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 Avez vous vu ma fille ?

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Message Sujet: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyVen 29 Sep - 17:22


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Lancelot Ladroit et Raygnar d'Ysgramor

Avez vous vu ma fille ?

ou comment gérer un père fou d'inquiétude



• Date : 3 mai 1002/trame alternée
• Météo (optionnel) : Nuageux, peut être un peu de pluie
• Statut du RP : privé
• Résumé : Raygnar, inquiet de ne pas avoir de nouvelles de sa fille, va rencontrer Lancelot, qui est la dernière personne à l'avoir vu...
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici :3 mai 1002 /trame alternée[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2675-avez-vous-vu-ma-fille#81876]Avez vous vu ma fille ?[/url] - [i]Lancelot Ladroit et Raygnar d'Ysgramor[/i]
Raygnar, inquiet de ne pas avoir de nouvelles de sa fille, va rencontrer Lancelot, qui est la dernière personne à l'avoir vu...

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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyVen 29 Sep - 17:23

Le ciel commençait à se couvrir de nuages. La pluie n’allait surement pas tarder à tomber. Mais ce n’était pas quelques gouttes qui allaient m’arrêter. Je marchais d’un bon pas parmi dans le campement, cherchant l’abri de fortune qui abritait un certain Lancelot l'Adroit. Je ne connaissais cet homme que de nom, mais j’en avais assez appris sur lui pour savoir à quoi m’attendre. J’avais interrogé nombre de personnes susceptibles de le connaitre, et toutes m’avaient répondu la même chose. L'Adroit avait quitté sa boutique pour venir se réfugier ici, dans ce campement. Il était donc comme moi, il avait recouvré ses souvenirs. J’espérais franchement qu’il puisse m’aider. Il était la dernière personne sur lequel je puisse compter. Je devais donc veiller à ne pas me montrer trop froid, trop distant, si je voulais les informations qu’il détenait. Il était la dernière personne à avoir vu ma fille.

Elanin était venue ici. Elle me le disait dans une lettre où, sans trop me dire ni comment ni pourquoi elle se rendait à la Ville aux Mille Tours, elle me promettait de venir nous voir, Rudolf et moi. Celui-ci m’avait dit que sa sœur était devenue l’amante de l’empereur, tout en s’étonnant de mon ignorance. Il était persuadé que j’étais déjà au courant, et je prétextais un mal de crane pour le rassurer. Mon travail était très prenant, et épuisant. Il avait donc accepté l’explication sans broncher. La lettre de sa sœur datait déjà de plusieurs semaines, elle devrait donc déjà être ici. Ne la voyant pas venir, je décidais de prendre de ses nouvelles par mes propres moyens. Je profitais donc du fait que Melinda et son enfant ne soit pas dans les parages pour me lancer à sa recherche. Lorgol était si vaste, c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin, ou alors un lapin blanc caché dans la neige. Plus j’avançais, et plus je commençais à me poser des questions. Où pouvait-elle bien être ? Elanin n’était pas du genre à s’aventurer toute seule dans Lorgol, encore moins à oublier de venir voir son père. C’était très étrange. Je questionnais quelques commerçants, et, de fil en aiguille, au fur et à mesure des discussions, je parvins à reconstituer peu à peu le chemin de ma fille. Il avait suffi que je parle d’une jeune fille blonde, sans doute vêtue d’une magnifique robe offerte par son amant, et les langues se déliaient. Tout ce que j’avais appris pour le moment, c’est qu’elle s’était dirigée vers la boutique de L'Adroit. Drôle de destination. Une fois que j’aurais retrouvé ma fille, elle avait intérêt de me fournir une bonne explication.

Je finis par trouver la tente du marchand. Il devait avoir posé ses bagages ici tout récemment, se faire une place parmi tous ces réfugiés n’était pas facile. Je m’avançais donc et croisa le regard d’un jeune homme qui avait l’air de sortir tout juste de l’adolescence. Un gamin. Ma fille était venue voir ce gamin pour une raison qui m’était totalement inconnue. Mais je ne devais pas me laisser envahir par les préjugés. Le regard de ce garçon laissait paraître une telle intelligence qu’elle me laissa pantois pendant quelques secondes. Je toussotais et arrivais à sa hauteur. Je lui dis alors, d’une voix qui ne laissait place à aucune note d’inquiétude :

« - Lancelot l'Adroit ? Je suis Raygnar, seigneur d’Ysgramor et Recteur de l’Académie. Je suis ici car des personnes m’ont dit que vous êtes la dernière personne à avoir aperçu ma fille, Elanin. Je voulais donc savoir ce qu’elle était devenue, cela fait plusieurs jours que je n’ai aucune nouvelle. »


Dernière édition par Raygnar d'Ysgramor le Mer 11 Oct - 22:48, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyLun 2 Oct - 8:49

Il y avait quelques jours déjà que j'étais dans ce camp de réfugiés.  Tous les gens rassemblés ici étaient en pleine possession de leurs propres souvenirs et se souvenaient donc d'une autre vie.  J'en avais entendu les rumeurs avant de venir, mais c'était étrange d'y être ensuite.  J'avais quitté ma boutique quelques jours plus tôt et je n'y avais pas remis les pieds depuis.  Je craignais de voir Liselotte – ou plutôt le Fils des Ordres – m'envoyer un guet-apens comme j'avais refusé de me courber sous ses ordres.  Elle m'obligeait à enfermer Mélodie dans une carcasse de métal.  Comme mon autre moi l'avait fait pour la princesse Chimène.  C'était impossible.  Je ne manipulais pas les esprits, ce n'était pas mon domaine.  Et j'y avais désormais trop de souvenir.  Et il y avait le cadavre de cette jeune fille aux yeux crevés.  J'avais des frissons chaque fois que je la voyais.  Elle m'effrayait.  J'avais l'impression qu'elle se réveillerait d'un moment à l'autre pour venir me tuer dans mon sommeil.  Sous les ordres de la poupée maléfique.  J'étais mieux dans ce camp, où j'aidais comme je pouvais de mains.  Monter des tentes pour les nouveaux venus, ça n'avait pas la même beauté que les automates, mais au moins cela me tenait occupé.  Si je ne pouvais pas créer, j'étais malheureux.  Quand je le pouvais, j'utilisais ma magie là où elle serait utile.  Par chance, j'étais toujours mage de l'été et si je pratiquais une différente branche de l'invocation, je gardais mes connaissances.  Seulement, mes pouvoirs étaient un peu plus aléatoires qu'ils ne l'étaient normalement.  Il n'y avait pas d'autres choix.

