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 Le mort vivant de Svaljärd

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Message Sujet: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyMer 23 Aoû - 16:01


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Solveig de Sovnheim & Hiémain de Syvlamir

Le mort vivant de Svaljärd

Le mort de Schrödinger, vivant pour l'un, mort pour l'autre



• Date : 4 août 1002
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : privé
• Résumé : La veillée des morts est terminée. Les funérailles vont avoir lieu. Fatiguée, toujours affaiblie par sa blessure et fiévreuse, Solveig est convaincue que le maréchal est décédé dans les flammes de la caserne. Elle vient lui dire un dernier au revoir, au coté de Hiémain, qu'elle prend pour une connaissance de son village.
• Recensement :
Code:
• [b]4 août 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2580-le-mort-vivant-de-svaljard#78062]Le mort vivant de Svaljärd[/url] - [i]Solveig de Sovnheim & Hiémain de Syvlamir[/i]La veillée des morts est terminée. Les funérailles vont avoir lieu. Fatiguée, toujours affaiblie par sa blessure et fiévreuse, Solveig est convaincue que le maréchal est décédé dans les flammes de la caserne. Elle vient lui dire un dernier au revoir, au coté de Hiémain, qu'elle prend pour une connaissance de son village.

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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyMer 23 Aoû - 16:03

La jolie couture de Géralt ! Elle arrivait encore à voir de la beauté là ou la majorité ne voyait que du sang et de la douleur. Il avait bien travaillé, sa cicatrice serait belle et régulière, elle sentait que son ami avait pris soin de son corps comme elle prenait bien soin qu'il garde sa tête sur ses deux épaules.
Sa main caressait vaguement ses bandages alors que son menton dodelinait un instant sur son torse.
Solveig n'était pas dans le meilleur des états pour autant. Chaque journée passée, elle s'était échinée à faire une petite marque dans le bois de son lit de peur d'en manquer un. Elle s'était renseignée toujours de façon plus ou moins discrète vis a vis de Vira et du médecin pour être absolument certaine de ne pas avoir sombré subitement dans un sommeil un peu trop profond qui aurait faussé son petit décompte régulier.
Mais lorsqu'elle avait ouvert les yeux à l'aube, les trois petites marques du bois étaient belles et bien là.
Elle s'était levée d'un pas bien peu assuré et s'était dirigée vers une pile de vêtement propres, prenant une cape au passage. Elle avait néanmoins réussi à ne pas faire craquer le bois sous ses pieds. Solveig s'était alors retrouvée dehors sous la neige. La gorge asséchée, les yeux cuisants. Les signes qu'elle avait de la fièvre. Elle les avait totalement ignoré.

La veillée était terminée. Il était temps de faire ses adieux.

Depuis qu'elle était revenue à Vatr, l'image des morts, les hurlements de ceux qui ne relèveraient jamais l'avaient hanté jusque dans son sommeil le plus profond.

Il était temps de revenir pour mieux les oublier.

Une larme perla au coin de ses yeux, qu'elle mit sur le compte du froid. Les muscles raidis, elle réussit pourtant à se hisser en selle, espérant être assez loin lorsque les pirates se rendraient compte qu'elle n'était plus dans son lit.
En temps normal, elle leur aurait simplement dis ou elle allait, mais la guerrière craignait non sans raison qu'on lui interdise de se rendre à Svaljärd dans son état.
Mais elle était butée la kyréenne, comme tous ceux de son peuple. Déloger une idée de son crâne aurait nécessité au moins une hache.

Son parcours avait alors débuté dans le froid et le vent, seulement réchauffée par quelques rayons matinaux et ses fourrures. La guerrière n'avait pas osé demander un rythme plus soutenu que le pas au cheval qui servait à tracter les chariots de Ragnhild. Elle soupçonnait malgré sa faiblesse et la brume qui prenait possession de ses pensées, que ses sutures n'auraient pas aimé être maltraitées après une pose aussi récente.

C'est dans cet état de fatigue qu'elle arriva une heure et demie plus tard devant le grand lac de la cité ou l'on commençait à mettre cote a cote les bateaux parfois sommaires qui portaient les corps d'hommes, femmes et enfants. Solveig ne ferma pas les yeux elle était aussi une tueuse. Combien de veuves, veufs et orphelins avaient elle fait au court de sa vie ? Elle avait toujours été entre deux eaux concernant son sentiment sur l'humanité, mais aujourd'hui son cœur lui soufflait que les hommes étaient la lie de ce monde. Trop de sang inutile, d'hypocrisie mal dissimulée, de manipulations à des fins obscures réduisant les espoirs des autres en neige fondue.
La mort dans l'âme, essayant de ne pas compter le nombres d’embarcations, elle avait attaché d'une poigne qui manquait de conviction sa monture à un tronc et avait parcouru le reste du chemin à pied, se traînant jusqu'à une foule qui commençait tout doucement à se former sur les berges du lac.
Elle était venue pour eux tous, mais aussi pour adresser une dernière fois un sourire au maréchal qui avait péri dans les flammes.

