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 Conversation amicale sur paysage de Vivenefs

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Bertin Vif-Envol
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Message Sujet: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyJeu 14 Déc - 5:52


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Gabrielle de la Volte et Bertin d’Ansemer

Conversation amicale sur paysage de Vivenefs

Visite de Gabrielle à Port-Liberté



• Date : 22 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Doux, mais couvert
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Un message de Gabrielle demandant à le voir, et voilà Bertin qui organise son horaire en conséquence pour pouvoir la recevoir et lui faire voir, ne serait-ce que des remparts du  palais, les Vivenefs qui défilent en ce jour de fête.
• Recensement :
Code:
• [b]22 décembre 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3131-conversation-amicale-sur-paysage-de-vivenefs] Conversation amicale sur paysage de VIvenefs [/url] - [i]Gabrielle de la Volte et Bertin d’Ansemer[/i]
Un message de Gabrielle demandant à le voir, et voilà Bertin qui organise son horaire en conséquence pour pouvoir la recevoir et lui faire voir, ne serait-ce que des remparts du palais, les Vivenefs qui défilent en ce jour de fête.
 











Dernière édition par Bertin d'Ansemer le Mer 10 Jan - 23:35, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyJeu 14 Déc - 5:53

C’était peu après son retour plutôt… catastrophique. Il avait survécu à sa chute, puis à la colère de Quitterie et à celle d’Ambroisie qui lui avait martelé les tempes dès le réveil. Il se remettait, lentement, à l’infirmerie donc, lorsqu’une jeune messagère se présenta à lui avec un message de la princesse Gabrielle de la Volte. Rien que le nom le fit sourire légèrement, et il n’attendit guère plus longtemps que le temps nécessaire à se rendre décemment présentable pour recevoir la note de cette amie qu’il n’avait plus vue depuis fort longtemps lui semblait-il. La note étira davantage encore son sourire, et il se redressa avec une certaine prudence, cherchant de quoi y répondre en discutant de banalités avec la messagère pour passer le temps. Papier et plume trouvés, il écrivit sa réponse avec un peu plus de maladresse qu’à l’ordinaire.

« Ma chère Gabrielle,
Il me ferait plaisir de vous offrir un peu de mon temps. Vous dites passer quelques jours en Ansemer. Peut-être seriez-vous disponible ce 22 décembre ? Le festival des Vivenefs battra son plein à Port-Liberté, nous pourrions nous y aventurer si l’esprit vous en dit, ou observer la cérémonie du palais si cela se prête mieux à vos intentions. Quelle que soit votre préférence, vous aurez ma journée. Faites-moi savoir si cela ne convient pas.
Sincèrement,
Bertin »

Il ne mentionna ni la chute ni les blessures, confiant qu’il serait remis suffisamment pour faire l’un ou l’autre de ces activités au jour proposé. Un peu plus tard ce jour-là, il remonta vers le palais où il paya ses respects à son frère le duc et à sa femme. Il prit place dans son bureau, soupirant en regardant ce que son intendant considérait comme des dossiers urgents sur lesquels il désirait avoir l’opinion du compte. Pas exactement le début de vacances dont il avait rêvé. Il passa à travers quelques documents avant que le sommeil ne le guette, si bien qu’il cessa de travailler, affirmant qu’il ne serait bon à rien sans le sommeil dont il avait tant besoin, mais l’invita à choisir parmi les sujets à revoir les plus importants à lui présenter le lendemain.

Ce lendemain, c’est aujourd’hui, ce 22 décembre. Il s’est levé et vêtu avec soin pour la première fois depuis son retour. Le petit déjeuner avalé avec autant de lenteur qu’il pouvait présenter sans paraître complètement impoli envers son intendant, il se dirigea vers son bureau à pas lents, presque traînants. Il sait fort bien qu’il doit faire ces tâches, mais il n’en a franchement aucune envie. Dans son état actuel, ce dont il veut ce sont les bras de Jehanne, sa chaleur, et beaucoup de sommeil. Mais voilà, il y a des gens en Vivécume sur qui il doit veiller. Il se mettra au travail, espérant secrètement que Gabrielle – dont il ignore l’heure prévue d’arrivée – viendra le délivrer de cette pénible tâche par sa présence.

Il lui tarde de la revoir, d’avoir de ses nouvelles dont il n’a pas eu depuis l’épidémie. Comment l’avait-elle vécue ? Comment allait-elle ? Il n’avait pas eu la chance de lui écrire avant de partir pour le front, si bien qu’il l’ignorait. Cette journée serait la parfaite occasion de se mettre au courant des derniers développements dans la vie de Gabrielle. Il en est curieux et heureux à la fois. Il aura bien sûr prévenu les employés du palais, et à son arrivée on la guidera vers le boudoir où il ne tardera certainement pas à la rejoindre dès qu’il aura été prévenu.








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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyVen 29 Déc - 3:47

Quel joli séjour! L’invitation d’Antonin de Faërie n’avait pas pu mieux tomber. Il y avait déjà un mois que l’Académie avait essuyé la libération de la Chasse Sauvage et, par la même occasion, une attaque sanglante. Les pertes étaient lourdes, pour quiconque appréciait l’Académie. Des enfants issus des premières années, des diplômés avec un avenir glorieux entre les mains, des professeurs ayant marqué des vies. Tant de morts… Avec cette menace terrible qui planait lorsque la nuit approchait, cette crainte effroyable d’être la proie de la prochaine Chasse, la proposition du Chevaucheur semblait d’autant plus délicieuse.

S’enfuir en Ansemer pour profiter des festivités de la fête traditionnelle de Yule. Une première sortie officielle au bras du jeune héritier. Ils s’étaient quittés en matinée, comme convenu, et la Cibellane s’était faite introduire auprès du prince Bertin qui devait certainement l’attendre, à présent.

Elle était joliment vêtue, la princesse de la Volte, sous son manteau bleu roi légèrement échancré. Finement parée à observer toutes les Vivenefs qu’Ansemer pouvait lui présenter. D’une courbette légère, elle s’était inclinée à l’arrivée du prince d’Ansemer en faisant valser, par la même occasion, la plume sombre ornant son couvre-chef. Comme toujours, Gabrielle se pliait devant l’étiquette jusqu’à ce que le domestique se retire enfin, les laissant seuls derrière les portes closes.

- Quel plaisir de vous revoir, Bertin..!

La Cibellane lui avait tendu sa main gantée afin d’y recevoir ce baiser tant attendu, entre la chaleur de l’amitié et cette distance protocolaire qu’elle peinait à abandonner, même ici, dans cette pièce isolée. Il s’était fait beau, le Chevaucheur, sous ses vêtements soignés, et Gabrielle eut la certitude que ce jour de fête serait remarquable, à ses côtés.

