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 D'amour et de chagrin

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Mélusine de Sylvamir
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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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Message Sujet: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 21 Aoû - 2:38


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Mélusine de Sylvamir & Alméïde d'Erebor

D'amour et de chagrin

Dans les lignes d'un dessin




• Date : 27 août 1002
• Météo (optionnel) : /
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Privées du soutien de leurs pièces de la Rose Écarlate, Alméïde rend visite à Mélusine, inconsolable de l'absence de son mari, pour tenter de la réconforter et lui redonner courage.
• Recensement :
Code:
• [b]27 août 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2567-d-amour-et-de-chagrin#77629]D'amour et de chagrin[/url] - [i]Mélusine de Sylvamir & Alméïde d'Erebor[/i]
Privées du soutien de leurs pièces de la Rose Écarlate, Alméïde rend visite à Mélusine, inconsolable de l'absence de son mari, pour tenter de la réconforter et lui redonner courage.











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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 21 Aoû - 2:40

Les enfants sont couchés. Dans la tour de Sylvamir, tout est calme : tu viens d’aller voir bébé Meldred, qui dort comme un ange, ses petites mains serrées sur son doudou, un petit dragon d’Or en tissu qui ne le quitte jamais. En passant le nez par la porte d’Agathe, tu l’as vu paisiblement endormie, roulée en boule sur le côté comme un chaton en plein rêve ; et Arsène sommeille également dans sa chambre, de l’autre côté du couloir, affalé sur son lit comme terrassé par la fatigue d’une journée bien remplie. Les domestiques ont pris congé pour la nuit, seuls deux gardes restent debout, l’un sur le toit et l’autre devant la porte d’entrée, prêts à donner l’alerte si quelqu’un tente d’entrer ; et un petit page sommeille sur un banc confortable dans le vestibule, prêt à signaler tout visiteur qui se présenterait. Tu es fatiguée, si fatiguée Mélusine, depuis le départ de Rhéa – comme si l’absence de ton Fou fantasque t’avait privé d’une force de vie dont tu n’avais pas conscience de bénéficier. Dans tes pensées, il y a un vide, là où naguère Fantasme se nichait – tu te sens terriblement seule.

Fatiguée, mais incapable de dormir. Maximilien et Melbren – malade, sûrement – sont partis sur les chemins, et tu sais que Castiel est également affecté par la maladie qui ravage le continent. Melsant fait la guerre, Mélisende s’occupe de votre mère, Joséphine est partie accompagner les malades, et tu restes seule à Lorgol, dans cette tour où Hiémain n’est pas. Ton mari te manque, affreusement, viscéralement, comme si tu marchais amputée d’une part de toi-même ; et même si tu parviens à donner le change le jour, à rester forte pour les enfants, la nuit te trouve en larmes dans ce lit si grand pour toi seule, étouffant tes sanglots dans l’oreiller, sans les bras de ton époux tendrement aimé pour te réconforter. Tu as l’impression de n’avoir pas respiré à fond depuis votre séparation, et tout ton cœur n’est plus qu’une immense plaie à vif que les enfants, seuls, parviennent à apaiser. Temporairement.

Ce soir ne fait pas exception.

Tu es recroquevillée dans ce lit trop vide, les yeux grand ouverts dans l’obscurité, un sillon salé trempant l’oreiller de larmes silencieuses qui gouttent une à une sur le tissu brodé. Hiémain n’est pas là. Le sommeil te fuit. Tu aimerais voir Alméïde, la regarder sourire et discuter avec elle, mais elle n’a pas répondu au petit mot que lui as fait parvenir par coursier ce matin, lui demandant de passer te voir à sa convenance, avec son matériel de dessin. Oh, elle est sûrement très occupée avec les malades de la capitale à soigner, tu le sais bien, et tu ne lui en tiens pas rigueur – elle est de ceux qui soignent avec leur cœur, et tu préfères la savoir affairée là où sa vocation la porte, que confinée à tes côtés à devoir supporter ta détresse. Elle viendra sûrement demain partager ton repas de midi, et tu souriras pour les enfants, et tu te montreras gaie. Pour ne pas qu’ils s’inquiètent. Pour ne pas qu’elle s’inquiète. Demain, tu auras la force de prétendre encore.

Une heure passe, puis deux. Tu ne dors toujours pas, la nuit a bien avancé – elle hésite à ce moment qui sépare aujourd’hui de demain, lorsque le petit page vient gratter à ta porte, annonçant la princesse d’Erebor dans le petit salon, et doit-il la faire monter ? Redressée sur un coude, tu t’apprêtes à lui demander de la faire patienter un peu, de lui dire que tu vas descendre, dans un instant, juste le temps de te rendre présentable, de troquer ta longue chemise de nuit d’hiver contre une robe d’intérieur – mais tu n’en as pas le temps. La porte s’entrouvre, Alméïde s’annonce elle-même, chandelier au poing ; et se glisse dans la pièce en congédiant poliment le petit page.

Tu n’es pas prête à la voir.
Tu n’es pas prête, à ce qu’elle te voie comme ça.

« Mémé ! » as-tu le temps de gémir pitoyablement, avant de fondre en larmes, assise dans ton lit, le visage caché dans tes mains.











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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyMer 23 Aoû - 18:45

Tu te sens si fragile, sous ton masque d'assurance et d'autorité. Tu déplores ton impuissance alors que tu éponges le front brûlant d'un malade et que tu lui sers tisanes et décoctions pour apaiser ses maux. Parfois, il en ressent les effets, quelques minutes ou quelques heures, mais tu te demandes sans cesse si ce n'est pas uniquement parce qu'il veut y croire autant que toi ou si tes remèdes font véritablement effet. Tu n'abandonnes pas pour autant, tu cherches à le rassurer, comme tous les autres, et quand tu fais part de tes inquiétudes, c'est uniquement auprès de tes collègues médecins, loin des oreilles indiscrètes et de ceux qui ne doivent pas entendre vos doutes. Vous échangez beaucoup, votre expérience et vos idées, mais au fond de toi, tu sais que la seule solution ne viendra pas de l'Académie mais de Roc-Épine. C'est une évidence à laquelle tu dois t'habituer, avec laquelle tu dois composer, et tu sais que malgré tes efforts, ton but premier et de soulager les personnes atteintes de la douleur, repousser le mal et le ralentir, jusqu'à ce que vous ayez trouvé une solution permanente. Tu regrettes parfois de ne pas être partie, mais le sourire de cet homme qui te remercie d'avoir apaisé ses nausées te réchauffe le coeur et te conforte dans l'idée que tu as bien fait. Ton devoir est ici et non sur les routes.

C'est le coeur empli de ces convictions que tu retournes dans ta chambre. La nuit est déjà tombée sur Lorgol et tu te frottes les yeux, chassant au mieux la fatigue. Ce n'est que quelques minutes après avoir rejoint ta chambre que l'on frappe à ta porte pour te transmettre un mot. Tu le déplies avec empressement, reconnaissant parfaitement l'écriture et la signature. Quand te l'a-t-elle envoyé ? Est-ce trop tard pour aller la voir ? En un instant, tu décides que non, il n'est pas trop tard. Tu rassembles tes affaires de dessin, comme elle te l'a demandé, puis tu quittes l'Académie aussi rapidement que possible pour te diriger vers la tour où réside ton amie.

Quelques coups à la porte et l'on te fait entrer dans ce lieu que tu commences à bien connaître, puisque tu t'y rends pratiquement tous les jours depuis que tu te trouves à Lorgol. Tu suis le jeune page avec une certaine impatience et quand il te demande d'attendre, tu ne l'écoutes que l'espace de quelques secondes. D'un geste leste, tu t'empares d'un chandelier et empruntes le même chemin que lui jusqu'à l'endroit qui t'intéresse. « Laissez-nous je vous prie, je m'en charge. » déclares-tu d'une voix douce mais avec fermeté. Le jeune homme s'éloigne et tu ouvres doucement la porte, éclairant la chambre à la flamme vacillante de ton chandelier. « Mélusine ? Je suis là, je suis venue dès que j'ai pu. »

« Mémé ! » L'exclamation – la plainte – qui résonne dans la pièce est rapidement suivie de sanglots qui te serrent le coeur. Tu déposes délicatement le chandelier sur la table de chevet et t'assois près de ton amie pour la prendre dans tes bras. Doucement, tu la serres contre toi, sans un mot. Tes doigts courent le long de son dos et de sa chevelure défaite, pour l'apaiser. Tu ne sais pas très bien ce qui la met dans cet état, mais tu peux le deviner. Lentement, tu la berces dans tes bras, laissant les secondes s'effiler sans perdre patience, sans la presser. Tes lèvres embrassent sa tempe comme pour la rassurer et ton coeur peine à la voir dans cet état.

« Tout ira bien. Je suis là, je ne partirai pas. » murmures-tu contre sa chevelure sombre. « Veux-tu m'en parler ? » La question est douce, nullement pressante. Tu as à coeur qu'elle aille mieux et tu ne desserres pas ton étreinte, l'enveloppant dans un cocon protecteur.


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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyJeu 24 Aoû - 0:10

Toi la fière, toi qui aime être écoutée, remarquée, admirée – toi qui aimes choquer, toi que le scandale n’a jamais effrayée, toi qui assume toujours chacune de tes décisions jusqu’au bout – toi Mélusine, l’enfant terrible et tapageuse, tu voudrais te cacher sous tes draps et n’en plus sortir. Tu voudrais tellement qu’Alméïde ne te voie pas comme ça, si ridicule, si pitoyable ! Tu joues les fortes depuis des semaines, tu leurres ton monde avec les talents d’actrice cultivés à la Cour des Miracles, tu déploies ton charme comme un paon ferait la roue, pour distraire et détourner l’attention. Tu soupçonnes qu’Agathe arrive à deviner les cernes sous ton maquillage, et les câlins d’Arsène se sont faits plus fréquents – mais dans l’ensemble, tu es parvenue à demeurer le roc de ta famille abandonnée par son seigneur et maître, gardent les petits sous ton aile, feignant le sourire et l’allégresse pour les protéger.

Et voilà qu’en un regard, ta princesse a mis à mal toutes les couches de voiles dont tu as emmailloté ta détresse.

L’envie est forte, de rabattre le drap sur ta tête et de te lover dessous, sans rien dire, sans bouger – si tu restes suffisamment immobile, peut-être pensera-t-elle que tu dors ? Ce brin de réflexion typique de Rhéa ne fait qu’aviver le vide dans le coin de ton esprit qui était le sien, et tu hoquettes de plus belle, l’âme en peine et le moral en berne, luttant pour ne pas trop laisser déborder ton cœur. Ça fait mal, de penser aux absents : ça pulse et ça brûle, ça ronge et ça déchire, ça pique et ça saigne. Tu t’attends presque à trouver tes mains baignées d’écarlate, lorsque tu les décrispes de ton cœur contre lequel elles s’étaient pressées pour l’empêcher de se briser : mais non, si elles sont humides ce n’est que parce que le torrent de ta peine a dévalé ton visage pour venir les inonder. Un instant passe, où tu tentes de lutter contre l’instinct de fuite pour préserver ta dignité, mais elle le déjoue en s’installant à tes côtés, te prenant dans ses bras pour te bercer doucement.

Il est trop tard pour fuir, maintenant.

