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 Je pensais que ce n'était qu'un rhume !

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La Noblesse
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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyLun 9 Oct - 0:15


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Faustine de la Fugue et Denys du Lierre-Réal

Je pensais que ce n'était qu'un rhume

Mais en fait non...




• Date : 7 août 1002
• Météo (optionnel) : Comme souvent en Lagrance à cette période de l'année, il fait excellemment beau et chaud. L'après midi touche à sa fin et c'est à peine si les températures se calment.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Assez régulièrement depuis décembre, Denys et Faustine se rencontrent pour faire des tests sur la marque de Sithis et voir ce qu'elle peut permettre. C'était sans compter sur l'épidémie qui commence lentement à s'infiltrer chez les mages, même ceux du Sang.
• Recensement :
Code:
• [b]7 août 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2735-je-pensais-que-ce-n-etait-qu-un-rhume#83516]Je pensais que ce n'était qu'un rhume[/url] - [i]Faustine de la Fugue et Denys du Lierre-Réal[/i]
Assez régulièrement depuis décembre, Denys et Faustine se rencontrent pour faire des tests sur la marque de Sithis et voir ce qu'elle peut permettre. C'était sans compter sur l'épidémie qui commence lentement à s'infiltrer chez les mages, même ceux du Sang.





Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Lun 9 Oct - 0:21, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyLun 9 Oct - 0:21

« Il me tardait de vous revoir Faustine. » Taquina Denys comme à son habitude quand la jeune ménestrelle entra dans la pièce privée qui depuis quelques temps leur servait de lieux d’entrainement.

Entrainement.

Le mot était un peu fort, et c’était pourtant ce qui se rapprochait le plus des étranges séances qu’ils pratiquaient tous les deux depuis déjà huit mois. S’il y avait eu la coupure d’avril et mai dans l’esprit de Denys à cause de la réalité alternée, il avait apprit de quelques unes de ses sources que même avec ça, les rencontres avec la mage avaient continuées à cette période. Curieux entrainement au demeurant. Les progrès, s’il y en avait, n’étaient pas particulièrement probants aux yeux du duc. Et pourtant, il y avait certainement des choses qui changeaient. Comment et pourquoi, il n’en avait hélas pas la moindre idée, mais il n’avait jamais fait cesser leurs rencontres. Avec le temps, il avait découvert quelques petites choses à propos de la ménestrelle qui était non seulement la plus proche et la plus ancienne amie de sa femme, mais aussi la marraine de Rose. Il l’appréciait et plus encore, il appréciait ces petits instants avec elle, loin de ses charges de duc et lui donnant la possibilité d’apprendre des choses sur cette magie tant haït et si particulière.

Et c’est pourquoi il se permettait une telle familiarité avec l’outreventoise – une familiarité qui avait tout l’air d’être du charme. Un charme qui n’avait rien de surprenant chez le duc lagran et qui n’avait jusqu’ici jamais eu l’air de gêner la dame, indifférente à ses sourires. Ceci étant qu’elle ne se fourvoie pas, il n’avait pas particulièrement l’intention non plus de la mettre dans son lit comme il l’avait fait avec tant d’autres. Ses mésaventures au cours de l’année passée – à plus forte raison sa mort survenue dans une autre réalité – lui avait fait prendre durement conscience de choses à propos de Marjolaine. Et c’était une chose remarquée à la Cour de Lagrance d’ailleurs : le duc, tout aussi charmeur demeurait-il, n’avait plus l’air de butiner la fleur à tout va.

« Alors, par quoi souhaitez vous commencer aujourd’hui ? »

Il y avait plusieurs sortes d’exercices, et pour la plupart, ils étaient travaillés et retravaillés incessamment, avec parfois quelques nuances. Il n’en avait pas parlé à la ménestrelle, de la mort qu’il avait connu dans une autre vie, mais son esprit se souvenait très bien des instants de flottement avant qu’il ne réintègre brutalement son corps sans sommation, début juin. Il se demandait si cette histoire n’avait pas changé certaines choses, dans ses propres perceptions ou dans le lien qui l’unissait à Sithis. Force était de constater que de toute façon le Sans-Visage portait un intérêt bien vif sur lui et sa famille. Il n’oubliait pas le secret qui pesait sur sa petite Raiponce. Une bénédiction qui pouvait être à double tranchant.

