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 Se revoir dans un adieu

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Message Sujet: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptySam 25 Nov - 15:07




Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Solveig de Sovnheim & Serenus Dardalion

Se revoir dans un adieu

Tchac tchac tchac,
Une taverne aurait été mieux




• Date : 20 novembre 1002
• Météo (optionnel) : La pluie est torrentielle
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Les troupes ont été surprises par un orage diluvien qui ne fait pas mine de s'arrêter. Et alors que tous fuient désespérément pour ne pas se faire embrocher stupidement, Solveig reste là ou elle est de peur de se faire tuer dans la panique. Sage décision puisqu'elle se fait alors agresser sans pitié par un mercenaire bien décidé à tirer parti de la panique. Et c'est lorsqu'elle réussit a se débarrasser de son adversaire qu'un autre apparaît mais qu'elle ne reconnait pas. Serenus Dardalion, son ancien compagnon, son ancien amour de jeunesse.
• Recensement :
Code:
• [b]20 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3003-se-revoir-dans-un-adieu#106961]Se revoir dans un adieu[/url] - [i]Solveig de Sovnheim & Serenus Dardalion[/i]
Les troupes ont été surprises par un orage diluvien qui ne fait pas mine de s'arrêter. Et alors que tous fuient désespérément pour ne pas se faire embrocher stupidement, Solveig reste là ou elle est de peur de se faire tuer dans la panique. Sage décision puisqu'elle se fait alors agresser sans pitié par un mercenaire bien décidé à tirer parti de la panique. Et c'est lorsqu'elle réussit a se débarrasser de son adversaire qu'un autre apparaît mais qu'elle ne reconnait pas. Serenus Dardalion, son ancien compagnon, son ancien amour de jeunesse.



Dernière édition par Solveig de Sovnheim le Sam 25 Nov - 19:06, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptySam 25 Nov - 15:08

Dans l'aube naissante, le silence régnait. Troublé par quelques bruits d'amures et de boucliers, femmes et hommes se préparaient. Quelque souffles et le crie des corbeaux, cette tranquillité factice n'était que le reflet d'une attente insupportable.
Solveig leva les yeux au ciel pour suivre la danse des oiseaux indifférents à ceux qui attendaient vaillamment debout. Non, ces charognards ne faisaient pas mine de vouloir se poser. Ils attendaient déjà le prochain crépuscule. Au loin une corne de brume s'éleva, reprit bientôt par une autre. Plus proche. Les premières lignes se mirent en marche d'un seul mouvement suivies par les autres. Solveig enfonça alors son casque sur sa longue chevelure blonde et suivi en embrayant le pas. Comme un seul homme, ils s'en allaient vaillamment poursuivre des mois de luttes acharnées.

Se revoir dans un adieu KN84EfQ

Le vent soufflait fort, trop fort. La pluie était tombée, brusquement, dans un déluge terrifiant. Le combat s'était paré d'un vent de panique. Les deux camps tentaient tant bien que mal de faire un retour en arrière pour regagner le leur mais sans résultat vraiment probant. Les deux camps s'étaient passablement mélangés quand l'orage s'était abattu. Revenir en arrière alors que la pluie cachait tout à moins de cinq pieds était un piège mortel.

Le sang de Solveig battait à tout rompre contre ses tempes. A moins que ce ne fut les gouttes qui martelaient son armure. La guerrière tournait sur elle même, bouclier brandit devant elle, préférant rester ou elle était plutôt que de faire un seul pas dans cet enfer humide.
Les genoux pliés, elle attendait, tendue comme un arc qu'un coup s'abatte sur elle alors qu'elle pouvait percevoir encore à ses cotés des silhouette tomber sous la panique.
Dans son dos. La jeune femme se retourna brutalement envoyant voler son épée d'un geste puissant pour couper en deux celui qui s'était approché d'aussi près. Son coup ne rencontra que le vide, un homme, barbe et cheveux trempés s'était reculé sans mal avec un sourire torve.
La chaleur du corps quitta totalement la kyréenne qui jugea l'homme. Elle savait reconnaître un guerrier quand elle en avait un en face d'elle. Mais lui était l'un tel les vautours et les corbeaux qui tournaient autour des troupes au matin levé. Il était de la sous catégorie des charognards. Engeance maudite des champs de guerre, trouvant leur intérêt là ou il était prohibé. Certains se contentaient de piller les cadavres. D'autre de profiter des situations de panique pour assouvir d'autres désirs plus sombre.
Une rage tout aussi froide remplaça la concentration calculée de la Skjaldmö. Ses yeux le parcouraient sans y trouver un seul signe d'appartenance aux troupes Faës. Le rebut faisait donc parti de son propre camp.
Son bras gauche se sépara de son bouclier qui vint s'écraser dans un grand bruit de succion.
Solveig rajouta mentalement cette situation à d'autres qui lui permettaient de se conforter dans la réponse qu'elle avait donné au maréchal. Juste pour lui, juste pour débarrasser Arven du monstre qui se trouvait en face d'elle, elle avait eu raison.