Un instant, tu résistes pourtant, tentant de rassembler tes moyens – puis tu cèdes, et tu t’effondres contre elle, le nez dans le tissu de son sari, inspirant son parfum à pleins poumons et trempant de tes larmes les voiles délicats dont elle s’est vêtue. Des deux bras, tu enlaces sa frêle silhouette, te cramponnant à elle comme à un bouclier contre le raz-de-marée de chagrin qui déferle sur toi. Pendant un long moment, tu te contentes d’épancher son cœur sur son épaule, puis lorsque tes sanglots se calment, tu parviens à articuler quelques explications entre deux hoquets pathétiques. « Je me sens – tellement seule, Mémé – sans lui, c’est terrible, sans lui – j’ai besoin de lui, Mémé, quand il n’est pas là, je ne peux pas respirer. » Ta voix dérape dans les aigus, et tu t’arrêtes un instant, luttant pour reprendre le contrôle de tes cordes vocales. Il ne manquerait plus que tu réveilles les enfants ! « Et Rhéa n’est plus là, et Fantasme non plus, et tu es si occupée, et c’est la guerre qui détruit tout – et je ne supporte plus la solitude, Mémé – je n’en peux plus, d’être seule, j’ai tellement, tellement besoin de lui, et il n'est là ! »

Et tu pleures, cramponnée à ta meilleure amie comme si ta vie en dépendait.
Impuissante. Loin de lui. Seule.
Pas une seule fois, son nom n’a franchi tes lèvres.
Tu penses que ça briserait ton cœur.
Ca fait tellement mal, à l’intérieur !











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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyJeu 24 Aoû - 16:30

Tu ne supportes pas de la voir ainsi, submergée par le chagrin, mais tu te fais roc solide et inébranlable pour absorber sa peine et la soutenir dans cet instant difficile. Les sanglots secouent son corps contre le tien, tu la maintiens dans tes bras, recueillant ses larmes et sa détresse sans chercher un seul instant à t'en défaire. Tu as déjà aperçu un semblant de cette détresse un jour, alors que vous étiez perdues dans un monde qui n'était pas le vôtre, que vos existences avaient basculé pour n'être qu'un chaos indescriptible et terrifiant. Elle avait alors perdu son fils, perdu Rhéa, perdu pratiquement tous ses repères et toi aussi, tu as pu goûter à cette angoisse terrible dans un moment où tu ne savais plus quoi faire. À présent, tu sens que quelque chose de semblable se produit, que la force de ton amie s'effile doucement entre tes doigts et qu'elle cherche avant tout à être maintenue en un seul morceau afin de ne pas se perdre dans les méandres d'un quotidien troublé, morcelé. Tu ne cherches pas un seul instant à faire cesser ses pleurs ni à la forcer à te parler. Tu lui murmures quelques mots rassurants sans mettre fin à ton étreinte et tu écoutes, patiemment, alors qu'elle parvient à calmer ses pleurs.

« Je me sens – tellement seule, Mémé – sans lui, c’est terrible, sans lui – j’ai besoin de lui, Mémé, quand il n’est pas là, je ne peux pas respirer. » Ses mots trouvent un écho en toi et tu comprends rapidement de quoi elle parle, de qui elle parle. Tu continues de la bercer, terriblement peinée par son désarroi, par son être qui hurle, visiblement à l'agonie de ne pouvoir être auprès de celui qu'elle aime. « Et Rhéa n’est plus là, et Fantasme non plus, et tu es si occupée, et c’est la guerre qui détruit tout – et je ne supporte plus la solitude, Mémé – je n’en peux plus, d’être seule, j’ai tellement, tellement besoin de lui, et il n'est pas là ! » Tu caresses encore un instant son dos dans un geste apaisant et tu prends un peu de recul afin de la regarder dans les yeux, à la lueur des bougies. Ses yeux sont rouges d'avoir pleuré et ses joues sont humides. Tu essuies ses larmes du bout des doigts et tu lui adresses un sourire qui se veut rassurant.

« Je sais Mélusine, je sais. C'est difficile et ça le sera encore quelques temps, mais tu es forte. Tu n'as pas besoin de lui ou de Rhéa pour être la marquise lumineuse que je connais. C'est pour ça qu'ils t'ont choisie, parce qu'ils ont vu en toi ce que je vois aussi, et c'est une femme qui sait avancer la tête haute, même dans l'adversité. » Tu penses chacun des mots que tu prononces et tu replaces une mèche de ses cheveux derrière son oreille pour mieux observer le bleu de ses yeux. « Je suis désolée de ne pas avoir été plus présente pour toi, je resterai ici ce soir, et aussi les jours qui viennent si tu le désires. Tu verras, tout se passera bien. » Un simple murmure, une promesse d'un avenir meilleur. Tu crois fermement que les choses finiront par aller mieux. Peut-être pas dans quelques jours, ni même dans quelques mois, mais les choses rentreront dans l'ordre.

Tes doigts se posent délicatement sur sa joue et tu t'approches pour embrasser son front. « Demain j'irai chercher mon miroir pour que tu puisses lui parler, d'accord ? » Quitte à le garder plusieurs jours auprès d'elle, si ça peut la rassurer. Tu as déjà eu bien des occasions de l'utiliser pour parler à ton frère ou à ton fiancé, et tu as encore ton médaillon pour contacter Castiel. Tu sauras t'accommoder de quelques jours sans ton merveilleux miroir, si c'est pour elle.


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyMer 30 Aoû - 22:10

Tu sanglotes, perdue dans les affres du désespoir, incapable de tenir la bride à ta détresse tant la vague est haute, tant le flot est intense. Tu as gardé ta peine et son chagrin pour toi seule, des semaines durant, l’enfouissant sous des couches de sourires et de faux-semblants. Les enfants ont besoin de te voir garder confiance, et Meldred est encore si petit – mais déjà si éveillée, si curieux ! Comment pourrait-il comprendre que sa mère se soit muée soudain en la créature pitoyable que tu te vois devenir ? Non, tu es le pilier de la famille en l’absence de Hiémain, tu n’as d’autre choix que de rester solide pour ne pas que tout s’effondre autour de toi. Et tu croirais presque que c’est pourtant le cas, cramponnée à Alméïde comme une noyée en sursis, laissant le torrent de ton chagrin s’écouler – ce flot immense qui te dévorait de l’intérieur depuis des semaines, rongeant lentement tes entrailles, répandant son insidieux poison de doute et de peur dans tes veines. Cela te fait du bien, de baisser tes murailles juste un instant, de laisser parler le maelström confus d’émotions qui tourbillonne dans le secret de ton esprit. Oh, comme tu aimerais que Rhéa soit là pour t’aider à y voir plus clair ! Mais tu as déjà Alméïde à tes côtés, et c’est un réconfort non négligeable.

Tu te laisses bercer, doucement, fuyant son regard lorsqu’elle tente de lire dans le tien, honteuse encore de te montrer si pitoyable devant elle. Un soupir un peu tremblant accueille sa proposition de te prêter son merveilleux miroir, et tu hoches timidement la tête, le visage lové contre son cou que tu as trempé de tes larmes. Tu dois faire peur à voir, tu en as bien conscience – les accès de désespoir qui te secouent, le soir venu, te rappellent trop douloureusement ce que tu pourrais avoir déjà perdu. C’est la guerre, après tout, et Svaljärd a été déchirée par de bien lâches attentats – et Hiémain est seul, là-bas, sans Obéron, sans Stellaire, sans toi. Une bouffée de colère te prend lorsque tes pensées s’égarent vers la duchesse à laquelle il prête sûrement assistance, et tu émets un grognement étouffé contre le cou de ta princesse, tentant de reprendre le contrôle de tes émotions qui s’éparpillent tout azimut. Tu as envie de te rouler en boule pour terminer de laver ta détresse dans un torrent de larmes, tu as envie de te ruer jusqu’au palais ducal de Valkyrion pour marteler de tes poings le nez de la duchesse Astrid, tu as envie de saisir un meuble le plus lourd possible pour tester son aérodynamisme en vol plané depuis ta fenêtre, tu as envie… Tu as envie d’oublier. De t’amputer le cœur et d’arrêter la douleur. Encore agitée de tremblements irrépressibles, tu te serres un peu plus contre Alméïde et la chaleur de ta présence, rassurée quelque peu de sentir sous tes mains les formes familières de sa silhouette gracile. Dans un murmure hésitant, tu admets ta faiblesse.

« Reste, Mémé. S’il te plaît. Juste cette nuit. Tu veux bien ? »

Tu veux juste dormir près d’elle, réfugiée dans ses bras, sentir qu'elle veille sur toi.
Juste pour ce soir, le temps de retrouver ton courage.
Juste pour cette fois.











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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyVen 1 Sep - 12:57

Tu sens que ses sanglots s'apaisent, tu sens que ses tremblement s'amenuisent contre toi. Tu ne desserres pas un instant ton étreinte et elle s'y blottit comme dans un cocon protecteur. Sa détresse te peine, tu n'aimes pas la voir ainsi, alors tes gestes se font plus doux et tes paroles également. Chaque instant passé à ses côtés te permet d'absorber un peu de son chagrin, de l'en débarrasser un peu, en espérant que ça lui permettra d'avoir un peu la conscience tranquille, à défaut d'être totalement apaisée. Elle accepte même que tu lui amènes ton miroir, dès le lendemain, d'un simple hochement de tête timide. C'est son murmure suppliant pourtant, qui finit de te serrer le coeur.

« Reste, Mémé. S’il te plaît. Juste cette nuit. Tu veux bien ? » « Je n'ai aucune intention de te laisser. » réponds-tu d'une voix tendre, la serrant un peu plus entre tes bras.

Tu embrasses doucement son front et tu l'étreins encore, sans savoir combien de temps vous restez ainsi, blotties l'une contre l'autre. Avec douceur, tu entames une berceuse erebienne, à la mélodie apaisante et chaleureuse, une mélodie que tu connais bien pour l'avoir tant de fois entendue et chantée à ton tour à tes neveux et nièces. Ce n'est que lorsque tu sens Mélusine sombrer contre toi que tu te permets de bouger. Sans geste brusque, tu changes de position, l'aides à se recoucher et t'allonges à ses côtés sans cesser un instant d'entonner la douce musique de ton enfance. Elle somnole, ta douce amie, et tu sens son étreinte se raffermir alors que tu caresses doucement ses cheveux, jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Sa respiration se fait plus calme, plus régulière, sa poitrine se soulève à un rythme plus lent et les traits de son visage semblent se détendre. Tu essuies distraitement les dernières traces de larmes sur ses joues et tu replaces les couvertures pour qu'elle ne prenne pas froid cette nuit. À la lueur diffuse de la bougie, tu observes son visage serein et tu te surprends à penser que oui, elle est belle ainsi, les traits ainsi éclairés de cette flamme dansante.

Puis tu fermes les yeux à ton tour, bercée par sa respiration.

Lorsque tu te réveilles, quelques rayons de soleil timides éclairent la chambre à travers les rideaux. Tu te rends compte que les couvertures sont défaites, complètement tirées du côté de ton amie emberlificotée dans les tissus et accrochée à toi comme si tu étais son oreiller. L'esprit embrumé de sommeil, tu réalises peu à peu que c'est le froid matinal qui t'a sortie de ton sommeil. Ton regard se pose un instant sur la silhouette de Mélusine, le visage à moitié dissimulé par sa chevelure emmêlée, encore profondément endormie. Un sourire tendre apparaît sur tes lèvres et tu t'efforces de te défaire de son étreinte sans la réveiller. Elle mérite de se reposer encore un peu.

