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 D'une tendre inquiétude

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La Noblesse
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyDim 10 Déc - 6:48


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Gabrielle de la Volte & Marjolaine du Lierre-Réal

D'une tendre inquiétude

L'heure des confessions secrètes



• Date : 12 octobre 1002
• Météo (optionnel) : Bien que le temps se rafraîchisse tranquillement, il brille un soleil rayonnant dans le ciel.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Marjolaine reçut la veille un message par Outreparleur de la part de son amie Gabrielle.  Alarmée, celle-ci se prépare à recevoir la princesse Cibellane et à la réconforter : quelque chose d'important doit s'être produit pour qu'elle prévoit venir à l'improviste si rapidement.
• Recensement :
Code:
• [b]12 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3112-d-une-tendre-inquietude#111741]D'une tendre inquiétude[/url] - [i]Gabrielle de la Volte & Marjolaine du Lierre-Réal[/i]
Marjolaine reçut la veille un message par Outreparleur de la part de son amie Gabrielle.  Alarmée, celle-ci se prépare à recevoir la princesse Cibellane et à la réconforter : quelque chose d'important doit s'être produit pour qu'elle prévoit venir à l'improviste si rapidement.






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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyDim 10 Déc - 6:53

Marjolaine attendait dans un salon en se tordant les mains l'arrivée de Gabrielle, cette précieuse amie.  Elle aurait été ravie en tout autres circonstances de recevoir la princesse, mais ce message qu'elle avait reçu la veille la prévenant de son arrivée le lendemain l'avait mise dans tous ses états.  Elle avait à peine dormi de toute la nuit, cherchant à se rassurer et qu'elle avait vu plus qu'elle ne l'aurait dû dans ce message bref et flou de la part de son amie.  Pourtant, elle n'arrivait pas à se calmer et elle s'était levée aux petites heures pour faire les cent pas et attendre.  Attendre que les choses ne s'éclairent et qu'elle puisse se sentir enfin rassurée.  Son humeur avait été très sombre toute la soirée précédente et elle n'avait pu s'ouvrir de ses inquiétudes ni auprès de Denys, considérant qu'il avait beaucoup à faire avec toutes les terres perdues pendant l'épidémie magique, ni auprès de Faustine qui pour une raison que Marjolaine ne pouvait s'imaginer n'appréciait pas particulièrement la mage outremarcheuse.  C'était vraiment dommage, la duchesse aurait fortement désiré qu'elles soient toutes amies, toutes les trois, mais visiblement ça ne semblait pas possible.  Pourtant, son inquiétude n'était pas dissimulée, même Rose avait remarqué le trouble de sa mère et lui avait même prêté l'une de ses poupées pour dormir et la réconforter.  La tendresse de son enfant avait contribué à l'apaiser un peu, mais elle ne sentirait sereine qu'une fois que Gabrielle serait devant elle.  Elle s'inquiétait sincèrement pour elle et elle attendait des éclaircissements  dès que possible.

L'attente lui parut être aussi longue que l'éternité.  Enfermée dans son petit salon favori, elle s'assoyait pour s'adonner à quelques travaux de broderies avant de se relever pour faire des allées et venues, ou pour refaire les arrangements floraux ou encore replacer les coussins sur les différents fauteuils.  Que n'était-elle pas encore arrivée!  Elle craignait qu'un empêchement grave n'empêche cette sœur de cœur de ne venir.  Vivement qu'elle soit là!

Le soulagement fut immense lorsqu'on annonça enfin l'arrivée de la princesse et qu'elle fut introduite dans les appartements de la duchesse.  Dès qu'elles furent seules, la duchesse se précipita pour enlacer la jeune femme avant de l'observer sous tous les sens afin de s'assurer qu'elle n'était blessée nulle part.

« La peur que tu m'as faite!  Je croyais que quelque chose de terrible ne t'était arrivé.  Je suis vivement contente que tu sois là, je commençais à croire que tu n'arriverais jamais.  C'était bien vilain de me laisser dans pareille inquiétude! » s'exclama-t-elle, se remettant tranquillement de ses émotions.  Au moins, son amie allait physiquement bien.  Elle n'était ni blessée, ni ne semblait malade.  Mais alors qu'est-ce qui était arrivé?  Une dispute avec sa sœur aînée?  Impossible, ce n'était pas dans le tempérament de la princesse.  Marjolaine ne portait pas particulièrement la duchesse cibellane dans son cœur sans la détester.  Elle savait la relation plutôt tendue entre les deux sœurs, ce qui pour elle pouvait peut-être justifier ce message obscure.

Elle entraîna la jolie brune vers un fauteuil et l'y poussa pour qu'elle s'assoit avant d'elle-même prendre place dans le siège voisin.  Elle attrapa les mains de son amie entre les siennes, poussée par l'inquiétude à passer par-dessus sa réserve naturelle.  Elle tremblait un peu.

« Tout va bien?  Il ne s'est rien produit de grave n'est-ce pas?  Ton message d'hier était si flou, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au pire… » Sa voix tremblait et ses doigts se resserrèrent sur ceux de la mage.  C'était comme si elle craignait qu'elle ne disparaisse dans une explosion de bulles et que ces dernières ne s'envolent vers le plafond sans qu'elle ne puisse les rattraper.





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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyJeu 11 Jan - 16:32

Dès sa sortie du palais impérial, accompagnée d’un homme fait et taillé pour le combat, la princesse avait portaillé jusqu’à son refuge, la discrète mais prospère baronnie du Ru-d’Argent. Elle n’avait pas discuté et avait laissé son nouveau protecteur l’accompagner jusqu’à son outreparleuse attitrée. L’affaire était de la plus grande importance. Il fallait annoncer son désir de rencontrer Sa Grâce, Marjolaine du Lierre-Réal, lorsqu’une occasion se présenterait. Dès le lendemain, si cela lui était profitable. Malgré les civilités fort jolies qui enrobaient cette requête, il y avait bien un petit quelque chose de mystérieux. Il n’était pas dans les habitudes de Gabrielle de s’imposer ainsi à son amie si occupée et si importante, pour son duché. Il ne fut pas long à la duchesse de Lagrance pour deviner que quelque chose de grand s’était produit et qu’elle serait très prochainement dans la confidence.

Le lendemain, en matinée, un portail avait déchiré la réalité dans l’un des pôles dédiés aux abords du palais ducal de Lagrance. La princesse de Cibella, soigneusement accompagnée de quelques protecteurs et de sa charmante suivante - porteuse de présents pour la petite Raiponce - se présenta au palais et se laissa présenter. Il ne fut pas long qu’on l’introduisit, elle et elle seule, au petit salon favori de sa Grâce Marjolaine du Lierre-Réal. Celui avec une vue incroyable sur les jardins. Celui qui sentait la rose dès les premières lueurs du jour, lors de la belle saison. Celui qui était également le préféré de la Cibellane.

Sitôt les portes refermées derrière elle, Gabrielle pressa quelques pas pour étreindre Marjolaine. Dans l’intimité, il n’y avait plus de titres, plus de rang, plus de cruelles civilités. Il n’y avait que Marjolaine et Gabrielle, deux amies. À voir l'inquiétude sur le visage doux de la jeune duchesse, la Cibellane pressa ses mains avec tendresse contre elle, approcha son front du sien pour mieux observer le bleu de ses yeux. Il y avait une humidité, au fond de ses yeux clairs, qui trahissait son embarras d’avoir malmené à ce point les nerfs de sa chère Marjolaine.