S’installant comme à leur habitude dans les fauteuils, l’un face à l’autre pour l’instant, il invita Faustine à en faire de même et se servir, si elle le désirait, dans les douceurs qui étaient toujours de mise dans ces entretiens. Il remarqua pourtant bien vite l’air fatigué qui ternissait ses jolis traits. Il s’enquit alors de son état :

« Êtes vous malade ? »


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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyVen 13 Oct - 23:44

Cela fait des mois à présent que Faustine s’évertue à enseigner au duc de Lagrance comment dresser ses barrières mentales, et l’exercice s’est révélé singulièrement ardu. Normalement, un tel acte nécessite impérativement la présence de magie dans le sang de celui qui s’y hasarde ; mais Denys en est totalement dépourvu. En était, plus exactement – car depuis que Sithis l’a marqué de sa propre main, l’essence du Sans-Visage imprègne son être et la magie du Sang résonne dans son sillage. Alors oui, c’est possible, pour lui – au prix d’un effort mental crispant qui lui demande une énergie considérable et une attention extrême.

Pour elle, c’est différent – elle s’est tellement repliée sur elle-même au fil des années que c’est l’abaissement de ses boucliers psychiques qui lui est compliqué. Mais il s’entraîne, le souverain des Jardins, vaillamment, sans s’avouer vaincu au fil des semaines, s’obstinant avec une opiniâtreté qui n’est pas sans rappeler à Maidhenn l’entêtement de certains des gens d’Outrevent qu’elle connaissait d’antan. Il y a là-dedans sûrement tout autant d’instinct de survie que de fierté à ne pas s’avouer vaincu, et la fille de Levor ne peut s’empêcher d’admirer la détermination entêtée de son duc. Ce n’est pas si simple, pour un non-mage, de s’aventurer dans ce territoire inconnu ; et il semble à la ménestrelle qu’elle a peut-être mis le doigt sur une personnalité tapie sous la surface, bien plus digne de respect que le coureur de jupons qui bafoue la loyauté de Marjolaine à tour de bras.

Alors elle s’y astreint, une fois par semaine, parfois plus quand les affaires de la guerre ménagent à Denys quelques heures supplémentaires – elle retrouve le duc dans un salon privé soigneusement sélectionné pour être reculé et ne pas attirer d’attention malvenue quant aux allées et venues du seigneur des lieux et de la dame de compagnie de son épouse. Ce matin-là pourtant, Faustine n’aurait pas dédaigné une heure de plus en ses appartements pour dormir encore et chasser la fatigue insidieuse qui ne semble pas vouloir quitter ses membres. Eriath aussi semble dolent, et la mage a songé, une seconde, à faire savoir à Denys qu’elle serait indisponible, juste pour pouvoir s’étendre et continuer sa sieste fiévreuse. Une seconde seulement – puis sa nature outreventoise l’a chassée du lit et poussée à se présenter comme à l’accoutumée, peut-être juste un peu plus terne, peut-être juste un peu plus pâle.

Avec sa déférence coutumière, Faustine s’incline devant Denys, laissant son salut ourlé de sous-entendus glisser sur elle comme l’eau sur les plumes d’un de ces charmants canards lagrans qui peuplent les étangs. Obéissant à son invite silencieuse, elle prend place sur le fauteuil qui est devenu sa place habituelle au fil des mois, rajustant machinalement la dentelle cielsombroise qui dépasse de son corsage. D’ordinaire, ce confort outrancier s’attire un froncement de sourcils désapprobateur, car l’apprentissage se fait dans l’inconfort ; mais aujourd’hui, elle est bien heureuse d’être assise tant ses jambes lui semblent faibles par rapport à l’habitude.

