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 Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]

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Message Sujet: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyDim 29 Oct - 21:40


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Quintille Aubenacre & Géralt de Rives

Grande sœur, insuffle-moi ton courage

Il y a des choses que seuls les ainés peuvent accomplir



• Date : 24 novembre 1002, fin de journée
• Météo (optionnel) : Les rayons du soleil disparaissent, la fraîcheur de la soirée arrive
• Statut du RP : Privé
• Résumé : L'Audacia revient de l'Archipel et l'hivernage commence. Ce n'est pas la seule bonne nouvelle à fêter : demain, Géralt ira kidnapper Marianne, à la tour d'Orsang. Il s'en réjouit, mais la grandeur de l'événement, et son imminence, fait naître chez lui quelques appréhensions. Il est en train de méditer sur ses doutes devant la Taverne, quand Désirée le rejoint.
• Recensement :
Code:
• [b]24 novembre :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2869-grande-soeur-insuffle-moi-ton-courage-quintille#98177]Grande sœur, insuffle-moi ton courage[/url] - [i]Quintille Aubenacre & Géralt de Rives[/i]
L'Audacia revient de l'Archipel et l'hivernage commence. Ce n'est pas la seule bonne nouvelle à fêter : demain, Géralt ira kidnapper Marianne, à la tour d'Orsang. Il s'en réjouit, mais la grandeur de l'événement, et son imminence, fait naître chez lui quelques appréhensions. Il est en train de méditer sur ses doutes devant la Taverne, quand Désirée le rejoint.




#16669C
















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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyDim 29 Oct - 21:41

Quelle journée !
L'Audacia a fait son retour à la ville aux mille tours et le déchargement n'a pas été de tout repos – tu sens encore tes muscles grincer sous certains mouvements. Pourtant, la récompense de pouvoir serrer dans tes bras ta sœur aînée et ton frère, puis, plus tard, ta nièce, valait cent fois l'effort. Tu as pris ensuite de leurs nouvelles, de celles de vos connaissances communes. Tu leur as raconté ce que vous avez fait et vu sur les îles. Tu leur as offert des petits cadeaux que tu as troqués là-bas. Tu as profité d'eux autant que possible, en somme.

C'est presque étrange de revenir ici après les événements des derniers mois. Tant de choses se sont passées – bonnes comme mauvaises. Ces dernières semaines en mer t'ont semblé s'écouler aussi lentement que rapidement. Il y a d'abord eu ce passage par l'Archipel, endroit ô combien merveilleux, que Red s'est fait un plaisir de te faire visiter par bouts. L'homme, qui t'avait toujours paru séduisant, l'était d'autant plus dans son élément naturel. Il y a eu ces jours, où le temps était tout sauf clément, rendant la vie à bord plus compliquée. Il y a enfin eu cette attente, qui t'a fait te triturer les méninges le soir venu, dans l'intimité de ta cabine.
Heureusement, cette attente prend fin demain.

Le grand jour est enfin arrivé : demain, tu enlèveras Marianne d'Orsang, dans sa tour lorgoise, pour la ramener ici même, à la Taverne de la Rose. Oh, tu n'as aucun doute quand à tes motivations : tu veux plus que jamais devenir celui qui l'accompagnera dans sa vie. Vous avez beau ne pas ressentir l'amour que l'on attendrait, tu tiens à cette femme et elle se préoccupe de toi, aussi étonnant que cela puisse paraître. Non, ce qui t'agite, ce sont les et si ? qui se font de plus en plus nombreux dans ton esprit depuis quelques jours.

Et si tu n'étais pas à la hauteur durant l'enlèvement ? Tu sais qu'il ne s'agit que d'une formalité – que Eric semble attendre avec impatience – et que vous pourrez fêter ça joyeusement après, toutes tes familles réunies à la Taverne – Tambouille l'attend joyeusement, ça aussi. Cependant, et si quelque chose tournait mal ? Et si tu échouais par un malheureux concours de circonstances ? Et si, une fois l'enlèvement passé, tu t'avérais être un piètre mari ? Et si la vie de baron s'avérait bien trop à gérer pour toi ? Tu sais que tu n'auras pas les mêmes contraintes que la majorité des nobles de ce rang, seulement, tu es une personne du peuple, tu n'as jamais vécu dans la richesse, quel qu'en soit son niveau. Et si tu faillissais à Marianne ?

La pire de tes angoisses.

Tu soupires nerveusement, ton souffle sortant en nuage blanc de ta bouche. Tu bois une gorgée à ta pinte pour te réchauffer. Le temps a beau ne pas être des plus froids en cette fin de journée, le soleil ne réchauffe plus beaucoup l'air. Tu es emmitouflé dans tes vêtements chauds mêlant Bellifère et Pavillon noir, assis sur le banc installé à côté de la porte d'entrée de la Taverne. Tu as quitté la tablée à laquelle tu étais, en compagnie de Red et d'autres pirates, pour prendre un peu l'air, dans l'espoir que cela te remette les idées en place.

La porte s'ouvre soudain et tu sursautes presque au brouhaha qui résonne, jusque-là confiné par l'enceinte de la bâtisse. Un regard vers la personne qui quitte l'établissement et un sourire apparaît automatiquement sur tes lèvres en même temps que tu te redresses sur le banc. « Désirée, pour lui signifier ta présence, tu viens te joindre à moi sur le banc pour un petit bol d'air frais ? »



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Dernière édition par Géralt de Rives le Sam 2 Déc - 0:50, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyLun 30 Oct - 16:39