Dans mes temps libres, je passais voir Mélodie.  Transformée en esprit vengeur, j'avais réussi à la calmer un peu depuis, mais elle était toujours hantée par sa fureur, tuée injustement.  En réalité, c'était presque déprimant de converser avec elle, tant elle était marquée par ce qui s'était passé, mais elle restait mon amie et je me devais de la traiter avec soin.  Je crois qu'elle effrayait quelque peu les gens avec son visage hagard dont on ne reconnaissait même plus les traits humains.  C'était difficile, elle n'avait rien à voir avec la jeune femme accorte que j'avais connue par le passé et si j'essayais de la retrouver, je me confrontais toujours à cet échec flagrant.  Elle n'était plus là.  Physiquement.  Je ne pouvais même pas la toucher, mes mains traversaient son corps comme l'éther.  C'était troublant.

J'étais justement sur le chemin du retour de l'une de ses visites lorsque je remarquai un homme d'un certain âge à ma porte.  Et curieusement, cet homme connaissait mon nom.  Et moi, je n'avais aucune idée de son identité.  Je me sentis tout de suite un peu méfiant, tandis qu'il déclinait sa propre identité.  Recteur de l'Académie?  Ce n'était pas le cas dans la réalité que je connaissais.  C'était un de ceux qui n'avait pas récupéré ses souvenirs alors.  Ça ne m'expliquait pas pourquoi il venait ici me chercher pour me parler de sa fille disparu.  J'étais espion, très anonyme dans cette seconde profession, pas officier de police.  Comment aurais-je pu savoir où était donc sa fille.  Je m'essuyai le visage et secouai la tête.

« Je ne sais pas où est votre fille.  Je n'ai pas de souvenir avant environ une semaine et encore, depuis presque personne n'a mis les pieds dans ma boutique.  On vous a mal informé. »

J'haussai les épaules et esquissai un geste ennuyé de la main.  Je voulais qu'il s'en aille pour me reposer un peu.  Pourquoi venait-on me trouver en pensant que j'aurais réponse à une question aussi puérile.  J'étais artisan fabriquant d'automate, pas une bonne d'enfants.






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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyVen 6 Oct - 22:28

L'homme n'était pas très chaleureux. Il devrait avoir un peu plus de respect envers son aîné, surtout si celui-ci avait un poste à responsabilité au sein de l'Académie. Un Recteur devait être respecté par Alder. Je l'observais, étudiant sa posture. Il était méfiant, et je devais sûrement plus le déranger qu'autre chose. Mais je ne comptais pas m'en aller sans avoir obtenu la moindre information. Je lui demandais donc s'il avait vu ma fille ces derniers jours. Il me répondit que non, il ne savait pas où était Elanin. Il m'expliqua qu'il n'avait aucun souvenir avant environ une semaine et, depuis, presque personne n'avait mis les pieds dans sa boutique. J'aurais été soit disant mal informé. Je fronçais les sourcils et croisa les bras, sur la défensive. J'étais quasiment certain de ne pas m'être trompé. Ma fille n'avait plus donné signe de vie que depuis quelques semaines, il y avait une toute petite chance qu'elle soit passé dans la boutique de l'Adroit avant qu'il recouvre ses souvenirs. Je lui dis alors :

"- Je vous en prie monsieur L'Adroit. Il y a une petite chance pour que ma fille soit venue dans votre boutique, pour je ne sais quelle raison. Moi aussi, j'ai recouvré mes souvenirs il y a peu de temps, je sais que c'est déroutant, mais faites un petit effort s'il vous plaît."

J'eus alors une idée qui pourrait tourner la situation à son avantage. Je fouillais mes poches, cherchant un petit objet que j'affectionnais tout particulièrement : mon carnet. Je savais que, dans la vraie realité, j'avais esquissé un portrait de chacun de mes enfants. Je ne me considérais pas comme un très grand dessinateur, mais les traits reproduits sur le papier étaient assez ressemblant. Avec un peu de chance, l'Adroit reconnaîtrait ma fille et se monterait un peu plus coopératif. Je trouvais mon carnet, le feuilletais et, par chance, trouvais les portraits. Je n'avais donc pas changé sur ce point là. Je tendis au jeune homme le carnet, ouvert à la page représentant plus ou moins bien le visage de ma fille, et lui dis :

"- La voila. C'est ma fille. Elle s'appelle Elanin, et elle a 22 ans. Est-ce que cela vous rappelle quelques souvenirs ?"


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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyLun 9 Oct - 8:33

Le désespoir de ce père en quête de sa fille m'attendrit un peu.  Je ne savais vraiment pas qui elle était et je ne l'avais certainement pas vue dans ma boutique.  À moins que Liselotte ne soit née sous le nom d'Elanin et encore, j'en doutais fort peu puisque c'était une Cielsombroise comme moi.  D'autre part, elle était venue en tant que Fils des Ombres, personne n'avait dû la voir et encore moins la reconnaître.  La seule autre option qui restait, c'était Ayana, la jeune fille qui m'avait aidé à me sauver de la foule de badauds enragés parce que j'avais supposément blessé l'oeil de la favorite de l'empereur Augustus.  Voilà quelque chose de surprenant pour Lorgol, je ne me souvenais pas d'eux étant si patriotique.  Mais là encore, ça ne coordonnait pas : pourquoi se serait-elle alors présentée sous un autre nom?  Pour fuir son père?  Ce serait surprenant, ils semblaient entretenir une bonne relation.  Non, à mon avis, la fille de cet homme avait disparu entre le chemin de sa demeure à ma boutique car je n'avais aucun souvenir d'une Elanin.  À moins que mon jumeau manipulateur d'esprit lui l'ait vu, mais il était parti en balade et ne semblait pas près de vouloir revenir sa place.  J'espérais qu'il n'était pas parti faire des bêtises dans ma réalité à moi.  Mais c'était curieux, Elanin, ça me disait un peu quelque chose comme nom, mais je n'arrivais pas à me souvenir exactement pourquoi.