De son regard aveuglé par tout ce blanc et reflets lumineux, ses lèvres pourtant tremblèrent dans un sourire quand la chevelure sombre d'un homme et sa carrure la persuadèrent qu'elle venait de retrouver parmi cette foule indécise l'un des anciens gamins de Vatr qui s'était fait un devoir de l'ignorer enfant.

« Her... Herbert ! »

Se hissant du mieux qu'elle pouvait à sa hauteur en bousculant un peu flageolante quelqu'un sur son passage, elle posa une main tremblante sur son biceps gauche.

« Tu es là aussi. » Sa voix trahissait le soulagement de ne pas être seule aujourd'hui. Son regard bleu s'embua de nouveau mais cette fois ci à cause de la fièvre. Levant son menton vers un visage inconnu, elle était pourtant absolument convaincue d'avoir retrouvé quelqu'un de chez elle, de son village.

« Tu m'en voudras pas si je te dis que je suis pour une fois pas fâchée de te voir. »

Une simple phrase lui avait arraché une longue respiration. Sa main quitta son bras pour revenir sur ses cotes maltraitées.
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La Cour des Miracles
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Hiémain de Sylvamir
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Je suis : baron de Sylvamir, sénéchal et ambassadeur de la couronne kyréenne, voleur de la Cour des Miracles et ancien Fils des Ombres

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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyJeu 31 Aoû - 16:29

Qu’est-ce donc ?
Un casse-tête.


Un instant de silence.

Littéralement ?
Non.


Stellaire savait parfaitement ce qu’il en était. Le ton moqueur et les gloussements que Hiémain pouvait entendre au fond de son esprit en était la preuve la plus éclatante. Le baron savait aussi que c’était pour détendre ses pensées que le dragon agissait ainsi, bien qu’il ne différait guère de d’habitude. Joueur et toujours prêt à faire de pertinentes remarques, ne plus avoir sa présence dans ses pensées serait semblable à un immense vide impossible à combler. Déjà que le silence d’Obéron depuis les événements survenus quelques jours plus tôt à Svaljärd le perturbait énormément, si Stellaire avait dû cesser lui aussi de pimenter sa vie par sa bonne humeur, le baron aurait eu bien du mal à le supporter. Il s’y était tellement habitué à ce grand écailleux à la fois sage et enfantin, plein de bon conseils et capables de les braver pour s’amuser. Il s’était aussi terriblement habitué à Obéron, plus que l’un et l’autre ne pouvait l’admettre, et cette tension née de ses doutes accentuait le malaise de Hiémain. Il ne voulait pas le perdre, mais continuer sa mission au sein de la Rose lui paraissait difficile. Abandonner était pourtant une décision qu’il ne parvenait pas à prendre…

Ton esprit est aussi complexe que ce casse tête.

Pas de ricanements. Juste le grognement mécontent du baron, conscient de la véracité des propos de son ami et lassé par ledit casse-tête qui portait particulièrement bien son nom. Déjà, il était cielsombrois, cet objet, cela ne faisait aucun doute. Le but était très simple : il s'agissait d'un cube à six faces, chacune d’entre elles décomposées en neuf petites faces qu’il fallait remettre dans l’ordre pour former des images coquines. Il ne se souvenait même plus qui lui avait offert cet objet stupide, ni s’il était seulement possible de résoudre l’énigme. A moins d’être complètement drogué sans doute.

Même drogué, je suis certain que personne ne parviendrait à dénouer le nœud de tes pensées !

Ils résonnent avec amusement, à nouveau, les mots de Stellaire. Il était doué pour jongler d’une humeur à l’autre. Mais même s’il l’appréciait sincèrement, ce n’était pas au goût de Hiémain à cet instant.

Crois-tu que ça me plaît d’avoir les pensées aussi complexes ? Répondit le baron dans les profondeurs de son esprit, le ton cynique et froid.

Il te suffirait d’arrêter.
Et comment le pourrais-je ?! Je ne puis arrêter de penser à Mélusine. Son état était préoccupant et je ne peux être à ses côtés. Je n’ai pas de nouvelles d’elle, ni de mon fils. Ni d’Arsène ou d’Agathe ! Je suis seul et je n’ai que mes pensées !