Les jours passaient et, sûrement, se ressemblaient. Est-ce que ça la dérangeait ? Absolument pas, bien au contraire. Elle appréciait bien trop la situation routinière qui s’instaurait dans sa petite vie et les habitudes qui se mettaient en place. C’était différent de sa vie en Bellifère, mais c’était mille fois mieux. Au moins. Elle n’avait jamais été aussi heureuse. Pas qu’elle s’en souvienne en tout cas.
Bien sûr, au cours de son enfance, elle a dû aimer sa vie et son père. Elle a dû être ravie à de très nombreuses reprises, mais avec le temps, les sentiments joyeux s’étaient effrités, étaient devenus rares, avaient disparus. Puis étaient revenus, avec sa fille. Et avec elle la peur, l’inquiétude, le stress constant. La nécessité de la protéger, de tout, de tout le monde, tout le temps. Aujourd’hui c’était différent. Elle n’était plus la seule à veiller sur Eponine – même si Géralt l’avait protégé suffisamment dans leur vie commune et séparée. Aujourd’hui elle était entourée et, peut-être, qu’elle était en train de se faire des amis. Elle, la renfrognée de service. Il est vrai qu’elle en faisait parfois (souvent) qu’à sa tête et que ça ne plaisait pas à tous. Oui, elle avait tenté de travailler, avant de se faire réprimander suffisamment fort pour qu’elle ne tente plus à nouveau. Evidemment, pour une aveugle, faire le service dans une taverne était inenvisageable. Mais elle n’était pas inutile. Elle voulait travailler. Aider. Etre utile. Alors elle s’occupait des enfants, donnait un coup de main de temps à autre, mais c’était toujours bien inférieur à ce qu’elle était capable de faire, bien en deçà de ses qualités et compétences. Pourtant elle parlait dans le vide, alors elle préférait râler et grogner dans son coin. Dès qu’elle le pouvait, elle s’occupait de sa fille et passait du temps avec elle. Tout le temps. Refusant de perdre le moindre instant avec elle. Bien sûr, elle avait l’Académie et une éducation à faire, une magie à maîtriser, mais le reste du temps, elle voulait profiter d’elle. Eponine grandissait trop vite et parfois ça lui pesait.
Elle tentait de ne pas être trop envahissante, refusant d’être une mère trop prenante et encombrante, mais elle ne pouvait pas non plus s’empêcher de vouloir le faire. C’était toujours compliqué à gérer. Surtout qu’elle ressentait une pointe de jalousie envers ces femmes qui avaient pris soin de sa fille. Oh bien sûr, elle avait conscience qu’elle ne pouvait pas lui apprendre à lire, ou que quelqu’un devait s’occuper d’elle. Evidemment. Mais ce n’était pas elle. Etait-ce mal de ressentir un peu de jalousie à ce sujet ? N’ayant personne à qui se confier – parce que parler des sentiments maternels ne lui semblait pas pertinent avec sa famille – elle gardait pour elle ses ressentis. De toute façon, elle n’avait jamais été du genre à se confier à tout le monde. Bien au contraire.

Cette journée-là, son frère était revenu. Avec des cadeaux, des nouvelles et sans blessure. C’était le plus important. Il était sain et sauf. Il avait souhaité fêter ça et la Taverne, comme souvent, résonnait de rires et de beuveries. Aux côtés de ses partenaires d’équipage, Géralt avait célébré son retour et son prochain départ. Le mariage. En voilà un grand moment. Elle n’avait pas peur de ce qui allait advenir de son frère, elle savait qu’il excellerait dans ce nouveau rôle. Lui, apparemment, était stressé. C’est ce qu’elle crut ressentir quand il se leva et quitta la salle. Quelques minutes plus tard, elle se décida à le suivre, se cognant à deux reprises dans des pirates. S’excusant platement, elle finit par trouver la porte. Sortant, elle chercha une voix qu’elle connaissait. Géralt la reconnaissant, il éleva la voix. Sur sa droite. Elle se tourna vers lui. « Pour un bol d’air frais oui. » Elle esquissa un sourire, se dirige vers lui et lui tend sa famin, elle ne sait pas où est le banc. « Et pour t’écouter. » Sourire tendre sur les lèvres, elle sentait son inquiétude. Avec son aide, elle s’installa à ses côtés. « Qu’est-ce qui te fait si peur ? » Lui demanda-t-elle, inquiète pour son petit frère, préférant savoir ce qui tracassait ce pirate, avant de faire la moindre bourde.
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyMar 7 Nov - 15:23

Tout son corps se tourne vers toi sans hésitation. Tu te fais la réflexion que tu admireras toujours cette capacité qu'elle a à s'orienter, à repérer les éléments de son environnement de manière si aiguisée. Il lui arrive de faire preuve de maladresse, mais comme tout un chacun qui bénéficie encore de sa vue. Non, Désirée est impressionnante. « Pour un bol d’air frais oui. » Son sourire agrandit le tien et tu ne te doutes pas, pour l'instant, qu'elle a senti ton trouble. Elle s'approche de toi et tend sa main. Tu t'empresses de la saisir avec douceur et de la guider.

« Et pour t’écouter. » Tu laisses échapper un léger rire, un peu gêné. Bien évidemment qu'elle a saisi que tu étais troublé. Alors même que vous n'étiez pas assis l'un à côté de l'autre avant que tu ne sortes. Tu t'es toujours demandé si elle n'avait pas reçu un don de clairvoyance, une fois sa cécité installée. Parfois, elle devine des sentiments, remarque des choses qui ne sont même pas exprimées par des mots ou des bruits. Parfois même avant que vous ne les compreniez en premier lieu. Ses autres sens se sont sûrement développés d'avantage avec le temps, mais elle ne cesse de t'émerveiller chaque fois qu'elle vise juste.

Assise à coté de toi, elle continue : « Qu’est-ce qui te fait si peur ? » Tu serres dans ta main la sienne, celle que tu n'as pas encore lâchée. Une pression plus forte, pour te donner de la force, avant que tu ne la lâches – tu as parfois peur qu'elle pense que tu la couves inutilement, même si ce n'est pas le cas. Tu pousses un soupir et ton souffle blanc s'échappe vers le ciel. Tu fermes les yeux et tentes de mettre de l'ordre dans tes pensées.

Quelques instants plus tard, tu prends enfin la parole : « Daisy, je suis pas sûr d'être à la hauteur. » Tu déglutis : dire les mots à haute voix est bien plus angoissant que de les penser. « Je sais que l'enlèvement est une formalité niveau organisation. » Ta grande-sœur sait qu'il s'agit d'un mariage arrangé avec Marianne, que quelques pirates et Iode feront partie du cortège tentant de t'empêcher d'aller la ravir. Elle sait qu'il n'y a pas cet amour entre la Voltigeuse et toi, mais une grande affection, une complicité qui devrait vous aider à vous soutenir dans la vie. Tu lui as expliqué tout ça, comme au reste de ta famille, parce que tu refusais de leur mentir – le visage de Quitterie te revient encore parfois et ton cœur se serre. « Je sais que j'en suis capable. Dans les faits. C'est juste que… » Tu exhales plus fort, frustré que les mots se mélangent dans ta tête, que tes sentiments te donnent du fil à retordre. « Je me dis : et si tu foirais ? Et si tu n'étais pas capable d'assumer tes nouveaux rôles ? Et si tu étais un piètre mari, un piètre baron – des gens du peuple, comme toi, comme moi, bon sang –, un piètre compagnon, un piètre père ? »

Tu détestes avoir ces doutes. Tu détestes les exprimer de vive voix. Ils te font te sentir faible. Inconstant. Ils te rendent vulnérable au monde, aux autres. Ils remettent en question cette assurance que tu t'es construite avec les années. L'assurance que tu devenais quelqu'un de bien, grâce à ta famille, grâce à tes rencontres, grâce à tes choix. L'assurance que tu pouvais faire de belles choses, aider les gens et servir à quelque chose, même un peu. L'assurance que les destins n'étaient pas tout tracés.
Tu détestes avoir ces doutes car tu redeviens ce jeune adulte peu sûr de sa place dans le monde et de ce qu'il pourrait faire que tu étais avant.