- Je vous remercie d’avoir répondu favorablement à ma requête. Je vous ai laissé bien peu de temps pour me recevoir… J’ai adressé mes respects à votre frère, Son Altesse Bartholomé, ainsi qu'à son épouse, dès mon arrivée. Je ne me voyais toutefois pas quitter votre duché sans avoir profité de votre présence.

Son sourire s’illuminait déjà, creusant une fossette à sa joue. Une seule. Légère asymétrie. Elle n’osait pas s’avancer plus dans ce boudoir, ni prendre l’initiative de se poser sans y avoir été conviée. Allaient-ils seulement s'asseoir, alors qu’ils avaient convenu d’inspecter les fameuses Vivenefs?

- Il me semble qu’aujourd’hui plus qu’un autre jour, nous ayons besoin de nous divertir et de chasser la tristesse. Depuis cet été, les événements tragiques se succèdent à un rythme effroyable… Je suis ravie, Bertin, de vous voir en parfaite santé.

Il y avait eu cette maladie mortelle touchant les enfants d’Aura, jusqu’en septembre. Le convoi, la faiblesse, la fièvre, les morts. Il y avait eu cette libération de la Chasse Sauvage qui faisait encore des ravages, nuit après nuit. Des morts, toujours. Il y avait eu la guerre qui perdurait, encore et encore. Mais ils étaient là, bien vivants, l’un devant l’autre, et cette vision apaisait un peu le coeur de la Cibellane. Les yeux légèrement humides d’émotion devant leurs retrouvailles inespérés, elle tendit la main sur son bras pour y exercer une faible pression.

S’ils avaient encore du temps pour admirer la joliesse des Vivenefs, s’ils avaient encore assez de douceur dans leur coeur pour se sourire et apprécier les festivités, alors tout n’était pas perdu.




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyLun 1 Jan - 4:06

Il s’avance, la démarche un peu raide, comme s’il avait musculairement pris un coup de vieux. Mais elle a peut-être entendu parler de sa chute – il serait étonnant que le peuple se prive d’en discuter, tout comme les domestiques, à voix basse, loin des oreilles de leurs supérieurs, et donc cela ne la surprendra peut-être pas trop. Quoi qu’il en soit, il sourit, s’approchant alors qu’elle s’incline. D’un geste il remercie le serviteur qui les quitte, donc, en fermant la porte. Ce serait sans doute mieux vu s’ils étaient accompagnés, mais Bertin n’a jamais été soucieux des conventions inutiles. Quand elle lui tend sa main gantée, il la prend avec douceur, s’inclinant à son tour pour y poser un doux baiser.

- Je suis ravi de vous revoir également, Gabrielle.

Son sourire est sincère alors qu’il observe, cherchant des réponses aux questions qu’il n’osait pas poser. Avait-elle été fortement touchée par la maladie ? En gardait-elle des séquelles ? Il avait eu peur pour elle, vraiment, et pour d’autres amis aussi dont il avait peu de nouvelles. Mais pour Gabrielle surtout, avec qui il avait gardé contact depuis une douzaine d’années déjà.

- Ne vous inquiétez pas. Si vous aviez envoyé votre messagère plus tôt, j’aurais été incapable de vous répondre. Je ne suis rentré en Ansemer qu’il y a deux jours, et au palais que depuis hier matin. À dire vrai, vous avez eu de la chance. Et moi aussi d’ailleurs. Votre présence est toujours une source de réjouissance ma chère.

Il l’écoute à nouveau évoquer les tragiques événements des derniers mois, hochant la tête avec tristesse. Oui, il y en avait eu, des événements à déplorer, et son sourire se teinte de tristesse à y penser. Il la voit toute émue, et il tend la main lui aussi, la posant légèrement sur son épaule.

- Je suis vivant, et je ne porte aucune trace à présent de cette étrange malade. Les jours aidant je me remettrai de la fatigue du front et tout redeviendra presque normal pour moi. Mais parlez-moi de vous, dit-il alors qu’il retire sa main de son épaule. Vous semblez fort troublée par les événements. Désirez-vous vous asseoir un moment pour en discuter ? Vous voir ainsi dans cet état me donne envie de vous serrer dans mes bras pour vous réconforter, mais j’ai peur que vous le preniez mal…

Il se tait un instant, soupirant légèrement. Ils sont familiers, certes, mais Bertin ne risquerait pas leur amitié. Pas pour un câlin en tout cas. Ce serait bête. Si elle accepte l’étreinte, bien sûr qu’il la serrera contre lui amicalement. Mais jamais il ne la forcerait. Il se garde une petite gêne tout de même. Même pas si petite que ça en fait.

- Je n’ai guerre eu de vos nouvelles depuis l’été.. Et je crois que certains sujets de conversation se prêteraient davantage à ce boudoir qu’aux quais bondés, surtout avec ma démarche. À moins que vous ne préfèreriez les ramparts, en quel cas nous pourrions discuter librement tout en observant les vivenefs au loin… Je ne voudrais pas vous faire rater cette expérience rien que pour combler mon désir de nouvelles de votre part...








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Gabrielle de Faërie
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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyMer 17 Jan - 23:58

En sentant la main du Chevaucheur sur son épaule, en se noyant dans son sourire rassurant, Gabrielle abandonna peu à peu ses doutes et ses inquiétudes. Il se portait bien, il le disait lui-même, et l’épidémie l’avait probablement affectée mais il s’agissait d’un événement lointain. Ça se voyait, sur ses traits, dans son teint, mais malgré tout, quelque chose semblait miner la santé du prince d’Ansemer. Peut-être était-ce en raison de la démarche un peu raide, à son arrivée..? Il vieillissait, malgré son regard pétillant et son impatience légendaire, digne d’un grand enfant. Il vieillissait, certes, mais jamais assez pour expliquer sa démarche. Gabrielle se fit la promesse de l’interroger, dès que l’occasion se présenterait.

Il avait retiré sa main de sur elle, aussi délicatement qu’il l’avait posée, et à la mention de son envie de la serrer dans ses bras, la Cibellane s’empourpra bien malgré elle. Il avait toujours eu cette façon nonchalante de la propulser dans des situations improbables. Si Bertin l’avait embrassée contre lui, très certainement qu’elle se serait pliée à son envie avec une tendresse sincère, malgré ses rougeurs. Le simple fait d’évoquer son possible malaise la rendait précisément mal à l’aise. Elle toussota légèrement, le visage incliné et les traits dissimulés dans l’ombre de son chapeau à plume.

