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 L'Absurdité anonyme condamne.

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Message Sujet: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyMer 15 Nov - 15:23




Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Ljöta d'Evalkyr &
Richard le Harnois

L'Absurdité anonyme condamne.

Seriez-vous mage comme feu votre sœur ?




• Date : Le 15 septembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait venteux au dehors
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une lettre accuse Ljöta d'Evalkyr d'être mage ! Quelle bêtise, quelle absurdité même ! Et si le Maréchal a fermé les yeux au début, il compte à présent éclaircir les choses par une audience avec l'accusée en personne – d'autres lettres ne cessant de lui parvenir d'un anonyme personnage.
• Recensement :
Code:
• [b]Le 15 septembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2928-l-absurdite-anonyme-condamne#104594]L'Absurdité anonyme condamne.[/url] - [i]Ljöta d'Evalkyr & Richard le Harnois[/i]
Une lettre accuse Ljöta d'Evalkyr d'être mage ! Quelle bêtise, quelle absurdité même ! Et si le Maréchal a fermé les yeux au début, il compte à présent éclaircir les choses par une audience avec l'accusée en personne – d'autres lettres ne cessant de lui parvenir d'un anonyme personnage.

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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyMer 15 Nov - 15:29

Et souffle le vent au dehors en cette matinée, souffle également les secondes d'attente dans cette pièce fermée, souffle aussi les souvenirs fugaces de quelques rares rencontres alors qu'il la voit arriver.

***

Le Maréchal n'était pas homme à aimer attendre, il n'était pas rare de le voir émettre une remarque sauf quand cela touchait des exceptions. Ces exceptions étaient de deux genres : les hommes qu'il respectait d'une part, et  ceux et celles bien plus haut placé en terme de noblesse de l'autre. Ljöta d'Evalkyr touchait à ces deux catégories de personne. Elle était sœur d'un homme qu'il respectait, le capitaine Hjalmar d'Evalkyr, et princesse de Valkyrion. Raison pour laquelle il patientait droit sans émettre une once de mauvaise foi dans cette antichambre. Il était civilisé, Richard, d'autant que le sujet qui l'amenait était des plus délicats.

Combien de lettres accusant la princesse d'être mage avait-il reçu depuis cette chasse lancée à travers l'Empire ? Un bon nombre, anonyme pour la plupart, trop conséquent que pour se contenter de les jeter comme il l'avait fait au début. Fou était cet anonymus que de pointer du doigt les hautes têtes de l'Empire, mais il insistait, le bougre, ne laissant plus d'autres choix à Richard que d'éclaircir ce point en personne avec la dite accusée avant de tenter de mettre la main sur l'auteur de ces lettres. Accusée a qui il avait envoyé Heverl demander audience de sa part. Cela aurait été déplacé qu'une autre personne s'en charge, se disait-il en plus du fait que Hjalmar valait bien qu'il se déplace.

Il était au courant, le Maréchal, du mal actuel qui couvait la famille, laquelle résidait dans une partie du palais impérial. Il était conscient de l'affaiblissement soudain de ces gens là, autant qu'il était conscient qu'il était impossible qu'ils soient tous dans cet état à cause de l'épidémie. Il y avait bel et bien eu une mage, Ljära, mais cette dernière était décédée depuis longtemps. Était-ce pourtant cette raison qui avait amené à lui ces lettres au sujet de Ljöta ? Un simple malentendu sur lequel on s'acharne ? C'était ce qu'il comptait éclaircir.

Habillé de frais, propre, droit et élégant malgré un côté rustre que l'on ne saurait caché, l'ours belliférien patientait sans faire vaciller son regard sur la décoration de la pièce. Il avait bien remarqué un vase de bonne facture en passant, mais n'avait pas jugé le moment opportun pour se permettre de l'analyser. Son corps sonnait mieux également, plus vigoureux, et ses bandages sous ses vêtements lui paraissaient à présent aussi doux que les caresses de Cécile dix jours auparavant sans compter un visage débarrassé de ces furoncles honteux qu'il avait porté pendant trois jours au moins. En soit, le Maréchal présentait bien et était en bonne santé en date de l'audience – comparé à une bonne partie des gens des lieux l'ayant mené jusque là.
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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyMar 26 Déc - 18:51

Malade.
Par Cerah, que Ljöta déteste ce sentiment atroce, de faiblesse, de vulnérabilité, de décadence. Malade, par et le Tisserand à son métier ! Malade, alors qu’elle devrait respirer la vigueur et la santé, forte de corps autant que d’esprit ! Mais le Destin a visiblement de fort cruels tours, et lorsque l’épidémie magique raffinée par l’Ordre du Jugement pour affecter les membres de la Rose Écarlate a affecté tous les mages du continent, la princesse de Valkyrion en personne s’est réveillée un matin avec la bouche pâteuse et le front fiévreux.