Ta main va retrouver celle de ta sœur, comme quand tu étais enfant, après un cauchemar particulièrement violent ou une journée particulièrement traumatisante. Qu'elle te prête un peu de son courage si noble et si grand. Tu pourrais déplacer des montagnes ensuite, assurément.



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Dernière édition par Géralt de Rives le Ven 10 Nov - 22:17, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyVen 10 Nov - 20:57

Il serre sa main. Comme quand ils étaient enfants. Qu’il lui prenait la main quand il avait peur. Un doux sourire sur le coin des lèvres, Quintille se veut silencieuse. Elle attend. Qu’il soit prêt, qu’il ait envie, qu’il retrouve ce courage de parler. De s’ouvrir. Il est vrai que ce n’est pas une coutume belliférienne de se confier. Surtout pas quand on est un homme. Reconnaître ses peines, ses douleurs, ses faiblesses ? Impossible. Quel homme possède donc des faiblesses ? Une tare sans doute propre à la femme. N’est-ce pas ? Un « doux » souvenir de ses jeunes années. Si loin désormais. Si futile par rapport à la vie qu’elle mène maintenant. Etait-ce vrai, que les hommes ne pouvaient pas ressentir tout ça ? La tristesse, la peur, l’angoisse, l’inquiétude ? Bien sûr que non. Géralt n’était pas différent des autres. Courageux, ambitieux, empli de savoir et de confiance, mais si faible à certains obstacles. Si enclin à douter, à s’inquiéter, à se questionner. N’était-ce pas là, la preuve même de leur équité ? Cette même équité qui leur broyait les tripes à chaque moment important, lorsque la peur, la tristesse ou l’amour prenait le pas. Lorsque le quotidien devenait inconnu, lorsque tout ce que l’on connaissait – ou croyait savoir – s’effondrait, menaçait, de s’effondrer autour de soi.

Elle le laisse parler, ses pupilles opaques allant de son visage – ou les environs de son visage – aux quelques badauds qui passaient devant la taverne. Quelques visages qu’elle ne voyait pas, mais des souffles qu’elle entendait, des pas dont elle maîtrisait le rythme. Il est vrai que beaucoup étaient surpris de son aisance à savoir qui entrait, qui venait, qui parlait, qui s’asseyait à côté d’elle. Elle pouvait reconnaître à l’odeur, à la marche sa fille, sa famille. Tous avaient ces petites choses, ces petits détails qu’elle se pensait seule à percevoir qui les rendait uniques. Reconnaissables. Propres à leur comportement. Elle était ravie de les avoir à ses côtés, ravie d’être encore celle vers qui ils se tournaient en cas de besoin. Il est vrai qu’au début, elle avait été un peu jalouse de savoir qu’il allait se marier. Enfanter. Elle a eu peur également. Et puis, elle avait écouté, compris. Bien sûr qu’elle avait été heureuse pour lui, elle le serait toujours, tant qu’il l’était, mais l’ayant éduqué, elle avait toujours cette inquiétude dans son cœur. Ce petit pic à chaque fois qu’il se lançait dans quelque chose de nouveau, de possiblement dangereux. Elle n’avait pas peur de ce mariage. Ni de ce qu’il impliquait. Géralt ne pouvant échouer. Elle s’en était assurée. Drôle de façon de se rassurer n’est-ce pas ? Et pourtant, Quintille savait qu’il ne ferait pas le moindre mal à Marianne. L’homme qui était à ses côtés avaient recousu son corps après la mort, s’était assuré qu’elle n’enfanterait plus à nouveau. Sans émettre de jugement. Il avait pris des coups pour elle. Sans jamais la culpabiliser, ou la faire se sentir inférieure, dépendante de sa protection. Alors elle lui avait appris ce qu’elle pouvait des femmes, de leur corps, du respect qu’elle espérait qu’il ferait preuve. Tout ce qu’elle avait pu. Le temps qu’il avait passé sous le toit de leur géniteur. Est-ce que d’une certaine façon, elle avait fait de lui l’homme qu’il était aujourd’hui ? Elle l’espérait. Une part d’elle-même y croyait, une autre savait qu’il s’était forgé sa propre personnalité et son propre dessein. « Tu te rappelles de la fois où j’ai renversé le seau de perles. Il était tellement énervé que je suis tombée dans les pommes ce jour-là. » Elle n’ignorait pas ses questions, la démarche était plus subtile. Bien qu’il l’écoutât, elle se doutait qu’il comprenait, ou qu’il se doutait d’où elle voulait en venir. Et si jamais, il le comprendrait bien assez tôt. « Tu ne t’es pas énervé. Tu n’étais pas là cette fois-ci. Tu es arrivé trop tard pour te dresser contre lui, comme tu pouvais le faire à certains moments. » Sourire triste sur le visage, elle se souvenait parfaitement de la scène. « Tu n’étais pas chirurgien non plus à l’époque. » Petit rire fugace, avant de reprendre. « Et pourtant tu étais là à mon chevet. Epongeant mon front. Soignant mes plaies. M’empêchant de me lever. Séchant mes larmes. » Elle se tourne vers lui, ses pupilles tentant de se plonger dans son regard, sans jamais vraiment le faire. Involontairement, ses pupilles voilées se plongèrent dans son regard, pour ne plus en bouger. « Tu n’avais aucune obligation de le faire. Comme le reste de la fratrie, tu aurais pu passer outre. Faire comme si rien ne s’était passé, ou croire que c’était normal. » Elle sourit. « Tu as raison de t’inquiéter. » Haussant les épaules, elle poursuit. « Tu vas débuter un nouveau chapitre de ta vie. Délicat. Inquiétant. Mais excitant. Et puis, tu as déjà toutes les cartes en main pour réussir. » Elle reprend sa main, la serrant à nouveau, la plaçant entre ses deux mains, rugueuses, écorchées par des années de travaux manuels. « Tu seras un excellent mari. Un très bon baron. » Evidemment, elle aurait pu continuer en lui parlant des enfants. En lui disant qu’il saurait s’en charger. Il ne l’avait pas mentionné. Elle en ferait de même. « La seule chose pour laquelle tu dois t’inquiéter… » Air sérieux sur le visage, elle poursuit. « C’est la cuisine. » Elle hoche la tête, sérieuse, ferme. « Non parce que là, vraiment, je m’inquiéterai également si tu passais derrière les fourneaux. La sécurité de Marianne serait, évidemment, compromise. » Pupilles amusées, elle laisse un doux sourire se dessiner sur les coins de ses lèvres. Blagueuse, elle n’avait pas pu résister. L’occasion étant trop bonne. « Ne t’en fais pas. Je serais là. » Elle ôta sa main gauche pour la passer sur la joue de son frère – en ayant au préalable repéré son épaule, puis en suivant le chemin jusqu’à son visage, sans jamais lâcher le repère qu’était son corps du bout du doigt. « Tu es quelqu’un de bien. De très bien. N’en doute jamais. »
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptySam 2 Déc - 0:49