Discrètement, tu quittes la chambre et te rends dans le salon où tu trouves le valet qui t'a accueillie la veille. Il te prévient que les jeunes Arsène et Agathe sont éveillés, ainsi que Meldred, dont ils s'occupent avec attention. D'un hochement de tête, tu le remercies et lui demandes d'apporter un plateau pour le petit déjeuner, avec un peu de tisane pour apaiser le coeur de ton amie, mais également quelques pâtisseries dont elle raffole, s'il en a sous la main. Il s'incline et s'éloigne, tu en profites donc pour faire un brin de toilette avant son retour et aller t'assurer que les enfants – et adolescents – se portent bien. Tu ne les déranges pas longtemps toutefois, ils semblent en pleine discussion et tu n'as aucune envie de les interrompre. Puis Mélusine pourrait se réveiller d'un instant à l'autre.

Quand tu retournes dans les appartements de ton amie, le plateau est posé sur une table basse et Mélusine est encore endormie. Tu t'approches et t'installes au bord du lit, avec douceur. De la même manière, tu tentes de relever un peu la couverture pour qu'elle ne prenne pas froid, mais elle s'agite légèrement dans son sommeil et tu t'interromps, avant de sourire en la voyant cligner des yeux à la lumière du jour.

« Bonjour. Bien dormi ? »


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptySam 9 Sep - 21:36

Tu ne sais pas exactement à quel instant la fatigue et la tristesse ont fini par avoir raison de toi. Tu ne te rappelles pas avec précision du moment où tu as fini par capituler et sombrer dans le sommeil, non ; mais tu te souviens avec précision du parfum des cheveux d’Alméïde près de toi, de la douceur de sa voix alors qu’elle chantait pour toi, de la tendresse dont elle t’a enveloppée comme on emmailloterait un bébé pour le rassurer. Tu gardes le souvenir du moment où elle t’a confortablement rallongée pour te laisser t’endormir, quand tu l’as serrée un peu plus fort contre toi, comme si un enfant qui se blottirait contre le doudou tout-puissant gardant son sommeil de tout cauchemar. Ce n’est pas vraiment ce que tu voudrais être pour elle, mais c’est toujours mieux que rien, n’est-ce pas ? Alors, tu t’es laissée avaler par Niobé, lovée contre ton amie, te remettant entièrement entre ses mains jusqu’au lever du jour.

C’est son sourire que tu aperçois en premier lorsque le jour s’en vient te réveiller. Un instant décontenancée de la trouver, là, parmi tes couvertures, tu clignes des yeux comme un hibou surpris à l’aurore, passant une main perplexe dans ta chevelure affreusement emmêlée. « Oui… ? » hasardes-tu en réponse à sa question, pas encore totalement réveillée. Il te faut quelques secondes pour te souvenir de la veille, et des raisons de sa présence dans ta tour de si bon matin. Visiblement, elle a exaucé ta requête et ne t’a pas quittée : tu sens son odeur sur le tissu de ta chemise de nuit, et tu en conclus, un peu gênée, qu’elle t’a vraisemblablement servi d’oreiller. « Oh, Mémé. Je suis désolée. » Désolée de l’avoir fait venir à une heure indue, désolée de t’être donnée en spectacle devant elle sans la moindre retenue, désolée de l’avoir contrainte à te veiller comme une malade ou une infirme alors qu’elle a déjà bien assez de patients à gérer. « Je voudrais tellement que ce soit différent, mais apparemment c’est plus fort que moi : je n’arrête pas de t’impliquer dans mes pires moments. Rien que la naissance de Meldred… Ou cette fois, à Lorgol, dans cette vie insensée… Et même ici, dans la tour de mon foyer, en sécurité avec mes enfants, je trouve encore le moyen de t’accabler. Je suis désolée, Mémé, profondément, si tu savais, ma douce. Pardonne-moi. » Un pauvre sourire vient étirer tes lèvres alors que tu te redresses et l’enlaces pour la serrer contre toi, dans un remerciement muet.

Merci, de ne pas me juger. Merci de ne pas me retirer mon estime, ni ton amitié. Merci d’être là, pour moi, malgré tous tes soucis et les chagrins de ton quotidien. Attrapant son visage à deux mains, tu déposes un baiser plein de tendresse sur sa joue – avant d’en déposer un, fugace et rapide, sur ses lèvres qui se révèlent aussi douces que dans son souvenir. Une seconde, même pas ; et tu la lâches prestement pour te lever, lui adressant un clin d’œil complice. Oui, ça va mieux, et tu tentes de lui en donner la preuve en te montrant tout aussi scandaleusement tactile qu’à ton habitude. « Et toi, dis-moi. Je ne t’ai même pas demandé si ça allait, hier. Comment va ta vie, ma douce ? Tu dois être débordée, avec cette épidémie qui ravage le continent… »

Tout en parlant, tu t’es dirigée vers la coiffeuse près de la fenêtre, à côté de l’armoire immense qui renferme les quelques tenues que tu portes lors de tes courts séjours à Lorgol – ta garde-robe complète se trouve à la tour de Séverac, et tu ne la visites que lorsque tes séjours se prolongent. Tu sais déjà quelle tenue tu porteras aujourd’hui, une fois convenablement coiffée. Peigne en main, tu t’installes sur le tabouret devant le miroir, attaquant le démêlage de tes mèches brunes, dirigeant un regard inquisiteur vers Alméïde pour ne rien perdre de sa réponse.











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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptySam 9 Sep - 22:59

Elle semble un peu déboussolée, à son réveil, comme un oisillon tombé du nid. Son visage porte encore la marque des draps et ses cheveux emmêlés tombent en désordre sur ses traits endormis. Ton sourire se fait plus marqué, attendri. Tu lui laisses le temps de se réveiller complètement et, quand les souvenirs affluent, son visage semble soudain plus soucieux.

« Oh, Mémé. Je suis désolée. » Tu hausses les sourcils sans comprendre. « Désolée ? Mais de quoi ? » « Je voudrais tellement que ce soit différent, mais apparemment c’est plus fort que moi : je n’arrête pas de t’impliquer dans mes pires moments. Rien que la naissance de Meldred… Ou cette fois, à Lorgol, dans cette vie insensée… Et même ici, dans la tour de mon foyer, en sécurité avec mes enfants, je trouve encore le moyen de t’accabler. Je suis désolée, Mémé, profondément, si tu savais, ma douce. Pardonne-moi. » Elle se redresse soudainement pour te serrer contre elle et tu lui rends son étreinte sans hésiter. Les événements dont elle parle remontent à te mémoire en vagues douloureuses mais tu ne les chasses pas, convaincue de ne pas vouloir échanger ta place pour rien au monde. Une amie avait besoin de toi et tu étais plus que ravie d'être là pour elle, dans ces instants difficiles, qu'importent les conséquences. Tu t'apprêtes d'ailleurs à la rassurer à ce sujet, mais elle te surprend d'un baiser, puis d'un second. Si légères, ces lèvres sur les tiennes, un contact plus doux qu'une plume et déjà, tes joues rosissent à peine sous le geste. Son clin d'oeil te fait sourire ; tu retrouves là ta Mélusine, pleine de vie et d'audace, et ça te met du baume au coeur. Tu ne peux t'empêcher de penser à d'autres baisers, différents. Au paroles de Castiel, il y a plusieurs semaines de cela. À tes réflexions sur le sujet, qui t'embrouillent plus que tout.

Tu es encore un peu ailleurs quand elle se relève et qu'elle te questionne à son tour. « Et toi, dis-moi. Je ne t’ai même pas demandé si ça allait, hier. Comment va ta vie, ma douce ? Tu dois être débordée, avec cette épidémie qui ravage le continent… » Tu hoches doucement la tête, soudain bien sérieuse, à songer à tes patients. « Ils sont si nombreux et rien ne marche, j'ai l'impression de brasser de l'air... » Tu soupires, si lasse, mais tu sais que malgré tout, tu continueras à essayer, peu importent les piètres résultats. « J'espère qu'ils trouveront la réponse à Roc-Épine, parce que pour le moment, on n'arrive à rien ici. » ajoutes-tu en te relevant à ton tour.

D'un pas tranquille, tu rejoins Mélusine vers sa coiffeuse et sans même lui demander, tu lui prends délicatement le peigne des mains pour t'occuper d'elle, comme tu le fais parfois avec tes nièces. Dans le geste, il y a l'habitude, il y a la tendresse. Tu combats les fourches avec la même application que dans ton travail quotidien, veillant à ne pas lui faire mal. « Au moins, ici, j'ai l'impression de servir à quelque chose. Depuis que Simon est parti, c'est plus difficile, mais je n'ai pas envie d'abandonner, même si ça ne devait sauver qu'une personne, ou uniquement soulager ses maux. » Ce serait déjà une grande victoire oui. Ton regard croise celui de Mélusine dans le miroir et ton visage s'adoucit. « Puis je peux te voir tous les jours, ça m'aide à garder confiance. » Confiance en l'avenir, un avenir où tout ira pour le mieux. Tes mots sont sincères, tu y crois tant que tu as une raison de te battre.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Dim 24 Sep - 14:46, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyVen 22 Sep - 0:27

Elle se fait si sérieuse, soudain, lorsque tu lui demandes des nouvelles. Tu t’imagines bien ce que doit être son quotidien, empli de malades qu’elle ne peut soigner, de symptômes qu’elle ne peut traiter, de fièvre et de douleur contre lesquelles elle est impuissante. Comme cela doit lui peser, à ta jolie princesse qui porte le cœur dans ses mains, comme elle doit s’en vouloir de ne rien pouvoir faire à part retarder l’inévitable ! Comme cela doit la déchirer, de voir l’inquiétude des familles sans avoir de réconfort à leur apporter, de constater la détresse des atteints sans être capable de les rassurer. Voilà un terrible ennemi, dont elle ne peut soulager les ravages ; et tu devines que sous ce joli front, le souci doit être omniprésent. Tu t’en veux, un peu, de l’avoir forcée à se concentrer sur ces moments difficiles ; mais tu sais qu’elle a les épaules pour affronter ça, le courage et la force de caractère nécessaires pour tenir bon dans l’adversité.

En toi, il y a l’admiration sincère d’un petit Fou téméraire pour sa Tour si droite et fière.

Le vide résonne, là où se trouvait Rhéa. Alméïde mentionne Simon à son tour, comme si elle suivait le reflet de tes pensées, et tu frémis ; tout autant de percevoir chez elle le même cheminement dans le raisonnement, que de sentir pulser le vide où naguère se lovaient Fantasme et sa cavalière. Un soupir un peu triste t’échappe, et tu croises les sombres prunelles de ta princesse, dans le magnifique miroir qui occupe ton champ de vision. Ses mots te réchauffent l’âme, et tu saisis l’une de ses mains à la volée, portant doucement les doigts fins à tes lèvres, sans la quitter des yeux un seul instant. L’air se fait plus dense, pendant les quelques secondes où un regard bien plus sérieux que tes plaisanteries de naguère porte jusqu’à elle la clameur de ton cœur meurtri.

Mais trêve d’idioties !
Elle t’a déjà fait comprendre que ce torrent confus ne coule que dans un seul sens.
L’instant vole en éclats, et toi tu éclates de rire, cherchant dans la joie un prétexte, t’enveloppant d’un autre faux-semblant pour ne pas risquer de la perdre.