Il lui propose de se servir parmi les douceurs disposées à portée de la main, mais la nausée sourde qui la trouble depuis quelques jours ne l’incite pas vraiment à tenter l’expérience. D’un pauvre sourire vaillant, elle fait la fière devant ce duc prompt à capter la moindre faille pour s’y engouffrer. « Juste un peu souffrante, Votre Grâce. C’est sûrement un rhume estival, j’ai l’impression que plusieurs habitants du palais sont malades également. Je ne verrai pas Rose ces jours-ci, pour le cas où je serais contagieuse. » D’un geste faussement désinvolte, elle tente de prétendre que cela n’importe peu, abordant un sujet plus intéressant que ses petits tracas. « Avez-vous pu pratiquer l’exercice que je vous ai conseillé ? »

Lors de leur dernière leçon, Denys s’était plaint de rêves troublant son sommeil ; et Faustine lui avait recommandé de dresser ses barrières mentales avant de dormir, pour qu’elles restent en place pendant le repos de son esprit et lui garantir un sommeil sans rêve. La consigne a-t-elle porté ses fruits ? « Comment ont été vos rêves, ces temps-ci ? »

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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyLun 23 Oct - 23:39

Parfois, Denys se demandait bien pourquoi il insistait sur ces exercices. Au delà de l’affection naissante qu’il avait pour Faustine et les petits plaisirs qu’il avait de discuter avec elle, force était de constater que s’entrainer de la sorte était pour lui terriblement épuisant. Il avait déjà beaucoup à penser avec la guerre, la gestion du duché, les problèmes ailleurs qui  pouvaient avoir des conséquences pour lui et bien d’autres choses pour rajouter en sus ces exercices fatigants qui lui donnaient l’impression de ne pas avancer d’un pouce. Il y avait certes le sentiment de survie et de protection derrière cela, mais est-ce que ça en valait vraiment la peine ? Il savait que oui, mais c’était frustrant de ne pas avoir idée de l’avancement de ses progrès. Mais il était obstiné, Denys, terriblement têtu quand il était décidé à faire quelque chose. Du moment que ça lui semblait être utile et nécessaire, alors il n’avait pas peur de plonger dans l’inconnu et s’y mordre un peu les doigts. Vrai qu’il était loin de se douter qu’en acceptant cet entrainement avec Faustine, il aurait autant de mal à mettre en œuvre ce qui lui était demandé.

Mais ni lui ni elle n’avaient cessé ces séances, et comme à l’accoutumée, la jeune ménestrelle s’astreignait à sa tâche avec attention. Même si elle abordait en ce jour un teint bien pâle et une fatigue visible à qui savait observer. Il songea un instant que si son état n’allait pas en s’arrangeant, il la renverrait se reposer. Il entendait déjà Marjolaine s’inquiéter pour sa chère amie. L’idée l’amusa mais fut rapidement éclipsée par le sujet principal de cette rencontre. Elle n’était pas du genre à tourner autour du pot, Faustine, et de cette franchise toute outreventoise, Denys s’y était habitué. C’était aussi un curieux exercice de devoir parler de lui, de ses pensées et même de ses rêves qui ternissaient ses nuits. Il n’avait jamais été particulièrement un grand dormeur, le duc de Lagrance, l’esprit sans cesse en activité, à tourner et retourner des calculs incessants. Le sujet était venu sur le tapis presque innocemment la dernière fois, et il ne pouvait prétendre que les rêves qui aujourd’hui troublaient son sommeil ne le dérangeaient pas.

