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 Ceux qui rêvent

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Rhapsodie Épi-d'Or
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Message Sujet: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyMer 17 Jan - 19:33


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Abigaïl l'Embrasée & Rhapsodie Epi-d'Or

Ceux qui rêvent

Ils ont bien de la chance, les autres ont des insomnies



• Date : 12 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait froid, mais il n'y a pas de nuages.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Suite aux événements du Jour des Anciens, Rhapsodie invite Abigaïl chez elle à boire le thé, pour qu'elles puissent discuter de ce qu'il s'est passé, et éventuellement l'interroger sur sa place dans la Rose Ecarlate.
• Recensement :
Code:
• [b]12 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3252-ceux-qui-revent]Ceux qui rêvent[/url] - [i]Abigaïl l'Embrasée & Rhapsodie Epi-d'Or[/i]
Suite aux événements du Jour des Anciens, Rhapsodie invite Abigaïl chez elle à boire le thé, pour qu'elles puissent discuter de ce qu'il s'est passé, et éventuellement l'interroger sur sa place dans la Rose Ecarlate.





Comme on voit sur la branche, au mois de Mai, la Rose...


Dernière édition par Rhapsodie Épi-d'Or le Mer 17 Jan - 19:41, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyMer 17 Jan - 19:35

Six mois.
Six mois, qu’elle l’a appelée à son secours, pour qu’elle vienne la délivrer de sa souffrance. Qu’elle lui a tout dit, tout dévoilé, tout raconté de son drame. Six mois qu’elle s’est occupée de lui, de son cas, qu’elle s’est assurée qu’il ne lui fera plus rien, ni à elle, ni à personne. Peut-être une bien faible peine en comparaison avec ce qu’il lui a infligé. Avec cette honte, ce sentiment d’avoir été salie, d’être indésirable, de ne pas valoir mieux qu’un objet, une poupée que l’on manipule pour son bon plaisir. Et cette blessure si profonde, qui si elle a l’air pansée à première vue, ne se refermera sans doute jamais tout à fait. Elle sourit à nouveau, Rhapsodie. Elle a appris à respirer, à rire, à vivre à nouveau, depuis. Tout n’est pas fini, encore. Dans ses moments de solitude ou d’ennui, pendant ses insomnies ou alors à des moments inattendus, un souvenir fugace remonte, se fiche dans sa gorge, son regard se fige, et seule la vigilance de Noisette et son souci de la détourner de ses pensées qui s’assombrissent lui permet de ne plus penser. Mais aujourd’hui, elle ne peut pas s’empêcher de raviver les souvenirs. Il y a six mois, comme aujourd’hui, elle attendait son amie dans la même pièce.

Pourtant, tout n’est pas identique. Aujourd’hui, elle est entièrement habillée d’une robe orangée, coiffée d’un chignon travaillé et maquillée. Poupée cristalline, sans rapport aucun avec la poupée de chiffon qu’elle était il y a six mois. Mais l’environnement aussi a changé. Les meubles ont été déplacés, retournés, toutes les pièces organisées différemment. A avoir passé autant de temps seule dans sa maison, elle n’en supportait plus le décor, qui lui rappelait trop ses journées emplies de doutes et de chagrin. Alors, sans déménager ni revendre tous ses meubles, elle en a changé l’organisation, et a réussi à insuffler un autre esprit à son chez-elle, et qui lui va bien mieux.

Elle ne peut s’empêcher de faire le lien entre ce jour où elle s’est effondrée en pleurs dans les bras de son rayon de soleil et aujourd’hui, alors qu’elle l’attend à nouveau. Pourtant, l’ambiance est différente. Aujourd’hui, elle ne l’appelle pas à l’aide. Elle veut juste discuter un peu, des récents événements.

Réprimant un bâillement, elle se laisse tomber sur le petit fauteuil de son salon, épuisée. Voilà près de deux semaines qu’elle n’a pas bien dormi, l’esprit accaparé par ce qu’elle a vécu lors du Jour des Anciens. La soirée commençait bien, pourtant. Elle a même rencontré le prince de Faërie. Et puis, il y a eu une avalanche de choses plus ou moins mauvaises, folles et étranges. Melbren. Les créatures effrayantes. Le passage secret maudit. Puis les chiens. La Chasse Sauvage. Et la Rose. Et Abigaïl. Surtout Abigaïl, en fin de compte. Elle lui avait caché son rôle au sein de l’organisation millénaire. Elle ne lui en veut pas, loin de là, d’avoir gardé le secret. Elle avait ses raisons, sûrement. Quelque chose que la jolie Compagne ne pourrait comprendre, sans doute, elle qui n’a jamais vécu de tel. Qui serait-elle pour juger quelque chose qu’elle ne connaît pas et qu’elle n’a jamais vécu ?

