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 La Malédiction de Levor.

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Message Sujet: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyLun 9 Oct - 12:15




Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Solveig de Sovnheim & Richard le Harnois

La Malédiction de Levor

Sur les terres de Kern




• Date : 20 septembre 1002
• Météo (optionnel) : ensoleillé, mais humidité à ne pas négliger
• Statut du RP : privé
• Résumé : Après un temps de convalescence et de travail de bureau acharné, Richard prends la voie des airs comme d'autres pour se rendre compte de l'avancée des combats du côté de Bellifère. Il rejoint un camps où, après s'être entretenu avec les plus hauts gradés et avoir visité les malades, il tombe sur Solveig de Sovnheim au profil bien trop énigmatique pour être pleinement appréciée.
• Recensement :
Code:
• [b]20 septembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2741-la-malediction-de-levor#83612]La Malédiction de Levor[/url] - [i]Richard le Harnois & Solveig de Sovnheim[/i]
Après un temps de convalescence et de travail de bureau acharné, Richard prends la voie des airs comme d'autres pour se rendre compte de l'avancée des combats du côté de Bellifère. Il rejoint un camps où, après s'être entretenu avec les plus hauts gradés et avoir visité les malades, il tombe sur Solveig de Sovnheim au profil bien trop énigmatique pour être pleinement appréciée.

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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyLun 9 Oct - 12:21

Ode à Kern.

Cris funestes et pleures d'hommes,
Qu'emporte donc ton chant monotone.
Passion, colère, dévouement et rage,
Épouse notre âme et soumet ces mages.
Que ton courroux s’abatte sur notre ennemi,
Gloire sera nôtre et à toi sera Faërie.


Richard le Harnois, Maréchal de Serre.


Un temps qu'il n'avait plus voltigé sur le dos d'Adamante ; la griffonne étant resté sourde à ses grondements plus d'un mois durant. Le devoir appelant, toujours et omniprésent, Richard s'en était allé aux frontières soutenir moralement les hommes et prendre état de la situation en personne. Bien entouré durant le trajet aérien, il avait pu ressentir le bien être et l'extase procurés par un sentiment de liberté porté par le vent ; lequel s’agrémentait du souvenir des insectes acharnés en début et fin de parcours.

Il avait cru devenir fou à des instants, obnubilé par l'état de la famille impériale et par la douleur de ses brûlures. Elles s'étaient atténuées avec les semaines, guéries et par endroit sa peau était même aussi douce et fripée que celle d'un nouveau né. Des traces et cicatrices persistaient et parsemaient sa peau, mais aucune n'aurait pu enlever à l'homme son statut mérité. Bénédiction de Kern ou non, la situation aux frontières étaient à l'avantage des ibéens à présent et ces derniers n'avaient pas fini de récupérer et prendre davantage au passage.

Une fois pied à terre, l'homme ne s'était pas détourné de sa fonction et avait rejoint un camp de Bellifère. Saluant les supérieurs présents, les meneurs, il s'était entretenu avec eux une longue soirée durant. Le lendemain, l'homme avait rejoint Adamante pour vérifier de sa forme, mais une étrangeté avait pointée le bout du nez et Richard n'avait guère voulu s'y attarder. C'est que, lorsque l'on souhaite faire un commentaire à mi chemin entre le désagréable et l'humour au sujet de sa griffonne et que ce dernier fini par sortir de votre bouche par un 'La meilleure griffonne qui soit' l'on préfère penser à une déconnexion partielle au niveau des neurones ou à une distraction plutôt qu'à une Malédiction ; Adamante même l'avait regardé drôlement c'est dire.

Rejoignant la tente qu'on lui avait attribuée, Richard avait prit soin de noter chaque points abordés lors de la réunion et avait sorti la carte faite de ses mains pour la comparer aux informations dont il disposait. À la suite de cela, il avait lu des rapports de Casernes et de demandes en tout genre. Il comptait bien après quelques jours passés ici, se rendre à Val-Griffon pour inspirer et voir si l'avenir des voltigeurs étaient assurés. Lui faudrait également mettre en pratique la campagne de recrutement dont il avait parlé auparavant. Bref beaucoup de choses à faire alors qu'il songeait à présent visiter le camp et saluer les hommes pour leur montrer son soutient et son respect.

Saluant vigoureusement, fier, continuant sa marche, il avait fini par tomber sur les blessés. Blessés qui recevaient toujours des soins et dont il ne comprenait que trop bien leur état d'esprit en étant resté lui-même aussi longtemps sur un lit (davantage de confort en plus). D'un sourire encourageant, mais sans brûlé de chaleur pour autant, il s'adressa aux vaillants jusqu'à s'immobiliser en apercevant un visage familier. Trahi par sa bouche, souhaitant largement resté silencieux, il s'exprima alors que son visage passait par une palette de couleur et d'expressions impressionnantes.

« Vous ! »

HRP:
 
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyLun 9 Oct - 19:30

Hurle tes plus sombres peurs
Crache tes tourments
Abandonne toi enfant,
Le jour viendra, puis enfin l'heure.

Oh Trelor, protège ce qui me reste de plus cher
Mes espoirs, cette flamme éthérée
Le désespoir est là, il foule la terre
Mon sommeil est mon dernier bouclier

Ode à Trelor

Le temps s'était arrêté. Elle était peut être là depuis une éternité. Peut être pas. Le visage de la kyréenne s'était pourtant métamorphosé. Les traits durcis, tirés par la fatigue, son teint était terne, ses yeux fardés de cernes. Sa bouche ne souriait plus non plus. Seul ses iris avaient gagné peut être en profondeur. Plus bleus que jamais dans ce visage maculé par la poussière, plus résolu, plus mordant, ils apportaient les meurtrissures de Valkyrion là ou le souffle estival rendait le port d'une armure infernale en plein été.

Solveig posa avec calme sa main sainte de cuir et d'acier sur son genou. Du coin de l’œil certains l'observaient. Elle n'avait pas réellement pris la peine de chercher à faire connaissance, trop consciente que le lendemain pourrait tous les emporter. Mais plus un homme reste sur ses deux jambes sur un champ de batail plus on le remarque. La guerrière avait commencé à doucement se forger une réputation dans son camp. Tout doucement, on apprenait son nom, on cherchait la lumière blafarde de son acier en combat.

Posant son casque à ses pieds, elle caressa une profonde éraflure avant de se redresser sur la chaise de bois instable sur laquelle elle s'était assise.
Mais même ceux qui se distinguent on besoin de soins.
Minutieusement, raide dans sa fierté, la guerrière commença à retirer ses protections au sein de l'infirmerie du camp. Les gants puis les avants bras. Jusqu’à l'épaulière et enfin le plastron. Elle retirait tout jusqu'à se retrouver torse nue parmi ces hommes qui ne cillaient plus à la vue de chaire féminine.
Surtout une chaire maltraitée comme la sienne. Des bleus, des égratignures, des petites coupures et des plus larges, tout cela n'était rien comparé au bandage qui saignait sa taille. Cette blessure était pourtant enfin refermée, après avoir bénéficié de drogues localisées, la peau s'était enfin décidée à se refermer. Mais une nouvelle plaie requérait que l'on change ses pansements. Plus haute que la première, au niveau de l'aisselle, un fragment d'épée était venu il y a cela quelque temps, se lotir en plein dans l'articulation de son plastron d'acier.

« De Sovnheim, j'arrive, donnez moi quelques minutes »

D'un hochement de tête, elle se contenta d'observer le médecin qui l'avait appelé par son nom. Déjà occupé sur un homme qui avait perdu sa main, il était peut être dans un aussi piteux état que ses patients. Dormait il ? Peut être pas, chaque journée lui amenait son lot de blessés et d'urgences à traiter.
Les pans de la tente avait été roulés tous le long pour laisser l'air entrer. Quelques odeurs de mort et de maladie venait encore la prendre à la gorge mais celles des ongues couvraient le tout assez efficacement. Prenant son mal en patience, la jeune femme se leva pour attraper un morceau de tissu sur une vasque de terre cuite. C'est ainsi que debout, devant tous, elle entrepris de laver seule certaines souillures. Terre et sang vinrent encrasser le morceau de coton blanc qui revint dans l'eau, pressé par les doigts sec de Solveig. Et ainsi elle recommença, encore et encore, pour retrouver cette dignité toute kyréenne. La neige immaculée, voilà un symbole que beaucoup veinerait dans son duché.

D'un signe de tête indiquant, que c'était son tour, l'épéiste abandonna la vasque pour revenir sur cette chaise.

« Voyons. Le bandage n'est ce pas. »

Des doigts habitués à ne plus prendre de pincettes même pour la gente féminine vinrent palper sa peau la plus tendre, cherchant les boursouflure de l’inflammation.

« Bien, serrez les dents, on va faire ça au plus vite. »

Le gestes étaient précis, alors qu'il lui défaisaient les derniers lambeaux qui protégeaient sa pudeur féminine, un nouveau apparu presque par magie dans son autre paume. Un tour puis un autre, coinçant une extrémité, il se mit à enrouler une nouvelle compresse sur ses meurtrissures.

« Plus fort, je ne suis pas votre mè... »

Alors qu'elle grognait cette rugueuse remarque, elle fut interrompu par un rai de lumière aveuglant, signe qu'un autre entrait. Sans accorder un regard à la voix qui venait s'adresser aux patients les plus proches de l'entrée, femme et médecin continuèrent leur ouvrage jusqu'à ce qu'enfin cela soit terminé.

« Merci Docteur »

Sobre mais élégant, l'homme lui adressa un fantôme de sourire avant de lever les yeux vers celui qui d'un ton presque courroucé venait de lancer un vibrant « vous » du lit d'où il venait de saluer un valeureux combattant.
A son tour la kyréenne leva les yeux vers le nouveau qui avait l'air décidé à se faire remarquer.

Les fantômes n’existent pas. Mais le temps d'un instant elle oublia. Son teint perdit encore en couleur alors que ses yeux lui révélaient un maréchal de Serre bien debout malgré d'évidentes cicatrices de brûlures.
Le temps d'un instant, sa nouvelle personnalité la poussa presque à répondre d'un ton martial.
Et alors que tous, cette fois, la dévisageait pour de bon, la guerrière se redressa dans toute sa superbe, passant sur son torse protection après protection alors que ses muscles saillaient sous l'effort sous sa peau blanchâtre..
Mais ce n'était pas ses gestes qui pétrifièrent l'assemblée. La kyréenne, elle souriait.

« Moi » répondit elle alors que quelque chose venait réchauffer son regard.

Rêvait elle ? Ou avait elle assisté aux funérailles du mauvais gars. Elle sentait son cœur battre plus fort sous ses bandages et acier, avec ce sentiment qu'elle portait un peu trop de crédit à cette joie fugace de revoir cet homme si peu connu.

« Vous avez aussi l'air d'avoir besoin de bandage. » aurait elle aimé répondre. A la place, et pour la dernière fois, elle salua, la main sur le cœur le maréchal des voltigeurs avec toute la discipline d'une skjaldmö

« De tous, c'est vous que je n'aurai pas attendu à voir ici. »
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMar 10 Oct - 22:00

L'issu de la bataille, voir même de la guerre, ne faisait aucun doute si l'épidémie persistait à faire tomber les faës. Fini les mages de batailles, fini les chevaucheurs, les troupes ibéennes reprenait leurs terres doucement, mais surement, grignotant même dangereusement des territoires de Faërie bien mérité. À toi Kern, dieu parmi les dieux, dieu des combats et de Bellifère, avait-il pensé en survolant une partie des frontières avant d’atterrir dans un camps pour s'entretenir de la progression en cours.

Mise à jour de la carte effectuée, Richard, en tant que Maréchal, était venu saluer les hommes de fers, d'aciers et leurs bravoures. Il ne comptait pas rester longtemps, mais il avait insisté pour cet arrêt, cela lui semblait important, essentiel et naturel. Passant parmi les blessés, échangeant quelques mots encourageants, il se fit soudain raide en reconnaissant le fantôme de chair et de sang d'Odile : Solveig de Sovnheim. Et si elle était loin d'être l'ombre ou le fantôme d'un lointain souvenir, elle était quand même apparenté à ce dernier.

À sa vue, moult sentiments et expressions, moult interrogations aussi, moult migraines également à se rappeler l'amas de lettres qu'il avait reçu. Du dégoût et de la rage qu'elle lui avait inspirée en lisant son appartenance à la piraterie, de l'euphorie en la lisant putain ensuite, de l'irritation en la lisant voleuse, à la méfiance en la lisant assassin... et encore d'autres qu'il avait fini par brûler en décidant de tourner la page sur ce 'problème d'identité'. Après tout, quel était le pourcentage de chance pour qu'il la recroise un jour ? Proche du néant. Pourtant voilà qu'elle refaisait surface d'une silhouette rempli de crasse parmi les hommes.

