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Message Sujet: Toc toc !   Toc toc ! EmptySam 7 Oct - 17:28


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Matvei de Hvergelmir & Pénélope de Bellancre

Toc toc !

Devine qui c'est.




• Date : 2 octobre 1002.
• Météo (optionnel) : Il commence à faire froid.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Premier entretien entre Matvei et Pénélope après des années de silence.
• Recensement :
Code:
• [b]2 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2722-toc-toc#83188]Toc toc ![/url] - [i]Matvei de Hvergelmir & Pénélope de Bellancre[/i]
Premier entretien entre Matvei et Pénélope après des années de silence.

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptySam 7 Oct - 17:31

Il commence à faire froid.

C’est la réflexion que tu te fais, recroquevillée dans le fauteuil douillet de tes appartements, tandis que tu resserres plus étroitement autour de toi la couverture qui enveloppe tes membres engourdis. Ta fièvre a fini par tomber, une fois l’antidote ramené par les voyageurs de Roc-Épine avalé, mais cela ne fait que quelques jours et tu souffres encore de maux de tête passagers, et d’une fatigue générale assez handicapante. Et comme, de toute manière, tes élèves sont à peu près dans le même état que toi, l’Académie a repoussé la rentrée des mages de quelques jours, pour permettre à chacun de retrouver ses forces avant la reprise des cours.

Ce n’est pas le cas des savants, toutefois ; tu sais que les professeurs du Savoir ont repris leurs fonctions – ou les ont même prises  tout court, dans certains cas de nouveaux arrivés. D’un nouvel arrivé en particulier qui occupe tes pensées tandis que tu observes les nuages se rassembler au-dessus de l’horizon, signe de l’automne qui s’avance. Le froid te rappelle ces mois d’hiver, des années en arrière – des boules de neige dans les jardins de l’Académie, une course sous la pluie, l’abri d’une cape faite pour abriter une silhouette bien plus grande que ton ridicule gabarit de l’époque qui ne s’est guère étoffé qu’en largeur depuis. Et un corps chaud contre le tien, dans le secret de ta chambre de naguère que tu as quelque peu reconstituée dans ton logis d’Enchanteresse.

Il n’est même pas venu te voir.

C’est une autre Épine qui t’a transmis une dose de l’antidote, et de quoi traiter une bonne partie de tes élèves. Tu sais pourtant qu’il est allé à Roc-Épine, qu’il a accompagné le convoi parti supplier les alchimistes du Pic de venir en aide aux mourants, pour sauver la magie du continent. Tu sais qu’il y était, tu sais aussi qu’il est revenu, puisque les cours d’architecture plaisent apparemment beaucoup aux élèves cette année, à en juger par les bruits de couloir. Tu sais qu’il est là, parce qu’Elsir a volé par hasard devant les fenêtres de sa salle de cours quatorze fois ces trois derniers jours, et qu’il y a aperçu un homme correspondant en tout point à son signalement dispenser son savoir devant une meute d’élèves attentifs.

Ce maudit Kyréen se fait beaucoup trop désirer, tu vas aller le chercher toi-même.

C’est donc d’un pas approximatif que tu titubes le long des couloirs vers sa salle de cours où la leçon du jour doit être à peu près terminée, si tu en juges par la position du soleil à l’horizon, Elsir sagement perché sur ton épaule droite. Un peu trop sagement, peut-être – car lorsque tu toques et que l’objet de ta visite ouvre sa porte, trois choses se produisent simultanément.

Premièrement, Elsir lui saute au visage en piaillant sa joie exubérante, picorant joyeusement tout ce qu’il peut atteindre de col et de cheveux dans une hystérie réjouie tapageuse.
Deuxièmement, le sursaut de Matvei lui fait très élégamment percuter le chambranle de la porte, sous le nez médusé de quelques élèves retardataires.
Troisièmement, un traître étourdissement a raison de toi après toute cette expédition dans les couloirs et escaliers de l’Académie, et tu glisses gracieusement au sol dans un délicat froufrou de tissu malmené.

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Matvei de Hvergelmir
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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyJeu 12 Oct - 22:57

L’angoisse des premiers jours fait lentement, mais sûrement, place à une assurance plus paisible. Comme à chaque fois, il suppose. La première fois qu’il est entré à l’Académie, jeune étudiant qui se sentait imposteur dans l’une de ces salles de classe. La première fois qu’il a travaillé. Les mots de Hjalden, lui offrant le titre héréditaire de sénéchal à lui, plutôt qu’à son frère. Une fois ses premiers enseignements donnés, tout coule de source, et Matvei retrouve l’Académie avec le plus grand des plaisirs. Comme s’il ne l’avait jamais quittée. Déjà sa chambre se modèle à l’image de celle qu’il avait, lorsqu’il était adolescent, puis jeune adulte, et il retrouve ses repères. Comme s’il ne les avait jamais perdus. Il se sent même rajeuni, revenu à cet émerveillement de ses premiers jours, il y a longtemps.

Sauf que cette fois, il n’est plus sagement assis dans une salle de classe. Il est celui debout, devant, celui qui dicte, qui enseigne, qui instruit, et l’ampleur de la tâche, son importance, est un honneur qu’il s’efforce d’assurer avec le plus grand sérieux et une dévotion aussi immense. Ce qui n’est pas rien.

Le cours est pratiquement terminé. La majorité des élèves sont d’ores et déjà partis, alors que quelques-uns lambinent et discutent, viennent lui poser quelques questions afin d’éclaircir les leçons du jour. Matvei est impressionné par la vivacité d’esprit de ses étudiants et un soupçon d’orgueil, tout kyréen, se dit que c’est bien parce qu’ils sont en architecture, et qu’il devait même partager un peu de cette intelligence, jadis. Quelques coups à la porte lui signalent qu’on désire probablement prendre possession de la salle de classe. « Si vous avez d’autres questions, je serai à mon bureau », indique-t-il aimablement à la demoiselle, avant d’aller ouvrir la porte.

Sur un perroquet fou furieux, un chambranle de porte qu’il se prend de plein fouet en tentant d’éviter le perroquet, et une mage qui s’écroule. « Mais, Pennia ! » Il réussit maladroitement à rattraper Pénélope avant qu’elle ne s’effondre complètement au sol, mais ce n’est pas sans lui-même devoir se lancer à sa rescousse et donc terminer ridiculement quasi accroupi. La tête à peu près, oh, oh, au niveau de sa poitrine. Le tout avec toujours un ara piaillant tout autour d’eux, picorant un bout de chemise là, une mèche de cheveux ici, dans un concert joyeux de « Matvei ! » et autres « Enfin ! » stridents, qui ne sont d’absolument aucune aide. « Elsir, par tous les béchers d'Alder ! Cesse… s’il te plaît », qu’il demande, en tentant d’être aussi poli que possible avec le Familier, qu’il a reconnu avant même de reconnaître sa mage. Il essaie de se relever, mais le cadre de la porte n’est pas de cet avis et il s’y frappe une deuxième fois, sous les ricanements discrets des élèves encore présents. Son deuxième essai est le bon et Matvei réussit à se remettre debout, sur ses deux pieds, l’Enchanteresse de l’Automne entre ses bras. Il baisse la voix, afin de ne pas être entendu de ces mêmes élèves, qui passent très lentement à côté d’eux, l’oreille probablement tendue avec beaucoup d’intérêt : « Ne devais-tu pas être alitée pour encore quelques temps ? » Il le sait, car en douce, il a demandé de ses nouvelles. Il n’a pas encore osé la voir, osé franchir la porte de l’infirmerie, ou de sa chambre, pour lui parler. Il ne s’attendait certainement pas à ce qu’elle lui tombe dessus - littéralement.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptySam 14 Oct - 15:08

La tête te tourne affreusement – peut-être aurais-tu dû suivre les conseils de l’infirmière et avaler le maudit bouillon insipide qu’elle te fait porter cinq fois par jour avec la régularité d’un métronome, au lieu de le balancer par ta fenêtre – mais tu reconnais tout de même la voix de Matvei. Oh, elle a changé, bien sûr, devenue plus grave au fil des années ; mais elle a toujours cette tonalité un peu rauque qui t’avait fait vibrer, dix-huit ans en arrière. Et ce nom, Pennia – il est, avec Rackham, le seul à t’appeler comme ça. Pour les autres, tu es la marquise de Bellancre, l’Enchanteresse de l’Automne, la dame Pénélope – pour lui, tu es restée Pennia. Cela te fait chaud au cœur et a le mérite de stabiliser un peu le tangage des murs autour de toi. C’est sûrement la fièvre résiduelle de l’épidémie qui fait courir ce frisson traître le long de ton dos, très certainement ; encore quelques séquelles de la maladie que l’antidote n’a pas totalement terminé de guérir.