- Pardonne-moi, Marjolaine, d’avoir porter une ombre si cruelle sur ton coeur. Je souhaitais que ma requête ne soit pas trop pressante et que tu ne t’inquiète pas… Comment te portes-tu? J’espérais arriver suffisamment tard pour ne pas te surprendre dans tes affaires ducales. Ai-je eu vrai, ma douce amie, dis-moi ?

Elle la rassura à nouveau, jurant à deux reprises qu’elle se portait bien, puis lui emboîta le pas jusqu’au canapé. Il lui semblait inimaginable de ne pas partager le siège voisin et de quitter sa main, de la sienne. La jolie Lagrane était d’un réconfort incroyable, et Gabrielle en avait besoin. Grandement. Elle pressa à nouveau les mains tremblantes de son amie, lui portant un regard triste et désolé. Elle avait été bien égoïste de presser une rencontre et d’inquiéter à ce point une femme qu’elle appréciait de tout son coeur. Pour ne pas l’inquiéter encore plus, pour ne pas faire durer cruellement l’attente, Gabrielle annonça déjà la raison de sa visite, d’une voix douce et basse, sous le signe de la confidence.

- Cela concerne l'avancée des prétendants… Je… J’aimerais que nous soyons discrètes, Marjolaine, car il s’agit de la réputation d’un homme bon. Je ne doute pas de la bonté de tes gens, et de leur discrétion quant à ce genre de sujets, mais il me serait plus doux de savoir toute cette histoire reposer entre nos coeurs seuls.

Il y avait tant à dire…! Et déjà, Gabrielle demandait à Marjolaine de se faire secrète devant ses gens. Devant son époux, aussi, même si la formulation ne le désignait pas ouvertement. Elle avait honte, bien sûr, mais elle savait qu’elle ne pourrait pas se confier sans avoir l’assurance du nombre le plus restreint qui soit de gens impliqués dans cette mesquine rumeur. Ou cette cruelle vérité. Pourquoi Antonin de Faërie mentirait-il à ce sujet, lui, diseur de vérité, enfant d’Outrevent, de surcroît?




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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyVen 26 Jan - 9:37

Il suffisait à Marjolaine de voir sa tendre amie pour sentir une bonne part de ses angoisses s'envoler au loin, mais elle ne tarissait point d'inquiétude à son égard.  Sa chère Gabrielle.  Il n'était pas dans ses habitudes de venir à l'improviste ainsi, en prévenant d'une note si courte qu'elle ne disait rien ou presque et la nature aimante de la duchesse lagrane ne pouvait que se faire de mauvais sang en songeant que quelque malheur ait pu arriver à la princesse cibellane à laquelle elle tenait tant malgré les rivalités entre Lagrans et leur voisins du nord.  La vue son amie la rassura, elle semblait en bonne santé et c'était le plus important.  Elle espérait seulement que la pauvre n'aurait pas de soucis du cœur trop lourd à porter.  Pauvre Gabrielle.  Marjolaine éprouvait une compassion infinie à l'égard des difficultés qui ponctuaient la vie de la jeune mage aux cheveux d'or.  Être la sœur de Gaëtane de la Volte ne devait pas être facile tous les jours.  C'était une grande dame que la duchesse de Cibella, elle le reconnaissait, éprouvait peut-être même une certaine forme d'admiration pour ce qu'elle faisait en tant que duchesse, mais sur le plan personnel, elle ne savait pas trop.  Du même âge que Gabrielle, elle s'était plus facilement liée à elle – d'autant que dès leur première rencontre Marjolaine fut extrêmement charmée de la demoiselle et ne tarissait probablement pas d'éloges à son sujet – elle et ses souffrances.  Cadette de l'héritière, elle vivait dans l'ombre de sa sœur, si ce n'était pour sa magie.  C'était une mage fabuleuse, prodigieuse même, mais cela entraînait souvent les gens à oublier que ses dons n'étaient pas tout d'elle.  Si elle était née ailleurs, peut-être cela aurait-il été moins difficile.  On s'attendait moins à produire des mages d'exceptions en Lagrance, par exemple, qu'en Cibella, le duché même de la magie.  Elle-même ne croyait pas vraiment que cela fit une grande différence, mais elle n'était pas mage et ne le serait probablement jamais une fois à cet âge.  Elle ne pouvait que compatir en silence et en espérant que les choses s'arrangeraient pour son amie.  Si seulement elle pouvait trouver un homme à aimer comme elle-même aimait Denys, peut-être serait-elle un peu plus heureuse.  Enfin, en espérant que cet homme ne lui cause point de tourments en allant fréquenter d'autres femmes.  N'y avait-il pas le comte de Rivepierre qui lui faisait la cour?  C'était un parti honorable, mais peut-être ne lui plaisait-il pas.

Marjolaine rassura toutefois rapidement à son tour Gabrielle, elle avait eu tout le temps qu'il lui fallait pour s'occuper de ses propres tâches – bien qu'elle n'eut pas tout fait, son inquiétude et son agitation l'empêchant d'être aussi efficace qu'elle pouvait l'être en temps normal.  Cependant elle jugeant fortuit d'en toucher un mot à Gabrielle, lui évitant d'autres sentiments de culpabilité qui pointaient déjà sur son visage.

La requête de Gabrielle surpris étonnamment Marjolaine mais elle acquiesça rapidement.  Ce devait être quelque chose de bien grave pour qu'elle demande avec autant de précaution tant de discrétion.  La duchesse serra doucement ses mains entre les siennes.

« Oh, ma chère Gabrielle, sois assurée que tout ce qui se dira entre nous ne franchira jamais le seuil de mon cœur.  Tu sais combien tes intérêts me tiennent à cœur et je ne ferai rien qui puisse t'accabler, » répondit-elle à voix basse elle aussi.

Elle prit son bras et l'attira vers ses jolis fauteuils et invita gracieusement Gabrielle à s'asseoir avant d'appeler pour le thé.  Elle n'allait tout de même pas recevoir son invitée sans l'accueillir correctement et une fois les collations servies, elles seraient tranquilles aussi longtemps qu'elles le désiraient.

« Assieds-toi ma tendre amie, nous serons plus confortablement installée pour discuter, » dit-elle en prenant elle-même place.  Au même instant, une servante arrivait avec un plateau sur son plateau une ravissante théière de porcelaine décorée de fleurs, quelques biscuits et gâteaux ainsi qu'une bouteille de liqueur lagrane, pour faire honneur aux bons mets des siens.  Elle congédia la servante en la remerciant et en lui précisant qu'elles n'auraient plus besoin de rien.  Voilà qui devrait empêcher quiconque de les déranger, sauf peut-être Rose à bord de sa vivenef à roulettes : il n'était plus aussi aisé de contrôler ses déplacements depuis qu'elle avait reçu ce cadeau dont il arrivait à sa gouvernante de se plaindre.  Marjolaine se contentait toujours de sourire.  Supporter les jérémiades d'une servante lui semblait un petit prix payé pour les cris de joie que lançait son enfant quand elle coursait en compagnie de Maari.  Un air attendri passa sur son visage un instant avant qu'elle ne se préoccupe à nouveau d#ccff33e.

