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 Le besoin de changer de monture

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La Noblesse
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Séverine de Bellifère
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Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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Message Sujet: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 20 Oct - 12:06


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Martial de Bellifère & Raygnar d'Ysgramor & Séverine de Bellifère

Le besoin de changer de monture

Un arrêt à Ysgramor



• Date : 18 août 1002
• Météo (optionnel) : Il fait soleil
• Statut du RP : Privé
• Résumé : En route vers Hacheclair depuis une dizaine, les chevaux sont épuisés et l'équipée s'arrête à Ysgramor pour les changer avant de poursuivre leur route.
• Recensement :
Code:
• [b]18 août 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2806-le-besoin-de-changer-de-monture#89088]Le besoin de changer de monture[/url] - [i]Martial de Bellifère & Raygnar d'Ysgramor & Séverine de Bellifère[/i]
En route vers Hacheclair depuis une dizaine, les chevaux sont épuisés et l'équipée s'arrête à Ysgramor pour les changer avant de poursuivre leur route.









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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 20 Oct - 12:07

La liberté de Svaljärd et les amis qu'elle s'était fait en son palais, c'était terminé. De retour sur les routes en direction d'Hacheclair, encore secoués par les événement survenus pendant la fête, Séverine gardait un mutisme obstiné. Elle adressait à peine la parole à qui que ce soit outre Prudence, l'air morose. Ça ne dérangeait absolument personne. Après tout, ce n'était qu'une simple femme. Il n'y avait personne pour se préoccuper de ses états d'âme. Séverine se sentait boudeuse et ennuyée. Elle s'était illustrée pendant le combat contre les Sentinelles en menant comme elle le pouvait les nobles en panique. Ce n'était pas faute s'ils avaient été débusqués dans leur cachette et qu'elle avait assisté sans rien pouvoir y faire à la mort de l'Impératrice. Ça ne lui avait au final, presque rien apporté et cela la rendait d'une humeur massacrante. Ça et la chevauchée. Elle aurait le postérieur tout déformé à force de monter à cheval ainsi. Ils venaient à peine d'arriver pour les festivités en plus, elle qui se remettait à peine de la première traversée du continent. Elle avait espéré avoir droit à une semaine de plus de repos, surtout après toutes ces catastrophes qui l'avaient atrocement chamboulée.

Elle n'était toutefois pas la seule à être fatiguée. Les bêtes qu'ils avaient changé quelques jours plus tôt au premier relais commençaient aussi à perdre de la vigueur de la vitesse. Un messager fut envoyer au seigneur le plus proche pour l'avertir de l'arrivée du cortège et pour exiger qu'on leur prépare un repas et des chevaux pour la suite du voyage. Malheureusement, elle n'avait pas eu l'oreille assez fine pour entendre où ils iraient. Et au final, cela ne l'intéressait guère. Ce serait sûrement le domaine d'un autre vieux Kyréen grisonnant et ennuyant. Ils n'étaient pas bien méchants, un peu mieux que les Bellifériens tout de même, mais particulièrement barbants pour la vive Cielsombroise.

Elle était en queue de cortège lorsqu'ils atteignirent l'aube du domaine où un jeune cavalier blond les attendait. Elle était trop loin pour distinguer ses traits et songea que cela aurait été plutôt agréable de pouvoir s'arrêter sur les terres d'Ysgramor. Peut-être ne verrait-on pas d'aurores boréales, mais au moins elle aurait tenu sa promesse de s'y rendre en visite. Elle n'en parlait pas à Martial. Qu'aurait-il à faire d'une promesse faite par une femme, soit-elle la sienne? Elle ne le savait que trop bien.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 20 Oct - 13:27

Martial de Bellifère, chez moi, par Alder. Le messager était formel. Je devais veiller à ce qu'un repas soit préparé et que des chevaux soient prêts pour la suite du voyage du cortège. C'est bien joli tout cela, mais des chevaux, j'en ai pas beaucoup. J'en aurais certes quelques un pour le duc, son épouse et quelques uns de leurs accompagnateurs, mais pas pour tout un cortège ! Je soupirais et remerciais le messager qui s'en alla. Rolf, assis sur un fauteuil, les jambes croisées et un livre entre les mains, me lança un regard en coin. C'était la première fois que nous accueillons des invités aussi prestigieux dans mon domaine, je n'avais pas droit à l'erreur, sinon j'aurais egalement des problemes avec Bellifère, en plus d'en avoir avec Erebor. J'étais cependant rassuré, je connaissais bien la duchesse. Séverine... Elle avait enfin fini par accepter mon invitation, même si c'était juste pour manger un morceau, et pour changer les chevaux. Je regardais par la fenêtre. Ils n'étaient pas encore en vue. Je devais avoir quelques heures devant moi.

Excité comme une puce, j'appelais mon majordome et lui ordonnais de faire nettoyer tout le manoir de fond en comble, de préparer un bon repas, à base de spécialités de mon domaine, et de sceller les quelques chevaux qui constituaient mon écurie. Rolf me suivait, tout aussi tendu. Le voir ainsi ne faisait que me rendre encore plus nerveux. Je l'envoyais se changer, pour qu'il puisse revêtir l'une de ses plus belles tenues, j'avais en effet décidé qu'il irait lui même accueillir le cortège du duc. Il serait bien entendu accompagné de deux hommes de ma maigre garde. Je n'avais certes que peu de moyens, mais j'étais capable de faire bonne impression. J'en profitais pour faire de même, et montais dans ma chambre pour me changer.
J'étais en train de remettre de l'ordre dans mon indomptable tignasse quand mon majordome me rejoignit. Il m'annonça que la plupart des pièces étaient propres, et que les présents que je comptais offrir au duc et à sa femme étaient prêt. Je terminais de me préparer, et le suivi jusqu'à la bibliothèque, là où j'avais un bon point de vue sur une partie de mon domaine.

Rolf, accompagné de deux gardes, lancèrent leurs chevaux au grand galop. Le duc allait sans doute trouver nos bêtes bien différentes des leurs. Leurs montures étaient peut-être élancées, bâties pour le combat, les nôtres étaient adaptées au climat et à la neige. Leur robe était couverte de poils plus longs, ils étaient plus musclés, et par conséquent plus large. Ma propre monture en était un parfait exemple, et c'était elle que Rolf chevauchait aujourd'hui. C'est avec une certaine fierté que je regardais mon fils mener ce puissant animal et les deux gardes en direction du cortège qui se rapprochait lentement. La bannière, avec le blason de mon domaine, que tenait l'un des deux gardes volait au vent, et cela me fit chaud au coeur. Voila qui devrait faire bonne impression. Et je savais que Rolf ferait un bon accueil au duc et au reste du cortège. Je les regardais approcher pendant un instant puis me décidait à descendre sur le perron de mon manoir pour les accueillir. Le grand portail grand ouvert, les domestiques prêts à obéir, le repas fumant. Nous avons été pris par le temps mais, malgré cela, nous avons réussi à être prêt pour leur arrivée.
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 20 Oct - 22:22

Svaljärd hantait les rêves de Martial depuis le début du mois. Rêves héroïques, rêves douloureux, rêves dangereux, rêves interdits. Ils étaient tous focalisés sur cet instant précis, sur ce moment où, à peine, il avait su s'illustrer. Ce moment où l'empereur avait failli succomber. Ce moment où Séverine....
Mieux valait ne pas en parler. Il n'osait lui donner trop de mérite, de peur qu'elle se sente pousser des ailes. Il n'osait avouer qu'elle était son alliée, qu'elle semblait le comprendre. Oh, c'était une compréhension bien moindre, loin de celle que pouvait avoir Madeleine, mais il pensait que la brune avait une part de compréhension.
Sauf que, buté comme il était, il aurait du mal à se l'avouer à lui-même.

Être toute la journée sur le cheval, parcourir des lieues et des lieues mettait le corps du dauphin héritier à rude épreuve : les blessures infligées par les Sentinelles ne se refermeraient pas de si tôt, et un de ses médecins lui avait conseillé d'attendre. Et puis quoi, encore ? Le mettre dans une carriole, comme les enfants et les infirmes ? Il était Martial de Bellifère, futur duc, pas un lépreux ! Pas un faible. Pas un gamin. Il était de ceux qui chevaucheraient jusqu'à ce que leur bête crève d'épuisement... Ou qu'eux en meurent.
Il ne resterait pas, impuissant, sur le côté.

Fort heureusement, le prochain point arrivait à pic. Une seigneurie de Valkyrion, encore une, dans les terres. Un endroit où ils ne s'attarderaient certainement pas, à peine le temps de changer de monture pour une plus adaptée à cet environnement.
Les muscles tendus, tout le corps douloureux par l'effort, Martial stoppa sa monture en voyant deux... Trois hommes arriver, bannière au vent. Le domaine se dessinait, plus loin, et Martial, après avoir remercié l'envoyé - le seigneur ? Non, son fils - indiqua au cortège derrière lui de les suivre. Il fallait dire que leurs bêtes commençaient à fatiguer. Elles n'auraient pas tenu un jour de plus.
Et lui non plus, sur leur dos. Il adorait les puissants chevaux de Bellifère, destriers de guerre, mais ils n'étaient pas en Bellifère ici : leurs montures souffraient, loin de leurs terres natales.

Une fois le pied à terre, et en ayant lancé un regard à sa femme pour qu'elle en fasse de même - sans exposer une seule de ses gracieuses chevilles ou pire au cortège, par pitié -, il avait s'était avancé vers le seigneur des lieux. Les dieux soient loués, ce n'était pas une maîtresse de maison. Il aurait eu du mal à la regarder.

"Je vous remercie, seigneur d'Ysgramor, de bien vouloir nous accorder l'hospitalité ce soir. " fit le futur duc en inclinant légèrement la tête, respectueux.
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Séverine de Bellifère
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyMer 25 Oct - 6:39

Le cœur de Séverine s'emballa lorsqu'elle aperçut le cavalier à la tête de la compagnie venue les accueillir.  Était-ce…  Ces beaux cheveux blonds, ce regard pétillant de virilité!  Ce cheval crinière au vent, son encolure aussi rutilante qu'une armure!  Comme il était beau ce jeune homme!  Était-ce bien celui dont elle rêvait de temps en temps, quand elle regrettait son mariage?  Quand elle pensait aux propos du seigneur d'Ysgramor qui avait bien voulu d'elle, une parfaite étrangère, comme fille?  Oui, elle le ressentait du fond de son âme, son prince charmant venait enfin d'apparaître sous ses yeux.  Elle pouvait enfin mettre un visage sur se fantasmes sans nom, transformer le nom en une figure aimable et agréable.  Il était presque trop beau pour être réel.  Dommage que ce soit l'été et que la neige ne soit pas aussi brillante et présente qu'elle l'aurait été au cœur de l'hiver.  La scène aurait été magnifique.  N'eut été de son grognon de mari, elle aurait lancé au galop son cheval pour se lancer dans une étreinte passionnée et elle lui dirait… Oh!  Mais que de belles choses lui dirait-elle!  Les mots ne seraient point suffisants pour eux.  Quel rêve doux!

Mais malheureusement, la présente raide et guindée de Martial l'empêcha de s'abandonner avec confort à ses propres rêveries.  Non pas que le Belliférien fut laid, au contraire, il était même fort séduisant, si l'on oubliait ses manières barbares.  Seulement, elle était difficile à oublier, parce qu'il semblait qu'il déplaisait au jeune homme que l'on efface des souvenirs sa brutalité.  Symbole ultime de sa masculinité.  Il ne le disait pas, mais sa voix le claironnait dans l'esprit de sa maudite cielsombroise de femme.  Quelle déception toutefois de voir enfin cet homme qu'elle aurait voulu épouser, peut-être, en compagnie de son véritable époux.  En vérité, c'était curieux, elle ne savait trop quand elle avait commencé à se pâmer à l'idée du fils d'un seigneur – après tout ce n'était pas du tout le même rang social que le sien – mais ce qui était certain c'était que depuis son enlèvement, le futur maître de ces domaines lui embrumait un peu l'esprit quand elle se sentait mécontente de son sort.  Ou plutôt, mécontente du mari responsable de ce sort.   Après tout, il y avait quelques avantages à être duchesse.  Sauf dans un duché misogyne bien entendu.

Elle mit pied à terre quelques instants après Martial, veillant à garder ses jupes là où elles devaient être.  Elle remarqua tout de même le coup d'oeil méfiant que lui lançait monsieur, la défiant d'oser se montrer indécente.  Elle se montra digne dans son indignation : elle aimait se mettre en valeur, pas s'exhiber comme une fille des basses rues de Lorgol!  Elle n'avait pas besoin de cela pour attirer tous les hommes qu'elle désirait.  Sa grâce naturelle y suffisait, avec un joli sourire pour les plus coriaces.  Et elle comptait bien réussir à faire chavirer le cœur du fils du maître de céans.  Pour voir si ça ne rendrait pas un peu jaloux son impossible d'époux.  Elle avait déjà fait une expérience sociale à Svaljärd qui n'avait pas très bien tournée et les conséquences de celle-ci lui étaient encore bien fraîches en mémoire.