Très certainement.

Elsir continue à piailler férocement votre joie commune de retrouver le très digne sieur de Hvergelmir, devenu paraît-il sénéchal de la couronne kyréenne lorsque tu avais le dos tourné, et un petit rire fatigué t’échappe faiblement lorsque le tout nouveau professeur d’architecture l’admoneste avec ce sérieux sévère que tu ne dissocies pas de lui, tant il le porte chevillé au corps. Ton Familier obtempère, se perchant sur l’épaule droite du Kyréen, mais continuant à tirailler gaiement le col de sa chemise en émettant quelques roucoulements ravis. Lorsque tu entrouvres péniblement les yeux, tu es en train de prendre de la hauteur, beaucoup de hauteur, et ta main passe dans le dos de Matvei pour t’accrocher instinctivement à son épaule et cramponner de tes faibles forces sa musculature – qui s’est clairement étoffée, à en juger par ce que tes doigts palpent en chemin.

Mais qu’il est grand, ce Kyréen, par Aura !
Un peu plus, et tu aurais le vertige.

Sa voix murmure dans ton oreille, et cette traîtresse fièvre envoie un nouveau frisson parcourir tes membres. Il y a une note d’inquiétude, dans sa voix, et cela te réchauffe le cœur – son silence n’était pas de l’indifférence, les années ont passé mais il n’a pas oublié votre amitié de jadis. Il y a également comme un soupçon de reproche dans son intonation, et le sourire que cela te tire serait bien un peu crâneur si tu n’étais pas aussi fatiguée. L’ombre d’un souvenir se dessine entre vous, empli d’images du passé, un peu floues, un peu effacées, mais que tu as portées vibrantes dans un recoin de ta mémoire. Tu relèves vers lui ton regard clair, répondant à mi-voix pour n’être entendue que de lui. « Je devrais, mais les jours passaient et tu ne venais toujours pas. Alors, c’est moi qui suis allée à toi. J’ai peut-être un peu surestimé mes forces. » Le couloir se met à tourner à nouveau, et tu poses la tête contre son épaule, un peu étourdie, portant ton autre main à ton front encore quelque peu fiévreux. « Pardonne-moi. Tu sais bien que je n’ai jamais été raisonnable, Mati. »

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyMer 18 Oct - 2:28

Il est difficile, pour le Kyréen, de ne pas répondre au sourire que lui esquisse Pennia – trop difficile, alors que la situation est du plus grand ridicule. Des années de silence, de lettres laissées sans réponse, des souvenirs qu’il pensait être le seul à entretenir, et voilà que tout revient au galop. D’un simple contact, qui lui tire quelques frissons discrets, d’une voix un peu petite, un peu fatiguée, et pourtant pas réellement désolée : « Je devrais, mais les jours passaient et tu ne venais toujours pas. Alors, c’est moi qui suis allée à toi. J’ai peut-être un peu surestimé mes forces. » Alors Matvei sourit, doucement, et resserre sa prise sur l’Enchanteresse. Elle n’a jamais été bien lourde et bien que les années aient comblé davantage ses courbes, son poids n’est tout de même rien, entre ses bras. « Pardonne-moi. Tu sais bien que je n’ai jamais été raisonnable, Mati. Tu es toute excusée. » Il ne peut pas lui en vouloir… surtout que tout ceci est de sa faute. Ah, s’il n’avait pas hésité si longtemps ! S’il n’avait pas attendu le bon moment, l’instant T !

L’homme se retourne vers le dernier des élèves qui traîne les pieds et d’un signe de la main, l’arrête. Une mine coupable se peint aussitôt sur les traits du jeune homme, qui fixe ses pieds avec un très grand intérêt, très soudainement. Ça lui apprendra, à vouloir écouter aux portes, et le Kyréen étire volontairement les secondes avant de reprendre la parole, laissant l’élève mijoter un peu plus dans son malaise : « Passez à l’infirmerie, je vous prie, afin de les rassurer quant à leur pensionnaire en fuite. Elle a été retrouvée saine et sauve, et sera dans ses quartiers, pour tout soin ultérieur. » Un oui professeur lui répond et il ne faut pas une seconde avant que les deux enseignants se retrouvent seuls, avec l’ara, à l’entrée de la salle vide. Un regard derrière lui, à ses affaires laissées là. Il reviendra les chercher plus tard, quand il aura les mains libres, et l’esprit ailleurs. Son visage se tourne vers le perroquet, qui n’a pas terminé de réduire son col en charpie et de roucouler dans son oreille. En toute affection. « Elsir, mène-moi. »
Le Familier ne se fait pas prier et décolle de son épaule droite aussitôt, flèche colorée dans les couloirs et escaliers qui mènent jusqu’à la chambre de la mage. Il ne la gardera pas dans cette salle de classe, ni ne la ramènera à l’infirmerie : si c’est pour qu’elle s’en sauve une nouvelle fois, quelle utilité ? « Il semble s’être bien plus rapidement remis que toi », souffle-t-il, taquin, en regardant les plumes bariolées de l’oiseau, son jacassement joyeux envahissant leurs oreilles.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyMer 18 Oct - 16:10

Un instant, tu doutes – il semble figé, le regard baissé vers le tien, et ton sourire hésite imperceptiblement, un peu plus crispé, un peu plus tendu. Est-ce qu’il t’en veut d’avoir interrompu la fin de son cours, peut-être ? Tu as l’habitude des imprévus après tes années d’enseignement, majoritairement causés par ton Familier, mais lui vient à peine de se lancer dans cette nouvelle carrière, et tu te souviens qu’il aime les choses bien ordonnées. Aurais-tu dû rester sagement cloîtrée dans tes quartiers, ou à l’infirmerie, et lui faire tenir une missive ampoulée comme toutes ces dames bien nées ? Pourtant, tu aurais pu jurer qu’il leur préférait ta spontanéité, jadis.

Et puis le sourire fleurit sur ses lèvres. Lentement, comme le soleil qui se lève en prenant son temps, dans son pays de montagnes couronnées de glace ; et il resserre sa prise sur toi. Tu te sens étrangement bien, perchée aussi haut, et tu retiens un rire amusé devant la confusion de l’élève pris en faute. Matvei sera parfaitement à sa place ici – tu en es convaincue. Elsir prenant les devants avec enthousiasme, voilà que vous arpentez le chemin inverse de celui que tu as parcouru pour venir, discutant à mi-voix comme si cela était parfaitement normal, au son des piaillements de ton perroquet qui jacasse gaiement. « Il a été de fort méchante humeur pendant toute la période où j’ai été affectée, jusqu’à ce que l’on me procure une dose de l’antidote que vous êtes allés chercher. » Tu n’en dis pas plus, pas dans ces couloirs où n’importe qui pourrait vous guetter – tu te contentes de glisser doucement l’index de ta main libre le long de l’épine fixée au revers de son col, clairement exposée par les coups de bec de l’ara. Tu portes la même épinglée dans ton corsage ; il l’a peut-être remarquée lorsqu’il t’a rattrapée.

