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 De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité

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La Noblesse
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Martial de Bellifère
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Message Sujet: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMar 10 Oct - 12:56


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Séverine de Bellifère & Martial de Bellifère

De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité

Où Martial se dit qu’il y a un problème de fertilité au sein du couple ducal



• Date : 8 octobre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait lourd jusque dans le bureau du duc, le temps semble s’enliser dans cette chaleur.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : 7 mois depuis qu’ils se sont mariés, et toujours pas d’enfant en vue ! Suite à des murmures rapportés, Martial se décide de confronter son épouse à son infertilité que certains disent voulue.
• Recensement :
Code:
• [b]8 octobre 1002 : [/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2750-de-nobles-mensonges-ne-font-jamais-le-poids-face-a-celui-qui-cherche-la-verite]De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité[/url] - [i]Séverine de Bellifère & Martial de Bellifère[/i]
7 mois depuis qu’ils se sont mariés, et toujours pas d’enfant en vue ! Suite à des murmures rapportés, Martial se décide de confronter son épouse à son infertilité que certains disent voulue.



Dernière édition par Martial de Bellifère le Lun 16 Oct - 10:27, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMar 10 Oct - 12:58

Il faisait chaud, pour un mois d'octobre, en Bellifère. Une chaleur qui persistait depuis plus d'une semaine, un été qui ne voulait pas finir et s'accrochait de toutes ses forces à la capitale. Heureusement, les murs de pierre du palais ducal d'Hacheclair offraient à ses habitants une fraîcheur toute relative. Palais ducal qui ne brillait pas par son effervescence, à contrario de certaines fois : les couloirs en étaient curieusement calmes, comme figés dans un instant. Les tapisseries ne s'agitaient pas sous la brise qui rentrait, pourtant, par la fenêtre. L'air lourd, incongru, qui avait envahi le palais laissait tout le monde dans une torpeur presque dangereuse.
Tout le monde, même Martial. En ce début de mois d'octobre, perdu sur une lettre en provenance de son général, il s'enquérait en silence de l'avancement des combats, et des déplacement de ses troupes. Le front avec Outrevent, mince bande de terre où le sang coulait régulièrement, n'était pas la source principale de ses préoccupations.
Non, à dire vrai, le véritable problème, c'était l'organisation des hommes sur cette bande de terre, juste avant la limite des terres du Nord. Les dernières nouvelles qu'il avait reçu étaient engageantes : dans les rangs, on décimait plus qu'on ne se faisait décimer. Le Duché de la Guerre gardait ses lettres de noblesse, et, même s'il piétinait quelque peu, il survivait.

Piétiner n'était pas assez. Ce n'était pas une guerre de positions, que Martial voulait. C'était une guerre pour Bellifère. Un avancement pour son territoire, pour l'empire. Il voulait conquérir, s'illustrer. Ils avaient pris le contrôle sur une portion d'Outrevent, et ravis quelques fermes et forêts à Cibella. Ce n'était pas assez. Ce ne serait jamais assez, tant que le combat ferait rage.
Un jour ou l'autre, il lui faudrait aller au front. Mener ses hommes, comme il l'avait déjà fait lors de batailles sans envergure, au coeur des terres. Révoltes de certains, entraînements.
Il lui faudrait aller au front, se jeter corps et âme dans cette masse vibrante, sentir le sang gicler et tous, enfin, les faire plier.

Repliant la missive élégamment signée - depuis quand les hommes de guerre savaient-ils aussi bien tracer les boucles ? -, il la déposa sur la carte qui s'étendait, dans son bureau. Ici et là, des tâches la constellaient, encre et cire. Combien de nuits avait-il passé, en silence, à planifier les mouvements que ses troupes ne suivraient pas car il n'avait pas le pouvoir de leur commander ? Lui-même n'en avait pas la moindre idée.
Il devrait aller au front. Tôt ou tard. Et cette perspective l'emplissait de joie autant que d'appréhension.
Mais pour que Martial puisse quitter le palais sereinement, il lui fallait une descendance. Un gamin braillard, prêt à vomir sur ses nourrices et à hurler à plein poumons son désaccord. Un gone, quoi. l'assurance que, s'il ne revenait pas, la couronne revienne à un véritable héritier. Pas à Ermengarde, et encore moins à Séverine.
En parlant de sa femme... Il jeta un regard vers la porte de son bureau. Il l'avait faite mander, il y avait une dizaine de minutes maintenant, ici-même, pour l'interroger sur les rumeurs de couloir qu'il entendait.
Ca faisait sept mois, non d'un chien, qu'il s'évertuait chaque nuit à concevoir un héritier ! Et voilà que les domestiques, sur son passage, commençaient à chuchoter des histoires de stérilité volontaire... C'était tout du moins ce qu'on lui rapportait.
Assurément, il lui faudrait tirer tout cela au clair.
Rapidement.

Les portes s'ouvrirent sur elle et sa dame de parage, ainsi que l'homme qu'il avait envoyé pour la chercher.
"Laissez-nous."
Il ne s'était pas levé de son siège, avait à peine accordé un regard à son épouse. Elle était hypnotisante à bien des égards, comme le sont les plus dangereuses des fleurs carnivores.


Dernière édition par Martial de Bellifère le Mer 26 Sep - 9:28, édité 1 fois
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Séverine de Bellifère
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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMar 10 Oct - 17:52

La chaleur était difficilement supportable pour Séverine qui n'y était pas du tout accoutumée.  Engoncée dans une robe typiquement Belliférienne, elle croyait bien devoir mourir de chaud.  Certes, ses tenues avaient subi une amélioration considérable après le passage de Chasteté dans sa garde-robe, ce qu'elle avait accueilli avec beaucoup de gratitude, mais ça ne valait pas ses tenues Cielsombroises qui reposaient au fond de son garde-robe, bientôt en proie à être le goûter des mites et autres détestables bestioles.  Depuis sa petite révolte vestimentaire à Svaljärd où elle s'était un peu trop exhibée pour le bon goût de son tendre époux, la duchesse n'avait pas retenté l'expérience, outre lorsqu'elle était seule dans ses appartements et absolument certaine ne pas y être dérangée.  En vérité, depuis ses noces, l'astronome passait la plus grande majorité de son temps dans sa chambre, à regarder ses vieilles cartes du ciel.  Du moins, le peu qu'elle avait emmenée avec elle depuis Lorgol.  Le reste s'était perdu quelque part quand on lui avait emmené ses affaires.  Il n'était plus question de s'éloigner du palais pour aller observer les étoiles là où le ciel serait plus dégagé.  C'était précisément pour cette raison qu'elle haïssait plus que jamais Castiel.  Ce n'était pas seulement de sa liberté dont il l'avait privée, mais il lui avait aussi volé son rêve.  Ses rêves.  Ça, elle ne pouvait absolument pas lui pardonner, elle ne pouvait trouver assez de bonté en son cœur pour passer outre.  Qui l'aurait pu?

Elle était justement abandonnée à ces tristes réflexions quand Prudence vint les interrompre pour lui annoncer que son altesse le duc Martial la demandait à l'instant dans son bureau.  Tout de suite.  S'en était suivi une course contre la pendule pour changer les vêtements que portaient Séverine.  La dame de parage commençait à s'habituer aux divers nœuds des tenues du duché d'origine de sa maîtresse, mais elle n'était toujours pas assez vite.  Mais de toute façon, la Cielsombroise n'était ni pressée de revêtir ses tenues dites respectables, non plus de rejoindre son époux.  Elle était plutôt étonnée de cette sommation, ce n'était pas quelque chose qui était arrivé souvent et elle se doutait bien qu'il n'allait pas lui demander conseil à propos de la stratégie à opter pour la guerre, maintenant que les mages étaient de retour sur le front et qu'on ne pourrait plus avancer aussi facilement qu'un couteau s'enfonce dans le beurre.  Cette convocation était surprenante, mais surtout inquiétante.  Forcément, quelqu'un avait dû dire quelque chose contre elle.  Elle jeta un regard noir à la pauvre Prudence qui n'était responsable en rien de cette affaire et celle-ci prit cela pour une indication à faire plus vite.

Elles avaient dû se presser, pour ne pas faire attendre sa grâce trop longtemps et c'est le souffle un peu court et les joues rouges que Séverine entra dans les appartements de son époux, ce qu'elle commença d'abord en esquissant une révérence polie.  C'était lui le maître qui décidait et elle ne tentait pas de lui tenir tête.  La plupart du temps.  Il lui arrivait de ne pas réussir à se contrôler.  Elle aurait préféré que quelques témoins restent auprès d'eux, mais Martial avait congédié les servants et elle se retrouvait donc seule pour l'affronter.  Ce n'était pas de très bonne augure.

Elle resta debout devant la porte, attendant qu'il l'invite à s'asseoir ou prenne la parole, mais n'y tenant plus, sans faire un pas de plus, elle demanda : « Vous m'avez fait demander?  Puis-je vous être d'une quelconque utilité? »  Question futile.  La seule utilité qu'elle aurait jamais à ses yeux c'était de lui faire des enfants – ce qu'elle se refusait à faire pour le moment – et l'autre c'était peut-être de faire la belle à son bras pour que les gens le couvre d'honneur d'avoir enlevé une femme aussi charmante et invisible qu'un vieux meuble.  La vieillesse.  Cet homme la ferait très certainement vieillir beaucoup plus vite qu'il ne le devrait en lui causant tous ces soucis.  Cet horrible Castiel.  Le jour où elle lui mettrait la main dessus, elle lui ferait épouser une cruelle mégère.  Ça lui apprendrait à vouloir marier les gens qui n'avaient rien demandé.  Elle était très bien sans son titre de princesse cielsombroise.

Comme le guerrier ne la regardait pas, elle ne pouvait rien faire.  Elle voulait capter son regard, l'envoûter, mais elle sentait que ce n'était pas le moment.  Un courant électrique parcourait la pièce et elle avait le pressentiment qu'elle serait bien assez vite foudroyée sur place et qu'il vaudrait mieux ne pas pousser trop loin sa chance.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMar 10 Oct - 21:22

La carte sous ses yeux ne faisaient plus sens, tant la chaleur accablait le duc. Il la connaissait pourtant par coeur, cette carte d'Arven. Il aurait pu tracer les frontières de chaque duché sans hésitation, donner les noms des fleuves et des monts, voire même nommer les villes qu'il pouvait situer. Et sous ses yeux, là, malgré les lourds rideaux tirés pour lui assurer une fraîcheur illusoire, rien. La carte lui semblait aussi illisible qu'un vieux gribouillis après une soirée alcoolisée. Pas qu'il ait déjà gribouillé en sortant d'une célébration après avoir bu plus que de raison, mais il imaginait que la chose ressemblait à ça.
Au moins, tenter de se concentrer là-dessus, plutôt que sur sa femme - tentatrice, étonnante, une véritable guerre à elle toute seule - était une tâche tout à sa hauteur.
Il savait, Martial, que s'il croisait le regard de la duchesse, celle-ci comprendrait et saurait comment rétorquer. S'il croisait ses yeux, un instant à peine, il était perdu.
Il n'était pas faible, et quiconque affirmerait le contraire risquait de voir ses jours sérieusement diminuer de manière drastique. Simplement, il avait encore en lui cette impression, ténue, que certaines femmes pouvaient avoir raison. Il s'escrimait à s'en débarrasser, mais c'était plus dur que prévu. Et Séverine...
Séverine avait des arguments.