Il s'avança, faisant tourner la bâtarde qu'il tenait entre ses mains.
Alors que la pluie ruisselait sur son visage, la jeune femme, raffermit sa prise sur la sienne. Elle était prête, elle le cueillerait lorsqu'il se jetterait sur elle. Mais l'ibéen laissa à son tour tomber son arme pour se projeter brusquement sur ses jambes, faisant glisser et tomber la guerrière qui ne s'était pas attendue à pareille attaque. Son hurlement fut coupé par le sol qui lui arracha l'air de ses poumons. Un talon vint écraser son poignet la faisant lâcher à son tour l'épée qui l'avait accompagné. Bientôt son visage baigné par la pluie revint au dessus d'elle, pourvut toujours de ce même sourire.
Elle voulut soulever son genoux mais il la frappa avant, installant le sien sur sa poitrine. Cognant de son poing la pommette de la femme, sa tête partie sur le coté. Sonnée, elle le vit le relever encore, prêt de nouveau a cogner pour la mettre KO. Vaguement, elle marmonna quelque chose.
Levant la main, elle attrapa le col du type qui s'acharnait pour le tirer vers elle. Surprit, son propre pied glissa dans la boue, son corps vint écraser le sien dans un grognement et un choc sourd. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance de retourner sur ses pieds. Elle savait qu'elle serait morte et pire encore avant qu'elle n'ait réussi a lui retourner le coup de poing qu'il lui avait asséné. Alors elle tendit son cou avant que son agresseur ne se relève et mordit de toute ses forces dans le sien.

Son cri fut horrible mais la Skjaldmö ne lâcha pas prise, enfonçant ses dents toujours plus profondément dans la gorge non protégée. Elle eut conscience qu'il tentait de se reculer pour la bourrer de coups mais elle tint bon, nouant son bras valide autour de lui pour le maintenir tout contre elle. Elle tira enfin sur ses mâchoires. Tira jusqu'à ce que plus un son ne sorte de la bouche de l'homme. Jusqu’à ce que la chair se détache de son cou, l'aspergeant de son sang.

Ruisselante de sang et de pluie, Solveig balança le corps sans vie sur le coté et fébrilement se redressa pour remettre la main sur son épée. Quelqu'un d'autre, elle entendait encore quelqu'un tout proche d'elle. A genoux, main sur son épée, elle se dressa une jambe après l'autre, recrachant ce qui lui restait dans la bouche avant de faire face fébrile à son nouveau agresseur.
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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyJeu 30 Nov - 19:32

La pluie... Il fallait que la pluie se mette à tomber. Par Kern, la journée ne pouvait pas plus mal commencer. Le guerrier serra les lanières de son armure de fortune. La sienne avait été abimée la veille par l'assaut d'un groupe de Bellifériens enragés, et, devant son état, il avait du se résoudre à l'abandonner. Il trouverait le temps de la confier à un forgeron plus tard. Enfin, s'il sortait vivant de cette journée de bataille. Il l'avait donc troquée contre quelques pièces récupérées sur les champs de bataille. Et Serenus maudissait l'homme qui les lui avait donné. Dans la précipitation, il n'avait prête attention qu'à la taille, et non pas à l'origine des pieces. Serenus tenait entre ses mains un casque belliférien, re décoré à l'Outreventois, un plastron, une cotte de maille en piteux état, qui descendaient à peine jusqu'à ses cuisses, laissant ses jambes nues. Il avait contré ce désagrément en enfilant des sortes de protections en cuir. Mais qu'est ce qu'il avait l'air ridicule ! Et il doutait que cela le protège vraiment. Il allait devoir se montrer prudent, ne pas commettre d'actes irréfléchi. Il jeta un oeil à ses frères d'armes, tous plus démunis et hagards les uns que les autres. La guerre et la pluie  les avaient vidés de toute énergie, et ils essayaient tant bien que mal de la retrouver en critiquant l'avancée des Bellifériens.

Le combat faisait déjà rage, et il était temps pour lui d'avancer, d'aller se battre pour l'honneur souillé de la mère de sa fille. Serenus avait promis, dans une courte lettre au marquis qu'il épouserait sa fille, et qu'il en prendrait soin. L'homme n'avait pas encore répondu, mais Serenus savait que son destin était scellé. Il épouserait la fille, irait vivre avec elle et leur enfant. C'était une belle perspective d'avenir : une petite vie tranquille, avec une femme, une petite fille et, peut être, une maison dans la campagne, pourquoi pas. Mais le guerrier était incapable de s'en réjouir. Sans doute à cause des hurlements d'agonie qui parvenaient à ses oreilles. Le guerrier enserra sa prise sur son bouclier et sur son épée, réajusta son casque, et avança dans la masse.
Les coups pleuvaient, les gouttes de sang se mêlaient à la pluie, et Serenus continuait à se battre. Les ennemis étaient nombreux, et la bataille semblait virer à la panique générale. Le guerrier ne savait plus où frapper. Il était complètement perdu, mais il refusait de céder à la peur. Il fallait qu'il continue, qu'il se batte, ne pas abandonner, sinon il ne verrait jamais sa fille grandir.