Vous voilà devant la porte de tes appartements, et tu ne fais pas mine de vouloir descendre de ton perchoir – tu te contentes d’avancer la main pour la plaquer contre le battant, qui s’ouvre en glissant silencieusement sur ses gonds. Une bouffée d’air marin te parvient : tes quartiers privés sont un mélange de plage et d’île, avec de vraies vagues qui viennent lécher le bas des murs en rondins. Le soleil y est chaud et l’odeur des fleurs sauvages de l’Île Fauve répand un effluve exotique qui te permet de ne jamais vraiment avoir le mal du pays. Elsir s’y engouffre en piaillant joyeusement – tu soupçonnes la magie de l’Académie d’avoir suscité de vrais perroquets, quelque part là-dedans, pour distraire ton extravagant Familier.

Ton œil rieur se reporte sur le visage de Matvei. « Entre, je t’en prie. Je te présente mes excuses pour le climat de mes appartements – l’Académie s’est montrée très réceptive à mes souvenirs d’enfance. Tu n’as jamais visité l’Archipel, je crois… ? En tout cas, je n’ai pas vodka à t’offrir – mais j’ai du rhum, par contre. » Ton sourire malicieux n’exprime aucune honte à l’idée d’introduire des boissons fortes dans ton quotidien, et l’instinct te souffle que ton ami de naguère doit avoir stocké ses propres quartiers de quelques bouteilles du pays.

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyMer 18 Oct - 21:55

« Il a été de fort méchante humeur pendant toute la période où j’ai été affectée, jusqu’à ce que l’on me procure une dose de l’antidote que vous êtes allés chercher. » Il hoche un peu la tête et comprend bien où elle veut en venir. Alors qu’il la rattrapait, Matvei a lui-même eu tout le loisir de détailler l’épine lovée dans le corsage de l’Enchanteresse, et c’est uniquement maintenant que son cerveau fonctionne qu’il comprend la signification de cette épingle discrète. La même qu’il porte, que Pennia effleure du bout des doigts. Unis dans un combat, une cause, qui lui tient à cœur. Doux sentiment de satisfaction. « Je ne le savais pas capable d’une autre humeur », dit-il sur un ton très sérieux, qui n’est là que pour renforcer la blague. Objectif réussi, puisqu’un piaillement désapprobateur lui répond, et que d’un virage rapide, un coup d’ailes derrière le crâne le réprimande pour sa pique.

Arrivés aux appartements de la dame, la porte de ceux-ci s’ouvre d’une simple poussée de sa main. Il reste immobile, fasciné, sans oser mettre le pied dans la chambre. Une vague de chaleur le frappe, fourmillante de million d’odeurs qu’il ne connaît pas. Une mer qui ne sent certainement pas celle glacée de Valkyrion, ou celle enragée de Sombreciel, le sable fin, les fleurs dont il n’imagine même pas l’existence. Même le soleil a un parfum différent. Plus doux. Son expression ahurie doit être plus que comique, car il entend la marquise rire, tout juste en bas de son visage : « Entre, je t’en prie. Je te présente mes excuses pour le climat de mes appartements – l’Académie s’est montrée très réceptive à mes souvenirs d’enfance. Tu n’as jamais visité l’Archipel, je crois… ? En tout cas, je n’ai pas vodka à t’offrir – mais j’ai du rhum, par contre. Jamais. Les Kyréens n’ont que très peu le pied marin. » Sans parler d’un goût pour les fourrures et les lourds tissus qui est difficilement compatible avec le climat îlien.
Le professeur dépose doucement la blonde au sol et lui offre son bras, afin qu’elle puisse le tenir le temps de le mener dans ses quartiers. Matvei ne tient pas à ce qu’elle s’effondre une nouvelle fois. Puis, il est incapable, seul, d’aller plus loin. Ce n’est pas chez lui et tout, tout… tout ce sable… c’est diablement hostile. « Je veux bien un peu de rhum. Il paraît que celui de l’Archipel est fameux. » Ce n’est pas un Kyréen qui refusera de tester un alcool des plus forts, oh non ! Lui-même a ses petits secrets, dans ses appartements, petites bouteilles envoyées par son meilleur ami, afin qu’il n’oublie pas son duché. Ils partagent le même sourire entendu, malicieux, mais il quitte rapidement son regard pour continuer d’observer et détailler ce paysage inconnu. Les Kyréens sont de nature casanière, mais tout ceci lui donnerait presque envie de voyager. « La magie de l’Académie est fabuleuse. Cela fait à peine quelques jours que je suis présent et je me croirais à Hvergelmir dès l’instant où je passe la porte. »  Son frère en moins : un véritable rêve. Le seul endroit où il peut profiter des terres où il est né, où il a grandi, sans s’y sentir étranger. Intrus.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyJeu 19 Oct - 1:17

Les Kyréens.
Le pied marin.

Une folle envie de rire te chatouille le nez, et tu te concentres fortement pour ne pas laisser filtrer ton hilarité – il ne manquerait plus que Matvei se vexe. Tu crois te souvenir que les fils de Valkyrion ont l’orgueil un peu chatouilleux, et loin de toi l’idée de le faire fuir, drapé dans sa fierté, alors qu’il t’a fallu presque ramper à travers les couloirs pour monter à l’assaut de sa salle de classe ! Docilement, tu mets pied à terre, t’appuyant sur lui sans vergogne pour reprendre possession de tes quartiers – qu’il est grand, mais qu’il est grand, cet homme, par Atal…

Il contemple le sable comme si une dune sauvage allait l’engloutir, et cette fois ton rire amusé perle. Tu le guides jusqu’à l’un des fauteuils d’osier qui bordent la terrasse en rondins de ta plage privée, tendant la main pour attraper la bouteille de rhum posée sur la table. Il t’aide à t’y installer, tapotant même un coussin pour le glisser dans ton dos, et prend place dans l’autre siège, observant toujours le sable avec cette méfiance prudente des Kyréens. Il y a un fond de curiosité, toutefois, et tu reconnais bien là l’esprit brillant qu’il possédait déjà à quinze ans. Tu n’as jamais mis les pieds dans le duché des glaces – ta nature d’Îlienne craint grandement le froid, les hivers de Lorgol te sont cruellement inconfortables depuis des années, et tu n’as aucune envie de découvrir les glaciers de Valkyrion. Cela étant, tu dois bien admettre que ce duché, tout inhospitalier qu’il soit, produit néanmoins des intellects intéressants…

La chaleur insulaire te rappelle combien ta robe distinguée est lourde ; mais l’instinct te dit que, si tu essaies de t’en délester pour ne conserver que la tunique courte et pratique que tu portes dessous, ton invité va probablement s’enfuir plus rapidement qu’un Outreventois devant un exemplaire du Petit Mirta. Pour lui, tu vas consentir à subir ce léger inconfort – juste pour cette fois. Cependant, tu vas quand même t’installer plus à ton aise : remontant les genoux sous ta robe, tu t’affales gracieusement dans ton fauteuil, ouvrant ta bouteille d’un coup de dents avant d’en recracher le bouchon un peu plus loin. Tu avales une généreuse lampée, avant d’essuyer le goulot d’un revers de la main pour tendre le récipient à Matvei. « Il est excellent. Si tu l’apprécies, je pourrai t’en avoir quelques bouteilles : je me fournis dans une taverne des quais qui l’importe directement. »

