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 L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée

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La Noblesse
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Séverine de Bellifère
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J'ai : 27 ans
Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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J'ai fait allégeance à : Martial de Bellifère
Mes autres visages: Marjolaine du Lierre-Réal & Lancelot l'Adroit & Liry Mac Lir & Anwar Sinhaj & Antonin de Faërie
Message Sujet: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyDim 13 Aoû - 1:03


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Raygnar d'Ysgramor & Séverine de Bellifère

L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée

D'une rencontre à l'autre, tout est bouleversé



• Date : 2 août 1002
• Météo (optionnel) : Il fait beau en ce début d'après-midi
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Il y a bien des mois entre la première rencontre de Séverine et Raygnar.  Elle n'était qu'alors une bourgeoise sans titre, une noble déchue.  Et la voilà désormais future duchesse de Bellifère, il y a de quoi remettre en question les idées envisagées en octobre dernier.
• Recensement :
Code:
• [b]2 août 1002:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2531-l-on-ne-maitrise-pas-toujours-sa-destinee#76707]L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée[/url] - [i]Raygnar d'Ysgaramor & Séverine de Bellifère[/i]
Il y a bien des mois entre la première rencontre de Séverine et Raygnar.  Elle n'était qu'alors une bourgeoise sans titre, une noble déchue.  Et la voilà désormais future duchesse de Bellifère, il y a de quoi remettre en question les idées envisagées en octobre dernier.









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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyDim 13 Aoû - 1:37

Deux jours déjà que les événements qui ont mené à la mort de l'impératrice Catarine viennent de prendre fin.  Deux jours que Séverine s'affairait, se préparait à partir.  Il était prévu pour la délégation de Bellifère dès que ce serait possible Svaljärd.  Elle avait passé les derniers jours à discuter à Martial de ce qu'il faudrait faire par la suite et pour une fois, la discussion entre son époux et elle n'avait pas été uniquement passive de sa part, à écouter ses propos sans pouvoir émettre la moindre opinion.  Elle n'avait certes pas gagner toute sa cause, mais elle attendait leur retour à Hacheclair pour poursuivre en ce sens.  Pas à pas, elle arriverait à gagner gain de cause, elle en était sûre.  Il fallait seulement qu'elle prenne le futur duc par les bons sentiments.  Cela viendrait.  En attendant qu'il se remette des blessures qu'il avait acquises en combattant auprès des Kyréens pour protéger le peuple et le palais, elle organisait la préparation de leurs valises et de leurs effets.  Elle s'efforçait d'entretenir de bonnes relations avec son homologue, Astrid pendant qu'elle était encore là.  Elle n'offrait pas plus de son aide qu'elle n'osait le faire d'elle-même, préférant attendre l'approbation de Martial avant de passer à l'acte.  Dans le tumulte, elle n'avait presque pas de temps pour elle-même, encore moins pour le contrarier et leur relation était donc au beau fixe.  Le départ était prévu pour dans quelques jours, le temps de ne pas froisser leurs hôtes et de s'assurer qu'il ne soit pas en leur pouvoir d'aider plus qu'ils l'avaient fait jusqu'à présent.  La ville était durement touchée, le palais bien abîmé, l'aile qui abritait la noblesse entièrement détruite, il avait fallu accommodé les nobles autrement et Séverine ne doutait pas que leur départ, bien que précipité serait bienvenu.

Dans ses moments libres, elle aimait à aller rendre visite à la princesse.  La sécurité était resserrée désormais, mais elle avait contribué à protéger l'enfant et s'était liée d'amitié avec sa jeune dame de compagnie.  Elanin d'Ysgramor.  L'astronome avait été bien surprise de trouver sur sa route ce nom une fois de plus.  Elle n'avait point oublié ce seigneur qui lui avait offert son soutien à Lorgol.  Elle avait même envisager s'unir à son fils, si c'était possible, pour monter dans la société.  Finalement, elle s'était élevée beaucoup plus haut qu'elle ne l'avait espéré.  Beaucoup plus haut qu'elle ne le désirerait.  Leur amitié, bien que calculée plutôt que spontanée de la part de Séverine, était récente, mais malgré tout la future duchesse tenait à lui faire ses adieux avant de partir de Valkyrion.  Dans cette dernière visite, elle lui arracha la promesse d'entretenir une correspondance assidue et d'y insérer les mots que la petite princesse voudrait bien lui envoyer.

C'est sur le chemin du retour à ses appartements qu'elle le vit.  À sa grande surprise.  Elle avait cru comprendre qu'il était présent pour la fête et lorsque les événements avaient plutôt mal tournés.  Elle n'aurait pas pensé toutefois le croiser dans les couloirs du palais.  Elle se demanda ce qu'il penserait de sa nouvelle position.  Après tout, la dernière fois qu'elle lui avait exposé sa situation, elle n'était qu'une moins que rien, une femme sans fortune, ni titres.  Que penserait-il de la façon dont elle était devenue la femme de Martial?  Oserait-elle lui dire qu'elle avait été vendue?  Les murs avaient des oreilles et elle ne savait pas à qui faire confiance, désormais qu'elle était impliquée plus que jamais dans les jeux de la cour.

Ce qu'elle s'expliqua rapidement, ce fut la raison de sa visite.  Elle ne douta pas du tout qu'il était là pour aller voir sa fille.  Lorsqu'ils furent à la même hauteur, elle esquissa une révérence polie, reprenant l'espace d'un instant son petit air insolent qu'elle arborait à toute heure des mois plus tôt.  « Sire d'Ysgramor, » souffla-t-elle pour le saluer.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyDim 27 Aoû - 18:23

Ma fille était entre de bonnes mains. Je n’avais plus rien à craindre pour elle, si ce n’est une nouvelle attaque contre le palais. Mais je savais que, si on mettait la fille de la duchesse en sécurité, Elanin suivrait. Je pouvais donc repartir, et prendre un repos bien mérité. J’arrachais à ma fille la promesse qu’elle m’écrive régulièrement pour me donner de ses nouvelles, puis pris le chemin de l’auberge où j’étais hébergé. Mes affaires m’y attendaient, ainsi que mon cheval. Je ne tenais pas à rester plus longtemps, mon fils était déjà en route, avec un peu de chance, je pourrais le rattraper. Un domestique m’accompagnait, et son regard inquiet m’irritait de plus en plus. J’allais bien, combien de fois allais-je devoir le lui répéter ? Certes, mon genou me faisait mal, surtout après cette longue marche, mais je n’allais pas en faire tout un cas. Je lui envoyais un regard mécontent qui eut pour effet de faire baisser le sien, puis je repris le chemin de la sortie.


Tout en marchant, je ne pus cependant m’empêcher de m’arrêter pour admirer les décorations et les peintures sur les murs. Moi qui ne voulait pas perdre de temps, voilà que je me laissais aller à la rêverie devant ces œuvres. Je secouais la tête et me forçais à détacher mon regard de ces représentations des légendes de Valkyrion. Je fis quelques pas, quand une silhouette familière m’interpella. Je fouillais dans mes souvenirs, me demandant où est ce que j’avais bien pu voir cette jeune femme, avant de me rappeler notre rencontre sur les marches de l’Académie. Elle n’avait pas changé. Toujours aussi belle, aussi mystérieuse. Mais je remarquais le fait qu’elle portait des vêtements bien plus simple, plus austères, avec très peu de bijoux. Mais elle dégageait une telle noblesse. J'en conclus qu'elle s'était finalement trouvé une situation. Peut être en Bellifère, il faudrait que je lui pose la question. Ce type de vêtement correspond assez bien à ce que portent les femmes mariées dans ce duché. A côté d’elle, j’avais quand même l’air d’un pauvre hère, avec mes chauds habits de voyages qui vieillissaient très mal. Elanin, par ailleurs, m’avait dit plus d’une fois que je devrais être aussi soigné avec mon apparence qu’avec mon travail, et que j’étais loin de ressembler à un seigneur. J’avais donc fini par céder en profitant des festivités pour renouveler ma garde-robe.