« Je suis désolé, je n'ai vraiment aucun souvenir d'une jeune fille de ce nom venu chez moi, je n'y suis resté que deux jours après m'être éveillé, elle n'a pas dû y être quand j'y étais, » déclarai-je.  Il pouvait bien me solliciter de faire des efforts, mais je ne pouvais tout de même pas non plus me rappeler de choses que je n'avais pas vécu.  J'espérais que cela suffirait à le faire partir et qu'il poursuivrait son enquête ailleurs, mais il commença à fouiller dans ses poches.  Méfiant, je surveillais le moindre de ses gestes : de quel objet me menacerait-il?  Dans cette réalité folle, peut-être avaient-ils inventé de nouvelles armes et je ne souhaitais pas particulièrement en apprendre plus à ce sujet.

Mais il ne tira de ses poches qu'un simple carnet et je songeai qu'il désirait simplement rayer mon nom de la liste de personnes à interroger, en voyant la chose aussi peu concluante.  Jusqu'à ce qu'il me montre le carnet.  Mes mois d'apprentissages en tant qu'espion m'avait appris à ne pas laisser transparaître mes émotions et ce fut bien l'une des plus difficiles à camoufler.  La fille du portrait, c'était celle qui était venue avec la poupée démoniaque.  Juste à repenser à la scène où cette dernière avait crevé le second œil de la première me donnait des frissons et des hauts le cœur.  Je ne pouvais décemment pas avouer la vérité à cet homme!  Il m'accuserait de meurtre.  Il n'aurait pas exactement tort, puisque c'était moi qui avais ordonné à la poupée de mettre fin aux jours à la jeune fille.  Mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.  Ses yeux n'auraient jamais guéri et elle serait morte au bout de longues souffrances.

« Je crois que vous pouvez abandonner vos recherches, » déclarai-je sur un ton plutôt hésitant.  Comment annoncer à un père la mort de son enfant?  « Votre fille n'est plus de ce monde.  Elle est venue chez moi oui, blessée à un œil.  Elle était accompagnée.  Sa compagne lui a percé le second œil la rendant complètement aveugle avant de… »  Les mots restèrent coincés dans ma gorge.  Je ne disais que la vérité, en omettant la part du rôle que j'avais – que mon autre moi avait – joué dans cette histoire.  Je déglutis péniblement.

« Je suis désolé, ça s'est passé près de chez moi, mais je n'ai rien pu faire face à la bestialité de la meurtrière de votre fille. »

Je ne pouvais faire les choses plus en douceur.  Je n'aurais rien pu empêcher d'arriver.  Je venais de me réveiller dans un monde que je ne connaissais pas.  Être le porte-paroles de tel malheur ne me plaisait guère.






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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyLun 9 Oct - 21:15

Rien à faire, l'homme ne se rappelait de rien. Mais je devais continuer à espérer. Elanin était ici, elle était quelque part dans Lorgol, et elle avait besoin de moi. Je serrais les dents, refusais de perdre espoir et d'abandonner. Je jouais alors ma dernière carte, je sortis mon petit carnet. J'y avais reproduis les portraits de chacun de mes trois enfants, ainsi que celui de ma défunte épouse. J'aimais à regarder ce portrait-là. Cela me rappelait le jour où elle avait accepté de poser pour que je fasse l'esquisse de son portrait. J'étais loin d'être doué, encore moins d'être un artiste, et j'entends encore son rire lorsque je lui avais montré le résultat final. Elle m'avait dit que j'avais exagéré sur la taille de son nez. Je n'avais rien modifié, rien corrigé, et j'avais bien fait.

Mais l'heure n'était pas au passé. Je devais retrouver Elanin, et la ramener à la maison. Je présentais donc le dessin représentant ma fille au jeune homme devant moi. Il l'observa, et je vis son regard changer, devenir plus sombre, même si son visage ne laissait transparaitre aucune expression. Il frissonna, et je compris qu'il savait, qu'il avait vu ma fille, et qu'elle était surement impliquée dans quelque chose de grave. Je serrais les doigts sur mon petit carnet, et attendit de savoir ce qui mettait Lancelot dans cet état. Elanin était peut-être recherchée, elle avait peut être commis un acte grave. Peut-être était-elle cachée quelque part, et qu'elle ne pouvait pas sortir. Ou alors, pire, on l'avait enlevée, et séquestrée dans la maison d'un homme fou qui... Je me refusais à penser à cette possibilité, essayant de me persuader qu'Elanin allait bien.

Lancelot L'Adroit se mit à parler, et je sentis littéralement mon cœur s'arrêter. Il me dit qu'Elanin n'était plus de ce monde. Elle était bel et bien venue dans sa boutique, blessée à un œil, et accompagnée. C'était sa compagne qui, après l'avoir rendue aveugle, l'avait tuée d'une manière presque animal. Les mots de Lancelot étaient hésitants, coincés dans sa gorge. La nouvelle me fit l'effet d'un coup de poignard, j'entendis à peine l'homme me dire qu'il était désolé. Je baissais la tête, la relevais, le regard fuyant. Elanin, morte ? Ce n'était pas possible. C'était une jeune fille, à peine sortie de l'adolescence. Elle avait toute la vie devant elle, elle ne pouvait pas être... Morte ?! Non. Non ! Pas ça ! Tout mais pas ça ! Je reculais de quelques pas, cherchais je ne sais quoi qui pourrait me sortir de là, un abri, un visage familier, quelque chose par pitié ! Je sais ! Ce n'est qu'un rêve ! Je vais me réveiller dans mon lit, en sueur et en larmes, mais Elanin serait encore là !

