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 Nous ne cherchons qu'à nous aider

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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyLun 20 Nov - 11:42


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Lauriane de Faërie et Denys du Lierre-Réal

Nous ne cherchons qu'à nous aider

Car tant de gens comptent sur nous



• Date : 1er novembre 1002
• Météo (optionnel) : Une journée froide mais ensoleillée
• Statut du RP : Privé
• Résumé : L'impératrice Lauriane a décidé de rendre visite à Denys, cherchant à apporter son soutien à Lagrance en ces temps compliqués. Un long entretien les attends tous deux.
• Recensement :
Code:
• [b]1er novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2981-nous-ne-cherchons-qu-a-nous-aider]Nous ne cherchons qu'à nous aider[/url] - [i]Lauriane de Faërie et Denys du Lierre-Réal[/i]
L'impératrice Lauriane a décidé de rendre visite à Denys, cherchant à apporter son soutien à Lagrance en ces temps compliqués. Un long entretien les attends tous deux.





Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Lun 4 Déc - 13:22, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyLun 20 Nov - 11:43

Il aurait dû pleinement se douter que l’épidémie ne serait pas aussi anecdotique. A dire vrai, Denys l’avait partiellement prévu, sinon il n’aurait pas ordonné l’évacuation de ses gens des terres à l’est du duché, invitant le plus de personnes possible à faire le chemin jusqu’à la capitale et au delà pour éviter l’invasion et les pertes. Sans Mages de bataille pour les protéger sur le front, les ibéens en avaient très logiquement profité pour reprendre les terres qui leur avaient été spoliées et avancer à leur tour sur Lagrance. En l’absence de force magique, le duché des jardins était sans le moindre doute le plus faible dans la guerre, parce que ses habitants n’étaient pas combattants et qu’ils n’appréciaient pas lesdits combats. Une chose connue de tous, une faiblesse exposée que Denys avait utilisé tant bien que mal à leur avantage en ordonnant à temps que les lagrans évacuent les lieux. Tous n’avaient certes pas pu fuir, mais une grande majorité avait fait la route jusqu’à Edenia. Depuis, une horde de réfugiés envahissait les domaines alentours. Le duc savait que si l’épidémie avait prit un peu plus de temps pour être enrayée, la capitale de son duché aurait certainement été conquise par l’ennemi, ce qui aurait cette fois causé une perte considérable pour Faërie. La chance, dans leur malheur, avait été d’une certaine manière de leur côté.

Et désormais, depuis la mi octobre, les troupes de chevaucheurs avaient pu revenir sur le front pour empêcher toute nouvelle avancée ibéenne. Des lagrans, oui, mais aussi les ansemariens et les cibellans. En somme, les nouvelles n’étaient pas des plus alarmantes, mais elles restaient malgré tout préoccupantes. De la même manière que la venue de l’Impératrice Lauriane l’était. Non que Denys n’appréciait pas la visite des autres souverains, il n’était cependant pas certain que c’était le bon moment. Pourtant, la missive de l’épouse de l’empereur était claire, et son désir l’était tout autant : celui d’apporter son aide et son soutien. En ces temps troublés, le duc de Lagrance n’allait certainement pas refuser pareille main tendue, même s’il savait combien - de manière plus personnelle - l’impératrice ne l’appréciait guère. Sa réputation de charmeur et d’époux infidèle avait froissé certainement le caractère tout outreventois de cette femme. Et même si rien ne paraissait lors des événements officiels, les choses restaient toujours compliquées. Sans compter cette légère mésentente qui grandissait entre elle et Marjolaine…

Il venait à peine de revenir des lignes arrières du front, non loin de la capitale, lorsqu’on annonça que l’Impératrice venait d’arriver. Si tout était calculé et prévu à la perfection, la mine du duc de Lagrance ne cachait point son air sombre et préoccupé vis-à-vis de ce qu’il avait vu là bas. Sa visite lui confirmait que les pertes n’étaient pas négligeables et que les ibéens restaient particulièrement coriaces. Il déplorait grandement que ses terres soient le témoin de ces batailles et ses gens victimes des combats. Tel était le lot de cette guerre.

