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 Une merveille en cage

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Message Sujet: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptySam 7 Oct - 20:39




Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Astarté des Sables & Shéhérazade Khamsin

Une merveille en cage

Sertir d'un sourire la liberté




• Date : 5 octobre 1002
• Météo (optionnel) : Il faut chaud, en Erebor. Toujours, toujours chaud.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Anthim a commandé une parure de bijoux pour sa première épouse à l'occasion du premier anniversaire de leur fils Mansour. C'est Astarté qui a réalisé et vient livrer la commande.
• Recensement :
Code:
• [b]5 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2725-une-merveille-en-cage]Une merveille en cage[/url] - [i]Astarté des Sables & Shéhérazade Khamsin[/i]
Anthim a commandé une parure de bijoux pour sa première épouse à l'occasion du premier anniversaire de leur fils Mansour. C'est Astarté qui a réalisé et vient livrer la commande.




Une merveille en cage TitreSheherazade1

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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptySam 7 Oct - 20:42

« Première épouse, une visiteuse sollicite audience. »

L’eunuque incline bien bas son crâne soigneusement rasé, et Shéhérazade relève le nez, curieuse. Une visiteuse ? Il est rare que des non-serviteurs entrent au harem, très rare même en ces temps de guerre – si la femme annoncée a reçu permission d’y pénétrer, c’est qu’elle a obtenu l’approbation du sultan en personne. Peut-être est-ce Anthim lui-même qui la lui envoie ? Une nouvelle servante pour l’aider à s’occuper de la marée d’enfants qu’elle veille férocement, une nourrice pour veiller sur Mansour pendant qu’elle-même dormira ? Ou bien peut-être est-ce une artiste renommée, venue distraire de ses talents la première épouse ? Une chanteuse, peut-être, dont la voix de velours enchanterait ses oreilles. Ou une danseuse des sables, dont la taille fine et les bras élégants pareraient les évolutions de mille nuances. Une musicienne, sinon ? Peut-être une harpiste aux doigts agiles, ou une flûtiste qui ferait résonner mille trilles sous les voûtes du harem. Oh, que la curiosité se fait forte !

« Qu'elle vienne, Ibrahim. Et des rafraîchissements, s’il te plaît. »

Le garde s’incline et salue, avant de se retirer, et Shéhérazade reporte son attention sur Mansour qui babille gaiement. Âgé d’un an à peine, le petit exhibe une vivacité très éveillée, curieux de tout ce qui l’entoure à l’instar de sa mère. Ses sœurs en raffolent ; mais en cet instant même, la concubine a gardé son fils pour elle seule, l’installant à ses côtés sur un épais tapis moelleux pour partager ses jeux l’espace d’une heure. Il marche presque – il titube en se tenant aux murs et aux meubles, émettant mille clameurs réjouies au fur et à mesure de son avancée bancale ; mais sa mère s’inquiète un peu de sa stabilité et a préféré mettre en place un jeu calme pour le préparer à faire la sieste en cet après-midi. C’est donc avec un plaisir certain qu’elle l’observe manipuler avec les formes sculptées peintes de vives couleurs, tentant de les enfoncer avec plus ou moins de succès dans la planche découpée fournie avec. Avec un rire amusé, elle guide sa petite main pour insérer le triangle dans le bon emplacement ; et quelques minutes passent dans une chaleureuse complicité entre la mère et l’enfant. Il n’y a pas si longtemps qu’il a prononcé son premier « ma-man », et la première épouse ne désespère pas d’une prochaine visite d’Anthim pour vérifier si « papa » est également à l’ordre du jour…

Ibrahim revient sur ces entrefaites, accompagné d’une belle Erebienne à la peau ambrée, au regard sombre et à la chevelure absolument remarquable. Avec l’œil vif développé au fil des années, la première épouse devine que cette visiteuse aurait fait une concubine sans coup faillir, si elle y avait consenti – Alméïde le lui aura sûrement proposé, une telle beauté ne passant pas inaperçue. D’un geste devenu machinal, Shéhérazade prend son fils sur ses genoux d’un mouvement protecteur, adressant à la nouvelle venue un sourire interrogatif, double d’un regard inquisiteur vers l’eunuque qui s’est agenouillé pour déposer un plateau chargé de douceurs et d’un pichet sur la table basse à proximité. « La joaillière Astarté des Sables, première épouse. Sa Grâce le sultan la mande près de vous. »