En tout cas, aujourd’hui, elle est curieuse de savoir, et elle a besoin de son amie pour parler de tout cela. Pour essayer de comprendre certaines choses, aussi. Et pour se rassurer au sujet de la Chasse Sauvage, aussi, dont Rhapsodie ne connaît pas vraiment les conséquences. Elle n’a pas attendu longtemps pour l’inviter chez elle boire un thé et discuter un peu, alors qu’elles ne se voient plus tant que cela à cause de la guerre. Mais la trêve vient d’être déclarée, et elle est rentrée à la Volte. Pour l’occasion, elle a préparé des biscuits et sorti une boite de thés offerte par un client sans doute un peu amoureux, une fois, et qu’elle affectionne particulièrement pour leurs vertus singulières. Et elle est tellement fatiguée, incapable de fermer l’œil de la nuit, enchaînant les insomnies, que celui qui soigne de la fatigue et du mal de crâne sera le bienvenu. S’étirant doucement, elle se laisse retomber sur le fauteuil. Peut-être a-t-elle le temps, avant qu’Abigaïl n’arrive, d’essayer de faire une petite sieste ?




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyJeu 18 Jan - 22:56

La dernière fois qu'elle s'est retrouvée devant cette porte, c'était pour y trouver une Rhapsodie brisée par un monstre. Elle y était entrée sans soucis. Pourtant, aujourd'hui, alors que le ciel est découvert et qu'un soleil brille de tout son éclat, Abigaïl hésite à y pénétrer. Ce n'est pas qu'elle a peur de voir sa meilleure amie ou qu'elle ne veut pas la voir, mais elle appréhende, la Chevaucheuse. Elle appréhende cette rencontre qui fait suite aux événements de l'Académie. Depuis cet instant, elle a ramené les survivants, a participé à la sauvegarde des autres, a dû gérer la fin de la guerre pour quelques mois, de nouvelles attributions, bref, beaucoup de changements qui lui ont occupé l'esprit et empêché de vraiment se poser sur tout ce qu'il s'est passé. Mais maintenant que les choses sont posées et qu'elle se retrouve devant cette porte, Abi redoute un peu. Elle sait que Rhapsodie va vouloir en discuter. Elle sait qu'elle ne va pas supporter de lui cacher plus longtemps les derniers événements. Elle devra répondre à des questions et revenir sur des moments auxquels elle n'a pas envie de se concentrer sur le moment. Ces derniers jours, la Chevaucheuse a fait en sorte d'occulter les pensées les plus dérangeantes de son esprit. Surtout tout ce qui touche de près ou de loin à la Rose. Et là, tout commence déjà à remonter. Elle a même fait le voyage a pied, et a demandé à Royale et Titou de demeurer loin de ses pensées mouvementées. Elle sent toujours leurs présences mais au moins peut-elle faire désencombrer son esprit de deux autres. Ils ont compris, ils se sont fait discrets.

La Chevaucheuse pousse un soupir. Quand il faut y aller, faut y aller et elle va y aller. Frapper à cette porte, sourire à Rhaps et tout lui dire. Parce que ça a été compliqué pour elle de lui cacher ce grand secret. Elle qui lui a toujours tout avoué. Même ce souvenir brumeux et traumatisant qu'elle a vécu dans cette auberge à la limite de la Ville Haute avec cette Cielsombroise vénéneuse. Elle lui a tout dévoilé cette nuit vaporeuse, Abi. Oui, elle a toujours tout confié à Rhaps. Sauf la Rose. La Rose, elle ne lui en a jamais rien dit. Elle n'en avait pas le droit. Il n'y avait pas qu'elle en jeu. Mais ce secret a toujours pesé lourd dans son cœur. Comme elle aurait aimé lui compter. Lui relater sa rencontre avec Astrée, les troubles qu'elle a eu avec l'Impératrice de Faërie, comment la Reine Noire a rattrapé le tir, sa mission au sein de l'Ordre et cette nuit... cette nuit qu'elle s'efforce d'oublier alors que chaque détails restent résolument gravés dans sa tête. Ces adieux déchirants, cette résignation presque insupportable et ce vide qui a suivi. Et encore... la Chevaucheuse est bien consciente d'être un tout jeune écrin. Elle se doute que, pour d'autres, ce vide a dû être une véritable torture. Astrée savait se faire discrète et si Abi savait qu'elle restait là, quelque part dans un coin à l'affût des événements, elle ne la sentait presque jamais. Une présence qu'elle regrette tout de même. Et une disparition qui l'a beaucoup ébranlé.