Lâchant ses doigts, tu secoues vivement ta crinière désormais domptée – tu aimes profondément que l’on s’occupe de tes cheveux, et les bons soins de ta chère amie t’ont sûrement tiré un ou deux ronronnements discrets. Tapant dans tes mains, comme une enfant enthousiaste, tu exhibes ton plus beau sourire et une œillade confondante de supplication. « Mémé, j’ai un service à te demander ! » Tu as saisi le peigne dans sa main, l’as posé sur la commode, pirouettant sur toi-même dans une gaieté factice qui saura bien donner le change. C’est une vraie faveur, que tu vas lui demander, et tu espères vraiment qu’elle consentira, car le projet te tient profondément à cœur.

« Ma douce, pourrais-tu faire un portrait de moi ? De moi, en entier. Pour Hiémain, tu comprends ? Qu’il y ait quelque chose qui lui rappelle sa femme, quand il est loin de moi. Quelque chose de, de… de cielsombrois, comprends-tu ? »

Un portrait pas forcément habillé, en vérité.











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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyDim 24 Sep - 15:24

Tu croises le regard bleu dans le miroir, alors que tu peignes ses cheveux avec tout le soin dont tu es capable. Un instant, tu arrêtes ton geste et un sourire naît sur tes lèvres, sans que tu ne la quittes des yeux. Ta main au creux de la sienne, tu l'observes sans un mot, sans un geste, à la fois troublée et apaisée. Les dernières semaines passées à ses côtés, depuis ton retour à Lorgol, ont remonté en toi bien des souvenirs et des conversations, avec elle, avec ton fiancé. Les mots résonnent dans ton esprit et tes pensées fourmillent d'images sur lesquelles tu ne te permettais pas de t'attarder il y a quelques temps encore. Il te semble redécouvrir Mélusine, redécouvrir ton amie, comme une évidence qui doucement émerge à la surface. Tu t'efforces de ne pas trop y réfléchir, mais tu sais que sa présence t'est agréable, que ses rires chantent pour toi comme une mélodie harmonieuse et que le bleu de son regard est comme la promesse d'un horizon sans nuages. Le temps de quelques battements de coeur, le temps d'un frisson imperceptible, et l'eau calme devient tourbillon incontrôlable, tournoyant dans la pièce en te tirant un sourire surpris. Mélusine rayonne à nouveau, lumineuse dans la pièce baignée des premiers éclats du jour. Les larmes de la veille ne semblent être qu'un lointain souvenir, effacées à l'éveil de l'astre solaire, et pourtant, tu n'oublies pas le chagrin de ton amie. Raison pour laquelle tu entres dans son jeu sans te poser de questions, présente pour elle comme tu l'as promis, sans hésitation, sans concessions.

« Mémé, j’ai un service à te demander ! » Sa bonne humeur est contagieuse. Tu te retiens de rire devant son enthousiasme débordant. « Tout ce que tu voudras. » réponds-tu avec douceur, le ton aussi léger que le sien. Quand elle est ainsi, tu ne peux rien lui refuser. « Ma douce, pourrais-tu faire un portrait de moi ? De moi, en entier. Pour Hiémain, tu comprends ? Qu’il y ait quelque chose qui lui rappelle sa femme, quand il est loin de moi. Quelque chose de, de… de cielsombrois, comprends-tu ? » Est-ce la mention de son mari, loin d'ici, qui t'embarrasse ou la mention d'un portrait cielsombrois ? Quelle qu'en soit la raison, tes joues prennent une teinte cramoisie et tu baisses un instant les yeux, comme pour reprendre contenance. Ce ne serait pas la première fois que tu couches sur papier les traits de ta tendre amie et ce ne serait pas la première fois non plus que tu la vois dévêtue. Les deux en même temps, en revanche, c'est une première... « Si c'est ce que tu désires, je... je vois mal comment je pourrais te le refuser. » réponds-tu, sincère, malgré la gêne qui colore ton visage. « Mais... Es-tu... sûre de vouloir que je m'en charge ? Je ne suis douée qu'avec un fusain et peut-être aimerais-tu un portait coloré, plus fidèle ? Plus grand aussi ? Je n'ai apporté que mon... mon carnet de croquis. » Tu ne t'attendais pas à une telle demande, pour sûr. Tes yeux croisent les siens, un peu hésitants. Mélusine est belle, ce serait un honneur de la dessiner, mais tu doutes de pouvoir rendre justice à sa grâce et à son éclat avec un simple fusain.


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyDim 24 Sep - 23:31

Elle rougit !
Elle rougit, ta douce amie, et un gloussement tout autant malicieux que ravi t’échappe. Oh, comme tu aimes éveiller ces belles couleurs sur ses joues ! Comme tu aimes lire sur ses traits la confusion dans laquelle tu te plais à la plonger. Tu aimes la surprendre, ta merveilleuse déesse des sables, tu aimes la déstabiliser ; pour qu’elle ne sache jamais vraiment à quoi s’attendre, venant de toi. C’est une manière comme une autre de t’assurer d’avoir toujours son oreille, d’être toujours celle qu’elle remarque entre tous.
Une part de toi te souffle que c’est peut-être simplement un vestige de ton Fou lové dans les replis de ton âme ; mais la raison te chuchote que cela a commencé bien avant que Rhéa ne lie son destin au tien.

Tu aimes sentir son regard sur toi. Savoir que tu es le centre de son attention. Ce portrait que tu lui demandes a deux vocations : rappeler à ton mari que son épouse se languit horriblement de lui lorsqu’il est absent ; mais également exister dans le regard de ta princesse, le temps que prendra la pose pour qu’elle puisse coucher ton image sur le papier, à défaut de te coucher, toi, dans un lit conjugal. Oh oui, tu aimes l’idée qu’elle suivra tes courbes du regard, faute de les parcourir de la main. Comme un dérivatif à la peine lancinante qui perce ton cœur quand tu n’y prends pas garde – ce manque béant qui brûle et qui hurle, lorsque tu ne penses pas à l’enfouir sous une couche de résignation tout aussi factice qu’amère. Tu ne comprends pas vraiment, comment tu peux aimer Hiémain au point de lutter pour respirer lorsqu’il n’est pas là, et souffrir du dédain d’Alméïde comme si l’on t’avait fiché un fer rouge dans les entrailles. C’est bien là un problème tout cielsombrois ; quand tu en auras l’occasion, tu poseras la question à ta Joséphine, pour savoir comment, elle, elle gère son tempérament lorsqu’il est question de sentiments.

« Un portrait au fusain est exactement ce dont j’ai besoin. Quelque chose de petit, qui se plie facilement, pour qu’il puisse l’emporter parmi ses papiers lorsqu’il est appelé à voyager, tu comprends ? Je le ferai enchanter pour ne pas qu’il puisse être déchiré, tâché ou détérioré d’aucune manière. Je voudrais simplement qu’il ait quelque chose pour lui rappeler ce qui l’attend à la maison, quand il aura choisi de rentrer. Il me manque, tu sais ? » Elle sait. Elle a constaté à quel point le torrent de tes larmes cascadait librement, hier soir, et tu as encore honte de t'être donnée en spectacle à ce point. Un soupir plein d’anxiété et de regrets t’échappe, mais tu te secoues mentalement, pour te concentrer sur l’instant présent. Elle veut bien te tirer le portait, et tu te réjouis déjà du beau dessin qu’elle va tracer.

« Je m’en remets à ton expérience. Je voudrais que tu me représentes sur le lit, mais je ne sais pas quelle posture sera la plus simple à représenter, pour toi. Et de quelle lumière as-tu besoin… ? »











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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyMer 27 Sep - 14:45

« Un portrait au fusain est exactement ce dont j’ai besoin. Quelque chose de petit, qui se plie facilement, pour qu’il puisse l’emporter parmi ses papiers lorsqu’il est appelé à voyager, tu comprends ? Je le ferai enchanter pour ne pas qu’il puisse être déchiré, tâché ou détérioré d’aucune manière. Je voudrais simplement qu’il ait quelque chose pour lui rappeler ce qui l’attend à la maison, quand il aura choisi de rentrer. Il me manque, tu sais ? » Tu hoches la tête, un sourire triste sur tes lèvres. Tu le sais. Tu l'as bien vu, tu t'en doutes de toute manière ; tu connais la force des sentiments de Mélusine pour cet homme que tu connais si peu. Il semble pourtant tout à fait digne d'elle, c'est ce que tu as pensé en faisant sa rencontre pour la première fois, en échangeant quelques paroles avec lui. Oui, son cher Hiémain est quelqu'un en qui l'on peut se fier, visiblement, et tu comprends qu'elle puisse se languir de sa présence. Toi-même tu as parfois quelques difficultés à ne pas t'impatienter, loin de ton fiancé. Le temps se fait long, loin de lui, à plusieurs mois de votre union, mais tu puises en toi la force nécessaire pour palier à ce manque que la distance crée en toi. D'une certaine manière, la maladie qui touche tout Arven a ça de positif qu'elle t'oblige à songer à autre chose, à te concentrer sur tes patients, à travailler sur un remède même si tu doutes de ta réussite. Et surtout, il y a Mélusine que tu viens voir pratiquement chaque jour, qui illumine ton quotidien assombri par le voile de souffrance qui atteint les mages de tout le continent. Elle sait chasser les nuages, elle sait te faire retrouver le sourire et te réchauffer le coeur. Tu as passé tant de temps sans la voir, tu profites de chaque instant à ses côtés désormais.

« Je m’en remets à ton expérience. Je voudrais que tu me représentes sur le lit, mais je ne sais pas quelle posture sera la plus simple à représenter, pour toi. Et de quelle lumière as-tu besoin… ? » Tu reste un instant silencieuse, songeant à la meilleure façon de faire, sérieuse malgré la couleur qui s'attarde sur tes joues. Tu commences par t'approcher de la fenêtre pour ouvrir un peu plus le rideau, laissant filtrer la lumière matinale qui enveloppe le lit conjugal de ses rayons. Tu te tournes vers ton amie, songeuse. « Tu pourrais peut-être commencer par t'allonger sur le côté ? Attends. » Tu t'approches du lit, tires sur les couvertures pour remettre un peu d'ordre et assembles les coussins de manière à créer un nid douillet pour ton amie. Une fois satisfaite, tu lui fais à nouveau face, soudain plus timide. « Voilà. Maintenant tu peux... tu peux retirer ta robe de nuit. » déclares-tu, un peu hésitante. Elle pose sur toi un regard entendu et ne se fait pas prier pour retirer le vêtement qui la recouvre. Tes yeux s'attardent un instant sur la silhouette délicate, sur l'encre noire qui orne son corps, avant de tourner la tête, un peu penaude, cherchant ta besace pour en récupérer le matériel nécessaire à ce qu'elle t'a demandé.