Mais aujourd'hui, son époux avait son agacement et sa colère avec lui, remparts naturels contre ses charmes. Il releva la tête pour la détailler, ses yeux s'attardant plus que de raison sur la courbe de ses hanches et de sa taille. Bien que la tenue qu'elle portât la flatta - selon des critères arbitraires basés sur le goût de Martial -, il ne fallait pas être devin ou médecin pour deviner que, sous le tissu, la peau de son ventre restait fine et ferme, tendue sur l'utérus plat et vide de toute vie.
"Je veux des réponses, madame, c'est aussi simple que ça."
Le ton était froid, presque militaire. Dénué d'intérêt. Il était en position de force, ici. Se calant un peu plus dans son fauteuil, la lumière filtrant derrière lui illuminant le visage de sa femme, il reprit.
"Je pense avoir été clair quant à votre statut, et votre place parmi nous. Ainsi que le rôle que vous occuperiez ici. "

Elle n'avait pas l'étoffe d'une duchesse de Bellifère. Oh, elle apprenait, bien sûr. Mais elle restait un combat, entier, à mener. Un combat dans lequel le duc se jetterait jusqu'à triompher. Il la ramènerait à ce qu'elle devait vraiment être.
"Or, ça fait sept mois. Tout le monde, tout Bellifère, se pose des questions. "

Appréciait-il le calme avant la tempête de sa rage qui allait éclater ? Oh que oui. C'était malsain et dévastateur. Il resta bien calé dans son siège, se retenant, jusqu'à la dernière minute. Enfin, ses yeux trouvèrent son visage, en suivant les courbes qu'il connaissait déjà par coeur.
"Sept mois, avec nos tentatives régulières, auraient dû aboutir à une grossesse. "
Le problème était posé. L'orage allait déferler, d'une seconde à l'autre, sur Séverine qui devait bien s'en douter. Le regard clair de son mari s'était teinté de gris sombre, annonciateur de l'énervement qui le prenait bien souvent.


Dernière édition par Martial de Bellifère le Mer 26 Sep - 9:29, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMer 11 Oct - 16:06

Elle lui aurait bien rétorqué que s'il voulait des réponses il devait d'abord poser ses questions, mais elle se mordit la langue pour l'empêcher d'aller plus vite que sa pensée : une pareille réponse aussi désinvolte lui aurait valu très certainement des représailles peu agréables.  Elle avait dû rapidement apprendre à contrôler ce qu'elle laissait échapper de sa pensée et ce qu'elle gardait pour elle.  Le plus simple était de n'exprimer aucune opinion plus développée que celles concernant l'état de la température.  Que de réflexions banales.  Elle l'avait bien compris, on n'avait pas besoin de lui expliquer.  Tout parlait autour d'elle.  Duché de femmes malheureuses.  Duché maudit.  Mais elle s'abstenait d'énoncer ce genre de constatations.  Ni même de les coucher sur papier.  Elle ne doutait pas un seul instant que tous ses courriers étaient interceptés et lus avant d'arriver à destination.  Probablement par plus d'une personne.  Toutefois, elle ne comptait quand même pas passer sa vie à être une sotte et à ne rien faire d'autre qu'enfanter. Parce que Séverine était intelligente.  Peut-être un peu trop pour son propre bien.  Si elle avait été un peu moins vive d'esprit, elle aurait pu s'adapter à son duché d'adoption, beaucoup mieux et plus vite.  Mais sa personnalité était telle, qu'elle ne pouvait entièrement se conformer à ce qu'on attendait elle autrement qu'en apparence.  Chassez le naturel et il revient au triple galop dit-on.  Elle faisait profil bas la jeune duchesse, elle savait que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire pour elle-même. Mais elle ne pouvait probablement pas dupé aussi bien son mari que le peuple Belliférien qui ne la voyait presque jamais.  Parce que de toute façon, elle n'avait aucune importance si ce n'était pour son ventre qui devait recueillir nombre d'enfants.  Ils pouvaient toujours courir.

Ainsi elle tressaillit à peine lorsque le discours se porta sur la place qu'elle devait occuper en Bellifère.  Elle l'entendait bien souvent, notamment de la bouche de Prudence.  Elle était bien gentille, mais elle avait le cerveau complètement lavé par les hommes barbares qui l'avaient élevée.  Dire qu'elle venait d'une très bonne famille tout en ayant des pensées aussi arriérées.  Néanmoins, elle ne voyait pas pourquoi le Duc lui-même tenait à le lui rappeler.  Ne se tenait-elle par à carreau?  Depuis Svaljärd, elle n'avait plus pris la liberté de porter autre chose que ses tenues de vieille nonne, elle ne parlait jamais quand des invités venaient au château, se tenait à l'écart de tout ce dont elle devait se tenir à l'écart.  Qu'avait-il encore à lui reprocher?  Considérant ses origines, son comportement avait été plutôt exemplaire jusqu'à présent.  Elle était astronome certes, mais cela ne lui permettait pas de décrocher l'une des deux lunes d'Arven non plus.  Elle ne pouvait pas faire de miracle.

Le choc fut plus ou moins grand quand le véritable nœud de la question fut enfin soulevé.  Elle prenait en cachette des herbes pour assurer que sa fine taille conserve ses proportions actuelles.  Sept mois déjà depuis leur mariage?  Il lui semblait que c'était mille ans plus tôt en réalité.  Le temps passait très lentement à Hacheclair pour elle qui était privée de tout ce dont elle aimait ou presque.

« Je ne sais que dire, je ne puis comprendre moi-même.  Vous voyez bien que je ne vous oppose aucune résistance dans l'accomplissement des devoirs conjugaux, » remarqua-t-elle en prenant soin de garder un air soumis.  Ah le salopard!  S'il croyait qu'elle allait se plier à ses quatre volontés.  Il l'empêchait de s'habiller comme bon lui semblait, elle ne pouvait pas observer le ciel à satiété, elle n'avait même pas un télescope.  Et lui, il s'attendait à ce qu'elle lui fasse des enfants alors qu'il ne répondait en aucun cas aux critères minimaux d'époux décent?  Elle chassa vite ces pensées de crainte qu'un air suffisant n'envahisse son visage et ne la trahisse.  C'était un jeu dangereux.  Elle n'avait signé aucun contrat avec lui, ni Ermengarde, ni Castiel.  Elle n'était que la victime du sort et elle n'allait pas se résigner aussi facilement.

« Il arrive que certains époux ne jouissent pas dès le début de leurs noces de la bénédiction de Maari.  Je n'aurai pas l'audace de prétendre que je puis aller à l'encontre de la décision des dieux. »  Elle n'en dirait pas plus tant que son époux n'aurait pas parlé.  Ses phrases étaient déjà trop longue malgré tout l'accent de servilité débile qu'elle mettait dans son ton.  Elle venait d'entrer sur le champ de bataille avec Martial et elle ne pouvait pas perdre cette guerre.  Elle ne comptait que sur sa silhouette et sa beauté pour attirer le duc dans ses filets.  Lui offrir un héritier serait sûrement un moyen de l'entourlouper un peu plus, mais elle ne le fascinait encore pas assez.  Une fois sa descendance assurée, il partirait pour le front diriger ses armées, elle en était certaine.  Et il y avait un risque qu'il ne meurt au combat et dans l'état des choses, tous lui refuserait la régence du duché à la place de son enfant.  Elle avait des chances de faire fléchir Martial dans sa haine de Castiel, mais s'il s'agissait d'un inconnu qui prenait sa place, c'était raté.  Et cela pourrait même remettre en question l'avenir de l'enfant.  Elle était réfléchie dans ses décisions.  Elle devait songer à ce qui était le plus avantageux pour elle.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMer 11 Oct - 21:07

Au moins, son épouse avait fait un effort dans sa tenue. Les robes indécentes, en soi, choquaient Martial et n'auraient du rester que privées. Il était vrai qu'elles offraient à sa vue des parties du corps de Séverine admirables... Mais si lui pouvait les contempler, il devait bien être le seul. S'exhiber de la sorte aux yeux de tous l'aurait, lui, fait mourir de honte. Faire montre de son sein publie que la bête est à louer, après tout. Il ne comprenait pas. D'un point de vue général, il ne comprenait pas Sombreciel, trop éloigné. Erebor était une curiosité, presque alliée, pour Bellifère : Anthim était plus proche de lui que le duc du duché des armes ne l'était de Castiel, bien qu'aucun lien ne les unisse. Non, vraiment, Sombreciel et ses idées, ses parures et ses terres, son duc, ce n'était pas pour Martial.

Il eut la vision, fugitive, de sa douce Madeleine au corps à peine recouvert, dans une des robes que sa propre femme avait une fois osé revêtir, et son sang commença à bouillir dans ses veines. Il espérait que Castiel, au fin fond de sa folie décadente, n'avait pas osé dépouiller sa cousine de sa vertu et de toutes les valeurs béllifériennes qui l'habitaient en la forçant à enfiler ces bouts de tissus vainement attachés ensemble.
Cette rage ne fit que se rajouter à celle qui couvait déjà, alors qu'il n'écoutait pas réellement les réponses de sa femme, trop occupé à effacer de son esprit l'image de sa soeur d'âme pervertie. Ses doigts se mirent à tapoter sur le bois de ses accoudoirs.
Il allait exploser. Etait-ce vraiment la faute de Séverine, à ce stade-là ? Ou bien l'avait-il convoquée sciemment en sachant qu'il allait s'énerver, et qu'il avait besoin de quelqu'un pour passer cette colère ?

"Vous m'assistez dans les devoirs conjugaux avec une dévotion bien à vous." fit-il remarquer. Il l'avait connue, à leurs débuts, plus joueuse. Plus fière, aussi, moins encline à se plier. Elle comprenait, doucement. Mais il y avait encore quelque chose en elle qui fascinait Martial, et il en avait peur.
Attendre, encore un peu.

La dernière phrase fut celle de trop. Son front, alors lisse, se fit sombre et plissé. Ses yeux se plantèrent dans ceux de son épouse, cherchant à y déceler l'hésitation qui révélerait la vérité.
"Peut-être ne priez-vous pas assez Maari, en ce cas." déclara le duc sèchement. "Ou peut-être vous soustrayez-vous à sa juridiction volontairement."
C'était dit. C'était sorti. Alors que sa voix s'élevait, et qu'il se soulevait du siège où il s'était installé, enfin la fureur caractéristique du duc de Bellifère s'expulsait hors de son corps, hors de contrôle.

"On nous a rapporté que vous preniez nombre de simples et poudres avant chacune de nos entrevues de nuit. "
Il accusait, Martial. Plein de suffisance masculine et d'incompréhension, il accusait, attaquait de front. Peu importe ce qui en sortirait, de toute manière, Séverine ne pouvait pas lui tenir tête. Il la dompterait, peu importait comment ou en combien de temps. Il se tenait droit derrière son bureau, désormais, les yeux étincelants de rage.

