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 Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours

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Agathe de Vigdir
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Message Sujet: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyLun 4 Sep - 16:37


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Agathe Martel & Mélusine de Sylvamir

Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours

Conversations embarrassantes et petits secrets dévoilés



• Date : 9 août 1002
• Météo (optionnel) : Il fait doux et bon, à Lorgol.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Désormais que la marquise se porte bien, désormais que la pupille ferme à nouveaux les yeux le soir venu, il est grand temps de profiter de Lorgol et de ses splendeurs. L'heure n'est plus aux rêveries : la tour de Séverac, le théâtre de la Cour des Miracles, les boutiques raffinées... Un programme chargé pour occuper l'esprit loin de cette maladie qui gronde et affecte leurs proches.
• Recensement :
Code:
• [b]9 août 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2615-pendant-ce-temps-dans-la-ville-aux-mille-tours#79346]Pendant ce temps, à la Ville aux Mille Tours[/url] - [i]Agathe Martel & Mélusine de Sylvamir[/i]
Désormais que la marquise se porte bien, désormais que la pupille ferme à nouveaux les yeux le soir venu, il est grand temps de profiter de Lorgol et de ses splendeurs. L'heure n'est plus aux rêveries : la tour de Séverac, le théâtre de la Cour des Miracles, les boutiques raffinées... Un programme chargé pour occuper l'esprit loin de cette maladie qui gronde et affecte leurs proches.



Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours 1528994804-agathe










Dernière édition par Agathe Martel le Mer 13 Sep - 16:42, édité 5 fois
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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyLun 4 Sep - 16:44

La tour des Séverac était ahurissante! Elle était si haute, si grande, si majestueuse, qu’Agathe, à sa première visite, l’été dernier, avait demandé timidement s’il ne s’agissait pas de la tour d’Ibelène. Rien d’aussi grandiose n’avait alors jamais croisé sa route, et si les expériences lui avaient laissé voir toute la majesté d’Arven, tout au long de cette dernière année, elle préservait soigneusement ses premiers souvenirs de la tour de la famille de Mélusine. Agathe avait grimpé l’escalier à toute vitesse, se distançant quelque peu de sa tutrice pour gagner le bon étage, sitôt les civilités d’usage offertes à qui devait les recevoir. Elle se souvenait bien, la blondinette, de l’endroit précis où on lui avait offert Hallebarde. C’était exactement entre l’étage des hiboux -ou des chouettes, elle ne savait jamais vraiment lesquels détenaient ou non des aigrettes- et celui beaucoup moins agréable des serpents. L’étage d’au-dessus mangeait tout entier un hérisson adulte en ne régurgitant qu’un tas de poils et d’épines. L’étage d’en-dessous devait probablement s’attaquer aux bébés hérissons. Même si Agathe n’avait aucune preuve tangible quant à ces probables assassins, elle n’en demeurait pas moins méfiante. Entre ces deux prédateurs, il y avait toute une colonie d’adorables hérissons. Des gros, des petits, des obèses et des piquants. Des dizaines et des dizaines de petits museaux noirs se dressaient, ici et là, et la blondinette courait d’un coin à un autre, s’exclamant, jubilant, en câlinant un, puis un autre, pour mieux trottiner vers le suivant. Hallebarde lui manquait cruellement, à lui faire piquer la gorge et rendre ses yeux un peu trop humides, la nuit venue, mais elle tenait bon, Agathe. Elle en avait vu d’autre. Elle avait vécu la perte de son jumeau, de sa moitié. Hallebarde lui reviendrait avec les journées douces d’automne, tout comme Hiémain.

- Ils sont plus nombreux qu’avant, Mélusine. Avez-vous remarqué?

Elle la questionnait, accroupie auprès de deux ou trois bébés aux épines encore un peu fragiles. Délicate, Agathe en souleva un pour poser le bout de son petit nez retroussé contre le museau du minuscule animal et en sentir la douce tiédeur. Peut-être était-il le neveu de Hallebarde, après tout? Ou alors son petit frère éloigné, comme l’était Meldred pour elle?

- Je me demande si c’est une cigogne qui vient porter les bébés, pour les hérissons, également.

Bien sûr, la Belliférienne avait vu Arnault et sa conquête. Elle avait entendu Mélusine et Hiémain, à une ou deux reprises. Ou trois. Ou quatre. Elle se doutait vaguement de comment le dédoublement de bébés se produisaient, derrière les portes closes, mais elle ne s’était jamais réellement arrêtée aux détails qui la faisaient tant rougir. Et puis, elle avait parlé sans réfléchir, l’esprit tout affairé à ce bébé hérisson qu’elle appellerait désormais Javelot. À moins qu’il ne s’agisse ici d’une femelle, auquel cas elle endosserait alors le doux prénom de Javeline.


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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptySam 9 Sep - 21:39

Elle est bien mignonne, décidément, cette petite Agathe ; et la voir cavaler gaiement dans l’escalier de la tour de Séverac allège un peu la part de chagrin qui plombe tes pensées en permanence depuis que tu es loin de Hiémain. Ils te font du bien, ces petits : t’occuper d’eux te distrait suffisamment pour que tu oublies un peu que ton mari est loin, et qu’il te manque, à chaque instant, terriblement. Ce matin, tu t’es décidée à visiter tes armoires dans la tour familiale pour en rapporter quelques tenues de plus à la tour de Sylvamir ; et ta charmante apprentie s’est immédiatement proposée pour t’accompagner. Tu ne sais pas vraiment si c’est par égard pour ta convalescence, ou simplement pour retrouver l’élevage de hérissons qui l’avait si fort séduite lors de ses précédentes visites, mais tu apprécies tout autant sa compagnie que son timide babil. Tu l’as laissée prendre de l’avance et grimper l’escalier à toute vitesse, dans sa hâte d’aller constater de ses propres yeux que tes pensionnaires se portent bien : toi, tu as quelques détails à régler avec le majordome familial en l’absence de tes deux parents.

Lorsque tu la rejoins, elle est accroupie entre deux parterres soigneusement aménagés pour reconstituer l’habitat naturel de ces adorables boules d’épines. Elle a un des plus jeunes entre les mains, les piquants encore souples et l’œil curieux, et ton cœur fond complètement d’attendrissement. Tu te doutes bien que Hallebarde lui manque – tu as dû la rassurer à son propos plusieurs fois déjà, lui assurant solennellement que, oui, Hiémain se rappellerait qu’il faut nourrir régulièrement le petit animal, mais que par contre, non, il ne dormirait vraisemblablement pas avec lui. Tu n’aurais jamais pensé que le hérisson que tu lui as offert tiendrait une si grande place pour elle, mais tu es ravie qu’elle ait cet attachement, aussi insignifiant peut-il sembler à des yeux non initiés. Pour toi, cela prouve que la jeunette est encore capable d’affection, après le cruel déracinement qui lui a été infligé, et cela te donne espoir de pouvoir l’aider à se construire une vie digne d’elle. Tu voudrais tellement qu’elle soit heureuse !

Tu t’apprêtes à lui demander le nom qu’elle a choisi pour le petit animal qui se tortille au creux de sa main, lorsque son commentaire te prend totalement au dépourvu. Un instant, tu en restes… sans voix. Mélusine de Sylvamir, haute en verbe et d’une faconde généreuse – totalement prise de court par la remarque innocente d’une jeune femme bien trop naïve pour la laideur de ce monde. « Oh, Agathe. Chérie. Il faut vraiment qu’on parle. » laisses-tu échapper à mi-voix, navrée tout à la fois de l’ampleur de son ignorance, et de devoir la combler par un savoir peut-être un peu trop détaillé pour cette tête blonde dont les inquiétudes sont encore celles de l’enfance sur ce sujet-là. Un sourire attendri éclaire un instant ton visage, et tu te penches vers elle, pour la prendre doucement par les épaules et la relever. Le petit hérisson toujours au creux de ses mains, tu l’entraînes vers la fenêtre et la fais asseoir sur la banquette douillette aménagée dessous.