Mais il n’est certainement pas ici pour une opération de contrebande, et tu interceptes à la volée quelque chose dans son intonation qui te fait tiquer. Est-ce une pointe de regret ? De nostalgie ? De désapprobation ? Un instant, tu fronces les sourcils, incertaine de ce que tu es censée faire. Prétendre ne pas avoir relevé la faille et continuer à débiter des banalités ? Ou faire comme si ces années de silence n’avaient pas existé et pousser le sujet ? Ton éducation d’Îlienne et la curiosité d’Elsir te soufflent la réponse. « Est-ce que… tout va bien, dans ta famille… ? »

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyJeu 19 Oct - 2:25

Ses yeux pâles surveillent le sable plus qu’ils le regardent, comme si celui-ci allait se transformer et l’engloutir, mais ils ne peuvent entièrement se détacher de Pennia. De sa façon élégante de s’asseoir, qu’importe la posture familière. Le port gracieux de sa tête, si noble. Sa… manière de déboucher une bouteille avec ses dents, pour ensuite en recracher le bouchon plus loin, comme le ferait la meilleure gueuse des tavernes. « Il est excellent. Si tu l’apprécies, je pourrai t’en avoir quelques bouteilles : je me fournis dans une taverne des quais qui l’importe directement. » Il regarde la bouteille, un peu soupçonneux, avant de la prendre dans sa main. Directement au goulot, donc. Il suppose que sur les terres des Îliens, il faut faire comme les Îliens… qu’importe le sens des convenances.
Ce n’était pas comme s’il n’avait jamais fait quoi que ce soit d’inconvenant, avec Pennia.
La pensée, fugace, lui brûle les joues. Encore plus sûrement que la gorgée de rhum qu’il s’apprête à prendre, afin d’y trouver les mots à répondre à la question de la dame : « Est-ce que… tout va bien, dans ta famille… ? » La question est délicate, presque trop pour quelqu’un qu’il n’a pas vu depuis si longtemps.

Alors la gorgée de rhum se fait délicieuse, merveilleusement épicée, et l’aide à prendre quelques esprits. Et quelques rougeurs supplémentaires. « Oui. Pour ce que j’en sais. Mon frère et moi ne nous parlons plus depuis plusieurs années. Pour le mieux, sois rassurée. » Il se rappelle avoir esquissé brièvement, il y a longtemps, les contours de sa relation avec Maksim, à Pénélope. Lui avoir raconté à quel point son frère était supérieur, excellent en tout, tyrannique – et à quel point il était bien, loin de lui et de son influence néfaste. « Quant à Hjalden… mon silence des derniers mois ne m’a pas mis dans ses bonnes grâces, je le crains, mais tout ceci en valait la peine. Je ne me serais pas pardonné de rester inactif, alors que je pouvais agir. » Une parole pour ce deuxième frère, de cœur plus que de sang, qu’il craint bien trop d’avoir déçu, et auquel il ne peut pas tout dire. Auquel il ne pourra même pas raconter ses retrouvailles avec son amour de jeunesse, par le simple fait que celle-ci est mage. Il soupire et prend une seconde gorgée du rhum. Quelques bouteilles pourraient en effet être plus qu’appréciées. Il en fera part à la marquise. « Ma vie est très peu intéressante, Pennia. Toi… tu es Enchanteresse, douce Aura ! Une Îlienne, si jeune, Enchanteresse de l’Automne. » Plusieurs ont dû manger leur chapeau et l’idée l’amuse d’autant plus.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyJeu 19 Oct - 22:50

Tu pourrais jurer qu’il a rougi avant même la première gorgée. Il est kyréen, pourtant – une simple vapeur de rhum ne devrait pas lui faire un tel effet, il doit avoir l’habitude de lever le coude… Il boit au goulot, et tu le dévores des yeux à la dérobée, détaillant chaque relief de son visage. Il n’a… pas tellement changé, en fait. Il était déjà interminablement grand, à l’époque de votre complicité d’adolescent, les années ont simplement sculpté ses traits pour les rendre plus… aristocratiques. Un peu plus sévères, un peu plus sérieux. Dignes du sénéchal dont il occupe la position et remplit les fonctions. Il l’était bien aussi à l’époque – oh, toujours si concentré ! C’était un vrai défi que de parvenir à le déconcentrer – tu avais fini par y parvenir, et ce qui avait commencé comme un jeu est devenu… hé bien, sérieux.

Un océan de souvenirs passe entre vos regards.

Il te parle de son frère, et tu te rappelles, la froideur entre Maksim et Matvei. Jeune, il te semblait ravi d’être chez lui à l’Académie, loin de Hvergelmir. Adulte, il… en semble tout aussi content. Tu hoches gravement la tête, prenant mentalement note de ce qu’il te fournit comme informations, concentrée sur le tableau qu’il te peint de sa vie en quelques mots. Il a tôt fait cependant de recentrer la conversation sur toi ; et cela non plus ne t’étonne guère. Impérieuse, tu tends la main pour réclamer la bouteille ; et lorsqu’il te la tend, tu avales une généreuse lampée, léchant pensivement les quelques gouttes ambrées échappées sur tes lèvres, le regard perdu au large dans le lointain.

Un soupir t’échappe.
Par quoi commencer ?
Reportant les yeux sur lui, tu lui rends la bouteille. « Je ne pensais pas enseigner un jour, tu sais. J’ai passé des années dans l’Archipel, après mon diplôme, et la vie là-bas.. C’est très différent d’ici. Ma mère m’avait manqué, elle me manque encore aujourd’hui, mais au moins ici je vois Liry de temps en temps… Ma sœur. J’ai une petite sœur, au fait. Je l’ai découverte quand je suis retournée dans mon île, la première fois… Elle est cartographe, elle a étudié ici. Ma petite Liry, elle est officier sur mon Borée maintenant… Une de mes vivenefs. Celle de Vagabonde. »

Il ne comprend sûrement pas grand-chose à ton charabia décousu, mais tu n’as pas vraiment envie du discours prudent et poli qu’entretiennent les nobles entre eux, plein de formules ampoulées et de ronds-de-jambe obséquieux. Tu te rappelles d’un temps où les confidences allaient et venaient librement, entre vous – pas que les confidences, d’ailleurs, mais c’est un sujet pour un autre jour. Il est l’un des rares à connaître Pennia sous le visage de la marquise de Bellancre ; tu aimerais pouvoir baisser la garde, juste un peu.
Rien qu’un moment.

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyVen 20 Oct - 0:47

Le sénéchal s’étire peu sur sa propre vie. Elle ne lui semble pas si excitante, si palpitante. Il est vieux garçon (et tellement habitué qu’il ne pense même pas à ses fiançailles, pour l’instant), habitué à son confort et à ses tâches, à son travail d’architecte et à ses responsabilités auprès de la couronne de Valkyrion. L’enseignement est nouveau, trop pour s’étendre le sujet. Puis, il n’est pas intéressant.

Ce qui l’est, par contre, c’est Pennia.

Pennia qui a un peu changé, mais pas tant que ça. Pennia qui n’a jamais eu tout le vernis des dames nées et élevées entièrement à la cour, et qui laisse toujours bien vite tomber les formulations ampoulées pour ses mots familiers et chaleureux. Qui s’est joliment arrondie a des endroits stratégiques (comme elle était fluette, jadis), mais n’a pas grandi d’un centimètre, alors que lui s’est encore allongé un peu. Qui boit au goulot, sans se soucier de la bienséance, comme si rien n’avait changé. Tour à tour, les deux adultes s’observent, et mettent à jour ce qu’ils savent de leur vis-à-vis. Font grandir les adolescents et les moulent à ces nouveaux visages.

