourmands, et si bien récompensés, que je ne suis pas sûr de bien me rappeler. J’aurais peut-être mieux fait de garder pour moi cette simple taquinerie, ou… Ah ! Dans le pire des cas, elle pensera sans doute que j’essaie de la charmer. Ca me semble hautement improbable qu’elle soit reliée à une de ces illustres familles. Difficile de l’imaginer maintenant, dans ces vêtements souples qui ont tout de l’assassine et rien de la jeune femme distinguée d’une Cour. Je sais que les apparences souvent trompeuses, mais à ce point…

J’en suis à tirer un peu sur ma « laisse » pour avoir du leste, à chercher à une main sur les établis. Je lui présente un marteau, mais la belle préfère la subtilité incisive de ses lames… Ce qui n’a rien pour me satisfaire. Oh non… Non, non, non. Je n’ai pas envie qu’elle sorte une seule de ces lames de ses fourreaux. Pris au piège comme un rat, comme nous le sommes actuellement, elle risquerait d’avoir autant un geste malencontreux que moi. « Je préférais éviter. » Et un frisson désarmant me parcourt l’échine, sous ce sourire plein de malice, cette œillade réjouie à cette perspective… Je lâche un rire, plus nerveux qu’autre chose, à ce qui semble être… Une boutade. Juste une boutade, n’est-ce pas ? « Ces doigts sont mes outils de travail, ma chère. Je préfère les garder intacts, en effet. » Je réfléchis à toute allure. Une sortie, vite… « J’ai trouvé cet anneau dans le palais ducal que nous venons de quitter. Je vous proposerais de retourner à l’endroit même du vol. Nous pourrions trouver un indice pour nous défaire de ce maléfice… Qu’en dites-vous ? » Je n’ai pas de meilleures solutions à proposer dans l’immédiat, même si c’est extrêmement dangereux de retourner dans ce palais sans aucune couverture, alors que l’aube se lève, et que la garde risque fortement de se renforcer dans les heures à venir suite aux événements de la nuit. Oui, mais… J’ai l’impression qu’elle s’impatiente, et je m’en voudrais de la faire attendre trop longtemps. « Je préférais terminer cette escapade sur une note positive, voyez-vous. Ca m’ennuierait de vous retenir trop longtemps contre votre gré, même si chaque minute écoulée avec vous est délicieusement agréable. » … Et dangereuse. Surtout dangereuse.
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptySam 9 Sep - 21:29

Il est intéressant, ce séduisant Voleur avec ses compliments de beau-parleur. Ljöta sait bien qu’elle devrait se méfier, que les flatteurs souvent n’ont de jolies paroles que pour s’attirer quelque faveur, mais la princesse est terriblement vaniteuse et ne peut se défaire d’une certaine fierté à l’écoute de ces belles paroles qui flattent si bien son orgueil. Oh, c’est amusant, de lui faire peur, c’est sûr – mais elle ne peut s’empêcher de s’adoucir tandis qu’il la lisse dans le sens du poil, se rengorgeant mentalement des quelques louanges qu’il glisse ça et là dans son discours. Elle le sent inquiet, à l’idée qu’elle lui tranche un doigt ou deux, et sa proposition d’investiguer sur les lieux de son larcin fait sens. Le palais ducal, pas vrai ? C’est sûrement là-bas qu’elle avait trouvé le bracelet qui cercle son poignet comme le ferait une menotte d’acier, au fond du trésor ducal accumulé depuis des siècles. Cela dit, cela pose plusieurs difficultés.

Premièrement, comment éviter qu’il n’associe les différents portraits de la princesse Ljöta accrochés ça et là, au visage de Lia qu’elle lui a présenté ? Il a déjà l’impression de l’avoir vue auparavant, il l’a dit, et elle a suffisamment posé pour les peintres du continent entier pour savoir que sa tête blonde décore moult pièces et corridors, à l’instar de Hjalden, Hjalmar, ainsi que feue sa chère Ljära, et même Astrid dans une moindre mesure.

Deuxièmement, comment se déplacer discrètement ainsi encombrés ? Il sera compliqué d’escalader les murs et les parapets qui ceignent l’enceinte du palais, surtout avec la sécurité en place pour les festivités. Hors de question de se présenter aux portes du palais, une simple fouille révélerait leurs occupations respectives…

Troisièmement, tient-elle vraiment à introduire un Voleur par les passages secrets qu’elle utilise elle-même lorsqu’elle a besoin d’aller et venir en toute discrétion ? Cela trahirait à coup sûr son rang haut placé dans la hiérarchie de la cour kyréenne, et surtout, cela donnerait à la Cour des Miracles un point d’entrée redoutablement stratégique au cœur même du palais. Ce serait follement imprudent, et tous les instincts de la princesse lui hurlent que c’est une idée horrible, affreuse, dangereuse – et qu’elle doit absolument trouver une autre solution pour les faire entrer incognito. Oui, mais comment ? La sécurité de la couronne est cruciale, surtout après les récents événements ; mais les exigences de la Sombre Mère sont souveraines et l’Écoutante de la Lame ne peut rester ainsi empêtrée aux basques d’un fils d’Isil.

Tyr a vraiment l’air d’y tenir, à ses doigts de Voleur, et Ljöta retient un petit rire amusé. Peut-elle pousser le petit jeu un tantinet plus loin, juste pour se laisser le temps de réfléchir à un plan sûr ? Oh, oui. Elle peut. « Trancher un doigt serait plus rapide, c’est sûr, et je suis persuadée que vous n’en mouriez pas. Sont-ils donc nécessaires, tous les dix ? Je pense que vous devriez pouvoir vous débrouiller sans un, après tout vous en avez tellement… Vous devriez peut-être me montrer ce que vous savez faire avec – que je voie en quoi ils sont… inestimables. » Et elle arque un sourcil plein de sous-entendus, laissant le Voleur interpréter ses mots comme il l’entend, continuant à réfléchir frénétiquement pour proposer un plan alternatif qui ne trahisse pas sa réelle identité.





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyJeu 28 Sep - 23:04

Son rire caresse mes sens, agréablement, et à la fois… Je n’apprécie pas ce qu’il peut sous-entendre. Je cherche à l’adoucir, cette créature de Lida, aux lames acérées. Je sais très bien toutes les vérités que l’on peut dissimuler sous une pointe d’humour, autant par mes fonctions actuelles que mes origines profondes. Ah ! Je ne compte pas prendre de retraite anticipée, pas encore, à seulement monter des plans d’action pour les voleurs sans ne plus pouvoir participer directement à leur résolution. Je serais bien attristé d’être amputé de mon adresse, par un mauvais concours de circonstances. Un ou deux doigts, ce n’est peut-être rien pour le commun des mortels, mais c’est ce qui transforme un voleur en mendiant. Combien sont-ils à avoir fini avec une main estropiée, parce qu’ils ont trop joué, trop perdu ? Ce serait ironique, n’est-ce pas, de finir ainsi non à cause d’un vol mais d’une femme aussi belle que fatale ?

