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 L'aigle et l'abeille

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Gabrielle de Faërie
Gabrielle de Faërie

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Je suis : Princesse impériale, mage du Printemps ; baronne du Ru-d'Argent

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Message Sujet: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 9 Oct - 16:17


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Gabrielle de la Volte & Antonin de Faërie

L'aigle et l'abeille

Entre franchise et mensonge



• Date : 11 octobre 1002
• Météo (optionnel) : La douceur revient enfin
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Antonin de Faërie a convié la princesse de la Volte à le rencontrer, lorsque la maladie serait éloignée de Faërie. L'invitation est mystérieuse, car le pourquoi n'est aucunement mentionné.
• Recensement :
Code:
• [b]11 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2743-l-aigle-et-l-abeille#83635]L'aigle et l'abeille[/url] - [i]Gabrielle de la Volte & Antonin de Faërie[/i]
Antonin de Faërie a convié la princesse de la Volte à le rencontrer, lorsque la maladie serait éloignée de Faërie. L'invitation est mystérieuse, car le pourquoi n'est aucunement mentionné.

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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 9 Oct - 16:22

Elle avait eu peur, si peur, la Cibellane, lorsque la maladie avait frappé Faërie. Elle avait eu peur, si peur, lorsque ses compagnons de route n’avaient plus eu la force d’avancer. Si peur, devant le philtre de Mortessence. Si peur, encore, devant l’accès refusé à Roc-Épine. Peur, toujours, du regard de Sylvain Belle-Histoire. Le dernier mois fut pénible, et la peur perpétuelle couplée à la maladie avait largement ébranlée Gabrielle. Éloignée du gouffre, elle avait jouit d’une semaine de quiétude relative en Lagrance, bercée par les paroles douces de sa Marjolaine, les gazouillis de la petite Raiponce, les mélodies exquises de Faustine de la Fugue, mais également par les bruits de la guerre, des rumeurs, des faits avérés, aussi. Là, dehors, la guerre grondait toujours, plus fortement alors qu’elle se rapprochait, inexorable et cruelle. On lui avait raconté combien Lagrance était meurtrie. Cibella aussi. Sa Cibella, grugée, gangrenée, malade, piétinée par des troupes ennemies. Outrevent partageait un sort similaire. Le temps s’était figé, là-bas, dans ce duché des jardins et des merveilles, et elle en venait presque à regretter de ne pas avoir pu être un membre de cette famille par le sang, en plus de par le coeur. C’est avec mille émotions et au moins autant de promesses de visites fréquentes qu’elle avait pris congé de la famille ducale et des bons soins des domestiques pour retrouver sa Cibella natale.

La sereine retraite était terminée. Au Ru-d’Argent, on se languissait du retour de la dame des lieux. À peine avait-elle retrouvé ses terres qu’on l’avisa de plusieurs nouvelles sur les derniers événements ayant balayé Ru-d’Argent. Un mois sans la baronne, en voilà une bizarrerie! On la savait capricieuse, la princesse, à vouloir courir aux quatre coins d’Arven, mais jamais, jamais elle n’avait déserté son rôle aussi longtemps. La maladie obligeait, tous comprenaient, mais les affaires, elles, s’accumulaient. Elle se laissa une semaine, sept petites journées, pour régler les affaires les plus urgentes, distribuer les philtres aux endroits stratégiques avoisinant ses terres, et prendre connaissance de son courrier. Son fabuleux courrier. Un tas lettres l’attendaient, vibrant témoignage de ce petit mois où les outreparleurs furent malades. Soupir. Pensée pour tous ces champs de lin décimés. De cette montagne de correspondance, invitations et autres civilités, deux lettres retinrent réellement son attention. Premièrement, Gabin. Il décrivait son état avec tant d’enthousiasme que la naïve Gabrielle le crut sans difficulté. Deuxièmement, l’Ordre du jugement. Il décrivait cette menace de mort avec tant de détails que l’Épine, tremblante, dut se poser sur son fauteuil capitonné pour ne pas défaillir. Pâle et ébranlée, elle dévisagea longuement le plafond haut de son bureau en se questionnant sur ses probabilités de survie. Son esprit n’était pas porté sur les sciences et les mathématiques, loin de là, mais, malgré tout, il lui semblait évident que ses chances de survie étaient minces, compte-tenu de la situation. Elle se fit la promesse que, sitôt le prince Antonin rencontré, elle engagerait non pas un, non pas deux, mais bien trois protecteurs. On ne badinait pas avec les menaces de l’Ordre du Jugement.

Le prince Antonin. Il lui faisait peur, lui aussi, mais d’une bien plus douce manière. Elle l’avait rencontré, déjà, à un bal ou un autre, à quelques soirées, sans oser lui parler seule. Si peu assurée, elle s’était contentée des civilités toutes pleines de courtoisies, d’un sourire sincère qu’il n’avait peut-être pas deviné, avant de le laisser à ses obligations et retrouver, elle aussi, les siennes. Mais voilà qu’il l’avait invitée au palais d’Alfaë pour une mystérieuse raison. Gabrielle avait bien lu et relu la lettre, la tournant et la retournant, sans succès. Le prince Antonin entretenait le mystère, et si tous les titres étaient bien là pour souligner l’importance qu’elle pouvait avoir en Faërie, il y avait quelque chose de bien personnelle à la faire se présenter pour parler d’un sujet ou un deux. Avait-elle fauté? Avait-il matière à la prendre en faute? Ou bien cherchait-il simplement à s’intéresser à la noblesse de Cibella, dans son apprentissage?

- Je ne serai pas longue, Anaïs. La maladie ne m’affecte plus du tout...

Elle avait rassuré sa jeunette de suivante en la couvrant de sourires, en lui pressant les mains et en racontant, encore une fois, combien elle se sentait bien désormais que la maladie était loin d’elle. La jeune femme, mitigée, l’avait malgré tout aidé à se parer convenablement en prévision de cette rencontre. Ensemble, elles avaient choisi une tenue sobre et particulièrement élégante, dans la plus pure tradition cibellane, où quelques touches de bleu égayaient son teint. Parée d’ornements discrets mais richissimes, très légèrement parfumée, la princesse, accompagnée d’un homme de confiance, avait quitté ses terres pour rejoindre Alfaë en l’espace de quelques instants.

Le palais était impressionnant, tout autant que les dragons en mouvement perpétuel, à son sommet. Elle l’avait vu à de nombreuses reprises, et pourtant, il y avait quelque chose d’imposant dans cet architecture. Ici, des pans de l’Histoire de son duché -et de Faërie- s’écrivaient perpétuellement. Oh… Elle était fière, la Cibellane, d’y participer à sa manière. Elle était une de la Volte, quoi qu’en soit sa relation avec son aînée. Et même si elle perdrait prochainement son nom au détriment d’un autre, dans son coeur, dans son âme, dans ses veines où courait une magie entièrement désirée, l’héritage de sa lignée pulsait bien fortement.

On l’avait reçue avec mille courbettes puis on l’avait accompagnée dans un couloir et un autre de ce palais de légende. Un labyrinthe d’escaliers, de dédales, de pièces fermées. Sa curiosité de petite fille, de celle qui avait découvert chacune des pièces secrètes du palais de la Volte, de celle qui avait couru les couloirs de l’Académie jusqu’à les apprivoiser, s’emballait bien doucement. Il lui faudrait une vie, peut-être même deux, pour tout connaître du palais d’Alfaë. Elle quitta ses pensées nostalgiques lorsqu’on ouvrit devant elle les portes d’un salon. La nervosité qu’elle croyait partie revint bien soudainement. La silhouette du prince Antonin se redressa pour accueillir l’invité qu’elle était. Elle patienta les quelques mots qui déclineraient ses titres et l’inviteraient officiellement à rencontrer le prince de Faërie. Votre Altesse, la princesse Gabrielle de la Volte, baronne du Ru-d’Argent. Elle s’inclina bien joliment, la Cibellane, les mains retenant à peine ses jupons, dans une révérence parfaitement maîtrisée.

- Votre Altesse, mes hommages.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyMar 10 Oct - 16:02

Il ne parvient pas à cacher son anxiété le jeune prince, son pied tapotant le sol avec un rythme infernal. Il n’aimait guère attendre Antonin, il était patient, ho que oui, mais voilà que seul dans ce salon privé où il allait recevoir une belle pour la première fois, il se trouvait être la proie d’une étrange appréhension. Désormais, et avec ce qui suivrait, il se coulerait totalement dans son rôle de Prince, participant à quelque sombre intrigue, jouant de ses relations pour arriver à ses fins. Il n’en était pas très fier, il n’était plus très sûr que cela soit une bonne idée. Mais il était trop tard, la lettre avait été envoyé bien avant que la maladie ne le terrasse et l’emporte durant cet horrible mois dans une fièvre qui l’avait coupé de tout bon sens.
Il avait été séparé de son âme sœur, d’Agonie qui avait hurlé sa colère en un rugissement qui avait fait trembler les murs. Il avait été dur de la raisonner, la reine, de la tenir à distance de la chambre royale où Antonin avait été mis, délirant et brulant.
Les gémissements de sa sœur avaient fait échos aux siens, mais ils avaient été trop loin pour que leurs geignements ne se mêlent dans l’air vicié qui avait écorché leurs poumons.