Abigaïl pousse un deuxième soupir. Elle ne va pas rester ici, face à cette porte, indéfiniment. Jamais elle n'a hésité à y entrer. À l'Académie, c'était même récurrent qu'elle y pénètre sans frapper. Habitude qu'elle s'efforce de perdre ici sachant que Rhaps peut être occupée. Et aujourd'hui, alors même qu'elle l'a invité, la Chevaucheuse lève le bras pour frapper à sa porte. Elle sait qu'elle ne peut pas fuir éternellement et que la libération de cette Chasse et les révélations qu'elle a reçu sont trop importantes pour qu'elle y fasse fi. Sans attendre de réponse, la rouquine pénètre dans la pièce. Pièce qu'elle ne reconnaît presque pas. Elle est revenue voir Rhaps quelques fois et a pu voir qu'elle commençait quelques aménagements. Elle lui en a même parlé. Mais la Chevaucheuse n'a pas pu contempler les finalités de ces grands travaux. Elle sourit largement, hochant la tête d'un air approbateur. Elle comprend ce besoin de Rhaps. Ça reste toujours aussi chaleureux, et toujours aussi... Rhapsodie. Mais c'est différent. Positivement différent. C'est chez elle mais c'est devenu un autre chez elle. Abigaïl s'approche de son amie, la serre rapidement dans ses bras et lui tapote les cheveux. Elle va défaire sa jolie coiffure et froisser sa belle robe mais elle s'en moque. Elle est juste heureuse et satisfaite de voir qu'elle s'est prise en main. Elle voit encore parfois l'ombre de ses cauchemars voiler ses yeux et sait qu'elle continue d'y penser. Mais au moins, elle pense aussi à d'autres choses. Des choses plus belles.

-C'est joli Rhaps. J'aime bien comme ça. Salut Noisette. Désolée, Titou est resté à la Caserne.

Inutile d'ajouter que tu n'as pas spécialement désiré qu'il vienne. De toute façon, il l'a bien compris et ne s'en est nullement vexé, conscient de ton état troublé.
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyLun 29 Jan - 18:52

Aux coups frappés à la porte, les yeux de Rhapsodie s’ouvrent subitement. Est-ce qu’elle a dormi, vraiment ? Non. Tu t’es assise il y a trois minutes. La Cibellane hausse une épaule, et se frotte les yeux pour essayer de se réveiller un peu, avant de se lever de son fauteuil. Elle a entendu le bruit de la porte qui s’ouvre, et en a déduit qu’Abigaïl n’a pas attendu qu’on vienne l’ouvrir pour entrer. Elle connaît le chemin, de toute façon. Et puis, elles ont toujours fait ça, l’une et l’autre, depuis l’Académie, alors qu’il leur arrivait de passer leurs soirées, voire leurs nuits ensemble. A force, elles ne frappaient même plus à la porte de l’autre. Elles n’en avaient pas besoin. Maintenant qu’elles ont grandi, elles frappent simplement pour la forme, et Abigaïl continue de rentrer chez elle comme si c’était sa propre maison. Ce n’est pas faux, dans un sens : elle sait que Rhapsodie l’accueillera toujours à bras ouvert, et que si elle le désire, elle peut même s’installer avec elle. Après tout, Rhapsodie gagne bien sa vie, elle a assez de place dans sa demeure pour y loger une personne de plus.
 
Elle accueille la rouquine avec un grand sourire, et l’étreint brièvement. Elle est heureuse de la revoir, après les récents événements, simplement parce que c’est son amie et qu’elle est bien à ses côtés. Elle tente d’échapper à sa main venue tapoter ses cheveux d’un léger mouvement de la tête, comme une enfant cherchant à fuir les marques d’affections d’une parente trop collante, sans succès. Sans s’en formaliser toutefois, elle lui répond d’un sourire mutin. Ce n’est pas ainsi qu’elle parviendra à défaire le joli ruban qui lui maintient son chignon en place. Elle se détache de son amie et lui prend les mains. Elle accueille son compliment sur la nouvelle décoration d’un petit geste de la tête. Elle est contente que ça lui plaise. Elle n’en était pas très certaine, ayant suivi surtout son inspiration et ses envies plutôt que de se préoccuper de ce qu’en verrait un œil extérieur. Enfin, si Abigaïl aime bien, c’est parfait.
 
