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 Prendre un enfant par la main

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Les Compagnes
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Rhapsodie Épi-d'Or
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Message Sujet: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyMar 19 Déc - 20:15


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Gauthier Coeurbois & Rhapsodie Epi-d’Or

Prendre un enfant par la main

Et consoler ses chagrins
Dis, je suis triste, offre-moi une barbe à papa.



• Date : 26 septembre 986
• Météo (optionnel) : Il fait beau et doux.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Aujourd’hui, Rhapsodie a été invitée à venir jouer avec les autres enfants du quartier, mais elle se fait piéger et ridiculiser alors qu’elle n’a rien demandé. Alors qu’elle s’enfuit sous les éclats de rire, elle tombe sur Gauthier (le plus bô :siwi:), qui va tenter de consoler la petite fille.
• Recensement :
Code:
• [b]26 septembre 986 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3148-prendre-un-enfant-par-la-main]Prendre un enfant par la main[/url] - [i] Gauthier Coeurbois & Rhapsodie Epi-d’Or [/i]
Aujourd’hui, Rhapsodie a été invitée à venir jouer avec les autres enfants du quartier, mais elle se fait piéger et ridiculiser alors qu’elle n’a rien demandé. Alors qu’elle s’enfuit sous les éclats de rire, elle tombe sur Gauthier, qui va tenter de consoler la petite fille.





Comme on voit sur la branche, au mois de Mai, la Rose...


Dernière édition par Rhapsodie Épi-d'Or le Mar 19 Déc - 20:17, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyMar 19 Déc - 20:15

Aujourd’hui, c’est décidé. Elle va aller essayer d’aller jouer avec eux.

Les mains croisées sur la poitrine sur son petit carnet, la petite Rhapsodie observe, de loin, tous les enfants réunis sur la place. Ils sont nombreux, aujourd’hui. Et ils sont de tous les âges. Les plus jeunes doivent avoir cinq ou six ans, tandis que les plus grands doivent être plus grands qu’elle d’un ou deux ans. Elle croit que la plus grande, c’est Maëlle, sa voisine, et elle a eu treize ans la semaine dernière. Maëlle, qui l’a gentiment invitée à venir jouer avec elle et avec tous les enfants du quartier, quand elle a accompagné sa mère à la boutique du père de Rhapsodie. Sur injonction de sa mère, certes, mais elle lui a souri quand même. Elle lui a dit qu’aujourd’hui, ils seraient réunis sur la place du marché, pour faire un grand jeu. Elle lui a parlé de princesses, de belles robes, de princes charmants et de Chevaucheurs.  Et Rhapsodie a hoché la tête, bien trop contente qu’on lui propose de venir jouer. Elle qui a toujours été un peu exclue de ce genre de choses, et repoussée parce que les autres ne la comprennent pas. Elle qui ne s’exprime que par des mimiques et des mots écrits, et qu’on trouve bien ennuyeuse au bout de quelques minutes.

Mais aujourd’hui, elle va pouvoir jouer avec eux. Et quand Maëlle lui fait un grand sourire et lui fait signe d’avancer, Rhapsodie lui sourit en retour, sincèrement ravie. Elle s’empresse de la rejoindre, toute contente, faisant virevolter les volants de sa robe, la jolie robe violette qu’elle a eu pour ses onze ans, le mois dernier. Elle ralentit le pas, cependant, quand elle sent que tout le monde la regarde. Elle leur adresse un petit sourire timide, avant d’aller se planter près de Maëlle. Elle rosit cependant, en se rendant compte que personne ne dit rien. Finalement, c’est un petit garçon qui brise le silence.

- C’est la muette ? La fille du potier ?

Certains se mettent à rire. Rhapsodie rougit encore plus, mais hoche la tête, prudemment. Maëlle hausse les épaules.

- Je lui ai proposé de venir jouer avec nous. C’est ma mère qui m’a demandé.
- Mais tu es folle ! Elle est stupide, elle comprend rien !
- Mais si, ne t’inquiète pas ! Hein que tu comprends ce qu’on dit… Rhapsodie, c’est ça ?

La concernée hoche la tête, un peu déroutée par cet accueil si peu chaleureux, et même légèrement insultant. Mais enfin, elle met les paroles de la petite fille qui l’a traitée de stupide sur son jeune âge. Et déjà, Maëlle sourit grand, mais… Différemment de tout à l’heure.

- Vous voyez ? Elle comprend. On peut jouer, alors ! Louisane, tu fais l’Impératrice. Moi je suis la princesse, et Gaël le prince. Toi et toi, vous êtes des marquises et…

Pendant qu’elle distribue les rôles, Rhapsodie attend. Elle sent que les autres enfants la regardent encore, curieux de savoir ce que va décider Maëlle pour elle. Elle aussi, est curieuse. Mais elle perd son sourire ravi, au fur et à mesure que sa nouvelle amie descend dans la hiérarchie. Finalement, la plus grande se tourne vers elle, un sourire un brin moqueur aux lèvres.

- Et toi, Rhapsodie, tu seras ma servante.

Une servante ? En soi, ça ne la dérange pas, à Rhapsodie, d’avoir ce rôle. Bien sûr, elle aurait aimé être une princesse, elle aussi, ou une ménestrelle, comme sa maman. Mais bon, tant qu’elle peut jouer avec eux, ça lui va. Cependant, les autres enfants se remettent à rire, et à scander des vilains mots en cœur.

- Rhapsodie, la servante ! Rhapsodie, la souillon ! Rhapsodie, la pas-jolie !
- Tu vas devoir faire tout ce que je te dis aujourd’hui, parce que tu es ma servante. Et maintenant, je m’ennuie. Amuse-moi, servante. Raconte-moi une blague. Parle.

Rhapsodie écarquille les yeux. Parler ? Mais… Mais elle ne peut pas. Elle le sait, pourtant ! Les autres enfants s’esclaffent de plus belle. Un éclair de méchanceté passe dans les yeux de Maëlle.

- Et bien, tu refuses, servante ? Parle. Parle, ou je te frapperai de mon bâton !

Sur ces mots, elle saisit le bâton tendu par une fille un peu plus jeune que Rhapsodie. Qui ne dit toujours rien, bien trop impressionnée par tous ces êtres qui semblent soudain si méchants avec elle. Maëlle s’avance vers elle, toujours menaçante, alors que l’enfant recule et secoue négativement la tête. Elle ne va pas la frapper, quand même… Elle n’a rien fait de mal, elle n’a pas été méchante ! Elle voulait juste jouer… Elle croyait que…

- Dommage, servante, ton temps est écoulé. Je vais devoir te punir !

Effrayée, telle un petit animal craintif, Rhapsodie s’enfuit, sans demander son reste, sous les huées et les éclats de rire. Les larmes lui montent aux yeux, alors qu’elle s’éloigne en courant du groupe de méchants. Plus jamais, jamais, elle ne se risquera à jouer avec eux. Ils sont beaucoup trop cruels avec elle, parce qu’elle n’est pas comme eux. Et elle veut simplement rentrer chez elle, maintenant, et s’enfermer dans sa chambre, comme d’habitude. Mais cette fois, elle ne parvient pas jusqu’à la porte de la boutique de son père, au-dessus de laquelle elle habite. Elle est arrêtée en chemin par quelqu’un, contre qui elle se heurte violemment. Un peu sonnée et désorientée, elle se recule de quelques pas, prie pour que les autres n’aient rien vu de sa maladresse, avant de relever les yeux vers ce grand monsieur, l’air désolée. Elle renifle plus ou moins gracieusement, essuie une larme qui perle au coin de son œil, et s’apprête à continuer son chemin.




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyJeu 21 Déc - 23:58

"La Volte, Gauthier. Prochaine étape. "
Comme un coup au coeur, un sourire qui se dessine lentement sur les lèvres de l'apprenti. Un an, à la suite de l'Adepte chargé de le former, s'était déjà écoulé. Un an fait de découvertes, de chemins poussiéreux et de murmures inavoués. Un an où son sang avait coulé, sur l'autel de chaque sanctuaire de la Sombre Mère. Un an, les doigts plein d'encre et de sucs, de sang aussi. Un an, si court, si jeune encore. Un an.
Un an, et l'impression de n'avoir rien fait, d'avoir tant à apprendre encore. D'offrir à Lida, dans ses prières quasiment quotidiennes, une promesse de plus en plus lourde de sens. Bientôt.
Bientôt, Mère, seul, je vous prouverai ma valeur.
"Et je te laisse la journée. J'ai à faire en ville. Je suppose que tu n'as pas besoin de moi pour te guider ? "


Si Gauthier était dans les rues ensoleillées de la capitale de son duché de naissance, aujourd'hui, c'était par pur plaisir. Il aurait pu, aurait du, rester dans la taverne où ils avaient déjà passé la nuit, à quelques lieues de là, à étudier ce dont il avait besoin pour la nuit qui se préparait. Il aurait pu aller rendre visite à sa soeur, mais il aurait eu du mal à lui expliquer le peu de temps passé à ses côtés.
Il reviendrait plus tard.
Non, à la place, il avait décidé de se laisser aller à se perdre dans les rues, autant pour repérer la maison où ils se rendraient le soir venu que pour s'imprégner de l'air si caractéristique de la ville. La Volte avait ce charme bien à elle, et le vent qui soufflait légèrement entre les hautes maisons effilées portait toute la distinction et la grâce du duché de la magie. Encore profondément faë, et attaché à cet empire, l'apprenti appréciait ce retour aux racines.

Il passait justement devant la maison qui, ce soir, accueillerait leurs pas silencieux, quand il entendit une voix. Ou plutôt, plusieurs éclats de voix, vraisemblablement de jeunes enfants qui jouaient ensemble. Adorable, si l'on ne tendait pas l'oreille ; mais en un an, le brun avait appris à réellement écouter. Il entendit des pas précipités. Des éclats de rire, qui n'étaient sans doute pas le fruit d'une histoire drôle ou d'une cocasse devinette. Il entendit et, alors qu'il comptait aller voir - juste pour en avoir le coeur net, car il avait compris quelques mots étranges dans la bouche d'une enfant -, il sentit quelqu'un lui rentrer dedans de plein fouet.
Surpris, il fit un pas en arrière, pour aviser une jeune fille, visiblement ébranlée.