Il est bien, ici, avec elle, à l’écouter raconter sa vie sur l’Archipel, raconter cette petite sœur au nom chantant, raconter sans même chercher de fil conducteur autre que celui de sa vie. Matvei boit ses paroles, tout à fait à l’écoute, et ne peut s’empêcher de comparer ses dires avec sa propre vie. « Elles te semblent précieuses. Ta mère. Ta sœur. Ton île. Ta vivenef. Un sourire doux. Ils sont rares, habituellement, sur sa figure sérieuse, mais Pennia a toujours eu le don de générer en lui des choses qu’il ne réserve habituellement qu’à ses proches. Je me rappelle comme l’île Fauve te manquait, jadis… pourquoi n’y es-tu pas restée ? Tout ce que tu m’en as raconté m’a toujours semblé si… simple. » Ce n’est pas une insulte. C’est même un compliment, pour eux qui ont des vies si complexes et qui parfois rêvent d’un peu plus de simplicité, tout en sachant que ça ne restera qu’un vœu pieux.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyVen 20 Oct - 1:13

Tu es récompensée de tes quelques confidences par un sourire qui fleurit lentement sur les lèvres de Matvei, et la joie enfle en ton cœur. Il était avare de ses sourires, jamais, même avec toi – et le fait qu’il t’en offre un, spontanément, réchauffe grandement ton âme qui doutait un peu. Il est apparemment content d’être là ; tu sens bien qu’il reprend ta mesure, tout comme tu as repris la sienne, cherchant à faire coïncident l’adolescent tout dégingandé avec l’homme bien charpenté qu’il est devenu. Ce doit être pareil pour lui : jeune, tu étais fine comme une brindille, presque maigre tant tu préférais sauter les repas pour explorer les mille et uns recoins des lieux – l’âge adulte et surtout ta grossesse clandestine t’ont enrobée de formes bien plus moelleuses que jadis. Liry, elle, a encore cette finesse élancée des Îliennes qui n’ont pas encore enfanté et qui passent leurs journées à cavaler en tous sens.

« J’ai passé trois ans sur l’île Fauve, après mon diplôme. J’avais besoin de retrouver mes racines… Mais Bellancre avait besoin de moi et je suis rentrée, avec Liry dans mes bagages. Juste à temps pour voir mon cousin entrer chez les Chevaucheurs. Il est Capitaine de Vol aujourd’hui, tu sais ? Rackham, du vol d’Ansemer. Et c’est un jeune marié. Il a épousé une petite de Bellifère, qui s’est réfugiée toute jeune en Ansemer… Chevaucheuse aussi. Ils vont avoir un bébé, j’ai appris ça il y a quelques jours à peine. Je leur ai donné les Deux-Ancres, mon petit port contrebandier au large… Ça reste entre nous, bien sûr. »

Tu lui adresses un clin d’œil malicieux. Il sait très bien l’affection que tu éprouves pour les pirates. Tu t’apprêtes à lui parler de tes merveilleuses vivenefs, lorsqu’Elsir vient vous interrompre. Ton perroquet n’a pas changé, lui, par contre, et il se rappelle à votre bon souvenir en venant chiper un biscuit dans l’assiette posée sur la table, se roulant sur les genoux de Matvei avec quelques roucoulements ravis avant de repartir à tire-d’aile. Un soupir mi-attendri mi-exaspéré t’échappe, et tu reporte ton attention sur Mati. « Il n’est pas toujours aussi surexcité, tu sais. Il est vraiment content de te revoir. Nous le sommes. Tous les deux. »

Dans ton regard, il y a l'ombre d'un secret partagé.

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyVen 20 Oct - 2:02

Matvei reprend la bouteille de rhum des mains de la marquise, en prend une autre gorgée. Ne pas se montrer trop gourmand, trop avide, mais la boisson a définitivement un goût de revenez-y. Pennia s’emporte, raconte. Ses choix, qui l’ont mené à l’Archipel, puis à nouveau en Ansemer, où son domaine avait besoin d’une marquise. Sa famille. Sa sœur, son cousin, sa belle-cousine, cette petite nièce à venir qui semble déjà la remplir de fierté. Une seconde, il hésite à lui demander de lui présenter toutes ces personnes chères à son coeur – une seconde avant de se dire que peut-être, pour un capitaine Chevaucheur, une Chevaucheuse, une cartographe sur une vivenef, rencontrer un sénéchal kyréen n’est peut-être pas du meilleur goût. « Tu es incorrigible », assène-t-il, faussement découragé, l’œil brillant d’amusement. Rigide et droit, il ne viendrait pas à Matvei l’idée d’encourager la contrebande de qui ou quoi que ce soit, mais il est Kyréen, pas Îlien ou Ansemarien, et les mœurs sont bien différentes. Puis, imaginer le duc Bartholomé se fait arnaquer sous son nez, à sa barbe, a quelque chose de plus que satisfaisant, pour un Ibéen. Petite satisfaction qu’il garde par son revers et qu’il veut accompagner d’un biscuit, mais celui-ci lui est chipé tout juste au bout de ses doigts par nul autre qu’Elsir. Celui-ci vient ensuite généreusement se rouler sur ses genoux, avant de repartir à tire-d’aile.

« Il n’est pas toujours aussi surexcité, tu sais. Il est vraiment content de te revoir. Nous les sommes. Tous les deux. Matvei secoue un peu la tête, excusant sans problèmes les excentricités du perroquet. Il s’habitue rapidement, à cette joie contagieuse, qui le rajeunit définitivement. Je suis aussi bien heureux de vous revoir. Sincère, comme toujours. Excuse-moi d’avoir tant tardé à prendre de tes nouvelles. Je me disais… que tu ne voudrais peut-être pas me revoir, après tout ce temps. » Son silence des dernières années devait être respecté, mais il était si inquiet ! Puis, elle est là, et elle ne semble pas lui en vouloir pour quoi que ce soit qu’il ait fait, jadis, et qui ait justifié aucune réponse à ses lettres. Que ce silence, tranquille, creusé dans les doux souvenirs qu’ils partagent et qui vibrent entre eux.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyVen 20 Oct - 2:38

L’air est doux, dans ce crépuscule flamboyant qui s’éternise, parfumé des mille senteurs tropicales qui ont bercé ton enfance. Le silence s’éternise sur les paroles de Matvei – tu as ouvert la bouche pour y répondre, y as réfléchi à deux fois, et l’as refermée pour mieux peser tes mots. Vos regards se sont accrochés, et tout un cortège de souvenirs lointains s’échappe des tiroirs de ta mémoire pour meubler cette émotion étrange qui frissonne entre vous. Impalpable. Tu ne vas pas tenter de l’attraper pour l’identifier, tu risquerais de la mutiler – alors, tu laisses tes yeux parler pour toi, avec cette nostalgie un peu rêveuse qui te prend parfois quand tu te reposes le soir, le regard rivé au large.

