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 À nos rêves, à nos étoiles

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La Noblesse
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Jehanne d'Ansemer
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Message Sujet: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyDim 31 Déc - 0:37


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Bertin d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer

À nos rêves, à nos étoiles

Nous serions mille, nous serions deux



• Date : 21 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait frais, mais relativement beau.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Bertin est rentré au palais ducal depuis ce matin. Jehanne profite d'un moment de solitude pour arranger une rencontre seule avec lui, après deux mois d'absence.
• Recensement :
Code:
• [b]21 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3183-a-nos-reves-a-nos-etoiles]À nos rêves, à nos étoiles[/url] - [i]Bertin d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer[/i]
 Bertin est rentré au palais ducal depuis ce matin. Jehanne profite d'un moment de solitude pour arranger une rencontre seule avec lui, après deux mois d'absence.  




Tomorrow's been slipping away and nothing remains.




JJ: #BE945A


Dernière édition par Jehanne d'Ansemer le Dim 31 Déc - 0:40, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyDim 31 Déc - 0:39

Les nuits étaient bien longues, depuis le funeste jour des Anciens à l'Académie. Depuis la libération de la Chasse Sauvage, horreur parmi toutes horreurs oubliées du continent, qui désormais terrorisait les peuples de tous les duchés sans considération pour leur empire d'appartenance.
Les premières nuits, une fois la nouvelle répandue, avaient été les plus longues. Jehanne était rongée par l'angoisse de l'inconnu - comment arrêter un ennemi de cette envergure ? -, et par le deuil pour les disparus. En particulier pour Cassandre de Faërie, avec qui, jusqu'à peu, elle avait entretenu une correspondance des plus amicales.
Oui, elles étaient longues, interminables, les nuits à tenter de dormir, d'abord avec l'aide de décoctions relaxantes, puis avec le support de lourds filtres. L'usage s'en popularisait, et la duchesse d'Ansemer avait fait de son mieux pour s'en procurer, attendant le sommeil de sa fille pour enfin les avaler.
Elle ne se serait jamais pardonné de succomber à l'appel du royaume de Niobé s'il y avait eu la moindre chance de trouver, au matin, le lit de Bertille vide. Fort heureusement, la jeune héritière d'Ansemer semblait ne pas pouvoir être réveillée par autre chose que les rayons du soleil sur son visage ou la voix de la personne venue la réveiller. Sommeil de plomb.

Peu après, au début du mois de décembre et suite à la mort de l'empereur d'Ibélène, une trêve hivernale fut décrétée. Un peu de joie, d'espoir, peut-être, que le monde se rende compte qu'une paix était définitivement plus durable que le constant conflit. Un peu de joie, et d'attente aussi, en apprenant que les combattants rentraient du front progressivement. Guerriers ou Chevaucheurs. Elle était patiente, Jehanne ; pourtant, chaque jour, elle ressentait une pointe de déception à ne pas se réveiller sur la nouvelle qu'elle attendait tant. 'Le prince est de retour parmi nous du front', les seuls mots qu'elle souhaitait vraiment entendre, ne lui venaient pas. Alors elle attendait, partagée entre des jours de plus en plus courts et des nuits de plus en plus longues.
Au moins, ses devoirs de duchesse lui permettaient-ils de rester auprès de sa fille.

La blonde trentenaire, cet après-midi de décembre, avait en tête les festivités annulées de la soirée alors qu'elle parcourait les couloirs du palais. D'ordinaire, le soir du 21 décembre, pour le jour le plus court de l'année bon nombre de personnes se retrouvaient pour aller contempler les étoiles, et célébrer Valda dans les rues de la capitale. Cette année, cependant, son époux avait jugé bon d'honorer la déesse juste à la tombée du jour, lorsque le soleil disparaissait à l'horizon, quelques heures plus tard.
Rester dehors, rester éveillé même, n'était pas une bonne chose. Dès que le soir tomberait totalement et que les lunes brilleraient sur les toits du palais, celui-ci lentement deviendrait silencieux. Angoissant, presque.
Jehanne aimait pourtant tellement cette fête ! Mais, comme tant d'autres, la peur de ceux qui vous poursuivaient dans l'ombre était paralysante.
Elle s'était naturellement dirigée vers le bureau du prince d'Ansemer, son beau-frère, espérant ne pas trop le déranger. Il était bien quatre heures passées, et elle pensait qu'une pause serait la bienvenue.
Sa main doucement frappa contre le bois. Une fois. Deux fois. Coups juste audible. Elle ne voulait pas le déranger, et s'imposer d'elle-même.



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Bertin Vif-Envol
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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyDim 31 Déc - 7:19

Il était rentré depuis la veille. Sans doute avait-elle appris la nouvelle. La chute du prince ne serait certainement pas passée sous silence. Mais la nuit dernière, sentant son état d’épuisement, il avait préféré rester dormir à la caserne. C’était sans doute plus sage. Aussi ne s’était-il rendu au palais que le matin même, la démarche raidie par cette chute donc on se moquera sans doute dans son dos. Mais il n’en est plus à ça prêt. Il sait qu’il pourra bientôt la revoir, ne serait-ce que quelques minutes en lui payant ses respects pour annoncer son retour. Rien que ça, pouvoir la voir, voir qu’elle va bien, voir Bertille… Rien que ça le soulagerait d’une inquiétude immense, pesante, qui l’étouffait.

Il avait mangé avec ses collègues à la caserne à son réveil, puis s’était mis en route. Un coup chez lui, il prit le temps de se baigner et de se vêtir de frais avant de se présenter devant son frère. Il aurait aimé la voir, elle, mais il n’osait pas se présenter à ses appartements privés de peur qu’on n’interprète que trop bien ses réelles intentions, d’autant plus que son intendant l’attendait déjà dans son bureau où il se dirigea à contre-cœur. Il s’entretint avec lui pendant un temps, puis le congédia, assommé par la voix de l’homme, lui donnant comme mission de mieux préparer leur rencontre du lendemain. Il ne voulait pas perdre de temps, il attendait un visiteur le lendemain et ne pourrait guère passer de temps avec lui.

L’après-midi lui parut sans fin, s’éternisant alors qu’il se remettait à jour sur les dernières nouvelles en Vivécume en lisant les rapports que lui avait laissés l’intendant. Quand il entendit les coups à la porte, discrets, trop pour être son frère qui viendrait l’embêter, un sourire apparut sur son visage, et il posa son travail, s’étirant à demi en lançant d’une voix calme :

- Un instant.

Il se lève, s’appuyant sur le bureau tandis que ses muscles se dénouent péniblement, et il se met en marche vers la porte, l’ouvrant avec douceur. Puis le temps s’arrête. Il se fige, la fixant, le regard brillant, plein d’émotions soudain. Un pas dans le couloir le rappelle à l’ordre et il baisse la tête, souriant alors qu’il inspire pour reprendre contrôle de sa voix.

- Bonjour ma dame.

Il y a dans sa voix, dans son regard un vrai plaisir alors qu’il recule d’un pas pour lui laisser la chance d’entrer.

- Je ne vous attendais pas, pardonnez-moi de vous avoir fait attendre. Je vous en prie, entrez.

Il s’incline légèrement, jouant le jeu qu’ils connaissent trop bien pour les curieux du couloir, attendant qu’elle entre ensuite pour fermer derrière elle avec douceur sans parvenir à la quitter du regard. Sait-elle seulement à quel point la voir lui fait du bien ? Saura-t-elle le lire dans ses traits, dans son regard ? En silence, il lui tend la main dans une invitation muette cherchant à l’éloigner de la porte afin qu’ils puissent se retrouver discrètement. Une étreinte, un baiser, peut-être aura-t-il même droit à quelques mots murmurés à son oreille, si le moment s’y prête. Mais cela importait-il seulement ? Elle était devant lui, vivante, en santé, autant que faire se peut, pouvait-il oser demander mieux ?

- Je ne sais pas quel dieu remercier pour cette vue, lui murmure-t-il alors qu’il cherche à l’entraîner contre lui.

Ses yeux sont déjà humides tant les émotions l’étreignent et que la peur qui l’étouffait ces derniers jours s’envolait.

- Bertille… dis-moi qu’elle va bien aussi…

Il aurait pu attendre, les laisser se retrouver eux avant de parler de la petite, mais il en est incapable. Il doit savoir. Ce hochement de tête de Jehanne, muet, mais ce regard qu’il saura lire… Ça lui parlera 100 fois plus que tous les mots plus ou moins distraits qu’il a pu échanger avec son frère. Il a confiance en elle pour lui annoncer la vérité…








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyDim 31 Déc - 23:36

Le couloir était fréquenté, surtout à ces heures du jour. Elle avait cru pouvoir échapper aux regards, juste pour un temps, mais en attendant que les battants s'ouvrent elle pu se faire saluer par un ou deux nobles perdus, vaquant à leurs occupations en prévision de la fête.  Une courbette, un 'duchesse' auquel elle avait répondu par un mouvement de tête, et leurs pas les portaient ailleurs.
Pourquoi lui feraient-ils la conversation, à cette femme, de toute manière ? Elle avait appris à ne pas s'occuper des personnes de cour, depuis le temps, car ils n'avaient pour elle qu'une attention toute relative.
Enfin les portes s'ouvrirent, et bien que son visage restât le même, son regard s'illumina. Elle avait attendu bien assez longtemps, mais c'était vrai. Enfin, il était de retour, et sa proximité était presque encore plus douloureuse que l'éloignement qu'ils venaient de subir.
Une autre personne s'approchait, dans le couloir, faisant claquer ses talons sur le sol.

Elle s'inclina légèrement en retour à sa salutation, gardant comme elle le pouvait pour elle sa joie de le revoir, et de le revoir vivant. Elle fit un pas à l'intérieur du bureau qu'elle connaissait peu, pour l'y avoir rarement retrouvé, attendant que la porte se referment sur eux. Qu'ils soient eux-mêmes, enfin, dans l'intimité secrète qui était la leur. Jehanne n'arrivait pas à détacher son regard de lui, de la manière dont il se mouvait, s'imprégnant de sa présence dans la pièce encore froide d'avoir été inutilisée pendant longtemps.

Et enfin, l'instant vint. La porte close, qui brisa définitivement le faux climat protocolaire qu'ils savaient instaurer entre eux. Elle prit sa main dans la sienne, ses doigts frêles rencontrant sa paume pour se rapprocher de lui. Elle avait besoin de sa présence, besoin de s'assurer qu'il n'était pas un mirage ou une vague illusion. Besoin de lui.
Sans un bruit, comme à son habitude bien trop discrète, elle combla la distance entre eux sans pouvoir détacher ses yeux de son visage.
Il était fatigué, elle pouvait le deviner, et sans doute ce soir n'aurait-elle pas à craindre pour lui de manquer de trouver le sommeil. Sa main s'éleva, légère, jusqu'à son visage, pour se déposer sur sa joue et sentir la chaleur de sa peau, se rasséréner de sa présence.