Il avait donc bien entendu.
"Eh, petite." fit-il doucement. Il se pencha vers elle, se baissant un peu pour être à sa hauteur. Sur ses traits, il n'y avait que surprise et inquiétude. "Je vais pas te faire de mal, aies pas peur. Ca va ? "
Rien ne le différenciait, en l'apparence, des autres cibellans qui passaient autour d'eux, dans sa tenue ou ses mots. "C'était de toi qu'ils se moquaient, là-bas ? "
Il voulait comprendre. Déjà, dans son coeur, la flamme de la justice s'allumait, car la petite devant lui semblait bien incapable de se défendre par elle-même.  Il les entendait encore, d'ailleurs, rire et glisser des mots sur celle qui avait fui.



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptySam 23 Déc - 17:41

Le grand monsieur n’a pas l’air particulièrement en colère qu’elle lui soit rentré dedans. Il a même l’air assez gentil, puisqu’il se penche pour se mettre à sa petite hauteur pour vérifier que tout va bien. Elle fuit d’abord son regard, pour ne pas qu’il voie trop qu’elle était en train de commencer à pleurer. Et elle hoche silencieusement la tête. Ça va. Non, ça ne va pas, pas du tout. Mais elle ne va pas s’étaler davantage sur ses malheurs. Il n’a peut-être pas que ça à faire de sa journée, à consoler une petite fille triste. Triste pourquoi, d’ailleurs ? Elle est muette. Elle n’a jamais réussi à aller jouer avec eux. Pourquoi aujourd’hui, ça aurait changé quelque chose ?
 
Elle entend le rire clair de Maëlle traverser la place pour atteindre ses oreilles. Maëlle, qui doit rire d’elle, de sa bonne blague pas si drôle que ça, et qui est fière d’elle. Ou peut-être l’a-t-elle déjà oubliée, toute prise à son jeu, qu’elle ne se voit plus que comme une princesse que tout le monde doit servir. Oui, c’est ça. Peut-être s’imagine-t-elle qu’elle est la chef, la plus forte, aussi forte que la duchesse ou l’impératrice, et qu’elle peut se permettre d’écraser les plus faibles qu’elle. Parce qu’elle est faible, Rhapsodie, elle le sait. Elle ne sait pas se défendre, face à eux. Peut-être qu’elle l’a mérité, de se faire traiter de la sorte. Peut-être que si elle savait se faire respecter, rien de tout cela ne serait arrivé. Enfin, c’est trop tard, et il ne sert à rien de remuer les événements de la sorte.
 
Leur discussion aurait pu en rester là. Elle aurait peut-être aimé que ça finisse là, d’ailleurs. Comme ça, elle n’aurait pas eu à supporter les autres et leurs voix plus longtemps. Et puis, le monsieur n’aurait pas fini par lui en parler. Il les a entendus, lui aussi ? Elle pourrait peut-être trouver en lui un témoin, un soutien. C’est pour cela qu’elle commence par hocher la tête. Mais elle se reprend bien vite. Et s’il lui demandait ça parce qu’il voulait aller les voir, pour s’expliquer, pour les gronder ? Si après, elle passait pour une rapporteuse ? S’ils se vengeaient, après ? Non, non, il ne faut pas qu’il aille les voir. Alors, elle hausse les épaules, l’air maussade, et déplie les bras pour libérer son petit carnet, jusque là bien serré contre elle, de l’ouvrir à une page vierge, et d’écrire dedans, rapidement, de son écriture ronde et enfantine. 
 
Ce n’est pas grave. Je ne parle pas, donc je ne peux pas jouer avec eux. Ils ne veulent pas.

Elle lui tend son calepin, une fois les mots tracés. Elle se demande comment il va réagir. Certains adultes la prennent en pitié, en murmurant des « Pauvre petite » d’un air triste. D’autres changent d’attitude et se mettent à lui parler comme si elle était idiote ou à moitié sourde, ce qui est totalement absurde puisqu’elle entend très bien et qu’elle comprend le monde autour d’elle. Finalement, ceux qui réagissent de manière totalement indifférente en apprenant son problème sont bien rares. Et sûrement n’en fait-il pas partie. Elle a juste peur qu’il n’approuve les autres enfants, et qu’il lui dise quelque méchanceté, même sans le vouloir. Mais il a l’air gentil.




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptySam 23 Déc - 21:35

Elle semblait perdue, la petite. Perdue, et en bien mauvais état mental. Le coeur de l'apprenti assassin se serra. Pourquoi ? Pourquoi quelqu'un chercherait-il à faire du mal à une jeune enfant ? Ce genre de questions, il se la posait tous les soirs depuis la mort d'Anselme. Depuis que Gisèle, innocente, battue presque à mort par ces malandrins, s'était retrouvée en enfance pour toujours. Depuis que, s'il levait la main un peu trop haut ne serait-ce que pour remettre une mèche de ses propres cheveux en place, elle s'affolait. Et alors son coeur se mettait à saigner, pour sa soeur et pour tous les enfants.
Il ressentait la même douleur, face à la petite rousse. Toujours à sa hauteur, il tourna la tête vers la source du rire clair. Assurément, c'était la même, que plus tôt. La même tortionnaire, qui devait avoir le même âge qu'elle.
Quelle horreur.
Elle grandirait sans doute sans se préoccuper de cette journée, la gamine. Heureuse de jouer, de s'amuser avec ses amis, sans en avoir rien à faire d'avoir fait fuir une autre enfant, d'avoir causé le malheur.
Justice. Au fond de son coeur, dans son esprit. Il voyait bien, quand il sortait avec sa propre soeur, les regards qu'on lui lançait. La pitié. L'exclusion.
Justice, pour ceux qu'on n'écoutait pas.

Il eut un peu de surprise, en la voyant sortir un petit carnet et se mettre à écrire, mais, au fil de sa lecture,  il comprit le geste. Un éclat glacial se dessina dans ses yeux, tout au fond. Pointe gelée.
Justice, pour l'enfant rejetée que l'on brutalisait.
"C'est complètement stupide de leur part." murmura-t-il, autant pour elle que pour lui. "Ils sont pas bien malins, ces gamins. Ca leur ferait rien de jouer avec toi, petite. C'est pas comme si tu allais leur voler leur voix ou autre... " Il pencha la tête, avec un petit sourire.  "Ecoute. T'as pas l'air d'être stupide, et encore moins méchante. Je sais pas, mais ils ratent franchement quelque chose à pas jouer avec toi. "

Il tentait, comme il le pouvait, Gauthier, de la rassurer. De lui sécher des larmes qu'il imaginait, à l'intérieur. Il ne supportait pas, lui-même, de voir une jeune fille esseulée, perdue, et mal. Il avait pour elles des tendresses innocentes, et un besoin de prendre soin d'elles qu'il n'expliquait pas. "Je m'appelle Gauthier."   lui dit-il, souriant. "Ca te dit de rester avec moi, un peu ? "
Il se rendit compte, le cibellan, qu'il devait sembler vaguement étrange qu'un homme de son âge propose ça à une enfant tout juste rencontrée. "Et si tu veux pas, y a pas de problème. Je veux pas te faire de mal, je te l'ai dit, et je te ferai rien. Tout ce qui m'importe, c'est que tu passes une bonne journée, damoiselle."
Il ne s'était pas relevé, estimant qu'il avait l'air moins menaçant à sa hauteur. Et puis, comme ça, elle n'avait pas forcément une vue sur l'attirail qui pendait, discret, à sa ceinture. Il ne fallait pas l'affoler, car jamais il ne se sentirait de faire du mal à quelque jeune fille.
Chacun avait ses limites. Même les assassins.

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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 24 Déc - 14:27

Il a l’air surpris, quand elle lui montre son carnet, par sa manière de communiquer. Mais elle voit qu’il a compris pourquoi. Son visage a un peu changé d’expression au fil de sa lecture. Finalement, ce qu’il murmure la surprend un peu, à son tour. Il ne fait même pas de commentaires sur son mutisme, ne la gratifie pas d’un regard de pitié, ne se relève pas non plus pour poursuivre son chemin. Au contraire, il dit qu’ils ne sont pas bien malins, et même stupides. Il prend son parti. Et même si Rhapsodie n’aime pas trop quand on traite les autres de ce genre de choses, elle est contente de savoir que quelqu’un d’autre que ses parents prenne sa défense. Et surtout, il a l’air très gentil, ce monsieur. Même qu’il lui dit des choses gentilles. Elle lui sourit en retour, timidement, quand il lui dit que les autres ont tort de ne pas vouloir jouer avec elle. C’est vrai ? Il le pense vraiment ? Elle aimerait bien. Elle aimerait bien que les enfants le sachent aussi, mais elle ne peut pas leur dire, et encore moins leur écrire. La moitié d’entre eux ne sait pas lire, et les autres n’auront jamais la patience d’attendre qu’elle ait fini sa phrase. Et puis, Maëlle pourrait revenir la menacer avec son bâton, et elle ne veut pas. Et puis, de toute façon, elle n’est pas sûre que ça change grand-chose. Elle passerait pour une petite fille orgueilleuse et vantarde, et ça, elle ne le veut pas.

Puis le monsieur - Gauthier, donc -, lui propose de rester avec lui. Elle ouvre grand les yeux, encore surprise par une telle proposition. Oh, innocente Rhapsodie ne voit pas ce qu’il pourrait y avoir de mal intentionné dans ses paroles. Elle n’imagine même pas que généralement, il faut se méfier de ce genre de monsieur qui propose à des petites filles de le suivre pour rester avec lui. Non, elle est simplement surprise qu’il lui propose de rester avec lui. Parce que ça voudrait dire qu’elle lui ferait perdre du temps dans sa journée remplie – parce qu’elle imagine que tous les adultes ont des journées très remplies, parce qu’ils sont adultes, et qu’ils n’ont pas le temps de jouer. Il ajoute qu’il ne lui fera pas de mal, et qu’il veut juste qu’elle passe une bonne journée, en l’appelant damoiselle.

