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 Je ne suis plus rien, rien qu'un coeur blessé

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Message Sujet: Je ne suis plus rien, rien qu'un coeur blessé   Je ne suis plus rien, rien qu'un coeur blessé EmptyDim 10 Déc - 1:53


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Sixtine d'Ibélène

Je ne suis plus rien, rien qu'un coeur blessé

Au fil des saisons n'oublie jamais comment j'étais



• Date : 14 décembre 1002
• Météo (optionnel) : il fait nuit, il neige et il fait très froid
• Statut du RP : solo
• Résumé : Sixtine retourne dans sa chambre en fin de journée après l'enterrement de son père. Elle laisse éclater son chagrin
• Recensement :
Code:
• [b]14 décembre 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3110-je-ne-suis-plus-rien-rien-qu-un-coeur-blesse#111722]Je ne suis plus rien,
 rien qu'un coeur blessé[/url] - [i]Sixtine d'Ibélène[/i]
 Sixtine retourne dans sa chambre en fin de journée après l'enterrement de son père. Elle laisse éclater son chagrin

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Message Sujet: Re: Je ne suis plus rien, rien qu'un coeur blessé   Je ne suis plus rien, rien qu'un coeur blessé EmptyDim 10 Déc - 1:54

-Mais... Altesse...

-Je viens de te demander de me laisser seule. Tu es sourde ?

Tu n'as pas besoin de te retourner pour sentir que tu l'as blessée. Pourtant tu ne fais pas un mouvement vers elle. Tu ne ressens qu'une suprême indifférence à cette idée. Elle s'en remettra. Hjördis t'es dévouée et elle comprend. Elle comprend ce que tu ressens en cet instant. La porte se ferme. Se ferme sur ton désespoir. Et tu te retrouves seule. Seule face au silence. Il emplit la pièce. A travers la fenêtre, tu aperçois les flocons qui tombent. Tu sais qu'ils vont recouvrir les toits et les jardins du palais de leur épais manteau blanc. Ils vont effacer toutes traces impures, rendant le monde immaculé, près à connaître un renouveau. Comme une page blanche qui ne demande qu'à être rempli. Un nouveau départ. Comme tu aimerais pouvoir en dire autant. Que cette neige recouvre totalement tes sentiments pour en faire naître des nouveaux en toi. Malheureusement, s'il neige dehors, tu n'as pour toi que le froid. Ce froid intense et mordant, qui s'insinue dans ton cœur avec la sournoiserie d'un serpent. Tu te sens tremblante alors que tes émotions dansent avec fougue. Tu les sens se débattre, gronder, prêtes à exploser alors que tu les contiens à peine difficilement. Ton regard balaie la pièce. Ta chambre. Ce lit royal et richement paré qui trône, orné de luxueuses parures et de rideaux qui se ferment sur ton sommeil chaque soir. Ce petit secrétaire au bois ciselé avec une telle finesse qu'on a dû mal à se dire qu'il a été confectionné par les mains d'un homme. Et ce petit salon avec les canapés molletonnés, parés des plus beaux tissus d'Ibélène. Ce tapis si doux qui t'a vu grandir. Une véritable chambre de princesse, finement décorée par tes soins alors que menus colifichets rivalisent en beauté et élégance. Tu reconnais certains présents de la part d'admirateurs, de proches ou des dames qui te suivent partout dès que l'aube pointe son nez. Tu sais que certains ont été sélectionné par toi-même, alors que tu perdais d'admiration devant leur finesse. Pourtant, cette chambre qui a bercé ton enfance, que tu as vu évolué pour devenir une véritable chambre de princesse impériale, tu ne la reconnais plus. Cette chambre où, petite ton père venait t'embrasser dès qu'il avait un instant. Cette chambre où ton frère est venu se faufiler au coucher pour te chantonner quelques berceuses. Cette chambre où ta mère t'a enseigné maintes et maintes choses sur la vie. Où tu as eu des fous rires avec Hjördis. Où tu as pleuré, connu des moments sombres, des souffrances inimaginables, des instants de quiétude ou juste la plus complète sérénité. Non, tu ne la reconnais plus. Ton père ne passera plus jamais cette porte. Ta mère ne viendra plus s'enquérir de tes derniers coups de cœur artistiques. Et ton frère ne s'y faufile plus depuis tellement longtemps que tu doutes parfois que cette période ait existé.

Tu es calme et royale, le visage impassible, au milieu de cette chambre que tu ne reconnais plus. Tu as cette posture impériale qui ne t'a jamais vraiment quitté. En te regardant ainsi, qui pourrait croire que tu viens d'enterrer ton père ? Qui pourrait croire que le trône s'éloigne encore plus de toi alors qu'on a décidé de couronner ton frère ? Et tes mains attrapent un des vases dépourvu de fleurs. Ce n'est plus la saison. Ce n'est plus la saison de beaucoup de choses. Tu le lances et il vient se briser en milles morceaux contre le mur pour retomber dans une pluie de cristal sur le sol. Tu contemples les débris. Parfait reflet de ton cœur en miettes. Alors ça explose. Un autre objet vient rejoindre le premier. Puis un autre. Et encore un autre. Inlassablement, tu jettes tout ce que tu trouves. Les verres se brisent, le cristal se morcelle. Et ton miroir... ton beau miroir adoré. Il te renvoie l'image de ce visage déchiré par la souffrance, inondé par des larmes qui ne veulent plus couler depuis longtemps. Un visage de douleur absolu, où perce un désespoir le plus complet. Ce miroir qui finit par se briser alors que, avec toute ta force, tu le fais tomber au sol. Tu le contemples ce miroir disloqué devant lequel tu t'es admirée maintes fois. Ce même miroir qui, il y a des années de ça, a vu une petite fille en chemise de nuit, un drap en guise de cape, jouer à l'impératrice avec son reflet. Il ne verra plus rien maintenant. Il ne te fera plus espérer de mensonges. Il ne sera plus qu'une âme brisé à l'image même de ce que tu es maintenant.
Rien.