Venue par portail mais arrivée en grande pompe avec toute une délégation, l’Impératrice Lauriane ne manqua pas de se faire remarquer lorsqu’elle entra dans le superbe palais ducal d’Edenia, toujours impeccablement tenu et d’une beauté qu’on ne pouvait nier. Tout le monde était bien évidemment au courant de la venue de la souveraine de Faërie et personne ne laissa la moindre place au hasard et à l’erreur. Marjolaine à son bras, Denys s’avança pour saluer cette femme comme il se devait, inclinant noblement la tête sans pour autant oublier son propre statut : il était le maître de ces lieux.

“Votre altesse, c’est un grand honneur et un plaisir de vous recevoir ici, au palais d’Edenia. J’espère que vous avez fait bon voyage.”




Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Mar 19 Déc - 2:07, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyMar 21 Nov - 16:41

Pourquoi avait-elle décidé de se rendre en Lagrance déjà ? Parce que c’était son rôle. Sa tête calculait de plus en plus de choses à mesure que le moment du départ se rapprochait, elle en était même venue à devoir s’énumérer toutes les raisons qui motivaient ce séjour dont la durée serait d’environ trois semaines. Il ne lui fallait rien oublier. L’enjeu était bien trop important, que cela concerna la guerre ou les relations avec ce duché. Une pression aigue crispait la base de sa colonne vertébrale, sans que rien ne put le montrer. Ses mains – qui n’avaient certes pas l’excellence habituelle des nobles – étaient claires et non moites, son port droit, ses gestes maniérés, les pulsations de son sang calmes. Cette décision ne l’enchantait pas entièrement. S’éloigner du palais impérial en cette période n’était pas à prendre à la légère, elle ne serait pas présente s’il y en avait besoin. D’un autre côté, ne pas négliger la Lagrance pourrait être salutaire. Cela l’embêtait néanmoins pour encore d’autres raisons. Denys du Lierre-Réal n’était pas le duc pour lequel son opinion était la meilleure. Trop opportuniste. Trop prompt à l’hypocrisie. Elle ne savait si elle pouvait se fier à lui. Et c’était agaçant. Elle lui faisait néanmoins confiance pour faire ce qu’il serait bon pour le bien-être de son duché. De cela, elle pouvait être sûre. Et c’était suffisant pour l’instant, même si cela ne le serait peut-être pas toujours.

- Majesté. Le convoi est prêt et le mage des portails n’attend plus que votre commandement, l’informa le chef de sa garde personnelle qui, si tôt ses paroles délivrées, retrouva sa place.

Effectivement, un tour de regard sembla lui apprendre que tout était en ordre. Sa garde personnelle avait été garnie de membres supplémentaires en raison de son déplacement, à laquelle s’adjoignaient quelques domestiques et deux conseillers dont l’un l’était en diplomatie et l’autre en stratégie militaire. Les effets emmenés prenaient place en tout dernier, laissant à la tête du convoi d’afficher le prestige. Lauriane elle-même avait été habillée pour l’occasion. Si elle n’avait pas voulu délaisser ses traditionnelles robes à la facture simple, celle du jour étant de la couleur du bleu roi, cette dernière avait été rehaussée de bijoux d’or jusque dans ses cheveux. Ce n’était pas tous les jours que la dame voyageait dans un duché réputé pour son raffinement. Et inconsciemment elle ferait autant, si ce n’est mieux.

- Ouvrez le portail.

Le mage concerné obtempéra, ouvrant une fracture de magie dans l’espace de la cour, une entrée dont la sortie devait les mener devant le palais ducal directement. Lauriane attendit qu’une partie de la garde soit passée avant de s’y engouffrer elle-même. Le changement était surprenant. On ne s’habituait jamais vraiment, qu’un monde change du tout au tout sans intermédiaire. Le palais ducal était magnifique. Lauriane préférait la sobriété et la retenue qui caractérisaient son duché d’origine mais on ne pouvait pas nier la beauté de l’élégance et de la profusion ornementale des Lagrans. Ces fleurs surtout… il y en avait trop, mais c’était prodigieux. Seulement accompagnée d’une partie de sa garde, Lauriane avait sagement rejoint les portes du palais, où elle fut intronisée et annoncée comme se veulent les traditions. Un sourire parcourut son visage, ses hôtes venus à sa rencontre, tandis qu’elle laissa Denys ouvrir les usages.