- Je n’ai guerre eu de vos nouvelles depuis l’été.. Et je crois que certains sujets de conversation se prêteraient davantage à ce boudoir qu’aux quais bondés, surtout avec ma démarche. À moins que vous ne préfèreriez les ramparts, en quel cas nous pourrions discuter librement tout en observant les vivenefs au loin… Je ne voudrais pas vous faire rater cette expérience rien que pour combler mon désir de nouvelles de votre part…
- Il me semblait bien que vous n’aviez pas le pas aussi léger qu’à mes souvenirs… Elle secoua la tête, à regret, de savoir l’Ansemarien mal en point. Les remparts me semblent une idée merveilleuse, Bertin, et il me fera plaisir de vous offrir les dernières nouvelles me concernant, en échange des vôtres.

Elle avait retrouvé son sourire mutin, légèrement taquine, en proposant cet échange de nouvelles. Il avait vu juste, malgré tout, le Chevaucheur. La situation l’inquiétait particulièrement, et en parler avec un homme d’expérience la rassurerait peut-être un peu. Gabrielle était peut-être du convoi, au coeur de la maladie, afin de trouver un remède pour les siens, Bertin, lui, était au front et affrontait la guerre. Ils allaient avoir beaucoup à se raconter, la princesse n’en doutait aucunement.

Gabrielle réajusta son manteau fort coquet et suivit le prince dans les dédales du palais. Elle, férue des secrets que l’architecture dissimulait, gardait l’oeil ouvert, alerte, alors qu’ils se dirigeaient vers les remparts. Malgré la Chasse Sauvage relâchée, malgré la trêve qui s’arrêterait beaucoup trop tôt, elle était soulagée de se retrouver seule avec Bertin, sans domestique et sans protecteur. Il s’agissait d’un éclat de liberté, de plus en plus rare, à l’approche de son probable mariage.




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptySam 20 Jan - 5:09

Cette rougeur aux joues, il ne l’aurait pas attendue chez elle, et ça le fait sourire, même s’il n’est pas certain si l’idée même la choque ou si c’est la gêne qui s’empare d’elle. Si Gabrielle avait été une collègue à la caserne, il se serait gentiment moqué et l’aurait assurément prise dans ses bras. Mais ce n’est pas le cas et il a un infime rire en voyant son état.

- Je vois que j’ai eu raison de me retenir.

Ça ne l’embête pas, bien au contraire. Il aurait préféré ne pas la mettre mal à l’aise du tout, évidemment, mais cette gêne passagère lui semble tout de même plus appréciable que le potentiel froid qui aurait pu s’établir entre eux s’il avait été trop entreprenant, même de façon tout à fait amicale.

- Il me semblait bien que vous n’aviez pas le pas aussi léger qu’à mes souvenirs…

Un sourire, un hochement de tête avec l’esquisse vague d’une grimace au visage comme s’il chassait de désagréable pensées. Il ne peut pas nier qu’elle a raison, c’est tout de même évident.

- Cela passera. Rassurez-vous, dit-il d’un ton rassurant.

Il est confiant, après tout. Il sait que Quitterie a fait tout ce qu’il fallait, et qu’il fallait juste à son organisme le temps de se remettre à présent. Son état était déjà particulièrement bon vu les circonstances de son retour quelques jours plus tôt, tout compte fait.

- Les remparts me semblent une idée merveilleuse, Bertin, et il me fera plaisir de vous offrir les dernières nouvelles me concernant, en échange des vôtres.

- Avec plaisir, Gabrielle.

D’un pas il vient se placer à ses côtés, lui offrant son bras de façon galante.

- Permettez ?

Toujours ce sourire. Il semblait heureux Bertin, comme le plus souvent en fait. C’est un bon vivant qui se contente de peu et ne se prend pas – pas trop du moins – la tête avec les ragots et autres difficultés potentielles de sa vie de noble. Il préfère de loin se concentrer sur le positif dans sa vie. Et la présence de Gabrielle l’est, donc il est heureux.

- J’ai eu la chance de discuter avec la duchesse de Lagrance lors de mon court séjour à Edenia. Je savais que vous aviez survécu à l’épidémie, mais elle n’avait guère plus de nouvelles à votre sujet à partager avec moi, commence-t-il alors qu’il l’entraîne calmement vers les remparts. J’espère que vous aurez la patience de rassurer l’inquiet que je suis. J’aurais honnêtement dû vous écrire. J’espère que vous me pardonnerez mon silence. Je ne voulais pas vous inquiéter plus que nécessaire à mon sujet.

Il parle sans se presser, laissant le silence s’installer ensuite tandis qu’ils progressent dans les couloirs du palais jusqu’aux remparts. Il lui ouvre la porte, la laissant sortir avant de la suivre dehors. De leur point d’observation, ils ont une vue sur l’océan qui s’étend devant eux et des Vivenefs qui occupent une place si importante en ce jour. Malgré tout, ce n’est pas les navires qui attirent son regard mais le ciel qu’il observe un moment avant de reposer son regard sur elle en prenant de nouveau place à ses côtés.

- Alors… Que pouvez-vous me dire de la vie de la princesse Gabrielle de la Volte ces derniers mois ?








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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyDim 4 Fév - 16:02

Gabrielle n’avait relâché son bras que lorsque la vue imprenable des eaux s’imposait à elle. Elle sortit la première, le pas léger et le coeur déjà conquis par ce qu’elle voyait devant elle. Si elle vouait à son duché d’origine un amour aveugle et une certaine fierté pour ce qu’elle y voyait de supérieur, Gabrielle avait toutefois la délicatesse d’apprécier les forces des autres duchés. Les jardins de Lagrance et la délicatesse de ses enfants, les paysages sauvages et insoumis d’Outrevent et l’honneur inébranlable de ces hommes. Pour Ansemer, il n’y avait que l’appel de la liberté vive qu’elle parvenait à ressentir, jusque dans son coeur, à la simple vue du large. Antonin de Faërie ne se contentait pas de lui offrir la sécurité d’un mariage profitable. Il lui offrait la chance d’apprécier toutes les subtilités de Faërie.

- La duchesse de Lagrance est une personne remarquable… Elle sait l’importance de la discrétion et est d’une grande délicatesse. Pardonnez-lui les nouvelles bien brèves me concernant ; sans doute croyait-elle préférable que nous nous rencontrions pour en discuter, plutôt?

Il y avait son sourire teinté d’amusement doux, sur ses lèvres. Marjolaine voyait souvent juste, dans le coeur des gens, et Gabrielle était persuadée que son amie, par souci de discrétion quant à sa vie et ses derniers tourments, avait jugé favorable qu’ils discutent des dernières nouvelles de vive voix.