Ton carnet entre tes mains, un fusain prêt à l'emploi, tu désignes le lit du menton. « Tu peux t'installer Mélusine. » C'est une petite voix qui s'échappe de tes lèvres et retentit dans la pièce silencieuse et tu la laisses prendre place. Tu la suis du regard, tu évalues l'angle idéal pour ton dessin. « Essaie de relever un peu ta main, qu'on puisse voir ton... ton tatouage. » Celui qui met si bien en valeur la poitrine qu'elle exhibe sans aucune gêne. « Non, plus à gauche, c'est... attends. » Et tu reposes ton carnet avant de la rejoindre. Ta main se pose sur la sienne, la guide pour l'installer à ta convenance, d'un geste délicat. Ton visage prend un peu plus de couleur, tu relâches sa main à hauteur de sa hanche et doucement, tu repousses ses cheveux vers l'arrière pour qu'ils ne masquent pas son doux visage. Ton regard détaille ses traits, un sourire naît sur tes lèvres. « C'est pas trop incofortable ? Ca va... durer un petit moment. »


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyJeu 28 Sep - 1:24

Elle reste silencieuse un instant, et tu devines à son expression songeuse qu’elle est en train de construire mentalement la composition de son portait. Sûrement est-elle occupée à t’imaginer dans la posture répondant le mieux à ta demande, calculant la lumière nécessaire, évaluant les éléments de décor nécessaires à encadrer l’objet de son œuvre. Patiente, tu attends tranquillement qu’elle se décide, la suivant placidement du regard tandis qu’elle écarte le rideau pour laisser entrer quelques rayons du soleil matinal qui s’en viennent caresser ton lit tandis qu’elle l’aménage à sa convenance. Docile, tu t’approches ; et lorsqu’elle se tourne vers toi pour te demander de te dévêtir tout à fait, tu ne peux empêcher ton esprit de s’envoler un instant. Ah, si seulement cette requête t’était faite dans un autre contexte ! Si seulement elle s’ensuivait d’une invite à la délester, elle, de son sari et de ses voiles. Si seulement elle n’était que le prélude à quelques moments précieux, au creux du nid de coussins qu’elle vient d’aménager… Tout cela se lit forcément dans ton regard, et tu le détournes du sien après quelques instants, craignant d’avoir à son égard quelque geste déplacé que tu ne saurais retenir et qui la choquerait. Tu as la sensation qu’elle te fixe, toutefois – mais c’est sûrement du regard du peintre, dénué de la passion que tu aimerais y lire.

C’est tête basse que tu t’installes où elle te l’a demandé, te tortillant un instant pour trouver une position confortable sur le lit. Elle a parlé d’une toute petite voix, et tu es certaine qu’elle a capté et compris ton regard – et qu’elle n’a pas du tout apprécié la teneur de ce qui s’y lisait. Tu te mords la lèvre une seconde, furieuse envers toi-même et ton incorrigible tempérament, avant de te concentrer pour exécuter sa consigne, déplaçant ta main. « Comme ça ? » Visiblement pas. Elle s’approche, corrige elle-même ta posture – oh, infernal frisson qui parcourt tout ton corps, lorsqu’elle saisit ta main pour ajuster ta pose, la rendant plus équivoque que tu ne l'aurais osé, écartant délicatement une mèche de tes cheveux. La tentation est forte, à l’instant, de la saisir à bras-le-corps pour la serrer contre toi et l’enfouir à tes côtés dans ton nid douillet. Ou même, juste son visage près du tien, pouvoir goûter ses lèvres encore, sentir ses formes sous tes mains et capter un soupir sous ton baiser !

Mais l’instant passe, et tu te crispes pour rester sage. Tu veux croire que c’est simplement le manque de Hiémain qui assoiffe ton corps et le prive de tendresse – tu vas tenter de t’en convaincre, parce qu’il le faut, et qu’il te manque à un tel point que c’est sûrement vrai… « N-non. Ça va aller. Peu importe le temps que ça prendra, je suis prête à l’endurer pour que ton travail ne soit pas trop compliqué. Par contre, il faudrait sûrement barrer la porte ; je préfère que l’un des petits ne fasse pas irruption. » Ta princesse opine du chef, avec toujours aux joues cette rougeur charmante qui te donne tant envie de la toucher. De quelques gestes prompts, elle bloque le battant et revient s’asseoir sur le siège que tu as tiré à son intention. Un long moment, seul le grattement du fusain sur le parchemin résonne ; et tu restes immobile, sertie dans l’éclat du soleil qui réchauffe ta peau et les complexes motifs de l’encre qui la pare. Immobile, ta poitrine se gonflant seulement parfois d’un soupir que tu retiens, avec au creux du ventre l’impitoyable ressort de ton désir qui se noue sans merci. Au moins, tu existes dans son regard, l’espace de quelques heures – elle ne voit que toi, et tu es le centre de son attention. Fragile et cruelle consolation ; mais tu préfères encore n’être pour elle qu’un objet d’étude, plutôt que d’être privée de sa présence !











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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyMar 3 Oct - 14:14

« N-non. Ça va aller. Peu importe le temps que ça prendra, je suis prête à l’endurer pour que ton travail ne soit pas trop compliqué. Par contre, il faudrait sûrement barrer la porte ; je préfère que l’un des petits ne fasse pas irruption. » Oh. Oui, les petits. Tu t'en vas promptement bloquer la porte et tu retournes t'asseoir sur un fauteuil, ton carnet sur les genoux, ton fusain en main. Une fois bien installée, tu relève les yeux sur la silhouette dénudée qui te fait face. Tu t'y attardes un instant, comme paralysée, les joues brûlantes et le coeur battant, mais tu reviens très vite au moment présent. « Bien, je commence. Essaie de bouger le moins possible. » Mélusine, bouger le moins possible. L'idée te fait sourire, tant elle est à tes yeux un vent indomptable, une tempête qui ravage tout sur son passage, un printemps chaleureux fait de vie et de lumière. Tu l'observes un instant pour prendre la mesure de ton modèle et oui, tu la trouves belle, radieuse. Tes yeux suivent les courbes de ce corps pâle, parsemé de tatouages délicats. Ils remontent jusqu'à son visage, puis jusqu'à ses yeux que tu sens posés sur toi. Un doux sourire fend tes lèvres et tu te mets au travail, avec application, dans un silence presque religieux.

Ton front se plisse sous la concentration, le fusain gratte le papier avec régularité tandis que les traits se forment sous tes yeux. Yeux que tu relèves par moments pour repérer une forme, une courbe, un trait en particulier que tu retraces avec la plus grande fidélité. L'artiste méthodique prend le dessus durant ces quelques instants et tu te retrouves dans une bulle, comme coupée du reste. Tu y mets toute l'attention et tout le soin dont tu es capable pour retranscrire toute la beauté de Mélusine sur cette simple feuille de papier. L'élégance de sa silhouette, l'éclat de son être. Tes pensées s'égarent alors sur des souvenirs et des paroles qui ont fait naître en toi des doutes et des questionnements. Tu te demandes, alors que tu parcours son corps des yeux, ce que tu ressentirais si tes doigts en faisaient de même. Dans un coin de ton esprit, tu as encore le goût de ses lèvres sur les tiennes, et tu crains de mal interpréter ces tiraillements au creux de ton ventre lorsque tu y songes à nouveau. Tu crains également qu'il ne soit trop tard pour revenir sur le sujet, puisque vous l'avez si bien évité depuis longtemps.

Sous tes doigts se forme le corps de ton amie et tu t'arrêtes juste un instant lorsque tu entames le tatouage autour de son nombril. « Ta flèche... Je n'avais jamais fait le rapprochement avec le Fou. » dis-tu, songeuse, un vague sourire au bord des lèvres. Ce n'est pas la première fois que tu l'aperçois pourtant. La dernière fois, c'était à Sinsarelle, dans un bassin sous les rayons de soleil d'Erebor. Un souvenir que tu chéris autant qu'il te met mal à l'aise, à cause de ces révélations que tu as ignorées depuis. Tu déglutis difficilement, les mots brûlent tes lèvres mais tu ne sais si c'est le bon moment pour les prononcer. « C'est difficile sans eux mais... je préfère les savoir à l'abri et nous aussi. Malades, nous n'aurions rien pu faire, et je crois que je ne l'aurais pas supporté. » Tu n'aurais pas supporté de la voir à nouveau touchée par un malheur, c'est certain. Ton regard croise le sien, juste un instant. Tu ne parviens pas à mettre des mots sur le fond de ta pensée alors tu les retiens, trop embarrassée, revenant à ton dessin. Tu aimerais, parfois, avoir le culot de ceux que tu aimes tant. Oui, parfois.


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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 9 Oct - 1:26

Les minutes passent, dans un silence recueilli qui te semble terriblement lourd. Alméïde est concentrée sur son esquisse, et tu n’as rien d’autre à faire que de l’observer dessiner, levant de temps à autres un regard froid et analytique sur ta personne exposée à ses yeux. Seul le grattement du fusain sur le parchemin se fait entendre, et cette ambiance te pèse, soudain. Ce portrait n’était peut-être pas la si bonne idée que tu avais imaginée. Ton esprit s’évade un instant, vers les années de ta jeunesse, la joyeuse insouciance de tes seize ans – ce long voyage à travers Arven, ta première rencontre avec la princesse d’Erebor qui ne porte ce titre que parmi les dunes. Et aussi, dans la bouche de ta mère, restée une Kamar farouche même après vingt ans de mariage. Oui, tu te rappelles d’Améïde quand elle n’avait que quinze ans, toute fine et frêle, si timide et réservée. Un peu comme Agathe, à bien y réfléchir : prudente et sage, observatrice et minutieuse. Comme tu avais aimé le temps passé à Vivedune ! Le sucre des pâtisseries, la splendeur majestueuse de la mer des dunes, la chaleur sensuelle des mains d’Anthim, les rires sincères échangés avec la jeune princesse à la gentillesse si criante.

De belles années. De jolis souvenirs, renouvelés à chaque visite. La proposition d’Anthim de rejoindre son harem, après son couronnement. Tes hivers passés au soleil complice de Sinsarelle. Tes tatouages. Les confidences échangées avec Alméïde, d’année en année, sur vos familles, vos enfances, vos rêves d’avenir. Elle, si choquée par ta nature cielsombroise impudique et éhontée ; toi, horrifiée de savoir les épouses du duc recluses et cloîtrées à devoir attendre que l’on s’intéresse à elles. Deux cultures si différentes, et pourtant – et pourtant, elle a complété le savoir transmis par ta mère, et si tu te sens aujourd’hui presque plus erebienne que cielsombroise, c’est en partie grâce à elle.

Sa voix rompt le silence, et tu reviens à la réalité avec un léger sursaut. D’habitude, Rhéa surveille par tes sens lorsque les rêveries t’emportent ; mais depuis qu’elle n’est plus là… Un nouveau soupir t’échappe, et par réflexe ta main vient effleurer la flèche qui pare ton nombril – puis tu te rappelles que tu dois rester immobile, et tu reprends la pose. Alméïde parle à nouveau de l’absence qui vous pèse à toutes les deux, à ce vide laissé dans leur sillage par Simon et Justice, par Rhéa et Fantasme, et un brin d’humeur agite tes pensées. N’en avez-vous pas déjà suffisamment parlé ? N’a-t-elle donc rien d’autre à te dire ? Le désespoir atroce qui profite de ton désarroi pour t’enserrer le cœur dans son étau de fer te coupe le souffle, et les larmes te montent aux yeux. Un instant, tu tentes de les combattre, battant furieusement des cils pour chasser les importunes ; mais rapidement, un sanglot retenu agite tes épaules d’un soubresaut, et tu tournes le dos à ton amie, te retournant sur le lit pour faire face au mur, te mordant le poing férocement pour garder le contrôle de tes nerfs épuisés.

« Je – je ne le supporte plus. Pars, s’il te plaît, Mémé, reviens demain, ou après-demain, je – je suis désolée. Je ne peux pas faire semblant, comme si de rien n’était, c’est, c’est – c’est trop dur pour moi. Je n’y arriverai pas. »

Pas alors que tu ne rêves que de lui arracher fusain et parchemin, voiles et vêtements – pas alors que l’envie d’elle te déchire le ventre.

Il y a pire que son inattention.
Il y a son indifférence.