Le 'Vous !' lui avait échappé, violent, peu professionnel, sceptique, hésitant, étranger à son gosier tandis qu'il contemplait à présent la réponse sous des regards intrigués et des 'Maréchal ?' semblant éloignés. C'était elle. Son visage, son sourire et sa verve à répondre. L'insolence à l'état brut qui sous ses airs décoiffés, loin de la femme parfumée, le salua ensuite avec rigueur. Surprenante vigueur en comparaison à cette première rencontre.

Pirate, putain, voleuse, assassin, espion et guerrière à présent, qui était-elle vraiment. Ses paupières battirent un instant ; muet avant de s'éclaircir la gorge pour la saluer promptement d'un signe de tête ; puis se tournant vers l'homme plus haut gradé lui demanda à s'entretenir en privé avec la femme en question. Ce ne serait pas long, indiquait-il, le temps de savoir s'il était question de possible menace interne ou non selon lui. L'approbation obtenue, il indiqua strictement.

« Veuillez me suivre, ce ne sera pas long. » Et si son regard était haut à la hauteur de son rang, son ton n'était pas irrespectueux pour autant, pas alors qu'on le dévisageait de toute part et qu'il avait 'permission' de s'entretenir avec elle. Se tournant, il prit son départ, sachant pertinemment qu'elle le suivrait tant par le bruit émit que par la demande plus proche d'un ordre  que d'une invitation qu'il avait formulé. Trajet silencieux, aspect sérieux, il la mena à la tente.

« Veuillez-nous laisser. » Fit-il à la personne qui se trouvait à l'entrée. Attendant qu'elle rentre entièrement à sa suite. Il la dévisagea un moment avant de prendre place, de pianoter d'un doigt sur la table de fortune et de l'examiner avec plus d'attention.

« Je ne pensais pas vous revoir un jour, de Sovnheim, fille d'Alrick de Sovnheim, ou dois-je vous appeler autrement ? Je suis étrangement agréablement surpris de vous trouver ici. » Il haussa un sourcil. Venait-il de dire agréable plutôt que désagréable ou étrange ? Non. Impossible. Il fit un signe de tête en direction d'une chaise. « Prenez place. » l'invita-t-il.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMer 11 Oct - 20:30

Bouclant de ses doigts agiles une dernière fermeture sur son buste, elle observa la dernière parcelle de sa peau disparaître sous l'acier.
Dans un autre contexte, sa nudité ne l'aurait pas empêché de traverser tout le camp, aussi gigantesque soit il, au pas de course si un danger avait été annoncé. Mais en cet instant, elle se préférait parfaitement cachée sous son armure. Pour plus d'une raison.
Un stupide instinct féminin fit avec effort surface par dessous sang séché poussière et métal.
Elle n'avait pas terminé sa toilette, quel spectacle devait elle donner ?

Elle se serait décochée une droite à cet instant si par un effet de magie quelconque elle s'était dédoublée. Se mordant la joue par pur contrariété, elle réduisit en cendre cette question inutile. Et puis quoi encore, son quotidien puait la mort, les excréments et la maladie depuis un mois désormais, il n'y avait pas la place aux robes, aux coiffures et petites perles dans les cheveux. Il n'y en avait jamais eu. Et ses supérieurs ne s'étaient jamais plaint jusque là qu'elle se trimballe avec des morceaux de cervelle sur son armement ni dans ses cheveux. Le maréchal s'en remettrait, lui même n'était pas des plus reluisants.

En parlant de s'en remettre... Malgré la surprise de le voir ici, devant elle, avec ce ton péremptoire inimitable, son cœur remonta jusque dans sa gorge lorsqu'il réclama qu'elle le suive.
Les lettres avaient elles été envoyées ? Lorsqu'elle était rentrée à Lorgol, elle avait brusquement repensé à la lettre qu'Alrik avait dû lui envoyer. Et son sang s'était glacé quand elle s'était alors demandée ce qu'adviendrait des affaires du maréchal après sa mort. Elle avait donc demandé, monnayant une petite fortune, que quelques autres courriers soient envoyés au bureau pour noyer la première dans la masse. Histoire d'être tranquille avec la nouvelle autorité.
Grand bien lui avait pris finalement. Puisque l'homme était aussi dur qu'une montagne. Mais elle n'avait aucun moyen de s'assurer que le courrier avait été bel et bien envoyé. Savait il pour son passé ? Ou l'isolait il de la masse pour la conduire droit à la cour martiale.

De nouveau son visage se ferma, reprenant ce froid profil que les hommes ici commençait à connaître. Avec nonchalance, la guerrière s'avança et récupéra le baudrier qu'elle avait abandonné devant l'entrée de la tente pour le sangler au travers ses épaules. Ainsi équipée, elle sentait de nouveau ce sentiment de toute puissance qui la possédait sur les champs de batail. Bien sûr, si vraiment l'homme avait découvert son identité, même son épée ne la garderait pas de la mort. Mais peut être pourrait elle se faire quelques compagnons de voyage.

Sans faillir et armée d'une assurance qu'elle n'avait pas toujours connu, elle rentra à la suite du Harnois dans une tente faisant partie de l'Etat major.
Le soldat qui la gardait fut alors congédié ce qui provoqua chez elle le seul froncement de ses sourcils. Cela ne voulait encore rien dire.
Adoptant une posture solide, les deux jambes plantées fermement dans le sol, elle croisa ses mains dans son dos et observa de son regard de ciel les doigts qui pianotaient, hypnotisant.

Le moment était venu. Il allait parler.

Et ce qui suivit provoqua de nouveau d'anciens instincts. Avait elle bien entendu ? Agréablement avait il dit.
Non décidément, c'était trop pour une de Sovnheim. Un nouveau sourire vint fendre son visage, plus rieur que le premier qu'elle lui avait adressé à l'infirmerie.

« Solveig. Vous pouvez m'appeler Solveig maréchal. »


Elle n'osa pas rebondir. Ce qui était fut un temps une parfaite occasion de titiller son interlocuteur, était aujourd'hui un mécanisme rouillé, grippé par les machineries de la guerre. L'apréhension avait disparu. Si agréablement faisait parti de son vocabulaire ce n'était pas pour caresser sa nuque de l'acier de son épée.

Du menton il lui indiqua une chaise sur laquelle s'asseoir. Elle hésita mais finalement se força a reprendre quelques vieilles habitudes en ne se faisant pas prier deux fois. Déposant son casque qui était resté sous son bras, elle dégagea de nouveau son baudrier qui ne semblait plus aussi utile ici, dans le saint des saints de l'Etat major.
Enfin, elle était décidée de lui dire une partie de ses pensées.

« Je dois vous avouer que je vous croyais mort à Svaljärd. Je vous ai vu vous faire évacuer mais vous n’étiez pas dans le meilleur des états. Et comme je ne vous ai pas vu aux funérailles populaires... »

Se reculant contre le dossier de sa chaise, elle l'observa avec beaucoup d'attention. Les blessures qu'il arborait avaient dû le faire souffrir le martyre.  
Mais une autre question se faisait pressente. Si son passif n'était pas le but de cet entretiens. Que faisait elle ici, en tête à tête avec lui.
Lentement, comme lorsque l'on réapprend à utiliser un muscle qui n'a pas servi depuis un moment, la jeune femme formula avec minutie sa pensée.

« Vous vouliez me voir en tête à tête. Vous ai je à ce point manqué ? »


Dernière édition par Solveig de Sovnheim le Ven 13 Oct - 11:41, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMer 11 Oct - 22:17

« Il est en hors de question, qui que vous soyez. »
« Cela ne se fait guère. De Sovnheim suffira amplement pour l'heure. »
Répondit-il directement à sa suite alors qu'elle lui proposait de l'appeler par un prénom. Absurdité. Son identité était un mystère, sa profession l'était en tout cas, pourquoi en serait-il différent vis à vis du nom et du prénom qu'elle affichait. Ne serait-elle que mensonge ? En outre, l'on appelait guère une femme aussi familièrement, voir intimement, à moins que ce ne soit l'homme qui l'en ai décidé ainsi. Plus encore lorsqu'il était question de rang a respecter. Alors certes, ce n'était pas vraiment la formulation qu'il avait imaginé et qu'il préférait, mais le sens était finalement le même, n'est-ce pas ? Gardant un visage stricte et impassible malgré les quelques bizarreries présentes, il avait poursuivit en lui indiquant de s'asseoir.

Sans la lâcher de ses yeux scrutateurs, il la fila, jusqu'à la chaise, la laissant prendre place tout en restant à l’affût de la moindre parcelle de vérité pouvant la trahir. Laissant toujours traîner un doigt sur la table, pianotant de ce dernier dans un silence de mort digne d'un camp défait, jusqu'à ce qu'elle le rompe.

Lui, mort ? Vu l'horreur qui s'y était passé, la faiblesse de ses paroles données à la famille impériale, la mort de l’Impératrice et le coma de l'Empereur, peut-être aurait-il mieux valu qu'il le soit, oui. Cela l'aurait sans doute empêché de faire face à un autre échec et de devoir vivre avec. Mais en quelque sorte, vivre pouvait paraître comme une chance de se racheter. Encore une autre. On ne tournait pas le dos en Bellifère, on affrontait, on faisait face.

« Il en faut davantage pour venir à bout de ma personne. »
« Cela aurait été bien trop doux. »
Oui cela aurait été trop tendre, trop facile, qu'il oublie, que sa vie s'achève en pensant avoir mené à bien son devoir jusqu'au bout. Qu'il pense ainsi tandis que sain et sauf la famille impériale se porterait. Pourtant, était-ce une chose qu'il souhaitait révéler ? Non. Pas spécialement. Pas du tout même. Il y a des choses qu'on préfère garder au fond, pour soi, comme cette pensée de mort trop douce, de rachat à faire et d'un énième échec à surmonter. Il grommela intérieurement de se laisser aller évident. Un manque de sommeil sans doute, manque de sommeil confirmé par une griffonne soucieuse de son état d'esprit.

Le Maréchal se caressa la tempe, soupirant, avant de répondre à sa question. « Vous êtes bien trop pleine de vous, qui-que-vous-soyez de Sovhneim. Vous ne m'avez pas manqué, non, mais j'ai pensé à vous, oui. » Il se serait largement passé de cette révélation, encore une fois. Rien que de repenser aux lettres le mettait dans tout ses états. Il ferma les yeux férocement, cherchant à se poser, mais ne trouvant qu'un vase brisée à la détestable idée qu'elle fricotait avec des pirates.

« Votre profession ? »
« Avez-vous une liaison avec la piraterie ? »
Et ses yeux ne cherchèrent pas à comprendre pourquoi il avait directement posée cette question plutôt que de faire dans la subtilité, dans la précision et dans la prudence. Son regard, emprunt d'une détermination à dégager le vrai du faux, n'attendait qu'elle. Qu'importe au final, on ne contournait pas un problème en Bellifère, on s'y frottait directement, laissant les détours aux fourbes, aux cielsombrois par exemple ou aux lagrans côté Faërie.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyVen 13 Oct - 12:32

Cet homme était un exemplaire unique. Qui en Arven demandait comment vous vouliez que l'on vous nomme pour décider l'instant d'après que votre opinion ne comptait pas.
Le voltigeur était un bout de bois. Un bout de bois qui faisait preuve d'humour à son insu. Solveig avait adoré ça à Svaljärd et se rendait compte que c'était encore aujourd'hui le cas.
D'un sourire amusé, elle le regarda sans dire un mot, après tout, il pouvait l'appeler comme il le désirait. Elle aimait aussi ce nom et était presque surprise que le maréchal ait préféré l'appeler par le nom de famille de son ami plutôt que d'utiliser son prénom. Il y avait une sorte de respect que l'on pouvait supposer de ce choix qui ne lui déplaisait pas.

Allant s'asseoir, sa réflexion sur sa mort présumée abattit de nouveau une expression froide et stricte sur le visage de la jeune femme.
Elle le comprenait à sa façon. Son rôle devait être terriblement lourd a porter en temps de guerre. Avec la mort de l'impératrice alors qu'il était présent ce jour là, elle pouvait presque imaginer l'état de solitude et d’échec qui avait dû le saisir.
A sa façon, c'est ce qu'elle avait ressenti le jour de l'attentat. Et qui l'avait décidé à prendre les armes aux cotés de l'armée. Elle n'était toujours pas morte et l'armée avait repris du terrain. Pour le moment, elle estimait avoir fais le bon choix.
Mais la perte des mages dans les lignes adverses avait fais beaucoup, elle devait l'admettre. Sans cette épidémie dont parlait ses responsables, ils en seraient encore aujourd'hui aa défendre chèrement le moindre mètre carré de leur propre terre.