Un ennemi lui ouvrit le bras d'un coup d'épée, et Serenus lui rendit la pareille en tailladant sa hideuse face barbue. L'homme hurla, et recula. Serenus ne chercha pas à le poursuivre, il était déjà aux prises avec une autre ennemie. Une femme, qui venait d'arracher la gorge d'un homme à coups de dents. Sur quoi était il tombé encore ? Le guerrier se campa sur ses jambes, et fit face à son adversaire. Elle était effrayante, avec tout ce sang qui ruisselait sur son visage. Elle n'allait faire qu'une bouchée de lui, avec son armure qui ne valait rien, et qui était déjà trouée par endroits. Il leva son arme, prêt a lui faire comprendre que lui aussi savait se battre. Cette sauvage allait sûrement le réduire en bouillie, mais Il veillerait à ce qu'elle en bave bien avant !




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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyMar 23 Jan - 16:30

Ses nerfs lâchaient. Elle le sentait, elle perdait pied. Ici et maintenant s’en était trop, la pluie dégoulinait sur elle comme un linceul glacé. Elle voulait vivre à en pleurer mais le ciel s’en chargeait pour elle, lui arrachant de ce fait ce qui lui revenait de droit. Et tout portait à croire qu’elle approchait indubitablement de sa propre mort.

La boue suçait sa peau avec acharnement, passant dans les replies de son armure pour créer un effet de succions entre ses orteils. La jeune femme jeta un dernier regard au corps sans vie créant chez elle un frisson violent de dégout. Si elle était née homme, jamais elle n’aurait eu à tuer un soldat faisant parti de son propre camp. Si elle était homme, peut-être qu’elle aurait eu la force d’affronter le faë qui lui faisait face.
Elle n’était pas dupe malgré la fébrilité qui la gagnait. Le casque était Belliférien mais le reste était Outreventois.

Si elle était née homme, elle aurait dressé son épée sans difficulté et aurait transpercé ce nouvel obstacle avant de battre la retraite à son tour.
Sa lèvre bleuit par le froid trembla un peu mais ses yeux fous restèrent secs. Dans sa bouche, le gout du sang persistait.

« Je ne serais pas seul »


Dans un filet de voix cassé par la panique qui l’avait envahi, Solveig lâcha son arme qui représentait d’avantage un poids qu’un avantage. Ses mains tremblaient si fort qu’elle se demandait s’il existait encore une infime chance pour qu’il ne le remarque pas. Elle n’était pas un homme mais une femme désespérée. S’il devait être son dernier adversaire, elle se promettait qu’il l’accompagnerait dans la mort.

Resserrant les poings, elle se ramassa sur elle-même puis se précipita en avant, faisant fi de l’épée qu’il dressait et se jeta sur le sol, les pieds à l’avant pour venir percuter les jambes mal protégées de son adversaire dans un crie rageur. La boue gicla autour d’eux alors qu’elle sentait son pied droit percuter le tibia. Il bascula en arrière.

Sans attendre, elle se releva sans grâce ni technique pour se jeter de tout son poids à son cou, tendant la main vers ses yeux pour les lui crever cherchant de l'autre une pierre pour l'abattre entre ses yeux. Elle était loin la Skjaldmo, la guerrière. Elle était plus bestiale que jamais. Aveuglée par la peur de la mort, elle ne détailla pas le visage, n'y reconnaissant qu'une autre souillure voulant mettre un terme à sa vie.

Ps: Dis moi si ca te va, sinon j'édite
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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyMar 23 Jan - 22:01

La jeune femme, face à lui, semblait au bord de la crise de nerf. Serenus ne se laissa pas attendrir pour autant. Il resserra la prise sur son épée, lui fit comprendre, par un mouvement de tête, qu'il n'était pas là pour jouer, et se remit en position. Elle le regarda de haut en bas, inspectant sa tenue et, vu son changement d'attitude, l'identifiant comme un ennemi. Elle allait attaquer, il en avait maintenant la certitude. Le guerrier avala sa salive, fit le vide dans son esprit. Il était maintenant prêt à la recevoir. Elle allait comprendre que Serenus Dardalion n'était pas un simple combattant, mais un guerrier expérimenté, prêt à tout pour survivre et pour voir grandir sa fille. Son adversaire jeta un dernier coup d'œil au cadavre de l'homme qu'elle venait de tuer, et elle frissonna, visiblement dégoûtée. Serenus, lui, ne la quitta pas des yeux. Les morts lui importaient peu, ils n'allaient pas lui sauver la vie. Quand le combat serait terminé, il prendrait le temps de leur rendre tous les honneurs. Quand le combat serait terminé, et s'il en sortait vivant bien sûr.

La femme parla. Elle lui dit qu'elle ne serait pas seule. Pas seule pour quoi ? Pour se battre ? Le guerrier regarda autour de lui, cherchant un nouvel ennemi, qui viendrait aider la jeune femme. Mais il n'y avait personne. Que voulait-elle dire ? Soudain, il comprit. Elle ne serait pas seule pour partir dans la mort, elle ne serait pas la seule à mourir. Le guerrier serra les dents. Les résignés, c'étaient les pires. Ils se fichaient de ce qu'ils pouvaient leur arriver, tant qu'ils parvenaient à entrainer leur ennemi dans la mort. Serenus la regarda lâcher son arme. Ses mains tremblaient, elle faisait vraiment peur à voir ! C'était une femme complètement désespérée, et, l'espace d'un instant, il fut tenté de l'épargner, et de la laisser partir. Mais elle ne lui en laissa pas le temps.