"Peut-être que vous vous pensez maligne, à tromper les autres. Que vous mentez et trichez sur votre état, que vous gardez votre ventre plus sec que nos plaines en été. "



Dernière édition par Martial de Bellifère le Mer 26 Sep - 9:31, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyJeu 12 Oct - 15:40

Prier Maari?  Séverine ne jurait que par Valda.  Il l'avait privé de sa déesse.  De son ciel.  Séverine ne rendait pas service aux autres par bénévolence.  Fussent-ils même son époux.  D'ailleurs, si elle respectait d'une certaine manière Martial, ce n'était pas assez.  C'était un fin stratège, il avait de l'esprit, mais il l'utilisait mal jugeait-elle.  Ce n'était pas en essayant de la contraire qu'il obtiendrait ce qu'il désirait.  Elle refusait de se couper les ailes simplement parce qu'elle était née en tant que femme.  Et encore moins pour un homme qui ne l'aimait pas et qui ne la considérait à peine plus qu'un objet.  Si elle pouvait prendre les insultes sans ciller extérieurement, elle bouillait à l'intérieur.  Elle n'haïssait pas son époux.  C'était plus compliqué que cela.  Il devait se marier.  Castiel lui piquait la princesse Erebienne et lui en proposait une autre en échange.  Les femmes du rang étaient plutôt restreintes, il n'y avait pas vraiment beaucoup d'autres choix pour une meilleure union.  Non, la cible principale de sa haine, c'était Castiel et pas l'homme qui l'avait enlevée.  Elle le méprisait parce qu'il était beaucoup trop misogyne, parce qu'il n'arrivait pas à voir tout l'avantage qu'il pouvait gagner à l'instruire sur des choses qui comptent.  Pas sur l'arrangement floral et l'art de la broderie.  Ça allait bien aux sottes, pas à elle.  Elle ne voulait pas prendre une place particulièrement importante dans sa gouvernance du duché, c'était ennuyant et elle n'en tirerait aucun intérêt.  Non, ce qu'elle voulait c'était qu'il reconnaisse son intelligence et s'en serve.  Elle avait beaucoup à lui apprendre, mais il ne lui en laissait pas la chance.

Non, ce n'était pas important tout ce qu'elle pouvait accomplir pour le mieux de tous, tout ce qui comptait c'était qu'elle se dépêche de porter un héritier comme un vulgaire animal.  Elle ne le désirait pas.  Elle n'était pas prête à détruire sa jeunesse et ses rêves parce qu'on l'avait vendue comme du bétail.  Et le duc devrait l'apprendre.  Elle n'était pas du genre à plier sur tous les points : il y avait certaines choses qui comptaient plus que d'autres et ça.  Monsieur Martial ne serait écouté d'elle que lorsqu'il aura fait sa part des choses et il ne semblait pas vouloir le faire bientôt.

Elle accepta l'accusation sans se laisser ébranler.  Elle mettrait la main sur les domestiques qui avaient osé laisser échapper de pareilles rumeurs à son sujet.  Elles étaient vrais toutefois.  En partie tout du moins.  Elle ne les prenait pas le soir avant qu'il ne vienne visiter sa couche, mais plutôt le matin, sous l'excuse d'une tisane.  Elle finit simplement par laisser échapper un rire, bien malgré elle.  Un rire jaune.

« Ces rumeurs sont sans fondements.  Contrairement à ce que vous puissiez penser, je ne suis pas sotte.  N'y a-t-il pas qu'en vous faisant la grâce de vous offrir un héritier que je pourrai ne serait que m'illustrer un peu?  Mon moment de gloire éphémère. » Sa voix se fait suave et basse.  Elle n'ose pas confronter directement le duc : ça n'avait jamais été une excellente idée par le passé et elle ne comptait pas particulièrement se forcer à vivre ce qui s'en suivrait si elle poussait le bouchon trop loin.  Néanmoins, elle s'était tenue tranquille beaucoup trop longtemps, elle avait trop enduré.

« N'essayez-vous pas en m'accusant de pareille duperie, en vous appuyant seulement sur des racontars, de vous épargner la crainte que le problème ne vienne de vous? »  Oui c'était pas de s'en prendre à la virilité d'un homme.  Mais Séverine n'était pas à une bassesse près au cours de son existence.  Elle leva un regard, prête à soutenir celui de l'homme auquel on l'avait mariée.  Elle n'avait pas peur de lui.  Du moins, elle essayait de s'en convaincre.  Insinuer qu'il était peut-être stérile, c'était tout de même risquer gros.

« Vous ne pouvez prétendre que je ne fais point d'efforts.  Je ne suis pas exempte d'écarts, mais je me plie autant que possible aux traditions de ce duché où l'on m'a catapulté sans me demander mon avis.  Et quoi que vous en pensiez, j'avais le droit d'avoir une opinion avant que vous ne procédiez à mon enlèvement. »

Maintenant, c'est elle qui était en colère.  Elle essaiyait de l'assourdir et de ne pas la laisser exploser, mais c'était vraiment le comble.  Elle haïssait sa vie en Bellifère et toutes les humiliations quotidiennes à laquelle on la soumettait.  Elle travaillait si fort pour tirer partie de la situation tout en se pliant, se montrant obéissante, se taisant.  C'était lourd à supporter.  Elle comprenait enfin le plein sens des poètes lorsqu'ils se disaient être des oiseaux en cage.  Prisonnière de son propre corps qu'elle devait toujours contrôler pour ne pas laisser sa pensée transparaître.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyVen 13 Oct - 13:15

Séverine vouait-elle ses prières Maari ? Son mari n'en avait strictement aucune idée. Rien à faire, également. Peu importait à qui celle-ci portait son attention, lors de prières. Peu importait à qui ses mots se destinaient, quand ils n'échappaient pas ses lèvres. Peu lui importait, à Martial, qu'au fond d'elle-même Séverine priât pour des dieux dont il ne connaissait pas le nom, des dieux oubliés par tous. Il s'en fichait complètement, car il n'y songeait même pas. Elle avait beau être duchesse, ses croyances ne devaient sûrement pas influer sur la divinité.
Il lui sembla, un instant, que ses mots avaient fait mouche. Un léger tremblement de ses lèvres, une souplesse verbale qu'elle laissait échapper,rire, mais peut-être le rêvait-il. Oh, que c'était délicieux de savoir qu'elle aussi, allait exploser ! La colère, le désespoir, enrageaient le duc autant qu'ils fouettaient son sang et son intérêt, que ce soit chez lui ou chez lez autres. Il trouvait qu'une femme, telle que celle qui était sienne, se révélait véritablement dans la douleur et la rage, la hargne et l'envie bafouée. La lueur guerrière qui naissait au fond de leurs yeux le transportait littéralement.
Il aimait qu'elles le haïssent, elles, inférieures ! Il les aimait, car, à leur manière, elles n'étaient rien de plus que des guerres à gagner. Des forteresses à prendre, contre lesquelles il se lançait à l'assaut.

Un frisson contrôlé le parcourut sans que sa voix ne flanche quand leurs yeux se rencontrèrent. Acier bleuté contre sol puissant. Cette femme le ferait mourir, un jour, à soutenir son regard avec autant de rage, et, oh, ses mots s'y mettaient ! Plaisir. Amusement.
Rage.
De quel droit se laissait-elle aller à s'énerver contre lui, et à le montrer ? Autant qu'il appréciait la situation, il s'en révoltait. Et cette révolte mentale repoussait la peur de la maladie. La peur qu'il ait, au final, quelque chose qui le mènerait indubitablement à la mort. La peur qu'il ne soit pas en parfait état, parfaite condition physique, qu'il ne soit pas le duc que tous attendaient. Qu'il ne soit pas à la hauteur. Assurément, s'il ne pouvait enfanter, il entacherait à jamais le trône ducal de Bellifère.

"Osez-vous me prétendre stérile ? " cracha-t-il, son amusement brillant comme un venin. Il était de ceux qui s'amusaient de leur énervement. "Sachez que je suis parfaitement vigoureux et en état de vous donner des enfants. Venant d'une cielsombroise, cet argument a une valeur de mauvaise plaisanterie ! "
Son rire, masculin, amer, fut porteur de tout, avant que son poing ne s'abatte sur le bois du bureau, le faisant trembler. Le bois portait déjà des traces de précédents accès de colère.
"Le problème ne peut venir de votre mari, il ne peut venir de moi ! "

Il penserait, tout de même, plus tard à consulter. Juste pour être sûr. Mais partir maintenant, et l'ennemi dans ce combat aurait gagné.

"Toute opinion que vous aviez, vous ne l'avez plus, madame. Elles passent par moi, désormais. Et si d'aventure il vous venait à l'esprit d'aller à contre-courant de la pensée de votre duché, gare ! "

Une idée traversa son esprit. Il quitta sa place derrière le bureau, se dirigeant vers la porte en soufflant profondément. Qu'elle se taise. Juste un peu.
"Je n'en ai pas fini avec vous."
Il entrouvrit la porte, jetant un oeil dans le couloir. Avisant un soldat posté devant une porte voisine, il lui fit signe d'approcher. "Toi, là. Je veux que tu ailles me chercher ton chef, et que tu le ramènes ici. Compris ? "
Il était grand temps pour une petite fouille. Et le duc voulait être présent lorsque les mensonges tomberaient.  


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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyDim 15 Oct - 3:58

Elle jubilait intérieurement de voir qu'elle avait si bien touché.  Oh oui, il pouvait bien faire mine de ne pas être affecté par l'idée, de la trouver complètement dérisoire, mais Séverine avait appris à lire un peu les états de son époux.  Elle ne pouvait prétendre le comprendre.  Elle ne le désirait pas plus que dans la mesure où cela lui serait utile, par ailleurs.  Toutefois, certaines expressions, certains plis du visage en disait plus qu'il ne le voulait.  Elle ne pouvait que reposer sur ce genre de signes pour tenter de tirer parti de sa situation.  Ce qui était plus que peu évident, il fallait définitivement l'admettre.  La tâche n'était pas facile, mais pas impossible non plus.  Castiel espérait sûrement qu'elle soit avalée par cette nouvelle vie et que par conséquent elle oublierait ses désirs de vengeance.  Or un n'obstacle n'était qu'un obstacle.  Il ne mettrait jamais fin à la guerre et si elle n'avait pas d'armée à lancer contre lui, elle briserait petit à petit cette énorme muraille dont il se servait comme bouclier.  Même si cela devait durer pendant des années.  Elle n'aurait de repos que lorsqu'elle verrait son cousin brisé.  Détruit.  Irréparable.  Comme il l'avait laissé elle, à la mort de ses parents, en lui arrachant tout ce qu'elle avait en plus de faire d'elle une orpheline.  Et s'il croyait réussir à briser ce qui restait en elle de détermination en la mariant et en la mettant sous la juridiction de l'homme le plus machiste de tout le continent – mais cela semblait être une maladie contagieuse en Bellifère -  il se trompait lourdement.  Et s'il avait pu voir cette scène entre les deux époux, il l'aurait su.  Plus que certainement.  Elle se sentait presque triomphante.  Ce n'était presque rien pourtant, mais c'était aussi tout à la fois.  Il fallait qu'elle déstabilise ce garçon blond.  Qu'elle trouve ses failles.  Qu'elle s'y immisce et prenne toute l'espace.  Jusqu'à ce qu'elle entre dans sa tête, devienne la petite voix qui guide ses décisions.  Celle qui lui dira comment détruire leur ennemi commun.  Oh!  Elle savait qu'il était colère de l'enlèvement de Madeleine.  Et il comprendrait un jour qu'elle était son meilleur allié pour récupérer cette sœur tant aimée.

C'est le poing tombant de sa tendre – si tendre – moitié qui tira Séverine de ses songes euphoriques dans un léger sursaut.  Ce n'était pas la première fois qu'elle était témoin de la violence de Martial.  Elle n'éprouvait pour lui cette crainte pour rien.  Pour le moment, il ne s'en était pris qu'à la table, mais rien ne lui garantissait que son tour ne serait pas le prochain.  Oh, il ne frapperait pas son visage : il serait tout de même peu honorable de présenter une duchesse aux joues boursoufflées, mais ça ne l'empêcherait pas de lui faire mal ailleurs, là où ses robes ne laisseraient personne ne le voir.  En vérité, Séverine soupçonnait que plus qu'en raison d'une pudeur dérisoire, les Bellifériennes devaient porter ces tenues pour masquer les mauvais traitements auxquels elles étaient assujetties.