« Je m’y suis essayé toutes les nuits qui nous ont séparées de la dernière fois. » Une semaine déjà s’était écoulée depuis la recommandation d’exercice de Faustine. Et il était vrai que certaines choses s’étaient calmées. « J’ai eu l’impression que les dernières nuits étaient plus reposantes pour moi. Mais si je n’ai pas été réveillé brutalement par l’un de mes rêves, je suis persuadé que les barrières n’ont pu tenir toute la nuit. Je me souviens toujours de choses troublantes et d’une sensation… je ne dirais pas désagréable mais… étrange ? » Une partie de ses rêves, il le savait, était due aux souvenirs qu’il avait vécus et ne pouvait bêtement reléguer au rang de songes. La mort qu’il avait connu, le poignard goutant sa chair avidement et son sang se répandant sur le sol, ce n’était pas le seul fruit de son imagination. Mais il y avait surtout la sensation qui suivait toujours, le long et lent flottement qu’il ne savait identifier et qui parfois lui faisait véritablement l’impression de rêve ou de cauchemar. Dans ces instants, il se réveillait toujours après cela, brutalement, douloureusement, le souffle perdu et le corps entier couvert de sueur. Comme ce jour de juin où il était revenu à lui. Oh décidément oui, il aurait apprécié pouvoir garder les barrières de son esprit toute une nuit pour s’épargner une nouvelle vision d’horreur. Il eut un soupir, sans pour autant avoir l’air résigné. « Trouvez vous qu’il y a de l’amélioration dans ces exercices Faustine ? Suis-je impatient de penser que les changements vont trop lentement ou est-ce aussi votre avis ? »


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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyDim 12 Nov - 14:30

Installée dans le douillet fauteuil où Denys l’a invitée à prendre place, Faustine se détend – juste un peu, cependant. Il est fort imprudent de trop baisser la garde en la présence du duc de Lagrance, les larmes versées par la duchesse sur une base régulière en sont la preuve, et la petite ménestrelle ne tient pas à s’aventurer en terrain dangereux. Se défera-t-elle un jour de cette méfiance acharnée à l’encontre de l’ensemble de la gent masculine ? Il n’y a que quelques rares exceptions avec lesquels elle se sent en confiance – Malion, Tristan, Lionel éventuellement – et ça s’arrête là. Un jour, peut-être… ?

Peut-être. Pour le moment, elle se force à écouter Denys, bataillant contre le coton qui semble envelopper son esprit, luttant pour ne pas laisser dériver ses pensées qui s’éparpillent, aujourd’hui bien plus que d’ordinaire. Elle a du mal à maintenir son fil de raisonnement, la petite mage, et l’écarlate de ses yeux brille d’un éclat plus vif et pourtant différent, plus fiévreux qu’à l’accoutumée. Elle essaie pourtant, suspendue aux paroles de son duc comme si sa vie en dépendant, concentrant toutes ses facultés mentales pour entendre et comprendre les explications de Denys qui décrit ses sensations et ses impressions. Passant une main fatiguée sur son front, Faustine cherche les mots pour lui répondre, d’un parler haché qui ne ressemble guère à la manieuse de mots qui écrit des chansons pour gagner sa vie.

« J-je-nnn, je ne pense pas que ce soit… que ce soit… anormal. Anormal, non, je ne pense pas. Vous n’êtes pas rage-mage, monseigneur. » D’un geste vague, Faustine bat l’air devant son visage, comme si cela pouvait rendre nets à nouveau les contours du monde. Étrange, tout de même, ce flou qui brouille légèrement sa vision depuis la veille. C’est comme le bourdonnement sourd au fond de ses oreilles : pas vraiment dérangeant, mais perpétuel, et inhabituel. Plus inquiétant serait le silence d’Eriath au fond de ses pensées, si elle avait la clarté d’esprit de s’y attarder ; mais la fièvre grignote peu à peu sa logique, et Faustine bataille pour suivre la conversation. « C’est-c’est la magie qui rend le processus plus… simple. Vous… vous… vous… » Et Faustine bat des paupières, incapable de se rappeler de ce dont elle était en train de parler. « Vous êtes séduisant, vous êtes sûr de ne pas avoir de sang d’Outrevent ? » n’est clairement pas la suite appropriée à la conversation, elle en est à peu près persuadée, mais elle a soudain très envie de le dire.