Malgré tout cela, la maladie et les remords, il savait que c’était la chose à faire. Antonin, tout prince qu’il était, devait aussi asseoir son autorité et sa position. Lionel de Rivepierre n’avait pas joué franc-jeu, se prêtant mollement à ses demandes. Liam d’Outrevent avait rejeté sa sœur, un autre avait eu l’audace de demander sa main.
Tous aussi indignes les uns que les autres.
Il ne pouvait pas laisser passer, il ne le devait pas. Agonie avait poussé en ce sens, distillant ses conseils que seule une reine pouvait donner. Il passerait pour les coups de dents et le fait de le mettre à terre de sorte à ce que son ventre, tendre et faible, soit exposé aux yeux de tous. Mais l’idée était là et il ne pouvait décemment le laisser vaquer à ses occupations, oubliant le prince comme s’il s’était agi de rien.

Le jeune homme n’aimait guère l’idée de se servir de la belle Gabrielle pour cela, une fleur délicate au milieu d’un jardin de ronce. Sa pureté attirait, mais les épines qui l’entouraient, dissuadaient de s’approcher de trop près. Il savait que le manant avait des vues sur la demoiselle, qu’il lui avait demandé sa main, certainement pour faire taire les calomnies dont seul Antonin savait qu’il s’agissait de vérité.

« La vérité prime, ce n’est pas manipuler que de dire un fait. Ne lui épargnes-tu pas une mauvaise surprise que de lui dire que l’un de ses mâles n’est pas tant intéressé par faire des œufs avec elle que par les attributs de ses autres prétendants ? »


Antonin se dérida, alors qu’Agonie lui envoyait une image d’un Lionel lorgnant sur les autres hommes se pavanant devant Gabrielle pour attirer ses faveurs plus que sur la charmante demoiselle dont il convoitait la main. Mais cela ne dura pas tandis que la porte s’ouvrait sur une jeune femme resplendissante. Son pied s’arrêta net, le masque se composant et son rôle de prince désormais joué.
Il ne pouvait lui montrer quelque trace d’anxiété, cela ne ferait que l’effaroucher ou lui faire perdre tout crédit.
Il la voit courber l’échine, mais cela ne lui parait plus aussi étrange qu’il y avait quelque temps. Comme quoi, on s’habituait à tout.
Néanmoins, il y avait toujours ce petit pincement au cœur, il n’aimait pas voir les gens se plier devant lui, Antonin n’était pas capable de se considérer comme leur étant supérieur.

-Je vous souhaite la bienvenue dans le Palais d’Alfaë. Je suis ravi de vous voir en ces lieux et en bonne santé. Je vous en prie relevez-vous. J’ai eu l’égoïsme de vous faire déplacer pour pouvoir jouir de cotre compagnie de façon tout à fait exclusive. Je ne vais pas non plus abuser de l’étiquette par-dessus le marché. Je vous remercie messieurs, vous pouvez disposer. Quant à vous ma chère, je vous en prie, installez-vous à votre aise.


Elle était une mage elle aussi, et il était de notoriété qu’elle avait fait parti de ceux ayant pris le risque d’aller jusqu'à Roc Epine pour y trouver un remède. Un exploit, étant donné la guerre qui grondait et la maladie qui rongeait.

-Je suis heureux de voir que vous avez récupéré de votre voyage et de ce fléau. Sincèrement. Je pense que je peux vous remercier des risques que vous avez encourus au nom de tous. Peut-on dire que je vous sois redevable ? Il esquisse un petit sourire charmeur à son intention.

La partie était lancée et que les dieux le soutiennent, il n’avait strictement aucune idée de comment amener le sujet sur le plateau.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 16 Oct - 19:36

Inclinée bien humblement devant l’héritier de Faërie, Gabrielle écoutait ses jolies paroles avec un intérêt sans fin. À ses mots de bienvenues, elle esquissait un sourire poli rendu nerveux par l’appréhension de cet échange particulier. Ce n’est qu’à son invitation à se redresser et à ses explications pour se montrer si peu précieux des bienséances qu’elle consentit à redresser l’échine et assouplir quelque peu sa posture. D’un geste délicat et discret, elle replaça un pan ou deux de sa jolie tenue, son attention toujours posée sur le prince impérial. Ce que prince souhaitait, princesse le voulait également. Si bien qu’elle s’installa, à l’invitation d’Antonin, à l’un des canapés disposés dans la pièce. Pièce joliment aménagée, dans une esthétique traditionnelle à Cibella, il était vrai. D’une brève oeillade au salon salon, Gabrielle nota la hauteur vertigineuse du plafond haut de deux étages, le raffinement des meubles et, bien sûr, la qualité remarquable des coussins. Précisément, elle se posa contre l’un d’eux, à peine, sur le bout de son siège afin de démontrer à son prince quel joli port altier elle avait.

- Je suis heureux de voir que vous avez récupéré de votre voyage et de ce fléau. Sincèrement. Je pense que je peux vous remercier des risques que vous avez encourus au nom de tous. Peut-on dire que je vous sois redevable ?

Que de compliments… Elle souriait, Gabrielle, en sentant une chaleur douce et agréable couvrir ses joues. Il lui faisait bien des honneurs, fidèle à cette réputation pleine de charmes qu’on lui avait parfois murmuré, à Gabrielle, au détour d’une soirée ou d’un bal. Antonin de Faërie, prince charmant. Elle ne manquerait pas de le souligner à sa douce Marjolaine, lors de sa prochaine visite. Il avait pris soin que l’on dispose pour eux une bouteille que Gabrielle devina être un vin blanc, probablement cibellan, ainsi que deux coupes vides, pour l’instant. Il s’agissait là de l’ultime promesse d’un entretien à deux.

- Je n’ai fait que ce qu’il me semblait être juste et légitime envers les enfants d’Aura, Votre Altesse. Vous m’accordez de bien grands honneurs en vous disant redevable...

L’Épine avait fait son devoir, ni plus, ni moins. Sa fierté d’avoir mené sa mission à bien était une récompense suffisante, ainsi que les remerciements de la Rose. La note, toutefois, semblait salée pour ce service nécessaire et utile à tant de mages. La menace de mort l’avait secouée durement, au Ru-d’Argent, et l’amertume était encore bien présente à son esprit. Elle s’était dévoilée, pour la réussite de cette tâche. Un peu trop, visiblement. Alors qu’elle reprenait paroles, Antonin, fidèle à sa réputation, se montrait fort attentionné en lui offrant l’une des deux coupes qu’il avait servi lui-même. D’un discret hochement de tête, elle remercia l’attention tout en poursuivant ses propos.

- Me voilà également rassurée quant à votre état, Votre Altesse. J’ai pu voir quelle épreuve terrible traversaient les chevaucheurs, lors de ce voyage jusqu’à Roc-Épine. Lorsque le lien s’est brisé, entre dragons et chevaucheurs… Elle prit un moment de silence, alors qu’un frisson la traversait. Le souvenir était encore frais, et pour peu, Gabrielle pouvait encore entendre les plaintes et les gémissements de ces défenseurs. Il s’agissait d’une mélopée d’une tristesse infinie. J’aurais aimé que jamais quiconque n’ait à vivre pareille épreuve.

Le prince de Faërie moins que personne. Les mots restèrent dans sa poitrine, car trop de joliesse, même véridique, pouvait peut-être être mal reçu. Hésitante, elle laissa filer le moment, jusqu’à ce que le compliment n’ait plus sa place pour meubler le silence songeur, entre eux.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyJeu 26 Oct - 18:19


Un frisson lui parcourt l’échine tandis qu’il se remémore ces horribles instants. Antonin n’en était pas fier, il avait donné un triste spectacle à sa famille à cause de cette maladie.
Il n’avait pas été assez fort, assez… quoi que ce soit, pour l’éviter, pour l’endiguer et l’Ordre lui-même était resté sourd devant ce fléau.
Il ne se rappel pas de tout, l’inconscience et les crises de délires avaient eu raison de lui au bout de plusieurs semaines à supporter la fièvre. Puis il y avait eu cette solitude terrifiante, déjà qu’il craignait ses propre faiblesse, elles s’étaient d’un coup montré terrifiante pendant que la présence d’Agonie s’était estompée.
C’était à ce moment qu’il avait commencé à plonger dans des délires effroyables qui hantaient encore aujourd’hui ses cauchemars. Ca avait été comme perdre une part de lui-même, d’autan que le prince considérait qu’il s’agissait de la meilleure et de la plus précieuse. Il s’était senti misérable, incapable, comme un cadavre dont il ne restait qu’un soupçon d’esprit, juste assez pour se rendre compte de sa condition, pas sans plus de force pour y faire quoi que ce soit.
Il n’avait pu que subir.
Ses traits se figent un instant dans un masque impénétrable et sans aucune émotion. Il n’était pas là pour se confier. Si la dame de Cibella avait bonne réputation, il ne pouvait se permettre de lui offrir ses pensées aussi rapidement.
D’autan qu’avec ce qu’il s’apprêtait à faire, il doutait d’en avoir le droit.