Un hochement de tête, grave. Elle va bien. Bertille était heureuse, ces jours. Les festivités la laissaient dans un état d'excitation latent assez adorable. Très vite ses pensées retournèrent à Bertin, en face d'elle, et son regard se chargea d'amour... Et d'inquiétudes. Elle se mordit la lèvre, prenant juste un pas en arrière pour le regarder, cherchant à voir si sa chute l'avait laissé avec un membre bizarrement tordu ou pire. Elle prit soin, cependant, de garder une main sur son bras, de peur qu'il ne disparaisse si elle le lâchait. Elle avait eu peur de le perdre, Jehanne, dans cette chute dont elle n'avait eu que de vagues échos. Dis-moi que toi, aussi, tu vas bien, implorait son regard qui ne cessait de s'affoler, et sa main légèrement crispée sur lui.
Tant de choses pouvaient arriver, en deux mois.



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 1:10

Elle pourra remarquer dans ses gestes la fatigue, et une certaine raideur. Il est entier, là, devant elle, et tout semble bouger correctement, mais ses gestes n’ont pas la fluidité agile qu’elle lui connait tant. Ses traits sont tirés par la fatigue, par l’inquiétude constante, l’anxiété même qui l’assaille depuis plusieurs semaines et aura façonné son visage, son regard. Mais elle… Ce regard posé sur lui, cette vague d’amour qui lui fait fondre le cœur, instantanément. Et ce contact, léger, presque frêle, contre sa main, leur premier contact en deux mois…

Puis cette main, plus douce encore, sur son visage, qui lui fait fermer les yeux même s’il ne demande qu’à plonger son regard dans le sien. La sentir si près de lui… Un long soupir quitte ses lèvres, un soupir doux, tandis qu’il replonge son regard dans celui de Jehanne, lui souriant, tremblant légèrement alors qu’il la sent s’éloigner. Un pas, un seul. Il a une main sur sa hanche et ne la laisserait pas s’éloigner davantage, pas alors qu’il ne demande qu’à la serrer fortement contre lui. Des absences ils en ont connu, mais celle-ci aura de loin été la plus difficile… Enfin, il la regarde comme elle le regarde alors qu’elle s’éloigne, et il lui sourit, ému, hochant la tête et l’attirant contre lui pour l’enlacer. C’est à l’oreille qu’il lui répond, dans un murmure.

- Je vais bien, à présent… Tu m’as manquée, si tu savais…

Il soupire contre elle, humant ensuite l’odeur de sa chevelure, y posant enfin un baiser tout plein de tendresse.

- J’ai eu si peur de te perdre… de vous perdre…

Il baisse la tête pour tenter de voir son visage qu’il vient caresser du bout des doigts. Il tremble encore légèrement, et cette fois ça n’a rien à voir avec la timidité, l’hésitation de sa première fois avec elle, non. Il tremble d’émotion, et de cette peur qui s’envole, peu à peu, alors qu’il la serre contre lui. Oh, il pourrait encore la perdre, il le sait trop bien. Mais elle est là, devant lui, sous ses yeux, dans ses bras et rien que ça suffit à lui mettre les larmes aux yeux. Il n’est d’ordinaire pas émotif, pas facilement à tout le moins, et elle réalisera sans doute à quel point il s’est inquiété, à quel point il est heureux d’être là, avec elle…

Il finira par avoir un long soupir, son regard plongé dans celui de Jehanne, et un nouveau sourire. Lentement, doucement, il vient prendre sa main dans la sienne, la serrer avec douceur puis, la libérant de son étreinte, l’entraîne vers un fauteuil où ils pourront s’asseoir. Il en a besoin, malgré les très bons soins prodigués par Quitterie. Entre l’émotion et la fatigue… Il y prendra place avec un peu de maladresse, tant parce qu’il a l’impression d’avoir pris un coup de vieux suite à sa chute qu’à cause de sa hâte. Le fauteuil n’est guère large, et si elle pourrait sans doute s’y installer à ses côtés, c’est sur lui qu’il l’invite, sur ses genoux, pour pouvoir l’enlacer. Il a perdu de sa prudence, on pourrait les surprendre, et elle refusera peut-être, mais il n’est pas en état de s’en soucier dans l’immédiat.

- Il s’est passé tellement de choses… Il me faudrait des heures pour tout te raconter…

Il lui parle à voix basse, de sorte que sa voix ne s’éparpille pas dans les couloirs à travers la porte.








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 2:20

Ce fut le soulagement qui succéda à son inquiétude, rapidement. Il ne semblait pas plus amoché qu'après une mauvaise chute qu'une autre personne, du commun des mortels, aurait subie. Tous n'avaient pas la chance d'appartenir aux élites qui fendaient les cieux, comme lui. Si elle ne connaissait pas les circonstances de la chute, au vu de ce qu'elle pouvait deviner, elle n'aurait jamais supposé qu'il s'était écrasé sur des toits en tombant d'un dragon. A la limite, d'un cheval...
Il n'avait pas de jambe qui se tordrait bizarrement, pas d'os sortant étrangement de son corps. Jehanne supposait qu'il était passé par les mages guérisseurs de la Caserne, et elle leur était infiniment reconnaissante.
Il lui était revenu, entier, et c'était encore ce qui comptait le plus. Enfin, elle pouvait sentir ses bras autour d'elle et son souffle contre sa peau. Entendre sa voix, sentir son odeur dont elle n'avait plus que de vagues souvenirs s'étiolant au fil du temps. Le manque avait été trop pesant, trop cuisant pour qu'elle puisse un jour espérer être totalement prête à se séparer de lui à nouveau, même pour quelques heures. Ses bras se nouèrent lentement autour de lui, s'accrochant à sa présence alors qu'il déposait un baiser dans ses cheveux.
 
Elle leva légèrement la tête, ses yeux restant secs alors qu'elle voyait les siens briller légèrement. Elle tourna la tête, à peine, déposant un léger baiser sur le bout de ses doigts avant qu'ils ne repartent. La duchesse savait tout lire, dans son regard. Elle savait y lire sa peur, si grande. Son soulagement. Et tellement, tellement plus, qu'elle ne savait pas comment détacher ses yeux des siens : comme si elle l'écoutait parler, encore et encore, s'intéressant au dialogue silencieux du fond de ses prunelles.
Mouvements. Froissement léger de la soie bleu pâle qui suit le corps. Elle était légèrement interrogative de quitter la protection de ses bras - il lui avait trop manqué. Devait-il déjà s'éloigner ? - mais elle se laissa aller, s'installant sur ses genoux avec un petit sourire. La porte était peut-être plus proche, mais, depuis la fenêtre aux rideaux quand même entrouverts, ils étaient invisibles.
 
Ravie, Jehanne se lova contre lui. Ravie de le retrouver, enfin. Ravie qu'il ne soit pas qu'un mirage, qu'un mensonge de plus. Même si sa voix n'était qu'un murmure, elle ne voulait pas y répondre. Les murs avaient des oreilles bien trop souvent, en ce moment. Tout doucement, presque innocemment, elle déposa un baiser sur sa joue avant de nouer ses bras autour de son cou, maladroitement.
Raconte moi.


Les mots lui brûlaient les lèvres. Elle aurait voulu parler, tout de suite, tellement ! Elle aurait voulu lui demander de lui raconter. Lui dire qu'elle l'aimait, que son absence avait creusé en elle un gouffre profond rempli d'inquiétudes et de peur de ne jamais le revoir.
Mais, même installés dans ce fauteuil, elle craignait. Et si l'une des peintures n'était qu'un habile stratagème, inconnu d'eux deux, et qu'on les observait ? Et si derrière eux, le mur était creux et renfermait un passage secret d'où il était possible de les espionner ? Et si la porte s'ouvrait en fracas en entendant une voix féminine même chuchoter quelques mots ?
Elle ne pouvait compromettre l'homme qu'elle aimait et sa fille.
Alors elle garda les lèvres closes, se contentant, de pencher la tête, en espérant qu'il comprenne.

Je t'aime. Je t'aime tellement, et tu n'as pas la moindre idée de combien ton absence a été douloureuse. Et maintenant que je t'ai retrouvé, je ne peux même pas te le dire. Je ne te laisserai plus partir. Plus jamais.
 



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 3:19

Il l’accueille contre lui avec un plaisir non feint, son sourire s’élargit alors que son étreinte se serre de nouveau autour de la taille de Jehanne, la maintenant contre lui. Il pousse un long soupir, la serrant fortement. Que raconter ? Son regard devient songeur tandis qu’il s’imprègne de l’odeur de Jehanne, de sa chaleur, de sa présence. Tant de choses qui lui avaient manquées. Sa voix aussi, lui manque, mais il n’a jamais été du genre à lui demander de parler. Il l’entendra quand elle sera prête, quand le moment sera le bon, il le sait. Et il sourit, calmement, venant caresser son visage, laisser ses doigts se perdre avec douceur dans ses cheveux alors qu’il observe son visage.

- Tu es magnifique…

Ce que ce visage peut apaiser son cœur endurcit par les visions de la guerre… Il lui sourit, soupirant ensuite, retrouvant son regard pensif alors qu’il continue à s’abreuver du sien.

- J’ai visité Lagrance… J’ai tellement pensé à toi, dit-il avec un sourire en semblant trouver les mots pour elle. Je n’ai pas pu voir les beaux jardins dont tu me parles souvent, mais chaque jour je me levais en me disant que je devais les défendre, pour toi… C’était…

Il nie de la tête et s’arrête, baissant les yeux un moment en soupirant – pas de plaisir cette fois.

- … Ça n’avait rien d’une partie de plaisir, tu as du t’en douter. J’aurais voulu te raconter ce que j’ai vu, ce qui m’a fait pensé à toi et m’aidait à continuer… Mais je ne pouvais pas, ç’aurait été trop risqué… Et le reste…

Il nie de nouveau la tête, sa voix se perdant dans le silence. Le reste, il n’a pas envie d’en parler. Pas envie de s’en souvenir. Pas maintenant, pas quand elle est dans ses bras. Il ne l’avouerait jamais à quiconque d’autre, mais autant il voulait faire sa part dans la guerre, autant il a trouvé ça très difficile, le front. Elle s’en doutera sans doute, vu son silence, son air troublé, passager, mais troublé néanmoins alors que son étreinte se resserre un peu et qu’il retrouve le sourire en l’observant.