« Nous ne devrions plus être importunées pour un moment.  Tu peux parler en toute confiance, personne ne nous entendra.  Puis-je t'offrir un peu de cette liqueur de poire?  Je l'ai fait préparée spécialement pour toi, mais peut-être préférerais-tu du thé? »

Certes, l'heure était aux confidences, mais Marjolaine comptait bien en profiter pour régaler un peu son amie.  Peut-être viendrait-elle la voir plus souvent dans ce cas.





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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyDim 4 Fév - 17:26

Marjolaine semblait surprise, et dans la générosité de ses lèvres pincées, la princesse y décela une pointe d’inquiétude qui perdurait. En l’entendant promettre discrétion, en la voyant la rassurer de gentilles paroles, Gabrielle se sentit plus en confiance pour lui livrer les secrets de son état. Elle présenta une fois encore ses excuses pour les mystères qu’elle faisait et les misères qu’elle devait créer, depuis la veille.

À la question sur ses préférences, la princesse préféra l’infusion. Le vin de la veille, au palais d’Alfaë, avait été nécessaire pour encaisser une pareille révélation. Ce matin, toutefois, l’heure était aux confidences et à la réflexion. Elle patienta qu’on verse le thé dans les tasses ouvragées et s’émerveilla au moins un peu devant le parfum léger qui accompagnait les volutes de fumées. De la vanille, peut-être. Sa tasse, peinte de mille fleurs, attira un instant son attention lorsqu’elle la souleva entre ses mains. Lagrance était un duché délicat et élégant jusque dans les petites douceurs du quotidien. Peut-être aurait-elle dû s’épancher sur l’un ou l’autre des prétendants lagrans? Elle, si sensible, aurait été choyée de tant de joliesses, jour après jour. Le seul Lagran s’étant offert à l’épouser n’était pas suffisamment bien né, au détriment d’un comte de Rivepierre, par exemple.

- C’est un parfum très léger, et très sucré… Je te remercie de tes attentions, Marjolaine. Je suis toujours si bien reçue, à tes côtés… Il me tarde de te rendre la pareille, depuis le Ru-d’Argent. Raiponce est encore bien petite, mais peut-être Rose s’émerveillerait-elle devant la magie de Cibella?

Imaginer la petite princesse turbulente animer sa demeure et l’habiter d’éclats de rire réchauffait déjà le coeur de Gabrielle. Son affection pour Marjolaine était grande, et il lui semblait naturel d’offrir à ses enfants le même amour et le même respect. Elle se doutait que la famille du Lierre-Réal avait bien d’autres préoccupations pour l’instant, et qu’une visite devait être difficile à planifier, en raison des occupations ducales, mais… Mais peut-être pourrait-elle s’occuper de Rose, quelques petites journées? Ou encore recevoir Marjolaine et les enfants afin d’offrir un peu de calme à Denys? Elle n’insista pas plus, savourant plutôt une première gorgée de son infusion légèrement sucrée.

- ...Quant aux raisons de ma visite… Quelques jours avant que l’épidémie n’affecte les mages, le prince Antonin m’avait demandée auprès de lui, au palais d’Alfaë. Nous avons reporté pour des raisons évidentes. Je me suis donc présentée hier afin d’honorer sa demande.

Elle soupirait, du bout des lèvres, alors que les mots échangés la veille s’emmêlaient à son esprit. Gabrielle avait songé toute la nuit à leur conversation pour en déceler les plus subtiles sens cachés, pour décerner le vrai du faux, pour comprendre ce qu’il désirait réellement d’elle.

- Il désirait me… La princesse fit glisser un ongle contre le relief d’une fleur peinte, sur sa tasse, son regard perdu dans le liquide ambré. Il désirait me préserver d’une vie de malheur, Marjolaine. Il m’a avoué que… Que le comte de Rivepierre.. Que Lionel de Rivepierre était… Qu’il aurait sans doute plus d’affection pour mes prétendants que pour mon humble personne.

La vérité lâchée semblait éclabousser de laideur la joliesse du salon. Gabrielle sentit ses épaules se contracter, se rouler légèrement pour anéantir sa jolie posture altière. De la princesse de la magie, il ne restait qu’une Cibellane quelque peu perdue et désolée d’avoir rêvé un prétendant. Elle rapatria son attention sur Marjolaine, l’oeil un peu plus las et la fatigue d’une nuit d’insomnie pesant lourd sur ses épaules. Il lui semblait que songer la chose, réfléchir à cette histoire était une chose, et que de formuler la vérité du prince de Faërie en était une autre.

- Il m’a avoué avoir une querelle avec Lionel. Il ne désirait pas s’épancher sur le sujet, mais m’a affirmé avoir deviné son penchant grâce à sa magie. Notre prince est un mage de vérité. Il s’agit d’une magie qui demande une certaine rigueur morale, Marjolaine… Je ne sais pas… Je ne sais plus.

Le revers de sa main sur son front, ses yeux soudainement plein de chagrin, elle rivait sur sa précieuse amie un regard larmoyant.




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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyVen 23 Fév - 14:28

D'un simple geste de la main, elle assura son amie que ce n'était rien et qu'il était hors de question de la recevoir avec moins d'égards.  Peut-être certains voyaient-ils dans ses affections chaleureuses et débordantes pour Gabrielle quelque injustice pour sa dame de compagnie Faustine, connue aussi pour être sa meilleure amie, injustice peut-être attribuée à une distinction de rang, mais il n'en était rien aux yeux de Marjolaine.  Elle pouvait gâter quotidiennement la mage outreventoise, mais les visites de la princesse cibellane étaient beaucoup plus espacées et elle cherchait à rattraper le temps perdu en ces quelques moments passés ensemble.  Il y avait une telle différence entre ses deux amies qu'il lui semblait complètement insensé qu'on puisse les comparer ou mesurer l'affection qu'elle leur portait.  De toute la tendresse de son cœur, la duchesse lagrane aimait les deux jeunes femmes, emplies de belles qualités.  Deux femmes à l'importance égale dans sa vie, deux femmes sur qui elle savait compter et qui pouvait compter sur elle en toute circonstance.  Elle aurait été peinée de savoir que l'une ou l'autre puisse ressentir une quelconque jalousie envers l'autre.  Elle n'espérait d'ailleurs que de les voir s'apprécier pleinement elles aussi, elle qui leur trouvait des points communs parfois, elles auraient pu être source de courage l'une pour l'autre.  Pourtant, elle semblait noter une certaine froideur entre elle et elle n'invitait plus Faustine à se joindre à elles, songeant que cela lui était pénible.  Elle ne pouvait pas exiger d'elle d'être toujours à ses côtés et quand Gabrielle était là, elle pouvait au moins s'occuper pour elle-même plutôt que dépendre du bon plaisir de Marjolaine.  Parfois, il lui arrivait de s'inquiéter pour l'Outreventoise : faisait-elle tout il le fallait pour ne pas blesser sa sensibilité?  Elle n'arrivait pas à s'en persuader.  Peut-être n'y avait-il pas tout à fait de moyen pour concilier sa tendresse pour ses deux amies sans en blesser l'une ou l'autre…  Mais il n'était pas temps se pencher sur de telles considérations, ce moment devait être entièrement consacré à Gabrielle qui lui avait demandé une entrevue particulière et devant le secret qui scellait celle-ci, Marjolaine était très inquiète.