Si les mots avaient réellement franchit ses lèvres, il aurait sans doute hurlé sa frustration. Hélas, même Stellaire ne pouvait lui donner de nouvelles de son épouse, et le vieux dragon garda alors silence. Par respect pour lui. Pour la peine qu’il ressentait si nettement. S’il l’avait pu, il l’aurait certainement aidé, mais il ne le pouvait. Car Mélusine était à Lorgol, et lui, Stellaire, doyen des dragons n’y était pas. Il était resté à proximité de sa Pièce, si d’aventure le Roi Blanc avait besoin de son aide. Il lui avait d’ores et déjà proposé de l’emmener à la cité des milles tours. Mais Hiémain avait des devoirs et des obligations qu’il ne pouvait ignorer. Alors tous deux attendaient.

Il n’y a bien que les humains pour inventer des choses aussi passionnantes.

Vrai que Stellaire avait toujours aimé ce genre de jouet étrange qui n’avait en réalité pas la moindre utilité. Du moment que ça l’amusait et que ça avait un goût de nouveauté, c’était susceptible de titiller son esprit millénaire. Il se serait attendu, Hiémain, à entendre la voix lasse et blasée d’Obéron, maugréant que ce genre de chose n’avait pas le moindre intérêt et qu’y apporter de l’attention était une perte de temps. Et il savait aussi qu’au fond de lui, la curiosité du roi millénaire aurait été tout autant éveillée par l’objet. A l’exception des iconographies morcelées un peu trop osées pour lui.

N’est-ce pas la fin de la veillée de vos morts aujourd’hui ?
Si.
Tu vas aller aux funérailles ?
Ne pas y aller serait sans doute une faute.


De toute façon, pas un instant le baron n’avait songé à esquiver ce moment. Même s’il ne connaissait personne parmi les morts, il était normal selon lui d’aller leur rendre hommage, eux qui empruntaient le chemin vers Sithis, le dernier des voyages. Il y avait bien des années pourtant qu’il n’avait pas assisté à des funérailles dans son duché, et il redoutait les souvenirs qu’elles étaient susceptible de réveiller en lui. Néanmoins, le cœur y était en parti, même si l’esprit tout entier -ou presque - s’était envolé vers Mélusine. Il ne pouvait cesser de penser à elle, dévoré par l’inquiétude. Même face aux morts que l’on avait déposé sur des bateaux. Bateaux qui flottaient à la surface du lac d’une façon presque fantomatique. La brume semblait se lever pour l’occasion, accentuant la solennité de l’instant.

Il ne s’était pas présenté à proximité de son duc, Hiémain, peu désireux de rencontrer Hjalden qui, bien qu’ayant besoin de son aide, continuait de l’observer de cette manière si déplaisante. Lui qui avait longtemps vécu dans les bas fonds de Lorgol avait préféré se mêler à la foule, plus proche de cette peine unanimement partagée. L’Impératrice ne serait pas inhumée ici, et si sa mort avait marqué les esprits, bien d’autres pertes étaient à dénombrer. Beaucoup trop, pour bien peu de choses. Des innocents fauchés par des créatures qui n’avait pas d’âme, pas d’esprit, pas de pitié. Des machines qui avaient disparu aussi vite qu’elles étaient apparues, volées par les Épines de la Rose. Au moins seraient-elles entre de bonnes mains. Silencieux, observant à la fois les premiers bateaux qu’on enflammait et scrutant aussi la foule, il fut attiré par une voix accompagnée d’un contact sur sa personne. Tournant la tête vers la personne qui l’avait interpellé, la première chose qu’il remarqua fut la fatigue notable sur le visage d’une femme. Une femme qu’il ne connaissait absolument pas et qu’il observa avec une certaine froideur. Pourtant, son regard s’adoucit quelque peu en croisant les prunelles bleus de la dame, visiblement sincèrement heureuse - et soulagée - pour la personne qu’elle croyait reconnaître en lui. Elle retira sa main pour la poser sur ses côtes, un détail qui n'échappe pas au baron, pas plus que la fugace grimace qui accompagnait le geste.

« Je suis navré, mais je ne crois pas vous connaître. Je ne suis pas votre ami... Herbert ? » Les paroles restaient fermes, entourées d’un doute calculé mais au fond de lui, Hiémain était parfaitement certain d’ignorer l’identité de cette femme. « Vous n’avez pas l’air d’aller très bien. Vous devriez rentrer chez vous et vous reposer. » Il n’y avait pas simplement ce geste et cette grimace qui distillaient autant d’indices. Il y avait aussi ce souffle erratique, cette mine bien pâle, ce regard un peu perdu, clairement fatigué.



Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyMar 12 Sep - 3:33

Herbert avait été le seul gamin qui avait accepté un jour de jouer avec elle. Ou du moins... elle l'avait pensé. Elle lui avait brisé le nez du haut de ses huit ans quand elle avait découvert en début de soirée que cette tentative maladroite de faire d'elle son amie avait été une farce organisée.
Un nez pour un espoir. Cette anecdote, elle l'avait oublié. A quoi bon y repenser, elle n'avait peut être pas eu d'amis de son age pour jouer mais il y avait eu des montagnes, des sapins, des lacs gelés,des bêtes aussi. Un ours ou deux approchés de loin. Et sa mère bien sûr.
Herbert n'était qu'une anecdote qui reprenait aujourd'hui corps devant elle. Le nez tordu en moins. Lui en voulait il, lui, de lui avoir cassé le nez ?

Vu le ton ferme qu'il employait avec elle, elle était presque certaine que oui.
Tâtonnant derrière elle, elle chercha la grosse pierre qu'elle avait vu avant de le saluer pour s'asseoir avec soulagement sur sa surface glacée.
Pourtant, malgré les vents froids et cette pierre qui gelait son derrière, elle avait chaud la kyréenne. Un peu trop chaud même.
Une sueur sinueuse coulait dans son dos sans qu'elle ne puisse sécher dans ses couches de vêtements épais et imperméables.

«  Tu es bête Herbert... même si on est pas ami je te reconnais enc'..ore. Tu m'en veux encore de t'avoir cassé le nez après tout ce temps c'est ça ? Tu aurais pu casser bien plus pour.. pourtant. »

Levant son nez glacé vers lui, elle continuait de chercher le contact visuel avec ce grand brun qui lui proposait de rentrer chez elle.
Lever les yeux était une vrai souffrance mais dans peu de temps, le seul effort visuel consisterait a regarder les bateaux s'enflammer. Elle devait lui expliquer, comme si ce kyréen n'avait pas vielli, qu'il était impossible pour elle de s'en aller maintenant.

« Bien sûr que non. Moi je suis encore en vie. Il. Il faut leur dire au revoir quand il est temps. Après.. après c'est trop tard. Après pouf, ils disparaissent. »
Elle pointa du doigt son cœur avant de mettre sa main sur ses yeux. « D'ici et de là. C'est pas correct. Un adieu, c'est important. »

Sa gorge se serra un peu plus en repensant à ce mort si particulier qui avait marqué son esprit. Finalement il n'avait été qu'un inconnu qui avait partagé par on ne sait quel hasard une partie de son histoire en rencontrant une hypothétique tante. Rien de plus. Au moins il ne savait pas que son impératrice était elle aussi décédée.
Avec un regret, elle se frotta le front en cherchant dans ses esprits confus où le corps de l'impératrice avait été emmené pour ses funérailles. Certaines choses lui paraissaient si compliquées. Elle était pourtant certaine que la réponse était logique mais rien n'y faisait, plus elle cherchait plus elle s'éloignait de la réalité. Rendant les armes elle préféra reporter son attention sur cette vieille connaissance.

« On t'aurait empêché de venir, tu aurais écouté ? Tu les as vu ces trucs en métal pendant Lughnasadh ? Ils t'auraient empêché de venir dire au revoir aux autres ? Je serais remontée sur leur dos s'il... s'il l'avait fallu ».

Pendant un bref instant la fièvre disputa avec la honte une bouffée sur son visage. Valkyrion devait avoir tellement honte d'elle. Elle ne se souciait de son duché que maintenant, il avait fallu que l'Ordre viole son territoire pour que les regrets ne s'emparent d'elle.
Tapotant la roche sur la quelle elle était assise, elle se déplaça de quelques millimètres emprunts d'effort pour faire de la place à cet homme devenu trop grand pour des yeux fiévreux.

« Tiens assis toi, j'ai mal aux yeux. Géralt il sera peut être pire qu'une sentinelle c'la dit. »
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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyDim 24 Sep - 23:48

« Je vous répète que je ne suis pas ce Herbert, cessez d’insister. »

Décidément, cette femme semblait clairement déterminée à lui donner une identité autre que la sienne, ne prenant pas en compte l’avertissement donné. S’il n’avait eu aucune retenue, Hiémain aurait sans doute levé les yeux au ciel face à cette femme insistante et visiblement trop fatiguée pour participer à l’immolation des cadavres après la veillée. Devait-il la prendre pour une simple idiote incapable de faire la différence entre le passé et le présent ?

Elle n’a pas l’air bien. Murmure la voix grave de Stellaire, faisant écho à ses propres pensées, une fois encore.