D'un ton qu'elle espérait plus léger elle lui avait alors demandé que lui valait ce tête à tête même si l'idée de s'asseoir pour une fois au calme sans être entourée par une foule d'hommes n'était pas déplaisante.
Sa réponse la cloua sur sa chaise, sa main venant se placer sur son genou de sorte de le presser un peu, signe qu'elle ne s'était pas attendue à cela venant du maréchal.
Il était plus honnête que dans son souvenir. Toujours très terre à terre et un peu a coté de ses blagues qu'elle ne jugeait pas non plus de première qualité mais il se montrait curieusement bavard.

« Maréchal. C'est une façon de parler, une blague voyez vous. Si j'étais aussi imbue de ma personne, je ne pense pas que je serais aujourd'hui ici. Je voulais simplement... enfin. »

Le Harnois la faisait clignoter dans ses expressions comme la lumière miroitant à la surface des océans. Il pouvait lui tirer un sourire comme la seconde d'après le plus grave de ses visages.
Elle était bien embêtée à cet instant. Qu'on l'accuse d'être trop présomptueuse la fachait alors qu'elle se contentait du confort sommaire du camp sans se plaindre une seule fois malgré la très forte pression psychologique de la mort qui pesait sur eux. Elle trouvait cette réflexion presque injuste dans ce contexte. Mais en même temps il lui indiquait qu'il avait pensé à elle.
Que devait elle penser de ça ?
D'un froncement de sourcil, elle planta fièrement son regard dans le sien décidée à comprendre ce qu'il voulait dire en admettant qu'elle avait occupé son esprit, cachant ainsi sa brusque déstabilisation.
Ce fut avec la question qu'il lui posa qu'elle comprit.
Son regard était bizarrement intense. A quoi s’attendait il ? Que par la force de son regard elle lui dise oui ? Il était mal tombé, avec un maître et père comme Alrik, elle était devenue une menteuse pleine de conviction.

« Non. »

Yeux dans les yeux, elle ne cilla pas lorsque sa réponse franchie ses lèvres. Les meilleurs mensonge étant ceux qui se rapproche de la vérité. C'était vrai, présentement elle n'avait aucun lien avec eux, c'est ce qui lui donnait cet aplomb, de croire en son propre non.
Soutenant encore le regard noir du Harnois, elle attendit un peu avant de planter ses coudes sur la table, pour s'approcher un peu.
Coudes plantés, les mains retombant vers l'arrière, elle pencha un peu la tête, imitant parfaitement sa propre attitude si elle avait été désireuse de comprendre le comment du pourquoi.

« Pirate ? Nous sommes un peu loin dans les terres pour qu'un bateau m'attende vous ne croyez pas ? »

Oh la perfide. Elle avait presque hésité continuer en ces mots « moi et mes copains pirates on est venu tuer des faës pour piquer les fleurons qu'ils ont gardé dans leur poche » Mais c'était une provocation inutile et de mauvais goût. Elle continua cette fois sur un ton plus amusé.

« Et vous m'avez rencontré la première fois en Valkyrion. Je ne savais pas que la navigation était praticable là-bas ».

D'un clin d’œil elle se recula, de plus en plus a l'aise avec les interactions sociales qu'elle avait si longtemps délaissées.
Son œil accrocha de nouveau les blessures qui balafraient le cou du maréchal, lui donnant une parfaite opportunité pour orienter la discussion ailleurs.

« Avez vous encore mal maréchal ?
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMer 18 Oct - 13:20

« Vous êtes bien trop pleine de vous, qui-que-vous-soyez de Sovhneim. Vous ne m'avez pas manqué, non, mais j'ai pensé à vous, oui. »

« Maréchal. C'est une façon de parler, une blague voyez vous. Si j'étais aussi imbue de ma personne, je ne pense pas que je serais aujourd'hui ici. Je voulais simplement... enfin. »


Son regard froncé et sa bouche quelque peu tordue pouvaient clairement signifier un 'Taisez-vous' ou un 'Suffit' sous entendu de par cet agacement à l'entendre répliquer. Pourtant sa langue, elle, l'aurait bien invité à poursuivre sa phrase. D'autant qu'il y avait quand même de la politesse dans sa manière de lui répondre. Terminer par un 'enfin' était hautement frustrant. À tel point qui ne la lâcha pas des yeux... peut-être poursuivrait-elle ou peut-être que non.

Elle avait sans doute raison de prendre à mal ces remontrances, mais n'aurait-elle pas usée de la même sévérité à son égard si elle s'était trouvé dans ses bottes ? Quoi qu'imaginer une femme à un poste aussi élevé que celui de Maréchal relevait de la plus grande absurdité. Il était peut-être question d'une guerrière se battant vaillamment en l'état présent, mais s'il ne s'agissait que d'une couverture pour cacher son appartenance à la piraterie, au banditisme ou à l'espionnage pour le compte d'un duc faë par exemple, dureté était de mise et qu'importait ses états de faits actuels, sa tête tomberait. Alors oui, il pouvait lui paraître grossier et déplacé, il était intolérant après tout, mais il était droit et complètement fidèle à la couronne et à l'Empire et, de ce fait, il devait agir avec poigne pour ces derniers. De toute façon, il ne serait pas à sa place s'il était naïf et bien conciliant, non, il avait toujours été de notoriété que Richard le Harnois était un homme aussi pragmatique, qu'intolérant et misogyne.

Devant l'absence de suite, bien que frustré, il reprit en allant droit au but sur ses suspicions lourdes. Avait-elle un lien avec la piraterie ? Oui ? Non ? Il était irrité, Richard, à re-songer au contenu des lettres et au sérieux qu'il avait prit pour les lire, ainsi qu'au temps perdu à les examiner à bien y repenser. La réponse qui tomberait était hautement importante à ses yeux, pour sa tête comme pour la sienne. Il épousa son regard sans failles, tentant de le sonder avant même qu'elle émette un mot, et écouta sa réponse. Un poids sembla tomber de ses épaules devant cette simple négation alors que son dos se laissait aller contre le dossier de la chaise. L'étudiant toujours, ses doigts pianotant encore, il reçu ses 'explications' sans broncher ou protester sur son audace. Lui-même n'aurait que très peu apprécié qu'on le foute dans le même sac qu'une de ces ordures, il était tout naturel qu'elle fasse part de son indignation d'une manière ou d'une autre. Dont par l'humour là où il se serait sûrement contenté d'un crachat ou d'un échange de poing... dépendant de la situation et de la personne en face naturellement. Sans doute se serait-il montré cynique, mais compréhensif devant un supérieur tout en bouillant de rage à l’intérieur.

« En effet. » Indiqua-t-il simplement alors qu'elle se reculait sur sa chaise en lui décochant un clin d’œil honteux, mais est-ce que cela suffisait seulement ? L'idée qu'un pirate ai pu participer à la fête de Svaljärd lui paraissait impensable en effet, tout autant que la présence d'Agents de l'Ordre... ou que des sentinelles tueuses agissant sous son nez. Vu sous cet angle, tout était possible à présent. Il décida pourtant de taire ses suspicions, pour l'heure, cela suffirait.

Sa question tomba comme un cheveux dans la soupe. Changeant la conversation du tout au tout. Et si la réponse à donner lui était claire, sa langue en fit une nouvelle fois à sa tête. Ainsi son « Non. » féroce devint :

« Encore un peu oui, cela me démange de. » Et il s'interrompit, le Maréchal, devant cette réponse sans queue ni tête. Enfin si, c'était la vérité, mais c'était de base ce genre de vérité qu'un homme cache par fierté. Faible est celui qui geint devant une femme. Et tout de suite, en écho à son état songeur à la limite du maladif à compter les aveux de ce genre, Adamante lui projeta quelques images. Nourritures avariées. Drogue dans un thé. Poison. Elle aussi partageait sa surprise, son courroux et ses craintes s'il s'agissait des deux derniers points. Parce que Richard ne touchait pas aux drogues c'était bien connu. Le Maréchal secoua la tête, se raclant encore et encore la gorge, la respiration accélérée à l'idée qu'on ai pu l'empoisonner. Se plaindre à la guerrière ? Non. Hors de question. Cécile ? Trop loin et il doutait honnêtement pouvoir lui parler de ses craintes actuelles. Ses yeux fixèrent ses doigts de manière absente alors qu'il imaginait quel pouvait être l'auteur de cet acte honteux et fourbe. Un agent de l'ordre ? Pour placer un pion à sa suite, dans ce cas... Un capitaine serait-il de mèche avec l'Ordre ?! Non... impossible ! Une voltigeuse ? Non plus... même un voltigeur au féminin à lui en arracher une grimace ne se serait pas adonné à pareille bassesse. Une femme... il leur faisait du bien pourtant ! Ses méninges travaillèrent, sa langue faisant le tour de ses dents dans sa bouche, jusqu'à en oublier presque la femme présente. Femme à qui il revient l'instant d'après.

« Vous n'êtes point pirate. Supposons. Qu'êtes vous donc en cas, guerrière ? Des écrits vous qualifient de tous les genre possible : de putain, d'espionne voir même d'assassin. »
« Vous n'êtes point pirate donc. Bien. Qu'êtes vous donc, simple guerrière ou charmante putain en manque d'aventure ? Une lettre m'indique que vous l'êtes. »


Et malgré le sérieux que portait son regard sans ciller, une détresse au fond. Une aura pesante semblant suinter de ses pores pour faire le tour de la tente. Le poison était rapide... Lit. Non, dormir le ferait sombrer plutôt. Pied dans la tombe et crainte. Espérons que non. Il se racla une nouvelle fois la gorge peu certain de vouloir poursuivre soudainement. Et pourtant... plus il discuterait, plus il se rapprocherait de la vérité. Il aurait dû rapidement enchaîner en posant la question phare de savoir si elle avait une explication ou une idée de l'auteur derrière ces lettres, mais il était bien confus de son phrasé lui sortant de la bouche ainsi actuellement. Il doutait aussi qu'Alrik soit du genre à le confondre au travers divers écrits.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMer 18 Oct - 21:38

C'est ce qu'elle craignait. Assise trop longtemps, son corps se relâchait et laissait libre à une fatigue qu'elle combattait depuis quelques jours. Quelques nuits. Le sommeil ne l'avait pas abandonné, c'était elle qui le fuyait. Des cries et du sang, ses rêves en étaient maculés. Combien de fois s'était elle endormie pour mieux se réveiller fatiguée et terrifiée par une épée imaginaire se plantant dans son ventre ? Personne ne s'en était encore rendue compte mais la guerrière souffrait d'avantage dans ses songes que dans la mortelle réalité. Tuer les autres ne lui procuraient plus de remords, c'était ainsi. Mais elle ne devait pas s'être fait totalement à l'idée de sa propre mort.
Dans une tentative pour revitaliser son corps qui la menaçait d'insubordination, elle changea de nouveau de position. Glissant sa jambe droite au dessus de la gauche, continuant de faire bouger ses doigts lentement contre les éraflures qu'elle connaissait désormais par cœur sur son armure.

Sa tentative de lui parler de ses propres blessures aurait pu la faire doucement sourire si le maréchal ne s'était pas brusquement décidé à lui révéler un semblant de vérité. Laissant de nouveau la kyréenne perdue dans leur habituel duel verbal. S'était elle faite une aussi mauvaise opinion de cet homme ? Était elle passée à coté de sa personnalité malgré tout ce qu'elle avait pu entendre du personnage et de leur précédent entretien ? Jamais, jamais elle n'avait entendu un belliferien révéler verbalement ses souffrances.
Bizarrement, elle se disait que le Harnois lui même ne trouvait pas la situation des plus normales. C'était à son tour de s'agiter. Quelque chose n'allait pas. Était il malade ? Ce n'était pourtant pas l’œuvre d'une quelconque manipulation magique, les mages ayant déserté les camps ennemis.
Mais l'homme avait l'air de se ressaisir, faisant douter la guerrière sur ce qu'elle pensait avoir perçu. Peut être était il seulement fatigué et manquait de retenu sur sa personne.
Elle n'eut pas le temps d'explorer d'avantage ce soupçon. Déjà reprenait il le contrôle de la discussion. A sa façon. Déplacée.