Elle ne put masquer complètement sa surprise en entendant dire que le prince Antonin avait requis la présence de Gabrielle.  Elle ne pouvait s'imaginer pourquoi leur futur empereur voudrait s'entretenir avec la princesse.  C'était d'un mystère insondable et elle ne pouvait imaginer les inquiétudes que cela pouvait avoir causé à son amie sachant l'entretien reporté.  Marjolaine tremblait encore en songeant à cette épidémie affreuse qui avait ravagé les mages de Faërie.  La chose avait été horrible et elle avait passé près d'y perdre beaucoup de ses proches.  Dont Gabrielle, qui avait été si courageuse de se joindre aux convois vers Roc-Épine pour tenter de trouver un remède.  Marjolaine éprouvait beaucoup d'admiration pour la force de son amie, d'avoir entrepris un tel voyage, dangereux et loin des siens.  Elle ne songeait pas d'ailleurs que sa tendre amie pourrait la surprendre encore en lui annonçant le réel motif de sa visite au palais impérial.

À l'annonce de celle-ci, elle se contenta de garder un silence mesuré.  Il lui apparaissait inconcevable que telle nouvelle fut vraie.  Enfin, elle connaissait très peu le comte de Rivepierre et il y avait eu quelques rumeurs peut-être en raison de son long célibat, mais si la duchesse de Cibella l'avait jugé en droit de courtiser sa sœur, il ne pouvait y avoir pareil anguille sous roche.  Pourtant, elle ne pouvait que s'accorder avec les propos de Gabrielle : on ne pouvait pas non plus prendre à la légère une telle révélation d'un mage de vérité… qui plus est l'héritier de Faërie.  Néanmoins, elle ne pouvait également s'empêcher de trouver étrange l'intérêt de celui-ci pour la princesse.  Après tout, entre elle et son prétendant outreventois, il n'était pas tant question d'amour que d'un mariage politique et il n'y avait aucun intérêt pour le prince de l'empêcher de se produire…

Devant le désarroi de sa compagne, elle n'eut que le geste le plus naturel du monde, elle passa un bras autour d'elle et caressa doucement ses cheveux soyeux.

« Oh Gabrielle…  Voilà en effet une nouvelle à ne pas prendre à légère…  Mais peut-être y a-t-il un malentendu?  Voilà bientôt près d'un an que le comte de Rivepierre te fait la cour, certainement il doit y avoir une explication… » murmura-t-elle.

En vérité, bien qu'elle ne soit pas particulièrement ouverte à ce genre de mœurs, Marjolaine se montrait plutôt tolérante à ce sujet.  Elle serait fort désolée toutefois de savoir une amie dans pareille situation, même pour un mariage de convenance.  Ne pas avoir d'affection au moment des noces étaient une chose, mais cela pouvait se développer par après.  Elle-même n'avait pas connu ce genre de situation, elle supportait avec patience les infidélités de Denys et lui pardonnait dans la bonté de son cœur et l'immensité de l'amour qu'elle éprouvait pour lui, mais elle savait que la douleur aurait été incommensurable s'il ne se contentait pas de la tromper et qu'en plus il lui préférait l'autre sexe.  Elle ne souhaitait à personne les infidélités de son compagnon, mais elles restaient plus supportables encore que quelques autres situations.

« Il serait difficile de demander au comte lui-même la vérité à ce sujet, » ajouta-t-elle en réfléchissant.  Les mots s'adressaient plutôt à elle-même qu'à son invitée, mais elle préférait laisser le fil de ses réflexions se dérouler à voix haute.  Elle jeta un regard de biais à la princesse, désolée de la voir dans cet état.

« Mais en vérité, ma chère amie, cela n'est important que si…  Nous savons que la cour qu'il a commencé à te faire était d'abord et avant tout due à des raisons terre à terre, avec le temps, les choses ont pu changer.  Gabrielle, l'aimes-tu?  Tu sais que je ne te forcerai jamais aux confidences et s'il te plaît de garder la réponse en toi-même, je ne te demanderai pas de me le dire, mais il faut que tu y réfléchisses toi-même.  Je ne voudrais pas te voir dans une situation où ton époux se trouverait dans le lit de quelqu'un d'autre, mais je voudrais encore moins te savoir malheureuse d'entretenir des sentiments qui ne seront jamais réciproques… »

La voix de Marjolaine tremblait quelque peu.  Pendant longtemps, elle-même n'avait pas su si l'affection qu'elle portait à Denys lui serait également rendue.  Peut-être l'aimait-elle plus, elle ne pouvait le calculer, mais elle avait la satisfaction en elle de savoir qu'à sa manière, il se préoccupait d'elle.

« Comptes-tu accepter la proposition du comte de Rivepierre?  Je sais que c'est le parti le plus avantageux, mais serais-tu heureuse en devenant la maîtresse de sa maisonnée?  Si vraiment il te plaît et que tu décides d'unir ta vie à la sienne, certainement, il ne pourra rester insensible à tes charmes, il changera.  Peut-être même a-t-il déjà changé, » avança-t-elle avec un certain espoir.  Gabrielle était charmante, un homme ne pourrait pas lui rester indifférent en partageant sa vie avec elle.  Elle y croyait fermement la jolie lagrane.  Songer qu'un homme pourrait préféré l'un des siens à une femme aussi bourrée de qualités que son amie était une idée inconcevable pour Marjolaine.





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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyMer 7 Mar - 16:28

La tête nichée contre l’épaule de Marjolaine, il lui semblait que ses problèmes trouveraient soudainement une solution et que l’avenir n’était pas aussi sombre et incertain qu’il lui semblait, quelques heures plus tôt. Gabrielle laissa la délicate Lagrane caresser ses cheveux en quelques gestes rassurants et se laissa porter par ses paroles. Elle disait vrai, Marjolaine. Le malentendu était probable, tout autant qu’une conversation avec Lionel semblait impossible. Ils s’étaient vus à quelques reprises, avaient échangé un baiser et entretenaient une correspondance soutenue, mais… N’était-il pas près de Gaëtane? N’était-ce pas une simple machination de sa soeur pour sauver les apparences d’un proche, au détriment de sa propre soeur? Gabrielle la savait capable de tout : se servir d’elle pour assurer sa descendance ou encore pour servir de façade au frère de Livien, y avait-il seulement une différence? Les larmes affluaient une fois encore sur ses joues, et la princesse s’empressa de les chasser, s’en remettant plutôt aux paroles pleines d’espoir de son amie.

L’aimait-elle, ce comte de Rivepierre? Il était trop tôt pour le dire, et leurs quelques rencontres ne suffisaient sans doute pas à l’affirmer. Il avait un charme certain et semblait savoir quelle attitude adopter en toutes circonstances, qualités qui fascinaient la princesse incertaine et peu assurée qu’elle était. Son affection infinie pour Livien jouait peut-être avec son coeur, et ses souvenirs d’un homme aussi avenant et bon s’entremêlaient certainement avec l’image qu’elle projetait de Lionel de Rivepierre. Elle ne l’aimait pas, mais elle pourrait l’aimer. Gabrielle en était certaine. Pour le moment, elle se savait charmée par ses attentions et s’était inquiétée pour lui, avec cette guerre incessante. Voilà tout.