Quelques secondes d’un silence un peu étonné passent, et Faustine passe le dos de sa main sur son front fiévreux. « Je-je suis navrée, Votre Grâce. Je crois que je ne me sens pas très bien. » Elle tend une main un peu tremblante vers la carafe, se sert un verre d’eau qu’elle avale d’une traite, secouant la tête pour tenter de s’éclaircir un peu les idées. De quoi étaient-ils en train de parler ? De sommeil, peut-être ? De Marjolaine ? De rêves ! Oui. Les rêves inconfortables du duc de Lagrance. Hochant la tête, Faustine recentre ses pensées sur leur fil capricieux. « Vous progressez, monseigneur. Lentement, mais c’est normal, sans magie. Vos progrès sont remarquables. » La tête lui tourne un peu. « Ce qui compte, c’est que vous vous reposiez plus sereinement. » Ou alors est-ce la pièce qui se met à tanguer ? « Et que vous arriviez à conserver votre esprit bien ancré lorsque vous dormez. » Ou bien les murs auraient-ils décidé de se lancer dans une folle sarabande ? « J’ai d’autres exercices à vous… À vous… conseill-… » Le verre se brise au sol dans un tintement de cristal pulvérisé, et Faustine contemple sa mai vide avec stupeur. « Qu-… ? »

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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyMar 19 Déc - 18:21

Il n’y avait pas besoin d’être fin observateur ni très malin pour deviner que la santé de Faustine n’allait pas en s’améliorant. Elle était différente de d’habitude. D’ordinaire, Denys remarquait sans difficulté la rigueur de cette Outreventoise. A cet instant pourtant, elle semblait comme happée par d’autres forces, loin de la discussion qu’ils avaient et que le duc était bien le seul à entretenir. Oh bien sûr, c’était à son tour de raconter son expérience et ses ressentis. Mais elle s’était toujours montrée très curieuse et attentive, la petite ménestrelle. Or en l’instant, son esprit était ailleurs, il le sentait et le voyait bien, dans ce regard qui tentait vainement de capter les minutes présentes. Chaque geste esquissé est vague, incertain, et Denys ne semble pas perdre une miette, se gardant bien pourtant d’en faire le moindre commentaire lorsque la jeune femme reprend la parole à sa suite.

Sont-ce là vraiment les mots d’une poétesse qui chante à sa cour ? Moins outré qu’interloqué par l’assurance manquant à la jeune femme, il la voit doucement se perdre dans son discours. Discours qu’il n’écoute plus réellement, plongeant son observant presque entièrement sur ce qu’il voit sous ses yeux. Et lorsqu’elle perd définitivement ses mots, il coupe court à sa phrase laissée en suspend.

« Faustine, êtes vous certaine que tout va bien ? »

Elle lui a déjà dit un peu plus tôt qu’elle couvait quelque chose, et il l’avait lui même fait remarqué avec taquinerie. Mais ce regard absent et cette fatigue lisible sur le visage de l’outreventoise ne donnaient pas l’impression qu’un simple rhume lui faisait tort. Ou alors elle était plus faible qu’il ne le croyait.

Elle ne se sent pas bien et le confirme. Devait-il arrêter immédiatement cette entrevue et lui ordonner séance tenante de retourner dans ses appartements et de se reposer ? Il hésita sincèrement à le faire, mais il avait fini par connaître et comprendre un peu cette jeune femme qui était la meilleure amie de son épouse. Il savait qu’elle était fière, et que la prendre en pitié ou relever ses faiblesses l’aurait blessé. Et Denys avait de l’affection pour Faustine. Bien entendu, il ne ferait pas durer les choses, si jamais l’état de la ménestrelle s’aggravait. Il semble que le verre qu’elle prend lui rafraichit les idées. Pour combien de temps. Trop peu, même si elle semble pouvoir reprendre le fil de la conversation.