Son mouvement vers la porte la fit tressaillir, mais elle le masqua autant qu'elle le put.  Martial avait une certaine emprise sur elle, mais dès qu'elle le lui laisserait savoir, ce serait la fin.  Elle gardait ce visage impassible et se tenait droite là où elle était depuis le début de cette entretien.  Elle fut un peu surprise qu'il envoie chercher quelqu'un.  Cela ne lui signifiait rien de bon.  Elle avait un mauvais pressentiment, mais elle ne pouvait pas laisser la guerre être gagnée par l'ennemi.  Il avait eu la victoire sur beaucoup trop de batailles jusqu'à présent.

« Vous semblez fort enjoué à l'idée de laver votre linge sale en public.  Que ferez-vous quand vous verrez que vos soupçons sont infondés?  N'y voyez-vous donc aucune honte?  Le souverain tout juste monté sur son trône montre déjà son incapacité à gérer sa maisonnée? » fit-elle lorsque l'homme interpellé fut parti : elle ne prendrait pas la chance de parler en public, trop dangereux.  Elle arqua le sourcil droit avant de secouer la tête en signe de dénégation.  Non, ça ne pourrait pas se passer comme ça, très certainement.  Elle ne savait pas ce qu'il prévoyait, mais Séverine gardait ses secrets bien cachés.  Il serait bien futé celui qui trouverait où elle cachait ses réserves d'herbes pour ne pas se trouver obligée d'enfanter.  Encore plus celui qui pourrait les identifier comme telles.

« Vous valez plus que cela. »  Elle avait hésité à prononcer son nom, mais avait finalement opté pour ne pas le faire.  Provoquer était une chose.  Il n'était pas nécessaire de le faire jusqu'à ce qu'il ait envie de lui mettre une raclée.  Séverine, comme la plupart des personnes saines d'esprit, n'aimait pas particulièrement être violentée et souffrir.

« Un jour, il sera trop tard pour réaliser que votre meilleur allié dans l'ombre aurait été moi.  Dois-je vous rappeler les événements à Svaljärd?  Vous ne devriez pas me traiter en ennemi. »  Elle n'ajouta pas que s'il était duc désormais, c'était aussi grâce à elle.  C'était inutile et il ne le reconnaîtrait jamais, elle le savait.  Mais il pouvait se rappeler qu'elle avait été brave et avait honoré Kern en guidant les nobles en fuite.  Ça n'avait pas empêché la mort de l'impératrice, ni la blessure de l'empereur, mais au moins l'héritier du trône était encore en vie.  Sur fond diplomatique, elle s'était gagné les affections de la duchesse de Valkyrion et celle de la fille de l'empereur.  Si Madeleine avec était là, elle aurait profité de l'occasion pour approfondir leur relation.  Ne réalisait-il pas tout ce qu'elle pouvait apprendre de ces différentes relations?  Ces secrets qu'il pourrait utiliser?  Mais pour l'instant, il ne méritait pas qu'elle lui apporte son aide dans les coulisses.  Elle n'avait jamais désiré le titre de duchesse, ni le pouvoir.  Mais elle pouvait lui servir sans que personne ne le sache.  Et il s'y refusait catégoriquement.  Ce qui était totalement idiot à son avis.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyDim 15 Oct - 20:28

Martial ne s'arrêta pas. La fureur en lui, la malsaine sensation qu'il avait raison, qu'il pouvait gagner, le poussait à s'escrimer pour trouver où faire mal. Comment faire pour qu'enfin, cette confiance qu'il sentait en Séverine s'efface. Comment faire pour qu'elle se plie, qu'elle avoue, termine à genoux en le suppliant de s'arrêter ?
Elle ne réagissait pas, et ça le tuait. Elle ne semblait pas affectée par la toute-puissance dont son mari se parait, voulant lui prouver à quel point, lorsqu'elle le poussait ainsi dans ses retranchements, il pouvait user et abuser de cette autorité. Elle ne semblait pas être affectée, pire, semblait ne pas lui accorder la moindre considération.
Comment osait-elle ? Comment osait-elle simplement ne pas trembler devant ce qu'il pouvait lui faire, devant ce qu'il retenait de lui déchaîner dessus ? Elle n'était qu'un fétu de paille qui serait balayé dès que l'ouragan le frapperait. Elle n'était qu'une femme.
La sienne, mais une femme.

Refermant la porte derrière lui, il jeta un regard vers sa dame, son regard ne faiblissant pas. Il rencontra son visage, sa poitrine se soulevant au rythme de son souffle. Gonflée de hargne qu'il s'efforçait de tempérer. "Il ne s'agit pas de montrer mon incapacité à vous retenir, mais juste de détromper le peuple..." Les détromper ou les conforter. Pourquoi n'avait-il donc pas enlevé une Belliférienne qui serait cloîtrée dans sa chambre à cet instant, à attendre de mettre au monde un enfant ?  

Il s'approcha d'elle, les yeux ne pouvant se détacher d'elle. Hypnotique. Dangereuse. Il aurait pu tomber dans son piège, mais il avait le sentiment d'y échapper. De parvenir, doucement, à la dompter. La colère était toujours là, mais elle se mettait à refroidir, se muant en quelque chose de plus pervers et sournois. "Ni avec moi, ni contre moi." fit-il en souriant froidement. "Peu importe le bord que vous choisissiez, vous n'aurez aucun poids. Me pensez-vous stupide ? "
Un soupir. Une hésitation. N'importe quoi ! Il voulait voir dans ses yeux sa victoire. Qu'elle comprenne. Qu'elle se laisse, qu'elle succombe. Pas aujourd'hui.
"Et quand bien même j'en viendrais à vous reconnaître comme une alliée potentielle... Je n'y aurai aucun intérêt. Vous n'avez pas la moindre expérience qui puisse m'être utile."
La porte s'ouvrit sur le chef de sa garde, accompagné de deux gardes, et Martial écarta son regard et son corps de la démone qui lui servait de femme.

"Vous avez requis notre présence, votre Grâce ? "
Rectifiant légèrement sa tenue, se sachant loin de l'intimité que lui procurait le bureau, il ne pouvait pas se laisser emporter par le mélange de haine et de fascination qu'il ressentait en lui.
Hésitation. Infime. Minime. Presque invisible. Mais il ne reculerait pas. Il trouverait.
"Fouillez les appartements de votre duchesse, ici présente. Maintenant. Uniquement vous trois. "
Ton froid. Il ordonnait, le duc, et il sentait qu'il avait une prise presque plus forte sur elle que sur eux... Mais c'était forcément une impression. Mauvaise impression.
"Si vous voulez bien nous suivre, ma dame. Vous pourrez ainsi nous observer à l'oeuvre."  Oh, qu'il était moqueur ! Qu'il était mesquin ! Il ne s'énervait plus, mais était à la limite de jubiler.


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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyJeu 19 Oct - 17:26

Elle ne mordit pas à l'hameçon.  S'il éprouvait le moindre doute quant à elle et ses motivations, c'était qu'il ne pouvait pas la retenir. Autrement, il la saurait suffisamment en son pouvoir pour que l'idée de croire des rumeurs ne lui traverse pas l'esprit.  Elle était Cielsombroise.  Sa taille restait fine et élégante.  Forcément, les gens croiraient qu'elle s'empoisonnait le corps pour maintenant sa jolie figure.  C'était presque le cours naturel des choses.  Non, s'il faisait une crise à ce sujet, c'était bien parce qu'il savait que l'esprit de sa femme lui glissait entre les doigts, que tout comme l'eau, il ne pouvait pas la saisir pour s'en emparer complètement.  C'était un fait indubitable et Séverine ne comptait pas laisser les choses se changer plus que cela.  Oh, elle se plierait aux us et aux coutumes de son duché.  Les habitants de ceux-ci la méprisaient déjà en raison de ses origines et ce n'était pas avec la haine du peuple contre elle qu'elle arriverait à quoi que ce soit de valable dans son existence.  Elle souffrait donc en silence, ne partageant ses doléances qu'avec Prudence, une fois plus ou moins certaine d'être à l'abri des oreilles indiscrètes.  Et encore, elle se gardait de partager avec elle certains secrets qu'elle était persuadée qu'elle ne pourrait garder pour elle.  Autant la duchesse avait commencé à éprouver de l'affection pour sa dame de parage qui était devenue sa seule amie au palais, autant elle savait qu'elle ne pouvait pas se montrer absente de toutes réserves avec elle.  Elle lui était fidèle, mais plus encore à son duché et sa couronne ducale.  Certaines choses, elle n'oserait pas les dire.  D'autres, elle la dénoncerait forcément à Martial, directement ou en passant par sa grand-mère Ermengarde.  C'était pour cette raison d'ailleurs que même si elle était celle même qui préparait les concoctions de Séverine le matin, elle n'avait aucune idée de ce dont il s'agissait réellement.   Elle croyait naïvement que c'était un simple tonique.  Et Séverine avait pris soin de ne pas la détromper à ce sujet.  Un tonique pour une taille de guêpe.

Être sous-estimée elle-même par Martial l'embêtait.  Elle n'avait pas encore trouvé le moyen de lui montrer qu'elle pourrait lui être utile.  En même temps, elle n'en avait pas souvent l'occasion, coincée comme elle l'était au palais ducal comme un chien en cage.  Qui pouvait-elle espionner?  Le cuisinier?  Il avait très certainement des informations cruciales sur la façon de diriger les troupes contre l'armée fae.  Puis, elle ne voulait pas le renseigner là-dessus.  Séverine était manipulatrice, soyeuse et fourbe.  Ce n'était peut-être pas vraiment les qualités que l'on recherchait pour choisir son épouse, mais cela pouvait se montrer utile.  Surtout quand on était à la tête d'un duché doué pour la guerre.  S'il refusait tant de la  considérer comme une alliée potentielle, eh bien elle se tournerait vers quelqu'un d'autre pour offrir ses services.  Elle ne manquait pas de charme la jeune femme et s'il ne voulait pas les garder pour lui-même, ça n'était pas son problème.  Fidèles en mariage les Cielsombrois?  Oui, mais quand ils avaient choisi l'autre parti.  Non, pour Séverine, si elle en avait l'occasion sans risquer de se faire décapiter – parce que c'était probablement le châtiment qui l'attendrait pour même avoir d'aussi odieuses pensées – elle n'hésiterait pas.  Martial n'était pas un amant dénoué de charmes – il fallait lui reconnaître cette qualité – mais il était beaucoup trop stricte quant à l'aboutissement de l'acte et elle n'était absolument pas d'accord avec lui à ce sujet.

Elle allait lancer une réplique lorsque l'homme envoyé revint en compagnie de deux autres : en public, il valait mieux se taire.  Elle était capable de s'attaquer à l'orgueil du jeune duc lorsqu'ils étaient seuls, mais elle ne compterait pas sur la chose en compagnie.  Comment une femme osait-elle parler ainsi à leur homme, supérieur au reste du monde?  Non, elle savait tenir sa langue en bonnes circonstances.  Elle ne pousserait pas son époux plus loin que les limites le lui permettraient.  Et ce n'était pas très loin.  Elle avait déjà fait fort ce jour-là.  Peut-être trop.

Le plan se dévoilait donc.  Il prévoyait donc fouiller sa chambre.  Elle retint un rire moqueur.  Croyait-il vraiment qu'elle était assez stupide pour cacher des choses compromettantes dans ses propres appartements?  Elle avait vécu pratiquement comme une fugitive depuis que ses parents avaient été pris par la couronne en raison de leur coup d'état raté.  Elle était habituée à faire profil bas et cacher ses secrets avec soin.  Non, s'il comptait découvrir le pot aux roses dans sa chambre, il se trompait d'endroit où fouiller.