« Vous n'êtes point pirate donc. Bien. Qu'êtes vous donc, simple guerrière ou charmante putain en manque d'aventure ? Une lettre m'indique que vous l'êtes. »

Solveig en perdit ses mots. A la fois fatiguée et en colère qu'il remette une fois de plus sa position ici même au plein cœur des conflits Ibéens/faës. Mais aussi déstabilisée qu'il se sente obligé de la qualifier de charmante.
Un long silence passa ou la jeune femme ferma les yeux un instant pour tenter de contrôler le flot de colère sourde qui montait en elle. Même l'adjectif ne pouvait pas calmer cet abandon de soi qu'elle avait mis au service de l'Empire au risque d'écourter sa vie.

Lorsqu'elle les rouvrit, elle était redevenue cette froide guerrière sans sentiments qui massacrait ses ennemis sans remord. Le monstre sans vie des champs de bataille.

« Pensez vous maréchal qu'il soit très judicieux de me qualifier de putain alors que des morceaux ennemis se baladent un peu partout sur moi ? Pensez vous qu'il est judicieux de ne pas m'épargner de votre sempiternelle blague sur la prostitution alors que je sens encore dans les os de mes poignets ceux des autres craquer ? J'en ai rigolé à Svaljärd. Mais si vous êtes décidé à ne m'épargner aucunes de vos insultes même enrobées par des « charmants » sous prétexte qu'une lettre vous indiquait que je vendais mon corps, je vous invite à vous adresser au soldat le plus proche. Je ne me rajouterais pas l'insulte supplémentaire de vous jurer sur les dieux que mon intimité n'a fais l’œuvre d'aucune mise à prix. »

Sur la fin de sa tirade, elle s'était laissée emportée, se levant de sa chaise pour venir s'appuyer de ses deux mains sur la table du Harnois, plongeant ses yeux bleus cernés dans ceux fatigués du belliferien. Se reculant, elle se redressa de toutes sa hauteur, le visage vide. Brusquement elle se rappela. Ces réflexes de repli ne venaient pas de nul part. Adolescente, elle s'en était servie, de nombreuses fois. Elle avait perdu cette habitude avec Alrik.
Elle le regarda encore un peu et se pencha pour récupérer le casque qu'elle avait abandonné à terre.

« Avez vous eu ce que vous désiriez le Harnois. »
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMar 24 Oct - 13:43

Le ton était donné, nul mensonge dans son phrasé aussi déplacé que franc. La vérité toute nue sortait de sa bouche à présent. Et si Richard n'en avait pas encore mesuré la portée, il mettait doucement le doigt dessus. Petit à petit. Solveig de Sovnheim, et l'obscur mystère qui planait autour d'elle, ne pouvait se soustraire pour l'heure à ses interrogations, à cet interrogatoire aux allures d'insultes sous la ceinture, à son intolérance, à sa misogynie, à son pouvoir. Il l'avait qualifié à l'instant même de possible putain charmante et il le pensait complètement dans ses suspicions, mais était-ce pourtant une chose à soulever en ces termes ? Sans doute pas... encore qu'il s'était montré bien plus cru envers la vieille gueuse de la Fère. Il retroussa d'ailleurs le nez à songer à leur dernière entrevue, espérant que l'épidémie l'ai déjà ravagée complètement.

Le Maréchal cacha bien ses tracas sous ses sourcils broussailleux, mais il n'eu guère à cacher sa surprise en entendant la jeune femme lui faisant face sortir de ses gonds. C'était normal dira-t-on, de ce qu'il avait vu d'elle, cela aurait été plus qu'étrange si elle s'était contenté de fermer son clapet. Il réceptionna ses plaintes et son presque aveux de chasteté, lequel l'aurait limite fait afficher un sourire tordu ou fait sortir un rictus s'il n'avait pas apprit à maîtriser avec le temps un tantinet de ses expressions. À sa dernière question pourtant, son regard s'assombrit radicalement pour calmer cet écart.

« Maréchal. » Corrigea t-il sèchement. « Ne l'oubliez pas. » Et il fut satisfait que sa langue s’arrête là, car elle aurait bien pu poursuivre en indiquant un 'pas maintenant' plus intimiste, mais outre déplacé, pas adapté à la personne. Pas encore en tout cas. Ce n'était que leur seconde rencontre après tout, et peut-être serait-ce d'ailleurs la dernière. Sifflant du nez, il se leva droit, important avant de faire quelque pas en direction de l'entrée pour demander après un soldat. Restant en retrait, le questionna sagement tout en donnant des coups de tête en direction de la femme guerrière située à l’intérieur. Le guerrier manifesta son intérêt, la regarda avant de reprendre la parole puis de s'en retourner vaquer à son poste tandis que dans une autre toile battue, Richard s'en retournait dans la tente.

« Vous seriez une Skjaldmö. Une bête redoutable sur le champ de bataille. » Un rictus à peine voilé rien qu'à répéter ces mots. Bête et redoutable pour une femme. Pitié. Sans se rasseoir, debout, bras croisés, de haut, il l'examina. Bien. Il y avait en effet des preuves flagrantes de son implications et des morceaux qui se passaient de description, aussi retroussa-t-il le nez une nouvelle fois prêt à accepter son 'métier' d'un regard sérieux avant d'avancer pour reprendre place assise. « Il n'était pas dans mes intentions de vous insulter, je vous présente mes excuses. Pour sûr que c'était vrai, le métier de putain était chose sérieuse qu'il prenait à cœur, mais de là à s'excuser aussi platement, non. Heureusement il se rattrapa bien vite, professionnel. Une idée de qui chercherait à vous nuire, madame ? » Et si le madame était de trop, y compris pour lui, il s'abstint de revenir dessus. Elle n'était 'madame' pas plus qu'elle n'était 'femme' actuellement, bien que ses oreilles restaient hautement délicieuses à ses yeux se posant dessus malgré la crasse du reste.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyJeu 26 Oct - 1:13

Elle s'était attendue à ce qu'il lui donne congé à vrai dire. Elle avait aussi consciencieusement choisi son nom plutôt que son titre, dans l'idée de le faire fulminer dans ce contexte où il incarnait d'avantage une profession qu'un homme. Et bien sûr, elle serait partie sur ceci, comme une dernière victoire un peu mesquine, puis aurait sans doute cherché un lieu plus ou moins isolé pour tenter de récupérer quelques heures de sommeil en toute intimité.

Elle s'était reculée alors qu'il lui demandait de ne pas oublier de le nommer maréchal. Si seulement lui même n'avait pas oublié le plus sommaire des respect, peut être aurait elle réussi elle même à conserver cette politesse qui avait accompagné tout le début de cet entretiens. Solveig était trop à fleur de peau pour résister plus longtemps aux assauts de ce foutu caractère. S'était il attendu à ce qu'elle ménage sa susceptibilité quand elle même était plongée au plein cœur du conflit le plus meurtrier d'Arven ?
La kyréenne n'osa pas poser deux doigts à l'intérieur de son poignet de peur de sous estimer la pression que subissait son corp.
Elle aspirait simplement à ce qu'il en finisse. Oui elle était satisfaite de voir qu'il était en vie et elle, simplement trop sûre pour apporter des preuves à ses certitudes. Mais à en juger par le tremblement léger de ses doigts, le jour n'était pas bon pour un tête à tête. Plus tard, peut être, si elle s'en sortait. Plus tard peut être, si elle ne l'étranglait pas elle même.
Patiemment, elle attendait donc qu'il explose. Elle n'aurait alors qu'a saisir l'occasion. Tout était... Pourquoi se levait il ? Voulait il lui indiquer la sortie ?
Le sifflement que produisait son nez la poussa presque à saisir la garde de son épée. Allait il tenter l'intimidation physique ?

Elle se trompait. Le Harnois la dépassa pour aller discuter avec le garde qui était resté à l'entré.
Passant une main sur son visage, elle resta ainsi planté là, au milieu de cette tente, observant le plafond comme si la haut se trouvait une réponse à sa requête interne de courage.

Solveig n'attendit pourtant pas longtemps, le voltigeur revint sur ses pas, le visage barré par un rictus après lui avoir résumé son échange avec l'homme qui gardait l'endroit.
Un léger tressaillement la prit quand il prononça le mot bête. C'était exactement ce qu'elle ressentait lorsqu'elle était là-bas au plus proche du conflit. Peut être un jour basculerait elle complètement dans cet état de barbarie bestiale. Le visage fermé, plus préoccupée par ses propres doutes sur sa personne que par l'ironie qui transparaissait dans le visage du belliférien, Solveig ne releva pas. Après tout, il l'avait déjà accusé de devoir sa présence à ses cuisses que par ses talents guerriers. Qu'il les juge avec condescendance, elle ne s'en formalisait pas d'avantage. Au moins les jugeait il dans le domaine du réel. C'était déjà un progrès pour ce vioc à moitié consumé.

La kyréenne évitait désormais de recroiser son regard, attendant un énième jugement. Il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin n'est ce pas ? Elle ferait celle qui n'entend pas. Et cette fois ignorerait ses mots comme elle savait si bien le faire. Après tout cela lui ressemblait peu de se mettre en colère même si sa réaction était plus que justifier. Peut être serait elle trop fatiguée pour tenter l'humour mais ne pas se laisser atteindre, elle avait toujours su faire. N'est ce pas ?
Elle sentait son regard se poser sur le moindre détail de sa tenue mais brusquement, tout cela n'avait plus d'importance. Pourquoi s'était elle inquiétée d'être sale quand la seule chose qui importait à son interlocuteur était son genre.
Lorsque le maréchal reparti s'asseoir, Solveig ne comprit pas immédiatement. Elle qui avait érigé tant bien que mal ses anciennes barrières autour d'elle les laissa s'écrouler aussitôt. Avait elle bien entendu ? Haussant les sourcils, elle ne chercha pas à cacher sa surprise, reportant presque aussitôt son attention sur ce visage marqué par les épreuves, cherchant si il y avait de la sincérité dans ses mots.
Oui. Il s'était excusé.

Décidément, elle ne comprenait absolument plus rien.
La question qu'il lui posa fut trop pour la guerrière. Elle rattrapa le dossier de sa chaise pour s'asseoir. Elle l'avait entendu dire madame n'est ce pas ? Embarrassée, amenée de nouveau sur un terrain qu'elle n’avait jamais maîtrisé, elle senti à sa plus grande honte une légère chaleur sur ses pommettes. L'embarras était trop puissant pour qu'elle l'ignore mais elle n'avait pas le courage non plus d'insister pour qu'il n’emploie pas ce terme. Autant oublier.

« Non, aucune. Peut être un ancien collègue, ou une skjaldmö, je ne me suis pas penchée sur la question. J'avais d'autres... préoccupations. »

Elle brodait sur le plus probable des cas. Autant dire que tout le monde pouvait être à l'origine de ces lettres.
Un silence de nouveau s'installa entre eux alors que Solveig fronçait progressivement les sourcils. Cette fois, le soupçon revenait, plus fort. Elle devait s'en assurer.

« Votre femme s'inquiète elle ? »

De son menton elle indiquait son poitrail, connaissant à l'avance la réponse qu'il était sensé lui sortir. Un bon franc et massif « ça ne vous regarde pas » ou quelque chose de ce goût. Lors de leur précédente rencontre il lui avait avoué ne pas être marié, elle n'avait pas trouvé plus rapide idée pour mettre en pratique sa théorie. Si il lui indiquait son erreur... alors peut être envisagerait elle de revenir en arrière. D'oublier ses envies de solitude pour profiter d'une situation irréelle.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptySam 28 Oct - 12:26

Un mépris pour une femme se pensant l'égale de l'homme en combattant sur un champ dédié à Kern, le dieu de Bellifère. Bellifère, duché des hommes, des vrais, loin des femmelettes qui sentent la rose même pas fichu de lever une pique convenablement. Duché par excellence qu'une  Skjaldmö aidait a défendre dans une armure éraflée qu'elle aurait mieux fait de troquer contre une robe simple de couleur brune ou ocre. Ocre plutôt, la couleur épouserait bien celle de ses cheveux blonds, mais sales. Quel gâchis. Gâchis qu'il ne releva pas. Il ne choisissait pas qui se battait sur terre et il avait déjà suffisamment de mal à faire en sorte qu'un décret interdisant la voltige aux femmes sorte.

Bref.