Délicatement, tu saisis son menton entre le pouce et l’index, tournant son fin museau vers toi ; et de l’autre main, tu caresses affectueusement sa joue veloutée. « Mignonne, dis-moi. Tu sais comment se font les bébés, n’est-ce pas ? Est-ce que ta mère… ou ta sœur… ou ta marraine – as-tu une marraine, seulement… ? Enfin, est-ce que n’importe quelle femme de ta parentèle, ou de ton entourage, t’a déjà parlé des choses de la chair… ? » Vaillamment, tu inspires un grand coup, déterminée à exprimer clairement la nature de ton interrogatoire, avant de conclure fermement. « Qu’est-ce que tu sais du sexe, Agathe, entre les hommes et les femmes ? »

Chaque chose en son temps.
Tu aborderas la partie « entre hommes » et « entre femmes » plus tard !











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyJeu 14 Sep - 16:05

Malgré le visage attendri de la marquise de Sylvamir, Agathe n’était pas tout à fait rassurée. Il y avait, dans la formulation de sa requête « Oh, Agathe. Chérie. Il faut vraiment qu’on parle » quelques élans de sérieux qui laissaient croire à un sujet grave, embarrassant ou bien pire encore. Il n’était jamais bien difficile, pour Agathe, d’imaginer mille et une histoires et, fidèle à ses habitudes, elle songea à Hallebarde et Hiémain encore là-bas, en Valkyrion. Leur était-il arrivé malheur? Non, non, non. Son hérisson avait le meilleur protecteur qui soit pour le garder en vie. Le Roi Blanc, tout de même! Non, c’était autre chose. Lorsque Mélusine la fit se redresser, la blondinette la suivit bien docilement jusqu’à la banquette rembourrée, le petit hérisson toujours dans le creux de ses mains. Elle se permit un regard timide vers la fenêtre, un brin anxieuse de la conversation qui allait tomber d’un moment à l’autre.

C’était un piège! Le minois posé entre les mains de sa tutrice, Agathe écarquilla les yeux. Elle s’attendait à la mort d’un hérisson, à la blessure grave de Hiémain, à une attaque qui aurait fait disparaître Grâce. À tout. Mais pas à ça..! Elle ne s’en était pas réellement rendue compte que ses lèvres s’étaient entrouvertes pour laisser filtrer un petit “Oh” de surprise. Une centaine d’images se bousculait dans sa tête, allant d’Arnault sous les draps jusqu’à Hachette, la jument coincée sous un étalon fougueux, en passant par les rares conversations profondes qu’elle avait eu avec Aubrée. Une marraine..? Non. Le sang affluait joyeusement sur ses joues et Agathe articulait quelques début de mots sans savoir les terminer.

- Je… Tu… Vous. Ce n’est pas…  ...Je n’ai pas de marraine.

Elle devait se reprendre. Elle devait se reprendre, sans quoi Mélusine croirait qu’elle ne s’y connaissait aucunement, dans ce domaine qu’elle privilégiait particulièrement. Sa tutrice avait la réputation d’être scandaleuse, et bien qu’Agathe ne l’ait jamais vu l’être particulièrement, elle s’imaginait aisément la vie qu’elle aurait pu avoir, avant qu’elles ne se croisent.

- Melbren… Il m’a montré... Non! Il m’a dit.. Il m’a dit des choses. Que je devais tester plusieurs épées avant de choisir, pour qu’elle soit parfaite à mon fourreau.

Son coeur battait un rythme de fou, un rythme martial, tout prêt à décourager l’ennemi. Elle allait vomir, ou défaillir, ou les deux à la fois. Malgré tout, malgré ses joues et son petit coeur excité par les choses de la chairs, elle tenait bon, Agathe, le minois relevé et la mine bien sérieuse. Elle n’allait pas décevoir Mélusine en se cachant encore, comme elle le faisait si souvent. La métaphore de Melbren -qu’il avait sans doute soigneusement illustré dans des propos typiquement bellifériens-, elle la comprenait bien. Elle devait connaître plusieurs garçons pour s’assurer de choisir celui qui la comblerait. Qui la comblerait… En tous points. Si Agathe avait acquiescé en rougissant, lorsque Melbren lui avait dit ce fait, ce n’était que plus tard qu’elle avait réellement compris ce que tout cela impliquait.

- Oh… Et… À Brumecor, j’ai vu quelqu’un. Avec une… fille. Dans son lit.

Et les détails qu’elle avait vu, le trop de chair qui était apparu soudainement, alors qu’elle fouinait comme à son habitude, l’avait troublée bien longtemps.


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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyVen 22 Sep - 1:22

Oh, pauvrette.
Elle a l’air si effarouchée, son fin visage presque paniqué là entre tes mains, qu’un fou rire menace de t’emporter. Tu te mords férocement la lèvre pour ne pas laisser libre cours à ton hilarité, tu ne veux surtout pas blesser cette mignonne à laquelle tu t’es si fort attachée. À la voir vivre à tes côtés depuis plus d’un an à présent, tu en oublies parfois que Bellifère a laissé son empreinte bien nettement sur son âme innocente, et que ta vie scandaleuse, toute conjugale qu’elle puisse être, n’en recèle pas moins une quantité de passion suffisante pour la choquer parfois.

Chère petite.
À son âge, ou presque, tu égayais déjà tes nuits entre les draps de celui qui n’était encore que le marquis du Lierre-Réal. À son âge, nettement révolu, tu avais déjà partagé la couche d’un prince coiffé aujourd’hui de la couronne des sables – à plusieurs reprises. À son âge, et même au plein mitan de ton adolescence, tu avais déjà étudié avec grand soin les secrets des choses de l’amour sous des mains féminines, en la très studieuse compagnie de ta tendre Joséphine. Chère, si chère Agathe, et sa merveilleuse innocence dans ce monde sans pitié où bien souvent les filles de Bellifère n’apprennent de la chair que sous la contrainte et dans la douleur !

La voilà devenue cramoisie, ton apprentie affolée, et tu t’en veux de lui causer si vif émoi. Elle bafouille, elle bégaie, elle achoppe et hésite et bredouille, te livrant une information insignifiante mais navrante tout de même : elle n’a pas de marraine. Point de femme pour transmettre à cette presque orpheline le savoir élémentaire que toute femme se doit de détenir pour affronter sa vie d’adulte, et qu’Ismalia a inculquée à ses jumelles dès les premières esquisses écarlates entre leurs cuisses. Quelle tristesse. Un instant, tu pinces les lèvres, désapprobatrice ; mais tu reprends rapidement une expression attentive, pour ne pas qu’elle pense être la cause de ton froncement de sourcils.

Elle continue à expliquer, et tu hausses un sourcil étonné à la mention de Melbren. Aurait-il donc cueilli une vertu que tu aurais pu jurer savoir intacte ? Visiblement, non ; mais la jolie formulation que te livre ta jeune pupille te tire un sourire attendri. Oh, que tu es fière de ton petit frère, en cet instant ! Tu lui diras, après, combien tu as aimé son élégante métaphore. Après. Une fois que tu auras calmé ta pauvre apprentie qui semble à un souffle près de la combustion spontanée. Tu te doutes bien que ce qu’elle dit avoir vu, elle l’a sûrement espionné – et qu’elle n’a pas dû forcément apercevoir pleinement la totalité des divers… éléments… impliqués.

Par quoi commencer ?
Un instant, ton regard s’égare, le long de son cou fin marbré de cette rougeur qui avive ses joues, sur les agrafes du corset encore modeste – mais déjà un peu plus garni qu’à son arrivée – puis sur la taille fine qu’elle ne dissimule plus sous ces horreurs que tu nommes haillons et que les Bellifériens ont le toupet de qualifier de robes. Que sait-elle, de ce qu’elle cache elle-même sous ces couches de tissu ? La première étape, pour s’avancer sereinement sur le chemin des plaisirs du corps, c’est de connaître le sien.

Il va bien falloir commencer par là.
Résignée, tu prends une profonde inspiration, lâchant son visage pour croiser les mains dans ton giron. Résolue, tu carres bravement les épaules, inquiète à l’idée de la braquer, de la traumatiser, ou de perdre sa confiance. Tu te rappelles de l’aisance avec laquelle ta mère vous avait évoqué ces sujets-là, à ta sœur et à toi – mais elle est d’Erebor, et vous de Sombreciel, c’était plus simple, tant ces deux peuples partagent la fièvre des corps. Pour Agathe, c’est bien différent ; et elle n’a vraisemblablement pas envers toi l’aveugle confiance que tu as toujours placée en Ismalia.