« Si vous vouliez m'accorder votre bras Sire, je ne suis qu'une pauvre femme, » répondit-elle en masquant presque complètement l'ironie de ses propos.

Elle suivit le cortège en silence.  Oh, ils trouveraient sûrement des choses choquantes dans ses affaires.  Tous des cadeaux de Castiel qui avait trouvé fort pertinent de lui envoyer quelques présents pour ses noces fabuleuses.  Essentiellement certaines choses qui choqueraient leur pauvre âme de Belliférien.   Des cadeaux typiquement cielsombrois. Que diraient-il lorsqu'ils tomberaient sur l'édition collection du Petit Mirta Illustré?  Voudraient-ils y mettre le feu ou la teneur de l'oeuvre les distrairait-elle de leur mission?  Elle se régalait déjà à cette idée.  On ne pourrait lui reprocher d'avoir conservé les cadeaux envoyés par un autre duc.  Il n'était pas de sa position de les refuser.

Elle ne broncha pas lorsqu'on ouvrit les portes de ses appartements, alors que Prudence, qui l'attendait à l'extérieur et les avait suivi, se tordait les mains d'angoisse.  Elle ne savait pas pourquoi on fouillait les appartements de sa dame.  La blâmerait-on si on trouvait quelque chose d'incriminant?  Séverine était certaine qu'elle s'adonnait à ce genre de pensées.

« J'espère que vous trouverez ce que vous cherchez.  C'est-à-dire que je suis une bonne petite épouse et que vous pourrez rassurer les Bellifériens quant à leur duchesse dite frivole et inconvenante, » murmura-t-elle à l'intention seule de son époux.  Oui, il pouvait bien contrôler ses actes, mais jamais il ne contrôlerait sa pensée et ses désirs.  C'était une promesse qu'elle s'était faite.  Ne pas être amoureuse de l'homme y contribuait.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyVen 20 Oct - 22:24

Il réussirait, le duc, à sauver son honneur et la réputation de son duché ! Il réussirait à s'occuper de sa femme, de celle qui aurait pu être l'objet de son affection. Aurait pu. Il ne savait pas encore comment ça marchait, comment un couple pouvait se construire entre deux personnes si radicalement différentes. Il ne voyait pas comment Juste - souvenir idéalisé au coeur de sa mémoire - avait pu former une union avec Ermengarde.
Et pourtant. Pourtant, ils avaient su le faire ! Sauf qu'Ermengarde savait comment procéder, elle ! Elle savait se distinguer, gérer. Elle était, aux yeux de son petit fils, la seule qui avait su s'asseoir avec dignité sur ce trône qui était désormais sien.
Ce dont Séverine ne serait jamais capable. Martial le savait. Cette fouille ne ferait que prouver qu'elle était soumise à sa merci, à ses envies, et à cet environnement où tout lui criait de se taire et de baisser les yeux pour accepter.
D'ailleurs, c'était bien ce qu'il se passait. Depuis l'arrivée de son chef des gardes du palais, elle n'avait presque pas décroché un mot.
Une once de plaisir, malsain, traversa et enflamma sa colère sourde. Si elle pouvait se taire comme ça, garder le regard embrasé et ses lèvres closes, elle serait si belle... La pensée, incongrue, le fit se questionner. Par tous les dieux, mais qu'est-ce qu'il avait avec ça, en ce moment ?

Il n'eut pas le temps d'approfondir la question, puisqu'elle lui prit délicatement le bras avant de se laisser aller à son propre rôle. Il ne lui allait pas, mais elle saurait s'y faire. Elle devrait s'y faire. Un jour viendrait où elle demanderait son bras car elle serait arrivée à la conclusion qu'une duchesse ne se ballade pas sans protection dans les couloirs, même ceux de sa demeure.

Ils cheminèrent jusqu'aux appartements de Séverine. Les murs étaient de la même pierre que le reste et, si tout semblait bien rangé, Martial savait que ça ne durerait pas. Une fois les portes refermées derrière eux, les hommes se mirent au travail après que le duc les aient informés de lui ramener toute chose suspecte à leurs yeux, et potentiellement dangereuse pour l'avenir du duché. Pas pour la duchesse, il ne fallait pas exagérer.
Chaque recoin, chaque malle. Le lit fut défait, la forme dans les draps inspectée.
Martial se tenait droit, alors que ses hommes exhibaient en se retenant de le questionner toutes les tenues de son épouse.
Si l'on pouvait qualifier de tenue le leste déshabillé fluide, le jupon léger de tulle ou, pire, ces morceaux de tissus avec beaucoup trop d'ouvertures...

"Croyez-moi, rien qu'en voyant cela, le peuple sait qu'il ne se trompe pas sur vous." Les mots étaient vicieux. Ils se coulaient, paresseusement.

Martial vit passer une sorte de sous-vêtement, bien trop léger pour être utile. En fait, les Cielsombrois étaient le peuple des vêtements inutiles, c'était bon à savoir.
"Votre Grâce ? Nous avons localisé une quantité d'objets contondants qui pourraient blesser ... la duchesse."
Il haussa un sourcil, avant de voir lesdits objets.

Et, il le jure, sur ses joues, ce ne fut pas une rougeur provoquée par l'émoi ou par les images qui commençaient à envahir son esprit, mais bien par la colère de se retrouver face à ce genre de situation.
Et de se retrouver muet, un instant.
Elle le ferait mourir.
"Continuez de chercher." finit-il par lancer, ses joues légèrement teintées... Par la rage, bien entendu.




CE BÉBÉ EST MORT À L'APOCALYPSE.
(Je suis fun, joie et amour)


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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMar 24 Oct - 17:35

Ce petit remue-ménage dans sa garde-robe ne ferait pas de mal à ses pauvres tenues, délaissées au fond des penderies, abandonnées la poussière.  Séverine souffrait en silence de voir ses pauvres vêtements malmenés par ces hommes.  N'avaient-ils pas honte de toucher ainsi ses sous-vêtements?  Si on lui avait interdit les décolletés plongeants et les robes particulièrement moulantes, elle continuait de porter ses beaux jupons de dentelles et de soie.  Il était hors de question qu'elle sorte sans se savoir présentable une fois les affreux habits – elle exagérait, sa garde-robe s'était nettement améliorée depuis la visite de la Madame de Bellifère qu'elle se plaisait encore à recevoir quand cela semblait convenable – nous disions donc, une fois ses robes jetées au sol par son amant.  Seul et unique amant depuis des mois déjà.  Ça commençait à manquer un peu de changement et Prudence…  Prudence étant ce qu'elle était, assortie à son prénom, cela manquait véritablement d'excitation pour la pauvre Cielsombroise recluse.  Dire qu'elle devait se montrer fidèle à un homme qui cherchait à l'humilier… pour le simple plaisir de la chose.  Elle ne se laisserait pas avoir.  Pas tout de suite.  S'il croyait que la guerre allait se terminer par cette fouille… ce n'était que le commencement.  Cela n'empêchait toutefois pas qu'elle songeait en son fort intérieur qu'il faudrait qu'elle fasse laver le tout.  Impossible de porter cela dans les conditions actuelles.  Ils pouvaient être fiers de fournir du travail supplémentaire à ses caméristes.

« Fort heureusement, le peuple ne voit pas ces tenues, cadeau du duc de Sombreciel, » répondit-elle sans ciller.  On ne pouvait pas lui reprocher d'avoir gardé les présents offerts par une autre tête couronnée et risquer d'offenser le donneur en jetant les paquets.  Qui plus est, elle ne les portait jamais.  Sauf dans l'intimité de sa propre personne.  Ou quand elle se sentait joueuse et tentait d'affrioler Martial. Ce qui n'arrivait plus très souvent.  L'affection entre eux était à un niveau si plat qu'il n'y avait rien d'intéressant à efforcer de se faire belle pour un amant manquant autant de passion.  Outre celle patriotique demandant un héritier pour le trône.  N'était-ce pas d'ailleurs la raison pourquoi ils étaient là?  Elle l'avait presque oublié.

Elle dû d'ailleurs se retenir de ne pas s'esclaffer lorsqu'ils tombèrent dans leurs fouilles, sur le coffre renfermant tous les petits cadeaux un peu plus spéciaux de la part de Castiel.  Tout droit issu de Sombreciel et probablement acheté dans la meilleure boutique.  Son cousin était un imbécile sur tous les plans.  C'était beaucoup trop beau et le rouge sur les joues de son époux, son si cher époux, l'emplissait d'une certaine satisfaction.  Si elle n'avait pas ses affections, au moins elle avait encore un certain pouvoir sur lui.  Dusse être-t-il celui de le mettre en colère.  C'était toujours mieux qu'absolument rien.

« Un autre cadeau de mon cher cousin.  Il est si attentionné, n'est-ce pas? » déclara-t-elle de façon à ce que seul le duc ne puisse l'entendre, profitant de son instant potentiel de surprise pour contre attaquer.  Elle n'allait tout de même pas assister à la scène sans rien dire.  Ça aurait été trop ennuyant et céder trop de terrain à son pauvre, pauvre mari.  Condamné au bras d'une catin.  C'était probablement ce qu'il songeait.

« J'ai cru bon de ne pas refuser ce présent, de crainte de faire tache aux relations nouvellement établies entre Sombreciel et Bellifère.  Ce serait vraiment dommage de ruiner les efforts de votre cousine Madeleine par un manque de délicatesse à l'égard de son époux.  Mais peut-être désirez-vous que je leur fasse l'annonce que j'ai point eu le temps de m'en servir, vos ardeurs suffisant à me satisfaire? » demanda-t-elle, toujours à voix basse, sur un ton très calme.  Elle retenait toujours un fou rire et il lui était difficile de se concentrer et rester sérieuse.  Cette fouille finalement lui plaisait beaucoup plus que ce qu'elle aurait tout d'abord pu penser.

« Très cher, ne seriez-vous pas un peu fiévreux?  Votre visage est d'une rougeur inquiétante!  Dois-je faire appeler un médecin? » ajouta-t-elle un peu plus haut, de façon à ce qu'on l'entende dans la pièce.  Théâtrale, elle se risqua dans un geste faussement timide à toucher du dos de la main le front sous les cheveux blonds.  « Votre front est chaud messire, êtes-vous mal? »








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyJeu 26 Oct - 23:22

Si seulement tout Bellifère pouvait voir la décadence qui s'étalait présentement sous les yeux de Martial, il s'insurgerait et irait peut-être jusqu'à vouloir se débarrasser de la duchesse. Enfin non, c'était hautement improbable, et le duc aurait à s'occuper des gens qui, comme lui, avaient de gros doutes sur la cielsombroise. Il y avait, bien sûr,  des points positifs à leur mariage: elle était loin d'être hideuse, même s'il ne l'avouerait jamais, et peut-être aurait-il pu prendre du plaisir à leurs ébats s'il n'était pas aussi focalisé sur la conception. Peut-être. Il ne laisserait pas une femme lui dicter comment faire, par contre. Au vu du manque de sang lors de leur nuit nuptiale, et du fait qu'il n'était pas stupide, il avait bien entendu parler des moeurs des voisins du sud, il se doutait bien qu'elle n'avait, Séverine à la taille toujours si fine, jamais eu d'enfants.

Ce qui voulait dire qu'elle était maîtresse dans l'art de les éviter. Et qu'il n'avait donc, d'elle, aucun ordre sur la procréation à recevoir. Elle pourrait parler quand elle aurait fait ce pourquoi il l'avait enlevée, et pas avant. Non mais.  Et qu'on ne vienne pas lui parler de tout ce qu'elle cachait dans sa suite et que les gardes continuaient d'exposer à leurs yeux !