Je m’avançais donc vers Séverine, et répondit à sa révérence. Je fis un petit sourire quand elle adopta, l’espace de quelques secondes, son petit air insolent que je connaissais. Elle me salua. Je lui répondis alors, tout en penchant la tête vers elle :

« - Séverine… Vous êtes absolument ravissante. Comment allez-vous ?
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 1 Sep - 8:11

Ravissante.  Les mots frappèrent Séverine qui se montra circonspecte.  Il y avait des mois qu'elle ne se trouvait plus magnifique.  Grâce à l'aide Chasteté, Madame de Bellifère, ses tenues avaient repris un peu d'éclat,  bien qu'elles restaient d'un fade à la princesse.  Ses tenues tapageuses, les couleurs criardes qui lui allaient si bien, ses chapeaux décorés de plumes, plus hauts les uns que les autres, ses voiles, tout cela lui manquait atrocement.  À se promener ici, le visage découvert, elle avait l'impression d'être nue, qu'il lui manquait une part d'elle-même.  Elle soupira profondément avant de pouvoir le retenir.  Ce n'était pas très poli à l'égard du sire que de se comporter ainsi.  Elle n'était pas une malotrus.

Malgré sa nouvelle situation et les derniers événements, elle était contente de retrouver un visage ne serait-ce qu'un peu familier.  Elle ne connaissait que très peu le seigneur d'Ysgramor, une simple rencontre aux portes de l'Académie, mais la chaleur avec laquelle il l'avait traitée lui avait été comme un baume sur le cœur, lui qui s'était montré emplis de compassion à son égard.

« Vous me voyez ravie de vous revoir sire, s'exprima-t-elle avec chaleur, Les derniers événements ne se prêtent point aux réjouissances, certes, mais il m'est une agréable surprise que de vous croiser ici. »

Elle était sincère.  Cette petite joie cachait amplement le tremblement de sa voix : elle craignait qu'il ne soit au courant de la nouvelle.  Qu'il croit qu'elle lui avait menti par le passé.  Elle n'avait peut-être pas été tout à fait honnête, n'allant pas au bout de l'histoire qu'elle cachait, parce que ça sécurité le demandait, mais le fond était véridique.  Elle avait été dépouillée de tout.  La croyait-il encore quand elle était désormais reconnue comme une princesse de Sombreciel et mariée au futur duc de Bellifère?  Ses yeux se voilèrent d'une tristesse rageuse un instant.  Comme elle haïssait Castiel.  Que n'aie été tué son salaud de conseiller pendant l'attaque des Sentinelles!

« Je suppose que vous êtes venu pour voir votre fille? »  Elle avait appris de la jeune femme qui s'occupait elle-même de la petite princesse l'identité de son père.  S'avancer ainsi était peut-être un peu discourtois, mais l'affection que Séverine portait à la demoiselle était plutôt sincère.  Même si elle avait dans l'idée de se servir impunément d'elle.  Elle était prête à sacrifier beaucoup de choses pour obtenir la vengeance qu'elle poursuivait.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 1 Sep - 22:49

Avais-je dit quelque chose qui l’avait offensé ? Séverine parut tout sauf flattée par mon compliment. Il était vrai qu’elle n’était plus aussi distinguée, aussi bien habillée, aussi coquette que le jour de notre rencontre. Son soupir chassa le sourire qui venait à peine de naitre sur mes lèvres. Quelque chose n’allait pas, et c’était peut-être grave. Sa tenue vestimentaire en était peut-être pour quelque chose. Un style purement bélliférien. Cette façon d’enlaidir les jeunes femmes mariées, c’était injuste. Aucune femme, à moins de le vouloir vraiment, ne devrait subir cela. Une femme devrait pouvoir profiter de sa beauté, et la faire voir au monde entier tant qu’elle le pouvait. C’était presque triste de voir Séverine réduite à cette simple tenue fade et sans couleur. Finies les couleurs éclatantes qu’elle portait le jour de notre rencontre. Finies les voiles à la mode cielsombroise.

Séverine parvint à se reprendre et me dit qu’elle était ravie de me revoir, malgré les récents évènements qui ne prêtaient pas vraiment aux réjouissances, pour reprendre ses mots. Mon sourire revint, et, pour une fois, il était sincère. Moi aussi j’étais content de la revoir. Malgré les mois, les blessures et les problèmes, je n’avais pas perdu espoir qu’elle vienne admirer les aurores boréales dans mon domaine, ni qu’elle rencontre un jour mon fils ainé. Pour ce dernier espoir, celui-ci venait de s’évanouir, vu que, si je ne me trompais pas, elle avait fini par épouser quelqu’un. Restait à savoir qui maintenant. Je penchais la tête vers elle et lui répondis :

« - Je suis ravi également Séverine. Je ne pensais pas non plus vous croiser ici, mais, maintenant que vous êtes en Valkyrion, vous n’avez aucune excuse pour ne pas venir en Ysgramor. »

Mon sourire, peut-être pour la première fois depuis que j’avais franchi le palier menant à l’âge adulte, se fit moqueur. Si elle habitait en Bellifère, Ysgramor serait surement sur son chemin, et personne n’était contre une bonne nuit au chaud, avec l’estomac plein, après une journée de voyage dans la neige. Je m’appuyais un instant sur ma canne pour déplacer mon poids sur ma jambe valide et hochais la tête quand elle me demanda si j’étais venu voir ma fille. Mais comment le savait elle ? Encore un mystère à élucider. Celui-ci ne serait pas difficile. Une question, et le tour serait joué. J’apprendrais ainsi les raisons de sa présence ici, quelle était sa nouvelle situation, et surement beaucoup d’autres choses. Je voyais, dans le regard de la jeune femme, que celle-ci avait déjà rencontré ma fille, et qu’elles s’étaient plutôt bien entendu. Tant mieux. Une amitié bien débutée est une amitié qui dure. Je répondis alors :

«- Oui, c’est exact. Je repars soit dans la journée, soit demain pour mon domaine, et je voulais m’assurer qu’elle serait parfaitement à son aise dans son nouvel environnement.

Mon domestique me lança un regard et, d’un geste, je lui ordonnais de ne pas m’attendre. Il soupira doucement, s’inclina et s’en alla, me laissant seul avec Séverine. Je me tournais vers elle et reprit :

« - Vous avez assisté aux derniers évènements je suppose. Quelle tragédie. Je nous pensais en sécurité en Valkyrion, et je me bien trompé. »
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptySam 2 Sep - 8:20

Si seulement…  Il n'y avait pas de temps à perdre, la délégation belliférienne prendrait le retour pour Hacheclair bien trop tôt.  Et elle n'aurait certainement pas le loisir d'aller rendre visite à une connaissance sur le chemin du retour.  Du moins, elle doutait que cela ne lui soit permis.  Les affaires pressaient et ils devaient rentrer dès que possible afin de parler à la duchesse Ermengarde.  Séverine avait promis à son époux qu'elle parlerait pour lui à la duchesse afin de faire valoir son droit au trône.  Ses vingt-cinq ans étaient déjà atteints et malgré la guerre qui avait retenu jusqu'alors son droit à prendre le trône qui lui revenait de droit, il était temps pour lui de prendre la place qui lui revenait.  Ils en avaient convenus tous les deux.  La duchesse ne faisait pas un mauvais travail, mais il était certain qu'il fallait un peu de sang frais et de jeunesse à la tête du duché.  Elle se contenta de sourire tristement au renouvellement de l'invitation, sans y répondre pour le moment.  Elle n'avait pas oublié la promesse qu'on lui avait faite de s'y voir bien accueillie et de pouvoir être invitée à voir les aurores boréales, ces couleurs évanescentes dans le ciel froid des terres glacées d'Ysgramor.

« Vous partez bien tôt, » souffla-t-elle en apprenant que le lendemain marquerait déjà son départ.  Dans son cas à elle, il lui restait encore deux ou trois jours, le temps de terminer les dernières discussions en cours entre les différents représentants des duchés ibéens.  La mort de l'impératrice et l'inconscience de l'empereur venait très probablement contrarier quelques plans, bien qu'elle n'aurait su dire dans quelle mesure, elle qu'on tenait à l'écart de tout.