- Mais j’ai vu Edenia. Je te l’ai écrit… Tu as bien reçu mon colis, d’ailleurs ? Pour toi et Bertille ? Je voulais vous faire plaisir même si j’étais loin…








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 4:17

Silencieuse, comme toujours, son manque de paroles se fit accueillant et tendre alors qu'il se mettait à parler. Une légère rougeur s'installa sur ses joues, sensible qu'elle était aux compliments murmurés ; ou peut-être était-ce simplement parce qu'elle sentait son regard sur lui, parce qu'elle était incapable de résister à ses mots. Elle ne s'était jamais sentie particulièrement magnifique. Magnifique, c'était pour les femmes sur lesquelles les regards ne coulaient pas mais s'attardaient, ces dames qui arpentaient les couloirs du palais et dont on se rappelait. Pas pour celle qui, malgré des parures de perles et de délicats bijoux ouvrages, de robes qui ondulaient sur sa silhouette encore élancée et droite, de coiffures qui se voulaient élégantes - et que Bertin semblait vouloir défaire quelque peu en ce moment -, elle ne se sentait pas magnifique. Tout au plus acceptable.
Peut-être était-ce la faute à Bartholomé, et au peu de regards qu'il avait posé sur elle. A ne pas se sentir désirée, elle avait inconsciemment compris qu'elle n'était pas ce que d'autres qualifieraient de belle. Elle baissa le regard, un instant, pour reprendre ses esprits. Si elle gardait trop les yeux sur lui, jamais elle ne réussirait à garder un semblant de calme et de tenue.
 
Elle aurait voulu se laisser aller, parler, sans peur de représailles. Elle aurait voulu, dès son arrivée, se jeter à son cou devant toute la cour ! Mais ce n'était pas possible. Comme tant d'autres choses. Mais elle attendrait, Jehanne, patiemment. Lorsqu'elle recroisa son regard, tout au fond, elle pu y lire quelque chose d'indiscernable. Elle aurait voulu savoir, mais comment poser la question sur cette lueur qu'elle-même ne savait décrire ?
La blonde sentit son désarroi, sa détresse. Il n'était pas parti pour rien, et elle savait bien que le front était autrement plus dur que l'arrière, ou qu'Ansemer.
Ses mains trouvèrent son visage, en traçant les contours avec tendresse. Elle écoutait son récit, devinant les mots derrière.
 
Je ne veux pas que tu y retournes.
Tout son être vibrait de cette pensée, des larmes perlant au coin de ses yeux - cristallines, pures. Elle se remémorait qu'elle avait failli le perdre. Pensée intolérable, plus puissante que celles qui la prenaient la nuit. Pensée parasite, angoissante. Elle en mourrait, si il venait à partir.
Et ces larmes, glacées, qu'elle tente de camoufler en baissant la tête, espérant que ses ondulations blondes les cache. Elle avait lu sa douleur dans ses yeux, elle l'avait entendu dans ses mots.
Et elle ne pouvait plus rien y faire.
 
La tête toujours baissée, les yeux toujours quelque peu humides, Jehanne ne put s'empêcher de sourire. Bertille traînait de partout sa poupée, clamant à qui voulait l'entendre que c'était sa nouvelle petite soeur choisie par le meilleur des oncles. Elle lui avait d'ailleurs écrit une lettre, enfin, plus un dessin, mais n'avait pas voulu l'envoyer. C'était trop dangereux, pour une lettre, le front, avait-elle raisonné !
Ca l'était encore plus pour les hommes. Elle opina avec enthousiasme, ou le peu qu'elle avait.
 
La peur était toujours là. Dans son coeur, au fond de sa gorge. Douloureuse. Alors la duchesse releva la tête, une pauvre ébauche de sourire au coin des lèvres, de petites traînées scintillantes, à peine visibles dans la froide lumière du déclin de l'après-midi ornant ses joues.
"Je ne veux pas te perdre." laissa-t-elle échapper dans un souffle, encore plus bas que ne l'était la voix de son âme soeur. Amant, ça n'était pas assez fort. "Ne repars plus."



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 8:08

La couleur qui lui monte aux joues le fait sourire, et il la serre contre lui lorsqu’elle baisse la tête, lui murmurant :

- Ne fais pas la modeste avec moi, je t’en prie. Crois-y, pour moi…

Parce que son regard à lui, il s’attarderait définitivement sur elle dans les couloirs et les salles du palais s’il lui était permis de le faire. Ce serait bien sûr trop dangereux, si bien qu’il l’évite, bien sûr, ne la regardant de tout son soul que lorsqu’ils sont seuls. Avait-elle besoin de ses mots pour se sentir magnifique avec lui ? Il l’ignorait, mais il aurait été bien incapable de ne pas le lui souligner, surtout après une si longue absence. Son rayon de soleil, sa raison de combattre, jour après jour. Discrète, muette, ce secret si bien gardé, jusqu’à présent, emmuré dans leur cœur…

Au contact de sa main sur son visage, il lève de nouveau les yeux vers elle, lui sourit, un sourire teinté de ces sentiments qu’il tait, mais un sourire néanmoins, preuve du réconfort qu’il trouve à ce simple contact. S’il a remarqué ses larmes, il n’en montre rien, la serrant simplement contre elle, laissant le silence s’installer pendant un moment, tendre moment de retrouvailles. Ces deux-là ont appris il y a longtemps que le silence communique autant sinon plus que les mots, entre eux.

Le hochement de tête le fait sourire, un sourire tendre, aimant. Il vint pour dire quelque chose, mais la voilà qui lève la tête et qu’il aperçoit les nervures qu’avaient laissé les larmes sur les joues de sa jolie blonde.

- Oh, Jehanne…

Puis la voix, cette voix, un murmure à peine audible, mais ces mots, formulés, si précieux… Il la regarde, plongeant son regard dans le sien, les larmes lui montant à nouveau lui-même aux yeux… Il est sans mot, pendant un temps, à la fixer, se penchant pour rapprocher son visage du sien, poser un tendre baiser sur ses lèvres si elle le lui permet… Il voudrait le lui promettre. Il le voudrait tellement. Mais il ne peut pas, elle le sait autant que lui. Il a toujours été chevaucheur, d’aussi loin qu’elle l’a connu. Elle connait sa loyauté… Et cette douleur soudaine, vive, fait rouler quelques larmes sur ses joues, des larmes qui glisse, lentement, venant se perdre dans sa barbe alors que d’autres encore apparaissent…

- Je le voudrais, Jehanne… Je le voudrais tellement… Mais la décision n’est pas en mon pouvoir…

Sa voix est coupée, à peine audible par moment, la gorge tellement serrée par les émotions, et sa dernière phrase est accompagnée d’un léger mouvement de la tête. Et son regard. D’excuses. Sincères et profondes. Ça lui fait mal de devoir lui refuser ce réconfort, surtout le premier soir.

- Je resterai à Port-Liberté aussi longtemps que je le peux pendant la Trêve… Je te le promets… Je serai là, près de toi, aussi souvent que nous le pourrons… Mais tu sais comme moi que dans trois mois, quand les hostilités reprendront, je ne pourrai pas refuser un appel au front sans raison valable… Rackham y était alors que Quitterie attend leur enfant… Que pourrais-je leur dire ?

Impuissant. Il se sent impuissant, incapable de la rassurer parce qu’il refuse de lui mentir et de la bercer d’illusions. La jolie blonde, sa Jehanne, est beaucoup trop intelligente pour se laisser berner par ce genre de chose, de toute façon. Elle lit en lui comme un livre ouvert. Il sait que ses paroles lui feront du mal. Ce n’est pas sa propre douleur qui protégera Jehanne. Mais que peut-il faire, dans ses circonstances ? Alors qu’il ne peut rien révéler des raisons qui le poussent à vouloir rester ? Alors que d’autres hommes, comme lui, comme Rackham, risquent le sacrifice ultime sur le champ de bataille ? Saurait-il se pardonner la mort d’un camarade en sachant qu’il aurait pu, peut-être, s’il avait accepté d’aller au front, éviter le pire ?

- Je suis désolé… Je sais que tu espérais une autre réponse…

Ce qu’il peut détester la guerre là, dans l’immédiat, et tout ce qu’elle représente…








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 11:12

Elle était possessive, Jehanne, elle en avait terriblement conscience. En cet instant, tout ce qu'elle désirait était de se blottir contre lui et d'appeler cet instant une éternité, pour qu'il ne parte plus. Elle l'aurait condamné, si elle l'avait pu, à rester à ses côtés pour toujours. Eut-elle été encore plus capricieuse, elle lui aurait interdit de quitter le palais !
Mais elle l'aimait. Elle le connaissait trop bien pour savoir qu'elle attenterait à son bonheur et à son être, si elle le retenait en arrière. Il avait besoin d'Ambroisie et des cieux autant que Jehanne de la terre sous ses pieds. Elle l'aimait, et jamais elle ne saurait se résoudre à le faire souffrir autant. Alors sa supplique n'était qu'un rêve, lancé sous le coup de l'émotion, émotion bien trop grande pour être contrôlée. Un doux rêve, comme elle en faisait des fois, ces rêves où elle était son épouse, où tout n'était que félicité et perfection. Ces rêves qui laissaient un goût amer au fond de la bouche quand ils restaient ancrés en tête.
Le baiser qu'il déposa sur ses lèvres était doux, teinté de regrets et d'un amour si fort u'elle n'était pas sûre d'un jour pouvoir le concurrencer, et elle ferma les yeux un  instant en luttant contre ses larmes.
 
Lorsqu'elle les rouvrit, c'était à lui de pleurer, étoiles se décrochant de ses yeux pour mourir sur son visage. Son coeur se serra, durement, et elle retourna poser sa main sur sa joue pour tenter de toutes les cueillir d'une caresse. Sa voix la brisa un peu plus, mais elle tint bon, cette fois. Parce que c'était lui qui pleurait, lui qui avait besoin d'elle, par sa faute. Elle aurait aimé qu'il reste. Tellement. Et si elle avait pu, elle l'aurait suivi jusqu'au front, jusqu'au bout du monde même. Il soulevait des points importants, et elle aurait été sotte de ne pas les prendre en compte. Jamais il n'aurait la conscience tranquille, si l'un de ses camarades de Vol en venait à se faire tuer pendant qu'il restait là.
 