- Duc de Lagrance, répondit aimablement Lauriane, lui rendant avec respect mais néanmoins fermeté l’impulsion du port de sa tête. Duchesse. Réitéra-t-elle de la même manière. C’est un honneur partagé. Et je tiens à vous remercier de me recevoir malgré la précarité de la situation. J’espère que mon séjour ne vous apportera pas plus de rigueur.

Même si les ducs de l’empereur se devaient de pouvoir recevoir leur souverain, la situation en Lagrance était suffisamment grave pour que l’on comprit que recevoir des visiteurs en bonne et due forme ne soit pas une priorité. Néanmoins, rien ne semblait avoir été négligé et un instant, Lauriane aurait pu avoir l’impression d’être venue pour une simple visite de courtoisie. Si ce n’était la mine grave de la plupart des personnes présentes. Mais Lauriane avait tenu à le souligner. La franchise était une vertu outreventoise, qu’ils ne partageaient certes pas avec les lagrans, mais qui ne ferait pas de mal après toutes les péripéties que l'empire avait connues et connaissait encore.

- C’est pourquoi il est probablement de bon ton que nous ne perdions pas plus de temps. Reprit Lauriane, gardant sa mine affable mais que la gravité avait rendu plus sérieuse. Se faisant, elle indiqua à son chef des gardes en un regard et un geste bref de disposer – en profitant pour rejoindre de quelques pas les époux du Lierre-Réal. J’imagine sans peine toutes les affaires qui vous occupent et je souhaiterai moi-même m’entretenir instamment avec vous, Duc. La mine sombre de Lauriane traduisait sans peine l’urgence de la situation à ne pas prendre le temps, d’usage normalement, de laisser les conversations d’affaire au lendemain. De la sorte – si vous le permettez – je voudrai que nous puissions nous installer le plus rapidement possible, que je puisse converser avec vous dès cette après-midi.

Cela était rapide, franc. Clamant clairement qu’il ne s’agissait guère d’une visite d’apparat bien que chacun garderait les apparences pour soi. L’urgence rendait les choses… presque plus intimes.
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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyMar 19 Déc - 18:20

« En aucune façon votre altesse, vous serez accueillie comme il se doit. »

Le ton du duc est aimable, peut-être trop courtois et policé, mais il ne tient pas à ce que les préoccupations lagranes et la situation actuelle de la guerre ne viennent ternir la réputation d’hôtes parfaits qu’ils avaient. Lauriane n’échapperait certainement pas, lors de son séjour, aux rumeurs et inquiétudes qui tourneraient au palais, mais il ne serait pas dit qu’elle serait mal logée et mal reçue. Tel était les lagrans, toujours dans l’image et la bonne position, cachant sous quelques jolies choses les vérités les plus crues. Des mœurs bien différentes de celles des Outreventois qui seyaient si bien à la nouvelle impératrice. Directe et franche, sincère, droite, claire dans ses motivations et les raisons pour lesquelles elle était venue jusqu’en Lagrance. Pressée, elle l’était, ça ne faisait aucun doute. Elle ne tenait pas à respecter les usages en vigueur et de laisser à un autre jour les lourdes et pesantes discussions qui allaient venir, ils le savaient tous deux. L’air grave de Denys ne le quitta pas, mais fut, pour une seconde au moins, effacé par un léger sourire en coin, à la demande de Lauriane qui ne manquait pas de clarté. Dès cet après-midi, elle espérait pouvoir s’entretenir avec lui donc ? Elle avait beaucoup d’espoirs, car le duc était un homme très occupé, particulièrement en ces temps de guerre. Mais il n’était pas idiot au point de refuser ce qui avait des airs d’ordre, de la part de l’impératrice.

