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 Plus acérée que les épines d'une rose

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La Noblesse
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Séverine de Bellifère
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Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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Message Sujet: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyVen 1 Déc - 15:02


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Martial de Bellifère & Séverine de Bellifère

Plus acérée que les épines d'une rose

D'émouvantes retrouvailles



• Date : 25 novembre 1002
• Météo (optionnel) : Fraîche journée de novembre, pas de soleil à l'horizon
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après quelques jours d'absence pour un voyage à Riven, Séverine est de retour au palais ducal sans le chaperon qu'elle devait y ramener.  Les retrouvailles entre le couple ducal risquent de prouver être remplies d'étincelles.
• Recensement :
Code:
• [b]25 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3047-plus-aceree-que-les-epines-d-une-rose#108967]Plus acérée que les épines d'une rose[/url] - [i]Martial de Bellifère & Séverine de Bellifère[/i]
Après quelques jours d'absence pour un voyage à Riven, Séverine est de retour au palais ducal sans le chaperon qu'elle devait y ramener.  Les retrouvailles entre le couple ducal risquent de prouver être remplies d'étincelles.









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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyVen 1 Déc - 15:04

Le chemin du retour avait été encore plus long et exténuant que celui pour l'aller, peut-être en raison de ce que le premier voyage l'éloignait de ce palais austère qu'elle détestait toujours et que le second la ramenait à son époux et qu'elle y mettait toute la mauvaise foi dont elle était capable.  La chevauchée rendait Séverine fort irascible et elle était encore plus désagréable pour la pauvre Prudence que jamais.  Elle ne cessait de la tancer et la pauvre dame de parage attendait avec beaucoup d'impatience leur retour au palais : sa duchesse et maîtresse n'y était pas heureuse, mais elle y était nettement plus agréable pour ses pauvres nerfs qu'elle mettait fort à mal.

Le profil d'Hacheclair s'était dévoilé beaucoup trop tôt à l'horizon, mettant Séverine encore plus de mauvaise humeur, songeant qu'elle devrait retrouver son si tendre époux.  Les jours précédents son départ avaient été marqué par un froid flagrant dans les deux sens en raison de leur dernière dispute et de l'humiliation qu'ils s'étaient réciproquement infligé, mais aussi parce qu'ils en avaient chacun trop laissé voir à l'adversaire.  L'astronome ne pouvait pas penser à autre chose maintenant que sa cage dorée se rapprochait d'elle, de plus en plus vite alors qu'elle tentait malgré tout de ralentir de le trot de sa monture, comme si cela pourrait vraiment repousser le moment tant redouté de façon efficace.  Un éclaireur avait déjà été envoyé à l'avant pour prévenir du retour de la duchesse en sa demeure, son escorte s'était chargée d'en donner l'ordre, car il n'était pas question de laisser une femme faire preuve d'autorité, pas dans la capitale.  Et de toute façon, ils avaient déjà des ordres donnés avant le départ.  Non, Séverine ne ressentait aucune joie à l'idée de devoir rentrer chez ce qui était désormais chez elle et elle appréhendait l'entrevue avec son mari.  Forcément, elle devrait lui présenter ses respects dès qu'elle serait présentable, elle ne pouvait tout de même pas se montrer à lui couverte de poussière, c'était inélégant, mais cela ne lui laisserait pas le temps de prélasser dans un bain chaud pour détendre ses muscles tendus.  Et ses pauvres nerfs à elle aussi.

Oui, elle était plutôt anxieuse.  S'ils ne s'étaient pas exactement quittés en mauvais termes, ils n'en étaient alors pas au meilleur de leur relation, le poids de l'absence d'un bébé étant au cœur de la mésentente.  Lui recommencerait-il la même petite scène que l'autre jour?  Ou pire encore, une fois son rapport de l'expédition présenté – chose fort inutile, car elle savait très bien qu'on demanderait à d'autres membres du parti de relater les faits – devrait-elle tout de suite se soumettre aux devoirs conjugaux?  S'il y avait eu au départ quelque curiosité de sa part à faire les choses avec un Belliférien – il y en avait peu sur sa liste de conquêtes – cela avait perdu un peu de son intérêt, tant la chose était centré sur la fin et non sur le moment présent.  Quelle parjure à Mirta!  L'homme aurait pu se montrer un peu plus considéré à l'égard de ses croyances personnelles, bien qu'elle accorda la majorité de ses prières à Valda, la déesse de son duché influait notablement sur sa vie.

Les portes du palais s'ouvrirent devant elle beaucoup trop vite et dans une avalanche de suite d'événements, elle se retrouva en peignoir dans sa chambre après un bain chaud, mais trop court, tandis que Prudence la coiffait et l'habillait afin qu'elle soit présentable pour rencontrer Martial.  Elle avait l'impression d'être un morceau de viande que l'on apprêtait pour un grand banquet et ce sentiment était fort désagréable.  Elle ne cessait de soupirer à travers tout le processus, injuriant la blonde Belliférienne lorsqu'elle tirait un peu trop fort sur les boucles abondantes de sa chevelure.

Aussi rapidement que possible, elle fut prête et on l'envoya retrouver le duc, probablement occupé à quelque affaire de la guerre dans son bureau.  On toqua à la porte pour elle avant de l'annoncer.

« La duchesse Séverine, sire, » déclara le majordome d'une voix solennelle tandis que la Cielsombroise s'introduisait dans la pièce, engoncée dans une robe au collet montant décoré d'un peu de dentelle, très sobre.  La couleur bourgogne de la robe tout en restant modeste seyait parfaitement à son teint pâle et à ses joues rosies par la chevauchée.  Elle exécuta une révérence alors qu'on fermait la porte derrière elle et attendit en silence que son époux daigne se préoccuper d'elle.  Cela lui rappelait atrocement leurs derniers entretiens.  Peut-être les choses tourneraient-elles mieux cette fois.  Elle en doutait.  Leur caractère respectif les poussaient à s'affronter dès qu'ils se retrouvaient seuls.








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyJeu 7 Déc - 16:16

Il était de ces jours où tout, absolument tout, vous poussait à vous sentir vide ; ces jours où, à peine en ayant mis le pied sur le sol, vous sentiez une forme de léthargie s'emparer de vous et progressivement vous vider. Ces jours où le soleil n'osait pas se montrer mais daignait tout de même éclairer le monde, ces instants où chaque action durait une éternité et chaque temps libre une respiration.
(Mal?)Heureusement pour Bellifère, ce genre de jours n'avait pas tant d'influence que ça sur le caractère explosif de son jeune duc. Il ne le mettait pas de plus méchante humeur qu'un autre jour, mais il n'en atténuait pas non plus les dangereuses variations. C'était plutôt bien, car quel duché digne de ce nom se laisserait mener par un homme rendu apathique dès la première grisaille ?

Non, bien que le ciel ne fut pas des plus cléments aujourd'hui, Martial était curieusement de bonne humeur... Autant que l'on puisse considérer le blond comme quelqu'un de bonne humeur. Sans raison particulière, non : en se levant avant même l'aurore - les jours rétrécissaient, et il avait du mal à rester inactif au lit - il avait senti un élan de joie. Quelque chose d'indéfinissable. Rien, semblait-il, ne pourrait le contrarier.
Cet état d'esprit était rare : en effet, depuis deux semaines et quelques, il semblait bien impossible de le sortir d'un état d'esprit se résumant grossièrement à réprimander toute personne respirant trop fort. Un oeil averti et au fait des mouvements ennemis à la frontière aurait sans doute fait remarquer qu'il était contrarié par la verve des Outreventois, qui avec l'énergie du désespoir regagnaient lentement leurs terres... Et les mauvais, faibles ou femmes, auraient supposé que son humeur s'améliorait subitement au jour de retour de la duchesse, étrangement.

Alors qu'évidemment, ça n'avait rien à voir. Il était juste bien, parce que... Parce qu'il se sentait bien. Il n'y avait pas de raison. Et même si passer de nouveau des nuits solitaires, sans visite conjugale, n'avait pas aidé à son sommeil, même si il pensait quelquefois entrapercevoir la silhouette de son épouse quand il passait devant ses appartements, même si ses pensées quelquefois dérivaient vers sa présence et qu'il se prenait à penser qu'elle était près, elle ne lui manquait pas. C'était même le contraire. Son absence avait été une libération, oui !
Qu'il continue de se mentir.

Sa journée avait été, somme toute, plutôt bonne. Comme dit précédemment, rien ne pourrait le faire changer. Pas même le retour de sa femme, dans l'après-midi gris et vide de vie. Dès qu'elle avait franchi les portes, accompagnée, un garde était venu lui apporter la nouvelle. Il ne l'avait pas faite mander, curieusement. Il savait que, d'elle-même, elle viendrait.
Assis à son bureau, une carte de leur frontière avec les terres du nord étalée devant lui, il prévoyait. Il faisait des hypothèses, sur là où Outrevent frapperait. Là où beaucoup trop étaient déjà tombés. L'atmosphère aidait, apportant à Martial un calme bienvenu, contre le tumulte du combat que son esprit imaginait.
Lorsque la porte s'ouvrit sur la voix de son majordome, le blond émergea lentement. Ce n'était qu'elle, pourtant. Il ne prit pas la peine de se lever de son siège, se redressant simplement.

