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 Un noeud coquin et un ruban de satin

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Message Sujet: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyDim 8 Oct - 23:13


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Liselotte Passefil & Sixtine d'Ibélène

Un noeud coquin et un ruban de satin

L'après-midi shopping/potins



• Date : 6 octobre de l'an 1002
• Météo (optionnel) : froid et pluvieux
• Statut du RP : privé
• Résumé : Liselotte va trouver Sixtine pour des essayages de robes derniers cris.
• Recensement :
Code:
• [b]6 octobre de l'an 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2731-un-noeud-coquin-et-un-ruban-de-satin#83494]Un noeud coquin et un ruban de satin[/url] - [i]Liselotte Passefil & Sixtine d'Ibélène [/i]
Liselotte va trouver Sixtine pour des essayages de robes derniers cris.

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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyDim 8 Oct - 23:15

Tu es préoccupée. En même temps, tu as toutes les raisons d'être préoccupée. Les mages sont guéris, l'antidote se répand plus vite que les commérages de la cuisinière. Même s'ils sont encore faibles, ils reprendront des forces et gagner du terrain sur Faërie ne sera plus aussi facile avec des chevaucheurs au mieux de leur forme. Tu es consciente de la gravité de la situation et des décisions compliquées que doit prendre Octave. Tu as réussi à soutirer quelques informations sur le Conseil de Guerre. Des mots, des phrases qui ont échappé aux généraux et qui ne pensent pas une seconde que ton esprit a déjà commencé à analyser le tout. Oh bien sûr, tu ne peux pas faire grand chose. Tout au plus, souffler quelques conseils à ton frère, en lui laissant croire que les idées viennent de lui. Les hommes sont si fiers et si bornés lorsqu'il s'agit de la guerre. A croire qu'elle les prive de leur jouet préféré. Pour le moment, tu ne t'y risques pas. L'équilibre est encore beaucoup trop fragile. Ton frère porte une couronne provisoire pour sauver les apparences mais c'est surtout le Conseil qui gère les affaires militaires. Et il est hors de question que tu viennes te frotter au Conseil. Le risque est trop grand. Tu as l'habitude depuis le temps. Pas de précipitation, tu vois plus loin et tu attendras ton heure. En attendant, tu as beaucoup à faire toi-même. Après la mort de ta mère, tu as hérité de toutes ses tâches et ta mère avait de quoi s'occuper. Entre la tenue du palais, le bon séjour des invités, les plans de tables de réceptions et les cadeaux aux régents des duchés pour améliorer les relations, tu n'as pas de quoi chômer. Heureusement pour toi, ta mère avait le sens de l'organisation et était très prévenante. Qualités qu'elle t'a inculqué et qui t'ont permis, alors qu'elle était encore de ce monde, de faire tes preuves. Sous son œil vigilant, tu as organisé des réceptions, accueilli les filles de hauts dignitaires ou secondé ta mère lors de la disposition des places, lors de repas diplomatiques. Elle a fait de toi une future Impératrice et tu arrives à t'en sortir. Tu as repris les têtes de confiance de ta mère, plus quelques nouvelles qui te semblent prometteuses, que tu avais repéré auparavant et que tu as placé sous l'enseignement des anciennes. Mais personne ne peut remplacer la figure maternelle et, surtout les premiers jours, tu t'es surprise à marcher vers ses appartements, comme pour lui chercher conseils.

-Altesse, dame Passefil, votre couturière, demande à entrer, te prévient Hjördis.

Ah oui, la couturière. Elle confectionne les plus belles robes d'Ibélène et tu la sollicites régulièrement. Ta mère aussi, appréciait ses tenues. Après tous ces événements, tu as besoin de renouveler ta garde-robe. Beaucoup trop de tes tenues te rappellent des souvenirs douloureux et tu as décidé de faire un peu de tri. De plus, ta nouvelle position t'oblige à porter des confections plus « femmes » que ce dont tu as l'habitude.
Tu apprécies également la compagnie de la couturière qui est toujours de bonne humeur et arrive même à t'arracher des sourires. C'est plutôt devenu rare ces derniers temps. Les temps sont sombres et ne se prêtent pas à la bonne humeur. Peut-être que cette petite pause te fera du bien.

-Fais-là entrer Hjördis.

Tes suivantes installent le petit podium sur lequel tu as l'habitude de prendre place lorsque l'on prend tes mesures, juste face à un grand miroir qui te permet de t'observer dans ta totalité. Une domestique entre à la suite de ta couturière, un plateau de thé et de pâtisseries chaudes dans les mains.

-Bonjour Dame Passefil. Je suis heureuse de vous revoir.

Formule de politesse très basique mais tout de même honnête. Cela fait un moment que tu ne l'as pas vu, la situation ne s'y présentant guère.

-Désirez-vous boire quelque chose ?
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Liselotte Passefil
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyDim 15 Oct - 21:06

Il y a quelques temps déjà, qu'elle s'ajuste ce nouveau quotidien, la jeune couturière. La vie au palais d'Ibelin a relativement changé ; l'atmosphère est différente, encore teintée du deuil impérial et du poids de la perte de ses deux souverains. L'empereur est toujours là pourtant, mais dans une inconscience qui inquiète un peu plus chaque jour. Quant à l'impératrice... que Sithis veille sur elle désormais. Liselotte lui portait une certaine affection, celle d'une employée à une employeuse, celle d'une sujette à son impératrice. Elle avait du caractère et de la poigne, un franc parler tout à fait appréciable, malgré son caractère intransigeant et son ambition démesurée. Oh, elle connaît bien tout cela, cette chère Liselotte et elle l'approuve. Et pourtant, elle ne regrette que vaguement son absence. Sans le couple impérial, il ne reste guère que le jeune prince et sa soeur, deux jeunes personnes qui ont encore bien des choses à apprendre, et un potentiel manipulable à ne pas négliger. Deux personnes influençables dont tout le monde se rapproche de façon plus ou moins subtile après la tragédie qu'ils ont vécu, tentant de siffler à leurs oreilles tel des serpents, afin de les amadouer. La couturière n'est pas en reste, mais elle dédaigne ces méthodes sans finesse de ces amateurs.

Depuis sont retour de Lughnasadh, elle se fait assez présente pour que l'on ne l'oublie pas au sein de la cour impériale, pour asseoir sa position de couturière de la famille – et pas uniquement de feue l'impératrice – pour qu'on sache qu'elle est toujours fidèle au poste malgré les derniers événements. Mais elle se fait assez discrète également pour ne pas être de trop, pour ne pas étouffer les personnes importantes de sa présence. Elle se fait indispensable, mais pas écrasante. Ses pérégrinations dans les couloirs, durant les dernières semaines, lui ont appris bien des choses. Entre autres, que la sécurité du palais s'est encore renforcée, que les jeunes héritiers sont étroitement surveillés, que l'empire s'inquiète d'avoir un prince inexpérimenté à sa tête – après ce qu'il s'est passé avec Chimène, comment leur en vouloir ? Les domestiques parlent et ils parlent beaucoup. Rumeurs, ragots, véritables témoignages, tout se mêle dans un imbroglio dont Liselotte démêle les fils afin d'en tirer les plus utiles à ses desseins.

Ce jour-là, elle compte bien profiter de sa position auprès de la princesse pour renforcer sa place au palais, puisque celle-ci lui a demandé de nouvelles robes à son intention. Une aubaine pour la couturière à qui il tarde de montrer ses dernières créations. Accompagnée d'une servante qui l'aide à transporter son matériel, elle se rend aux appartements de la princesse Sixtine et annonce sa présence aux gardes qui font à leur tour passer le message. Quelques secondes à peine s'écoulent avant qu'elle n'entre, le visage radieux, un sourire poli sur les lèvres.