-Oui, cette maladie a été un fléau terrible. Qui a couté cher à bon nombre d’entre nous. Mais heureusement, vous et d’autres personnes valeureuses se sont battues pour sauver ce qui pouvait l’être.

Les Ibéens avaient profité de l’occasion, certains mages avaient périe à force de magie, d’autre occis par manque de vigilance sous le coup de la fièvre. Un massacre, purement et simplement et même si c’était le lot de tous sur le front, Antonin n’était pas certain de pouvoir pardonner au pays du savoir.
Quant bien même il ne cautionnait pas cette guerre.

-Désormais, vous devez crouler sous les lettres de remerciements et d’admiration. Vos prétendants ont certainement dû se ruer sous votre fenêtre pour chanter vos louanges n’est-ce pas ?

Le ton est d’une curiosité polie. Il n’avait guère trouvé d’autre façon d’amener le sujet, il repasserait pour la finesse. Il espérait cependant que la douceur et l’amusement qui avait réchauffé sa voix calmerait la belle.
C’était une fleur fragile, un animal craintif telle une biche qui semblait pouvoir s’enfuir au moindre son suspect. Il se doutait qu’il la gênerait et que le rouge lui monterait aux joues, comme sa chère amie Louison, si prompte à prendre le fard. Mais, il fallait bien qu’il puisse la jauger pour amener la conversation à sa convenance et choisir les mots justes.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptySam 28 Oct - 13:39

La conversation se voulait légère. De biens jolies civilités qu’ils échangeaient, sans doute, mais Gabrielle parlait avec franchise de ses souhaits et de ses espérances. Elle souhaitait que rien de grave ne soit jamais arrivé à l’héritier de Faërie, au-delà d’une simple courtoisie. Elle percevait bien dans son silence et dans son air contrit que quelque chose l’avait blessé, dans cette perte momentanée de magie. Un prince près de sa magie qui chérissait le présent d’Aura. Un prince qui aurait peut-être souhaité protéger Faërie. Les hommes appréciaient être utiles, être valorisés, et Antonin, peut-être, était de ceux à mal vivre l’impotence de la maladie. Oh… Elle qui avait douté, qui avait posé le philtre de Mortessence jusque sur ses lèvres, comme elle aurait aimé avoir su apprécier plus tôt ce don, à l’instar d’Antonin.

- Oui, cette maladie a été un fléau terrible. Qui a couté cher à bon nombre d’entre nous. Mais heureusement, vous et d’autres personnes valeureuses se sont battues pour sauver ce qui pouvait l’être.
- Je vous remercie…

Elle inspectait ses mains liées sur la coupe fraîche pour ne pas croiser son regard. Il la flattait bien doucement, en la couvrant ainsi d’attention et de reconnaissance. Gabrielle n’avait pas été seule à participer à ce premier convoi. Braham était du nombre, une Épine bien plus ancienne qu’elle. Elle-même avait perdu la raison, à bout de force, aux portes de Roc-Épine. Elle ne méritait pas ce qu’on disait d’elle. Courageuse, valeureuse… Peut-être? De la naïveté et une loyauté appuyée pour la Rose Écarlate, c’était peut-être bien tout ce qu’elle possédait. Les chevaucheurs, les guerriers, eux, semblaient risquer beaucoup plus.

- Désormais, vous devez crouler sous les lettres de remerciements et d’admiration. Vos prétendants ont certainement dû se ruer sous votre fenêtre pour chanter vos louanges n’est-ce pas ?
- J’ai… J’ai reçu bien quelques lettres, il est vrai, mais bien peu prenant la forme de remerciements ou d’admiration. Je crains, Votre Altesse, ne pas avoir reçu autant d’attention que vous l’imaginez… Mais je vous assure que cette situation me convient. Je ne me nourris pas d’attention, et je ne collectionne aucunement les honneurs.

Ses pommettes étaient bien rosées et rappelaient avec justesse qu’elle n’était pas très à l’aise d’être la cible de telles attentions. Et que ce jeu d’amour et de hasard avait toujours lieu. Elle avait bien reçu quelques lettres de ses prétendants, au début de la pandémie, afin d’offrir des nouvelles rassurantes, mais son voyage vers le Gouffre de Roc-Epine l’avait éloignée de ses règles courtoises. Puis la maladie avait éloigné ses prétendants les plus assidus. Le Comte de Rivepierre devait avoir beaucoup de dossiers urgents, après une retraite pour sa santé aussi longue. Elle lui pardonnait. Elle le comprenait. Elle même n’avait que bien peu de temps à consacrer à ses hommes, entre le Ru-d’argent, ses devoirs de princesse et ceux d'Epine.  

Gabrielle garda un silence à la hauteur de sa surprise et de sa timidité. Le prince de Faërie venait-il vraiment de s'inquiéter sur l'avancée de ses fiançailles? Ses joues rosées adoptèrent une teinte un peu plus chargée alors que la princesse se rendait compte du sujet. Il ne devait pas être si inhabituel qu’on s’y intéresse. Il devait avoir à coeur les liens entre les duchés de Faërie. Ou bien était-ce pour lui signifier que sa décision devait être prise, que tous patientaient la finalité de cette affaire, même lui, afin de voir le prochain mouvement de Cibella?

- Il me faudra prendre bientôt une décision. C’est un choix grand et chargé de symbolique, tout autant que d’importance, et je souhaite prendre la décision la meilleure.

Elle prit une première gorgée pour noyer un peu son malaise. Un vin de Cibella, cela se goûtait à sa fraîcheur qui arrivait presque à repousser le spectre de l’hiver qui approchait bien trop rapidement. Rassurée quant aux goûts délicats d’Antonin de Faërie, la princesse reposa prudemment sa coupe sur la petite table et osa croiser son regard.

Où désirait-il l’emmener, en empruntant sujet tout aussi délicat?




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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptySam 28 Oct - 21:38

Elle n’avait rien reçu ? Du moins, rien de probant quant à ses exploits, aucun pour s’enquérir de son état, ni même louer son aventure ? Quels prétendants étaient-ce là ? Antonin se laisse aller à un froncement de sourcils, seul marque de son mécontentement.
Comment est-ce qu’elle ne pouvait pas être plus agacée par si peu d’intérêt de leurs parts à tous ? Elle était bien élevée, d’une éducation irréprochable, la dame de la Volte n’irait certainement pas s’épancher en mal à leur sujet, mais tout de même. Il porte à ses lèvres le vin qu’il avait pris soin de leur servir à tout deux. Prenant en bouche le liquide et le goutant avec patience pour se donner contenance et laisser décanter son énervement. S’il se laisser aller, il ferait des erreurs et cette femme ne le méritait aucunement.

Il l’avait gêné, le rouge qui colorait si joliment ses pommettes en étaient la preuve la plus flagrante. Il ne pouvait se permettre de laisser éclater son agacement et les remarques qui lui venaient à l’esprit, sans doute fort déplacé. Après tout, il ne savait pas, il ne la connaissait pas, qui était-il pour venir cracher sur ces hommes qui n’avait même pas fait un déplacement pour vérifier l’état d’une femme qu’ils voulaient faire leur.

-J’espère que la boisson sera à votre gout. En toute honnête, j’ai laissé un majordome s’occuper du choix. Je crains de ne pas être très qualifié pour ce genre de détail…

Il tente d’alléger un peu la conversation en la ponctuant de futilité. Était-ce grave que d’admettre son ignorance quant au domaine viticole ? Il espérait que ceci ne marquerait pas la fin de cette conversation. Après tout, les femmes pouvaient être tellement dures à cerner parfois. Leur allure légère et fragile cachait souvent un tempérament prêt à vous sauter à la figure aux moindres faux mouvements.