« Sire, fit-elle en s'inclinant d'une courbette modeste et polie, J'espère que votre voyage de retour s'est déroulé sans encombre, » ajouta-t-elle sur un ton posé et bas.  Le seigneur d'Ysgramor ne l'aurait jamais vue aussi soumise.  Sa joie de le retrouver se transforma en amertume de devoir se montrer sous un jour aussi faible.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyDim 29 Oct - 7:59

Le jeune prince et son épouse, ainsi que tout le cortège qui les accompagnaient, entrèrent dans la cours de mon manoir. Mon coeur tapait furieusement dans ma poitrine, tant j'étais anxieux et excité. Rolf, cependant, souriait de toutes ses dents. Il descendit de ma monture, la laissa au maitre d'écurie, et me rejoignit. Il était superbe, dans cet habit que j'avais fais confectionner pour lui. La femme qui avait fait cela avait vraiment un grand talent. Je restais totalement stoïque, et m'avançais vers les nouveaux venus. J'avais veillé à ce que des chambres soient preparées, si jamais ils décidaient de passer la nuit ici. En observant le cortège, je me dis que je n'aurais jamais assez de place pour les loger tous. Mais nous trouverons bien un moyen pour que tout le monde passe la nuit au chaud. Martial de Bellifère arriva devant moi et inclina juste la tête pour me remercier de les accueillir et de leur accorder l'hospitalité ce soir.

Respectueux, je m'inclinais autant que me le permettais mon genou et mon dos qui ne se faisait plus tout jeune. Séverine descendit de cheval à son tour, et je remarquais qu'elle veillait à ce qu'aucune parcelle de sa peau n'apparaisse au grand jour, à la vue de tous. Triste sort qu'avaient les femmes de Bellifère. Elles n'étaient meme pas libre de montrer leur beauté. Dans un sens, c'était normal, elles étaient mariées, elles appartenaient qu'à un seul et unique homme, mais quand même, c'était exagéré. J'espérais sincèrement qu'Elanin ne se retrouve jamais dans cette situation. Le regard que lui lança son époux ne me plu pas beaucoup. On aurait dit un enfant surveillant son jouet, tandis qu'un autre s'en approchait. Ou alors un chien surveillant son os. Ce regard signifiait qu'il la possédait, et que nul n'avait le droit de la toucher ou de la regarder sans son autorisation. Pauvre Séverine. Elle qui était si pimpante, si pleine de vie, la voilà maintenant quasiment réduite à l'état de simple domestique. Je reportais mon attention sur le prince tandis qu'elle s'approchait de moi et je répondis :

"- Tout le plaisir est pour moi Votre Majesté."

Séverine arriva à ma hauteur et dit une courbette polie avant de me saluer, et de me demander comment s'était déroulé mon voyage du retour. Je mourrais d'envie de l'appeler par son prénom, de poser la main sur son épaule pour la rassurer, lui dire que maintenant, j'étais là, et qu'elle pourrait souffler un peu. Mais je n'en avais pas le droit, pas devant Martial et sa troupe. Je lançais un petit regard à Rolf. Lui non plus n'avait pas le droit à l'erreur. Je lui avais déjà parlé de Séverine et maintenant qu'il l'avait face à lui, il devait se montrer irréprochable si nous voulions être dans les bonnes grâces du prince. Je fis donc un petit sourire et répondis à Séverine, sur un ton tout aussi soumis et respectueux :

"- Votre Grâce, je suis heureux de vous revoir. Mon voyage s'est bien déroulé. Je vous remercie pour votre prévenance à mon égard. "

Ennuyant à souhait, mais cela devrait passer aux yeux de Martial. Je les invitais donc à entrer. Une fois dans le grand hall, l'atmosphère était tout de suite plus accueillante que la froide cours de mon manoir. Un feu brûlait dans deux cheminées, et sur chacune d'elle, une tête d'ours polaire semblait observer les nouveaux arrivants. Je n'avouais jamais que ces bêtes m'avaient été offerte par mon frère, meilleur bretteur et bien meilleur chasseur que moi, mais une vérité dissimulée de temps en temps ne faisait pas de mal. Des domestiques se chargèrent de débarrasser mes convives de leurs manteaux, et c'est avec plaisir que je regardais Rolf, aux côtés de Séverine, qui se proposait lui même de la débarrasser du sien. Bien, qu'il continue dans ce sens. Un seigneur n'était pas sensé jouer aux domestiques mais, de temps en temps, il fallait bien faire quelques sacrifices. Je lançais un petit regard à Severine, guettant sa reaction. Il faudrait que je trouve un moment et un moyen de me retrouver seul avec elle, histoire de lui parler. Je me tournais vers Martial et lui demandais, avec un petit sourire soumis :

"- Comment se déroule votre voyage votre Majesté ?"
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyMer 1 Nov - 22:44

Séverine était sienne. Ce constat, Martial ne cessait de se le répéter. Elle était sienne, uniquement et pour toujours à lui. Il n'avait pas à craindre qu'un autre homme ne la réclamât pour lui, car il serait alors bien vu - et normal ! - que Martial le remit à sa juste place - voire le tue, mais c'était tout de même un extrême auquel il ne voulait pas arriver. Une duchesse, ça suscitait forcément de l'admiration -. Séverine était sienne et la réciproque n'était pas vrai. Une femme ne possédait rien ni personne.
Il avait vu le cavalier s'approcher, portant haut et fier les couleurs de sa maison. Il avait vu le regard que sa duchesse, altière sur son cheval - elle chevauchait bien, il ne s'en serait jamais douté -, de ce feu qu'il devinait presque. Peut-être était-ce le timide éclat du soleil dans ce duché, mais il n'avait jamais vu son corps tendu de cette manière, cet imperceptible changement dans sa tenue, dans le port de sa tête.
Il nota, dans un coin de son esprit, de faire attention. Qu'il y avait une histoire qu'il ne connaissait pas, sur ce terrain, entre celle qui était sienne et uniquement sienne, qu'on se le dise et qu'on le répète à tout bout de champ, et Ysgramor. Il était juste important de savoir quoi.

Pour l'héritier, l'hôte de ces lieux était un parfait inconnu. S'il lui avait été présenté, il aurait du s'en souvenir ! Martial n'oubliait jamais rien, et surtout un visage aussi particulier que celui de cet homme. Il était loin d'être laid, mais il y avait quelque chose se dégageant de lui qui faisait de ce seigneur quelqu'un de difficilement oubliable. Peut-être était-ce l'étrange charisme calme qui se dégageait de lui ? Le jeune prince de Bellifère ne saurait le dire.
Les mots échangés avec sa femme furent protocolaires. Simples. Parfaits. Elle apprenait lentement, elle comprenait où elle devait se placer, comment et pourquoi.
L'intérieur du manoir était curieusement agréable, comparé à ce à quoi Martial s'attendait : une douce chaleur, et une décoration toute appréciable. Une fois débarrassé de son manteau par une domestique, et aussi droit que ses muscles fourbus par l'effort et ses blessures le lui permettaient. Elles ne saignaient plus, c'était un bon point.
Du coin de l'oeil, il pu apercevoir le fils de son hôte s'occuper du manteau de son épouse. Définitivement, il faudrait qu'il garde sur lui un oeil vigilant. Extrêmement vigilant.
"Notre voyage se déroule plutôt sans encombre, pour le moment. Les routes en Valkyrion sont bien différentes de celles que nous avons l'habitude d'arpenter, mais cette découverte est la bienvenue. "

Tu parles. C'était beau, oui, Valkyrion, mais loin d'être aussi beau que les arides étendues que Bellifère avait à offrir. Martial aimait son duché, et il se languissait de la chaleur et de la quasi sécheresse que l'on pouvait rencontrer à l'intérieur des terres. Ici, l'humidité avait tôt fait de s'incruster, il le sentait, même si le soleil et le temps était à leur avantage.
Il n'était pas fait pour la conversation, le duc, tout entier qu'il était à surveiller que sa femme ne commette aucun impair... Enfin. Il surveillait plus le fils qu'autre chose.
"Surtout après les événements tragiques dans la capitale. Le voyage aide à réfléchir, et permet à nos émotions de perdre un peu en intensité. "
Ne restaient que la hargne. La peur. La rancoeur. Et pire encore.



CE BÉBÉ EST MORT À L'APOCALYPSE.
(Je suis fun, joie et amour)


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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyJeu 9 Nov - 15:48

Séverine était fort contente de retrouver si vite Raygnar.  L'homme qu'elle connaissait pourtant à peine s'était toujours montré plein de civilité à son égard et elle le considérait presque comme son père.  Elle répondit toutefois simplement d'un sourire à ses propos, ne se hasardant pas à parler trop devant Martial.  Elle savait qu'il pourrait le lui reprocher, surtout dans une demeure uniquement habitée par des hommes, Elanin étant auprès de la princesse Ljära, il ne restait plus de femme pour lui tenir compagnie dans la maisonnée.  Elle regretta un instant la présence de cette amie qu'elle s'était faite de façon incongrue et se promit de lui écrire pour lui raconter leur arrêt en Ysgramor.  Un rappel de ses terres natales lui ferait certainement plaisir.  Et elle aurait peut-être une confiance encore plus aveugle en la future duchesse, refermant le piège sur elle.  Ou sur Séverine peut-être.  Dans tous les cas, la Cielsombroise déracinée était bien déterminée à entretenir une correspondance avec cette dame avec pour but ultime de rester dans les proches de la famille ducale de Valkyrion.  Ce n'était peut-être pas une personne d'importance mesurable, mais sa position était enviable pour une dame de son rang et lui permettait d'obtenir des informations que Séverine ne pourrait avoir d'elle-même autrement.  Elle ne cherchait certes pas à en faire son espionne, la Kyréenne ne trahirait certes pas son duché, mais avoir des nouvelles sur l'état de santé de la princesse, par exemple quand elle avait un rhume, de petites choses comme ça lui permettrait d'agir en conséquent en envoyant des cadeaux et tout cela.  Elle montrerait à Martial que son épouse avait quelques utilités sur le plan diplomatique tout en restant plutôt discrète.  Qui porterait vraiment attention à ces détails dans le peuple?  Parlant de celui-ci, devrait-elle envisager de s'engager dans des œuvres de charité?  On n'attendait tout de même pas cela d'elle n'est-ce pas?

Elle chassa cette avalanche de pensée pour participer de façon très passive à la conversation entre l'hôte et son invité de marque.  Elle rougit légèrement quand le fils du seigneur d'Ysgramor l'aida à retirer sa cape.  Comme il était charmant ce garçon.  Martial pourrait peut-être étudier un peu ses manières.  S'il était possible de l'envisager – ce qu'elle savait en toute vérité impossible.  Oh, le Belliférien pouvait se montrer galant, elle le croyait bien, mais pas gratuitement.  Et malheureusement, bien qu'elle se tenait autant à carreau que possible, la fougueuse astronome était plus douée à s'attirer les foudres de son époux que ses délicatesses.  Dire que sans Castiel, elle aurait pu laisser ce charmant Kyréen la courtiser.  Elle n'avait pas eu l'occasion de compter plusieurs d'entre eux parmi ses prétendants lorsqu'elle était à l'Académie, elle les avait même un peu dédaigné en raison de leur sérieux, mais maintenant qu'elle y pensait, elle regrettait de ne pas en avoir fait l'expérience.  Un jour, son cousin paierait très cher ce traitement injuste.  Préventif, peut-être, mais injuste.  Ses parents s'étaient lancé dans une rébellion.  Pas elle.

Elle remercia du bout des lèvres le jeune homme et, à regrets, elle se rapprocha de Martial, se tenant un peu en retrait.  Elle aurait voulu converser un peu avec l'héritier de ces terres, mais elle savait que cela lui serait impossible.  Peut-être qu'à la faveur de la nuit, sous la lueur des étoiles pourrait-elle trouver moyen?  Elle ne devait pas trop y penser.  Autrement, son tendre époux le devinerait et essaierait de l'en empêcher.  D'ailleurs, elle devrait elle-même s'y refuser.  C'était un jeu trop dangereux.  Pourtant, elle voulait y jouer.

« De tels événements hanteront nos pensées pour longtemps, je le crains bien, » déclara-t-elle.  Pour une raison qui lui échappait, le futur duc manquait complètement d'éloquence et avait une conversation fort ennuyante qui risquait de faire dormir debout leur hôte.  Cependant, son rôle de femme l'empêchait de réellement lancer un réel sujet de conversation d'elle-même, bien qu'elle s'y serait montré beaucoup plus douée que son mari, elle en était persuadée.