« Tu te rappelles de la fois où j’ai renversé le seau de perles. Il était tellement énervé que je suis tombée dans les pommes ce jour-là. »  Le souvenir te revient immédiatement et tu ne peux empêcher l'étincelle de haine associée de te parcourir. Il est mort, tu le sais, mais tes émotions, elles, n'oublient pas si facilement. Tu revois l'état de ton aînée et tu es forcé de fermer les yeux brièvement. « Tu ne t’es pas énervé. Tu n’étais pas là cette fois-ci. Tu es arrivé trop tard pour te dresser contre lui, comme tu pouvais le faire à certains moments. » Tu rouvres les yeux et constates le sourire qui apparaît sur ses lèvres et ton cœur se serre. Tu te rappelles, oui, avoir gardé ton sang-froid. Tu te rappelles n'avoir rien dit à Géraud, malgré tes envies de meurtre à son égard. Tu te rappelles t'être concentré sur ta si chère sœur. « Tu n’étais pas chirurgien non plus à l’époque. C'est vrai… » Tu hoches la tête machinalement. Cet épisode fait justement partie de ceux qui ont motivé ta décision de devenir autre chose que ce que ton père attendait de toi. De devenir plus que le Belliférien combattant que Géraud espérait. De devenir mieux que le Aubenacre lâche et violent qu'il était. « Et pourtant tu étais là à mon chevet. Epongeant mon front. Soignant mes plaies. M’empêchant de me lever. Séchant mes larmes. » 

Elle se tourne vers toi, ses yeux s'ancrant dans les tiens comme si la vue ne lui faisait pas défaut, et tu frissonnes soudain sous l'intensité de cet échange. Ton cœur se serre également à mention de la suite de ce souvenir. Tu te rappelles avoir pleuré aussi, silencieusement, bouleversé, horrifié, révolté par ce qu'elle avait dû subir, rageant contre ton impuissance et ton absence. « Tu n’avais aucune obligation de le faire. Comme le reste de la fratrie, tu aurais pu passer outre. Faire comme si rien ne s’était passé, ou croire que c’était normal. » Tu veux lui répondre : jamais de la vie, tant l'idée te révulse, mais son sourire coupe court à toute réplique de ta part. Tu restes encore émerveillé, pantois, devant sa capacité à t'offrir ses si précieux sourires malgré ce qu'elle a vécu. Alors, tu la laisses continuer, sagement.

« Tu as raison de t’inquiéter. » La boule dans ton ventre grossit et tu détournes les yeux un instant. « Tu vas débuter un nouveau chapitre de ta vie. Délicat. Inquiétant. Mais excitant. Et puis, tu as déjà toutes les cartes en main pour réussir. » Elle reprend ta main et le geste te fait à nouveau tourner la tête vers elle. Il réchauffe ton cœur aussi sûrement qu'une étreinte – famille, amour, précieux, pilier, tout ça à la fois. « Tu seras un excellent mari. Un très bon baron. »  Tu exerces une pression de la main pour lui montrer combien ses mots te touchent, alors qu'un sourire nait sur tes lèvres. « La seule chose pour laquelle tu dois t’inquiéter… C’est la cuisine. » Elle hoche la tête d'un air décidé et un rire t'échappe malgré toi. « Non parce que là, vraiment, je m’inquiéterai également si tu passais derrière les fourneaux. La sécurité de Marianne serait, évidemment, compromise. Je ne peux qu'approuver, ma sœur… » Disons que la cuisine apprise à la caserne de Riven ne doit pas être d'une très grande qualité. 

Tes yeux vont parcourir son visage, ses traits détendues, son sourire qui saura toujours te rassurer plus que quoique ce soit d'autre. « Ne t’en fais pas. Je serais là. » Tu laisses en silence sa main trouver le chemin de ta joue, habitué à ce procédé peu anodin depuis bien longtemps. Ta main, elle, va recouvrir la sienne et tu appuies de suite ta joue contre sa paume, preneur de tout l'amour qu'elle pourra te donner, preneur de cette familiarité affectueuse qui t'a plus d'une fois aidé à tenir durant les mauvais moments.

« Tu es quelqu’un de bien. De très bien. N’en doute jamais. » Tu déposes un baiser dans sa paume avant de faire passer son bras par-dessus ton épaule et de commencer à t'avancer, pour lui signifier tes intentions. L'instant d'après, tu la serres fort contre toi, ton menton posé dans le creux de son cou, ton visage accolé au sien. Deux secondes, trois tout au plus, et tu prends la parole : « C'est grâce à toi, tout ça. » Ses mots, les émotions qu'ils font naître en toi forment une boule dans ta gorge et tu fronces les sourcils pour tenter de ne pas perdre le contrôle. « T'as toujours les mots justes, toujours. Je sais pas ce que je ferai sans toi, franchement. » Tu te défais d'elle, mais reprends sa main, le besoin de contact avec elle fort. « Si tu savais comme je t'aime, grande-sœur. » Tu déposes un baiser sur le dessus de sa main.

« Tu seras là, demain, avant que je parte pour l'enlèvement ? » Tu espères. Elle te l'a peut-être déjà dit ? Sa présence te réconfortera, assurément, tu préfères t'en assurer doublement, au pire. Tu as rarement été si nerveux dans ta vie. Elle a beau t'avoir débarrassé par magie de tes propres angoisses, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une étape importante dans ta vie : ton enlèvement, celui de Marianne, que tu estimes au plus haut point. Tu veux que Désirée soit à tes côtés. « Et à mon retour ? Une fois que j'aurai botté les fesses d'Eric ? » Un sourire en coin apparaît sur tes lèvres. « Si tu veux mon avis, il a l'air bien trop enthousiaste à l'idée de défendre la vertu de Douce Marianne… »



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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyMar 30 Jan - 16:05