-Concernant vos choix, je peux comprendre. Ce n’est pas à prendre à la légère que d’avoir un compagnon de vie. Le mieux serait de vous unir avec la personne qui fait battre votre cœur. Si vous avez des sentiments pour l’un d’eux, alors prenez le temps de passer des moments avec pour être sûre de votre choix. Il est tellement rare que des personnes de notre rang aient le choix. Si vous l’avez, profitez-en !

Ho que oui, avant que celui-ci ne s’envole pour ne laisser qu’un douloureux ultimatum. Pour lui c’était différent, il savait pertinemment qu’il ne l’aurait pas et plus le temps passait, plus il savait que l’inéluctable arriverait. Le laissant dos au mur.
Il laissait le choix à la belle de lui répondre ou non, ainsi pourrait-il plus facilement aborder le sujet. Pour l’aider dans ses choix et qu’elle n’en fasse pas un regrettable qui la lierait avec un menteur voulant profiter de la notoriété de la belle pour laver les racontars –véridique- qui circulait joyeusement à son sujet et souillait son honneur.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyDim 29 Oct - 23:32

Sa réponse ne semblait pas être celle attendue par le jeune prince, et déjà, Gabrielle en était à ressasser les mots employés, ses formulations, cherchant à quel moment elle avait pu faire naître l'ambiguïté chez le prince héritier. Devait-elle insister de quelques justifications? Devait-elle défendre ses prétendants? Ou bien… Ou bien était-ce elle, l’épine qui accrochait cette conversation satinée si courtoise? Peut-être n’était-elle pas suffisamment fière ou orgueilleuse, ce qui lui valait se sourcillement. Prise d’un doute et du haut de son impuissance quant au déroulement de la conversation, elle se permit de rapatrier son verre entre ses mains, une fois de plus, pour s’occuper et se redonner un semblant de contenance.

Il dévia quelque peu du sujet de ses fiançailles, à son grand soulagement. Parler de vin. Oui… Voilà qui était bien convenable. Elle le rassura de quelques mots aimables et leva sa coupe pour souligner ses compliments. Il s’agissait d’un vin parfait pour l’occasion, et elle avançait même être réjouie qu’on ait songé à lui servir l’une des meilleures cuvées cibellanes pour cette visite bien mystérieuse. Elle passa sous silence la méconnaissance d’Antonin quant à ce domaine; il n’avait fauté en rien en laissant un connaisseur faire ce choix bien difficile.

- Concernant vos choix, je peux comprendre. Ce n’est pas à prendre à la légère que d’avoir un compagnon de vie. Le mieux serait de vous unir avec la personne qui fait battre votre cœur. Si vous avez des sentiments pour l’un d’eux, alors prenez le temps de passer des moments avec pour être sûre de votre choix. Il est tellement rare que des personnes de notre rang aient le choix. Si vous l’avez, profitez-en !
- Je crains que vous m’accordez des libertés que jamais je n’oserais convoiter.

Tout en lui lançant quelques oeillades à la dérobée, elle esquissait un sourire marqué d’une espièglerie légère et à peine assumée. Il était revenu à la charge après l’avoir mise en confiance, il méritait cet amusement fragile. Oh… Les prétendants intéressants ne manquaient pas, mais l’amour n’était visiblement pas parmi les présents qu’on lui avait offerts.  Peut-être ce comte outreventois s’en rapprochait-il le plus, ou alors ce marquis lagran? À moins qu’il ne soit surtout question d’une envie très séduisante de s’éloigner de sa duchesse de soeur, une fois pour toute.

- Comme vous vous doutez, les Cibellanes choisissent le meilleur partie selon leur rang, leur famille et leur lignée. Voire leur duché, en ce qui concerne ma position. Les palpitations d’un amour naissant ne doivent pas teinter ce choix précieux… Il faut plutôt considérer la réputation du prétendant, ses titres, ses occupations. Les présents, également. ...Tout ce qu’il est en mesure d'apporter à la famille de l’épouse pour enrichir sa lignée. Je ne crois pas que ma position diffère de la vôtre, en y réfléchissant.

Elle se doutait qu’il sache tout cela, il était le prince héritier de Faërie. Peut-être la taquinait-il sur cette tradition de façonner un nid douillet de présents incroyables avant d’effectuer un choix? Gabrielle ne s’en offusquait pas. Il était jeune, Antonin de Faërie. Plus qu’elle. Et son statut était plutôt récent. Quant à son humour… La Cibellane et était elle-même malicieuse. Elle ne serait pas celle qui s’en offenserait. Gabrielle avança quelques mots qui se voulaient chaleureux et qui, surtout, avaient comme mission première de masquer son embarras toujours un peu visible sur ses pommettes.

- Est-ce donc mes fiançailles, Votre Altesse, qui expliquent cette lettre que vous m’aviez envoyée avant l’épidémie?

Oui, s'il en doutait encore, Antonin avait une bien jolie preuve de la franchise de son invitée. La question avait été posée avec délicatesse, une fossette creusée à sa joue, mais elle était néanmoins tombée entre eux. C’était au tour de Gabrielle de sourciller, sans toutefois se départir de son sourire charmant. Les yeux un tantinet plissés, elle tentait de percer le mystère qu’était Antonin et, par la même occasion, de trouver une explication quant à sa présence à ses côtés. Sa compagnie était peut-être agréable, mais elle doutait qu’il en soit ici question.




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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 30 Oct - 15:58

-Pas seulement ma Dame, pas seulement.

Il passe la main dans ses cheveux pour lui donner un instant de réflexion. Comment agencer les mots pour ne pas la vexer. Après tout, c’était une raison bien triviale de l’avoir convié ainsi au palais. Mais c’était vrai, il n’y avait pas que ça. Il avait aussi été poussé par la curiosité. Il avait voulu connaitre cette dame affilié à la Duchesse de Cibella, plus encore depuis qu’il avait été mis au courant de son implication dans la recherche d’un antidote.
En tant que Prince, il se devait de rencontrer les puissants de Faërie. S’il ne se sentait pas encore la légitimité de s’entretenir avec les ducs et les duchesses du royaume, d’autre peut-être de rang moindre lui semblait tout aussi intéressant. Si ce n’était plus. Assoir son autorité passait par la fidélité des dirigeants. Son père le faisait assez bien comme ça.
Que d’amertume de se rendre compte que ce père tant admiré n’était pas si parfait.
La part sombre de Gustave était bien moche à voire et Antonin n’était pas encore capable d’avoir un avis dessus.
Pour l’heure, il préférait faire connaissance avec les rouages indispensables, mais plus discret d’une société qui ne demandait qu’à évoluer. Ceux qui œuvraient pour les petites gens, ceux qui étaient aimés, écoutés, indépendamment de leur rang. Des êtres tous aussi importants pour éduquer ce peuple dont l’ignorance provoquait tant de mal.


-Je crains fort de ne pas encore savoir verser dans la subtilité. Mais si c’est la vérité que vous voulez, cru et sans apparat. La voici. Je vous ai invité pour deux raisons. La première concerne l’un de vos prétendants. La seconde, votre position. Je vais commencer par vous expliquer ma seconde motivation, la première étant plus personnelle et par ce fait certainement bien moins louable.
Votre réputation vous précède ma Dame. Et j’ai à cœur d’établir des relations avec des personnes qui sont aimées et écoutées. Des personnes ouvertes et prêtes à amener Faërie vers des horizons nouveaux. Les mages du sang ont refait surface, d’autres magies scellés ne tarderont certainement pas à refaire surface. Du moins nous devront nous y préparer. Et les accueillir par la haine et la peur ne nous mènera qu’à notre ruine. J’ai bon espoir qu’entouré des bonnes personne nous puissions accueillir ces magies à bras ouvert et se les approprier de nouveau pour savoir qu’en faire avec sagesse et non laisser l’ignorance nous mener au chaos.


C’était un fait. Un mage qui n’était pas un minimum éduqué, qui ne savait pas contrôler sa magie était un danger ambulant. Les poursuivre jusqu'à la mort, ouvrir une chasse aux sorcières, ne ferait que plonger le royaume dans une ère bien sombre dont Antonin ne voulait pas. Son père…non plus…certainement.