Oh, il se doutait bien que certains de ces présents venaient de son homologue. Il se doutait bien que Castiel - et le nom allumait en lui une forme de haine et d'envie de meurtre inassouvie, la seule rancoeur qu'il gardait en lui pour causes politiques - avait voulu prouver au couple ducal qu'il... Disons-le, veillait presque sur eux. Veillait pour mieux les humilier. Comme si Martial n'y connaissait rien. Bon, après, ce n'était pas totalement faux, mais personne n'avait à le savoir, et surtout par l'homme que le jeune duc exécrait le plus au monde. Surtout pas.
"Quelle... Fantasque attention de sa part." répondit-il les dents serrées.

Et puis elle mentionna Madeleine. Les efforts de sa cousine, vendue à un homme qui avait du effectuer un simulacre d'enlèvement. La rage revint en lui, alors que la gêne provoquée par l'exhibition indécente s'atténuait un peu. Une rage tout au duc de Sombreciel, encore et toujours, teintée par l'absence. Il n'avait pas écrit à Madeleine depuis longtemps, et, si on lui apprenait nombre de nouvelles officielles, il en était presque à la bouder, comme un enfant.
Elle lui manquait, affreusement.

Une main sur son front le fit revenir à la raison, alors qu'il avait légèrement divagué. Douce, presque tendre, s'il n'y avait eu la voix qui l'accompagnait et où, il était sûr, chaque mot était destiné à prouver le manque d'emprise. Comme s'il ne trouvait rien, par ici.
"Tout va très bien, madame." fit-il sèchement, se saisissant de sa main avec autant de délicatesse qu'il le pouvait pour la laisser aller. "Nul besoin d'un médecin. "
Du moins, pas pour ce problème-là. "Ce n'est que la chaleur qui règne dans votre chambre. On y étoufferait facilement. " Ne pas poser les yeux sur les vêtements ostensiblement étalés là. Ne pas avouer que, tel un jeune homme innocent - quand avait-il déjà été innocent ? - il entrait bien trop facilement en émoi, là où les autres hommes étaient forts. Encore un travers de son éducation qu'il lui faudrait s'efforcer de corriger. Faible, il l'était encore.
"Que trouvez-vous ? " demanda-t-il en se tournant vers le capitaine qui, à son air désolé, était visiblement entrain de se demander si Martial ne perdait pas la tête un peu.
"Rien, vôtre Grâce. A part..." Il eut un geste équivoque vers le tas de vêtements. "Et nos fouilles touchent à leur fin."
Réprimant un grondement, et se passant la main sur le visage, il maugréa : "Gardez l'oeil ouvert. "


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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptySam 28 Oct - 19:21

Finalement, ce qui aurait pu être un véritable cauchemar devenait une agréable partie de plaisir pour la pauvre Séverine qui devait retenir ses envies de rire.  À quand remontait la dernière fois qu'elle avait éprouvé autant d'amusant?  Elle n'arrivait pas à s'en souvenir.  Depuis les événements en Valkyrion, elle n'avait guère eu le temps de se réjouir.  Pourtant, elle n'avait que cela, du temps sur les mains.  Elle brodait, on lui avait appris quand elle était enfant, comme l'éducation d'une dame l'exigeait.  Néanmoins, elle trouvait l'exercice d'un ennui mortel et l'on pouvait trouvé dans ses coffres, sur ses divers cerceaux de broderie quelques œuvres entamées, mais pas un mouchoir terminé.  Quant à la tapisserie… Elle ne voulait pas y penser.  Son coup de crayon était toutefois plutôt avisé et elle avait un certain talent à le manier, c'était nécessaire afin de tracer ses cartes célestes, mais elle avait accès à bien peu de modèles et il était d'un ennui mortel de ne faire des paysages ou natures mortes.  Un nu aurait été le bienvenu, mais même au nom de l'art et de la science, on ne lui autoriserait jamais de se rabaisser à une telle vulgarité.  Elle en était certaine.  Ce qui était fort dommage.  Elle aurait pu faire un excellent portrait de Martial à afficher au-dessus de son lit.  Pour éveiller leurs appétits à la confection d'un futur héritier.  Enfin, oubliant le résultat qui était l'héritier lui-même.  La nouvelle duchesse était loin d'être prête à déformer sa silhouette parfaite pour un homme qui ne la traitait pas avec tout le respect qu'elle méritait.  Ou croyait mériter, selon certaines mauvaises langues.  Il pouvait encore courir.

Et visiblement, il était hors d'haleine.  Ils avaient beau fouiller la chambre, ils ne trouvaient rien d'incriminant.  Elle pouvait sentir que Martial perdrait rapidement patience à ce rythme.  Ce qui était dommage, c'était qu'il ne trouverait bien.  Après des mois passés à se dissimuler et à intriguer pour renverser un duc, elle savait se montrer prudente dans ses moindres faits et gestes.  Considérant qu'elle était dans un duché de misogynes en puissance où tout ce qu'on attendait d'elle, c'était de mettre au monde une ribambelle d'enfant, elle n'était tout de même pas assez bête pour faire l'erreur de cacher ceci et cela dans ses propres appartements.  Autant appeler le diable à lui tomber dessus et l'emmener brûler au bûcher.  Le voir ainsi bredouille dans sa perquisition amusait fortement Séverine.  Elle était presque triste qu'il ne reste plus rien à fouiller.

« Vous voyez bien que je ne cache rien de ce que vous supposiez ici sire, » lâcha-t-elle devant le désordre dans lequel était désormais sa chambre.  Elle n'avait aucun sentiment ni remord pour les pauvres servantes qui devraient s'occuper ranger cette pagaille.  Seulement un plaisir fou à la mine confuse des gardes qui ne se remettaient toujours pas de certaines de leurs découvertes… troublantes.

« N'est-ce pas là assez pour vous prouver de ma bonne foi? » demanda-t-elle en tendant vers lui un visage angélique derrière lequel se cachait un air triomphant.  S'il croyait la coincer aussi facilement!  Toutefois, elle devrait se montrer prudente pour les prochains jours.  Elle ne doutait pas qu'on la surveille et on pourrait soupçonner quelque chose.  Elle aurait ses moyens.  Au besoin, elle blâmerait la servante en charge de lui préparer ses tisanes.  La noble parvenue n'éprouvait aucune réticence à utiliser les autres pour s'ouvrir la voie.  Qu'était-ce qu'une simple soubrette sans ambition et sans valeur en comparaison de ses propres objectifs?

« Je n'ai point de plus grand désir que de me soumettre aux responsabilités inhérentes à ma condition, malgré mon opinion naturelle peut-être quelque peu divergente.  Je n'ai point l'intention de vous donner motif à vous plaindre de moi, » ajouta-t-elle d'une voix suave et mélodieuse.  Elle aurait dû se sentir humiliée par cette fouille, elle pressentait d'ailleurs que c'était ce qu'on attendait d'elle, mais elle ne ressentait aucune gêne.  Sinon une grande fierté.  Elle avait tout même traversé l'Académie en sous-vêtements pendant sa jeunesse, ce n'était pas si peu qui la ferait trembler.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyLun 30 Oct - 21:21

C'était définitif, mais Martial pouvait sentir que, sur Séverine, il n'avait quasiment aucun pouvoir. Strictement rien. Elle lui échappait comme s'échappaient dans le ciel les nuées poussées par le vent. Métaphore poétique, là aussi indigne de son esprit: les circonvolutions et détours du langage n'étaient pas pour les hommes de Bellifère, tout comme la soumission et le respect du patriarcat, des êtres qui étaient physiquement et mentalement supérieurs à elle n'était pas pour l'esprit de sa femme. Mais ça s'apprenait, pas vrai ? Les femmes étaient faites pour ça, sinon ça ferait longtemps que les bellifériennes se seraient révoltées ; de plus, jamais on n'en avait entendu une se plaindre, a contrario de bon nombre de femmes de duchés plus lâches avec elles. Bellifère était donc à la pointe de l'enseignement des femmes, nul ne pourrait convaincre Martial de l'inverse. Et les cas isolés, celles qui fuyaient, celles qui se perdaient, étaient sans pitié oubliées ou traquées.
Séverine, elle aussi, devait apprendre les règles de ce monde, cette culture que, désespérément, elle semblait repousser, ce besoin intrinsèque de combattre son époux sur tous les fronts - bataille fougueuse qui allumait en le duc des envies de passions meurtrières - et de perdre inlassablement. Elle devait apprendre à se rendre, car jamais il ne le ferait de lui-même.

Le désordre s'apaisa. Ne resta plus, entre les couvertures jetées à bas du lit, les robes éparpillées et les divers objets, qu'un sentiment de désolation et de vide. Plus rien, du tout. Il n'y avait, dans toute la pièce, que les différents objets - cadeaux empoisonnés - qui auraient pu, éventuellement, porter préjudice. Et les différents travaux de broderie, avec leur matériel. Décidément...
Dans son regard, l'orage commençait à revenir. Douloureux. Dangereux. Et l'autre, l'inutile fardeau féminin qui semblait irradier d'une joie à l'humilier ! Voilà qu'elle se sentait fine, et importante, et puissante, bien sûr, à exhiber qu'elle n'avait rien à se reprocher !
"Sortez." lança-t-il d'un ton coupant aux gardes qui, sentant venir l'orage, se fendirent d'une courbette avant de s'éclipser.

En d'autres temps, d'autres circonstances, Martial aurait été satisfait de ne rien trouver. De voir qu'elle acceptait en un sens de plier. Mais était-ce le dépit de ne pas trouver matière à se satisfaire, de se sentir acculé face au regard perdu de son capitaine des gardes, d'être pris pour une vaste blague? Il y avait des paillettes de regret dans son regard, quand il se posa sur elle, qui disparurent bien vite, noyées par l'énervement.
"Vous vous pensez si intelligente ? " questionna-t-il en se penchant vers elle, l'écart entre leurs regards s'amenuisant. Sa voix se mit à enfler, tumulte dans le silence désordonné de la chambre.
"Vous pensez qu'ils ne se doutent pas, tous, au-dehors, que vous êtes peu disposée à vous plier à ces coutumes ? Vous pensez, folle que vous êtes, pouvoir échapper aux règles naturelles que le corps d'une femme doit suivre ? Tu penses vraiment que sous ce toit, dans ce monde qui est désormais nôtre, tu pourras avoir ne serait-ce qu'une once de pouvoir sans te plier à ses commandements ?!"

Le tu lui avait échappé, brûlait ses lèvres et enflammait sa gorge. Ses doigts s'étaient refermés sur le bras de la brune, sans pour autant réussir à se détourner d'elle. Hargne et fureur, mais il ne pouvait pas se détacher. Elle était une forme de triomphe à elle seule qui l'attirait, qui le répugnait et l'exacerbait à faire pleuvoir sa fureur.
Il n'avait plus de mots. Juste le mélange explosif de ses sentiments, ses doigts qui enserraient son avant-bras, presque trop fin et délicat. Juste l'incompréhension de ce qu'il était.  
Ses yeux se posèrent sur les vêtements au sol, les livres, les distractions. Tout. "C'est terminé. Tout ça." parvint-il à articuler. S'il devait faire de sa duchesse une duchesse emmurée, jusqu'à ce qu'elle apprenne sa place, ainsi soit-il.