Le petit écureuil, perché sur le dossier du divan, relève la tête vers la rouquine, avant de se relever pour s’étirer et d’étendre ses pensées jusqu’à la Chevaucheuse. Passe-lui le bonjour de ma part. Rhapsodie le sent un brin déçu. Tu le verras la prochaine fois. Je vais être obligé de vous écouter parler. Oh, ça va, il y a pire, comme punition. Elle sourit, amusée, avant de diriger doucement son amie vers le divan, de lâcher ses mains et de s’agenouiller près de la table basse pour saisir son petit carnet.
 
Je suis contente que tu aimes mon nouveau décor.
Tu vas bien ?
Tu veux boire quelque chose ? J’ai plein de thés différents, un peu… Spéciaux. J’ai autre chose, sinon, de plus banal.
 
Elle lui donne à lire le carnet, avant de lui glisser sous le nez la boîte aux mille thés particuliers, avant de se relever pour saisir dans un petit placard deux tasses pour les déposer devant elles.




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyMer 7 Fév - 23:15

Elle hoche la tête en souriant. C'est sûrement parce que Rhaps et elle sont si proches, que leur Familier s'entendent aussi bien. La Chevaucheuse en est ravie. De la complicité qui lie l'autre partie de leur âme. Abigaïl jette un rapide coup d'oeil à son carnet. Depuis le temps, elle n'a même plus besoin de déchiffrer l'écriture de Rhaps. C'est devenu un mécanisme, une habitude. Alors elle sourit, la Chevaucheuse, laissant même échapper un petit rire. Elle est heureuse de voir qu'elle va mieux. Ce n'est peut-être pas encore ça, mais elle va mieux. Ça suffit a combler un peu son cœur de joie. Pourtant avec la maladie et l'Académie... mais Rhaps est forte.

-Spéciaux ? Tu comptes me droguer ?

Elle fait semblant d'être offusquée, Abigaïl, limite apeurée. Enfin... au fond d'elle, le souvenir de cette nuit dans une taverne de Lorgol en compagnie d'une sale vipère cielsombroise. La jolie rousse ne peut s'empêcher de frissonner, ses traits prenant soudainement une attitude ferme, voire haineuse. Si jamais elle recroise la route de celle-là... elle va l'étriper. Elle va l'étriper ! Les Cielsombrois sont tous des êtres fourbes et manipulateurs, toujours prêts à voler des baisers à des innocents. Entre cette gueuse insolente et ce Castiel de Sombreflamme... il lui en fait une belle flamme, tient. Elle a entendu dire que cette Séverine est devenue duchesse de Bellifère. Tant mieux pour elle. Se retrouver coincée dans un duché où la femme est reléguée au tout dernier plan, rien ne pouvait mieux lui convenir.
La Chevaucheuse trésaille un coup, revenant à la réalité. Surtout ne pas repenser à toutes ces choses déplaisantes. Elle se trouve avec Rhapsodie, chez elle, prête à boire un thé et passer un bon moment. Loin des mauvais souvenirs et d'une nuit qu'elle préfère oublier et dont elle n'a jamais parlé à Rhapsodie. Sûrement à cause des choses que cela a éveillé en elle et qu'elle refuse catégoriquement de reconnaître.

-Montres-moi tes thés. Une boisson chaude me fera le plus grand bien.

Abigaïl s'installe confortablement, regardant encore le nouveau décor instauré par son amie. Réaménagement qu'elle ne manque pas d'approuver.

-Et toi tu vas comment Rhaps ?