Malade !
Nauséeuse, fébrile, fatiguée, fiévreuse, comme ces chiens de mages abruptement exposés au grand jour dans tout l’Empire. Malade, incapable de voyager au fil et à mesure du défilement des jours. Il a fallu presque une semaine pour qu’un messager en griffon puisse porter un courrier codé de la princesse à « sa fournisseuse de cosmétiques », la belle cielsombroise Hermine Chantelune, lui demandant quelques pots d’un poison bénin susceptible d’intoxiquer tout le palais impérial d’Ibelin avec des symptômes bien précis. Le messager était revenu avec les substances demandées, et c’est avec l’aide d’Aubrée qui ne savait pas vraiment de quoi il était question que la princesse avait assaisonné les réserves de farine du palais.

Malade.
Comme la majorité des mangeurs de pain, de gâteaux et autres pâtisseries sorties des cuisines : les deux tiers au moins des résidents, nobles comme domestiques, visiteurs comme habitants, hommes comme femmes, adultes comme enfants : malades, Ljöta parmi eux, en sécurité. Du moins le croyait-elle, jusqu’à recevoir la demande d’audience du Maréchal de Serre en personne, qui ne précisait aucunement les raisons de sa visite. Se serait-il pu que… ? Qu’il ait… des soupçons ? Nerveuse, Ljöta avait donné son accord pour recevoir le soldat aguerri, priant avec ferveur Lida et Sithis pour que son secret soit préservé.

Et le moment est venu.
Une petite soubrette timide vient juste de repartir après avoir signalé que le sire le Harnois patientait dans l’antichambre, et c’est une Ljöta pâle jusqu’aux lèvres qui s’en vient à la rencontre de son visiteur. Ses pas sont mal assurés, tant la fièvre la hante, et sans le bras d’Aubrée pour la soutenir, elle aurait sûrement chancelé. Mais la petite est vaillante et c’est donc avec grande dignité qu’elle installe sa protectrice dans un fauteuil confortable, tapotant quelques coussins douillets pour appuyer son dos, en parfaite prétendue suivante. D’un sourire las, Ljöta la congédie, ne tenant guère à ce que sa protégée attire trop l’attention du Maréchal – de ce que la jeune fille lui a confié, il n’apprécie guère Grâce Martel. « Je te remercie de tes bons soins, Aubrée. Tu peux disposer. »

Enfin, elle reporte l’attention vers le Maréchal. « Soyez le bienvenu en mon logis, même s'il n'est que temporairement mien, seigneur Maréchal. Je vous en prie, prenez place ; et dites-moi les raisons de votre venue. Mon frère Hjalmar me parle de vous en grand bien, il me fera plaisir d’entendre votre demande, quelle qu’elle soit. » La princesse clôt son discours d’un sourire modeste, un peu las mais néanmoins aussi cordial qu’elle peut le forcer. Sombre Mère, qu’elle est fatiguée… !





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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyJeu 28 Déc - 15:44

Insupportable.
Il avait été contraint au final de demander audience à la princesse de Valkyrion. En soit, le colporteur anonyme et auteur de ces outrageuses lettres lui avait semblé avoir gagné une bataille. Il était évident qu'elle serait dans le même état que le reste de sa famille subissant les effets d'une étrange intoxication – sûrement alimentaire, loin d'être d'origine magique. Il avait pourtant dû mettre les pieds dans le plat, si pas pour la confondre avec une mage, pour lui indiquer qu'un rat malfaisant lui voulait du mal, à elle et son nom.

