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 On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme

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Message Sujet: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptySam 4 Nov - 12:06


   
Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Gustave de Faërie et Lauriane de Faërie

   
On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme

   
Confidences entre époux

   


   
• Date : 13 octobre 1002
   • Météo (optionnel) :
   • Statut du RP : Privé
   • Résumé : Gustave est en train de rédiger l'annonce de l'abdication de Chimène (entre autres missives) quand Lauriane pénètre dans son bureau. Il est tard, elle est son épouse, son amie, sa conseillère, et il s'épanche auprès d'elle de tous ses tracas.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]13/10/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2889-on-dit-que-derriere-chaque-grand-homme-il-est-une-femme#101829]On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme[/url] - [i]Gustave de Faërie et Lauriane de Faërie[/i]
    Gustave est en train de rédiger l'annonce de l'abdication de Chimène (entre autres missives) quand Lauriane pénètre dans son bureau. Il est tard, elle est son épouse, son amie, sa conseillère, et il s'épanche auprès d'elle de tous ses tracas.
   

   
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptySam 4 Nov - 12:07


Je me frotte les yeux, fatigués par la lueur tremblante des bougies et la pénombre qui s'est installée dans la pièce alors que le jour se retire. Je me redresse et m'étend, le dos douloureux d'être resté trop longtemps courbé. Je suis seul dans mon bureau, rédigeant les missives avec soin. J'ai écouté mes conseillers, ai pris note de leur avis mais le choix final me revient. Il est temps d'annoncer au monde que Chimène est toujours en vie. Et qu'elle va en plus devenir Duchesse d'Outrevent. Une nouvelle qui ne sera pas sans conséquences, mais ils sont tous les deux prévenus. J'ai négocié le droit aux Mages de Sang d'être en paix sur les terres d'Outrevent, qui sont bien les plus hostiles. Nous verrons si les engagements seront tenus. Je sais que Liam aura à cœur de se montrer honorable. Chimène aussi, malgré cette haine sans mesure qu'elle me voue. Ce mépris... J'ignore si je saurais jamais trouver grâce à ses yeux. Je suis l'usurpateur, le jouer de l'Ordre, qu'elle hait avec férocité. Et je ne peux pas vraiment lui donner tort alors que tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Même assassiner une Impératrice. Deux en réalité. Chimène y a échappé. Pas Catarine. Je soupire et entend la porte qui s'ouvre. Je rouvre les yeux et souris en voyant la silhouette gracieuse qui pénètre dans la pièce et l'illumine de sa simple présence. « Est-il si tard que tu viennes me dénicher là ? » Peut-être. Je n'ai pas vu le temps passer.

Je prend le temps de l'observer. Elle est si belle. Il n'est pas difficile de trouver dans cette femme aux formes épanouies, la gracile jeune fille dont je suis tombé amoureux il y a des années de cela. Elle m'a ébloui dés le premier regard. J'ai commis une grave erreur avec elle, mais elle a eu dans le cœur la force de me pardonner et depuis, nous sommes un couple uni et solidaire et elle est ma conseillère privilégiée. Elle a toujours su trouver les mots, toujours su me pousser à aller de l'avant et continuer malgré les embûches. Elle a épousé mes ambitions. Et la voilà Impératrice. Divine Impératrice. Le poids des responsabilités pèse sur mes épaules. Celle d'empereur, celles de père également. Je me fais du soucis pour mes enfants. J'ai manqué les perdre tous les deux lors de cette terrible épidémie. Une tragédie qui me tient encore éveillé la nuit. Quand je pense à ce qui aurait pu se passer... Et pourtant, la vie continue. Je vais marier ma fille à un Marquis, un Mage du Sang de Lagrance, celui-là même qui a servi de cobaye pour trouver l'antidote. Il courtise mon Armandine avec ma permission, mais cet acte là est plus précieux que ses promesses ou ses mots. Et puis, il y a Antonin... Qui a des projets maritaux également. Mon fils qui ne sait jongler entre son rôle de prince héritier et de Chevaucheur. Qui a fait des erreurs. Si secret et si sombre. Se sera-t-il davantage confié à sa mère ? Peut-être...

« Je suis en train de finaliser la déclaration de l'abdication de Chimène en ma faveur. » Après cela, plus de retour possible en arrière. Et l'ordre pourra de nouveau en faire sa cible. Cela n'est désormais plus de mon ressors. Elle a sauvé ma tête de la vindicte de ses conseillers, j'ai sauvé la sienne des ambitions de l'Ordre. Nous sommes quittes.
   

 
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyDim 5 Nov - 1:45

Pour une fois, ses traits que la noblesse avait sculptés de façon maniérée s’étiraient de fatigue. Cela se voyait au fond de ses yeux clairs, cela se ressentait dans le délassement de ses muscles, si habituellement calculés que s’en était devenu naturel. La journée ne s’était vraiment pas bien présentée, et Lauriane détestait cela. Ce n’était pas qu’elle soit perfectionniste mais l’organisation était une des clés qui lui avait permis pendant tant d’années de mener à bien leur ambition. Lauriane avait souhaité – avait prévu – se rendre auprès de Gaëtane aujourd’hui afin de voir comment elle s’était remise de l’épidémie. Il ne lui faisait nul doute que la duchesse allait déjà bien mieux – sa force de caractère avait sûrement été une des choses qui les avait rapprochées au sein de l’Ordre – mais il leur fallait le plus possible se rapprocher des duchés. Les Cibellans préféraient – par tradition – que ce soit une femme qui les guide alors l’impératrice avait au maximum pris en charge leur relation avec ce duché, plutôt que cela ne soit son époux. Gustave comprenait et elle savait qu’elle avait sa confiance. Seulement… une missive imprévue lui avait fait reporter cette visite. Un souci avec la Rive apparemment, qui lui avait fortement déplu. Bien qu’impératrice, Lauriane n’avait jamais oublié son domaine d’origine, attachée à celui-ci – sûrement plus que Gustave car la dame y avait ses origines. Elle avait tenu à échanger une correspondance assidue avec l’intendant qui s’en occupait et avait absolument tenu à traiter les gros impondérables. Basculant délicatement sa nuque en arrière à ce souvenir, un craquement impertinent ramena ses paupières à se soulever. Son regard n’était ni morne, ni accablé, seulement vaquant. Etre ce que l’on avait choisi ne prévoyait pas de pause (hormis la mort peut-être).