Damoiselle. Rhapsodie rosit doucement. Elle n’a pas l’habitude qu’on l’appelle comme ça. Elle est petite et chétive, et généralement, on la nomme « petite » ou « gamine ». Pas « damoiselle ». Elle a l’impression d’être plus grande, et ça lui fait plaisir. Sans se départir de son sourire, elle remet son carnet à l’endroit sous ses yeux pour ajouter quelques mots à la suite de la première phrase.

Je m’appelle Rhapsodie.
Je veux bien rester avec toi. Si je te dérange pas.

Elle opte immédiatement pour le tutoiement, sans se poser trop de questions. Elle sait qu’elle doit être polie avec les adultes, et normalement écrire « vous », mais Gauthier est très gentil, et c’est ce qui est venu naturellement. De toute façon, elle n’aime pas raturer. Elle part du principe que ce qu’elle écrit reflète ce qu’elle aurait dit si elle avait eu une voix, et on ne peut pas ravaler des mots déjà prononcés. Donc pour les mots écrits, c’est pareil. Et puis, ça rendrait le temps d’attente pour l’autre encore plus long, et elle imagine que ce doit être bien pénible pour les autres, des fois, que d’attendre qu’elle ait terminé sa phrase.




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 24 Déc - 23:00

L'apprenti ne voulait pas effrayer la petite fille. Beaucoup d'enfants qui traînaient dans les rues savaient que, lorsqu'un homme venait à eux en leur offrant sucreries ou en étant trop gentil, en général, il fallait se méfier. Et Gauthier avait bien conscience, oh oui, qu'il devait avoir l'air vaguement étrange et angoissant, dans le même genre ! Et pourtant.
Pourtant, malgré sa démarche quelque peu inhabituelle, et le fait qu'une dizaine, sans doute une quinzaine, d'années les séparent, il y avait quelque chose chez la petite muette qui lui donnait envie de la protéger. De s'assurer qu'elle aille bien. Que le monde, jamais, ne la blesserait.
Elle semblait plutôt en confiance, pourtant, là ! Surprise, un peu choquée - il peut le deviner à son regard, à ses joues qui rosissent quand il l'appelle damoiselle -, surtout, elle n'avait pas peur.
Graine de courage, l'inconnue. Elle s'épanouirait, deviendrait,  plus tard, quelqu'un.

Il pencha la tête, légèrement, en lisant les mots rajoutés. Elle écrivait bien plus vite que lui, qui, s'il avait une écriture extrêmement lisible, prenait tout son temps. Et puis, entre écrire des noms de plantes et quelques courtes lettres pour s'assurer que tout se passe bien à La Volte, et communiquer, chaque jour, par écrit, il y avait un monde !
Un pincement au coeur, encore. Il espérait sincèrement qu'elle réussirait dans la vie à se faire comprendre par tous, d'une certaine manière, un jour. Pour avoir voyagé dans tout Cibella, jusqu'aux bordures d'Ansemer, il savait que beaucoup préféraient encore l'oral à l'écrit. La voix comme instrument ultime, porteur de l'âme humaine. Personne n'avait raison, personne n'avait tort.
"C'est très joli comme prénom, Rhapsodie." fit-il remarquer, avec un hochement de tête. "Et non, tu ne me déranges pas, voyons. Si je te le propose, je veux bien que tu restes. "

Enfin, il se redressa, l'éclat du soleil frappant sur la boucle argentée d'un étui à sa ceinture, solidement fermé. A côté, une dague pendait. Précaution. Il ne la maniait pas aussi bien que ses consoeurs, mais il savait s'en servir. "Viens, on va marcher un peu. "
Il entendait les autres enfants, de l'autre côté de la place, se rapprocher. Eclats de rire, de voix. Il ne savait pas combien de temps il tiendrait sans les réprimander, mais mieux valait ne pas le savoir.
"Je ne suis là que pour la journée. J'habite à Lorgol, maintenant, mais ma soeur vit ici depuis un an. "
Tout doucement, il prit la main de la petite Rhapsodie pour commencer à marcher. L'éloignant des enfants qui, déjà, devenaient les bourreaux des différents.
L'éloignant d'une mauvaise journée, vers la promesse d'une après-midi innocente et remplie de joie et de surprises. "Je suis né par ici, pourtant. Dans un petit village, à l'ouest. Et puis après, je suis parti pour apprendre tout ce que je pouvais sur les Dieux et les légendes d'Arven."
Il lui racontait toute sa vie, un peu. Il voulait qu'elle comprenne qui il était, alors qu'ils marchaient tranquillement dans les rues ensoleillées de la capitale ducale. "Et toi, Rhapsodie ? Tu aimes faire quoi ? " La questionna-t-il. Ses yeux glissèrent sur son visage juvénile avant d'aller sur son carnet. Il ne la traitait pas différemment d'une petite soeur, après tout.
Elle n'était rien de plus, et certainement rien de moins. "Oh et si je parle trop, tu me dis. "
Une idée lui traversa l'esprit. Il connaissait une pâtisserie, un peu plus loin - pour cause, elle était tenue par la meilleure amie de sa cousine la plus âgée. Femme de poigne.
S'ils avaient faim, en chemin... Un gâteau, ça illuminait toujours le visage d'un enfant, pas vrai ?



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyMer 27 Déc - 12:34

Il trouve son prénom joli ! La petite fille rosit davantage. Et en plus, il veut vraiment bien qu’elle reste avec lui. Ce n’était pas par pure politesse qu’il lui a proposé, ou par pitié, ou autre chose d’aussi faux. On ne sait jamais. Ça lui arrive, des fois. On lui propose de faire quelque chose de chouette, elle accepte, mais à la fin, elle se rend compte qu’elle est plus une gêne qu’autre chose pour la personne. Et elle s’en veut un peu après, de faire perdre bêtement du temps aux gens, alors qu’elle est assez grande pour jouer toute seule. Surtout qu’elle a plein de jouets, dans sa chambre. Elle a des tas de poupées qu’elle peut coiffer et maquiller, et plein de robes qu’elle peut essayer devant son grand miroir. Mais le problème, c’est qu’elle s’ennuie un peu, des fois, parce que les poupées ne parlent pas, et elle non plus. Et ses jeux sont parfois trop silencieux.
 
Gauthier se relève, et l’invite à marcher. Elle n’a pas remarqué l’attirail de l’assassin qui pend à sa ceinture, trop occupée à se concentrer sur les bruits des enfants qui se rapprochent. Elle tourne la tête vers eux alors que Gauthier lui prend la main. Ils la regardent encore en rigolant, et Maëlle se pavane au milieu d’eux. Quand elle voit que la petite fille la regarde, elle lui adresse un large sourire et un grand signe de la main, avant d’éclater de rire. Rhapsodie se détourne, un peu triste et vexée qu’elle se moque d’elle comme ça. Elle n’est pas gentille, pas du tout. Et elle est injuste. Est-ce que c’est sa faute à elle si le Destin a décidé qu’elle n’aurait pas de voix ?
 
Mais le grand monsieur commence à lui parler pour essayer de la détourner de ses pensées maussades. Et ça marche à peu près bien. Rhapsodie relève ses yeux vers lui, intéressée. Il voyage ! Elle aime beaucoup entendre les gens parler de voyages. Elle, elle n’a jamais quitté La Volte, du moins pas très longtemps. Parfois, elle accompagne son père dans ses livraisons ou sa mère quand elle va jouer dans des riches maisons pas très loin de la ville, mais elle n’a jamais voyagé d’elle-même. Et elle aimerait, des fois, aller voir le reste de Cibella, de Faërie et d’Arven, aller voir les glaciers de Valkyrion et les dunes d’Erebor dont parlent les livres.  Et Lorgol et ses mille tours, et l’Académie… Elle aimerait tout voir, tout visiter. Mais pour l’instant, ce n’est pas possible, elle n’est qu’une enfant, et muette de surcroît.
 
A sa question, elle sourit doucement lâche sa main et s’arrête de marcher pour pouvoir écrire plus facilement dans son carnet. Elle sait que ce n’est pas très pratique de communiquer comme ça, parce que du coup soit elle ne dit rien, soit elle raconte des choses et elle n’avance plus. Elle a pour projet d’apprendre à écrire en marchant, mais pour le moment, c’est un peu compliqué.
 
J’aime plein de choses. J’aime bien jouer avec mes poupées, et faire de la musique.
Je joue de la lyre, un peu. C’est Maman qui m’a appris. Elle est musicienne. Et elle chante bien.  
J’aimerais bien pouvoir chanter, moi aussi.
 
Elle lui montre, et secoue la tête quand i lui demande de dire s’il parle trop. Ça ne la dérange pas. Au moins, elle peut écouter tout ce qu’il raconte, sans avoir besoin de se sentir gênée à cause d’un silence qui s’éternise parce que la personne n’a plus de conversation. Elle hésite, puis ajoute, à la suite.
 
Tu as beaucoup voyagé ? Tu as vu le monde ?
Comment elle s’appelle, ta sœur ? Je la connais ?

Des questions sans grand rapport les unes avec les autres, écrites dans un ordre aléatoire, comme lui viennent ses pensées. Et puis comme ça, c’est posé, et ils peuvent continuer à marcher sans avoir besoin de s’arrêter toutes les dix secondes à cause d’elle.