- Le prince m’a dit qu’il était injuste que je m’engage auprès de lui alors qu’il n’y aurait jamais d’amour possible, entre nous, que nous en viendrions à nous détester d’être captifs l’un de l’autre. Je sais ce qu’implique un mariage de raison, mais j’espère avoir la chance d’un mariage heureux malgré tout. Je crois.. Je crois que je pourrais m’en contenter. D’un homme qui ne m’aime pas, s’il m’est loyal et fidèle malgré tout. Mais n’est-ce pas cruel de l’emprisonner à moi s’il ne me désire même pas?

Sujet délicat, que celui de la fidélité. Denys était un homme charmant, et si Gabrielle s’efforçait d’ignorer quelques rumeurs à son sujet, elle pouvait douter qu’il ait déjà croqué quelques demoiselles autres que sa tendre épouse. Elle savait également que les paroles d’Antonin étaient chargées de vérité, si ce qu’il avait deviné s’avérait vrai. Gabrielle s’engagerait dans un mariage sans finalité heureuse. S’il était vrai qu’il affectionnait la gente masculine, s’il était vrai qu’elle n’exigerait que la fidélité, ne se condamneraient-ils pas à une haine mutuelle, à travers les ans? Peut-être était-ce la solution : se marier sans s’aimer, se couvrir d’amants. L’image du palais ducal de Sombreciel s’imposait à son esprit, et le souvenir d’une autre vie, celle où elle était la dernière épouse du jeune Castiel de Sombreflamme, lui revenait.

Un soupir tout juste retenu, et Gabrielle se retira de l’épaule de Marjoline pour revenir enserrer sa tasse fumante si réconfortante. Elle ne pleurait plus mais sa voix portait encore quelques tremblements trahissant son émotion.

- Gaëtane a exigé… Des conditions, Marjolaine. De terribles conditions. J’aime Cibella, je l’aime si fort, mais je ne cesse de m’imaginer qu’il s’agit là d’un caprice et non pas d’une nécessité, pour sa descendance. Elle a exigé au comte de Rivepierre nos premiers enfants. Mes enfants. Elle ne m’a jamais parlé d’un tel sujet, et le fait de la savoir organiser mon avenir avec mes prétendants…

La Cibellane secouait la tête de dépit. N’était-elle pas princesse? N’était-elle pas héritère de Cibella, jusqu’à ses épousailles? Pourquoi Gaëtane ne la considérait même pas pour un sujet aussi important qui la concernait, elle, uniquement? Elle prit une gorgée de son infusion et le breuvage si doux et délicat lui semblait désormais amère.

- Je comptais accepter. Je compte accepter ces conditions, puisque ma duchesse doit les imposer à chacun de mes prétendants. Vivre recluse en Outrevent, protégée par mon cousin et Lionel, me semble l’option la plus logique, m’offrant une vie bien loin de ce manque constant de reconnaissance. Cibella me manquera, mais je suis convaincue que Lionel accepterait que je visite mes proches, si Rivepierre est convenablement administré.

Un rire petit, un rire qui n’était pas joyeux, toutefois, traversa ses lèvres. La princesse reposa sagement la tasse peinte pour se tourner vers Marjolaine. De ses mains, elle accueillit les siennes et les serra pour la rassurer. Elle se doutait que les sujets soulevés devaient troubler sa tendre amie. Gabrielle la savait épanouie dans sa maternité : Marjolaine excellait en tant que mère. Elle savait qu’une telle requête, provenant de Gaëtane, rendrait son coeur bien douloureux par compassion. Son sourire n’était pas grand, mais il était là, comme une promesse de jours meilleurs.

- Antonin de Faërie m’a fait une proposition… Il désire apprendre à me connaître. Il désire s’assurer qu’une complicité puisse exister, entre nous, avant de prétendre à ma main. Nous avons parlé, et il m’a avoué que ma position était avantageuse, que… Que l’arrivée des magies scellés demanderait d’être accueillie avec sagesse. Crois-tu, Marjolaine, que je doive l’attendre, ou devrais-je me montrer loyale à Lionel ?

La réponse était évidente, et Gabrielle la connaissait déjà. L’entendre des lèvres de Marjolaine, toutefois, l'apaiserait plus encore.




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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptySam 10 Mar - 1:46

L'outrage ressenti par Marjolaine à l'annonce des conditions imposées par Gaëtane se peignirent rapidement sur son visage.  La Lagrane était complètement sous le choc.  Ayant toujours préférée Gabrielle qui était de son âge à sa sœur, elle connaissait très peu la duchesse Cibellane et n'avait entretenue avec que des relations essentiellement diplomatiques.  Toutefois, bien qu'elle la savait ferme, elle n'aurait jamais songé qu'elle exigerait un tel sacrifice de la part de sa cadette.  Lui retirer ses propres enfants.  C'était d'une cruauté!  Elle n'arrivait pas à croire qu'elle n'était pas en plein rêve ou qu'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie.  Seul le visage sérieux et peiné de sa tendre amie lui confirmait le contraire.  Elle ne pouvait pas cette fois imputer telle chose à un malentendu.  Quelle difficile décision à faire.  La duchesse admirait tant d'abnégation chez la princesse cibellane, mais n'aurait-elle pas dû être un peu plus égoïste et songer à elle?  Elle savait l'amour pour sa patrie que sa compagne éprouvait, mais pouvait-il surpasser son amour paternelle?  Marjolaine savait très bien qu'entre Lagrance et se filles, si elle devait sacrifier quelque chose, ce serait certainement Lagrance.  Elle adorait son peuple, elle aurait décroché les lunes jumelles pour lui, mais elle aurait fait encore plus pour Rose ou Raiponce.  Autant attristée pour son amie, elle était un peu colère de la voir se soumettre autant.  Elle était peut-être la princesse de Cibella et cela impliquait certainement des responsabilités, mais devait-elle vivre une vie de malheur pour se punir d'être la sœur d'une duchesse?

Marjolaine était trop confuse par ses sentiments pour répondre quoi que ce soit à ce discours résigné de son amie et elle pouvait sentir qu'elle n'aimait pas Lionel de Rivepierre.  Pas comme elle-même aimait Denys malgré ses écarts de conduite.  Elle plaignait sincèrement son amie qui était prête à accepter ce genre de vie sans protester.  Elle rêvait de mieux pour elle.  Elle retint un soupir et tenta comme elle le put de masquer sa douleur.  Elle ne voulait pas accabler Gabrielle plus qu'elle ne l'était déjà en y ajoutant ses propres sentiments.  Ce dont elle avait besoin en ce moment, c'était d'une épaule où s'épancher et elle la lui offrirait de bonne volonté.  Quand elle s'empara de ses mains, Marjolaine les serra à son tour d'une pression amicale.

La nouvelle suivante par contre la surprit.  Beaucoup.  Elle n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle.  Antonin de Faërie était encore un enfant auprès d'elles d'eux à ses yeux.  Et son ascension au titre d'héritier était encore si fraîche qu'elle en avait même oublié qu'il devrait lui aussi songer à ses épousailles un jour.  Et en effet, Gabrielle pouvait être une prétendante à ce titre.  Elle était la princesse du duché de la Magie, elle était généralement appréciée.  C'était une alliance avantageuse pour les deux partis, aucune autre princesse n'était en âge de se marier.  Gaëtane n'avait pas d'enfant, Rose, Raiponce et Bertille étaient toutes les trois beaucoup trop jeunes pour être offerte en mariage à Antonin.   Et en cas, si Gabrielle acceptait, jamais sa sœur ne pourrait prétendre mettre la main sur ses enfants.  Néanmoins, il ne fallait pas agir avec précipitation.