C’est un « Oh ! La Sertie de Merveilles ! », plein de surprise et à peine murmuré, qui s’échappe des lèvres de Shéhérazade. Son sourire s'éclaire de mille lumières tandis qu'elle effleure les bijoux qu'elle porte ; ceux-là même offerts par Anthim pour la naissance de Mansour, et réalisés par la talentueuse joaillière. La concubine reporte sur l’arrivante un regard étincelant de convoitise. La réputation de la femme de l’art ne lui est pas inconnue – signe de son excellence, tant le harem est coupé du monde – et c’est d’un geste amical qu’elle lui indique de prendre place près d’elle. « Sois la bienvenue, fille des dunes. Je suis la première épouse Shéhérazade. Que me vaut le plaisir de recevoir ta visite ? »




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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptyMer 1 Nov - 4:09

Elle s’était sentie si seule, la gitane, lors de cette fin d’été difficile. Après avoir vu les lucioles de Sombreciel, après s’être aventurée là où jamais elle n’aurait osé, après avoir remis une oeuvre d’art frôlant la perfection à la princesse d’Erebor, il y avait eu un grand vide, dans tout son être. Elle avait cherché à le remplir, là-bas, dans le creux du désert, auprès du clan qui l’avait adoptée. Son aîné s’était vu démuni alors que son humour ne faisait écho à aucun sourire, et il l’avait guettée, la petite soeur, alors qu’elle inspectait les cieux des heures durant jusqu’à ce que la nuit la couvre d’étoiles. Sa légèreté lui était revenue seulement lorsque son roi avait demandé ses services. Le petit prince Mansour avait un an. Couvrir d’ornement sa première épouse était un projet qu’il nourrissait, et c’était à travers les doigts et le talents d’Astarté des Sables qu’il le ferait.

Habitée de silence, la gitane avait rejoint son atelier pour travailler d’arrache-pied. Exigeante, elle avait repris son travail à plusieurs reprises sans se satisfaire des résultats. Là, la pierre ne reflétait pas les lueurs lunaires. Ici, l’enchâssement ne tiendrait pas une année. Le bracelet était trop banal. Le diadème, trop exubérant. Obnubilée par son art, Astarté n’avait que bien peu remarqué combien de jours avaient filé et combien de nuits étaient ignorées. Elle s’occupait, elle occupait sa solitude. Elle créait.

C’est sous un sari soyeux et des bijoux étincelants que la joaillière s’était présentée au palais de Vivedune. Elle commençait à ne plus se sentir si nerveuse, en l’approchant, ni à se sentir intimidée devant les richesses incroyables qu’il possédait. Tout était magnifique, ici. Désormais qu’elle se savait toujours la bienvenue, malgré les événements désastreux d’une autre vie, Astarté se permettait de profiter de son passage, de laisser ses prunelles courir sur les arches et sur les toiles tendues. Il n’y avait que ses mains, ennemies traitresses, qui la préoccupaient encore. Mais là, serties de jolies bagues ouvragées et de bracelets lourds et massifs, affairées à soutenir le présent convoité, elles lui semblaient bien inoffensives. Comment auraient-elles pu dérober un objet sans qu’elle s’en aperçoive?

C’est un homme grave et chauve qui l’accompagnait dans un couloir puis un autre, guide local des beautés du harem. La gitane restait légèrement en retrait d’un pas ou deux, se permettant de graver dans sa mémoire le plus de détails possibles. Ici aurait pu être sa demeure, si elle avait acquiescé à la demande de la princesse Alméïde. Astarté des Sables, épouse du Sultan. L’idée lui plaisait autant qu’elle la rebutait. La joliesse avait quelque chose de captivante, à l’intérieur du harem, mais se savoir piégée et recluse rompait le charme. Et la jalousie… L’horrible jalousie et la lutte terrible que devaient se livrer ces femmes… Astarté possédait bien peu de choses, mais son talent et sa liberté lui appartenaient.