« Bonjour Dame Passefil. Je suis heureuse de vous revoir. » Liselotte met un genou à terre en guise de respect. « Moi de même votre Grâce, c'est toujours un honneur. » répond-elle, le ton léger mais emprunt de sincérité. Son regard se pose l'espace d'un instant sur sa fidèle suivante qui ne la lâche pas d'une semelle, un bref sourire en coin sur les lèvres délicates de la Cielsombroise, disparu en un éclair pour s'adoucir face à celle qui a demandé sa présence.

« Désirez-vous boire quelque chose ? » « Rien pour le moment, princesse. Je vous remercie. » Tout en se redressant, Liselotte fait signe à la servante de déposer les affaires sur une table vers laquelle elle se dirige également. Vêtements et accessoires s'entassent sous ses yeux avec un plaisir qu'elle a du mal à contenir. Oh, le moment d'essayer ses merveilles, c'est toujours un plaisir pour l'artisane ! « J'ai pris la liberté de vous apporter quelques uns de mes plus récents modèles. Ces robes devraient être à votre taille, mais vos dernières mesures datant de quelques temps déjà, je devrai peut-être faire quelques ajustements ici et là. » Rien de bien compliqué pour la Cielsombroise qui est parée à tout. Elle-même relève son voile délicat pour mieux se concentrer sur son travail. De la table, elle s'empare d'une robe couleur grenat à la laine douce et travaillée, de la meilleure facture, à la mode kyréenne mais ajustée à sa manière. Ses manches se terminent sur de la fourrure, tout comme le col, idéal pour Ibelin et ses trajets en Valkyrion. « Celle-ci devrait vous plaire, pour votre quotidien, Altesse. J'ai quelques idées d'accessoires et de bijoux qui se marieraient très bien avec la simplicité de sa coupe, je pourrai vous en faire part si vous le désirez. » Et la couturière de lui tendre la robe avec un sourire délicat. Puis, la mine un peu plus affaissée, elle ajoute : « Pardonnez mon inconvenance, mais je voudrais vous présenter toutes mes condoléances pour sa Grâce, votre mère. Je n'ai malheureusement guère eu l'occasion de vous le dire de vive voix, mais sa disparition me touche. Si je puis faire quoi que ce soit, je suis à votre service. » Elle mime parfaitement le chagrin, mais ses mots ne sont pas que mensonges. Elle se met sincèrement au service de cette jeune femme pleine de potentiel, au caractère qui s'affirme de jour en jour. Tant que ses desseins iront dans le même direction que les siens, évidemment.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Dernière édition par Liselotte Passefil le Dim 5 Nov - 18:01, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptySam 21 Oct - 15:58

La Créatrice Merveilleuse porte admirablement bien son nom. Ta mère a su discerner son talent incroyable. Sous ses mains, les vêtements se parent de merveilles. Tu la sais fidèle à feue l'Impératrice et espère pouvoir compter pareille alliée en tes rangs. Avoir une couturière de renom près de toi, implique des tenues distinguées qui mettront en valeur ta royauté. Un atout considérable dans un monde où les apparences comptent pour beaucoup. Après une élégante salutation, la couturière entreprend d'étaler ses dernières merveilles et tu ne peux empêcher tes yeux de briller de convoitise. Tu as toujours apprécié la mode, les belles robes. Ton oeil acéré capte également l'attention de Hjördis qui partage ce même goût que toi. Malheureusement, elle sait que la Kyréenne, même si elle lui reconnaît son talent, a beaucoup de mal  à apprécier l'artisane. Tu connais les ressentiments entre les deux femmes et tu les déplores beaucoup. Si elles ne manifestent aucune réelle animosité en ta présence, tu as longtemps subi les mises en garde et les suspicions de ta suivante qui ne lui fait absolument pas confiance. Toi qui prends toujours ses conseils très à coeur, tu as pourtant mis ceux-là de côté. Oh, tu ne les oublies pas, tu n'oublies jamais rien. Mais dame Passefil est, de loin, l'une des meilleurs couturières d'Ibélène et il est hors de questions que tu te passes de ses services, sous prétexte d'un différent entre elle et ta suivante. Tu te contentes donc de balayer les suggestions de Hjördis en la priant de ne plus l'importuner avec ça. En bonne Kyréenne, elle t'a écouté, même si tu n'ignores pas que tu l'aies un tantinet froissée. Mais bon, Hjördis est ton amie mais tu es, avant tout, princesse d'Ibélène. Et c'est ta décision de garder dame Passefil auprès de toi.

Très intéressée, tu t'approches un peu plus pour contempler les luxuriants motifs qui parent la robe grenat. D'une main assurée, tu caresses le tissu soyeux, une expression rêveuse sur ton beau visage. Effectivement, le tissu est très doux, agréable au toucher et paraît aussi léger qu'une plume. Tu prends finalement la robe, la posant sur toi, comme pour jauger déjà à quoi tu pourrais ressembler dedans. Puis tes yeux se parent d'un léger voile de tristesse et tu hoches la tête.

-Votre inconvenance est toute pardonnée, si l'on peut réellement parler d'inconvenance. Votre sollicitude me touche, Dame Passefil. L'Impératrice avait un grand respect pour vous.

Tu chasses les pensées de ta mère de ton esprit. Elles sont encore trop douloureuses. La blessure mettra du temps à guérir. Cependant, tu te refuses de t’apitoyer ou de montrer clairement ton chagrin. C'est une tristesse, une douleur, que tu couves dans les profondeurs de ton cœur. Elle restera tienne à jamais. Mais dehors, le monde continue de tourner. Et il n'a pas le temps de s'arrêter sur les tristesses de ses habitants. Tout noble ou impératrice soient-ils.

-Vous avez raison, cette robe est magnifique et sera idéale au quotidien. Hjördis, vient m'aider.

Tu t'absentes un moment derrière le paravent, secondée par Hjördis qui t'aide à te défaire de tes vêtements pour passer le nouveau. La couturière a vu juste, une fois de plus. La robe est idéale sur toi, absolument somptueuse. Quelques retouchent sont à prévoir mais, globalement, tu n'as pas beaucoup changé depuis les dernières mesures. Tu viens donc te placer au centre de la pièce, devant ton grand miroir, attendant que les mains habiles de Dame Passefil fassent étalage de leur parfaite maîtrise.

-Comment sont les affaires pour vous ? demandes-tu, mine de rien. Votre talent est très réputé à travers Ibélène. Je suppose que vous avez beaucoup à faire.
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Liselotte Passefil
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyDim 5 Nov - 18:59

La couturière voit dans le regard de la princesse toute la convoitise que lui inspirent ses créations. La jeune femme a un goût certain pour les belles choses, elle a déjà pu s'en apercevoir auparavant, et elle ne doute guère que ces nouvelles parures lui conviendront parfaitement ; elle est sûre d'elle, la Cielsombroise, plus encore lorsqu'il s'agit de ses robes. La princesse sera belle, ainsi vêtue, son port altier et sa stature ajoutant une noblesse à son apparence qu'aucun vêtement ne serait en mesure de combler autrement. Elle est élégante, délicate, mais elle est surtout digne et royale ; une personne comme elle en voit peut, la couturière, même si elle évolue très souvent au sein de la noblesse pour vendre ses créations. Liselotte apprécie le travail qu'elle effectue pour la famille impériale, qu'il s'agisse de la mère ou désormais de la fille. Ce sont des modèles qui se font rares, à son humble avis – qui n'est pas si humble que ça – et elle libère toute sa créativité pour chacun des vêtements qu'elle confectionne.