-Et pour en revenir à la première raison de cette invitation. Voici encore une fois la vérité telle qu’elle est. J’ai un contentieux avec Lionel de Rivepierre. Je ne tiens pas à vous en divulguer la teneur pour le moment. Comme vous le savez peut-être, je suis mage de vérité. Et il s’avère qu’au gré de mes rencontres avec cet homme j’ai pu remarquer un fait regrettable au vu de la proposition qu’il vous a fait. Je vous l’ai dit, ce n’est guère louable car je ne suis pas en de bon terme avec cette personne. Mais quand bien même son attitude est inacceptable vous concernant. Il n’est pas intéressé par la gente féminine, et ne l’a jamais été. C’est un fait, il semblerait qu’il ne soit pas attiré par les femmes. Je trouverai regrettable que votre choix, même si dicté par la raison, ne vous porte à choisir un compagnon qui ne pourra jamais réellement vous honorer comme il se doit.
Je comprendrais que vous n’accordiez aucun crédit à mes paroles. Mais rien ne vous empêche d’aller le retrouver accompagné d’un mage de vérité et de lui poser la question directement. A savoir, est-ce qu’il est, ou a déjà été attiré par une femme, par vous peut-être plus particulièrement. Prenez cela comme…. Un conseil d’ami si vous me laissez cette audace.
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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 13 Nov - 3:51

Ses prétendants? Et sa position? Elle était bien sérieuse, la princesse de Cibella, en écoutant Antonin de Faërie. Il s’éloignait drastiquement de la conversation légère et plaisante qu’elle avait mené, jusque là. Les sourcils froncés et légèrement inclinée vers le prince, sa coupe fraîche entre les mains, elle avait gardé silence tout au long de ses explications. Sa première explication, celle concernant sa position, l’avait fait acquiescer timidement. Il était légitime qu’un héritier veuille connaître l’ancienne noblesse et s’entourer convenablement. Les compliments avaient fait rosir ses pommettes et la jeune femme lui offrit un demi-sourire qu’une fossette rehaussait, à sa joue.

Puis… Puis un contentieux avec Lionel de Rivepierre? Un comte de son duché d’origine? Un capitaine de vol qu’il devait pourtant connaître? ...Homosexuel? Vraiment? ..Un conseil d’ami. La princesse avait planté son regard céruléen dans celui du prince. Lentement, d’un geste calme et mesuré, elle avait bu une gorgée. Une interminable gorgée. Une gorgée qu’elle étirait dans l’espoir ridicule qu’une réponse convenable lui vienne, d’ici sa fin. Ce n’est qu’une fois sa coupelle terminée, les joues toujours écarlates - preuve irréfutable de son malaise et de sa timidité d’une pareille conversation - que Gabrielle consentit à commenter cette révélation poignante.

- Euh… Hum.

Elle déposa un doigt ou deux à ses lèvres alors que les mots lui manquaient. Que dire..? Que dire? “Votre Altesse, je crains que l’étendue de votre impériale cave à vin ne soit pas suffisante pour alléger la lourdeur de cette conversation en devenir” ? La Cibellane évaluait toujours l’Outreventois, et le sérieux qu’il arborait finit par la faire capituler tout à fait. Aucune remarque fine n’était permise, aucune espièglerie non plus. C’était une accusation très grave en Outrevent et sujet à la moquerie et au dédain en Cibella. Il en était parfaitement conscient : Gabrielle en était assurée. D’une part, il y avait là son prince, l’héritier de Faërie, un diseur de vérité redoutable et chevaucheur de la dragonne Agonie, reine du vol de Jade. Elle devait le croire pour tout ce qu’il représentait, pour toute la loyauté qu’elle lui dédiait par son simple titre de prince de Faërie ou encore par cette forme de magie qui la fascinait. D’une autre part, il y avait là un très jeune adulte qui affichait sans embarras ses conflits avec le comte de Rivepierre. Ce n’était pas sage de s’exposer ainsi. Était-ce là une manigance pour nuire à Lionel, que de la faire se détourner de lui? Le doute était là, bien présent à son esprit, même si elle s’inclinait peu à peu devant ce petit air sérieux et affecté.

- C’est une accusation très grave que vous portez, et je peux ressentir le poids de vos paroles et la densité de votre sérieux jusqu’ici… Vous représentez l’avenir de Faërie, un avenir que j'ose croire sincère et juste, dénué de malice. Ainsi, je ne vous ferai jamais l’affront de valider votre parole auprès d’un second diseur de vérité, Votre Altesse. Je…

Elle reposa sa coupe sur la table basse, ainsi que son regard sur ses mains désormais liées. Comment formuler sa réserve? Comment lui avouer qu’elle hésite, sans le froisser, sans le blesser? Faire un choix définitif, autour de cette table, était au-dessus de ses forces.

- Je vous promets prudence, et je remercie humblement votre dévouement quant à mon bonheur, tout autant que je salue le courage qu’il vous a fallu pour aborder pareil sujet, mais la vérité est parfois nuancée et… ...Et avec votre permission, Votre Altesse, j’aimerais prendre le recul nécessaire afin de méditer vos conseils et d’étudier les manières de mon prétendant pour me confronter à l’évidence. Il serait… Il serait peut-être plus délicat que je trouve quelques arguments pour l’éconduire, si une telle conclusion s’impose, autre que votre révélation? Je…

Enfin, elle rapatriait ses prunelles claires sur les siennes, s’efforçant de lui sourire malgré son coeur qui était soudainement plus lourd que la pierre. Elle y avait cru. Elle se faisait doucement à cette idée, cette possibilité, que son avenir était peut-être bien lié à Lionel. Et la vérité bien froide - ou du moins, la vérité d’Antonin de Faërie - piétinait des mois d’incertitude et d’indécision qui, enfin, avaient tracé un semblant de voie.

- Je ne souhaite pas envenimer votre relation avec le comte de Rivepierre par mes fiançailles.

C’était la vérité. Elle n’était pas certaine que son coeur veuille croire les paroles d’Antonin, mais elle était tout de même convaincue qu’elle devait honorer les conseils de son prince. Si l’indécision et l’hésitation l’habitait, la certitude que son mariage devait être un événement heureux et festif demeurait. Gabrielle ne désirait pas qu’il soit bâti sur une querelle.




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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 13 Nov - 22:14

Antoni était affligé que de sentir un tel désarroi devant cette femme qu’il avait consciemment mis dans le trouble. Pour se venger, pour donner du poids à sa position et montrer qu’il n’était ni bienvenue, ni judicieux que de l’ignorer comme l’avait fait Lionel. Il aurait pu négliger les penchants peu recommandables de l’homme, s’il n’avait pas tenu une si haute position, s’il n’avait pas été si proche de Liam d’Otrevent et désormais d’une princesse Cibellane. La pauvre était en train de ramasser les pots cassés d’un être trop égoïste pour agir comme il conviendrait de faire, trop lâche pour faire face à la vérité, la fuyant en mettant à mal l’avenir d’une femme si douce.

Il voudrait afficher une mine adoucit, marqué par la détresse des mots qui se cherchent. Mais il ne le pouvait, pas s’il voulait être pris au sérieux. Le prince attend donc patiemment qu’elle s’exprime, qu’elle finisse d’organiser ses idées pour qu’elle puisse lui exposer sa réponse. Sa réserve le fait tiquer, oubliant bien vite sa position et celle de la jeune femme. Il se retient, ne dit rien. Se permet tout de même un sourire rassurant. Ses mains se lèvent en signe d’apaisement. Il avait l’impression que la panique n’était pas loin, risquant de la faire s’enfuir avant même d’avoir réussi à établir de véritables liens durables avec une dame qu’il savait pleinne de ressource.

-N’ayez crainte. Je n’ai jamais attendu que vous me répondiez dans l’instant, ni même que vous me donniez une réponse tout court. Après tout, je me permets de rentrer dans une intimité que je n’aurais jamais dû violer. Surtout en ces termes et pour des raisons aussi triviales. Même si, vous concernant les implications de telles révélations sont lourdes de conséquences.

Ses mains se reposent doucement sur son siège dans un geste lent et mesuré. Tentant de se faire aussi avenant que possible sans toutefois perdre cette étincelle sérieuse qu’il devrait à jamais faire briller lorsqu’il se parait de ce rôle qui était le sien.

-Vous ferez votre choix, en temps et en heure, en votre âme et conscience. Que ma personne n’ait pas à intervenir dans ce dernier. Je demande simplement à ce que vous preniez en considération mes paroles, ce que vous semblait déjà faire. Je suis peut-être un prince, peut-être même un futur empereur si le Destin m’est favorable. Cependant, je n’ai pas à contrôler votre vie, je n’aspire pas à être un tyran, croyez-moi.


Et c’était vrai, il voulait que cette guerre prenne fin, que les mages puissent tous vivre et avoir une éducation telle qu’ils puissent être accepté, qu’ils puissent se contrôler et ne pas être un danger.

-Qu’il soit ou non homosexuelle, au final n’est pas tant la question. Simplement, réfléchissez à ceci, bien entendu, vous n’avez pas à me donner de réponse, soyez juste honnête avec vous-même. Voulez-vous d’un homme qui ne vous désire pas, sans parler d’amour, qui ne sera jamais attiré par vous ? Il vous apprécie sans doute, ne pas apprécier une femme de votre valeur serait stupide. Mais les mœurs qui sont les notre ne finiront qu’a vous rendre malheureux tous deux et vous finirez sans doutes par haïr la prison que vous vous êtes tous deux construit en vous unissant à l’autre.