Merle rirait bien de moi. Surtout en sachant quelle stratégie j’emploie, à cet instant précis, pour détourner son attention. Elle en vaut bien une autre, et elle a le mérite de lier l’utile à l’agréable. Lui ne sait qu’employer ses moyens-là… J’ai bien d’autres ressources. La dernière serait peut-être de lui révéler mon identité complète. Qu’elle le croit ou non, elle réfléchirait sans doute à deux fois avant de songer à la solution de facilité en présence du Second des Ombres. Seulement… Ce serait abattre mes cartes bien trop tôt. Je préfère qu’elle se montre sage et raisonnable, et s’apprête à faire demi-tour pour vérifier le lieu du vol.

Elle semble réfléchir réellement à cette proposition, qui est plus censées. C’est la meilleure qui me soit venue à l’esprit, plutôt que de frapper comme un sourd à coup de marteau, ce bijou imprégné de magie. La force brute a souvent peu de chances de l’emporter, dans ce cas précis.

Je devrais peut-être lui donner des arguments supplémentaires ? Elle parle encore de trancher quelques doigts, et mon sourire se fait quelque peu crispé. Au moins… J’ai arrêté de parler pour évacuer le stress. Je m’apprêtais à ajouter quelque chose, peu importe quoi, quand elle me prend quelque peu au dépourvu. Je lâche un léger rire. C’est plutôt ces arguments-là, qui l’intéressent ? Je ne pensais pas réellement qu’elle chercherait à rentrer dans ce jeu… Mais soit. Son expression est équivoque, à hausser un sourcil, aussi interrogatrice que charmeuse. « Mais vous n’avez pas vraiment envie que ce soit rapide, n’est-ce pas. Ce serait dommage d’écourter notre entrevue de la sorte… » Elle s’en moque bien, pour le moment sans doute. Je remonte doucement cette main, liée par le sort à la sienne, au niveau de sa taille. Je lui laisse ainsi pleinement l’occasion de suivre le propre chemin de mon exploration, alors que je la remonte avec lenteur, à suivre ses courbes, les contours de sa silhouette… Je ne sens la peau sous mes doigts que lorsque j’effleure le creux de sa poitrine jusqu’à son cou. J’attarde ensuite mon pouce sur ses lèvres, à la caler contre sa joue dans un doux sourire que je lui renvoie. Ma seconde main s’enroule autour de sa taille, au point que nos deux corps se touchent quasiment. Je me penche à son oreille, à lui glisser dans un murmure : « Vous voyez ? Vous ne ressentirez pas autant de sensations, si tous mes doigts n’étaient pas présents. Je suis presque sûr que de sentir une main mutilée vous frôlez ainsi aurait plutôt tendance à vous rebuter même… Alors oui, ce serait vraiment dommage de les perdre, tous les dix. »
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMer 4 Oct - 2:08

L’esprit de Ljöta tourne à pleine vitesse, envisageant et repoussant une multitude de possibilités dont les chances de succès s’échelonnent du « peu probable » à l’ « absolument impossible », en passant par le « risque de blessures sévères pouvant mener à la mort ». Elle a deux impératifs apparemment irréconciliables : d’une part, parvenir à se séparer de ce séduisant mais fort encombrant Voleur pendu à ses basques, et d’autre part préserver à tout prix son identité de princesse ducale de Valkyrion. Les enfants d’Isil se sont toujours bien entendus avec ceux de Lida et Sithis, et l’Écoutante ne tient pas particulièrement à créer un bien fâcheux précédent en se résignant à occire son compagnon d’infortune – qui ne se laisserait vraisemblablement pas faire passivement, de toute manière.

Cruel dilemme.

C’est l’approche du Voleur qui vient la tirer de ses réflexions – et voilà sa tentative de distraction qui se retourne contre elle, tandis qu’elle suit bien malgré elle le lent cheminement de ses mains d’homme sur ses cuirs sombres. Cela fait quelques temps déjà que la blonde Kyréenne ne s’est pas aventurée entre les draps d’un amant de passage, pas même dans une roulotte de la Caravane qu’elle n’a pas croisée depuis un moment – et les gestes habiles de Tyr lui suggèrent tout un pan d’activités récréatives qui se rappellent impitoyablement à son bon souvenir dans ce moment plus qu’inapproprié. Oh, la fille de Valkyrion en elle lui hurle de se reprendre, que c’est fort indélicat de s’égarer à de telles pensées alors qu’elle est maintenant fiancée à un très respectable Sénéchal de la couronne, même s’il s’agit de son ami d’enfance et qu’il ne la touchera vraisemblablement jamais.

Oui, mais ! Mais la fille de la Ville Basse qui erre la nuit le long des ruelles, la lame à la main et le goût du sang sur les lèvres, cette fille-là qui aime les étreintes un peu rudes dans des endroits pas nécessairement faits pour ça, cette fille-là qui aime se vautrer parfois dans la luxure pour ressentir plus intensément à quel point elle est vivante – cette fille-là aimerait bien faire plus ample connaissance avec le Voleur si opportunément attaché à ses pas. Cette fille-là s’est faite avoir par sa propre diversion, et Ljöta se réprimande intérieurement d’imaginer… ce qu’elle imagine, mille détails s’assemblant dans un recoin obscur de son esprit. Parler, vite, répondre, prétendre ne pas être troublée, sinon il va la prendre pour une demeurée ou une faible femme. Certes, c’est peut-être un peu trop tard pour cela, auquel cas… il le pense déjà. Tant pis. Elle saura bien lui montrer que ce n’est pas vrai. Dès qu’elle s’en sera elle-même persuadée, avec cette rigide opiniâtreté des Kyréens entêtés qui ne le cèdent en mauvaise foi qu’aux Outreventois.