"Comment s'est déroulé votre voyage ? "
Il était, effectivement, dans un très bon jour pour s'enquérir de son état. Il n'en avait pas conscience, voilà tout. Il posa sur elle un regard interrogatif, neutre tout de même. "Avez-vous ramené avec vous votre chaperon ? Il ne me semble pas qu'à votre arrivée l'on m'ait fait part d'une troisième personne. "


Spoiler:
 


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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptySam 9 Déc - 17:51

Un peu en retrait, elle pouvait observer à loisir cet homme qu'elle avait épousé.  Martial n'était pas mal fait, c'était un plutôt beau jeune homme en toute vérité.  Il avait quelques qualités – ce qu'elle n'admettrait jamais à haute voix, car ce serait une immense défaite – mais sa moralité était complètement pourrie par ces valeurs arriérées qu'on inculquait aux Bellifériens dès la naissance.  C'était dommage, parce qu'elle croyait vaguement qu'il aurait eu la possibilité de devenir un grand homme, si ce n'avait été de ces tares.  Elle fut plutôt surprise en vérité de la délicatesse de son accueil : le jeune duc n'était pas du tout du genre à lui demander comment elle se portait.  Quelle bonne nouvelle pouvait-elle le réjouir au point de le rendre… presque cordial envers elle?  Était un piège?  Séverine ne répondit pas tout de suite à sa question, encore trop stupéfaite d'une telle politesse.  Bon, son époux ne la maltraitait pas – du moins, pas vraiment si on le comparaît à quelques uns de ses sujets – mais elle ne l'avait jamais vu aussi amène à sa vue.  C'était beaucoup trop étrange pour que la duchesse malgré elle puisse se sentir tout à fait à l'aise.  Elle attendait le piège, les remontrances pour ne pas avoir ramener cette femme avec elle, d'être revenue trop tard ou trop tôt, n'importe quoi.  La voilà qui était plus hésitante que jamais, elle qui avait toujours foncé vers ce qu'elle croyait être sa porte de sortie.  Là, elle ne savait plus vraiment où elle se trouvait et ça ne la rassurait pas du tout.  Il fallait qu'elle se reprenne.  Si c'était une nouvelle manière de la désarçonner, elle ne se laisserait pas faire!  Pas question de perdre contre une nouvelle stratégie inattendue.  En même temps, elle espérait qu'il resterait de cette humeur plutôt sereine jusqu'à ce qu'elle ne regagne ses appartements.

« Je vous remercie, le voyage s'est déroulé sans encombres, » répondit-elle en avançant d'un pas, mais pas plus.  Elle n'osait pas prendre place sur l'un des sièges libres du bureau sans y être invitée.  Elle ne précisa pas qu'elle était fort fourbue en raison de la longue distance, qu'elle avait l'impression que ses cuisses étaient toutes rugueuses et qu'il lui faudrait au moins une vingtaine de bains de miel avant qu'elles ne retrouvent leur douceur habituelle.  Si elle était une cavalière décente, elle avait en horreur l'équitation.

« Malheureusement, il semble y avoir eu un petit malentendu sur la personne qui devait nous accompagner au retour, » commença-t-elle.  Elle n'allait pas révéler la véritable identité de la dame de Riven à son mari : elle n'y gagnerait rien et à dire l'exacte vérité, elle lui plaisait bien cette drôle de femmes qui pondait une myriade d'enfants.  Il était triste qu'elle n'aurait plus jamais l'occasion de croiser sa route de nouveau.  Une telle chaperonne aurait mis un peu de piquant dans la vie au palais.

Maintenant, il fallait trouver les explications à fournir à Martial sans dénoncer son hôte d'un bref moment.  Née dans une baronnie près de Lagrance, c'était une chance que Séverine était une habile manipulatrice et savait mentir avec beaucoup d'adresse.  Le soucis, c'était de le faire sans que punition ne soit donnée à la dame et qu'elle n'irrite pas le blond.  Pas quand il semblait pour la première fois depuis leur union d'une humeur agréable.  C'était peut-être aussi l'occasion de briser ses remparts.

Elle n'oubliait pas que c'était peut-être un piège et restait sur ses gardes, mais elle ne laisserait pas passer sa chance si elle pouvait la saisir.

« La dame de Riven n'a pas pu nous accompagner au retour pour des raisons de santé.  Malheureusement sa condition physique ne lui permet pas de s'occuper d'une dame de mon rang et à pareille réputation. Il a donc bien fallu reconnaître que le projet était impossible et qu'il me faudrait trouver un autre chaperon. » expliqua-t-elle posément.  Elle tentait de garder le ton le plus égal possible de façon à ne pas montrer l'appréciation qu'elle avait de la quadragénaire et faire en sorte qu'on ne la tire pas de cet ermitage déguisé.  Elle ne pouvait pas mentir sur les raisons qui avaient empêché la dame de Riven de quitter son domaine – de façon formelle – car elle ne doutait point que Prudence ferait également son rapport plus tard.  La dame de parage, si rigide et inflexible, avait subi les menaces de sa maîtresse si elle ouvrait la bouche à ce sujet.  Après tout ce n'était pas un véritable mensonge.  La maternité, c'était une condition dangereuse.  Et si jamais c'était contagieux?  Il fallait espérer que tous tiendraient leur langue.

Elle attendait, droite comme un pin, la réaction de Martial.  S'il lui montrait son approbation toutefois, elle ne savait pas si elle pourrait le supporter plus longtemps.  Cette situation si étrange et qui aurait dû être savourable devenait insupportable pour la Cielsombroise déracinée.








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyDim 10 Déc - 18:25

Il y avait des miracles dans la vie, des fois : des hommes qui se relevaient de leur coma après de longs mois de sommeil comme s'ils s'étaient couchés la veille ; des maladies qui, du jour au lendemain, quittaient le corps de leur porteur en les laissant en parfait état ; une étoile filante qui exauçait réellement les voeux ; un duc du duché de la guerre aimable avec les femmes. Oh, plusieurs anciens serviteurs, tous ayant atteint l'âge canonique de la fin de la cinquantaine, pouvaient jurer : Martial n'haïssait pas la gente féminine.
C'aurait même pu être l'inverse, si seulement il arrêtait de vouloir paraître. Il aurait pu offrir à Bellifère quelque chose de grand, quelque chose de mieux, bien mieux que ce qu'il instaurait déjà. Il s'efforçait de gouverner avec justice et impartialité, selon les règles édictées par ce duché, ces règles qu'il comprenait bien plus que les autres, mais il aurait pu faire tellement plus ! Il aurait pu suivre les idées que Madeleine et lui, enfants, élaboraient.
Les plans de gamins bourrés de chagrin qui n'osaient pas se passer l'un de l'autre, qui restaient des rêves brisés couchés sur le papier. Il les gardait, précieusement, enfermés dans un tiroir de son bureau. Certains étaient rédigés de lettres maladroites, d'autres semblaient dater de la semaine précédente. Rêveries ou souvenirs, comme la part d'humanité qui restait collée au fond de lui.

C'était, peut-être, cette part de l'enfant qu'il avait été qui revenait aujourd'hui. Pourquoi et comment, nul n'en savait rien et pas même lui. Surtout pas lui.
Ses yeux clairs, presque gris en ce jour comme le ciel lourd, inquisiteurs, s'attardèrent sur la posture raide et l'air presque las de Séverine. Elle revenait d'une longue chevauchée, et pourtant se tenait là, face à lui, plus droite que les murs du palais ducal, avec dans les yeux cette forme de dédain qui lui allait si bien. Oh, elle sembla déstabilisée par la politesse et presque l'attention qu'il mettait dans ses mots, et Martial, un instant, s'en délecta.  Ce n'était pas le but premier, mais c'était toujours agréable de la surprendre. De reprendre du terrain, temporairement.
"Vous m'en voyez ravi. Asseyez-vous."

Les phrases étaient polies, sans plus. Des ordres, à n'en pas douter, mais rien de violent. Et puis, quand elle se tenait debout, elle était légèrement plus grande que lui assis et cette idée lui était insupportable.
Il était dans un excellent jour, un de ceux que la duchesse n'avait sans doute jamais connu encore. Se laissant aller à s'appuyer sur son bureau de chêne sombre, ses mains se joignant au dessus d'Euphoria, soustrayant la capitale à son regard et à la carte, comme si la ville n'existait plus. Ainsi installé, cette même sérénité détendant toujours ses traits, il écouta.
"Un petit malentendu", répéta-t-il.
Il semblait que sa sérénité ne durerait pas.