Il la fit entrer dans des appartements en prenant soin de refermer derrière eux. Elle était là, plus jeune qu'Astarté le croyait, posée près d’une table basse avec un enfant sur ses genoux. Alors que l'eunuque récitait les titres propres à chacune, Astarté s’était inclinée. Au-delà d’une première épouse, il y avait Shéhérazade, une personne chère pour son Roi. La gitane l’appréciait sans la connaître, tant les paroles d’Anthim avaient été douces et poétiques à son endroit. Une beauté discrète. Des yeux comme la nuit. Une âme douce et noble. Paisible.

- Première épouse, c’est un honneur de me trouver ici, devant vous.

Les mots étaient senties, alors qu’elle se redressait à la demande de la première épouse. Ses yeux de chats n’avaient pas manqué de percevoir l’enfant, contre elle, et ses grands yeux vifs qui la détaillaient aussi avidement qu’elle le faisait avec lui. D’une voix qu’elle souhaitait respectueuse mais néanmoins teintée de cette douceur qu’on accordait immanquablement aux enfants :

- Votre Altesse, prince Mansour.

Adorable petit prince. Elle reconnaissait ces yeux, ceux d’Anthim. Il aurait été bien impossible, pour la gitane, d’oublier un tel regard.





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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptyDim 12 Nov - 14:48

La demoiselle des dunes se glisse souplement à la place que la première épouse lui désigne, et Shéhérazade sourit à Astarté, ravie de rencontrer enfin cette joaillière dont la réputation est déjà honorable au sein du harem. La gitane salue bien poliment Mansour qui gigote sur les genoux de sa mère, curieux de cette nouvelle voix qu’il ne connaît pas, et sa gaieté toute enfantine réjouit le cœur de la concubine. À voir la douceur avec laquelle la fille des sables s’adresse à son fils, prenant la peine de lui accorder son titre et son rang, la princesse des Sinhaj sent son estime pour l’artisane croître assez nettement. Pleine de curiosité, elle dévisage son invitée de ses prunelles d’encre, étudiant chaque posture, chaque intonation, avec l’instinct affûté de celle qui a passé dix ans de sa vie à observer pour mieux survivre.

Elle l’aime bien, pour l’instant.

« L’honneur est mien, maîtresse artisane. L’excellence de ton art te précède, et je me dois de saisir cette opportunité qui m’est donnée de te dire tout le bien que je pense de ton travail. Mon époux s’est procuré auprès de la Guilde des Joyaux les six bracelets que je porte en présent pour la naissance de mon fils, et je ne me lasse pas de les voir à mes poignets. L'on m'a dit que c'est toi qui les a réalisés. » D’un geste élégant, la première épouse fait tinter les six ornements sertis de pierreries qui encerclent ses poignets – six anneaux de métal, un par enfant – cinq d’argent pour leurs filles, le sixième d’or pour leur fils. Elle les aime, ces bijoux bien plus simples que les parures tape-à-l’œil que certaines concubines aiment exhiber. Elle les aime justement pour leur simplicité, pour le gage d’affection tranquille qu’ils représentent ; et chaque jour trouve Anthim un peu plus aimé, un peu plus chéri, dans le secret de son cœur.

Sur ses genoux, Mansour s’agite soudain – son œil curieux a sûrement été attiré par les couleurs chatoyantes du sari élégant de la gitane, et Shéhérazade l’observe avec intérêt glisser de ses genoux et ramper avec grande détermination en direction de la dame aux si jolis vêtements. Une fois arrivé à destination, le petit interrompt sa reptation méthodique et s’assied avec résolution, contemplant un instant la visiteuse, les sourcils plissés dans une expression de réflexion si sérieuse qu’elle rappelle furieusement Anthim à Shéhérazade. Une fois son opinion faite, à ce qu’il semble du moins, l’enfant tend les bras impérieusement vers la gitane, le regard câlin, dans le geste dont il est coutumier lorsqu’il demande à prendre de la hauteur. « Il souhaite que tu le prennes dans tes bras. », indique la concubine à la joaillière, un sourire malicieux au coin des lèvres. Nul doute que lorsque l’enfant sera dans la position convoitée, il n’aura de cesse de vouloir attraper le charmant collier qui pare le cou de leur invitée, afin d’en enfourner les pierres si jolies, si brillantes, dans sa bouche !