« Vos talents semblent intéressants. Je les aurais imaginés plus tournés vers le délestage de ma bourse que l’exploration de mon corsage, mais votre approche est fort plaisante, je me dois de l’admettre. Une fois ce léger détail réglé, » dit-elle en agitant négligemment le poignet auquel la main de l’homme est toujours liée, « peut-être pourrons-nous en reparler. » Le sourcil qu’elle arque délicatement ne laisse aucun doute sur la teneur de l’invitation, mais Ljöta préfère ne pas s’attarder sur cette notion, de peur de trop agiter les fantaisies enfermées dans l’arrière-boutique de son esprit distrait. « Pour le moment, j’ai peut-être un moyen de nous faire entrer dans risque dans le palais ducal, mais c’est un chemin… confidentiel. Je ne tiens pas à exposer un secret qui ne m’appartient pas personnellement, c’est une entrée réservée aux miens. » Elle ne précise pas qu’il s’agit de la famille ducale – qu’il continue à croire qu’elle parle des Assassins, c’est très bien. Il n’aurait sûrement aucun scrupule à abuser les Evalkyr, mais y réfléchira peut-être à deux fois s’il pense risquer le courroux de Lida et Sithis… « Pensez-vous pouvoir, en toute franchise, garder les yeux fermés et ne pas épier la manière dont je m’y prendrai pour ouvrir le passage… ? »





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptySam 7 Oct - 22:43

Elle réfléchit bien trop, la belle assassine des contrées froides. Je peux le voir dans son regard, si absent, mais qui se trouble bien vite sous la pression de quelques caresses, comme pour l’ancrer à cette réalité. J’aimerais bien qu’elle ne réfléchisse pas avec autant de sérieux à mon propre sort, cherchant à lui rappeler mes quelques talents, qui ne la laissent visiblement pas si indifférente. Elle a pris trop de temps à me répondre pour que je n’identifie pas son trouble, même caché sous la glace.

J’hausse un sourcil, avec un sourire amusé. Mes talents sont… Intéressants ? Oh, mais je ne me contente pas d’explorer son corsage, bien au contraire. « Vous parlez de ceci ? » Je lève sa bourse, dans ma seconde main, celle-là même qui était restée plus sagement à sa taille quand l’autre s’attardait sur la pulpe de ses lèvres. Mon sourire s’accentue, à lui remettre en main. « Je vous le rends. » J’aurais pu tenter de lui retirer cette dague à sa ceinture… L’idée était tentante, mais le risque bien trop grand. Elle l’aurait repéré bien plus vite, et sa riposte aurait pu être fulgurante. Je préfère rester prudent, sur le comportement à adopter. Oh, je suis très joueur… Et apparemment elle aussi, mais certaines blagues sont susceptibles de ne pas la faire rire longtemps, et par extension, moi aussi.

Et elle fait plus que de reconnaître mes quelques talents, Lia. Mon sourire se fait plus charmeur, quand elle propose à demi-mots de passer du bon temps ensemble, quand nous en aurons terminé avec cet épineux problème de pierrailles. « Avec plaisir, ma chère. Nous pourrons en… Reparler, mais je pense que vous me préférerez plus silencieux à ce moment précis. » D’ailleurs, en parlant de silence… C’est bien celui-ci qu’elle cherche à m’arracher. Je suis d’une curiosité presque malsaine, et elle me demande à demi-mots de… Fermer les yeux ? De ne pas regarder, observer ? Un passage secret, un moyen de nous infiltrer dans le palais quand bon nous chante… « Je suis navré que les informations vont souvent à sens unique, nous aurions beaucoup à gagner à en partager bien davantage entre nos deux ordres… » Je suis bien obligé d’accepter, mais mes réticences sont plus crédibles que d’accepter sans en fournir aucune. Elle aurait raison d’être plus méfiante, si j’acceptais docilement toutes ces conditions. « Mais je tiens à conserver toute mon intégrité physique, et ne pas froisser la Confrérie Noire. J’espère que vous ne me ferez pas regretter de vous avoir accordé ma confiance pleine et entière. » Bien trop facilement. « Je ne risquerais pas un œil sur le côté, et me laisserais guider, sans un mot même. » Je risque de ne pas pouvoir me retenir, en vérité, et encore moins de compter chaque pas, mesurer chaque distance, à étudier le terrain. J’ai été Maître-Voleur, en stratégie. Chaque détail a son importance, et impossible pour moi d’éteindre mon cerveau dans de pareilles circonstances. J’aurais sauté habituellement sur l’occasion, si on n’avait pas tant à perdre.

Je ne suis pas aussi confiant, contrairement à mes dires. Oh… Ce joli minois, serti de mèches blondes, vous donnerait envie de lui concéder n’importe quoi. Je lui ai peut-être même déjà concédé bien plus que je ne le ferais en temps normal avec une parfaite étrangère… Mais elle aussi. Elle aurait pu régler le problème d’une manière bien plus cruelle, à m’entraîner ainsi dans l’ombre. Non, elle prend des risques, sous mes conseils. Mon sourire se fait étonnement plus sincère, avant de disparaître pour un sérieux tout aussi rare. Je ferme les yeux, et entrelace mes doigts avec les siens pour plus de commodité dans nos déplacements. « Je vous suis, Lia. »
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptySam 14 Oct - 14:10

C'est une mauvaise idée.
Une très mauvaise idée.

La phrase résonne dans l’esprit de Ljöta comme une litanie de sinistre augure, tandis qu’elle se faufile dans les couloirs du palais avec Tyr dans son sillage. Une très mauvaise idée, oui, une idée affreuse, abominable : ce Voleur un brin joueur – ce qui plaît à la princesse, à son corps défendant – est bien trop curieux, et elle a pleinement conscience des risques qu’elle court à l’introduire dans le palais ducal de Valkyrion où chacun ou presque la connaît de vue. Oui, le risque est grand, et la princesse serre les dents à chaque tournant le long des murailles d'enceinte, jusqu’à atteindre l’entrée bien dissimulée du réseau de passages secrets qui courent à l’intérieur des murs du palais.

Après s’être assurée d’un regard méfiant que Tyr est fidèle à sa parole, elle fait jouer le délicat mécanisme qui commande l’ouverture de la porte ; et dans un chuintement feutré de mécanique bien huilée, un pan de mur entier bascule, révélant une arche de pierre et les premiers degrés d’un escalier. Déterminée à éviter les regards indiscrets, elle attire le Voleur à sa suite dans le conduit obscur, refermant soigneusement derrière elle. « Vous pouvez regarder. » Encore qu’il n’y verra pas grand-chose : il va falloir patienter quelques minutes, le temps que les yeux s’accoutument à l’obscurité et puissent discerner leur chemin, faiblement éclairé par de très étroites fentes çà et là permettant l’espionnage dans les pièces longées par le passage.