S’il restait un tant soit peu d’honneur à cet homme, s’il se liait par le mariage, il n’aurait pas l’audace d’aller voir ailleurs et Gabrielle était bien trop loyale pour chercher l’amour et le réconfort dans d’autre bras. Il n’y aurait rien de joyeux, rien de glorieux en cette union.

-Je me propose en tant qu’allié, en tant qu’ami. Sachez que ce n’est pas à sens unique. J’ai à cœur de pouvoir vous aider et vous soutenir. D’autant si je dois prendre en considération tout le trouble que je vous apporte, alors que je me prétends vous être amical. J’avoue que c’est tout de même assez ironique.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyLun 20 Nov - 4:13

Elle observait sa coupelle vide un instant, sans doute pour se donner plus de contenance. Boire un peu plus de vin, actuellement, serait très certainement l’une des décisions les moins sages à prendre, même si l’idée d’alléger considérablement cette conversation était séduisante. Les joues toujours chaudes de malaise, elle s’efforçait de réfléchir rapidement à l’avancée de cette conversation. Elle devait garder l’esprit clair. Cet échange n’était pas anodin; on ne parlait jamais fortuitement des préférences sexuelles d’un comte pour en détourner une princesse cibellane. Ainsi, Gabrielle redressa l’échine et vint plutôt se poser plus confortablement contre le dossier rembourré de son fauteuil. Le sérieux et la gravité de la conversation laissaient entendre que celle-ci perdurerait encore un peu. Suffisamment pour s’installer à ses aises.

Il s’efforçait de la rassurer, le jeune prince, en lui rappelant qu’il n’attendait rien d’elle. Ni maintenant, ni plus tard. Il souligna même ne pas avoir à intervenir dans ce choix qui serait sien. Gabrielle lui offrit un sourire pâle et inclina la tête avec légèreté en guise de reconnaissance. L’idée qu’il ait agit par pure bonté d’âme semblait improbable, dans la mesure où Antonin avait avancé lui-même avoir un différend avec Lionel de Rivepierre. Néanmoins… À le voir installé devant elle, l’air investi, Gabrielle n’arrivait pas à croire à une machination étudiée et calculée. Pour quelle raison ? Simplement pour nuire à un ennemi, alors qu’il avouait vouloir la compter parmi ses alliées ? Elle se savait effacée et bien pâle, mais elle espérait malgré tout être une alliée plus importante qu’une rancune de chevaucheurs.

Et comme s’il entendait ses pensées, comme si il ressentait son malaise, Antonin reprit parole.

- Je me propose en tant qu’allié, en tant qu’ami. Sachez que ce n’est pas à sens unique. J’ai à cœur de pouvoir vous aider et vous soutenir. D’autant si je dois prendre en considération tout le trouble que je vous apporte, alors que je me prétends vous être amical. J’avoue que c’est tout de même assez ironique.
- Il s’agit d’une… situation plutôt délicate, j’en conviens.

Elle était intimidée, en-dessous de ses manières, mais son rire, petit, léger mais hésitant se fit entendre entre ses lèvres. Même s’il donnait une vague impression de malaise, il lui avait fait le plus grand bien, ce maigre rire. Son sourire perdurait, laissant présager que Gabrielle avait absorbé la vague qu’il avait fait déferler sur elle.

- Je suis consciente que mon mariage - comme tant d’autres - sera le symbole d’une union beaucoup plus importante que mes sentiments et mes envies. Je dois penser, avant tout, à mes gens. À Cibella. Mais… Mais… Il est vrai que… Il est vrai, Votre Altesse, qu’il est toujours réconfortant de croire un amour possible, à travers les ans. Suite à vos paroles, je… Je peine à me projeter dans un avenir heureux avec le Comte de Rivepierre. Il faut dire que, si je songe au duché de la magie, il me peinerait qu’il souffre de la réputation de mon époux.

Elle s’accouda dans la seule optique de mieux soutenir sa tête lourde d’images, d’arguments et de contre-arguments, un index à sa tempe. Le silence dura quelques interminables secondes dans lesquelles la princesse inspectait sa coupelle et l’héritier la détaillait à son insu. Quoi dire, alors que la vérité ne dépendait que de la parole d’un seul homme ? Un seul homme, prince héritier et diseur de vérité. Lui demander des informations supplémentaires quant à la découverte de cette vérité serait maladroit. Elle ne désirait aucunement remettre en question sa parole.

- Je vous donne raison, Votre Altesse. Entièrement. Il me serait bien difficile de faire un choix aujourd’hui. Je crains qu’un moment pour comprendre toutes les subtilités qu’une telle information peut prendre soit bienvenu. Croyez-vous… le dire à Sa Grâce Liam d’Outrevent ?

Gabrielle espérait que non. De tout coeur, elle espérait que non. Liam d’Outrevent, si fier, si tranchant, accepterait sans doute très difficilement que son conseiller et ami ait une quelconque préférence masculine. Cela dit, encore fallait-il qu’il croit Antonin de Faërie. Les problèmes diplomatiques semblaient se multiplier et s’empiler encore et encore, sur la jolie table ouvragée qui séparait l’héritier de la Cibellane. Et pourtant, aussi timides l’un que l’autre dans cette situation irréelle, ils arrivaient à se sourire avec retenu.

- Désiriez-vous plutôt m’en faire part en toute intimité, afin que mon choix soit le plus éclairé ? Je vous avoue préférer la discrétion...

Elle lui suggérait une réponse qu’elle espérait assez séduisante pour le convaincre. En aucun cas Gabrielle ne désirait nuire à cet homme qui risquait sa vie pour Faërie.




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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyDim 26 Nov - 18:56

Elle rit, au par les dieux, que ce son est réconfortant, un carillon qui allège l’atmosphère et dissipe les nuages qui s’étaient amoncelés jusqu’à présent prêt à faire subir leur foudre au prince. Mais non, la colère n’était pas venue froncer ses sourcils, ni allumer ses yeux, elle ne l’avait pas injurié ni même crié au scandale.
Elle aurait pu, d’autant qu’Antonin n’est pas en position prestigieuse. Son père n’était pas si blanc qu’il lui avait jadis paru, lui-même avait quelque…bévue à son actif.
Pourtant la belle Gabrielle se fait patiente et écoute, sa gêne n’obscurcis pas son jugement, bien que sa voix en pâtisse. Il s’en veut, mais c’est un mal nécessaire. Ainsi, quel que soit son choix, elle saurait et elle pourrait faire face le temps venu, car le temps viendrait, on ne peut se mentir éternellement, lui-même en avait fait les frais et la réalité était difficile à supporter une fois qu’elle vous était tombée dessus.
 
Il se détend au son de sa voix désormais qu’il n’y sent pas le reproche. Elle-même se laisse enfin à poser ses questions, pertinentes au demeurant.
En parler à Liam ?
Oui, il y avait songé, dire le contraire aurait été un mensonge, mais son but était plus d’embarrasser le compte tout en empêchant ses choix de faire du mal à autrui, pas de détruire un empire qui peinait déjà suffisamment à tenir debout. Lorsque la vérité éclatera, Antonin aura eu le temps de réfléchir à comment régler la situation. Il connaissait l’inflexibilité du duc d’Outrevent, il faudrait y faire face au risque d’en subir des conséquences dramatiques. Il ne pouvait se le permettre, encore moins en tant de guerre, alors qu’il n’avait aucune solution de repli. Surtout que…était-il aussi mesquin ? Il n’avait pas encore la réponse et ne voulait pour le moment pas le savoir.
 
-Non, si j’avais voulu le briser et tout lui faire perdre je serais passé par Liam d’Outrevent sans même vous faire part de la chose. Vous l’auriez appris tout ou tard et j’aurais surement eu gain de cause, ne serait-ce qu’à cause du doute et du scandale que cela aurait déclaré. Mais je ne tiens pas à ce que cela se passe ainsi, je ne tiens pas à provoquer le chaos et le déséquilibre alors même que Faërie n’arrive pas retrouver la sérénité. Quel prince je ferais si j’agissais de la sorte ? Je dois vous paraitre bien contradictoire et immature. J’espère que le prince de Faërie ne vous déçoit pas trop ma Dame.
 
La politesse voudrait qu’elle réponde par la négative, mais sa magie les enveloppait et il saurait. Etait-elle digne de confiance ? Ou les bonnes manières étaient-elles les plus importantes ? Il devait aussi savoir ce genre de chose s’il devait s’appuyer sur elle ou l’aider.
 