La femme chargea, poings en avant. Cette technique lui était familière. Quand elle le percuta de tout son poids, et qu'il tomba au sol, il comprit. Cette technique, cette manière de charger comme un taureau, c'était la sienne ! Serenus serra les dents, indigné. Pour qui elle se prenait, celle la, pour copier ses méthodes de combat ? Elle avait dû le voir se battre pour aussi bien l'imiter. Il allait se relever, essayant de rattraper son épée qu'il avait lâché, mais la femme se jeta sur lui. Elle n'était pas lourde, mais le poids de son équipement suffisait pour qu'il en ai le souffle coupé pendant quelques secondes. Tel un animal, Serenus la vit essayer de lui crever les yeux avec ses ongles, tandis que son autre main cherchait un caillou. Serenus chercha sa dague à sa ceinture, et il la trouva. Il fallait qu'elle dégage, ou il allait y passer.
Il leva le bras pour la frapper quand...

Par Kern !

Un des doigts de la fille s'était enfoncé dans son oeil droit. Elle ne l'avait pas crevé, mais elle lui avait fait suffisamment mal pour qu'il hurle à pleins poumons. Le guerrier la frappa, du plat de la lame, sur la tempe. Quand il rouvrit ses yeux larmoyants, c'était pour constater qu'elle n'avait pas bougé d'un pouce. Elle allait le tuer. Il aurait beau se battre de toutes ses forces, il était en position de faiblesse. La rage et le désespoir de cette femme la rendait très difficile voire impossible à vaincre. Serenus avait beau frapper, entailler, elle continuait à lutter. Et Serenus sentait ses forces le quitter peu à peu. Alors qu'il la harcelait avec sa dague, son regard plongea dans le sien. Des yeux bleus, un regard de glace, un regard qu'il connaissait. Solveig. La femme qui était en train d'essayer de le tuer n'était rien d'autre que son amie, celle qui était devenue une guerrière en même temps que lui, et celle qui l'avait trahi en rejoignant les pirates.

Serenus leva les bras, et lâcha sa dague. Il commença à détacher la lanière de son casque puis il se mît à hurler :

"- Ne me tue pas ! Par Kern, Solveig, arrête !" Il retira son casque, dévoilant son visage balafré à son amie, et reprit : "- C'est moi, Serenus ! Serenus Dardalion !"



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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyMer 24 Jan - 15:50

Peu a peu, le monde se parait d’un voile sanglant. Elle ne voyait plus rien d’autre, obnubilée par sa peur fondamentale et primaire qui se muait lentement en rage.

Le froid avait disparu, elle ne sentait désormais que le grain de sa peau sous ses doigts, les poils de sa barbe naissante sur celle délicate de son poignet. Son existence était désormais focalisée sur un seul but, l’empêcher de se relever. Alors avec frénésie sa main droite tâtonnait dans la terre gorgée d’eau et de sang pendant que l’autre forçait le chemin jusqu’aux globes aux pupilles aussi minces que des tête d’épingles. L’idée ne lui vint pas que le faë avait peur lui aussi, elle ne ressentait que la sienne, imperméable à tout autre sentiment.

Elle ne pouvait esquisser l’éventualité qu’il était tombé sur elle au mauvais moment. S’il était là, sous elle, prêt à lui prendre son dernier souffle, c’est que cet homme-là avait lui aussi cherché sous ce déluge une proie. Peut-être pas pour assouvir les mêmes appétits. Mais elle savait que certains trouvaient dans le meurtre un plaisir sans commune mesure. Un plaisir qu’elle avait senti poindre dans ses jeunes années. Non, il ne pouvait en être autrement, sinon que faisait-il à marcher vers les lignes ibéennes plutôt que de rebrousser chemin.
Là non plus l’idée qu’il se soit perdu avec la visibilité quasi nulle ne lui traversa pas l’esprit. Et si elle l’avait eu ? Qu’importe, s’ignorer faisait partie du fantasme du soldat fatigué.

Dans son dos et contre son flanc, elle sentie la main de l’homme fouiller sa ceinture. Perdue dans sa folie meurtrière, elle estima que ce n’était pas important. Elle redoubla juste d’efforts. Sa main se perdit un instant plus haut, faisant crisser ses ongles sur son casque puis frôla ses cheveux. Mais enfin, l’un de ses doigts atteignirent leur but. Elle sentie la pulpe s’enfoncer sans résistance dans l’orbite. Alors elle appuya plus fort pour tenter d’aller plus loin. Ce fut à peine si elle entendit son hurlement. Ce fut à peine si elle sentie le choc et la coupure qui entailla délicatement sa peau. Il l’avait loupé mais elle ne ressentait aucune joie. Il retenta plusieurs fois de lui porter des coups mais la panique l’empêchait d’être précis. Elle sentait qu’elle allait réussir, que bientôt tout prendrait fin. Mais dans un sursaut, il fit sauter son casque, tentant de planter son regard dans le sien, les paumes tendues vers elle, libre de toute arme.

"- Ne me tue pas ! Par Kern, Solveig, arrête. C'est moi, Serenus ! Serenus Dardalion !"