Afin de lui venir en aide, bien qu'il n'en voudrait certainement pas, elle s'approcha de lui un peu plus, sans oser non plus se mettre toutefois à sa hauteur.  « Le seigneur d'Ysgramor a été blessé récemment à la jambe et peine à rester debout.  Je suis également très lasse de la chevauchée, je suis loin de posséder toute votre vigueur.  Me permettriez-vous de servir d'excuse pour passer dans un salon? » souffla-t-elle de façon à ce que seul Martial puisse l'entendre.  Elle craignait cependant qu'il demande à Raygnar où pourrait-elle se retirer pour se reposer.  Elle n'avait nul désir de manquer un seul instant de ce séjour en étant enfermée dans une seule pièce.  Ailleurs, elle aurait subit en silence sans trop en souffrir, mais pas ici.  Pas dans ce manoir où elle aurait peut-être pu régner en maîtresse si les choses avaient été autrement.  Elle espérait que sa flatterie discrète lui ferait marquer quelques points et lui permettrait de rester.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 10 Nov - 21:28

Séverine. Te voir dans une telle position, soumise, emplissait mon cœur de chagrin. Je te voyais et te considérais comme étant ma fille, et je souffrais de te voir dans cette situation. Si seulement Rolf avait été ton époux, les choses seraient alors beaucoup plus simples. Retenant un soupir, je tournais la tête vers Martial, qui répondait à ma question en me disant que son voyage se déroulait sans encombre, que les routes de Valkyrion étaient bien différentes de celles de Bellifère, mais que cette découverte restait la bienvenue. J’inclinais la tête, essayant de prendre cela pour un compliment pour le kyréen que j’étais. J’avais remarqué le regard insistant que le prince avait porté sur moi. Il avait dû remarquer que Séverine me connaissait, m’appréciait, et que c’était réciproque. Ses yeux de fauve posés sur moi m’avaient rendu mal à l’aise. J’avais eu l’impression d’être… Et bien… D’être une sorte de bête blessée, dont le propriétaire devait décider s’il la gardait en vie ou s’il l’achevait. Oui, c’était exactement ça. Martial me jugeait du regard, estimant si, oui ou non, l’impression qu’il se faisait de moi était bonne. J’espérais que oui. J’avais déjà suffisamment de problèmes avec un duc, je ne voulais pas en avoir avec un deuxième.

Il n’y avait pas que cela qui avait l’air de perturber le prince. Rolf. Quand Martial tourna son regard vers lui, je le suivis et compris que mon fils, même s’il souhaitait bien faire, jouait à un jeu dangereux, surtout avec un adversaire aussi impétueux que Martial. Je serrais les dents. Mon garçon venait de prendre le manteau de Séverine, lui faisant un beau sourire, avant de le confier à un domestique. Cela n’avait pas l’air de plaire à Martial. Devais-je lui avouer ce que mon fils était réellement, histoire de le calmer ? Non. Cela ne ferait qu’aggraver la situation, surtout si on prenait en compte les mœurs de Bellifère. Non. Rolf devra juste faire preuve de plus de prudence. Même s’il ne voulait que se faire bien voir du prince et de son épouse, il devra apprendre que le bélliférien était d’un tempérament très jaloux, et très possessif. D’un regard, je signifiais à Rolf de revenir à mes côtés. Il me rejoignit, mais son regard me renvoyait son interrogation. J’allais ouvrir la bouche, histoire de changer de sujet et de dissiper ce semblant de malentendu mais Martial s’en chargea, pour mon plus grand bonheur. Il me dit que le voyage lui permettait de réflechir, de permettre à ses émotions de perdre en intensité, surtout après les derniers évènements. Je penchais la tête vers lui et allait répondre quand Séverine, qui venait de nous rejoindre d’un pas gracieux, mais silencieux, ajouta que ces évènements allaient hanter nos pensées pendant un long moment. Je fis une petite moue de la bouche et répondis, aux deux :

« - Ce qu’il s’est passé est tout simplement atroce. Ces machines… Je les avais déjà vu, mais inanimées… » Je repensais au Musée des Savoirs Perdus, et n’en dis pas plus, ne voulant pas révéler que je m’y étais introduit pour y subtiliser des informations. Je repris, tout en regardant Martial : » On m’a beaucoup parlé de votre bravoure Votre Grâce. Bellifère peut être fière d’avoir un homme tel que vous bientôt à sa tête.

Séverine s’approcha un peu plus, sans toutefois se mettre à notre hauteur. Rolf sourit, il avait l’air d’apprécier la jeune femme, mais surement pas comme je l’espérais. On aurait dit un homme qui compatissait pour sa sœur. Elle souffla quelque chose à l’oreille de son mari et, malheureusement, je n’en entendis pas un mot. C’était sans doute volontaire. Mon majordome dut avoir la même idée car, venant derrière moi, il me murmura, en quelques mots, que le salon était prêt, et que le vin chaud et les tisanes, étaient prêtes à être servies. J’hochais la tête. Mon majordome disparut aussi silencieusement qu’il était arrivé, mais je savais que, derrière, il agissait avec efficacité et rapidité. Il était pourtant bien plus vieux que moi. Il m’avait connu enfant, m’avait vu grandir, devenir un homme. J’avais beaucoup d’estime pour lui et lui avait même proposé une retraite paisible, au bord du lac proche du manoir, dans une belle maison. Il m’avait juste répondu que sa maison était ici, et que nous étions sa famille. Je n’avais pas insisté. Son expérience m’était précieuse, et j’espérais l’avoir à mon service durant encore de nombreuses années.

Je levais le bras, désignant la direction de l’endroit où nous pourrions nous asseoir, et demandais au prince :

« - Votre Grâce, nous serions peut être mieux installé dans le salon. Il y a des boissons chaudes, de quoi vous restaurer… Un tel voyage doit être éprouvant. »
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptySam 18 Nov - 23:02

Martial n'était pas sûr d'avoir la patience nécessaire, et le charisme, pour réussir à retenir et sa femme, et un fils qu'il ne connaissait pas, le tout sans offenser son hôte. Oh, le blond homme, futur prince, ne se faisait pas de souci : c'était peu probable que l'humiliation, si elle venait, se fasse de front. Non, sa femme n'était pas comme ça. Elle prendrait, forcément, quelque moyen détourné pour tenter de l'atteindre. Même si, ces derniers jours sur la route, il était sorti de son mutisme pour quelque peu se confier à elle, dans le silence des nuits sans sommeil. C'étaient quelques bribes de son orgueil brisé, quelques passages arrachés aux mauvais rêves. Surtout, surtout, la peur de n'être vu que comme un parmi tant d'autres, à son retour. D'être pour Bellifère un prince. De ne pas avoir le pouvoir qu'il prétendait étendre sur toute la noblesse et la plèbe.

Oh, bien sûr, le seigneur d'Ysgramor ne reconnaissait pas son autorité, ce maudit duché tout entier ne le traitait que comme un noble un peu plus haut perché que les autres. Pas comme leur dirigeant. Il ne savait pas encore comment il serait traité, une fois arrivé en Bellifère, mais il espérait de tout coeur que ça serait tel un véritable prince, voire tel un véritable duc. Rêve qui emplissait son coeur. Rêve fou. Et alors ? Il y arriverait, tôt ou tard. Et pas comme quelqu'un dont on se moquait.
Il faudrait qu'il questionne le père pour savoir si le fils avait quelque prétention sur celle qui était sa femme. Il n'aimait pas ce qu'il pouvait sentir.
Mais après tout, les choses humaines étaient pour lui plus compliquées, quand elles n'agissaient pas en temps de guerre.
"Je vous remercie. Je n'ai nul doute que vous avez, à votre manière, su affronter les évènements. " Le compliment sur ses propres exploits, aussi maigres furent-ils, le transforma pendant à peine un instant, en un jeune homme fier et heureux. Dévoué à Kern. Le faux air de dignité qui était requis, pour un homme de sa stature, s'effaça, ses yeux se firent plus doux. Il en aurait presqu'été beau.

Le regard acier intransigeant se fit curieux, alors qu'il n'osa même pas se poser sur celle qui l'avait rejoint à ses côtés, légèrement en retrait. Bien. Elle apprenait.

Et lui, doucement, aussi, apprenait. Il apprenait à la cerner, du moins le pensait-il. Le futur lui prouverait peut-être qu'il était loin d'avoir su la déchiffrer aussi bien qu'un plan de bataille de l'ennemi. Le futur duc s'apprêta, pour la première fois de sa vie, à vouloir proposer une idée qui lui semblait bonne et sortie de la bouche d'une femelle. Et puis elle l'avait flatté, fallait dire que ça jouait aussi. L'homme les recevant ne semblait pas être un mauvais homme, loin de là, et Martial aurait pu l'apprécier, peut-être.
"Je vous suis, en ce cas. " Il n'incluait pas Séverine, dans la conversation, mais il lui semblait important qu'elle restât avec eux.

Une fois installés, sans une grimace de la part de Martial, celui-ci se laissa aller à poser quelques questions. Il était curieux, le prince. Très curieux. Et il n'oubliait presque jamais rien. "Vous disiez plus tôt avoir déjà été en face de ces ... choses, ces machines. Savez-vous si d'autres pourraient se trouver dans des endroits spécifiques ? Je les ai trouvées... " Fascinantes, dans le genre morbide. Exaspérante, à être capable de rivaliser avec les guerriers les plus aguerris. "... Etonnantes. Dangereuses et étonnantes. "


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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 24 Nov - 8:23

Séverine se réjouissait de voir Raygnar servir autant de compliments à Martial.  C'était une excellente chose, il s'y montrait d'ailleurs fort doué trouvait-elle.  Peut-être même était-il meilleur flatteur qu'elle-même.  Elle espérait que cela mettrait de bonne humeur son époux et qu'il soit dans de meilleures dispositions à son égard.  Ces derniers jours, leur relation avait été plutôt paisible, après tout elle s'était montré digne de son rôle autant que possible et il avait probablement plus important à penser que les frasques de son épouse déshonorante.  Dès leur retour à Bellifère, ils devraient entrer en négociation avec Ermengarde pour qu'elle se retire enfin de la place qui revenait de droit à l'héritier de la couronne ducale.  Elle avait retardé beaucoup trop longtemps déjà ce mouvement de recul.  Le prince avait déjà atteint ses vingt-cinq ans, l'âge où il devait prendre le pouvoir, mais on lui refusait toujours celui-ci.  Séverine pouvait comprendre son impatience et à dire vrai, elle la partageait elle aussi.  Elle savait que même en devenant duchesse sa position ne serait que très peu améliorée, mais un pas de plus vers l'avant n'était jamais de refus.  Peut-être pourrait-elle demander quelques conseils à Raygnar sur la conduite à prendre : c'était un homme sage et expérimenté.  Toutefois, elle songea qu'elle ne devrait peut-être pas en prendre auprès de lui en ce qui concernait la diplomatie avec les erebiens.  Ses mains mutilées ne lui rappelaient que trop bien les sévices qu'ils avaient subi, sans qu'il ne lui dise exactement jusqu'à quel point il avait été maltraité.

Elle suivit les hommes en silence jusqu'au salon comme personne ne lui avait dit qu'elle ne pouvait se joindre à eux.  Elle ne se cloîtrerait certainement pas d'elle-même!  Il fallait être fou pour espérer autant d'elle.  Séverine était une intrigante et si elle voulait bien condescendre à se montrer aussi muette qu'une morte, il ne fallait pas compter qu'elle s'écarte d'elle-même de ce qui pourrait avoir de l'intérêt.

Assise dans un fauteuil confortable auprès du feu, elle accepta avec reconnaissance le breuvage chaud qu'un domestique lui tendit et elle s'efforça de paraître concentrée à la contemplation de son reflet tandis que Martial relançait leur hôte sur les créatures métalliques qui les avaient attaqué.  Elle en frissonnait encore la ténébreuse Cielsombroise, quand elle pensait à ce qu'elles avaient fait.  L'impératrice était morte devant ses yeux, l'empereur mis hors-jeu.  Séverine qui vouait d'abord et avant tout allégeance à elle seule, éprouvait tout de même une certaine fibre patriotique envers les Ibéens et ses figures dirigeantes.

Elle prit une gorgée de la boisson pour masquer son malaise et s'empêcher de parler : elle ne dirait rien de très pertinent, ni qui ne soit le bienvenu.  Or elle se butait dans un certain mutisme en présence de Martial.  Plus tard, peut-être pourrait-elle avoir un entretien privé avec le maître des lieux.  Elle l'espérait.  Avec Martial dans les parages, elle était poings et pieds liés.

Spoiler:
 








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptySam 9 Déc - 17:19

Les compliments portèrent leurs fruits, le prince me remercia et me le renvoya, à sa manière. Le sien, bien maigre comparé à ce que je lui avais dis, suffisait cependant pour me détendre. La soirée commençait plutôt bien. Espérons que cela reste ainsi. Mon pouce gauche toucha instinctivement le moignon qui remplaçait la dernière phalange de mon auriculaire. Si je construisait une relation durable avec ce duc-là, cela me serait surement profitable contre celui qui m'avait fait tant souffrir. Les deux mains sur la canne, j'esquissais un petit sourire satisfait, et regardait Séverine murmurer à l'oreille de son époux. Pendant ce temps, mon majordome fit La même chose pour me prevenir que le salon etait pret a nous accueillir, le futur duc, son épouse, Rolf et moi. Je veillais à ce que sa suite soit bien traitée, qu'on leur apporte nourriture, chaleur et repos, et le dirigeais en boitillant vers le salon, suivi par Martial et son épouse.