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyJeu 28 Déc - 15:01

Les rues de La Volte, en cette période, étaient bien agréables. L'architecture cibellane, toute en hauteur et élégance, avait ce charme indéniable qui respirait la magie jusque dans ses pierres. Les teintes harmonisées des briques d'argile et de paille étaient une fresque abstraite qui les accompagnaient, alors qu'ils laissaient derrière eux le petite groupuscule d'enfants. En jetant un regard en arrière quand Rhapsodie se détourne ostensiblement d'eux, il peut voir la petite cour de la gamine ; mettre un visage sur une voix. Définitivement, en voyant comment les autres s'articulaient autour d'elle et le regard déjà chargé de mépris de la petite, il avait bien fait de soustraire sa nouvelle connaissance à leur entourage.
Quelle peste, pensa-t-il en s'éloignant. Et sa voix, qui portait leurs pas, noyait doucement les échos de ceux de la petite tortionnaire en herbe. Ne pas s'énerver, Gauthier, garder ton calme. Tout faire pour qu'elle sourit, à nouveau et qu'elle ne pense plus aux affreux derrière eux. Qu'ils continuent à jouer, tranquillement, sans se préoccuper de la petite rousse qui s'éloignait.

Lorsqu'elle eut envie de parler, ils s'arrêtèrent au coin d'une rue, entre deux portes étroites. Aussi hautes et effilées que les demeures puissent être ici, les rayons du soleil coulaient à flots entre les ruelles. Alors le quasi trentenaire s'appuya contre le mur légèrement orangé, la regardant écrire avec fascination et tendresse fraternelle.
"C'est trop bien, que tu saches jouer toi aussi de la lyre comme ta maman. " s'enthousiasma-t-il. "Même si tu ne chantes pas. Le silence, c'est aussi une forme de chant, et autrement plus dur à maîtriser. " il y pensait, réellement. "C'est très dur, d'apprendre le silence. C'est plus simple de juste .. faire du bruit. " Il agita sa main, souriant. "Et puis tu fais chanter ton instrument." Il ne voulait pas lui imposer son avis, juste lui faire voir le bon côté. Lui montrer que son monde, bien que différent de celui de la plupart des gens, est tout aussi magnifique.

Un voile de tristesse passa dans ses yeux, en la voyant parler de Gisèle. Tendresse, également. En un an, alors que les mages guérisseurs lui avaient assuré un "rétablissement prochain", la situation ne s'était pas améliorée, et il désespérait qu'un jour ses angoisses se calment. "Ma soeur s'appelle Gisèle. Elle a 15 ans... Non, tu ne dois pas la connaître. Elle est... Fragile. On ne la laisse pas trop sortir. "

Changer de sujet. Rhapsodie ne voulait sûrement pas entendre parler de la gamine qui passait ses journées à dessiner. Il se remet à marcher, en regardant le ciel un peu, la cime des échoppes construites pour durer encore des centaines d'années. Elle semblait vouloir savoir, pour ses voyages. Si on pouvait appeler cela des voyages. "J'ai pas mal voyagé en Faërie, oui. J'ai visité la majorité de Cibella, jusqu'à la limite d'Ansemer. Je suis pas allé trop loin dans les terres, mais suffisamment. J'ai visité un peu Lagrance, aussi, plus en tout cas. J'ai été à Lorgol, aussi, ça fait un an que j'y suis installé. Et même, j'ai pu aller en Valkyrion au début de l'année. " Il lui sourit, hochant la tête. "C'était beau. Froid, mais beau. Surtout la nuit. " Il avait, au passage, eu l'impression que ses doigts de pieds allaient tomber en petits morceaux au fond de ses bottes. "Je voyage beaucoup en ce moment... Je suis un apothicaire, à l'origine, mais on ne peut pas bien travailler sans connaître le plus possible, tu crois pas ? "

Ils arrivèrent à un croisement, et il lui pointa une maison, un peu en retrait, en face. "Tu vois, ma soeur vit là.. Et je vis là, aussi, quand je viens. Pas souvent. " admit Gauthier.



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 31 Déc - 12:45

Elle lui adresse un grand sourire, quand il s’exclame que c’est trop bien de jouer de la lyre comme Isaëlle. A Rhapsodie, ça lui paraît un peu normal. Après tout, sa maman est son modèle. Elle est très grande, très belle, et très forte en musique, ce qui est mieux pour une chanteuse. Et après tout, elle lui a transmis sa passion pour la musique depuis qu’elle est toute petite. Ça lui paraît évident qu’elle aussi sache jouer un peu de la musique. Bon, aussi parce qu’il y a quelques années, elle a fouillé dans ses affaires et lui a emprunté sa lyre, avant de lui demander de lui apprendre à en jouer. Et maintenant, elle doit avouer qu’elle est assez forte, parce qu’elle s’entraîne tous les jours.

Sa réponse sur le chant et le silence lui tire une moue légère. Il trouve que garder le silence, c’est plus dur que de faire du bruit ? Il n’est pas né muet, lui, ça se voit. C’est facile, pour elle, de se taire. C’est bien plus compliqué de se faire entendre. Parce que quelqu’un qui a une voix, c’est facile. Il suffit de crier, de parler plus fort que les autres, un peu comme Maëlle. Et ça, elle ne peut pas le faire. Enfin, elle peut jouer de la lyre, mais c’est pas exactement pareil. Par contre, elle trouve son expression très jolie, et retrouve son sourire immédiatement. Elle fait chanter son instrument. Elle n’avait jamais pensé à cette tournure ! Elle se décide à la garder en mémoire, afin de pouvoir la réutiliser, un jour. Elle écrit un peu des poèmes, aussi, mais elle n’en a jamais parlé à personne, même pas à sa mère. Et elle ne le dira pas à Gauthier non plus. Elle a déjà beaucoup écrit sur elle, pas besoin d’en faire des tonnes.

Par contre, elle fronce légèrement les sourcils en le voyant devenir un peu triste, quand il lui parle de sa sœur. Elle comprend vite pourquoi. Elle est… Fragile ? Elle espère que ce n’est pas trop grave. Mais fragile comment ? Fragile comme un coquelicot, dont les pétales s’envolent très vite une fois qu’on les cueille ? Fragile parce qu’elle est malade ? Fragile dans sa tête ? Fragile, comme elle ? Elle aimerait lui poser la question, mais deux choses l’en empêche. La première, c’est que ça a l’air de le rendre triste, de parler de Gisèle, et la deuxième, c’est qu’ils ont recommencé à marcher.

Elle referme son carnet, doucement. Elle ne veut plus parler, pour le moment. Elle veut juste marcher un peu, et l’écouter parler d’Arven. Et elle sourit, essayant de s’imaginer tous les lieux dont il parle. Il vit à Lorgol, la Ville Libre ! C’est génial. Oh, elle aimerait tellement, tellement, traverser le continent, aller partout, même en Valkyrion où il fait froid, parce que le froid, ce n’est pas grave. Et si c’est beau, en plus…  

Elle tique sur le nom de son métier. Apothicaire ? Elle connaît beaucoup de mots, Rhapsodie, et celui-là en fait partie, mais son sens lui échappe. Et son orthographe aussi, par la même occasion. Elle baisse les yeux sur son carnet, le rouvre à la bonne page, et écrit, en ralentissant progressivement le pas.

C’est quoi un apo, ton métier ?

Elle s’apprête à lui montrer, mais il parle, déjà, d’autre chose, et lui montre une maison. Celle de sa petite sœur, qu’il avoue ne pas venir voir souvent. Rhapsodie hoche la tête, et ajoute à la suite de sa première question, avant de lui glisser le tout sous le nez.

C’est triste, un peu. Tu es très occupé dans ton métier ?
Tu veux qu’on aille lui dire bonjour ? On peut, ça ne me gêne pas.

Elle veut bien, même. Comme ça, elle pourra voir comment est Gisèle, et peut-être… essayer de se faire une amie ? Peut-être. Elle ne doit pas être comme Maëlle, ce n’est pas possible, parce que Maëlle n’est pas gentille. Et la sœur de Gauthier qui est gentil, elle est forcément gentille aussi, non ?




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 31 Déc - 23:35

Aurait-il un jour des enfants, Gauthier ? La question déjà trottait dans sa tête. L'engagement était profond, presqu'autant que celui qui le liait à la Confrérie. Un engagement intimement lié au serment, également, qu'il avait juré à la Sombre Mère. Il s'était mis à son service au nom de la revanche et de la vengeance, et ce jusqu'à ce qu'il meure. Il finirait ses jours sous ses ordres, comme son Fils obéissant. Parce qu'il y croyait, à cette justice qu'ils rendaient, à ces traîtres, ces fourbes, ces meurtriers d'enfants ou d'êtres chers, qu'ils livraient au Juge parmi les Juges, Seigneur du Purgatoire et consort de la Sombre Mère. Il y croyait, à la mort, plus qu'il ne croyait à la vie.
Il n'aurait sans doute pas de femme si elle n'était pas au sein même de son ordre, pour en revenir au sujet. Sa cuisse portait son tatouage, bien assez haut. Immanquable, mais bien assez discret. Il se souvenait du regard moqueur de celui qui deviendrait peu après son formateur. "Tu veux pas te le mettre sur le séant non plus ? "
Il avait, après coup, avoué que l'emplacement était rare mais plutôt bien pensé. Peu pratique, en revanche, si la Confrérie décidait de devoir montrer son tatouage à chaque fois. "Préviens-les avant de te présenter braies aux chevilles."

Rhapsodie semblait contente de l'entendre déblatérer sur ses voyages et ses expériences. La petite, sans doute, ne s'était jamais aventuré bien loin de la cité magnifique qu'était La Volte, et, à son âge souvent on rêvait d'aller conquérir de grandes étendues et de partir découvrir le monde. Alors, un inconnu qui vous racontait ses aventures, vous pensez bien... Et Gauthier en avait des aventures à conter, se terminant toujours plutôt bien pour le héros...Et de manière mortelle pour ses assaillants.
Le carnet fit son grand retour sous son nez, et il lut les nouvelles lignes ajoutées en souriant. Il aimait bien ce petit carnet,tiens, c'était grandement pratique et adorable.
"Un apothicaire, c'est un peu un mélange entre un herboriste et un mage guérisseur. Je récupère des plantes et je fais des sortes de potions pour soigner les gens avec, mais sans magie. " Une ombre de regret. Il aurait aimé l'avoir, cette magie. Cela n'importait plus, désormais. "Ou pour faire repousser les cheveux, mais ça ne marche pas très bien. " Il sourit, passant une main dans les siens. Ils étaient encore plutôt courts, pour ne pas entraver sa vision. Il verrait à, éventuellement, se les laisser pousser.