Elle secoua la tête, continuant d'essuyer consciencieusement chaque larme qu'elle pouvait trouver. Elle comprenait, la duchesse. Si seulement la trêve pouvait s'éterniser à jamais, et la vie redevenir ce qu'elle était. Si seulement ils ne craignaient pas pour leur vie, chaque nuit. Tendrement, elle déposa un autre baiser sur ses lèvres. N'en parlons plus. Je connais ta loyauté, je sais tes obligations, même si je reste dans ton coeur.
Le problème, ce n'est pas que tu dois retourner à la guerre. C'est qu'elle soit, déjà. Que le continent se déchire.
 Les mots ne sortiraient, pas cette fois. Elle n'était pas chanceuse. Bertin connaissait ses positions sur le conflit.
La duchesse lui fit un petit sourire, engageant, plongeant son regard dans le sien... Avant de se figer, totalement, en entendant des bruits de conversation animée se rapprocher, dans le couloir. Son souffle, déjà léger, se fit totalement silencieux, son coeur battant à toute vitesse dans sa poitrine. Il suffisait qu'une personne décide de troubler l'intimité du prince pour que tout soit dévoilé. Néanmoins elle ne pouvait se résoudre à quitter ses genoux.
 
"Faudra m'expliquer un jour comment les gens peuvent, franchement...
- Ah, mais ne t'en fais pas, moi aussi, je me pose la même question. "
Une conversation des plus intéressantes.
 
Les voix ne s'arrêtèrent pas devant la porte, mais ce ne fut qu'une fois que le calme fut revenu, totalement, que Jehanne semble respirer à nouveau. Elle croisa le regard de son aimé, la peur brillant encore au fond de ses yeux. La peur et l'enivrante sensation d'interdit, comme à chaque fois qu'ils échappaient à la découverte, celle qui faisait pulser le sang dans ses veines et fleurir l'incrédulité dans le sourire. Qui rappelait à quel point ils risquaient, chacun, dans leurs entrevues secrètes.
A quel point ce risque, ce n'était rien, comparé à la perte de l'autre.
 



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 17:37

Ce contact, cette main, jardinière de son être, de son âme, qui vient récolter ses larmes… Ce doux, ce chaud contact, rassurant, malgré la douleur et le regret. Il tourne légèrement la tête pour mieux sentir sa main contre son visage, venant bientôt y poser la sienne en plongeant son regard dans celui de sa belle. Il guidera cette main fine, délicate, jusqu’à ses lèvres pour y poser un baiser avant de retrouver ses lèvres avec douceur, et partager leur amour, discrètement.

- Je t’aime…

Il l’aurait serrée contre lui avec force si ça n’avait été ces pas dans le couloir, inopportuns, agaçants à souhait. Ses mains se sont d’instinct posées sur les hanches de la belle, prêt à l’aider à se relever s’il le faut. Il n’en a pas envie, mais il faut bien. Se faire surprendre dans une telle position… Non, il valait mieux ne pas y penser. Ils avaient certes commis pire entre eux, au fil des ans, Bertille était née après tout, mais c’était assez révélateur pour risquer cher. Trop cher. Figé lui aussi, il écoute, donc, les mains sur les hanches de sa douce, le visage pâle, soudain sérieux, les larmes chassées par ces simples voix et l’idée même qu’ils puissent être surpris. Cela lui était sortit de l’esprit, ce risque. Heureusement qu’elle avait bonne oreille, car il se serait peut-être laissé prendre au piège aujourd’hui tellement elle lui a manquée. Retrouvailles tant attendues… Les voix s’étiolent au détour d’un couloir et il soupire, inspirant lentement, profondément, pour calmer son cœur qui lui aussi se débat à cette crainte soudaine. Il vient l’enlacer à nouveau, la serrer contre lui, souriant légèrement, faiblement, alors que le soudain retour à la réalité s’atténue et qu’il replonge tant bien que mal dans leur moment à eux deux, volé, secret…

- Ces prochains jours, tu viendras me voir pour me raconter ce qui s’est passé pendant mon absence ?

Il lui sourit doucement.

- Je refuse de te laisser t’installer à mon bureau maintenant… Je te lirai plus tard… Mais ce sera une raison valable pour que nous passions un peu de temps ensemble. Qu’en penses-tu ?

Il parle toujours à voix basse, presque à son oreille. Une voix légère à présent, pleine d’espoir. À défaut de pouvoir rester avec elle pour toujours, il peut s’arranger pour la voir autant que possible. S’ils peuvent réussir à s’évader à l’occasion pour se voir comme en ce jour, ce n’est pas toujours aisé, et une raison valide aux yeux d’autrui est un simple subterfuge. Bartholomé pourrait l’assommer avec les détails commerciaux et politiques, mais ce n’est pas ce qui l’intéresse. Il veut en apprendre sur les gens, et Jehanne, petite souris observatrice, en saura sans doute plus que son frère. De toute façon, il essaie de passer le moins de temps possible avec Bartho. C’est pire même depuis le printemps, Jehanne l’aura remarqué. Une tension qui grandit, sans qu’elle sache trop pourquoi parce qu’il refuse de lui en parler.

- Et je viendrai voir Bertille. Elle me manque. Tu me diras quand ce sera un bon moment, hmm ?

Quand son amour est clandestin, parfois, il faut discuter de ce qu’on voudrait garder pour la toute fin au début d’une rencontre, de sorte que si elle se termine abruptement, le sujet aura déjà été clôt. Il ne cherche pas à la renvoyer. Il la veut près de lui aussi longtemps que possible. Mais ces pas soudains lui ont fait regagner sa prudence…








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyLun 1 Jan - 19:47

Je t'aime. Les mots qui coulaient de tous leurs regards, de tous leurs gestes, de toutes leurs touches innocentes et de leurs souffles. ils percutèrent Jehanne avec force, amenant sur ses lèvres une ébauche même de réponse qu'elle n'aurait pas le temps de souffler. Elle l'aimait aussi, plus que tout au monde. C'était avec lui qu'elle avait construit son véritable foyer, avec lui qu'elle avait repris goût à la vie, même enfermée comme elle l'était dans cette existence morne de duchesse pot de fleur. Bien qu'ils n'aient pas grand usage de pots de fleurs en Ansemer. Elle aurait pu lui répondre, mais déjà dans le couloir les bruits résonnaient.
Elle n'avait pas osé bougé, se tenant juste prête à se redresser d'un bond, aidée par ses mains. Même dans l'urgence et dans la peur, à la limite de se faire surprendre, elle trouvait extrêmement touchant qu'il ne cherche pas à la lâcher. Ses mains, sur ses hanches, étaient à leur juste place. Une harmonie toute particulière, dans le battement erratique de son coeur.
 
Elle se doutait légèrement que seules deux personnes pouvaient, impunément, ouvrir la porte sans au moins frapper et attendre. L'une d'elle était son mari. Duc tout-puissant sur ses terres, attaché à son frère - qui lui semblait quelque peu moins attaché, de ce que Jehanne avait pu constater au cours de l'année. Quelque chose les brouillait -. L'autre était l'intendant de Bertin, bien plus silencieux que le duc toujours accompagné. C'était de lui qu'elle avait le plus peur, en ce moment.
Ses joues la picotaient agréablement, signe qu'une rougeur s'y installait. Tout son corps était encore à l'écoute, sensible au moindre son, à la moindre touche. Il la rapprocha à nouveau de lui, et elle frissonna légèrement, cherchant sa protection, son corps, sa chaleur. Elle pencha la tête sur le côté, ses bras retournant autour de ses épaules.
 
Elle ne voulait pas tout lui raconter, pas maintenant. C'était leur moment, juste là. Les autres auraient tout le temps de venir dans leur conversation plus tard. Les piques qu'elle subissait, toujours, de la part de Genevieve, de plus en plus acérées, les petits enfants nés, aussi, au mois d'octobre. La vie, en somme, de Port-Liberté.
La duchesse ferma les yeux, avant d'acquiescer. Elle lui écrirait tout. Un roman, s'il le fallait, pour passer autant de temps qu'elle le voulait avec lui. Qu'elle le voulait et le pouvait.
La mention de Bertille amena une légère émotion sur ses traits, l'attendrissement les lissant. Il avait manqué à sa fille, qui demandait de ses nouvelles autant à son oncle qu'à sa mère. Elle voulait devenir princesse Chevaucheuse, plus tard. Ou capitaine d'une vivenef. Ou impératrice. Mais surtout princesse Chevaucheuse.
 
Jehanne rouvrit les yeux et hocha la tête, interrogative, avant de tourner la tête vers la porte. Je te le dirai. Tu veux aller la voir maintenant ?  Bertille était sans doute en pleine préparation pour paraître aux côtés du couple ducal pour la cérémonie. La lumière, déjà, commençait à décliner. Elle bougea un peu sur lui, s'arrangeant pour se rapprocher encore, profitant de sa présence. Son regard se porta vers la fenêtre, avant de revenir vers son visage, et de le désigner du menton, puis elle. Devrait-on tenter d'aller voir les étoiles, ce soir ? Nous deux ?
Elle savait que son geste manquait de clarté, qu'il était possible de l'interpréter de plusieurs manières, mais avec les voix dans le couloir qu'il lui semblait encore entendre, c'était la meilleure solution. 



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyJeu 4 Jan - 15:58

Ces mots, il aurait aimé pouvoir les lui murmurer encore et encore, tant qu’ils sont seuls, tellement elle lui a manquée. Le regard de Jehanne lui suffit, il comprend, il sait, et même s’il adore l’entendre lui murmurer les quelques mots à son tour, il n’en a pas besoin pour se sentir aimé, qu’elle se rassure. Il lui sourit d’ailleurs, les oreilles tendues, en attente. Puis le bruit passe, s’éloigne. Il ne sait pas ce qu’il craint, son intendant ne devrait pas venir l’embêter, il l’a renvoyé pour la journée. Mais Jehanne ne peut pas savoir et il n’a pas vraiment envie de gaspiller de leur précieux temps à lui expliquer la situation.

Il l’enlace avec tendresse, se laissant parfois aller à caresser un bras, ou sa taille du bout des doigts. Il est sage et ne va pas plus loin, mais la sentir bien vivante sous son contact est rassurant et il ne s’en lasse pas. Il sourit lui étire les lèvres quand elle acquiesce à sa demande, et elle pourra sentir ses lèvres contre son front en guide de remerciement, posées là en un baiser léger et tendre. Il observe ensuite le changement dans ses traits alors qu’il évoque Bertille, et il en sourit davantage encore – oh mais ce pur bonheur en ce moment qui fait briller son visage ! Quand elle ouvre les yeux, ce sera seulement pour le voir l’observer avec curiosité. Quand elle montre la porte du regard il se tend, un bref instant, croyant avoir encore raté des pas dans le couloir, mais non, ce n’est pas ce qu’elle veut dire et il lui sourit, l’air de s’excuser, la serrant contre lui.