« Votre inconvenance est toute pardonnée, si l'on peut réellement parler d'inconvenance. Votre sollicitude me touche, Dame Passefil. L'Impératrice avait un grand respect pour vous. » Elle l'aperçoit à peine, cette lueur qui s'estompe dans ses yeux, et elle décide de ne pas insister sur ce sujet encore trop douloureux pour elle. Au moins a-t-elle fait passer son message, et elle incline la tête en signe de respect et de remerciement, pour ce rappel fort agréable de la place qu'elle avait auprès de feue l'impératrice. Peut-être pourra-t-elle encourager les confidences de la jeune femme un jour ; il n'est pas rare que ses clients s'épanchent à ses côtés lors de mesures ou d'essayages, ravis de babiller de façon incessante à l'oreille de cette artisane attentive et enjouée qui saura écouter dans juger. Elle la sait réservée et digne, mais elle sait également que le chagrin peut parfois pousser à s'épancher de manière imprévue. Sixtine est encore jeune et, même si elle semble avoir la tête sur les épaules, elle aura besoin de soutien. Liselotte sera là, le moment venu, visage familier dans un décor sombre. Elle est loin d'être le réceptacle de ses confidences, mais elle ne perd pas espoir d'obtenir un peu de cette confiance que sa mère lui octroyait.

« Vous avez raison, cette robe est magnifique et sera idéale au quotidien. Hjördis, viens m'aider. » Elle patiente, la petite espionne. Droite et silencieuse à côté du miroir, elle joint ses mains et attend sagement que la princesse ait enfilé la robe. Robe qui lui va à ravir, d'ailleurs. Le visage de Liselotte s'éclaire d'un plaisir sincère, la fierté rehaussant ses traits. Elle ne s'était pas trompée. En dehors de quelques retouches, la princesse est d'une élégance digne d'une impératrice. Et pourtant, c'est un modèle plutôt sobre.

Sans tarder, elle s'arme d'épingles, d'aguilles et de fil. Elle dépose le tout sur un tabouret à ses côtés, les aiguilles et épingles plantées dans un petit coussin aux broderies délicates. Il est temps de se mettre à l'ouvrage. « Comment sont les affaires pour vous ? Votre talent est très réputé à travers Ibélène. Je suppose que vous avez beaucoup à faire. » Son intérêt la surprend mais ne lui déplaît pas. Liselotte ne se lasse jamais de parler de son travail. « Les affaires vont bien, même si elles sont un peu au ralenti depuis quelques temps. » répond-elle en se penchant sur l'ourlet de la robe où ses mains habiles s'activent pour en épingler le tissu, ajustant la hauteur avec une vitesse que confère l'expérience. « J'ai une clientèle fidèle, mais celle-ci n'est pas aussi prompte à dépenser ses fleurons pour des vêtements alors que la guerre gronde à travers tout le continent. » Même ainsi, elle se fait largement assez d'argent pour vivre de façon confortable, mais elle ne juge pas nécessaire d'entrer dans les détails avec la princesse. « Je ne manque de rien bien sûr, votre famille a toujours été généreuse à mon égard et je serais bien ingrate de me plaindre du contraire. » ajoute-t-elle dans un petit rire entendu, signifiant bien aux personnes présentes qu'il ne s'agit que d'un trait d'humour.

Liselotte dépose une dernière épingle sur l'ourlet de la robe et se redresse pour observer la taille. Elle remarque que la robe semble plus ample que prévu ; la princesse aurait-elle perdu du poids depuis ses derniers essayages ? Les longs voyages et le deuil n'y sont sûrement pas étrangers. « C'est pourquoi j'ai été ravie que vous demandiez mes services, princesse. Pour une artisane, il n'y a rien de plus terrible que le désoeuvrement. » Son regard se tourne vers le miroir pour y observer celui de la princesse à qui elle adresse un sourire qui se veut complice. Puis ses mains se remettent au travail, ajustant la robe ici et là pour qu'elle tombe parfaitement sur sa silhouette.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyMer 6 Déc - 21:43

Tu sens les mains de la couturière s'affairer avec professionnalisme et sérieux autour de ta somptueuse robe. Quelques épingles viennent serrer la taille, des pinces corriger quelques erreurs de mesure. Tu as maigri, nul doute n'est permis, même si tes formes graciles et élégantes sont toujours au rendez-vous. Ton corps a subi la pression et le stress des derniers mois. Ces derniers jours tu les as passé sans manger grand chose, dormant à peine, trop occupée par le travail au palais. Tu comprends maintenant pourquoi ta mère et ton père ne semblaient jamais dormir. Le sommeil est devenu une denrée rare, tes nuits sont courtes mais ton attention doit rester à son maximum. Les Dieux seuls savent ce qu'une erreur risque de provoquer. Intérieurement, tu frissonnes. Tu trembles presque à cette idée. Mais tu es bien décidée de ne jamais la laisser passer. La voix enjouée de Dame Passefil te ramène à cette réalité que tu te verrais bien fuir de temps à autre. Fuir pour goûter à cette neige que tu aimes tant.
Tu hoches la tête doucement, signifiant que tu comprends ce qu'elle veut dire. Après tout, Dame Passefil était la couturière attitrée de ta mère. Elle est tombée amoureuse des merveilles de coutures qui sortent de ses mains habiles. Une vraie créatrice talentueuse comme sa mère les aimait. Elle est tout de même réputée, Dame Passefil, et certaines nobles dames s'arrachent ses belles parures. Même Hjördis, qui ne porte pas la couturière dans son cœur, reconnaît son habileté dans son domaine. Tu laisses un peu planer le silence, le temps de la laisser poursuivre son travail, contemplant son reflet dans le grand miroir. Il renvoie l'image de cette jeune fille au visage sérieux, légèrement tiré par la fatigue, où miroite une profonde détermination. Puis, contemplant toujours son reflet, elle laisse sa bouche devenir messagère de son cœur.

-Ma mère a toujours apprécié vos créations et elle m'a transmis cet amour du textile, ainsi que cet regard acéré pour détecter de jeunes talents.

Il est vrai que ta mère a tenu à t'inculquer elle-même certains principes, notamment l'importance des beaux vêtements, mettant en valeur ta royauté déjà naturelle. Tu as l'impression l'entendre te rappeler que la première impression commence par une parure somptueuse, ou encore qu'un vêtement parfaitement ajusté a le pouvoir de mettre en valeur la profondeur d'une âme. Tu te permets un petit sourire nostalgique mais amusé.

-C'est pourquoi je souhaite que vous restez à mes services tout comme vous l'étiez pour ma défunte mère. J'aimerai que vous deveniez ma couturière attitrée.

Tu n'as pas eu à réfléchir longtemps avant de songer à cette proposition. Elle coule de source. Tu aurais pu en faire un ordre, un décret mais tu sais qu'imposer une volonté à quelqu'un n'est pas toujours une bonne idée. Tu peux t'octroyer son travail mais pas son cœur et c'est avec le cœur que sort les plus belles choses. Tu as besoin de Dame Passefil pour sublimer ta beauté et ton élégance, pour qu'elle devienne un pion dans ton jeu mensonger. Ses robes, ses vêtements, vont majorer ta splendeur et toutes les facettes que tu souhaites montrer, tout en cachant les autres. Tout en dissimulant cette part sombre et inconnue, perdue dans les tréfonds de ton esprit.