Une conversation, qu’une fois encore, le duc n’écoute que d’une oreille. Car il voit bien, lui, le tangage de Faustine, les tremblements qui trahissent ses mouvements, l’éclat d’écarlate qui couronne ses iris et qui n’est pourtant pas des plus vivace. « Faustine ! » Il est le premier à voir le verre de cristal qui échappe à la poigne de l’Outreventoise. Le mouvement du duc n’est pas assez rapide pour le rattraper. Alors il le voit se briser net sur le parquet de la pièce, les morceaux qui se dispersnt dans tous les sens sans harmonie aucune. Et il y a le regard perdu de Faustine, tardif et stupéfait.

« Ne bougez pas. » Il se lève, le duc des jardins, franchissant la distance qui le sépare de la jeune femme, repoussant du pied les éclats de verre qui minent le chemin. Doucement, il pose une main sur le front de la ménestrelle, confirmant un doute qui n’en était plus un. « Par Callia, vous êtes brûlante. Qu’est-ce qui vous a pris de venir dans votre état et me mentir ? » Bien sûr, il ne tenait pas rigueur à la demoiselle d’un si bête mensonge qui dénotait surtout un désir de rendre service et faire son devoir qu’une quelconque envie de nuire. « Je vais faire venir un guérisseur et vous ramener à vos appartements. Vous n’êtes pas en état de continuer. » Simple vérité accompagné d’un ordre qui ne peut être contredit.

Il s’éloigna une petite minute de la jeune femme, appelant un serviteur pour qu’il vienne nettoyer les bris de verre et fasse venir un mage guérisseur. Puis, lorsqu’il revint s’asseoir près de Faustine, il lui versa à nouveau un peu d’eau dans la seconde coupe de cristal qui reposait sur le plateau. « Tenez. Cela fait longtemps que vous couvez ça ? » Avait-il jamais été aussi prévenant avec une personne qui n’était pas particulièrement proche de lui, comme Marjolaine ou Rose ? Rarement, mais cet air fiévreux sur le visage de la ménestrelle était si rare qu’il se surprit à s’en inquiéter sincèrement.


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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyVen 22 Déc - 0:28

Le monde tourne autour d’elle, et Faustine commence à perdre pied. Tout tangue, tout vacille et chancelle, et la ménestrelle ploie comme un roseau en plein vent, incapable de garder les idées claires. Elle est rarement malade, elle la fille d’Outrevent habituée à la rudesse de l’hiver et à la morsure du froid – bien rarement, oui, et la soudaineté de ce nouveau mal l’a prise de court. Elle porte une main tremblante à son front, hésite un instan, sans parvenir à se souvenir des raisons de sa présence ici. Où est ici, d’ailleurs – où est-elle ? Un regard perdu autour d’elle, sur l’homme qui vient la soutenir, qui la fait asseoir ; elle le connaît, elle en est persuadée. La brume envahit peu à peu son esprit, et instinctivement Faustine active sa magie, réveillant le pouvoir du Sang qui sommeille dans chaque fibre de son être. L’homme s’esquive – une éternité semble passer avant son retour. Le regard perdu au loin, la ménestrelle divague paisiblement, tandis que son esprit bat frénétiquement la campagne. Sa magie pulse follement dans l’air tendu de la pièce, vibrant dans le silence qui l’enveloppe comme une chape de coton, et elle compte, la petite mage affaiblie – elle compte les étincelles de magie, comme pour s’ancrer dans la réalité, comme si cela lui permettrait de comprendre ce qui lui arrive.