« D’accord. Nous reparlerons tout à l’heure de ce que tu as vu. Dis-moi, as-tu déjà… testé… de ta propre initiative ? » Un bref instant, tu lèves les yeux au ciel, l’une de tes mains battant l’air d’un moulinet terriblement agacé. « Oh, par Mirta. Si je continue à envelopper mes mots de tant de coton, tu ne vas jamais comprendre ce que je te demande exactement, et nous allons y passer la journée. Je suis sûre à présent que personne n’a jamais pris la peine de te parler de ça ; mais c’est important, pour ta vie d’adulte. Est-ce que tu sais comment fonctionne ton corps, ce qui te fait frissonner, ce qui accélère le sang dans tes veines ? Je ne te demande pas de me décrire, Agathe, mignonne ; je te demande si tu t’es-tu déjà donné à toi-même ce type de caresses ? »











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyDim 24 Sep - 4:18

- NON! … Je.. Non, non! Jamais.

Elle avait parlé avec véhémence jusqu’à reculer légèrement sur la banquette. Le tout petit hérisson, Javelot, griffait légèrement l’intérieur des mains de sa protectrice du moment alors qu’il se sentait bien étrangement ballotté. Agathe avait glapi sans même réfléchir à la question et ce qu’elle englobait tant l’idée l’intimidait et la rendait honteuse. La vérité n’était pas très loin de sa réponse, à quelques écarts près. Qu’Isil l’entende, cette voleuse de vérité, car déjà elle se drapait de mensonges. Il était vrai qu’à quelques reprises, par ennui ou par envie, elle avait envisagé d’assouvir sa curiosité et son désir en chassant puis capturant cette douce chaleur, au creu de son ventre, au milieu de son être. L’idée de se faire surprendre et de trahir son époux prochain - seul détenteur de son jardin intime - avaient bien fini par anéantir toute part d’envie. Elle ne s’était plus aventurée par là, plus par honte que par manque de désir. Il était plus aisé et instinctif de s’insurger que d’avouer, et déjà Agathe s’en voulait terriblement. Pourquoi s’entêter à dédaigner ces choses pour lesquelles sa tutrice excellait? N’était-ce pas le moment, justement, de se montrer curieuse?

- Le barde… Il chante de jolies choses, sur l’amour. Je suis d’accord avec lui… Ces rapprochements…

Les yeux fermés, la blondinette s’efforçait de respirer avant de poursuivre. Elle sentait bien son souffle se perdre et sa volonté se liquéfier sous le soleil confortable que filtrait la fenêtre.

- Il s’agit de faire l’amour. Le refaire, le défaire.. Puis le tisser à nouveau, le redessiner, avec… C’est avec quelqu’un d’important, que ça doit se partager. L’expression l’indique… Tu comprends? Mélusine?

Malaise. Elle peinait à avaler et il lui semblait que même sa tutrice put l’entendre déglutir, à ce moment. Alors Agathe soupira et baissa le museau, désormais libérée des mains de la marquise. Dehors, tout semblait bouger, tourbillonner et poursuivre sa route, sans égard pour le trouble qu’elle vivait tout en haut de sa tour. Il lui semblait même avoir vu un griffon faire ombrage, l’espace d’un court moment.

- Je pense… Non, je pensais que ce serait mieux d’attendre que celui qui m'enlève soit le premier. Tu ne le répéteras pas, hein? Dis-moi? C’est qu’il y a une personne, maintenant.

Ses lèvres bougeaient légèrement, comme animées d’un désir propre à se confier, alors que le souffle lui manquait pour pousser les syllabes de la confidence. Elle grimaça un peu, tortillant son visage pour témoigner de son malaise grandissant.

- Un Cielsombrois… Et il ne me voit pas. Peut-être que si je m’y connaissais mieux… …?

Ses mains étaient des pierres lourdes, tout comme ses jambes, et il lui semblait bien impossible de remuer le moindrement, sous l’aveu. Elle hésitait à souligner qu’elle ne désirait pas forcément connaître tout un étal d’épées pour s’assurer de trouver la meilleure, mais qu’un savoir purement théorique pour évaluer sommairement serait peut-être envisageable… Son fourreau s’adapterait bien, tôt ou tard. Ce n’était qu’un petit détail. Mais c’est un silence qui l'enveloppa. Elle en avait déjà dit beaucoup trop. Fébrile et fragile, elle rapatria son attention sur Mélusine, sa parfaite tutrice, pour s’assurer de ne pas s’être totalement ridiculisée auprès d’elle.


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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyDim 24 Sep - 23:05

La petite Agathe est absolument touchante de mignonnerie, et tu fonds intérieurement. Une part de toi l’envie un peu : toi, tu n’as jamais eu cette innocence un peu angoissée. Tu savais très bien à quoi t’en tenir dès les premiers temps de ton adolescence, instruite avec soin comme les autres filles de Sombreciel. Elle… Elle, elle a encore tout à découvrir, et pourra porter sur chaque étape ce regard émerveillé que tu lui surprends, parfois, quand tu lui montres un bel endroit ou une nouvelle robe et qu’elle n’a pas conscience que tu la regardes à la dérobée.

Tu l’écoutes religieusement, veillant soigneusement à ne pas l’interrompre, prenant mentalement note de chacune de ses confidences au mot près. Les yeux fermés, elle bute, cherchant visiblement comment formuler ses pensées, et tu opines gravement du chef, bien consciente de l’importance de ce qu’elle tente de te décrire. Elle soupire, et tu réprimes un sourire attendri. Chère petite. « Je comprends, Agathe, oui. » Tu n’ajoutes rien ; elle n’a besoin que d’un léger encouragement, et reprend la parole pour te livrer un secret.

Oh, la petite cachottière ! Le ravissement qui t’envahit à cette nouvelle se double d’une tout aussi grande consternation à l’idée que ta pupille s’aventure en terrain inconnu sans avoir la moindre idée des dangers et des périls auxquels elle s’expose. Concentrée, tu attends qu’elle ait fini de te dévoiler ses pensées ; et lorsqu’elle finit par s’interrompre, hésitante et visiblement fort anxieuse, tu déposes un baiser tendre sur son front couronné d’inquiétude. C’est avec une sollicitude toute maternelle que tu la prends dans tes bras un instant, la berçant doucement contre toi pour la rassurer. Comme si cette simple étreinte pouvait lui faire comprendre qu’elle n’a en rien démérité, et que cela ne la privera pas de ton estime – au contraire ! Tu es un peu prise de court par l’intensité de ton émotion, toutefois : tu n’aurais pas imaginé que recueillir une confidence aussi profonde allait t’émouvoir à ce point, et tu caresses doucement ses cheveux, reconnaissante de la confiance dont elle t’honore.

C’est donc ça, être mère ?
Est-ce qu’Ismalia avait le cœur qui battait si fort, la première fois que tu t’es confiée à elle ?
Peut-être pas. Elle avait aussi Mélisende ; et Melsant bien sûr était l’aîné.
Avec Agathe, tu découvres toute une facette de ta vie d’adulte que tu ne soupçonnais pas ; et ton attachement pour la timide jeune femme balbutiante ne fait que se renforcer.
Tu aimerais bien lui donner tout ce que ta propre mère a pu t’apporter au fil des années : cette confiance en toi profonde et lumineuse, cette détermination à conquérir ce que l’on te refuse, cet acharnement à poursuivre tes buts. Les moyens de gagner ton propre bonheur, somme toute. Mais la petite a déjà une mère, et tu ne veux pas priver Grâce de son dû ; déjà, tu te sens coupable de l’élan d’affection toute maternelle qui vient de baigner ton cœur.

« C’est une excellente nouvelle ! Est-ce quelqu’un que je connais ? Raconte-moi tout, mignonne ! Je suis curieuse de savoir qui compte assez de vertus pour avoir su attirer ton attention. »











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyMer 27 Sep - 14:02

Ce n’était pas une simple accolade. C’était un élan de réconfort qui la faisait vibrer bien agréablement. Entre les bras de Mélusine, elle se sentait protégée et écoutée, plus confiante qu’elle ne l’était d’ordinaire. Sa tutrice ne la jugeait pas et lui accordait toute son attention, acquiesçant ici et là ses confidences sans l’ombre d’un sourire amusé. Elle profita, les yeux clos, de ce baiser, de ses bras qui l'enveloppaient et de l’intérêt qu’elle lui accordait. Ce qu’elle sentait bon, Mélusine de Sylvamir… Après tant d’émotions et de lourdeur, être soudainement soulagée du poids d’un petit secret qui lui était bien grand la rendait légère. Le sujet cruellement embarrassant de ses premiers émois s’éloignait timidement pour faire place à des confidences plus importantes encore. Le rouge, sur ses joues, étaient toujours présents et trahissait l’intensité de ce qu’elle vivait et tout l’inconfort qui en découlait.