À voir comment la belle artisane réagira aux tentatives exploratoires de Mansour. Allons, se dit la concubine – si elle le prend sur ses genoux, elle marque un point. Il est facile de déguiser ses intentions avec un beau discours, et de sourire pour masquer de bien noirs desseins ; mais il est bien rare que l’on déguise sa réaction naturelle devant un enfant un peu trop envahissant.




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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptyMar 12 Déc - 17:17

Les bracelets scintillaient, sur le bras fin de la première épouse. La joaillière ressentait un élan de fierté à voir ainsi ses créations être pleinement assumées et appréciées par une Erebienne d’importance. Les compliments de Shéhérazade lui firent incliner la tête bien bassement, en guise de reconnaissance, alors qu’aucun mot n’arrivait à franchir ses lèvres. Astarté avait conscience d’avoir un talent certain, particulier, et que sa passion pour son art était sans doute ce qui plaisait à ses clients. Mais l’entendre d’une première épouse, avec autant de sincérité, l’intimidait autant que cela la charmait. Six bracelets. Elle se souvenait bien de cette commande. Une balance discrète était soigneusement gravée à l’intérieur des bracelets d’argent. Un scorpion pour le garçon. Une signature discrète que seule la porteuse devait connaître.

Le petit homme la regardait avec une curiosité bien vive, malgré son jeune âge, et la gitane suivait son évolution jusqu’à elle pour tendre ses bras potelés en sa direction. Pendant un instant, Astarté en oubliait la raison pour laquelle elle était présente ici, au coeur du harem, en compagnie de la première épouse. Son regard de chat fixé sur le prince, elle se questionnait s’il était acceptable ou non de prendre contre elle un enfant de ce rang. Le souvenir de Qasim était encore puissant. Elle l’avait bercé, ce petit héritier encore nourrisson. ... Pourquoi Mansour ne pourrait-il pas? L’amusement dans la voix de Shéhérazade avait fini par la convaincre tout à fait. Alors elle déposa son coffret précieux et tendit les bras, elle aussi, faisant bruisser fort joliment ses parures sous le regard fasciné de l’enfant. Le petit prince avait ce qu’il réclamait : être cajolé par la nouvelle venue, confortablement posé sur ses genoux.

- Sa Grâce, la Sultane Sitara, m’avait introduite auprès de son fils, Qasim. Je lui avais trouvé une ressemblance avec l’agate, pour sa force et sa vigueur, pour les épreuves qu’il avait déjà traversé. Pour votre fils, j’y vois plutôt…

Elle abaissait son regard sur le petit qui délogeait son ambre enchâssée d’entre le renflement appétissant de sa poitrine. Il ne patienta aucune validation pour planter la pierre précieuse dans sa bouche un peu baveuse, satisfait et le regard bien coquin de son larcin. Le gloussement de la gitane s’était fait entendre dans ce salon petit et confortable. Un rire petit, léger, chargé de réserve.

- Mais ce n’est pas un repas digne d’un prince…

Son index avait roulé sur sa joue ronde jusqu’à récupérer la pierre étincelante. Il grimaça un peu, sortant sa langue rose pour se remettre de la fraîcheur de la monture d’argent. Il était adorable, c’était un fait. La gitane s’assura de retirer la moiteur de sa pierre avant de la dissimuler tout à fait sous son sari, loin de la convoitise du jeune héritier.

- Ce ne sont que des histoires… Mais la jade, peut-être, lui conviendrait. En portant cette pierre, on raconte qu’il attirerait sur lui le regard du Destin, pour profiter de sa chance. Peut-être pourrais-je lui en offrir une, lisse et soigneusement taillée, afin qu’elle le veille durant ses nuits?