- Tu m’as fait peur…

Il a un petit rire en la serrant encore plus contre lui, toujours avec douceur. Si elle cherche son contact, il ne se privera certainement pas du sien.

- Tu m’invitais à aller la voir, c’est ça ? demande-t-il avec un petit sourire et un regard un peu rêveur. Tu crois que c’est sage ? Je pensais attendre, à la base pour ne pas éveiller les soupçons. Mais en ta compagnie certainement…

Enfin, si Jehanne l’y invite, il a une bonne raison de passer voir sa nièce. Le geste suivant est plus obscur pour lui, et il observe son visage avec douceur, tentant de lire dans ses pensées, mais sur ce coup il hésite.

- Tu veux que je vous accompagne à la cérémonie ?

Cette fois cette question est teintée de doute. Il a l’impression que ce n’est pas le cas, du moins pas ce qu’elle tentait de lui dire. Pourquoi y assisterait-il de toute façon ? Mais peut-être désirait-elle qu’il y soit pour prouver qu’il était bien là et en santé ? Ou… Enfin, il scrute toujours son visage, incertain, avant d’ajouter dans un murmure :

- Tu veux l’écrire ?

C’est parfois un peu frustrant, cette grève de la parole. Communiquer devient par moment difficile, mais ils s’arrangent, à force.








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyJeu 4 Jan - 19:51

C'était compliqué pour beaucoup de choses, de se taire. Déjà, car Bertille n'avait jamais entendu la voix de sa mère. Jamais. Sauf peut-être lorsqu'elle était née, lors de ses moments seule avec elle, jamais elle n'avait osé. Parler ne lui était plus naturel. Et une fois que la jeune avait été en âge de la comprendre, puis de lui répondre, son silence était ancré trop profondément dans son esprit pour que sa fille songea une seule fois qu'elle n'était pas malade, mais trop obstinée. Et, en même temps, elle la comprenait mieux que quiconque, sans qu'un seul mot ne soit prononcé.
Ensuite, car dans beaucoup de situations avec Bertin, quand Jehanne ne se sentait pas assez en confiance - comme par exemple celle-ci -, la compréhension n'était pas au rendez-vous. Quand il s'agissait des autres, ils pouvaient attendre avant d'entendre ne serait-ce qu'un bruit franchir ses lèvres. Mais quand elle était avec lui, elle voulait se faire comprendre. Il était, après tout, le seul à jamais l'avoir entendue dans ce palais ! Avec son frère, bien sûr, mais elle était certaine que depuis longtemps Bartholomé avait effacé de son esprit leurs conversations et leurs histoires.
Et, justement, c'était là tout leur problème.

Elle haussa les épaules, mais elle ne savait pas comment lui faire comprendre ce qu'elle avait dans l'esprit à ce moment là... Ou celui d'après. Elle restait appuyée contre lui, ses bras l'enserrant délicatement, et elle ne semblait pas capable de se faire comprendre. Une des raisons pour laquelle certains, sans doute, murmuraient qu'elle était idiote - quelques rumeurs, qui couraient ça et là.
Et puis, il lui proposa d'écrire. Bonne chose, en voyant l'air d'incompréhension qu'il arborait. Avec un sourire, elle se leva de ses genoux, avant de se rapprocher du bureau, et de regarder autour pour un parchemin dénué d'écrit.

Bertille se prépare pour ce soir, et ensuite restera sans doute dans sa chambre en attendant qu'on vienne la chercher. Elle a demandé à te voir quand on lui a appris que tu étais rentré parmi nous. Elle sera très heureuse, tu sais.
Je voulais savoir si tu voulais venir voir les étoiles avec moi, une fois la cérémonie terminée ? Je sais que tu n'as pas forcément l'envie de venir à ladite cérémonie. Mais j'aurais du mal à m'endormir sans te voir.


La dernière phrase condamnait ce papier à disparaître dans les flammes d'une cheminée. Et même, le ton bien trop familier la rendait dangereuse, ainsi que la proposition.
Son écriture était rapide, habituée à transmettre plus par l'écrit que par la voix.
La proximité de la fenêtre empêchait pour eux deux tout réel rapprochement : paranoïaque, Jehanne ? Pas vraiment. Ils risquaient tellement gros..
.
La duchesse marcha jusqu'à lui, pour lui tendre le papier, l'observant. Elle était bien plus petite que lui, et même assis, il restait légèrement plus grand. Elle observa son visage alors qu'il lisait, s'appuyant sur l'accoudoir du fauteuil. Son regard était doux et rempli de tendresse, tendant la main pour la faire courir dans ses cheveux, se perdant entre les mèches brunes et s'émerveillant encore qu'il soit là.
Et qu'il ne repartirait pas, pas de suite.
Elle espérait que Bertin accepterait d'aller voir sa fille ce soir : elle voulait leur faire une surprise, à tous les deux, et juste les voir ensemble pourrait emplir son coeur d'une félicité qu'elle n'avait pas ressenti depuis plus de deux mois.



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyVen 5 Jan - 16:06

Son visage, même peut-être un peu triste de ne pas savoir se faire comprendre… il ne se lasse pas de le regarder, tendre et amoureux comme il n’a jamais regardé une autre femme. Le savait-elle seulement ça ? Il lui a sans doute dit qu’elle était la seule à occuper cette place toute particulière dans son cœur, la seule qu’il aime. Mais entre l’entendre et le croire…

Il la libère de son étreinte avec douceur, la laissant se lever. Il s’installe confortablement, l’observant, ne pouvant détacher son regard d’elle. Qu’elle est belle à ses yeux ! Et ce qu’elle a pu lui manquer ! Il ne lui faut qu’un instant pour écrire la note et la voilà qui s’approche et un grand sourire étire ses lèvres tandis qu’il prend la note, venant poser avec douceur sa tête contre Jehanne, la laissant jouer dans ses cheveux tandis qu’il lit la note. Une fois, puis une autre tandis qu’un doux sourire étire ses lèvres. Il ferme le yeux, inspirant lentement, profitant de son contact, de ses doigts dans ses mèches, avant d’hocher légèrement la tête, la levant vers lui pour venir l’embrasser avec tendresse.

- Je viendrai avec toi la voir quelques minutes. Avec plaisir. Elle m’a manqué elle aussi…

Son regard brille légèrement, et il semble heureux alors qu’il serre le papier dans sa main.

- Devrais-je t’attendre ensuite ? Personne ne peut nous reprocher de nous croiser dehors, par hasard… Et je pourrai te raccompagner jusqu’à ta chambre, comme avant…

Il sourit en la regardant. Ce que ces petits gestes du quotidien avec elle ont pu lui manquer. Pas autant que sa présence évidemment, mais ces moments volés, les excuses qu’ils trouvent pour se croiser « naturellement » au palais, ce besoin d’être créatif et pourtant parfaitement naturels lorsqu’ils se croisent, feignant la surprise même si tout était calculé.

- Je doute qu’il me soit possible de t’escorter seule en ville dans mon état… Mais je peux t’accompagner sur les remparts.

« Si tu n’étais pas tombé, tu pourrais les regarder des cieux, l’idiot ! »

Il ne peut s’empêcher de rire soudain, un petit rire léger et joyeux, soudain aussi en la regardant.

- Je crois qu’Ambroisie t’envie déjà ma compagnie… Je te retrouverai sans faute ce soir. Tu m’as trop manquée pour que je rate une telle occasion…

« Comme si tu ne rêvais pas de les voir avec moi les étoiles ! »
« Tais-toi donc », lance-t-il d’un ton léger à Ambroisie qui se moque bien de lui.

- Et je dormirai mieux en t’ayant revue… Tu n’as pas idée…








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptySam 6 Jan - 1:09

Un jour, espérait-elle, elle réussirait à nouer avec Bertin la même compréhension qu'avec sa fille. Elle n'aurait plus, ou peu, besoin de lui écrire toutes ses pensées. C'était loin, la liberté, pour la passive Jehanne. Et même si elle fuyait avec lui, qu'elle lui demandait de l'aider à disparaître avec Bertille, à Lorgol ou, folie ! dans un autre duché dont elle ne savait rien, elle ne savait pas si elle saurait s'en sortir. Parler n'était plus indispensable pour elle, et elle en avait perdu, presque, l'habitude. Pour se faire comprendre, elle avait ses gestes, ses yeux et ses parchemins.
Pas sa voix. Sa voix, ce n'était plus elle depuis douze ans maintenant. Ses doigts se perdaient dans ses cheveux, peu inquiète de combien décoiffé il pouvait paraître à la sortie. Un sourire aux lèvres, elle laissa ses yeux courir d'eux-même sur le papier, relisant ses pensées, regrettant de ne pouvoir en dire plus.
Elle hocha de la tête, par deux fois, acceptant sa présence. Elle le voulait avec elle. Quoi qu'il arrivât. Egoïste Jehanne quand il s'agissait de celui qu'elle aimait ! La duchesse ne l'épuiserait pas, cependant, connaissant sa condition physique. Il avait besoin de repos, elle le savait.

Son éclat de rire la surprit, la tête légèrement baissée vers lui, une de ses boucles dégagées par Bertin plus tôt retombant mollement le long de sa joue. Son sourcil se releva, et elle ne tarda pas à avoir une réponse à sa question.  Ambroisie, bien sûr. La dragonne de son aimé, qu'elle avait pu entrapercevoir en quelques occasions et qui perturbait leurs retrouvailles avec tendresse. Jehanne, totalement dépourvue de magie, ne pouvait qu'imaginer ce qu'était le lien entre lui et elle, voire entre son Familier et lui. Elle lui demanderait, un jour, de lui mettre des mots sur ce qu'il ressentait...
S'il le pouvait.

Tendrement, elle lui reprit le papier, pour le plier. Ils trouveraient bien une cheminée quelque part où s'en débarrasser discrètement. Sa main trouva ensuite la sienne, pour l'attirer sur ses deux pieds et vers la porte. Viens. Douce demande. C'était pour sa fille autant que pour elle.
Juste avant la porte, cependant, elle s'immobilisa pour remettre en ordre ses cheveux, nerveusement. Déjà, quitter la chaleur de leur rencontre. Déjà, devoir mentir à nouveau. Elle se tourna vers lui, sa main  toujours dans la sienne, et se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser ses lèvres. Une dernière fois, avant leur prochain instant seuls.
"Je t'aime, tu le sais?"
Juste un souffle, presque rien, qui s'échappa. Déjà un souvenir.
Et puis la porte s'ouvrit sur la duchesse d'Ansemer, digne et effacée. Le couloir était vide et, durant la marche qui les amena jusqu'à la porte de Bertille, ils ne croisèrent personne.