Grandir. Difficile. Instable. Processus délicat et chérissable, au cours duquel les émotions de toute sorte traverse notre corps. Arrête-t-on de grandir un jour ? Grande question. Elle ne pensait pas voir autre chose que Bellifère de toute sa vie. Puis elle s’est faite enlevée, s’est mariée, a perdu la vue, est revenue. Dire qu’elle pensait mourir dans la cabane de son père, usée et abusée toute sa vie était un euphémisme. Rêves et fantasmes ne pouvaient naître dans l’esprit et le corps abusés d’une femme. Traitée comme une épouse, alors seulement fille d’un géniteur abusif. C’était une existence compliquée, au sein de laquelle elle a été forcée à grandir, à avancer, à vivre. Forcée de devenir femme avant l’heure, aînée, puis mère. Forcée de s’occuper d’une famille toute entière. L’a-t-elle un jour regretté ? Non. Quand elle voit ce que sont devenus Quitterie et Géralt, elle ne doute pas de ce qu’elle a dû faire, des efforts qu’elle a dû réaliser pour leur permettre de vivre, de s’épanouir, de se projeter. Elle ne craint pas leur avenir, elle ne craint pas les décisions qu’ils prendront, elle sait qu’elle a fait de son mieux. Ce n’était peut-être pas toujours heureux, pas toujours facile, mais c’était nécessaire pour avancer. Pour les forger à une vie d’adulte responsable.
Elle a fait comme tous les parents, de son mieux, sans guide, sans personne pour rattraper ses erreurs. Elle a fait de ses frères et sœurs ses enfants, dans l’espoir de leur apporter un amour maternel qu’ils n’auraient jamais et d’instaurer une présence rassurante, une figure paternelle qu’il ne connaîtrait jamais. C’était toujours difficile, bancale, remis à zéro par quelques coups perdus au détour d’une conversation. Il fallait tout construire, voire reconstruire. Jour après jour. Défaite après défaite. Mais ils n’ont jamais abandonné. Même quand ils sont partis, même quand son enfer à continuer, ils ont pris soin de sa fille, l’ont protégé. Géralt a promis de prendre soin d’elle et il l’a fait. Contre toutes ses attentes, il a aussi décidé de venir la rechercher. Lui et Quitterie. Autant dire qu’elle ne s’y attendait pas. Elle ne l’espérait même pas. Quintille n’a jamais vraiment pensé à elle. Comment aurait-elle pu ? Partagée entre l’éducation d’une famille et la haine d’une partie d’entre elles, entre ses responsabilités de mère et de femme au foyer, elle ne pouvait pas relâcher sa vigilance, elle ne pouvait pas prendre le temps pour sa personne, sa sécurité ou son bien-être. Ce n’était pas envisageable. Quand sa famille s’est éloignée, elle pensait ne jamais les revoir. C’était une décision qu’elle avait mûrement réfléchie. Eponine prendrait sa vie en main, deviendrait heureuse, sous la sécurité de sa famille et elle, pour sa part, mourrait en Bellifère. Ce n’était pas grave. Ce n’était que son destin. Une vie qu’elle ne maîtrisait pas et qu’elle n’avait pas à maîtriser.
L’avantage de ne rien attendre du Destin, c’est que les surprises sont toujours meilleures quand elles arrivent. Le bonheur est mille fois plus prenant, plus glorifiant, plus joyeux quand il arrive. Toujours. Alors revoir sa famille, alors qu’elle ne s’y attendait pas, c’était un bonheur sans nom, dont elle profitait au quotidien. Sans se plaindre des difficultés qu’ils pouvaient rencontrer et en les épaulant constamment. Comme toujours.

Les inquiétudes de Géralt concernant sa vie future sont compréhensives. Foncer dans l’inconnu n’était pas toujours rassurant. D’autant plus quand ça impliquait la vie de quelqu’un d’autre. Et pourtant, elle sentait au fond d’elle-même, qu’il s’agissait d’une bonne décision. D’une décision qui le rendrait heureux. Il avait la possibilité de vivre sa vie, pour lui-même et de fonder une famille, au sein de laquelle il ne reproduira pas les mêmes erreurs que son géniteur. C’était une merveilleuse sensation que de voir son bonheur s’épanouir de la sorte. Une douce euphorie qui berçait son cœur. Il la serre dans ses bras, son menton dans son cou, sa tête accolée à la sienne. Elle resserre son étreinte, passe une main dans ses cheveux. Ferme les yeux. « Je n’ai rien fait de particulier. » Répond-t-elle à son frère. Au-delà de la modestie de ses paroles, Quintille ne pensait réellement pas avoir fait quoique ce soit de particulier. Juste épauler sa famille. « Tu feras de grandes choses. » Elle en était persuadée. « Tu te ferras juste un peu plus confiance. » Souries-t-elle, légèrement taquine. Comme si le grand chirurgien qu’il était pouvait douter de lui. Ironie du sort. « Je t’aime aussi. » Plus que tout. Plus que sa propre vie pendant des années. Il ne devait pas en douter. Jamais.

« Evidemment ! » Répond-t-elle, comme toute évidence. « Tu crois vraiment que je vais louper ça ? » Se permet-elle d’ajouter, taquine. Etre mise à l’écart n’était pas vraiment sa tasse de thé, elle n’allait pas manquer ça une seule seconde. Elle éclate d’un rire joyeux. « Laisse lui un bout d’arrière-train quand même, ça peut toujours être utile. » Avant de poursuivre. « Je serais toujours là Géralt, toujours. » Et même au-delà de la mort, dans son cœur et dans chacun de ses gestes. « Je n’en doute pas… Il te réserve peut être quelques pièges… » Après tout, ce n’était censée être qu’un rite de passage, mais certains pouvaient le prendre très au sérieux.
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyDim 25 Fév - 0:46

A ses mots toujours plus rassurants et plus touchants, tu embrasses une nouvelle fois sa main avant de les reposer, jointes, entre vous. « Je n’en doute pas… Il te réserve peut être quelques pièges… » Tu ris doucement, la réponse déjà au bout des lèvres : « Oh, connaissant Eric, c'est certain. Ca l'amuserait beaucoup, même. » Tu l'imagines déjà surgir de nulle part, au moment où tu t'y attendras le moins, son grand sourire insolent aux lèvres et l'arme déjà dégainée. Tu réalises que tu as hâte de te mesurer à lui dans cette mascarade améliorée. Maintenant que Désirée t'a apaisé de ses mots, tu prends conscience que tu vas même y prendre du plaisir. Et qu'ensuite, tu seras heureux et fier de ramener Marianne avec toi à la taverne. Et pour tout ce qui suivra, les devoirs, les attentes, les apprentissages divers et variés auxquels tu devras te soumettre, eh bien, tu apprendras. Tu feras sûrement des erreurs, mais Marianne et Désirée semblent croire que tu en es capable. Alors, pourquoi ne le croirais-tu pas ?