Alors pourquoi est-ce que je ne me réveillais pas ? Pourquoi est-ce que j'étais encore là, dans ce camp froid, rempli de gens perdus ? Je ne rêvais donc pas ? C'était bel et bien la réalité ? Je sentais mes lèvres qui se mettaient à trembler. Je devais m'asseoir, j'allais tomber par terre si je restais debout. C'est alors que mon regard croisa celui de Lancelot l'Adroit. Je réussis à lui dire, tout en bégayant comme si, tel un enfant, j'apprenais à parler :

"- Qu... Quoi ? Non, c'est p... pas possible. Qui aurait fait ça ? Je... Non !"

Je reculais encore de quelques pas et, heureusement, je trouvais quelque chose pour prendre appui : un simple piquet de bois. Je savais que j'étais en état de choc, je devais me calmer où cela risquait de mal finir. Je devais m'asseoir. M'asseoir, pour remettre mes idées en ordre, et peut être, si j'y arrive, essayer de comprendre.


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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyMar 10 Oct - 15:38

C'était exactement ce que je craignais, voir l'homme entrer dans sa phase de déni.  J'avais de la compassion et un peu de pitié pour cet homme.  Il venait de se réveiller dans le même cauchemar que moi et il découvrait que c'était encore pire que ce qu'il pensait d'abord.  Le soucis n'était pas qu'il éprouvait de la peine ou que la nouvelle était difficile à avaler pour lui.  Non, c'était surtout que je ne savais pas du tout comment m'y prendre pour le consoler si c'était toutefois ce qu'il y avait de mieux à faire.  J'étais doué avec les mots, mais pas pour transmettre mon empathie.  Surtout que je m'interdisais de ne serait-ce que penser à partager la peine de ce vieillard.  Après tout, s'il l'éprouvait, c'était en partie à cause de moi.  J'avais ordonné à Chimène d'achever la pauvrette.  Elle était mieux là où elle était.  Et à mon avis, elle ne s'était pas réveillée comme nous.  Peut-être serait-ce là un motif de consolation?  J'en doutais fort.  Un homme ne se remettait pas facilement de la perte d'un des siens, c'était certain.

« Je suis vraiment désolé.  Je sais que ce je vais vous dire ne va pas vraiment vous réconforter, mais c'est peut-être mieux ainsi.  La première plaie à son œil était déjà plutôt vilaine.  Avec la seconde, elle serait morte à petit feu et dans beaucoup de souffrances.  Vous n'auriez pas pu la sauver.  Je n'essaie pas d'excuser ses meurtriers, ce qu'ils ont fait était… » Je m'arrêtai.  J'étais incapable de dire le fond de ma pensé.  C'était cruel.  Ma façon de mettre fin aux jours de cette jeune fille était cruelle.  Elle n'avait rien demandé, elle vivait sa vie au palais jusqu'à ce que mon autre moi lui envoie cette fatale poupée et que celle-ci l'éborgne, lui causant alors la défaveur de son amant l'empereur.  Je laissai échapper un soupir empli de regrets.  J'aurais voulu que cet homme s'en aille vite.  Mais je ne pouvais décemment pas le chasser dans l'état où il était, au bord d'une crise du cœur.  Mes yeux se portèrent sur ma tente.

« Ce n'est pas grand-chose, mais voudriez vous entrer un instant dans ma tente? Vous pourriez vous y asseoir le temps de digérer un peu la nouvelle?  Vous ne semblez pas aller très bien.  En fait, je vous prie d'y prendre place.  Je pourrais aller vous chercher quelque chose pour vous remonter un peu, on dirait que vous allez vous effondrez sur place. »

Il n'avait vraiment pas l'air dans son assiette.  C'était compréhensible, plus que compréhensible.  J'avais déjà la mort de la fille sur la conscience, j'espérais ne pas avoir en plus celle du père. Pourvu que l'envie de voir le dernier endroit où sa fille avait été vue vivante ne le prenne pas.  La poupée avait fait du cadavre une sorte de statue, une œuvre d'art terrifiante et répugnante, un manque de respect pour les morts, mais je n'avais pas réussi à offrir une bonne sépulture à la victime.






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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyMar 10 Oct - 21:36

Ma fille ne pouvait pas être morte, c'était impossible ! Je refusais d'y croire. Elanin, partie, à tout jamais. Je sentais mes jambes se dérober. J'allais tomber, il fallait que je me repose, que je me calme et que je reprenne mes esprits. Le jeune homme devant moi me dit qu'il était vraiment désolé. Et ce qu'il m'annonça ensuite fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase, celui qui me permettait de rester aussi stoïque, aussi impassible devant toutes les situations. Il me dit que la première plaie à son oeil était vilaine, et que la seconde l'aurait tuée dans tous les cas, et qu'elle serait morte dans d'affreuses souffrances. Il me dit que, dans tous les cas, je n'aurais pas pu la sauver. Je secouais la tête. J'aurais pu la sauver, j'aurais dû être là. Elle avait besoin de moi et je n'étais pas là par Alder ! L'homme s'arrêta de parler. Je laissais alors mon masque tomber. Les larmes coulèrent sur mes joues, les sanglots montèrent et se coincèrent dans ma gorge.

L'Adroit me proposa d'entrer dans sa tente, pour m'y asseoir afin de mieux digérer la nouvelle. Une partie de moi brûlait de dire oui, de laisser mon corps abandonner et s'effondrer. Mais l'autre partie avait besoin d'air, de rester dehors. Je craignais peut-être de m'étouffer dans un si petit espace. Je secouais donc la tête, et me laissais tomber par terre, le dos appuyé contre le petit piquet de bois. Je me fichais bien du regard des autres, tout ce que je voulais, c'était qu'on me rende mon enfant, ma petite fille. Assis par terre, je me laissais aller dans mon désespoir. Je sentais le malaise du jeune homme à ses côtés. Il était vrai quelque peu bouleversé sa journée, mais lui, par ces quelques mots, avait bouleversé mon existence entière. Je me calmais, ravalais mes sanglots et soufflais. Je devais affronter la réalité en face, j'étais là pour retrouver ma fille et je la ramènerais. Je me relevais et m'avançais vers Lancelot l'Adroit. Je posais une main sur son épaule et, les yeux encore remplis de larmes qui dévalaient sur mes joues, je lui demandais :