-Vous bénéficierez des mêmes avantages que ceux que vous aviez avec ma mère. Je souhaite que vous ne changiez rien à vos habitudes. Je ne puis imaginer le palais sans vous. Et j'ai tellement pris l'habitude d'être vêtue par vous que j'éprouve quelque mal à confier cette responsabilité à une autre.

Tu as l'impression de sentir la désapprobation de ta suivante qui affiche pourtant un air parfaitement neutre. Bien évidemment, elle n'a pas son mot à dire. Tu connais ses réticences mais dame Passefil représente plus que quelques suppositions pour le moment infondé. Elle te connaît par cœur. Tes goûts, tes mesures... personne ne saura mieux t'habiller qu'elle. Ton regard toujours planté dans celui de ton reflet, tu attends donc sa réponse, le visage toujours aussi neutre.
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyDim 24 Déc - 1:18

« Ma mère a toujours apprécié vos créations et elle m'a transmis cet amour du textile, ainsi que ce regard acéré pour détecter de jeunes talents. » C'est un sourire doux qui se dessine sur les traits de la couturière, en souvenir de cette femme à l'oeil de lynx. Elle se rappelle encore ce jour où un domestique du palais l'a fait mandée auprès de l'impératrice. Elle se rappelle son maintien élégant, son regard clair et dur, son air farouche et ses paroles directes. Elle se rappelle sa poigne, sa force d'âme, son charisme indéniable. Elle se rappelle avoir fourmillé d'idées et d'envies pour habiller une telle femme, royale jusque dans sa façon de prononcer chacun de ses mots. Elle était alors à la recherche d'une couturière et c'est elle, Liselotte, qui avait été pressentie pour ce rôle. Ses merveilles à l'Aiguille d'Or avaient tapé dans l'oeil de sa grâce impériale et elle voulait que la Cielsombroise s'essaie à lui créer des parures sur mesure. Le défi était enfin à la hauteur de ses espérances et de ses ambitions – en tant que couturière mais aussi en tant qu'espionne. Enfin, Liselotte pouvait laisser libre cours à sa créativité, elle pouvait oser sans craindre les dépenses, car l'impératrice pouvait tout s'offrir. Elle l'a sublimée, dès le premier jour et durant tant d'années, sans jamais se sentir bridée. Parfois, elle lui disait ne pas aimer une robe ou un accessoire, alors elle reprenait, elle recommençait, jusqu'à la satisfaire, jusqu'à la rendre radieuse, jusqu'à ce que son apparence même intimide ceux qui la rencontraient. Des années à son service, des années au sein d'un cour qui la ferait connaître comme jamais aupravant. Elle doit beaucoup à Catarine d'Ibélène et elle regrette quelque peu sa disparition, mais ce qui devait être fait est fait désormais, et ce sera pour le mieux. À présent, elle a une princesse impériale qui nécessite toute son attention – une jeune femme en fleur, au début de l'épanouissement de toute sa beauté. Un parfait modèle pour toutes les idées qui foisonnent encore en son esprit.

« C'est pourquoi je souhaite que vous restez à mes services tout comme vous l'étiez pour ma défunte mère. J'aimerais que vous deveniez ma couturière attitrée. » Liselotte s'interrompt dans ses retouches, visiblement surprise. Son regard se lève pour croiser celui de la princesse, dans le miroir. S'attendait-elle à une telle demande ? Oui, elle l'espérait du moins, mais peut-être pas si tôt. Légèrement prise au dépourvu, elle cligne quelque fois des yeux, sans rien dire. « Vous bénéficierez des mêmes avantages que ceux que vous aviez avec ma mère. Je souhaite que vous ne changiez rien à vos habitudes. Je ne puis imaginer le palais sans vous. Et j'ai tellement pris l'habitude d'être vêtue par vous que j'éprouve quelque mal à confier cette responsabilité à une autre. » La princesse ne s'arrête pas là et Liselotte sent sa fierté se gonfler en son coeur, d'une telle demande, d'une telle confiance. Elle a su se faire sa place, à n'en pas douter, et désormais, il semblerait même qu'elle ait pu se faire indispensable – ainsi qu'elle aime le penser.

« Votre grâce c'est... un honneur. » répond-elle, après avoir repris contenance. Sans relâcher ses épingles ni son aiguille, elle s'incline bassement face à la jeune femme et garde la tête ainsi pour continuer. « J'accepte avec plaisir de rester à vos côtés. Je n'aurais pu espérer si grande marque de confiance de votre part et je compte m'en montrer digne. » Elle relève la tête, un sourire lumineux sur les lèvres. Inutile de feindre l'éclat qui l'anime, c'est à peine si elle l'accentue peut-être, elle qui aime tant les réactions théâtrales. Cette place au sein de la cour impériale est une place en or, et elle n'est pas prête à la céder avant longtemps. Il lui faudra écrire à la Cour au plus vite, afin de leur annoncer la nouvelle. « J'ai un grand respect pour vous et votre famille, princesse. Je ne suis qu'une humble couturière, mais si je puis vous apporter aide et réconfort par ma présence ou grâce à mes créations, j'en suis plus que ravie. » Être aux côtés de la famille impériale en tous temps, faire connaître sa présence et sa dévotion, tout faire pour se trouver au bon endroit au bon moment. « Je serai bien entendu à votre disposition, ainsi qu'à celle de votre frère. Comment... comment se porte-t-il d'ailleurs ? Je l'ai très peu aperçu depuis notre retour. » Oui, elle se tient à disposition. Car habiller des hommes est tout aussi dans ses cordes, ce n'est pas le duc de Lagrance ou celui de Sombreciel qui lui diront le contraire. Suite à sa question – pas si innocente – elle s'approche à nouveau timidement pour poursuivre ses retouches.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptySam 13 Jan - 15:13

Tu t'es attendue à une réponse positive. Du moins, tu l'as fortement espéré. Tu sais aussi qu'un refus ne ferait que germer une profonde déception en toi mais c'est un chemin que tu as envisagé. Ta mère te l'a souvent dit et tu ne peux, encore une fois, qu'approuver ses paroles sages. Tu as compris très vite qu'il vaut mieux demander plutôt que d'exiger. En demandant, en mettant en avant l'idée même qu'un refus est possible sans le regretter, tu peux t'octroyer la loyauté de tes serviteurs. Une solide loyauté, un véritable dévouement et une ardeur au travail. Des qualités que tu ne pourrais pas avoir avec autant de précision si tu exiges. Bien évidemment, tu es une princesse impériale. Tu n'aimes pas que l'on te refuse quoique ce soit, surtout que tes décisions sont toujours finement réfléchies avant. Exiger, tu le fais quand ton devoir te l'impose. Mais pour t'attacher les services de ceux qui te servent, mieux vaut toujours faire preuve d'une pointe d'humilité.

Tu soulages intérieurement de cette réponse positive, néanmoins satisfaite d'avoir fait ton petit effet. La couturière semble sincèrement honorée d'une telle confiance de ta part. Confiance qu'elle mérite. Elle a su, par ces temps, gagner ton respect. Et les faits sont là. Ses merveilles sont reconnues dans tout l'empire et tu as besoin d'une couturière qui sublime cette royauté qui est en toi. La famille impériale d'Ibélène a besoin de la crème de la crème, surtout par ces temps si obscures.

-C'est tout naturel. Vous m'en voyez ravie, dame Passefil. Vous m'ôtez au moins un soucis. Je n'ai plus à chercher une autre âme pour confectionner mes tenues.