Insupportable.
La vue d'Aubrée Martel, aussi discrète et soumise soit-elle, lui arracha une grimace aussitôt son regard surpris effacé devant l'apparition de la blonde. Chance immonde qu'elle ne se soit pas présenté à lui seule et loin de la noblesse, ni lien aucun avec les Evalkyr, il aurait eu tôt fait à ses yeux de l’assommer et de l'embarquer sur son épaule comme un vulgaire sac patate prêt à être exporté en Bellifère. Oserait-il en toucher mots à Ljöta ? Non. Cela serait insulte envers la princesse que de s’intéresser à une pauvre gueuse idiote devant elle. Aussi, ayant vite fait de camoufler son odieuse grimace, le Maréchal inclina la tête pour saluer la femme des glaces ayant prit place dans un fauteuil douillet.

Insupportable.
Encore. Fut l'allusion à Hjalmar. Le respect était bien là, mais c'est dans son dos qu'il agissait actuellement d'une certaine manière en faisant intrusion dans la vie privée de Ljöta d'Evalkyr, sa sœur. Pourtant, son devoir passait bien avant sa vie privée – chose qui échappait à des voltigeurs et dont il  aurait plus que conscience à la nouvelle année. La bonne entente avec Hjalmar avait donc été mise de côté pour cet entretien qu'il espérait fructueux.

D'un nouveau signe de tête suivant la salutation, il remercia l'invitation à prendre place. Militaire. Carré. Nulles fioritures ou d'excès en parole vaseuse. Il était là pour affaire, pas par courtoisie, même s'il pouvait faire l'effort de combiner les deux. Avançant normalement et tout en prenant place assise, il reprit.

« Vous me faites l'honneur de me recevoir malgré votre état Princesse, aussi n'abuserais-je pas de votre précieux temps de réhabilitation. Par respect pour vous, j'irais droit au but en prenant le risque de vous froissé je le crains. »

À présent assit, mais loin d'être confortable, aussi rigide de corps que ne l'était la chaise sur laquelle il siégeait, l'homme reprit, le buste droit, le regard tout autant, les mains sur les genoux.

« Nombreuses sont les lettres me parvenant à votre sujet. Elles sont anonymes et vu l'accusation grave qu'elles décrivent vous concernant, j'avais prit soin de les brûler sans m'y attarder vu l'absurdité de la chose, mais elles persistent et le besoin de clarifier et de vous en informer m'a semblé des plus évidents. Aussi irais-je droit au but donc, Princesse. Ces lettres vous accusent d'être mage. »

Et encore avait-il fait en longueur à ses yeux. Sans sourciller ni ciller d'un iota, le Maréchal attendit une réaction, bien inconfortable au fond de devoir annoncer cela, l'accusation présente, en personne, à une femme de son rang. Mais il le devait. Ajouter 'Qu'avez-vous à répondre de cette accusation ?' n'était pas nécessaire, tout était dans la manière de faire, de le dire comme de la regarder. Et il aurait été bien insolent de l'ajouter verbalement en ces termes afin d'éviter à la scène de prendre des airs d'interrogatoires tordus.
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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyJeu 11 Jan - 17:49

L’homme prend place avec une raideur toute militaire, et Ljöta ne peut s’empêcher de retrouver un peu du maintien strict et sévère de Hjalmar dans les gestes de Richard. Peut-être est-ce là une caractéristique commune aux Voltigeurs, habitués aux rigueurs de l’armée ? En tout cas, les mouvements précis et nets du Maréchal ont toujours produit sur elle une excellente impression, lors de leurs brèves entrevues. Un homme sérieux, témoignant systématiquement le respect dû à sa princière personne – oui, Ljöta apprécie l’attitude du Voltigeur, et approuve ses prises de position. Elle ne tient vraiment pas à s’en faire un ennemi… alors, elle tentera de ne pas se froisser. Autant que possible en tout cas, même si son état de faiblesse devrait l’y aider.

Silencieuse, elle hoche la tête, invitant le Maréchal à poursuivre, curieuse de savoir ce qu’il est venu lui dire qui nécessite audience officielle malgré son état de santé précaire, dont il a nécessairement été informé vu que tout le palais ou presque le partage. Rapidement toutefois, le sang se glace dans ses veines lorsqu’il lui explique les raisons de sa présence. Si elle n’était pas déjà plus pâle qu’un drap, elle aurait sûrement perdu toute couleur, tant l’angoisse s’en vient traîtreusement étreindre son cœur ! Oh, triste nouvelle, terrible gageure, que ces quelques mots qui font de lui un tel corbeau de malheur ! La princesse frémit intérieurement, et un frisson glacial dévale son échine, porteur d’une crainte paralysante.