Au fur et à mesure du discours qu'elle lui tint, son front se plissa, ses doigts commencèrent à s'agiter. Il ne chercha pas à l'interrompre, alors que l'énervement montait graduellement. Faible, certes, mais assez pour lui gâcher sa fin de journée. Et, bien sûr, qui la lui gâchait ?
Dans le mille. Sa femme.
Quelque chose, pourtant, dans son discours, atténuait l'irritation de son esprit. Mais ça n'était pas assez, clairement, pour ne pas entacher sa parfaite journée. Ca avait duré autant que ça avait pu.
"Sa condition ? Des raisons de santé ? " Immédiatement, l'esprit de Martial s'affola. Qui disait condition de santé disait maladie, potentiellement dangereuse. Potentiellement mortelle. Et puis même, les maladies, c'était pas ce qui faisait rêver le duc, mais plutôt cauchemarder. En se ressaisissant -ça n'était pas comme si elle était atteinte d'un mal incurable, quand même, si ? -, le jeune duc chercha à creuser. "En admettant que sa condition physique l'ait empêchée de vous suivre... Etait-elle malade ? Etes-vous malade, suite à son contact ? Dois-je faire venir nos médecins ? "

Il ne fallait pas croire qu'il s'inquiétait pour elle, non. Juste pour le potentiel futur héritier qui devait, forcément, grandir à un moment ou à un autre dans son ventre.  
Il eut un soupir,  fermant les yeux un instant. "Pourquoi faut-il toujours que toute chose qui vous concerne, de près ou de loin, échoue à la première tentative ? "
Mis à part son enlèvement. il n'aurait plus manqué que ça, qu'il échoue face à l'autre duc.
"Nous devons donc nous préoccuper de trouver une autre personne plus à même de vous chaperonner. Et vérifier que vous n'ayez pas été contaminée par ce mal qu'imprudente vous avez côtoyé.  " Comme s'il n'avait que ça à faire.


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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyLun 11 Déc - 17:13

Oui, la maladie était une bonne idée, songeait Séverine avec une certaine fierté.  Et elle n'avait pas menti, car quoi de pire comme infection que les enfants?  La duchesse ne savait d'où venait cette attitude de son époux face à la maladie, mais en tout cas c'était efficace.  Il semblait plus préoccupé par l'aspect santé que par l'absence du chaperon qu'elle était partie chercher.  Elle était un peu soulagée, car elle s'en serait voulu d'avoir dénoncé la dame de Riven qui l'avait bien amusée.  Ou aurait-elle dû dire la pirate de l'Audacia?  La blague était excellente.  Martial serait fou de rage s'il devait apprendre qu'une femme pirate, mère à l'extérieur de l'union maritale, était détentrice de terres en son duché.  La chose serait amusante pour voir la tête du duc lorsqu'il découvrirait la vérité, mais ce qui en découlerait ne serait plaisant pour personne et la Cielsombroise ne comptait pas être nommée responsable de la mort de quelqu'un.  Surtout pas dans de pareilles circonstances.  Elle garda d'abord le silence, assumant les silences les reproches de son époux.  C'était beaucoup trop beau de croire qu'il pourrait maintenir un comportement aimable envers elle plus quelques instants.  Mais au moins, cela prouvait quelque chose : son piège pour l'attraper dans un moment de faiblesse avait échoué.  Séverine éprouvait un certain soulagement à cette idée : en toute vérité, elle n'aurait pas su comment réagir s'il avait continué à se montrer aussi affable.  Elle n'était pas assez habituée à l'idée d'un Martial qui soit doux et … agréable.  Elle n'avait jamais songé que c'était possible et pourtant.  Plus tôt, quel était son intention en se montrant ainsi à elle?  Elle était complètement confuse.  C'était peut-être aussi pour cela qu'elle attendait qu'il est complètement fini de parler avant de réagir.

Elle réfléchit un instant avant de finalement prendre à nouveau la parole.

« Je puis vous assurer que je ne suis point malade, mais si vous croyez que cela soit nécessaire, je me laisserai examiner par les médecins de la cour, » commença-t-elle.  Elle était absolument certaine de pas avoir la même maladie que la femme qu'elle venait de visiter.  Elle avait tout fait pour prévenir ce fléau qui détruirait sa taille.  Aucun médecin n'était nécessaire pour le lui dire.  Elle le pressentait, tout simplement.

« Je ne crois pas que son mal soit contagieux.  Il semblerait simplement que ses os la font souffrir. »

En vérité, elle était encore un peu jeune pour connaître les maux causés par une vie sur la mer, mais cela viendrait bien tôt ou tard.  Puis, porter deux enfants dans ses bras, cela devait être fort fatigant.  Cela lui causerait très sûrement des problèmes de dos éventuellement.  Elle était simplement un peu avance sur le futur de ce qui arriverait un jour.  Martial n'avait pas besoin de le savoir puisqu'il ne rencontrerait jamais la dite dame, qui à l'heure devait être sur la route pour rejoindre Lorgol.

« Je suis également navrée de vous causer des dérangements de la sorte.  Peut-être serait-il plus simple et moins dérangeant pour vous nous fassions venir toutes dames ayant les qualifications à Hacheclair et la chose pourrait être décidée plus rapidement avec moins de désagréments pour vous, » suggéra-t-elle.

Elle supposait qu'il refuserait cette proposition, mais au moins en se montrant soumise et encline à obéir à ses ordres, peut-être oublierait-il l'échec de cette expédition.  Et leur dispute d'octobre.  Elle attendait toujours les représailles de celle-ci : elle ne croyait pas que le peu qu'il avait fait pour la punir de son audace suffirait à le satisfaire complètement.  Elle était encore trop volontaire et elle devait faire taire cela pour le moment, le temps que la poussière ne retombe.  Avoir réussi à revenir accompagnée d'un chaperon aurait été un bon commencement, mais elle ne pouvait tout de même pas savoir que la dame de Riven était la même Freyja qui était seconde de l'Audacia.  Elle n'aurait pas cru que le monde était aussi petit.








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyMer 13 Déc - 13:28

C'était très grave, si sa femme était contaminée par le mal qui affectait une noble aux confins du territoire de Bellifère. Si les abords du palais ducal d'Hacheclair étaient relativement sécurisés, et l'hygiène maintenue dans les classes supérieures qui entouraient l'endroit - et on ne parlerait même pas de la paranoïa de Martial à certains moments -, il ne savait pas dans quelles conditions vivaient ses nobles. Certainement, aussi raffinés que certains pouvaient être - dans ce raffinement presqu'inexistant qui qualifiait bien trop la noblesse belliférienne -, la maladie chez eux n'était pas aussi omniprésente que dans les classes inférieures de la société. Mais en revanche, quelles vicieuses infections pouvaient couver dans le corps d'une femme menant une vie de recluse !
Il était connu de tous les médecins du duché, éminemment savants et masculins, que l'enveloppe charnelle d'une femme était faite de telle manière qu'elle attirait naturellement les parasites et maladies, sauf cas particulier. Après tout, leur ancienne duchesse semblait jouir d'une santé de fer, mais les plus grands pouvaient l'affirmer : suite à l'épidémie dont elle était ressortie indemne - épidémie qui n'avait pas épargné son mari et ses deux enfants, ainsi que leurs épouses -, son corps avait développé une étonnante résistance.
Mais Séverine, cielsombroise de composition, n'était sûrement pas Ermengarde.

La répulsion que tous pensaient qu'il éprouvait à l'égard de son épouse, en cet instant, était bien réelle : qu'elle essayât, simplement, de s'approcher et il n'était pas certain de sa propre réaction. Il ne tenait pas à affaiblir sa propre constitution avec quelque germe rapporté des confins de son territoire. Il ne fallait pas plaisanter, et le blond était mortellement sérieux sur ce sujet.
"Je vous enverrai mon médecin." Lequel ? Il choisirait lequel serait le plus à même de le renseigner. "Il est hors de question que vous tombiez malade. Quoi qu'elle vous ait annoncé, vous n'êtes pas à l'abri... qu'autre chose vous ait affecté. La maladie frappe sans prévenir."
Martial retint avec toute sa force l'image de ceux qu'il avait pu voir, affectés par la fièvre. Le regard délirant, le teint livide. Il ne voulait pas que ça, ou quoi que ça soit d'autre, n'entre à nouveau dans l'enceinte sacrée du palais.

Doucement, la colère et l'agacement commençaient à faire chauffer le bout de ses doigts. Soupir. La peur de la maladie l'empêchait de se rapprocher d'elle, de combler cet écart des corps où elle pouvait encore croire qu'elle avait une forme d'égalité ou de supériorité sur lui. Elle était faite pour être sous lui, sous ses ordres et son commandement.
"Pas de défilé féminin dans mon château." Clair. Froid. Précis. "Nous sommes en guerre, bien que vous sembliez l'oublier. Vous laisser partir, comme ça, a déjà été suffisamment compliqué à mettre en oeuvre, compte tenu de notre distance de la ligne de front et de notre position actuelle dans le conflit. Je ne tiens plus à vous voir partir, tout comme je me répugne à mettre en danger ces femmes. Nous..."
Nous ?
"Je trouverai une solution."

Une idée effleura son esprit, détendant ses traits dans la réalisation. C'était une évidence. Quelque chose de stupide, d'absurde. Et pourtant... Pourtant Séverine, vicieuse tentatrice, pouvait mentir. Cette chose, qui ne viendrait jamais à l'esprit d'une belliférienne. Elle pouvait penser à mentir.
Elle savait sans doute mieux mentir, à la différence de Martial qui s'en sentait incapable.
"Êtes-vous seulement allée jusqu'à Riven ? " Sa voix était encore incrédule, peu assurée. "Avez-vous réellement fait le voyage, et rencontré cette dame ?" Il n'accusait pas. Pas encore. Mais déjà ses mains se raidissaient, et il se redressait dans son siège, prêt à bondir. "Ou vous êtes-vous amusée à vagabonder sur nos terres juste dans l'espoir de m'apporter un refus et, de nouveau, un problème ? "
A croire qu'elle le faisait exprès, quand même.