Tu esquisses même un doux sourire. Au moins une chose qui restera normale dans ces temps troublés. Au moins une chose qui constituera un semblant de lien entre ta mère et toi. Sa couturière.
A sa question, tu ne réponds pas immédiatement. L'idée n'est pas mauvaise. Tu doutes de l'intérêt que peut porter ton frère à ce genre de détail. Mais c'est un homme. Et ses affaires relèvent d'un autre niveau que de celui de choisir une couturière. Tu sens l'amertume de gagner comme chaque fois que tu y penses. Une part de toi, fière et rancunière, n'hésiterait pas à refuser tout net, préférant garder un tel avantage pour toi. Une pensée bien vite refoulée. Tu sais les pensées que peuvent inspirer ton frère auprès des autres. Tu sais aussi l'importance de le garder comme digne hériter de ton père. Tu es pour le changement. Mais Ibélène n'est pas prête à changer immédiatement. Dame Passefil sera un atout dans l'image qu'il va entretenir. Tu ne peux te permettre de passer à côté. Pour le bien d'Ibélène.

-Mon frère est très occupé à régenter l'Empire. Il poursuit le travail de l'Empereur, admirablement secondé par le Conseil. J'ose espérer que nous sortirons bien vite de ces temps tourmentés. Tu marques une petite pause avant de reprendre, d'un ton plus léger. Mais, bien évidemment, vous vous occuperez également de mon frère. Les princesses ne sont pas les seules à devoir soigner leurs tenues et un futur empereur se doit d'être plus que présentable.

Tu ponctues ta phrase par un léger rire comme si tu trouves cette idée particulièrement amusante. Comme la tendresse d'une soeur envers son frère. En vérité, s'ils pouvaient échanger leur place... peut-être est-ce de la réelle naïveté. Continuer d'espérer ainsi de prendre la couronne alors que tous les événements ne font que l'éloigner de plus en plus de toi. Mais c'est également cet espoir seul qui continue à te faire tenir. Sans lui, tu ne serais qu'une coquille vide. Comme une robe, sans personne pour jamais ne la vêtir. Un être triste et désolé. Et tu te le refuses. Tu ne seras jamais ça. Lorsque tu te regardes, le reflet renvoie l'image d'une princesse forte. Certes, un peu fatiguée et triste par la mort de sa mère, mais une princesse forte et digne de son empire. Tu ne lui feras jamais défaut. Alors tu souris et cultive ton rêve en secret.
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptySam 27 Jan - 11:36

« C'est tout naturel. Vous m'en voyez ravie, dame Passefil. Vous m'ôtez au moins un soucis. Je n'ai plus à chercher une autre âme pour confectionner mes tenues. » Liselotte hoche la tête avec humilité, comme la servante dévouée qu'elle est pour la princesse impériale. Les règles de politesse, d'étiquette et de hiérarchie n'ont plus aucun secret pour elle et chaque mouvement se fait désormais avec aisance, automatiquement, sans qu'elle n'ait à y réfléchir. Tout est pourtant bien pensé, tout a un but dans ses paroles, dans ses gestes. Obtenir les faveurs de la princesse est une aubaine par les temps qui courent et elle sait que si elle parvient à gagner sa confiance avec le temps, peut-être la jeune femme saura-t-elle trouver en elle un réceptacle adéquat pour y déposer quelques unes de ses confidences. Car elle ne doute pas, Liselotte, qu'il y a bien plus sous la surface que cette princesse réservée et discrète, qui respecte chaque règle de bienséance avec justesse et précision. La couturière n'a jamais connu de noble aussi propre sur lui qui ne cache pas quelques pensées ou activités qu'il préférerait dissimuler aux yeux du reste du monde et en tant d'années de service, elle aimerait enfin pouvoir gratter la surface, maintenant qu'elle est plus vulnérable.

La couturière reprend sa tâche, ses gestes se font par la force de l'habitude et de l'expérience, mais son attention est toute dévouée aux paroles de Sixtine. « Mon frère est très occupé à régenter l'empire. Il poursuit le travail de l'empereur, admirablement secondé par le Conseil. J'ose espérer que nous sortirons bien vite de ces temps tourmentés. » Elle acquiesce, sans rien ajouter. Que dire de plus, après tout ? Liselotte évolue dans ce palais au quotidien, elle sent bien la lourdeur de l'atmosphère, le poids de la mort de l'impératrice qui pèse sur la cour, l'ombre de Sithis qui plane au-dessus du lit de l'empereur. Le jeune prince héritier endosse des responsabilités bien lourdes, bien trop soudainement. Une situation qui rappelle avec netteté celle du trône de Faërie, avant que l'empereur actuel ne prenne sa place sur le trône.

« Mais, bien évidemment, vous vous occuperez également de mon frère. Les princesses ne sont pas les seules à devoir soigner leurs tenues et un futur empereur se doit d'être plus que présentable. » Elle sourit doucement, en réponse au rire de la princesse. Une épingle reprend un pan de tissu. « J'ai l'intime conviction qu'un vêtement ne fait pas que couvrir. Parfois il sublime, parfois il impose le respect, parfois il attire la convoitise... » Les mots de l'espionne sont mesurés, exprimés d'une voix lente et sereine. Une nouvelle épingle transperce la laine. « J'aime mon métier car il me permet d'exprimer ce que les mots parfois ne peuvent pas dire. Pardonnez mon manque d'humilité, mais je pense fermement que c'est de là que mes créations tirent toute leur qualité, et non de la richesse de leurs étoffes. » La pointe d'orgueil est réelle et Liselotte est terriblement fière de son travail. La soie la plus fine ou le velours le plus doux ne sont rien s'ils ne sont pas travaillés par des mains qui savent ce qu'elles font. Habiller la famille impériale pendant des années lui a permis de mettre en valeur toute l'élégance et la puissance d'êtres placés au pouvoir, de les mettre en valeur dans chacun des moments de leur quotidien.

Liselotte se redresse, le visage plus doux, l'air satisfait. « J'en ai terminé avec cette robe, vous pouvez la retirer et essayer la suivante si vous le désirez. » Une robe de cérémonie cette fois, une robe qui saura mettre en valeur toute sa stature et son élégance, elle le sait déjà.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyMar 30 Jan - 17:01

-Je partage totalement votre avis, approuves-tu, l'air très sérieux. Un vêtement est un atout majeur, quelque soit la situation.

Il ne fait pas que sublimer. Les souvenirs lointains de ton passé surgissent sous tes yeux, comme pour te rappeler les fautes que tu as pu commettre. Tu te revois encapuchonnée comme une roturière, à écumer les tavernes, plumer quelques personnes aux jeux. Des souvenirs que tu préfères oublier, tant ils soulignent le désespoir qui a pu t'habiter, une certaine honte et ton plus grand malheur qui a suivi par la suite. L'espace d'un instant, les souvenirs te perdent, mais tu reprends vite contenance. Ils ne sont plus que ça. Des souvenirs. Un passé. Maintenant, toutes tes actions présentes n'ont pour objectif que ton futur.

-Vous pouvez vous permettre une certaine prétention, Dame Passefil. Vous êtes douée, vous le savez, il est inutile de le sous-estimer.

Avoir conscience de ces aptitudes n'est pas une forme de prétention. C'est un constat, un fait établi. Les gens doués font de belles choses. Ceux sans talents n'en font pas. La modestie ou la prétention, peut importe le caractère, c'est le résultat qui déterminera qui est quoi. Et il n'y aucune prétention à reconnaître sa valeur.