Il en était réduit à se faire à l'idée que la fille adoptive d'Alrik était douée une arme et un bouclier dans les mains. Alrik le bon ami. Pour Alrik et parce qu’il n'aurait guère plus apprécié qu'elle qu'on le traite ainsi de pirate, il s'excusa platement. À moins que ce ne soit l’œuvre d'un divin ou d'un puissant poison qui lui ai fait sortir ces mots de la bouche. Bouche qui poursuivie, loin du graveleux, en l'interrogeant et en ayant la stupidité de lui sortir des 'madame'. Oui elle était femme, mais par Kern pourquoi se devait-il soudain se le rappeler et de le souligner  ! Adamante continuait elle aussi de relever les étrangetés de la journée et de celle d'hier, les compilant pour lui faire des propositions afin d'expliquer son comportement et sa langue dissidente.

Il décrocha ses yeux des oreilles charmantes quand, moqueuse et lasse à la fois, Adamante le bombarda d'images en tout genre, de couvertures, en passant par la chevelure blonde, aux oreilles, à la guerre et à la tente, ce n'était clairement pas le moment en effet.

Elle répondait à son interrogatoire plutôt bien, Solveig de Sovnheim, consentante, mais n'en restait pas moins dénuée d'informations concrètes. Pourquoi une  Skjaldmö voudrait lui nuire ? Jalousie ? Si oui, en quoi ? N'étaient-elles pas connus pour être une espèce d'élite ? Hors les élites se passaient logiquement des bassesses pour se complaire à leur tâche. Ses autres 'préoccupations' touchaient-elles la guerre ? Ou bien.... Enlèvement et tâche de sang sur un drap. Il chassa les images d'Amandante d'un mouvement de main sec comme s'il chassait une mouche perdue. Cela devenait irritant. Et malheur, l'irritation qu'éprouvait Richard pouvait à certain moment satisfaire grandement la griffonne, quand bien même le lieu ne s'y prêtait guère.

« Je n'ai pas de femme. Il n'était clairement pas engagé en effet. J'en ai plusieurs pour me satisfaire par contre. » Et il aurait été bien incapable de compter ses compagnes au fil des années. Était-ce pourtant ce qu'il voulait dire ? Non. Cela relevait du privé. Et le privé ne pouvait coexister avec travail, encore moins non loin d'un champ de bataille. Pas plus que la question graveleuse qui lui échappa des lèvres.

« Ne craignez-vous guère de flétrir en plein champ ? Mais c'est qu'il parlerait presque lagran. Quoi qu’à estimer votre âge je m'étonnes fort que ce ne soit déjà arrivé... même par inadvertance. J'ai ouïe dire que cela s'oubliait vite selon les partenaires. »

Ah. Adamante n'approuvait guère ses propos, mais le retrouvait d'une certaine manière. Richard lui-même se surprenait encore d'avoir exprimer ses pensées. Lui qui désirait lui en demander plus sur les Skjaldmö, c'était raté.


Dernière édition par Richard le Harnois le Sam 28 Oct - 18:22, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptySam 28 Oct - 16:39

Toujours mal à l'aise elle le voyait désormais observer les bords de son visage sans comprendre. Avait elle encore des traces de sang sur le visage ? Elle s'était pourtant assez débarbouillée à l'infirmerie.
Impatiente, elle attendait. Et elle ne fut pas déçue.
Comme elle l'avait prévu il répondit sincèrement à sa question, provocant l'exultation chez la guerrière qui désormais pouvait enfin affirmer que son comportement était altéré. Elle se serait toutefois abstenue de savoir la suite. De l'exultation elle passa au renfrognement. Si elle lui pardonnait désormais bien volontiers le reste de cette conversation, son honnêteté avait décidément tendance à aller jusqu'au bout des choses.
Si elle ne pouvait nier que son choix de vocabulaire étrange sous cet éclairage nouveau lui faisait secrétement plaisir, elle se devait toutefois de noter que les plus brutales de ses pensées étaient le reflet parfait de ce qu'il pensait intérieurement.
Croisant les bras, elle plaça cela sur le compte de son duché natal. Même si Géralt n'avait jamais parlé ou ne serait ce esquissé ce genre de pensée, elle savait que le Belliférien moyen n'avait rien en commun avec les pensées progressistes de ses compatriotes Kyréens.
A commencer par la guilde des Guerriers. Bien sûr elle en avait rencontré là-bas. Et curieusement ils avaient toujours été les premiers qu'elle ait dû convaincre à l'aide d'une forte persuasion. Et si à la fin ils s'en tiraient avec quelques bleus sans pour autant revenir sur leur conception de la femme, au moins lui foutaient ils la paix. Un bon compromis.
Ici même, entre Outrevent et Bellifère, c'était différent. Les hommes lui avaient bien entendu jetés quelques regards tordus mais le temps comme les forces manquaient pour s'occuper d'autre chose que de garder sa tête sur les épaules.
Son impression avait été aussi la bonne. On la reconnaissait belle et bien désormais.

Pour en revenir au maréchal, elle devait tout de même reconnaître qu'elle n'était pas plus surprise que ça. L'homme avait l'âge d'Alrik et parlait de prostitution assez ouvertement. Son salaire devait même lui permettre de faire appelle aux charmes les plus disputés d'Arven.

Ce serait-elle attendue à la question qu'il posa sans gêne ni peur ? Elle ne comprit pas immédiatement. Elle faillit lui faire remarquer qu'elle n'avait que 32 ans, que le champ de bataille pouvait la cueillir à la fleur de l'age mais que tout de même, si il y avait un impacte non négligeable sur son moral, elle n'en deviendrait pas pour autant une vieille femme.
Puis tout doucement elle comprit grâce à la suite de sa demande. Il faisait allusion à sa virginité. Quand avait il entendu cela ?
Farfouillant précipitamment ses souvenirs, elle se rendit compte un peu tard que c'était sa tirade acide qu'y l'avait mis sur la voie.
Ainsi de tous les reproches qu'elle lui avait fais, il relevait un détail insignifiant pouvait le laisser penser qu'elle était vierge. Ce qui était vrai. Mais elle ne s'amusait pas pour autant à le crier partout même si elle n'éprouvait aucune honte à l'être.
Se raclant la gorge, s'efforçant de ne pas rougir de ce qui aurait put être une offense de plus si elle n'avait pris conscience de son état second, elle fit plus attention aux mots qu'elle employa.

« Êtes vous bien en train de discuter de ma potentielle virginité Maréchal ? »

Autant qu'elle en soit certaine.
Maintenant, il ne lui restait plus qu'à choisir entre défendre ses convictions ou revenir sur ses mots pour laisser planer le doute. Mais l'homme aurait été du genre à vertement lui dire que ce genre de chose n'était pas ses oignons, ce qui la décida à faire son choix. Si la question représentait un réel intérêt pour lui vu l'honnêteté qui le travaillait – cette seule pensée fut d'ailleurs plus proche de la faire rougir que la précédente – elle se ferait un plaisir de le laisser dans le flou.

« Par inadvertance ? Ce genre de choses n'arrivent pas vraiment grâce aux fruits du hasard. Mais j'ai bel et bien connue quelques romances »

C'était de la mauvaise foi caractérisée mais suffisamment pour relancer le débat intérieur du Harnois. Ce fut la petite victoire narquoise de la guerrière.
Elle faillit ouvrir la bouche, poser celle qui lui brûlait les lèvres. Mais elle la ravala, le cœur un peu plus rapide qu'a l’accoutumé, un peu contrariée d'ailleurs de le constater. Elle préféra continuer sur ce sujet si … particulier. D'un sourire peu a peu

« Je ne pensais pas que vous portiez de l'intérêt à ce sujet Mérachal? C'est assez osé. Je pensais que les Bellifériens ne posaient pas ce genre de question, surtout à une femme »

Une question. Pour le forcer à parler.

« Mon cas vous est si particulier pour que vous passiez outre le bon sens moral ? »

Oh. Finalement, elle n'était pas certaine de vouloir entendre la réponse.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyDim 29 Oct - 0:53

Rho qu'il était d'un graveleux à faire renouveler la férocité de Diane de la Fère si elle était encore en vie – il en avait fallu peu à leur dernière rencontre pour la faire sortir de ses gonds– ou bien de la booster à reprendre des écailles de dragon pour renvoyer culbuter plus bas la fière griffonne. Après son aveu sur les femmes, il n'avait pas su se retenir de mettre la pucelle sur le tapis. C'est qu'il était honnête, Richard, ou plutôt affreusement cash, plus que d'habitude. Il ne retenait plus ses mots. Il ne mentait pas. Il ne mentait que très peu de base, mais cachait ou détournait beaucoup de choses et paroles. Paroles qui tombaient comme pluie féminine sous la tente actuellement. Une averse qui mouillait, une averse qui trempait et le m'était à nu.

Il n'avait pu retenir un fin rictus de se dessiner sur son visage et de se faire entendre alors qu'il constatait qu'elle ne semblait saisir la portée directe de ses mesquineries. Mais à ses mots, il su. Il su qu'elle avait fait la lumière sur ses propos. Elle avait déjà un certain âge, la guerrière, au moins la trentaine, ce qui était affreusement tard à ses yeux pour ne jamais s'être accouplé avec un mâle. Un affreux manque de savoir vivre chez les bellifériens. Ô combien se serait-elle fait huer et repousser si elle était née belliférienne et n'avait goûtée à rien à son âge toujours resté dans son duché. Peut-être que son appareil reproducteur avait gelé à force de rester si peu active sexuellement dans le duché de Valkyrion. Peut-être même était-elle stérile.

Il se contenta de la regarder avant de se faire entendre. La laissant discuter romance et autre chose typiquement féminin. Le romantisme n'avait guère sa place lorsqu'il était question de reproduction et d'acte primaire. Et il se voyait mal allumer bougies, encens et accueillir sa dulcinée d'un tissu léger pour le couvrir. Rien que l'idée de faire une scène dans une chambre lui semblait grotesque, alors l'idée qu'elle ai pu avoir la même notion du romantisme qu'une cielsombroise lui mit la chair de poule. Ils en faisaient trop pour le même résultat. Beaucoup trop. Affreusement trop.

« Bon sens moral ? Il n'est pas question de cela, madame. Ou peut-être que si, cela relève du devoir de tout homme et femme. Et il entendait par là, la reproduction. Imaginer qu'à la trentaine vous soyez... pure, et il retroussa le nez une nouvelle fois, comme s'il s'agissait d'une insulte pour elle, suggère peut-être que vous êtes inapte malgré vos charmes. »

Il prit une profonde inspiration, entremela ses doigts avant de reprendre.

« Si vous me demandez si je m’intéresse à votre potentielle virginité, la réponse est oui. Ciel, Adamante, que disait-il ! Nous sommes en guerre, de Sovnheim. Et il réussi à se défaire du madame par il ne sait quel miracle. Et si vous perdez la vie ici, outre d'échouer à vous préserver, Et surtout à préserver l'Empire ibéen par Kern ! vous aurez échoué en tant que femme, en tant que mère, en tant qu'épouse. Car elle n'appartiendrait à aucun et que nulle trace ne persisterait de sa lignée... comme de celle d'Odile peut-être. Cela compte si peu à vos yeux ? Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu que les skjaldmos étaient chastes à la vie à la mort, à moins qu'on ne vous ai dit stérile je ne peux saisir pourquoi vous ne remplissez pas votre rôle de femme au foyer avec une de vos romances. » Et ce dernier mot s'étrangla quelque peu dans sa gorge.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyDim 29 Oct - 14:17

Solveig le regarda pour une fois d'un regard neuf. L'homme en face d'elle était il idiot ?
Avait il abandonné l'idée de la considérer comme prostitué pour mieux discuter en suite de sa place ici à la guerre et de son appareil reproducteur ?

C'était une punition. Maintenant elle le savait. Elle n'aurait pas dû se montrer curieuse ni porter de l’intérêt à un homme. Elle avait toujours vécu seule et parfaitement bien sans parasite dans le tiroir. C'est ainsi que les dieux lui faisaient passer le message. Ne te détourne pas de tes habitudes ou on t'enverra un parfait abruti de première génération prêt a discuter de la fraîcheur de ton intimité.
Avec un autre, sa diversion aurait fonctionné. Mais Le Harnois n'était pas un autre. Il était si bouffi de suffisance, qu'il ne lui venait même pas à l'esprit qu'il puisse se tromper. Que dire à cela.
La stérilité. Elle aurait été heureuse de l'être mais comment le vérifier si ce n'est en passant à l'acte. Hors de question.
Vidée de toute énergie, dubitative d'en être arrivée là, elle regarda derrière elle avec des idées de fuite. Le garde entendait il ce qu'il se passait ici ? Avait il de la compassion ou pensait il lui aussi qu'elle perdait son temps et de précieuses possibilité de fertilité à défendre leur empire.