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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 9 Oct - 13:29

Malgré ta concentration, ton esprit vagabonde. Le dessin t'a toujours apaisée, c'est un art qui te détend, sans que cette fois il n' parvienne totalement. Dans ta tête, il y a toujours la pensée de ces temps troublés et de cette maladie qui ronge le continent et dans ton coeur... il y a un chaos indescriptible qui t'empêche de rester aussi impassible que tu le voudrais. Alors tu laisses les mots s'échapper, tu parles de ce qui t'intrigue, de ce qui t'inquiète et tu sens, au moment où tu termines ta phrase, que tu as fait une erreur. Le visage de Mélusine s'affaisse, ses yeux deviennent plus brillants, assaillis par les larmes, et elle laisse échapper un sanglot.

« Mélusine, qu'est-ce qu... ? » « Je – je ne le supporte plus. Pars, s’il te plaît, Mémé, reviens demain, ou après-demain, je – je suis désolée. Je ne peux pas faire semblant, comme si de rien n’était, c’est, c’est – c’est trop dur pour moi. Je n’y arriverai pas. »

Elle te tourne le dos et toi, penaude, tu ne sais pas très bien ce qu'il convient de faire. Tu ne veux pas être la cause de son chagrin, tu veux la laisser en paix, comme elle te l'a demandé, mais une part de toi ne peut se résoudre à la laisser seule. Hésitante, tu reposes carnet et fusain sur le fauteuil et te relèves pour te diriger vers le lit. L'envie de la prendre dans tes bras pour la réconforter est forte mais tu te retiens, tu as peur qu'elle t'échappe un peu plus si tu tentes quoi que ce soit. Alors tu restes immobile devant le lit, le coeur lourd de la voir ainsi.

« Pardonne-moi Mélusine, je ne voulais pas te blesser, je ne parlerai plus de... de ça. » Mais son corps est secoué de sanglots, tu n'obtiens pas de réponse et tu sens le remord couler en toi comme un poison. Par Asil, ne pouvais-tu pas réfléchir avant de parler ? Tu n'as pas envie de la quitter dans cet état, pas de cette façon. Prudemment, tu t'assois sur le lit à ses côtés, la peine te serrant la gorge. « On peut remettre le dessin à plus tard, on peut attendre, on peut faire autre chose, tout ce que tu veux. Mais ne me chasse pas comme ça, je... » Les mots te manquent, le souffle aussi semble-t-il. Tu réalises la véritable raison qui te pousse à rester, tu comprends que ce n'est pas que pour elle, et que dans ton égoïsme, il y a quelques chose de bien plus profond. « J'ai besoin de toi Mélusine. J'ai besoin de te voir parce que je sais qu'un seul sourire de ta part me fera oublier tout le reste. La dernière chose que je désire, c'est de te faire de la peine ; tu comptes tant à mes yeux. Tu... » Les mots se bloquent, tu as la gorge sèche, tellement sèche. Est-ce vraiment le bon moment pour le dire ? Tu te questionnes mais tu ne peux t'en empêcher. « Tu comptes plus que je n'étais capable de l'admettre. » Ton coeur bat si fort, tu as peur d'en avoir trop dit, peur d'en dire plus, peur que ce ne soit trop tard et que Castiel ait eu tort à ce sujet. Aurais-tu dû te taire et enfouir tout ce qui semble remonter à la surface depuis quelques temps ? « Je t'en prie Mélusine, parle-moi. » La voix n'est plus que murmure. Tu crains qu'elle ne t'en veuille pour ces quelques mots maladroits. Tu n'es décidément pas très douée pour exprimer ce genre de choses.


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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 9 Oct - 22:53

Qu’est-ce que tu te fiches de Rhéa, en cet instant présent ! De son absence qui éveille de tristes échos dans les dédales de ton esprit inquiet, du manque de Fantasme sans laquelle ta vie est une éternité grise et terne de morosité. Tu les regrettes, évidemment, mais en cet instant présent ce n’est pas leur souvenir qui te ravage le cœur. Là, tout de suite, ce n’est pas le souvenir de ton Fou Noir tapageur et malicieux s’effilochant dans le vent du soir qui te broie le ventre de désespoir. Et elle ne s’en rend même pas compte, ta princesse, si malhabile quand il s’agit des intenses passions de Sombreciel, de ces feux de l’âme brûlants qui charrient dans les veines des enfants de Mirta des brasiers dévorants. Tu t’apprêtes à prendre sur toi, à ramener les rênes entre tes mains pour tenir la bride à ton chagrin qui s’épanche, à reprendre le contrôle sur ce trop-plein d’émotion qui déborde et qui visiblement la gêne affreusement – lorsqu’elle reprend la parole.

Ce qu’elle te dit alors te choque bien au-delà de ce que tu aurais pensé possible.
Son petit discours a au moins le mérite de te couper le sifflet.
De te couper le souffle, même, en fait – estomaquée, tu t’étrangles à moitié et tu suffoques entre deux coussins, totalement prise de court par ce revirement de situation que tu n’attendais pas.

« Qu’est-ce que… tu dis ? »

Ta voix est blanche, à peine plus haute qu’un murmure – le sang bat terriblement fort à tes tempes, comme si ton cœur allait rompre les barreaux de tes côtes et s’échapper de sa cage pour tempêter librement à l’extérieur. Tes mains te semblent si froides, oh presque glacées, tandis que toute ton étincelle de vie reflue de tes extrémités, comme pour étouffer la colère qui palpite au creux de ta poitrine. La part lucide de ton être s’émerveille qu’après tant de temps, l’inexorable rejet se soit mué en vague intérêt potentiellement intéressant ; la part primitive dévoile les crois et hurle sa rage tant elle a l’impression d’avoir été trahie en toute connaissance de cause, sciemment et dans la plus grande fourberie.

« Tu – tu veux dire que – après toutes ces semaines, après ces mois où je, je – tu veux dire, qu’après tout ce temps, tu… Tu… ! » Les mots t’en ont complètement désertée, et tu t’es redressée sur les genoux, poings serrés sur tes cuisses, ton regard furieux braqué dans les yeux timides de celle qui est ton amie mais que tu voudrais attraper par les épaules et secouer comme un prunier, pour voir si, par hasard, cela ne l’aiderait pas à mieux réfléchir. « Mais, mais je vais te tuer, Mémé ! Tous ces mois à me ravager le cœur, à déprimer, à ruminer ma peine et ma détresse – tout ce temps, qu’une part de moi se languit d’amour et meurt à petit feu, pour toi, et toi, tu, tu… ! »

Le rugissement frustré qui t’échappe ensuite est une espèce de râle de colère mêlé à un cri furieux – à court de mots pour exprimer ton indignation, tu saisis un coussin dodu et le lui balances en plein visage, vociférant à pleins poumons un salmigondis de reproches immensément satisfaisants dans le plus parfait erebien des dunes. « Tu sais très bien que je suis pas capable de ressentir plus d'une chose à la fois ! Mais qu'est-ce que tu fais, Alméïde, qu'est-ce que tu attends de moi, à la fin ?! »











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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyMar 10 Oct - 0:09

« Qu’est-ce que… tu dis ? » Les mots brisent le silence dans un murmure qui fait fuir toute couleur sur ton visage. Tu sens venir l'orage qui gronde à l'horizon et tu crains d'avoir fait une erreur en prononçant ces mots qui ont été si difficiles à admettre. Ton coeur ne supporte pas l'angoisse soudain qui t'étreint – celle de l'avoir blessée comme celle de te faire vulnérable entre ses doigts, maintenant que tu as décidé de révéler un peu de ce qui te tourmente depuis quelques temps.

Mélusine se redresse, le regard brillant de larmes et d'indignation, étincelante dans cette colère qu'elle peine à contenir. Et toi, embarrassée, tu te ratatines devant elle, prise de remords qui te percent le coeur. « Tu – tu veux dire que – après toutes ces semaines, après ces mois où je, je – tu veux dire, qu’après tout ce temps, tu… Tu… ! » Ton corps se tend entièrement, comme préparé à la vague de fureur qui va suivre. Tu as déjà pu voir les crises de colère de Mélusine mais jamais encore tu n'en étais la cause directe ni même la cible. Au fond de toi, tu sais que tu mérites l'ire de la belle marquise, que tu as été stupide de garder tout ça enfoui, trop effrayée et trop ignorante pour pouvoir l'aborder comme tu aurais dû le faire depuis bien longtemps. Tu n'en es pas moins terrifiée à l'idée qu'elle puisse ne jamais te le pardonner.

« Mais, mais je vais te tuer, Mémé ! Tous ces mois à me ravager le cœur, à déprimer, à ruminer ma peine et ma détresse – tout ce temps, qu’une part de moi se languit d’amour et meurt à petit feu, pour toi, et toi, tu, tu… ! » « Mélusine... » Ta voix brisée ne parvient pas à dominer le cri de rage qu'elle pousse, et tu réceptionnes un coussin qui t'est lancé avec une certaine... véhémence. Tu manques de perdre l'équilibre et te redresses promptement, debout au pied du lit, le coussin que tu tortilles entre tes doigts et que tu brandis presque comme un bouclier. « Tu sais très bien que je suis pas capable de ressentir plus d'une chose à la fois ! Mais qu'est-ce que tu fais, Alméïde, qu'est-ce que tu attends de moi, à la fin ?! » « Rien ! Je n'attends... rien, je suis désolée. » Tu balbuties comme une enfant prise en faute et tu sens ton coeur battre frénétiquement jusqu'à t'en couper le souffle.

« J'ai été stupide d'accord ? Stupide et aveugle. Je ne savais pas quoi penser de ce que tu m'as dit, je ne savais pas ce que je ressentais vraiment ; je te l'ai dit, je n'avais jamais envisagé... avec une autre femme... » Tu rougis, tu t'en veux de dire les choses de cette manière, mais tu ne sais comment l'exprimer autrement. « Et puis tu as retrouvé Hiémain et j'ai cru que... que c'était trop tard. Je n'osais plus y penser, je voulais garder ma meilleure amie auprès de moi. Tu étais si heureuse, alors j'étais heureuse pour toi. » Et c'est vrai. Elle rayonnait comme jamais et ce n'était pas de ton fait. Pourquoi te serais-tu immiscée dans ce bonheur ? Tu avais toi-même bien des choses à régler de ton côté, et des sentiments naissants pour un duc décadent. À vrai dire, tu ne savais plus où tu en étais. « Et il y a eu cette autre vie... et toutes ces fois où j'ai cru te perdre. Je crois que je ne l'aurais pas supporté Mélusine. » Tu prends une grande inspiration, le teint blême, la gorge serrée. « Mais je n'attends rien de toi, absolument rien, je... Je t'aime, c'est tout. »


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyMer 11 Oct - 22:40

Oh, que tu voudrais hurler. À pleins poumons, de toute la puissance de ta voix entraînée aux excès, tu voudrais t’insurger, et accuser, et reprocher, et condamner – tu voudrais ruer, tu voudrais frapper, tu voudrais détruire le monde autour de toi, pour que le chaos qui brûle dans ton cœur en ravageant les lambeaux de ton être puisse s’en échapper et transformer l’univers pour qu’il te ressemble. Tu voudrais la pousser, qu’elle tombe comme toi tu dégringoles, qu’elle se sente elle aussi le jouet de forces qui la dépassent ! Qu’elle comprenne combien tu te sens perdue, et impuissante, et vulnérable, en cet instant présent !