Passer par là présente le net désavantage de prouver à Tyr que le fameux réseau de passages secrets du palais a bien plus d’entrées qu’on ne le croirait de prime abord ; mais il fournit également l’avantage de passer inaperçus, et surtout de ne pas être reconnue par les habitants du palais. Le calcul est rapide, et de deux maux, la princesse choisit le moindre, tandis que dans sa tête s’entrechoquent pêle-mêle mille et unes réflexions nées des paroles du Voleur dans la cave où ils s’étaient réfugiés. Elle a ruminé tout le long du chemin sur les possibilités de nouer de nouveaux liens profitables avec la Cour des Miracles, et à tout ce que la Confrérie aurait à y gagner. De meilleures informations sur leur contrats, pour commencer ; et des alliés à Lorgol en la personne des seigneurs des pavés. Oui, cela serait profitable, elle devra en parler aux autres Écoutants à son retour à la capitale du Nord – et de toute façon, elle n’est pas contre l’idée, elle, d’établir une relation plus étroite avec Tyr. Plus tard. Quand ils se seront débarrassés de ces encombrants bijoux. Le plus important, pour l’instant, c’est de libérer son poignet.

Des sons étouffés filtrent par les fentes des murs ; des bruits de voix, de portes qui s’ouvrent et se referment, de pas. C’est toute la vie quotidienne du palais qui résonne en sourdine dans l’espace étroit au creux des murs, et Lia savoure un instant de se trouver ainsi au centre de l’activité, inaperçue de tous. Les seules personnes qu’ils sont susceptibles de croiser ici sont Hjalden, Astrid et Hjalmar, et elle doute fortement que l’un d’eux s’y aventure : la poussière au sol et les toiles d’araignée en hauteur prouvent nettement qu’elle est la seule à arpenter régulièrement ces corridors, qui sont un moyen pratique d’entrer et sortir du palais dans sa tenue d’assassin. Et dans le cas présent, pour parvenir jusqu’à l’endroit où Tyr a chipé la fameuse bague sans alerter toute la domesticité… « Où avez-vous trouvé l’anneau ? Est-ce que vous vous en souvenez ? Nous pourrons nous rapprocher au maximum avec le réseau des passages secrets, sans risquer de nous faire repérer. »





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptySam 21 Oct - 1:02

Je compte les pas. Impossible de m’en empêcher… Même si je tiens promesse ! Mes yeux sont résolument clos, alors que nous avançons main dans la main, comme deux amants qui s’amusent à se faire des cachoteries. Ah… Que je préférerais plutôt une ambiance pareille, plus détendue, en bonne compagnie. Non pas que sa compagnie est mauvaise, mais elle peut se révéler létale aussi. Mon instinct me souffle que c’est une bien mauvaise idée, mais une autre partie de moi, moins rationnelle, trouve cette virée pleine de sensations fortes si grisante. Des passages secrets, des artefacts magiques et une femme aussi fatale qu’énigmatique… Que demande de plus, à ce voleur qui s’éveille sur le terrain, et voit autant d’accrocs à ces stratégies comme autant de défis à relever ?

Tiens, ne venons-nous pas de tourner ? Elle se stoppe, et à entendre le mécanisme qui s’enclenche, nous sommes visiblement arrivés à destination. Je garde tous mes sens en éveil, pour tenter de repérer le lieu-dit, et calcule mentalement combien de pas effectués depuis la masure de sa victime et… Ah. Elle vient de mettre fin à mes pensées, en m’attirant sèchement à l’intérieur. Oui, plus tard les comptes. J’ai promis. Je me tiens à carreau. Je ne laisse même pas un mot franchir mes lèvres, et pourtant, l’envie me démange. Non, parce que… Comment peut-elle connaître un passage secret dans le palais ducal sans faire partie de quelques privilégiés ? Je commence à me dire que cette remarque innocente, ou cette drague insolente, sur sa ressemblance troublante avec quelques nobles portraits, n’était peut-être pas si anodine. Si c’est bien le cas, je me suis trahi sans son aide, et elle a tout de même décidé de me faire confiance.

J’ouvre les yeux, quand elle m’en donne enfin l’autorisation. Il fait tellement obscur, dans ce passage… Je ne lâche pas sa main, et me laisse entraîner en avant. L’envie me prendrait d’observer par quelques unes de ces fissures, pour surprendre des conversations alléchantes mais… Nous avons bien plus urgent à faire. Je ne dois pas me laisser distraire, ni par ma curiosité, ni par elle. Tout de même, elle dispose d’informations qui sauraient faire toute la différence pour la Cour des Miracles. J’aurais besoin de lui en parler davantage, pour tenter de la convaincre, quand nous aurons arrangés ce faux-pas. Peut-être que si elle connaissait ma fonction au sein de la Cour des Miracles… Non, c’est trop tôt pour abattre toutes mes cartes. Et puis, ne serait-ce pas plus agréable d’acquérir son consentement d’une toute autre façon ? Autant lier l’utile à l’agréable.

Elle finit par briser le silence, ce que je n’avais osé faire, à entendre les bruits de couloir et les échanges des nobles gens. Je ne pouvais m’empêcher de tendre l’oreille. J’ai un sourire, dans son dos. « Bien sûr que je m’en souviens. C’était dans le coffre d’un noble de passage. Deuxième étage, dans l’aile Est. Troisième chambre à droite. Je crois que c’était l’escalier, au bout du couloir… Mais je ne saurais dire avec précision : Je n’emprunte que rarement les escaliers, vous comprenez. »

Nous poursuivons. Et, c’est moi ou les toiles d’araignée sont de plus en plus nombreuses ? La sensation est désagréable. Je note que nous avons bien franchi deux escaliers, et que nous continuons notre périple, elle, le regard résolument fixé sur son objectif, moi, plutôt à vouloir sans arrêt jeter des coups d’œil par les interstices. Je me fais systématiquement rappelé à l’ordre par ce lien indissociable. Je me demande ce qui se passera quand il sera brisé… Elle aura quels arguments pour m’empêcher de vivoter à droite à gauche ? Oh, je suis sûr qu’elle trouvera. Je souris à moi-même. J’en ai déjà deux en tête… Je dévie. Je sens à nouveau la pression contre ma main.

« Oh ! Ici. » Je me stoppe subitement, et cette fois c’est moi qui l’empêche de poursuivre. Je désigne d’un signe de la main un fin interstice, qui désigne la dite chambre. « Je vois même le coffre d’ici. Il est encore là, heureusement… » Je lui souris, encore. « On quitte le couvert, ou vous avez une meilleure solution ? Il va falloir fouiller la pièce. Il doit bien y avoir un indice, n’importe quoi, sur comment ces pierres fonctionnent. »
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyDim 12 Nov - 14:12

L’aile Est, celle des invités – intéressant. Et le deuxième étage, celui où l’on loge les visiteurs du commun, juste en dessous de l’étage des serviteurs où il fait nettement plus froid. La curiosité envahit un instant l’esprit de Lia, qui se demande fugacement qui peut bien se promener dans le duché avec des reliques magiques au fond de ses sacoches. Un mage clandestin, peut-être, qu’il conviendrait de passer par le fil de l’épée pour lui faire payer sa nature indigne, une fois qu’il aura livré le secret de la bague et du bracelet ? S’il est mage, point de pitié, décide la princesse de Valkyrion en son for intérieur – elle partage l’intolérance de Hjalden sur ce point et ne serait pas contre une mort de sorcier pour apaiser ses nerfs un peu crispés par l’inconfort de la situation.