"Oui, je suis plutôt occupé quand je travaille. Il faut faire attention, parce que les plantes peuvent faire autant de mal que de bien suivant comment on les associe aux autres, ou on les emploie. " En revanche, la dernière phrase le laissa songeur un peu.
"Je sais pas si Gisèle..."
Elle serait contente de voir quelqu'un de différent, si Gauthier lui assurait qu'elle était gentille. Et Rhapsodie respirait la gentillesse. Il hocha la tête.
 "On peut aller lui dire bonjour. Elle sera surprise, je ne lui ai pas dit que je rentrais aujourd'hui. Tu verras, elle a peint sur tous les murs de sa chambre. "
il l'entraîna gentiment vers la porte menant à l'intérieur, l'ouvrant sans peine et grimpant des escaliers. Tout en haut, une porte, décorées de dessins de fleurs entrelacées avec la lettre G, dans les tons rose pâle et ocre. Il toqua, doucement. "Gisèle ? C'est moi. J'ai ramené quelqu'un. Elle s'appelle Rhapsodie, elle est gentille. Tu ne prends pas peur, promis ? "

La porte s'ouvrit, lentement, et une frimousse innocente émergea, aux cheveux bruns légèrement bouclés tombant en cascade sur les épaules de la simple robe blanche. Les doigts étaient couverts d'encre.
La porte s'ouvrit en grand, et Gauthier fut pris d'assaut par une jeune Gisèle qui le serrait contre lui de toute la force de ses frêles bras. "Tu étais parti longtemps, cette fois."
Elle ne faisait pas ses quinze ans, Gisèle. De ses yeux bleus, craintifs,  après s'être sortie de l'étreinte, elle jugea Rhapsodie avec inquiétude - sans méchanceté aucune, avant de sourire comme une enfant. "Elle a l 'air gentille. Et jolie. Tu t'appelles Rhapsodie ? "



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyVen 5 Jan - 21:01

Le sourire que Gauthier affiche en la voyant tendre à nouveau son carnet sous son nez lui fait un peu plaisir. Ce n’est pas un sourire moqueur, un faux sourire masquant la lassitude, ou que sait-elle encore. Non. Elle sent qu’il est amusé, et que ça ne le dérange pas du tout de communiquer comme ça, pour l’instant du moins. Mais bon, elle a tendance à croire qu’il n’est pas ennuyé le moins du monde par sa présence silencieuse, en tout cas elle espère. En tout cas, il répond de bonne grâce à ses questions, et lui explique patiemment son métier. Rhapsodie hoche la tête, signifiant qu’elle a compris. Donc, c’est presque un mage guérisseur ? Elle ne les aime pas trop, les mages guérisseurs, Rhapsodie. Parce qu’elle sait que quand ils viennent la voir, c’est qu’elle est malade, et elle déteste être malade. La dernière fois, elle toussait beaucoup et elle avait très mal à la gorge. Le mage est venu parce qu’Isaëlle lui avait demandé. Il l’avait guérie grâce à sa magie, et en partant, lui avait conseillé, par distraction ou désintérêt total, de ne pas trop parler pendant quelques jours. L’enfant était restée interdite, ne sachant pas si elle devait rire de cette étourderie, être fière d’être considérée comme n’importe quel enfant de son âge ou bouder de son manque de professionnalisme. Finalement, Isaëlle s’était emportée contre lui, l’avait chassé de la maison en criant au manque de respect, et la petite fille n’a plus jamais revu ce mage.

Elle hoche la tête à nouveau à la suite de ses explications. Il a raison. Elle imagine que si on peut soigner avec des plantes, on peut aussi tuer, et c’est sacrément dangereux. Mais elle est sûre que Gauthier est très fort, et qu’il fait très attention à ne pas donner de poison à ses clients. Il a l’air très gentil, et quelqu’un de gentil n’empoisonne pas les gens, même sans le faire exprès. Puis elle rit silencieusement en le voyant se passer la main dans les cheveux. C’est une drôle de potion, ça. Mais visiblement, elle ne marche pas très bien. Ce n’est pas grave. Elle aimerait bien écrire qu’elle sait qu’il va y arriver et qu’elle en veut bien un peu pour essayer d’avoir les cheveux aussi longs que ceux d’une princesse, et qu’elle puisse faire avec une tresse énorme jusqu’au sol. Mais elle n’ose pas. Il n’est pas son ami, du moins pas au point de lui demander une chose pareille. Et de toute façon, il lui parle déjà de sa sœur, réponse à ses deux dernières questions.

Au début, il hésite. Et elle fronce légèrement les sourcils. Il ne sait pas quoi ? Si elle serait contente de la voir ? Parce qu’elle ne parle pas ? Ou il y a autre chose ? Finalement, il lui explique qu’il vient de rentrer et que c’est une surprise, et son visage s’éclaire. Oh, si ce n’est que ça ! Si il veut, elle s’en va, pour que le frère et la sœur puissent se retrouver tranquillement, sans elle, inconnue totale. Mais le grand monsieur ne lui laisse pas l’occasion de recommencer à écrire, et l’entraîne vers la maison. Elle ne doit pas gêner tant que ça, alors. Alors, elle retrouve son léger sourire, et suit Gauthier jusqu’à la porte de la chambre, joliment décorée d’un G rose entouré de fleurs. Tiens, c’est une bonne idée. Elle demandera en rentrant si elle peut faire pareil pour sa chambre, et écrire un grand R sur sa porte. Peut-être pas avec des fleurs, pour ne pas copier. Mais pourquoi pas avec plein de couleurs différentes ?

L’enfant rosit doucement en entendant Gauthier appeler Gisèle, et en la décrivant comme « gentille ». Mais visiblement, c’est un moyen de la faire sortir, parce qu’il lui demande de ne pas avoir peur. Pourquoi on aurait peur d’elle, le modèle réduit, la muette, la discrète ? Enfin, il lui a dit tout à l’heure qu’elle était fragile. Peut-être qu’il dit ça, parce qu’elle est fragile, c’est bien possible après tout. En tout cas, elle ouvre la porte, doucement, puis d’un coup, pour se jeter dans les bras de son grand frère. Rhapsodie sourit, mais baisse un peu le regard. Elle se sent un peu étrangère à ses retrouvailles. Après tout, elle ne connaît ni l’un, ni l’autre, même si elle a un peu parlé avec Gauthier. Et puis, elle aimerait bien avoir une sœur ou un frère, aussi. Un grand, qui pourrait la protéger du monde, et avec qui elle pourrait jouer sans avoir peur de se faire avoir par des méchancetés. Ce serait bien, mais c’est un peu tard.

Elle relève la tête en sentant la jeune fille s’approcher d’elle. Elle est jolie, avec ses grands yeux bleus et ses boucles brunes. Et si au début, elle avait l’air un peu craintive, un peu méfiante, elle lui sourit franchement. Sourire que lui renvoie Rhapsodie. Et à sa question, elle s’empresse de hocher la tête, avant de sortir son carnet et d’écrire, pour le lui glisser sous les yeux.

Bonjour !
Toi aussi tu es jolie, et gentille.
Est-ce que tu sais lire ?


La dernière question vient juste de lui effleurer l’esprit. Elle relève la tête vers Gauthier, comme pour lui demander. Parce que si elle ne sait pas lire, ça va être plutôt compliqué de se comprendre. Il y a toujours Gauthier pour faire l’intermédiaire, mais ce n’est pas pareil que de s’adresser directement à elle.




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 7 Jan - 13:43

Il n'était pas sûr au départ que Rhapsodie apprécierait de rencontrer sa soeur. Après tout, elles étaient différentes, ne s'étaient jamais vues, et il ne connaissait la jeune fille que depuis moins d'une heure. C'était bien trop peu pour juger d'une personne. Et pourtant... Pourtant, à ses yeux, il y avait quelque chose qui les rapprochait, qu'il ne savait pas encore comment définir. Dans les yeux de Rhapsodie, il y avait comme une volonté de découvrir le monde et d'exister. Une lueur d'enfance infinie. Quelque chose, qu'il ne savait pas trop expliquer mais qu'il retrouvait dans le regard de Gisèle. Dans sa voix aussi.
Faute de voix, chez la petite Rhapsodie, il ne saurait comparer. Heureusement, l'apprenti se doutait que, si sa soeur acceptait de rencontrer la plus jeune, tout se passerait bien. Gisèle n'avait rien contre les jeunes femmes, en général. Les dames les plus âgées la faisaient tiquer, par contre - la faute à ces bandits qui arpentaient les routes. Danger, au détour d'un chemin, qui coûte la vie à plus d'une. Mais globalement les petites ça allait.
Et puis si son frère lui disait que c'était bon, c'était qu'il n'y avait rien à craindre d'elle.  

La jeune fille de quinze ans, un peu frêle pour son âge, pencha la tête devant le carnet. Gauthier allait lui expliquer, mais elle hocha la tête. "Oui, je sais lire ! Maman m'avait appris, quand on vivait encore à Haut-Orge. Elle voulait que je sache bien, comme ça je pourrais l'aider à tenir la boutique." Un vague tremblement agitait ses épaules, et son frère tendit la main vers elle, faisant attention à ne pas la choquer ou l'effrayer. Pas cette fois.
La brune reprit. "Mais maintenant, ma maman elle est plus là. Mais j'ai Gauthier, c'est encore mieux qu'un papa tu sais ? Même s'il est pas là tout le temps, quand il vient il raconte toujours ses voyages, et ses histoires. "
Un léger sourire de la part du grand frère, qui, amusé, les regardaient. Gisèle était à l'affût du mouvement de crayon de la petite rousse, visiblement en confiance... Autant qu'elle puisse l'être. Rhapsodie était loin de faire des gestes brusques.