Astarté fronça un peu les sourcils, mal à l’aise de son audace. Elle qui était si discrète et silencieuse, d’ordinaire, se laissait aller à un babillage qui ne lui ressemblait que trop peu. Peut-être était-ce cette impression d’isolement, dans ces appartements richissimes, au coeur du palais, ou encore le portrait que lui avait décrit Anthim d’Erebor, concernant sa belle Shéhérazade..? Pour faire diversion, la joaillière éloigna un peu son visage de sur la tête bouclée du bambin afin de mieux le voir. Il observait sa mère avec fascination, bien heureux de la voir là, devant lui, comme une apparition, le regard brillant d’amour. Oh… Comme elle aurait aimé gazouiller à son oreille, lui demander si c’était bien maman, là, de l’autre côté de la table, l’encourager dans son affection déjà débordante. Sa timidité l’enveloppait plutôt, et la gitane se contenta de le serrer un peu plus contre elle sous une étreinte discrète. Peut-être… Peut-être pourrait-elle le lui rappeler, lorsqu’il sera plus âgé, ce jour de leur rencontre où il avait plongé sa main potelée à sa poitrine pour lui dérober son ambre.





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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptyVen 22 Déc - 18:13

Shéhérazade la sent surprise, la belle Astarté, et l’observe tranquillement, un sourire méditatif au coin des lèvres. Oui, elle reste un peu interdite, la jolie gitane ; mais rapidement, elle dépose son coffret rempli de merveilles, tendant les bras à Mansour dans un bruissement d’étoffe et un tintement de métal qui semble fort intriguer l’enfant. Il rejoint les genoux convoités avec un roucoulement de satisfaction heureux, et le sourire de la première épouse s’intensifie, ajoutant une nette dose de tendresse à sa réflexion attentive. Cette femme-là ne semble pas une ennemie, et la princesse des Khamsin songe qu’elle l’apprécie, cette fille des sables un peu bohème qui fait si bonne impression au premier prince.

Si bonne impression qu’il n’hésite pas à enfoncer gaiement son petit poing potelé entre les seins rebondis de la visiteuse, s’emparant avec grande détermination du pendentif convoité qu’il a tôt fait d’enfourner comme pour la dévorer. Le regard qu’il tourne vers Shéhérazade ensuite est si plein de malice réjouie et de fierté devant l’exploit accompli que la première épouse se joint gaiement au rire discret de la gitane, de bon cœur et sans réserve. « Il tient certainement son charme de son père, ne crois-tu pas ? » La remarque s’est faite sur le ton de la plaisanterie, même si la concubine est certaine de ce qu’elle dit. Anthim a parfois, dans l’intimité, ce regard chargé de malice et de gaieté dont Mansour use sans vergogne pour obtenir ce qu’il désire. Il n’a qu’un an à peine, pourtant – quel tombeur, quand il en aura vingt ! Le regard de Shéhérazade s’emplit d’un amour maternel démesuré, et d’une fierté farouche devant le seul des princes qui ne soit pas né de la sultane. Son fils, son fils à elle – beau, et solide, et charmant ! Quel accomplissement, pour une des femmes du harem, que de produire un garçon là où la plupart n’ont que des filles.

Astarté a repris la parole, et son hôtesse s’arrache à son fil de pensées, focalisant à nouveau son attention sur la femme qui accueille la turbulente présence de son fils sur ses genoux, et qui parle de présent à lui offrir, le serrant contre elle avec grande prévenance. La délicatesse de l’attention et la finesse de la réflexion séduisent grandement l’esprit affûté de Shéhérazade, et elle hoche la tête avec gratitude, son sourire se doublant d’une certaine surprise à présent. Un instant, elle reste la bouche entrouverte, cherchant les mots susceptibles de traduire à quel point la démarche inédite de la joaillière l’a prise au dépourvu. « Il est… bien rare, gitane, que des visiteurs du harem s’intéressent à une autre épouse que la sultane ; et tu es la première à t’intéresser au bien-être de mon fils tout autant que de celui du dauphin. Tu es une femme déconcertante, Astarté des Sables – je suis curieuse de mieux te connaître. C’est avec gratitude que j’accepte ta proposition, et je te remercie des bons soins que tu dispenses au premier prince. Dis-moi, Faiseuse de Merveilles – as-tu donc toi-même des enfants, pour traiter le mien avec tant d’égards ? »




