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 Surprise au palais ducal

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Message Sujet: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptySam 23 Déc - 11:20


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Sylvain Belle-Histoire & Marjolaine du Lierre-Réal

Surprise au palais ducal

Fêtons ensemble la trêve hivernale



• Date : Soirée du 21 décembre 1002
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Sylvain a été invité au palais ducal par Marjolaine afin de se produire lors d'une réception tenue pour fêter la trêve hivernale. Après sa prestation, victime de douleur résultant de sa récente blessure lors des événements ayant eu lieu à l'Académie, le conteur s'isole pour s'étaler une crème antalgique fournie par les mages... Drôle de surprise pour la duchesse que de trouver un conteur torse nu et crémeux dans une des pièces de sa demeure...
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici : 21 Décembre 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3158-surprise-au-palais-ducal#115415]Surprise au palais ducal[/url] - [i] Sylvain Belle-Histoire & Marjolaine du Lierre-Réal[/i]
Sylvain a été invité au palais ducal par Marjolaine afin de se produire lors d'une réception tenue pour fêter la trêve hivernale. Après sa prestation, victime de douleur résultant de sa récente blessure lors des événements ayant eu lieu à l'Académie, le conteur s'isole pour s'étaler une crème antalgique fournie par les mages... Drôle de surprise pour la duchesse que de trouver un conteur torse nu et crémeux dans une des pièces de sa demeure...



Dernière édition par Sylvain Belle-Histoire le Sam 23 Déc - 11:22, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptySam 23 Déc - 11:21

Comme la demeure ducale, Sylvain s’était paré de ses plus beaux atours. Autour de lui, l’agitation battait son plein alors qu’il descendait de la scène sur laquelle il venait de performer. Quelques semaines plus tôt, il avait reçu à la demeure familiale, où il prenait du repos, une lettre marquée du sceau de Lierre-Réal. Le parchemin, richement décoré, aux lettres finement tracées, l’invitait à se rendre à une réception tenue en l’honneur de la trêve hivernale. Il n’avait pas fallu longtemps au conteur pour accepter la demande, encore moins longtemps pour que ses parents et ses frères soient mis au courant de l’évènement.

Le jour de la réception était arrivé et, ayant revêtu une tenue bleue, blanche, parfois relevée de noir, se voulant un doux rappel à l’hiver, saison qui avait vu les combats cesser, il avait passé la porte du palais comme s’il se trouvait chez lui. Ce n’était pas la première fois qu’il passait les grilles de la demeure. Il avait déjà eu l’occasion de se donner en spectacle devant le couple ducal, sous les doux yeux de la merveilleuse Marjolaine et le regard fourbe et mauvais du vil Denys. Si la duchesse s’était toujours montrée courtoise et aimable, douce et souriante avec lui lors des courtes discussions qu’ils avaient pu échanger, le duc, lui, se montrait froid, méfiant, hostile même. Le conteur mettait cela sur le compte d’une rivalité masculine toute naturelle. Il n’était pas facile de résister au charme ravageur de l’écrivain, et cela même lorsque l’on était une femme mariée…

Descendant de la scène, il salua, la gratifiant d’un superbe sourire, une jeune fille blonde aux joues particulièrement roses venue le féliciter pour sa prestation. Il avait préparé pour l’occasion de nouveaux récits guerriers, vantant les mérites des combattants Lagrans au front, aidé en cela par ses frères Segéric et Severin qui, restés auprès de leur père Outreventois, se tenaient bien plus au courant que lui des affres de la guerre. Dans son costume chatoyant, il avait, donnant à sa voix des accents guerriers, enrobés les horreurs des combats de vaillance et de bravoure, versant parfois dans le mélo dramatique pour garder intact l’intérêt de ces dames. L’épique se partageait à l’émouvant dans ces récits qu’il faisait vivres, mimant, jouant, transfigurant ses mots à l’aide de son corps.

On commençait déjà à l’entourer pour le féliciter et si, d’ordinaire, le conteur se serait laisser bercer par les compliments avec un bonheur infini, l’exercice s’était montré aujourd’hui particulièrement éprouvant. Son flan droit, si récemment meurtri lors des tragiques évènements de l’Académie, le faisait souffrir après un effort continu. Le repos et la magie n’avait laissé de la profonde entaille laissée par l’éclat de cristal du chandelier, qu’une cicatrice parfaitement saine, mais sa peau et ses muscles, meurtris, encore traumatisés, se rappelaient souvent à son bon souvenir.
Masquant sous un sourire parfaitement composé sa gêne, Sylvain remercia l’ensemble des convives venus chanter ses louanges, leur promettant de revenir rapidement. Il s’éclipsa, se faufilant au milieu des invités, essayant de ne pas laisser paraitre la raideur qui gagnait son côté droit dans sa démarche, de paraitre affable, aimable, alors que pour la première fois depuis très longtemps, il ne souhaitait en réalité qu’un peu de solitude.
Traversant un couloir, laissant derrière lui le bruit de la foule s’atténuer, il se faufila dans une petite pièce qu’il avait prit soin de repérer à l’avance. Celle-ci, qu’il soupçonnait d’être une modeste salle d’attente pour les invités de basse naissance, se composait d’une petite cheminée, d’un confortable fauteuil au tissu raffiné, d’une table d’un bois qui lui était inconnu, d’une petite bibliothéque bien garnie et surtout, d’un miroir.

Refermant la porte derrière lui, le conteur poussa un soupir de soulagement, levant au-dessus de sa tête ses bras pour étirer son flanc douloureux. Il grimaça légèrement sous sa moustache et, dans la pénombre de la pièce, entreprit de déboutonner sa veste richement décorée. Il la déposa, la pliant avec soin, sur le dossier du fauteuil, et retira sa chemise à jabot. Torse nu, il se tourna vers le miroir, observant la ligne blanche qui courrait sous ses côtes. Il ne savait pas encore s’il aimait ou non ce nouvel ornement. Il laissa son doigt glisser dessus, s’amusant comme toujours de la drôle de sensation que cela lui procurait. Il avait perdu toute sensation sur l’escarre alors que la peau autour était devenue plus sensible. Laisser un doigt glisser sur les deux zones à la fois était si étrange que cela le fascinait.