Elle avait approché à pas prudent les remparts pour mieux voir. Le vent était plus fort, ici, et la Cibellane glissa une main sur son couvre-chef pour s’assurer qu’il survivre à cette contemplation. Partout, devant eux, les vivenefs enjolivaient les eaux de leur superbe. Gabrielle n’aurait su en déterminer le nombre exact, mais le spectacle était impressionnant. Ce n’est que lorsque Bertin se plaça à ses côtés que la princesse détourna son attention vers lui. Il semblait songeur, et bien peu porté sur les festivités. Était-il rongé par ce qu’il avait vécu, au front? Était-il inquiet, tout simplement, de l’absence de nouvelles?

- Alors… Que pouvez-vous me dire de la vie de la princesse Gabrielle de la Volte ces derniers mois ?
- Je me suis remise de la maladie ainsi que la longue expédition vers un remède… Je vais bien. Désormais, je dois me concentrer sur mes prétendants. C’est une course, Bertin. Une course qui m’essoufle et m’éreinte, mais une course nécessaire pour ma famille.

Elle se sentait bien petit, bien insignifiante, d’oser se plaindre de cette course furieuse aux prétendants. Gabrielle n’était ni la première, ni la dernière à vivre un mariage où les prétendants se multipliaient ainsi, où ils se querellaient et s’offraient quelques bassesses. Elle qui n’était pas au front, elle qui n’avait connu que la paix grâce aux Chevaucheurs, ressentait un vague malaise à se livrer ainsi

- Je ne suis pas à plaindre, je vous assure. J’ai une chance incroyable dans ce mariage, de pouvoir choisir mon futur époux avec toute la sagesse nécessaire. C’est un choix de grande importance et je crains, Bertin… Je crains de ne pas faire le bon choix. De regretter.

Son regard fixé au sien, Gabrielle s’efforçait toujours de lui offrir un sourire. La situation n’était pas dramatique à l’échelle de Faërie. Il ne s’agissait, après tout qu’un drame pour elle seule, l’éternelle indécise.




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptySam 10 Fév - 19:54

Il la laisse s’avancer, découvrir cette vue qu’il connaît par cœur. Il ne peut s’empêcher de sourire en l’observant qui découvre ainsi une des merveilles de Port-Liberté, et certainement d’Ansemer également. La vue est à couper le souffle lorsqu’on l’admire des remparts. Il y vient souvent pour cette raison, d’ailleurs. La mer lui rappelle Ansemer, et ses devoirs, et le vent qui souffle, toujours plus fort ici que sur la rue, le ciel qui s’étend au-dessus d’eux, lui rappelle la façon dont il y répond. Le vent qui menace d’emporter le chapeau de Gabrielle aujourd’hui, et dont il apprécie particulièrement la caresse sur son visage, à défaut de pouvoir voler pour se changer les idées. De toute façon Ambroisie lui en veut encore.

Il sourit à demi à son commentaire sur Marjolaine, hochant légèrement la tête en signe d’approbation. Elle ne verra peut-être pas le geste, car la voilà qui s’éloigne de lui pour répondre à l’appel des Vivenefs et du paysage océanique qui s’étend devant eux. Il peut comprendre et il est heureux de la voir succomber aux charmes de son duché. C’est de sa position, adossé contre le mur non loin de la porte qu’ils viennent de franchir, qu’il lui répond d’un ton amical.

- Je n’en veux pas du tout à la duchesse de Lagrance, rassurez-vous. J’ai été heureux d’apprendre que vous aviez survécu à l’épidémie et en soi cela signifiait déjà beaucoup pour moi. Je respecte sa décision de ne pas m’en dire davantage. À dire vrai, j’ai beaucoup de respect pour elle, d’autant plus qu’à vous entendre – Gabrielle pourra entendre sa voix et ses pas se rapprocher pour la rejoindre – elle semble être quelqu’un d’une grande confiance. Je souhaitais principalement vous prévenir, au cas où d’étranges questions verraient le jour lors de votre prochaine rencontre, dit-il d’un ton rieur.

Il n’a pas eu la chance d’apprendre à connaître Marjolaine personnellement. Chaque fois qu’ils se rencontrent – et cette dernière à l’automne n’y a pas fait exception – ils sont coincés chacun dans un rôle diplomatique dont il est difficile de se départir, dans leur situation respective, pour établir une véritable amitié. Cela ne l’empêche pas d’avoir pour la duchesse un respect qui dépasse celui qu’il lui doit de par sa position. De toute façon, Bertin ne jouerait pas l’hypocrite avec Gabrielle alors qu’ils sont seul ensemble.

Il écoute attentivement les nouvelles qu’elle lui donne. Qu’elle se soit remise de la maladie le soulage. C’était évident à sa démarche depuis qu’ils se sont retrouvés, mais l’entendre de vive voix avait quelque chose de particulièrement rassurant. Apprendre qu’elle était de l’expédition fit cependant passer un éclair d’inquiétude dans son regard. Elle est devant lui, elle va bien, elle l’affirme elle-même, mais cela ne l’empêche pas de réaliser les risques encourus par Gabrielle et dont il n’était pas au courant. Il s’en veut d’autant plus de ne pas lui avoir écrit plus tôt. Quel mauvais ami faisait-il ! Quant à la course aux prétendants, qu’en dire ? Il l’écoute jusqu’au bout avant de se laisser aller à sourire de ce sourire charmeur qu’il offre aux dames. Se tournant légèrement, il s’appuie à la balustrade en laissant son regard se poser un moment sur une Vivenef au loin.

- Aaaah, les mariages. Ce n’est jamais une simple affaire pour les gens comme nous, n’est-ce pas ?

Il a parlé d’un ton léger, mais compatissant. Son regard brille d’un éclat légèrement rieur. Loin de lui l’envie de se moquer de Gabrielle cependant, qu’elle se rassure.

- Enviez-vous parfois les gens du commun qui ont la liberté de suivre leur cœur ?

Il a un petit soupir. Le mariage. Il doit bien avouer qu’il ne prend pas l’idée de ses propres épousailles au sérieux, et ce depuis de nombreuses années. Il est évident que Gabrielle entretient avec cette idée une toute autre relation, cependant, ce qui le fait sourire d’une façon toute amicale cette fois.

- Racontez-moi tout, Gabrielle. Du début, si vous le voulez bien. Vous savez que je ne porte guère attention aux rumeurs en temps normal, et j’en ai été complètement coupé ces deux derniers mois. Je ne peux pas me vanter d’être le meilleur conseiller en affaire maritales, mais peut-être en discuter vous aidera-t-il à trouver la voie qui vous convienne.

Pas de jugement dans son ton, ni dans son regard. Rien qu’un sourire et une bienveillance amical. N’était-ce pas là un exemple parfait de ce pour quoi il s’était battu au front ? Et qu’il y retournerait sans doute après la trêve ? Afin que les Faës – nobles et populace, car aux yeux de Bertin il n’y a guère de différence dans ce contexte – puisse continuer à vivre leur vie ? Avoir un aperçu d’une existence protégée par leur sacrifice a quelque chose de rassurant, d’apaisant. Il lui en est reconnaissant. La vie continue malgré la guerre. C’est est un doux rappel.