Tu hoches la tête tandis que tes servantes t'aident à te débarrasser du magnifique tissu qui ne manque pas de te sublimer, avant qu'elles ne t'aident à enfiler l'autre. Elle n'a rien à envier à la première. Tout aussi belle, même encore plus, elle dégage un côté impérial qui fait ressortir toute la princesse en toi. Inutile de préciser que tu es éblouissante et qu'une entrée dans cette tenue lors de grandes occasions, promet de belles choses pour l'avenir. Tu mets au défi quiconque prétendra le contraire et c'est avec un réel ravissement que tu te mires ainsi dans le miroir. Tes yeux brillent même d'admiration, te faisant sortir de la tête les quelques noires pensées qui hantent ainsi ton esprit.

-Dame Passefil, je dois dire que vous vous êtes surpassée, souffles-tu, admirative.

Tu n'arrives pas à détacher tes yeux de cette robe. Avec une profonde tristesse tu songes que ta mère est morte sans te voir dedans, mais tu sais à quel point elle serait fière et cette pensée suffit à te réchauffer le coeur. Tu as encore fait le bon choix. Ne pas garder Liselotte Passefil comme couturière officielle de la famille impériale serait une très mauvaise idée et tu es bien contente d'avoir eu rapidement le réflexe de lui proposer de rester. Parce qu'elle sait fait des merveilles comme nul autre. Et parce que sa bonne humeur t'offre également une bouffée d'air frais dans ce palais devenu si morne et triste depuis la mort de ta mère et la maladie de ton père. Tu sens qu'elle te sera très utile à l'avenir et que son aide te permettra d'accomplir de grandes choses.
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptySam 10 Fév - 22:11

« Je partage totalement votre avis. Un vêtement est un atout majeur, quelle que soit la situation. » Liselotte est fort satisfaite de cette remarque. Un vêtement, un accessoire... Ou même un accessoire sans aucun vêtement – le moindre détail peut faire la différence et il n'y a rien de mieux qu'une garde-robe soignée pour faire porter ses mots dans l'esprit de son interlocuteur. La couturière sait jouer des couleurs, des tissus, des coupes pour faire parler le corps, pour enluminer les gestes. Elle sait ce qui fera passer un message sérieux, elle sait quelle parure peut rendre frivole et quel vêtement permet une élégance que la seule présence ne peut assurer. « Vous pouvez vous permettre une certaine prétention, Dame Passefil. Vous êtes douée, vous le savez, il est inutile de le sous-estimer. » Le sourire que la Cielsombroise adresse à sa princesse impériale n'a rien de feint. Il y a chez la jeune femme un esprit vif et fier, comme en possédait sa mère. Un esprit qui est sûr de sa valeur et qui le revendique. Liselotte aime ça, et pas uniquement parce que ces quelques paroles flattent son ego. Non, elle aime cette assurance et cette détermination. « Je vous remercie votre Grâce, vos compliments me vont droit au coeur. » Elle incline bien bassement la tête, avec une franche gratitude.

Elle laisse alors un peu d'espace pour les servantes de la princesse qui ne tardent pas à l'aider à retirer la robe, puis à enfiler la seconde. Pendant ce temps, Liselotte étend soigneusement la première sur une chaise, tâchant de ne pas froisser les plis ou détacher les épingles destinées aux retouches. Quand elle se retourne, pourtant, son regard est adouci par la vision de la jeune femme dans la parure qu'elle lui a confectionnée. « Dame Passefil, je dois dire que vous vous êtes surpassée. » Un nouveau sourire, touché. Liselotte s'approche, observe Sixtine avec attention, la détaille sous toutes les coutures. « Elle est faite pour vous, princesse. » affirme-t-elle, d'une voix sereine et assurée. Son regard pétille toujours et au-delà de son orgueil, il y a la fierté d'avoir une princesse possédant une telle prestance – elle saura marcher dans les pas de sa mère, si on la guide suffisamment pour cela. Le bleu souligne son teint et les fils d'or qui le parcourent accentuent le port impérial de la princesse. Elle est imposante, sans être lourde. Elle est délicate, sans être fragile. Liselotte est particulièrement fière de son oeuvre.

« Voyez, je ne fais que souligner une beauté et une force déjà présentes. La robe à elle seule serait bien fade, sinon. » Flatterie ? Pas vraiment. C'est la Cielsombroise qui s'exprime, enchantée par ce qui ravit son regard. Liselotte aime les femmes et leurs courbes, leur visage fin, leur douce poitrine rebondie. Sixtine devient elle aussi une de ces femmes, belles et rayonnantes. Elle l'a vue grandir, pratiquement, depuis qu'elle est à Ibelin. Et désormais, elle est radieuse, malgré le deuil qui obscurcit ses traits. Est-ce déplacé, d'admirer ainsi la princesse alors qu'elle vit des moments si difficiles ? Pas pour Liselotte qui ne voit pas de mal à apprécier la beauté même dans les heures les plus sombres. Pour cela, comme pour bien d'autres choses, elle est bien cielsombroise. D'un geste délicat, elle réajuste légèrement la taille de la robe. « Vous ferez tourner bien des têtes, dans cette robe, je peux vous l'assurer. Je suis d'ailleurs étonnée que vous ne soyez pas déjà ensevelie sous les demandes. » déclare-t-elle, désireuse de détendre encore un peu l'atmosphère. Un si bon parti, une si belle femme, à l'âge qui est le sien... Oh, les parents doivent être intimidants, mais à présent qu'ils ne sont plus là, qui sait combien se sentiront assez hardis pour tenter leur chance ?




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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyLun 12 Fév - 14:35

Tu ne doutes pas de la véracité des propos de la couturière. Il ne te suffit que de l'observer pour comprendre que cette robe est faite pour toi. Ce complexe mélange de bleu et or surlignera à merveille ta présence impériale, preuve que la couturière te connaît parfaitement bien. Et plus tu admires sa création, plus tu te félicites de ton choix. Tu hoches même la tête alors qu'elle t'explique son œuvre. Tu ne peux que l'approuver et tout ceci illustre bien ce que vous disiez quelques minutes plus tôt. Toutefois, tu n'es pas non plus tellement d'accord. La robe te paraît bien loin d'être fade, au contraire. Certes, elle t’embellira et tu l’embelliras également, mais la robe est déjà somptueuse telle qu'elle. Plus tu te contemples, plus tu la trouves jolie et tu te surprends à penser déjà aux occasions où elle sera totalement exploitée.

A nouveau, la couturière n'a pas tord. Cette robe va enflammer des passions mais, pour une fois, tu sens le doute envahir ton esprit. Ta mère est morte et ton père est dans le coma, en ces circonstances, il devient un peu délicat de recevoir des prétendants. Néanmoins, tu sais que si l'idée est retardée, elle n'est pas pour autant oubliée et si ton père se remet, il voudra sûrement concrétiser un mariage arrangeant pour l'empire. L'idée de te marier a toujours fait partie de toi et de longues conversations avec ta mère en ont fait l'objet. Tu sais que c'est ton rôle, ce que les Ibéens attendent de toi en tant que princesse impériale. Mais ce devoir est celui que tu te refuses à accepter. Te marier signifie que tu ne seras plus princesse impériale et que la gestion de l'empire demeurera à jamais éloignée de toi. Voilà quelque chose que tu ne désires absolument pas. Heureusement, ton père n'a pas l'air spécialement pressé et il ne t'en a pas parlé, comme si l'idée même que tu te sépares de lui le révulse. Cependant tu ne vas pas pouvoir échapper aux prétendants bien longtemps, et il va falloir que tu y songes sérieusement lorsque les choses s'arrangeront. Et si jamais ton père ne se remet pas, il appartiendra à Octave de gérer ce soucis. Que de pensées bien sombres qui obscurcissent ton esprit. Tu t'efforces toutefois de sourire et de rester humble. Tu ne cherches pas particulièrement à dissimuler ton désarroi, sachant que c'est normal de ressentir pareilles choses lorsque l'on est une noble dame en âge de se marier. Tu es pourtant loin d'être aussi prude que bons nombres des filles de ton âge et c'est un point qui t'inquiètes d'ailleurs encore plus. Feindre d'être prude est une chose mais ton mari se rendra bien vite compte que tu n'es pas pure lorsque tu ne perdras pas de sang, lors de la nuit de noce. Tu sais d'avance que tu vas devoir rendre des comptes. Enfin pour le moment, tu peux encore mettre de côté ce soucis.