Je laissais le prince s'installer, lui laissant le fauteuil le plus confortable, et lui tendit moi même une tasse de vin chaud. Un domestique en tendit une à Séverine et à mon fils et je demandais à ce qu'il aille chercher de quoi se remplir le ventre. Enfin, je pris le temps de m'asseoir et d'installer mon genou de maniere à ce qu'il me laisse tranquille. Je pris le temps de le masser, et soupira doucement. Le jeune prince, bien installé lui aussi, reprit la parole et me parla des machines tueuses. Il me demanda si je savais s'il y en existait d'autre et, si oui, si je connaissais l'endroit où elles se trouvaient. Je déglutis, et, sans le vouloir, mon regard croisa celui de Séverine. Me voilà dans une situation bien délicate. Je savais, bien évidemment, où se trouvaient ces machines, mais révéler leur position reviendrait à me trahir. Rolf but une gorgée de son vin chaud, son regard rivé sur moi. Lui non plus n'était pas au courant de ce que j'avais fait. Pour lui, mon voyage en Erebor se résumait juste à une rencontre pour parler de l'Histoire d'Arven. Anthim non plus, grâce aux dieux, n'était pas au courant. Et heureusement, sinon, je ne serais plus en vie en ce moment. Si Martial apprenait ce qu'il s'était passé, je risquais gros, très gros s'il décidait de tout révéler au duc d'Erebor.

Inquiet, je sentis mon coeur battre nerveusement dans ma poitrine et je me forçais à revenir sur Martial. Je devais quand même lui répondre, et rester honnête, sinon il pourrait se vexer, se mettre en colère, et c'était bien la dernière chose que j'aurais voulu pour notre rencontre. J'ouvris la bouche et, sur un ton qui se voulait être le plus neutre possible, je répondis :

"- C'était en Erebor votre Grâce. Dans un bâtiment désaffecté. Mais je doute qu'elles soient encore en état de fonctionner. "

Le regard passionné de Martial m'inquiétait. Il était vrai qu'un homme possédant une voire plusieurs de ces machines serait craint de tous. Il serait très puissant, très dangereux. Un noble possédant l'une de ces machines pourrait facilement s'imposer devant les autres, se faire respecter, et faire régner la terreur.
Rolf semblait être du même avis. Pour avoir vu l'une de ces choses d'assez prêt, il était parfaitement conscient de ce que pouvait représenter la possession de l'une d'entre elles. Et, vu le regard qu'il me lança, je compris qu'il avait fait une sorte de lien entre mon voyage en Erebor, ces machines, et ma captivité dans les geôles de Vivedune. Après tout, n'étais pas allé très souvent en Erebor depuis le début de mon règne sur Ysgramor. Je devais changer de sujet, et le vite possible serait le mieux.

Je me tournais donc vers Séverine, fit un petit sourire, qui ne masquait guère ma nervosité, et lui dis :

"- Ma fille m'a beaucoup parlé de vous Votre Majesté. Elle vous admire beaucoup et est ravie de pouvoir correspondre avec vous pour parler de la princesse de Valkyrion."

Voila qui devrait faire l'affaire. Je sentis Rolf reporter son attention sur Séverine et sa posture indiquait qu'il etait très fier de sa petite soeur. Avec un peu de chance, Martial se détournerait de son intérêt sur les machines tueuses, il ne me poserait plus de questions qui risqueraient de me mettre dans l'embarras. Et surtout, Séverine pourrait sortir de son mutisme. Elle aussi avait le droit de parler, ce n'était pas Martial qui allait le lui interdire, et surtout pas dans mon manoir.
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyJeu 21 Déc - 23:08

Sa femme restait silencieuse. Bien. Elle comprenait, lentement, avec douleur s'il le fallait. Mais elle comprenait, que son avis ne comptait pas. Que personne ne s'intéresserait,jamais plus, à ce qu'elle avait à dire ou à ce qu'elle faisait, et ce bien que tous les yeux soient braqués sur elle dès qu'elle faisait un mouvement. On la surveillait à ne rien faire, et pour s'assurer que, toujours, elle ne ferait rien.
Une femme tapisserie, quoi, même si il n'était pas normal de pendre sa femme à un mur pour l'exposer - du moins pas en Bellifère, à voir ailleurs -. Il remercia doucement son hôte lorsqu'il lui tendit sa tasse.

En revanche, il pouvait sentir qu'il se tendait, cherchait, aux mouvements de ses yeux, un confort qu'il perdait lentement dans ses mots, alors que Martial était plus qu'intéressé par ce qu'il pouvait lui apprendre. Plus que pour la puissance, plus que pour la peur, il était fasciné par ces machines. Il ne se considérait pas particulièrement comme un excellent guerrier, oh que non. Plutôt comme un guerrier de Bellifère, et ça changeait tout. Mais contre un adversaire de cette taille, de ce talent, l'homme avait été impuissant, et c'était cette impuissance, cette défaite cuisante - quoi que permettant de se forger - que l'héritier du trône du duché de la Guerre cherchait.
Un homme maîtrisant cette puissance pourrait entraîner les meilleurs des combattants. Une armée mieux formée que toute autre. C'était ça qui brillait, dans le regard acier du futur duc. Ca, et l'envie de donner à Bellifère ... Quelque chose.

Fort malheureusement, ou heureusement, la réponse presque laconique du seigneur des lieux réussit à refroidir l'enthousiasme de Martial. Oh, il n'oublierait pas. Il se souviendrait, peut-être même tenterait de se renseigner une fois rentré à Hacheclair. Il décida de ne pas pousser, ses mains refermées calmement sur sa tasse. Sa soif de connaissances sur ces curieuses choses ne se ferait pas au détriment de la volonté de leur hôte. Il avait le droit à du respect, d'autant plus qu'ils étaient chez lui, et non chez Martial. Au palais ducal, cela aurait pu être différent, même si jamais le blond n'aurait cherché à pousser dans ses retranchements un invité lors d'une conversation lambda. "Je vois."
Tout aussi laconique. Tout aussi énigmatique.
Il porta sa tasse à ses lèvres, ses yeux se glissant sur le fils toujours présent - menace infime, mais menace de farce, de mauvaise histoire - puis sur sa femme. Il n'était pas si réducteur que ça, le duc. Si on lui parlait, elle avait, quand même le droit de répondre et d'entretenir une conversation !
Sinon, il en aurait enlevé une muette. En revanche, il surveillait ses mots, et les gestes de celle qui était sous sa protection. Pas question qu'elle se ridiculise... Et le ridiculise.



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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptySam 23 Déc - 14:32

Séverine pouvait sentir au ton de Martial qu'il n'était pas satisfait de la réponse de Raygnar, mais elle avait la vague impression qu'il y avait quelque secret que le vieil homme ne désirait pas révélé. Elle savait ce qu'il s'était passé en Erebor à sa dernière visite, il avait provoqué la colère du duc Anthim et en avait été mutilé. Était-ce en lien avec ces Sentinelles désactivées qu'il avait trouvées ou vues? Séverine ne savait trop quoi en penser. D'ailleurs, cela ne la regardait pas tout à fait non plus, mais c'était une information potentiellement intéressante. Si l'on excluait que le seigneur d'Ysgramor était un ami et qu'elle ne désirait pas lui causer d'embarras. Elle se sentait partagée entre son affection pour le quadragénaire et ses propres aspirations personnelles. Elle y repenserait plus tard. D'autant que ses suppositions sans fondements avérés pouvaient se révéler désastreuses sur le plan diplomatique si elle les divulguait. Elle commencerait donc par garder le silence et écouter cette conversation entre son époux et leur hôte. Peut-être pourrait-elle tenter d'en apprendre d'avantage avant de ne se lancer dans une spéculation dangereuse. Surtout que le sultan erebien pourrait lui être un allié fort utile contre Castiel. Si elle arrivait jamais un jour à le rencontrer. Pour le moment, c'était plutôt peu envisageable, mais elle espérait un jour un retour de situation.

Toute à ses réflexions, elle fut un peu surprise que l'on s'adresse à elle, mais malgré tout elle en était reconnaissante à cet homme qui lui faisait presque figure de père, elle qui avait tout perdu. Elle sourit avec une modestie qui n'était pas feinte cette fois, rougissante de se voir complimentée ainsi par cet homme qu'elle estimait beaucoup. Quelques compliments de temps en temps étaient plutôt agréables.
006666]Vos propos sont extrêmement flatteurs messire,[/color] souffla-t-elle sans jeter un regard à Martial, Votre fille est une fort charmante personne et je suis enchantée d'avoir fait sa connaissance. J'espère qu'aux dernières nouvelles elle se portait bien. » Il n'était pas certain qu'un courrier lui soit parvenu de Svaljärd en si peu de temps, à peine quelques jours plus tôt, Raygnar était lui aussi encore au palais. Séverine quant à elle espérait sincèrement une lettre de cette nouvelle amie une fois qu'elle serait de retour à Hacheclair. La liste de ses correspondantes d'enflait doucement et elle devrait y faire attention si elle ne désirait pas qu'on ne se mette à la surveiller de trop près.

« Demoiselle Elanin votre fille m'avait vanté le confort de la demeure familiale et je dois avouer que je puis comprendre son affection pour cet endroit. C'est très charmant, » ajouta-t-elle. Pouvait-elle parler autre chose que de banalités? Certainement pas. Ses yeux se posèrent un instant sur Martial, cherchant à lire sur son visage s'il la trouvait suffisamment pot de fleurs décoratives dans son discours ou s'il était mécontent. C'était difficile à dire car il avait toujours cet air si sérieux qu'elle ne pouvait pas à tous les coups interpréter correctement. Son courage et son esprit pendant la fuite des nobles lors des derniers événements l'avait bien servie auprès de son époux et elle espérait poursuivre sur cette voie. Elle ne désespérait pas encore de se l'attacher et d'arriver à se faire la place qu'elle désirait.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyLun 25 Déc - 22:04

Ma réponse ne lui plaisait pas, mais, étrangement, cela ne m'importait peu. Je risquais le cachot, peut être même la mort, si cette information venait à être révélée. Après tout, je m'étais introduis par effraction dans un bâtiment, j'avais délibérément participé à un vol, et je m'étais enfui. Cette action, je devais l'avouer, même si elle n'était pas bien glorieuse, m'avait empli d'une étrange excitation. Rien que le fait de savoir que j'allais sans doute découvrir des informations qui seraient capitales pour l'écriture de mon recueil avait suffi pour que j'accepte cette mission, et pour que je prenne la route, au péril de ma vie, jusqu'en Erebor. J'avais eu l'impression de rajeunir de vingt ans, même si mon corps m'a vite rappelé que j'approchais de la cinquantaine. C'était terriblement... Excitant, envoûtant. Si j'avais été plus taillé pour l'action, j'aurais même pu dire que c'était également très amusant.

Quoiqu'il en soit, la réponse du jeune prince laissait penser qu'il était déçu de la mienne. Il devait sans doute s'attendre à ce que je lui dévoile la position exacte de ces Sentinelles. Et puis quoi encore ? Pendant qu'on y était, j'allais l'y emmener, et me laisser trucider par les gardes d'Anthim pendant que Martial faisait joujou avec ces fichues machines. Non, il devrait se contenter de ça, je ne pouvais rien faire de plus. S'il voulait ces machines, qu'il aille en parler à ... Non. Pas à Anthim. Mon nom risquerait sans aucun doute par être entendu dans la conversation et c'était bien la dernière chose que je voulais : qu'Anthim entende à nouveau parler de moi. J'avalais une gorgée de vin chaud, le regard rivé dans celui du prince. Sa détermination m'effrayait, et je savais qu'il arriverait à trouver le moyen d'obtenir ce qu'il voulait. Tout ce que j'espérais, c'est d'être tenu à l'écart de tout cela.