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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyVen 15 Déc - 15:49

Elle avait donc visé juste en utilisant le prétexte de la santé, même s'il serait fort agaçant de devoir subir les examens d'un médecin envoyé par Martial.  Elle se montra tout de même soumise et ne protesta pas.  Après tout, elle avait pu profiter d'une liberté relative le temps de son voyage.  Une expédition qui n'était certes pas idéale, mais au moins cela l'avait tenue à l'écart du palais où elle étouffait tel un oiseau en cage.  Heureusement, la maternité, ce n'était pas contagieux et le médecin ne trouverait donc probablement rien.  Sauf peut-être qu'elle était fatiguée de ce voyage.  Une découverte révolutionnaire, nécessairement.  Un mal contre un bien.  Et avec un peu de chance, les relents de maladie qu'elle transporterait suffirait à tenir Martial éloigné de sa couche pour les devoirs conjugaux.  Si Séverine avait cru un jour qu'elle fuirait les sports de chambre…  Quelques mois plus tôt, elle aurait rit au visage de la personne qui le lui aurait dit.  En même temps… avec Martial c'était trop désespéré pour être amusant.  Ça pouvait.  Ça l'avait été.  Seulement ce ventre plat avait probablement tué à petit feu ce qui avait pu être.  Dans la vie, il fallait parfois faire des sacrifices pour atteindre les plus importantes hauteurs.  Elle le savait et elle y était prête.  Un enfant ne ferait que la rendre faible et vulnérable.  Elle serait une seconde Fantine, tellement obsédée par ses désirs de vengeance qu'elle ne jetterait même pas un œil sur cet enfant qui serait sien.  À supposer qu'on lui laissa s'en occuper un peu.  Après tout, ce serait le futur héritier du trône et ici elle était considérée comme une moins que rien, la situation était même aggravée par ses origines scandaleuses.  Non, en vérité, si Séverine devait avoir un enfant, elle n'aurait probablement même pas le droit de l'approcher, alors à quoi bon donner vie.

Elle ne trembla pas devant les reproches de son époux quant à sa suggestion pour régler ce soucis de chaperonnage  Elle-même ne désirait point de chaperon, l'air pincé de Prudence – bien qu'elle ait réussi à la corrompre quelque peu – suffisait amplement.  Pour le reste, elle était déjà habituée à ce que le duc ne considère aucune de ses idées comme bonne, donc elle pouvait parler sans réfléchir autant qu'elle le désirait : ça ne changerait clairement pas grand-chose.  Ce qui était dommage toutefois, c'était qu'elle était loin d'être bête contrairement à ce que ses jolis traits pouvaient laisser supposer.  Qui avait dit qu'être belle empêchait d'être brillante?  Le duc devait le croire.  Mais c'était pire encore, il devait même penser que les femmes laides étaient sottes.  Encore eusse été un mauvais tour du Destin que d'arriver entre les mains de pareil homme…  Non, toute la faute revenait à Castiel.  Si ça avait pu faire enrager ce dégénéré, elle se jetterait au cou de Martial et en deviendrait amoureuse.

« Comme vous le désirez, » répondit-elle avec une soumission résignée.  Qu'il y réflichisse tout seul, elle-même avait d'autres chats à fouetter.  En fait, pas vraiment.  Son cercle d'activité était peu rempli.  Une femme belliférienne n'avait pas le droit de faire grand-chose de très intéressant aux yeux de la jeune duchesse.

Toutefois, sa réflexion suivante frappa Séverine comme un fouet.  Il était juste qu'elle n'appréciait pas trop l'autorité, mais de là à la soupçonner de s'être échappée quand elle était accompagnée.  D'ailleurs, en aurait-elle eu la possibilité, pourquoi l'aurait-elle fait?  Que pouvait-elle faire en Bellifère?  Y avait-il seulement d'intéressant à ses yeux qui méritait un tel supplice pour ses cuisses?  Elle laissa échapper un rire moqueur pour cacher son outrage.

« Me promener en terres belliférienne en toute liberté?  Était-ce seulement possible avec la garde rapprochée qui m'accompagnait en ayant les ordres de ne rien écouter de ce que je dirais qui serait contraire au plan initial? »

Elle bouillait.  Pour une fois qu'elle avait fait ce qu'on attendait d'elle sans rouspéter ni sans arrière pensée pour nuire à Martial ou le faire colérer.  D'ailleurs, ce n'était pas réellement dans ses plans.  Elle devait le gagner à sa cause, faire de lui son allié contre Castiel.  Au moins, elle savait déjà qu'il ne le portait pas dans cœur lui aussi.  C'était déjà une chose de gagner dans cette lutte à mort.

« Je n'ai aucun intérêt à vous causer des ennuis volontairement, cela ne me rendra pas plus sympathique à vos yeux.  Et je n'ai pas le désir de me montrer antipathique à votre égard, » ajouta-t-elle à mi-voix sur la dernière phrase.  Non, elle ne cherchait pas à être l'ennemie de Martial.  Ensemble, ils pourraient faire de grandes choses, s'il lui laissait seulement la  chance de contribuer.

« Vous pouvez demander confirmation à tous ceux qui m'ont accompagné : ils vous sont beaucoup plus fidèles qu'ils ne me le seront jamais. »

Elle n'avait pas peur de l'avouer.  Elle ne voyait pas cela comme une faiblesse, ni comme une défaite, ce fait inexorable.








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyJeu 21 Déc - 23:09

Martial pouvait virer paranoïaque très très vite, si l'on n'y prenait pas garde. C'était si vite arrivé, un mot, un regard, une pensée de travers et son esprit échafaudait déjà des théories abracadabrantesques qui, rapidement, devenaient vérités cristallines. En conséquence, il tentait souvent de se réguler : quand une nouvelle opinion, rapidement, se forgeait dans son esprit, il s'efforçait de réfléchir à si elle n'était pas causée par la peur ou la colère... Ceci, bien sûr, une fois la crise passée.
Autant vous dire que ça ne marchait pas très bien.
Pour donner un exemple, en cette après-midi de novembre, il était entrain de se demander s'il pouvait déclarer sa femme en quarantaine, juste le temps qu'elle se fasse examiner par son médecin ducal. Ou, du moins, par la cohorte de médecins ducaux.
Non mais, juste pour être sûr. Elle avait beau affirmer ne pas avoir été contaminée, et vouloir se soumettre de bonne grâce aux examens qu'il lui imposait, qui savait ce qui se tramait sous le tissu de sa robe, à l'intérieur de son corps ?

Le sujet du chaperonnage serait remis à une date ultérieure. Martial voulait que sa femme se retrouve chaperonnée par une femme de bonne famille, qu'elle comprenne le rôle d'une dame dans une famille noble de Bellifère. Avec ses mots, avec sa propre vie, il ne pouvait décemment pas lui dire comment ils devaient se comporter. Le seul modèle féminin qu'il avait eu avait été Ermengarde, et, qu'elle lui pardonne, mais il ne tenait pas à ce que Séverine se base sur elle en temps que duchesse.
Non, le chaperonnage était le moindre ses soucis, pour l'heure. Ce qui inquiétait plus le duc, c'était l'idée affreuse qui lui avait traversé l'esprit. Qu'elle se soit enfuie, qu'elle l'ait mené en bateau tout du long.
Son rire, moqueur, presque désabusé, sembla le redresser d'un coup et tendre son corps sur le fauteuil qu'il occupait. Il sentait une pointe de quelque chose dans le son qui attisait sa curiosité. Allait-elle s'énerver ? Lui, qui ne ressentait pour l'heure qu'un agacement, se demanda si elle était capable en ce jour aussi calme de se laisser aller à l'énervement.
"Il est vrai que l'escorte ne vous aurait pas laissé partir, sauf cas de force majeure. " Et encore, ils étaient butés, les gardes, quand ils le voulaient. Sa théorie,  à Martial, déjà tombait en ruines, il s'en rendait compte.

"Vous n'avez pas le désir de vous montrer antipathique à mon égard ? C'est nouveau, je pensais que l'hostilité et l'apathie rentraient pourtant dans cette dénomination." sa réponse fut cinglante, presque ironique, pour cacher le léger trouble qui résultait des mots. A quoi jouait-elle ? Pensait-elle vraiment qu'il la haïssait ? Si elle savait. "Nous nous supportons. Il n'y a pas plus à demander."
Il n'y avait pas besoin d'autre chose dans une relation. Le respect, la confiance, c'était bon pour ceux qui croyaient en les sentiments.
Il poussa un soupir, se passant une main sur le visage. "Ne doutez pas que je vais leur demander confirmation, en plus de la version de votre suivante. Comment une simple femme pouvait-elle autant lui gâcher sa journée ? Lui compliquer sa pensée, la ramifier et la lui chambouler complètement, au point de la perdre ?  
Un instant.
Il hésita un instant, mais les portes étaient closes. "Je n'ai pas non plus, particulièrement, le désir de vous être antipathique. Que je le veuille ou non, nous sommes ensemble jusqu'à la mort de l'un d'entre nous. Nous pouvons passer ces jours dans la haine ou dans l'indifférence... Ou l'entente. "
Il devait vraiment être dans un bon jour.
Ou malade.