Et c’était sans doute bien pour cela qu’il ne la supposait pas simplement stupide, mais bien certainement malade. Ou blessée. Dans un cas comme dans l’autre, ses pensées ne devaient plus être particulièrement claires, ce qui excusait partiellement cette insistance qui en temps normal aurait immanquablement irrité plus que de raison le baron. Hiémain était d’un naturel véritablement calme et patient, mais sa propre situation personnelle ne l’incitait guère à faire preuve de tolérance face aux erreurs des autres. Il aurait été sans doute bien plus simple de l’ignorer dès l’instant où elle était retournée s’asseoir sur son rocher, mais outre la méfiance, il gardait en tête que cette compatriote kyréenne n’était guère dans son état. L’observant peut-être un peu trop avec hauteur et défiance, il ne répond pas immédiatement à tout ce qu’elle lui dit, préférant écouter le discours et les intonations de la voix qui, à chaque mot, paraissaient un peu plus faibles.

« Vous avez perdu quelqu’un dans cette bataille ? »

Le terme semblait un peu fort et pourtant, comme sur le terrain de la guerre, ce qui était arrivé à Svaljärd avait eu des airs de combat acharné. Des vies innocentes brisées, arrachées et trainées dans les mains de Sithis, des cadavres jonchant les pavés blancs de la capitale kyréenne, le sang rougissant la neige à l’en faire fondre de désespoir. Oui, ce qui était arrivé quelques jours plus tôt avait apporté la guerre au cœur même de la capitale kyréenne. Il pouvait s’estimer heureux, Hiémain, de n’avoir perdu personne de cher à ses yeux lors du carnage… même si sa tendre Mélusine lui avait été enlevé et que depuis, aucune nouvelle n’arrivait jusqu’à lui. Il maudissait intérieurement et bien souvent la haine de Hjalden envers les mages. Avec eux au moins, il aurait eu depuis longtemps de quoi se rassurer sur l’état de son épouse et des enfants.

« Ces « trucs » de métal comme vous dites n’auraient laissé personne en vie si une solution pour les arrêter n’avait pas été découverte. » Le ton froid de Hiémain était pour le moins sans appel. Il avait vu de quelle manière ces soldats d’une époque révolue étaient parvenus à semer le chaos et la discorde en bien peu de temps. La chance leur avait souri, au cœur du musée des Savoirs Perdus d’Erebor, lorsqu’ils avaient réussi, eux, agents de la Rose, à trouver ces machines et les désactiver tant bien que mal. Sans cette information, les morts auraient été plus nombreux que jamais. Cette femme, visiblement, avait vu les Sentinelles. Les avait-elle affrontées ? Ce n’était pas chose impossible, mais le baron n’en toucha pas le moindre mot et se contenta de reprendre, répondant à la question qu’elle lui avait posé. « Selon les circonstances, oui, j’aurais certainement dédaigné ce moment. » Mais peut-être était-ce parce qu’il n’avait aucun proche à dénombrer parmi les morts. Peut-être aussi parce que Valkyrion, malgré l’attachement qu’il y portait, n’était plus réellement le foyer de son existence. Le foyer en question, c’était Mélusine, son épouse et sa raison d’être. C’était Meldred, son enfant, la prunelle de ses yeux, la chair de sa chair. C’était Arsène et Agathe, deux êtres sous sa protection. C’était Lorgol, cité qui l’avait vu grandir et devenir l’homme qu’il était aujourd’hui. Le devoir brulait certes dans ses veines et dans son cœur, mais Valkyrion n’était plus l’essence même de la glace qui vibrait au plus profond de son âme. Depuis longtemps, il avait fait glisser ses pas sur un autre chemin, malgré toutes les attaches qui parfois lui faisait tourner les yeux vers le duché de sa naissance.

Enfin, tout cela ne regardait point cette femme, qui malgré la froideur et la distance qu’il maintenait entre eux, ne semblait toujours pas comprendre son erreur. Lorsqu’elle l’invita à s’asseoir avec lui, il haussa un sourcil circonspect. Et s’il approcha, il ne prit point place à ses côtés. Fatigué de le lui dire, il ne prit pas la peine de répéter une fois encore qu’elle se trompait de personne. Mais plus les minutes avançaient et plus il était clair que son état allait la dépasser.

« Qui est ce Géralt ? » Demanda-t-il en l’observant, la voyant peiner à lever la tête vers lui pour lui parler. Si c’était là un de ses compagnons à elle, il pouvait peut-être le faire quérir pour qu’il récupère son amie dans un bien piètre état.



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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyMar 24 Oct - 19:20

Elle ne l'écouta pas. L'entendit elle seulement. Elle était ailleurs, entre la réalité et un rêve fiévreux, Herbert ou Jean, finalement cela ne faisait aucune différence. Il était là à lui parler et à l'écouter c'était assez pour qu'elle lui applique une identité aléatoire.
Avait elle parlé ou était ce lui ? Dans le doute, elle se concentra sur ses lèvres. Les garder sceller en attendant que des mots autres que les siens troublent le silence pesant d'une foule retenant son souffle.
La question la fit froncer les sourcils, réclamant une concentration qu'elle n'était plus certaine de pouvoir produire.