"Mère ? " questionna une jeune voix, alors que Jehanne ouvrait d'elle-même la porte de sa chambre. "Est-ce que ... Suis-je en retard ? Déjà ? " Dos à la porte, Bertille et sa gouvernante terminaient de fixer le ruban, solidement, autour de la taille de la princesse. Elle ne sembla réellement comprendre que lorsque la femme à ses côtés s'inclina qu'elle se retourna... Et fonça comme une flèche vers le Chevaucheur. "Mon oncle ! Vous êtes revenu ! "
Jehanne sentit son coeur se serrer, juste un peu, en constatant qu'elle avait tout pris de son père, si ce n'était les yeux. Jusqu'à la teinte exacte de ses cheveux.  
Qu'importait, cependant ! Pour l'heure, la princesse était bien trop occupée à serrer contre elle son oncle, faisant fi des convenances et de tout ce qui pouvait encore importer en ces heures sombres.



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptySam 6 Jan - 7:06

Si seulement il leur était donné de passer du temps ensemble, seul à seule. Pas ces moments volés, ce ballet infini dans lequel ils ne partagent la scène que dans de trop brèves danses… S’il leur était permis de n’être qu’eux-deux, ce serait tellement plus simple de développer ce lien plus intime encore qui lui permettrait de la comprendre parfaitement. Mais alors, s’ils y avaient droit, c’est que Bartholomé le leur permettait… et donc qu’elle pourrait, il l’espère, mettre fin à sa grève de paroles. Sa voix était si douce pour lui qu’il aurait aimé l’entendre davantage, même s’il respectait son choix.

Il n’a aucune gêne à lui parler d’Ambroisie, des commentaires qui parfois le font rire, ou même d’Arthes, d’ailleurs. Jehanne ne peut pas tout comprendre, pas complètement à tout le moins, mais il ne cherche pas à cacher cette part de lui. Sa magie, et tout ce qui en découle dans sa vie est une immense part de qui il est. Si elle n’avait pas été en mesure de l’accepter, il n’aurait pas pu être avec elle. Comment pourrait-il nier la moitié de son être ? Heureusement, cela ne semblait pas la déranger, même si parfois ça pouvait mener à des réactions inattendues chez Bertin qui ne les cachait que rarement avec elle. Parce qu’ici, seul avec Jehanne, il pouvait être pleinement lui-même.

Il lui sourit, la laissant prendre la note et se lève, la suivant tandis qu’elle l’entraîne vers la porte. Il aurait arrangé ses cheveux qu’il avait osé, mais il avait peur de mal faire, si bien qu’il se contente de la regarder en silence, tendrement, amoureusement, profitant de ces moments, ces quelques secondes supplémentaires où il peut la voir. Il se penche vers elle pour l’embrasser, fermant les yeux au contact de ses lèvres contre les siennes. Presque un baiser d’adieu, songe-t-il pendant un bref instant avant de chasser la pensée qui a effleuré son esprit. Ce n’est pas un adieu. Puis il y a ces mots, murmurés pour lui seul à son oreille dans un souffle trop court, trop léger, déjà envolé. Il la regarde, ému, fort touché par ces quelques paroles et tout ce qu’elles représentent. Bien plus encore que les simples mots… Cette douceur chaleur qui l’envahi, ce pur bonheur lorsqu’il l’entend confier ainsi ses sentiments… Elle connait trop bien comment raviver l’amour qu’il éprouve pour elle malgré la distance qui les séparent parfois à cause de son travail. Plongeant son regard dans le sien, et vient chercher à l’embrasser une autre fois avant de reculer d’un pas et d’inspirer profondément. Quand la porte s’ouvre, il est déjà en train de se passer une main dans les cheveux avec une certaine désinvolture comme il le faisait parfois. Ni vues ni connues, les boucles rebelles provoquées par les doigts agiles de sa duchesse. Il ne reste que le sourire calme du comte accompagnant la duchesse dans les rues du palais pour aller rendre visite, un bref instant, à sa nièce. Le trajet lui semble interminable à cause de son état, et pourtant si court. Cette solitude accompagnée de la présence de Jehanne lui fait du bien, malgré la fatigue, malgré la douleur et cette démarche raide encore de sa chute de la veille.

Il laissa Jehanne entrer d’abord dans la chambre de Bertille, ne suivant qu’au bout de quelques secondes histoire de s’assurer que la petite serait dans une tenue décente pour son entrée. Jehanne lui aurait fait signe d’attendre sinon, il en est persuadé. La dernière chose qu’il veut, c’est de rendre ces dames mal à l’aise par sa présence inopportune. Entrant, donc, il observe la scène avec un petit sourire aux lèvres. Sa fille. Sa nièce, se corrige-t-il aussitôt. Qu’il est bon de la voir ! Et quelle surprise que celle de la voir se lancer sur lui à une vitesse telle qu’il n’a pas le temps de s’accroupir pour l’accueillir dans ses bras dans son état, et il passe une main sur les épaules de la petite en se penchant pour l’étreindre, puis viendra la prendre pas les épaules pour l’éloigner d’un pas.

- Laisses-moi donc te voir un peu !

Il s’accroupit, la regardant un instant avant de rire.

- Et te faire un vrai câlin. Viens-là.

Un geste, une attitude si familière. Mais il a toujours été ainsi avec sa nièce. Et avec bon nombre d’enfants d’ailleurs, ce n’est pas comme si Bertille avait un traitement spécial de la part du prince. Et ainsi installé, il la prend dans ses bras pour vrai, brièvement, libérant ensuite la petite qu’il observe, amusé et tendre à la fois, mais réservé aussi, Jehanne remarquera. Enfin, réservé n’est pas forcément le terme qu’un étranger utiliserait pour décrire son attitude. Mais aux yeux de Jehanne qui sait à quel point Bertin aime leur fille, cette distance qu’il impose entre ses sentiments et ce qu’il se permet de montrer pourrait apparaître comme une réelle réserve.

- Tu es presque prête pour la cérémonie je vois ! Est-ce une robe neuve ? Je ne me souviens pas de t’avoir vue la porter ? Tu es jolie comme tout dedans !

Il a un grand sourire pour elle, puis se lève, une main sur son épaule, s’adressant à la servante qui l’aidait à leur arrivée.

- Pourriez-vous aider la princesse à finir de se préparer, puis nous laisser quelques instants ? J’aimerais échanger quelques mots avec elle avant la cérémonie.








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyDim 7 Jan - 13:47

Jehanne aurait voulu choisir une autre vie, et peut-être aurait-elle pu, si elle avait réfléchi quelque peu. Si elle avait fermé sa porte, ce fameux soir. Si le duc n'était jamais entré dans ses draps. Elle aurait voulu rencontrer Bertin de son plein gré, lui offrir devant tous son amour, ne pas avoir à rester dans l'ombre d'un bureau pour enfin l'aimer, dans le silence d'une chambre à la porte close pour l'embrasser. Elle aurait voulu porter Bertille avec la certitude de pouvoir lui présenter son père sans avoir à lui mentir. Elle aurait voulu tant de choses, le guider par la main dans ces jardins qui lui étaient si chers, s'afficher à son bras, le découvrir encore et encore. A défaut de la lumière de ces idées, elle se contentait de leur ombre. C'était mieux que rien.
Pourtant, oh, combien cela la pesait de ne pouvoir se blottir contre lui quand elle le voulait, seulement effleurer sa peau quand elle marchait le long d'un couloir ! C'était douloureux, presque. Elle pensait qu'en presque dix ans, cette sensation se serait atténuée, mais non elle était toujours aussi insupportable.

L'élan de Bertille, et sa joie, alors qu'ils se signalaient à sa présence, lui firent chaud au coeur...Et la réaction de Bertin encore plus. Elle s'en voulait de mettre à rude épreuve son corps encore fourbu par la lourde chute qu'il avait subie - chute qu'il devait encore lui raconter, par ailleurs. Elle n'en avait eu que des échos -, mais pour une scène aussi charmante, il pouvait souffrir juste un peu.
Bertille restait obstinément accrochée à lui, souriant de bonheur alors que son père la serrait contre elle. Son père. Son oncle. Qui savait encore ?
"Vous nous avez manqué ! Beaucoup ! " Elle le serrait aussi fort qu'elle le pouvait, avant de croiser le regard de sa mère, juste un instant. La prise se fit moins autoritaire. "Pardon. Je voulais pas vous faire mal." s'excusa-t-elle. Elle avait appris depuis le temps à comprendre la duchesse.
Avec un grand sourire, elle tourbillonna sur elle même. "Quand je vais vite, le tissu fait comme des vagues, s'enthousiasma-t-elle. On l'a choisie tout spécialement pour ça." Innocente, encore. insouciante des dangers qui rôdaient au dehors, pensant que leur sécurité était, de toute manière, assurée par le plus doué des Chevaucheurs.

Jehanne pencha la tête, un réel sourire attendri fleurissant sur ses lèvres. Elle savait que la servante, juste là, rapportait indirectement à Bartholomé le moindre des faits et gestes de sa fille et de sa femme, pour peu qu'ils sortent de l'ordinaire. C'était pourquoi elle prenait soin de rester focalisée sur sa fille, pas sur le tableau en son ensemble, véritable raison.
Bertille s'éloigna à regret de Bertin, retournant achever de fixer le noeud de sa taille qui, déjà, bringuebalait dans tous les sens à ses pas, puis enfiler les petites bottines qui reposaient encore à côté de son siège. Ceci étant fait, et toujours couvée par le regard affectueux de sa mère, elle attrapa la poupée que Bertin lui avait envoyé depuis Lagrance.
Le geste, discret, de la duchesse à l'encontre de la servante fut équivoque, empreint de cette dignité qu'elle n'était même pas sûre de posséder, et sur deux courbettes celle-ci disparut.

"Je l'ai appelée Béatrice ! C'est ma nouvelle petite soeur, mais mon papa... Père, il aime pas trop le prénom." La petite fille pencha la tête, retournant quémander l'affection de son oncle. Je voudrais qu'elle sache. C'était impossible.
Au moins n'avait-elle pas hérité du mutisme de sa génitrice. "Vous êtes parti longtemps. Elle va bien votre dragon ? Je pourrais la voir un jour ? Moi aussi je veux monter sur un  dragon et défendre tout Ansemer quand je serai grande. "



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyMar 9 Jan - 17:15

Ils pouvaient tous les deux songer à ce que l’avenir aurait pu être si tout avait été différent. Peut-être auraient-ils en effet fini par se rencontrer et s’épouser, comme dans cette autre réalité dont il se souvenait trop bien. Mais ça n’avait pas été le cas, si bien qu’il fallait jouer la comédie dès qu’ils n’étaient pas rien qu’eux deux. C’était difficile. Surtout après une longue absence comme celle-là, peuplée d’inquiétudes beaucoup trop nombreuses pour qu’on veuille y penser de soi-même, mais qui finissent par vous tordre les organes de peur.