« Soit, je ferai le nécessaire pour que nous puissions nous voir dès cet après-midi. En attendant, permettez-nous de vous faire mener à vos appartements. Et bien entendu, si vous avez la moindre requête, n’hésitez pas à me l’adresser. »

Sur ces mots d’une simple politesse, il invita l’impératrice et sa suite à suivre les serviteurs désignés qui indiqueraient à son altesse impériale les appartements qui avaient été préparé exprès pour elle. Et dès qu’il eut confirmation qu’elle s’était installée, il retourna à ses affaires les plus pressantes, voyant avec ses conseillers le moyen de repousser ses visites de ce jour pour laisser place à l’impératrice Lauriane. Il eut un soupir malgré tout en notant toutes ces choses qui seraient à faire prochainement et qui ne pouvaient être négligées. Bien sûr, il s’attendait à ce que son invitée soit plus pressée que les autres pour s’entretenir des affaires urgentes qui traversaient Lagrance, mais il n’empêchait que tout remettre en ordre n’était pas des plus simples.

Ainsi, lorsqu’il put enfin demander à Lauriane de la rejoindre dans son bureau privé, l’après-midi était déjà bien entamée et ses propres affaires continuaient à s’entasser sur la table sous la forme de pile de parchemins en désordre. Bien que le cadre fut moins formel que le matin même, le duc salua l’impératrice avec la même déférence que plus tôt, puis l’invita à prendre place sur le siège en face de lui.

« Votre installation s’est passée comme vous le vouliez ? » Simple question d’usage, curieux néanmoins de savoir si les lieux plaisaient à son invitée. Bien rapidement ceci dit, il préféra entrer dans le vif du sujet, puisqu’après tout, c’était bien pour cela que Lauriane avait tenu à le voir si vite dans la journée. « Alors, de quoi souhaitiez-vous m’entretenir si prestement, votre altesse ? » Il avait bien une certaine idée, mais il revenait à l’impératrice d’expliciter le fond de sa pensée.


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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptySam 20 Jan - 23:01

A la réplique du Duc, Lauriane n’avait pu empêcher un sourire en coin se former sur ses lèvres. Cette réponse était digne de lui, et de l’hospitalité lagrane. Elle aurait même pu certainement la prévoir mais, sur le coup, cela la fit sourire. Un sourire où le plaisir sincère perçait sans nul doute. Elle n’était pas faite pour cacher la moindre de ses émotions, elle trouvait au contraire plus agréable de les exprimer quand cela n’entravait pas la bienséance de la société.

- Bien sûr, cher Duc, lui répondit-elle aimablement.

Loin d’elle l’envie de remettre en cause les manières lagranes. Cela lui apporterait plus d’ennuis qu’autre chose. Elle souhaitait simplement vivement que ses affaires soient réglées le plus vite afin qu’elle puisse envoyer les nouvelles à Alfaë. Une guerre n’attend certainement pas. Aussi fut-elle reconnaissante au Duc de néanmoins lui assurer qu’il pourrait s’entretenir aussi promptement que ce qu’elle souhaitait. Les relations entre les duchés et avec le pouvoir impérial n’étaient pas une chose aisée… Qu’un noble face en sorte de ne pas les compliquer outremesure lui apportait déjà une certaine considération de la part de Lauriane. Au fond d’elle, depuis toutes ces années à se battre avec eux, elle ne pouvait nier en avoir souvent été fatiguée. S’inclinant légèrement et respectueusement à l’invitation de Denys, lui faisant par la même savoir son approbation.

- Votre prévenance vous honore, je n’y manquerai pas, lui répondit-elle un beau sourire en bouche. Au plaisir de vous retrouver, Duc.

Sur ce, elle suivit les serviteurs qui les mèneraient à bon port. En quelques mots, le Duc de Lagrance semblait avoir fait passer l’urgence de la situation à quelque villégiature beaucoup plus agréable. Bien que Lauriane ne cautionnât pas la légèreté de ce duché, il était tout de même appréciable de ne pas constamment être soumis à la plus pure des pressions. En ces temps de guerre, la Lagrance semblait avoir un autre visage : toujours celui d’une région où beauté et plaisir se mêlaient mais également celui d’un peuple vaillant qui n’oublie pas le plus important. Au premier abord, c’était ce que le Duc semblait incarner. Bien, il faudrait voir par la suite désormais.