Je profitais du silence qui s'était installé pour parler d'Elanin à Séverine. Voila qui pourrait détourner la conversation de ce sujet très embarrassant. La jeune femme, visiblement heureuse d'être de nouveau au centre de l'attention, me fit un sourire, et ses joues prirent une teinte plus rosée. Rolf l'était tout également. Je savais qu'il était fier de sa petite soeur, et entendre parler d'elle devant la future duchesse de Bellifère devait lui faire plaisir vu le sourire qui s'étirait sur son visage. Séverine me dit qu'Elanin etait une demoiselle tout à fait charmante, et qu'elle était heureuse d'avoir fait sa connaissance. Elle espérait d'ailleurs qu'elle se porte bien. Elle ajouta que ma fille avait beaucoup vanté le confort du manoir familial, et qu'elle trouvait ma demeure plutôt charmante. Mon regard croisa celui de Rolf, et je retins un rire. Ma demeure, charmante ? La pauvre Séverine n'avait pas du beaucoup voir de manoirs kyréens. Et cela m'étonnais qu'Elanin ait tant vanté le confort de l'endroit où elle avait grandi. Je me rappelle encore que, la veille de notre départ pour la capitale, elle me disait qu'il serait temps de refaire les tapisseries dans les chambres, et que les pierres des couloirs étaient beaucoup trop froides. Bien évidemment, elle devait vivre dans un milieu bien different aujourd'hui, et je doutais que le froid manoir où elle avait grandi lui manque tant que cela. Je chassais ces pensées, esquissais un petit sourire et répondis  à Séverine :

"- Ma fille a sans doute quelque peu exagéré... Mais je vous laisserais en juger par vous même. J'ai fait préparer une chambre pour la nuit. "
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 29 Déc - 11:16

Il avait presque oublié que sa femme pouvait parler, tiens. Ce qui n'était pas plus mal, car sa voix avait le don de l'énerver quand il était déjà quelque peu énervé. Que n'avait-il épousé une Belliférienne avec autant de vocabulaire que de retenue, qui se serait contentée d'acquiescer et de sourire quand on lui demandait ! Non, non, il avait fallu qu'on lui imposât une femme d'une autre trempe, loin de tout ce qu'il avait connu. Et si son inconscient, peut-être, se délectait du défi et des efforts qu'elle faisait, son esprit bien trop belliférien et modelé par des années de précepteurs de son duché - bien que tempérés par Ermengarde, faille dans l'éducation si parfaitement masculine - s'offusquait de la savoir bien trop intelligente pour former des phrases de plus d'une dizaine de mots.
Et il s'offusquait également d'être relégué à l'arrière, mais, ça, ce n'était que justice. Après tout il avait laissé le seigneur des lieux s'adresser à Séverine et chercher à lui faire la conversation. Il ne savait pas bien, encore, quels étaient les liens qui les liaient - anciens amants ? Non, sa femme était une femme d'apparence, de ce qu'il en savait. Loin d'elle l'idée de glisser dans son lit quelqu'un au physique si particulier. Mais quand même.
Il devait vraiment, un jour, s'inquiéter de qui lui avait retiré le privilège d'un drap à exhiber le jour suivant son enlèvement, même si la conversation risquait de ne pas tourner forcément à son avantage.

Voilà donc Martial réduit à écouter des échanges de banalités encore pires que celles qu'il avait lancé lui-même. Horrible. Mais bon. L'impatient qu'il était devait prendre son mal en patience. Et puis, au moins, les banalités lui permettaient de détendre son esprit et d'oublier la douleur de son corps, lancinante. Cicatrices pour Ibélène.
Une pensée le traversa. Sa femme semblait plus détendue, presque joyeuse... Enfin, il supposait. Jamais encore n'avait-il vu cette expression sur son visage.

⚔️⚔️⚔️⚔️⚔️


La soirée passa, sous l'hospitalité bienveillante du seigneur d'Ysgramor... Enfin, légèrement froide, face à Martial, m'enfin. Le jeune héritier de la couronne ducale faisait de son mieux pour ne pas commettre d'impair, tentant même d'être agréable avec celui qui semblait avoir des vues sur sa femme ainsi qu'avec son hôte. Il ne souhaitait pas entacher les relations que Bellifère avait avec Valkyrion : si Hjalden demeurait son ami, cela ne signifiait pas forcément que toute sa noblesse entretenait la même entente cordiale avec le duché de la Guerre. Et il n'y avait rien chez le noble qui n'empêche une future collaboration... Bon, à condition que son fils ne cherche plus à regarder trop intensément Séverine.
Et puis était venu l'heure du repos, bienvenue. Les chambres préparées, séparées par un mur de pierres glacées. Comment, en plein mois d'été, pouvait-il faire si froid ? Maudit duché.
Le sommeil n'avait pas voulu de lui. Dès qu'il fermait les yeux, il revoyait les Sentinelles se dresser devant l'empereur et lui, impuissant à les stopper. Il sentait les coups, ses blessures se rouvrir - voies pour une infection si simple, pour une maladie si dangereuse - sans pour autant l'être réellement.
Dormir n'était pas envisageable. Repoussant les draps et affrontant l'air frais sur la peau nue de ses bras, il se décida à aller juste dans le couloir. Il n'oserait pas troubler le repos de celle qui était sa femme, car elle était déjà désagréable dans sa couche la plupart du temps, alors au réveil...
En revanche, à peine sa porte fut-elle ouverte qu'il remarqua que la sienne était, également, grande ouverte.
Grande ouverte, sur une chambre vide.
Son sang ne fit qu'un tour, car cela ne pouvait signifier que deux choses : soit elle avait été enlevée, et pas dans le sens belliférien - on n'enlevait pas une femme mariée, allons donc ! -... Soit il allait finir avec des cornes sur la tête.
Et il n'appréciait aucune des solutions.  Il devait en avoir une troisième, assurément... Et Martial devait retrouver son épouse.

HRP:
 


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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyDim 31 Déc - 12:03

L'intervention de Raygnar fut quelque peu providentielle pour la pauvre Séverine qui s'ennuyait fermement de la conversation morne et indigne d'intérêts des deux hommes.  En même temps, la conversation de son époux ne lui avait jamais réellement paru comme quelque chose à rechercher.  Si elle n'était pas complètement ennuyante, c'était bien parce qu'elle était ponctuée de leurs disputes, ce qui ajoutait un peu d'intérêt au tout.  Il était impossible de laisser son attention se relâcher, cela pouvait garantir la victoire de l'adversaire et ni l'un ni l'autre n'était prêt à céder face à l'ennemi.  L'ironique étant que cette inimité se renforçait dans l'intimité alors que ni l'un ni l'autre ne voyait d'intérêt à s'attirer le mécontentement de l'autre.  Peut-être étaient-ils tout simplement comme ça, incapables d'avoir un semblant d'entente quand ils pouvaient s'engager dans un combat de cornes et de sabots.  Elle ne lui ferait pas le plaisir de céder la première.  Et d'ailleurs, l'attention toute particulière que lui portait Raygnar était aussi savoureuse qu'une victoire sur son époux.  Elle avait de l'esprit et des hommes autre que lui savaient le remarquer et l'apprécier.  Inconsciemment, alors qu'ils n'échangeaient vérité que de simple banalités, les joues de Séverine prenaient une teinte plus rosée et elle ne se montrait plus aussi crispée, détendue presque.  Elle n'oubliait pas totalement Martial qui était tout près d'elle, mais les regards qu'elle lui jetait pour vérifier qu'il n'était pas ennuyé de la voir discuter étaient de moins en moins fréquents.  Sous l'oeil paternel de leur hôte, elle n'avait plus l'impression de devoir autant prendre ses précautions, cesser de toujours chercher l'approbation du futur duc de Bellifère, car elle avait l'impression qu'elle n'en avait plus besoin, que ce père qu'elle avait choisi, elle était protégée.

En fait, ce qui lui plaisait le plus c'était d'être la seule femme complètement au centre de l'attention des hommes.  Le fils de Raygnar se montrait empli de politesses élégantes à son égard, bien qu'il semblait faire attention aussi de ne pas pousser la galanterie trop loin.  Si on excluait son propre époux,  tout le monde semblait prendre à cœur de lui plaire et de lui rendre le séjour agréable.  Une telle soirée ne pouvait que se terminer trop tôt et c'et avec regrets que Séverine se laissa guider d'abord vers sa chambre où Prudence l'attendait, prête à la dévêtir et à la préparer pour la nuit.  Tandis que la duègne lui brossait les cheveux, pour une fois la jolie brunette ne se plaignit pas qu'elle en perdrait la moitié si elle continuait à tirer aussi fort.  Elle était occupée par de charmantes pensées à propos de cette agréable soirée, mais aussi à propos du fils de Raygnar à qui il l'aurait bien mariée.  Bâti et fort, il était plutôt élégant.  Plus joli garçon qu'elle ne l'avait imaginé, il ressemblait moins à son père qu'elle ne l'aurait cru.  Il était toutefois tout aussi courtois et l'aurait bien raccompagnée jusqu'à sa chambre si cela n'aurait pas provoqué une colère de son époux.  Ce qui était plutôt raisonnable en soit.  On ne vole pas la femme des autres sous prétexte qu'on les accueille chez soi.

Bien que fatiguée, Séverine ne fit que semblant de se mettre au lit lorsque Prudence la quitta.  Comme il était commode qu'on lui aie donné une chambre à elle seule et elle supposait que le froid des couloirs enlèverait toute envie à Martial de venir visiter sa couche pour se plier au déplaisant devoir conjugal.  Elle n'en revenait toujours pas de savoir qu'elle pouvait avoir ce genre de pensée.  Qui l'aurait cru quand on songeait au nombre multiplié de ses partenaires depuis… tout cela remontait à bien longtemps.

Après un long moment, elle se redressa sous les couvertures et glissa ses pieds dans ses pantoufles pour aller écouter à la porte : pas de bruit.  S'enveloppant de sa cape par-dessus sa chemise de nuit – une plutôt décente qui lui couvrait la gorge en raison du froid – elle ouvrit doucement la porte, craignant de faire grincer les gonds.  Il n'y avait personne dans le couloir et elle s'y faufila en voleuse.  Elle avait une idée bien décidée dans la tête.  Elle avait songé un instant à tenter d'aller rejoindre sous la couette l'héritier des lieux, mais elle éprouvait curieusement un certain malaise à l'idée d'ainsi trahir Martial, malaise qu'elle dissimulait en se disant qu'elle craignait d'être punie si on la trouvait dans les bras d'un autre homme.  Plutôt, elle désirait pouvoir parler en privé avec Raygnar et pouvoir avoir une véritable conversation avec le patriarche contrairement à celles qu'ils avaient eues ce soir et au palais ducal de Svaljärd.

Elle avançait à tâtons dans les couloirs sombres de la demeure en quête du maître de céans quand elle buta contre quelque chose qui dégageait de la chaleur : une personne.  Elle paniqua un instant, se voyant prise sur le fait.  Elle n'osa pas lever la tête vers la personne qu'elle avait percutée : et si c'était Martial?








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyMar 2 Jan - 21:35

Séverine était aux anges. Elle qui paraissait s'ennuyer à mourir il y a quelques minutes était maintenant pleine de vie, souriant, répondant à mes questions et à mes remarques avec aplomb. La voir comme ça me réchauffait le cœur. C'était comme ça que je la connaissais, Séverine, pimpante, curieuse… Séverine n’était pas faites pour l’existence que lui imposait Martial, elle n’était pas une femme qui se soumettait facilement. Je devinais alors que leur vie de couple devait être tout sauf facile. Les disputes et les désaccords devaient être fréquents. Cependant, je ne pu m’empêcher de me réferer à ma propre expérience. Frida et moi, c’était loin d’être le grand amour, au début de notre mariage. Mon tempérament calme, froid, ne coïncidait pas avec son énergie, ses manières chaleureuses qui n’avaient rien de kyréen. Sa famille avait du sang cielsombrois, même si cela remontait à plusieurs siècles. Elle ne me l’avait jamais dit, mais je l’avais su par l’intermédiaire d’un de ses frères. Voilà que je m’égare. Notre relation était donc très compliquée, surtout dans les premières années. Obnibulé par mon domaine et mes toutes nouvelles responsabilités, je ne faisais pas très attention à mon épouse, qui devait trouver de quoi s’occuper toute seule. Je m’étais uni à elle par sens du devoir, et c’était avec le même état d’esprit que je remplissais mes obligations conjugales.
Mais, comme je le disais, c’était au début. Il a fallu que Rolf naisse pour que j’ai une sorte de déclic. A partir de ce moment, j’étais plus prévenant envers Frida, j’apprenais à la connaitre, et nous nous sommes découverts beaucoup de points communs. J’ai appris à l’aimer, et, jusqu’à son dernier souffle, nous formions un couple fusionnel, complice, et ce, même quand la situation était difficile.

Peut être que ça allait se reproduire, pour Martial et Séverine ? Ils étaient loin d’être de bons amis, encore moins d’être amoureux l’un de l’autre, mais cela pourrait changer. Je regardais les deux époux, l’un après l’autre. Ce n’était pas impossible, même si j’avais du mal à concevoir une entente entre ces deux électrons libres qu’étaient Martial et Séverine. Deux tempéraments totalement opposés pourraient se réunir, si jamais la situation s’y prêtait. Je pensais alors à l’attaque des Sentinelles. Que s’était-il passé ? Comment ont-ils agi ? Séparément ou bien ensemble, tel un couple marié ayant conscience qu’ils ne forment qu’une seule entité, à eux deux ? Je devais avouer que, devant ses machines, s’ils avaient été côte à côté, je les imaginais déterminés, complice, puis triomphant. Castiel avait peut-être bien fait de les unir, ces deux-là, même si cela faisait le malheur de Séverine. Peut être avait-il, sans le savoir, contribué à une sorte de renouveau pour Bellifère. Un renouveau où régnerait à sa tête un couple au tempérament explosif des bellifériens, et à celui plutôt libéré, sans aucune limite, des cielsombrois. Je me demandais ce que ça allait donner, quand Martial deviendrait duc. J’étais alors incapable de dire si cela allait être bon, ou mauvais, ne connaissant pas suffisamment Martial pour y apporter un jugement sincère et concrets.
En parlant de Martial, je sentais que celui-ci n’appréciait pas d’être relégué au second rang. Je pris cependant le temps de répondre à Séverine, profitant de son sourire, que j’avais rarement vu depuis nos retrouvailles à Svaljärd.