"Mais pourquoi tu parles pas, dis ? C'est pas trop dur ? Tu sais dessiner ? " Les questions fusaient, joyeuses. Par la porte ouverte, on pouvait voir la chambre de la petite, où un autre lit était, à peine fait - le lit que Gauthier occupait quand il venait. Les murs étaient peints, là aussi, principalement de fleurs et de décorations vives.
Mûe par une soudaine inspiration, Gisèle leur fit signe d'attendre avant de trottiner dans sa chambre, cherchant quelque chose. Son frère se tourna vers Rhapsodie, pour lui confier : "Je pense qu'elle t'aime bien. "  
Il n'avait pas la moindre idée de si elle comprenait ce qu'il avait voulu dire par fragile. Fragile, pour ces expressions fugaces si Gauthier bougeait trop vite ; fragile, pour cette peur dans son regard. Fragile, pour les tremblements qui la prenaient encore quelquefois.

L'adolescente aux allures de petite fille revint, tendant un carnet à dessins à Rhapsodie avec de grands yeux. "Je dessine un peu, tu sais. Tu veux voir ? "



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 14 Jan - 11:32

Elle sait lire ! Rhapsodie lui renvoie un sourire ravi. Ça va être très facile de parler avec elle, alors ! Surtout qu’elle a l’air très gentille, elle. Vraiment gentille. Pas comme Maëlle qui fait semblant d’être gentille quand sa maman est à côté mais qui est en fait très méchante quand c’est elle qui est la plus grande. Mais… Peut-être que Gisèle fait semblant, elle aussi, parce qu’il y a Gauthier ? Non, non, elle est forcément sincère. Il y a quelque chose qui fait dire à Rhapsodie qu’elle ne joue pas la comédie. Sa joie de vivre, peut-être. Ou alors ses yeux qui brillent quand elle parle.
 
Elle hoche la tête à ses paroles et s’apprête à lui répondre qu’elle aussi aide son père à la boutique de poteries, et qu’elle pourrait l’emmener voir chez elle d’ailleurs, mais quelque chose a changé. Elle tremble, un peu, et Gauthier esquisse un vague geste de réconfort vers elle. Rhapsodie écarquille les yeux en entendant la suite. Sa maman… N’est plus là ? Et Gauthier, c’est comme son papa ? Et son vrai papa, il est où ? L’enfant réalise que l’adolescente doit être très seule, et très triste, aussi. Rhapsodie s’imagine un instant ses parents disparaître de sa vie. Ce serait tout simplement affreux. Surtout que la fillette n’a pas de frère, contrairement à Gisèle. Mais Gauthier n’est pas là souvent, à cause de son métier d’apo-quelque-chose. La pauvre.
 
Mais sa joie revient toute seule quand elle évoque les histoires de voyage de Gauthier. Rhapsodie ne peut qu’acquiescer, rêveuse. Le peu qu’il lui en a raconté l’a fait un peu voyager, à elle aussi. Et peut-être que Gisèle aimerait bien partir aussi ? Reprenant son crayon et son carnet, elle s’empresse d’ajouter quelques mots.
 
Il m’a raconté, un peu. Il m’a dit qu’il était allé très loin !
Toi aussi tu voudrais voyager ? Moi oui, j’aimerais aller à Lorgol quand je serai grande.
 
Mais avant qu’elle n’ait pu lui montrer sa réponse, Gisèle lui a posé déjà d’autres questions. Elle lui sourit un peu gênée, pensant que sa remarque sur son silence est un reproche ou une accusation, mais elle comprend vite que c’est simplement de la curiosité. D’ailleurs, le sujet ne semble pas la préoccuper plus que cela puisqu’elle lui demande si elle aime dessiner. Elle dodeline de la tête, dans un geste qui ne signifie ni oui, ni non, et retourne à son carnet pour lui répondre.
 
Je ne peux pas parler, je ne sais pas trop pourquoi, c’est comme ça.
Je suis habituée à force, donc ça va, c’est pas très dur.
Je dessine, un petit peu, mais pas très bien.
 
Encore une fois, Gisèle n’attend pas. Elle a l’air pressée, fait un petit geste pour leur dire d’attendre et retourne dans sa chambre pour chercher quelque chose. Elle relève le nez vers Gauthier, l’air interrogateur. Et ce qu’il lui souffle lui fait plaisir. Elle l’aime bien ? Pour de vrai ? Peut-être qu’elles pourront vraiment devenir amies ? Gisèle revient aussitôt, un carnet semblable à celui de Rhapsodie entre les mains, en lui disant qu’elle dessine un peu. La fillette hoche la tête à sa question, tend son carnet à l’adolescente, qui lui donne le sien en échange. Ainsi, l’une pourra lire quand l’autre regardera les dessins.
 
Doucement, l’enfant fait défiler les pages. Et c’est une myriade de fleurs, d’oiseaux, d’animaux, de jardins, de décors, de toits et de quelques portraits colorés qui s’offre à ses yeux étonnés et émerveillés. Elle dessine vraiment bien ! On dirait presque des vraies choses ! Elle relève les yeux vers Gauthier, puis vers sa nouvelle amie. Elle n’a pas son carnet entre les mains, et elle n’ose pas écrire sur celui de Gisèle pour ne pas l’abîmer, mais son visage traduit tout ce qu’elle pense de a joliesse de ces dessins. 




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyJeu 18 Jan - 15:43

Boule d'énergie qu'était la craintive Gisèle, énergie qui liait si bien innocence de l'enfance et dynamisme de l'insouciance ! Une fois que celle-ci avait confiance en quelqu'un, qu'elle savait qu'elle n'avait rien à craindre, alors cette énergie ressurgissait. Vive et brillante, comme une petite étoile au fond d'elle. était toujours saisi de voir que ça, ça n'avait pas été éteint. Que ça, ça n'avait pas été atteint par ceux qui avaient voulu lui imposer la mort, et l'avaient laissée avec pire encore. L'esprit fracassé.
Elle était fragile, Gisèle. Et elle s'appuyait sur Gauthier pour ne plus l'être, sans en avoir conscience. Un jour il l'aiderait. Un jour, peut-être, trouverait-il la combinaison pour guérir tous les maux de l'esprit. On pouvait bien incapaciter les mages, alors pourquoi ne pouvait-on la guérir ? Son regard était légèrement vague, en observant les mouvements presque fébriles de sa jeune soeur.

Gisèle se pencha sur le carnet de Rhapsodie en souriant, déchiffrant presque sans peine l'écriture de la jeune fille, sa cadette que quelques années à peine ! , sans un bruit, s'appuya contre le mur et sourit. A voir Rhapsodie, celle-ci avait sans doute remis dans un coin de son esprit les méchancetés que l'autre lui avait dites et faites. C'était tout ce que ces bourreaux méritaient. L'oubli le plus pur et le plus absolu. Ca, ou la mort. Mais il doutait que la jeune Cibellane souhaite tuer ses pairs.

"Oui, très loin ! Quand j'étais un bébé, aussi, mon papa il m'a dit qu'il était parti apprendre plein de choses. Et maintenant, il part aussi, mais plus loin. Je crois qu'il aime pas rester trop longtemps quelque part.

- J'aime bien les routes. "
Voix bien plus masculine, amusée, qui répond et appuie les propos de Gisèle. Sans s'en formaliser, elle reprit.
Lorgol c'est bien ! Un jour, moi aussi j'irai. Je verrai les tours, toutes les tours ! Tu crois qu'il y en a vraiment mille ? "
Papillon candide et innocent.

Et puis ses sourcils se froncèrent, un peu. C'était bizarre qu'elle ne puisse pas parler. Ca ne choquait pas Gisèle. Elle avait bien connu quelqu'un qui ne l'entendait pas, quand elle était encore à Haut-Orge ! L'une des anciennes du village était sourde depuis des années, et pourtant survivait avec une surprenante facilité.
"C'est un peu triste que tu puisses pas... Ca te rend triste, toi ? Parce que je pense que t'as pas besoin de ta voix pour être gentille. " Elle lui rendit son carnet, pour qu'elle puisse quand même s'exprimer. C'était mieux, si elle avait des questions ou des choses à dire, vu qu'elle parlait pas. "Moi ça me gêne pas. Parce que quand t'écris, c'est comme quand tu parles. "
Au moins était-elle plus tolérante que les enfants de l'âge de Rhapsodie, même si sur d'autres points elle avait encore du chemin à parcourir.
Oh, ça viendrait. Bien sûr que ça viendrait. Qu'elle guérisse, déjà, et un grand pas en avant serait fait.

"En tout cas, si tu viens à Lorgol, Rhapsodie, je viendrai te montrer la ville, si tu veux. " proposa , gentiment.
"Je compte y rester, une fois mes voyages terminés.
Et tu reviendras plus jamais ici ?

- Bien sûr que si, Gisèle. Je ne te laisserai jamais seule, tu le sais. " Ses yeux se firent tendre, un instant, pendant qu'elle hochait la tête. Gauthier c'est le meilleur grand frère. Tu as un grand frère, Rhapsodie, dis ? "




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptySam 27 Jan - 12:22

L’enthousiasme de Gisèle est particulièrement communicatif, et grâce à elle, Rhapsodie a oublié ses soucis avec ses autres enfants, l’esprit trop accaparé par les dessins de Gisèle et la joie de s’être fait ce qui semble être sa première vraie amie. Enfin, c’est peut-être un peu tôt pour le dire, mais la fillette a l’impression qu’elles s’entendent très bien. Même si elle est plus grande de quelques années, Gisèle ne la repousse pas parce qu’elle est plus petite, ni parce qu’elle est muette. Ses questions ne dissimulent aucune once de méchanceté, simplement de la curiosité pour quelque chose de peu commun. Et tournées sous cette forme, dénuées de toute mauvaise intention ou de pitié mal placée, Rhapsodie ne voit aucun inconvénient à ses questions. Même, elle est contente, parce qu’elle a l’impression que l’on s’intéresse à elle pour de vrai, sans toutefois s’arrêter sur son défaut, presque insignifiant.