Il finit par fouiller dans une poche de sa veste, en sortant un petit pot qu’il ouvrit avec précaution. Aussitôt une odeur végétale emplie l’endroit alors qu’il en observait le contenu : une crème de couleur blanchâtre et onctueuse. Il plongea un doigt dedans et entreprit de barbouiller son flanc de la mixture. La crème, qu’un mage lui avait gentiment donné, l’aidé à atténuer les douleurs qui brulaient parfois ses muscles endommagés. Et actuellement, s’était là son plus grand souhait.
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La Noblesse
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Mes autres visages: Séverine de Bellifère, Lancelot l'Adroit, Liry Mac Lir, Anwar Sinhaj et Antonin de Faërie
Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyMer 27 Déc - 8:37

Bien que la trêve arrivait avec de triste nouvelles, Marjolaine en était soulagée.  Lagrance avait retrouvé ses frontières habituelles, mais les troupes étaient très probablement fatiguée, épuisée.  Elles ne pouvaient pas se retirer complètement, mais au moins avec cette paix temporaire leurs hommes pourraient en profiter pour avoir un certain temps en permission pour retourner voir leur famille et leurs proches.  La duchesse n'était toutefois pas complètement satisfaite de la situation.  Elle aurait espéré que plutôt qu'une simple trêve, il s'agisse d'une véritable paix, que les combats ne reprennent pas.  Depuis presqu'un an déjà, le continent était déchiré en deux par toute cette violence.  La Lagrane ne pouvait que la condamner.  Morts, blessés, désolation, c'était tout ce qu'ils pouvaient en espérer comme tristes résultats.  Néanmoins, elle ne pouvait que supporter les décisions de l'empereur.  Elle aurait simplement espéré que tout cela ne cesse.  La Chasse sauvage arpentait le continent et elle était emplie de terreur à cette idée.  Et si elle pénétrait le palais et réveillait les enfants?  Voir même simplement Denys?  La rumeur que lorsqu'on dormait d'un sommeil de plomb, il était impossible d'être fauché, était parvenu aux oreilles de l'inquiète jeune femme.  Elle envisageait sérieusement se procurer des potions de sommeil, si elle ne l'avait pas encore fait c'était en raison de son expérience au printemps précédent où un tonique avait eu pour effet de lui faire cracher des bulles pendant toute une journée.  Il n'en avait pas résulté d'effets secondaires dangereux pour sa santé, mais cela aurait été possible.  Elle craignait de prendre le risque d'administrer cette potion aux enfants et qu'il n'en résulte quelque chose de désagréable.  Elle n'en avait pas encore touché mot à Denys, mais elle songeait qu'elle devrait peut-être bientôt s'y résoudre.  Son inquiétude pour les siens l'avait pâlie et amaigrie déjà, mais elle tentait de n'en rien laisser paraître.

Et c'était ainsi qu'était venu au jour l'idée de cette réception quelque peu improvisée.  Bien qu'elle soit due à de terribles circonstances, Marjolaine sentait qu'il ne serait pas mauvais pour le moral de tous de célébrer la trêve.  L'idée aussi était d'oeuvrer par la même occasion à aider les Lagrans qui en raison des percées cielsombroises avaient dû fuir vers la capitale dans la précipitation.  Lorsqu'ils rentreraient chez eux, tout ne serait pas tel qu'ils l'avaient laissé.  Elle croyait, malgré la perfidie cachée de leur duc, que les Cielsombrois n'étaient pas d'horribles brutes.  Elle avait grandi à la frontière entre les deux duchés et entre ceux-ci la bonne entente avait toujours été constante jusqu'à la guerre : ils n'auraient pas tout détruit sur leur passage, elle en était convaincue.

Pour l'occasion, elle avait invité quelques artistes et parmi ceux-ci se trouvait Sylvain Belle-Histoire, un conteur de la région aux manières forts élégantes.  En toute vérité, il s'agissait d'un véritable galant et il savait faire rougir de plaisir la duchesse qui ne remarquait pas les regards noirs que pouvaient lui lancer son époux.  Les invités bavardaient avec animation après la prestation du conteur et Marjolaine s'occupait ici et là des différents invités, se montrant aimable avec l'un, offrant un sourire à l'autre.  Rose sur les talons, elle progressait dans la foule avec une aisance feinte : tous ces gens la rendaient un peu intimidée, elle qui était plutôt introvertie et ne savait pas trop interagir avec les gens aussi intimement.  Pourtant aurait cru que la duchesse souriante et en tenue de soirée était aussi embarrassée devant foule?  Tenant son rôle avec tout le sérieux nécessaire, elle s'adressait à tous lorsque du coin de l'oeil elle aperçut le conteur s'éclipser.  Surprise, elle n'en laissa rien paraître et attendit que l'occasion se présente pour remettre Rose entre les mains de sa gouvernante et lui demander de raccompagner la princesse à ses appartements tandis qu'elle irait jeter un œil sur son invité.

Elle essaya quelques portes avant de tomber sur la bonne, quelque peu intriguée : pourquoi s'était-il réfugié là?  Était-il fatigué de son voyage?  Marjolaine avait cru comprendre qu'il assistait à la fête de l'Académie le jour où la Chasse avait été libérée.

Elle regretta toutefois rapidement d'avoir ouverte cette porte.  Devant le spectacle désormais indécent du jeune homme, elle se sentit rougir et elle ferma le battant avec précipitation.  S'enfermant dans la pièce avec lui plutôt que d'en sortir.  Plutôt effarée, elle se retourna pour éviter de le regarder et de briser son intimité, même si cela était déjà fait.  La semi-obscurité qui régnait ne lui avait pas laissé deviner beaucoup, mais elle avait compris assez rapidement qu'il était au moins à moitié, sinon plus.