- Je ne sais pas… Il m’agace. Je ne sais pas, Mélusine. Je le déteste, je crois. Oui… Oui, il me donne envie de crier, de criser, ou alors d’être aussi douce que le miel. Mais il est toujours là, même quand je veux l’éloigner très fort, loin de moi et de ma tête, il revient toujours. Et quand il ne revient pas, alors je me rends bien compte que je le cherche. C’est ça, non, être amoureux?

Il l’avait habitée bien souvent, lors de ce long séjour en Valkyrion. Dans le froid de ce désert de neige, dans la solitude qu’elle ressentait parfois, entourée pourtant de cette famille d’adoption, d’Arsène et du petit Meldred, Agathe songeait à lui avec une rancoeur et un sarcasme qu’elle savait teintés d’une nuance de mensonge et d’un soupçon d’hypocrisie. Elle lui en voulait cruellement qu’il lui en préfère une autre, alors qu’elle avait bien conscience de ne lui avoir offert que son mépris en parage. Elle lui en voulait d’être faible, svelte, inutile et même intelligent, alors qu’elle se pâmait devant un barde bien loin des hommes de Bellifère. Elle le détestait d’être comme il était, parfaitement lui-même jusque dans ses moindres défauts, et de tomber pour lui. Elle s’en voulait un peu, peut-être bien, à elle aussi.

- Je me dis.. Je me dis qu’il m’intéresse peut-être parce qu’il est le seul que je connais plus intimement. Si je me compromets avec lui, et qu’il n’était pas le bon? Si je me rends compte qu’il n’est pas… Qu’il n’est pas l’épée qu’il me faut, après? Mais aussi, en même temps, il ne me voit pas et ça… Ça, c’est pénible.

Elle pensait bien fort à Julius, le guerrier belliférien qu’elle avait croisé suite à l’explosion à Svaljärd. Parfois, Agathe se demandait si les choses auraient pu être différentes, si elle l’avait connu un peu mieux. C’était peut-être ça, après tout, qu’elle prenait pour de l’amour : la simple proximité avec un garçon. Elle soupira bien faiblement. Il y avait eu Melbren, Hiémain, plusieurs enfants des Miracles et même le palefrenier de Sylvamir, qu’elle connaissait bien plus que lui.

- Je ne sais pas si tu le connais, mais lui te connaît.


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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyJeu 28 Sep - 0:37

Elle est si mal à l’aise, ta petite apprentie ! La rougeur sur ses joues est un criant témoignage de son malaise, et tu t’en veux un peu d’avoir provoqué une réaction aussi intense en la déstabilisant. Tu n’aurais jamais soupçonné un secret si… frivole, sous le petit minois si sérieux d’Agathe ! Elle a fort bien caché son jeu, et tu t’en veux d’avoir été trop distraite par tes petites tragédies personnelles pour t’en rendre compte. Il va falloir que tu te reprennes en main, pour ne plus tant te laisser aller en te vautrant dans ta peine – Hiémain finira bien par se rappeler qu’il a une épouse et une famille et revenir au bercail. Les petits ont besoin de toi – Meldred se satisfait pleinement des câlins et des tétées, mais Arsène a besoin de supervision et tu crains fort lui avoir lâché trop libéralement la bride, ces derniers temps. Pour le moment, tu vas faire le point avec Agathe, et tu écoutes avec attention les bribes d’information qu’elle te livre. Ah ? Tu le connais peut-être ? Tiens donc.

Un sourire attendri joue sur tes lèvres, tandis qu’elle te raconte le chaos de sentiments qui tourbillonne en elle, et lorsqu’elle se tait, tu tapotes gentiment son dos. Tu prends le temps de peser tes mots, pour ne pas qu’elle pense être l’objet de ta moquerie, pour ne pas froisser son ego juvénile qui tente timidement de s’affirmer. « Ah, Agathe. » Un petit rire silencieux te secoue un instant, et tu te mords les lèvres pour te contrôler. L’hilarité reste audible dans ta voix, cependant, et c’est d’un ton guilleret que tu reprends. « Tu me rappelles tellement de choses, Agathe, ah ! Agathe. Tu sais que j’ai côtoyé Hiémain régulièrement, pendant dix ans, sans jamais qu’il ne se passe rien entre nous ? Il a fallu qu’il quitte Lorgol et que je sombre dans la déprime pour réaliser que je l’aimais. J’ai pris d’assaut ses terres, j’ai défoncé sa porte d’entrée et menacé de massacrer sa parentèle, pour le retrouver. Et sais-tu ce que j’ai fait, quand il a enfin été là devant moi ? » Les souvenirs de l'an passé vibrent, dans ta mémoire. Tu revois chaque instant de ce jour-là, où vraisemblablement Meldred a été conçu. Tu revois la grille craquer pour s’effondrer sous les coups du bélier, tu entends les glapissements des harpies de Sylvamir. Tu te rappelles de la manière dont ton sang a bouillonné dans tes veines, quand tu l’as vu arriver. Comme une fleur sevrée de lumière qui redécouvrait le soleil. Oh, que tu l’aimes, ton Kyréen !

« Je l’ai giflé, Agathe. Deux fois, pour être sûre qu’il comprenne bien, à quel point je le détestais d’être parti si loin sans moi. Je lui en voulais tant ! Je crois même que j’ai dû lui crier un peu dessus. Et dans le même temps, je voulais tellement qu’il soit là, près de moi, que j’en crevais presque… » Et après, vous avez mis Meldred en route sur un coin de tapis. Ça aussi, tu t'en souviens bien ; mais Agathe n'a peut-être pas besoin de connaître cette partie-là de l'histoire. Un soupir pensif t’échappe, et ton esprit s’évade. Ton intonation se fait méditative, comme à chaque fois que tu te livres au délicat exercice de mettre des mots sur le trop-plein de sentiments qui clapote toujours sous la surface de ton sourire. « C’est comme ça qu’on aime en Sombreciel, tu comprends ? Avec démesure, dans l’excès, subjugués par la violence de nos émotions et l’intensité de nos réactions. C’est exaltant, ça te fait vibrer de la tête aux pieds, ça te coupe le souffle et ça te fait perdre pied, Agathe – mais oui, c’est ça l’amour. » Tu déposes un baiser léger sur le front pensif de ta pupille, et tu reprends d’un ton plus léger. « Et si celui-là n’est pas celui qui est vraiment fait pour toi, tu auras toujours la possibilité de te chercher une autre épée à laquelle te mesurer, j’y veillerai. C’est un enfant des Miracles, je suppose ? »

Et maintenant que tu as saupoudré sur elle toute ta sagesse d’aînée, tu consens enfin à te taire pour la laisser parler – te répondre, et poser les questions qui lui viendraient.











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyMer 4 Oct - 0:55

Mélusine était soudainement une héroïne belliférienne provenue d’un monde parallèle, d’un endroit où les femmes dominaient tout. C’était ça, c’était précisément ça qu’elle voyait, Agathe, lorsqu'on lui parlait d'enlèvement belliferien. Une passion, un amour vrai et pur, qui invitait l’homme à prendre les armes s’il le fallait, pour ravir sa bien-aimée. Les yeux brillants, elle écoutait son aînée tout en caressant la tête minuscule du hérisson. De ses lèvres, seule une exclamation ténue se fit entendre, un “oooh” comme unique réaction aux milles promesses de possibilités que lui montrait sa tutrice. C’était possible d’enlever son époux tout en demeurant désirable. C’était possible d'être forte sans être une guerroyeuse musclée et masculine. C’était possible d'être une héroïne, d’être le Fou Noir, de manier l’arc et d’être entièrement femme. Il n’y avait bien que Mélusine de Sylvamir pour être tout cela.

À son baiser sur son front, la blondinette délaissa ses pensées sur la Rose, son Fou et l’incroyable écrin qu’était Mélusine. Elle offrit un faible sourire lorsque sa tutrice lui proposa de dénicher une autre épée. Le problème était qu’elle désirait se préserver pour l'unique, la vraie, la seule épée de son époux, mais il lui semblait bien peu probable d’y arriver, alors qu’elle ne connaissait rien et que le garçon en question devait en connaître tout un rayon, en raison de ses origines.