Pendant un instant ces mots hurlés glissèrent sur elle sans qu’elle n’en saisisse le sens. Mais quand enfin, sa supplication perça le brouillard meurtrier de la guerrière, elle hésita encore. D’interminables secondes. Consciente enfin qu’elle était en face d’une figure amie, elle se vit encore dans un fantasme calculé relever la main qui serrait une pierre suffisamment grosse pour qu’elle l’écrase sur les os de son visage. Qu’elle fracasse la chair jusqu’à atteindre les nerfs et le cerveau. Mais sans crier gare, elle retira la main de son visage et lâcha son arme improvisée.

La gorge écrabouillée par la peur qui ressurgissait, elle se sentie redevenir maitre de son corps. Et de nouveau le gout du sang dans sa gorge. Toujours à califourchon sur son torse, elle se tendit pitoyablement sur son flanc gauche, bras barrant son ventre pour vomir la sensation qu’elle était morte. Cette sensation qu’on avait voulu lui prendre son intégrité. Cette sensation que si elle en réchappait, que l’armée apprendrait qu’elle avait tué l’un dès leur. Et enfin celle qu’elle avait gouté à la chair humaine. Son estomac ne rendit pas grand-chose mais ce fut assez pour qu’elle ne perde pas d’avantage pieds. Elle toussa un peu et revint planter de nouveau son regard dans celui de Serenus. Dans un murmure malade elle chevrota quelques mots

« Serenus, j’ai tué un homme. »

Elle ne se rendit pas compte de la vacuité de ses mots. Si elle comprenait parfaitement ce qu’elle sous entendait par là, elle n’imagina pas que ses paroles se perdent chez lui.
De nouveau agitée de tremblement, elle le regarda comme si sa présence était naturelle et ne relevait pas du hasard précieux.

« J’allais te tuer aussi. »

De ses yeux bleus océans elle le dévisagea puis regarda le corps qu’elle avant abandonné. Sans trouver la force de se relever, clouée par le poids de son armure.

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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptySam 27 Jan - 21:09

Solveig se figea lorsqu’elle entendit sa voix. Elle l’avait reconnu, il n’allait pas finir la tête éclatée par le rocher qu’elle tenait à la main. Serenus, soulagé, reposa sa tête contre le sol, et il ferma les yeux. Le guerrier laissa échapper un sourire et un rire nerveux. Rire qui se termina par de la toux. Se battre dans cette position n’avait rien de confortable, et Solveig l’avait bien amoché. Il toucha son œil endolori et regretta vite son geste. Elle ne l’avait pas loupé ! Elle avait failli le lui crever ! Un guerrier borgne était très vulnérable. Il suffisait de s’approcher du côté de son œil blessé pour être totalement invisible. Enfin, cela fonctionnait si l’homme en question n’avait pas appris à se battre avec un tel handicap. Serenus avait déjà rencontré un guerrier borgne, qui était un combattant d’exception. Il avait plusieurs fois tenté de le combattre à mains nues, et, malgré ses efforts, l’homme avait réussi à lui faire mordre la poussière. Serenus soupira, se demandant ce qu’était devenu ce borgne talentueux, mais il se dit qu’il ne souhaitait, pour rien au monde, se retrouver dans le même état que lui.

Solveig était mal. Serenus le voyait à son visage pâle, et à sa mine déconfite. Toujours assise sur sa poitrine, elle se tendit sur le côté pour vomir le contenu de son estomac. Serenus ne broncha pas. Combien de fois avait-il fait la même chose, à la fin d’une longue journée de bataille. Les images des hommes qu’il avait tués revenaient, et le harcelaient dans ses cauchemars. Il entendait leurs cris, il revoyait leur regard… Serenus fit une petite moue, et, quand Solveig lui murmura qu’elle avait tué un homme, il posa sa main ensanglantée sur la sienne. Il serra ses doigts, caressa sa peau avec le pouce. Il aurait aimé la prendre dans ses bras mais, dans cette position, il ne pouvait pas faire grand-chose. Il se contenta donc de ce simple geste réconfortant, et il lui souffla :

« -Je sais. Mais, si tu ne l’avais pas fait, je n’aurais plus eu de Solveig pour me rappeler combien une femme peut être forte. Bien plus forte que n’importe quel homme. »

Elle lui dit ensuite, sur le même ton confus, qu’elle allait aussi le tuer, s’il n’avait pas hurlé pour qu’elle arrête. Il répondit à cela avec un sourire taquin, et lui dit :

« - Ca je sais aussi. Et, si tu l’avais fait, tu n’aurais plus eu de Serenus pour te rappeler que, entre toi et moi, je reste quand même le meilleur »

Le meilleur. Mais bien sûr. Solveig n’avait pas de balafre sur le visage, elle. Elle n’avait pas le corps recouvert de cicatrices en tout genre. Mais il aimait vraiment taquiner sa chère Solveig. Elle le méritait, après tout, elle avait manqué de lui fracasser le crâne avec un rocher. La jeune femme…. Jeune ? Quel âge avait-elle maintenant ? Enfin. Solveig tenta de se relever, sans grand succès. Son armure la clouait sur place, elle était à bout de force. Serenus soupira doucement et avec les bras, il l’aida à s’allonger à ses côtés. Une fois libéré de son poids, il se redressa et s’assit. Il passa une main sur son visage, la regarda, puis il passa un doigt sur sa joue avant de lui dire :