Elle relève son nez du carnet à dessin et rit en silence quand le frère et la sœur évoquent les voyages de Gauthier. Elle sourit franchement et hoche la tête à la question de la jeune fille. Oui, elle est sûre qu’il y a au moins mille tours, ou la ville ne s’appellerait pas comme ça. On ne peut pas mentir dans le nom d’une ville. C’est un peu gros et traître, comme mensonge, non ? Et puis, pourquoi mentir sur quelque chose comme ça, quel intérêt ? L’idée que cela ne puisse être qu’une expression, une simple hyperbole, une façon de parler, ne lui effleure même pas l’esprit. Naïve et candide petite Rhapsodie.

Gisèle poursuit sa lecture, et Rhapsodie replonge dans l’observation des jolis dessins. Pas pour bien longtemps, d’ailleurs, puisqu’elle commente et répond presque de suite aux phrases écrites sur le papier. Rhapsodie hausse doucement les épaules quand elle dit que c’est triste, avant de relever son fin museau vers elle, un brin surprise par sa question, à laquelle elle n’a jamais encore répondu, ni jamais vraiment réfléchi. Est-ce qu’elle est triste ? Elle ne sait pas. Peut-être que oui. Si elle avait su parler, elle aurait pu avoir des amis, comme tout le monde. Mais elle a grandi avec. Et sûrement que si elle n’avait pas été muette, si elle n’avait pas été rejetée par les autres enfants et croisé Gauthier, elle n’aurait sûrement jamais rencontré Gisèle. Alors, peut-être que non. Peut-être qu’être triste de son mutisme n’est pas le mot.

Reprenant son carnet que Gisèle lui tend, l’échangeant avec le carnet à dessins, elle écarquille les yeux. C’est vrai ? C’est pareil pour elle ? C’est… L’entendre dire par une personne extérieure à sa famille, par une fille d’environ son âge à quelques années près, c’est fort. Et émouvant, un peu. Elle s’immobilise quelques secondes, interdite, avant d’adresser un large sourire sincère à sa nouvelle amie. Elle se cale le carnet de façon à pouvoir écrire aisément dedans, et ajoute quelques phrases en vrac.

Je ne suis pas triste, je crois. Maman l’est un peu, parce qu’elle aurait aimé que je chante très bien, comme elle.
Toi aussi tu es très gentille Gisèle de me dire ça.
Je suis contente que ça ne te gêne pas, tu sais. Parce que je connais d’autres personnes qui ne m’aiment pas trop pour ça, mais ce n’est pas grave.
Tu dessines très bien, vraiment, c’est très joli, tu es très douée. Tu as appris toute seule ?

Son attention quitte son carnet au milieu d’une phrase pour se poser sur Gauthier. C’est vrai ? Ce serait tellement chouette ! Elle aimerait presque partir avec lui, dès qu’il retournera à Lorgol, pour voir. Mais elle imagine qu’elle ne peut pas faire ça sans demander à ses parents, parce que sinon ils s‘inquièteraient de ne pas la voir rentrer à la maison. Et si elle leur demande, elle n’est pas certaine qu’ils accepteraient, parce qu’ils s’inquièteraient sans doute pour elle, si loin de La Volte et de ses parents, dans une ville inconnue… Mais quand elle sera plus grande, elle ira. Elle hoche la tête, mais fronce légèrement les sourcils en entendant la discussion entre le frère et la sœur, rassurée toutefois par la réponse de Gauthier. C’est vrai qu’elle ne voudrait pas non plus piquer le grand frère de Gisèle, ce ne serait pas très gentil, surtout que c’est peut-être la seule faille qu’il lui reste… Elle sourit à la jeune fille, avant de revenir vers son carnet pour compléter la phrase laissée en suspens et répondre aux dernières questions.

Je suis d’accord, Gauthier est très gentil aussi.
Je n’ai pas de frère, ni de sœur. Je suis toute seule, avec mes parents.
Tu as beaucoup de chance d’avoir un grand frère come lui.

Et Gauthier, je veux bien voir Lorgol avec toi. Quand je serai grande et que je pourrai voyager comme je le veux.

Tendant son carnet entre les deux de façon à ce que chacun puisse lire ce qu’elle a écrit, elle attend leurs réponses en souriant.




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyDim 4 Fév - 1:42

Gauthier, lui, trouvait la scène des plus adorables. Il y avait quelque chose entre les deux qui lui semblait pur. Intact. Rhapsodie méritait de vivre des moments qui n'étaient pas encore souillés de la méchanceté que les autres pouvaient avoir à son encontre ; tout comme Gisèle méritait de rencontrer des personnes qui la mettaient en confiance, assez pour qu'elle s'ouvre, sans peur.
Il avait de l'espoir, l'homme : peut-être qu'ainsi, en parlant, en dessinant, Gisèle retrouverait petit à petit un esprit stable. Peut-être réussirait-elle à vivre, pas seulement à survivre.
L'instant était pur. Aussi pur qu'un lever de soleil sur une étendue vierge de toute présence, hormis celle de celui qui la regarde. Aussi pur que le sourire de Rhapsodie, que la joie dans les yeux de Gisèle. Aussi pur que la mort, pureté ultime. Puissent-elles ne jamais souffrir, et se garder loin de toute peine, de toute vengeance, car si celle-ci avait su éclairer le chemin de l'apprenti il était loin d'être sûr qu'elle n'apporterait pas aux deux jeunes filles la même illumination. Elles étaient lumière, et il osait espérer que les chemins sombres, sous leurs pas aériens de petites filles innocentes encore, se paveraient de lumière étincelante. C'était beau, le rêve.

Les phrases coulaient rapidement sur le carnet de la petite, comme des mots se déverseraient de sa bouche. Curieusement, en lisant les phrases, aucune voix ne se formait à l'intérieur de son esprit, comme il arrivait quand il lisait. Rhapsodie, souvenir impérissable à jamais, oui ! Mais souvenir sans son, si ce n'était celui de ses pas sur les pavés colorés.
Gisèle pencha la tête en la regardant écrire. Elle avait plus de facilité dans la lecture que son frère. En tout cas, le sourire qu'elle avait pu avoir de la plus jeune lui avait plu : il transpirait la sincérité. Promesse de quelque chose, même si ce n'était rien au final.
"Les autres ? " Naïve, Gisèle. Comme si elle n'entendait pas les remarques que certaines amies de leurs cousines faisaient à son propos. "Il faut ignorer les autres. Même quand ils sont méchants, je pense. Comme ça, c'est leur dire qu'ils n'existent pas. "

Jetant un regard vers son carnet, après celui de Rhapsodie, elle hocha la tête. "Avant, on avait plein de plantes. Gauthier en faisait des choses, et moi je les dessinais dans l'atelier. J'ai jamais voulu essayer, ça m'intéressait pas. Par contre les dessiner... Ca, c'était bien. "
Les souvenirs avaient un léger goût amer dans la bouche de l'homme qui les écoutaient. Ca ne faisait qu'un an.
Ou qu'une éternité.
"Promis, quand tu seras grande, alors. " lui répondit-il en hochant la tête. "Je pense que le temps que tu grandisses bien, j'aurais appris toutes les rues par coeur pour te les montrer." Il laissa un rire lui échapper. "Et toi aussi, Gisèle. On ira ensemble. "
Il ne la laisserait pour rien au monde. Mais il savait ce qui l'attendait, une fois sa formation terminée. Les départs pour des contrats, autour du continent, là où son Ecoutant le jugerait utile. Des mois, quelquefois, loin de Lorgol. Et puis, surtout, pas d'endroit où vivre avec sa soeur : en un an, malgré ses attaches à La Volte, il avait demandé à résider à Lorgol, et la Tour Noire était devenue sa maison. Lieu empreint de mystère et de majesté, où le pouvoir et la présence de la Sombre Mère accompagnait chacun de leurs pas.
"En tout cas, si tu veux venir là un jour, Rhapsodie, tu viens ! Je suis toujours là. Tout le temps ! " proposa Gisèle en hochant la tête.



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyMar 20 Fév - 16:08

Le conseil de sa nouvelle amie la laisse pensive, un peu. Les ignorer, oui, c’est bien ce qu’on lui dit depuis longtemps, mais c’est si difficile. Parce qu’ils insistent souvent, les autres, et cherchent sans cesse à blesser, sans raison valable. Sans raison tout court, même, mis à part la différence, visible ou non, de leur victime. Néanmoins, Gisèle aussi est un peu différente de tous les autres, Rhapsodie commence à le comprendre. Gauthier lui a dit qu’elle était fragile. Elle n’a pas encore compris précisément en quoi, mais elle a vu qu’elle parle comme si elle était aussi jeune qu’elle, alors qu’elle est plus grande que Maëlle. Ça ne la gêne pas du tout, parce qu’elle est gentille avec elle et qu’a moins elles ont l’air de bien s’entendre ; mais elle aussi a pu être moquée, et peut-être sait-elle exactement de quoi elle parle. Alors, elle hoche la tête, et reprend son carnet pour y ajouter quelques mots.

J’essaie, des fois, mais c’est difficile parfois, quand ils parlent plus fort que toi.

Car pour faire taire les voix qui arrivent jusqu’à ses oreilles, elle ne peut pas crier ou chanter. Elle peut les oublier après coup, avec sa musique et ses petits poèmes, mais c’est un peu différent. Et elle ne parvient jamais tout à fait à lever le menton, dévier leur regard d’eux et continuer sa vie comme s’ils n’étaient pas là. Et puis, ignorer les gens, ce n’est pas très pratique pour se faire des amis. Mais peut-être qu’un jour, elle y arrivera, et que ça marchera ; et de toute façon, de vrais amis ne se moquent pas des autres, parce que ce n’est pas gentil. Elle a lu ça dans un livre.

Quand Gisèle lui explique comment elle a appris à dessiner, elle sourit. Elle s’imagine rapidement la scène, avec Gauthier qui fait ses manipulations d’apo-quelque-chose et Gisèle, qui dessine près de lui. Une scène heureuse, qu’elle imagine loin dans le passé. Si Gauthier vit maintenant à Lorgol et Gisèle seule à La Volte, ils ne doivent plus avoir de moments comme ça… Ça doit être triste, un peu. Enfin. Elle hoche la tête, montrant qu’elle a écouté et compris ce qu’elle lui a dit.