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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptyDim 21 Jan - 17:23

Il avait le regard d’Anthim d’Erebor et les paroles de la première épouse ne firent de conforter la gitane dans son idée. Elle acquiesca alors, un sourire fin sur ses lèvres pulpeuses. Oui, il tenait assurément son charme de son père. Par pudeur mais surtout par respect pour Shéhérazade, Astarté n’élabora pas plus l’idée. Elle n’était pas ici en ennemie, elle n’était pas ici pour poétiser l’époux devant l’épouse. Ne devait-elle pas le partager avec un harem entier? Astarté ne s’ajouterait pas au nombre, même si la simple idée d’éveiller la jalousie d’une telle femme lui semblait irréaliste. Elle était belle, évidemment, mais sa vivacité savait plaire.

Au sujet des pierreries, le silence retomba, entre elles. Pendant un instant, la joaillière avait craint de s’être montrée trop précipitée, dans son offre pourtant généreuse. Peut-être craignait-elle un présent venu d’ailleurs, un présent qui veillerait les nuits de son garçon? Puis à son sourire, Astarté se détendit et lova plus confortablement encore le petit homme en devenir contre elle. Légèrement calé contre sa poitrine, il suivait un moment les bracelets scintillants de la gitane avant de tendre une main assurée. Sans s'embarrasser, désormais qu’il avait fait bien pire, elle le laissa s’amuser à tâter les ornements, son attention rivé sur sa mère. Ses paroles étaient cruelles, d’une certaine manière. Plus que jamais, Astarté était certaine d’avoir fait le meilleur des choix en refusant d’intégrer le harem d’Erebor, malgré l’honneur que cela aurait pu représenter pour elle et les siens. Ce n’était pas l’anonymat et la discrétion, dans l’ombre d’une sultane, qui la gênaient. Encore moins en sachant combien douce et bonne était Sitara d’Erebor. C’était le confinement. Ne pas pouvoir offrir autant d’amour à ses propres enfants au détriment de ceux des autres. Que d’amertume devait-elle vivre, derrière les riches ornements du palais de Vivedune, la jolie Shéhérazade.

- Saviez-vous, première épouse, que ma première rencontre avec le roi des Gitans fut en votre honneur? Des perles de lune, pour une femme douce et noble, autant de coeur que d’esprit. Ce fut sa demande, pour l’astre de ses nuits. Les présents pour la sultane furent commandés ensuite.

Anthim d’Erebor avait espéré que la rencontre se fasse rapidement, entre elles, tant il était persuadé qu’elles sauraient se plaire. Malheureusement, le Destin avait lui-même fait en sorte que la rencontre ne se produise pas et l’avait fait se repousser jusqu’à ce jour. Les paroles du duc d’Erebor étaient encore précises à son esprit, tout autant que ses écrits, sur Sitara et Shéhérazade, qu’il lui avait fait parvenir. Elle était privilégiée d’avoir eu droit à tant de confidences. Il était lucide, son roi et sauveur. Astarté ne savait pas si Shéhérazade lui était naturellement agréable par sa nature et leurs caractères sans doute similaires, ou bien parce que Anthim lui-même lui avait soufflé l’idée.

- Je n’ai pas d’enfants. Son regard se posa sur le petit Mansour qui gigotait déjà, trop énergique pour se contenter des câlins d’une seule femme. Elle le souleva pour mieux le reposer au sol, loin de sa boîte de merveilles, afin qu’il retrouve sa mère s’il le désirait. J’y avais cru... J’avais cru voir une promesse, mais il ne voulait rien.

Il n’avait rien voulu d’elle. Sicq Qoraïch. Son sourire s’était fait plus songeur, nullement teinté de tristesse. Il lui avait pris deux années de sa vie. Deux années pour l’oublier, pour ne plus souffrir d’entendre son nom, pour ne plus s’écorcher à le prononcer. Désormais… Il y avait quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui lui avait fait oublier Sicq par son seul regard, qui lui avait fait renoncer à Sinh Qoraïch par quelques notes sur sa cithare. Elle serait prudente, cette fois, afin qu’il ne parte pas avec ce qu’elle avait de meilleur.