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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptySam 23 Déc - 16:15

Pour une fois, elle et lui étaient d'accord sur un même point : elle n'avait aucune marge de manœuvre.  Dans tous les cas, ces fausses accusations semblaient désormais loin dans l'esprit de Martial et il n'y reviendrait plus.  Du moins, Séverine l'espérait car elle n'avait aucun moyen de prouver sa parole autrement que par le témoignage des domestiques et autres personnes de l'escorte, ce qui n'empêcherait tout de même pas Martial de douter d'eux, elle en était certaine.  Probablement qu'il ne la percevait que comme une horrible vipère, un serpent doué de mensonge et d'artifices.  C'était d'ailleurs sûrement un peu vrai, mais le chemin qui l'avait menée là était long et ardu.  Elle avait beaucoup souffert et ce n'était pas de gaieté de cœur qu'elle était devenue ce qu'elle était.  Bien sûr, la Cielsombroise n'avait jamais été tendre et depuis l'enfance elle séparait déjà les gens en catégories : ses inférieurs, ses rares quelques égaux et ses encore plus rares supérieurs.  Dotée d'esprit et sans personne pour l'empêcher de prendre de haut presque tout le reste du monde, elle avait grandi ainsi, en faisant ce qu'elle désirait comme elle le voulait, son mépris pour la plèbe croissant de jour en jour.  Adolescente, c'était une coquette dévergondée qui ne se plaisait que lorsqu'elle était admirée et enviée.  Elle rêvait de gloire et de richesses, mais pas de celles achetées par le pouvoir, mais bien celles qu'elle aurait gagnées de son esprit savant.  Elle avait de l'ambition la belle astronome, mais tout avait été détruit par l'échec des plans de ses parents.  Depuis ce moment-là, les choses avaient pris une tournure différente de ce qu'elles auraient dû être et Martial en voyait les résultats, sans nécessairement comprendre tout ce qui hantait le cœur de la femme qu'il avait épousée.  Elle ne lui en tenait pas rigueur, il n'y était pour rien.  Toutefois, il était trop tard pour qu'elle ne change et elle le savait.  Elle était consciente que quelque seraient ses efforts, elle était condamnée à rester ce qu'elle était désormais : une intrigante.  Même lorsqu'elle aurait réussi à obtenir vengeance, elle savait qu'elle n'arriverait pas à se défaire de ces habitudes.  Pourrait-il comprendre un jour pourquoi elle était ainsi et pourquoi elle ne pourrait plus changer?  Peut-être pas.

Car comme il le disait si justement, ils se toléraient et il n'y avait pas besoin de plus que cela entre eux.

Au départ, peu après son enlèvement et donc le mariage, Séverine avait espéré séduire l'héritier du trône de Bellifère avec ses artifices et s'enrouler autour de son cœur comme un boa autour de sa proie.  Cependant, les choses n'avaient pas réussies comme prévu.  Elle avait même un énorme trou de mémoire pendant tous les mois d'avril et mai.  Elle n'arrivait pas à se souvenir de ce qui s'était passé, pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas.  Des rumeurs disaient que des gens avaient vécu une seconde vie où ils n'étaient plus exactement eux-mêmes, mais elle n'en avait aucun souvenir elle-même.

Comme elle restait silencieuse puisqu'elle n'avait rien à répondre, si ce n'était pour approuver les dires de son époux – ce qui l'aurait peut-être rendu méfiant – elle se montra plutôt surprise à l'entente de ses derniers propos.  C'était probablement ce qui ressemblait le plus à une marque… non on ne pouvait pas parler d'affection, ce n'était pas le mot exact, mais du moins un geste de paix plus pacifique que les autres.  Séverine se sentit curieusement rougir.

« J'espère que je ne vous ennuierai pas suffisamment pour vous décider à précipiter ce funeste jour, » glissa-t-elle avant de poser une main sur ses lèvres, surprise d'avoir laissé une plaisanterie s'échapper.  La duchesse n'était certainement pas connue pour avoir un sens de l'humour particulièrement excellent, encore moins devant son mari.  Elle craignait qu'il ne prendrait pas la blague trop au sérieux et que cela ne lui donne pas des idées, comme d'appeler les services de la Confrérie Noire pour se débarrasser d'elle et épouser une Belliférienne plus à même de correspondre à ses attentes.

« Quoi qu'il en soit, je crois qu'il est possible de réduire ces choix à l'indifférence et l'entente.  Car je ne vous hais pas Martial.  Vous êtes certes trop Belliférien, mais je suis probablement tout aussi trop Cielsombroise, or je ne peux vous le reprocher.  En toute vérité, je suis presque désolée pour vous de m'avoir pour épouse, » ajouta-t-elle plutôt pour elle-même que pour le duc, s'exprimant à voix basse lorsqu'elle arriva à la dernière partie de son discours.  Elle savait qu'elle n'était pas taillée pour être la femme qu'il fallait pour régner auprès de Martial.  Il faudrait pourtant faire foi de mauvaise fortune, c'était elle la duchesse désormais et toute aussi désintéressée qu'elle était par ce rôle, il faudrait bien qu'elle essaie au moins de se montrer à la hauteur, quitte à échouer.








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptySam 23 Déc - 19:19

Cette journée resterait entre eux. Cet échange, jamais, ne quitterait l'enceinte de ce bureau. jamais personne ne saurait les mots qu'il lui disait, en ce moment. Personne ne saurait sa colère avortée, ou l'inquiétude qui avait pu le prendre à l'idée qu'elle soit malade. Personne ne saurait rien, car personne n'écouterait Séverine. Et lui-même n'en parlerait à personne.
Sa faiblesse, envers les femmes, resterait secrète. En un sens, il n'était pas assez bon pour diriger efficacement sans une femme à ses côtés. Il était faible, et cette idée l'agaçait profondément. Ermengarde, d'abord. Séverine, maintenant. C'était douloureux, mais il avait bien l'impression que, toutes, autour de lui, voulaient garder sur lui une emprise. Tenter de le retenir.
Et il pensait, aussi, sous le vernis misogyne, sous la couche de crasses inculquée par des précepteurs qui faisaient de lui l'homme qu'il devait être, que, peut-être, il aurait pu tirer d'elles, de la logique féminine, quelque enseignement.
Il le pensait, mais c'était confus. Stupide.
Une idée à repousser. Un homme n'avait pas besoin de l'aide d'une femme pour gouverner Bellifère. Un homme n'avait besoin que de lui-même, et de l'appui d'autres hommes, tout aussi masculins que lui, pour mener les hommes.

Les pensées de Martial se bousculaient, et ça se sentait. D'un côté, il se sentait agacé par l'échec de la mission de la duchesse : personne pour veiller sur elle, elle aurait beaucoup trop de temps libre qu'elle pourrait employer à s'échiner à ne pas avoir d'enfants. De l'autre, elle ne semblait pas, alors qu'il continuait de parler, d'exprimer le conflit en lui de la meilleure des façons, avoir d'objections. Peut-être était-ce bien.
Mais Martial se méfiait. Il se méfiait d'elle, comme il se méfiait de lui-même. Il la savait capable d'acquiescer pour mieux le tromper, pour l'amener là où elle le voulait.. Ou tout du moins, il l'en pensait capable. Il se méfiait d'elle, car elle avait le pouvoir des mots, bien mieux que Martial.
Et il se méfiait de lui-même, car l'esprit de Séverine, combatif, toujours insoumis aux règles de ce duché même s'il essayait, à ses yeux, de s'y plier, pouvait bien trop vite se transformer en substitut de Madeleine. Voire pire. Il pourrait s'y attacher de bien d'autres manières, subtiles et dangereuses.
Désastreuses.

La surprise se lut sur les traits du duc, alors que, sous l'éclairage terne de la journée, il attrapa une rougeur sur les joues de sa femme. C'était la fièvre, à n'en pas douter. Elle était donc bien malade ! Ou elle rougissait. Option moins mortelle, mais plus embarrassante, vu qu'il ne savait pas comment y réagir. Il n'avait pas eu l'habitude de la contenter, ou de lui être agréable jusque là.
Sa remarque, en revanche, attira un sourire sur son visage. Ironique, certes. Mais un sourire. "Ca n'arrangerait nullement les affaires de mon duché. "
Et il ne lui effleura même pas l'esprit que ça pourrait être elle qui, un jour, pourrait chercher à le tuer. Allons bon.