-Tous nos choix ont des conséquences ma Dame. J’essaie de faire les miens en limitant les implications pour Faërie et son peuple. Ainsi, s’il arrive que vous vous unissiez à lui, pourrais-je anticiper ce qu’il adviendra et en amoindrir les dégâts. Cela fait…très froid dit comme ça, j’en conviens, mais peu importe l’image que je vous renvoie, je serais là lorsque vous en aurez besoin, si vous en avez besoin ce dont….dans un sens je ne vous souhaite pas.
 
Il aurait pu se donner des claques, ce qu’il faisait allégrement dans son fort intérieur, mais pourquoi falsifier ce qui était ? Il voulait se lier d’amitié avec elle, malgré les apparences et les raisons premières de cette invitation. Pas la faire fuir, ce qu’Antonin était précisément certain de faire. Qu’il se sentait ridicule, lui qui savait d’ordinaire si bien charmer les dames.
 
-Ecoutez, pour rendre cette entrevue un peu plus équilibré. Y a-t-il quoique ce soit en quoi je puisse vous aider ? Que je puisse vous démontrer ma bonne foi derrière ces mots malheureux et abrupts. Il est dommage que vous ne soyez pas mage de vérité vous-même, je conçois que la confiance s’acquière sur un laps de temps bien plus long. Tant que cela ne mets pas en péril ma famille, je vous jure sur mon honneur de faire ce qui en mon pouvoir pour vous soutenir. Si tant est qu’une femme telle que vous ait besoin d’assistance.

 
Cela paraissait absurde après tout, n’avait-elle pas franchi la moitié du continent avec des malades pour tenter de les sauver ? Antonin n’était pas favorable à la Rose écarlate, cependant, l’Ordre avait de moins en moins gain de cause le concernant, surtout après avoir failli mourir à cause de leurs manipulations obscures.
 
Sa proposition était dangereuse, il s’était engagée après tout et sa demande pouvait mettre en péril son image, mais elle n’avait pas menti jusqu’à présent, elle n’avait pas fait montre de mesquinerie et il aimait encore à croire que les gens n’étaient pas tous des manipulateurs, d’autan que cette rencontre était de son initiative.
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyMar 28 Nov - 21:37

Antonin de Faërie ne comptait pas parler de toute cette affaire au duc Liam. Gabrielle respirait à nouveau, passablement soulagée de la nouvelle. Elle imaginait sans difficulté tout le drame qui aurait pu se jouer si cette affaire était ébruitée auprès des mauvaises personnes. Malgré son état, la Cibellane s’efforçait de se montrer le plus neutre possible. Si le prince héritier avait quelques problèmes avec le Capitaine de Rivepierre, il était fort à parier qu’il ne serait pas enchanté de la voir toute guillerette de lui éviter quelques problèmes supplémentaires. Lionel ne lui avait rien fait, bien au contraire. Il la couvrait de présents incroyables qui suscitaient la convoitise. Le façonneur de rêves.

- Je suis soulagée d’entendre vos paroles, Votre Altesse. Malgré vos différends avec le comte de Rivepierre, vous ne lui souhaitez pas de mal… C’est tout à votre honneur de mettre avant tout l’équilibre de Faërie.

Elle s’était contentée de lui sourire avec une gentillesse bien douce, lorsqu’il l’avait questionnée sur l’impression qu’il lui laissait. Le trouvait-elle contradictoire et immature? La décevait-elle? Non. Gabrielle déniait alors à quelques reprises. Le simple fait qu’il se questionne sur le mauvais sentiment qu’il pouvait lui inspirer prouvait qu’il était un jeune prince, tout comme elle, timide et sans doute hésitant, comme elle l’était également. Il ne souhaitait pas briser son ennemi ; il souhaitait tout au plus éviter les dommages. La possibilité que le prince ait calculé cette vulnérabilité pour attirer sa sympathie lui traversa l’esprit. Elle décida de chasser cette idée, préférant le croire dénué de mesquineries. La faire s’éloigner de Lionel et faire naître de fausses rumeurs à son endroit était une vengeance d’une cruauté inouïe. Il lui semblait inconcevable qu’un prince héritier, oeuvrant pour une Faërie forte et harmonieuse, puisse en arriver là.

- Non. ...Vous ne me décevez pas. Je ne vous cache pas que cette situation complexifie ma situation, mais je ne vous trouve ni contradictoire, ni immature. Ni rien de cela.
- Tous nos choix ont des conséquences ma Dame. J’essaie de faire les miens en limitant les implications pour Faërie et son peuple. Ainsi, s’il arrive que vous vous unissiez à lui, pourrais-je anticiper ce qu’il adviendra et en amoindrir les dégâts. Cela fait…très froid dit comme ça, j’en conviens, mais peu importe l’image que je vous renvoie, je serais là lorsque vous en aurez besoin, si vous en avez besoin ce dont….dans un sens je ne vous souhaite pas.

Il lui permettait visiblement de choisir Lionel de Rivepierre malgré tout. Le jeune prince se proposait même pour la soutenir si la conclusion de ce possible mariage ne soit pas des plus glorieuses. La proposition était adorable de gentillesse et de dévotion. Que pourrait-il faire si elle choisissait malgré tout Lionel, en dépit de ses conseils, et que la vérité prophétique qu’il lui avait annoncée s’avérait être la réalité? Un mariage malheureux auquel elle ne pourrait s'échapper. Ni Outrevent, ni Cibella ne prenait cette union à la légère. Dénoncerait-il Lionel, si elle revenait vers lui, implorante? Briserait-il cet homme et sa réputation? Elle s’était faite silencieuse à ses paroles, songeuse, depuis son siège fort confortable. La fatigue semblait plus présente, désormais que les révélations étaient avancées. L’envie de quitter était forte, d’aller méditer les conseils d’Antonin de Faërie, de pleurer sur l’épaule de Marjolaine, aussi, et de l’implorer de la conseiller. Elle n’allait jamais pouvoir choisir. Jamais. C’était… Trop. Une trop grande décision.

- Ecoutez, pour rendre cette entrevue un peu plus équilibré. Y a-t-il quoique ce soit en quoi je puisse vous aider ? Que je puisse vous démontrer ma bonne foi derrière ces mots malheureux et abrupts. Il est dommage que vous ne soyez pas mage de vérité vous-même, je conçois que la confiance s’acquière sur un laps de temps bien plus long. Tant que cela ne mets pas en péril ma famille, je vous jure sur mon honneur de faire ce qui en mon pouvoir pour vous soutenir. Si tant est qu’une femme telle que vous ait besoin d’assistance.

Il l’avait tirée de ses songes, et la Cibellane haussa les sourcils devant sa proposition particulièrement généreuse. Le voilà qui lui avouait un léger défaut chez l’un de ses prétendants, et qui, en plus, désirait réparer le trouble que cette vérité faisait sur elle. Instinctivement, elle allait refuser, lui dire qu’il avait déjà assez fait, qu’il serait bien trop généreux de lui offrir, de surcroît, son aide sur le sujet de son choix. Mais … Mais il y avait bien quelque chose, au fond de son coeur, comme une ombre, qui ne l’avait pas quitté depuis le Ru-d’Argent.

- Peut-être… Peut-être pourriez-vous m’aider d’une certaine manière, il est vrai. ...Bien que votre clairvoyance soit déjà très charitable. Il est vrai que... Son regard clair s’abaissait sur ses mains, cherchant un peu de courage pour terminer sa requête. Comme vous le savez, j’ai oeuvré pour le bien de Faërie en accompagnant ce convoi et en aidant les enfants d’Aura en les accompagnant jusqu’à un remède. Il s’avère qu’une organisation, l’Ordre du Jugement, ait vu mes gestes d’une bien terrible façon, Votre Altesse. Ils me menacent sur ma vie… Croyez-vous qu’il soit possible de m’offrir protection ?

Elle avait ramené sur lui son regard céruléen où une inquiétude évidente se lisait. Gabrielle de la Volte, princesse de Cibella, était largement en moyen de s’offrir toute la protection nécessaire. Mais de cette main tendue, elle acceptait qu’Antonin soulage sa conscience.




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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyJeu 30 Nov - 16:45

Gabrielle était une femme timide, ses manières le criaient haut et fort, mais au moins était-elle sincère. Il avait besoin d’elle, même si elle ne semblait pas encore en comprendre toute la mesure ni l’implication que cela lui demanderait par la suite.
C’est ce qui l’amène à lui proposer son aide, peut importe sur quoi, pour la mettre à l’aise, pour établir une relation bien plus saine que ce qu’elle aurait pu être à l’origine si sa seule volonté avait été d’évincer cet homme déshonorant son duché.
Il la voit, hésiter, les joues colorées et les mots se bousculer. Elle n’était pas à son aise, mais effectivement, il y avait bien quelque chose. Il y avait toujours quelque chose, quoi qu’on en pense. Faërie était dans des temps troublés, des temps de guerre, rares étaient ceux ayant trouvés la paix et ne manquant de rien, rare étaient ceux qui n’avaient pas besoin d’assistance, peu importait pour quoi.
 