Elle revit les événements des derniers jours, aussi clairs que s'ils se reproduisaient à nouveau devant elle.  Elle avait vu beaucoup de sang couler.  C'était presque aussi terrible que la scène de ses parents brûlés vifs devant elle, il y avait déjà deux ans.

« Nous le croyions tous.  Qui aurait pu penser que quelqu'un oserait s'en prendre à la famille impériale?  Notre empereur a vaillamment défendu sa famille, mais nous étions cernés, il n'y avait pas moyen d'échapper à ces… ces horribles monstres. »  Elle frissonna en repensant à ces énormes boules meurtrières, celle qu'on appelait les Sentinelles.  La mort de l'impératrice n'aurait pu être évitée, même en sachant quel ennemi leur faisait face.  Elle en était convaincue.  Même si elle avait pu s'illustrer par son calme, il n'en restait pas moins qu'elle s'était sentie fort inutile.  Elle ne savait rien.  Même les étoiles ne lui avaient pas sourit ce soir-là.

« Je ne pourrai jamais oublier ce que j'ai vu ce soir-là… » Sa voix tremblait.  Si sur le coup, elle s'était montrée ferme et résolue, une fois tout terminé, de retour dans une chambre à se reposer, ses revendications faites à Martial, elle avait finalement senti ses nerfs lâcher.  Elle aurait pu mourir, sans avoir même une chance de se protéger.  Elle n'avait pas caché à Raygnar le fait qu'elle faisait partie des nobles évacués avec la famille impériale, elle ne doutait pas un instant qu'il savait déjà ce qui était advenu d'elle.  On avait bien jasé de la princesse mariée à Martial.  Ses yeux posés sur l'homme cherchait un peu de réconfort.  Et elle remarqua qu'il semblait avoir bien vieilli depuis leur dernière rencontre, il avait désormais besoin de s'appuyer sur une canne pour marcher.  Et une lueur d'étonnement passa dans ses yeux en remarquant ses doigts mutilés.  Elle n'était pas la seule à avoir souffert depuis octobre dernier.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptySam 2 Sep - 21:57

Par Alder, Séverine était malheureuse. Enfin, plus qu’à notre rencontre. Le sourire triste qu’elle me renvoya, suite à ma proposition, me fit soupirer tout doucement. Elle n’y répondit pas, elle se contentait juste de sourire tristement. Je compris alors qu’elle ne pourrait jamais m’honorer de sa présence en Ysgramor, ou alors ce serait très difficile. Je fis une petite moue, et passa la main dans mes cheveux, quelque peu gêné. Enfin, il y avait plus grave que cela. Je lui dis, pour relancer la conversation, que je comptais repartir soit ce jour, soit le lendemain, très tôt. Elle me souffla que ce fût bien précipité pour partir. Je le savais, mais je n’avais pas le choix. Je n’avais pas ma place au sein des débats et autres discussions qui se déroulaient avec les plus hauts placés. En tant que simple seigneur, j’étais sans doute à leurs yeux au même niveau que la plèbe. Je devrais accepter, combattre et mourir pour eux, avec pour seul avantage mon nom et mes quelques maigres biens. J’espérais changer cela, et je savais que cela ne serait possible qu’avec un mariage arrangé et en ma faveur pour mes enfants.
J’hochais donc la tête, et répondis à la jeune femme :

« - Je ne peux pas rester plus longtemps. Je serais sans doute plus gênant qu’utile, et je vais devoir préparer mon domaine à ce qui va arriver. »

Maintenant que Valkyrion avait été la cible d’une attaque, je savais qu’il n’était qu’une question de temps avant que Faërie prenne confiance pour envoyer ses dragons vers nos terres enneigées. Ysgramor ne ferait pas long feu face aux flammes des dragons, sans mauvais jeu de mots. Mais, si je préparais assez mes défenses, je pourrais peut-être les ralentir, voire même en abattre quelques un. Après tout, la pierre était connue pour ne pas bruler. Ayant encore les images des kyréens affolés dans les rues, je parlais de ce qu’il s’était passé à Séverine. Elle frissonna, et me dit que tout le monde pensait Valkyrion en sécurité, sous ses neiges éternelles. Elle ajouta que notre empereur avait vaillamment défendu sa famille, mais c’était trop tard, ils avaient été cernés. Je lui dis alors :

« - - Oui, j’ai vu ce que ces choses ont fait. J’ai même failli y laisser la vie. » Je me tus un moment avant de tiquer. Comment savait-elle que l’empereur s’était défendu ? Je lui demandais alors : « Vous étiez avec eux ? »

Elle faisait partie des nobles évacuées avec la famille impériale. Elle avait finalement réussi à s’élever si j’avais bien compris, mais cela ne la rendait pas heureuse. La voix de Séverine se mit à trembler, elle était encore sous le choc. J’imaginais alors Elanin dans la même situation. Perdue, sans famille, sans titre ni bien, mariée plus tard à un noble bélliférien, et témoin d’un massacre. Je sus alors ce qu’il fallait faire. Je l’aurais fait pour Elanin, et j’espérais que cela passe avec Séverine. Elle avait besoin de réconfort, mon geste me paraissait donc normal, et puis, nous étions seuls, personne autour de nous. Je m’avançais d’un pas et, avec mon bras libre, celui qui ne tenait pas la canne, je l’enlaçais doucement. Je ne la serrais pas comme je l’aurais fait avec Elanin, mais cela devrait être suffisant pour la réconforter un minimum.

Je la lâchais, et sentis alors son regard sur moi. Elle regarda mon visage et mes cheveux qui avaient bien grisonnés depuis mon retour d’Erebor, ainsi que la canne, et termina par mes doigts mutilés. Je fis un petit sourire triste et lui souffla, tout en levant ma main libre :

« - - Un petit cadeau du duc d’Erebor… Lui et moi ne sommes pas en très bon termes… »
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyDim 3 Sep - 9:32

Elle hocha du chef : elle avait été beaucoup plus près qu'elle ne l'aurait voulu de ces horreurs.  Martial s'était montré plus doux avec elle à la suite des événements, mais ce n'était pas aussi petite chose qui le ferait changer complètement à son égard.  Elle devait régner à ses côtés sur le duché de la guerre, elle ne devait pas flancher pour aussi peu.  Et de toute façon, il était bien trop occupé pour lui offrir quelque réconfort que ce soit.  Qu'elle l'aie souhaité ou non, il représentait désormais sa seule famille avec les duchesses Ermengarde et Madeleine.  Mais toutes deux étaient si loin et elle ne s'était agrafé à leur famille que récemment et ne comptait pas encore comme l'une des leurs.  Pas encore.  Et peut-être même jamais.  Séverine ne savait pas se comporter en famille.  Ses parents avaient été dévorés par l'ambition et elle avait été une enfant plus négligée qu'elle n'aurait osé l'avouer.  Alors quand l'homme l'enlaça d'un bras, elle se sentit enfin soulagée d'une part du poids qu'elle supportait.  L'étreinte fut courte, mais assez longue pour lui redonner un peu de courage et l'esquisse d'un sourire étira ses traits et fit briller ses yeux.

Elle rougit en réalisant qu'il avait surpris ses regards indiscrets et qu'il lui expliquait d'où venaient ces blessures.  « Nous ne sommes pas en très bons termes avec les Erebiens nous non plus, » répondit-elle sans réfléchir.  Nous.  Les Cielsombrois.  Mais elle ne devait plus penser ainsi.  Elle était désormais belliférienne, enchaînée dans le duché le plus inapproprié pour une femme comme elle qui rêvait de s'illustrer.  De se montrer plus qu'une simple poupée de porcelaine, là pour faire joli.

« Il semblerait que depuis que la dernière fois que nos routes se sont croisées, bien des choses soient venues apporter quelques tumultes… » lâcha-t-elle.  Que de choses.  Bien trop de choses mêmes.  Elle était si insouciante en octobre dernier en comparaison des derniers mois.  Avait-elle vieillie, engoncée dans ses robes de laines, forcée à réprimer sa personnalité extravagante?  Le soir, elle scrutait son visage dans le miroir, à la quête de quelque nouvelle ride.  Mais sa peau était toujours aussi lisse, ses cheveux aussi noirs.  « Je suppose que vous avez entendu parler de mon mariage, » hésita-t-elle à ajouter.  Tout le monde en avait entendu parlé.  De la parvenue Cielsombroise donnée en épousailles au prince héritier de Bellifère.  Une cousine du duc de Sombreflamme, sortie de nulle part après des années.  Son nom ne cessait d'être traîné dans la boue.