Calmement, comme lorsqu'on tente d'expliquer quelque chose à un enfant, un enfant turbulent et récalcitrant, Solveig articula à l'intention du Belliférien.

« De vous à moi le Harnois, et n’espérez pas que je vous appel maréchal après une discussion pareil, je pense que l'empire peut largement se passer de mes potentiels mouflards. Je vous remercie pour venter mes charmes mais croyez moi, une femme n'est pas inapte avant la cinquantaine bien tapée. »

Regardant les doigts qu'il avait noué, elle reprit, toujours dans l'optique d'expliquer quelque chose qui était à la porté de tous.

« Je crois que vous n'avez pas tous vos esprits. Mourir sur le champ de bataille est le plus grand honneur d'un guerrier ou d'une guerrière. J'aurais préservé l'empire, depuis quand est ce considéré comme un échec de perdre un soldat au combat. »

Allez, c'était presque terminé, elle pouvait le faire. Reprenant une grande inspiration, elle leva finalement les yeux au plafond toujours à la recherche d'un signe quelconque que cet entretien avait un réel intérêt. Que ses ovaires était un sujet brûlant pour la survie de l'humanité.

« Monsieur je crois que l'on doit rediscuter d'un point qui me parait important. Je ne suis pas mariée et ne compte pas l'être. En conséquence de quoi votre duché comme le mien conviendra qu'il serait inconvenant de tomber enceinte. »

Elle revint encore et toujours sur ce visage aux charmes certains mais abritant une personnalité terrifiante. Elle chercha ses yeux, attendit de bien capter son regard ténébreux et conclut ainsi.

« Et si votre contre argument est que mon devoir n'est pas ici mais au près d'un mari, merci, j'ai compris. Mais je décline encore ce brillant conseil. Si vous devez vous en prendre à quelqu'un allez donc voir mon géniteur. Il m'a laissé un brillant exemple du concept familial. Ou Alrik. Oui vous pouvez vous en prendre à lui aussi, c'est lui qui m'a engagé sur la voie de la guerre. Vous voyez il y a de quoi faire. Mais je n'accepterais pas de me lier à quelqu'un pour faire plaisir à un inconnu. Et encore moins avec une simple ''romance''. Commencez par vous marier avant de me faire la leçon. »

Car finalement, c'était ça. Un inconnu qui se permettait de lui dire à quel point elle se fourvoyait et que lui, avait la réponse à son dévoiement. Génial.

D'une voix plus douce, elle martela ses mots comme un marteau sur une enclume. Plus jamais elle ne reviendrait dans cette tente a redire ce qui suivrait.

« Je suis une femme qui se bat. Mon métier est de tuer depuis bientôt 14 ans. Je ne reviendrais pas en arrière. Gardez le à l'esprit »

La jeune femme souffla enfin. Elle avait dis ce qu'elle avait à dire et une sorte de chape de tristesse et de solitude s’abattait sur elle. Un homme avait été capable d'accepter qu'elle puisse être autre chose qu'une épouse. Ceux de l'Audacia étaient eux aussi une autre exception. Mais son retour sur la terre ferme était le retour à la tentative permanente de l'humiliation.

« Vous vous remettrez Maréchal vous l'avez dis vous même, je ne suis personne, ça ne vous fera pas un grand choc. »

Elle était de retour au formalisme, oubliant cette parenthèse qui s'était creusée entre eux pour discuter de choses si intimes qu'elle se sentait presque dépossédée d'une partie de sa vie privée.
Le prochain mot sur l'intérieur de ses cuisses et cela partirait en coup de poing. C'était une promesse, si les mots n'étaient pas suffisants, elle prendrait le risque d'en arriver à la violence. De toute façon, crever pour crever ; autant que ce soit exutoire.

« Pouvons nous sortir d'ici, c'est étouffant. Voir votre griffon par exemple ? Ou Griffonne. Je ne l'ai toujours pas vu. »

A défaut d'avoir la permission de foutre le camp.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyLun 30 Oct - 23:39

Et ses paroles sortaient sans modération, pluie d'insultes véridiques à ses yeux s’abattant en déluge sur la prisonnière de la tente. Comment cela en était arrivé là ? Guerre. Lettre. Alrik. Inconfort. Pirate. Espion. Oui c'était la base de cette entrevue ! Par Kern comment cela avait pu dériver jusqu'à la reproduction humaine et à la stérilité de la kyréenne ?! Cela n'avait aucun sens ! Poison. Mais ce n'était pas suffisant pour expliquer qu'il s'écarte ainsi de son but initial ! Jolies oreilles. Jolie femme. Drogue. Non, elle était habillé d'acier sombre, rien de séduisant ! Loin d'une tenue plus révélatrice qui lui aurait fait perdre ses moyens. Rouspétance et désintérêt. Voilà, même Adamante en avait marre de sa mauvaise humeur. Il se racla la gorge, symbole d'irritation à l'entendre ainsi cracher son nom comme lui le sien.

« Entre vous et moi. Reprit-il presque ses mots. Si à cinquante ans vous êtes encore sur pieds et prête à pondre, vous en perdrez la vie assurément. Et une nouvelle fois, mesurez vos propos. Je reste votre supérieur. » Et l'image de la vieille Diane lui vint de nouveau à l'esprit. Son appareil reproducteur devait être bien sec à celle là. Et le resterait à jamais sans aucun doute. Mauvaise humeur. Chute. Dragon mourant. Oui, celui de Diane finirait un jour par payer.

Oh non, il n'avait clairement pas tout ses esprits comme elle le disait si bien ou peut-être que si au fond, mais il ne se maîtrisait plus. Rien avait jamais été tout noir ou tout blanc avec lui, il y avait des nuancées dans ses paroles. Il baignait d'ordinaire dans cinquante nuances de gris, mais là actuellement c'était cinquante nuance plus sombres ou plutôt cinquante nuances plus claires, et c'était bien désagréable tant pour lui que pour les oreilles jolies de son interlocutrice condamnée a entendre un devoir bien machisme. Mourir sur le terrain était un honneur, y survivre également, mais il comprenait que trop bien son ressenti – fusse t-elle femme et non homme. Pourtant il se devait de lui répondre.

« Survivre l'est tout autant. »

Sec. Autant que le reste, le regard furibond et noir alors qu'elle reprenait en indiquant qu'elle ne comptait se marier ou même avoir de rapport en ce cas ? Que c'était triste ! Et faux ! Comment une femme pouvait-elle passer à côté de cela ? C'était d'un ridicule pour son ouïe. Bébés griffons. Même Adamante le comprenait. Il y avait un devoir pour tout. Encré en chacun. Viendrait le moment où elle tomberait miraculeusement enceinte et s'exclamerait n'avoir jamais eu de rapport. Bien sûr. Elle déclinait ses conseils de mâle alpha à la carrière sans reproche. Allé voir le frère à Odile ? Non. Allé voir Alrik ? Était-elle à ce point sotte pour penser qu'il mettrait à mal sa relation avec lui pour elle ? Non. Aucune femme ne saurait ruiner ce qu'il y avait entre eux se disait-il. Et elle osait lui dire de se mettre en ménage. C'était du joli. Envolé le respect ! Inexistant ! Son nez siffla tandis qu'elle précisait son métier depuis quatorze ans et n'en pouvant plus il indiqua.

« Je garde surtout à l'esprit que vous êtes bien imbu de vous, à cracher ainsi à la figure d'un supérieur. » Calme. Bébé griffon. Non. Elle exagérait ! Poison. Renfrognement. Reproduction. Entêtement. Jolie dame. Oui sans doute exagérait-il aussi comme tentait de lui faire comprendre la sage griffonne. Il maintint sa respiration, le Maréchal, mais lorsqu'elle lui indiqua aussi familièrement qu'il allait s'en remettre, qu'elle n'était personne, se fut la goutte d'eau qui déborda du vase. Et lorsqu'elle passa du coq à l'âne en incluant Adamante dans la conversation, il explosa. Et il se leva rapidement de sa chaise, la laissant tomber dans un gros fracas qui alerta le garde. Abattant ses mains sur la table à la limite de la démonter.

« Vous n'êtes personne... répéta-t-il ses mots, sa gorge quelque peu noué. Pour Personne, vous lui ressemblez beaucoup. Trop pour n'être juste 'personne' et ne rien me faire, Solveig de Sovnheim. » Cracha-t-il presque en la couvant d'un regard enflammé. Appelant son nom en entier à faire frissonner son être.  Si ce n'est quelque point, elle lui ressemblait affreusement comme deux gouttes d'eau. Odile. Gâchis. Saphir. Tristesse. Compassion. Jeunesse. Collier. Télésphore. Colère et Punition. Et seul Adamante pouvait comprendre et lire en son cœur. Elle avait toujours été la seule, témoin de ses regrets. Et ses mains le démangèrent de s'en allé tripoter son collier alors que le garde apparaissait.

« Maréchal ? Tout va comme vous le désirez ? » S'enquit-il en regardant tour à tour la blonde et le bélliferien. La jeune femme vierge donc, son regard en disait long par ses joues envieuses, et l'ours d'homme qui lui tenait tête. Clairement la femme avait davantage besoin de lui. Elle devait sortir, et il espérait que son apparition sonnerait le glas du tête à tête.

Pourtant, si Richard aurait bien désiré se retrouver seul, encore une fois sa bouche parla tout autre.

« Laissez-nous. » Lui dit-il avant de poursuivre en reposant son regard sur la femme des glaces. « Nous n'avons pas encore terminé. » Et il aurait préféré en finir là, que le garde l'emmène malgré ses ordres, mais le garde reprit congé et le silence s’abattit de nouveau sous tension.


Dernière édition par Richard le Harnois le Mer 1 Nov - 10:52, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyMar 31 Oct - 20:41

Ce type était décidé à tout prendre au pied de la lettre. De toute manière, si elle atteignait cet age, elle était prête à parier qu’encore à ce moment, elle n’aurait pas d’enfant. C’était une idée vague qui lui revenait de temps à autre. Elle se voyait seule dans son futur comme depuis son enfance. Si aujourd’hui certaines choses avaient changé, si d’autres étaient rentrés dans sa vie, elle ne se voyait pas pour autant construire un foyer.

Mais autant ne pas envenimer les choses. Ses projets étaient les siens et ne concernaient personne d’autre. Butée comme une kyréenne, l’expression lui collait parfaitement à la peau.
Toutefois, les mots qui sortaient de sa bouche trouvèrent quand même son interlocuteur. Avec étonnement il mit l’accent sur l’honneur et le devoir de survivre. N’était ce pas lui qui avouait que la mort aurait été préférable que d’affronter son échec ? N’était ce pas lui qui jusqu’alors accordait si peu de crédit à sa place sur le terrain ? De nouveau elle sentait qu’un élément lui manquait. Lui qui était si virulent quant à sa place dans cet empire esquissait presque un geste d’acceptation en remettant à leur place ses priorités guerrières. Richard le Harnois ne semblait pourtant pas homme aux compromis.
D'ailleurs, il n'en était pas moins furieux le maréchal, ce qui mettait la jeune femme en joie. Mais cette sensation que quelque chose lui échappait continuait de lui creuser l’estomac. Un malaise indistinct se rappelant à elle dans son bonheur de le voir éructer.

Bien entendu qu’elle savait qu’elle allait un peu loin à lui parler ainsi comme s’ils étaient encore à Svaljärd. Elle savait que si le maréchal rapportait son comportement à son supérieur direct elle risquait le fouet en public. Même si cette idée ne plaisait à personne et d’autant moins à l’Etat-major qui voyait ses effectifs diminuer progressivement. Se priver d’un soldat qui perdrait ses compétences après avoir subi le fouet était exaspérant. Mais elle avait envisagé de le frapper, elle n’allait pas regretter de lui avoir balancé quelques vérités quel qu’en soit les conséquences. Sa dignité était plus importante que le reste. C’était ainsi.

Jamais elle n'aurait pu prédire sa réaction quand elle lui asséna ses derniers mots dit d’un ton presque badin, enchaîné avec cette proposition d’aller dehors. Le Harnois était hors de lui.