Il en fallait plus pour démonter Lauriane, mais dans ses pensées son réflexe resta… qu’elle pourrait certainement se soulager avec un verre. L’idée cheminait dans son esprit tandis que ses doigts agiles en profitaient de replacer ses longs cheveux bruns derrière sa nuque pour effectuer un discret massage de cette zone que la fatigue rendait douloureuse. Qu’il était presque agréable de se sentir si éreintée. Elle exécrait l’inactivité et la charge d’impératrice lui convenait fort bien, malgré toutes les responsabilités. Et le danger – qu’il ne fallait pas négliger – car de par les lois faëes, ils n’étaient pas légitimes. Même si ces choses changeraient. L’injustice était faite pour être combattue. Lauriane en était sincèrement convaincue. Tout autant convaincue que, parfois, la fin justifiait les moyens. Sans empiéter sur les principes d’honneur qui lui étaient chers, la force des choses ne laissait souvent pas d’autres choix. De temps en temps, cela la minait, et elle se demandait ce qu’elle ferait si un jour elle devait rendre compte de ses actes de traîtrise. Après tout, conspirer contre l’impératrice – même pour de bonnes raisons – restaient un acte que l’honneur ne tolérait pas. Lauriane savait au fond d’elle-même qu’un jour il lui faudrait répondre de ce crime et qu’elle le ferait. Pour l’honneur et la droiture de ce en quoi elle croyait.

Mais pas aujourd’hui.

Quittant leurs appartements privés, qu’elle avait pourtant rejoints dans le but de clore cette journée, Lauriane avait décidé – une fois n’étant pas commune – de retrouver Gustave. Il devait encore travailler… Cette situation de guerre était dès plus contraignante mais Lauriane la voyait comme un nouveau pas en avant. Toute chose doit se défaire pour avoir une chance d’être convenablement reconstituée. Ce n’était pas gagné – et rien n’assurait réellement que ce serait eux qui l’emporteraient – mais, tant que le combat n’a pas commencé, il n’y avait de toute façon aucun gagnant possible. Doucement – pour ne pas le déranger trop brutalement dans ses affaires – Lauriane pénétra dans la pièce, sa silhouette vacillante dans la semi-obscurité ambiante qu’avait créée la flamme des bougies. Il l’avait de suite remarquée, forçant un sourire sur le visage désormais illuminé de sa délicate conjointe. Elle ne lui apparaissait jamais autrement qu’ainsi, car il était bien trop précieux pour elle. Tout autre monde – et certainement pas celui de la fatigue – n’existait alors pas.

- Il n’est pas encore si tard, je souhaitais simplement venir te voir, répliqua-t-elle, son sourire envahissant de plus en plus ses lèvres, amusée par sa réflexion. J’ai pensé qu’un peu de compagnie pourrait te sied.

Lauriane prit le temps d’apprécier le regard de son époux se promener sur elle, ne détournant pas le sien qui brillait de lueurs qu’il ne convient pas toujours de dire à voix hautes car les sentiments ne sont pas l’apanage de la noblesse. Le seul luxe normalement refusé, plutôt. Pas pour elle mais… leur histoire n’avait pas été si radieuse. Lauriane entreprit finalement de se rapprocher de lui, interpellée par les pensées qui semblaient s’emmêler dans son esprit concentré à cet instant.

- A quoi travailles-tu ?

Toute la contenance de Gustave lui permit d’obtenir une réponse si vite que le moment semblait n’avoir finalement pas eu l’incidence si profonde qu’elle avait cru. Pourtant, elle savait que c’était le cas. Elle était… terriblement fascinée par cet homme, dont elle se sentait à la fois si proche, et si lointaine de par tout ce qu’il avait su bousculer en elle. Cela ne formait finalement plus qu’un tout dont elle ne discernait pas toujours tous les contours. Elle était là pour lui, parce que c’était son rôle, mais aussi parce qu’elle souhaita être la seule à compter.

- Autrefois, la faire exécuter aurait certainement été plus sage, lui répondit Lauriane et elle savait qu’il avait su son avis là-dessus. Malheureusement, au vu des risques qu’ils avaient pris, la pitié ne leur aurait pas épargné des retombées. Et surtout, aller dans le sens contraire de l’Ordre n’était pas judicieux. Aujourd’hui, cette abdication te donne une légitimité qui n’était pas espérer. Je crois que Chimène, malgré son jeune âge, sait qu’après avoir pris une telle décision il n’y a pas de retour arrière possible à moins de vouloir plonger Faërie dans un désordre profondTu es confiant ?

Elle sentait qu’il avait besoin de parler un peu. La décision d’épargner ou non Chimène puis de choisir ou non d’accepter son retour en Faërie avait été dès plus ardue pour lui. Mais quitte à la garder en vie, Lauriane pensait qu’il avait eu raison d’accepter la proposition de Liam et de Chimène. Les avoir à l’œil serait plus profitable qu’égarés dans le pays de leurs ennemis, où une vengeance aurait tôt fait de trouver des alliés. Et puis, Lauriane n’avait en soit rien contre Chimène. Une injustice pouvait parfois en faire naître une autre mais dans le cas présent, c’était encore une jeune fille, et sa place serait certainement mieux ailleurs. Ayant gagné la proximité de son époux, Lauriane fit passer l’un de ses bras sur ses épaules, comme une caresse aérienne qui cherche à accorder un peu de confort sans distraire. Il y ait des luxes qu’on ne peut se permettre. Gérer les conséquences de leur coup d’état et la nouvelle guerre sur le même front ne leur laissaient pas beaucoup le loisir de se relâcher. Souhaitant pourtant profiter de ces quelques instants, Lauriane s’éloigna de nouveau, gagnant l’un des divans disposé un peu plus loin, contre un mur. S’accordant tout le loisir de pouvoir observer la carrure et la prestance de l’homme qu’elle aimait, confortablement pressée contre l’un des accoudoirs.