« Cette nouvelle me ravit, vraiment.  Le prince!  Je n'y aurais point pensé moi-même.  Il est un peu jeune certes, mais peut-être pourrait-il te convenir ma chère amie.  S'il n'était pas mage de Vérité, j'exprimerais peut-être quelques réserves toutefois.  Juste après avoir cherché à te détourner d'un prétendant, il se propose d'apprendre à te connaître pour lui reprendre ce titre. »

Marjolaine avait parlé avec franchise de ses réserves sur ce genre de démarches.  Elle ne connaissait pas le jeune prince, elle ne pouvait se fier à rien pour juger de ce qu'il en était réellement.  Il était difficile alors de conseiller avec discernement son amie.

« Gabrielle, je me dois d'être franche avec toi.  Te crois-tu vraiment capable d'être heureuse avec Lionel?  Je sais que tu ne peux pas accepter le premier parti venu, que tu dois prendre en considération son rang, sa fortune, mais serais-tu vraiment capable de vivre sans amour?  Denys n'est peut-être pas le mari idéal aux yeux de beaucoup de femmes et peut-être ne m'aime-t-il pas autant que moi je l'aime, mais l'aimer me suffit.  Malgré ses tendances regrettables, il ne manque pas d'attention envers et moi la plupart de ses gestes sont teintés d'affection.  Mon mariage était tout autant de raison, bien que guidé par une amourette, et si j'y ai trouvé parfois de la tristesse, il me comble.  Parce que je l'aime lui, les enfants et le peuple lagran. »

Marjolaine marqua une pause légère.  Elle n'avait pas pour habitude de s'étendre, même une peu, sur les torts de son époux envers elle et préférait mettre de l'avant tout le bonheur de sa situation de femme mariée

« Mais si tu acceptes le comte de Rivepierre, sans donner sa chance à son altesse le prince Antonin, seras-tu heureuse?  Non mon amie, je sens de la tendresse en toi, mais pas de celle qui unit un homme et une femme, pas à son égard.  Si tu te maries avec lui, que tu ne l'aimes pas et qu'il ne t'aime pas, vous n'aurez pas même la joie et la complicité d'être parent.  Quand tes enfants te seront arrachés, vers qui te tourneras-tu pour te consoler?  En toute franchise, même sans la proposition que l'on vient de te faire, tu devrais y réfléchir.  On ne vit qu'une fois Gabrielle.  Et j'aimerais te voir plus heureuse que tu ne l'es maintenant. »

Elle décida de s'arrêter là pour le moment.  Elle ne pouvait indiquer la voie à prendre à la princesse.  Elle-même saurait mieux vers où tendaient ses plus grandes chances de bonheur.  Marjolaine ne pouvait que la conseiller, lui parler de ses propres expériences de vie.  Elles avaient peut-être le même âge, mais Marjolaine était déjà mariée depuis longtemps et elle avait pu constaté quelles pouvaient être les douleurs du mariage.





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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptySam 10 Mar - 2:43

En voyant le visage défait de Marjolaine, en contemplant ses yeux clairs si tristes de ses confidences, Gabrielle les regretta presque. Comme elle aurait apprécié retenir ses mots et ses doutes, les garder en elle encore un peu, plutôt que de contaminer la douce Lagrane de son chagrin et de ses incertitudes. Ses mains contres les siennes, les traits chagrinés en parfait reflet des siens, la Cibellane écoutait les appréhensions et la réserve de cette amie bien plus expérimentée qu’elle, sur l’étrange route du mariage. Même si les paroles de Marjolaine promettait un ravissement, Gabrielle n’était pas dupe et percevait bien qu’un petit quelque chose l’empêchait d’être pleinement heureuse pour elle. Au fil des explications de son amie, la princesse en vint à la conclusion que les mêmes doutes taraudaient son esprit, depuis la ville. Pourquoi Antonin de Faërie avait-il imposé une telle rumeur - vérité ? - pour ensuite se proposer comme nouveau prétendant dans cette course acharnée? Cette affaire n'inspirait rien de très honorable, autant véridique que fausse.

- C’est ce qui occupe mon esprit depuis mon retour au Ru-d’Argent, Marjolaine… Entre mage de vérité et querelles de Chevaucheurs, je ne sais plus où me situer. J’ai cette impression terrible de me retrouver au centre d’une guerre qui n’est pas la mienne.

Elle s’était cantonnée dans un silence nouveau, alors que Marjolaine reprit parole. Ses paroles teintées de sagesse semblaient faire écho à ses pensées, et Gabrielle, confortablement posée près d’elle, se contentait d’acquiescer petitement pour l’encourager à la parole. Lorsqu’elle la questionna sur sa capacité à être heureuse, auprès du comte de Rivepierre, la Cibellane se contenta d’un sourire léger comme une plume. Malgré ses incertitudes, malgré ses défauts, malgré son manque d’assurance, Gabrielle se savait avoir le bonheur facile. Ru-d’Argent et ses habitants la rendaient heureuse et fière. Ses amis proches et lointains. Gabin et ses étourderies de libération de dragons gonflaient son coeur d’un amour entier. L’avenir ne lui promettait rien, incertain, tout comme elle l’était. Peut-être ne trouverait-elle pas un amour puissant et terriblement romantique auprès de Lionel, mais l’intuition d’un respect et d’une tendresse la tenaillait. Assez pour que le doute perdure, à son esprit, malgré la promesse flamboyante du prince de Faërie.

Puis les travers de Denys, et Gabrielle fronça imperceptiblement les sourcils tout en réaffirmant sa prise sur la main de sa chère Marjolaine. Personne n’était parfait, et sans doute certains travers étaient-ils plus acceptables que d’autres, mais… Mais comment tolérait-elle ainsi les écarts de son époux? En avait-elle seulement le choix? Ses arguments semblaient vraies, et Gabrielle, malgré le chagrin évident de savoir son amie triste d’une quelconque manière, les accepta de quelques hochements de tête. Sans doute l’était-elle partout, mais il était vrai qu’en Cibella, la tromperie était particulièrement mal perçue, plus encore lorsqu’un homme osait ainsi faire affront à son épouse. Marjolaine était appréciée de son peuple. Elle avait offert à son duché et son époux deux ravissantes princesses et, malgré les grossesses et le mariage, avait gardé une joliesse fraîche. Qu’attendait-il de plus? ..Ou peut-être, simplement, ne pouvait-il pas s’en empêcher?

Ce furent ses dernières paroles, quant à la vie unique dont elles disposaient, qui embuèrent ses yeux et laissèrent de grosses larmes glisser sur ses joues. Un sanglot, petit, s’échappa de ses lèvres lorsque Gabrielle constata la chance incroyable qu’elle avait, d’être si bien entourée et si bien guidée alors que la vie lui semblait bien moins simple, depuis quelque temps, déjà.