Son regard se posa à nouveau sur la canne.  « Peut-être voudriez-vous vous asseoir un instant? »








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyDim 3 Sep - 18:11

L'étreinte ne fut pas longue, mais elle fit son effet. Dans le creux de mon bras, je sentis Séverine se détendre, comme si tout le poids de ses problèmes venait de s'envoler. Je fus moi même soulagé. La savoir malheureuse me rendait mal à l'aise. Quand je me décidais à la lâcher, son sourire et ses yeux brillants me firent chaud au cœur. Cette petite avait besoin que quelqu'un veille sur elle, non pas comme le ferait un époux, mais plutôt comme un père, un frère. Elle avait perdu toute sa famille tragiquement, et, en la réconfortant, je venais de remplir une partie de ce rôle. Je pris conscience que je pourrais faire partie de la vie de Séverine, de manière bien plus importante. Et puis, sa nouvelle situation pourrait beaucoup nous apporter, à elle comme à moi. Mais ne précipitons pas les choses. Avançons à tâtons, et dés que Séverine ressentira le besoin de m'avoir à ses côtés, je devrais me tenir prêt à accourir.

Elle m'observa, l'espace d'un instant, et je pu lire son étonnement quand elle remarqua ma canne, mes cheveux grisonnants et mes mains mutilées. Je lui fis un sourire triste avant de lui expliquer que c'était là un cadeau du duc d'Erebor, et j'ajoutais que lui et moi n'étions pas de très bons amis. Elle rougit avant d'ajouter qu'elle et son peuple cielsombrois n'aimaient pas beaucoup les Erebiens non plus. J'hochais la tête. J'en étais bien conscient. C'était à cause de cette haine mutuelle que j'avais tant souffert, et à cause de mon entêtement, bien entendu. Elle me dit que chacun de nous avons eu notre part de problèmes depuis octobre dernier. Je ne pouvais qu'être d'accord. J'eus un frisson quand je me revis, allongé dans cette cellule, tenant mes mains bandées contre ma poitrine et luttant contre la faim, la soif et la douleur, avec des gardes qui n'hésitaient pas à me faire comprendre que je n'étais rien à leurs yeux. Instinctivement, je ramenais ma main contre ma poitrine et serra les doigts.

Séverine me parla alors de son mariage, avant de me proposer de nous asseoir. J'acceptais bien volontiers. Mon genou me tiraillait, et continuait à me faire payer l'exercice forcé que je lui avais imposé quelques jours plus tôt. Je boitillais vers un banc et m'assis en même temps que la jeune femme. Je posais ma canne, massa mon genou pendant quelques instants avant de me redresser et de me tourner vers elle. Je répondis enfin à sa question avec un petit sourire :

"-Je m'en suis douté quand je vous ai vu. Toute mes félicitations. Je suis cependant navré de vous dire que je n'étais pas du tout au courant. Je devais être soit en convalescence, soit dans les geôles de Vivedune. Qui est l'heureux élu ? "
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyJeu 7 Sep - 9:14

Toutes ses félicitations. Séverine se doutait bien que son allusion à ses affaires matrimoniales ne pourraient qu'attirer cette phrase de politesse, mais à chaque fois elle ne pouvait s'empêcher d'en ressentir la dure ironie. Le mariage devait être une institution qui apportait au moins quelque bonheur, qu'il soit issu de l'amour ou de l'argent. Dans son cas, cela s'était plutôt montré comme étant le plus grand désastre de sa vie. Certes, elle s'était socialement élevée, plus encore qu'elle n'aurait jamais cru le faire un jour. Mais à quelle prix? Celui de sa liberté, cela était certain. Elle l'avait perdu le jour où elle avait dû suivre ces gardes à la livrée de Sombreciel. Alors qu'ils l'avaient emmenée, de force, à Ibelin où son cousin tractait de sa destinée. Sans lui demander le moindre avis. Elle s'était retrouvée en face de son ennemi juré à quelques jours de son départ pour une aventure palpitante qui lui aurait fait oublier ses désirs de vengeance. Non seulement la privait-elle de faire une découverte extraordinaire à propos des constellations et d'établir enfin sa renommée en tant qu'astronome, il la vendait. Il n'avait jamais eu d'égards pour elle, l'avait dépouillée de tout ce qu'elle possédait en ce monde après avoir brûlé vif ses parents. Il avait fait en sorte qu'elle ne lui pardonnerait jamais de toute son existence le mal qu'il lui avait fait. Jamais. L'exécution de parents rebelles étaient une chose. Mais le meurtre de sa propre personne en l'enfermant dans les contrées bellifériennes, ça c'était impardonnables.

« Ah, il est possible que cela vous aie échappé, en effet, » répondit-elle, un peu surprise. C'était la première personne qu'elle croisait qui n'était au courant de sa mésaventure. Ou de sa bonne fortune. Tout dépendant des points de vue. L'affaire avait fait tant de bruit et elle avait été sujette à tant de mépris. Cela faisait tout de même un baume sur son cœur.

« Vous aurez peut-être vu mon époux au cours des derniers jours. Il s'est joint bravement au sauvetage dans le palais. Le prince Martial de Bellifère. »

Elle guetta avec anxiété la réaction de son interlocuteur. Bien qu'elle ne le connaisse que très peu, il s'était montré très paternel avec elle dans la mesure qu'il le pouvait et il lui avait promis son soutien, aussi maigre puisse-t-il être. Et en fait, n'aurait-ce qu'été de son affection en tant que soit disant pupille ou quelque chose comme cela, cela aurait été suffisant. Malgré sa canne, il y avait quelque chose de solide dans le seigneur. Et elle regrettait de ne s'être pas rendue à Ysgramor plus tôt. Elle rêvait encore de ces aurores boréales qu'on lui avait promises. Mais elle doutait maintenant qu'elle y soit à nouveau la bienvenue. Fort probablement, il croirait qu'elle s'était joué de lui.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 8 Sep - 17:50

Je ne pouvais que la féliciter, après tout, il était normal de faire ça quand quelqu'un se mariait. Mais quand je regardais le regard de Séverine, c'était mon épouse que je voyais. Je me rappelait encore de la foule de personnes venus faire la même chose le jour de mon mariage. J'étais jeune, mais j'étais resté totalement stoïque, attendant que cela passe, et hochant la tête à chaque passage, remerciant mes proches, mes amis, et les gens de mon peuple. Ma toute jeune épouse, à ce moment là, n'en menait pas large. Elle ne me connaissait que de vue quand elle a appris qu'elle allait m'épouser, et elle ne s'était pas du tout attendue à ce qu'elle soit choisie. Cela ne lui avait pas tellement fait plaisir sur le coup. Je me rappelais encore son allure digne, mais qui ne parvenait pas à dissimuler les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Son père avait longuement négocié une certaine amitié entre nos deux territoires avec le tout jeune seigneur que j'étais, et nous avions rapidement conclu à un accord. Accord qui avait pour seule condition que je prenne sa fille unique pour épouse. J'étais assez âgé à ce moment là pour prendre conscience de la nécessité d'assurer ma lignée très rapidement, et j'ai accepté sans hésiter. Mon épouse n'avait pas eu son mot à dire et, si les débuts n'ont pas été facile, elle a fini par trouver ses repères et à devenir une femme forte et aimée du peuple. Et, avec le temps, nous sommes devenu un couple solide, où régnaient amour et complicité.