"Trop... Trop belliférien ? " Une part de lui se rengorgea, fièrement. Elle ne voyait pas ça comme un compliment, il en était à moitié sûr, mais pour lui, c'était beaucoup. Il était devenu ce qu'il avait toujours voulu. Un véritable homme. La fin de sa phrase, à peine murmurée, lui échappa quelque peu. "Ce mariage n'était certainement pas celui que vous aviez espéré, et il ne le sera jamais." Autant être réaliste. Il se leva, doucement. Dehors, le soleil, toujours voilé, commençait à descendre à l'horizon, plongeant la pièce lentement dans une pénombre qui faisait danser la lumière des chandelles déjà allumées sur leurs visages.
"Je ne le regrette pas, malgré ce que vous pouvez en penser. Nous avons tout deux été victimes d'un complot, visant à plaire au duc de Sombreciel. " La bile lui montait aux lèvres, la colère aussi, qui se réveillait dans le corps du blond.
Sur le bureau, l'invitation au second mariage -sombre 'cielsombrerie' - reposait. Intacte. "Et vous êtes autant lésée que moi."



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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyVen 29 Déc - 7:02

Séverine savait que de traiter Martial de Belliférien ne serait pas perçu comment étant une insulte.  D'ailleurs, ce n'en était pas vraiment une.  Elle ne pouvait pas lui en vouloir pour l'éducation qu'il avait reçu toute sa vie d'autant que même si elle renâclait à l'avouer il était homme dans un duché d'homme et s'il cherchait à changer pour une femme dans un duché où elle ne valait rien, il ne serait plus pris au sérieux et ce n'était pas une chose qu'elle désirait lui imposer.  Non, elle ne pouvait pas aimer son époux, cela lui était impossible.  Elle ne l'avait pas choisi, il était différent d'elle, trop différent peut-être.  C'était tout ce qu'elle avait cherché à souligner.  La différence entre eux, ce ravin infranchissable.  Pourtant, elle désirait établir un pont au-dessus.  Il serait sûrement branlant, les morceaux de bois sous leurs pieds se casseraient régulièrement en raison de la pourriture, mais ils finiraient bien un jour par se rencontrer sur cette minuscule île au milieu.  Ce petit monceau de terre juste assez grand pour les faire tenir tous les deux.  Oh, elle savait le chemin parcouru d'embûches, mais elle croyait assez en eux, en leur volonté respective pour y arriver.  Surtout quand elle savait qu'en fin de compte, leurs objectifs n'étaient pas si différents que cela l'un de l'autre.  Il voulait se montrer à la hauteur de son rôle de duc, elle ne désirait pas le pouvoir qu'aurait une duchesse dans un autre duché.  Elle désirait simplement la liberté de contempler les étoiles comme bon lui semblait.  Faire de nouvelles découvertes.  C'était au niveau de la famille que les choses coinçaient quelque peu.  Tant qu'elle n'aurait pas assouvi son désir de vengeance, elle se refusait de s'enlaidir, de voir sa taille si fine s'épaissir.  Elle avait peur.  Et la fougueuse Cielsombroise ne voulait pas l'avouer.  Elle ne souhaitait pas que qui que ce soit sache que comme tout le monde, elle avait ses craintes.  Qui lui garantissait qu'en mettant au monde l'héritier de Bellifère elle survivrait?  Les morts en couche n'étaient pas impossible.  Elle ne pouvait pas prendre ce risque, pas tant que ses parents n'auraient pas été vengés, pas tant qu'elle n'aurait pas vengé son propre sort.

« Au moins vous ne m'avez pas enlevée pour pouvoir en épouser une autre.  C'est une chose de savoir que l'on va passer sa vie sans avoir l'affection de son compagnon, c'en est une autre que de savoir dès la première nuit de noces qu'on sera remplacée. »

Séverine n'avait pas approchée Madeleine avec des motifs tout à fait honorables au début, mais au fil de leur correspondance, elle s'était prise d'affection pour la Belliférienne catapultée dans un monde complètement opposé au sien.  Elle ne croyait pas que Castiel fut un mauvais époux pour elle, pour autant qu'elle le savait, son cousin pouvait se montrer agréable avec quelques élus de son choix dont elle ne faisait visiblement pas partie.  Seulement, c'était un triste prix à payer pour sa liberté que de devoir épouser un homme totalement inconnu, sous le charme d'une autre princesse.  La seule chose qu'elle pouvait envier à la position de cette cousine par alliance, c'était qu'elle était libre de rester Belliférienne dans le territoire où elle était, tandis qu'elle, pauvre Séverine, devait se plier et se contraindre.  Elle comprenait pourquoi, elle savait qu'elle le devait, mais elle ne pouvait s'empêcher d'en souffrir beaucoup.  Une Cielsombroise n'était pas habituée à garder ses opinions pour elle, elle avait de l'éloquence et de la réflexion.

« En vérité, je crois que tout serait plus simple si je vous haïssais d'avoir conclu cet accord avec Sombreciel, mais je ne le puis pas.  Je n'approuve pas certaines de vos mœurs, tout comme vous n'approuvez pas des miennes, mais elles sont ce qu'elles sont et votre part active dans cette affaire est raisonnable donc. J'avais déjà de graves griefs à l'égard de Castiel de Sombreflamme depuis longtemps, mais ce…  Avez-vous la moindre idée de ce que c'est que de voir ses parents mourir sous les flammes?  D'être dépouillée de ses titres, de ses terres pour les actes d'autres que soi? »

Séverine tremblait.  Elle n'avait jamais parlé de l'histoire de ses parents à Martial.  Elle n'avait jamais d'ailleurs cru que ce jour arriverait.  Peut-être qu'elle était effectivement bien malade et qu'il faudrait alors s'assurer que les médecins l'inspectent correctement.

« La princesse Alméïde n'est peut-être que la demi-sœur du duc Anthim, élevée à ce titre, mais pas simplement parce qu'ils avaient besoin d'une princesse à marier.  C'est une insulte que l'on vous a faite, à moi par la même occasion.  Si j'avais les moyens, je vous jure que… »

Elle ne termina pas sa phrase. Elle s'était beaucoup trop dévoilée et ce n'était pas du tout avantageux pour elle.  Elle poussa un long soupir.  Peut-être que pour une fois, elle pourrait laisser son mari gagner la bataille sans opposer trop de résistance.  Puis il s'était montré quelque peu aimable avec elle.  Cela indiquait potentiellement le début d'une certaine coopération entre eux et le début de la fin des hostilités brutes.  Après presqu'un ans déjà de guerre sans trêve sous tous les fronts.








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptySam 30 Déc - 0:21

Il fallait au moins lui donner ça : quand elle abandonnait, la duchesse pouvait, éventuellement, toucher le coeur de son hostile mari. Si d'aventure, un jour, elle se rendait totalement, alors peut-être Martial consentirait-il à se laisser aller. A redevenir, le temps d'un instant, un homme qu'il ne montrait à personne : celui qui croyait en son peuple, indifféremment de leur sexe ; celui qui avait, lors du Tournoi des Trois Opales, trouvé une certaine fierté dans la prestation de la championne de son duché et dans celle de Grâce de Sombregemme ; celui qui voudrait laisser une chance à Séverine de se rapprocher de lui ; celui qui voulait en savoir plus, sur l'histoire militaire de son duché mais également sur ses coutumes, pour être plus à même de l'amener à la gloire. Ce Martial-là, que personne ne pouvait voir, car en ces temps de guerre il ne faisait pas bon de se dévoiler.
Un jour, peut-être.

La remarque qu'elle lui adressa, rien que le choix des mots, creusèrent une légère désapprobation dans son regard. L'affection n'était pas de mise. Ou peut-être n'avait-il pas pris la peine de demander aux bonnes personnes. En même temps, il n'allait pas aller questionner Anthim sur la manière dont il traitait celle qui était sa duchesse, ou si Hjalden était tendre avec Astrid. (Demander à Castiel aurait été beaucoup trop dangereux pour ledit Castiel. Et il ne tenait pas à savoir quels affreux sévices il faisait subir dans l'intimité à Madeleine, merci bien.)
"Il n'a jamais été question de vous remplacer. D'abord, car l'accord avec Sombreciel qui a été pris par l'ancienne duchesse était à l'époque extrêmement important, et je ne peux le briser sans répercussions. Ensuite... Quel homme serais-je, si je m'abaissais à vous répudier ? Un enlèvement, ça a du sens."
Il était presque froissé, qu'elle ait pensé ça un jour. Unis jusqu'à la mort. Héritier ou non. "Vous ne serez pas remplacée. Je peux vous l'assurer."

Et puis la conversation changea, encore plus. Elle se chargeait de choses plus profondes que Martial n'avait pas l'habitude d'entendre, de mots qui portaient plus que de simples ordres ou banalités. Toujours debout, sans oser se rapprocher d'elle, il l'écouta.  C'était vrai qu'il était loin d'approuver les moeurs étranges de Sombreciel qu'elle avait ramené en force dans le duché. Enfin, s'il avait été à sa place, forcé d'aller dans ce duché de dégénérés avec ses moeurs bellifériennes, les choses ne se seraient sans doute pas bien passées. Il eut une vision fugace de Castiel déclarant qu'il voulait l'épouser lui, suivi d'une profonde envie de vomir tous les repas de sa journée. Non, non, on n'allait pas pousser plus loin.
Il l'écouta et, de son oeil habitué à la cerner et à la scruter, remarqua ses tremblements. Il ébaucha un geste vers elle, amorce d'une touche tendre qu'il n'avait encore jamais eu pour sa femme, mais se contint.
"Séverine." Sa main se reposa sur le bureau, le geste amorcé brûlant encore le bout de ses doigts. Le prénom n'était pas chargé de haine ou de colère. D'une inquiétude, secrète. "Je ne peux pas l'imaginer. " Oh que si, il pouvait. L'impuissance, la colère, la peur et l'impression de n'être rien. Je ne suis pas un prince, ça ne te rappelait rien, Martial ?