----------------------------------------------------------------------

La soirée passa. Je fis servir un bon repas à mes invités, à base, bien sûr, de spécialités locales. Je leur fis gouter, par exemple, du yack servis sur son lit de marrons, accompagné d’eau de vie. Mon cuisinier s’était surpassé, et je lui fis transmettre, par l’intermédiaire de mon majordome, toute mes félicitations, et lui accordait quelques jours de repos. Bien entendu, il attendra le départ de Martial pour s’en aller. Je n’allais quand même pas me passer de son talent avec de tels invités dans mon manoir. Durant le repas, mon frère nous avait rejoint, et avait passé le repas à parler de ses expériences de chasse. En véritable passionné, il raconta l’histoire de l’ours blanc enragé, histoire que j’avais entendu une bonne centaine de fois, à Martial et à sa suite. Et, pour mon plus grand malheur, il se vanta de la taille de l’ours dont la tête reposait sur l’âtre de la cheminée de la grande salle. Mon frère…. C’était l’exact contraire de moi. Il ressemblait beaucoup plus à mon père que moi, et il ne manquait jamais de me le rappeler en plaisantant. Il me disait que je devais avoir sauté une génération, vu ma ressemblance avec notre grand-père, et riait en disant que Rolf avait eu de la chance. Il avait le tempérament plus chaleureux, même s’il restait un kyréen pur-sang. Je me demandais alors s’il aurait fait un meilleur seigneur que moi, puis me rassurais en me disant qu’Ysgramor ne se serait pas porté aussi bien sans moi.
La présence de mon frère eu cependant un effet plutôt bénéfique, il occupa suffisamment Martial pour que je puisse glisser quelques mots à Séverine. Quelques mots, car j’étais constamment à l’affut du moindre problème, et j’ai eu plus l’impression de passer le repas en compagnie de mon majordome qu’avec Martial et sa suite. Rolf, quant à lui, semblait en pleine conversation avec un guerrier bélliférien qui lui racontait le Tournoi des Trois Opales dans les moindres détails.

La nuit tomba, l’air devenait plus froid. Je fis monter plus de bois dans les chambres, les cheminées étaient toutes allumées. Je laissais mes invités s’installer, et montais dans ma bibliothèque pour travailler, après m’être assuré que tout le monde avait tout ce dont il avait besoin. Assis à un bureau, un livre grand ouvert, je regardais ma page blanche, seulement avec le titre que j’avais prévu pour mon recueil. Je soupirais. L’inspiration ne venait pas, malgré mes nombreuses tentatives. Tous ces voyages, toutes ces rencontres, et toutes ces souffrances, pour bloquer devant une page blanche, quelle ironie ! Je devrais pourtant avoir beaucoup de choses à coucher sur le papier, avec tout ce que j’ai appris. Je regardais le doigt mutilé de ma main gauche, et fis un petit sourire. Un recueil d’histoire, c’était plutôt courant. Nombreux étaient ceux qui en avaient écrit et fait publier. Je devrais peut-être tenter autre chose. Je mis ma page de côté, en pris une autre, et commençait à écrire en grand le nom du duc d’Erebor, et, sans savoir ce que ça allait donner, je couchais sur le papier mes impressions sur le Duc d’Erebor. Je décrivais sa manière de se présenter aux inconnus, son palais, sa manière de parler. Je le décrivais comme un lion, ces espèces de fauves à perruques du désert. Un lion noble, impétueux, et très dangereux.

Les heures passèrent, et, quand je sentis la fatigue me gagner, j’avais bien avancé, et j’étais fier de moi. Je me levais, allait dans ma chambre et me préparait à aller me coucher. Je fis ma toilette, enfila ma chemise de nuit. J’attisais de nouveau le feu quand j’entendis du bruit dans le couloir. J’ouvris la porte et, pieds nus, je sortis, chandelle à la main. Le froid ne me gênait plus beaucoup, mais, ce qui m’inquiétait, c’était la possible présence de rats, ce dont je ne voudrais pour rien au monde. Je sifflais mon chien, mais celui-ci, vieillissant, ne pris même pas la peine de lever la tête. Je soupirais et m’engageais dans la pénombre. Au bout d’un moment, une petite ombre furtive me percuta. Je baissais la tête. Séverine. Je soupirais de soulagement. Je lui dis, à voix basse pour ne pas réveiller Rolf qui dormait à quelques pièces de là :

« - Séverine, vous m’avez fait peur ! » Je souris et posais une main sur son bras avant de reprendre : « - Ne restons pas dans le couloir, même si j’y suis habitué, il y fait très froid, même en été. Suivez-moi je vous prie. »

Je la menais jusqu’à ma chambre et, quand elle fut entrée, je lui désignais un confortable fauteuil devant la cheminée, au cas où elle voudrait s’asseoir. J’enfilais une paire de chaussons, et la rejoignit. Mon chien, allongé devant l’âtre, ronflait paisiblement. Je me tournais vers Séverine et lui dis :

« - Séverine, croyez-moi ou pas, mais je suis fier de vous. Vous ferez une bonne duchesse. J’en suis certain. »
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyMer 3 Jan - 12:34

Les couloirs étaient glaciaux, et ce même en plein été. Quel était ce duché, franchement ? Martial regrettait la légère fraîcheur des couloirs étroits d'Hacheclair, ceux qui menaient secrètement à des pièces où, enfant, il n'avait pas le droit de se rendre. Ces pièces désaffectées, chambres d'enfants où personne n'avait dormi depuis trop longtemps, anciennes armureries, où il jouait avec Madeleine. Où personne ne les trouvait, jamais. Leurs cachettes que, depuis, Martial avait abandonnées.
Il regrettait la chaleur des pierres de sa chambre sous sa paume, quand la canicule frappait, il regrettait l'air frais qui courait entre les tentures de la salle du trône ducal, il regrettait même la pluie qui s'abattait sur Hacheclair quand il voulait, enfin, sortir, transformant le monde en quelque chose de gris.
Ici, supposait-il, la pluie gelait avant d'atteindre le sol et c'étaient d'autant plus de flocons qui devaient se précipiter pour s'empiler sur les autres. Ici, c'était fraîcheur contre froideur, tous les jours de l'année.
Frissonnant sous la chemise ample qui lui servait de tenue de nuit, il tenta d'oublier ledit froid qui transperçait ses os, pour se concentrer sur sa tâche.

Heureusement pour lui, qui avait oublié sa chandelle, il était plutôt bon à se repérer. Une main sur le mur de droite, il avançait à tâtons quand la lumière devenait trop chiche pour y voir autre chose que ses pieds. Au détour d'un couloir, il se stoppa. Là, des éclats de voix, presque incompréhensibles. Il reconnut Séverine et leur hôte, et son sang ne fit qu'un tour - se tempérant, pourtant. Il avait donc tort, se dit-il, quant aux charmes inconnus de l'homme au physique particulier qui leur accordait l'hospitalité en ce jour. Il semblerait que la garce qui lui servait d'épouse - et de ventre, très stérile - ait tout de même choisi celui-ci.  
Le blond les vit disparaître dans une pièce et, sans le moindre bruit, s'avança jusqu'à la porte de la pièce. De la lumière en filtrait, ainsi que les voix des deux protagonistes.

Il s'était juré, après une mauvaise expérience, de ne plus gêner la bonne ouverture d'une porte. Mais pas d'y écouter.
Le problème, c'était que le son ne serait pas excellent. Les pierres ne laissaient pas s'échapper les sons aussi bien que d'autres matériaux, et la porte de bois lourd n'était pas plus utile. Heureusement que celle-ci était entrouverte sinon il n'était même pas sûr d'entendre la conspiration entre son épouse et celui qui descendait en flèche dans son estime.
Il voulait savoir, Martial. Savoir ce qu'ils se disaient, ce qu'il se tramait, avant de faire irruption. Savoir s'il devait laisser l'homme en vie, ou si au contraire il devrait ferrailler contre lui au risque d'offenser le dieu de l'hospitalité. Y en avait-il seulement un ? Sans doute. Du moins, Martial le saurait s'il l'offensait, à n'en pas douter.
Appuyé contre le mur, et, déjà, convaincu de la culpabilité de son épouse, il écoutait les mots qui lui parvenaient sans se douter un seul instant qu'ils puissent être déformés, que l'information qui lui parvienne puisse être différente... Ou qu'il puisse être surpris, dans une tenue bien peu noble à ses yeux.


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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyMer 3 Jan - 17:03

La vague de soulagement qui envahit Séverine en entendant la voix de Raygnar fut immense.  Au moins elle n'aurait plus à le chercher et elle ne risquait de tomber sur Martial en ouvrant la mauvaise porte.  Avant ce soir-là, elle n'avait jamais réalisé que Raygnar n'était pas si frêle qu'il en avait l'air.  Ou peut-être réalisait-elle simplement que c'était elle qui était plus fragile qu'elle ne voulait l'avouer?  Un frisson la parcourut et elle fut bien contente de pouvoir entrer dans une pièce où brûlait un bon feu chaud.  Elle n'avait pas pensé qu'il ferait si froid en été, même avec une cape pour se couvrir du froid.  Peut-être était aussi les pierres des murs qui emprisonnaient bien le froid à l'intérieur, mieux que qu'elles ne capturaient la chaleur.  Elle s'assit dans le fauteuil, comme l'avait invitée à le faire son hôte.  Ce n'était pas une maison de confort, elle l'avait bien remarqué, mais en fait elle s'y sentait mieux qu'au palais ducal d'Hacheclair.  Elle s'y sentait trop comme un oiseau en cage, elle avait besoin de liberté, une liberté qu'elle n'aurait probablement jamais en Bellifère.  Elle souffrait de cela, mais elle ne pouvait pas en parler.  Elle en avait touché quelques mots à Raygnar lorsqu'elle l'avait croisée à Svaljärd, mais le lieu n'était pas propice à la discussion, pas dans ce genre de sujet.  Elle ne pouvait pas se plaindre ouvertement de la vie qu'elle menait alors qu'il y avait des oreilles partout pour déformer ses propos, nuire à l'image de Martial.  Elle ne le voulait pas.  Elle avait besoin qu'il devienne duc, qu'il soit respecté. Un duc faible et méprisé ne lui aurait été en rien utile à ses désirs de vengeance.

Elle conserva le silence un instant avant de remercier Raygnar pour ses gentils mots à son égards.  « Vos paroles sont emplies de noblesse sire, mais je ne crois pas qu'on puisse réellement parler de bonne ou de mauvaise duchesse en Bellifère, pas dans le sens où vous l'entendez, » souffla-t-elle avec douceur.  La Séverine aux épines était rangée, il ne restait que quelques pétales de fleur.  Elle adressa un sourire triste au seigneur, incapable de poursuivre son discours pour le moment.

« Je vous demande encore pardon de ne pas vous avoir dit l'exacte vérité quand je vous ai parlé de ma situation en octobre dernier.  Je crois… je crois que vous pouvez comprendre pourquoi je ne l'ai pas fait. » Elle soupira de nouveau et secoua la tête avant de plonger son regard dans le feu.  C'était joli.  Elle aimait cette couleur vive qui dansait devant ses prunelles.  Sauvage mais contrôlée était cette flamme.  Elle était prisonnière de l'âtre et ne pouvait s'en échapper, mais elle était libre de s'y mouvoir à sa guise au moins elle.  Pas comme Séverine.  Les limites de sa cage étaient encore plus contraignantes.

« Je… je suis fort malheureuse.  Rien n'est fait pour moi en Bellifère, rien.  Je n'y ai pas ma place, je ne puis plus être moi-même.  Je dois devenir comme ces fades filles qui viennent de là-bas, même ma tenue m'est dictée.  Toutes mes notes sur le ciel ont été perdues ou presque quand on m'a enlevée à Lorgol pour m'emmener à la rencontre de Castiel qui avait fait les tractations de ce mariage.  Vous qui êtes historien, vous devez comprendre ce que je ressens.  Pourriez-vous vous passer de l'histoire?  Le ciel est pourtant magnifique en Bellifère, les étoiles y brillent si vivement, mais je n'ai pas pu tracer leur positionnement depuis des mois déjà…  Je crois qu'il y a beaucoup de chose que je ne comprends pas, je n'ai pas été élevée comme une princesse, je ne devais que devenir baronne et me voilà la femme du futur duc de Bellifère.  Ce n'est pas mal place.  Raillée, moquée, méprisée.  Je ne le supporte plus.  Je suis forte, mais… »

Elle ne poursuivit pas sa phrase.  Même devant Raygnar qu'elle considérait comme un second père, elle n'osait se montrer complètement faible et nue.  Elle ne pouvait pas faiblir si elle voulait vaincre un jour.  D'ailleurs, elle n'avait même pas réalisé qu'elle s'était mise à déballer tous ses petits problèmes devant lui.  Ça lui était venu naturellement, comme avec Frederik quand elle était petite et que les soucis d'enfants venaient l'embêter.  Comme ses parents lui manquaient.  Elle avait si besoin d'eux désormais.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyJeu 4 Jan - 22:43

Séverine paraissait soulagée. Je la comprenais, elle aurait surement eu moins de chance si elle était tombée sur Martial. Je regardais derrière moi, de peur de voir le prince arriver en trombe. J'étais certain qu'il n'apprécierait pas de voir son épouse seule avec moi. Même si j'étais d'un certain âge, veuf et blessé, je représentais une certaine menace pour le jeune couple. Je me hâtais de faire rentrer Séverine dans ma chambre, pour qu'elle puisse se mettre au chaud. Les froids couloirs de mon manoir n'étaient pas fait pour retenir la chaleur, où alors rien n'avait été fait pour que cela soit le cas. Je la fis donc entrer dans ma chambre. Le feu diffusait une chaleur agréable dans la pièce, et je laissais la jeune femme s'asseoir sur un fauteuil, non loin de l'âtre. Mon manoir devait être très diffèrent de ce qu'elle connaissait en Bellifère, surtout par rapport au confort, mais je voyais bien que Séverine s'y sentait bien. Je m'approchais d'elle et lui dis que j'étais très fier d'elle, pour tout ce qu'elle endurait depuis son mariage avec Martial.