- Tu es inquiet… questionna-t-elle finalement implicitement. Elle n’était pas vraiment en reste mais la force que la vie lui avait donné lui permettait toujours de se reléguer au second plan. Dis-moi tout ce qui te tracasse.

Cela ne lui avait jamais plu qu'il ait tant à supporter, mais c'était la vie qu'ils avaient décidé alors elle ne le prendrait jamais en pitié.
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyDim 19 Nov - 20:45


Je concevais une admiration réelle pour mon épouse. Sa force m'avait toujours impressionné, même alors qu'elle n'était qu'une délicate jeune fille. Sa détermination également. Lauriane était un soutien sans faille, un refuge. Ce sourire suffisait à éloigner les tourments qui pouvaient m'assaillir. Elle semblait inébranlable et je puisai bien du courage dans sa force. « Ta compagnie me sied toujours. » Pure vérité. Jamais elle ne m'avait dérangé. J'étais prêt à tout interrompre pour elle et en même temps, elle savait quand se présenter à moi pour ne pas m'interrompre. Nous fonctionnions à merveille ensemble. Aussi bien partenaires que couple. Amis qu'amants. Je pris le temps de l'admirer avant qu'elle ne me rejoigne, toujours ébloui par sa beauté et son élégance. Je ne me lasserai jamais d'elle. Je l'avais su dés que j'avais posé le regard sur elle. Mon impatience avait dicté mes actes d'alors, la forçant à être mienne. Cela serait peut-être arrivé si je n'avais pas forcé le destin... Mais j'avais un tempérament fougueux. Et la fin justifiait toujours les moyens. J'étais heureux qu'elle m'ait pardonné. J'avais été malheureux durant les trois premières années de notre mariage, quand elle me battait froid. Mais pour la conquérir, j'avais été patient cette fois. Prévenant, attentif, la courtisant et lui laissant le temps d'apprendre à me connaître et m'aimer.

Les premières paroles de Lauriane me plongèrent dans mes pensées et mes souvenirs. Combien de fois y avais-je songé ? Combien de fois m'étais-je dit qu'il aurait sans doute été plus sage de laisser l'Ordre gérer l'impératrice déchue et se débarrasser ainsi radicalement de cette épine délicate dans mon pied ? Et pourtant... Pourtant, je ne l'avais pas fait. Seule Lauriane, peut-être, savait quels sentiments se nichaient dans mon cœur quand il était question de cette sœur que je ne connaissais que trop peu, que je méprisais pour sa faiblesse, mais que je souhaitais pourtant protéger parce que... parce qu'elle était de mon sang. Et qu'elle n'était pas coupable des actes de nos parents. Pourtant, mon épouse finit par conclure que nous avions su retourner la situation en notre faveur. Mais sa question ne manquait pas de perspicacité. « Je pense qu'elle respectera ses engagements... Elle ne semble pas douée de duplicité. » Contrairement à moi. Lauriane était davantage tiraillée entre les manœuvres politiques parfois sournoises et son honneur outreventois. J'essayais d'en faire abstraction pour ma part, même si ce n'était pas facile de se débarrasser d'une éducation entière. Liam d'Outrevent, était pétri de principe et d'honneur. J'espérais que cela demeurerait. « Par bien des côtés, elle est encore naïve. Et quel intérêt de s'opposer à moi alors qu'elle n'a jamais eu l'ambition de régner sur Faërie ? Je lui offre son mariage avec son fiancé d'antan, qui semble éprouver de l'affection pour elle et l'a toujours soutenue et protégée. J'en fais une Duchesse. La seule contrepartie est de me laisser régner. Et de se montrer plus tolérante avec les Mages de Sang. C'est peu cher payé pour conservé la vie, tu ne crois pas ? » Je marquai une pause et conclus : « Et Liam d'Outrevent ne m'aime pas. Il me méprise même. Mais c'est un homme de parole et de principe. Je peux sans doute me fier à cela. »

La main de Lauriane sur mon épaule valait toutes les décoctions du monde pour chasser la tension. Elle partit bien trop vite s'installer confortablement sur un divan afin de discuter. Je résistai pour l'heure à l'envie de la rejoindre. Encore un peu de patience. « Maintenant, je sais que cela ne la protégera pas de l'Ordre. Elle ne semble pas saisir tous les enjeux. Ni comprendre ma démarche... » Je n'osais avouer regretter cette haine qu'elle me vouait. « As-tu toute la nuit pour discuter de mes soucis, mon aimée ? » Je souris légèrement, plaisantant à peine à ce sujet... l'avenir de l'Empire... D'Antonin et Armandine. De Chimène. Trop de choses.
   

 
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyMar 21 Nov - 15:37

Lauriane se sentait bien, et aurait presque souhaité s’évader de toutes ces questions politiques. Dans le confort et la chaleur du divan, l’envie de se reposer était plus présente. Pourtant, il ne lui serait jamais venue à l’esprit de changer la conversation. Au contraire. Peut-être n’était-elle presque plus à l’aise avec son époux que lorsqu’ils parlaient de toutes ces méandres. Cela faisait si longtemps que ces dernières rythmaient leur vie. Cela n’était plus une pression quand elle était avec lui. Son oreille attentive n’avait rien perdu de tout ce qu’il lui avait dit, et ses yeux clairs comme le ciel contrastaient dans leur vivacité avec l’obscurité tenante de la pièce. Son éveil était complet pour l’écouter.

- Bien sûr, lui répondit-elle dans un sourire léger où se mêla sa tendresse et un brin de gaieté qui illumina un instant son regard. Tes soucis sont aussi les miens.