"- Où est-elle ? Où est ma fille l'Adroit ?! Je veux la voir !  "


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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyMer 11 Oct - 17:07

Même si j'étais secoué par le désespoir qui semblait l'envahir à l'idée de la mort de sa fille, alors qu'il s'était effondré au sol, simplement appuyé  contre un piquet, abandonnant toute dignité, je n'aimais pas comment il m'appelait l'Adroit.  Cela sonnait presque comme une insulte et j'avais beaucoup d'orgueil de mon patronyme, même si ce n'était que celui que j'avais choisi en lieu et place de celui dont j'avais hérité à la naissance.  Pas que je souhaitais renier mes origines, je l'avais surtout fait pour protéger ma famille.  Et l'Adroit, ça avait un chic indéniable.  Je l'avais choisi en l'honneur d'Alior.  Je ne tolérais pas que l'on massacre avec de telles intonations le nom de la déesse.  Un monsieur l'Adroit aurait été le bienvenue malgré sa douleur intense.  Il en oubliait les convenances.  Mais peut-être que cet outrage intérieur n'était en réalité qu'une simple manière de fuir la vérité.  D'oublier ce dont j'avais été le témoin.  Non pas le témoin, l'auteur.  Depuis le début, tout était de ma faute.  La poupée, c'était moi qui l'avait créée.  Je reconnaissais mon travail.  Un autre moi qui était moi tout de même.  Tout ceci était si troublant.  Et surtout je ne pouvais pas répondre à sa question.  Pas en étant honnête.  Et je n'étais pas Lagran, le mensonge ne faisait pas partie de ma nature même si j'étais doué à la dissimulation.

Je regardai le ciel un instant, incapable de pousser le moindre mot.  Je ne pouvais pas garder cet homme près de moi, malgré toute la pitié que j'éprouvais pour lui.  Je ne pouvais pas lui laisser savoir que l'homme responsable de la mort de sa fille se tenait devant lui.  Surtout que si j'avais pu l'éviter, je n'aurais rien fait de mal à cette pauvre créature…  Elle m'avait menacé d'abord!  Ce n'était pas de ma faute!  Je n'avais fait que me défendre.  J'avais du pouvoir sur l'automate vivante, mais pas sur cette étrangère.  Sur le moment, je n'avais pas songé à sa famille, perdue quelque part sur le continent.  Je n'avais pensé qu'à survivre.  Et je n'avais pas tort de dire qu'elle aurait souffert longtemps si elle n'avait été exécutée.  Exécutée.  J'avais tué quelqu'un.  Une larme roula contre ma joue et je l'essuyai avec nonchalance avant de secouer la tête en signe de dénégation.

« Je suis navré.  Je ne sais pas où elle est.  Je ne sais rien de plus, je ne peux pas vous aider. »

Mensonge.  Tu savais exactement où elle était, mais comment laisser ce pauvre père voir la chair de sa chair dans l'état où elle se trouvait actuellement?  Si seulement elle était dans sa sépulture, belle comme le jour, encore cela serait-il envisageable pour lui permettre de faire son deuil.






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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptySam 14 Oct - 12:10

Lancelot me regarda d'une manière qui, en d'autre circonstances, aurait mérité qu'il se prenne une taloche derrière la tête. Mais je n'étais pas en état d'agir ainsi. Lancelot était egalement ma seule chance de retrouver le corps de ma fille, et de lui offrir une sépulture digne de son rang et de sa noble famille. Après être resté un long moment assis, à même le sol, à l'abandon et tout à mon désespoir, je pus me ressaisir tant bien que mal. Je me suis levé et avais pris Lancelot par les épaules pour lui supplier de me révéler l'endroit où se trouvait mon enfant. Lancelot resta silencieux, pour mon plus grand malheur. Il regarda le ciel, incapable de prononcer le moindre mot. Je le lâchais, reculais de quelques pas, et essuyais mon visage du dos de la main. Je devais rester lucide, ne pas perdre la raison. Le regard du jeune homme, si froid il y a quelques instants, devint mélancolique, et une larme coula sur sa joue. Je compris alors qu'il en savait plus que ce qu'il m'en avais dit. Il cherchait peut-être à me protéger, à éviter que je devienne fou, mais je devais savoir. Ma raison en dépendait.

Il finit par me dire qu'il était navré, et qu'il ne savait pas où elle était. Il ne pouvait pas m'aider. Je laissais échapper un soupir secoué par les sanglots. Il me mentait. J'en avais la certitude. Mais comment le forcer à avouer ? Je n'allais quand même pas le secouer devant toute cette foule. Non, je devais user de la parole pour m'en sortir. Mais comment ?! Je passais une main dans mes cheveux et regardais la ville et les batiments autour de nous, pensif. Le chagrin m'empêchait d'y voir clair. En revanche, il avait amplifié ma détermination. Je me tournais vers le jeune homme devant moi, le toisais de toute ma hauteur. S'il ne voulait rien me dire, je me débrouillerais tout seul, même si je devais y laisser ma raison. Je ramènerais ma fille à la maison, et rien ni personne ne m'en empêcherais. Je lui dis alors sur un ton sec :

"- Bien. Dans ce cas, je vais la trouver par moi même, monsieur l'Adroit. Je vais commencer par votre boutique, peut être trouverais-je un peu plus d'indices. Voulez-vous m'accompagner ? "

Je lui tournais le dos, et cherchais des yeux le chemin menant à la boutique de Lancelot. J'allais devoir y entrer, fouiller s'il le fallait, et je finirais bien par trouver quelque chose. Je devais d'abord comprendre ce qui avait poussé Elanin à venir dans cet endroit, et avec qui. Je devais retrouver la personne qui l'avait tué et lui faire payer son acte. Le chagrin effaçait en moi toute peur, et je me sentais parfaitement capable de venger seul la mort de mon enfant. Mais, pour l'heure, je devais trouver la personne qui avait fait ça, et cela n'allait pas être une mince affaire...
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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyMer 18 Oct - 16:35