- J’aimerais, un jour, en avoir, moi aussi.

Pudique, elle avait incliné la tête pour se soustraire au regard de la première épouse. Plutôt, elle avait recueilli son coffret sur ses genoux et jouait avec le loquet un instant afin de l’entrouvrir. Le présent convoité était là, en sécurité, patientant son heure pour briller.

- Il est aisé d’aimer les enfants. Ils ne connaissent rien du monde et du malheur. Je souhaite que votre garçon soit protégé de la cruauté encore longtemps.

La cruauté motivant les guerres, au-dehors, projetant larmes et sang sur le sable des dunes, tout autant que celle à l’intérieur du harem, insidieuse comme un serpent.





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Message Sujet: Re: Une merveille en cage   Une merveille en cage EmptyMer 7 Fév - 0:43

La tranquille politesse d’Astarté plaît à Shéhérazade, et c’est avec joie qu’elle laisse la conversation se poursuivre et dériver, comme une rivière paisible qui se plairait à couler en harmonie avec les paysages qu’elle traverse, sans les perturber. La gitane est humble, laborieuse et honnête, de ce qu’en capte la concubine, et il est bien rare pour l’oiseau de harem de rencontrer des femmes qui ne soient pas des rivales, voire des ennemies. Mansour pépiant gaiement sur ses genoux, la princesse des Khamsin fait venir de quoi boire et manger, et s’extasie devant la parure merveilleuse que la talentueuse joaillière lui présente. « Joseï en soit témoin, c’est un véritable trésor que tu m’apportes, gitane… ! » murmure-t-elle, le souffle coupé devant tant de splendeur. Les pierres de lune luisent doucement dans la lumière éclairant les appartements de la première épouse, et elle s’empresse de revêtir la parure, profondément émue de voir qu’Anthim a pensé à elle pour l’anniversaire de leur fils – et ravie de recevoir un aussi beau présent.

Tout l’après-midi ne lui suffit pas à exprimer sa gratitude, et c’est avec tristesse qu’elle constate que le soleil décline lentement à l’horizon. Les heures ont défilé sans vraiment qu’elle ne les voie passer, prise par sa conversation avec Astarté. Oh, elles ont parlé de tout : des vallées funéraires veillées par les Khamsin, de la grotte dans laquelle l’on a enfermé il y a longtemps des enfants pour les forcer à travailler, du tendrement aimé Shahryar et du formidable Solal, du confinement du harem et du vaste monde extérieur, des terribles harpies hantant les couloirs et d’une marquise un peu trop exubérante, de l’art délicat du tatouage qui orne les corps d’arabesques d’ombre et de celui de la joaillerie qui les pare d’étincelles de lumière. Oui, l’on a beaucoup parlé, de tout et de rien, la gitane avec une réserve pleine de pudeur et la concubine avec une dignité empreinte de modestie, l’enfant allant et venant entre elles, quêtant baisers et câlins en plongeant sans vergogne ses petites mains partout où il apercevait l’éclat doré d’un bijou caché.

Mais voilà que le soir s’en vient, et les filles de Shéhérazade qui ont une à une rejoint leur mère s’arrachent à leur contemplation coquette de la boîte à trésor d’Astarté pour emmener Mansour prendre son bain. Restées seules, les deux femmes se jaugent un instant du regard, et un sourire sincère s’épanouit largement sur les lèvres expressives de la première épouse. « Je te remercie pour la minutie et l’application avec lesquelles tu as façonné ces bijoux que je porte, Astarté – et je te remercie d’avoir illuminé ma journée de la joliesse de ton âme et de la bonté de ton cœur. J’espère que mon époux me permettra de te revoir, si cela t’agrée – j’aimerais que nous soyons amies. »

Une étreinte à Mansour, une prise de congé élégante, et une pléthore de sourires tout aussi timides que prudents – et voilà, l’adroite joaillière s’en est allée avec son coffret aux merveilles, laissant derrière elle une première épouse se promettant de présenter à son sultan d’époux toute l’ampleur de sa gratitude, pour le beau présent tout comme pour celle qui l’a créé.



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