« Quelqu'un ». Non Vira n'était pas morte, Géralt non plus. Cette gamine de 16 ans étendue sur les pavés la connaissait elle ? Non il lui semblait que non. Ragnhilde peut être ? Non ce soir là, elle était loin, très loin. Ah. Cette silhouette tirée à l'écart peut être. Mais l'avait elle perdu à titre personnel ? Était ce important ? « Oui une ombre. Le maréchal j'lui ai parlé il me semble. Une connaissance. »

Une connaissance qui avait de l'importance pour d'autres. Elle sentait désormais qu'il était capital qu'elle informe quelqu'un. Mais cet effort ci était trop conséquent. Solveig flancha, lâchant prise sur son esprit.

« Ces « trucs » de métal comme vous dites n’auraient laissé personne en vie si une solution pour les arrêter n’avait pas été découverte. »

D'un claquement de langue agacée, cette phrase fit l'effet d'un coup de fouet sur sa brume intérieur. Si elle en avait eu la force, elle lui aurait mis une claque derrière le crane.

« Tu crois que je l'ignore ? Je ne sais même pas qui a donné... donné l'information. » Brusquement elle se tue. Regardant de nouveau les embarcations qui n'avaient pas bénéficiées d'assez de temps pour en profiter.
Les yeux de la guerrière transmirent enfin autre chose que la maladie, cette fois ce fut une tristesse claire et limpide qui vint voiler ses prunelles.
La vie était une vrai putain. Mirta elle même avait plus de classe. Perdre des vies sur le terrain était une chose qu'elle acceptait, en perdre au sein même d'une ville au nom de revendications qui ne lui paraissaient pas aussi capitale que ça, c'était plus compliqué.
Même une épidémie était plus facile à accepter. Si un jour elle rencontrait un de ces fils de rien revendiquer le lâché de ces choses...Quoi ? Que ferais tu Solveig, toi qui avait actuellement seulement assez de force pour lever une main à la hauteur de ton visage ?
Ba. Elle se remettrait, elle le savait, elle avait vécu des états de faiblesse plus important mais elle était encore là aujourd'hui pour pleurer les autres.

Herbert malgré tout réussissait quand même à raviver une colère sourde en elle.

« Dédaigné. Tu ferais mieux de partir alors. Si tu ne les regrettes pas, ce sera pas eux qui le feront pour toi. »

Le ton était plus acide, plus marqué, elle avait du mal à l'admettre mais malgré ses années d'absences et le manque de considération que Valkyrion avait eu pour elle dans son enfance, elle continuait de ressentir le duché dans ses os. D'ailleurs le lieu changeait il quelque chose ? Non finalement non.
Elle était beaucoup trop empathique finalement. Cet éclat de conscience provoqua un éclat brusque et bref de rire de la part de la guerrière qui se garda bien de réitérer l'expérience, plaquant de nouveau sa main sur son flanc.

Lorsqu'il lui demanda qui était Géralt, tout s'en alla. La tristesse, ce rire avorté, la douleur. Seule une froide et sourde détermination resta. Avait elle prononcé son nom sans qu'elle s'en rende compte ? Les couleurs et les mots lui manquaient.
Serrant les dents, elle chercha sa salive.

« Personne. C'est Géralde. Pas Géralt. »

Elle détourna son profil du kyréen, préférant regarder les torches que l'on venait d'allumer. Quelque part, une voix s'éleva. Un chant, ténu qui fut repris par d'autres.
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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyMer 8 Nov - 10:50

Elle n’était visiblement pas plus disposée à répondre qu’il l’était à converser. Et s’il faisait un effort en dépit de l’ennui montant, il ne cachait plus dans son regard le froid sentiment que lui inspirait cette femme. Et du reste, si son visage n’affichait pas de réelle expression d’agacement, les mots eux sonnaient contrariés. Ce qu’elle n’avait pas l’air de remarquer de toute façon. Elle feignait bien d’être forte et de supporter la douleur, chacun de ses mouvements transpiraient la souffrance et la fièvre. Si elle n’avait été assiste sur son rocher, nuls doutes qu’elle serait déjà par terre depuis longtemps. Cela n’inspirait pas tellement la pitié à Hiémain, et c’était surtout par devoir de ne pas laisser une femme blessée vulnérable qu’il agissait, surtout qu’elle avait été la première à l’interpeller. Si ses commentaires à son propos lui hérissait le poils, il savait qu’il n’était pas en mesure de l’abandonner à son sort. Il n’était point cruel. Ceci dit, ne point l’abandonner ne voulait pas dire agir lui même, et si elle continuait de la sorte, il ne tarderait pas à la laisser pour la confier aux bons soins de quelqu’un d’autre.