L’installation de leurs affaires pris un temps considérable aux yeux de Lauriane. Voyager sur un temps plutôt long n’avait jamais été trop dans son habitude et elle avait oublié tout ce qu’il pouvait y avoir à faire. Malgré la tripoté de ses domestiques qui s’affairèrent, il lui avait toujours une question qui venait à elle. Dans le fond, Lauriane n’y accordait pas beaucoup d’importance mais elle s’y plia de bonne grâce car c’était aussi un rôle de la noblesse. A Outrevent, on ne faisait juste pas autant de cas. Pendant qu’un tel affairement bruissait autour d’elle, l’impératrice en profita pour vérifier tous les points qu’il lui fallait aborder avec le Duc. Cela ne s’annonçait vraiment pas être une partie de plaisir… Une vague morne passa sur son visage. La Lagrance n’aurait jamais dû être si durement touché. C’était une faute impardonnable. Enfin. Rassemblant ses esprits, car l’heure avait tourné, l’impératrice termina de se préparer pour sa visite avant de s’y rendre, lorsque Denys la fit prévenir.

Répondant à la déférence du Duc avec considération, elle nota néanmoins qu’il semblait un peu plus détendu. Cela lui convenait parfaitement. Elle ne le connaissait pas plus que cela, et les aprioris étaient particulièrement cultivés dans les rencontres officielles et très formelles. Cela n’était donc pas pratique afin de se faire une idée sur la personne. Et elle avait déjà assez d’apprioris sur lui. Elle s’assit élégamment dans le fauteuil proposé.

- Avec plus d’agitation que de cohésion mais oui, je vous remercie. Un peu d’humour ne faisait jamais de mal. Les appartements que vous nous avez alloué sont vraiment magnifiques. Le palais ducal ne manque pas de raffinement. Et c’était sûrement peu dire. Bien que le faste d’Alfaë dépassait celui d’Outrevent, ce n’était pas non plus la grâce lagrane. Je suis certaine que ce séjour sera très agréable, et ce malgré les plus tristes affaires qui m’amènent.

Oui, l’occasion n’était pas la meilleure, mais voilà qui était dit. Elle était plus ou moins certaine que le Duc lui-même devait avoir un emploi du temps particulièrement chargé en ce moment aussi elle ne souhaitait pas le retenir plus qu’il ne fallait. Sa question tombait donc fortement à propos et Lauriane s’enfonça un peu plus dans les bras du siège, y cherchant un certain confort.

- J’imagine que le but de ma visite ne doit pas vous être inconnu, commença-t-elle. Malgré les précédents dires du Duc, sa question n’avait été qu’une formalité. La Lagrance est certainement le duché le plus touché par les conséquences de l’épidémie. Sa situationest même devenue assez critique. La voix de l’impératrice avait légèrement baissé. La guerre est pratiquement aux portes d’Edénia. La capitale du duché… Ma présence ici est motivée afin de vous soutenir dans cette crise. La Lagrance ne doit pas se sentir abandonnée. L’Empereur et moi-même feront tout pour que ce duché n’ait pas plus à endurer. En soi, c’était un peu utopique mais il y avait un fond de vérité. Lauriane n’acceptait pas que tant de gens paient pour les erreurs d’autres. Comment s’en sort votre peuple ? vous tenez le coup ?

Les iris bleutées de l’impératrice s’étaient faits perçants. Sa gentillesse n’était pas innée, mais sa prévenance si. Et sa parfois nature directe aussi.


Dernière édition par Lauriane de Faërie le Jeu 22 Fév - 15:47, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyJeu 15 Fév - 3:38

Il était flatteur de recevoir des compliments de la part de l’impératrice elle même, quand bien même était-ce à propos des appartements fournis à sa noble personne et à l’accueil qui lui avait été réservé. Mais c’était suffisant pour gonfler quelque peu l’égo du duc qui, tout en écoutant avec attention les paroles de sa souveraine, adressa à celle-ci un petit sourire. Lequel ne se fana même pas à la conclusion hélas bien trop réelle de Lauriane.

« Certes oui. Mais je suis heureux qu’ils vous plaisent. »

Les jours qui venaient de s’écouler étaient sombres pour Lagrance et les affaires qui auraient lieu aujourd’hui le seraient toutes autant, mais Denys n’était pas homme à se laisser abattre quand il restait encore des cartes à jouer dans son jeu. Et pour sur, des atouts, il en possédait encore, même si son duché était effectivement des plus meurtries dans cette guerre.