Elle l’avait vu se mettre en colère, cracher ses mots et passer par quelques jolis dégradés de couleur. Mais cette fois, Solveig eut réellement peur. Le belliférien se leva brusquement, envoyant sa chaise s’écraser derrière lui, abattant si fortement ses mains sur le bureau que la guerrière sursauta et esquissa un geste de recul. C’était un déchaînement de violence, dans son regard qu’elle ne se sentait pas le droit de lâcher. Comme hypnotisée par la flamme dévastatrice qui y dansait, elle ne lachait pas la prunelle de ses yeux quand tout son corps la supllait pourtant de s'en aller.
La colère qu'elle y lisait était si profonde qu'elle lui fit perdre le peu de couleurs qui lui restaient sur ses joues. Ses mains tressaillirent, elle sentit son souffle perdre de sa force. Elle ne s’était pas préparée à cela. Pas avec ces mots qu’elle aurait juré plus apaisants. Cette fois, elle n’eut pas même l’envie de porter sa main à son arme. Elle était clouée à cette chaise, tétanisée, se sentant brûlée par l'intensité de ses yeux.

Le bruit dût attiré le garde qui entra pour les trouver là, à se regarder désespérément et furieusement. Solveig n’en eut que vaguement conscience. Le maréchal fut celui qui brisa cet échange pour congédier l’homme qui devait regretter amèrement son affectation.

La kyréenne en profita pour déglutir. Foudroyée, elle réalisait. Et elle en perdait ses mots.
Ses mains lentement remontèrent vers ses bras dans un réflexe de défense alors que sa peau perdait quelque degrés. Peu à peu cette conversation avait pris une tournure étrange. Plus étrange que le phrasé du maréchal. Avait on déjà entendu un gradé s’en prendre à un élément pour ne pas être chez soi à couver sa progéniture ? Le dédain cela en général, elle en avait l'habitude. mais ce n’était pas entièrement à elle qu’il s’était adressé.
Il avait tenté avec toute son indélicatesse et sa façon de faire toute belliférienne de la dissuader de continuer dans la voie des armes comme il aurait aimé le faire pour cette Odile qui était décédée. Et cela glaçait la jeune femme comme un grain d’herbe prit dans une congère. C’était de nouveau à son visage qu’il parlait, non plus à elle. Si ses cheveux avaient été bruns, ses yeux noirs et sa mâchoire plus carrée, tout aurait été différent. Si son cas avait l’air de lui tenir à cœur, s’il était aussi important pour lui qu’elle reste en vie, c’était pour un fantôme.
Mais ce qu’elle venait de voir lui interdisait de lui assener comme en Valkyrion qu’elle n’était pas cette femme et qu’elle ne le serait jamais. Il était plus vif qu'elle ne l'avait cru de prime a bord, il savait déjà tout ça. Il en était conscient mais ses traits le ramenaient inévitablement dans le passé.

Si la colère menaça de prendre le dessus devant cette injustice, Solveig ne pouvait se résoudre à se montrer cruelle en répliquant vertement. Elle était trop empathique, c’était un défaut dans ce métier, cela lui revenait en pleine face. Alors que son cœur se serrait à son tour blessé par avance des mots qui se préparaient dans sa gorge, elle fit de son mieux pour cacher la tristesse qui noyait le reste. Une tristesse qu'elle refusait d'identifier comme autre chose que de la pitié.

« Maréchal… Je lui ressemble beaucoup mais comme vous l’aviez dit, je ne suis qu’une pale imitation de la femme que vous avez connu. A part ses traits nous ne partageons rien. Bien sûr que je me battrais pour rester en vie le plus longtemps possible mais nous sommes en guerre. Du jour au lendemain je peux mourir aussi bien de la main d’un faë que d’une blessure infectée. Parce que se sont les risques de mes choix. Moi, en tant que Solveig, une guerrière que vous avez à peine connu il y a de ça quelque mois. Si je venais à mourir, vous ne me regretteriez pas n’est-ce pas. Si ce n’est le souvenir que je porte sur mon visage. C’est peut-être mieux ainsi que nous nous soyons si peu croisé dans cette vie. Si je m’en allais maintenant peut être que … ce serez mieux. Pour vous comme pour moi. »

Le tremblement se propagea doucement dans son corps. Elle avait froid, elle était fatiguée et elle tentait désespérément d’apaiser la douleur qu'elle voyait clairement chez cet homme qui essayait encore il y a peu de l’humilier dans cette tente. Le plus idiot des deux, c'était elle. Si elle s’était sentie dépossédée plus tôt d’une partie de sa vie privée, en ce moment elle se sentait aussi dépossédée de son identité. Mais la guerrière n'était en rien cruelle. Elle pensa alors à cette leçon de vie apprise quand elle était gamine. Quand un animal souffre on l'achève lui avait dis sa mère. Ici dans cette tente, personne d'autre qu'elle ne faisait face aux conséquences d'un empoisonnement qui devait certainement durer depuis bien des années.

Puisant dans ce qui lui restait de colère étiolée, alors que ses yeux brûlaient de douleur, elle tenta de retrouver cette distance froide qui lui avait sauvé de nombreuses fois la vie et le ton sans vie de ceux qui prennent une décision.

« Reprenez-vous Maréchal. Ce ne sont que des cheveux une bouche et des yeux. Les sentiments, quels qu’ils soient, que vous aviez eu pour cette femme doivent lui rester. Regardez-moi bon sang, encore il y a peu j’étais une catin, une pirate ou que sais-je encore. Oubliez mon visage, je ne représente rien ! Dites-moi que je me trompe ? Que votre intérêt est réel ? »

Les mots sont sortis tremblants mais suffisamment incisif pour qu'elle puisse aller jusqu'au bout de son choix. Elle sait que la vérité va jaillir de cette bouche et elle sait que cela va faire mal. Elle sait aussi que c’est nécessaire, qu’il faut que cela s’arrête. Solveig voulait  faire assez mal pour que la haine prenne le dessus, qu’il oublie définitivement ce qu’il avait cru devoir préserver chez elle.
Le chagrin inavouable viendrait l'achever plus tard, dans la solitude de son sommeil perturbé par les cris et les regards de ses victimes. En attendant ce sont les liens malsains qui les unie qu'elle tente d'assassiner.
Leur rencontre n'était pas une aube, elle était un crépuscule.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptySam 4 Nov - 0:02

La colère pulsait toujours dans ses veines autant que le dégoût que lui inspirait ses mots. À la hauteur du regret qu'il éprouvait pour Odile, il avait honte d'avoir mit cela sur le tapis, d'avoir étendu son linge sale en public. Combien de temps cela allait-il durer ? Tournerait-il un jour la page sur ses erreurs, non, jamais probablement, il vivrait avec jusqu'à ce que la mort s'en vienne le cueillir. Les deux êtres blonds étaient distincts, pourtant il y avait une raison à ce déferlement ; des similitudes que la kyréenne ne pourrait jamais imaginer, tout au plus pourrait-elle s'en rapprocher en effleurant les contours. Physiquement parlant c'était une chose, mais même dans la manière de vivre, il y avait des ressemblances tels que le fait de prendre un métier à risque ou encore d'épouser la rage et les brimades de bien des hommes accompagnant ses choix. Voltigeuse était devenue homme à ses yeux, cependant il n'avait su accepter de la voir prendre un poste supérieur et c'est en partie ce qui avait causé sa mort ; son sexe, à elle, et son mépris, à lui. Il en était de même avec Solveig de Sovnheim dont la silhouette quelque peu tremblante semblait vouloir suivre le même chemin ; celui du ravin. Faire avec son métier en tentant de se persuader qu'elle était homme malgré ses formes cachées et ses cheveux blonds lui semblait tant ridicule qu'infaisable. Ça n'avait qu'à demi marché côté voltige et ce après plusieurs années à se côtoyer, ce n'était clairement pas après deux rencontres qu'il saurait faire abstraction de ce qui manquait en bas à la kyréenne et de ce qu'elle avait de trop en haut. Encore moins avec ce visage et ce même regard à la limite de la pitié lorsqu'elle reprit ayant retrouvé constance.

Maréchal. Son respect s'en allait pour mieux revenir. Il ne pourrait la reprendre dessus. Pâle imitation. Il avait la féroce envie de tripoter son collier sous sa chemise. Pour une pâle imitation, elle lui faisait beaucoup d'effet. Odile avait pas mal bousculé ses sentiments également... aurait-il éprouvé quelque chose pour la voltigeuse qu'il ne l'aurait sans doute jamais remarqué ou trop peu que pour y mettre le doigt dessus. Et dans l'optique où il aurait bel et bien eu des sentiments relevant d'autre chose que d'un estime d'homme à homme, il aurait certainement repoussé l'idée de tout son être. Parce que, que ce soit Odile ou cette femme sous ses yeux, elles étaient loin de la pouliche décorative que l'on retrouve dans les foyers bellifériens. À part ses traits, nous ne partageons rien. Plus qu'elle ne le croyait. Du jour au lendemain je peux mourir de la main d'un faë ou d'une blessure infectée. Et peut-être épouserait-elle le même funeste destin, tuée par l'un des siens plutôt qu'en défendant ses terres. Et ses entrailles se nouèrent à cette pensée, à ce souvenir à jamais présent comme le sang qui coulait dans ses veines. Peut-être que si elle s'en allait ici et maintenant ce serait bel et bien mieux pour lui comme pour elle en effet, mais leur chemin s'était croisé. Le destin avait mené à cette rencontre, il doutait donc que ce soit pour lui tourner le dos aussi facilement et en effacer le tableau de sa présence. Il devait y avoir une signification derrière la croisée de leur route respective.

Il la laissa poursuivre, silence plombant, malaise suintant tant de ses yeux que de ses pores. Elle se disait n'être que cheveux, bouche et yeux alors qu'il portait un énième coup d’œil à ses oreilles. Et ses sentiments pour Odile était aussi flou que mystérieux, seul persistait de la culpabilité à son égard. Qu'il la regarde. Ne faisait-il pas que cela depuis un bon moment sous cette tente aux allures de prison pour interroger un ennemi ? N'avait-elle pas imaginé sa tête rouler à ses pieds comme pour tout nuisible de l'Empire alors qu'il l'accusait et l'insultait de tous les noms ? N'avait-elle pas émit un geste de recule devant sa violence explosive ? Ses mains vigoureuses restèrent collées à la table, sans aucun mouvement laissant suggérer qu'il changerait de position pour esquisser de ses pieds un pas dans sa direction. Elle avait le culot de lui demander d'oublier son visage.*  Pierre qu'on jette dans l'eau. * Oui, Adamante avait raison, elle était comme ce cailloux venant faire des vagues dans sa vie, dans ce quotidien déjà assez perturbé par l'Ordre et la guerre, par la perte de l'Impératrice et le coma de l'Empereur. Elle se trompait clairement. Ce n'était pas facile du tout, pas lorsqu'on pouvait limite y voir un signe du Destin pour se racheter d'une erreur passée.

« Vous êtes comme un caillou dans une chaussure ! » Vibra son gosier sous l’acquiescement d'Adamante devant cette autre image. Elle lui rendait les choses difficiles et douloureuses qu'une simple mise à l'écart ne serait en mesure de soulager. Retirer le caillou de votre godasse et vous soufrerez quand même au niveau du pied. Peut-être aurait-il été préférable d'utiliser une autre métaphore, mais la signification aurait été la même à ses yeux. Qu'elle interprète sa phrase mal ne l'importait guère ni même ne lui effleura l'esprit d'ailleurs. « Et vous vous trompez lourdement, mon intérêt est réel. » * Bébés griffons. * Non, pas comme cela. * Lassitude. * Il aurait pourtant préféré, comme elle sans doute, lui dire qu'il n'y avait aucun intérêt, qu'elle ne représentait en effet rien, qu'elle se fourvoyait même de ne serait-ce que songer un seul instant qu'elle avait une importance quelconque pour lui. Ses yeux exultèrent l'obstination et un désir véritable pour ses prochains mots. Mots qu'il chercha au fond de lui avant de ne les sortir d'une bouche ne lui répondant toujours pas. « Si vous n'êtes point pirate, catin, espionne ou que sais-je d'autre encore, Solveig de Sovnheim, vous pouvez toujours être l'objet de ma rédemption, mon salut ! » Oh comme cela lui semblait étrange de s'entendre dire ça. Un objet de désir et de mépris mêlé, posé devant lui par le Destin pour expier ses fautes, était-elle cela, Solveig de Sovnheim ?
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyDim 5 Nov - 11:25

Il était un brasier, un feu terrible qui devait avoir l'habitude que rien ne lui résiste, que son passage soit synonyme de soumission.
Il était un incendie, aussi terrible et étouffant, déterminé à l'écraser de son regard.
Alors qu'elle parlait, épanchant ce qui lui semblait un grand combat, elle sentait avec une conscience accrue qu'il finirait par passer au travers d'elle s'il continuait à la fixer ainsi. Sa cendre brûlerait par impact son âme aux travers de ses yeux. Mais elle ne pouvait regarder ailleurs, faire preuve ouvertement de faiblesse. La guerrière endurait donc, incertaine de son degré de résistance.
Si elle n'avait été une fille de glace, peut être se serait elle laissée aller au plus grand des silences. Mais elle alla jusqu'au bout, une sueur glacée perlant contre ses flancs alors que l'atmosphère lui paraissait à la fois étouffante et glaçante.
Si elle tombait malade, elle aurait le plus grand mal a respecter sa promesse de survivre le plus longtemps possible.