Le silence s'installe quelques secondes alors que le froid continue de blanchir vos souffles sous le regard des passants pressés de rentrer chez eux. « Dis-moi, est-ce que tu te plais à Lorgol ? » Ton regard suit distraitement celui d'un homme qui tient une femme par la hanche, contre lui. Ils rient entre eux. Inconsciemment, tu t'imagines faire la même chose avec une femme quelconque et l'idée ne semble pas t'emballer plus que ça. « Est-ce que tu y es heureuse ? Je veux dire, le fait de loger à la taverne te convient ? » En fond, tu imagines la même scène avec un homme et l'effet n'est pas franchement plus transcendant. Tu fronces les sourcils pour toi-même sans plus y réfléchir, puis tu reportes ton entière attention sur Désirée. « Et Gédéon ? »



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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyDim 25 Fév - 15:19

Très vite, elle a été forcée d’être la mère de substitution de toute sa famille. Ce n’était pas un rôle qu’elle désirait avoir, mais un rôle qu’on lui avait imposé et dont elle s’était acquittée du mieux qu’elle pouvait. Avec le temps, elle avait fini par s’y faire et avait sut prendre soin de sa famille. Géralt, lui avait toujours pris soin d’elle. Alors que rien ne le lui imposait et que, comme les coutumes bellifériennes le lui permettaient, il aurait pu se contenter de la voir simplement comme une moins que rien. Certes, elle fait partie des raisons qui ont poussé son frère à prendre soin des femmes, mais de base, elle savait qu’il avait ces gênes en lui. Contrairement aux autres fils de la fratrie.

Chaque étape de leur vie avait été rythmée par Quintille. Chaque victoire étant célébrée et chaque défaite, consolée. Ainsi, ce n’était pas surprenant qu’une fois encore, elle soit là. Pour son mariage cette fois-ci. Elle avait tout autant hâte et peur qu’il s’unit à vie avec Marianne. Hâte qu’il découvre la vie avec quelqu’un, qu’il prenne un nouvel envol, hâte de le voir changer et peut être devenir père. Tout comme elle craignait une possible déception et tous les soucis qu’une telle situation pouvait emmener. Doutes et craintes qu’elle préférait garder pour elle, inutile d’alerter qui que ce soit. D’autant plus sur des événements peu probables, simplement nés dans l’imagination fertile d’une mère de substitution un tantinet protectrice. « C’est une très belle ville. » Elle était consciente de ne pas répondre à la question que son frère venait de lui poser, mais c’était difficile d’y répondre. « Je m’y sens mieux qu’en Bellifère, il est vrai. » D’un autre côté, n’était-ce pas chose aisée ? « Ils sont tous très gentils et très avenants avec moi. » Qu’ils s’agissent d’habitués de la Taverne, des personnes y vivant ou y travaillant, elle ne s’était pas plainte de quoi que ce soit depuis son arrivée. « C’est plaisant. Je pourrais rester ici. » Haussant, les épaules elle poursuivit. « Qui sait, peut être même me trouver un petit chez-moi. » Et pas une chambre au sein de l’établissement. Mais ça, c’était quelque chose qui nécessiterait encore quelques économies. « Loger à la Taverne ne me dérange pas, d’autant plus depuis que je me prends beaucoup moins les murs. » Rire léger sur les lèvres, elle s’était finalement habituée à ces murs et à ces espaces différents. Quelques bleus et bosses plus tard. « Après… » Soupirant, elle poursuivit. « On n’est jamais mieux que chez soi. Or, je n’ai jamais réellement eu de chez moi. » Simple constatation, aucune triste dans sa voix. « J’espère pouvoir me trouver un endroit à moi, réellement à moi. » Petit rêve soufflé du bout des lèvres, qu’elle n’osait pas espérer quand elle vivait encore chez son père et qui, désormais, pouvait peut être prendre consistance.

Finalement, vint le tour de Gédéon. Le frère différent, pour qui tous s’inquiétait, qui ne pouvait que difficilement vivre seul. Quintille préférait d’ailleurs qu’il vive à ses côtés. Impossible pour lui de se séparer de cette mère de substitution. « Il va bien. » Sourire sur les lèvres, elle poursuit. « Je trouve qu’il s’ouvre beaucoup plus au monde depuis que nous sommes ici. » Impression maternelle ou illusion ? Elle ne préférait pas trancher, se fiant à ses instincts. « Le fait de ne pas avoir été malmené depuis son arrivée joue beaucoup. Il reprend confiance. » En lui et en ce monde horrible qui avait fait du petit garçon vif qu’il était, un petit homme lent et hésitant, après une froide nuit d’hiver.
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyJeu 1 Mar - 5:01

Tu es soulagé de l'entendre confirmer qu'elle se sent bien dans cette ville, que les gens sont bienveillants envers elle. Tu imagines qu'elle a dû connaître deux-trois bisbilles, mais tu connais ta sœur : sa cécité n'a en rien tempéré sa force de caractère. Quand elle mentionne le fait de peut-être y trouver un logis à elle, rien qu'à elle, un sourire attendri apparaît sur tes lèvres et l'émotion te prend légèrement. Tu ne pourrais dire combien tu es fier de la personne qu'elle est, en ce jour. Tu l'étais déjà, quand tu étais enfant, quand elle est revenue à Aubenacre, quand elle a tenu bon, quand elle vous a protégés, quand elle t'a soutenu, quand elle faisait front. Tu as toujours été fier qu'elle soit ta sœur. La voir se construire ici après tous les traumatismes qu'elle a vécus, après ce qu'elle a dû sacrifier, abandonner, après toute cette vie marquée par Bellifère et ce qu'il fait de pire, c'est une victoire immense sur la vie, sur le Destin, sur eux, sur ta mère, sur Géraud. Tu n'as jamais été plus fier de la femme qu'elle est devenue.

Tu comprends son besoin d'indépendance, d'avoir quelque chose à soi que personne ne pourrait réfuter tout simplement parce qu'on est né femme, différent de sa famille ou dans un duché misogyne et barbare. Tu ne le ressens pas autant qu'elle, sûrement, mais tu sais que ce sera le cas, plus tard, quand ta soif de liberté aura été étanchée un minimum. Quelque chose de stable, de construit, d'important, de significatif, qui montrera que tu étais là, que tu as vécu, que tu en as profité. Ce ne sera sûrement jamais un domicile pour toi, ce sera autre chose, tu le sens, mais si c'est ce que ta sœur souhaite, alors tu l'aideras à réaliser ce souhait. Par tous les moyens.
Quant à venir avec vous à Orsang quand vous aurez réinvesti les lieux avec Marianne, tu laisses cette idée là où elle est. Vous les inviterez à séjourner avec vous par moments, durant l'hivernage, mais tu préfères les savoir, Gédéon, Eponine et elle, ici, bien plus à l'abri dans cette ville, autant de chaos que de paix, qu'en Bellifère la majorité du temps. Désirée pourra y créer son propre foyer, entourée de tous ces gens merveilleux. Elle aura enfin la possibilité de diriger sa vie comme elle l'entend.

Gédéon. Tu as commencé à constater des changements chez ton frère depuis son arrivée, mais avec la foire de Lughnasadh, la maladie des mages, le départ pour l'Archipel, tu sais que tu as loupé de nombreux moments. Malgré tout, tu es rassuré d'apprendre qu'il s'ouvre enfin au monde, qu'il commence à trouver une place ici. Tu ne souhaites que son bonheur après tout ce qu'il a vécu. Il a beau être différent, tu l'aimes aussi fort que tes autres proches et savoir qu'il ne risque plus la violence quotidienne est un soulagement sans nom.
Tu acquiesces pour toi-même.