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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyDim 4 Mar - 14:31

Bertin s’était fait silencieux, tout au long de ses explications sur son état. La princesse avait bien perçu un léger froncement de sourcils lorsqu’elle lui avait annoncé avoir été de l’expédition, mais l’homme s’était malgré tout fait attentif. Lorsqu’elle termina enfin son discour sur ses doutes, lorsqu’elle se permit un regard vers les eaux parsemées de vivenefs incroyables, le prince d’Ansemer conclut d’une phrase légère et sans doute pleine de compassion. Une phrase qui sonnait étrange, dans cette bouche de prince charmeur qui fuyait avec élégance et désinvolture toute forme de formalité. Des gens comme eux. Elle, habitée par l’incertitude, les doutes, les sentiments les meilleurs et les plus douloureux. Lui, désinvolte et charmeur qui avait réussi l’exploit de ne pas être engagé dans un mariage malgré son âge. Gabrielle avait laissé entendre un rire fin ; son drame lui semblait plus facile à porter, sous l’amusement. Assurément, Bertin d’Ansemer était un homme charmant.

- Enviez-vous parfois les gens du commun qui ont la liberté de suivre leur coeur ?

La question était pertinente mais le silence demeurait. La réponse, elle la détenait déjà. Elle y avait songé, longtemps, la Cibellane, étouffée par la cour de la Volte, harcelée dans ce carcan de noblesse, reconnue uniquement pour être l’ombre d’une duchesse plus grande et plus forte. Oui. Oui, elle y avait songé. Oui, elle enviait ces gens nés sous le regard du Destin, protecteur du Choix et gardien de la Liberté. Depuis Denys du Lierre-Réal. Depuis avant, peut-être même. Si la noblesse de Cibella ne l’avait pas touchée, peut-être serait-elle Gabrielle Belle-Histoire, épouse d’un conteur célèbre ayant renoncé à ses origines pour son art. Il avait eu le courage de faire ses choix. Sylvain détenait tout ce qu’elle n’avait pas et admirait. Gabrielle reconnaissait la chance qu’elle avait eu, toutefois, et n’agissait pas en enfant ingrate. Elle s’efforçait d’être près de ses gens et administrait sa baronnie avec sérieux et justesse, oeuvrant à la faire prospérer jour après jour.

- Racontez-moi tout, Gabrielle. Du début, si vous le voulez bien. Vous savez que je ne porte guère attention aux rumeurs en temps normal, et j’en ai été complètement coupé ces deux derniers mois. Je ne peux pas me vanter d’être le meilleur conseiller en affaire maritales, mais peut-être en discuter vous aidera-t-il à trouver la voie qui vous convienne.

Il l’amusait, l’Ansemarien, à se situer avec justesse et franchise quant à ses talents de conseiller. La princesse avait acquiescé à sa demande, non sans amusement. Son attention se portait sur les pavillons et la foule entassée, sur les quais, qu’elle distinguait sans difficulté depuis son perchoir. Il lui semblait plus aisé de se livrer sur les affaires de son coeur ainsi, sans croiser le regard de cet homme mature qui ne croyait sans doute pas à l’importance d’une union.

- J’avais choisi. Après tout ce temps, j’avais fait un choix. Vivre recluse en Outrevent ne m’inquiétait plus vraiment. J’étais résolue à administrer ses terres, en plus du Ru-d’Argent. Il n’y avait réellement qu’un détail, qu’une petite faille, quant à notre descendance. Elle… Elle ne m’aurait pas… Notre enfant était destiné à une autre famille. Il est étrange que j’aie été prête à accepter ce détail, tout en sachant qu’il allait me briser. Je ne sais, Bertin, s’il s’agit de sagesse et de loyauté ou de folie douce.

Elle lui avait lancé un coup d’oeil, la mine toujours incertaine, avant de poursuivre.

- Un dernier prétendant s’est annoncé avec des solutions à ce problème. J’ai dit oui. Vous devez vous douter de qui il est question…

Antonin de Faërie l’avait invitée la veille, ici-même, à Port-Liberté, pour lui faire officiellement sa demande. Il avait demandé sa main; elle lui aurait donné l’une des lunes, peut-être bien, pour le remercier de la sauver des exigences de Gaëtane de la Volte. Elle aimait son duché, elle l’aimait férocement, mais offrir le sang de son sang à une soeur qui ne la voyait pas, même dans cette situation, et qui préférait exiger des prétendants sans la mettre dans la confidence lui semblait au-dessus de ses forces.

- Soyez discret, mon ami. J’aimerais aviser les hommes m’ayant courtisée avant que la rumeur n’arrive jusqu’à eux. Et je vous assure, il est parfait. Il est un enfant de l’Honneur et désire mon bonheur. C’est un homme charmant en qui, je le sais, je pourrais offrir toute ma confiance. Il est… Il est jeune.

Gabrielle avait levé son museau pour dissimuler son amusement. Alors que partout en Faërie les épouses semblaient prises à la sortie de leur adolescence, alors que les hommes matures profitaient de la douce jeunesse de leurs femmes, elle, princesse de Cibella, renversait cette tendance populaire.

- Ma crainte est de regretter cette perte de liberté, de regretter ce choix, lorsque les obligations m’éloigneront de mes gens, de mes amis, de Cibella. J’étouffais à la Volte, vous le saviez. Vous m’aviez vue telle que j’étais, dès le premier bal, emprisonnée dans un rôle et invisible pour ce que j’étais. Comment ferais-je, Bertin, alors que j’ai accepté un rôle plus grand encore qui me rendra entièrement transparente derrière un titre ?




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptySam 10 Mar - 6:45

N’est-ce pas une pensée qui effleure tous les nobles ? Ces moments où l’envie vous prend de pouvoir être libre, même un peu, pour construire la vie privée à laquelle le cœur aspire ? Ces moments bercés d’un rêve qui ne se réalise presque jamais pour les gens comme eux, nobles et fidèles à leur duché. Il ne pouvait que la comprendre à ce sujet. Les dernières années ont été pour lui un balancement constant entre le rêve de pouvoir miraculeusement épouser Jehanne et la réalité, beaucoup moins agréable, du mariage que lui dicte son devoir. C’est quelque chose qu’il cache, bien sûr, mais il comprendrait si Gabrielle avait osé répondre à la question. Plus, peut-être, qu’elle ne s’y serait attendu.