Je demandais à Séverine qui était son époux, étant donné qu'à ce moment là, je devais être soit emprisonné dans les geôles brûlantes et étouffantes de Vivedune, soit délirant de fièvre dans mon lit, en Ysgramor. La jeune femme me répondit qu'il était possible que cela m'ait échappé, et je pouvais sentir sa surprise. Je fis une petite grimace et baissais la tête, mal à l'aise. Je devais être la première personne, voire même la seule, qui ne devait pas être au courant de son union. J'en déduisais donc que son époux devait être un homme important. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il le soit autant. Elle reprit en me disant que j'aurais sans doute croisé son époux au cours des derniers jours, car il s'est bravement joint au combat. Elle prit une pause, et me dit que son mari n'était rien d'autre que le prince Martial de Bellifère. J'ouvris grand les yeux, stupéfait. Elle avait vraiment réussi à s'élever au sein de la hiérarchie ! Plus qu'aucune autre. Mais était-ce une bonne chose, vu l'identité et le caractère bien connu de son époux. Je croisais le regard inquiet de Séverine et comprit qu'elle guettait ma réaction. Sans doute n'avait elle connu que le mépris ou je ne sais quoi qui la rendait terriblement mal à l'aise. Je fis un petit sourire et posais une main sur son bras. Je lui dis alors :

"- Vous n'avez pas choisi la voie la plus facile. Sachez que, quoiqu'il arrive, je suis là pour vous soutenir Séverine. Puis je vous demander comment cette union a pu se produire, si cela n'est pas trop difficile pour vous ? "
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptySam 9 Sep - 7:46

La réaction de Raygnar surprit de nouveau Séverine, l'emplissant de perplexité.  Elle ne s'attendait pas à cela.  Il ne semblait même pas un tant soit peu fâché avec elle.  Ne la prenait-il pas maintenant pour une menteuse parvenue après avoir entendu de qui elle était l'épouse?  Pourtant, il lui accordait un sourire, petit certes, mais il ne s'agissait pas là de la grimace de dégoût qu'elle avait vue peinte sur le visage de bien des gens peu favorables à son ascension hiérarchique.  Il avait même posé sa main réconfortante sur son bras.  Une chaleur au cœur se fit ressentir en elle et sans s'en rendre compte, elle laissa couler une larme unique le long de sa joue quand il lui parla sur son ton doux et égal.  Ça n'avait pas changé, il ne semblait pas la juger en mal.  Et cela lui faisait un bien fou.  Plusieurs croiraient qu'elle avait désiré devenir la future duchesse d'un duché, qu'elle rêvait de grandeur et de pouvoir, mais ça n'avait jamais été le cas.  Et jamais ce genre de quête ne l'aurait poussé à épouser un homme tel que Martial de Bellifère.  Ce n'était pas un mauvais garçon si on excluait ses traits de caractères trop belliférien pour elle si cielsombroise.  Il ne la traitait pas mal si elle ne poussait pas trop sa chance.  Mais elle ne l'aimait pas.  Séverine s'était envoyée en l'air avec bien des gens pour diverses raisons, mais il n'y avait jamais eu d'engagements entre elle et ses nombreux partenaires.  Pas comme avec le mariage.  Et pourtant, elle avait eu plus d'affection pour quelques uns de ses amants qu'elle en avait pour son époux.

« Vous êtes bien le premier à vous soucier de comment cela peut m'être arrivé.  Vous devez être bien surpris.  À notre dernière rencontre, je n'étais rien, » souffla-t-elle notant l'ironie de la situation.  Après tout, en n'étant rien, elle avait quelque peu dédaigné le manque de titres de son interlocuteur, un simple seigneur, même pas baron.  Et maintenant qu'elle avait le sien propre, ce qui lui manquait à l'époque, elle lui enviait cette situation.

« Je suppose que je vous dois quelques explications, fit-elle en secouant la tête, Je vous crois assez sage pour ne pas raconter ce que je vais vous dire et vous comprendrez que les lieux ne se prêtent point à la confidence, » ajouta-t-elle.  Elle aurait voulu s'ouvrir complètement à cet homme qui lui rappelait un peu la figure paternelle, mais elle se doutait bien qu'elle n'aurait pas l'occasion de le faire.  Pas dans un couloir où n'importe qui pouvait passer et espionner sur eux.  Les domestiques avaient peut-être encore quelques passages secrets qui n'avaient pas été détruits par l'attaque des Sentinelles.

« Ma mère était la demi-sœur de feu le duc de Sombreciel, Eudes de Sombreflamme.  Néanmoins, elle était née d'une aventure extra-maritale et mon grand-père n'a jamais jugé bon de la reconnaître comme sa propre fille, » commença-t-elle à expliquer.  Elle évita de mentionner le qui-proquo à l'origine de la mort de ses parents : il pourrait deviner tout seul de ce qu'il en était.  Et le souvenir lui était toujours aussi dangereux.  « Le conseiller de mon cousin, le duc Castiel de Sombreflamme aurait retrouvé une correspondance entre mon grand-père et ma grand-mère confirmant l'affiliation de père et fille entre ma mère et feu le duc.  Afin de resserrer les liens entre Sombreciel et Bellifère, lorsque la princesse Madeleine a épousé mon cousin, j'ai été enlevée par Martial. »

Elle ne développa pas plus loin les explications.  Elle espérait qu'il devinerait seul qu'on l'avait vendue comme de la vulgaire marchandise.  Depuis que c'était arrivé, elle n'avait pu s'en ouvrir à personne, de cette tractation odieuse dont elle avait été la victime.  Elle serra les poings pour masquer le tremblement que causait sa colère.  Elle ne pardonnerait jamais.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyLun 11 Sep - 21:05

Séverine laissa échapper une petite larme qui coula lentement sur sa joue. Elle me dit que j'étais bien le premier à me soucier de ce qui lui était arrivé, et que je devais être surpris car, à notre première rencontre, elle n'était rien. Je secouais la tête. Non, elle n'était pas rien. Personne ne l'était. On naissait paysan, marchand, voyageur, noble, mais jamais rien. Ce n'était pas mon avis en tout cas. La situation restait ironique quand même. Elle n'avait certes aucun titre lors de notre rencontre, et, maintenant, elle était duchesse. Elle était capable de tout à présent, même de faire payer les meurtriers de ses parents. Elle devrait se sentir soulagée, d'être maintenant puissante et d'avoir des amis qui l'étaient tout autant, mais non. Je la comprenais, d'un autre côté, Martial de Bellifère n'était peut-être pas l'époux qu'elle devait convoiter. J'en avais assez entendu sur lui et cela m'avait suffit. Je lui dis, comme pour la rassurer :

"- Surpris, mais admiratif. Peu de femmes auraient eu le courage de faire face à un destin tel que le vôtre. "

Elle se lança ensuite dans les explications que je lui avais demandé, mais, bien entendu, elle me demanda de tenir ma langue. Je la comprenais, les murs avaient des oreilles, et la moindre rumeur se répandait comme une trainée de poudre, et pouvait se révéler très dévastatrice pour une réputation. Je lui répondis, tout en hochant doucement la tête :

"- Cela va de soi. Vous pouvez compter sur mon silence."

Puis elle commença. Elle m'annonça que sa mère était la demi-sœur de l'ancien duc de Sombreciel, Eudes de Sombreflamme. Mais, vu qu'elle était née d'une relation hors mariage, son père n'avait pas jugé nécessaire de la reconnaître. Séverine avait donc du sang bien plus noble que je ne le croyais. Elle était la cousine du duc actuel, Castiel de Sombreflamme. Mon cerveau démêla sans mal les liens de parenté, et, par la même occasion, je compris pourquoi les parents de Séverine avaient été tués, du moins, je pensais le comprendre. Ils étaient dangereux pour le jeune duc, il avait eu peur de ce qu'ils pouvaient représenter. Après tout, s'ils n'étaient pas reconnus comme appartenant à la famille de Sombreflamme, ils en avaient quand même le sang. Elle m'expliqua ensuite que le conseiller de Castiel avait retrouvé une correspondance confirmant les liens de parentés qu'elle et ses parents avaient avec la famille ducale. Cela avait suffit à Castiel pour la promettre à Martial, afin de renforcer les liens avec Bellifère déjà bien consolidés avec les fiançailles entre le jeune duc et Madeleine de Sombreflamme. Séverine avait donc été enlevée par Martial, selon la tradition de ce duché violent.