Les mots firent vibrer mes oreilles dans un affreux bourdonnement effroyable, comme si une horde d'abeilles enragées s'y était jeté tout d'un coup.  Il était hors de question que ce vieillard ne mette les pieds dans ma boutique pour y mettre le désordre en quête du cadavre de sa fille qu'il trouverait bien trop tôt.  Je ne comptais pas y retourner, elle me faisait horreur après ce qui s'y était passé, mais c'était mes affaires à moi et j'espérais les retrouver intactes.  Quand les choses reviendraient à la normale.  Et que je pourrais emmener quelques croquis de cette autre vie, parce que j'avais eu quelques idées fort brillantes entre temps et il serait dommage qu'elles se perdent quelque part entre l'existence et le néant.  Peut-être faudrait-il vraiment que j'y retourne pour les récupérer et les étudier, question de les garder bien comme il faut en mémoire si jamais c'était impossible de les garder.  Parce que je comptais bien que les choses allaient reprendre leur cours normal d'un jour à l'autre.  D'une minute à l'autre.  Par contre, il était hors de question que j'accompagne ce fouineur.  Il était tout simplement hors de question qu'il mette le pied dans ma boutique sans mon autorisation.  Ça ne se faisait pas de s'introduire chez les gens comme ça, pour quelqu'un de l'Académie, le recteur en plus, il devait bien comprendre la base élémentaire des bonnes manières.  Le contraire aurait été plus que surprenant.  Et inconvenant.  Même de la part d'un Cielsombrois.

Cela m'embêtait vraiment, mais je n'eus point d'autre choix que de le poursuivre et l'arrêter dans sa route en l'attrapant par une épaule.  À son âge, il ne serait pas capable de me résister en usant de force.  Pas dans son état en tout cas.

« Je ne sais pas ce que vous cherchez à faire en me tourmentant ainsi, mais vous n'obtiendrez rien de moi en me malmenant comme un simple malotru.  Vous n'avez aucun droit de bafouer ma boutique de votre présence, en vous y introduisant par infraction! » clamai-je en réprimant ma rage et mon indignation autant que possible.  En vérité, plus que la crainte qu'il ne découvre le cadavre de sa fille dans l'atelier, je me préoccupais de mon logis, de mon antre.  On me l'avait déjà assez saccagé comme ça, je ne pourrais en tolérer plus encore.

« Je viens de passer les plus horribles jours de mon existence, une poupée vengeuse s'en est prise à moi, a répandu le sang et la pagaille chez moi.  D'autres gens se sont présenter chez moi en compagnie de fantôme rageurs et m'ont menacé de mort.  Et maintenant, vous  vous y mettez aussi?  Votre fille n'est pas à ma boutique.  Elle est y venue et elle en est repartie pour ne plus jamais y mettre les pieds. »

J'étais haletant, les mots avaient déboulés hors de ma bouche comme le jet d'un fleuve incontrôlable.  Je pris mon visage entre mes mains.  « Cette boutique c'est toute ma vie.  Elle est… ruinée… ruinée…  On me l'a détruite.  Démolie.  Saccagée.  Et vous voulez encore la profaner?  Vous n'avez aucun droit de me faire ça, aucun… aucun… »  Les mots se transformèrent en murmure.  Après tout, c'est moi qui aivais dit à la poupée de l'achever, la demoiselle.  Les larmes coulèrent le long de mes joues et entre mes doigts.  Tout se transformait en cauchemar.






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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyJeu 19 Oct - 17:26

Le jeune homme m'attrapa par l'épaule, et me força à m'arrêter. Je lâchais un soupir et me tournait vers lui, pour le voir complètement désespéré. Mais, qu'est ce que j'avais dit pour le mettre dans cet état là ? Lancelot, furieux, m'annonça que cela ne servait à rien de le malmener comme un malotru, car je n'obtiendrais rien de lui. Je fronçais les sourcils. Je n'avais aucun droit de venir bafouer sa boutique et de fouiller dans ses affaires, même pour retrouver le corps de ma fille. J'allais ouvrir la bouche, pour me défendre, mais il ne m'en laissa pas le temps. Est ce qu'il pouvait ne serait-ce comprendre à quel point j'avais besoin de donner à la fille une sépulture décente ? Est-ce qu'il pouvait se mettre à ma place ? A la place d'un père anéanti qui avait perdu son enfant ? Non. Monsieur Ladroit pensait avant tout à son logis. Il ne voulait pas que quelqu'un vienne déranger ses affaires. Peut-être me cachait-il quelque chose ? Peut-être en avait-il plus que ce qu'il prétendait. Peut-être était il celui qui avait tué Elanin, il m'aurait alors menti pour sauver sa peau.

J'allais l'attraper par le col pour l'emmener voir la milice, histoire qu'il leur raconte sa version de l'histoire, quand il me dit qu'il venait de passer les plus horribles jours de son existence. Une "poupée vengeuse" aurait répandu le sang et la pagaille chez lui, et d'autres personnes, accompagnés eux de fantômes rageurs l'avaient menacé de mort. Il me dit que ma fille n'était pas dans sa boutique, elle en était repartie pour ne plus jamais revenir. Je baissais la tête. Le souffle du jeune homme devint haletant, et il prit son visage entre ses mains. Et, plus étonnant encore, il se mit à pleurer. Il pleurait, comme un enfant. Cela me fit mal au cœur. Je l'écoutais dire que cette boutique était toute sa vie, et qu'elle était ruinée, démolie, saccagée. Je ne devais plus me montrer aussi impulsif. Ma fille n'était certes plus de ce monde et cela me rendait fou de chagrin, mais je ne pouvais pas laisser ce pauvre garçon dans cet état. Il avait besoin d'aide. Si je me montrais plus clément, peut être serait-il plus coopératif avec moi. Il me faisait un peu penser à Rudolf, en beaucoup plus âgé, sans doute à cause de son regard, de sa manière de parler. Je posais une main réconfortante sur l'épaule du jeune homme. Je soupirais doucement et finis par lui dire :