« J’imagine que le but de ma visite ne doit pas vous être inconnu… - En effet. » S’il l’ignorait, alors il n’aurait certainement pas été un bon duc. Or ce n’était le cas et Denys le savait. Comment ignorer les raisons qui avaient poussé l’impératrice à venir le visiter en ces temps si troublés ? Même s’il n’était pas homme à apprécier qu’on marche sur ses plates-bandes, il reconnaissait la valeur du soutien apporté par la couronne impériale, et cela aussi faisait parti des cartes qu’il avait en main et qu’il ne comptait pas lâcher. S’il avait soutenu Gustave depuis sa montée sur le trône, ce n’était certainement pas pour rien et voilà qu’au moins, la récompense se dessinait, ou tout du moins en partie. Bien entendu, il n’était pas naïf sur l’affaire. Qu’importe le duché qui aurait souffert de la même situation que Lagrance, le pouvoir impérial lui serait venu en aide. Ce qui au fond était une bonne nouvelle.

Préparé au discours que lui donnait l’impératrice, le visage de Denys se crispa néanmoins aux différentes mentions de la guerre et de l’état actuel de son duché. Il n’avait pas besoin qu’on lui rappelle la situation, lui qui était au cœur de celle-ci pour protéger son peuple et faire en sorte de lui épargner les horreurs des combats.

« Je me dois encore de remercier votre altesse et sa majesté l’empereur pour le soutien que vous apportez à mon duché. Lagrance est loyal à la couronne impériale et son peuple sera heureux de savoir que celle-ci ne l’a pas oublié. » Simples paroles de diplomatie, qui si elles étaient sincères n’en étaient pas moins de celles que l’on pouvait attendre de la part d’un lagran beau parleur comme Denys. La vérité y était palpable néanmoins, puisque Lagrance faisait bien parti des duchés qui avaient soutenu Gustave à sa seconde tentative pour prendre le pouvoir. Abordant cette fois un air plus grave en entrant dans le vif du sujet, il se pencha sur son fauteuil et croisa ses doigts, soucieux. Son regard, tout aussi perçant que celui que lui lançait Lauriane, frappa les prunelles claires de celle-ci. « Mon peuple aurait pu s’en sortir plus mal. Il s’avère que dès que les premiers symptômes de l’épidémie ont frappé, j’ai agi en conséquence. Je suis un homme prudent et la situation m’a paru claire très rapidement. Si les mages de bataille de Lagrance et ses Chevaucheurs n’étaient plus en mesure d’assurer la défense aux frontières, alors il était évident que mes terres seraient les premières attaquées par Ibélène. J’ai donc donné les ordres nécessaires pour faire reculer le peuple vers l’intérieur des terres et sollicité la noblesse lagrane de cette zone pour qu’elle aide le plus possible, avant les contre-attaques ennemies. Mon épouse et moi même avons dépensé beaucoup de ressources et de temps pour faire rapatrier le plus de monde possible. A dire vrai, je puis vous annoncer qu’il y a en réalité peu de pertes humaines. » Pour les pertes matérielles, c’était une tout autre histoire malheureusement, mais il ne pouvait pour l’instant rien y faire. « Je dois dire cela dit que les ressources allouées par la couronne impériale sont plus que bienvenue. Les réfugiés se font nombreux et il nous faut des moyens pour les loger et les nourrir, en attendant de pouvoir reprendre nos terres. »


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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyJeu 22 Fév - 16:36

Lauriane n’avait pas eu la possibilité de connaître personnellement le Duc de Lagrance. Elle le connaissait un peu comme tout le monde, par sa réputation plus qu’autre chose. Les quelques fois où elle l’avait croisé la cordialité et les apparences de la noblesse primaient toujours. C’était encore le cas, évidemment. Néanmoins, Lauriane, en bonne observatrice, sentait comme le Duc avait à cœur son Duché. Quelle que soit sa mauvaise réputation avec les femmes, on ne pouvait lui enlever ça. Et c’était le plus important pour Lauriane. Elle était heureuse que de telle personne gouverne leur duché, peu importe la tête impériale couronnée en titre. Car, dans le fond, c’était sur eux que reposait l’empire avant tout. Et c’était à la couronne impériale de les soutenir et non l’inverse.