« Je suis soulagé et heureux de savoir que vous vous plaisez ici. Que vous êtes en sécurité. Que Gédéon est accepté. Que tu n'as plus à craindre ce monstre. Ces monstres. » Tu déglutis alors que des bribes de colère remontent à la surface. Tu revois les souvenirs, les blessures, la souffrance, le visage de tes proches. Bon sang. Moins fort, d'une voix un peu blanche, tu continues : « Si tu savais combien de fois j'ai souhaité les tuer. » Pas tous, non. Les pires. « Parfois… Parfois, je restais les yeux ouverts à fixer le plafond, la nuit. Et j'imaginais comment les tuer. Comment faire ça discrètement, sans que ça vous retombe dessus. » Tu les revois brièvement les pensées, les scénarios parfois fous, parfois monstrueux. Tu ne t'attardes pas sur ce que ça révèle sur toi ; tu sais juste qu'elles te tenaient parfois compagnie des heures durant. « D'autres fois, j'imaginais juste deux coups d'épées bien placés durant leur sommeil. » Ce qui fait peut-être aussi de toi un monstre, après tout. Juste un monstre différent. Au final, tu n'es jamais passé à l'acte. Vous n'aviez pas suffisamment d'argent, de moyens, de contacts. Les autres vous auraient retrouvés bien trop facilement. « Je ne regrette toujours pas d'avoir tué Géraud, tu sais ? Je pensais avoir des remords, mais… » Tu tournes ton visage vers elle. « Je le referais cent fois, s'il le fallait. Qu'est-ce ça dit sur moi ? »

Tu ne peux pas changer les choses. Tu ne le veux pas. Tu revois le regard de Géraud qui s'éteint de manière si pathétique et tu en ressens encore une certaine satisfaction malsaine. Tu fermes les yeux alors que tu tournes à nouveau ton visage vers la rue ; tu inspires doucement. Tu ne cherches pas spécialement de réconfort à ce propos, mais Désirée et toi avez toujours parlé à cœur ouvert, sans ambages. Cette question te revient parfois et tu es incapable d'y répondre. Au final, la Violence a-t-elle réellement perdu tous ses droits sur toi ? Ne s'est-elle pas juste déguisée ?



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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptyMer 7 Mar - 16:12

" C'est un bonheur non mesurable. " Souffle-t-elle, appuyant ses propos. " Merci encore. " Parce que sans lui, sans ses sacrifices et sa volonté, jamais ils n'en auraient été là. Jamais elle n'aurait quitté son paternel et jamais Gédéon n'aurait pu trouver une vie meilleure. Elle le savait et n'en souffrait pas. Sa cécité lui avait permis de survivre et de protéger ses frères et sa sœur, mais jamais elle ne lui aurait permis de s'échapper et de survivre à cette fugue. Jamais. Sans l'aide de son frère, de sa sœur et de l'équipage venu prêter main forte, elle serait encore là-bas, en train de subir coups et viols, entrecoupés du nettoyage des perles. Une vie dont elle se passait très volontiers désormais.

La phrase sort de sa bouche. Et sans jeter un froid, elle semble refroidir l'atmosphère. La main toujours présente dans la paume de son frère, elle serre ses doigts. Refusant de lui laisser penser qu'elle ne le soutient pas dans cette confession. Refusant de lui faire croire - même implicitement - qu'il y avait quelque chose de terrible dans ses mots. C'est dans un silence quasiment religieux qu'elle l'écoute. Ne dit mot. Même alors qu'il a terminé de parler et qu'elle sent son visage tourné vers le sien, ses yeux posés sur son corps, elle préfère ne rien dire. Cette fois-ci, elle a besoin de mesurer ses propos. D'y réfléchir. De savoir quoi dire. Elle ne minimise pas l'effort qu'il lui a fallut de lui confier de telles pensées, mais maintenant que son tour de parole est arrivé, elle ne veut pas se contenter de paroles en l'air, qui pourraient s'avérer plus blessantes que rassurantes, ou minimiser l'effort de cette confession. " Le plus difficile, c'était la préparation des repas. " Bien qu'elle puisse avoir conscience, une fois encore, de répondre à côté, elle poursuivit. " J'avais toujours envie de lui faire un plat à part. Où j'aurai disséminé quelques champignons vénéneux. " Elle soupira. " Mais il y avait toujours ce risque, ce risque qu'ils s'en prennent à vous, ou qu'il me tue sous vos yeux sous le coup de la colère, je ne pouvais pas vous laisser à ses dépens. " Une nouvelle fois, elle serre les doigts de son frère. " Je ne pouvais pas prendre le risque que vous deveniez ses cibles, vous preniez déjà beaucoup trop. " Haussant les épaules, elle poursuit. " Ca ne dit rien en particulier sur toi, si ce n'est que tu cherchais une solution à un problème. Une solution que tu envisageais, car tu savais être la seule réelle solution nous permettant de sortir de là, d'échapper à tout ça. Tout en sachant que, d'une certaine façon, elle ne résoudrait rien. " Elle n'allait pas ôter les années précédentes de souffrance, ni les souvenirs, ni les cicatrices sur les corps. Elle n'allait pas tout arranger, tout remettre en ordre. De plus, elle créerait de nouvelles blessures, de nouveaux cauchemars et, comme ils l'expérimentaient à l'instant, des doutes nouveaux, des questions sans réponses. Ou dont on craint les véritables réponses. Ses yeux opaques se tournèrent vers Géralt. Réconfortant à leur manière. " Tu n'as pas à te demander si ça fait de toi un homme moins bon, tu n'as pas à t'inquiéter sur ta santé ou sur les risques pour tes proches. " Après tout, il n'y avait aucune raison. " Tu as choisi de tuer notre père. " Les mots ne sont peut être pas réconfortants, mais ils sont véridiques. " Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose, c'était la seule solution. " Elle soupira. " Si tu ne l'avais pas fait, deux semaines plus tard, il aurait trouvé une nouvelle femme et une nouvelle victime. Ca n'aurait rien arrangé, ça n'aurait fait que repousser le problème, que le donner à quelqu'un d'autre. Parfois, pour que les mauvaises plantes ne repoussent pas, il faut les arracher à la racine et ne pas se contenter d'en couper quelques branches. " Et elle en avait retiré des mauvaises herbes. " Ne t'inquiète pas. Tu restes mon frère et tu restes quelqu'un de bien. " Sourire maternel sur les lèvres, elle penche la tête sur le côté, imaginant à quoi il pouvait bien ressembler désormais. " Quelqu'un de très bien. De bon. " Elle n'en douterait jamais. Il devait faire de même, malgré les cauchemars, les questions, les doutes et les souvenirs haineux. Il était devenu quelqu'un d'excellent, malgré le départ difficile. " Il n'y a rien de mal à se questionner sur la nature de nos actions et à les remettre en cause. " Elle haussa les épaules. " Je dirai même qu'il faut une grande sagesse pour s'inquiéter de la signification d'un tel acte, alors qu'on sait parfaitement qu'il n'y avait rien d'autre à faire. " Son autre main vint se placer sur son épaule, après être descendue le long de sa joue et de son cou. " Il en faut d'autant plus pour se liguer devant un ennemi, de prendre conscience de la nécessité de tuer et de s'interroger sur nos valeurs derrière. " Elle sourit. " C'est la preuve même Géralt que tu restes un homme bon. N'importe quel barbare belliférien ne se serait pas posé la question, il se serait réjoui de son acte de grande virilité. " Elle serre son épaule, poursuit. " Oui c'était un homme horrible et je ne regrette pas ce que tu as fait. Mais ça restait ton père. " Délicate vérité qu'il faut savoir encaisser. Vérité qu'il faut savoir supporter. Après tout, vivre avec l'assassinat de son propre paternel, quel qu'en soit les raisons - justifiées - n'est pas une chose aisée. " Laisse-toi du temps. " Le temps de s'y faire, de le digérer. De l'accepter.
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Message Sujet: Re: Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille]   Grande sœur, insuffle-moi ton courage [Quintille] EmptySam 24 Mar - 22:12