- Il est un enfant de la Cour, lui aussi, oui. C’est un garçon… Un… Un homme.

La blondinette secoua la tête, dépitée de ses paroles tout autant que de la rougeur qui affluait une fois encore à ses joues. Mais oui, c’était un garçon! L’inverse eût été impensable! Elle avait jugé bon de spécifier qu’il soit question d’un homme, non plus un enfant, compte tenu de leur différence d'âge.

- Il est doux et brillant. Je crois qu’ici, on le dirait raffiné… Il ne ressemble à rien. À rien de ce que j’ai connu avant, je veux dire.

Toute pensive, Agathe s’imaginait comment ses frères pouvaient le qualifier, ce drôle qui se méritait le regard de leur cadette. Là-bas, en Bellifère, il était bien peu probable qu’on le qualifie de raffiné : l'adjectif n’existait pas au masculin. Faiblard? Déshonneur? Blague?

- Il est un peu plus âgé, et je pensais que… Que peut-être, que si je semblais plus âgée, il me verrait. Je ne veux plus qu’il me regarde comme si j’étais une enfant, Mélusine.

Elle songeait aux robes les plus délicates, celles de Sombreciel, outrageusement décolletée. Elle pensait à ses rubans, ses jolis et chatoyants rubans qui ornaient sa longue chevelure blond argenté. Pour lui, peut-être bien, qu’elle les renierait. Mais juste un peu. Juste quand elle le verrait. Elle pourrait les déposer dans le coffret ouvragé que lui avait offert Castiel de Sombreflamme, jadis.

- Je pourrais ranger Enguerrand. Je… Je sais qu’il ne viendra jamais dans ma chambre, mais s’il apprenait que j’ai toujours une peluche… Il ne m’aimerait jamais. Tu t’y connais avec… Ces choses, qu’on fait, qu’on doit faire, pour les attirer. Tu m’aideras, dis? Tu m’aideras à le faire me regarder, et à lui plaire, par mes tenues et… Et au creux de ses draps...

La tête basse, ses jolies boucles soigneusement coiffées qui dégringolaient ici et là, le hérisson dans le creux de ses mains, Agathe patientait la réponse bien humblement, bien timidement aussi. Ses joues, constamment écarlates depuis le début de l'échange, promettaient une peur certaine mais également énormément de travail pour Mélusine. Son apprentie était décidément meilleure voleuse de charme qu’amante ou amoureuse.


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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyLun 9 Oct - 2:16

Chère petite Agathe – adorable mignonne au front trop plein d’une foule de questions si sérieuses et si graves. Tu écoutes religieusement ses confidences, n’osant parler de peur de l’interrompre, de gêner ce flot d’aveux qui se bousculent soudain sur les lèvres de ta petite apprentie si pudique. Tu es la première étonnée de constater à quel point tu t’es attachée sans restriction à cette jeunette frêle et timide – toi l’égoïste, toi qui refuse toute attache, tu as décidément bien changé lorsque Hiémain a consenti à te donner son nom et sa maison. Tu avais des doutes, pourtant, au début, lorsque Melsant est venu solliciter un asile pour la fille de sa bonne amie auprès de toi. Tu as sourcillé, lorsqu’il t’a dépeint une jeune Belliférienne effarouchée enlevée de chez elle par la femme qui lui a donné la vie avant de l’abandonner, trop jeune pour qu’elle se souvienne l’avoir jamais côtoyée. Tu étais même un peu dépitée, lorsque tu as compris que tu héritais de la plus jeune des deux, qui n’avait jamais demandée à ce qu’on vienne la sauver. Les premiers jours ont été délicats : elle semblait si terrifiée par ta personne et tes façons, par ta verve haute et les excès de ton tempérament ! Tu ne savais même pas comment t’adresser à elle pour la rassurer.

Puis, le temps a passé.
Le temps, et les épreuves dont le Destin a jugé bon de parsemer votre chemin.
Son père est mort. Sa mère… sa mère découvre l’amour à presque quarante ans. Avec ton frère aîné.
Sa sœur est la suivante d’une princesse bien plus noble et riche que tu ne le seras jamais, et se fait des opportunités sociales que tu ne pourras jamais offrir à Agathe.
Et puis Meldred est né. Et tu as vu celle qui a toujours été benjamine prendre très à cœur les devoirs d’aînée que tu lui as confiés. Et Arsène a échoué à votre foyer, confié aux mains de Hiémain, confié à tes bras, par le Conseil des Ombres. Et Agathe a endossé plus de responsabilités, veillant tout autant sur le tout-petit que sur le presque-grand.
Comme elle a grandi, ton oiselle de Bellifère, en un an et demi.
Émue plus que tu ne le pensais, tu la serres contre toi un moment, la berçant doucement au rythme de tes mots.

« Si tu as l’impression de devoir changer pour un homme, chérie, c’est qu’il n’est pas le bon. Celui qui est fait pour toi, celui qui saura te rendre pleinement heureuse, celui qui te verra telle que tu es et qui t’aimera pour toi-même – celui-là devra te remarquer avec tes rubans adorables et tes robes si sérieuses. Il devra aimer te voir prendre soin de Hallebarde, il devra s’intéresser à ce qu’Enguerrand représente pour toi. J’ai toujours dans ma chambre la peluche qui a bercé mon enfance, le sais-tu ? Elle trône au milieu des livres et des babioles sur ma commode, et jamais Hiémain ne m’a fait la moindre remarque. Si tu veux de nouveaux vêtements, Agathe, tu les auras, évidemment ; mais je préfère que ce soit parce que tu en as envie, parce qu’ils te plaisent et que tu aimes ton apparence quand tu les portes. Pas parce qu’un garçon idiot a besoin de pancartes pour repérer la femme sous ton corsage. » Et pour le reste, oh… un soupir un brin angoissé t’échappe à cette seule pensée. « Pour ce qui est de la séduction, et de l’union des corps, chérie, j’ai bien peur qu’on ne puisse donner de leçon. Il y a des hommes et des femmes dont le métier est d’apprendre aux jeunes filles ce dont il est question, lorsque le moment vient, afin qu’elles sachent s’y prendre lorsqu’elles rencontrent celui dont elles veulent froisser les draps. Je te mènerai à la maîtresse de la Caravane, Bethsabée, si tu le souhaites : elle saura t’apprendre ce que tu as besoin de savoir. Tu n’as pas à décider maintenant ! Quand tu le voudras, que tu te sentiras prête, tu n’auras qu’à me demander. »











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyVen 20 Oct - 1:29

15 août 1002

Il ventait un vent fou! Agathe était toujours fascinée, même après plus d’un an passé loin de sa Bellifère natale, par la force des éléments. De la pluie, de la grêle, du vent, des tempêtes, des ciels gris et lourds comme un chagrin d’amour. Le museau par la fenêtre de sa chambre, elle suivait l’évolution des nuages lourds et gris. Il avait plu à siaux toute la nuit durant, et au petit matin, il ne restait plus qu’un crachin, à peine une bruine. C’était précisément ce qu’espérait la blondinette. Bientôt, le vent aurait terminé de balayer les tristes nuages, comme si Levor lui-même désirait que cette expédition entre tutrice et apprentie ait lieu. Parce que Mélusine avait été formelle : S’il ne pleuvait pas, elles iraient voir Malice. Le drakkar.

Son éducation n’était pas terminée, évidemment, et il lui restait bien des choses à apprendre, encore, sur ce monde qui lui avait manqué durant près de seize ans! Une chose était certaine, toutefois : lorsque son tuteur lui parlait des guerres et des bateaux de destruction, la délicate Belliférienne redoublait d’attention. Lorsqu’il lui avait parlé des vivenefs et décrit sommairement leur fonctionnement, Agathe n’avait eu d’yeux et d’oreille que pour le drakkar. Égide le drakkar et sa prodigieuse figure de proue, Malice. C’était le premier drakkar éveillé depuis toujours, l’enfant chéri de Justice, le dragon de la Rose. La Rose Écarlate! Depuis les événements horribles qu’elle avait vécu, depuis sa rencontre avec toutes ces pièces, depuis que le Fou Noir lui avait demandé son aide et l’avait protégée, il fallait bien l’avouer : Agathe était conquise par cette organisation aussi vieille que le monde.