Elle ne l'a pas revu depuis l'Académie, trop prise par les événements qui ont suivi. Il a fallu évacuer les deniers blessés, protéger les survivants de la Chasse, remettre un rapport à son Capitaine... surtout que ces histoires de la Rose ont été dévoilées au grand jour et qu'il a également fallu qu'elle fournisse quelques explications. La Trêve a certes été déclarée, mais Abigaïl n'a pas eu vraiment de repos depuis ce temps. Même cette rencontre avec Rhapsodie a été compliquée à mettre en avant. Elle a d'ailleurs été repoussé au moins trois fois. La Chevaucheuse est heureuse de voir qu'elle a pu enfin conserver cette date. Son amie lui manquait beaucoup trop. Et elle sait aussi que Rhapsodie a des questions. Des questions qui vont nécessiter des réponses qu'Abigaïl ne peut lui refuser. Leur relation a toujours été très intime. Et si Rhaps lui a confié ses secrets les plus sombres, Abi ne peut pas se résoudre à ne pas en faire autant. Elle le doit à Rhapsodie. Et elle se le doit à elle-même également.
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyJeu 22 Fév - 22:21

La jolie Cibellane tourne vivement la tête vers son amie, l’air indigné. La droguer ? Mais pour qui la prend-elle, enfin ? Elle a beau être désormais une fille de Mirta, elle n’est pour autant pas Cielsombroise, elle ne se drogue pas ni ne drogue les autres, et encore moins Abigaïl ! Elle n’a pas besoin de ce genre de choses. Elle se rend vite compte cependant qu’Abi se moque d’elle. Fronçant légèrement les sourcils, elle lui adresse un demi-sourire, à demi-sérieuse, alors qu’elle écrit dans son carnet quelques mots à sa destination.

Jamais de la vie. Ne crois jamais que je sois capable d’une chose pareille, je t’en prie.

Elle sait qu’elle plaisantait, mais elle ne peut pas ne pas lui rappeler qu’elle ne cherchera jamais à lui faire de mal, ni à elle, ni à personne. Elle n’en est pas capable, physiquement ; et même, elle ne le voudrait pas. Le seul homme qu’elle a vraiment haï est mort, désormais, de la main de la rouquine qui se tient devant elle. Elle lui confierait sa vie les yeux fermés, et elle ne pourra jamais la trahir.

Posant les yeux sur la boîte, elle cherche les mots les plus justes pour décrire les mille thés qu’elle contient. Finalement, elle se décide, et continue d’écrire.

Ce ne sont pas des drogues. Ils ont juste des… propriétés particulières. L’un d’eux soigne des rhumes, je sais. Un autre aide à dormir, aussi. Ils sont tous étiquetés.
C’est un client qui me les a offerts, le mois dernier.
Si tu préfères, j’en ai des normaux, des parfumés. Comme tu décideras.  


Elle-même observe la boîte, avant d’en tirer un petit sachet. Pour dormir ce soir. Elle hésite. Elle sait que son effet ne sera que temporaire, et que demain, ce sera comme si elle ne l’avait jamais bu. Alors que peut-être, elle pourra l’économiser, et que parler avec Abi suffira à apaiser ses nuits et calmer ses angoisses nocturnes. Et puis, il ne faudrait pas qu’elle s’endorme avant qu’elle n’ait pu avoir toutes les réponses à ses questions. Alors elle le repose, et en prend un autre. Contre le mal de tête. Il suffira pour le moment.

La question d’Abi lui arrache une petite moue qui parle pour elle. Elle va, à peu près, mais pas tout à fait. Les événements de la soirée à l’Académie lui reviennent rapidement en tête. Et elle se revoit, pendant quelques secondes, en train de se battre contre les chiens. Elle, se battre. Et elle se souvient avoir soulevé un lustre pour en extirper un homme qui l’avait pourtant trahi des années auparavant et qu’elle pensait ne plus jamais croiser de sa vie. Elle se souvient des horreurs flottantes et de leurs voix d’outre-tombe, de la princesse d’Erebor, du prince de Faërie et du dragon d’Argent. D’Abi, revenant avec d’autres personnes, armées comme l’étaient les pièces de la Rose Ecarlate. Mélange de surprises, de bons souvenirs et de cauchemars affreusement réels. Alors, elle va, à peu près, comme quelqu’un peut aller après avoir vécu autant de choses terribles en si peu de temps.

Elle se redresse pour se rapprocher d’Abi, afin de s’asseoir près d’elle sur le divan, de se blottir tout contre elle, comme pour chercher à se propoger. Mais cette fois, elle ne veut pas se protéger en faisant mine de tout oublier. Cette fois, elle veut des réponses aux questions qu’elle se pose depuis des jours. Alors, elle bloque son carnet de façon à ce qu’Abi puisse lire en même temps que ses mots se tracent, et écrit.

Ça va, à peu près.
Je n’arrête pas de penser à l’Académie, et à tout ce qui s’est passé. Pas toi ?


Marquant un léger temps d’arrêt, elle hésite. Pas bien longtemps cependant.