L’impératrice aurait voulu lui dire que de telles remerciements n’étaient pas nécessaires mais il aurait été en un sens inconvenant de les refuser. Aussi préféra-t-elle répondre au Duc en choisissant l’option de l’humilité.

- Les duchés sont l’Empire de Faërie. L’aide que nous vous apportons est un juste retour.

Ce n’était pas faux. Lauriane était certes ambitieuse mais pas tant calculatrice que ça. En bonne outreventoise, elle agissait bien plus souvent comme son cœur le lui dictait qu’on ne pouvait l’imaginer. Son cœur avait juste appris, durant toute son enfance où les valeurs outreventoises lui avaient été inculquées, à être juste. Ne pas venir en aide à Lagrance ne lui serait jamais venu à l’esprit. Évidemment, elle avait choisi de le faire pour des raisons en apparence stratégique, sa présence ici permettrait à Gustave de gérer plus globalement la guerre, mais, au fond de son être, c’était aussi une nécessité que lui dictait ses sentiments. Elle écouta avec beaucoup d’attention les paroles du Duc, dont elle ne quitta pas le regard.

À la vérité, les rapports s’entassant sur les pertes avaient été si nombreux au palais impérial d’Alfaë que Lauriane était soulagée d’entendre le Denys lui annoncer que les lagrans avaient pu s’en sortir mieux qu’ils ne l’avaient cru. Cette épidémie avait causé une belle pagaille dans l’empire et plus elle y pensait plus la question de l’Ordre ne cessait de revenir dans ses pensées. Le temps de la réflexion était néanmoins mal choisi. Surtout que, malgré le fait qu’elle estimait le Duc pour ses qualités de chef, elle n’était certaine de pouvoir lui faire confiance et aborder ce sujet avec lui n’était donc pas à l’ordre du jour.

A la fin de l’explication du Duc, Lauriane permit à ses traits de se détendre et au Duc de voir comme ce qu’il venait de lui dire la soulageait malgré tout. Évidemment, des innocents étaient tout de même morts, ça ne pardonnait rien, son calme ne la quitta pas, mais l’Impératrice se sentait un peu plus rassuré quant au moral des lagrans.

- Vous avez su éviter le pire, c’est vous qui avez fait le plus dur. Nous vous épaulerons du mieux que nous pourrons jusqu’à ce que la Lagrance ait retrouvé toutes ses terres, lui assura-t-elle à nouveau. Le Duc de Lagrance s’était admirablement bien débrouillé dans la gestion de cette crise, et même s’il pouvait certainement continuer ainsi, leur apporter du soutien était bien légitime. Ma présence durant ces trois semaines vous permettra de communiquer plus rapidement avec le reste du royaume pour gérer ce dont vous pourriez avoir besoin – l’Impératrice avait déplacé une partie de leur réseau de mage-messager avec elle – mais également si une urgence se présentait. Le ton de Lauriane se rembrunit, ce n’était pas un sujet plaisant mais il fallait bien en parler. Nous sommes encore en train de nous remettre de l’épidémie et Ibélène le sait fort bien. Si Édénia était prise, cela porterait un coup décisif à cette guerre. De nouveaux éclaireurs vont se joindre aux vôtres pour couvrir davantage de zone et prévenir cette avancée, si vous le permettez. Ils n’étaient pas encore présents, un mage des portails devait les faire venir du palais où ils attendaient si Denys donnait son accord. Lauriane n’oublierait jamais qu’elle n’était pas chez elle et toute décision et action se devait de passer par l’accord du Duc avant tout. Néanmoins, il nous faut également penser à l’éventualité où effectivement Édénia tomberait… Cela peinait énormément l’Impératrice d’en parler, son visage s’était fait plus doux. Cependant, c’était pour la sécurité même de ce peuple Lagran que Denys protégeait si bien qu’il fallait en parler. Avez-vous pensé à contacter Ansemer dans cette éventualité ? Je sais que Cibella pourrait très certainement accueillir nombre de vos réfugiés mais Ansemer est encore le duché le plus éloigné du front.
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Message Sujet: Re: Nous ne cherchons qu'à nous aider   Nous ne cherchons qu'à nous aider EmptyLun 26 Mar - 20:14

Les duchés sont l’empire.