« … Mage ? » répète-t-elle d’une voix aussi blanche que son teint, incrédule et choquée – pas tant de l’accusation, car elle commence à l’envisager elle-même à sa grande horreur, mais bien par le fait qu’un inconnu ait su en déceler les signes et ose les porter à la connaissance du Maréchal de Serre en personne. Plusieurs inconnus, même, comment sa voir ? Comment être sûre ? Est-ce quelqu’un de son entourage qui l’a trahie ? Une personne de confiance, qui aurait remarqué sa faiblesse et aurait su la différencier des symptômes de l’intoxication qui affecte le reste des résidents du palais ? Qui l’a vendue ? Une suivante, un médecin, un courtisan ? … Aubrée ? Non, elle ne peut se résoudre à l’envisager – Aubrée s’est engagée auprès d’elle, elles ont prêté un serment de sang, une promesse solennelle, la petite ne renierait pas ses vœux, si ?

Non. Non, sûrement pas.
Ljöta réfléchit à toute vitesse, la fatigue faisant briller ses yeux d’une fièvre contre laquelle son organisme ne parvient pas à lutter. C’est un rire nerveux qui lui échappe, étranglé de prime abord, puis qui finit par la secouer toute entière, bouleversant l’équilibre précaire de son chignon volumineux, qui finit par s’écrouler dans son dos en une multitude de tresses kyréennes. Un fou rire, devant l’absurdité de la situation : elle, la grande adversaire des arcanes, la chasseresse de mages, fille d’Aura malgré tout ! Et lui, le Maréchal de Serre, le traqueur des impies, le défenseur d’Ibélène contre Faërie – s’inclinant devant celle qui devrait être une ennemie. La tension nerveuse accumulée a raison de sa dignité, et c’est les larmes aux yeux qu’elle tente de se calmer pour répondre au Voltigeur.

« Pardonnez-moi, seigneur maréchal, ce n’est point de vous que je ris – mais de l’idiotie de ceux qui vous ont dérangé pour de telles absurdités. Je ne sais que vous dire, en vérité, à part qu’il serait fort utile à l’empire des Faës que les souverains ibéens se méfient les uns des autres. » D’un doigt un peu tremblant, elle essuie une larme au coin de ses yeux, tentant de retrouver une contenance plus digne.





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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyLun 15 Jan - 14:58

Oh comme il était droit et stricte tant dans son regard, que dans ses paroles et dans sa manière de se tenir. Le maréchal resta fixe en attendant sa réponse et ses réactions. Il était bien décidé, depuis qu'il avait foulé le sol du palais et fait la démarche de cette entrevue, à ne rater aucun détail et à éclaircir cette affaire une bonne fois pour toute. Pour Ibélène, pour lui-même, mais pour la princesse devant lui également. Que des rumeurs circulent était une chose fort désagréable, mais qu'elles poignardent dans le dos quand on ne s'y attendait pas l'était encore plus. Dans le fond il valait mieux qu'elle l’entende de sa bouche plutôt qu'ailleurs et bien plus tard. Ça avait le mérite d'être franc et respectueux, en quelque sorte. Tout comme cela était porteur qu'il aurait un œil vigilent sur cette affaire. Ljöta d'Evalkyr, si elle n'avait rien à se reprocher, serait bien heureuse de savoir qu'on veillait à ses intérêts.

Et le premier mot eu du mal à passer, clairement, logique en quelque sorte. Qu'on accuse Ljöta d'Evalkyr avait du culot, qu'on l’accuse à plusieurs reprises était un affront. Mieux valait dissiper le malentendu, le voile de ces accusations. Elle était si faible. Si faible et pourtant l'on sentait une certaine force dans le timbre qu'elle avait eu. Le choc, elle accusait le choc.

« Oui, princesse. Mage. »

Avait-il répondu à sa question. Elle ne rêvait pas, ni n'avait mal entendu, il demandait des comptes et annonçait les couleurs de son entrevue sans nuance ou douceur. Encore qu'il réussissait parfaitement à mettre du respect dans la forme, n'oubliant pas les titres dû à la noblesse.

Et un rire sonna, et un autre, sous un haussement de sourcil et une simple question.