Il l’écoute attentivement lorsqu’elle se met à lui raconter le parcours qui l’a menée jusqu’ici, en Ansemer. Outrevent. Aurait-elle pu s’y plaire ? Peut-être. Si on oubliait cette faille, du moins. La légèreté et l’amusement ont quitté les traits de Bertin quand elle a commencé à parler des enfants qu’elle aurait eus, de leur perte…

- De force et de loyauté, je crois. Courrez-vous encore ce risque ?

Qu’il est dur de ne pas montrer trop de compassion devant cette cruelle idée ! Comment pourrait-il, lui, l’éternel célibataire, connaître quoi que ce soit à ce sujet ? Pourtant, il s’agit clairement de quelque chose qui le touche. Puis vient ce demi-aveu. Pas de nom, mais quelques rumeurs lui sont bien parvenues au sujet de la visite d’Antonin. Un prince impérial ne passe jamais inaperçu… L’annonce, même subtile, indirecte, ravive un calme sourire sur le visage de Bertin.

- Je puis m’en douter, je crois, oui…

Un soupire lui échappe et il se redresse, lui offrant son bras une nouvelle fois.

- Me feriez-vous l’honneur d’accompagner le vieillard que je deviens jusqu’à un banc, Gabrielle ?

Il l’entraîne lentement vers un des postes d’observation où ils trouveront un banc tout en écoutant la suite de son récit. Il s’installe un peu maladroitement, tel un vieillard, avant de poser un regard bienveillant et amicalement tendre sur elle. Ces doutes… Comment une aussi jolie femme – et il ne pense pas qu’à son physique ! – peut-elle nourrir autant de doutes envers sa propre personne ?

- Je n’en dirai rien à qui que ce soit, vous avez ma parole.

Une promesse sincère. Il ne peut que comprendre – et respecter – ses motivations. Être dans la situation des prétendants, ce serait son souhait que d’être au courant avant le monde.

- Gabrielle, commence-t-il en souriant et niant de la tête à la fois. Ma chère Gabrielle… douze ans. Cela fait douze ans que je vous ai sortie de cette conversation ennuyante et que je vous observe. Vous avez grandi depuis. Vous avez changé, même si je ne crois pas que vous vous en rendiez compte. Vous sous-estimez votre force, mon amie.

Il laisse son regard se poser devant lui, réfléchissant un moment. Son sourire s’élargit, mais le regard qu’il pose sur elle est des plus sincères lorsqu’il reprend.

- Le prince Antonin a une chance incroyable. J’espère qu’il se rend compte de la merveille que vous êtes, Gabrielle… Je n’ai, personnellement, aucun doute. Vous saurez prendre la place qui vous revient. Si vous craignez trop, cherchez conseil auprès de l’impératrice. Vous pourrez apprendre beaucoup à ses côtés, je crois. Elle m’a laissé une très bonne impression de notre rencontre à l’automne. Je sais que vous serez entre de bonnes mains avec elle.








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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyMer 14 Mar - 0:44

Bertin d’Ansemer. Si avenant, si charmant. Elle avait dénié avec douceur à sa question, concernant le risque de perdre des enfants. Gaëtane ne pouvait rien exiger des héritiers de Faërie. Rien du tout. Autant cette nouvelle la réjouissait et la soulageait, autant Gabrielle se sentait chagrine pour son aînée et pour Cibella, duchesse et duché coupés de descendance. Il lui faudrait trouver une solution. Puis il lui avait demandé une faveur. Elle s’en voulait, Gabrielle, de s’épancher si largement et si généreusement sur ses problèmes alors que le Chevaucheur semblait mal en point, désormais, et lui réclamait un peu de répit sur l’un ou l’autre des bancs. Elle s’était tue, enfin, et lui avait offert son bras jusqu’à ce qu’il se pose sur l’un des sièges faisant face à l’océan. Posée à ses côtés, à distance respectable, la Cibellane laissait son regard défiler sur le paysage incroyable. Des Vivenefs de légende, si nombreuses qu’il était difficile d’en faire le compte, défilaient sous leurs yeux avec majesté.

Il avait repris parole, la tirant de sa contemplation, afin de vanter sa force. Gabrielle se contenta de lui offrir un sourire charmé, les joues légèrement rosées sous le compliment ou la fraîcheur du vent. Il était vrai qu’elle avait grandi, depuis leur première rencontre. Douze ans… Déjà? Elle connaissant l’étendu de ses tâches, de ses obligations, de ses responsabilités, mais il lui semblait pourtant ne pas être si assurée, au fond d’elle-même. Peut-être était-ce là le lot de chaque adulte, de se sentir toujours un peu trop petit devant ce que l’on attendait d’eux, de se croire encore jeune et fragile, à l’intérieur, alors que la maturité et l’expérience étaient présentes sans s’être annoncées..?

- Le prince Antonin a une chance incroyable. J’espère qu’il se rend compte de la merveille que vous êtes, Gabrielle… Je n’ai, personnellement, aucun doute. Vous saurez prendre la place qui vous revient. Si vous craignez trop, cherchez conseil auprès de l’impératrice. Vous pourrez apprendre beaucoup à ses côtés, je crois. Elle m’a laissé une très bonne impression de notre rencontre à l’automne. Je sais que vous serez entre de bonnes mains avec elle.

Si elle avait rosi sous sa soit-disant force, elle sentait désormais ses joues s’empourprer. Silence. Toujours. Par timidité, cette fois. Gabrielle souriait, fossette à l’appui, et détourna son minois vers le devant, vers les Vivenefs, en espérant que son couvre-chef dissimule l’état dans lequel la mettait son compliment. Elle aurait apprécié qu’il lui enseigne l’art perdu d’esquiver les obligations, le savoir-faire légendaire de Dauwdauw lors des soirées mondaines et autres civilités. Mais certes, il disait vrai. Lauriane de Faërie devait sans doute être la mieux avisée pour la guider, elle-même ayant eu accès à la couronne impériale depuis peu. Elle comprendrait très certainement la situation délicate dans laquelle elle se trouvait.

- Je vous remercie, Bertin, de vos conseils avisés. Je ne manquerai pas de m’en remettre à Son Altesse, si d’autres incertitudes me taraudent… Mais me voilà bien égoïste, je le crains, de vous parler des tremblements de mon coeur, alors que vous peinez à tenir debout.

Un peu plus confiante, alors que le sujet s’éloignait d’elle, Gabrielle avait quitté tout à fait le spectacle des Vivenefs pour se préoccuper exclusivement de l’Ansemarien. Elle le savait douée à la guerre, de ce que Gabin lui avait dit, et le savoir faible ou souffrant n’avait rien de rassurant. S’était-elle trompée, en avançant ses propres doutes alors que le prince d’Ansemer vivait une souffrance plus grande encore, plus tangible?

- Et ne vous défilez pas… Quel mal vous a touché?

Ses prunelles claires glissèrent sur lui, jusqu’à ses jambes. Laquelle lui portait préjudice..? Laquelle lui valait une démarche aussi peu assurée, un peu rigide, même?