Elle le lui rappelait, sans trop de besoin. Il ne devait pas maintenant se mettre à craindre de lui parler. La nuit pouvait bien recouvrir Faërie, elle resterait là sans concession et sans débat si cela était nécessaire car trop de choses auraient été à dire. Même si elle fatiguait, il est vrai. Parler n’était jamais une mauvaise chose. Cela permettait de mettre les choses au clair et de se retrouver. L’opinion de Gustave sur Chimène et Liam semblait en tout cas être faite. Il n’avait pas tort évidemment, mais les choses apparaissaient beaucoup moins clairement à Lauriane. Peut-être parce qu’elle était une femme et que c’était plus dans sa nature de s’inquiéter ? De craindre pour les dangers potentiels qui viendraient s’abattre sur eux, maintenant qu’ils étaient des cibles. Tout pouvoir est une cible. Elle aurait également aimé croire que l’honneur de Liam serait suffisant mais elle-même – et Gustave – était la preuve que l’honneur ne suffisait pas à réfréner les causes. Elle espérait sincèrement que Liam d’Outrevent valait mieux qu’eux sur ce point-là, et serait effectivement ce modèle d’excellence de droiture.

- Chimène est une Princesse de Faërie. Même sans avoir eu l’ambition de régner, elle devait le concevoir comme un devoir envers son peuple. Et avait sa propre conception de son bien-être, une conception différente de la tienne. De la nôtre. Je pense qu’il ne faut pas négliger que Chimène représente un symbole pour les Faës. Elle était jeune, douce, volontaire. Tout le monde ne la voyait pas comme étant apte à régner mais elle était appréciée.

L’impératrice ressentit le besoin de se relever. Elle était toujours plus à l’aise ainsi, et le sujet « Chimène » était houleux, compliqué. Intime mais tranchant. C’était un vrai problème… Lauriane n’y voyait aucune solution simple. Ses pas s’égarèrent quelques secondes dans la pièce, avant qu’elle ne se décide à rejoindre l’une des fenêtres. Les étoiles n’étaient pas encore nettement perceptibles, ou y avait-il juste trop de nuages ?

- Le peuple a besoin de symbole en ce moment… Murmura Lauriane, comme perdue lointainement, dans le paysage nocturne qu’offrait Alfaë et, au de-là, Cibella. D’espoir et d’unité.

Finalement, elle se retourna vers Gustave. Son moment de vague semblant s’être dissipé de son visage aussi vite qu’il était venu. On retrouvait la femme franche et assurée qu’elle était. Ses bras s’étaient seulement repliés entre eux, croisés en dessous de sa poitrine, pour garder la chaleur fuyante de cette période où le froid s’abattait de plus en plus vif, surtout la nuit tombée.

- Peut-être ne devrions-nous pas négliger Chimène. Je ne suis pas certaine du bienfondé de cette idée, ni de sa mise en oeuvre, mais elle fait toujours partie de la famille impériale. Lauriane marqua une brève pause, ses pensées ayant fini de s’ordonner sur ce sujet. Mais ce n’est pas ça qui te préoccupe le plus, n’est-ce pas ?
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyMar 19 Déc - 12:08


C'était un soulagement de pouvoir parler avec mon épouse des soucis qui pouvaient m'assaillir. Il n'y avait aucun jugement chez elle et je la savais intelligente et objective. Aucune trahison ne pourrait émaner de Lauriane. Qui aurait pu penser il y a plus de 20 ans, que nous serions aujourd'hui amoureux, amis, complices et confidents, quand elle me battait froid après que je l'ai forcée pour l'avoir, vainquant les résistances d'une jeune fille encore timorée, mais dont j'avais entrevu le potentiel ? Lauriane aurait pu être de ces femmes acariâtres et obstinées, qui refusaient de changer d'avis et d'ouvrir les yeux, mais non. Elle était passée outre, elle avait pardonné et elle m'avait aimé. M'aimait encore désormais alors que nous affrontions la tourmente. Le fait qu'elle soit ambitieuse était un atout non négligeable. Une femme effacée et timorée n'aurait pas été d'une grande aide dans mes aspirations personnelles. Je savais qu'elle serait une Impératrice remarquable, qui aurait à cœur de gérer les affaires politiques, la politiques interne, les relations avec les duchés et j'avais une confiance aveugle en sa capacité de gérer certaines situations. J'écoutai avec attention l'avis de Lauriane sur Chimène, hochant la tête à ses paroles. « C'est vrai. Mais la laisser mourir aurait fait d'elle un martyre, un symbole à embrasser pour lutter contre l'oppresseur. Et si le symbole de la rébellion accepte mon règne, alors nous n'aurons pas tout perdu. » C'était une pensée logique et censée, même si... mon geste n'était pas qu'entièrement calculé du point de vue politique.

Lauriane s'était levée, pour mieux réfléchir, avant d'ajouter d'une voix pensive que le peuple avait besoin de symbole d'espoir et d'unité. Dans un pays ravagé par la guerre, c'était plus que nécessaire d'avoir quelque chose en quoi croire. Et je n'avais pas vraiment eu le temps de le leur offrir malheureusement, la guerre embrasant Arven avant que je n'ai consolidé ma position. Mais au moins ne laissais-je pas Ibélène prendre le pouvoir sur nous, même si cela avait été précaire lors de cette épidémie. « Sans aucun doute, mais que pouvons-nous lui offrir? » Elle se retourna vers moi, nos regards se croisant, alors qu'elle concluait sur le sujet de Chimène. « Oui, elle demeure ma sœur. » J'avais murmuré ces paroles, un aveu douloureux, presque de faiblesse.

Je souris quelque peu quand elle me fit remarquer que ce n'était pas ce qui me préoccupait le plus. « Tant de choses me préoccupent mon aimée. Le fait d'avoir failli perdre mes enfants et d'y avoir assisté avec impuissance. Que Faërie ai été fragilisée et vulnérable alors que nos mages se mouraient. Certaines décisions de l'Ordre que je ne peux cautionner et qui remettent en cause ce en quoi je crois... Les alliances de nos enfants. Chaque décision prise a un impact sur l'Empire. » Je soupirai et me massai les yeux. « Je suis las ce soir. » Je rouvris les yeux en la fixant, le cœur serré devant sa beauté et sa grâce encore une fois. « Je ne désire pas un règne de sang et de violence, que le peuple paie pour les erreurs de nos ancêtres. Que des innocents meurent, des mains même de l'Ordre que nous soutenons. Plus le temps passe et moins je cautionne ce qu'il se trame. Qu'il faille faire preuve de force quand la situation l'exige ne me pose aucun soucis, mais, quand je baisse le regard sur mes mains, je les vois rougies de sang. Du sang des Faes. De mon peuple... » Je m'éclaircis la gorge. « Et l'idée de perdre Antonin et Armandine a rendu beaucoup de choses dérisoires. »
   