Elle parle, Alméïde, elle parle encore, enchaîne les demi-phrases, les bégaiements, les hésitations, et lorsque finalement l’aveu résonne à tes oreilles, tu restes bêtement là, à cligner des yeux comme l’une de tes chouettes surprise par les rayons de l’astre du jour. Tu as envie de casser quelque chose, de te rouler en boule pour pleurer, de toute planter là pour t’enfuir en courant ; tu voudrais les genoux de ton père pour t’épancher, les bras de ta mère, l’épaule de ton aîné et surtout un câlin de ta jumelle.

Une fois que le tourbillon d’émotions commence à s’apaiser, que ta voix se fait rauque d’avoir tempêté des insanités dans le parler coloré des dunes et que tu tombes à court de munitions – un fort conséquent tas de coussins s’étant amassé aux pieds de ta princesse – c’est le découragement qui finit par l’emporter. Assise au bord du lit, cramponnée au matelas, tu essaies de calmer l’agitation fébrile qui bout dans tes veines. Et finalement, lorsque tu arrives à reprendre ton souffle, c’est avec un gémissement impuissant que tu caches ton visage entre tes mains.

« Et c’est maintenant, que tu me dis ça ? » Tu essaies de ne pas laisser l’accusation poindre dans ta voix. Tu te doutes bien qu’il lui a fallu tout ce temps pour en arriver là, elle qui n’a pas eu la chance de voir le jour dans les terres bénies par Mirta, mais tout de même, c’est plus fort que toi – tu lui en veux. Tu lui en veux, pour ces mois de chagrin dénié – tu lui en veux, parce qu’à présent que tu sais, la brûlure au creux de ton ventre n’en est que plus intense. Tu lui en veux, parce qu’elle t’est interdite ; et que cet aveu échappé va te torturer plus encore. « Comme tu es cruelle, ma princesse ! » Elle ne se rend pas compte, sûrement, de tout ce que cela implique. Et parce qu’elle n’a pas un mauvais fond, mais juste une naïveté désarmante, tu prends sur toi pour lui expliquer, relevant vers elle des yeux soudain baignés de larmes. « C’était charité que de ne rien me dire, me laisser croire que je me leurrais. Je m’en serais remise, un jour. Mais là, Alméïde, je suis mariée – mariée ! C’est sacré, pour une fille de Sombreciel. Et toi, toi tu vas épouser mon frère. Qui est cielsombrois aussi, et pour lequel le mariage doit être tout aussi inviolable que pour moi. » La colère en retombant t’a laissée vide de toute violence ; c’est une profonde tristesse qui s’en vient la remplacer. Ta voix flanche un peu, quand même, quand tu en arrives à la tragique conclusion. « Et maintenant, je sais. Est-ce que tu comprends l'ampleur de la torture que cela va m'infliger ? Tu seras toujours hors de ma portée, Mémé. Toujours. »

Et toi, hors de la sienne.











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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyJeu 12 Oct - 3:36

Elle se déchaîne la tempête, et tu ne peux que l'encaisser sans broncher, démunie sous les vents furieux qui s'abattent sur toi. Coussins et insultes pleuvent, des insultes dans le plus pur erebien des dunes qui t'auraient aisément fait rougir en d'autres circonstances. Mais le langage fleuri de la marquise n'est pas en cause ici, ni même sa rage que tu considères plus que légitime. Tu n'essaies même pas de l'interrompre ou de l'apaiser, tu t'estimes en faute, tu t'estimes mériter son courroux et plus encore, tu subis sans te plaindre ni même chercher à te soustraire de sa réaction. À vrai dire, tu t'attends à pire, au moment où l'orage se calme et que le silence revient, interrompu par la respiration précipitée de Mélusine et par ton coeur qui s'affole.

« Et c’est maintenant, que tu me dis ça ? » Tu n'en mènes pas large à cet instant et tu te demandes comment tu peux parvenir aussi aisément à blesser ceux que tu aimes le plus alors que tu souhaites toujours bien faire. Sa détresse te serre le coeur, te serre la gorge. Tu as envie de la prendre dans tes bras mais c'est impossible, et tu le sais. Tout est ta faute.

« Comme tu es cruelle, ma princesse ! » Tu secoues la tête. Ce n'était pas ton intention, ce n'est pas ce que tu veux. « C’était charité que de ne rien me dire, me laisser croire que je me leurrais. Je m’en serais remise, un jour. Mais là, Alméïde, je suis mariée – mariée ! C’est sacré, pour une fille de Sombreciel. Et toi, toi tu vas épouser mon frère. Qui est cielsombrois aussi, et pour lequel le mariage doit être tout aussi inviolable que pour moi. » Le souffle semble t'avoir complètement quitté, tu restes immobile, silencieuse, aussi blême devant elle que tu as pu être rouge lorsqu'elle s'est dévêtue. « Et maintenant, je sais. Est-ce que tu comprends l'ampleur de la torture que cela va m'infliger ? Tu seras toujours hors de ma portée, Mémé. Toujours. » Un nouveau silence, plus pesant encore. Un bourdonnement qui vibre à tes oreilles et une confusion intense qui vrille tes pensées. Oh, si seulement tu pouvais revenir en arrière, ravaler ces paroles irréfléchies qui ont franchi tes lèvres. Si seulement tu pouvais lui permettre d'oublier tout ce que tu as pu dire. Quelle idiote tu fais.

« Je te demande pardon. » Rien qu'un murmure, empli de remords et de sincérité. « C'est exactement pour cette raison que je me suis efforcée de ne plus penser à ce que tu m'avais dit. Tu t'es mariée, tu es tombée enceinte et tu étais si heureuse... C'était tout ce qui importait. » Durant des semaines, des mois, tu lui as régulièrement parlé par le biais de ton précieux miroir pour suivre sa grossesse de loin et tu l'écoutais parler avec enthousiasme de sa nouvelle vie, de son époux si merveilleux, de ces jeunes protégés qu'elle a pris sous son aile. Un bonheur qu'elle mérite et bien plus encore. « Ca fait quelques temps que... que ça occupe mon esprit. Depuis que l'on est revenu de cette autre vie. J'ai parlé à Castiel de ce qu'il s'était passé, je ne pouvais pas lui cacher ça, tu comprends ? J'ai pensé qu'il allait m'en vouloir mais il avait l'air plutôt... enthousiaste, au contraire. » Un petit rire, malgré toi, malgré ta mine attristée. « Il m'a même demandé si je voulais prendre une seconde épouse, un jour. Tu me connais, je ne l'avais même pas envisagé, ça me paraissait si absurde... » Tu lèves les yeux vers elle, timide. « Mais je lui ai promis de réfléchir à... à nous. Et pendant un instant... Je ne sais pas. Ca ne m'a pas paru si insensé. » Tu n'oses plus la regarder, tant le ridicule de la chose te paralyse. Tu aimerais pouvoir t'enterrer sous l'amas de coussins qu'elle a balancés et ne plus sortir de là avant un ou deux millénaires. « C'était stupide, j'aurais dû garder ça pour moi. Je t'assure que si je pouvais revenir en arrière, je le ferais. » Tout pour ne pas la blesser. Tout pour ne plus voir le désarroi dans ses yeux clairs.


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptySam 14 Oct - 23:35

Le sang bat à tes tempes, comme un cheval en colère qui se serait emballé, prenant le mors aux dents en refusant de stopper sa folle cavalcade. Une part de toi voudrait bondir du lit et partir en courant aussi, t’enfuir loin, courir sans t’arrêter, pour fuir la légion de pensées tumultueuses qui hurlent dans le chaos de ton esprit. Oh, fuir un instant, une seule seconde, les violents tourments de la chair qui te tordent le ventre et bouillonnent dans tes veines ! Fuir le souvenir de ces mois écoulés depuis que tu lui as dévoilé la teneur des sentiments que tu lui portes. De ces mois à rêver d’elle, à t’imaginer ses courbes sous tes mains, ses lèvres sous les tiennes – ses soupirs, sous tes caresses. De simples rêveries, tentais-tu de te persuader, des inventions de ton imagination pour combler le manque d’un corps féminin contre le tien, toi qui as toujours autant apprécié les femmes que les hommes entre tes draps. Des rêveries détaillées. Nourries de tout le savoir typiquement cielsombrois que tu as accumulé en presque vingt années de péripéties volages, avant que ton mariage ne vienne y mettre un terme.

Et tu t’en veux.
Terriblement.
Parce que ton mari te rend heureuse, et que tu n’aurais jamais pu rêver meilleur époux que Hiémain – parce qu’il t’a donné un fils absolument parfait, qu’il t’aime sans aucune restriction, et que tu l’aimes tout autant. Parce que vos nuits te comblent au-delà du possible, et que tu es au zénith de la félicité. Parce que tu ne penses qu’à lui quand il est là, et il mériterait que tu ne penses qu’à lui lorsqu’il est absent.

Mais non.
Quand il est absent, c’est Alméïde qui occupe tes songes.
Et c’est le désir d’elle qui enflamme ton corps.
Tu as beau savoir que c’est voué à l’échec, qu’elle n’éprouve aucun attrait pour les femmes, qu’elle a déjà repoussé tes avances – qu’elle va épouser ton frère, par Mirta – c’est plus fort que toi. C’est devenu une obsession, caractéristique de la Cielsombroise que tu es : tu emplis tes nuits solitaires de rêves à son image, et tu n’en souffres que plus une fois le matin venu.
Tu l’aimes comme une forcenée.
En sachant parfaitement que tu ne l’auras jamais.

Et voilà qu’elle te dit… ça.
Tout ça.
Qu’elle te parle du long cheminement de sa pensée, de la lente progression de ses convictions. De l’évolution de ses sentiments. Tu as envie de hurler. De te boucher les oreilles. Tu ne veux pas entendre ça : tu ne veux surtout pas savoir que, si, ce serait possible, si les choses n’étaient pas… ce qu’elles sont.
Et elle continue à parler, ta princesse. Une réplique cinglante te brûle les lèvres et tu n’as que le temps de la retenir. Un jour, tu te rendras compte que les excuses après coup ne suffisent plus pour que l’on te pardonne – un jour, tes bonnes intentions ne suffiront plus pour que l’on te pardonne. Puis tu secoues la tête. C’est la rancœur en toi qui parle, et tu ne veux pas la blesser. C’est seulement à ce moment-là que le reste de son petit discours se met en place, dans un déclic net.

Que Castiel vient-il faire là-dedans ? Pourquoi parler de… seconde épouse ? Un frisson glacial te parcourt le dos. « De… de quoi tu parles, Mémé ? À quoi est-ce que tu as réfléchi… ? »











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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyDim 15 Oct - 22:55

Tu bafouilles et tu trembles, alors qu’enfin les mots s'échappent et admettent les sentiments que tu lui portes. Tu as du mal à croire que tu en es arrivé là, que tu es en train de délier ta langue dans un moment où tu aurais mieux fait de te taire. Mais tu ne peux plus reculer désormais, tu dois aller jusqu'au bout, tu lui dois bien ça. Car tu la fais souffrir inutilement, comme tu l'as fait souffrir durant des mois sans même le réaliser. Quand apprendras-tu à ouvrir les yeux ? Il semble que tu es condamnée à reproduire les mêmes erreurs encore et encore ; tu n'as pas remarqué la détresse de ta propre soeur et elle a décidé d’oeuvrer pour des personnes aux sombres desseins. À présent, ce sont les sentiments de Mélusine qui sont en jeu et que tu as piétiné sans le moindre état d'âme. Et tu regrettes. Oh comme tu regrettes.