Le sourire qui te vient ensuite est un peu hésitant – tu ne sais pas exactement comment formuler ce que tu as en tête, et le rhum n’y est pour rien. Tu te mordilles la lèvre, une seconde, comme si cela t’aidait à trouver tes mots, puis tu hausses les épaules avec un zeste de cynisme brodé d’autodérision. Vous n’êtes adroits avec les discours ni l’un ni l’autre, vos silences ont toujours parlé pour vous – c’étaient vos gestes, les plus évocateurs, les vecteurs de mille significations imbriquées. Prudemment, tu te penches sur l’accoudoir de ton fauteuil, tendant le bras vers lui jusqu’à poser le bout de deux doigts contre l’intérieur de son poignet, juste sous le pouce, là où tu peux percevoir son pouls sous la peau fine. « J’aurais… aimé… te revoir plus tôt. Je suis heureuse que tu intègres nos effectifs – Valkyrion est loin, et toutes merveilleuses que soient mes égéries des flots, les coques des vivenefs ne sont pas faites pour affronter la glace de vos côtes. Si tu n’étais pas venu t’établir à Lorgol… »

Tu n’achèves pas ta phrase, murmurée à mi-voix – tu laisses cette triste perspective mourir dans le silence qui retombe. Il est là, tu en es heureuse, il est content aussi ; tout est bien ainsi. Inutile d’imaginer ce qui ne sera jamais. Un sourire un peu canaille fleurit sur tes lèvres, pour dissiper la morosité qui pourrait vous gagner. « Enlève tes chaussures. Je parie que tu n’as jamais marché dans les dunes. Pour profiter pleinement du sable, il faut y enfoncer les orteils. Regarde – comme ça ! » Joignant le geste à la parole, tu envoies bouler d’un leste coup de pied tes escarpins décorés, avant de te redresser pour retirer lestement tes bas de soie élégants, les déposant sur ton accoudoir et dévoilant sans fausse pudeur tes jambes jusqu’au genou. Avec délice, penchée en avant sur ton fauteuil, tu glisses les pieds dans le sol meuble, jouant avec les milliers de grains satinés, l’encourageant du regard à en faire de même.

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyVen 20 Oct - 3:15

Il n’a pas peur, du silence. Homme de peu de mots, peu doué avec le discours, il a toujours laissé ses gestes parler pour lui, et ses silences se faire plus évocateurs que ses paroles maladroites. Il n’en a pas peur, mais il le craint tout de même un peu, en ce moment. Il ne sait pas quel sera le verdict de Pennia, s’il se fera chargé de reproches, ou de regrets. De tout ce qu’il ne peut réparer, les torts s’étant égrenés, dispersés, à travers les années.

C’est avec appréhension qu’il accueille la réponse de (son amie ?) sa collègue, et qu’il ne lui vient pas même un geste de recul, alors qu’elle à peine deux doigts sur son poignet. Le contact est frais, sur sa peau, et son pouls s’emballe un peu plus. Réaction immédiate, instinctive, aux mots qui se font plutôt rassurants. Elle aurait voulu le revoir plus tôt – lui aussi. La vie est pourtant ce qu’elle est, et le hasard un doux instrument du Destin.

Matvei baisse les yeux, gêné, mais l’Îlienne ne laisse pas ses mauvais sentiments s’immiscer entre eux. Dans ces retrouvailles qui se veulent, qui doivent !, être heureuses. « Enlève tes chaussures. Je parie que tu n’as jamais marché dans les dunes. Pour profiter pleinement du sable, il faut y enfoncer les orteils. Regarde – comme ça ! » Et en moins de temps qu’il faut pour le dire, par toutes les divines avances de Kali ! Elle est nu-mollets ! Dévoilant de si dénudés genoux, d’encore plus dénudés mollets, d’affreusement dénudées chevilles et de diablement dénudés orteils ! Il s’en est reculé dans son fauteuil d’osier, effarouché comme une pucelle de Bellifère, et un instant le meuble tangue sous l’impulsion instinctive.
Doux dieux, ce n’est tout de même qu’une femme ! Dont il a vu bien plus, de dénudé, il y a bien longtemps ! Pourquoi donc agit-il comme un adolescent particulièrement impressionnable, soudainement ?
Il retire fort prudemment ses chaussures, les lacets gentiment dénoués. Ses chaussettes, ensuite soigneusement pliées sur chaque chaussure. Il reste quelques secondes les pieds suspendus au-dessus du sable, sans savoir s’il veut vraiment faire cela. Même dans le sable d’Erebor, pendant leur traversée du duché du Sable et du Roc, même à Roc-Épine, il n’a jamais osé, et a fui les dunes meurtrières comme la peste magique.

Le pied droit, d’abord.
Puis le gauche.
Quelques secondes d’attente. D’observation de la sensation curieuse du sable sous la plante de ses pieds, entre ses orteils, qu’il remue légèrement. Le crissement discret des fins grains sur sa peau, la pensée désagréable qu’il en aura jusque sous les ongles et que ce sera une véritable plaie à retirer. Comment font les Erebiens ? Les Ansemariens ? Les Îliens ? Ses yeux clairs observent les pieds de Pennia, bien plus enfoncés dans le sable que les siens, et il l’imite à l’identique. Juste un regard, cela dit, qui n’ose pas se lever plus haut que ces chevilles. Nues. La fraîcheur l’étonne, la douceur également, alors qu’il sait que le sable peut se faire piquant, douloureux, chatouilleux, agaçant, irritant. « C’est amusant. » Il déclare cela avec tant de sérieux ! L’amusement ne semble pas percer ni dans sa voix, ni dans son visage, et lorsqu’il regarde à nouveau Pénélope, yeux dans les yeux, c’est pour capter le plus grand amusement qui y règne. Il se reprend aussitôt : « Juré ! C’est, tu avais raison, je n’ai jamais… Vois-tu, nous utilisons beaucoup de sable, en architecture, mais jamais je ne m’y suis attardé pour le simple plaisir de la chose. En même temps, le sable le plus proche est en Erebor, et vu la réputation des Erebiens avec les étrangers, il préférerait encore mettre ses pieds dans un étang d’hippopotames lagrans. J’ai lu, une fois, que le sable d’une des îles de l’Archipel était si fin qu’il chantait, lorsqu’on y remuait les pieds. » Ce qu’il essaie aussitôt, remuant les pieds comme un enfant, comme s’il essayait de le faire chauffer sous ses pieds. Ridicule savant.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyDim 12 Nov - 14:38

Il recule d’un grand soubresaut affolé, ton invité soudainement bien gêné, et tu ne peux retenir un rire de gorge, bas et amusé, au souvenir de toutes ces choses que vous avez pu faire jadis, bien plus choquantes qu’un peu de peau dénudée. Il s’en va prudemment à la rencontre du sable sous vos pieds, y enfonçant d’un air dubitatif, presque méfiant, l’extrémité d’un orteil. Il semble si sérieux, si concentré ! Il était toujours comme ça, comme s’il calculait perpétuellement tous les paramètres de chaque situation nouvelle, et tu l’as rarement vu baisser ses barrières pour se montrer spontané. Tu te doutes bien qu’il a dû souffrir de sa nature généreuse dans sa prime jeunesse, et tu n’ignores rien des actes de Maksim – les rares moments où il lâchait prise en ta compagnie étaient une preuve criante de la confiance qu’il te portait, et naguère tu chérissais chaque sourire comme un cadeau.

Les choses n’ont pas l’air d’avoir vraiment évolué en plus de quinze années. Si sérieux, oh – si concentré, alors qu’il te raconte s’amuser, et dans ton regard l’amusement profond et réel se mêle de tendresse pleine de nostalgie. Que dissimules visiblement fort bien, car il ne semble pas s’y arrêter un seul instant, heureusement, partageant ses découvertes du sable et de ses bienfaits avec un grand sens méthodique. Tu ris, cependant, lorsqu’il te parle du sable qui chante, et tu avales une nouvelle rasade de rhum avant de lui tendre la bouteille. « C’est de l’Île aux Grillons que tu parles. Ce n’est pas le sable qui chante, ce sont les grillons qui ont colonisé la forêt ! Ils stridulent, toute la journée, on les entend même en navigant au large de la plage. C’est un bel endroit, mais je t’avoue qu’après y avoir passé quelques heures on se met à apprécier le silence à sa pleine valeur. »

Pensive, tu l’observes un instant jouer avec le sable fin dans lequel vous avez englouti vos pieds. « Le sable des îles de l’Archipel est bien plus fin et doux que le sable des dunes d’Erebor. Il est caressé par l’océan à chaque marée et poli par le va-et-vient continuel des vagues. Si tu veux faire des expériences avec, pour ton architecture… Une de mes vivenefs pourrait sûrement t’emmener dans les îles, une fois. »

Le ton est hésitant, le regard timide, mais l’intention sincère.