 
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyDim 24 Déc - 1:37

Sa sœur. Même pour Lauriane, la constatation mise à nue telle qu’à cet instant sonnait douloureusement, mais ses beaux yeux bleus n’en laissèrent rien paraître et continuèrent de couvrir Gustave avec douceur. Se dire qu’ils auraient pu tuer une personne de leur propre famille pour une question de pouvoir, de justice, n’était pas simple… En retournant ce fait plusieurs fois dans son esprit, Lauriane ne parvenait pas en fait à lui attribuer une quelconque justification « juste ». Ça ne l’était absolument pas. La fin seule avait justifié les moyens. Et c’était dur à vivre, surtout quand on souhaiterait être pardonné sans avoir à le demander. C’était une lente blessure, infligée dans la plus pure conscience, qui en disparaîtrait jamais. Et pour le bien de tous, Lauriane ne pouvait s’appesantir dessus. Comme sur tout le reste.

Seulement, ce soir, le poids de leur décision semblait peser sur Gustave… Elle le ressentit derrière ce trop faible sourire qu’il lui dédia, dans lequel il lui sembla retrouver toute sa propre fragilité et délicatesse qui ne s’exprimait plus que sur son corps. L’entendre évoquer ses doutes avait quelque chose de… rassurant. Cela lui rappelait que leur coup d’état n’avait pas seul été motivé par l’attrait de diriger Faërie, car, qui, en toute connaissance de cause, voudrait sincèrement avoir un tel poids sur ses épaules ? Cette chance inespérée de bien faire avait un prix que tout le monde ne pouvait pas payer… Au souvenir de ses enfants rongés par la maladie, les bras de Lauriane se resserrent un peu plus au-dessous de sa poitrine tandis que son regard s’était détourné, afin que jamais les quelques lueurs honteuses qui s’y étaient acheminé, mêlées à sa peine, n’y soient vu. Ce ne fut que le vague de quelques secondes car le souvenir terrifiant de ce qui avait frappé et failli perdre Faërie donna à ce désastre une ampleur tout autre. Une ampleur de celles qui, de par leur impact démesuré, vous empêche de vous appesantir sur vos propres tourments.

- Nous nous y attendions lorsque nous avons prévu de nous hisser au pouvoir… constata-t-elle avec une douceur mêlée de nostalgie lorsqu’elle vit l’homme qu’elle aimait masser ses yeux afin de mieux réunir ses pensées.

Ce n’était pas simple. Rien n’était simple. Il semblait harassé… Ce n’était guère étonnant, ces derniers mois, il s’était encore moins reposé qu’elle-même. L’entendre lui avouer sa lassitude eut néanmoins le don de lui soustraire un sourire tendre, un peu amusé certes, mais surtout aimant sur ses lèvres enluminées de rouge. Une moue ensuite contrite avec douceur lorsqu’il reprit ses propos mais qui n’enleva rien à la tendresse de laquelle elle le couvait de son regard. Lauriane ne comprenait que trop bien ce qu’il ressentait… et derrière son masque de délicatesse se cachait la même peine que celle qui l’égrenait, mais lui, lui serait tenu responsable de tout. Il portait un poids dont elle n’avait que des fractions, alors, avec lui, tout son amour lui permettait de voir les choses autrement. Comme elles se devaient.

- Tu ne dois pas te blâmer pour toutes les directions empruntées par les évènementsCertaines étaient… imprévisibles. Nous ne pouvons contrôler tout ce qu’il advient de nos décisions. Tu as pris les meilleures possibles avec les circonstances et faits qui nous étaient connus. Et c’est ce que nous pouvions souhaiter au mieux… Evidemment, cela ne changeait rien. Un soupir las obstrua à son tour sa gorge comme ses yeux vaquèrent un instant à chercher un point invisible de la pièce, avant de revenir sur Gustave. Cette épidémie n’était de la faute de personne. Et alors qu’elle prononçait ces mots presque involontaires, cette vérité pleine et entière se ficha jusque dans le cœur de Lauriane sans qu’elle ne s’y attendit. Peut-être que si nous n’étions jamais parvenus au pouvoir, les choses se seraient exactement passées de la même manière malgré tout, ou auraient été bien pires. Personne ne peut le savoir

Lauriane, affectée par ces doutes si injustes qui le rongeaient, s’avança jusqu’à lui, évadant à nouveau sa main contre sa nuque lorsqu’elle fut à nouveau à sa hauteur. Ses doigts s’y pressèrent, s’enroulèrent avec une douceur légèrement tremblante de l’effet qu’il produisait toujours sur elle, tandis que son regard n’avait lui dévié de toute son attention.

- Même si tes mains sont recouvertes du sang des Faës – c’était indubitable – ce n’est pas toi qui l’a fait couler et nous ferons tout pour que jamais cela ne se reproduise. Nous serons là pour eux. La belle outreventoise plongea son regard dans le sien, y emmêlant profondeur, délicatesse, conviction. Antonin et Armandine en pensent la même chose et c’est pourquoi ils prennent les mêmes risques que nous. Une ombre passa néanmoins sur son visage, arrêtant le doux massage qu’avait discrètement commencé la pulpe du bout de ses doigts toujours contre sa nuque, se souvenant de ses précédentes remarques qui ne pouvaient être anodines. Tu penses que l’Ordre n’a pas été pleinement sincère avec nous lorsqu’il nous a expliqué n’avoir cherché qu’à augmenter la puissance des mages et que cela avait mal tourné ?
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyVen 12 Jan - 16:21


Lauriane avait raison. Nous savions que cela ne serait pas aisé. Qu'il y aurait des sacrifices, des décisions difficiles à prendre. Que nous serions décriés, que nous aurions des opposants. En étant ainsi en pleine lumière, la vie ne serait plus jamais la même, ni tranquille. Nous nous y étions préparés. Et pourtant, tout ce poids m'harassait ce soir, alors que mon épouse me rappelait doucement que cela était prévu depuis longtemps et que nous avions accepté les conséquences. « C'est vrai. » D'une autre personne, j'aurai pu prendre cela comme une réprimande ou un rappel à l'ordre. Je savais que ce n'était pas le cas de la part de Lauriane. Je ne me confiais pas à elle pour rien, j'avais entièrement confiance en elle et en son jugement. Ou son absence de jugement me concernant. Il fallait reconnaître que mon règne... Notre règne, n'avait pas commencé sous les meilleurs auspices, loin de là. Les catastrophes s'étaient enchaînées. La guerre, l'épidémie... Beaucoup de Faes morts, parfois par la main même de l'Ordre. Cet Ordre dont j'étais un membre, depuis bien longtemps, dont je connaissais beaucoup d'autres membres, souvent de braves gens, dénués de la moindre violence...