« Je suis navrée, je vous ai vu quitter la réception et j'ai cru que vous ne vous sentiez pas bien.  J'ai pensé… » elle s'arrêta un instant dans son discours.  Pourrait-il être mal interprété?  Non, elle était femme mariée et si on entendait parler des infidélités de Denys – quoi que beaucoup moins désormais – elle était une femme de loyauté et de vertu – sauf une petite fois dans l'égarement du chagrin, mais il n'avait plus raison d'être. « J'ai pensé que vous aimeriez peut-être que je vous fasse conduire à l'une des chambres du palais afin que vous puissiez prendre du repos.  Je suis atrocement confuse, » ajouta-t-elle en s'adressant à l'une des étagères à livres.  Elle n'osait risquer un coup d'oeil vers le coin de la pièce où se tenait Sylvain.





Marjolaine parle en mistyrose
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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyLun 1 Jan - 17:38

Lorsque la porte s’était ouverte, Sylvain avait pivoté vers celle-ci avec une pointe de surprise. Dans la pénombre qui régnait au sein de la pièce, il lui fallut quelques secondes pour reconnaitre sous les traits de l’intruse son hôte. Celle-ci sembla surprise, puis confuse et elle claqua la porte avant de lui tourner le dos, dans ce qui semblait être un instant de panique non dissimulé.

Tout autre personne que notre Belle-Histoire aurait dès lors renfilé sa chemise avant de se confondre en excuse, rougissant, bafouillant, tentant de cacher confusion et nudité. Mais le conteur ne fit pas un geste en direction de ses vêtements, autant parce qu’il n’était pas pudique -assez de femmes avaient vu son corps dévêtu pour qu’il ne s’en offense plus- qu’à cause de la crème grasse recouvrant son flan. Il n’était pas question de tâcher le fin tissu dans laquelle sa chemise avait été coupée. Aussi, plein d’assurance, et bien que la nouvelle venue ne pouvait pas le voir, il plaça avec grâce sa jambe gauche au-devant de sa jambe droite et, ôtant par la même le chapeau qu’il ne quittait jamais, prenant soin de ne pas y apposer ses doigts maculés d’onguent, balayant le sol de sa plume d’aigrette, il exécuta une révérence théâtrale. Tout en se relevant, il grimaça, sentant une douleur sourde se répandre dans son torse. Il jeta alors le chapeau sur le fauteuil sans autre forme de procès pour porter sa main libre vers la cicatrice, son autre main tenant toujours le petit pot salvateur.

« Je suis navrée, je vous ai vu quitter la réception et j'ai cru que vous ne vous sentiez pas bien.  J'ai pensé… La douce Marjolaine marqua une pause. J'ai pensé que vous aimeriez peut-être que je vous fasse conduire à l'une des chambres du palais afin que vous puissiez prendre du repos. Je suis atrocement confuse. »

Le conteur esquissa un sourire sous sa moustache. Ainsi donc la belle duchesse lui avait portée assez d’attention au milieu de ses nombreux convives pour remarquer son départ. Voilà qui était intéressant. Non pas étonnant, car sa prestation avait été, comme toujours, remarquable, mais intéressant.

« Nous vous excusez pas, c’est à moi d’être confus, commença-t-il, sincère. Je pensais avoir pris les précautions nécessaires afin de ne pas me faire surprendre. Sachez que vous n’avez pas à rougir de votre gentillesse, du soin et de l’intérêt que vous portez à vos convives. C’est au contraire tout à votre honneur. »

Là encore, il était sincère. La duchesse, avait-il remarqué, faisait toujours preuve d’une gentillesse, d’un intérêt presque maternel, pour les autres. Elle s’inquiétait souvent, cela se voyait sur son visage. Le conteur, habituait à travailler ses mimiques, à observer les autres, n’avait pas été longtemps dupe devant ces traits qui cherchaient à cacher les véritables émotions qui animaient la belle Marjolaine. Les rides, la voix, les petites manies, autant de choses que Sylvain avait appris à déceler de par son métier… mais aussi de par son intérêt non feint pour les autres.

« Je m’excuse de me faire ainsi surprendre par madame la duchesse, mais nécessité fait loi, continua-t-il, montrant successivement et inutilement le pot de crème et sa cicatrice, sa voix ne trahissant en réalité aucun gène ou embarra. Je n’obligerais pas madame à vérifier mes dires, mais, je me suis vu gravement blesser lors des récents évènement de l’Académie. La blessure, bien qu’aujourd’hui soignée, me fait encore atrocement souffrir. Aussi me suis-je isolé le temps de m’appliquer un narcotique. »

Il exagérait un peu. Oui, l’ancienne blessure lui faisait mal. Mais de là à employer les termes « atrocement souffrir », non. La douleur restait des plus supportable, elle était seulement gênante, entêtante, l’obligeant à se raidir, à lui prêter une attention constante. Elle était en réalité plus épuisante et déplaisante. Il se tourna vers le miroir, modulant sa voix, y faisant transparaitre excuses et regrets.

« Le précieux onguent m’ayant été dispensé en petite quantité, un miroir m’est nécessaire afin de n’en rien gâcher. Et même ainsi, l’exercice se montre aussi périlleux que douloureux… J’espère que Madame le comprendra et saura pardonner mon comportement déplacé. »
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La Noblesse
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyMer 3 Jan - 12:31

C'était une chose de se soucier de se convives, mais toute une autre chose que de tomber sur eux quand ils étaient à moitié habillé dans un salon.  Marjolaine était légèrement chamboulée par le spectacle qu'elle venait d'avoir sous les yeux et ne savait plus trop où regarder.  On ne pouvait pas dire qu'en dehors de Denys elle avait vu beaucoup d'hommes nus.  Ou à moitié déshabillé dans ce cas.  Elle ne comptait pas Edwin, pas vraiment.  Elle avait passé une nuit avec le ménestrel, mais il faisait noir et elle n'avait pas vraiment osé regarder.  Elle savait à ce moment-là qu'elle n'aurait pas dû faire cela, elle le savait déjà, mais elle l'avait fait tout de même.  Elle avait honte, mais elle ne regrettait toujours pas.  Pas vraiment en vérité.  Plus encore que sa pudeur, c'était sa fidélité presque irréprochable à l'encontre de son époux qui lui faisait détourner les yeux.  Ne pas regarder.  Au bout d'un instant, elle supposa qu'il avait peut-être remis un peu d'ordre à sa tenue et elle osa un coup d'oeil avant de retourner son visage encore plus rougissant.  Décontracté, le conteur n'avait pas renfilé ses habits et la duchesse dont les yeux s'étaient tranquillement habitués à l'obscurité et elle distinguait beaucoup trop bien quelques détails qu'elle n'aurait pas dû voir.  Elle songe brièvement qu'elle devrait peut-être partir, surtout qu'il ne semblait pas aviser complètement que le malaise de la jeune femme n'était pas dû à ce qu'elle croyait avoir mal fait, mais bien parce qu'elle était seule dans une pièce avec un homme.  Un homme un peu trop dénudé pour que quiconque ouvrirait cette porte et verrait cette ne se pose pas de sérieuses questions. Les rumeurs qui disaient que Marjolaine trompait elle aussi Denys et que Raiponce ne serait pas la fille du duc n'étaient plus qu'un souvenir avec des échos si faibles désormais, mais une pareille scène raviveraient les bruits qui lui étaient particulièrement désagréables.