Dès que les premiers rayons solaires firent leur apparition dans cette matinée tardive, Agathe dévala l’escalier, empoigna sa bourse délicate et alla rappeler sa promesse à Mélusine. Elles allaient voir Malice. Elle, Agathe Martel, allait voir l’Égide, rien de moins. La jeunette patienta sagement que le petit Meldred s’assoupisse enfin et que la gouvernante  soit disposée à prendre le relai. Puis il fallait s’assurer que Arsène ait bien mangé et enfin -enfin!- elles étaient prête à partir. Elle avait su contenir sa fébrilité de son mieux, jusque là, mais en allant vers le port, quelques petites questions la trahissaient.

- Je sais qu’il existe depuis un millénaire, mais… Il sera encore là, crois-tu?

Et si la Tour Noire en avait besoin précisément aujourd’hui pour un voyage incroyable, mandatée par la Rose? Oh… Mélusine aurait été au vent de tout ceci, très probablement. Jamais le port ne lui avait semblé si loin, mais lorsque les navires apparurent enfin devant elle et que la silhouette majestueuse du drakkar détonait, un peu en retrait, Agathe s’arrêta le temps de quelques secondes pour l’admirer. Ses lèvres laissèrent passer un petit “oooh” impressionné tout juste audible.

- Jusqu’où pouvons-nous l’approcher, Mélusine?


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Dernière édition par Agathe Martel le Sam 2 Déc - 3:27, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyDim 12 Nov - 13:34

Agathe sautille, Agathe s’impatiente, et tu souris de la voir si empressée. Sa hâte te réjouit, et la voir aussi gaie te rappelle qu’il y a un cœur d’enfant, caché quelque part sous cette carapace si sérieuse – un cœur apte à s’amuser et se divertir. Tu aimes la voir ainsi, toute guillerette et frémissante, ta jeune apprentie qui découvre le monde chaque jour un peu plus ; et tu la sais fascinée par l’histoire de la Rose que parfois Rhéa lui raconte par tes lèvres. Bien sûr, Rhéa est absente, en ce moment, et vous n’avez même pas pu aller voir Fantasme avec laquelle tu as perdu tout contact. Elle a dû comprendre, ta petite protégée si observatrice, que quelque chose te minait le cœur, et se douter que ta petite duchesse cielsombroise évaporée te manque ; mais… moins que tu ne l’aurais pensé. C’est étrange, cette sensation d’être seule maîtresse de tes pensées, de n’avoir que ta propre vie à gérer et nul combat à mener ; et une part de toi te souffle que ta famille ne peut qu’en profiter. Tu refuses de t’y appesantir pour le moment, toutefois – il y aura bien le temps d’en discuter avec Rhéa lorsqu’elle te reviendra.

Pour le moment, tu te concentres sur Agathe, et la litanie de questions qui défilent sur ses lèvres. Elle est décidément fascinée par l’Égide, et tu te fais un plaisir de partager avec elle ce que tu sais de sa création. « Pas depuis mille ans, non », la corriges-tu d’un sourire affectueux, « c’est le dragon Justice qui lui a donné vie dans l’Archipel du Vent l'an passé. Il a donné son sang comme les humains l’ont fait, par curiosité je suppose, et au lieu d’une vivenef c’est un drakkar qui s’est éveillé. Le premier depuis mille ans, et probablement le seul qui arpente encore les océans. » Tu te souviens de la Tour Noire racontant au reste de la Rose la surprenante naissance de Malice, bouillant d’exaspération et de fatalisme contre son dragon entêté ; et aussi, tu le sais, d’une pointe de fierté sous-jacente que Rhéa est sûrement la seule à avoir décelée. La calèche aux portières frappées des armes de Sylvamir vous emmène vers le port de la Ville Haute, et c’est un serviteur empressé qui vous aide à en descendre. D’autorité, tu places la main d’Agathe à ton bras, ne tenant guère à la perdre dans la cohue coutumière du port commercial le plus actif du continent. Sur un quai un peu à l’écart, il est là, sommeillant paisiblement au soleil de l’été, et tu souris devant l’émerveillement d’Agathe.

« Nous allons sur le quai, Agathe ; si la Tour Noire était là, je lui aurais demandé permission de monter sur le pont, mais je suppose qu’elle est… occupée ailleurs, comme mon Fou. Viens, approchons ! » Entraînant la jeunette dans ton sillage, tu te présentes aux Épines gardant l’accès au ponton, indiquant du doigt la broche discrètement épinglée à ton corsage qui te proclame fidèle servante de la Rose. Et l’on vous laisse passer – à pas prudents sur le bois détrempé, tu t’avances vers le drakkar bercé par la houle. Près de la figure de proue, côte à côte l’une et l’autre, vous pouvez voir la poitrine de bois se soulever régulièrement, comme si le petit dragon respirait – même si vous savez que ce n’est pas le cas. « Fantasme rêve d’en créer un, le sais-tu ? Stellaire et elle ne cessent de harceler Justice à ce propos, le pauvre – j’ai un peu pitié de lui. Je pense que sa création dépasse largement ce qu’il avait en tête lorsqu’il a voulu aider les Amoureux du Vent. N’est-il pas magnifique, Agathe ? Un jour, j’aimerais monter à son bord, voguer avec lui vers l’horizon. Ce doit être une expérience fascinante, ne crois-tu pas ? »











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptySam 2 Déc - 4:13

Agathe voyait bien que Mélusine était doucement amusée et non pas pétillante, loin de ses habitudes et de son exubérance. Hiémain lui manquait, à elle aussi. Il manquait à tout le monde. Sauf à Hallebarde, très certainement. Elle avait versé plusieurs larmes, en songeant à l’abandon de Grâce, par le passé. Ce n’était pas précisément la même chose, bien sûr, Mélusine et Hiémain s’aimaient, mais Agathe pouvait comprendre aisément comment on pouvait se sentir vulnérable, lorsque la solitude pesait lourd comme un géant contre un coeur. Bellifère lui avait appris à ne pas plier, à se tenir droite et forte. Elle comptait bien être forte pour deux, et joyeuse pour deux, aujourd’hui. Pour Mélusine.

- Pas depuis mille ans, non, c’est le dragon Justice qui lui a donné vie dans l’Archipel du Vent l'an passé. Il a donné son sang comme les humains l’ont fait, par curiosité je suppose, et au lieu d’une vivenef c’est un drakkar qui s’est éveillé. Le premier depuis mille ans, et probablement le seul qui arpente encore les océans.
- ...Oh… Alors c’est un Drakkar de légende depuis l’an dernier.

Le plus terrible était qu’il n’y avait aucune ironie, aucune mesquinerie dans son commentaire. Malice était, pour elle, déjà ancrée au titre des légendes. Quand elle serait âgée et entourée de petits-enfants, Agathe espérait bien leur raconter ce jour-là, où elle avait rencontré ce drakkar de légende.

La Tour Noire n’en avait pas eu besoin, aujourd’hui. Il flottait là, au bout du port, comme s’il patientait précisément la visite de la blondinette. Agathe s’était empressée de mettre pied à terre et de refaire de l’ordre dans son jupon, déjà prête à presser le pas pour rejoindre le drakkar. Mélusine, une main sur son bras, la guidait alors vers le quai en lui précisant que la visite sur le pont ne serait pas possible, en raison de l’absence de la Pièce. Elle n’avait pas relevé, la blondinette, déjà fascinée de pouvoir simplement le contempler de plus près.

Elles pouvaient l’approcher jusqu’à voir le souffle du dragon de bois. C’était la chose la plus incroyablement merveilleuse qu’Agathe Martel ait vécu dans toute sa vie depuis sa première respiration. Bon… Se faire soulever par le Cavalier Noir puis se faire transporter comme par magie, à la manière d’une princesse des temps lointains, était également merveilleux. Mais là, debout, à portée de main de la figure de proue, elle sentait bien son coeur s’emballer. Les paroles de sa tutrice la sortirent de sa fascination béate pour lui voler un sourire.

- Est-ce que Fantasme est jaloux ? Il peut voler plus haut que les oiseaux. Il a déjà la liberté…

Elle avait approché sa main du dragon sculpté, pas assez pour toucher vraiment, mais suffisamment pour avoir l’impression de se rapprocher de lui. Ici, tout semblait magique et fabuleux. L’odeur de l’eau et du bois trempé, l’humidité ambiante, l’agitation bruyante émanant du port, et cette impression d’intimité, entre elles, devant Malice.