Mais ces révélations, une fois les images de son adolescence disparues, lui laissèrent un goût plus qu'amer en bouche.
" Ce marché était donc un marché de dupes sur toute la ligne ? " La colère faisait flamboyer ses iris. "Pourquoi ne pas m'en avoir parlé plus tôt ? " Parce qu'il ne l'écoutait pas, peut-être. Il s'était rapproché de ce fauteuil où elle avait pris place, sans pour autant oser la toucher, si ce n'était le geste plus tôt qu'il avait retenu.
Ses doigts traînèrent le long du bois du bureau, pour s'occuper, calmer ses pulsions. "Je ne peux vous rendre ce qu'il vous a pris, j'ai peur. Je vous ai donné un nom, et bien que vous l'ignoriez, vous avez plus de pouvoir parmi nous que vous n'en auriez eu sur les terres de vos parents. " Une hésitation. Cette femme serait sa perte, si elle se jouait de lui à cet instant. " Il payera, Séverine. Pas uniquement pour vous, pas uniquement pour moi. "


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Séverine de Bellifère
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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyMar 2 Jan - 10:13

Séverine songea rapidement qu'elle avait peut-être pris trop de précautions pour parler de Madeleine.  Elle avait cru comprendre que les cousins avaient été forts proches pendant très longtemps et elle supposait, sans véritable fondements outre son intuition, que son époux était mécontent de l'avoir laissée dans les mains de Castiel.  Sachant que s'il épousait la princesse belliférienne, c'était pour mieux épouser celle du duché voisin.  Elle ne connaissait pas vraiment Alméïde, mais ses sentiments à son égard étaient mitigés : comment supportait-elle de voir une autre femme être sacrifiée pour son propre bonheur à elle?  Enfin, on ne pouvait pas dire que Madeleine devait être particulièrement malheureuse en Sombreciel, ses lettres d'ailleurs n'en laissait rien paraître, clairement le duché de l'esprit offrait une meilleure position à la femme que celui de la guerre et sur ce point Séverine l'enviait.  Par contre, si c'était pour être mariée à Castiel, elle préférait de loin pourrir en Bellifère.  Martial, tout aussi belliférien qu'il soit, était beaucoup moins barbare à ses yeux que son cousin.  Il y avait aussi quelque chose de rassurant à se faire dire qu'elle ne serait pas remplacée.  Il ne l'avait pas vraiment choisie Séverine, mais qu'il accorde de l'importance au fait qu'il l'aie enlevée et pas seulement à cause de l'accord signée entre Ermengarde et Castiel, c'était important pour la Cielsombroise.  Sa vie de Belliférienne ne lui plaisait pas, toujours pas, mais c'était en vérité beaucoup moins pire qu'elle ne l'avait d'abord cru.  Elle s'en rendait peu à peu compte, alors qu'elle changeait tranquillement ses stratégies pour gagner les faveurs de Martial, qu'elle se montrait moins – juste un peu moins – agressive et offensive dans sa quête de protéger ce qu'elle estimait être son droit légitime à la liberté.

Elle ne remarqua pas cette main qui se tendait vers elle tandis qu'il prononçait son nom.  Pas femme pour une fois.  D'ailleurs, même si elle l'avait vue, elle n'aurait pas cru qui le faisait sous un élan de compassion ou quelque autre bon sentiment.  Elle aurait pensé que ça n'aurait été qu'un simple geste, comme cela, rien qui ne lui soit réellement dédié.  Malgré elle, elle soupira.  Elle ne s'était jamais targuée d'un très grand romantisme, préférant butiner à gauche et à droite, mais elle avait tout au fond d'elle espérer qu'elle se marierait un jour à une – ou plusieurs – personne qu'elle aimerait.  Ne pas haïr Martial était une chose, mais ce n'était pas pareil que d'éprouver une douce inclinaison pour lui.

Et sa colère la surprit.  Ne savait-il donc pas?  Qu'on lui servait une princesse bâtarde simplement reconnue parce que cela arrangeait monsieur le duc de Sombreflamme?  Que ces lettres n'avaient pas été découvertes par hasard, mais bien parce que cela leur convenait, à Castiel et son conseiller, le comte de Séverac?  Elle avait cru qu'il savait.  Qu'il savait que jamais son homologue n'avait voulu d'elle comme membre de sa famille jusqu'à ce qu'il ne trouve ce stratagème cruel pour remporter tout le gâteau.  Qu'il savait que ses parents avaient essayé de renverser Castiel, qu'il les avaient fait exécuter, que Séverine avait payé en perdant sa noblesse, son domaine, tout son héritage.  Tout ce qu'elle avait jamais pu espérer recevoir de ses parents en vérité.  Ils n'avaient jamais été particulièrement présents pour elle, Fantine étant tant obsédée par l'idée de récupérer ce qu'elle aurait dû avoir, elle qui aurait pu être princesse.  Elle avait embobiné Frédérik avec son charme, lui qui avait aussi de l'ambition, petit baron d'une baronnie qui ne rapportait rien.  Jamais elle n'avait songé que Martial ne fut pas au courant et c'était pourquoi elle n'en avait jamais parlé.

« J'avais eu la folle idée de croire qu'il aurait au moins l'honnêteté de vous dire quelle personne il vous donnait en mariage, » répliqua-t-elle avec froideur.  Elle avait failli dire vendre.  Elle avait été vendue et son cœur s'enflammait rien qu'à n'y penser.  Tel un vulgaire objet décoratif, on avait fait d'elle le marchandise, un simple présent offert au voisin pour s'attirer relation de paix.  Assise sur sa chaise, elle tremblait en serrant les points.  Castiel lui avait tout pris.  Ses titres.  Ses – maigres – richesses.  Ses espoirs de bonheur.  Sa dignité.  Et plus que jamais, elle le haïssait de toutes les particules de son être.  Oh, elle lui ferait payer un jour, que Martial soit à ses côtés ou non, qu'elle en meurt, elle n'aurait de répit que lorsqu'elle lui aurait fait connaître toute la souffrance qu'il lui avait imposée par son égoïsme.

« Me croyez-vous si vaine de vouloir me venger simplement en raison d'un peu de pouvoir?  Un petit bout de terre qui ne rapportait rien à personne?  La baronnie de Mauve n'a rien d'extraordinaire si ce ne sont les souvenirs qui m'y rattachent. »

Séverine soupira.  Elle avait vendu le manoir de ses parents.  Tout ça pour des fleurons.  Mais elle ne le regrettait pas.  Il lui arrivait parfois de repenser à Voile du Ciel et son observatoire.  La poussière s'y était-elle accumulée?  Est-ce quelqu'un encore, du haut de la tour contemplait le ciel là où elle l'avait contemplé.  Si Castiel l'avait laissée à ses étoiles, peu à peu, son désir de vengeance se serait apaisé, peu à peu elle aurait oublié, oublié jusqu'à ne se concentrer que sur le savoir qu'elle avait étudié. Peut-être serait-elle devenue professeur à l'Académie de Magie et du Savoir un jour.  Mais tout cela n'arriverait jamais parce que là où le feu commençait à perdre de son ardeur, le duc de Sombreciel était venu y agiter un tisonnier, réveillant les flammes.

Elle sentit quelque chose d'humide couler le long de ses joues.  Des larmes.  Elle n'avait jamais pleurer devant Martial, elle s'en était toujours gardée.  Honteuse, elle cacha ses mains sans son visage, comme si cela pourrait lui occulter le fait qu'elle pleurait en silence devant lui.  Peut-être pourrait-elle mettre cela sur le compte de la fatigue du voyage?  Peut-être pourrait-elle feindre être malade?








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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyMar 2 Jan - 20:39

La conversation prenait un tour que le duc n'avait certainement pas envisagé, mais d'une certaine manière il n'envisageait jamais grand-chose quand il se trouvait avec sa femme. Elle avait la fâcheuse habitude de réduire en miettes tout plan dans lequel il l'impliquait - bien qu'il ne l'en prévînt pas, fallait pas exagérer non plus son élan de bonté. Et ce qu'elle devenait le laissait un peu perplexe, et incapable de savoir comment il allait réagir, lui-même. Planifier, il savait faire, stratège dans l'âme. S'énerver aussi, laisser libre cours à la colère qui courait dans ses veines était devenu naturel et la duchesse pouvait en témoigner. Mais réagir, alors que sa femme se mettait à lui en dévoiler sur elle-même, c'était apparemment trop pour le Belliférien.
Au moins pouvait-il se raccrocher à l'étincelle brûlante qui se propageait en lui, derrière son inquiétude pour les tremblements qui avait agité Séverine - inquiétude qu'il nierait en bloc, cela allait de soi.
"J'avais mis sur le compte d'une mauvaise gestion des lignées dans votre duché, et quelque sombre histoire, le fait que vous soyez sortie de nulle part, comme une fleur en saisissant l'opportunité. " Il avait eu quelques doutes, Martial.