Encore maintenant, alors que tu lui fais face et que tu avoues les tendres sentiments que tu éprouves, tu crains qu'elle ne te repousse définitivement. Elle aurait toutes les raisons de le faire, ce serait probablement mieux ainsi, mais il y a cette crainte profonde qui pèse sur ta poitrine. Viens-tu de détruire des années d'amitié en quelques secondes ? Risques-tu réellement de perdre ta plus chère amie ? Ca te terrifie plus que toute autre chose. Les mots que tu as entendu prononcer de sa voix lorsque tu étais entre les mains de l'Ordre te reviennent ; elle n'a pas besoin de toi. Elle a son époux désormais.

Ton visage a perdu toute trace de couleur. Tu es blême et ton regard peine à soutenir le sien. « De… de quoi tu parles, Mémé ? À quoi est-ce que tu as réfléchi… ? » Tu déglutis, difficilement. « A ce que je ressens pour toi, Mélusine. A la possibilité… de… » Tu prends une nouvelle inspiration alors que tes nerfs semblent vouloir te lâcher. « Dans quelques mois je serai Cielsombroise, moi aussi. J'aurai le droit, si je le désire, d'avoir… plusieurs époux. » L'idée te paraît encore incongrue mais quand tu penses à Mélusine, tu songes que ce n'est peut-être pas si stupide. Et pourtant, ça reste l'une des idées les plus folles que tu aies pu avoir. « Et j'ai pensé que peut-être, si tu voulais toujours de moi… J'ai pensé que l'on pourrait être ensemble, malgré tout ? En n-nous mariant ? Un jour ? » C'est en le disant à voix haute que tu réalises le ridicule de la situation. Tu n'aurais pas dû laisser cette idée germer en toi, c'était stupide, elle ne voudra jamais. Elle est mariée et heureuse, tu vas épouser son frère, à quoi pensais-tu ? Qu'elle te dise sur le champ que c'est impossible, qu'elle te chasse si elle le désire, tu l'auras mérité et au moins, tu seras fixée.


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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 16 Oct - 1:16

Elle est pâle, ta princesse – oh, si pâle ! Sa peau aux reflets d’or semble avoir perdu toute couleur, et même ses lèvres ont perdu de leur teinte rose si tendre. Elle semble aux prises avec le même trouble souverain que toi, tout aussi confuse et mal à l’aise, et… et totalement, complètement perdue. À peine as-tu posé ta question que tu voudrais reprendre tes mots, les rattraper et les enfouir sous l’épais tapis qui recouvre le sol, pour les ensevelir là où ils ne seraient jamais susceptibles de susciter une réponse que tu ne veux pas, surtout pas entendre.

Mais elle répond.
Elle répond, et au fil de ses mots tu sens ton propre sang déserter totalement ton visage, refluer lentement. Tu as si froid, Mélusine – machinalement, tu descends du lit, pour attraper un châle et le jeter sur tes épaules, te cramponnant au tissu comme si c’était une armure. Tu frissonnes, de la tête aux pieds – oh, comme tu voudrais effacer de ta mémoire ces mots qui résonnent sous ton crâne ! Tu voudrais te rouler en boule, les mains sur les oreilles et les yeux fermés, hurler à pleins poumons pour couvrir le vacarme assourdissant que cette simple idée génère en toi. Que tu regrettes de l’avoir forcée à parler ! Il aurait mieux valu qu’elle ne te dévoile jamais tout ça.

Une part de toi est fébrile, toutefois, presque en transe devant l’énormité de ce qui vient de se passer.
Alméïde vient de te demander en mariage.

Mais ton cœur n’en pleure que plus fort.
Tu ne pourras jamais l’épouser.

Oui, Castiel y consentirait sûrement avec un enthousiasme délirant, applaudissant des deux mains ; oui, ta famille se réjouirait pour ton bonheur, et tu es à peu près certaine qu’Anthim garde bon souvenir de toi et ne verrait pas d’objection à ce que tu épouses sa sœur. Là n’est pas le problème. Non, l’obstacle, le seul, immense et immuable, c’est Hiémain. C’est ce mari, que tu aimes si fort et sans lequel tu te sens amoindrie ; c’est ce Kyréen si droit, si noble, que tu te sens ô combien minuscule et insignifiante à ses côtés. Les larmes te montent aux yeux – oh, comme elles te torturent, ces deux moitiés de ton cœur qui se dressent l’une contre l’autre, se blessent et se déchirent pour être chacune la plus forte à se faire entendre ! Un instant, le souffle te manque, et tu n’arrives plus à respirer – la tête te tourne, l’univers vacille, et tu t’affaisses à genoux au sol, les mains crispées sur la laine du châle que tu serres contre ta poitrine. Crise d’angoisse, note avec détachement la partie de ton esprit qui tente de planer au-dessus du chaos. Tu fermes les yeux, te forces à inspirer, cherchant du calme dans les certitudes de ton monde qui bascule.

Alméïde s’est approchée, là tout contre toi, alarmée par ta soudaine faiblesse – vers elle, tu remontes ton regard noyé de larmes, exprimant dans un murmure rauque la terrible réalité. « Mais je suis mariée à un Kyréen, Alméïde. Un homme qui ne comprendrait pas que son épouse puisse aimer ailleurs, qui ne saurait accepter qu’une femme en aime une autre. On ne fait pas ces choses-là, en Valkyrion, Mémé : les époux ne peuvent se partager et l’amour entre femmes est honteux et objet de scandale. Je ne peux pas t’épouser – j’en ai tellement envie, pourtant, oh tellement ! » Tellement, que tu ne peux t’empêcher dans un geste instinctif de l’enlacer d’un bras, saisissant son visage de l’autre main pour l’approcher de toi et l’embrasser, passionnément, avec un désespoir acharné qui t’arrache ton âme, à l’intérieur. Juste quelques secondes, juste le temps de la serrer contre toi, juste le temps de quelques battements de vos cœurs l'un contre l'autre – un baiser tendre, empli d’amour et de résignation, affamé et ardent.

Puis tu la lâches, dans un cri étranglé – tu te relèves péniblement, tu recules de quelques pas. « Je peux – je peux pas faire ça. T’épouser, c’est lui briser le cœur, c’est salir son nom, et il a déjà tant souffert, Mémé ! Je ne le mérite pas, mais je veux être digne de lui, de – de sa confiance. Si c’est ce qu’il faut pour son bonheur, alors moi, moi – moi, je supporterai mon malheur. Je t’aime, ma princesse, je t’aime tellement ! Mais je – je ne t’épouserai pas. »

C’est dit.
Une part de toi est en train de mourir, tu sens presque les râles de l’agonie résonner dans les couloirs de son esprit, mais c’est la triste vérité, et tu es suffisamment lucide pour la regarder en face.
Tu peux les aimer, aussi fort l’un que l’autre – mais tu ne pourras jamais les avoir tous les deux.
Jamais.













Dernière édition par Mélusine de Sylvamir le Lun 16 Oct - 10:39, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: D'amour et de chagrin   D'amour et de chagrin EmptyLun 16 Oct - 2:52

Elle tremble elle aussi, vous tremblez toutes les deux.
Et... par tous les dieux, la voilà qui panique.

Mélusine s'affaisse, elle se retrouve prostrée au sol et toi, tu ne cherche pas à réfléchir. Les réflexes parlent pour toi, font agir à la fois le médecin et l'amie ; tu te précipites à ses côtés, le coeur lourd d'avoir pu lui faire mal à ce point, et tu poses une main hésitante sur son épaule pour la réconforter sans pour autant la brusquer. Irait-elle jusqu'à te repousser ? Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne semble pas prendre ton idée de façon très positive – ta proposition, en vérité. Par tous les jupons de Mirta, tu viens véritablement de la demander en mariage. Tu l'as fait ! Et tu te demandes à quel moment tu vas te réveiller quand enfin, elle lève les yeux et qu'ils se posent sur les tiens.

« Mais je suis mariée à un Kyréen, Alméïde. Un homme qui ne comprendrait pas que son épouse puisse aimer ailleurs, qui ne saurait accepter qu’une femme en aime une autre. On ne fait pas ces choses-là, en Valkyrion, Mémé : les époux ne peuvent se partager et l’amour entre femmes est honteux et objet de scandale. Je ne peux pas t’épouser – j’en ai tellement envie, pourtant, oh tellement ! »  À chaque mot, le froid t'envahit un peu plus, il glace ton coeur. Ce n'est que lorsqu'elle pose ses lèvres sur les tiennes qu'il se remet à battre, à s'affoler, jusqu'à te couper le souffle. Tu ne réfléchis plus, tu fermes les yeux et te laisses emporter par la vague passionnée qui te submerge un instant.

Puis elle se relève. Elle te relâche et se relève, elle s'éloigne de toi. Et toi, confuse, tu restes immobile, à genoux sur le sol, combattant les larmes qui menacent de monter à tes yeux.

« Je peux – je peux pas faire ça. T’épouser, c’est lui briser le cœur, c’est salir son nom, et il a déjà tant souffert, Mémé ! Je ne le mérite pas, mais je veux être digne de lui, de – de sa confiance. Si c’est ce qu’il faut pour son bonheur, alors moi, moi – moi, je supporterai mon malheur. Je t’aime, ma princesse, je t’aime tellement ! Mais je – je ne t’épouserai pas. » Tu restes interdite, incapable de bouger pendant ce qui te semble être une éternité. Le temps que tes sens s'éveillent à nouveau et te répondent. Tes lèvres fourmillent encore de la sensation de ce baiser auquel elle interdit pourtant une suite. Jamais. Ca ne se fera jamais.

« Je comprends. » que tu murmures, sans savoir comment tu parviens à prononcer ces mots qui t'écorchent pourtant la gorge. En fait, tu ne comprends pas. Tu t'es bercée d'illusions, d'un espoir qui a doucement germé en toi, comme une plante au milieu d'un désert et tu y as vu une nouvelle possibilité que tu n'avais jamais envisagée. Puis tu sais que Hiémain l'aime, tu sais qu'il l'aime même s'il connaît le passé sulfureux de ton amie et ses histoires avec d'autres femmes, autant qu'avec des hommes. Tu as préféré fermer les yeux sur l'éventualité de son refus à lui, car tu ne croyais pas toi-même être capable de lui en parler. Mais maintenant que c'est fait... tu t'en veux tant et tellement.

Tu te relèves et tu redresses la tête, retenant tant bien que mal les lambeaux de ton coeur déchiré. Tu prends sur toi pourtant, car tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même. Elle n'est pas responsable des mois d'incertitude qui t'ont empêché d'agir, elle n'est pas plus responsable de ce soudain élan qui t'a poussée à tout lui avouer alors qu'elle est mariée. « Je n'en parlerai plus Mélusine, jamais. Et je vais te laisser, ça vaut mieux, je crois. » Tu te retournes pour reprendre ton carnet que tu refermes sur le dessin inachevé, puis tu récupères le reste de tes affaires avant de te retourner vers elle. Les efforts que tu dois faire pour ne pas craquer t'empêchent un instant d'exprimer ta pensée ; tu te mords la lèvre puis esquisses un sourire teinté d'une tristesse que tu ne peux masquer. « Je ne voulais pas te blesser. Je ne reviendrai pas si... si ça peut rendre les choses plus faciles. » Tu t'efforces de ne pas quitter son regard, en quête de quelque chose ; d'une confirmation peut-être. Tu aimerais répéter à quel point tu es désolée, mais tu sais que c'est inutile et surtout beaucoup trop tard.


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