- Nous, nous avons des bateaux. Je pense que… Que ce serait merveilleux de traverser les eaux, avec lui. J’ai eu la chance seulement une fois d’être à bord d’une vivenef. Oh.. J’avais tellement peur, Mélusine. Je n’en ai pas profité du tout. Son minois ému se relevait vers Mélusine, toute sérieuse.Depuis Lughnasadh, je fais des rêves vilains, sais-tu..? Je repense souvent à là-bas. Mais… J’ai appris, devant les Sentinelles, que je pouvais être courageuse, moi aussi. Un peu, au moins. C’est grâce à toi, Mélusine. Je n’aurais plus peur, si je devais conquérir l’horizon sur Égide. C’est grâce à toi. Merci.

Sa frimousse avait retrouvé un sourire petit en-dessous de ses yeux brillants. Agathe avait enfin compris que tout le monde avait peur. Seulement, certains arrivaient à mieux contrôler cette peur.


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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyVen 8 Déc - 13:32


La Tour

La Rose Noire





Il dort, de ce sommeil étrange et agité des dragons, aux rêves bien différents de ceux des humains. Son esprit est vidé de toute présence, pour la première fois depuis des centaines d'années ; Simon est un être discret et peu bavard, mais il l'a toujours senti auprès de lui, son regard observant à travers le sien. Le noble souverain d'autrefois n'est plus là, pourtant. Chassé par une maladie qui touche tout le continent, il a imposé le silence dans la tête du dragon qui ne sait comment accueillir ce nouvel état de fait. Que faire désormais, si ce n'est attendre ? Justice s'en est donc allé chasser, il a survolé les terres du nord, il a observé la ville aux Mille Tours de loin, du haut d'une montagne, puis il est revenu en ce lieu qui l'accueille si souvent.

Allongé sur le pont de son drakkar, il s'est mis à somnoler, puis à s'endormir pour de bon. Le bois plein de vie semble vibrer sous ses écailles et Malice est ravi d'avoir à nouveau cette compagnie qui ne l'abandonne jamais. Comme calqués l'un sur l'autre, ils s'endorment à l'unisson, jusqu'à ce que des voix plus proches se fassent entendre.

Il s'éveille doucement, le dragon d'Or. Rendu invisible par les voilages et de par sa hauteur relative aux quais, il relève le museau, puis se redresse sur ses pattes, intrigué par l'une de ces voix qu'il croit reconnaître. Le vent glisse sur ses écailles d'or et le drakkar tangue légèrement sur la houle agitée.

Justice passe sa tête par dessus le bastingage et aperçoit les deux silhouettes dangereusement proches de Malice. « Qui t'a donné la permission de toucher, petite ? » gronde sévèrement la voix du dragon. Il descend du drakkar pour se retrouver sur le quai, devant les deux humaines. Son regard s'attarde sur celle des deux qui lui paraît familière. Sa tête se penche sur le côté, les souvenirs remontant à la surface. Le Fou Noir, si apprécié de sa Tour – écrin comme esprit. Ce cher Fou qui a déjà eu le privilège de monter à bord du drakkar aux côtés de Simon. Le Fou qui doit avoir également perdu tout contact avec Fantasme comme avec son écrin. « Que faites-vous ici ? » demande-t-il, toujours aussi sérieux, mais pas sur le ton sec dont il a usé précédemment. Sa Tour Noire lui en voudrait s'il se montrait désobligeant avec son Fou, il le sait bien.

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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyMer 10 Jan - 14:15

L’émerveillement d’Agathe te met du baume au cœur, et tu souris devant la mine tout autant impressionnée que fascinée ta jeune apprentie. Il faut bien admettre que l’Égide est une merveille sans pareille, et que le superbe Malice qui sommeille à sa proue est une création remarquable. Nul drakkar n’avait plus arpenté les flots depuis des temps immémoriaux, précédant de plusieurs centuries la signature de la Trêve, et c’est uniquement après de longues et pénibles recherches dans les archives de la Cour des Miracles que tu as fini par trouver trace de ses semblables des temps passés, d’un passé si vieux qu’il n’en reste plus aujourd’hui que quelques vestiges oubliés. Les redoutables drakkars d’antan, conquérants du continent, avant que les mages du Sang ne comprennent comment façonner des figures de proue à leur propre image… Et voilà Malice, né bien après la disparition du dernier des siens, sauvage et rétif, mais apprivoisable et joueur comme le serait un chaton de quelques mois. Un fascinant personnage, que tu es heureuse de faire découvrir à Agathe, satisfaite de lire dans les prunelles de ta pupille la même admiration que celle qui pulse dans ton cœur lorsque tes yeux se portent sur le drakkar.

Tu ne t’attendais pas, toutefois, à ce que Justice en personne se présente devant vous, en père couveur bien trop protecteur envers sa progéniture. Agathe sursaute, et tu places un bras rassurant sur ses épaules. Le dragon est râleur, le dragon est ronchon, mais le dragon te connaît, tout comme il connaît ta Fantasme et l’attachement presque possessif que ta propre dragonne te porte. Tu serres un instant la frêle silhouette de ton apprentie contre toi, puis tu la lâches pour t’avancer d’un pas et offrir à Justice une belle révérence empreinte de respect et de dévotion – tu ne peux pas t’en empêcher, tu les aimes, ces dragons d’Or, pour leur élégance, leur beauté, et le flamboiement lumineux de leurs écailles lorsque les rayons du soleil viennent les caresser.

« Seigneur Justice, quel honneur de nous trouver en votre auguste présence ! J’étais venue présenter Malice à ma jeune apprentie, Agathe, car elle me chante toujours les louanges de sa perfection en déplorant de ne point le connaître. Quelle chance est la sienne de pouvoir vous rencontrer également ! Elle qui admire si fort votre prestance et votre dignité. Nous permettez-vous de poser pied sur le pont de l’Égide, pour approcher Malice et pouvoir le saluer de plus près ? »

Tu as glissé un brin de supplique dans ta voix – tu sais par Alméïde que son dragon grognon est plutôt sensible à la flatterie et au bon respect de l’étiquette, et la Cielsombroise que tu es a fait appel à toute sa science du discours, associée à tes talents charmeurs d’Erebienne, pour tenter de convaincre l’irascible saurien de vous faire visiter le drakkar. D’une légère pression du coude, tu pousses Agathe en avant, pour qu’elle présente également ses respects au seigneur des cieux. Tu espères qu’elle fera bonne impression – elle a été bien formée, et tu ne doutes pas d’elle.











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyDim 14 Jan - 2:40

À la voix chargée de remontrances, Agathe avait sursauté. Pendant quelques secondes, elle s’était presque convaincue que Malice lui avait adressé la parole. Mais c’était impossible! Évidemment. Alors, le bras de Mélusine contre ses épaules, elle avait levé son regard sur la créature faite d’or et de superbes qui les observait de haut. De sa simple présence, le dragon imposait le respect et l'obéissance, et Agathe se sentait plus petite et insignifiante que jamais. Qu’était un humain, devant pareille créature? Qu’était une enfant sans le moindre titre ni le moindre passé?

- Votre Magnificence, Seigneur Justice, c’est un grand privilège pour moi de vous rencontrer. Tant d’histoires vantent vos mérites!

La blondinette s’était inclinée comme sa tutrice, encore plus bassement, en une révérence profonde et respectueuse. Elle l’avait déjà offusqué en tendant une main vers la création de bois et de sang; elle ne comptait pas renouveler l’expérience en manquant de respect à ce dragon millénaire. En suivant l’exemple de Mélusine, elle reprenait l’idée de fouler le pont de l’Égide. L’idée de supplier Justice ne semblait pas insupportable, loin de là. C’était même naturel, pour l’apprentie, de devoir le faire. Qui avait la chance et l’honneur de voir ce drakkar de si près?

- Je n’ai jamais… Je n’ai jamais vu un être aussi incroyable que Malice. Je vous prie de pardonner mon audace d’avoir tendu la main vers lui, sans votre permission. Je vous assure, je ne désirais aucunement vous manquer de respect, Seigneur Justice, ni à vous, ni à Malice. Mais ma tutrice dit vrai. Ce serait un honneur de pouvoir l’admirer de plus près.