Ton père est mort. Ta mère aussi. Ces réalités t'étreignent, t'oppressent, te ravagent l'esprit te poussant à succomber à une folie désespérée. Tu es seule. Totalement. Tu l'as toujours été. Aujourd'hui tu l'es plus que jamais. Ton père si brave, si fort, ce père que tu as jugé éternel a succombé. Il s'est endormi pour ne plus se réveiller. Et tu n'as pas pu lui dire au revoir. Ta mère, si belle et impériale, celle qui t'a appris à devenir celle que tu es aujourd'hui... cette mère t'a également laissé. L'un après l'autre ils t'abandonnent, t'enfoncent plus encore dans ta solitude. Il ne reste plus que ton frère. Ce frère que tu aimes autant que tu le détestes. Ce frère complice autrefois, devenu un étranger aujourd'hui. Ce frère qui attise les braises de ta colère alors qu'il refuse dans son cœur une couronne que tu rêves d'avoir.  Il ne te reste plus que lui. Ce frère que tu hésites à faire exiler le plus loin possible du trône mais que tu veux garder près de toi parce qu'il demeure ton unique famille encore vivante. Comme ces sentiments sont compliqués. Alors que briser tout tes ornements est d'une facilité déconcertante. Il n'y a pas d'intérêt en dehors de celui de soulager les poids de ton cœur. Le pire, c'est que tu es résignée. Résignée à finir seule. Résignée à te marier à quelqu'un que tu n'aimeras jamais car tu as dit adieu à ton premier amour. Résignée à élever des enfants tout en pensant à celui que tu n'as jamais voulu voir naître. Et surtout, résignée à seconder ton frère sur un trône que tu convoites depuis ta naissance. Parce que, pour le bien d'Ibélène, tu ne peux te permettre de lui faire faux bon. Tu ne peux laisser le peuple partir ainsi à la dérive. Ta loyauté va à l'empire. Il passe avant ton besoin personnel. Et l'empire a besoin d'un empereur. Et ton empereur a besoin d'un soutien que seul toi peux lui conférer. Tu dois continuer d'être son ombre, de l'appuyer, de l'encourager. Tu dois le faire pour le bien d'Ibélène.

Tu le sais et la fureur te consume. Le désespoir te noie. La tristesse te poignarde. Tu as fini de tout casser. Ta chambre est devenu un champ de ruine. Le terrain d'une bataille acharnée. Un combat contre toi-même. Un combat face à la vie. Cela ne t'inquiètes pas. Hjördis va tout nettoyer. Elle va effacer les traces et demain, rien ne paraîtra plus. Et lorsque l'on te posera la question sur ces objets disparus, tu diras juste que tu as besoin de changement. Tu ne diras rien de plus et personne n'insistera. Parce qu'ils penseront se douter de quelque chose. Ils n'auront pas tout à fait tord. Mais ils n'auront pas forcément raison. Aujourd'hui tu as brisé ta chambre. Tu as cassé ce monde qui te plongeait dans des moments qui ne seront jamais plus que des souvenirs. Le souvenir de celle que tu as été. Le souvenir d'une vie d'amour et de richesses. Mais surtout, le souvenir de tes rêves. Des rêves qui ne seront jamais plus que des rêves. Tu as brisé cette chambre, tu l'as rendu aussi ruiné, aussi morcelée que ton âme. La vie ne sera plus jamais la même, maintenant. Maintenant les flocons n'effaceront jamais complètement les cicatrices profondes de cette terre.
Tu es une femme brisée. Brisée par ta solitude. Emprisonnée dans des désirs irréalisables. Séquestrée par ton propre amour d'un peuple qui ne veut pas de toi. Tu penses avoir brisé des liens pourtant tu restes enchaînée. Tu l'as toujours été. Et c'est les poings liés que tu continues. Tu te déchausses et marche jusqu'à ton lit. Tu sens certains débris plonger dans la chaire si tendre de tes pieds. Tu ne grimaces même pas. Cela ne fera jamais plus mal que ton âme détruite. Toujours habillée tu t'enfermes dans ton lit. Tu entends la porte s'ouvrir et quelqu'un s'affairer en silence. Tu sais que c'est Hjördis. Tu la reconnais à sa manière de faire. Elle ne dit rien. Elle balaie. Elle efface les traces.

Et toi, la tête enfouie dans ton oreiller, tu pleures cette fois des larmes bien réelles. Des larmes de sang, des larmes de glace. Mais surtout, des larmes de rêves peut-être à jamais perdus.
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