« - Tu m’as manqué. »



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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyLun 5 Fév - 17:15

Les larmes montaient, brulantes, gardées prisonnières par la skjaldmö. Sa gorge aussi brulée de son acide épanchement, mais elle se concentrait désespérément sur le son de la pluie. Un torrent de goute sur le sol, sa peau, son armure. Une musique sauvage au rythme pourtant apaisant. Et sur cette main qui recouvrait la sienne. Une chaleur qui ne lui appartenait pas, une chaleur réconfortante d’un homme qu’elle s’était vue abattre par désespoir. Le Destin était cruel, c’était bel et bien chez l’ennemi qu’elle trouvait le réconfort d’avoir abattu l’ami. Sa gorge se serrait et se desserrait dans l’indécision de ses yeux qui refoulaient ses larmes. Mais le pouce qui caressait le dos de sa main eut raison de ses barrières. Les larmes jaillirent sur ses joues, invisible sous la gouttes d’eau qui éclaboussaient ses joues.

Sa voix était définitivement cassée lorsqu’elle répondit aux mots apaisants de sa victime.

« Ne soit pas aussi correct Serenus. Pas ici, pas maintenant. On va nous reprocher à tous les deux de ne pas s’être entretués si on nous voit. »

Ses yeux descendirent sur son visage pour observer la balafre qui le barrait désormais. Combien de temps ? Depuis combien de temps était-elle là ?

« Si tu étais le meilleur je devrais déjà pousser mon dernier souffle. »

Les bras du guerriers, sourds aux mots qu’elle arrachait de sa gorge, la couchèrent à ses côtés. Elle se laissa faire, versant quelques larmes supplémentaires. Le sol était aussi glacé qu’elle le pensait. Mais elle était reconnaissante, infiniment reconnaissante de pouvoir encore le juger dans cette position. Un guerrier allongé sur le dos est un guerrier mort non ?

Serenus s’était redressé pour s’asseoir à ses côtés, passant ses doigts sur le velours pâle de sa joue.

Son aveu lui fit fermer les paupières. Elle le laissa faire son chemin sous ses balafres invisibles. C’était le petit coup de pouce qu’il lui fallait pour reprendre définitivement pieds. Un long frisson parcouru son échine alors qu’elle laissait les événements présents partir pour intégrer son passé. Et si Serenus ne l’avait pas trouvé, ici parmi les milliers de corps parcourant ce champ de batail, que se serait-il passé pour elle.

« Et toi tu m’as sauvé ».

Elle rouvrit les yeux pour le regarder alors que ses doigts parcouraient encore son visage.

Une chance sur des millions pour recroiser aujourd’hui cet amour de jeunesse. Le Destin devait aussi terriblement aimer le théâtre. Combien de temps mettrait Serenus pour voir que le corps qu’elle avait abandonné était ibéen. Qu’il laisse tomber sa main.

Mais la pluie était si compacte qu’elle se sentait finalement protégée, alors que le son des hurlements et des courses à pied diminuait significativement. Le ciel était encore noir de nuages, elle pouvait encore espérer qu’il les protégerait encore un peu de la réalité.

Sa main s’enfonça dans le sol meuble et elle se hissa à son tour en position assise. Elle ne voulait rien dire de plus, juste rester ainsi, à ses côtés, le temps qu’elle sente ses forces revenir, son pouls se calmer. Qu'elle puisse ramener son épée tout contre elle.
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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyLun 5 Fév - 19:50

Solveig se mit à pleurer. Attendri et ému, Serenus continua de caresser sa main, pour la rassurer, pour lui rappeler que, maintenant, elle n’était plus seule. Elle avait retrouvé un de ses plus vieux amis et, même si elle avait tenté de le tuer, il était là pour la soutenir. Il lui souffla qu’elle eût bien fait de se défendre, sinon elle ne serait plus là pour lui rappeler qu’une femme pouvait être forte. Elle lui répondit, d’une voix brisée par les larmes et les sanglots, qu’il ne devrait pas être aussi correct, car on pourrait leur reprocher de ne pas s’être entretués si on les voyait. Ça, Serenus s’en fichait royalement. Personne ne pourrait lui reprocher d’avoir retrouvé une vieille amie. Il leva un sourcil devant le regard de Solveig, avant de comprendre que celle-ci étudiait sa balafre. Il passa un doigt dessus, et soupira, avant de lui répondre :

« -Qu’ils viennent alors. Qu’ils viennent reprocher à deux amis de ne pas s’être entretués. J’en ai rien à foutre Sol. »

Ça, c’était du pur Serenus, franc, vulgaire. Il se permit même de la taquiner un peu, même si ce n’était pas du tout le moment pour ça. Mais Solveig le prit plutôt bien. Elle lui répondit que s’il était le meilleur, elle serait déjà morte. Serenus laissa échapper un rire franc. Là, il retrouvait son amie. Il garda le sourire, malgré la pluie, malgré le sang et l’odeur de la mort, et il aida Solveig à se coucher sur le flanc. Doucement, il la souleva et la déposa à ses côtés. Une fois libéré, il resta un moment couché sur le dos et reprit son souffle. Son plastron pesait son poids et, avec une Solveig en armure juchée dessus, c’était encore pire. Il parvint à se redresser, et chercha son épée du regard. Il la trouva, à quelques pas de là, mais n’eut pas la force, ni l’envie, de se lever pour aller la chercher. Il se contenta de rester là, et de se tourner vers Solveig.