Séverine se tut, et je n'en demandais pas plus. Elle avait été vendue, contre sa volonté, à Bellifère. Castiel s'était servi de sa beauté et de sa parenté pour séduire le duché, et cela avait fonctionné. Et elle n'avait pas eu son mot à dire. C'était terriblement injuste. Si, moi même, j'avais prévu de choisir personnellement l'époux de ma fille, jamais je ne la forcerais à accepter une union avec un homme qui ne lui plairait pas, ou qui la dégoutterait. Je l'aimais bien trop pour la savoir malheureuse, dans un univers qui ne lui convenait pas. J'imaginais sans mal la peur et l'angoisse qu'avait du ressentir Séverine le jour de son enlèvement. Elle serra les poings pour masquer sa colère qui la faisait trembler. Je posais mes mains sur les siennes, et serrais doucement les doigts pour la calmer. Je devais trouver une solution. Je ne pourrais pas être d'une grande aide pour sa situation. Mais, je pourrais au moins lui offrir du réconfort, un peu de sécurité, un environnement où elle pourrait souffler. Je pourrais peut être, en farfouillant un peu, trouver un lien de famille, voire même en inventer un, et faire en sorte que cela soit réel aux yeux de tous. L'adopter ? C'était peut être un peu rapide, et radical, je la connaissais à peine. Mais, vu qu'elle n'avait plus ses parents, c'était une solution. Mon regard accrocha le sien et, l'espace d'un instant, j'abandonnais ces réflexions. Peut être avait elle une idée ? Je lui dis alors :

"- Séverine, si je peux être d'une quelconque aide, n'hésitez pas à me la demander. Je vous apprécie beaucoup, je ne le nierais pas, et je ne veux pas vous voir malheureuse. "


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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 15 Sep - 10:07

Aussi étrange que cela pouvait paraître, ce simple geste du seigneur, en posant sa main sur les poings de Séverine et y exerçant une légère pression pleine d'empathie, suffit à la calmer un peu et lui faire oublier de sa colère. Cela ne l'effaçait en rien, ni ne la diminuait de quelque façon que ce fut. Néanmoins, elle se sentait moins rongée par elle et surtout moins seule et isolée. Elle connaissait à peine ce Kyréen à la mine sérieuse, mais elle se sentait en confiance en sa présence. Peut-être parce qu'il était un bon père pour ses enfants. Ou c'était peut-être justement son sérieux et son intelligence qui lui plaisait. Séverine reconnaissait pour l'homme avoir beaucoup de respect, même après une seule rencontre. Ils n'étaient pas de la même condition et cela aurait dû lui faire éprouver du dédain envers lui, or tel n'était pas le cas. Il était cultivé et instruit. Il avait d'excellentes manières aussi. Il avait l'air un peu austère certes, mais cela n'empêchait pas la future duchesse d'avoir une extrêmement bonne opinion de lui. Cela et sa volonté de vouloir la soutenir comme il le pouvait malgré tout. Elle lui avait caché des choses en parlant de son histoire lors que de leur première rencontre, mais il ne semblait pas lui en tenir rigueur maintenant qu'il pouvait se faire une idée plus exacte de la vérité. Et elle lui en était extrêmement reconnaissante. Sa situation n'avait jamais été plus difficile que depuis que ses parents avaient mené leur petite rébellion contre Castiel. Que n'eussent-ils réussi! Le cas échéant, elle n'aurait pas à jouer les pots de fleurs pour un homme qui manquait de tout le raffinement dont elle pouvait rêver chez son propre partenaire.

« Votre sollicitude est déjà beaucoup plus que je ne pourrais oser demander, » répondit-elle à sa proposition. Elle cherchait surtout à éviter de lui dire qu'elle ne croyait pas qu'il soit possible qu'il fasse quoi que ce soit pour elle désormais. Par alors qu'elle était mariée à un homme qui avait bien plus d'importance que la majorité de tous les Ibéens. Elle lui adressa tout de même un sourire, cherchant à masquer sa mélancolie. Sombreciel lui manquait. Elle se languissait de son observatoire, perdu quelque part en territoire lagran désormais. Elle espérait qu'il n'aurait pas été pillé. Elle comptait sur les bonnes relations entre Lagrans et Cielsombrois pour cela. Et quelques jours plus tôt, Maximilien avait remué le couteau dans la plaie et malgré tous les grands airs qu'elle s'était donnée en se débattant pour prouver que rien de ce qu'il pouvait lui assener ne l'affecterait, elle était profondément affligée et si elle avait compté sur la fête pour lui changer les idées, la tournure de celle-ci n'avait pas forcément en jouer pour lui mettre de meilleures idées en tête. Elle ne saurait qu'une fois de retour en Bellifère si sa « bravoure » aura été de quelque utilité.

« Peut-être pourriez-vous commander une tempête aux abords d'Ysgramor lorsque notre convoi belliférien y sera. Autrement, je me verrais bien en peine de tenir ma promesse de venir vous y rendre visite. Je suis toujours aussi curieuse de voir vos fameuses aurores boréales, » déclara-t-elle en cherchant un ton quelque peu plaisantin, afin de chasser toutes ces mauvaises pensées loin d'eux. Il ne servait à rien de les ressasser sans fin, elle ne le savait que trop bien. « Je ne serais pas ennuyée de prolonger mon séjour en Valkyrion, de sorte qu'il finisse sur une note un peu plus agréable, » ajouta-t-elle. Ça et elle n'était pas du tout pressée de retourner à Hacheclair, son lieu de captivité.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 15 Sep - 22:52

Ce simple geste, qui paraissait pour moi bien insignifiant, eu pour effet de l’apaiser. Je savais que cela ne risquait pas de calmer sa colère, mais au moins cela permettrait de l’enterrer quelque part dans un recoin de son esprit, jusqu’à ce qu’elle arrive à ressortir pour rejaillir. Au moins, pour le moment, elle se sentirait moins seule, moins oppressée. Je ne la connaissais pas, mais je savais déjà quoi faire pour la consoler. C’était parce qu’elle me faisait beaucoup penser à Elanin, dans sa manière de parler et de penser. Elles avaient à peu près le même âge, je savais donc comment réagir à ce genre de situations. Elle me dit que ma sollicitude était déjà beaucoup plus ce qu’elle ne pourrait oser demander. Mais qu’elle ose ! Je pourrais faire tout ce qui me serait possible, tant que cela reste dans la limite du raisonnable bien entendu. Je réfléchis encore un instant, et me dit que je ne pourrais être guère utile, vu nos positions respectives. Quel duc respecterait un seigneur comme moi ? Ils le feraient certes par égard à mon âge, mais pour eux, je ne suis qu’un vassal, un simple pion qu’ils peuvent placer à leur guise sur leur échiquier. L’un d’eux n’a pas hésité à faire couler mon sang uniquement parce que j'avais froissé son amour propre. Je n'étais rien à leurs yeux, j'étais presque à la même position qu'un simple gueux. Alors quel intérêt ? Je n'avais pas beaucoup d'argent, juste des yacks, de la glace, et un peuple aussi froid et austère que leur dirigeant. Séverine n'y trouverait que peu d'intérêt. Alors pourquoi est ce que je m'obstinais à lui proposer mon aide ? Sans doute parce que je pouvais au moins lui offrir ce que personne ne voulait lui donner : compassion, réconfort et sécurité.