-La mort de ma mère et la maladie de mon père semble avoir éloigné les prétendants, expliques-tu en t'efforçant de prendre un ton léger. Mais je sais que c'est pour une durée limitée. Je ne doute pas qu'ils feront bientôt fî de ma tristesse pour revenir à la charge.

Tu pousses un profond soupir. Cela devient une habitude.

-Enfin bon, je ne suis pas très pressée de me fiancer, je vous avoue, surtout avec les choses à régler en ce moment. Un jour ou l'autre il va bien falloir que j'accomplisse mon devoir mais c'est bien un point qui ne me presse pas.

Tu ne risques rien avec de pareilles révélations. C'est l'attitude normale d'une jeune fille qui appréhende cette vie totalement inconnue. Cette vie où elle ne sera plus une jeune fille de, mais la femme de. Un grand changement.

-Et qu'en est-il de vos prétendants à vous, dame Passefil ? souris-tu, plus légèrement.
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyJeu 8 Mar - 12:19

Le sujet devient plus épineux pour une jeune femme de son rang, elle le sait bien, mais la couturière feint l'innocence de sa question et fait mine de se concentrer uniquement sur sa robe, quand en fait elle tend l'oreille pour ne pas en rater un seul mot. C'est qu'elle a l'habitude de côtoyer la noblesse qui se rend à la cour impériale ; les entendre parler de fiançailles, de bons partis, d'alliances et d'héritier, c'est un peu la routine pour elle. Les jeunes femmes prêtes à marier – et leurs mères – n'ont pratiquement que ces sujets à la bouche et Liselotte est bien heureuse d'être dans sa position : celle d'une jeune femme libre de ses mouvements et surtout de son corps. Elle ne voudrait pas être à la place de la princesse impériale, obligée de choisir le meilleur parti pour un mariage politique insipide. Si elle-même se voit un jour aller plus loin, elle sait que ce sera de son fait, et non le choix d'un autre.

« La mort de ma mère et la maladie de mon père semble avoir éloigné les prétendants. » Évidemment. L'étiquette impose le respect des convenance, au moins pour un temps. « Mais je sais que c'est pour une durée limitée. Je ne doute pas qu'ils feront bientôt fi de ma tristesse pour revenir à la charge. » Quel est le meilleur moment pour profiter de l'absence d'un père et d'une mère pour tenter de profiter de la faiblesse d'une jeune demoiselle ? Un jour ? Une semaine ? Un mois ? Liselotte a entendu bien des domestiques plaisanter à ce sujet, quand le deuil de l'impératrice se soulève un instant pour laisser place à la bonne humeur. Elle ne serait pas étonnée que les paris aillent bon train, surtout avec quelques membres de la noblesse kyréenne forcés à loger quelques temps au palais impérial suite aux terribles événements survenus à Lughnasadh.

« Enfin bon, je ne suis pas très pressée de me fiancer, je vous avoue, surtout avec les choses à régler en ce moment. Un jour ou l'autre il va bien falloir que j'accomplisse mon devoir mais c'est bien un point qui ne me presse pas. » La couturière acquiesce doucement. « Vous avez encore du temps devant vous, Votre Grâce. Je ne doute pas que vous finirez par trouver le parti idéal pour vous. » Avec un peu de chance, un parti qui la laissera s'exprimer à son bon vouloir et qui saura respecter la femme qu'elle est. Tant qu'un Belliférien un peu trop zélé ne se sent pas l'âme d'un conquérant, elle ne devrait pas trop mal tomber.

« Et qu'en est-il de vos prétendants à vous, dame Passefil ? » Interloquée, Liselotte lève les yeux vers ceux de la princesse, à travers le miroir. Il est de notoriété publique que la jeune couturière sait faire honneur à son duché d'origine et, même si elle ne l'affiche guère à proximité du palais, les langues se délient aisément. Sixtine est-elle certaine de vouloir entendre ses histoires ? Liselotte décide qu'elle a passé l'âge d'être choquée. « Mes prétendants ne sont que de passage, Altesse. Il n'y a jamais rien de très sérieux dans les rencontres que j'ai la chance de faire. » confie-t-elle avec amusement. Ses mains s'affairent sur une manche de la robe, pour en ajuster la longueur, et son regard se fait pétillant. « Je dois dire que les hommes de Valkyrion savent parfois faire preuve d'autant de vigueur que ceux de Sombreciel, même s'ils sont bien moins ouverts à la nouveauté. » ajoute-t-elle avec légèreté, sans se soucier du regard courroucé de la dame de compagnie de la princesse. Il y a bien longtemps qu'elle sait où sont les limites à ne pas franchir et Liselotte reste très correcte, évitant toute mention aux relations avec les femmes qui lui manquent tant. Devrait-elle envoyer un courrier à sa chère Joséphine, pour tenter de la faire venir à elle quelques temps ? L'idée est douce à son esprit. « L'un de vos prétendants vous a-t-il déjà fait tourner la tête, princesse ? Ou quelqu'un d'autre ? Parlez sans crainte, il n'y aucune honte à apprécier la douceur d'un visage ou la fermeté d'un corps. » plaisante-t-elle, laissant échapper un petit rire entendu pour ne pas la mettre mal à l'aise.




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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyMer 4 Avr - 20:47

Le parti idéal. Tu as beau cherché, tu ne vois pas avec qui tu pourrais fonder une alliance. Le but étant politique, il faut un mariage qui puisse donner du poids à Ibélène. Et pour l'instant tu ne vois personne en course. Sans compter que ton mariage va conduire à l'éloignement de ton trône. La pus grande menace, pour toi, c'était Martial. Fort heureusement, Castiel t'a, très certainement involontairement, sauvé la vie et tu songes dans un coin de ta tête que tu le remercieras pour ça la prochaine fois que tu le verras. Et puis, quelle épouse. La nouvelle duchesse de Bellifère suscite nombreux commérages mais, pour ta part, tu apprécies cette personnalité ambitieuse et sournoise, dans laquelle tu as l'impression de te revoir parfois. L'état de ton père éloigne certains prétendants mais les plus agressifs semblent faire fi des courtoisies les plus élémentaires. L'un deux a même eu l'audace de venir lui chanter la sérénade au seuil même de sa porte. Heureusement pour toi aussi, ton frère a d'autres préoccupations pour le moment que celles d'accorder ta main et c'est sûrement pour cette raison également que nul n'est venu lui demander ta main.