Il avait eu quelques doutes, quand il avait entendu la nouvelle. Mais il était, à l'époque de la signature, encore trop pétri de la nouvelle du départ de Madeleine pour s'en inquiéter. Il s'était insurgé, une fois la peine passée, mais le contrat était signé. Il ne pouvait revenir en arrière. Et puis, une fois marié, il n'avait pas cherché à la connaître.
Peut-être aurait-il du. Ou non, plutôt. Non, car il n'aurait pas eu de quoi s'insurger, en cet instant, contre ce duc tant haï.
Il avait été stupide, car il était à moitié sûr qu'Ermengarde lui avait détaillé la lignée de la jeune femme. Mais il n'en avait pas retenu la moitié. Voire rien.

Appuyé devant elle, il l'écouta avec autant d'attention qu'il en était capable, essayant du mieux qu'il le pouvait de démêler le vrai du faux, et de combler les trous. Ce n'était pas qu'il voulait savoir qui elle était, non...
"Je ne vous pense pas si attachée au pouvoir, non. Sinon, il y aurait bien longtemps que vous auriez réclamé une place à mes côtés au conseil, des terres, que sais-je encore. " répondit-il. Il ne pouvait pas deviner ce qu'elle avait ressenti, pas un seul instant. Si on lui retirait, un jour, Bellifère et Hacheclair où il avait vécu toute sa vie... Il aurait, lui aussi, quelque désir de vengeance. Si on le chassait de chez lui, si on le dépouillait de tout ce qui faisait de lui Martial de Bellifère, il se battrait.
Si on le dépouillait, c'était qu'il n'était pas digne. Cauchemar devenu réalité.
Et puis les larmes. Elles brillaient, dans la lumière de la chandelle la plus proche, sur son visage, mais elle ne semblait même pas s'en ébranler.

Par tous les dieux, que faisait-on avec une femme qui pleurait ? Martial était gêné. En un sens, elle n'était qu'une femme, et seules les femmes pleuraient pour soulager la grande douleur que la pauvreté de leur existence leur imposait. Mais elles se devaient de le faire à l'écart du monde. Le blond, mal à l'aise, n'avait pas la moindre idée de comment réagir. Quand Madeleine pleurait, il l'avait attirée à lui et l'avait consolée - comme elle l'avait fait avec lui. Mais il n'avait pas autant de familiarité avec sa femme. C'était tout au plus s'il la touchait hors de leur rapports maritaux, ou quand il voulait imposer un rapport de domination, qu'elle lui tenait tête. Par peur, par désintérêt.
Il chercha du regard et dans son esprit s'il avait sur lui son mouchoir. Evidemment. Après un instant de flottement, il parvint à le retrouver pour le lui tendre.
Même si elle était malade. Et puis, il en avait un autre, qu'elle n'aurait pas contaminé avec ses germes de femme malade. "Prenez-le." dit-il doucement. une fois le mouchoir changé de main, il se dégagea, n'osant pas la regarder.
Des fois que la tristesse soit une maladie, elle aussi. "Lorsque vous vous jugerez présentable, je vous laisserai rejoindre vos appartements. J'y enverrai mon médecin. " Le personnel. Son premier médecin. Celui pour ces cas, urgents, où il voulait s'assurer de la fiabilité des informations.
"Je me doute que vous ne souhaitez pas que l'on vous sache dans cet état. Rien de ce qu'il se passe dans ce bureau n'en sort. Vous avez ma parole que votre trouble sera oublié. "
Il ne savait pas comment lui parler, le duc. Ce n'était pas un homme, ni un soldat ou un de ses conseillers. Dos à elle, il continua.
Mettre de la distance entre eux, à tout prix.
"Je ne peux vous rendre des souvenirs. Si..." Si je puis vous offrir une consolation, je le ferais.
Ca ne sortirait pas. "Si vous avez besoin d'intimité..."
Mettre de la distance.  
Il n'avait aucune gêne à la voir en colère, défaite, à la limite de suffoquer de fureur, ou effondrée, non ! Mais uniquement quand c'était synonyme de sa victoire. Là, il ne prenait aucun plaisir à la voir détruite par le passé.


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Message Sujet: Re: Plus acérée que les épines d'une rose   Plus acérée que les épines d'une rose EmptyMer 3 Jan - 16:04

Une place au conseil.  Séverine aurait préféré mourir que devoir s'occuper de choses aussi ennuyantes et désagréables.  Martial pouvait bien s'en charger lui-même.  Les seules rencontres diplomatiques qui l'intéressaient étaient celles avec Sombreciel afin de chercher une faille dans la gestion de son cousin, un moyen de le détruire.  Rapidement et durement.  Mais en vérité, elle réalisait depuis son mariage qu'elle était beaucoup trop ignorante de la politique et des relations entre les duchés.  Tout cela était beaucoup plus compliqué qu'elle ne l'avait d'abord pensé à l'abord.  Elle n'avait pas l'éducation pour faire face à tout cela, elle le savait de mieux en mieux.  Si elle ne l'avouait pas, c'était simplement pour ne pas donner raison à Castiel ou à Martial.  Le jour où elle les laisserait vaincre l'un ou l'autre, elle perdrait complètement sa liberté et elle ne laisserait jamais ce jour arriver.  Elle en faisait serment.  Pourtant, sa dure carapace solide qu'elle avait bâtie commençait à se craqueler de l'intérieur.  Elle était seule depuis trop longtemps, sans avoir d'amis sur qui s'appuyer.  Elle vivait dans une solitude étouffante.  Elle avait tout perdu quand Castiel avait ordonné l'exécution publique pour l'exemple de ses parents.  Des amis l'avaient abandonnés en apprenant sa disgrâce.  Elle en avait perdu d'autres de vue en quittant Lorgol.  L'isolement commençait à lui être douloureux.  Qui avait-elle vraiment auprès d'elle en-dehors de Prudence à qui elle ne pouvait pas faire entièrement confiance?  Il ne restait donc qu'une personne.  Une seule personne.  Et elle était en face d'elle, ne sachant pas quoi faire d'elle et de ses larmes.  En était-elle vraiment réduite à devoir s'appuyer sur son mari?  Un homme misogyne doublé d'un machiste.

Elle sursauta en l'entendant lui tendre quelque chose, l'arrachant à ses pensées qui la déprimaient encore plus.  Elle fixa le mouchoir un instant, comme si elle ne croyait pas vraiment.  Lui offrait-il vraiment quelque chose?  Elle tendit la main et prit le morceau de tissu qu'elle serra entre ses doigts un instant, comme si elle s'attendait à ce qu'il ne disparaisse ou que finalement il ne décide de le lui reprendre.  Le maître avait donné un mouchoir à Séverine.  Le maître avait libéré Séverine.  Séverine était une duchesse libre! Libre!  Les battements de son cœur s'accélèrent un instant, la troublant et la rendant confuse.  Que se passait-il?  Avaient-ils signé un simili-traité de paix?  Elle n'osait pas lever les yeux pour le regarder.  Il ne pouvait pas avoir montré de la compassion à son égard.  Il était sûrement simplement content d'avoir réussi à la briser.  Cependant une petite voix agaçante tintait dans le fond de son esprit.  Ce n'était pas lui qui l'avait fait craquer.  C'était elle seule qui en était responsable. Elle ne pouvait pas l'admettre.

Se ressaisissant, elle essuya à l'aide du mouchoir son visage barbouillé par les larmes.  Le tissu ne pouvait pas faire partir l'air bouffi de ses yeux, mais elle semblait moins pitoyable.  Elle arrangea quelques unes des mèches de ses cheveux qui lui tombaient dans le visage, ses boucles étant incontrôlables.  Elle se releva et lissa les plis de sa robe.  Elle regarda le mouchoir, se demandant qu'en faire puis elle songea que dans l'état Martial ne voudrait pas le récupérer.  Elle le glissa donc dans l'une des poches de sa jupes.

« Pardonnez-moi.  Je crois que c'est la fatigue du voyage.  Peut-être effectivement que je couve quelque chose… » déclara-t-elle pour  excuser son comportement qui ne lui ressemblaient pas.  Elle chercha une glace pour vérifier sa tenue, mais il n'y avait pas vraiment de verre dans le bureau de travail de Martial.  Elle poussa un soupire inaudible et secoua la tête.

« Veuillez m'excusez, je vais me retirer maintenant, » déclara-t-elle avant de s'éloigner vers la porte et de quitter le bureau.

Elle hésita sur le pas de la porte et avant de pousser le battant, elle se retourna vers Martial.  « Merci, » dit-elle simplement avant de s'éclipser rapidement.  Son cœur pesait lourd dans sa poitrine.  Elle demanderait à Prudence de l'aider à se défaire de ses habits et elle se mettrait au lit en attendant la visite du médecin de Martial.  Peut-être avait-il raison et qu'elle couvait quelque chose.








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