Elle n’avait pas changé. Toujours ces mêmes cheveux blonds, ce même regard qui avait tant de fois fait battre le cœur du guerrier. Ce n’était pas son cas, à lui. Il avait pris plus de muscles, avait gagné tout un lot de cicatrices, dont une balafre sur son visage, allant de la tempe jusqu’au menton, sur son côté gauche. Il était plus confiant, moins scrupuleux aussi. Bref, Serenus était devenu un homme qui enchainait les conquêtes, qui n’hésitait pas à se mettre dans des situations difficiles, et qui plongeait tête la première dans les complications. Toutes les femmes qui avaient croisé son chemin pouvaient en témoigner. Solveig était l’une d’elle. Serenus lui avoua qu’elle lui avait manqué. Et elle ferma les yeux, laissant le guerrier caresser son visage du bout des doigts. S’il ne l’avait pas retrouvé, que serait-elle devenue ? Elle aurait peut-être succombé à cette folie meurtrière qui l’animait quelques minutes auparavant.

Elle rouvrit les yeux, et lui dit qu’il l’avait sauvée. Serenus sourit, ému. Il leva les yeux pour croiser le regard vide de l’homme qu’elle avait tué. Un Ibéen. Bah, il n’avait pas eu de chance celui-là. Cela ferait un ennemi de moins pour le Faë. Mais bon, une mort pareille, personne ne la méritait. Il regarda le trou béant dans sa gorge et frissonna. Solveig était décidément très étonnante. Il rebaissa le regard vers elle, et l’aida à se redresser quand elle voulu s’asseoir. La pluie tombait toujours autant, et c’était tant mieux. Tant qu’elle durerait, personne ne viendrait les chercher ici. Il la laissa reprendre son souffle. Il lui souffla alors :

« - Qu’est ce que tu fais là ? Je te pensais avec les pirates. »



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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyLun 19 Fév - 12:33

Elle se sentait si vide désormais. Plus le temps passait, plus le monde perdait de sa saveur. Elle reconnaissait être une tueuse. Elle l’avait toujours su. Ces mains pouvaient prendre la vie comme on cueille une fleur sans être étouffée par les remords. Si la Guilde des Guerriers ne l’avait pas trouvé à l’époque elle aurait certainement terminée dans l’armée impériale ou ducale de Valkyrion. Bêtement, pour toucher une solde en échange de son sang et de son savoir-faire. Mais depuis son périple sur l’Audacia, bêtise sans nom pour beaucoup, tout avait pris une saveur différente. Un nouveau souffle dans ses voiles, de nouveaux horizons sous sa poupe. Une nouvelle valeur pour sa propre vie. Mais progressivement elle sentait que la guerre lui reprenait tout ça. Elle redevenait cette ado, cette jeune adulte au chemin tracé. C’était la mort qui l’attendait, toujours. La sienne ou celle d’un autre, sans concession pour les cadeaux de la vie. Elle redevenait désabusée, ce monstre qui parle davantage à l’acier qu’aux hommes. Et c’était douloureux. Plus douloureux que tout ce qu’elle avait pu connaitre. Son corps et son esprit se rebellait encore, mais le jour viendrait où la situation à laquelle elle avait échappé ne tirera d’elle qu’un regard laconique et le mouvement sec du poignet qui sépare le sang frais des armes.

Son humanité lui avait presque couté la vie aujourd’hui. Une faiblesse lourde de conséquence qui rendait sa gorge plus acide encore.

D’un bref sourire absent elle écouta la bravade de celui qui malgré le froid et la pluie continuait de caresser sa peau dans un geste lent et apaisant. Serenus Dardalion. Il n’avait pas changé, il était resté cet idiot bravache. Il savait que l’on pouvait à juste titre reprocher à deux amis de ne pas s’être entretués. Et il en avait quelque chose à foutre comme il disait. Les amitiés ne comptaient plus ici, elles n’étaient que gênes.
Mais juste pour aujourd’hui. Encore un instant avant de se décider à chasser tout ce qui ne le garderait pas en vie. Juste pour quelques secondes, elle pria tous les dieux qu’elle connaissait qu’on lui laisse Serenus à ses côtés pour quelques heures. Que la pluie tombe sans faiblir.

Les yeux braqués sur ses mains, comptant silencieusement les secondes, Solveig les observa reprendre leur létale tranquillité. Le reste viendrait. Enfin peut être. Redressant le menton, elle observa le faë qui venait de lui poser la question interdite. Elle lui répondit sur le même ton, en chuchotant, ne manquant pas de voir les yeux de son ami détailler enfin le cadavre qu’elle avait laissé derrière elle.

« Comment es-tu au courant ? J’ai mis beaucoup de moyen pour faire taire cette rumeur. »

Elle le lui avouait à lui dans une ultime preuve de confiance. Mais s’il lui en parlait aussi ouvertement c’est qu’Alrik lui-même devait le lui avoir dit. Preuve que ce dernier avait fait les mêmes choix de confiance que sa fille.