Elle allait annoncer son départ et par le fait même qu'elle le laisserait à ses occupations qu'elle était désolée d'avoir interrompues, mais les mots du Lagran la figèrent sur place.   Elle avait bel et bien entendu dire que Sylvain Belle-Histoire était à l'Académie pour le jour des Anciens, quand la Chasse Sauvage avait été libérée, mais elle n'avait pas songé qu'il avait pu être blessé.  Une expression horrifiée se peignit sur son visage tandis que sans y penser, elle se retourna vers son visiteur, une trace d'inquiétude brillant dans ses yeux.

« Qu'Osir vous garde!  Ne vous excusez point.  C'est moi qui devrait vous demander le pardon.  J'aurais dû m'enquérir plus tôt de votre état de santé! » s'exclama-t-elle avec une pointe de détresse dans la voix.  Elle s'imaginait que le conteur mourrait de cette représentation organisée par elle.  Confuse, elle en avait presque oublié l'indécence de son interlocuteur, elle qui fixait son visage sans jeter de regard à ce qui se trouvait sous son menton.

« Je vous crois, avez-vous bien mal?  Désirez-vous que je fasse venir un mage guérisseur pour s'assurer que la blessure se remet correctement? » s'inquiéta-t-elle.  La proposition d'un mage était inutile peut-être, car s'il avait déjà été soigné par l'un de ses confrères, il ne pourrait rien faire pour l'aider alors, comme seul un même mage pouvait soigner la même blessure.  Elle était simplement trop bouleversée pour réfléchir correctement.

« Ou peut-être aimeriez-vous que l'on vous mène à une chambre d'invitée afin d'y être plus à l'aise pour appliquer cet onguent.  Auriez-vous besoin d'aide pour cela? » demanda-t-elle sans songer que cette façon de présenter les choses n'était pas particulièrement claire.  Marjolaine songeait qu'elle pouvait appeler une servante pour qu'elle s'occupe d'aider son invité à panser ses plaies.  Elle ne pensait en aucun cas à elle-même à ce sujet.

« Vous auriez dû me prévenir plus sire Belle-Histoire, nous aurions pris les arrangements nécessaires pour vous accommoder au mieux, » lui reprocha-t-elle d'ailleurs.  Toujours préoccupée par le bien être des autres, elle était désolée de savoir que quelqu'un sous son toit n'avait pas reçu tous les soins nécessaires qui lui étaient dus.





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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptySam 13 Jan - 10:39

Sylvain n’avait pas le corps musclé des guerriers et combattants, il ne pouvait se vanter de sa force ou de son torse taillé en un V parfait. Mais il n’était pas en reste pourtant. Son habitude des routes, ses jours, semaines, mois, années, passées à marcher, parcourant les chemins, avaient sculptés finement son corps. Il avait des muscles délicats, fermes et discrets dont il était plutôt fier. Aussi lorsque la duchesse se retourna soudain, une expression de détresse pure sur le visage, le conteur tendit, imperceptiblement, ses muscles pour les faillir saillir. Habitude devenue presque automatique lorsqu’une femme le regardait. Mais les yeux de la duchesse restaient braqués sur son visage, n’osant semblait-il, s’égarer.
Il se sentait un peu coupable le conteur en voyant cette frimousse sincèrement inquiète, presque fautive se poser sur lui. Mais il laissa ces considérations derrière lui. Après tout, oui, il avait mal, c’était un fait. La duchesse lui proposa de l’aide, des mages, une chambre, multipliant les propositions pour améliorer son séjour et son état. Sylvain ne put s’empêcher de sourire : il reconnaissait bien là Marjolaine de Lierre-Réal. Elle semblait profondément affligée d’apprendre pour sa blessure, prête à tout pour l’aider. Et il eut pour elle une bouffée de reconnaissance et de respect, pour cette femme toujours prête à tout pour les autres, toujours généreuse, toujours bonne. Le duché avait de la chance de l’avoir. Ses enfants aussi, elle devait être bonne mère. Quant à Denys…
 
Il ne la méritait tout simplement pas.
 
Comment une femme comme elle, une femme d’une rare beauté, d’une rare bonté, pouvait-elle aimer un homme froid, au regard mauvais ? Cela restait inconcevable, révoltant. Et comme dans ces histoires qu’il clamait aux jeunes dames, le conteur voulu l’enlever, s’enfuir avec elle, en une fugue amoureuse, lui offrant plus que ce que ce duc de pacotille ne pourrait jamais lui offrir. Mais son élan romantique s’atténua rapidement, car s’il voulait Marjolaine s’était autant par rancœur que par élan chevaleresque. Denys lui avait volé Gabrielle, il s’en souvenait, il le gardait dans son cœur comme une plaie infecté. Aussi ne se fourvoyait-il pas. Marjolaine restait un but, une cible, un outil de vengeance.
 
Il ne la méritait pas non plus.
 