« Princesse ? »

Il aurait bien voulu en rire également si sa visite n'était pas aussi 'sous pincette', si l'objet de sa visite était plus léger, ô comme il aurait voulu partager son fou rire. Sauf qu'il ne le pouvait pas. C'était un sujet qui lui tenait à cœur, c'était un sujet sérieux, sérieux que ne semblait pas partager Ljöta d'Evalkyr. Elle trouvait cela absurde, comme lui, mais c'était plus facile pour elle de le dire que pour lui qui avait lancé cette chasse aux mages et qui à présent se trouvait devant elle pour cette même raison. Ô bien sur, il se doutait bien que son rire nerveux était sûrement dû la fatigue et fragilité provoqués par cet empoisonnement et au choc de l'accusation, mais il ne pouvait partager sa réaction. Il était en position délicate, elle non. Tout sérieux qu'il était, il écouta ses paroles, acquiesçant certains mots et accueillant bien la précision que ce n'était pas de lui qu'elle riait – parce que oui, au fond, il s'était senti quelque peu irrité.

« Et je partage votre avis, princesse. Je me suis déplacé en personne, seul, afin d'éviter des scandales et faire taire les mauvaises langues naissantes en y ressortant tout aussi seul. Tout du moins il l’espérait. Cela étant princesse, l'auteur de ces lettres est tenace, auriez-vous une idée de qui cela pourrait être ? Même vague pour aider nos recherches. Il ajouta rapidement, conscient de ce qu'il demandait. Je ne doute pas que nombre de gens jalousent votre position, mais de là à vous persécuter en particulier et de vous dire Mage alors que vous n'êtes point feu votre sœur malgré votre ressemblance. »

D'une inclinaison de tête il excusa sa dernière référence, la trouvant fort déplacé. Et après un raclement de gorge il reprit.

« Veuillez excuser mes derniers mots, ils sont inappropriés. Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter. Et si l'Ordre était derrière tout cela, après la famille impériale, qui sait si votre famille n'est pas visée en commençant par vous-même ? Je m'interroge réellement et sérieusement princesse. Peut-être serait-il préférable d'augmenter la sécurité autour de votre personne. »


Dernière édition par Richard le Harnois le Mer 14 Fév - 11:50, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyDim 11 Fév - 19:22

Le fou rire de Ljöta met clairement Richard mal à l’aise, et elle s’en veut un peu de malmener ainsi un loyal officier, qui s’est toujours montré irréprochable dans ses états de service. Que peut-il bien savoir, au fond, ce Belliférien issu du commun, des lubies et des sautes d’humeur des nantis ? Il doit avoir l’habitude de traiter avec la jeunesse dorée, et l’expertise nécessaire pour ne pas les offenser – il doit sûrement se demander si elle est fâchée, ou simplement trop fiévreuse pour être capable de cohérence. Il ne fait que son travail, après tout, ce brave homme – et elle a applaudi sa mission des deux mains, lorsqu’il a été question de chasser les mages. Si seulement elle avait su… !

L’évocation de Ljära lui transperce un instant le cœur – chère petite sœur, pauvre innocente massacrée à cause de mages imprudents, chère mignonne fauchée cruellement à l’orée d’une vie pleine de promesse – et l’hilarité de Ljöta retombe d’un coup. La simple idée de sa cadette éveille un cortège de sentiments d’une noirceur absolue, souvenir de cette période sombre où seule la Sombre Mère et le Dieu Sans-Visage lui ont donné la force de trouver un sens à sa vie – vie intégralement dédiée à Lida et Sithis aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire. Non, on ne badine pas avec la mémoire de l’infortunée princesse de Valkyrion, et le regard de Ljöta se fait sévère malgré la fièvre. Le Maréchal devrait savoir à quel point l’aînée tenait à la cadette, et effectivement se reprend-il de lui-même.

Ses remarques sont pertinentes, et l’assassin se détend imperceptiblement. Il ne peut effectivement pas se douter que ces dénonciations sont logiques parce qu’elles sont fondées, et elle ne tient pas du tout à l’aiguiller sur cette voie. Elle n’a pas particulièrement envie non plus que son engagement au sein de la Confrérie soit connu – il a déjà fallu s’assurer que le médecin qui la soigne ne l’examine pas de trop près, sous peine de découvrir son tatouage, et c’est Aubrée qui se charge de l’aider à se laver et à se vêtir. Non que le Maréchal soit en position d’explorer le creux entre ses seins où la Main Noire pulse au rythme de son cœur, bien évidemment ; mais mieux vaut prévenir que guérir.