Le silence s'installe alors que vous semblez tous les deux perdus dans vos pensées. Tu revois Géraud, encore, et, définitivement, tu ne t'en veux pas d'avoir débarrasser le monde d'une telle ordure. Comment t'en vouloir quand il vous a fait à tous tant de mal ? Et tu n'étais pas le moins bien loti, dans cette affaire. C'est l'horrible vérité. La colère est là, en fond, contre lui, eux, toi, le monde, et seuls les mots de Désirée, résonnant soudain dans le calme du soir, stoppent sa progression.

Tu l'écoutes, ton aînée. Tu l'écoutes et ton cœur se serre à la similitude de vos projets, de vos pensées secrètes, de votre crainte de représailles sur ceux que vous aimez. Tu exerces à ton tour une pression sur sa main alors qu'elle poursuit. Elle poursuit dans des mots simples, terre-à-terre et prononcés sur un ton égal, un ton empli de vérité. Tu l'écoutes encore et tu hoches la tête car tu sais qu'elle a raison : rien n'aurait arrêté ce monstre à part la mort. Il aurait continué à distribuer souffrance là où d'autres distribuent mots encourageants. Il aurait continué à marquer les corps là où d'autres distribuent caresses. Il aurait continué à distribuer horreurs là où d'autres distribuent amour.

Dans un coin de ton esprit, tu ne peux t'empêcher de penser que s'en remettre à ce point aux paroles de quelqu'un pour décider de ton sort est lâche, en un sens. C'est presque facile. Pourtant, tu t'en fous. Tu t'affales sur ces paroles, même. Tu t'y accroches de toutes tes forces et tu les acceptes, parce qu'elles viennent d'un des êtres que tu chéris le plus au monde et qui a toujours su te guider dans ta vie. Malgré les mauvais moments et surtout vers les bons. Par ses gestes, par ses paroles, Désirée t'offre l'absolution que tu ne pensais ni obtenir, ni même chercher. Elle libère tes actions d'une marque horrible que tu aurais sans mal garder toute ta vie, sinon. Elle t'offre son accord, son soutien et son assurance que cela ne changera rien entre vous. Et c'est bien suffisant. C'est la seule chose dont tu as besoin, au final. L'approbation de celle qui a assumé tant de rôles dans ta vie, celle qui t'a aidé à te construire et à grandir. Celle qui a fait de toi quelqu'un de bien. Tu n'es pas mauvais. Tu as accompli un acte mauvais qui était la solution. Elle a raison. Tu t'es sali les mains et tu le referais là, de suite, s'il le fallait. Tout pour eux. C'est aussi simple que ça.

Les larmes te sont montées aux yeux sans que tu ne le réalises. Elle ne le voit pas. Ses yeux voilés l'en empêchent, mais tu souris tout de même en réponse à son sourire. Tu es obligé de déglutir quand sa main vient se poser sur ta joue, jusqu'à descendre à ton épaule.
Ce qu'elle dit ensuite te fait comme un choc. Comme une vérité aussi évidente qu'insoupçonnée, que l'on a jamais effleurée et qu'on aurait continué à ignorer si quelque chose ou quelqu'un ne nous avait pas ouvert les yeux. Et l'émotion se fait plus grande en toi. Alors tu penches la tête et appuies ta joue contre sa main, dans un signe d'affection évident. Tu déglutis, tu inspires fébrilement, mais ne dis rien. Tu en es incapable et tu te sens affreusement gêné par ce débordement. Ce qu'elle t'adresse ensuite n'aide en rien et tu lèves la menton vers le ciel, tu clignes des yeux, tu renifles un grand coup pour contrôler ce qui s'obstine à vouloir s'exprimer sans ton accord.

Laisse-toi du temps.
A vrai dire, tu préférerais ne jamais avoir à repenser à ton père, mais tu sais que c'est un caprice. Jamais ses actes ni son visage mort ne quitteront tes pensées. Tu devras t'y faire, oui, apprendre à vivre avec tout ça, compter sur Kern – ironie – et le Destin pour t'aider dans tout ça.
Les larmes finissent par couler sur tes joues et tu déglutis plusieurs fois. Tu serres sa main, tu te penches vers elle et vas poser ta tête contre son épaules, vous obligeant ainsi à vous repositionner. « Merci. Merci. » Les mots sont fébrile ; elle entendra l'émotion dans ta voix et c'est déjà bien plus que ce à quoi tu es habitué. Tu sais pourtant qu'elle ne te jugera pas. Tu n'ajoutes rien de plus ; tu ne peux pas pour l'instant.

Dès que tu te seras calmé, tu ouvriras la bouche pour la remercier encore et lui exprimer ton amour, à ta façon. Puis tu lui proposeras de lui offrir à manger pour ce soir. Tu lui tendras le bras, tu guideras sa main pour rentrer, avant de la laisser te suivre, seule, avec ce sixième sens propre à elle. Tu passeras prévenir tes camarades avec qui tu étais attablé que tu les quittes pour l'instant. Tu appuieras tes mains sur l'épaule de Red et celle du Grincheux ce faisant, avant de leur promettre de revenir après s'ils sont encore là. Puis, tu profiteras de l'instant avec ta famille, parce qu'ils sont l'un des rares endroits où tu te sens si heureux.

En attendant, tu profites égoïstement de la présence de ta sœur pour te reprendre, vous laissant quelques instants de répit avant que le cours de la vie ne reprenne ses droits.

HJ :
 



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