« Ne vous en faites pas ma Dame, lança-t-il dans un sourire, je n’ais besoin ni de mages, ni de repos. L’onguent fera le nécessaire et il me tarde de retrouver vos convives afin de profiter des festivités que vous avez, comme toujours, si parfaitement organisées. Je m’en voudrais, croyez le bien, de manquer cela. »
 
Il fallait maintenant faire preuve de doigté, savoir placer correctement ses pions pour engendrer un rapprochement qu’il cherchait à initier entre eux depuis des années. Le moindre faux pas et la duchesse filerait, comme une belle biche affolée. Et Sylvain savait parfaitement où appuyer pour faire vibrer la corde sensible d’une femme mais surtout, d’une mère.
 
« Un peu de douleur n’est pas cher payé, continua-t-il, sur le ton de la conversation, face à l’immense soulagement de savoir cette petite fille ,que mon corps a protégé, saine et sauve. Je n’ose imaginer… Si je n’avais pas… Si je n’avais pas eu le réflexe de protéger cet enfant… Une cicatrice n’est rien face à une vie vous savez ma Dame. »
 
Il planta ses yeux dans ceux de la duchesse, ayant laissé sa phrase se terminer par un trémolo souvent travaillé, laissant à penser que l’émotion le submergeait. Il n’avait sauvé aucun enfant ce jour-là, le reflexe qui l’avait envoyé à terre, loin du chandelier, ayant uniquement eu pour but de sauver sa vie. Mais des enfants, et une petite fille, il y avait eu dans la salle. Alors…
 
« Bien sûr, ce geste n’est rien face à ceux qui nous ont défendu ce jour-là, où si on le compare à ces fiers combattants qui, chaque jour, donnent leur vie à la guerre. Combien sont-ils à mettre ainsi leur vie en danger ? Il soupira, fuyant le regard de Marjolaine. Et dire que je ne suis même pas capable de m’appliquer un simple onguent sans me plaindre de douleur, sans grimacer. Je ne mérite pas votre gentillesse et encore moins votre aide ma Dame… »
 

Il plaqua sur son visage une honte, un regret qu’il ne ressentait pas. Et, pauvre homme pliant soudain sous le poids de sa culpabilité, il porta une main à sa cicatrice, comme pour cacher une chose déshonorante, un ornement dégradant. 
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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyVen 26 Jan - 13:34

Tandis que Marjolaine s'inquiétait sincèrement pour la santé du pauvre homme, elle ne se doutait pas un seul instant des sentiments qui agitaient son cœur.  Elle souffrait pour lui, blessé alors qu'ils essayaient de fuir tous la mort.  Il devait s'être battu héroïquement pour que la blessure soit encore douloureuse malgré les soins des mages qui s'en étaient occupée.  Elle forçait son regard à rester à la hauteur du visage du conteur, quelque peu embarrassée par sa tenue.  Comme il n'avait besoin de rien, elle s'apprêtait à acquiescer et à le quitter sur la promesse de le revoir parmi ses hôtes, mais elle fut arrêter dans son élan discret de retrait.  Elle n'avait pas posé de question sur la façon dont il avait reçu sa blessure, mais c'était sans compter que c'était un conteur, que son métier était de raconter des histoires.  Les mots de Sylvain l'arrêtèrent brutalement avant de la faire avancer de quelques pas.  Quel courage extraordinaire, songea-t-elle avec admiration.  Comme elle aurait eu peur si elle avait su l'une de ses filles en danger là-bas.  Quand elle le voyait aussi ému d'avoir réussi à sauver une vie, une tendre existence qui ne méritait pas de s'effacer tout de suite, elle sentit les larmes lui monter aux yeux sans déceler le mensonge.  Elle ne voyait que la bravoure et la noblesse d'âme du dénommé Belle-Histoire.  Il n'était nul besoin de sauver de nombreuses vie pour être un héros.  Il n'avait pas à avoir honte, il avait participé, il avait protégé une vie, c'était plus que ce que d'autres n'auraient fait et l'âme généreuse de Marjolaine s'insurgea à l'idée qu'il diminuait ainsi son geste, en le comparant à d'autres.

« Oh non, il ne faut pas dire cela!  Votre acte était héroïque et tout aussi important! » s'exclama-t-elle, sa voix tremblante d'émotion.  Elle s'était encore avancée de quelques pas.  Elle joignit ses mains ensemble, sans un geste passionné, prête à redonner une meilleure estime de lui au conteur.  Quelle désolation qu'il pense si peu de bien lui-même ainsi.  On ne pouvait exiger autant d'une personne formée à la guerre qu'à un simple habitant.  Elle était fière de savoir qu'un des siens, un de ses sujets avait une telle noblesse d'âme.

« Vous vous êtes comportés de façon merveilleuse!  Songez à la famille de cette pauvre enfant et au malheur auquel ils seraient confrontés si ce n'était de vous!  La perte de leur petite fille, envoyée si loin d'eux…  Combien ont-ils dû être soulagés en apprenant qu'elle était toujours saine et sauve!  Leur reconnaissance à votre égard est certainement infinie, » déclara-t-elle avec une passion maternelle dans la voix.

Elle s'était encore un peu plus rapprochée du conteur, oubliant sa gêne, oubliant jusqu'au fait qu'il était à moitié nu devant elle.  Quelques pas les séparaient encore, mais elle ne les franchit pas.  Pas encore.  Elle venait de se rappeler la situation, l'espace d'un moment.  Mais son cœur était tant empli de reconnaissance d'affection débordante qu'elle l'oublia de nouveau et franchit les derniers pas qui les séparaient pour prendre dans les siennes la main de Sylvain.

« Permettez-moi, au nom des parents de cette enfant, de vous présenter nos plus grands remerciements.  Vous nous avez sauvé d'un chagrin immense par votre courage qui équivaut bien celui de n'importe quel guerrier à notre frontière, sinon plus.  C'est une chose que d'affronter l'homme, mais d'affronter la Chasse Sauvage… » Elle frissonna d'effroi.  Quand elle pensait aux sombres cavaliers qui parcouraient le continent et prenaient des vies, elle était dans tous ses états.  Tant d'innocents privés de la vie.  Tant d'âmes à protéger.  Une larme coula le long de sa joue devant l'horreur des choses qui se passaient sur le continent en ce moment.  Peut-être qu'alors même qu'ils se parlaient, d'autres gens mourraient.  Marjolaine en était immensément troublée.