« Je suis une skjaldmö de Valkyrion, sire Maréchal, en temps normal je suis très à même de me défendre seule, comme vous avez sûrement pu le constater dans l’arène de Hacheclair lors du Tournoi des Trois Opales de l’année passée. » Oui, la princesse sait se battre, et il n’est pas inutile de le rappeler au commandant des Voltigeurs, parfois un peu trop convaincu que les femmes sont un fardeau. « La sécurité du palais devrait pouvoir assurer ma protection, mais comme vous l’avez sûrement constaté en arrivant, nous sommes nombreux à avoir été victimes de l’empoisonnement. Mon frère a demandé le renfort de troupes kyréennes – quelques-unes de mes sœurs d’arme, et un peloton de soldats que le front n’a pas encore mobilisés. Voyez-vous d’autres précautions à prendre ? Je n’ose imaginer détourner vos Voltigeurs de leur mission. » Même si, à l’occasion par le passé, elle n’a pas rechigné à détourner un Voltigeur dans son propre lit, tout à fait incognito. De toute manière, elle n’est plus vraiment en état de quoi que ce soit à l’heure actuelle…

Lasse et fatiguée, elle passe une main tremblante sur son front. Trouver une fausse piste sur laquelle envoyer le Maréchal. Vite. « M’en vouloir ? Je suis une princesse ducale, j’ai forcément des ennemis, ne serait-ce qu’en Faërie. Et en Ibélène… Je me demande si… Un parti qui s’estimerait floué, peut-être… ? La nouvelle n’a pas encore été proclamée, mais… Je suis, depuis juin, promise en épousailles à Matvei, le sénéchal de Hvergelmir. Peut-être une famille noble estimant que je prive leur fille d’une chance de s’élever en l’épousant… ? »





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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyMer 14 Fév - 13:16

Son comportement insultant et plus que déplacé l'avait saisi lui-même, mais il était trop tard pour lui ôter les mots de la bouche déjà envolés pour percer le cœur fragile de la noble qui lui faisait face. Sa langue avait fourché et son esprit avait sauté directement à la gorge de la princesse sous ses yeux en mentionnant sa sœur Ljära. Alors il s'était excusé au plus vite sous son regard sévère car il savait que ce n'était naturellement pas quelque chose à dire ou même à cracher ainsi. Il s'était également aplati légèrement pour encourager ses excuses à passer dans les bonnes grâces. Il n'aurait su tolérer une ombre sur son parcours de toute façon, il était maréchale, pas clampin.

À ses inquiétudes soignées, signe que sa maladresse et ses excuses avaient été acceptés, elle répondit. Il s'appliqua pour ne pas froncer les sourcils en entendant parler des Skjaldmös et du Tournoi des Trois Opales qu'il avait nombre de fois critiqué depuis les tribunes et même après. Et il ne sorti qu'un « Certes. » affirmatif pour se persuader que c'était la meilleure chose à faire en ce moment. Ce tournoi auquel il avait été témoin et victime à la fois lui avait donné envie de vomir sur bien des points, dont le plus gros était de marier CombattantE avec Bellifère, ce qu'il trouvait profondément absurde – autant que l'accusation de ces lettres anonymes.

Quant à la sécurité et à l'empoisonnement, malgré l'assurance de Ljöta d'Evalkyr, un doute persistait toujours. Si l'Ordre était derrière cela, c'est qu'il avait pu faire appel à la Confrérie Noire peut-être. Et toujours dans cette supposition, si le poison était bien l’œuvre d'un de ses partisans alors peut-être que ce dernier était toujours présent, peut-être même étaient-ils plusieurs, infiltrés sournoisement en attendant leur heure pour frapper vilement et lâchement. Il était certain Richard, non, il savait, le palais comportait sans nul doute des galeries et des accès spéciaux pour espionner et passer de chambre à chambre. Il y en avait toujours dans les grandes constructions alors celui d'Ibelin, capitale de l'empire du Savoir, ne devait pas échapper à cette idée et devait en être percé. Mobiliser des Voltigeurs alors que la menace pouvait déjà s'être faufilé à l'intérieur aurait été de trop comme elle l'indiquait et peut-être que... peut-être qu'on les écoutait à l'heure actuelle.