Alors, tu étais l’une des douze ? Un écrin de la Rose ?
Dis-moi si tu ne préfères pas parler de ça. Il s’est passé tellement de choses ce soir-là, on peut changer si tu ne veux pas.

Nulle accusation dans ses mots ou sur son visage, juste une curiosité et une envie de savoir. Et puis, elle pense, peut-être à tort, que ce n’est pas le sujet le plus sensible, ni le plus difficile à aborder. Pour elle, en tout cas. Peut-être que pour la chevaucheuse, ce sera différent.




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyMer 28 Fév - 21:44

Elle est effarée, Rhapsodie et proteste vivement, son visage parfait prenant une mimique un brin froissé. Abigaïl sourit tendrement et lui attrape la main pour la serrer vivement. Elle le sait. Elle lui fait confiance. Elle lui confierait sa vie aussi. Son âme. Son existence entière. Pour elle, Abigaïl a tué. Pour elle, elle ferait tout et n'importe quoi. Et elle sait aussi que la Compagne fera de même. Elles sont unies par des liens qui dépassent nombres de compréhensions. La preuve est qu'elles n'ont pas forcément besoin de mots pour véritablement se comprendre. Et pour deviner les pensées de l'autre. Rhapsodie c'est celle qui lui a offert une vie, un futur. C'est celle qui l'a sortie d'une noirceur solitaire dans laquelle cohabitait sa rage et sa rancoeur envers son duché d'origine et ses parents adoptifs. C'est également elle qui lui a ouvert les portes de Cibella. Elle y a été parce que Rhaps y vivait. Entre autre.

-Je vais en prendre un qui relaxe, si tu as,
demande-t-elle alors d'une voix plus sérieuse.

Parce qu'elle en a besoin la Chevaucheuse. Surtout face à la conversation qui ne cesse de se profiler. Déjà tendue et explosive de nature, les derniers événements n'ont cessé d'augmenter sa jauge interne de stresse. Un petit thé relaxant ne sera pas de trop. Si cela peut apaiser quelques-unes de ces angoisses, en tout cas. La Chevaucheuse regarde son thé infuser et dégager quelques voûtes de fumée tandis que Rhapsodie se rapproche, cherchant son contact. Elle pousse un profond soupire. Soupir de bien-être alors qu'elle retrouve la proximité si habituelle de son amie de toujours. Pendant quelques secondes, Abigaïl espère que rien ne change. Qu'elles resteront ainsi, en silence, à observer leurs tasses fumantes, sans penser à rien. Juste en savourant le fait d'être ensemble. Puis le mouvement de Rhapsodie brise cet instant et la réalité les rattrape toutes les deux. La rouquine n'a même pas besoin de lire vraiment les lignes pour deviner ce qu'elle va dire. Doucement, elle hoche la tête. Oh si, elle pense à l'Académie. Ces souvenirs hantent chacune de ses nuits, tandis qu'elle se revoit prisonnière de son propre esprit, assister au sacrifice de la Rose avant de pénétrer dans les couloirs pour pourfendre des molosses cauchemardesques. Et de sa fureur qui l'a poussé à retourner dans les entrailles de l'Académie avec Aaron pour y chercher les derniers survivants et massacrer les derniers chiens. Elle se souvient de chaque détail, presque même de chaque pierre ou de chaque tableau ornant le mur. Il y a trop de choses dont elle se souvient. Des choses qu'elle voudrait oublier. Se réveiller d'un cauchemar, comme son éveil après la réalité alternée. Mais cette fois, la réalité était bien réelle. C'est sûrement pire au final. Elle pousse un second soupir. Le temps des explications est donc venu. Non, elle va répondre à Rhaps. Elle lui dit tout. Enfin... presque. Elle ne peut pas lui cacher un tel secret. Un secret maintenant dévoilé. Elle a su se contenir lorsqu'elle était écrin par respect pour sa Reine mais maintenant qu'elle est partie et que la vérité a éclaté au grand jour... maintenant que les objectifs de la Rose soulève des questions, celle que l'on appelle le Phénix n'est plus obligée de cacher la vérité. La vérité qu'elle connaît. Le regard toujours fixé sur sa tasse, elle commence alors à raconter, d'une voix un peu éteinte où se mélangent encore quelques brins de tristesse et de souvenirs. A mesure qu'elle raconte, les images de ce qu'elle a vécu défilent sous ses yeux, lui faisant revivre ce moment. Comme si elle y assistait une seconde fois.