« Vous êtes un brave homme sire Belle-Histoire.  Vous méritez plus que ce que je puis vous offrir.  Cette aide, il me plaît de vous la proposer et cette offre bien que vous l'ayez refusée tient toujours, aussi longtemps que vous vous trouverez au palais. »

Elle serra sa main dans les siennes un peu plus fort.  Elle cherchait à lui communiquer de cette façon toute son admiration, toute sa reconnaissance.  Puis elle la  relâcha subitement, réalisant ce qu'elle faisait et recula de quelques pas.  L'émotion violente qui l'avait prise lui avait fait oublier sa timidité et les convenances et dans l'obscurité elle rougit violemment, embarrassée par son comportement trop peu protocolaire.  Si quelqu'un les avait surpris, on aurait pu croire qu'ils entretenaient une affaire.  Elle ne devrait pas rester dans cette pièce plus longtemps.

« Pardonnez-moi, je… Il vaudrait mieux que je vous laisse soigner votre blessure et vous permettre de remettre vos vêtements, vous attraperez froid en restant ainsi. »

Elle recula de nouveau de quelques pas et dans sa précipitation à sortir pour cacher son malaise, elle trébucha dans un fauteuil où elle renversa en poussant un léger cri de surprise.





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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyVen 9 Mar - 21:22

Même si la trêve hivernale avait été installée depuis peu, l’organisation d’une petite fête au sein du palais ducal n’était pas particulièrement malvenu aux yeux du duc de Lagrance. Cette fois là, Marjolaine avait insisté pour l’organiser et elle avait même été celle à la source de cette idée, proposant à son époux fort occupé de prendre en charge les préparatifs et les invitations. Lorsqu’il avait consulté la liste des convives, il s’était amusé de voir le grand nombre d’artistes de talent présents. Sauf pour l’un d’eux. Un nom, sur le parchemin plié, qui emplissait le duc d’une certaine irritation, qui n’était certes pas à l’échelle de la haine, mais l’inimitié était palpable. Il n’aimait aucunement le conteur Sylvain Belle-Histoire et ce depuis que celui-ci s’était fendu d’irrespect à son égare à bien des reprises, sans forcer hélas les limites de la bienséance. Mais il fallait certainement être aveugle pour ne pas remarquer les regards noirs que l’homme avait accordés à son duc et depuis le temps, celui-ci n’avait eu de cesse de lui rendre tout en notant la proximité que ce saltimbanque imposait avec sa tendre épouse. Et Marjolaine qui ne voyait rien, quelle naïve ! Ah il aurait certainement pu refuser catégoriquement la présence de ce misérable, mais cela semblait plaire à sa duchesse d’inviter ce garçon, qui avait en plus bonne réputation. Soit, la soirée lui serait certainement déplaisante à certains moments, mais Denys ne comptait pas laisser cet imbécile beau parleur gagner face à lui.

Les applaudissements que reçus l’homme à la suite de sa prestation furent vigoureux. Ceux du duc, quoique magnifiquement exécutés, manquaient sans le moindre doute de sincérité. Le regard qu’il lançait à Sylvain était d’ailleurs loin d’être celui d’un admirateur et il n’avait pu se laisser emporter par les histoires contées à sa cour. Qui, en Lagrance, appréciait vraiment les histoires de guerriers et de combats, alors que le peuple des jardins était le plus pacifiste et doux ? Lui en tout cas n’était nullement charmé par les paroles, et s’il reconnaissait un certain talent dans la façon de raconter et la gestuelle, l’opposition qui existait entre lui et Sylvain était suffisante pour l’empêcher de bien juger le spectacle. Il nota cependant que s’il n’était pas le seul dans ce cas là, sa chère Marjolaine, elle, aimait énormément l’intervention. Il en haussa les épaules, et cessa de s’intéresser à cet homme qui pourtant rencontrait un certain succès. Il s’approcha plutôt de ses amis pour entamer quelques discussions bien plus passionnantes, qui n’étaient pas chargées des dernières nouvelles d’Arven. Il fallait dire que le duc avait bien assez entendu parler de trêve et de Chasse Sauvage ces derniers temps…

Il fallut un certain temps à Denys pour remarquer que Marjolaine n’était d’ores et déjà plus dans la salle de réception. Là où les convives semblaient joyeux et heureux, profitant de la fête sans penser au lendemain, lui se plongea dans la foule pour essayer de retrouver son épouse. Curieux qu’elle ne soit plus là alors qu’elle était maitresse organisatrice de cette soirée. La connaissant, ce n’était pas son genre de s’éclipser sans raison, et si elle en avait eu une, il en aurait été certainement informé. Hors il eut beau poser son regard un peu partout, nulle trace de Marjolaine, jusqu’à ce qu’il pose la question directement à l’un des serviteurs qui lui indiqua la direction d’une pièce un peu à l’écart, certainement pas faite pour la réception de ce soir. Il n’était certes point paranoïaque ni jaloux, mais il eut, pendant un instant, un sentiment proche du doute et de l’inquiétude. Et s’il n’avait jamais eu quoique ce soit à reprocher à Marjolaine, lorsqu’il ouvrit la porte qu’on lui avait indiquée, il eut la sensation d’être trompé. Ironie pour lui, qui avait tant de fois trompé son épouse de la sorte.

Mais ce qu’il vit lui glaça profondément le sang et intérieurement, il se réjouit de trouver un moyen de se débarrasser définitivement de ce Sylvain Belle-Histoire. Car ce que Denys avait sous les yeux était suffisant pour le faire dégager très loin de Lagrance. Sa Marjolaine, avachie sur un fauteuil, rouge comme une pivoine, et ce conteur, la chemise retirée, presque penché sur sa femme. Ah son entrée fit cesser toute cette mascarade, mais le regard que le duc lança à l’homme fut aussi glacial que brulant. Et s’il avait pu le flamber sur place, il l’aurait fait.