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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyVen 3 Nov - 14:57

Elle se trouvait intelligente et savait qu'elle l'était.  Elle n'avait pas peur de l'entendre lui dire le contraire, cela ne ferait en aucun cas changer son opinion.  Il serait futé celui qui réussirait à la manipuler par la répression et les mauvais traitements. Elle se retint de répondre à voix haute à cette interrogation : son regard voulait tout dire.  Elle soutint son regard et ne chercha pas à s'écarter alors qu'il s'approchait de plus en plus de son visage, mêlant leur souffle.  Dans une autre scène, dans un autre monde, peut-être que son cœur se serait mis à battre et à s'affoler, mais pas cette fois.  Elle était d'un calme de glace et elle tréssailla à peine.  Elle n'avait certes pas gagné la bataille, mais elle savait qu'elle gagnait indéniablement cette bataille.  Les conséquences seraient probablement drastiques, mais elle ne pouvait attendre en silence que le destin ne l'avale dans une marée incontrôlable.  Elle tiendrait le fort aussi longtemps qu'elle en serait capable.  Longtemps elle espérait.  Qu'il utilise un pronom familier en s'adressant à elle ne lui échappa point.  Elle l'avait acculé dans un coin.  S'il y avait quelque chose de satisfaisant à cela, puisque c'était une forme de victoire totale, elle regrettait toutefois d'avoir autant réussi à pousser dans ses retranchements celui qui était devenu par le cours des choses son époux : elle savait très bien qu'elle en paierait cher le prix.  Après tous ces mois, s'il était impossible de dire qu'elle s'était vraiment rapprochée de Martial au point de le comprendre complètement, elle pouvait deviner tout de même un peu ce qu'il pensait, prévoir comment il agirait avec elle. Pas toujours, ni dans la précision, mais juste assez pour être capable de lire un mauvais présage sans être lectrice des destinées ni astrologue.  Les derniers mots échappés par le nouveau duc laissait subodorer la suite.

Elle ne doutait pas un instant qu'il serait capable de lui pourrir réellement la vie rien que pour la faire plier.

Quitte à perdre les dernières miettes de sa liberté, Séverine songea qu'elle pouvait frapper encore plus fort.  S'avançant d'un pas, éliminant toute la distance entre leurs deux corps, elle plongea son regard dans le sien, le chercha tandis qu'il contemplait l'entièreté de ses possessions étalées aux quatre coins de la pièces.

« Vous n'obtiendrez jamais rien de moi par la force.  Privez-moi de tout ce que je possède, de tout ce que j'aime.  Allez-y.  Vous croyez me connaître assez pour savoir où frapper pour me faire mal? »

Elle s'écarta et lissa les pans de sa robe dans un geste qu'elle espérait digne.  Il faisait tout simplement trop chaud pour qu'elle reste aussi près de l'homme.  Elle avait besoin d'un prétexte pour s'écarter, autrement il pourrait croire qu'elle avait peur de lui et de ce qu'il pourrait bien lui faire.  Remettre de l'ordre dans sa tenu était une excuse fort pâle, mais c'était à peu près tout ce qu'elle pouvait trouver de quelque peu cohérent.  À moins de prétendre un évanouissement, mais elle avait en sainte horreur les femmes qui minaudaient de la sorte.  C'était des enfantillages de gamines et elle avait depuis longtemps passé l'âge de pareilles sottises.  Au moins, il était assez notoire qu'une femme de son rang et de sa beauté se montrerait trop souvent coquette.

Une fois sa tenue en ordre – bien qu'elle l'était déjà pour commencer – elle posa à nouveau son regard sur son belliférien d'époux.  Elle le materait bien un jour celui-là.  Un pas à la fois, elle apprivoiserait cette bête sauvage.  Pour le moment, la méthode douce et la complaisance ne semblait guère porter ses fruits.  Quitte à en prendre cher, autant faire l'essai de nouvelles approches.

« Vous avez tellement peur d'être pris pour un faible que vous passer à côté de la cible.  Je vais te dire moi la vérité que tu essaies de te voiler.  Oh?  Pas de tu?  J'avais cru un instant que nous étions devenus assez intimes pour abandonner le vouvoiement, » déclara-t-elle sur un ton pédant.  Si ça n'avait pas été inutilement dangereux, elle aurait ajouté un petit arrogant.  « Si vous étiez amoureux de moi, et que c'était réciproque, ce serait tout autre chose.  Je n'ai pas la naïveté de croire que cela pourrait arriver un jour.  Je ne suis pas celle que vous désirez et ce mariage n'est qu'une mascarade politique qui convenait en raison d'une guerre qui s'éternise.  Je ne suis pas assez sotte pour croire que sans cela je me retrouverais dans ce château. » Elle prit une pause pour ménager son effet.  Elle anticipait les réactions de Martial.  « Mais dans la situation actuelle, je suis celle qui vous faut et vous avez tout simplement trop peur de l'avouer.  Je n'ai pas la vertu de votre cousine, mais je suis tout au moins aussi intelligente qu'elle.  En tout cas assez pour remarquer ceci : vous ne vous satisferiez jamais d'une boniche incapable de penser.  Et vous devrez l'admettre un jour.  Castiel croyait faire un bon coup en m'envoyant ici et il attend probablement que je lui envoie une missive pour le supplier de faire quelque chose pour moi.  Il se trompait.  Et vous aussi, et cruellement, si vous croyez que je ne ferai pas tout ce qu'il faut pour garder cette place à laquelle on m'a mise?  Vous voulez voir un héritier?  Méritez-le d'abord.  Car il viendra, vous pourrez en être sûr.  Votre pouvoir, je n'en veux pas.  Vous ne m’appâterez pas avec pareille bassesse. »

Elle avait prononcé cette tirade dans un souffle, dans la crainte de se voir interrompue par Martial.  Oh elle savait qu'elle prendrait cher, elle s'y attendait.  Elle n'avait même pas réussi à dire tout ce qu'elle avait envie de cracher, dans sa précipitation.  Ce n'était pas sorti aussi percutant qu'elle l'aurait désiré.








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMer 8 Nov - 21:06

Etait-il faible ? Martial, honnêtement, se posait cette question au fond de son esprit. Loin, derrière tous les préjugés, derrière tout ce qu'il avait appris, tout ce en quoi il croyait, il y avait une interrogation qui subsistait, et ce depuis qu'il avait pris conscience du comportement que ses jeunes années lui avait forgé. Un caractère de lâche, d'homme presque silencieux, cloîtré dans ses incertitudes et la peur. Un caractère façonné par une femme qui se voulaient homme sans le revendiquer - comment expliquer, autrement, avait-il appris à penser, la force d'Ermengarde à la tête du duché ? -, mais toujours façonné par une femme, ce qui signifiait plus de failles exploitables. Plus de crevasses qu'il ne voyait que trop tard, par lesquelles l'ennemi était susceptible de s'engouffrer. L'ennemi était-il Séverine, réellement, cependant ?
Pour l'heure, sa colère et son empressement à tenter de rattraper une once de contrôle sur une situation sur laquelle il n'avait aucun pouvoir lui soufflaient que oui. Pour l'heure, elle était l'opposant, l'assaillant doucereux, et d'une manière ou d'une autre il arriverait à lui faire payer. Il ne laisserait pas ses mots l'atteindre. Il s'emmurerait d'idées et de convictions aussi épaisses que les murs d'Hacheclair, ferait de son esprit une forteresse imprenable pour qu'elle aussi glissât sur lui comme il semblait glisser sur elle.

Il n'avait pas prévu la suite. N'avait pas prévu qu'elle s'approche, que sa main relâche un peu son emprise sur le bras féminin. Esprit imperméable, songea-t-il, tentant de ne pas laisser les mots se glisser entre les interstices de sa colère. Volonté de fer, besoin ne pas se laisser distraire. Et pourtant... Pourtant, il la laissa s'éloigner de lui, s'apprêter comme la chose futile qu'elle était. Pourtant, les mots résonnèrent aux portes scellées de sa réflexion. Un Belliférien, auteur militaire et fin stratège, avait bien dit que si l'on se connaissait soi-même et que l'on connaissait l'ennemi, il n'y avait aucune raison de craindre le résultat de la bataille; qu'en revanche, si l'on ne se connaissait que soi-même, pour chaque victoire remportée, on souffrait également d'une défaite.
Et il ne pouvait pas perdre, pas vrai ? Jamais, réellement, en sept mois de mariage, n'avait-il pris le temps de tenter de la comprendre. La force brute, ça marchait jusqu'à un certain point, et la femme qu'elle était, peut-être, répondrait plus à son emprise et se laisserait mieux apprivoiser s'il essayait un jour de la comprendre.
Un jour.

Mais maintenant, juste maintenant, il avait laissé une faille, en lui laissant entendre une familiarité avec laquelle ils n'étaient, tout deux, pas coutumiers. Un tu mal placé qui aurait pu révéler bon nombre de choses sur comment Martial de Bellifère, homme parmi les Hommes, voyait celle qui lui devait respect et obéissance. Et, bien sûr, elle l'avait exploitée cette brèche. Pourquoi le laisser passer ?
Et là où lui combattait avec les actions, elle, elle brandissait des mots, ranimait la flamme de l'animosité d'une simple remarque, réussissait à lui donner envie de la corriger alors que, quelques moments auparavant, il considérait la possibilité d'apprendre à la connaître, que la hargne laissait la place à de la curiosité cachée sous un déni profond de l'être même qu'elle était.

La brune duchesse laissa un silence, mais il n'eut pas le temps de rassembler toutes ses idées, car les mots mêmes venaient à manquer. Il était sans arme, nu sur le champ de bataille, et elle chargeait, fielleuse. Porteuse de ce qu'il aurait pu prendre pour la vérité, s'il  n'était pas décidé à ne pas l'entendre. Sa femme croyait le connaître ! Quelle bonne histoire.  Et il s'arracherait la langue et se brûlerait les yeux avant d'admettre qu'elle avait, dans ses mots, une forme de stratégie qui lui semblait bonne.

Un silence le fit tenter de parler. Et il parla. Dans un souffle. Il parla, ironique, presque désabusé. Une faille de plus. "Parce que vous croyez encore que nous pouvons nous permettre l'amour ? "
Parce que vous croyez, vous, que l'amour existe encore ?
Il la regarda, ses mains peinant à ne pas se jeter dans une bataille. Il ne devait pas laisser de traces. Il ne devait pas la marquer. Elle avait dit que la violence, la privation, ne lui ferait rien, mais était-elle sérieuse ? Il se dégagea du poids de son regard, commençant à arpenter la pièce. Fureur. Nervosité ?

"Moi, avoir peur ? " Ses yeux étaient fous, littéralement, sautant d'un endroit à l'autre, d'elle à ses vêtements, aux objets au sol. Il n'avait pas peur ! "C'est mal me connaître. Je n'ai pas peur de me dire que vous avez une place dans ma vie, place que vous n'avez pas, si ce n'est comme ventre." Le mot était lâché, mais il n'y croyait pas. Il n'y avait pas la verve bélliférienne dans ce mot. Etait-elle plus ?
"Ce n'est pas le pouvoir que je vous tends, c'est d'être celle que l'on attend que vous soyez. C'est... " Les mots le fuyaient, traîtres. Et toujours cette colère, cette impuissance ! Il était démuni, et tentait de le cacher. "C'est d'être ma femme, puisque vous êtes coincée dans cette position. Je ne démens pas vos potentielles qualités de duchesse. Mais elles n'ont aucun sens ici. Vous n'êtes pas mienne pour ça. " Il n'osait plus croiser ce regard qu'elle devait chercher. Elle gagnait, et c'était insupportable d'avoir une part de lui prêt à lui céder ne serait-ce qu'une macro-victoire.