Son mal être était persistant alors que l'homme restait levé, fermement encré sur ses appuis, ses mains crispées et rouge d'avoir percutées si fort le bois de la table.
Le silence enfin. Étourdissant, un refuge factice ou se pressait la violence à peine contenue du Maréchal.
Plus qu'une obligation elle se sentait le besoin de faire face, de maintenir ses efforts pour manifester une image forte. N'avait elle pas franchi des obstacles plus dur ? Alors qu'avec ironie il lui semblait que non, elle réussit tout du moins à faire disparaître les tremblements de ses doigts.
Une image de la droiture et de volonté quand pour la première fois depuis son enfance elle sentait de nouveau être faible.

Serrant les dents, elle l'entendit briser le silence en la comparant un cailloux dans sa chaussure d'une voix vibrante. Cette mise en matière lui semblait bien douce alors qu'elle s'était attendu à un déchaînement. Les yeux toujours relevés vers lui alors que le buste du Harnois s'inclinait vers l'avant, elle remonta de quelques centimètres son menton. Il lui avait déjà dis des choses plus dures. Bien plus blessantes. N'être qu'une gêne pour lui était un euphémisme alors qu'elle jouait les fantômes pour le compte d'une autre.

Si seulement il s'était arrêté là pour accéder à sa demande. Si seulement il avait choisi le silence plutôt que de prendre le risque de parler avec les mots de la vérité. Finalement le plus terrible n'était pas une réponse affirmative. Elle aurait voulu qu'il lui dise qu'elle avait raison et que cette comédie avait assez durée. Que puisqu'il n'avait plus de question à lui poser qu'elle pouvait repartir mensonge éhonté qu'elle était.

Quelle idée avait il eu de continuer.
Quelle idée avait il eu de lui dire que son intérêt était réel.

Tout était plus facile quand elle pouvait se persuader qu'il était primordial que ni elle ni lui n'ait besoin d'une relation si malsaine. Elle aurait aimé se dire que c'était un mensonge et que seule cette Odile la préoccupait encore.
Il la mettait en difficulté comme toujours. Pas un seul sur terre ne lui avait autant donné de mal. Les relations humaines étaient si faciles a gérer. S'attacher ou pas. Alrik, Géralt, Vira, ils étaient comme des évidences dans sa vie. Sinon elle se détournait, préférant ignorer et effacer ceux qui ne comptaient pas. Mais le Harnois avait l'air décidé à l'empêcher d'en faire autant avec lui. Il était peut être finalement assez haineux pour faire renaître quelque chose chez elle qu'elle tentait d'étouffer de toutes ses forces. D'une dernière phrase, ce fut comme s'il lui apportait le coup fatal.
Des deux, c'était peut être bien lui le traître.

 Si vous n'êtes point pirate, catin, espionne ou que sais-je d'autre encore, Solveig de Sovnheim, vous pouvez toujours être l'objet de ma rédemption, mon salut ! 

Frappée de toute la force de sa déclaration, elle se serait presque laissée aller à la faiblesse si sa déclaration n'était pas allée à l'encontre de son essence même. Il lui demandait l'impossible.

D'un geste incontrôlé pourtant, sa main quitta la prise qu'elle avait eu sur son genou pour se lever progressivement vers cette joue ou tremblait encore les mots d'une tentative désespérée. Ses doigts frôlèrent la peau abîmée par la frontière d'une brûlure avant de retomber brusquement.

Sa bouche se tordit un instant face à ce qu'elle venait de faire. Regrettant instantanément de s'être laissée allée après avoir été bousculée, elle déglutit avant d'arracher de sa gorge ce qu'elle aurait voulu retenir de toute ses forces mais qui ne souffraient d'aucun mensonge.

« Je ne peux pas. »

Même à ses oreilles la déclaration lui sembla être une sentence.

« Je ne peux pas abandonner ce que je suis, d'autant plus pour un inconnu. Même si ma propre mère me le demandait. C'est mon essence. »

Et lui même n'aurait pas accédé à sa demande si les rôles avaient été inversés.
Si elle avait espéré un geste, sa demande était trop cruelle.
Dépossédée d'une lame, que deviendrait elle ? Sans parler de l'aspect financier, c'était toute sa vie. C'était tout son art. Juste munie de ses poings elle continuerait de se battre. Plus que jamais elle se redécouvrait Skjaldmö. Plus que jamais elle se découvrait un devoir vis à vis d'Ibélène. Et si ses rêves étaient peuplés de terreur et de ses propres gestes destructeurs, elle ne ressentait pourtant pas le regret de ses actes.

« Je ne peux pas tenir le rôle que vous attendez de moi. »


Un point final. Qui ne permettait aucun retour en arrière. Enfin son timbre avait retrouvé cette fermeté. Elle voulait dire autre chose pourtant, atténuer le poids de ses mots. Mais rien ne lui venait. Ses doigts lui picotèrent, elle brisa enfin leur échange de regard.

Elle était arrivée innocente coupable, elle repartirait coupable innocente.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyLun 6 Nov - 18:00

Qu'il était perturbé le Maréchal que ses mots s'échappent ainsi de sa bouche. Qu'il en était embarrassé même, mais le pire vint d'elle. De cette image faussée d'Odile qu'elle lui offrait dans l'unique but de mieux le détruire. Pas par des gestes brutaux ou des paroles déplacées, non, mais par une vérité toute simple et une douceur déconcertante qui déchiqueta tant sa fierté que son cœur. Déconcertant oui, il ne s'attendait pas à ça, pas du tout, à ce toucher qui le laissa pantois et figé de choc comme d'outrage. Que c'était déplacé et irritant criait-il en lui-même, mais sa peau meurtrie et son souffle brisé l'aurait presque supplié de poursuivre. Pourtant ses doigts décidèrent de le quitter pour mieux lui délivrer le coup de grâce. Oh comme son esprit tout blanc aurait bien aimé entendre un Oui plutôt que ce catégorique et pitoyable Non qui le mit aux abois.

Son cœur manqua presque un battement et sa respiration se fit plus lourde alors qu'elle poursuivait l'abattage de la bête déjà assommée. Une envie folle de vomir lui noua la gorge. Elle osait. Elle osait lui refuser et il avait osé prononcer ces mots. À l'angoisse suffocante partagée par Adamante face à son état, il comprit. Ce n'était ni l'oeuvre d'un poison, ni l'oeuvre d'une drogue, c'était bien pire : une Malédiction. Rien d'autre n'aurait pu le mener autrement qu'à son état actuel sinon ça. La Malédiction d'un Dieu trahi, insulté ou offensé. Et il avait une idée du dieu derrière son désarroi qui faisait soudain trembler ses mains moites sur la table : Levor. Il avait offensé Levor par des mensonges dont il ne se souvenait même plus. Levor se satisfaisait-il à présent de le voir ainsi démuni ? Allait-il le libérer et le soustraire de cette prison suffocante dans laquelle il s'était fourré ? Ou bien Richard devait-il se débrouiller seul ?

Le choix fut vite fait. Il n'avait jamais compté sur personne pour se tirer d'affaire ou pour s'elever, ce n'était pas aujourd'hui qu'il supplierait que l'on achève son tourment à sa place. Aussi tenta-t-il de reprendre constance et de prendre sur lui. D'abord muet, les lèvres fébriles, il jeta un regard en arrière sur le chaos qu'il avait mit dans la tente. Cette chaise renversée aurait été bien utile pour se laisser aller. La honte le reprit en voyant comment la colère et la vérité avait mené à ce désordre. Quand il reporta son regard sur la kyréenne – non sans redouter qu'il ne faillît – c'était du reproche qui s'y lisait, il lui reprochait sa douceur et son refus, mais aussi de la rancœur derrière laquelle se dissimulait la déception. Déception dont il était convaincu qu'elle témoignerait de sa présence s'il lui répondait par rapport à son dernier aveu. C'était délicat et insupportable comme malédiction, mais s'il ne pouvait mentir, au moins il pouvait encore cacher ses quatre vérités. Et il ne mentirait pas en lui indiquant préférer la solitude de sa tente à sa présence, surtout en cet instant. Il la désirait ardemment, il ne désirait qu'elle à vrai dire. Il n'aspirait qu'à elle pour pouvoir se retrouver et recoller sa fierté émiettée.

« Quittez cette tente, de Sovnheim. Quittez la maintenant. Sur-le-champ ! » précipita-t-il ses mots, effrayé qu'il ne change d'avis et que sa requête devienne toute autre. Oh comme il aurait désiré en dire davantage s'il n'y avait pas eu ce risque que sa langue le trahisse de nouveau. D'un regard tout feu tout flamme, il l'invita d'un signe de tête à prendre son départ, sans la quitter des yeux et jusqu'à ce qu'il ne reste plus que lui.

Ses yeux ensuite se braquèrent sur ses propres mains, les obligeant derechef à s'activer pour remettre en place ce qui était tombé. Adamante l'encouragea à sa manière et une fois l'ordre rétabli et la chaise sur pieds, le Maréchal affligé s'y laissa aller. Perdu dans une myriade de pensées et de sentiments, il se prononça.

« Plus jamais. » Et cela valait tant pour sa faiblesse dont il avait fait part, que pour la kyréenne qu'il ne verrait peut-être plus, tout en passant par cette affliction accablante orchestrée par la Malédiction de Levor.
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Message Sujet: Re: La Malédiction de Levor.   La Malédiction de Levor. EmptyLun 6 Nov - 19:52

Cette fois c'était la bonne. Elle le vit devenir plus pâle, étouffer le brasier de son regard pour y retrouver une lumière morne. Elle l'avait atteint dans son refus comme elle même s'était abîmée a dire non. Mais c'était un non salvateur. Pour ses sentiments trop facilement malmenés et pour tout ce qui faisait qu'elle était elle. Le choix des armes avant le choix des hommes.
Le choix d'une guerrière avant le choix d'une femme.

Elle savait que c'était terminé. Elle lui laissa le temps de se retourner puis de la regarder de tout son orgueil blessé. Elle pouvait y lire tous les reproches qu'il ne formulerait pas. Elle avait osé là où une femme n'aurait dû qu’acquiescer. C'était mieux ainsi. Elle n'était pas une femme, elle était une Skjaldmö.
Tous ses muscles étaient tendus, comme prêts pour la fuite.

Enfin, le maréchal parla pour lui adresser un dernier ordre, des mots dis a toute vitesse comme si cela lui écorchait la langue. D'un signe de tête, Solveig approuva et se leva a son tour. Faisant face au belliferien. Debout tous les deux, le Harnois était plus grand. Mais se redressant de toute sa hauteur, la jeune femme, fit front, sentant que c'était la dernière fois qu'elle en aurait l'occasion, de lui montrer qui elle était.

Son casque sous le bras, cette fois ci, elle s'en coiffa délibérément, rejetant en arrière ses cheveux qui cascadèrent le long de sa nuque pour retomber sur son armure.
Un dernier poing sur sa poitrine et Solveig salua, avant de faire demi tour le visage fermé non sans avoir jetté un dernier regard au visage crispé.
Elle n'entendit que le son de ses bottes marteler le sol alors qu'elle luttait pour dénouer sa gorge serrée.
Franchissant enfin les pans de la tente, la jeune femme prit la peine de s'arrêter à la hauteur du garde qui tenait l'entrée.

Elle se contenta d'un regard froid et plein de morgue, le bleu de ses yeux virant à l'orage. Si elle n'avait pas réussi a dire un mot de plus au maréchal, elle réussit à sortir un filet de voix rauque pour lui.

« Pas un mot. »

L'ordre ne venait de nul part. Elle n'était ni son supérieur ni de son unité. Mais il était intraitable. Si la moindre rumeur revenait à ses oreilles concernant cette discussion, elle se promettait de faire de lui sa priorité.
Détachant son regard de lui comme si il n'existait déjà plus, la jeune femme s'en alla. Droit vers le seul qui la verrait pleurer sans qu'aucune larme ne sorte de ses yeux. Déterminée à tout oublier, si exténuée que pour une fois, son sommeil serait sans rêve.
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