« Sortez d’ici immédiatement Belle-Histoire. Quittez le palais. »

Il y avait un ordre implacable dans ses paroles, et une haine toute nouvelle éveillée. Il se promit, Denys, lorsque l’homme passa la porte en s’étant rhabillé prestement, de lui faire payer cette scène intolérable. Mais il lui laissait une chance de fuir, n’était-il pas profondément magnanime ? Fermant la porte derrière lui, Marjolaine silencieuse toujours dans le fauteuil, Denys posa enfin le regard sur elle, blessé et particulièrement énervé. De cette colère froide que l’on n’aimait guère voir chez des personnes comme lui…

« Tu peux m’expliquer, Marjolaine ? »

Il devait bien le bénéfice du doute à son épouse, lui qui l’avait tant trompé, n’est-ce pas ? Ah mais difficile de trouver une explication probable, avec ce qu’il venait de voir… Mais il écouterait. Peut-être.


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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyJeu 15 Mar - 4:09

Elle sursauta en entendant sa voix et rougit encore de plus belle.  Quelle fâcheuse situation.  Regrettable.  Elle regrettait amèrement d'avoir suivi son invité qui s'était écarté de la fête.  Elle aurait mieux fait de rester dans la salle.  Elle n'avait pas pensé la quitter suffisamment longtemps pour que Denys ne se rende compte de son absence d'ailleurs.  Elle avait manqué de jugeote et elle était honteuse de cette situation dans laquelle son mari la trouvait.  Tout ceci n'était qu'un énorme malentendu, mais la scène était particulièrement gênante pour elle.  Que penserait-il en la voyant dans cette position, en présence d'un homme dénudé?  Et même si elle avait été encore debout, elle n'aurait pas dû rester dans la même pièce que Sylvain en la circonstance une fois qu'il avait refusé d'être mené à une chambre d'invité ou de recevoir des soins des mages de la guérison du palais.  Seulement… seulement l'histoire de son acte d'héroïsme l'avait légèrement envoûtée, elle et son cœur de mère et elle avait éprouvé tellement de reconnaissance pour lui de la part des parents de la fillette qu'elle n'avait pas su contrôler ses pas et s'était retrouvée si près de lui.  Elle se trouva vraiment naïve d'avoir agi ainsi.  Elle aurait dû le féliciter pour sa bravoure et quitter la pièce en l'invitant à la rejoindre une fois qu'il serait présentable.  Alors elle aurait trouvé délicieux de l'entendre lui raconter cette histoire.  Toutefois, elle s'était laissée porter par son cœur trop grand et la voilà dans une posture fort désagréable.

Comment expliquer la chose à Denys pour que cela fasse sens?  Il était arrivé exactement au mauvais moment.

Elle se redressa dans le fauteuil, incapable de se lever tellement elle tremblait.  Elle avait entendu l'intonation de la voix de son époux lorsqu'il avait chassé le conteur du palais et elle comprenait la colère qui grondait.  N'était-elle pas elle-même blessée chaque fois qu'elle le savait entre les bras d'une autre?  Elle se sentait désolée de le mettre dans la même position qu'elle s'était retrouvée à plusieurs reprises.  Et pourtant, cette fois ce n'était qu'un malentendu.  Cette fois… mais il y en avait une autre.  Son cœur se serra.

Pour se donner un peu de force et de courage, elle serra entre ses doigts les appuis-bras du fauteuil dans lequel elle se trouvait, mais elle n'osa pas lever la tête vers lui.

« Je suis désolée, j'ai agi avec manque de discernement.  Quand je me suis aperçu que Sylvain Belle-Histoire avait disparu de la salle, inquiète de recevoir mes invités avec tous les égards, j'ai cherché à le retrouver pour m'assurer que tout était à sa convenance… »

Elle s'arrêta un instant.  Jusque là son récit était plutôt sage, mais ça n'expliquait pas pourquoi elle était restée dans la pièce une fois qu'elle avait découvert en position indécente le conteur.  Ses mains glissèrent des accoudoirs vers sa jupe qu'elle serra entre ses doigts.

« Je…  Denys, je sais à quoi ressemblait la scène que tu viens d'entr'apercevoir, mais ce n'est nullement ce que tu crois.  J'aurais dû sortir en le trouvant en train de passer sa pommade sur ses blessures, mais alors que je me retirais… »

Elle s'interrompit de nouveau.  Sa voix tremblait.  Allait-il seulement la croire et ne pas simplement songer que tout cela n'était pas qu'une simple fable qu'elle lui inventait au fur et à mesure.  Elle serra plus fort ses mains sur sa jupe, les jointures de ses doigts étaient presque blanche.  Sa voix s'éleva de nouveau, basse et faible.  S'il ne la croyait pas, la répudierait-elle?

« Mais la petite fille Denys…  Il a été blessé pour sauver une petite fille pendant les attaques meurtrières à l'Académie en novembre.  Cette petite fille, ça aurait pu être la nôtre, là-bas à apprendre la magie.  Je… je devais le remercier au nom des parents de l'enfant… Je… Pardonne-moi Denys, quand j'ai réalisé, j'ai voulu partir et quand tu est entré, je venais de trébucher contre cette chaise. »

Elle se risqua à lever les yeux vers lui, cherchant la compréhension et le pardon dans son regard.  Elle était désemparée la duchesse.  Quelle situation honteuse.





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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyLun 26 Mar - 20:15

Comme un fauve, Denys semblait observer les mouvements de Marjolaine, muselant la colère qui menaçait de monter. Ah comme il détestait laisser place à ces sentiments qui ne devaient pas contrôler la raison et l’esprit. Mais la jalousie était farouche, témoin d’une affection sincère envers son épouse et de la sensation d’être blessé par celle-ci. Quel hypocrite il faisait, lui murmurait une part de lui même. Se fâcher ainsi ? Pour une situation qui n’était même pas prouvée ? Alors qu’il avait lui même tant et tant de fois trompé sa femme sans aucune once de culpabilité ? C’est sans doute ce constat qui calma peu à peu ce sentiment trop fort, octroyant à Marjolaine le bénéfice du doute qu’elle méritait amplement. Il ne pouvait décemment croire que celle-ci le trompait ainsi…