La fraîcheur de la coupe dans sa main la ramène à la réalité. Elle boit, une gorgée qui réveille un semblant de lucidité en elle – une deuxième, pour tenir la brume à quelque distante, juste le temps d’achever cette conversation et d’enchaîner deux idées cohérentes. Elle se cramponne au récipient de cristal, comme à sa planche de salut, et le regard qu’elle porte sur l’homme recèle un brin de panique. L’homme, c’est son duc, elle le reconnaît, l’époux de cette femme qu’elle aime autant qu’une sœur ; en se concentrant un peu, elle perçoit presque le fantôme de leurs noms sur sa langue. Mais l’effort serait trop fatigant, elle laisse leurs identités s’envoler, et se focalise sur son souverain, émerveillée de sentir tourbillonner en elle tout un bouquet d’émotions dont elle ne perçoit plus la cause. La première, c’est une méfiance instinctive – mais l’homme semble cordial, d’où pourrait venir la menace ? Il y a également, contre toute logique, une part de confiance ; comme si une part d’elle se sentait paradoxalement en complète sécurité en sa présence.

Vaillamment, Faustine se concentre sur sa question. Combien de temps ? Longtemps ? Un peu, peut-être. Ou pas. Elle ne sait plus vraiment. Des bribes d’information lui parviennent, se dérobent, puis reviennent, dans un incessant ballet qui l’étourdit. « Quelques jours. Je crois ? Les autres… Les mages… Malades aussi. C’est juste un peu de fièvre ! Juste… un peu… de fatigue… » Elle ferme les yeux un instant. « Tous malades. Je suis si fatiguée… » La nausée vient la saisir par surprise, et elle écarquille les yeux, pâlit encore plus, portant la main à ses lèvres comme pour calmer la révolte de son estomac, qui ne contient pourtant qu'un peu d'eau.

Qu'est-il en train de lui arriver ?

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Message Sujet: Re: Je pensais que ce n'était qu'un rhume !    Je pensais que ce n'était qu'un rhume !  EmptyVen 22 Déc - 18:34

L’eau fraiche semble éclaircir un peu les pensées de la pauvre ménestrelle qui semble de plus en plus prise dans les symptômes de la maladie. La parole lui est difficile, mais c’est attentivement que le duc l’écoute, s’étonnant de savoir qu’elle n’est pas la seule à couver une maladie comme celle-ci et que les  mages plus particulièrement semblent en souffrir. Un instant, l’information fait chemin dans l’esprit de Denys, qui en fronce les sourcils sombrement. Oui, il avait bien remarqué quelques personnes fatiguées dans le personnel mage du palais, des échos étaient remontés à ses oreilles, entre autre. Et puis il y avait bien sûr quelques informations plus secrètes qui finirent doucement par prendre sens dans ses pensées. Cela l’inquiéta un peu, bien qu’il n’en montra rien.

« Il faut vous reposer. »

Belle évidence, cela sonne néanmoins presque comme un ordre. C’est à cet instant là qu’entra dans la pièce le guérisseur appelé. Il n’avait guère très bonne mine, lui aussi, ses yeux trahissaient une fatigue visible et son teint restait bien pâle. Devait-il l’envoyer se reposer, lui aussi ?

« Ce n’est pas la seule à couver un état comme celui-ci votre grâce. Ils ont tous de la fièvre et la nausée, mais si ça se limite à ces symptômes, je ne pense pas que ce soit grave. »

Certes non, prit ainsi, les effets de la maladie ne semblaient promettre qu’un gros rhume et du repos complet. Mais cette vague de quelques malades au palais n’était peut être pas rien. En témoignait aussi l’état de ce guérisseur qui n’avait franchement pas sa vivacité habituelle dans le regard.

« Nous allons ramener la dame Faustine à ses appartements. »

C’est le mage qui s’occupa d’aider la ménestrelle à se relever tout en lui évitant plus de tangages et de nausées. Le duc voulait juste s’assurer que la dame de compagnie et meilleure amie de son épouse soit entre de bonnes mains et bien rentrée dans sa chambre avant d’y séjourner le temps de soigner son mal. Rien de très grave, répétait le guérisseur, qui pourtant lui fit part d’un nombre croissant de ce genre de symptômes, pas seulement au palais d’ailleurs, mais au sein même de sa capitale. Rien qui n’était très rassurant aux yeux du duc…

RP TERMINÉ


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