Elle me regarda, silencieuse, et je craignais de l'avoir offensée, même si je ne voyais pourquoi. Elle finit par me dire que mes propos étaient emplies de noblesse, mais qu'on ne pouvait pas encore parler de bonne ou de mauvaise duchesse. Je la regardais, et elle me fit un sourire, incapable de continuer dans ce discours. Je me contentais donc de hocher la tête. Seul le temps nous dira quel genre de duchesse fera Séverine. J'espérais pour elle que tout se passe bien, elle le méritait. Je me baissais pour gratter les oreilles de mon chien, songeur. Séverine ferait-elle vraiment une bonne duchesse ? Je la connaissais à peine et, pourtant, j'en avais la certitude. Je considérais la jeune femme comme ma propre fille et, si elle avait vraiment été de mon sang, elle aurait sans doute fait une dirigeante d'exception. Est ce que c'était prétentieux de ma part ? Bien sur que non. Ysgramor était un domaine qui se portait très bien, surtout depuis le début de mon règne, et je ne doutais pas que Rolf saurait continuer dans cette voie là.

Séverine s'excusa de ne pas m'avoir dit toute la vérité sur sa situation en octobre dernier, et que je pouvais comprendre pourquoi elle ne l'avait pas fait. Je soupirais doucement et lui dis avec un petit sourire :

"- Je comprends Séverine. Vous veniez à peine de me percuter sur les marches de l'Académie, à ce moment là. Pourquoi révéler les secrets de votre famille à un parfait inconnu ?"

Elle avait bien fait de ne pas le faire à ce moment là. Imaginons, j'étais un ami proche de Castiel, j'aurais tout de suite fait le lien entre les deux familles si Séverine m'avait raconté son histoire, et elle se serait retrouvé dans une fâcheuse posture. Non, moi-même, je me méfiais des inconnus, surtout depuis que les gardes d'Anthim m'avaient tranché deux bouts de doigts. Mon chien laissa échapper un grognement dans son sommeil, et je le laissais tranquille. Je me relevais, tout en retenant une grimace quand mon genou me rappela qu'il n'était plus fait pour ce genre d'exercices. Séverine reprit la parole, et je sentis le désarroi et le désespoir dans sa voix.

Elle était malheureuse. Séverine était malheureuse. Rien n'était fait pour elle en Bellifère. Elle craignait de devenir comme une de ces femmes fades, qui n'avaient même pas le droit de choisir leur tenue. Ses observations du ciel lui manquaient terriblement, et tous ses travaux avaient disparus. Je comprenais ce qu'elle ressentais. Et, quand elle m'en posa la question, je ne pus que faire une petite moue de la bouche. J'avais également perdu une partie de mes recherches, en Erebor. J'ignorais encore si elles avaient été égarées dans le Musée des Savoirs Perdus, dans ce cas là, si on le retrouvait, j'étais dans de beaux draps. Sinon, on me l'avait volé. Dans ce cas, il était définitivement perdu, il n'y avait plus rien à espérer. La jeune femme poursuivit, d'une traite, en me disant qu'il y avait beaucoup de choses qu'elle ne comprenait pas. Elle n'avait pas été élevée pour ça, et pourtant la voilà future duchesse. Et, malgré son tout nouveau statut, elle était quand même raillée, moquée, méprisée. Et elle ne le supportais plus. Je sentis sa voix défaillir quand elle me dit qu'elle était forte mais... Et elle se tut.

Pauvre Séverine. Pauvre enfant. Son existence était donc tout sauf sereine. Je m'approchais d'elle, m'agenouillais, malgré mon articulation qui, maintenant, hurlait, et je posais mes mains sur les siennes. Je n'osais pas encore la prendre dans mes bras, sans doute de peur d'être trop... Trop entreprenant. Je n'étais pas grand chose pour elle, après tout. Je plongeais mon regard dans le sien et lui dis :

"-- Vous êtes une femme forte, Séverine. Ils auront beau vous mépriser, vous ne faillirez pas. Ce sera difficile, j'en conviens. Il va y avoir des moments où vous allez craquer, où vous n'aurez qu'une seule envie, c'est d'abandonner. Mais vous ne le ferez pas. Pour la mémoire de vos parents, et, si je puis me permettre, pour venger cette injustice, vous leur montrerez que vous n'êtes pas une femme faible. "

Je parlais en me basant sur ma propre expérience. Ce que Séverine subissait, je l'avais moi même subi dans les geôles de Vivedune, en beaucoup plus douloureux, mais seulement en l'espace de trois semaines. Je me rendis compte que j'avais moi même parlé d'une traite, et que mon regard s'était sans doute perdu dans mes pensées. Resonger à ce que j'avais vécu n'avait rien de plaisant, mais, heureusement, cela m'en avais appris beaucoup sur la vie, moi qui pensait avoir déjà tout vu. Je relevais la tête, croisant le regard de Séverine. Je lui soufflais :

"- Si le duc d'Erebor m'a bien appris une chose, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui vaudra la peine qu'on se batte pour elle. "
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyVen 5 Jan - 0:23

Martial se gelait, petit à petit, dans le couloir. Il espérait grandement, également, que personne ne sorte des portes alentour pour le trouver dans une tenue des plus indécentes... pour lui. Il n'était pas en état de justifier sa présence ni ne voulait le faire. Encore, si c'était un de ses gardes, attiré par il ne savait quoi, il saurait se justifier. Encore que... Que ferait un des gardes de son escorte dans les couloirs, si près de la chambre de sa femme ? Ce serait assurément étrange et extrêmement compliqué à démanteler.
Persuadé qu'il allait se retrouver, bientôt, avec des cornes qui frisaient le plafond, Martial tenta de s'extirper cette idée de la tête en se concentrant sur la pierre, glacée, sous ses doigts. Tout allait bien se passer, c'était à peu près impossible que quelqu'un, à ce moment précis, se décide à ouvrir la porte pour tomber sur le futur duc de Bellifère entrain d'écouter, voyons !
C'était quoi ce craquement, à sa droite ?
Il tourna la tête, se figeant. Fort heureusement, ce n'était rien. Sans doute le bois qui travaillait. L'adrénaline et la peur au fond de ses veines faisaient tambouriner son coeur. La peur était une alliée de poids, quand elle était bien dosée. Elle faisait pousser des ailes aux plus grands des guerriers, pour pouvoir leur permettre d'échapper à leur triste sort, face à l'inévitable.
Et dans ce cas présent, elle permettait à Martial de rester à la foi alerte et concentrée sur la situation à l'intérieur.
 
D'où il était, il ne voyait qu'un pan de mur par l'entrebâillement de la porte, mais il pouvait totalement entendre de grands morceaux de la conversation, qui faisaient absolument sens dans son esprit.
"Je vais aller à Lorgol, à la rencontre de Castiel... pour l'histoire de Bellifère. " Ca n'avait aucun sens, sa femme divaguait. Ou alors, elle envisageait de fraterniser avec l'ennemi affreux qu'était son cousin.
"Je n'ai pu tracer leur positionnement." Comptait-elle donner leur position à quelque ennemi ? Les plans du palais peut-être? Etait-ce un rendez-vous galant... Ou l'ébauche d'un futur siège de Bellifère ?
"Je ne le supporte plus".
 
Un léger coup au coeur, un peu comme une nausée. On lui demandait pas de le supporter, juste de lui faire un enfant et de rester sagement dans sa chambre quoi qu'il arrive, enfin, c'était pas si compliqué !
A ce moment-là, Martial décida d'arrêter d'analyser les paroles, et de les laisser venir à lui comme elles voulaient. "Craquer. " "envie. " "Vous ne le ferez pas."
Les mots de leur hôte étaient plus faibles que ceux de la duchesse, mais Martial en était sûr : c'était un rendez-vous galant.
Qui allait virer en rendez-vous dépravé. Il n'écouta pas la suite de leur conversation, il avait ce qu'il fallait. Entre conversation dévergondée et complot, les deux solutions ne lui convenaient pas.
 
Rassemblant son courage, et son bon sens - même en tenue de nuit, voyons -, il ouvrit la porte sans ménagement, pour tomber sur une bien étrange scène. Il faisait quoi à genoux devant sa femme ? Comptait-il l'enlever à Martial ? Savait-il seulement que c'était impossible ?
"Quelle charmante scène." fit-il, d'une voix où la rage ne pointait qu'à peine. Elle attendait de pouvoir déferler. "Séverine. Debout. "
Il ordonnait. Eut-il eu une lame à la main qu'il aurait cherché à se battre contre celui qui, vraisemblablement, souhaitait lui soustraire la future duchesse.
"Vraisemblablement, vos travers," et il cracha le mot comme s'il le vomissait, haine pure "n'ont plus aucune limite, puisqu'ils vous poussent à vous glisser dans la chambre de nos hôtes pour tenter de les faire tomber sous votre coupe. A moins que tout ceci n'ait été planifié ? "
Il en tremblait, Martial, d'être ainsi bafoué. Mais il espérait bien que tout, leur plan bancal, leur relation, tout s'effondrerait tel un château de cartes balayé par le vent de sa colère moralisatrice.


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Séverine de Bellifère
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Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyLun 8 Jan - 16:59

Séverine ne put tout à fait retenir un sursaut quand les mains de Raygnar se posèrent sur les siennes.  Tellement accablée par sa propre peine, elle en oubliait l'inconfort de la position pour les quadragénaire.  Elle avait tant besoin d'une figure paternelle en ce moment-même.  Et le plus désagréable dans tout cela, c'est qu'elle songeait que peut-être quelque part, ses parents auraient été contents de la savoir en route pour le trône Belliférien.  Oh certainement, comme presque tout le monde, ils devaient en considérer les habitants comme de vilaines brutes sans manières, mais n'était-ce pas par ambition qu'ils étaient morts?  N'était-ce pas ce qu'ils voulaient, qu'elle devienne duchesse?  Un duché ou un autre, ce n'était pas la même chose?  Une pointe de ressentiment envers eux étreignit son cœur.  S'ils n'avaient pas tenté de renverser Castiel, jamais il ne l'aurait reconnue comme princesse, jamais on ne l'aurait envoyée en Bellifère.  N'avaient-ils pas seulement pas pensé un peu à elle en élaborant leur plan?  N'avaient-ils pas envisager ce qu'il adviendrait de leur fille unique si jamais ils venaient à échouer?  Ils n'avaient jamais vraiment été là pour elle et lui, ce Kyréens pour qui elle n'était rien était agenouillé devant elle en prenant ses mains, prêt à la consoler malgré le froid du plancher sur lequel il reposait.  Oui, elle ne pouvait pas s'empêcher de leur en vouloir et des larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'il lui donnait des encouragements.  Il croyait en elle, plus qu'elle-même ne croyait en elle-même.  Elle ne pouvait s'empêcher d'être émue.  Ses larmes, sans être abondantes suffisaient à la rendre muette.  Il avait trouvé les mots qu'elle avait besoin d'entendre.

Bien que l'émotion était violente, Séverine s'efforçait de la contenir.  Malgré son égoïsme, elle pouvait ressentir toute la compassion qu'éprouvait pour elle le vieil et elle était désolée de lui transmettre ses propres peines.  Toutefois, elle avait bien besoin des mots qu'il trouvait à lui dire, toujours si justes.

Elle ouvrait la bouche une énième fois pour tenter de le remercier de sa bonté quand le battant de la porte claqua contre le mur de pierre, dévoilant un Martial d'une humeur très égale à lui-même.  Surtout quand il était question de sa femme et de toutes les bêtises que supposément elle faisait en tout temps.  Évidemment, elle n'aurait pas du se trouver dans la chambre de Raygnar à une heure aussi avancée de la nuit, mais quand aurait-elle pu lui parler avec un chien de garde toujours en train de grogner l'air d'avoir la rage à ses trousses toute la journée?  Elle s'était levée d'un bond en voyant Martial arriver, à la fois en colère et terrifiée.  Même quand elle désirait un peu de paix devait-il vraiment toujours se montrer et causer une scène de ménage?