La présence de Bertille fini complètement de le rassurer à son sujet. La voir ainsi, en pleine santé, et heureuse en prime… Cette présence contre lui, cette étreinte si forte qu’elle éveille un peu sa douleur qu’il repousse pour serrer la petite contre lui. Elle a dû s’inquiéter la pauvre. On ne peut pas lui reprocher de lui faire un câlin de retour, tout de même.

- Tu m’as manquée aussi, dit-il en souriant avant de nier doucement la tête. Ne t’inquiète pas, je suis un Chevaucheur ! Il m’en faut plus pour me faire du mal ! 

Ouais bon. Il ne va pas l’inquiéter outre mesure. Qu’elle pense qu’il est fort et les protège, si ça peut rassurer son âme innocente. Que le sommeil lui vienne facilement avec cette idée, ce sentiment d’être protégée. Cela faisait un souci de moins pour lui et pour sa mère… Il observe sa robe avec un sourire, hochant légèrement la tête.

- Je vois. C’est un très bon choix, surtout pour ce soir ! Tu seras magnifique auprès de tes parents.

Il se redresse lentement quand elle s’éloigne, l’observant un moment avant de se diriger vers la fenêtre et regarder dehors vers le ciel qui prenaient peu à peu les teintes annonçant l’aurore. Ils n’avaient plus beaucoup de temps avant que ses deux femmes ne doivent le quitter pour la cérémonie. Il a un petit soupir, ne se retournant vers Bertille qu’en entendant ses pas. Il se penche, souriant quand il voit la poupée qu’il a choisie grâce aux conseils de Rose. Il sait que la servante a quitté la pièce et il se permet de montrer son bonheur un peu plus qu’il l’aurait fait avec elle. S’accroupissant à nouveau pour être à la hauteur de la petite, il l’écoute lui parler de la poupée.

- Béatrice, c’est un joli nom, pourtant. Tu devras écrire à la princesse Rose pour la remercier. C’est elle qui m’a donné l’idée de te l’offrir quand je l’ai vue en novembre. Hmm ?

Il évite de regarder Jehanne de peur de trop trahir devant la petite qui commençait à être assez vieille pour comprendre ce genre de chose, en surface certes, mais le danger était trop grand pour le risquer, si bien qu’il concentre son attention sur la petite pour les quelques instants qu’il a avec elle.

- Je suis parti aussi longtemps que mes ordres me l’ordonnaient. Si tu veux être chevaucheuse un jour, il faudra que tu sois prête à partir quand on te l’ordonne, et à ne rentrer que quand tu en as la permission, même si ta famille te manque beaucoup.

Il sourit ensuite.

- Je demanderai à Ambroisie si elle veut bien te laisser l’approcher. Elle est partie voler là, mais elle reviendra me voir quand je devrai partir en patrouille, je suis convaincu qu’elle te laissera au moins l’observer.

De loin, pour sûr. De près, il allait devoir voir. Ambroisie n’était pas du genre à attaquer tous ceux qui passaient près d’elle – c’était du travail et s’ils ne représentaient aucun risque, pourquoi s’y forcer – mais ce n’était tout de même pas une raison pour laisser la petite courir vers elle avec excitation. Il y a tout de même des règles à respecter.








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyMer 10 Jan - 12:41

Ils étaient adorables. Juste adorables. Jehanne sentit son coeur se serrer. Elle les voulait, ensemble, à ses côtés pour toujours ! Elle voulait qu'ils sachent, que leur famille ne soit plus un mensonge avec un oncle prenant la place du père. Elle voulait que Bertille, qui aimait également le Chevaucheur et son frère sans distinction, soit heureuse et sache enfin. C'était beau, l'espoir. Mais pour l'heure, bien à l'abri entre les murs du palais de Port-Liberté, protégés comme ils le pouvaient, elle ne devait pas le faire. Ce serait s'assurer une mort certaine, ou tout du moins la certitude de voir Bertille lui être enlevée, le poste de Bertin compromis et pour elle...
Pour elle, elle ne préférait pas imaginer ce qu'il adviendrait. Alors elle continuerait à mentir, comme elle l'avait toujours si bien fait, en priant pour que personne ne s'en aperçoive, jusqu'à ce que les mots dans son silence soient clairs pour tous. Qu'elle puisse se mettre à l'abri. Son silence était une force.
Sa seule et réelle force, à la passive Jehanne. Elle n'était pas bénie d'Aura comme l'était son amant, elle n'avait pas le talent de l'élocution de Geneviève - amie honnie, elle n'avait même pas la force de faire changer les choses par elle-même. Elle n'avait que son silence.
Et l'inaction.

Doucement, elle alla pour s'asseoir dans un fauteuil, près d'une fenêtre aux rideaux bleus clairs qui se teintaient d'or fade dans la lueur du soleil couchant. La scène qui se déroulait devant ses yeux était, somme toute, bien charmante, bien qu'au fond de son coeur elle s'inquiétât de voir Bertin s'agiter dans tous les sens. Et si sa chute lui avait fait plus de mal qu'il n'osait l'affirmer ?
Bertille, indifférente à tout ça, l'écoutait avec une attention digne des leçons les plus importantes. Elle avait rosi légèrement et souri alors qu'il complimentait sa robe, heureuse qu'on lui reconnaisse du goût. Elle était la plus mignonne, de toute manière.
"Oui, je vais lui écrire demain ! Je l'aime bien, la princesse Rose. " Hochement de tête. "Et elle choisit bien les jolies poupées. Vous croyez que je dois lui en envoyer une aussi ? "

Devant les remarques de son oncle, elle hocha la tête, l'air déterminé. Sa mère les observait, les mains délicatement croisées sur le devant de sa robe. Adorable enfant qui ne réaliserait sans doute jamais ses rêves, en tant qu'héritière d'un duché. Même si elle développait une forme de magie, et partait étudier, elle ne pourrait pas. Jamais.
Mais on ne brisait pas des rêves quand on n'était pas capable de parler.
"Voui. Je suis très obéissante ! Même si des fois... Père," se corrigea-t-elle d'elle-même. Enseignement tout récent. " me manque. Je le vois plus trop souvent. Il était beaucoup occupé. Mais je l'ai pas dérangé ! "

A la nouvelle, elle battit des mains, excitée. "Oh oui ! S'il vous plaît ! Même si je m'approche pas... Elle est gentille, je suis sûre. " Soudain prise d'un grand doute, elle tourna la tête vers sa mère, la penchant légèrement. "Je peux ? Merci ! " Elle avait détecté le faible mouvement de la tête, le sourire un peu plus grand peut-être.
"Est-ce que vous venez ce soir ? Ca sera joli. Comme l'année dernière. J'aime bien les célébrations, j'espère que les Dieux aussi ils les aiment bien... Et puis il faut montrer à Béatrice." La petite princesse hocha la tête. "Je veux plein de petites soeurs et de petits frères pour leur montrer les étoiles en décembre, et les bateaux qui partent et reviennent, tout le temps... Et leur raconter plein d'histoires sur Ansemer. "



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptySam 13 Jan - 17:27

Bertin sourit à la question de sa… nièce. Devrait-elle encore quelque chose à Rose ? Il nie doucement de la tête.

- Je ne crois pas, non. Elle m’a donné des suggestions, mais c’est moi qui ait fouillé la ville pour trouver la poupée parfaite pour notre princesse. Il fallait que tu saches que je pense à vous. Mais un petit mot pour la remercier et lui dire que tu aimes beaucoup ta poupée lui ferait plaisir.

La voir prendre ses enseignements improvisés autant au sérieux lui fait un brin bizarre, mais bien plaisir. La petite est un amour. Et oui, mieux vaut pour le moment la laisser rêver un peu. Peut-être héritera-t-elle de l’esprit indépendant et presque rebelle de son père, son vrai père, et que cela la poussera à faire ce à quoi on ne s’attendrait pas d’elle. Peut-être… Même si ce serait encore plus risqué. Il n’oserait pas l’encourager dans une telle voie, d’ailleurs. Mais il est trop tôt pour chercher à la décourager, tout de même.

Entendre que son père lui manque éveille deux douleurs sourdes chez lui. Déjà celle causée par le fait qu’elle appelle Bartholomé père qui, même s’il est parvenu à en atténuer la force au fil des ans. C’était une chose de se faire appeler « oncle » par sa fille. Une autre d’entendre son frère être appelé père. La seconde douleur remontait à sa propre enfance. Il se souvient trop bien n’avoir presque jamais vue sa mère qui était bien trop occupée pour pouvoir s’occuper d’eux. Il a un petit soupir en souriant, mais son sourire a tout de même une petite teinte de tristesse.

- Je peux comprendre. Le travail de duc demande beaucoup de temps, tu fais bien de ne pas le déranger quand il travaille. Je sais que c’est difficile, mais il le faut.

La voir si heureuse à l’idée de voir Ambroisie lui fait plaisir. La petite vit dans une ville survolée régulièrement par les dragons, et sa curiosité est légitime. Il n’y a pas de raison pour qu’elle ne puisse pas observer Ambroisie de loin. Et même s’approcher, il en est à peu près certain, tant qu’il est avec elle.

- Elle est gentille oui, mais seulement si on la respecte. Les dragons sont des créatures puissantes et fières. Il ne faut jamais l’oublier. Pour le moment elle m’en veut un peu, mais quand nous nous serons réconciliés je te la présenterai.

« Un peu ? Tu es un idiot ! »
« Je ne me souviens pas que tu m’ais forcé à m’arrêter en te posant contre ma volonté, Ambroisie. Cesse, je t’en prie. J’ai eu ma leçon. »
« Je n’y crois pas. »

Et elle se tait comme elle a brisé le silence dans l’esprit de Bertin. Il soupire légèrement. Il a perdu le fil de la conversation avec Bertille mais il l’écoute à présent, hochant légèrement la tête.

- Plein de frères et sœurs, rien que ça ?

Il a un petit rire.

- Je ne sais pas si ce sera possible… Mais tu pourras toujours partager tes histoires avec les enfants de nos visiteurs. Et avec moi. Je serais curieux de les entendre quand nous aurons davantage de temps.

Il soupire, se redressant en grimaçant légèrement, son corps protestant sur sa position, et il inspire lentement avant de pousser un nouveau soupir tandis qu’il tente d’étirer ses muscles noués.

- Je pense qu’il vaut mieux que j’aille me reposer… Je te verrai plus tard Bertille, d’accord ?