Ta question semble provoquer une certaine surprise sur le visage de ta couturière et tu te permets un petit sourire intérieur. Tu as passé l'âge d'être choqué par les plaisirs charnels dont raffolent les Cielsombrois. Tu peux même comprendre leur vif intérêt pour à cet aspect assez tabou en Valkyrion. Néanmoins, ta couturière n'est pas censé savoir l'intimité de ta vie, ni ce grand secret honteux que tu conserves dans le coin le plus reculé de ton âme. Alors tu laisses tes joues rosir légèrement, pour montrer une pointe de gêne face à ce sujet de conversation que tu n'es pas du tout censé maîtriser. Néanmoins, les touches d'envie qui peuvent se lire dans tes yeux ne sont pas feints. D'un côté, tu envies cette vie roturière, bien éloignée des règles étriquées de la noblesse. Une vie où tu n'as pas à forger des alliances politiques, dénuées d'amour. Tu t'accordes un petit soupir las, alors que tu as l'impression que le poids des responsabilités se fait encore plus lourd sur tes épaules.

-Parfois j'ai la faiblesse d'envier un peu cette vie, confies-tu sincèrement. Vous vivez de votre passion et voguez au gré de vos plaisirs. Une liberté qui vous sied à merveille.

Tu n'éprouves pas spécialement de honte à avouer que ta vie te pèse un peu. Parce que, dans ton cœur, tu as eu l'opportunité de partir et tu as choisi de rester. Et tu le feras encore, sans la moindre hésitation. Parce que tu ne peux laisser Ibélène ainsi privée de tout. Parce que ta loyauté va envers ton peuple. Tu es née pour ça. La vie telle que dame Passefil peut la vivre te plaira peut-être un temps, mais très vite les intrigues politiques vont te manquer, tu le sais.
Pourtant, jamais la voie cachée de cette deuxième vie qui s'est offerte à toi ne t'a paru aussi distincte. Et les questions anodines formulées par la douce voix de dame Passefil te plongent au cœur de souvenirs que tu chéris tout en détestant. Tu revois ses cheveux bruns, son regard tendre, ses gestes doux. Tu revois cette chambre enfouie dans une taverne d'Ibélène où tu as pu goûter la fermeté de son corps, la caresse de ses mains, le souffle de ses baisers et la mélodie de ses promesses. Tu as goûté au plaisir comme tu ne l'as jamais connu et tu t'es abandonnée comme tu ne l'as jamais fait. Et peut-être que la situation durerait encore aujourd'hui si. Si. Mais ce... bébé. Ton bébé. Votre bébé, t'a ouvert les yeux. T'a réveillé. Une telle honte sur ta famille. Un tel déshonneur pour Ibélène. Un sacrifice dont tu portes le deuil chaque jour qui passe. Et une humiliation publique qui t'a attiré la haine de l'homme que tu as tant aimé. Ton âme s'est brisée. Ton cœur s'est cassé. Et tu as été l'ombre de toi-même pendant des jours alors que tu t'enfermais derrière un mur de glace, jurant que tu ne laisseras jamais plus personne toucher à ce point tes sentiments. Et si aujourd'hui tu parviens à sourire plus facilement, ce coin secret de ton âme te rappelle sans cesse le sacrifice que tu as dû faire pour Ibélène, suite à des erreurs de jeunesse. La caresse d'une aiguille sur ta peau te réveille, t'extirpes loin des profondeurs de tes souvenirs et tu reviens à la réalité. Ton regard passe sur le visage de dame Passefil qui attend toujours ta réponse. Alors tu souris. Doucement. Mystérieusement. Au fond, tu ne sais pas quoi dire. Mais nier serait peu crédible.

-Si. Une fois, murmures-tu l'air rêveur, le regard encore tourné vers tes souvenirs. Mais la raison décide et le cœur s'incline. Cela restera juste un doux souvenir. Rien de plus.

Un doux souvenir. Un triste souvenir. Mais un souvenir tout de même. Tu pousses un autre petit soupir.

-Vous avez fini ? Une petite pause vous tenterait ? Personnellement, je sens la soif me gagner et vous me ferez une grande joie de me tenir compagnie le temps d'une tasse de thé.
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Message Sujet: Re: Un noeud coquin et un ruban de satin   Un noeud coquin et un ruban de satin EmptyDim 8 Avr - 0:47

« Parfois j'ai la faiblesse d'envier un peu cette vie. Vous vivez de votre passion et voguez au gré de vos plaisirs. Une liberté qui vous sied à merveille. » Elle est touchante, dans son honnêteté, la princesse. Liselotte l'observe à la dérobée, à travers le miroir, et elle sent tout le poids de ses responsabilités qui pèse sur ses épaules, elle le voit dans son regard et dans le sourire triste qu'elle masque presque parfaitement. Il faut une bonne comédienne pour en apercevoir une autre, après tout.

Mais la discussion continue sans que ce détail ne remonte à la surface, sans que Liselotte ne s'attarde sur les difficultés de son rang. Elles en sont toutes les deux conscientes et la couturière sait bien que si ses clients l'apprécient, c'est avant tout parce qu'elle sait leur changer les idées par sa bonne humeur et son esprit libéré. C'est tout ce dont a besoin Sixtine, en cette période difficile. De joie, de légèreté. De quelqu'un à qui parler et de quelqu'un qui saura la dérider. Et tout le monde sait à quel point les Kyréens ont de l'humour. C'est donc une charge qu'elle prend avec plaisir, finissant d'ajuster la robe ici et là sans se départir de son sourire plein de malice qu'on lui connaît si bien. Ne jamais être trop sérieuse, ne jamais s'apesentir sur ce qui pèse déjà si lourd. Ce n'est pas ce qu'on lui demande, à elle. Elle n'est que la couturière.

Les questions de la Cielsombroise pourraient paraître si déplacées, et pourtant, la princesse n'en prend pas ombrage. Au contraire, elles semblent la plonger dans de lointains souvenirs qui refont surface, l'espace de quelques secondes à peine. « Si. Une fois. Mais la raison décide et le cœur s'incline. Cela restera juste un doux souvenir. Rien de plus. » Elle est piquée au vif, la curiosité de l'esionne. L'envie de savoir se fait pressante, les questions se bousculent à ses lèvres sans qu'elle ne leur permette des les franchir. Elle se contente d'un sourire chaleureux, face à la franchise de la jeune femme qui se confie pourtant si peu.

« Vous avez fini ? Une petite pause vous tenterait ? Personnellement, je sens la soif me gagner et vous me ferez une grande joie de me tenir compagnie le temps d'une tasse de thé. » Elle est un peu prise au dépourvu, la couturière. Déjà plongée dans sa réflexion, elle ne s'attendait pas à une telle invitation et son sourire s'élargit un peu plus. « Je serai ravie de vous tenir compagnie, Altesse. » répond-elle, sincère, inclinant légèrement la tête pour appuyer ses paroles. C'est une grande marque de respect qu'elle lui offre là, la princesse, dans une telle invitation. Et c'est l'occasion rêvée pour se faire un chemin vers sa confiance, vers ses confidences. Peut-être en découvrira-t-elle un peu plus sur ce mystérieux homme qui a fait battre son coeur. Peut-être pourra-t-elle la mettre assez à l'aise pour qu'à l'avenir, elle sache se tourner vers elle. Peut-être. Alors Liselotte termine les derniers ajustements de cette robe et laisse à Sixtine l'espace nécessaire pour retrouver ses vêtements habituels. Puis elle la suit dans un petit salon pour le thé.




On joue parce qu' on aime la vérité et parce qu' on la déteste. On joue parce qu' on deviendrait fou si on ne jouait pas. Jouer ! Est-ce que je sais, moi, quand je joue ? Est-ce qu' il y a un moment où je cesse de jouer ?



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