« Oh vous taisez-vous! » jappa-t-elle durement.

Elle lança un regard noir à son intrus de mari dans cette conversation presque familiale et se pencha pour aider à se relever le seigneur d'Ysgramor que son genoux devait faire souffrir.  Elle le poussa vers le fauteuil qu'elle occupait précédemment afin qu'il ne se repose.  La vision à laquelle il aurait droit ne serait pas des plus plaisantes. « Vous ne devriez pas vous agenouiller ainsi, pensez à votre genoux, » souffla-t-elle d'une voix douce et emplie de prévention.  Elle se tourna vers son époux, droite comme un piquet, tremblant de fureur, sa frêle stature paraissant bien piètre par rapport à celle du Belliférien.

« Et vous!  Peut-être que si vous étiez un peu plus aimable plutôt que de me traiter comme l'un de vos chiens de chasse dressé à vous rapporter le gibier, peut-être ne ressentirais-je pas le besoin de m'introduire dans la chambre de nos hôtes pour les séduire si tant tel est mon but! »  Sa voix était tranchante dure, elle articulait rapidement les mots dans une fureur noire.  Avec un peu plus de courage, elle se serait avancée vers lui pour lui donner une gifle bien sentie.  Mais Séverine avait peur de son époux.  Parfois, ce qu'elle pouvait lire dans ses yeux et qu'elle ne pouvait comprendre l'effrayait.

« Vous êtes présomptueux.  Vous croyez tout savoir, être au-dessus de tout le monde.  Mais vous n'arrivez même pas encore à la cheville de votre grand-mère.  Être capable de compassion n'est pas une faiblesse, mais une forme d'un courage beaucoup plus pur que celui qui vous guide à vous battre, » haleta-t-elle.  Elle savait.  Elle savait très bien qu'elle regrettait cet éclat de colère, mais elle n'avait pas pu le retenir.  Au moindre geste qu'elle posait, on la soupçonnait.  On médisait d'elle.  Peu importait ce qu'elle faisait, peu importait qu'elle était innocente, on la croyait toujours coupable.  Son cousin était peut-être un monstre, mais ils ne partageaient même pas le quart du même sang.  Bien sûr, devant certains gardes à la jolie musculatures et aux jolis traits, quelques idées lui étaient venues en tête, mais celles-ci s'étaient toutes rapidement refroidies en songeant qu'elle était mariée.  Les Cielsombrois une fois mariés étaient fidèles.  Pour la plupart.  La chose ne s'appliquait pas à son grand-père qui avait eu une relation hors-maritale sans songer à épouser la femme qui avait mise au monde son enfant.  Ça arrivait.  Ça arrivait…

L'eau qui ruisselaient des yeux de Séverine s'était transformée en larmes de colère.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyLun 8 Jan - 19:47

Séverine... La voir pleurer me faisait souffrir, mais je savais qu'elle le faisait parce que mes mots l'avaient touchée en plein coeur. J'avais su trouver les mots justes et, si je n'avais pas pu apaiser entièrement sa peine, je lui avais donné les armes pour qu'elle puisse le faire elle même. Mes mains posées sur les siennes, j'ignorais mon genou qui hurlait. La jeune femme tentait d'ouvrir la bouche, pour prononcer quelques mots, mais en vain. Le chagrin l'avait rendu muette. Je serrais doucement mes doigts sur les siens, et continuais de lui parler, de lui fournir du réconfort, de lui donner des encouragements pour qu'elle puisse trouver la force de se battre contre ces injustices qui la tourmentaient sans arrêt. Je sentais alors la jeune femme s'apaiser, lentement, tout doucement. Mes mots lui avaient fait du bien, et les larmes qui coulaient sur ses joues devaient être toutes aussi apaisantes, toutes aussi salvatrices.

J'étais tellement concentré sur elle que je ne pu m'empêcher de sursauter quand mon chien se mît à gronder. Je tournais la tête vers lui, détachant mon regard de celui de Séverine. Le vieil animal s'était redressé, et c'était bien la première fois que je le voyais aussi nerveux. Il n'avait connu que le calme et la sécurité depuis sa naissance, et jamais il n'avait montré les dents ainsi. Je n'osais pas le toucher. Je me souvenais de ce qui était arrivé au fils du palefrenier qui avait tenté de calmer deux chiens qui se battaient. Et le souvenir cuisant de sa main déchiqueté me dissuada de tenter d'intervenir sur le mien. Je me demandais surtout ce qui le poussais à se comporter ainsi. Je remarquais alors que son regard n'était pas rivé sur moi, mais sur la porte de ma chambre. Je tournais alors la tête, pour la voir s'ouvrir sur la personne dont je craignais qu'elle nous surprenne en pleine conversation, Séverine et moi.

Martial.

Mon chien avait senti la presence du prince. Espionnait-il notre conversation derrière la porte ? Cela ne faisait aucun doute, vu la manière dont il tremblait. Il était visiblement furieux, et je me mis à craindre le pire pour Séverine. Le prince fit un commentaire sur la scène qu'il avait sous les yeux, avant d'ordonner à sa femme de se lever. Il lui dit également que ses travers n'avaient plus aucune limite, puisqu'ils la poussaient à se rendre dans la chambre de leur hôte. Il lui crachait ces mots à la figure, sans aucune once de dignité. Mes sourcils froncèrent. Mais pour qui se prenait-il ? Parler ainsi à une femme, voila qui n'était pas digne d'un noble. Le regard de Martial, qui, en d'autres circonstances, aurait dû m'effrayer, ne fit que raviver ma colère. Il voulait me tuer, parce que j'avais consolé sa femme. J'allais ouvrir la bouche pour le remettre à sa place mais Séverine s'en chargea à ma place. Elle lui ordonna de se taire, m'aida à me relever et me poussa dans le fauteuil. Elle me conseilla de ne plus m'agenouiller, et de penser à mon genou. Frappé de stupeur, je ne pus qu'ouvrir bêtement la bouche.

Mais ma fureur contre Martial et sa bêtise me ramena dans la réalité. Je regardais Séverine et lui dis sur un ton doux, et suffisamment distinct pour que Martial l'entende :

"- Je vais bien mon enfant, ne vous inquiétez pas pour moi."

Sur ces mots, je me relevais, ignorant la plainte de mon articulation qui aurait bien aimé rester immobile quelques instants. Mon chien s'était calmé, et se contentait d'observer Martial d'un oeil méfiant. Séverine, dont les larmes coulaient encore sur ses joues rouges de colère, disait à son mari, d'une voix tranchante, que s'il avait été plus aimable avec elle, elle ne ressentirait pas le besoin de s'introduire dans les chambres des autres pour "les séduire" comme il le disait bien. Je restais derriere Séverine, attendant mon tour pour parler, mais elle n'en avait pas encore fini avec lui. Elle lui dit qu'il était un homme présomptueux. Il croyait tout savoir, mais n'arrivait pas à la cheville de sa grand mère. Elle lui apprit également que la compassion n'était pas une faiblesse, mais une forme de courage bien plus pur que celui qui poussait les hommes à se battre. Je regardais la jeune femme, à la fois étonné par cet éclat de colère mais aussi très fier. J'étais fier de son courage, elle avait osé se révolter contre celui qui, depuis qu'il l'avait enlevé, lui interdisait tout, et qui la rendait aussi malheureuse. Je décidais d'entrer sur la scène, histoire de mettre les points sur les I. Je m'avançais, plantais mon regard quasiment borgne dans celui du prince, qui tremblait toujours sous le coup de la fureur. Je mis un bras devant Séverine, pour la protéger d'un éventuel acte de folie de la part de Martial, et lui dis sur un ton qui se voulait le plus calme possible :

"- Votre Majesté. Ce que vous voyez la n'est pas ce que vous croyez. Je connais Séverine, depuis un long moment déjà. Mais jamais je n'aurais l'envie de... De vous l'enlever. Je suis un homme marié votre Altesse. Marié à cette femme que vous voyez juste ici."

Je désignais de la main un petit tableau, ornant la cheminée, représentant mon épouse. Celle ci, assise, semblait vouloir apaiser les colères qui bouillonnaient en chacun de nous par son regard. Je pris une respiration, qui me donna plus de courage que je ne l'espérais, et reprit :

"- Je suis marié, et à jamais dévoué à mon épouse, et ce, même dans la mort. Et jamais je n'aurais osé lui parler comme vous venez de le faire avec Séverine. C'est peut être la coutume en Bellifère, mais ici, en Ysgramor, ce n'est pas digne d'un noble, et encore moins d'un prince." Je me tus, inspirais un grand coup et lui demandais, d'un ton presque suppliant : " Votre Majesté, je vous en prie, il est encore temps de faire cesser cette folie."

Est ce que je venais de signer mon arrêt de mort ? Surement que oui. Mais, par Alder, qu'est ce que cela faisait du bien. Je ne m'étais jamais senti aussi vivant que depuis le jour où j'avais compris que j'allais survivre aux blessures infligées par Anthim.
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture EmptyMar 9 Jan - 18:23

La scène était presque ridicule, Martial en convenait. Mais il ne pouvait pas désormais faire machine arrière, oh que non. Il avait trop perdu, déjà. Petit à petit, il sentait l'estime des soldats qui les accompagnaient glisser, même juste un peu. Elle glissait au loin, car les oreilles traînaient volontiers aux alentours des chambres ducales, silencieuses presque tout le temps. Même lors de leurs étapes, au voyage aller, quand Martial dans un souci qui se tournait vers son manque d'héritier se rendait chez sa femme. Et la situation était la même à Hacheclair, depuis plusieurs mois. Alors ça murmurait, déjà, dans le convoi.
Il ne pouvait pas s'excuser, trop fier pour ça, trop obstiné. Il ne pouvait pas s'excuser d'avoir cru que sa femme prendrait pour amant le maître des lieux - au physique indécemment particulier - pour satisfaire ce que Martial, apparemment, était incapable de satisfaire. Il ne pouvait pas s'excuser de vouloir la garder pour lui, pour des raisons pratiques plus que sentimentales. Et surtout, il ne pouvait pas s'excuser de la manière dont il la traitait : n'avait-il pas tous les droits sur elle, cette future duchesse désormais considérée comme belliférienne ? Qu'elle apprenne les devoirs qui lui incombaient. La soumission, également, totale à son mari. Qu'il n'ait plus à la reprendre, non, jamais plus.

Il la regarda s'énerver contre lui, ses bras se croisant sur son propre torse, la fureur grandissant au fond de lui. Oh, elle savait jouer des mots, la vile. Elle savait en user, attiser la colère et la rage dans ses veines, jouant merveilleusement de son orgueil et de son besoin de se faire reconnaître en tant que duc de Belifère, plus grand qu'Ermengarde ne le serait jamais. Elle semblait le connaître, lui qui ne savait rien d'elle et ne désirerait jamais en apprendre. Le blond homme resta de marbre devant les larmes, sans doute de fureur, qui coulèrent sur son visage.
Et puis le seigneur s'interposa, comme un faible bouclier d'une prestance à revoir entre l'objet de sa colère et lui-même. Son regard rencontra celui, déterminé et d'acier, de Martial. Acier en fusion, ciel qui coule d'une rage sans nom.

"La dignité d'un prince ne se juge pas à la manière dont il dispose de ses objets. Jugeriez-vous le frère de votre duc sur la manière dont il range ses livres ? "Le ton était froid, sa main, sur son bras, serrait sa propre peau nue à s'en laisser une marque qui resterait. Ne pas battre à mort un vieillard, ça lui semblait d'une grandeur d'âme sans précédent, compte tenu de ce que le vieillard osait affirmer. Il réveillait en le belliférien de sombres souvenirs d'un adolescent presque faible, qui n'était pas prince. Qui n'était personne.  "Je ne vous demande pas de me juger quant à ce que vous avez fait. Elle n'a aucun droit de venir vous voir, tout comme elle n'aurait jamais du parler contre moi comme elle vient de faire. " Ses yeux se posèrent sur l'accusée, lui promettant mille façons de lui faire regretter cet affront.

"Où voyez-vous folie ? Me traiteriez-vous de barbare, car nos us sont différents ? " Ses bras se décroisèrent, la rouge trace de sa paume sur son bras attestant de la violence qu'il se faisait et de sa retenue, sa posture se faisant de plus en plus imposante et menaçante au fil des secondes. "Faites attention à vos paroles. J'use de cette femme comme je l'entends. " Comme un enfant userait d'un jouet, jusqu'à le casser, puisque s'en lasser ne serait pas une option. "Il pourrait vous en coûter de vous occuper de sa situation. Quels que soient les liens vous unissant, par ailleurs.  "
La rage se lisait dans tout son être, et pas une seule seconde n'aurait-il envisagé de se calmer. Il fallait que ça sorte. Il fallait qu'il prouve qu'il était digne.


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