Je hochai la tête quand elle ajouta que je n'avais pas à me blâmer et que j'avais fait au mieux avec les éléments que j'avais en mains, sans pouvoir contrôler la suite des événements. Certes. Mais le peuple ne le verrait pas forcément ainsi. L'Histoire non plus d'ailleurs. Parfois, on y voyait des présages. Des volontés divines. Était-ce le cas ? J'aurais eu tendance à en rire jusqu'à maintenant, mais je n'étais plus sûr de rien désormais. Je sentis bien le voile qui passa sur mon épouse alors qu'elle parlait de cette épidémie, qui aurait pu aussi se produire si Chimène était restée au pouvoir. Peut-être bien, effectivement. Mais ce qui nous avait le plus touché était bien entendu, l'état gravissime de nos deux enfants. Comment ne pas s'inquiéter pour eux ? Prier pour eux ? Alors qu'ils s'affaiblissaient, alors qu'Antonin perdait sa dragonne, incapable de communiquer avec elle, alors qu'ils déliraient l'un comme l'autre, devenant incapable d'user de leur magie sans accélérer le processus ? Ils étaient adultes maintenant, mais l'inquiétude demeurait aussi vive que quand ils étaient enfants et fragiles, que je prenais Armandine sur mes genoux pour la consoler quand elle était malade, ou que j'étreignais mon fils si secret.

Ce sujet eut pour résultat de ramener Lauriane vers moi, chacun ressentant le besoin de toucher l'autre, d'être en contact. « J'aimerai que tu ai raison. » Sans doute que Lauriane était la plus à même de gagner le cœur de notre peuple. Elle était belle, intelligente, forte, diplomate. Je pouvais représenter la dureté et la cruauté aux yeux des nôtres, Lauriane pouvait être celle qu'on aimait quand on me craignait. C'était dommage que cela soit ainsi, mais je ne pouvais guère faire autre chose. Me construire une autre image ? Cela signifiait déconstruire celle qui était déjà en cours, et demanderait un effort énorme. Avec du temps peut-être... Si les choses se tassaient. « Si quelqu'un peu gagner le cœur des Faes, c'est bien toi. » Et je comptais sans doute beaucoup trop sur elle pour redorer notre image aux yeux de notre peuple. Je savais aussi qu'elle endosserait ce rôle naturellement, sans se poser de questions.

Mais à sa question, je pris la peine de réfléchir et de me montrer prudent. Je ne craignais pas de trahison de sa part, loin de là, mais je préférais être mesuré. La douce fermeté des doigts de mon épouse sur ma nuque me détendaient lentement. « Je ne sais plus que penser pour être honnête... Mais... Je pense que nous ne savons pas tout. Je suppose qu'avoir soustrait Chimène à son exécution les a amené à se défier de moi et peut-être ne suis-je plus dans certaines confidences. Tu sais comme moi qu'il faut parfois des mesures radicales pour obtenir ce que l'on veut mais certaines actions récentes ne font que nous desservir aux yeux du peuple. Outrevent est déjà hostile à la magie du Sang et à l'Ordre et certaines exactions ne font qu'alimenter leur rancœur. Je me demande si certains ne poursuivent pas un but secret. Je ne comprends plus leur politique... Ne t'interroges-tu pas ? »
   

 
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyMer 24 Jan - 23:49

Sa remarque concernant sa capacité à gagner le cœur des Faës l’avait laissé un brin songeuse. Des brides tumultueuses s’infiltrant peu à peu et couvrant ses pensées, l’éloignant juste un peu du moment présent. Elle… n’était pas sûre d’être si bien que cela. Ses bonnes intentions ne faisaient aucun doute, mais sa légitimité était encore plus à remettre en cause que celle de Gustave. Bien que les lois soient contre lui, il était de sang impérial quand même. Elle n’était impératrice que par mariage. Et puis… Les femmes de l’Empire faëes étaient nombreuses à s’être illustrées et à être aimée. Chimène aurait toujours une place qu’elle ne pourrait jamais obstruée. Et Marjolaine du Lierre-Réal lui donnait bien du fil à retordre également. En un sens, elle aurait aimé que les choses soient plus simples… Elle aurait aimé que tous ces combats de noble se soient arrêtés après qu’ils aient enfin eu la couronne. Mais non. Et il fallait garder la tête haute !

Le vague à l’âme passé, sans que l’éclat de ses yeux attentifs n’eut dévié, Lauriane pu à nouveau se concentrer sur les propos que venaient de tenir son mari. Ces derniers aussi avaient de quoi la laisser bien songeuse. Elle savait que sa question avait amené un terrain dangereux, et la continuer, l’entretenir, était tout aussi dangereux. Il fallait faire attention à leur propos. Bien qu’ils étaient pratiquement impossibles qu’ils soient espionnés, parler de l’Ordre avait quelque chose de… dangereux, même dans l’intimité. C’était presque un peu tabou. Eux qui les avaient tant aidés… Les derniers évènements ne rendaient pas la situation simple à leur égard.