- Oh… Marjolaine… Comme j’aurais aimé que nous soyons soeurs, ou…

Elle détacha enfin sa main de la sienne pour mieux essuyer ses joues, les yeux brûlants d’avoir trop pleuré, et de pleurer encore et encore. La vie n’aurait-elle pas été plus douce avec une petite soeur semblable à Marjolaine? Assurément. Devant elle, Gabrielle ne sentait aucun jugement, aucune malice, aucun calcul.

- Je sais que… Je sais qu’elle brisera quelque chose, lorsqu’ils seront siens. Je le sais, je le sens, Marjolaine. J’essaie, parfois, de m’imaginer, mais le vide qu’ils laisseront me semble impossible à combler. Lionel.. Je l’ai questionné sur ses gens, sur leur pardon de voir un héritier partir pour Cibella. Il est confiant. Il essaie de l’être.

Se calmer. Elle devait se calmer. La Cibellane inspira profondément afin de mieux refouler ses larmes et de tenter de dompter sa voix tremblante. Le regard tendre que lui portait son amie l’encouragea à poursuivre, malgré la peine, malgré tout.

- J’ai peur de ne pas être assez solide, pour Antonin de Faërie. J’ai peur de perdre ma liberté qui déjà m’échappe. J’ai peur d’échouer, de donner raison à ce manque de reconnaissance… De n’être, finalement, que l’ombre de Gaëtane, et d’avoir été naïve de mériter pareil prétendant.




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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptySam 10 Mar - 3:54

Le sanglot que laissa échapper Gabrielle brisa le cœur de Marjolaine.  Elle n'avait pas eu l'intention de faire pleurer son amie avec ses mots et l'impression qu'elle était responsable de cela ne pouvait pas s'effacer de sa conscience.  Elle qui ne désirait que réconforter la princesse, elle lui avait causé plus de peine que de réconfort.  Un instant, emplie de mauvaise foi, elle ne put s'empêcher de maudire Gaëtane d'être une sœur aussi indifférente à sa cadette, sans chercher à l'excuser comme elle le faisait en temps normal, incapable de croire qu'une personne ne soit complètement noire.  La duchesse de Cibella excellait peut-être dans ses fonctions, mais elle était très certainement emplie de toute la hauteur de ses habitants pour traiter ainsi sa propre sœur, celle qui partageait son sang.  L'idée folle d'aller la trouver et d'utiliser la magie du sang pour régler cette question d'héritier une bonne fois pour toute et qu'elle laisse la pauvre Gabrielle tranquille.  C'était impossible, mais elle sentait son sang bouillir à la vue de son amie qui pleurait.  Les larmes qui coulaient sur ses joues, elle cherchait à les essuyer doucement, pour cacher les tristesses de son cœur et Marjolaine partageait son sentiment.  Tout aurait été mieux si elles avaient été sœurs.  Jamais elle ne l'aurait traitée de la sorte.  Exiger d'elle tant et lui donner si peu.  La Lagrane était peut-être encore plus indignée de la situation que ne l'était la Cibellane elle-même.  Marjolaine avec quelques frères et sœurs, les enfants de son père et Campanule, elle était beaucoup plus âgée qu'eux et pourtant… jamais elle n'aurait exigé les enfants de l'un de ses sœurs pour régler ses problèmes personnels d'infertilité.  Elle avait choisi le moyen de remédier au problème de sa situation.  Ce n'était pas le plus idéal peut-être, mais elle travaillait à son bonheur comme elle le pouvait.

Elle songeait elle aussi à ce vide, cette douleur que ressentirait Gabrielle, même en sachant qu'une fois sa grossesse terminée, elle devrait abandonner ce petit être à sa sœur.  C'était impossible.  On ne pouvait exiger d'une mère qu'elle renonce à ses petits, peu importe ce qui en était de l'amour qu'elle portait au père de ceux-ci.  Surtout si elle n'aimait pas le père de ceuxi-ci même.  Dans un mariage de convenance, les enfants étaient ce qui soudait le mieux l'union.

« Oh Gabrielle, je suis si attristée de savoir à quels maux tu dois faire face.  Je n'avais rien deviné de tes craintes.  Peux-tu me pardonner? »

Sa voix tremblait, tout comme sa main qui se levait pour essuyer une larme qui avait échappé à Gabrielle.  Peut-être n'était-elle pas une aussi bonne amie qu'elle ne le croyait.  Pourtant, si elle voulait se rattraper de son manque d'attention pour son amie, elle devait lui prodiguer de sages conseils, l'aider à faire le tri dans ses sentiments et lui permettre de réfléchir à tête reposée pour qu'elle se sente capable de faire un choix éclairé.

« Mais ma tendre amie, ma presque soeur, vas-tu laisser tomber cette opportunité simplement parce que tu as peur?  Peur de n'être que l'ombre de Gaëtane?  Si tu n'essaies jamais rien par crainte d'échouer ou de ne pas être celle que tu crois, tu ne deviendras jamais celle que tu devrais être.  Au-delà de tout le reste, la proposition d'Antonin de Faërie te fait-elle vaciller?  Si tu es décidée à épouser Lionel et à te contenter d'un bonheur minimal, tu peux le faire.  Je le crois être un homme bon et il ne manquera pas de te traiter avec égards, je n'en doute pas.  Peut-être les intentions du prince sont-elles floues, mais peut-être ne pense-t-il réellement qu'à bien.  Mais si tu ne lui offres pas sa chance tu ne le sauras pas.  Et tu ne sauras jamais si justement tu n'es pas plus que l'ombre de ta sœur. »

Marjolaine était partiale et elle le savait, c'était pour cette raison qu'elle n'avait pas contredit ses propos.  De crainte qu'on lui dise que son amitié pour elle l'aveuglait.  Marjolaine savait que Gabrielle n'était pas Gaëtane, mais si elle était différente d'elle, elle ne lui était pas inférieure.  Elle reprit entre les siennes les mains de Gabrielle.

« C'est ton destin.  Je suis là pour t'encourager.  Tu es beaucoup plus forte que tu ne le crois.  Et cesse de te comparer à Gaëtane.  Le jour où tu ne le feras plus, les gens verront briller le magnifique joyaux que tu es.  Il faut que tu laisses les rayons du soleil t'atteindre. »

Elle lui adressa un sourire confiant, bien qu'elle était déchirée de l'intérieur, attristée de voir son amie dans un tel état.

« Et ne laisse pas Gaëtane te les prendre.  Les enfants.  Ne laisse jamais quiconque s'emparer de ce qui t'es le plus cher.  Et quand tu seras mère, tu comprendras.  Même toute la loyauté à un duché ne peut se mesurer à l'amour que l'on porte pour un être qui a grandi dans nos entrailles. »





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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyMar 13 Mar - 21:16

C’est en entendant Marjolaine lui demander pardon pour n’avoir rien deviné que Gabrielle l’attira vers elle, en douceur, afin de lui offrir une éteindre aussi tendre que son chagrin était vif. Elle épancha sa peine sur son épaule, une fois encore, laissant quelques traces humides de ses états d’âme sur le tissu délicat de sa robe. Aucune faute ne l’incombait, exactement aucune, et la Cibellane regretta surtout de ne pas avoir visité plus souvent la duchesse afin de la mettre dans la confidence plus tôt. Tous vivaient des préoccupations, quant à une union probable, il était vrai. Mais Marjolaine partageait avec elle une sensibilité certaine. En relevant son minois vers celui de Marjolaine, elle laissa paraître un pâle sourire en la voyant chasser ses larmes avec grand sérieux. Le simple fait de se confier à elle semblait soulager son coeur d’un désespoir bien lourd.