Elle ne sait pas vraiment si l’inconfort en question est causé par l’entrave de ses mouvements qui n’ont plus rien de leur habituelle fluidité gracieuse, ou bien plutôt par la proximité envahissante de Tyr et de son cortège de sous-entendus grivois, mais le résultat est là : Lia, qui d’ordinaire irradie une aura d’assurance absolue, se trouve quelque peu déstabilisée par la situation. Plus tôt ils en auront terminé, mieux ce sera – le maudit Voleur s’envolera et la tranquillité reviendra ! Niant fermement l’infime pointe de regret qui se dessine à cette idée, l’Écoutante ouvre la voie vers les étages, se glissant d’escalier en escalier en entraînant son complice forcé à sa suite. Sans pitié, mais avec tout de même autant de douceur que possible, elle tire fermement sur le bras de son escorte lorsqu’il tente d’épier par les fentes du mur, ne tenant pas à ce qu’il abuse de son accès privilégié du jour pour espionner les braves gens du palais ducal.

Elle est donc totalement surprise lorsque c’est lui qui tire sur leurs poignets joints, et elle trébuche sans pouvoir s’en empêcher, se rattrapant à la paroi pour ne pas tomber, basculant contre lui sous l’effet de la traction exercée sur son bras. « Humpfff ! » grogne-t-elle de mécontentement, laissant un brin d’agacement poindre sous ses dehors polis. Elle n’a pas envie de se fâcher avec la redoutable Cour des Miracles, mais elle est l’Écoutante de la Lame, la maîtresse des cohortes affûtées, on ne la bouscule pas comme un sac de rutabagas par jour de marché ! Prestement, elle s’efforce de reprendre contenance tout en époussetant ses cuirs recouverts de poussière – oui, bon, l’objectif n’était pas de bringuebaler sa main d’homme, toujours prisonnière et qu’elle avait momentanément oubliée, à divers endroits de ses atours, certains fort personnels. « Par les flammes de Sithis… ! » râle-t-elle, fortement contrariée de se couvrir de ridicule devant un quasi-inconnu dont elle a déjà pu apprécier la fibre sarcastique. « Oh, on va le quitter, ce couvert, croyez-moi. »

Tout de suite, même. Après avoir exploré d’un œil inquisiteur la pièce par l’interstice, Ljöta glisse deux doigts dans un ressort caché et fait basculer un pan de mur. Elle a tôt fait ensuite d’entrer dans la chambre, traînant Tyr à sa suite, pour s’en aller barrer la porte de l’intérieur et éviter qu’ils ne soient surpris. « Parfait. Bon, ce coffre, maintenant : montrez-moi où était la bague, et dans quoi elle était rangée. Cela peut sûrement nous aider. » explique-t-elle en croisant son regard pas vraiment concentré sur l’objet.

Oh, Alder tout-puissant ! Mais pourquoi donc rougit-elle subitement ?





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMer 15 Nov - 1:40

Elle n’est vraiment pas commode, la Kyréenne, à me tirer de la sorte en permanence, si bien que mon doigt prisonnier finit par me lancer. Je me demande si elle ne va pas finir par avoir gain de cause, à le voir s’arracher à force de maltraitance… Ce n’est pas le moment de se plaindre ou de jouer les douillets, n’est-ce pas ? J’aurais pu le faire. Les mendiants m’ont appris que paraître inoffensif est le meilleur moyen de l’emporter, mais là… J’ai l’impression qu’elle ne serait pas très sensible aux charmes d’un homme qui se fait passer pour faible. Je préfère conserver ma technique de base qui fonctionne en toutes circonstances : La plonger dans la confusion sous un flot de paroles, et faire tout passer avec quelques sourires avenants.

Alors c’était peut-être une basse vengeance, que de la tirer en sens inverse, quand nous arrivons enfin à destination. Retour à l’envoyeur ! Je l’entends grogner, protester… Alors qu’elle se rattrape tout juste à temps à la paroi. J’ai vraiment envie de rire, moqueur… Je me contiens à merveille, à me contenter de lui rendre cet éternel sourire, l’air faussement navré. « Excusez-moi… Je ne mesure pas ma force. » Bien sûr. L’excuse est volontairement passable. J’aime assez susciter cette pointe d’agacement, mais je ne ferais pas l’erreur de l’alimenter suffisamment pour qu’elle change d’avis au dernier moment, alors que nous touchons enfin au but. Elle cherche à reprendre contenance, à s’épousseter comme un chat reprendrait sa toilette après une malheureuse chute. C’est presque attendrissant… Mais sa tentative est quelque peu gâchée par ma main qui suit le mouvement bien malgré elle. Après avoir effleuré les cuirs, elle finit par se coincer à des endroits… Un peu plus rebondis. Je l’entends rager pour de bon, sous mes éclats de rire. Là, je n’ai pas su me contenir ! « Je trouvais aussi que vous étiez un peu trop couverte… »

Elle tire. Ma main bouge pour suivre les siennes qui s’activent sur un mécanisme de… Oh. C’est presque trop facile, avec elle. « Vous ne voudriez pas être ma partenaire, dans nos futures rapines ? Je parie que vous feriez des merveilles. On partagerait les gains équitablement, bien entendu et… » Ah, je me tais. Elle s’est déjà précipitée à la porte, au risque de me faire trébucher, pour la barrer avant que quelqu’un ne cherche à entrer. « Bon réflexe. »

Elle se retourne ensuite vers moi, pour me questionner sur le coffre… Et mon sourire s’étire sans un mot cette fois. C’est moi ou… Elle rougit ? Sur sa peau pâle de Kyréenne, c’est bien assez visible pour ne pas s’y tromper. C’est à cause de mes mains baladeuses ou de mes paroles à double sens ? Peut-être un peu des deux. « C’est adorable. » Je ne précise pas, ni quoi ni comment. Je préférerais la voir s’empourprer davantage en se posant la question, plutôt que de profiter de l’occasion pour me mettre un coup bien placé.