-Oui. Une nuit, elle est venue me chercher. Astrée. La Reine Noire. Elle m'a demandé si je voulais l'aider à œuvrer pour un meilleur futur. Elle avait besoin de moi. Et moi, au fond, je sentais que j'avais besoin d'elle. Alors j'ai accepté.

Elle pousse un profond soupire. Elle avait de longues choses à raconter. Pour que Rhaps comprenne bien dans quel état d'esprit elle se trouve. La Chevaucheuse ne lui a pas confié son histoire dans cette réalité alternée. Elle ne lui a jamais avoué qu'elle a été un assassin... et que son meurtre de sang froid a été un écho puissant à ce terrible souvenir. Elle ne lui a pas dit non plus qu'elle s'était faite escortée de force face à l'impératrice de Faërie après avoir été insolente envers sa fille. Beaucoup de choses qu'elle a tu pour ne pas l'inquiéter. Et des choses qu'elle va devoir le confier. Parce que maintenant, le couple impérial est au courant qu'elle a été un écrin. Eux, soutenu par l'Ordre. Il faut qu'elle avoue tout. C'est l'heure. Pour que Rhaps puisse se préparer. Se préparer à n'importe quelles éventualités qui pèsent au-dessus de son futur très incertain. Mieux vaut prévenir que guérir.

-Tu te souviens, Rhaps, d'avoir vécu une autre vie, il y a plusieurs mois ? Une vie où tu ne menais pas la vie actuelle ? Une vie dont tu n'as peut-être aucun souvenir mais dont tu es tout de même au courant. Tu sais que l'Ordre a joué avec le cour du temps ? Et bien, je me souviens de cette autre vie. Juste un souvenir, je me suis réveillée juste un peu avant la fin et j'ai découvert... l'horreur.

Encore une fois, Abigaïl inspire profondément avant de se lancer d'un coup.

-Dans cette autre vie, j'étais un Adepte de la Corde, un assassin de la Confrérie.

C'est dit. C'est tombé. Et elle frissonne. Elle ne s'y fera jamais.
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptySam 3 Mar - 23:48

Rhapsodie hoche brièvement la tête, lui indiquant qu’elle a bien le thé qu’elle lui demande, et rapidement, le sachet est mis à infuser. Aussitôt, elle rejoint Abigaïl sur le divan, afin de profiter un peu de sa présence. Elles ne bougent pas, ni l’une ni l’autre, pendant de longues secondes. C’est finalement la Compagne qui rompt l’immobilité en prenant son carnet pour y inscrire quelques mots. Des paroles écrites un brin délicates, et pourtant inscrites sans détour. C’est un des avantages à écrire plutôt que de parler : une fois les mots inscrits, difficile de revenir en arrière. Quand on parle, on se perd parfois dans ses mots, on bafouille, on bégaie, on se perd en paroles inutiles. Alors qu’un mot bien tracé reste lisible et direct, et ne s’embarrasse pas de stratagèmes pour se camoufler et paraître moins violent. Enfin, elle peut les tourner de diverses manières, mais généralement, pour éviter de perdre trop de temps et d’énergie.

Néanmoins, elle sent qu’elle a peut-être été un peu maladroite. Et elle ressent la tristesse et la douleur d’Abigaïl comme si elle était sienne, et comprend qu’elle remue des choses bien peu agréables pour la rouquine. Mais elle a besoin de savoir. Elle a besoin de comprendre. Et d’admirer son amie, aussi. Après tout, la Rose Ecarlate a été la gardienne de la paix pendant mille ans – à un prix qu’elle ignore en partie toutefois.  Mais Abigaïl a accueilli un esprit millénaire, pendant une durée qu’elle ignore, certes, mais assez longtemps toutefois pour l’avoir connu. Et Rhapsodie est fière d’être la meilleure amie d’un des derniers écrins – cette chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils n’étaient que douze. Douze noms maintenant connus dans tout Arven, et par tous.  