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyDim 18 Mar - 5:16

Le silence qui accueille son dernier compliment lui tire un sourire. Il laisse son propre regard se poser sur les Vivenefs devant eux afin d’éviter de la gêner davantage. Son but est de lui redonner confiance, pas de la mettre mal à l’aise. Il la trouve fort modeste, cela dit, mais il se retient de le lui souligner pour la même raison qu’il évite de la scruter. L’envie est présente, bien sûr et peut-être l’aurait-il fait s’il ne l’avait pas sue fiancée et inquiète quant à ses capacités à tenir son futur rôle.

- Il me fait et me fera toujours plaisir de discuter avec vous et de vous conseiller et j’espère que vos nouvelles fonctions ne me priveront pas trop de votre présence, Gabrielle. Cela dit, Son Altesse sera plus à même de vous guider dans votre nouveau rôle. Gardez pour nos discussions les sujets délicats à aborder avec elle. Votre futur mari, par exemple. Il vous faudra peut-être un jour l’apport d’un homme ou d’un chevaucheur pour le comprendre.

Il est réaliste. Il serait bien délicat pour lui de la guider sur les tâches à faire en tant qu’épouse d’Antonin de Faërie. Il y a d’autres sujets, cependant, qui conviennent largement plus à ses domaines d’expertise et sur lesquels elle se questionnera peut-être un jour. Même si l’invitation est dite sur un ton léger de sorte d’éviter d’offenser son amie, il espère que Gabrielle le sait sincère. Cette offre est bien davantage qu’une façon pour lui de gagner un peu de temps afin de trouver comment annoncer la raison de son état sans trop froisser son propre égo. Est-ce seulement possible ? Il n’en trouve aucune pour le moment, si bien qu’il opte pour l’humour pour engager le sujet :

- Vous devez me promettre de ne jamais en parler à Gabin ! Il se moquerait bien trop aisément de ma situation maintenant que le pire est passé !

Mais la blague s’arrête là et même s’il garde son sourire pour tenter de la rassurer, sa voix perd son éclat rieur et c’est avec sérieux qu’il lui révèle enfin la vérité.

- Mon séjour au front m’a exténué. Lorsque j’ai été libéré et renvoyé à Ansemer, j’ai cherché à rentrer le plus rapidement possible. Avec la Chasse, vous comprendrez aisément que je m’inquiétais pour les miens. J’ai cru que j’étais en mesure de rentrer, mais l’épuisement a eu raison de moi alors même que j’arrivais en vue du bourg. Il n’a fallu qu’une bourrasque soudaine pour que je chute malgré les efforts d’Ambroisie.

Il lui sourit avec douceur.

- Cela s’est produit il y a deux jours. Mes blessures ont été soignées à la caserne le jour-même et, même si elles étaient conséquentes, je ne cours à présent plus de risque. Il me faudra cependant plusieurs semaines avant que je ne sois pleinement opérationnel et puisse reprendre la chevauche.

Il soupire, laissant son regard se perdre dans l’horizon en silence.  Il ne qualifierait pas son sentiment de honte, mais il ne peut pas non plus affirmer qu’il est fier de ce qui est arrivé. C’est sans doute une des premières fois qu’elle le verra embarrassé par ce qu’il a dû lui admettre.








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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyMer 21 Mar - 14:58

La main sur le coeur, la tête inclinée de manière à ce que son joli couvre-chef à plume ombre son minois, Gabrielle avait promis n’en dire rien à Gabin, son puiné. Elle ne lui mentirait jamais, à ce petit frère, mais il lui semblait tout à fait envisageable de se faire évasive si le sujet de Bertin et de sa blessure venait entre eux. Si l’Ansemarien se faisait léger et la Cibellane théâtrale, il n’en restait pas moins qu’elle promettait, et qu’elle s’efforcerait de tenir sa promesse.

L’anecdote narrée avec simplicité prenait soudainement des nuances de drame. Il avait chuté d’Ambroisie, la dragonne qui lui était liée. La princesse sentait gonfler en elle un élan d’indignation : comment Bertin d’Ansemer, expérimenté comme il l’était, avait-il pu être à ce point insouciant? Aurait-il des séquelles de cette aventure désastreuse? Son regard le parcourait de la tête aux pieds, s’attardant un moment sur ses jambes qui semblaient le faire souffrir, ou du moins, qui rendait sa démarche claudicante. Et il souriait..! Il souriait comme si la chose était anodine. Gabrielle fronça les sourcils en rapatriant un regard soucieux sur le sien.

- Cela s’est produit il y a deux jours. Mes blessures ont été soignées à la caserne le jour-même et, même si elles étaient conséquentes, je ne cours à présent plus de risque. Il me faudra cependant plusieurs semaines avant que je ne sois pleinement opérationnel et puisse reprendre la chevauche.
- Deux jours..? Deux jours et vous voilà apte à marcher et grimper jusqu’à ce poste d’observation? À vous faire léger de votre accident? Bertin…

Elle secouait la tête, les lèvres légèrement pincées en une moue réprobatrice. Il lui fallait impérativement une femme qui veille sur lui, qui s’inquiète pour lui afin qu’il prenne plus conscience de ses propres limites et du tragique d’un pareil événement. Il ne la regardait plus, le Chevaucheur, s’étant soustrait à son regard pour mieux admirer les Vivenefs. Devait-elle en ajouter et obscurcir leur conversation..? Dans un soupir, la princesse suivit son regard jusque sur les merveilles animées, sur les eaux. Sa main se glissa naturellement sur son bras, comme une vieille amie, une connaissance de longue date.

- Il me faudra remercier personnellement votre soigneur, Bertin, car il semblerait qu’il sache faire naître quelques miracles de sa magie.

Si l’envie de lui rappeler qu’ainsi blessé, il ne pourrait veiller sur personne, encore moins sur Ansemer, était tenace, elle n’en dit rien. Toute sérieuse, un peu chagrine, elle secouait la tête à quelques reprises, encore, laissant la nette impression qu’une ribambelle de pensées la traversaient sans qu’elle ne veuille lui en faire part. Outre remercier un soigneur qui ne faisait probablement que son travail, que pouvait-elle faire de plus? Elle doutait posséder la moindre ascendance sur ce Chevaucheur obstiné.

- Je vous entends déjà vous défiler, Bertin… Mais il me faudrait vous introduire auprès de quelques amies qui me sont chères. Peut-être trouverez-vous chez l’une ou l’autre une amitié digne d’une union? En sachant qu’une épouse s’inquiète terriblement pour vous, cela vous permettrait peut-être d’éviter ces idées insouciantes et dangereuses? Vous êtes importants pour vos amis, pour vos proches... Ne vous entêtez pas dans ces étourderies.