La fatigue le gagne soudain. Il sait qu’il devra s’occuper pour ne pas s’endormir en attendant la fin de la cérémonie. Ou peut-être rejoindra-t-il les ramparts pour s’y endormir et donner une bonne raison à Jehanne de venir le retrouver pour le pousser à rentrer… La détente a chassé le stress des derniers jours, calmé l’angoisse et d’un coup il sent qu’il pourra enfin se reposer….








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyJeu 18 Jan - 15:50

La scène, même vue de loin, était définitivement des plus touchantes. Jehanne n'aurait même pas eu les mots - si elle s'était décidée à parler - pour exprimer combien celle-ci la touchait... Et la détruisait en même temps. Car elle savait que Bertin, un jour, pourrait bien décider de ne plus tenir, face à cette fille qui l'appelait oncle. Elle savait que le Chevaucheur qu'elle connaissait par coeur et sur le bout des doigts pourrait un jour commettre un impair. Ce ne serait rien, peut-être personne ne s'en rendrait compte. Mais tout comme la duchesse, ils étaient faillibles. Il suffirait d'une absence suspicieuse, d'un mot d'inattention.
Elle savait qu'un jour la vérité en viendrait à être révélée. Et que Bertille en souffrirait peut-être. Elle avait une véritable tendresse pour celui qu'elle nommait père, quelque chose d'instinctif, d'humain, enfantin.  Et lui mentir, peut-être, fendait quelque peu le coeur de la mère, là où la duchesse n'y aurait aucun scrupule.

"Vous l'avez mise en colère ? " interrogea la petite quant à sa remarque. Sa mère ne put s'empêcher de lever un sourcil, une ébauche de sourire malicieux sur les lèvres. On se demande bien pourquoi celle-ci t'en veut. Je l'approuve sur ce point-là, tu as été plus que stupide. Même si je suis heureuse que tu sois à nouveau parmi nous.
Tout ce qu'un regard de Jehanne pouvait dire...

"Pourquoi ça ne serait pas possible ? " elle pencha la tête, en réfléchissant. "Parce que mère et père ne se parlent plus trop ? Mais un jour, ça sera possible que j'en ai un. Ou une. Ou ... " elle réfléchit à un chiffre. "Ou sept. " D'un air décidé, elle hocha la tête, convaincue que si elle le demandait, sa mère allait soudainement accoucher de sept petits bébés. "Oui, sept. "
Jehanne, visiblement, était loin d'être d'accord au vu de l'air légèrement angoissé de ses traits. Sept, ça faisait bien beaucoup tout de même.

Tout avait une fin. Absolument tout, et Jehanne voyait bien que dans la posture et les gestes de Bertin, il y avait toute sa douleur et les conséquences de sa chute. Elle n'avait pas eu le droit à des détails, se contentant d'écouter ce qu'il se disait. Mais une chute restait une chute. Des fois, elle en venait à se haïr de s'être éprise d'un être qui pouvait si rapidement lui être arraché, de sentir son coeur s'arrêter à chaque fois qu'elle entendait des nouvelles du front, de se réveiller en sueur à penser qu'il pourrait trop rapidement disparaître sans lui revenir.
"D'accord. Mais vous ne repartez pas trop loin sur votre dragon tout de suite. Sinon je serai triste. " Après un ultime câlin, Bertille se tourna vers sa mère qui s'était levée, prête à le raccompagner. Il ne faudrait pas que tu t'évanouisses sur le chemin.
Elle le raccompagnerait s'il jugeait cela utile, juste pour profiter un peu d'elle pendant quelques pas. Déjà, ils devaient se séparer, sachant qu'ils n'auraient, dans tout le séjour à Port-Liberté du Chevaucheur, que des entrevues secrètes bien trop rares.
La nuit devenait trop dangereuse, pour eux.



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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptySam 20 Jan - 7:39

Il ne peut s’empêcher de rire à sa vision enfantine de la situation avec Ambroisie. Enfin, ce n’est pas comme s’il comptait lui donner des détails à ce sujet quand même.

- Si on veut, oui. Enfin, nous avons un petit différent, mais nous le réglerons, comme toujours. Ambroisie et moi sommes très proches tu sais, alors on a forcément des tensions parfois.

Il ne peut s’empêcher de rire quand elle annonce qu’elle veut sept petits frères et sœurs. Un coup d’œil à Jehanne ne peut que confirmer son propre sentiment. C’est trop, un nombre presque effrayant en fait, même s’il est d’avis qu’un ou deux de plus – si leurs circonstances étaient meilleures – pourraient être agréable. Il ne peut bien sûr pas en parler à la petite cependant, si bien qu’il nie simplement de la tête en riant.

- Je pense que cela risque d’être difficile pour plusieurs raisons, mais celle-là est la plus importante oui. Surtout sept. Ça tiendrait ta maman tellement occupée qu’elle n’aurait plus beaucoup de temps pour toi, ce serait triste non ?

D’énergie aussi, tant pour les grossesses que le reste. Mais la petite est trop jeune pour lui donner les détails.

- Tu ne veux pas partager tes histoires avec moi, c’est ça ? demande-t-il enfin pour la taquiner en souriant. Je parie que tu connais des histoires que je ne connais pas !

Il serre la petite contre lui après d’une main, souriant légèrement.

- Je suis ici pour quelques jours au moins. Et je ne repartirai pas aussi longtemps avant plusieurs semaines. Mais si on m’envoie en mission je dois le faire, n’est-ce pas ? C’est mon travail de chevaucheur ! Mais promis, je trouverai du temps pour jouer un peu avec toi, d’accord ?

Et ces moments seront plus heureux que les heures passer à travailler sur des tâches administratives quelconques, tant à la caserne qu’ici au palais. Mais ça, il ne l’avouera pas tout haut. Tourné vers Jehanne, il lui sourit alors qu’elle se prépare à le raccompagner. Un dernier regard pour Bertille, puis un tranquille « Sois sage, hmm ? », et le voilà qui se dirige d’un pas raide vers la porte. Il fait un effort pour ne rien montrer à la petite bien sûr, tâchant de marcher aussi normalement que possible jusqu’à ce qu’il soit ressorti de sa chambre et se soit éloigné quelques peu dans le couloir, le tout en compagnie de Jehanne si elle l’a suivi. Il lui sourit calmement, laissant le silence s’installer de peur de dire ce qu’il ne faudrait pas et d’être surpris. Au bout du couloir, il se tourne vers Jehanne.

- Je ne voudrais pas vous mettre en retard, ma Dame. Je vais me retirer pour me reposer quelques peu si cela ne vous importune pas. Je commettrai la folie de me laisser aller à la magie des étoiles lorsque la nuit sera tombée. Un peu de tranquillité me fera du bien après ces derniers mois.

Il semble inconfortable physiquement, mais pas sur le point de s’évanouir. Il a simplement besoin de repos. Sa pauvre jambe lui en veut, et s’asseoir un peu devant le feu avant de trouver un endroit isolé pour observer les étoiles avec elle lui semble être un véritable luxe. La pensée le fait sourire.

- J’espère qu’on aura bien allumé le feu dans ma cheminée. Il me tarde de profiter d’une bonne nuit au chaud, chez moi.








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Message Sujet: Re: À nos rêves, à nos étoiles   À nos rêves, à nos étoiles EmptyVen 26 Jan - 21:17

La petite fille sembla heureuse. Il ne fallait pas rester fâché pendant trop longtemps avec un dragon, c'était triste, pouvait deviner Jehanne rien qu'en la regardant. Elle était devenue maître dans l'art de comprendre le non-dit. Et de l'utiliser, quelquefois.

"Mais pas sept en même temps ! " raisonna la jeune en secouant la tête, ses cheveux voletant un peu autour d'elle. Encore une fois, sa mère fut touchée par la ressemblance juste physique qu'elle avait avec son père. Jusque dans ses gestes, sa posture.
"Mais vous avez raison. Je serai triste si elle ne venait plus s'occuper de moi. Alors juste quatre ! "
Quatre semblait plus probable. Mais tout de même... Jehanne avait passé plusieurs années à se fournir où elle le pouvait en divers filtres pour éviter d'autres grossesses : Bartholomé ne fréquentait sa couche que pour se donner bonne figure et bonne conscience, et elle ne voulait pas avoir à se forcer à glisser dans sa chambre pour cacher une grossesse.
Car il était à peu près certain que tous ses enfants auraient le même père.


"Si vous revenez pour jouer, je vous raconterai toutes les histoires que je connais. On m'en a lues aussi, des histoires dans les livres que maman a ramené de Lagrance... Un jour j'irai voir sa maison. " La petite haussa les épaules, avec un sourire.
"Un jour ! Et vous viendrez aussi, promis ? " Elle le suppliait avec des étoiles dans les yeux, pour un voyage qui n'aurait sans doute jamais lieu.
Lorsqu'il s'éloigna, elle lui fit un petit sourire avant d'agiter la main, après une révérence enjouée. C'était un geste qu'elle avait perfectionné au fil du temps, et qu'elle appréciait. Jehanne s'inclina un peu pour lui rendre son salut, avant de quitter la pièce, les yeux remplis de tendresse.

Elle ne savait pas encore, la duchesse, que les jours à venir allaient être peu propices à des rencontres. Elle ne pouvait qu'espérer qu'avant que ses obligations de Chevaucheur ne le reprennent, il passe un peu de temps auprès d'elle. Même rien. Même juste passer quelques heures, seuls, à la limite du sommeil. Sentir sa présence, même sans entendre sa voix. Elle se raccrochait à lui pour ne pas sombrer, elle qui n'avait pas la force de se sortir toute seule de ce palais maudit.  
A ce soir. Ses yeux lui criaient-ils, pleins d'une tendresse inavouée. Il était trop tôt. Des gens pouvaient les voir. Et alors, lui criait son romantisme inavoué que son coeur exacerbait, et alors ? Qu'ils sachent, qu'ils sachent ! Mais non. Son corps s'éloigna, sa tête se courbant légèrement. Entre eux, la distance était désormais protocolaire, presque froide. En espérant que vous puissiez trouver le repos, même temporairement.
Elle n'osa pas croiser son regard, alors qu'elle s'éloignait quelque peu, de peur de se perdre. Sujette à des élans de plus en plus affectifs envers lui, la blonde duchesse ne savait pas comment elle pourrait réagir. C'était long, douze ans, à l'aimer sans pouvoir le clamer.
Mais ils continueraient. Pour eux, pour Bertille, jusqu'à ce qu'un jour ils soient libres d'être eux au grand jour.



Tomorrow's been slipping away and nothing remains.




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