Moins aveuglée par la terreur qui l’avait prise, la kyréenne observait plus efficacement l’homme qu’elle revoyait après plus de dix ans. Le même et un autre à la fois. Les fanfaronnades avaient perdu de leur certitude rigoureuse. Plus posé, plus… attrayant. Il dégageait cette aura de guerrier d’expérience qui ne s’encombre plus des futilités telles qu’une belle armure rutilante. Toute ses protections semblaient avoir trop vécues, certaines avaient même l’air d’avoir été récupérée ici est là sur le champ de batail. Mais ce calme solide qui l’entourait gommait tout ce manque de prestige. Il n’en avait plus besoin.

« Je me suis engagée en tant que Skjaldmö. Ce que j’ai toujours été finalement. »

Il avait désormais une multitude de raison de s’en aller. Voir de la tuer. Mais elle resta assise, passant ses mains sur son visage pour laver les dernières traces de souillures de son visage inondé par la pluie.

« Et toi. »

C’était bref, il lui raconterait si il le voulait tout ce qu’il désirerait partager. Même si elle mourrait d’envie de le presser de questions.
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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyLun 19 Fév - 19:47

Serenus se sentait…. Vidé. Vidé de toute force, de toute énergie. Son combat avec Solveig l’avait rendu aussi passif qu’une limace. Une grosse limace en armure. Quelle belle image et quelle belle estime de soi. Le guerrier, assis à même le sol, les fesses trempant dans la boue et le sang, lâcha un soupir. Solveig… Il n’aurait jamais pensé la revoir un jour. Il l’avait perdu de vue dés le jour où ils étaient partis chacun de leur côté, en quête d’aventure. A ce moment-là, la séparation n’a pas été trop douloureuse. Chacun pensait à l’avenir et à ses promesses. Mais, après plus de dix années sans la voir, Serenus pouvait avouer sans hésiter que Solveig lui manquait. Solveig, ses cheveux blonds, ses dents éclatantes, et ses poings aussi dur que l’acier. Le guerrier se rappelait de leurs années d’apprentissage. Lui n’était qu’un frêle jeune homme, qui ne savait que modeler la pâte pour en faire du pain. Solveig, elle, en avait déjà beaucoup trop vu pour son âge. La Guilde les avait tous les deux transformés en de véritables combattants aguerris.

Plus de dix ans… La vie les avait métamorphosés, non pas physiquement, mais psychologiquement. Mis à part sa balafre, et deux ou trois tours de bras et de poitrine en plus, Serenus n’avait pas changé. Solveig, elle, était restée la même. Il y avait juste quelque chose chez elle qui avait étonné le guerrier : son départ chez les pirates. Sans mettre de gants, il lui demanda ce qu’elle faisait ici, alors qu’elle devrait être avec eux. Solveig redressa le menton, et l’observa pendant quelques secondes. Elle lui répondit par une question, en lui demandant comment était-il au courant, car elle avait mis beaucoup de moyens pour faire taire cette rumeur. Alors ce n’était qu’une simple rumeur ? Serenus pencha la tête sur le côté et se mit à jouer avec une lanière de son gantelet. Il répondit, sur un ton distrait :

« - J’m’inquiétais pour toi. J’avais aucune nouvelle depuis pas mal d’années. J’ai écrit à Alrik. C’est un miracle qu’il ait déjà réussi à m’lire, mais il m’a répondu. J’lai su comme ça. »

Serenus soupira, et se pencha en arrière. S’appuyant sur ses mains, il leva la tête vers le ciel, exposant sa gorge et sa poitrine à la pluie. Il ferma les yeux, et laissa les gouttes d’eau laver la crasse et le sang qui le recouvrait. La pluie. D’habitude, il n’était pas particulièrement ravi quand elle commençait à tomber, mais là, il priait pour qu’elle ne cesse jamais. Elle était si fraiche, si bonne… Et elle les cachait aux yeux du monde. Il sentait le regard de Solveig et cela le fit sourire. Serenus rouvrit les yeux et rebaissa la tête quand elle lui dit qu’elle était devenue une Skalmachin. C’était bien elle ça. Quand ils étaient en formation, elle ne lui parlait que de ça. C’était bien pour elle qu’elle ai réussi à en devenir une. Serenus sourit une nouvelle fois et répondit :

« - J’savais bien que t’irais là-bas un de ces quatres. Les Skalmachins, c’est ton truc après tout. » Quand Solveig lui demanda de parler de lui, il se contenta juste de répondre : « Oh, il s’est passé tellement de choses Sol. Je vais te résumer ça en une série de mots. »

Serenus se redressa sur son séant, la regarda dans les yeux avec un sourire taquin et reprit :

« - Alors… Lorgol, La Volte, marié, enlevé par les pirates, épouse cocue une fois, deux fois, et… J’sais plus combien de fois en fait. Ensuite, Tournoi des Trois Opales, humiliation, balafre, autre conquête, bébé, guerre, veuf et bientôt remarié. » Il leva les bras et lui dit en souriant de toutes ses dents : « Et voilà ! Tu sais tout ! »



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Message Sujet: Re: Se revoir dans un adieu   Se revoir dans un adieu EmptyDim 1 Avr - 1:09

RP archivé.
Envoyez un MP sous Géralt pour le sortir des archives. :oui:



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