- Je leur laisse le bénéfice du doute, avoua-t-elle, mais ses propos n’allaient pas s’en tenir là. Aussi, comme si le moment avait gagné en sérieux, Lauriane récupéra sa main qui vint se loger contre son ventre, tandis qu’elle prit légèrement appui contre le bureau. Ses yeux se firent plus réfléchis, perdant quelques instants leur douceur, car ce sujet comptait beaucoup pour eux deux. L’Ordre avait tant fait pour eux. Et… l’Ordre était tellement puissant. Plus qu’ils l’avaient sans doute estimé lorsqu’ils les avaient rejoints. Néanmoins, je suis de ton avis. Je ne sais pas si l’épidémie qu’ils ont causée l’a vraiment été de façon involontaire maisIls ne nous ont pas prévenu de beaucoup trop de choses pour que cela soit normal. La vérité est que l’Ordre a son propre organisme. Nous ne sommes que des alliés parmi d’autres. Et je crois que c’est le plus terrifiant…  Un soupir passa légèrement ses lèvres en repensant à la mauvaise image à laquelle l’Ordre les liait. Nous devons assumer leurs exactions pour l’instant. Cela nous dessert peut-être maisIl nous faut être prudent. Un léger sourire, quelque peu craintif, passa sur son visage. Je ne voudrais pas qu’ils s’en prennent à nous. Et j’aimerais aussi croire qu’ils sont sincères

Après tout, était-ce utopique ? Peut-être que certains de leur agissement avait de quoi être remis en doute. Peut-être que leur méthode pouvait être discutable. Peut-être que l’épidémie était en fait volontairement de leur fait. Peut-être n’avaient-ils cure de la souffrance du peuple. Oui, toutes ces hypothèses avaient déjà traversé l’esprit de Lauriane. Mais dans le fond, eux-mêmes avaient eu recours à l’adage « la fin justifie les moyens », alors pouvaient-ils les juger ? Elle souhaitait simplement continuer de croire, quel que soit la vérité, qu’ils agissaient dans le but d’un meilleur avenir. Elle n’en savait rien…

- Je t’avoue que ce sont certainement ceux qui me font le plus peur… murmura-t-elle finalement, les yeux perdus dans le vague. Je partage tes doutes et j’aimerais y voir plus clair, mais mener notre propre enquête serait certainement trop dangereux... Pourtant, qui serions-nous si on ne le faisait pas pour la sécurité de notre peuple ?

Lauriane se sentait affreusement déchirée. Elle souhaitait croire en l’Ordre mais de plus en plus, comme Gustave, elle doutait d’eux. Et si le peuple faë devait encore souffrir à cause d’eux, comment feraient-ils pour se pardonner d’avoir décidé de fermer les yeux ?
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyMer 7 Fév - 14:14


Il aurait été étonnant que Lauriane ne songe pas comme moi aux action controversées de l'Ordre. Nous pouvions épouser ses idées sans pour autant demeurer aveugles et sourds à certaines exactions bien trop violentes. Nous n'étions pas des fanatiques sans capacité d'analyse, ni sans savoir prendre du recul. Je me posais maintes questions sur ce petit groupe qui faisait tant parler de lui et desservait notre cause au sein du peuple Fae. Maintenant que j'étais empereur, j'avais les cartes en main pour faire reconnaître la magie du sang, pour permettre à ces mages de pouvoir exercer sans craindre les représailles. Et pourtant, la situation continuait de m'échapper alors que l'Ordre continuait ses attentats et ses vols dans un but qui me semblait de plus en plus obscur... Et Lauriane était elle aussi circonspecte d'après sa réponse. Je l'observai alors qu'elle semblait réfléchir à ses paroles et peser soigneusement ses mots. Et je hochai la tête face à son raisonnement. Voilà pourquoi en plus d'être mon épouse, elle était ma compagne, mon alliée, ma conseillère. Elle était intelligente et intuitive, posant un regard acéré et éclairé sur ce qui pouvait bien l'entourer. Et nous étions très rarement en désaccord.

Et malgré ces coups de couteau dans le dos, il nous fallait faire avec l'Ordre, avec ce qu'il faisait, restant solidaires avec cet organisme qui nous avait propulsé sur le devant de la scène, ne serait-ce que parce que nous n'étions pas des ingrats... mais aussi parce que nous savions tous les deux la puissance de l'Ordre et les moyens radicaux mis à sa disposition pour éradiquer toute menace... Qu'elle soit royale ou non. « Notre position n'est pas assez assurée pour nous permettre de nous en faire des ennemis. Et sans doute serait-il plus avisé d'épouser totalement leur cause afin d'en apprendre davantage sur ce qu'il se trame... » Parce que finalement, jamais je n'avais oublié ces idéaux qui m'avaient fait rejoindre l'Ordre il y a des années de cela... Et pour la plupart, les membres étaient de braves gens qui voulaient juste la paix. Mais d'autres, dont j'ignorais l'identité, étaient bien plus dangereux. Lauriane avait raison, il devait exister une petite cellule à l'intérieur même, avec un but qui nous échappait. On aurait pu penser que l'Empereur et l'Impératrice de Faërie seraient au courant de tout, faisant partie du gratin de l'Ordre. Mais finalement, nous n'étions que des pions... il fallait bien nous rendre à l'évidence, aussi douloureuse cette vérité soit-elle. Et je ne désirais pas mettre ma famille en danger. J'avais manqué perdre mes précieux enfants, il était hors de question de les exposer de nouveau.

Pourtant, Lauriane, comme moi, avions à cœur le bien de Faërie. Je n'étais pas qu'un terrible despote en quête de pouvoir. Si j'avais renversé Chimène de son trône, c'était pour récupérer ce qui était mien et dont on m'avait spolié à la naissance. Dans le but de rétablir la justice dans l'Empire, de mettre fin à 1000 ans de tromperie et d'oppression. Oui, il serait dangereux de mener notre enquête de l'intérieur, mais pouvions nous vraiment fermer les yeux et continuer de nous laisser manipuler ? « Nous serions ce qu'on nous reproche d'être : des arrivistes tyranniques amoraux. » Je ne me faisais aucune illusion quant à l'opinion que certains avaient de moi. J'en avais eu un avant goût en la personne de Liam d'Outrevent, mais aussi de Chimène qui refusait de changer d'avis. Qu'importe. « Mais ce n'est pas ce que nous sommes. Notre devoir est de protéger le peuple fae, de laisser chaque individu pratiquer la magie qu'il désire, sans crainte d'être opprimé. Cela prendra du temps, mais c'est en bonne voie. Alors que recherche l'Ordre maintenant ? Il nous faut le découvrir... Quitte à rallier certains partisans à une cause plus pacifique. » Je parlais de scission à mots voilés, mais c'était fait. Nous avions notre propres contacts après tout. Des amis. Fidèles. Il nous faudrait agir avec prudence et discrétion. Mais ce sujet me tourmentait plus que n'importe quel autre désormais. « Me suivras-tu, mon aimée ? »
   