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyMar 3 Avr - 5:30

Il retient le soupir d’agacement léger qui a failli passer ses lèvres. Il mérite ses commentaires, même s’il est entêté et qu’il réussira tout de même à faire un peu d’humour pour lui répondre. L’humour… comme une armure, ou plutôt un coussin qui amorti la dureté des derniers événements.

- Serait-il préférable à vos yeux que je sois alité et déprimé ? Un chevaucheur a besoin du ciel pour être heureux. Sa vue m’apaise davantage que toute une journée au lit.

Le petit soupir retenu s’échappe enfin, plus discret, comme s’il reconnaissait que c’était simplement ainsi que les choses étaient.

- Je ne pouvais tout de même pas vous recevoir dans ma chambre. Ç’aurait été inapproprié, surtout au vu des nouvelles que vous venez de m’apprendre.

Il a un petit sourire ensuite, discret, le regard toujours un peu soucieux, honteux.

- Il s’agit de Quitterie des Deux-Ancres, une chevaucheuse retraitée et soigneuse, femme de notre capitaine. Elle m’en veut, elle aussi.

Son sourire s’efface. Il lève une main, la passant dans ses cheveux en bataille à cause du vent. Les Vivenefs semblent capter son attention, mais il la regarde du coin de l’œil parfois, notant tout de même certaines des expressions qui passent sur le visage de la princesse. Rien pour arranger l’expression lassée qui s’est installée sur ses traits. Pourtant, il sourit à demi lorsqu’il répond à son offre de lui présenter des jeunes femmes.

- Gabrielle, pourquoi croyez-vous que je me sois pressé autant, si ce n’est pas pour une femme ?

Il nie de la tête, son sourire s’élargissant.

- Je compte débuter ma cour officielle auprès d’Éléonore de Mascaret dès que je serai en état de me présenter à elle. J’ai pris ma décision lorsque j’étais au front, en discutant avec son Altesse.

Il soupire.

- Et si vous croyez que je n’ai pas appris ma leçon, vous vous trompez.

Son ton est teinté d’une légère dureté. Il s’est fait reprocher son accident à plusieurs reprises. Personne ne comprend sa précipitation. Et personne ne peut comprendre. Sauf Jehanne, peut-être, même si elle lui en veut quand même. En fait, même Jehanne n’est pas au courant de tout. Il vaut mieux, parfois, cacher ce qui ferait du mal à ceux qui nous entoure…








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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyLun 9 Avr - 1:28

Il soupirait. Il avançait des paroles chargées de sarcasmes, il lui prêtait des intentions qu’elle n’avait même pas imaginées, et Gabrielle regrettait déjà les mots qu’elle avait prononcés. Si elle avait regretté qu’il amenuise son état, elle aurait dû n'en dire rien. La princesse le regardait valser entre agacement et légèreté, peu convaincue du tableau final qu’il lui dressait. Au nom de Quitterie des Deux-Ancres, la Cibellane se contentait d’opiner, plongée dans un silence troublé. Elle n’oublierait pas, elle s’en fit la promesse. Le prénom si particulier lui rappelait quelqu’un, et le souvenir vague de l’Académie lui revenait, avant qu’elle ne le chasse pour se concentrer exclusivement sur les humeurs du Chevaucheur.

Et malgré ses paroles, malgré son air las et fatigué, Bertin s’entêtait à lui parler de sa promise, de celle qu’il comptait courtiser. Pâle et passablement affectée par l’étrange tournure de la conversation, Gabrielle forçait un sourire peu crédible.

- Oh.. La demoiselle de Mascaret. Je vous offre toutes mes félicitations, Bertin.

Les rumeurs la disaient aussi vénéneuse que réfléchie, aussi douce qu’ambitieuse. Gabrielle ne la connaissait que de réputation et il lui semblait injuste de croire les bassesses à son sujet. Plus encore alors que le prince d’Ansemer avait jeté son dévolu sur la noble dame. Elle pouvait comprendre l’empressement de retrouver sa douce, ou du moins, la hâte de débuter la cour assidue qu’il devrait sans doute lui offrir. Alors qu’elle croyait la conversation prendre une direction plus délicate et moins tendue, l’Ansemarien lui asséna une énième réplique forgée de dureté. Les yeux soudainement humides d’encaisser le mépris de son ami, les lèvres tremblantes de savoir que cette dureté lui était destinée, la princesse inclina la tête et son chapeau, par la même occasion. D’un murmure fragile, elle se permit une réponse.

- Il s’agit d’un instant où il me plaît de me tromper, Votre Altesse.

Elle s’était redressée comme une fleur, se détournant déjà de lui afin de dissimuler le triste état dans lequel il l’entraînait. D’une révérence courtoise et délicate, elle annonçait son départ prochain.

- Je vois la lassitude, sur vos traits, et… Je comprends la fatigue de votre voix. Reposez-vous, je vous en prie, afin que Demoiselle de Mascaret vous retrouve en santé, et profitez des festivités. Vos domestiques sauront m’escorter.

Gabrielle de la Volte n’attendait pas son autorisation. Elle patienta tout au plus une salutation avant de s’éloigner et d’emprunter le chemin inverse. Domestiques et protecteurs à sa suite, la Cibellane se fit discrète dans son chagrin. Elle n'était pas chez-elle, ici.




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Message Sujet: Re: Conversation amicale sur paysage de Vivenefs   Conversation amicale sur paysage de Vivenefs EmptyJeu 19 Avr - 4:50

« Mais vous n’y croyez pas » dit-il doucement en l’observant un moment. « Remarquez, je n’y crois pas non plus, mais il faut tenter. » Il soupire légèrement. Le reste de son discours est affecté par sa grande fatigue, l’épuisement presque qui se voit encore sur ses traits. Quand elle se lève cependant, il se fige.

- Gabrielle…

Il se lève, ou du moins tente mais le geste est trop rapide et il doit s’appuyer sur le mur pour s’empêcher de perdre l’équilibre. Se retournant, il n’arrive qu’à voir Gabrielle s’éloigner vers la porte.

- Restez, Gabrielle… Je vous demande pardon…

Mais il est sans doute trop tard. Et il n’est pas en état, physiquement, de la rattraper. Il ne peut que s’appuyer sur le mur et la regarder filer. Puis baisser les yeux, honteux. Il se tourne ensuite pour regarder l’horizon en ressassant ses pensées. C’est lorsqu’il manque de s’endormir là, appuyée sur la ballustrade des remparts qu’il se décide à rentrer pour s’étendre bien malgré lui. Son humeur est sombre, comme les rêves qui agitent son sommeil. Il sait qu’il doit se reposer, mais il ignore comment, à présent. Il le faudra, pourtant, il le faudra.








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