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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptySam 18 Nov - 5:31

L’île aux Grillons. Le nom même le laisse un peu rêveur, alors qu’il tente d’imaginer cette île envahie de grillons, possédée toute entière de leur étrange musique. Le rhum bien épicé aide certainement à se mettre dans l’esprit nécessaire pour apprécier cette rêverie particulière et il ne cesse de frotter ses pieds contre le sable fin, plus fin qu’il n’en a jamais touché. En Ansemer, peut-être, mais il n’y a jamais vraiment été. Plus jeune, Pénélope l’avait invité à venir à Bellancre, une fois, mais l’offre ne s’était jamais concrétisée. Ses lettres étaient restées sans réponse et si Matvei n’avait jamais oublié, il avait compris qu’il ne devait plus se faire d’espoir quant aux plages du duché des Océans.
Des souvenirs sombres et amers qu’il chasse prestement, d’une autre gorgée de rhum. Il est trop heureux de renouer avec son amie (juste amie ?) de jadis pour se laisser empoisonner par cela. Ça n’en vaut certainement pas la peine.

« Le sable des îles de l’Archipel est bien plus fin et doux que le sable des dunes d’Erebor. Il est caressé par l’océan à chaque marée et poli par le va-et-vient continuel des vagues. Si tu veux faire des expériences avec, pour ton architecture… Une de mes vivenefs pourrait sûrement t’emmener dans les îles, une fois. » Le sénéchal soutient le regard timide de Pénélope - le sien, de regard, définitivement surpris. Alors qu’il pensait justement à cette offre de jadis, la voilà qui revient. Différente. Pas moins alléchante. Cette fois, peut-être pourront-ils y faire honneur ? « Ce serait une belle aventure », concède-t-il avec un hochement de tête grave. Le regard non plus surpris, mais doux.
Pour lui, c’est un oui.
Même si le temps manque, même s’il ne sait pas quand il pourra remplir cette proposition, cette offre, dans le tourbillon qu’est sa vie depuis les derniers mois. Et ceux à venir ne risquent pas d’être plus reposants, entre l’enseignement, ses tâches d’architecte, celles de sénéchal et son mariage.

Une troisième gorgée de rhum, puis il rend la bouteille à l’Enchanteresse. Qu’on lui enlève cela des mains, ou sinon il videra la bouteille à lui seul ! Ce qui ne serait pas très poli. Même, pas du tout. « Viendrais-tu avec moi ? Ou me laisserais-tu à la merci de l’océan et de l’équipage de ta vivenef, prêt à abuser de ma naïveté de continental ? » Un Kyréen qui n’a jamais navigué, en voilà une source bienvenue d’amusement et de moquerie ! Matvei se fait lui-même amusé à cette perspective, alors qu’il verbalise une autre part de l’offre.
Qu’il ne parte pas seul.
Qu’ils partent ensembles.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyVen 22 Déc - 2:11

Il est surpris. Tu lis l’étonnement dans le clair intense de son regard alors qu’il le tourne vers toi. Il ne s’y attendait visiblement pas ; à vrai dire, tu ne t’y attendais pas vraiment non plus. Il est bien rare que tu offres le pont de tes vivenefs à des étrangers – comment dissimuler tes accointances avec les pirates, ton amour de l’Archipel, ton allégeance relativement distante à la couronne ansemarienne ? Mais Matvei, sûrement, n’ignore rien de tout cela. Il te connaissait jadis, il sait tout de ton père indigne, de ton enfance les pieds dans l’eau sur les plages de l’Île Fauve, de ton arrivée forcée à Bellancre, du carcan rigide de bonnes manières et de coutumes rétrogrades qui pesaient à ta cheville et qui entravaient ta liberté. Il n’est pas non plus vraiment un inconnu, il est un ami (plus qu’un ami ?).

Après tout, il a fait germer l’étincelle de vie en toi.
Deux flammes blondes, deux âmes farouches.
Il n’en a aucune idée, mais tu portes ce secret avec autant de reconnaissance que de regrets.

Il accepte ton invitation, et une boule de chaleur délicate pulse paisiblement, tout contre ton cœur. Il te fait plaisir de l’imaginer le nez au vent sur le pont d’une de tes dames de bois. Le Borée, certainement – Vagabonde est une éternelle voyageuse, et Liry sûrement aura plaisir à voguer vers l’Archipel revoir votre mère. Puis Matvei te renvoie l’invitation, et un instant le souffle t’en est coupé, tant cette simple proposition te semble porter de potentiel. « Oh, Mati » murmures-tu en tendant le bras vers lui, caressant sa joue du bout des doigts dans un mouvement instinctif, qui te paraît éminemment naturel et presque familier. C’est au bout de quelques secondes passées à ordonner tes pensées que tu adoucis la solennelle gravité de ton visage par un sourire plein d’une tendresse que tu t’interdis d’exprimer. « Je t’y accompagnerai avec plaisir. Ma mère me manque toujours un peu, et mon âme ne trouve vraiment de repos que lorsque le bruit de l’océan sur les plages vient bercer mon sommeil. »

C’était déjà le cas, à l’époque.
Il y avait le bruit des vagues dans ta chambre d’étudiante, perpétuellement, lorsque parfois tu l’y recevais et que vous partagiez ces moments si précieux, au délicieux goût d’interdit.
S’en rappelle-t-il ?



Dernière édition par Pénélope de Bellancre le Sam 13 Jan - 12:32, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyJeu 28 Déc - 6:51

Sa demande est douce, et le « Oh, Mati » qui lui répond l’est tout autant. S’attendait-elle vraiment à ce qu’il parte seul, sans elle ? Il n’est pas fait de ce bois, tout solitaire soit-il. La caresse de ses doigts laisse une trace brûlante sur son épiderme, contre sa joue bien rasée, dans un geste d’une familiarité que le Kyréen ne relève pas, tant celle-ci ne le dérange pas. Pas venant de pennia. Pendant combien d’années, ne se sont-ils point vu ? Quinze, seize ? Bien trop, certainement, et celles-ci lui semblent effacées, balayées par les vagues de la mer, comme les éphémères dessins dans le sable. « Je t’y accompagnerai avec plaisir. Ma mère me manque toujours un peu, et mon âme ne trouve vraiment de repos que lorsque le bruit de l’océan sur les plages vient bercer mon sommeil. Ce sera alors un beau voyage. » Sans elle, Matvei doit s’avouer qu’il ne sait pas s’il aurait accepté, véritablement accepté, de partir, mais l’idée de naviguer avec Pennia à ses côtés, rencontrer sa famille, voir son île… il se retient bien mal d’arborer un sourire niais. Cet été, peut-être, après son mariage ? Ou juste en finissant les classes, avant qu’il doive rejoindre Svaljärd ?
Quoique malgré son arrangement secret avec Ljöta, il doute qu’elle prenne bien le fait qu’il fasse tarder leurs noces pour aller parcourir les mers avec une mage. Qu’importe ses liens passés et présents avec elle-ci, et qu’importe l’Île aux Grillons.