 
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Message Sujet: Re: On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme   On dit que derrière chaque grand homme, il est une femme EmptyMar 13 Fév - 0:37

L’idée de Gustave n’était pas mauvaise. Lauriane elle-même y avait déjà songé. En s’investissant davantage dans l’Ordre, leur pouvoir grandirait, leur connaissance s’affinerait, mais les revers seraient également plus dangereux. Plus ils en sauraient, plus l’Ordre en attendrait d’eux et plus également cela leur causerait du tort auprès de leur peuple si l’Ordre agissait encore mal envers le peuple Faë. Pourtant, il y a longtemps, ils avaient pris une décision : celle de faire alliance avec eux parce qu’ils croyaient en ce qu’ils pouvaient leur apporter, à eux pour leur cause, mais aussi au peuple Faë. Était-il si simple de renier les premières décisions qu’ils avaient prises ? Ils ne pouvaient toujours retourner leur veste. Peut-être était-ce à cause de la force qu’il lui avait fallu pour tourner le dos à la précédente impératrice, mais Lauriane se voyait mal changer constamment d’avis. Une fois avait été suffisante. Ils n’étaient pas des girouettes.

- C’est une idée… Répondit-elle finalement, avec douceur, afin de lui faire savoir qu’elle le soutenait, avant qu’il ne reprenne.

La suite lui fit un peu plus de peine. Oui, leur peuple n’avait déjà pas une bonne opinion d’eux… Gustave méritait que les Faës lui donnent une chance. Il était l’aîné, il aurait dû régner, sa légitimité n’était pas à mettre en doute. Le peuple devait lui laisser le bénéfice du doute, il pouvait être un bon souverain. Surtout qu’elle savait qu’il aimait lui aussi le peuple Faë et qu’il en avait certainement vu d’eux plus que n’importe qui d’autres, lui qui avait parcouru leur terre par mont et par vaux, bien avant de l’avoir même rencontrée. Il y avait acquis savoir et sagesse, des atouts non négligeables, et une détermination sans faille qui l’avait mené jusqu’ici… Lauriane ne doutait pas. Elle était certaine de leur destination, même si la route serait longue et… imparfaite.

Gustave devait le sentir lui aussi. L’Impératrice s’était redressé pour à nouveau lui faire pleinement face, un hommage à la détermination qu’il montrait dans ses propos. Aucun d’eux n’irait oublier leur but. Son sourire navigua avec douceur sur ses lèvres, comme elle était heureuse de voir malgré tout la confiance peindre ses paroles, même si la soirée était difficile, même si la nuit s’annonçait pire, même si le lendemain était très incertain. Il était normal pour eux de montrer parfois… une résilience, mais… Jamais à aucun autre qu’entre eux. Ils ne pouvaient pas se montrer faible à leur peuple. Ces dernières interrogations la laissèrent à nouveau pensive néanmoins. Ses yeux s’égarèrent dans le vague comme ses pensées s’activaient alors qu’il achevait. Sa dernière note positive l’y arracha néanmoins.

- Bien sûr, en douterais-tu ? Mais le sourire doux et amusé que charriaient ses lèvres clamait qu’elle-même ne croyait pas qu’il puisse le penser. Ton accession au trône a été compliqué maisCe n’est que le début. Le début d’une nouvelle ère, qui arrivera doucement mais sûrement. Et dans son ton, aucun doute ne pointait. L’épidémie a été circonscrite, c’est le plus important, peu importe les intentions originelles de l’Ordre. Nous nous en préoccuperons au fur et à mesure. La prochaine priorité estl’importe avancée d’Ibélène sur nos terres. A ces mots, le port de son visage avait glissé quelque peu dans l’ombre mais la tristesse était absente. La tristesse était bonne pour l’inaction. L’action seule comptait. Et Gustave et elle avaient déjà prouvé leur combattivité. Je vais partir quelques semaines en Lagrance début novembre. Ils doivent garder le moral, savoir que nous sommes derrière eux. Je réfléchirai avec quelques conseillers à une aide plus concrète que nous pourrions leur fournir.

Ils ne devaient pas perdre la Lagrance. Cela serait tragique pour le moral des Faës, et cela pourrait leur faire perdre la guerre. Évidemment, la guerre faisait des tords sur tous les fronts mais la Lagrance avait durement été touchée, elle souhaitait être présente, et cela permettrait à Gustave de se concentrer plus aisément sur la globalité de leur guerre. Cela ne serait néanmoins pas pour tout de suite et la nuit s’avançait déjà grandement. Lauriane n’était certes guère fatiguée... Le stress faisait beaucoup en ce moment sur son corps, bien que ses traits restés taillés dans le marbre de la tranquillité. Néanmoins, les longues journées s’enchaînaient encore, et encore. Elle devait se reposer pour tenir.

- Je m’en vais me coucher pour l’instant. Son sourire ne quittait pas ses lèvres mais son attitude était pourtant un peu différente. Elle allait le laisser. Ne travaille pas trop tard, Gus.

Son conseil était prévenant, et dicté par le souhaitait qu’il puisse se reposer, enfin. Malheureusement, la guerre ne le permettait pas et elle savait bien qu’il se coucherait certainement particulièrement tard, comme tous ces autres soirs. Ses mots avaient néanmoins été sincères. Et le quittant, elle laissa glisser ses doigts entre les siens quelques instants, puis retraversa, silencieuse ombre, le bureau avant de retrouver les couloirs pour rejoindre leurs appartements. Le cœur trop lourd, l’âme si légère.
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