Ses lèvres se pincent en une mince ligne contrariée. L’Ordre avait-il réellement fait cela ? Dans quel but ? Il aurait pu croire à une bévue de leur part, à une erreur, bien que la raison de posséder un tel virus destiné aux mages fût totalement incohérent avec leur alliance avec l’empereur de Faërie. Pourquoi menacer celle qui aurait rattrapé leur erreur ? N’était-ce pas la, la preuve qu’il n’en s’agissait justement pas d’une ? Elle était une épine, c’était désormais un fait connu, un ennemie de l’Ordre par ce fait sans doute, mais en venir à de telle extrémité ?
Antonin se posait des questions, était-il trop naïf ?
Ses mains se joignirent entre elles pour supporter son menton pendant qu’il réfléchissait. Il n’irait pas se rétracter, il lui avait donné sa parole, mais il doutait de plus en plus du bien fondé de l’Ordre, cette maladie ayant déjà ébranlé les fondations de sa confiance.
 
-Vous l’aurez ma dame, vous l’auriez eu même sans cette conversation.
 
Aller menacer cette femme…. Cela n’avait rien d’honorable, rien de juste, peu importe comment il pouvait le regarder. Il dépêcherait des gardes et lui assignerai un garde tout particulier. Il savait que certains chiens étaient dressés à la garde, à l’attaque, il en trouverait un pour la dame, au moins bénéficierait-elle d’une protection en toute circonstance.
 
Pour donner bonne mesure, il resservit Gabrielle, d’un autre breuvage sans alcool pour ne pas que celui-ci finisse par leur monter à la tête. Des petits gâteaux leur furent apportés et comme une sonnerie silencieuse, il se fit un devoir d’amener la conversation sur des sujets plus légers pour adoucir son trouble et la peur qu’il avait lu lorsqu’elle avait fait sa demande. Elle repartirait avec une escorte, peut-être pourrait-il lui trouvait un objet magique pour qu’elle puisse se défendre au cas où.
Quand le temps d’enfin se séparé vint, il ne put cependant pas s’empêcher de lui glisser, la malice revenant dans ses yeux et chassant le sérieux qui avait figé ses traits si durement.
 
-Mais peut-être que la meilleur protection que je puisse vous offrir serait de vous lier à la famille de Faërie. Après tout, je me dois aussi de trouver une femme, à votre avis, serais-je un parti convenable pour une dame telle que vous ?
 
Il minaude, mais il prend ce qu’il dit très au sérieux. Pourquoi pas ? Après tout, autant choisir avant qu’on ne le lui impose, elle était charmante et œuvrait pour le bien de sa patrie. L’amour ? Il ne pourrait dire encore s’il l’éprouvait, mais rien n’empêchait de le découvrir en l’invitant de nouveau pour le savoir ?

-Me feriez-vous l’honneur de revenir me visiter, que nous ne négligions pas un chemin que nous n’aurions pas soupçonné de prime abord ?
 
Après tout, il lui avait aussi potentiellement enlevé un choix salutaire, alors pourquoi ne pas lui en offrir un autre La question se posait.
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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: L'aigle et l'abeille   L'aigle et l'abeille EmptyVen 1 Déc - 18:22

Sous ses airs timides, Gabrielle avait porté une attention toute particulièrement au verbe de son prince. Il appartenait à l’Ordre du Jugement. Elle se doutait bien que tous n’étaient pas des meurtriers oeuvrant pour le chaos, que plusieurs devaient avoir rejoint la cause pour la libération des Magies et Savoirs perdus. La jolie Armandine en était la preuve évidente. Mais… Comment allait-il réagir, lui qui désirait s’en faire une alliée malgré sa loyauté affichée pour la Rose, depuis cette expédition jusqu’au Gouffre de Roc-Épine? Il semblait troublé par sa requête, et là où Gabrielle avait craint une esquive, il avait donné sa parole. Il comptait la protéger, lui fournir un protecteur. Elle avait incliné la tête, bien délicate, pour lui montrer sa reconnaissance mais également son envie de discrétion quant à ce sujet. Déjà, la Cibellane songeait à qui lui serait confié. Serait-ce un ancien chevaucheur? Ou membre de la prestigieuse guilde des guerriers? On bien un mage de bataille maniant le feu comme d’autres manient les mots? Et surtout… Surtout, Antonin de Faërie lui offrirait-il un protecteur membre de l’Ordre du Jugement, présent à ses côtés pour épier ses faits et gestes et offrir des rapports à son organisation? Elle souriait, du bout des lèvres, n’osant pas croire qu’il puisse en arriver là. Il la désirait comme alliée. On ne devait pas agir ainsi avec des alliés. La princesse s’en remettait donc à sa parole d’Outreventois, parole faite d’honneur, de franchise et de droiture. Cela ne l’empêcherait toutefois pas de garder l’oeil ouvert.

Du sucre et un nectar fruité. Antonin semblait la connaître déjà, en lui proposant cette collation pour mieux adoucir les mots violents qu’il lui avait lancés et la situation tempétueuse dans laquelle il l’avait projetée. Elle n’avait touché à rien, ou presque, répondant à cette caractéristique si féminine de manger à la manière d’un oiseau. Du bout des lèvres, elle avait goûté une pâtisserie, juste assez pour complimenter le grand talent des cuisiniers. Ils avaient discuté de choses et d’autres. Surtout de l’adorable princesse Raiponce dont elle était marraine. Elle était si fière, Gabrielle, d’avoir été choisie par ces gens qu’elle estimait grandement et qu’elle aimait plus encore. Peut-être l’ennuyait-elle, mais il s’agissait d’un sujet qui adoucissait son coeur et la rendait joyeuse. Le meilleur moyen d’oublier, pendant un instant, la gravité des accusations qu’on avait proféré à l’encontre de son prétendant le plus assidu.

Puis ils s’étaient redressés, enfin, lorsque les conversations étaient retombées, lorsque le silence rappelait Lionel de Rivepierre. Gabrielle s’était inclinée devant lui bien bassement, comme il se devait, et Antonin avait capturé l’une de ses mains à la suite de sa révérence.

- Mais peut-être que la meilleur protection que je puisse vous offrir serait de vous lier à la famille de Faërie. Après tout, je me dois aussi de trouver une femme, à votre avis, serais-je un parti convenable pour une dame telle que vous ?

Elle ne comprenait pas très bien, ou alors elle comprenait beaucoup trop bien. C’était soudainement confus, à son esprit. Son regard s’accrocha à celui, malicieux, de l’Outreventois. Il semblait prendre plaisir à se proposer de la sorte, joueur et certain de son charme, comme le disait sa réputation. Et Gabrielle, prise de court, qui ne répondait pas, les joues enflammées. Était-il sérieux…? Évidemment. Antonin de Faërie ne devait pas plaisanter avec le sujet de son mariage. D’un côté, elle était soulagée qu’il se propose comme prétendant dans l’intimité relative de ce salon, depuis Alfaë. De l’autre… De l’autre, elle hésitait, se sentant soudainement piégée dans une guerre de prétendants et d’orgueil. Et cette formulation ambiguë...

- Votre Altesse… Je vous assure que vous êtes un parti plus que convenable pour chacune des demoiselles de ce monde. Je.. Je suis surprise, pardonnez-moi. Ce serait un honneur incroyable de vous avoir comme prétendant, soyez-en assuré.
- Me feriez-vous l’honneur de revenir me visiter, que nous ne négligions pas un chemin que nous n’aurions pas soupçonné de prime abord ?
- Je reviendrai à chacune de vos invitations avec le plus grand des plaisirs. Peut-être trouverez-vous également au Ru-d’Argent un certain charme qui expliquerait votre présence sur ces terres que j’affectionne tant…?

Gabrielle avait observé le sol, doucement amusée, alors qu’elle lui proposait le plus délicatement du monde de venir la visiter elle. Alfaë était si grande, si immense, que chacun de ses gestes semblaient porteur d’un message politique quelconque. Dans le calme souverain du Ru-d’Argent, elle aurait la chance de voir le véritable Antonin de Faërie, loin des yeux inquisiteurs de ses gens, loin des murailles qui lui rappelaient son devoir. Elle souhaitait un époux qui la respecte pour ce qu’elle était, et non pas ce qu’elle représentait ; elle souhaitait être une épouse qui respecte son mari pour ce qu’il était, elle aussi.

Elle avait récupéré sa main, suite à un baiser qu’il y avait déposé. Chamboulée, les idées confuses et les joues écarlates, la princesse avait quitté le palais en compagnie d’un nouveau protecteur. La nouvelle allait se répandre bien assez tôt : La princesse de Cibella avait un nouveau prétendant.




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