"- Je n'irais pas dans votre boutique, monsieur L'Adroit. Je vous prie de m'excuser pour mon comportement. Je... En tant que père, il est de mon devoir de veiller au bien-être de mes enfants, même dans la mort." J'essuyais mes yeux qui laissaient échapper de nouvelles larmes puis repris : "Sans vous, je serais sans doute encore en train de chercher. Laissez moi vous aider, de quelque manière que ce soit. Je peux vous aider à restaurer votre boutique, qu'en pensez vous ?"
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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyMar 24 Oct - 16:00

Le soulagement qui m'envahit lorsque le vieillard annonça qu'il ne se rendrait pas à ma boutique fut immense.  Mes nerfs ne s'étaient pas encore calmés, mais même si mes pleurs ne s'étaient pas encore calmés, ce poids ne pesait plus autant sur mes épaules.  Comment pourrais-je expliquer à cet homme qu'une poupée confectionnée par mon autre moi offerte en cadeau à sa précieuse fille l'avait éborgnée et remplie de haine.  Parce que cet autre moi avait eu l'audace de tirer du repos l'esprit d'une princesse de Faërie, celle-ci s'en était prise à la favorite de l'Empereur.  C'était fort douloureux pour moi que d'y penser, je n'avais jamais utilisé ma magie pour faire le mal.  Mon travail, c'était embellir le monde, pas l'enlaidir.  Je n'étais pas certain de désirer connaître plus en profondeur  l'homme que j'étais dans cette étrange réalité.  Pourtant, j'ignorais toujours si je pourrais jamais quitter cette horrible vie.  Et le poids de la mort de cette jeune femme me pèserait sur la conscience alors toute mon existence.  Peut-être même après que l'on soit tiré de ce mauvais rêve.  Si on s'en réveillait un jour.  J'étais un homme bon, peu dévoué aux autres, mais jamais je n'aurais porté préjudice à quelqu'un.  Je n'avais réagi que par défense.  Cependant, quel père voudrait entendre que son propre enfant est mort en tentant d'attenter à la vie d'un autre?  Non, la nouvelle devait déjà déchirer le pauvre homme, je le voyais bien, je ne lui infligerais pas une blessure supplémentaire en lui dévoilant le sort réel de sa fille.  Sa compassion à mon égard me l'interdisait.

Toutefois, je ne pouvais l'accepter.  Si sa fille n'était plus là, c'était bien par ma faute.  Et je ne pouvais même pas l'autoriser à lui offrir une véritable sépulture.  Lui montrer la jeune femme dans l'état où elle était maintenant, c'était d'une cruauté inhumaine.  La poupée en avait fait une sculpture monstrueuse.  Et comment justifier que j'avais toléré cela, dans ma propre boutique?  Qui croirait que je n'arrivais pas à contrôler une simple poupée?  Toute petite et délicate.  Elle exerçait sur moi un pouvoir impossible à mesurer pour un étranger.  Elle était mon enfant, ce n'était pas si simple pour moi de la détruire.  Certes, ce n'était pas réellement moi qui l'avais modelée, mais je reconnaissais tellement mon art en elle qu'elle devenait naturellement une œuvre de plus à ma collection.  Et elle était dotée de conscience.  Je ne savais pas comment briser le charme.  Ma maîtrise des esprits était vraiment faible.

« Non, non.  Vous n'avez aucune raison de me venir en aide monsieur, ne gaspillez pas votre temps sur moi. »  Je secouai la tête négativement en refusant son offre.  J'essuyai mon visage avec la manche de mon vêtement qui commençait à être particulièrement sale.  « Je suis vraiment désolé… pour votre fille.  Elle ne méritait pas ce sort… »  Non, et pourtant je n'avais pas hésité quand j'ai ordonné à la poupée de mettre fin à ses jours.  Je ne lui ai pas laissé le choix.  C'était pour protéger ma propre vie.  Mais est-ce qu'elle valait plus à ses yeux que celle de son propre enfant?  Sûrement pas.  Je n'en doutais même pas.

« Tout ce que je peux faire pour vous, c'est demander à des gens de ma connaissance d'essayer de la trouver.  Un commerçant de Lorgol a certains contacts, pas toujours très nets, mais qui peuvent se montrer utiles. »

Bien que l'idée me dégoûtait, je pourrais retourner à la boutique.  Affronter comme je le pouvais mon némésis et rendre à la jeune femme un air aussi présentable que possible.  J'imaginais vaguement un casque moulé sur ses traits dans un métal noble pour cacher son visage défiguré.  Avec un mécanisme pour lui faire ouvrir des yeux dans un battement, découvrant de jolies perles.  Pour remplacer ses prunelles détruites à cause de moi.






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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyDim 29 Oct - 7:55

Lancelot me faisait pitié. Il pleurait comme un enfant fatigué. Lui aussi n'en pouvait plus de tout ces événements. Je me devais de l'aider. Si je lui venais en aide, il se montrerait plus coopératif envers moi, peut être même m'emmènerait-il auprès de mon enfant. A cette pensée, mon coeur se serra, et un nouveau sanglot se coinça dans ma gorge. Elanin. Elle n'était plus là. Plus jamais je n'entendrais son petit rire de souris, plus jamais elle n'éclairera mes jours par son sourire. C'était comme si on m'avait amputé d'un de mes membres, comme si on m'arrachait une partie de moi même. Je me sentais vidé, anéanti. Mes émotions se confondaient entre la colère, le désespoir, et maintenant, la compassion. Ce jeune homme avait vu Elanin mourir. Cela l'avait marqué à tout jamais, et il peinait encore à s'en remettre. Cette "poupée" ou quelque chose que ce soit, devait être le fruit d'une expérience magique abominable. Le pauvre Lancelot n'était qu'un pauvre témoin de ce genre de manipulation et de ses conséquences.

Lancelot, quand je lui annonçais que je n'irais pas dans sa boutique, se rassura. Même si ses larmes n'étaient pas encore taries, je le sentais plus apaisé. Il essuya son visage du revers de sa manche que je trouvais bien sale. Il n'avait pas dû avoir l'occasion de se laver ou de changer d'habits depuis un moment. Moi même qui était constamment vêtu de vetements propres, je ne pus m'empêcher de me demander si je ne pouvais pas lui donner quelques fleurons pour qu'il aille s'acheter des habits ou pour qu'il se paye une chambre digne de ce nom dans une auberge. Cela lui permettrait de prendre du repos, et un peu plus de recul par rapport aux événements. Mais je savais les tavernes remplies de monde et trouver une place serait très difficile, voire impossible. Mais je pourrais toujours faire jouer mon nom et ma position pour lui permettre d'avour un toit pour la nuit. Elanin ne l'aurait jamais laissé dans cette situation.