Elle tendit bien la nuque, toujours courbée, patientant sagement que le dragon prenne sa décision. Les pommettes roses, Agathe espérait le plus sincèrement du monde que sa décision ne soit pas celle de la confrontation. Définitivement, elle ne se sentait pas de taille! Mais un drakkar éveillé, tout de même… Ces simples mots la faisaient rêver, et la possibilité, si Justice le décidait, de fouler le pont faisait déjà battre son coeur d’une bien douce manière.


Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours 1528994804-agathe








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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptySam 27 Jan - 14:13


La Tour

La Rose Noire





Elles font preuve de respect et de déférence, les deux humaines qui portent sur lui des regards emplis d'admiration. Il s'enorgueillit de cet effet qu'il continue à avoir sur ces petits êtres mortels, même après neuf cents ans d'existence, même après tout ce temps à servir la Rose. Il observe attentivement, familier des attitudes de cet écrin enthousiaste. Il connaît l'affection de sa Tour pour son Fou, il sait combien le guerrier apprécie la duchesse d'autrefois et combien cet écrin lui ressemble par bien des aspects. Esprit comme princesse, les deux sont épris d'une affection sincère et bien trop forte pour qu'il ne puisse l'ignorer – ou ignorer sa demande.

À ses côtés, pourtant, une petite humaine inconnue – pas si petite à côté de la marquise, mais si fluette pour ce dragon massif et imposant. Un coup de museau et elle se retrouverait à terre, il en est persuadé – encore quelque chose qui serait fortement désapprouvé. Puis elle est polie, sûrement pas le genre à désobéir, il le lit dans son regard. Il y a du rescpet et de la peur dans ces petits yeux.

Le dragon d'or secoue la tête, comme résigné. Son repos aura été de courte durée. « Montez. Mais n'abîmez rien. » Dans sa voix gronde une menace et son regard fixe les deux petites silhouettes avec grande attention. Lui-même s'éloigne pour rester auprès de la figure de proue, mué par un instinct de protection qui le pousse en avant.

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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyMar 6 Fév - 21:23

D’un geste déterminé, tu remontes tes jupes amples ; et avec mille précautions, tu t’engages sur la planche étroite qui donne accès au pont, posant pied à bord de l’Égide avec un plaisir enfantin. Cette fois, ta chère Tour n’est pas là pour te faire visiter ; mais tu es connue du dragon de proue, et tu ressens la chaleur de Malice t’accueillir comme il le fait d’ordinaire. Il est… étrange, cet être de bois, différent des vivenefs – plus sauvage, moins logique. Justice le comprend peut-être bien mieux que sa pièce, et tu souris en voyant avec quelle attention le très ronchon seigneur d’Or vous observe avancer sur le pont. Comme un père veillant sur sa couvée, et tu comprends la fierté qui doit être la sienne d’avoir créé un enfant aussi surprenant !

D’une main ferme, tu aides ta pupille à rejoindre le pont, lui désignant d’un délicat revers du poignet la figure de proue assoupie. « N’est-il pas merveilleux, Agathe ? J’ai déjà arpenté les ponts de plusieurs vivenefs, je cherche à en acquérir une depuis des années ; mais ce petit dragon de bois est décidément une merveille inédite. Ma chère Tour y est très fortement attachée, et je comprends pourquoi. Ressens-tu sa présence qui vibre, tout près de ton cœur ? Comme une vigilance paisible et alerte, en paix mais consciente de tout ce qui se passe sur ce pont. » Posément, tu as entraîné Agathe à petit pas vers le gouvernail, atteignant tranquillement le bastingage a l’avant du navire, sur lequel tu t’accoudes tranquillement pour observer la sculpture endormie. Tu sens que Justice ne vous quitte pas des yeux, et le comportement possessif du vieux dragon d’Or t’emplit d’un attendrissement tout maternel. Toi aussi, tu surveilles de près ta couvée, et tu te prends à te demander si le vénérable partenaire de la Tour Noire a déjà élevé quelques dragonneaux. Une part de toi a le réflexe de chercher Fantasme pour le lui demander ; et le coup au cœur qui te transperce de part en part lorsque tu ne trouves que le vide te coupe le souffle une fraction de seconde. L’espace de quelques heures, tu avais oublié l’absence de ton Fou, et le manque de Rhéa noie un instant tes yeux. Un changement de sujet s’impose – ou du moins, une déviation suffisante pour distraire un peu tes pensées.

« Agathe, voudrais-tu devenir Épine ? » Le légendaire tact de la baronne de Sylvamir en pleine action – pour la subtilité, vous repasserez. Pour atténuer un peu le choc que tu devines chez la pauvre Agathe sûrement un peu désarçonnée, tu développes ta pensée. « Hiémain et moi savons que tu as parfaitement conscience de notre engagement respectif. Et nous savons aussi que tu t’intéresses sincèrement à la Rose Écarlate, et à ses engagements. Et s’il est bien trop tôt pour éprouver la force de ton bras, il y a moult petites choses qu’une Épine discrète avec des talents de Voleuse pourrait accomplir ; si tu t’en sens la foi et le courage. Tu peux tout à fait refuser, Agathe – mais si tu acceptes, sois bien consciente qu’il y aura des moments difficiles. »











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Message Sujet: Re: Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours   Pendant ce temps, dans la Ville aux Mille Tours EmptyDim 11 Fév - 2:00

Elle n’avait rien abîmé! Agathe avait respecté scrupuleusement le seul conseil de la créature légendaire qui la suivait du regard, sitôt que ses petits pieds légers avaient foulé le pont du drakkar. Dans l’ombre de sa tutrice, elle avait admiré le bois sous ses pieds, contemplé Malice assoupi et ressenti sa présence avec un émerveillement nouveau. Combien de choses fabuleuses, de rencontres incroyables et de moments délicieux Mélusine de Sylvamir allait-elle lui faire découvrir encore? Le sourire de la mignonne ne trompait pas. Elle était bien, auprès de cette famille. Nul regard lancé par-dessus son épaule, nul sursaut aux moindres grincement du bois : Agathe avait apprivoisé cette nouvelle vie et la sécurité bienvenue qui l’accompagnait.

Elles avaient parlé, tutrice et pupille. De la vivenef qu’elle comptait acquérir un jour, de celles qui voyageaient discrètement, de celles à la réputation de légende. Rien n’était plus magnifique que l’Égide, toutefois. Agathe l’avait répété comme un murmure, suffisamment fort pour gonfler encore un peu le coeur orgueilleux du dragon d’or. Puis sans s'annoncer, la demande était tombée en laissant la Belliférienne stupéfaite.

Épine? Elle? Hiémain et Mélusine parlaient d’elle, ensemble, tous les deux, et la jugeaient digne d’appuyer la Rose Écarlate. Ils parlaient d’elle et lui faisaient confiance. C’est le regard immense et le coeur ouvert qu’elle avait dit oui, après avoir écouté les arguments de sa chère Mélusine. Auprès de la figure de proue endormie, sous le regard de Justice, devant l’écrin du Fou Noir mais surtout devant sa tutrice, Agathe avait accepté la proposition en soulignant combien l’honneur était immense, et combien elle serait sérieuse dans son engagement. Elle avait serré ses mains d’une manière charmante, beaucoup trop solennelle pour son minois encore juvénil. D’une voix soufflée, Agathe avait promis avec grand sérieux. Elle n’était plus une enfant. Plus vraiment. Aucun petit hurlement joyeux n’avait accompagné sa promesse, seulement une main sur ses lèvres en coeur et une rougeur sur ses pommettes.

Elles avaient longuement parlé, bercées par le léger mouvement de la houle. Le regard sur le lointain, Agathe s’était confiée, du bout des lèvres, sur ses doutes d’être à la hauteur. Mélusine l’avait réconfortée. Elles avaient discuté de ces moments difficiles à venir, de l’équilibre fragile que tentait de préserver la Rose. De leurs opposants, aussi. L’épisode de Lughnasadh avait été cité, et les mots s’étaient raréfiés.

L’événement était douloureux pour Ibélène en entier. Mais surtout pour elles. L’épouse éperdue d’amour et la fille inquiète. Guettez l’horizon n’avait pas ramené Hiémain, ni Hallebarde.

Elles étaient rentrées, enlacées, un horizon nouveau devant les yeux et un avenir plein de promesses.


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