Elle écouta sagement ses paroles dans un silence parfait. Marjolaine semblait lui dire avec précision ce qu’elle redoutait, mais également ce qu’elle espérait. Des paroles réconfortantes, des paroles qu’elle aurait apprécié entendre des lèvres de son aînée, dès le jour où elle s’était sentie invisible devant elle. Jusqu’où pousserait-elle son indécision et son manque d’assurance, jusqu’où fuirait-elle sa vie, par crainte que ce manque constant de reconnaissance perdure? Elle était sans voix, Gabrielle, dénuée d’arguments valables ou de propos logiques. Mais elle acquiescait. Elle comprenait. Elle était reconnaissante, aussi. C’était sa vie, qui se jouait. Elle était Cibellane. Princesse de Cibella, même. Gabrielle était la seule à avoir un contrôle de sa destinée, par ce choix compliqué et terrifiant de choisir son promis.

- Je vais patienter qu’Antonin se propose ou qu’il se soustrait à mes prétendants, et je ferai mon choix rapidement, dès ce moment. ..C’est ma vie, dont il s’agit. Tu as raison, Marjolaine. J’ai la chance d’être née en Cibella, la chance de décider. Si tu savais comme j’aimerais qu’elle me regarde comme tu me regardes, qu’elle croit en moi aussi sincèrement que toi.

La princesse s’était soustraite aux mains de Marjolaine afin de reprendre un peu de contenance, en dépit de ses yeux rougis et irrités d’avoir eu trop de peine. Elle glissa le revers de sa main sur sa joue afin d’essuyer les dernières traces de ses pleurs puis se lova plus confortablement sur le canapé de manière à faire face à la jolie duchesse. Une main, distraite, à retirer un pli ou un autre de son jupon, Gabrielle se laissa aller à quelques confidences.

- Gaëtane s’est toujours montrée distante. Elle ne voyait que son rôle d’importance, même petite fille, mais il est vrai que le décès de Livien l’a affectée, quoi qu’elle ait laissé paraître. Je crois que son ravissement à voir Lionel comme mon époux est lié à cette perte, Marjolaine… Je lui souhaite de la joie, de la légèreté. Je lui souhaite un époux qui saura réchauffer son coeur et son âme. Je me le souhaite également.

Afin de souligner ses souhaits très certainement irréalistes, elle tendit la main pour cueillir sa tasse délicate. Elle la leva, non sans un sourire ténu mais chargé d’une pointe de coquinerie, puis en savoura une gorgée désormais tiède.

- Je ferai le choix qui me semblera le plus avisé, tant pour ma lignée que pour mon propre avenir, ma propre vie. Dès que toutes les cartes seront posées, je choisirais. Si tu savais comme il m’est doux de savoir ton affection sans limite, Marjolaine, et ton écoute, et ton soutien... Sache que mon amitié à ton endroit ne se mesure pas et que tu es la bienvenue au Ru-d’Argent, tout comme je le suis ici, à tes côtés.

Dans ses yeux, des larmes nouvelles. Des larmes qui n’étaient toutefois pas chargées de tristesse ni de chagrin. La princesse se contenta de reprendre la main de Marjolaine dans la sienne et de lui sourire. Pour vrai, cette fois. Un sourire à faire rehausser sa fossette unique, un sourire plein de chaleur et de reconnaissance.




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Message Sujet: Re: D'une tendre inquiétude   D'une tendre inquiétude EmptyJeu 15 Mar - 18:45

Elle était fière Marjolaine de sa jolie Gabrielle.  Elle savait qu'avec un peu d'encouragement, elle arrivait à lui faire voir plus clair et aurait la satisfaction de la voir faire un choix qui la rendrait heureuse.  Elle pouvait attendre et voir ce que le prince de Faërie lui offrirait, peut-être ne la courtiserait-il pas finalement.  Elle faisait le bon choix tant que cela lui permettait de vivre pleinement et de faire son propre choix.  Peut-être sa relation fraternelle avec son aînée n'était pas au beau fixe, mais elle avait raison de reconnaître cette chance d'être en Cibella.  La Lagrane n'avait pas à déplorer d'être née en Langrance elle-même, elle y avait toujours jouit d'une certaine liberté et son manque d'implication dans la bonne société quand elle était jeune, c'était parce qu'elle était issue d'une noble famille dont les membres étaient mages du sang.  Cela toutefois ne l'avait pas rendue malheureuse.  Elle avait grandi isolée une bonne part de sa vie, jusqu'à l'adolescence, quand elle fut rejointe par Faustine.  Tout comme Gabrielle, elle avait ses propres frères et sœurs qu'elle aimait, mais ils étaient beaucoup plus jeune qu'elle ce qui les avait empêché de se rapprocher et partager certains secrets.  Grande sœur bien aimée, elle avait été la maîtresse des bêtises des siens, cachant discrètement leurs méfaits pour leur éviter punition.  Elle aimait ses cadets, mais elle pouvait comprendre la solitude qui pouvait habiter Gabrielle.  Gaëtane était une femme forte et décidée, il pouvait être si facile de se perdre soi-même à ses côtés si on ne faisait pas attention.

Et devant toute cette preuve sincère d'affection, Marjolaine offrit son plus beau sourire à son amie avant de prendre entre ses jolies mains à son tour l'une des tasses de thé.  Elle en contempla les motifs un instant, l'air pensif.  Pourrait-elle jamais faire quelque chose pour rapprocher les deux sœurs?  Ce n'était pas à elle de le faire.  Un jour, son amie trouverait le moyen de confronter la duchesse Cibellane et de mettre les choses à plat entre elle.  Tout ce qu'elle-même pouvait faire c'était de lui offrir tout son support.

« Tu auras toujours mon soutien ma tendre amie, quelque soit les choix que tu fasses.  Et je serai ravie de te visiter au Ru-d'Argent un jour prochain, dès que mes obligations me le permettront! » promit-elle avec un sourire.

Un instant, ses pensées s'attardèrent sur Gaëtane.  Elle pouvait comprendre pourquoi elle aimerait que Gabrielle s'unisse à Lionel.  Elle cherchait sûrement à entrevoir dans les enfants de sa sœur ceux qu'elle aurait pu avoir avec son époux.  Quelle perte terrible pour la duchesse, veuve et sans enfant pour se rappeler son compagnon.  Marjolaine avait de la peine pour cette femme.  Était-elle aussi forte qu'elle le laissait croire?  Elle en doutait.  Ses affections allaient toutefois d'abord et avant tout à la cadette des deux sœurs et elle reporta bien vite son attention sur elle.  La conversation à ce sujet prenait fin, elle l'avait senti et elle songea qu'il était temps que Raiponce profite de la présence de sa marraine et c'est tout naturellement que Marjolaine demanda à ce que la princesse leur soit amenée et que commença un concert d'exclamations ravies devant la perfection du poupon.  Rose s'introduisit à son tour dans la pièce, réclamant sa part de caresses auprès de la princesse et cette sombre discussion s'envola sans qu'il n'en reste autre chose que les résolutions de la Cibellane.





Marjolaine parle en mistyrose
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D'une tendre inquiétude
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