Difficile de nier que cette dernière pensée ne cessait de prendre de la place dans son esprit. Et si la surprise première due au discours incertain et flou de la jeune femme à propos supposée du maréchal de Serre lui fit relever un sourcil, la familiarité dont elle faisait preuve avec lui et son ton presque réprobateur le prenant pour un idiot eurent tôt fait de ramener sur ses traits le dépit.

“Il n’est pas mort.”

Se contenta de préciser le baron dans un haussement d’épaule, persuadé que l’information serait à peine entendue par son interlocutrice. Plus les secondes passaient et plus elle avait l’air d’agoniser froidement, son regard se mêlant à un voile de fatigue qui finirait tôt ou tard par l’emporter. Et ce n’étaient pas les quelques vagues sentiments qui passaient dans les yeux de cette femme qui murmuraient autre chose que l’imminente chute.

Quoique la colère qui d’un coup s’éveilla dans son regard eut le mérite de donner à Hiémain une impression nouvelle sur l’état de santé de cette femme. Pas grand chose, compte tenu de la velléité du discours qu’elle lui asséna, mais ce fut suffisant pour ouvrir les vannes de l’irritation chez le baron. Comment osait-elle le juger ainsi, sans le connaître une seule seconde ? Que savait-elle de lui pour s’autoriser le droit de le rabrouer ainsi et lui conseiller - ordonner - de partir ? Rien. Absolument rien, et cela l’énervait profondément. Il n’était pourtant pas homme à céder facilement à ce sentiment, et il n’en montra rien par les gestes ou la parole, mais le feu d’une certaine colère brûlait dans son coeur. “Si je le pouvais, cela ferait longtemps que je serais parti loin d’ici.” Aurait-il voulu répondre à la critique de cette femme, mais à quoi bon ? Cela ne la regardait en aucune façon et il ne lui ferait pas le plaisir de confirmer ses dires une fois encore. Qu’elle s’obstine à le juger si stupidement si ça lui chantait, il avait bien d’autres priorités qu’une blessées inconnues sur les bras.

Le rire douloureux et les quelques mots de la jeune femme suite à l’évocation d’une tiers personnes furent pendant un long moment les derniers que tous deux échangèrent. Puisqu’elle ne semblait toujours pas disposée à donner de plus ample informations, il n’allait pas insister. Quand bien même avait-il sans mal décelé le mensonge dans sa dernière réponse, gros comme une maison. Géralt ou Géralde n’était personne, n’est-ce pas ? Alors qu’elle était l’utilité de l’évoquer, de préciser une potentielle erreur sur son prénom et craindre l’une de ses réactions ? Il eut un soupir en songeant à tous ces détails, mais il n’était pas dans son intention de forcer la discussion qui lui semblait être bien trop longue. Lorsque les chants s’élevèrent enfin et que l'inhumation des barques commença, il tourna à l’instar de la jeune femme son regard vers le lac. Et s’il ressenti de la tristesse pour toutes ces victimes des actes de l’Ordre, il ne pouvait prétendre avoir de l’affection, et que sa réaction eût été la même pour tout autre peuple d’Arven.



Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyMar 6 Fév - 11:43

Pas mort ? Qui déjà. Le maréchal. Maréchal de quoi de qui. Le maréchal ferrant certainement. L’homme devait parler de son entourage immédiat. Elle se contenta d’un bref haussement d’épaule, déjà incertaine de leur sujet de conversation. Le boulanger, son frère ou son casse-croute du midi. Les chants. Seuls les chants comptaient, et la chaleur des flammes des torches dans le froid ambiant. Les nuages noirs s’élevant des flèches enflammées. Incapable de reprendre les paroles en chœur, elle se contenta de fredonner du bout des lèvres le chant des lamentations.

Ce sentiment était horrible et puissant. Elle avait conscience qu’elle était là pour une raison précise mais qu’elle restait spectatrice sans même réussir à toucher du doigt sa motivation profonde. Elle avait oublié alors qu’elle avait la solution devant elle, quelque part parmi les barques.

Les bras se tendirent, les muscles saillirent et enfin dans le sifflement silencieux des traits, les chants se turent pour que tout le monde puisse entendre l’impact des pointes enflammées sur le bois des dernières embarcations. Il fallut attendre une bonne minute avant que le feu prenne dans chaque. Mais malgré tout, Solveig ne put s’empêcher de penser aux archès. La honte de louper son tir devait être la hantise de ceux qui se doivent de réussir à enflammer le bois. Elle ne vérifia pas, elle n’en avait pas la force. Elle se contenta de regarder les taches lumineuses prendre de l’ampleur et de sentir l’odeur inéluctable du bois et de la chaire brûlée.