« En ce cas, permettez-moi princesse de vous dépêcher quelques personnes compétentes et de confiance en attendant que vos hommes – et femmes – aient fait le déplacement. »

Il s'était senti obligé d'ajouter le féminin et il avait eu horreur de l'impression poisseuse que cela lui avait laissé comme goût sur la langue.

Elle faiblissait à vu d’œil et cette entrevue ne faisait que l'épuiser davantage, il fallait en terminer au plus vite. Il fut ravi qu'elle lui offre une piste autre que celle de l'Ordre à exploiter et peut-être surpris et grimaçant aussi. Quel faiblard abruti pouvait se jouer de la noblesse pour une raison aussi minable qu'une jalousie d'un parti prit. Le célibat était bien mieux.

« C'est regrettable d'y songer, mais c'est une possibilité en effet. Je fouillerai de ce côté là princesse. Je vais à présent prendre mon départ et vous laissez vous reposer. En finir ainsi sans la mettre davantage en garde au cas ou ? Non. Il fallait trouver quelque chose. Cela passerait pour étrange et en même temps cela serait peut-être acceptable. Il le fallait, même si l'idée de se comporter ainsi ne lui plaisait pas franchement et ne lui allait pas plus que ça, si il y avait un risque que l'Ordre et la Confrérie Noire soient derrière, il le devait. Je me permets ces quelques pas pour un baise main afin de m'excuser de vous avoir affaibli davantage, pour vous remercier également de votre temps accordé et surtout pour vous féliciter de votre prochaine union. »

Et il s'exécuta doucement mais toujours droit, il diminua la distance pour se saisir de cette main faible et maladive et la porter à ses lèvres. Et alors que le contact se terminait, il glissa sur le ton de la confidence et de la mise en garde. « Ces lettres et ce poison qui vous affaibli me font craindre que la ou les personnes derrière tout ceci pourraient-être plus proche que vous ne le pensiez voire plus dangereuses également. Soyez prudente princesse. »

Et il s'écarta ensuite puis salua, prenant soin de choisir un dieu du panthéon qu'elle priait sûrement et qui serait bienvenu ici. « Que Vigdis vous préserve. » Et il prit congé, décidé notamment à étudier la piste qu'elle lui avait indiqué.
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Message Sujet: Re: L'Absurdité anonyme condamne.   L'Absurdité anonyme condamne. EmptyDim 4 Mar - 1:20

Les soupçons du Maréchal semblent s’atténuer quelque peu, et Ljöta se permet une pointe de soulagement. A-t-elle réussi à dévier son attention vers d’autres cibles ? Il semblerait que oui. Richard est connu pour sa persistance et son dévouement aux familles souveraines qu’il protège, aussi la princesse se doute-t-elle qu’il suivra avec grande persistance la fausse piste qu’elle lui a livrée. Cela l’occupera sûrement le temps qu’elle se rétablisse, et à ce moment-là il n’y aura plus rien qui laisserait place à un quelconque doute ! Il faudra sûrement avertir Aubrée que la vigilance du Maréchal de Serre s’attachera à leurs personnes quelques temps ; et que leurs activités secondaires devront rester… discrètes.

Elle accueille d’un mouvement de tête un peu raide le baisemain, vaincue par la fatigue. « Je vous remercie de votre prévenance et de vos bons soins, sire Maréchal. Je me sens déjà mieux en sachant que vous veillez sur moi et sur les miens. » Elle serre faiblement les doigts qui ont saisi les siens, en signe de gratitude – si elle accueille mal l’idée d’être épiée, elle n’en est pas moins rassurée de savoir qu’il assurera très sérieusement la protection de sa famille dans ces temps troublés où la violence guette au tournant. « Que Valda guide le vol d’Adamante. » émet-elle en réponse à sa bénédiction, bénissant Hjalmar de lui avoir parlé de la vénérable griffonne qui porte l’homme depuis si longtemps.

Aubrée reparaît lorsque l’homme referme le battant derrière lui. Pour le moment, elle va aller se recoucher, s’assoupir quelques heures, régénérer quelques pauvres forces – et la suite attendra demain.

A chaque jour suffit sa peine.



Sujet terminé






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