Je soupirais doucement et retirais mes mains pour les poser sur mes genoux. Je regardais mes doigts mutilés, soudain mélancolique. Rolf me disait souvent qu'il fallait étendre nos terres, gagner de l'importance. Je lui avais expliqué que cela n'était pas aussi facile qu'il le pensait. Nous n'avions que peu de moyens, et les quelques alliances que j'avais conclues n'avaient rien apporté de concret, si ce n'est des échanges de marchandises et des promesses d'entraides en cas de problèmes. J'avais quand même beaucoup sacrifié pour y parvenir, je n'avais pas hésité à organiser moi même les fiançailles de mes sœurs pour en donner un exemple. Et j'allais continuer avec celles de mes trois enfants. Rolf était conscient de l'enjeu que représentait son mariage. Elanin un peu moins. Pour Rudolf, à ma connaissance, il pensait plus à devenir Voltigeur qu'à fonder une famille.
Séverine me demanda, avec un sourire taquin, si j'étais capable de déclencher une tempête sur Ysgramor. Je levais un sourcil étonné, et elle m'expliqua que cela forcerait leur convoi bélliférien à s'arrêter et à venir s'abriter. Elle m'avoua qu'elle était toujours aussi curieuse de voir les aurores boréales. Elle ajouta enfin qu'elle aimerait prolonger un peu plus longtemps son séjour en Valkyrion, et faire en sorte qu'il se termine sur une note un peu plus agréable. Il était vrai qu'il était fort peu probable qu'elle vienne m'honorer de sa précence en Ysgramor maintenant qu'elle était mariée. De nombreuses obligations la retenait et elle était beaucoup moins libre qu'avant. C'était maintenant ou jamais alors. Je fis un petit sourire et haussa les épaules, l'air de dire que ce n'était pas impossible. Je lui dis alors :

"- Oh, vous savez, les tempêtes sont très fréquentes en Ysgramor. Je ne serais pas étonné qu'il y en ai une en ce moment même. Avec un peu de chance, vous vous retrouverez bloqué pour une ou deux nuits, si ce n'est plus. Vous pourrez peut être voir les aurores quand elles sauront passées."

Les tempêtes ne m'arrangeaient pas, tant elles pouvaient se révéler gênantes. Elles empêchaient les éleveurs de travailler, les messagers de voyager, et étaient très dangereuses. Il était facile de s'y perdre, et de mourir gelé. Mais, au moins, elles éloignaient les brigands. Je souris à Séverine, essayant de rendre à cette conversation un ton plus joyeux. Nous n'étions pas là pour pleurer sur notre sort mais pour savourer notre nouvelle rencontre.
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 22 Sep - 15:14

Séverine sourit.  Elle savait que tout ceci n'était qu'un simple rêve qui ne pourrait probablement pas trop se réaliser, mais il était doux et lui réchauffait le cœur.  Elle pouvait, en fermant les yeux, sentir la chaleur d'un bon feu dégeler son visage après avoir vu les lumières danser devant ses yeux.  Ça et la douceur des fourrures.  Mais c'était l'été.  Elle ne pouvait pas se faire trop d'espérance.  Et pourtant, le domaine du seigneur serait probablement sur leur route.  Passer si près de ce qu'elle avait espéré si longtemps lui empoignait le cœur de douleur, mais elle ne pouvait trop faire quoi que ce soit à ce sujet.  D'ailleurs, il n'y avait rien de plus à dire à propos de sa visite en Ysgramor.  Rien qui ne puisse pas l'affliger.  Elle maintint son sourire tandis qu'elle retenait un léger soupir.  Un anneau pour les gouverner tous.  Ou plutôt un étau resserrer autour d'elle dont elle ne pouvait se défaire.  Comme elle regrettait.  Mais tel était son destin et elle ne pouvait que s'y plier avec toute la bonne volonté dont elle pouvait faire preuve et tenter d'en tirer son parti, entre tous ces jeux de pouvoir qu'elle ne comprenait en réalité qu'à peine.

« Eh bien, prions pour que vous ne vous trompiez pas! » finit-elle par répondre en faisant preuve du plus d'enthousiasme qu'elle le pouvait.

Elle était heureuse de retrouver le vieux savant qui s'était montré plein de délicatesses à son égard, mais d'un autre côté, elle était fort embarrassée.  S'il ne la jugeait point sur la situation, elle qui avait omis le fait que ses parents avaient été tués en exemple pour avoir voulu reprendre le trône des mains de Castiel – ce qui n'aurait pas été une mauvaise chose, le duc étant ce qu'il était, au final – et il ne lui en voulait point de ne point tenir sa promesse.  Elle pourrait même difficilement tenir l'invitation qu'elle-même lui avait faite de venir à Voile du Ciel.  Reverrait-elle jamais son observatoire tant aimé?

« Votre fils n'est pas avec vous.  Est-il resté en Ysgramor malgré les festivités? » demanda-t-elle pour changer quelque peu le sujet de conversation.

Elle n'avait pas précisé de quel fils elle s'enquérait, mais en toute  vérité, elle était particulièrement curieuse de rencontrer l'aîné du seigneur.  Après tout, sans jamais en parler à haute voix, sans que jamais rien ne soit dit, elle avait envisagé que peut-être, elle pourrait s'en faire aimer et obtenir de lui une demande en mariage.  Elle avait même le père de ce dernier comme allié, d'une certaine façon.  Elle se demandait s'il n'avait pas l'air aussi sévère que son père.  Peut-être ressemblait-il plus à sa sœur, qui était toute en rondeur et en jeunesse.








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyVen 22 Sep - 21:49

Elle souriait, Séverine souriait. J'avais au moins réussi à chasser temporairement sa morosité. Même si je doutais qu'elle puisse apercevoir les aurores boréales en plein été mais, qui sait, avec un peu de chance, il ferait assez froid pour qu'elle puisse en voir lors de sa visite dans mon domaine. Et puis, quel honneur, recevoir la future duchesse de Bellifère et son époux dans mon manoir... Cela ferait monter ma popularité et ma réputation comme une flèche, encore fallait il que cette visite se déroule sans encombre. J'allais devoir préparer toute mon équipe de domestiques à la venue de ces personnages d'exceptions, et je savais déjà que mon majordome allait être insupportable. Dés qu'on prononçait devant lui les mots "réception, fête, invités, repas de famille", il entrait dans un tel état de pression que je devais moi même lui conseiller de se calmer. Après tout, il n'était plus tout jeune, il avait commencé à travailler pour ma famille quand mon père était au pouvoir. Cela faisait donc un grand nombre d'années qu'il arpentait les couloirs du manoir. Je me demandais s'il m'avait vu naitre. Je le connaissais depuis toujours, cela ne m'étonnerait donc pas si c'était le cas.

Séverine me dit en souriant que nous devions prier pour que je ne me trompe pas par rapport à la tempête. Elle avait essayé de mettre de l'enthousiasme dans sa voix, et elle avait plutôt bien réussi étant donné le contexte. J'étais heureux de la retrouver à mes côtés, et je serais heureux de la voir chez moi. Je savais également que Rolf serait heureux de la rencontrer. J'avais évoqué la jeune femme plusieurs fois en sa présence, et il s'était montré curieux, intéressé. Il était toujours à la recherche d'une épouse, et je savais que les candidates ne manquaient pas. Il fallait juste que je prenne les mesures nécessaires pour rencontrer leurs pères et les recevoir dans mon manoir. Cela aurait été fait depuis longtemps si je n'avais pas passé autant de temps en convalescence dans mon lit, délirant de fièvre.

En parlant de fils, Séverine sembla lire dans mes pensées et me demanda si mon fils était venu assister aux festivités, ou s'il était resté en Ysgramor. Elle ne cita pas expressément le nom du fils en question. Elle connaissait Rudolf, mais mon intuition me souffla que c'était de Rolf qu'elle parlait. Mais comment en être bien sur ? Je lui répondis alors, avec un petit sourire :

"- Rudolf est toujours à l'Académie, il n'a pas pu se joindre à nous. Rolf, mon aîné, était présent. Il a réussi à mettre sa sœur en sécurité lorsque les machines sont arrivés, il n'a été que légèrement blessé. Il vient de prendre la route pour Ysgramor, en compagnie de mon frère et de sa famille."

Je me demandais alors si le voyage se déroulait bien. L'été, il y avait moins de neige, et les bandits étaient plus nombreux. Mais Rolf savait se défendre. Contrairement à moi, il aimait l'art de l'épée aussi bien que celui de l'écriture et du maniement des mots. Il ferait sans doute un bien meilleur seigneur que son père, même si je ne m'estimais pas trop mauvais. Mon peuple ne se plaignait pas, et c'était le principal. Je reportais mon attention sur la jeune femme et lui dis, sur un ton sincère :

"- Vous savez, j'ai pensé à vous comme potentielle épouse pour Rolf. Vous auriez fait un très beau couple, et je pense que vous vous seriez très bien entendus. Mais le prince a été plus rapide."