Le blond se lève de sa chaise, afin de se détendre les jambes. Et surtout, afin de marcher dans le sable, expérimentant la curieuse sensation sous la plante de ses pieds. Chatouillis, gratouillis, qui glissent et marquent subtilement sa peau pâle. Des grains fins qui se glissent entre ses orteils et sous ses ongles, souvenirs qui resteront avec lui jusqu’à sa propre chambre, jusque dans son bain par après. « Je me rappelle… dans ta chambre. On y entendait la mer. » Les souvenirs rattachés à cette chambre, qui embaumait les fleurs sauvages et le sel, sont heureux. Osés, pour certains, et l’un d’entre eux lui arrache un sourire, tant il ressemble à la scène du jour. Un autre chambranle de porte qu’il a embrassé de plein fouet, effarouché à la vue de cuisses nues qu’il ne s’attendait pas du tout à voir. « Te souviens-tu de la fois où tu m’avais accueillie vêtue d’une de tes tuniques de l’Archipel ? Je m’étais assommé avec tant de force ! » Sa pudeur l’empêche d’évoquer ce qu’il y a de plus sulfureux, dans ces rencontres. Leurs étreintes maladroites, passionnées, enfiévrées, sur la musique de la mer. Elle ne l’empêche pas de rire, doucement. « Te sens-tu mieux ? » Il ne doit pas oublier qu’elle a besoin de repos, encore.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptySam 13 Jan - 12:58

De quelques mots simples, l’accord est conclu – un jour, plus ou moins proche, Matvei s’en ira à la découverte des merveilles sauvages de l’Archipel, et tu iras avec lui pour les lui présenter et l’aider à mieux comprendre la beauté farouche de cette liberté irrépressible qui façonne le destin de tous les enfants des îles. Un sourire serein étire tes lèvres, et tu te surprends à espérer que ce voyage encore indéfini vous permettra de renouer des liens plus étroits. Tu appréciais fondamentalement la compagnie calme de cet homme naguère si posé – il n’a pas l’air d’avoir tant changé, et tu es satisfaite qu’il te renouvelle son amitié. Te renouvellera-t-il aussi le reste – as-tu envie qu’il le fasse, d’ailleurs ? Peut-être un peu. À voir au fil des jours, des mois ; le Destin en décidera.

Les souvenirs du passé vibrent doucement entre vous, tandis qu’il se lève et s’éloigne de quelques pas en testant la consistance du sable sous ses pieds – de ces moments partagés dans ta chambre d’étudiante, jadis, empreints d’une maladresse encore adolescente, mais d’une fièvre d’aimer et d’une passion juvénile presque attendrissantes, quinze ans après. Le moment qu’il évoque te tire également un petit rire amusé – oui, tu te souviens ! « Tu n’avais pas l’habitude de voir tant de peau, oui, je me souviens. Elsir t’avait embêté, et… » Et cette fois-là avait signé le début d’une évolution assez scandaleuse de leurs entretiens. « Disons que tes visites suivantes t’ont permis de surmonter le choc, avec les… efforts acharnés… que tu as su déployer. » ajoutes-tu, doublant tes sous-entendus d’un clin d’œil malicieux. Soupçonne-t-il que tu portes aujourd’hui une tunique similaire, sous ta robe, à la place de la longue chemise privilégiée par les femmes bien née ? Oh, il s’en doute sûrement un peu… Peut-être lui montreras-tu, une prochaine fois. Juste pour voir si ce grand Kyréen intensément fier est encore capable de virer à l’écarlate.

Pour le moment, la fatigue commence à se faire sentir, et tu sens que tu vas regretter quelque peu d’avoir aussi libéralement puisé dans ton cruchon de rhum. « Mieux que ces derniers jours, oui. Je me suis bien reposée, l’antidote a fait merveille – et ta compagnie aujourd’hui a certainement joué dans mon bien-être, également. » Reviens, sembles-tu dire entre tes mots. Reviens me voir, quand je serai totalement remise.

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Matvei de Hvergelmir
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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyDim 28 Jan - 23:20

Là où Matvei a été pudique, en évoquant les souvenirs scandaleux de leur jeunesse, Pennia l’est beaucoup moins : « Tu n’avais pas l’habitude de voir tant de peau, oui, je me souviens. Elsir t’avait embêté, et… Disons que tes visites suivantes t’ont permis de surmonter le choc, avec les… efforts acharnés… que tu as su déployer. Pennia ! », s’outre-t-il inutilement dans un souffle gêné, détournant le regard pour ne pas affronter un second clin d’oeil tout aussi malicieux, gros de tous ces sous-entendus impossibles à éviter. Elle peut bien en rire, l’Îlienne, l’Ansemarienne, se gargariser de sa timidité prude ! Pourtant, impossible de condamner son rire, même si un brin à ses dépends. Ce rire gonflé de joie, vibrant d’une santé retrouvée, qui apaise ses inquiétudes. « Te sens-tu mieux ? Mieux que ces derniers jours, oui. Je me suis bien reposée, l’antidote a fait merveille – et ta compagnie aujourd’hui a certainement joué dans mon bien-être, également. Tu me vois soulagé. »

Il revient à son siège, l’expression toujours attentive à la sensation du sable sous ses pieds, pour remettre ses chaussettes et ses souliers. Il ne prend même pas la peine de nettoyer ses pieds du sable en question, sachant bien que ça ne servira à rien, si ce n’est à lui donner une allure encore moins digne. Il apportera la plage avec lui dans toute l’Académie. Il relève le nez, alors qu’il termine de nouer ses lacets, ses yeux pâles posés sur le visage calme de Pénélope. Elle semble réellement bien portante, mais Matvei est peu désireux de mettre en danger sa guérison et il voit bien qu’elle est encore bien pâle, bien maigre, après ces semaines de maladie. « Si tu me permets, je reviendrai te voir, pendant ta convalescence. C’est tout ? Et après, si tu le veux bien. » Il n’est pas question d’arrêter ces retrouvailles en si bon chemin. Quinze ans, ça a été bien long, et il refuse de laisser passer à nouveau la chance d’être… d’être ami avec la marquise de Bellancre. À défaut d’être autre chose.


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Message Sujet: Re: Toc toc !   Toc toc ! EmptyMer 7 Fév - 2:00

Matvei rougit, dans un souffle gêné, et tu ne peux t’empêcher de ressentir une vague de nostalgie pour ce temps d’avant où tout était si simple. Vous n’étiez que des adolescents alors, encore étrangers aux tracas et aux responsabilités de la vie d’adulte, avec pour seule préoccupation de trouver de quoi remplir vos journées d’étudiants parfois désœuvrés. Un temps calme et paisible, meublé de rire et de joie, d’insouciance et d’allégresse, où la discrétion exemplaire de vos journées studieuse s’enflammait dans la passion maladroite qui réchauffait vos nuits. Il y a de cela plus de quinze ans. Vous avez grandi, vous avez changé – mais il reste en lui suffisamment du Kyréen prudent de jadis, et en toi assez de l’Îlienne éprise de liberté de naguère, pour peut-être renouer quelque amitié héritée de vos liens d’hier.

Tu n’oses guère espérer plus.
Il y a si longtemps à présent.

Matvei souhaite te revoir, pendant ta convalescence. Une moue déçue s’imprime une fraction de seconde sur tes traits, avant qu’ils se détendant lorsqu’il précise sa pensée. « Pendant ma convalescence, et après, j’espère bien ! Il me reste encore quantité de bouteilles à vider, tu t’en doutes. Et je t’apprendrai à construire des châteaux de sable. », conclus-tu d’un ton mutin, un sourire malicieux porteur de mille promesses étirant le coin de tes lèvres. « Bientôôôt ! » se sent obligé de préciser cet impossible Elsir, tandis qu’il fond en piqué sur Matvei pour picorer allègrement le col de sa chemise. Tu laisses ton ami tenter de se dépêtrer de l’affection débordante de ton Familier, très occupée à émerger péniblement de ton fauteuil – la fatigue et l’alcool te font un peu tanguer, et tu te hâtes de regagner le refuge stable de ton lit, observant le dos de ton visiteur prendre la fuite derrière le battant menant aux couloirs de l’Académie, poursuivi par un ara surexcité.

Adieu, tranquilité – Pénélope de Bellancre vient de faire un retour tapageur dans ta vie, l’ami !



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