Il était temps d’adresser une prière. Pour la première fois elle se détourna ostensiblement de Kern. Elle refusait de le remercier pour leur victoire. Les pertes semblaient si importantes. Alors elle se tourna vers une déesse trop longtemps délaissée. Que Vigdis la garde d’un semblable gâchis. Et que Sithis les accompagne dans leur dernier foyer.

Son regard tomba sur ses genoux et ses mains crispées. Le même sort l’attendait si elle ne trouvait pas la force de se lever d’ici pour se remettre à cheval. L’idée ne lui plaisait pas mais elle avait dans l’idée qu’elle n’avait pas trop le choix. Si elle se levait devant Herbert, elle tomberait.

« C’était… bien de te retrouver. Au revoir alors. »

Le menton crispé, cette tentative désespérée pour se débarrasser de témoin gênant fut un échec même à ses oreilles. Un élan d’honnêteté sortant de nulle part brisa le silence de gêne qui ponctua sa demande.

« Je dois… reprendre mon cheval. Si tu restes, tu vas m’voir tomber. »

Malgré sa pâleur évidente, une légère teinte rose vint s’étendre sur ses pommettes. Elle n’osa pas le regarder dans les yeux, consciente que rien de ce qu’elle verrait sur le visage du kyréen ne lui plairait.
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Hiémain de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Le mort vivant de Svaljärd   Le mort vivant de Svaljärd EmptyLun 26 Mar - 20:21

Les flammes des bûchers se mettent insensiblement à flamber, dévorant par leur chaleur les chairs mortes offertes au trépas éternel. Bientôt, Sithis viendrait récupérer les âmes errantes pour les mener dans leur dernière demeure, comme cela devait être. Tant de vies gâchées, c’était certes triste et Hiémain en convenait, bien des innocents avaient péris sans raisons valables, si ce n’est sous les coups de l’Ordre vengeur. Mais s’il n’est pas insensible, il n’est que peu concerné personnellement et c’est avec une très légère prière que le kyréen rend hommage à toutes ces vies qu’il avait échoué à protéger. Mais hélas, ses pensées sont toutes autres, alors qu’elles s’envolent bien loin d’ici, vers Mélusine si loin de lui. Etait-elle en sécurité à Lorgol ? Sa vie était-elle sauve et hors de danger ? Il avait vu lui même les Sentinelles frapper de leurs lames acérées le corps de son épouse cachées sous les voiles du Fou Noir, il savait combien les blessures étaient sérieuses… A Lorgol, elle avait certainement pu recevoir les meilleurs soins… oui. De cela, il voulait s’en persuader, lui qui n’avait pu suivre sa moitié à l’autre bout du continent.

L’instant solennel dure un long moment, et c’est une fois encore la voix de cette étrange personne – et pour le moins grossière – qui le fait sortir de ses pensées. Que dit-elle ou demande-t-elle, il s’en fiche à dire vrai, mais son regard se fait plus dur alors qu’elle fait mine de vouloir le faire partir. Si elle voulait s’en aller, elle le pouvait, cela ne le regardait que peu. Et même s’il constatait sans mal que l’état de cette jeune femme allait de mal en pis, il ne pouvait pas y faire grand chose, tant elle ne semblait pas reconnaître elle même la gravité de ses blessures. Lorsqu’elle se montra plus sincère sur ses intentions, il leva un sourcil légèrement sceptique. Avait-elle honte de se casser la figure devant lui ? Si elle savait d’ores et déjà qu’elle allait tomber et ne pas tenir sur sa monture, pourquoi s’embêter à le faire alors ?

« Si vous êtes blessée à ce point, vous ne devriez pas repartir à cheval. Il y a des médecins en ville, rassemblés pour soigner les blessés. Je vous conseille de vous diriger là bas plutôt que partir seule. »

Il n’était pas médecin, mais si la blessure de cette jeune femme était suffisamment grave, monter à cheval était certainement la dernière chose à faire. Les mouvements saccadés d’une chevauchée risquaient sans nuls doutes d’aggraver les choses. Si elle était assez intelligente, elle comprendrait certainement. Auquel cas hélas, Hiémain ne pouvait rien pour elle, il avait bien d’autres choses à faire que veiller sur une guerrière têtue et blessée qui le prenait pour quelqu’un d’autre. Aussi n'attendit-il pas réellement de réponse de sa part et se détourna. La cérémonie touchait à sa fin, tout ce qui l'importait c'était de rentrer chez lui, même s'il n'y trouverait que solitude.



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