A première vue, les explications données faisaient sens et éclipsaient l’hypothèse d’une tromperie. Cela n’effaçait pas cependant ce qu’il avait vu et interrompu : Un homme, à demi nu, penché sur son épouse qui s’était elle même trouvée fort avachie sur un fauteuil. Soit, peut-être était-ce bel et bien un accident, comme elle le prétendait, et l’aveu souleva l’interrogation sur le visage du duc, observant intensément son épouse en l’attente de plus d’informations. Pouvait-il en vouloir à son épouse d’avoir le cœur tendre et l’âme sensible ? Qu’elle était si facilement naïve et susceptible de se faire avoir par les belles paroles d’un menteur comme Belle-Histoire ? Ah ! Cet homme n’était pas lagran pour rien, enjoliveur d’histoire et de conte. Très honnêtement – quoique la colère parlait sans doute à sa place – Denys imaginait mal ce misérable conteur capable de sauver quiconque, moins encore une enfant. Il lui semblait bien plus prompt à sauver sa peau que celle d’un autre… Mais Marjolaine n’était certainement pas aussi sceptique que Denys ne l’était. Elle voyait le bon dans le mauvais, la lumière dans les ténèbres et c’était ce qui faisait autant son charme que sa force, tout en étant parfois une faiblesse. Soupirant face aux explications, le duc sentit peu à peu le calme revenir en lui. Il renferma cet insolent étalage de sentiment et s’approcha de Marjolaine d’un pas assuré, quoique calme.

« Tu aurais dû oui. Tu imagines ce que les gens pourraient dire ? » Ou ce qu’ils auraient pu dire, s’il n’était pas intervenu lui même en remarquant l’absence de son épouse et de Sylvain. Les lagrans savaient bien jaser et user des potins pour en faire de scandaleuses rumeurs. Et s’il n’y était plus tellement sensible, Denys, il n’aurait certainement pas apprécié d’être décrit comme un époux cocu. Surtout pas par un imbécile comme Belle-Histoire ! Il y avait déjà eu des rumeurs sur la possibilité que Raiponce n’était pas sa fille, il aurait très mal pris d’autres commentaires de ce genre, aussi faux soient-ils. Ou peut-être étaient-ils vrais… mais le duc était néanmoins sincèrement disposé à laisser à sa duchesse ce bénéfice du doute, par cette confiance mutuelle qu’ils se portaient aujourd’hui. Tendant une main vers elle, pour l’inviter à se relever, il continua d’un ton un peu plus doux. « Mais je te crois, même si je ne te cache pas que ce que j’ai vu m’a inquiété. » Puis à son oreille, comme pour s’esquiver de quelques indiscrets qui n’étaient pas – ou peut-être pour l’intime proximité, il susurra. « Et je dirais même que j’étais jaloux. » Il n’en dirait pas plus et s’éloigna un peu d’elle, gardant sa main au creux de la sienne. « Nous devrions peut-être y retourner, avant que les rumeurs ne jasent trop, tu ne crois pas ? »


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Message Sujet: Re: Surprise au palais ducal   Surprise au palais ducal EmptyVen 30 Mar - 17:48

Marjolaine était contrite.  Elle imaginait très bien bien ce que les gens auraient dit s'ils l'avaient trouvée ainsi plutôt que Denys.  Elle se souvenait très bien des rumeurs qui circulaient lorsqu'elle était enceinte de Raiponce et elle en avait beaucoup souffert, même si elle savait que ces bruits désagréables n'avaient pas raison d'être.  Elle n'était plus aussi innocente qu'elle l'aurait souhaité, mais sa condition et la façon dont elle concevait lui confirmait qui était le père de ses enfants.  Tromper Denys avait été un moment d'égarement qu'elle ne regrettait pas vraiment, il le méritait pour l'avoir blessée si profondément, mais elle n'était pas prête de recommencer.  Cela ne lui avait pas apporté la satisfaction qu'elle escomptait, même elle s'était retrouvé encore plus triste.  D'ailleurs l'idée que Sylvain cherchait à la faire fauter ne lui avait jamais même traversé l'esprit.  C'était un jeune homme fort charmant, habile conteur, certainement désireux de plaire, mais Marjolaine n'y voyait rien de plus.  Elle ne décelait rien en ses manières qui fut reprochable et elle ne comprenait pas la profondeur du choc qu'avait dû avoir son époux devant une telle scène – bien qu'elle fut extrêmement désolée de lui avoir offert un pareil spectacle.  Ses explications lui paraîtraient-elles suffisamment convaincantes?  La duchesse l'espérait.  Avec Denys, elle avait évité autant que possible mensonges et tromperies pour tout ce qui pouvait être si anodin aux yeux des autres.  Le lourd secret qu'elle portait seule pesait déjà beaucoup trop pour être allié à des cachoteries de plus.  Il n'y avait que deux choses dont elle se sentait incapable de lui avouer la vérité : ses problèmes de conception et cette unique fois dans les bras d'un autre.  Il lui semblait parfois qu'être honnête en tout point en dehors de ces deux sujets ne suffisaient pas à combler le fossé.

Elle accepta timidement la main qu'il lui tendait, n'osant pas oser y voir un signe de réconciliation.  Doutait-il encore d'elle malgré avoir affirmé qu'il la croyait?  Son air contrit ne quitta son visage que lorsqu'il fut envahi par une légère rougeur en raison de son propos murmuré à l'oreille.  Bien qu'elle fut tentée de lever le visage pour l'observer, elle se contenta de fixer ses chaussures, cachées par sa robe.  Légèrement, la pression de sa main sur la sienne s'intensifia, comme pour lui dire que quoi qu'il arrive, c'était lui qu'elle avait choisi et personne d'autre.  Malgré ses défauts, malgré les peines qu'elle avait endurées.  Ce n'était pas le plus parfait des époux, mais justement puisqu'il était aussi imparfait, il devenait le meilleur des époux et permettait à Marjolaine de se pardonner de ne pas être aussi parfaite qu'elle l'aurait dû.

« Oui, allons-y.  J'ai déjà fait patienter nos invités trop longtemps, » répondit-elle à demi-voix.  Elle suivit Denys vers la porte et se recomposait un visage pour que personne ne se doute jamais rien de la scène qui venait de se passer.





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