Je me détourne déjà pour fouiller la pièce. « Voyons, dans mon souvenir… » C’est que nous avons pillé un certain nombre de pièces, dans ce palais ! « Ah ! Le voilà. » Je remets la main sur un petit coffre, glissé sous l’un des meubles, et dont le mécanisme a été remis en place comme si rien n’avait été fouillé. Je le prends en main et me dirige vers le lit pour m’assoir, le temps d’œuvrer. « Vous permettez… ? Je vais avoir besoin de mes deux mains. » J’aimerais bien qu’elle s’assoit à côté de moi, le temps de me laisser faire avec mes crochets. Je n’ai aucun problème à la voir frôler mon bras ou le début de ma jambe tandis que je m’active, jusqu’à ce que le « clic » caractéristique m’avertisse que le cadenas est ouvert. « Ah, parfait. » J’ouvre le coffret en bois, pour déchanter aussitôt. Pas d’annotions. Pas d’autres bijoux ou… Rien, si ce n’est un livre de contes. Je comprends pourquoi on l’a laissé là sans s’en soucier. Je le prends en main, sans me décontenancer, et commence à le feuilleter tranquillement. « C’est un conte… » A quel point mes doigts risquent de sauter, si elle se rend compte que nous avons probablement fait fausse route ? Je me penche vers elle, avec un sourire. « Même que ça parle d’un amour passionné entre les deux possesseurs des pierres… » Je le lève à la lumière, et secoue la tête négativement, peu convaincu, avant d’entonner avec humour : « Il était une fois… »
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyDim 17 Déc - 2:16

Un sourire ne devrait pas être irritant. Un sourire, c’est censé être une marque de cordialité, un signe de coopération, un indice de bonne volonté – pas la manifestation d’une arrogance si insolente que Ljöta s’en étouffe un peu. Tyr sourit, d’un air entendu, oui ; comme s’il savait à quel point leur rencontre est déconcertante pour la toute-puissante Écoutante de la Lame plus habituée à susciter la terreur qu’un sous-entendu moqueur. Non qu’elle réprouve les allusions taquines, loin de là – mais le regard mutin du Voleur l’inquiète un peu, car elle s’y découvre… réceptive. Adorable, dit-il. L’écarlate s’en vient dévorer de plus belle les joues normalement pâles de la blonde princesse, et elle se mord les lèvres pour retenir une répartie cinglante qui n’aurait rien eu de justifié. Il s’amuse juste, après tout ! N’est-ce pas ce que font d’ordinaire les Lagrans ? Il est lagran. C’est obligé. Avec un tel aplomb, une telle aisance dans l’art du baratin… ! Oui. Forcément lagran. Tous des menteurs, dans ce duché de beaux parleurs !

Il fouille la pièce, et l’assassin n’a d’autre choix que de le suivre dans son entreprise, grognant lorsqu’il étire parfois le bras pour vérifier l’arrière d’un meuble. Toute cette affaire lui déplaît souverainement, et elle espère vivement qu’ils trouveront la clé permettant de déverrouiller le maudit mécanisme qui les enchaîne l’un à l’autre. Tyr finit par exhiber un coffret de modestes dimensions, et Ljöta observe l’objet avec curiosité, se demandant comment le bijou a bien pu terminer dedans : le contenant semble plutôt récent, et les souvenirs qu’elle garde des combles du palais trahissent le passage des siècles de jadis. Le Voleur l’entraîne vers le lit, et c’est un peu réticente que la jeune femme s’y assied à ses côtés, farouchement sur ses gardes, sa main libre fermement cramponnée au pommeau de la dague fixée à sa ceinture.

Elle observe, fascinée, le ballet agile des doigts de l’homme autour de la serrure, dansant adroitement sur le métal des crochets qu’il manie avec dextérité. Il sait décidément faire très bon usage de ses dix doigts, visiblement, et une part d’elle se demande avec gourmandise s’il consentirait, par hasard, à lui montrer un jour l’étendue réelle de ses talents cachés – avant que sa raison ne l’emporte et ne se reprenne fermement. L’instinct de la princesse lui souffle que l’homme n’a rien perdu de ses œillades attentives et concentrées, et la rougeur s’intensifie sur ses pommettes. Elle s’empresse de se focaliser sur le contenu du coffret, pour dissimuler son trouble, mais… « Comment ça, un conte ? Un conte d’enfants ? » La surprise arrondit l’arc de ses sourcils, et un « ô » perplexe s’affiche sur ses lèvres. Un… un livre de contes. Rien de tout cela n’a de sens. Elle n’a jamais particulièrement rêvé d’amour, la princesse de Valkyrion, et ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel d’un mouvement exaspéré lorsque le Voleur se penche vers elle pour lui décrire le thème de l’histoire. C’est un regard méprisant qu’elle jette à la reliure de cuir. « Comme si qui que ce soit croyait à ces fadaises. » Comme si les contes de Faës avaient la moindre chance de se réaliser. « La magie n’a jamais rien résolu. » poursuit-elle d’un air sombre, comme si cela justifiant son rejet d’emblée de tout ce qui a trait aux arcanes.

Mais voilà que Tyr se met en tête de lui faire la lecture, et Ljöta hésite un instant à se saisir du volume pour lui en asséner un coup vigoureux à l’arrière du crâne, juste histoire de lui remettre les idées en place. L’instinct lui souffle qu’il risquerait de lui faire payer ce geste d’humeur avec une litanie de jérémiades et plaidoiries qu’elle n’a d’avance pas la patience d’écouter, aussi se tient-elle coite, résignée à le laisser aller au bout de sa fantaisie. Elle n’écoute que d’une oreille sa voix légère et bien trop moqueuse – ne prend-il donc rien au sérieux ? – bercée tout de même par son timbre posé, lorsqu’un fragment de phrase attire soudain son attention. « … que quiconque ne connaîtrait pas leur secret ne saurait les séparer, tant qu’il portera l’anneau et elle le bracelet. » « Attendez. C’est nous, ça – l’anneau, le bracelet, ils ne sont plus séparables. Redites-moi leurs noms ? »

L’homme revient en arrière de quelques pages. « Brünehilde et Siegfried. » L’esprit de la Kyréenne tourne rapidement. Ces noms-là sont faërisés, mais dans le parler kyréen d’antan, cela donnerait… « Brynhildr et Sigurd. La mère de l’ordre des skjaldmös,  et le premier des berserkir. Ils sont célèbres, en Valkyrion : des amants maudits, que le Destin a tués car il ne pouvait les séparer de leur vivant, mais il ne savait pas qu’ils… il ne savait pas qu’ils… » La voix de Ljöta se fait rêveuse. Son instinct a touché quelque chose du doigt. « Il ne savait pas, qu’ils avaient eu une fille. La prophétesse. » Le ton de la princesse s’empreint de révérence. « L’ancêtre de ma lignée. » Un sourire amusé, devant l’intelligence et la rouerie de ces nobles aïeux qu’elle est toujours fière d’évoquer. « Aslaug. »

Et dans un tintement de métal qui résonne dans la pièce, l’anneau soudain se désolidarise du bracelet.