Il y avait une part de vérité là dedans que le duc ne pouvait nier et il ne se serait pas permis de le faire face à Lauriane. Les mots de l’impératrice, il le devinait, étaient sincères et c’était ce qui comptait en l’instant : la couronne était disposée à les aider. Adressant un vague sourire, il ne répondit rien de plus et se concentra sur la discussion à venir, bien plus lourde et importante que tout le reste. N’était-ce pas une partie de l’avenir du peuple de Lagrance qui se jouait là ? Même si la guerre avait été ralentie par la fin de l’épidémie et le retour des mages sur le front, le danger restait palpable et les armées Ibéennes étaient bel et bien aux portes de la cité des Jardins. Un point que le duc ne pouvait décemment pas oublier et qui assombrissait considérablement son humeur. Néanmoins, il fit part de bonne grâce à Lauriane des dernières informations récoltées sur le front. L’état général de cette guerre, de leur côté du moins, n’était pas aussi catastrophique que beaucoup le pensait et le duc se félicitait intérieurement d’avoir réagit bien avant que les choses ne dégénèrent de trop. Même si l’Ordre était impliqué dans cette affaire, le fait qu’il en soit un membre conséquent l’avait aidé à avoir l’information avant que tout ne devienne chaos. Cela ne mettait certes pas fin au problème mais cela en réglait une partie, et pas des moindre. Son peuple était sauf.

« Votre aide et votre présence nous sera précieuse. »

Cela impliquait certes le regard du pouvoir impérial sur les affaires lagranes, concernant la guerre du moins, mais de cela, Denys ne s’en inquiétait pas trop. Il était maître en son territoire et la présence de l’impératrice Lauriane était plus un avantage à cet instant qu’un poids. Ce qui comptait avant tout c’était le peuple et de cela, ils étaient tous deux d’accord.

« Nous ferons tout ce qu’il faut pour qu’Edenia ne soit pas prise, vos éclaireurs peuvent se joindre aux nôtres, évidemment. »

Il n’aimait guère les sous entendus derrière les paroles de Lauriane, mais ils étaient pour le moins évident et la possibilité qui se dessinait là dessous n’échappait pas à Denys qui y avait d’ores et déjà mainte fois pensé. Après tout, lorsque les armées Ibéennes avaient enfoncé les frontières et s’étaient inexorablement rapproché de la capitale, il lui avait bien fallu prendre en compte l’option et songer à une porte de sortie, toute aussi difficile soit à prendre la décision. Abandonner Edenia était une chose qu’il redoutait de faire et cela minait grandement le moral de tous. Heureusement que ces derniers temps, les choses n’avaient pas bougé sur le front. Et même s’il eut un regard sombre et fronça les sourcils aux paroles de l’impératrice, il ne lui en voulu pas d’aborder ce sujet hautement blessant mais au combien nécessaire.

« Oui, c’est une possibilité qui n’est pas négligeable, même si cela me fait mal de l’admettre. J’ai eu quelques contacts avec le duc Bartholomé et nous nous entendons tous deux plutôt bien. Je ne crois pas qu’il refuserait que les réfugiés affluent en Ansemer, si d’aventure nous perdions Edenia. Il connaît la situation en Lagrance et m’a déjà envoyé plusieurs escadrons de ses Chevaucheurs depuis la fin de l’Epidémie. Cibella en a fait de même. »

Bien heureuses soient ces alliances que le duc de Lagrance avait conclues avec ses homologues Faës et que ceux ci avaient répondu à sa demande lorsque Lagrance s’était trouvé en grand danger.

« Espérons néanmoins que nous n’ayons pas à en arriver là. »

Un espoir, en effet, car pour l'instant ils ne peuvent pas s'appuyer sur grand chose de plus aux vues de la situation. Mais au moins, l'appui de la couronne impériale n'est pas de trop, et la discussion avec Lauriane permet de mettre en place bien des choses, malgré certains sujets quelque peu difficile à aborder. Il le fallait, et c'est plusieurs heures plus tard que le duc et l'impératrice se quittent, concluant de longues discussions pour l'avenir de Lagrance.


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