Et ses mains qui commençaient à trembler ! Fallait-il donc qu'elle le rende si faible, face à de simples mots ? Il avait du mal à penser. Sa forteresse, aussi imprenable qu'Hacheclair, n'avait pas tenu. Il avait laissé des failles. Il avait tout laissé éclater. Peste soit de cette femme qui voulait asseoir sur lui un quelconque contrôle ! Il se dirigea vers les portes, mais il n'eut pas la force de les pousser. Pas encore.
Il ne voulait pas s'avouer vaincu, car le combat n'était pas loyal. Car elle était une femme, et qu'il était un homme. Qu'elle était sa femme, qu'elle se rebellait. Ce n'était pas un combat, mais une insurrection.
"Si d'aventure il vous prenait l'idée saugrenue de parler de ceci à quiconque, sachez que je ne vous le pardonnerai pas. Je ne peux vous sanctionner par la force, mais il n'y a pas que la force qui puisse tenter de vous contenir. "

Ce n'était pas une victoire, mais ce n'était pas non plus une défaite. Alors pourquoi restait-il ? Martial se retourna, ses yeux cherchant la forme de celle qu'il pensait haïr en cet instant.
"Quoi qu'il en soit, retenez que je ne reculerai devant rien. J'ai trop attendu pour accéder à ce trône qui m'a été trop longtemps refusé pour que vous et vos prétentions ne fragilisent mon pouvoir. " Dans son regard bleu acier, bien qu'elle ne puisse sûrement pas le voir, s'affrontaient la colère qui faisait trembler ses doigts sur la poignée, et l'impatience. "Cet héritier ne sera pas votre gloire, j'en suis sûr. Mais il sera la gloire de son duché. "
Vous ne le serez pas, voulut-il ajouter, mais c'était faux. La naissance d'un héritier mâle apporterait à Séverine un moment historique où elle figurerait. Brèvement. Mais elle y figurerait.
Sauf que, bien sûr, ce n'était pas ce qu'elle voulait, il en était certain.


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Séverine de Bellifère
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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyLun 13 Nov - 15:56

Elle attendait qu'il lève la main sur elle.  Elle ne croyait pas qu'il s'en empêcherait pour la simple raison qu'elle prétendait que cela ne la ferait jamais plier.  Elle était beaucoup plus lucide qu'il le croyait et si elle tentait de faire la forte tête, elle tremblait en réalité à chaque qu'elle provoquait un peu trop son époux.  Cette fois, elle était allée loin, très loin.  Elle méritait cette correction qu'elle anticipait et elle le savait.  Pourtant, le coup ne venait pas.  Elle tentait de cacher son interrogation, ses questionnements.  C'était une habile dissimulatrice Séverine.  Elle avait passé les derniers mois à se cacher, à occulter aux gens ses sentiments et ses objectifs.  Elle continuerait à le faire devant son époux.  Car comme il le disait si justement, ni elle comme lui ne pouvait se permettre un sentiment aussi trivial que l'amour.  Oui, par le passé, Séverine avait songé avec certaine romance à certains hommes, quelques femmes.  Elle avait envisagé un jour se marier avec quelqu'un.  Être heureuse.  Après avoir rendu la monnaie de sa pièce à Castiel.  Mais celui-ci non content d'avoir rendu la jeune femme orpheline, de l'avoir dépouillée de ses titres, l'avait condamnée à une vie où elle ne connaîtrait certainement jamais la félicité conjugale.  Elle n'haïssait pas Martial.  Pas vraiment.  Ce n'était pas de sa faute toute cette situation.  Il n'avait pas exactement choisi lui non plus d'épouser Séverine.  Il avait besoin d'une femme, elle était une princesse disponible.  Voilà, il le disait bien.  Il lui fallait un ventre pour assurer la descendance de la lignée.  Elle n'était pas disposée à le lui donner cet héritier.  De toute façon, même si elle arrivait à l'avoir cet héritier, elle finirait par le perdre.  Une chute dans les escaliers ferait le travail.  Ou même, simplement réussir à le provoquer assez pour qu'il la frappe.  Elle supposait qu'elle pouvait y arriver.  Le rôle qu'il lui donnait, elle n'en voulait pas.  Pas tant qu'elle serait en aussi mauvaise position de force.

« Mes prétentions?  Je n'ai qu'une prétention depuis plus de deux ans déjà et c'est de voir Castiel souffrir au point où il ne sera plus jamais lui-même.  Pourquoi croyez-vous qu'il aie pris le risque de me donner des titres de princesse du jour au lendemain et de m'envoyer devenir la duchesse d'un autre duché? »

Ce n'était certainement pas pour redorer le blason familial et lui faire réparation.  C'était bien parce qu'il savait que seulement en Bellifère, mariée à un homme d'influence qui lui lierait pieds et mains, Séverine ne pourrait pas lui nuire.  Mais il se trompait.  Elle lui montrerait que jamais il ne pourrait échapper à sa vengeance.  Elle n'avait toujours que désiré lui enlever son pouvoir et le transformer en homme du commun, lui faire perdre toute crédibilité.  Malgré la haine qu'elle éprouvait à son égard, une part d'elle-même songeait qu'ils étaient l'un pour l'autre tout ce qui leur restait de famille vivante.  Ils partageaient, en plus de leurs différends, le même sang.  Ce lien ténu qui le liait à elle s'était brisé quand il l'avait vendue comme de la marchandise.  Un vulgaire morceau de viande.  Elle lui montrerait à quel point il s'était trompé, elle lui ferait regretter.  Son visage se crispait et rougissait sous l'effet de la colère.  Celle-ci n'était nullement dirigée contre Martial toutefois, mais il avait éveillé en elle des sentiments véhéments.

« Je n'ai pas besoin de vous pour savoir que sera cet héritier.  Et croyez-moi, peut-être que jamais personne ne se souviendra du nom de sa mère, mais moi je saurai et cela me suffit.  Votre pouvoir vous l'avez et tout le peuple vous est favorable.  Personne ne vous blâmera point mettre au monde d'héritier, l'on rejettera naturellement la cause sur moi, la Cielsombroise scandaleuse.  Et même si je devais m'arrondir, ne croyez pas que je me méprends à propos de ce qu'on racontera de moi.  On cherchera toujours dans les traits de l'enfant une preuve de mon infidélité à votre égard. »

Elle haletait sous l'effet de la colère.  Elle savait que sa situation était sans issue.  Elle savait que seule la naissance d'un fils lui ferait gagner ne serait-ce qu'un peu de respect de la part de son époux, mais elle s'y refusait.  Elle espérait encore pouvoir fuir cette vie qui ne lui seyait guère.

« Lorsque vous êtes venus m'enlevée, je vous ai demandé de tuer Castiel.  Mais il s'est contenté de vous résister mollement et nous sommes partis sans insister.  J'étais sincère et tant que ce… ce couard siègera sur son trône doré, je n'aurai point de répit. »

Elle s'était dévoilée plus qu'elle ne l'avait désiré sous l'effet de la rage qui faisait palpiter le sang dans ses veines.  Elle bouillait de colère et elle darda son regard noir dans celui de son époux.  Ses lèvres tremblaient et son visage avait perdu toutes ses couleurs.

« Je ne vous nuirai pas sciemment, mais… » Elle ne termina pas sa phrase.  Ça ne servait rien.  Lui être utile?  Il ne lui en reconnaissait pas la capacité.  Elle n'avait rien sur quoi s'appuyer pour le faire pencher en sa faveur, pour trouver un terrain d'entente commune.  Elle poussa un long soupir qui en disait beaucoup sur ses états d'âme.

« Pas un mot de cette entrevue ne quittera cette pièce.  Même vos gardes doivent être trop secoués par ce qu'ils ont vu pour être capables d'en échapper un seul mot. »

Elle lui aurait demandé de la laisser maintenant, mais elle savait que les allées et venues dans sa chambre de son époux ne dépendait pas de son bon vouloir.  Elle alla se laisser tomber sur l'une des bergères et posa sa tête dans sa main, les yeux fermés.  Ce n'était pas une victoire, mais ce n'était pas une défaite.  Combien de temps joueraient-ils encore à ce jeu?








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Message Sujet: Re: De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité   De nobles mensonges ne font jamais le poids face à celui qui cherche la vérité EmptyMer 22 Nov - 21:43

Rêvait-il, le Belliférien, de ce genre de rêves où tout pouvait arriver ? Ces rêves où, en général, vous vous réveilliez en sueur sans vraiment savoir quoi faire ? Oui, ces rêves à la limite du cauchemar, sur lesquels vous aviez à peine une once de contrôle pour vous faire croire que tout allait bien avant de vous précipiter dans un ravin plus sombre que la plus noire des nuits, et remplis des corps en putréfaction d'ennemis et d'alliés confondus. Rêvait-il, Martial, comme il rêvait toutes les nuits ? Car jamais il n'aurait pensé, pas une seule fois, pouvoir entendre poindre de l'émotion, autre que moqueuse, autre que jouée, dans la voix de Séverine.
Jamais le souverain légitime n'aurait songé l'entendre, cette pointe amère de colère, cette preuve que la brune cielsombroise ne pouvait pas totalement prétendre, face à lui. Qu'elle aussi, elle avait des failles.
Qu'elle aussi, elle pouvait tomber aussi bas que terre, s'incliner, être aussi humaine qu'il était possible. Qu'elle était soumise aux aléas de ces émotions, là.

Il l'écouta, sa propre rage et frustration, ses propres murmures de son esprit tus sous la hargne et le tremblement de son être face à la bataille que tout deux avaient perdue, il l'écouta. Chaque mot, chaque syllabe, intonation, résonnait dans son esprit. Il prit le temps de la regarder, elle, dans son entièreté. Elle n'était qu'une femme, à peine mieux qu'un objet, et pourtant ! pourtant, quand enfin elle laissait tomber le masque de son arrogance naturelle, de son attitude de morte, quand enfin elle se plaisait à le haïr en face, à se mettre en colère, il lui trouvait cette flamme dont il avait déjà parlé. Cette beauté qu'il n'avouerait pas, ce secret qu'il garderait tu. Car quand elle s'énervait, il voyait en elle un être digne d'intérêt, de paroles et de gestes à écouter, à retenir.

"Des enjeux plus grands que votre simple demande se jouaient à ce moment-là. "
Oh, il regrettait, Martial. Il regrettait d'avoir retenu son arme, d'avoir laissé Castiel en vie. Par deux fois. La première, il avait été contraint de ne pas lui opposer une réelle résistance. La seconde, il avait du retenir ses coups. Au fond, tout la rage dans son être se basait sur ces enlèvements avortés, sur la mort de Castiel, qui n'était jamais arrivée.

"Aucun mot. " répéta-t-il, refaisant volte-face pour se préparer à partir. Perturbé, ébranlé sur ses fondations qu'il pensait si fortes. Mais quelque chose lui brûlait les lèvres.
" Vous n'êtes pas la seule à le haïr. "
C'était sorti, presque un murmure, comme s'il avait honte.
Honte de sa haine. Honte de ne pas l'avoir tué. S'il avait pu, à l'époque, il l'aurait fait pour Madeleine.
Mais aujourd'hui, si la même chose revenait à se produire, pour qui affronterait-il le duc ? Pour qui triompherait-il ? Madeleine, Bellifère, lui-même ?
Ou Séverine ?

Sans un autre mot, et dans un grand fracas digne d'une sortie ducale - Martial n'était pas connu pour sa manière discrète d'ouvrir les portes - il sortit, laissant les lourds battants se remettre en place après son passage.
Il avait besoin de se calmer. Se passant une main sur le visage, il reprit la direction de son bureau. D'abord, finir les lectures, répondre aux lettres. Puis convoquer un, deux, cinq médecins. S'assurer de ce problème de fertilité.
Se calmer.
Surtout, se calmer, et se rappeler que leur combat n'était pas terminé.


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