Je fis un petit sourire taquin. Le prince Martial et le duc Castiel de Sombreflamme avaient été plus rapide certes, mais ils possédaient plus de moyens que le petit seigneur que j'étais. Je n'aurais pas fais le poids dans tous les cas. Mais j'aimais imaginer ce qu'il aurait pu se passer si j'avais tiré Séverine de leurs griffes avant qu'ils n'aient eu le temps de faire la moindre formalité... Je me serais sans doute attiré des ennuis, mais cela aurait été très réjouissant sur le coup.
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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyLun 25 Sep - 14:42

Le petit garçon qu'elle avait vu suivre son père à l'époque était donc un étudiant à l'Académie.  Elle se demanda s'il avait choisi comme son père d'étudier l'Histoire et ses différentes implications.  Elle doutait qu'il n'était pas question d'études en magie.  Pas pour un Kyréen et surtout pas par les temps qui couraient.  Néanmoins, il restait qu'à l'Académie, l'enfant était probablement plus en sécurité que nulle part ailleurs, Séverine n'avait aucun doute là-dessus.  C'était là qu'elle avait trouvé refuge quand il y avait eu des problèmes avec la couronne cielsombroise et ses parents.  Elle s'y était terrée en silence, poursuivant ses études avec entrain malgré les tumultes et angoisses qui perturbaient alors sa vie.  Elle trouvait dans les murs de la grande école des amis et des protecteurs de tous les dangers.  Elle n'osait croire qu'un jour quelqu'un oserait salir la sainteté de l'endroit en y causant le désordre.  Personne ne se permettrait jamais un tel sacrilège, elle en était persuadée.

Elle fut reconnaissante à Raygnar de parler de ses deux fils, peut-être avait-il compris ce qu'elle pensait.  Elle se sentit toutefois un peu déçue à l'idée que l'aîné qui avait été là était déjà parti.  Elle aurait aimé le croiser.  Elle n'aurait pas pu engager la conversation avec lui, pas sans chaperon, une femme n'a pas à causer avec d'autres hommes que son époux lui dirait-on sûrement, mais elle aurait aimé regarder de loin celui qu'elle avait envisagé d'épouser un jour, si jamais elle ne trouvait pas de meilleure option.  Sans l'avouer, elle s'était créé un certain mythe autour du fils du seigneur, surtout après son mariage.  Depuis octobre, elle ne pouvait le démentir, elle n'avait eu que très peu de pensées pour Ysgramor et ses glaces.  La promesse des aurores boréales l'enchantait toujours, mais elle avait été empêchée de se rendre là-bas pour plusieurs raisons jusqu'à son enlèvement.  Être enlevée par le prince Martial avait changé beaucoup de chose chez la jeune femme. Elle était toujours la même, mais le mariage ne lui faisait pas exactement.

La déclaration du quadragénaire, pour une raison obscure, la fit rougir violemment.  Elle savait – du moins elle avait cru deviner – que le seigneur avait entretenu l'espace d'un instant cette pensée, mais de la voir avouer aussi directement la surprit énormément.

« Ah… je… Vous me faites trop d'honneur, » balbutia-t-elle, perdant toute sa contenance.

Avait-il aussi deviné les rêveries qu'avaient occasionnées chez elle ce jeune homme inconnu?  Comme elle regrettait de ne point en avoir fait la connaissance plus tôt.  Elle aurait eu de quoi alimenter quelque peu ses rêves.

« J'espère que sire Rolf trouvera une jeune femme digne de lui, » répondit-elle, encore confuse de l'aveu.  Il n'était pas dans sa nature d'être autant en perte de ses moyens et elle en était fort mortifiée.  Elle craignait de n'en laisser trop voir et cela pourrait lui être fatal.  Si on pouvait lui soupçonner la moindre infidélité à Martial… elle n'osait pas trop imaginer ce que l'on ferait d'elle.  Surtout qu'elle ne se sentait aucunement fidèle à son encontre.  Elle n'avait pas encore trouver en elle une étincelle pour l'aimer.

Elle aurait voulu prolonger l'entretien, poser des questions sur le fils du seigneur, mais elle savait que cela était dangereux.  Trop dangereux.  Et à quoi bon en savoir plus sur quelqu'un qu'elle ne connaîtrait jamais?  Elle se releva et s'inclina, un peu maladroite.  Hésitante, elle se décida finalement à prendre dans les siennes les mains meurtries de l'homme.

« Je suis vraiment heureuse d'avoir pu vous revoir.  J'espère que Volga portera nos pas une nouvelle fois au même endroit.  Je ne vous ai que trop retardé, Elanin doit vous attendre et je ne voudrais pas voler trop du temps qui est dû à votre fille et qui vous chérit tendrement. »








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Message Sujet: Re: L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée   L'on ne maîtrise pas toujours sa destinée EmptyJeu 5 Oct - 22:56

Séverine se mit à rougir, sans que je puisse comprendre pourquoi. Je n'avais fait que dire le fond de ma pensée. Je compris alors qu'une fois de plus, j'avais pris de très gros risques. Les murs avaient des oreilles, et si l'époux de Séverine apprenait que j'avais songé à marier mon propre fils avec son épouse, je risquais plus que quelques phalanges cette fois ci. J'avalais ma salive, maudissant ma langue et écoutais la jeune femme me dire que je lui faisais un grand honneur. Bon, elle ne le prenait pas mal, c'était déjà le principal. Mais la voir rougir me fit soulever une nouvelle hypothèse. Peut être avait elle pensé à la même chose que moi. Peut être avait-elle envisagé elle aussi d'épouser Rolf. Cela expliquerait son soudain comportement, le fait qu'elle perde ses moyens devant moi. Je levais un sourcil et plongeais mon regard dans le sien, cherchant à deviner le véritable fond de sa pensée. Oui, elle avait sans doute eu la même idée que moi. Mais je n'allais pas le lui demander, pas à voix haute, pas ici, c'était bien trop dangereux.

Quel dommage, elle aurait fait une excellente épouse pour mon Rolf. Certes elle aurait vécu dans un environnement hostile, recouvert de neige la plupart du temps. Elle aurait côtoyé un peuple austère, peu démonstratifs et aussi froid que leur dirigeant. Mais cela aurait été plus tranquille, moins sujet à la peur et à l'anxiété, elle aurait pu être heureuse. Encore confuse par mon aveu, Séverine souhaita à Rolf de trouver une épouse digne de lui, ce que j'espérais aussi, vu le temps qu'il mettait à en trouver une. Mais, ce qui m'intriguait en cet instant, c'était la jeune femme devant moi. Elle semblait au bord de la panique. Je la comprenais, je l'avais mis, sans le vouloir, dans une situation compliquée. Un seul mot de travers, et elle aurait de graves problèmes. Je me contentais d'hocher la tête et de répondre avec un petit sourire :

"- Je ne me fais pas de soucis pour lui. "

Séverine, consciente que la conversation pouvait rapidement tourner au désastre, se leva et s'inclina devant moi. Je restais assis, quelque peu déçu de la voir déjà repartir. Elle prit mes mains entre les siennes, dans un geste plein de douceur et me dit qu'elle avait été heureuse de m'avoir revu et qu'elle espérait que Volga permette à nos chemins de se croiser de nouveau. Elle m'avoua qu'elle ne souhaitait pas me retarder, car Elanin devait m'attendre. Ma fille m'avait déjà vu, mais je préférais ne pas le dire pour plutôt répondre :

"- Les portes de mon domaine vous seront toujours ouvertes Séverine. J'espère que nous nous reverrons, sinon, écrivez moi, histoire que je sois un peu plus au courant des derniers évènements vous concernant à notre prochaine rencontre."

Séverine se redressa, me salua une dernière fois et s'éloigna. Je la regardais partir, pendant quelques instants, puis je me relevais en retenant un grognement de douleur. Mon genou n'était pas encore prêt à repartir mais je ne lui laissais pas le choix. Une fois la douleur passée, je pris le chemin de la sortie, rejoignant mon domestique et mon cheval, qui n'attendaient plus que moi pour prendre le départ. Avec un peu de chance, je pourrais peut être rattraper Rolf et terminer le voyage du retour à ses côtés. Je grimpais sur ma monture et la lança au galop.
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