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyJeu 28 Déc - 23:53

Son sourire s’accentue, en même temps que ses joues se colorent davantage. Je lui fais de l’effet, c’est certain… Ce qui m’amuse d’autant plus, malgré ce jeu dangereux. J’en viendrais presque à oublier que c’est une assassine froide et impitoyable, à la voir désarçonner par quelques unes de mes pitreries. C’est plus fort que moi, comme si je ne pouvais pas m’en empêcher en sa présence, avec cette irrésistible envie de faire fondre la glace qui recouvre ce cœur de Kyréenne. Elle n’est pas aussi insensible qu’elle voudrait bien le laisser paraître, révélant par la même occasion une personnalité bien plus complexe qu’elle ne voudrait le montrer. Elle m’intrigue, indéniablement, et l’idée de se séparer bientôt serait presque regrettable. Etrange de le penser, moi qui ne rêve que de retrouver ma liberté envolée.

Enfin ! Mieux vaut rester professionnelle, parce qu’elle paraît particulièrement réticente quand nous nous asseyons tout deux sur le lit, le temps que je crochète cette serrure récalcitrante… En vérité, je n’aurais même pas fait le lien si elle n’affichait pas cette moue revêche, véritable chat sauvage prêt à sortir les griffes. Devrais-je lui glisser que c’est plus simple de s’asseoir côte à côte sur un lit, quand on est dans une telle posture, plutôt que de tenter de tenir à deux dans un de ces fauteuils très confortables ? Non, elle risquerait de s’irriter encore plus, alors je retiens ma remarque à temps pour me concentrer sur ma tâche.

Enfin autant qu’on peut l’être, quand quelqu’un vous détaille avec autant d’attention. Impossible de me départir de ce sourire amusé. Totalement impossible même, surtout à voir cette expression de surprise qui se dépeint sur ses traits. Avec sa peau si pâle, ses joues rosées ressortent encore davantage, et une chevelure si claire est bien rare en Lagrance… Je m’égare. Le conte, disons-nous. De toute façon, il ne m’a fallu qu’une remarque taquine pour que son expression se fasse à nouveau fermée. Je lui rends un sourire compatissant, alors que Lia rejette tout en bloc. « Je pense réellement que ce conte mérite notre attention, non pour son contenu, mais pour les secrets qui sous-tendent. Il y a toujours une vérité cachée, charmante Lia. » Je note son aversion marquée pour la magie, comme une mise en garde muette. Je ne suis pas mage, évidemment… Même si j’aurais bien aimé. C’est un outil fort utile, la magie. En attendant, magie ou pas, ce n’est pas ce qui m’a empêché d’atteindre le rang si convoité de Second des Ombres. Je continue de le taire, pour le moment, profitant de son agréable compagnie – ou non – autour de ce conte pour enfants qu’elle méprise.

C’est sans doute ce qui me pousse à lui lire à haute voix, quitte à l’agacer davantage. Je suis le premier étonné, à la voir me laisser faire, et mon ton tout d’abord moqueur se fait plus songeur. Elle écoutait vraiment ? Les noms que je prononce semblent résonner en elle, avec une connotation bien plus Kyréenne. Brynhildr et Sigurd… « Oh. » C’est à mon tour d’avoir cette expression si caractéristique, d’une surprise à peine cachée, quand son esprit recolle les morceaux et… Le tintement de métal sonne comme la symphonie d’une liberté retrouvée. Ma main retombe contre ma cuisse, toujours le livre en main. Je l’observe, un rien interdit, partagé entre un soulagement euphorique et… Une curieuse perplexité. « Aslaug, la prophétesse ? Votre ancêtre ? » J’aurais peut-être dû me contenter de lui souffler un oh, très bien et m’évanouir dans la nature aussitôt sans chercher plus loin. C’est ce que mon instinct de survie me souffle avec insistance, alors que l’assassine laisse filtrer des informations cruciales sur sa véritable identité, bien plus détendue et perdue dans ses pensées qu’elle ne l’était précédemment. Que disais-je déjà, sur ces fameux tableaux… ? La question me brûlait les lèvres, mais j’en avais déjà trop dit. Connaître l’identité réelle d’un assassin, surtout s’il était de si haut rang que le laissait croire ses dires, risquent de m’envoyer six pieds sous terre. Je ferais mieux de mûrir ma réflexion de mon côté et… Et de sourire, simplement. Pouvais-je le faire de façon idiote, histoire d’assurer ma survie ? « Je suis épaté de vos connaissances, Lia. Ce conte ne vous était pas si méconnu… » Je referme l’ouvrage, mais le garde avec moi plutôt que de le reposer dans le coffret. Plus tard, plus tard…

Je décide que ce soulagement euphorique valait mieux au final, à lever ma main devant mon visage pour en agiter les doigts souples. « Tout est bien qui finit bien, non ? Comme dans les contes pour enfant, vous voyez… Il manque juste le final émouvant, et ils vécurent heureux, et eurent de nombreux enfants… non ? » Je ris doucement, autant de ma propre blague que pour dédramatiser la situation. Je la fixe longuement, avec une réserve retrouvée, lâchant d’un ton calme entre vérité et blague voilée : « Ce fut une expérience très enrichissante. Comment dois-je vous appeler, finalement ? Lia, ou devrais-je dire… Sa majesté ? » Il était temps d’abattre ses cartes, par prudence. Je tends ma main de nouveau libre devant elle, avec une expression moins empruntée. « Je ne me suis pas présenté comme il convenait. Tyr Parle-d’Or, Second des Ombres à la Cour des Miracles. »
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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyJeu 11 Jan - 14:30

Ferrée.
Comme un brochet.
Prise dans le déroulement de sa réflexion, Ljöta a baissé la garde et s’est laissé prendre au dépourvu. Comme une débutante, par Sithis ! Il a suffi de quelques secondes, juste le temps de quelques mots, d’une poignée de phrases. Juste un instant d’inattention, oui – et également la curiosité aiguisée d’un Voleur à l’esprit agile. Pestant intérieurement contre son erreur qui pourrait bien se révéler fatale pour son incognito, Lia se mord fortement la lèvre, luttant contre la pulsion de dégainer sa lame aiguisée pour en faire glisser le tranchant acéré contre la gorge de Tyr, scellant son secret dans la mort pour le préserver. Il serait pourtant simple – oh, si simple, mère Lida – de le passer par le fil de l’épée, pour écarter tout danger !