Et puis c’est Gauthier qui lui répond, sur le voyage à Lorgol. Sa réponse lui tire un sourire immense, et elle aurait applaudi de ravissement si elle n’avait pas tenu son carnet entre ses mains. Elle aimerait y être, déjà, à visiter Lorgol avec Gisèle et Gauthier, à regarder les tours se perdre dans les nuages, et à admirer l’Académie de loin. Peut-être qu’elle pourra rentrer à l’Académie, d’ailleurs. En tout cas elle aimerait y étudier. Surtout si une fois là-bas elle pourra y retrouver Gauthier ! Ça serait très chouette. Alors elle écrit, encore.

Je grandirai vite ! Comme ça, je pourrai venir bientôt. Et Gisèle, je viendrai te chercher et on portaillera ensemble !

Des rêves d’un futur, bien trop lointain. Elle le sait Rhapsodie que tout cela peut ne jamais se concrétiser. Mais elle a envie d’y croire, et de se dire que tout ce qu’elle écrit sera vrai, un jour. Ce serait si bien.
Elle sourit à Gisèle, quand elle lui dit qu’elle pourra venir quand elle voudra ici, pour jouer. Elle est contente de cette invitation, parce qu’elle s’est fait tout à fait naturellement, et qu’aucun adulte ne l’a forcée à l’inviter à jouer. Alors, en réponse, elle hoche la tête, et rajoute une phrase, à destination de ses deux nouveaux amis.

Je viendrai te voir alors, et on jouera ensemble !
Et tu pourras venir chez moi aussi, si tu veux. Je te montrerai ma lyre et mes jouets ! Et Gauthier, toi aussi.
Et mon père est potier, je pourrais vous montrer sa boutique ! Il fait des choses très jolies.
On peut y aller maintenant, même, si vous voulez.


Elle s’emballe peut-être un peu, mais elle aimerait vraiment qu’ils viennent avec elle. Et il n’est pas trop tard, il va peut-être même être l’heure de goûter. Elle a quelques pièces, peut-être pourra-t-elle leur acheter quelque chose sur le chemin ?




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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyVen 23 Fév - 14:57

Gauthier était fier de voir que les deux s’entendaient bien. Il avait conscience que c’était étrange, de vivre comme ça. D’être, à quinze ans environ pour Gisèle, cloîtrée dans une chambre parce que le monde extérieur était trop dangereux pour elle. De dessiner, de ne connaître de La Volte que les petites rues qui couraient entre les maisons et ce parce que les grands espaces lui faisaient encore trop peur.
Les mages du rêve qu’il avait faits venir pour voir si son esprit gardait des séquelles jusque dans cette partie-là de son être étaient formels : il y avait dans ses rêves une profonde déchirure, une blessure dont elle ne parlerait jamais et qu’il n’était pas possible de réparer sans la mettre en danger. Seul le temps, disaient-ils, seul le temps et l’espoir pourraient y faire quelque chose.
Alors Gauthier espérait que dans ses voyages en Ibélène, il pourrait trouver quelque savant s’y connaissant dans ce genre de blessures. Ils étaient bien trop peu nombreux, par ici. Spécialement en Faërie. Mais il gardait espoir.
Il chassa de son esprit ces idées, en lisant les prochains mots sur la feuille de la jeune fille. Elles étaient adorables, les deux. Autant Gisèle que Rhapsodie.

 « Oui, tu grandiras vite. Vous m’enverrez une lettre et je viendrai vous chercher, d’accord ? » Il sourit. Pas question qu’elles portaillent dans la Ville Basse, toutes deux. Il en était responsable ! Et il était loin d’être stupide. Des jeunes femmes esseulées dans une ville comme celle-ci… S’il n’était pas à l’arrivée, elles mourraient avant d’avoir vu la première tour.
Les phrases qui firent suite sur le carnet firent sourire Gisèle avec joie. « Potier ? C'st trop bien ! Oui, on jouera ensemble... J'ai hâte de voir ! Elle soupira un peu, en se mordant la lèvre. « Je peux pas trop sortir aujourd’hui tu sais… » Son regard se fit un peu triste, alors qu’elle serrait son carnet. Ca passerait. Elle ne se sentait pas la force, la jeune fille, d’aller dans les rues où d’autres pourraient être.  
« Mais une autre fois. Quand je pourrais. Il faudra que je demande à ma cousine de venir nous accompagner, j’ai pas le droit de marcher toute seule dans les rues. »

Gauthier hocha la tête.  « Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui soit un bon jour. Mais on viendra, je te promets. »
Jetant un œil par la fenêtre à laquelle il était adossé de moitié. Une silhouette, en bas, qui semblait visiblement l’avoir vu… Et semblait patienter, appuyé confortablement contre un mur.
Parce que ça ne pouvait pas durer toujours, pas vrai ? Il soupira.   « Gisèle… Je vais devoir y aller. Mon supérieur est de retour, on va devoir repartir bientôt. »
Il la laissa venir dans ses bras, l’enlaçant doucement.  « Mais je reviendrai très vite. Tu ne verras même pas que je suis parti. » Alors qu’elle se dégageait, il se tourna vers Rhapsodie avec un air sincèrement contrit, et un petit sourire.   « Quant à toi, damoiselle… Tu es toujours la bienvenue dans cette maison. N’en doute jamais. Tu es incroyable à bien des égards, et je refuse que d’autres te gâchent ta journée ou ta vie. Tu es bien plus forte qu’eux. »
Suite à ça, il sourit, lui tendant la main.  « Tu me suis en bas ? Et si tu veux, je demande pour te raccompagner au moins jusqu’à chez toi. »
Son maître pouvait bien souffrir d’attendre qu’une gamine adorable soit rentrée chez elle. La nuit était encore loin. Ils avaient le temps.



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Message Sujet: Re: Prendre un enfant par la main   Prendre un enfant par la main EmptyMer 28 Fév - 23:06

Elle hoche la tête joyeusement en réponse à Gauthier. Oui, elle lui écrira une lettre ! Elles lui écriront, même. Elle s’imagine déjà, dans quelques années, à choisir un joli papier avec Gisèle, et à écrire des jolies phrases à Gauthier pour lui demander de venir les chercher. Et ils se donneront rendez-vous en bas de la maison de Gisèle, et ils portailleront ensemble jusqu’à Lorgol, pour voir les mille tours. Parce que c’est vrai que si elles arrivent n’importe où dans la ville, elles risquent de ne pas trouver la maison de Gauthier, ou son apothi… Sa boutique. Et ce sera compliqué de ne pas se perdre, surtout si la ville est aussi grande qu’on le dit.

Elle sourit, entendant les réactions de Gisèle à ses mots, mais fronce légèrement les sourcils quand elle lui dit ne pas pouvoir sortir. Est-ce que c’est parce qu’elle n’a pas le droit ? C’est étrange, parce que Gisèle est plus grande qu’elle, et qu’elle a le droit de sortir. Ou alors, parce qu’elle est fragile, comme Gauthier lui a dit ? Et qu’elle risque de se fragiliser davantage si elle sort voir le monde extérieur ? Peut-être que ça vaut mieux pour elle et qu’au moins, elle ne risque pas de croiser de filles comme Maëlle.

Néanmoins, elle retrouve son sourire quand elle lui dit qu’une autre fois, quand elle pourra, elle viendra, et elle hoche la tête, et plus encore quand Gauthier lui promet. Elle aurait bien aimé faire ça maintenant, mais si Gisèle ne peut pas, tant pis, elle ne peut pas maîtriser le Destin non plus – sinon, elle aurait une voix depuis longtemps. Et puis, ce sera aussi un moyen de revoir Gauthier même s’il ne vit pas à La Volte, parce qu’il a fait une promesse.

Elle aimerait bien rester plus longtemps pour parler avec le frère et la sœur. Et elle est un peu déçue quand Gauthier annonce devoir partir. C’est vrai, c’est un adulte, avec un travail et des obligations d’adulte. C’est peut-être le prix à payer pour pouvoir aller à Lorgol quand on veut. Elle reste immobile quand le jeune homme prend sa petite sœur dans les bras, et lui sourit alors qu’il s’adresse à elle. Elle est contente de pouvoir revenir quand elle veut ici, au moins, elle aura quelqu’un avec qui jouer, et Gisèle aussi. Elle a l’impression, aujourd’hui, de s’être fait une amie pour la vie, et c’est une drôle d’impression. Et elle est contente, aussi, qu’il lui dise qu’elle est forte, et plus forte que les autres. Et elle a l’impression, en l’entendant, que c’est vrai. Et ça lui fait plaisir.

Quand il lui tend la main, elle l’attrape, par réflexe, est acquiesce. Oui, elle veut bien, surtout qu’elle risque de recroiser, peut-être, Maëlle ou un de ses amis, et elle n’a aucune envie d’être seule à ce moment-là. Avant d’avancer vers l’escalier, elle se retourne vers Gisèle, et lui adresse un grand sourire ainsi qu’un signe de la main. Une promesse silencieuse de revenir la voir, le lendemain ou le surlendemain. Et puis elle presse la main de Gauthier, lui indiquant qu’ils peuvent y aller.

Elle n’a pas recroisé les autres enfants, en rentrant. Elle est sûre que c’est parce qu’ils ont vu Gauthier, et qu’ils ont eu peur de lui. Parce que c’est impressionnant, les grands monsieurs, quand on ne les connaît pas. Et quand elle lui a dit au-revoir, devant le palier de sa maison, elle l’a spontanément enserré de ses bras graciles, pour lui dire merci, et pour lui promettre de le revoir un jour, lui aussi, avant de passer la porte de sa maison, un sourire ravi aux lèvres. Et tout à l’heure, quand son père aura terminé sa journée et que sa mère sera rentrée à la maison, elle pourra leur écrire qu’elle a passé la meilleure journée de sa vie, et ce sera vrai.




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