Le jeune homme refusa mon aide, prétendant que je ne devrais pas gaspiller mon temps pour lui. Il secoua la tête, et reprit en me disant qu'il était désolé pour ma fille, et qu'elle ne méritait pas ce sort horrible. Je me contentais d'hocher la tête, et, à mon tour, d'essuyer une larme qui coulait lentement jusqu'à mon menton. Je ravalais un sanglot, sortis un mouchoir pour essuyer mon visage. Puis Lancelot me dit que, tout ce qu'il pouvait faire pour moi, c'était parler à quelques unes de ses connaissances pour essayer de trouver ma fille. Un commerçant avait de nombreux amis, pas toujours très nets. Mais cela, je n'en avais cure. Tout ce qui m'importait, c'était de retrouver Elanin, peut importe les moyens. Je lui répondis alors :

"- Je veux bien, merci. C'est gentil de votre part de m'aider après notre... Différent. J'espère sincèrement que tout ira pour le mieux pour vous." Je levais la tête, regarda un moment autour de moi, puis finis par tendre la main. Je repris : "- Je ne vais pas vous importuner plus longtemps, vous avez l'air d'avoir besoin de repos. Allez dans une auberge et donnez mon nom. Ils vous fourniront une chambre et de quoi vous restaurer. Je reviendrais peut être vous parler d'ici quelques temps."

Je lui serrais la main et reculais de quelques pas. Nos regards encore larmoyants se croisèrent et je repris une dernière fois la parole juste pour lui dire :

"- Merci monsieur l'Adroit."

Sur ces mots, je tournais les talons, et me dirigeais non pas vers la Ville Basse, comme c'était mon intention au début, mais vers l'Académie. J'avais grand besoin d'être seul, et il n'y avait que ma chambre où je pourrais me réfugier pour me livrer plus librement au chagrin. Tout le reste viendrait après.
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Message Sujet: Re: Avez vous vu ma fille ?   Avez vous vu ma fille ? EmptyMer 1 Nov - 15:09

Je regardai partir le cœur serré le vieillard.  Sur le moment, dans l'adrénaline et la peur de mourir, je n'avais pas songé à la famille de cette jeune fille.  Je n'avais pas pensé à la peine que les siens éprouveraient à sa perte.  Je n'avais pensé qu'à moi et je n'avais pas su l'avouer à ce père brisé par cette nouvelle.  Ce père qui avait l'impression d'avoir échoué à protéger sa fille.  J'aurais voulu lui dire que ce n'était pas sa faute.  Qu'il n'aurait rien pu faire pour venir en aide à Elanin parce que le pantin que je contrôlais aléatoirement aurait trouvé le moyen de l'achever malgré tout.  Mais je n'osais pas lui avouer le rôle que j'avais joué dans le meurtre de sa fille.  J'avais du sang sur les mains que je n'arrivais pas vraiment à faire disparaître même en fermant les yeux.  J'avais mal au cœur en raison de mon silence que j'étais incapable de briser.  Je n'irais pas dans une auberge en donnant son nom.  Je ne le méritais pas.  D'une part parce que j'avais clairement l'argent nécessaire pour m'y installer, d'autre part parce que je n'avais aucun droit à sa générosité.  Pas en tant que l'assassin de son enfant.  Je me contentai d'un maigre sourire pour le remercier.  Je regardai son dos voûté par le malheur s'en aller au loin.  Quand je le vis plus, je poussai un long soupir et me laissai tomber contre le sol en me tenant la tête entre les mains.  Qu'avais-je fais?

Quelques jours plus tard, je pris mon courage à deux mains et je me rendis à la boutique.  Il n'y avait plus de trace de la poupée.  Le corps de la jeune fille était encore là et il commençait à sentir plutôt mauvais.  Je fis venir un embaumeur qui ne me posa pas trop de question à propos de son ouvrage et qui installa confortablement dans un coffre la jeune femme, lui redonnant un air plus humain.  Il ne put rien faire pour son visage, comme je le supposais, mais j'avais déjà mon idée à ce sujet.

Dans les choses de la boutique, j'avais un masque doré.  Ce n'était pas du vrai or, c'était un métal d'une couleur similaire.  Je passai l'après-midi, la nuit et la journée suivante à le travailler.  Malgré ma fatigue due à mon travail dans le camp de réfugiés, je travaillai vite et avec précision.  Ce n'est qu'une fois que j'eus terminé que je m'accordai une nuit de sommeil.  En me levant le lendemain matin, je m'attablai pour rédiger une missive à l'égard du sire d'Ysgramor.

8 mai 1002


Sire d'Ysgramor,
je vous informe par la présente que le corps de votre fille a été retrouvé.  Je me sens personnellement responsable de sa fin tragique, or j'espère que vous me pardonnerez la liberté que j'ai prise de faire embaumer son corps pour que vous puissiez la retrouver pareille à vos souvenirs je l'espère.  Je vous ai également laissé un cadeau, en guise d'excuses de n'avoir pu faire plus.  Elle se trouve dans mon atelier.  Vous trouverez la clef sous les pots de fleurs devant la vitrine.

Humblement,

Lancelot l'Adroit


Je quittai en verrouillant la porte, laissant derrière moi une jeune femme dans son cercueil de blanche-neige, son visage couvert d'un masque délicat dont les paupières s'ouvraient et se fermaient régulièrement en dévoilant deux saphirs que j'avais trouvé à bon prix chez un marchand de ma connaissance.  J'espérais que cela saurait apaiser quelque peu ce cœur que j'avais vilainement écorché.  J'avais eu l'intention d'avouer la part que j'avais jouée dans la mort de la jeune femme, mais je n'y arrivai point.






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