Exaltante tentation.
Elle imagine déjà la cascade écarlate jaillir de la plaie, éclabousser sa main crispée autour du manche du poignard – oh, merveilleuse sensation ! Les derniers soubresauts de l’agonie, un soupir qui s’éteint, et la dernière étincelle de lumière qui disparaît au fond des yeux de la victime… Elle en saliverait presque, mais un brin de réticence retient son bras. Certes, l’abattre préservait le secret de son identité, et la mettrait également à l’abri de ses œillades et de ses sous-entendus scandaleux, mais… Mais, bon.

Peut-être pas tout de suite.
Pour le moment, elle cherche frénétiquement une explication logique et cohérente à donner à l’insupportable Voleur, histoire de l’envoyer sur une fausse piste, mais elle a livré des informations importantes et l’homme semble raisonnablement intelligent. Est-il seulement possible de rattraper une telle gaffe ? Ce qu’il semble sous-entendre prouve clairement que non, et la princesse retient un soupir désabusé. Décidément, elle devait être bien… contrariée… pour laisser filtrer des informations aussi cruciales sans y prêter attention. Un long moment, elle contemple la main tendue, hésitant sur la conduite à tenir. D’emblée, elle écarte les dénégations : il n’y accordera pas crédit, et elle se couvrira de ridicule. Peut-être l’envoyer sur une fausse piste ? Pas vraiment, il dispose de renseignements précis et aurait tôt fait de découvrir la supercherie – ce qui risquerait de le vexer peut-être un peu, et de l’inciter à divulguer ce qu’il sait en représailles. Mais, tout admettre, sans ciller ? Prendre le risque de se mettre en danger, en confiant son plus important secret à la Cour des Miracles ? Elle hésite, la blonde princesse de Valkyrion, car le risque encouru est considérable. Elle met en péril la confidentialité de la hiérarchie de la Confrérie Noire, mais également l’image et la réputation de la couronne de Valkyrion.

Un juste milieu, peut-être.
D’un geste résolu, elle saisit la main tendue. « Lia, skjaldmö de Valkyrion, Écoutante de la Lame pour la Confrérie Noire. » Un petit rire malicieux sous-entend qu’il y a plus à découvrir, et qu’elle a parfaitement conscience qu’il le sait. « Je vois que vous et moi sommes hautement placés dans nos institutions respectives. C’est… intéressant. » Intéressant. Porteur de possibilités. Avec un fort potentiel de profit et de collaboration. Un jour, éventuellement. Pour travailler ensemble.

Pour se revoir, peut-être.
Au fond, elle aimerait bien.
Voir si ces mains sont aussi agiles qu’il l’a laissé deviner.
Et si cette langue bien pendue sait faire autre chose que bavarder.
Peut-être.





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Message Sujet: Re: L’écho de deux existences, réunies par le Destin   L’écho de deux existences, réunies par le Destin EmptyMar 6 Fév - 10:30

Ce regard, qui charrie les glaces… Il serait presque capable de me tuer sur le coup.
Malgré mon apparente nonchalance, mon air affable, je n’en mène pas large. Lia, Ecoutante de la Lame de la Confrérie Noire, Skjaldmö de Valkyrion, et visiblement plus encore. Je fais partie des voleurs les plus à même de se défendre par eux-mêmes, si le danger guette, mais tout de même. Je ne suis pas certain de pouvoir prendre de vitesse une assassine qui joue de ses lames à chaque nuit que bénit Sithis. Je suis comme qui dirait… Un peu rouillé, dans la pratique des armes. Je préférais me reposer, jusqu’à maintenant, sur mon aspect inoffensif pour elle. Sauf qu’il me dessert maintenant qu’elle croit son secret percé à jour. La prudence m’aurait peut-être soufflée de faire comme si de rien, comme si elle ne m’avait pas donné assez d’éléments pour retracer sa véritable identité. Lia n’est pas une idiote, elle se serait bien assez vite rendue compte de la supercherie, et aurait pu bien plus mal le prendre.

Ah ! Je préfère abattre ma carte gardée jusque-là en réserve, et lui révéler mon identité. Ce serait de mauvais goût venant de la Confrérie Noire de tuer le Second des Ombres, non ? Je ne suis pas certain que ça les arrêterait, mais… Tout de même. J’espère que nous n’aurons pas besoin d’en venir aux menaces, et de dégainer nos armes. J’aimerais ne pas en arriver là.

Un soupir passe ses lèvres. Le silence s’étire. J’attends, mains tendue, jusqu’à ce qu’elle se décide enfin à la prendre en retour. Mon sourire s’accentue, avenant. On dirait qu’elle le prend bien, et voit davantage les possibilités que les menaces potentielles. Je souligne, calmement : « Je ne vous avais pas proposé une collaboration de manière anodine. » J’ai l’impression d’être face à un animal sauvage que je tente tant bien que mal d’amadouer, toujours sur mes gardes, même si elle me surprend même à rire. Un rire qui me désarçonne quelque peu, aussi rare qu’il est précieux, me surprenant à en apprécier les sonorités.

« Bien ! » Je me relève, un peu trop subitement pour que mon geste paraisse naturel. Je m’incline devant elle, sans me départir de ce sourire amusé, avec une déférence dont on ferait davantage preuve face à une princesse qu’une assassine. C’est un jeu, mais un jeu dangereux. « Les ombres ne nous couvriront plus très longtemps, me feriez-vous l’honneur de vous raccompagner ? » Certes, le passage est  peu approprié à l’atmosphère que je cherchais à instaurer, et nous partons plutôt comme deux fugitifs. Je la laisse prendre les devants, à me plier à ces quelques extravagances, paupières closes sans perdre pour autant le compte. Je devrais être capable de retrouver ce passage secret, avec suffisamment de temps devant moi. N’importe qui ne peut pas s’improviser Maître-Voleur en stratège, après tout.

Je pousse un soupir de soulagement, à regagner l’air libre. Je garderais cette bague en souvenir, aussi agréable que déplaisant. La captivité ne m’a jamais réussi. « J’ai été ravi de faire votre connaissance, Lia. Vous êtes une femme aussi dangereuse que sublime, à l’esprit aussi aiguisée que ses lames. Je ne doute pas que nos chemins se recroiseront, mais dans le cas contraire, comptez sur moi pour provoquer le destin. » Je croise son regard, l’expression mutine, tandis que je m’écarte. « Mais ce ne sera sans doute pas nécessaire, si le conte de vos ancêtres dit vrai, nous sommes destinés à vivre le grand amour. » Je pars d’un rire léger et disparaît aussitôt dans les ombres, avant qu’elle ne regrette de m’avoir laissé la vie sauve.

Ah, Lia… Elle a si bien éveillé ma curiosité qu’il me sera difficile de l’oublier.


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