Elle s’immobilise quand son amie soupire, et commence à lui parler d’Astrée. Elle entend le poids des souvenirs et la peine de sa disparition, dans sa voix chargée d’émotion. Et elle hoche doucement la tête, signifiant qu’elle comprend. Et elle la laisse prendre la pause dont elle a besoin avant de vouloir continuer. Elle sait que ce n’est facile en rien pour la Chevaucheuse, d’avouer des secrets si bien enfouis en elle que même son âme sœur ne les a jamais soupçonnés. Cependant, elle ne s’attendait pas vraiment à ce que ses explications dévient sur l’autre printemps. Cette trame temporelle alternée, durant laquelle tous ont vécu une autre vie. Elle acquiesce doucement. La jeune femme sait que certains s’en souviennent. Ce n’est pas son cas. Elle se souvient, par contre, avoir vécu l’horreur dans sa vie normale. Elle aurait peut-être préféré se rappeler de son autre existence, qui devait sûrement être bien plus joyeuse. Par contre, elle fronce légèrement les sourcils quand Abigaïl se dit s’en souvenir… Avant de plaquer une expression de surprise non feinte sur son visage.

Un assassin. Son Abigaïl, un assassin.

Elle l’est déjà, de toute façon – n’a-t-elle pas traqué et tué pour elle ? Mais un assassin de la Confrérie… Elle se mord les lèvres. Elle connaît des assassins. Enfin, elle en connaît un. Un homme qui l’avait aidée alors qu’elle n’était qu’une enfant, et qu’elle considère dès lors un peu comme le grand frère qu’elle n’a jamais eu. Elle se remémore bien de l’image parfaite qu’elle avait de lui, image qu’il a presque détruite quand elle l’a croisé totalement par hasard, un soir, dans les rues de La Volte, seul et couvert de sang. Et il n’a pas eu d’autre choix que de lui expliquer posément sa réelle identité. Elle aurait pu le haïr, après ça, mais n’en a jamais rien fait. Et si elle n’a pas pu totalement comprendre ses choix, au moins les a-t-elle acceptés. Et Gauthier est resté ce grand frère presque parfait, à ses yeux. Et là, son amie lui apprend, à son tour, avoir été fille de Lida... Elle inspire doucement, avant de prendre la main de la rousse dans la sienne, et d’écrire de l’autre quelques mots.

Je n’ai aucun souvenir de cette autre vie, même si je suis curieuse de savoir ce qu’elle aurait pu être.
Mais dans cet autre printemps, ce toi que tu as vu… Ce n’était pas toi. C’était une autre, avec une autre vie, qui a fait d’autres choix. Et peut-être n’a-t-elle pas eu le choix.
Ce n’est pas de ta faute, Abi. Ce n’était pas toi. Tu n’es pas une enfant de Lida. Tu es l’Embrasée, tu es le Phénix. Tu es toi.


Elle se blottit un peu plus contre elle en lui faisant lire les mots. Elle ne sait pas si la réponse qu’elle a écrite est celle qu’attendait Abi, mais elle est sincère dans ses mots, comme dans ses gestes.




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyVen 9 Mar - 17:56

Tu es toi.

La phrase résonne sans pour autant parvenir à combler ce vide. Elle s'en est persuadée, la Chevaucheuse. Convaincue sur des mois, se le répétant encore et encore. Sa main vient presser celle de Rhapsodie alors que l'ombre d'un sourire passe fugacement sur ses lèvres. Abigaïl sait que son amie essaye de lui apporter un certain réconfort. Elle en est touchée et reconnaissante. Elle ne le mérite pas. Voilà des mois de secrets dissimulés à quelqu'un à qui elle disait tout. Et les révélations ne sont pas finies. Elle a peur, Abi. Elle a peur que Rhaps se sente offensée d'un tel silence de sa part. Qu'elle pense qu'Abi ne la juge pas digne de confiance. Qu'elle s'est éloignée. Et la Chevaucheuse n'aura rien à dire pour se défendre. Elle a peur qu'elle s'éloigne. Elle le redoute. Plus que tout.
Abigaïl ne s'est pas éternisée sur la fameuse nuit où elle a donné la mort. Elle n'est pas entrée dans les détails, trop sensible aux émotions de Rhaps. Elle lui a dit qu'elle l'a tué, et qu'elle ne s'en inquiéterait plus jamais parce qu'il était bel et bien mort. De sa main. De sa lame. Mais elle a tu les circonstances. Elle n'a rien dit sur le frisson, ni le plaisir qu'elle a ressenti à ramener l'équilibre à la justice. Qu'elle a utilisé une lame, et non sa magie, pour vraiment sentir la vie s'échapper de son corps infâme. Elle n'a rien dit de ces émotions nouvelles qui l'ont submergé et qui lui ont montré la voie de la Sombre Mère au point que son Écoutante se soit déplacée pour l'inviter à rejoindre la Confrérie. Et combien cette autre réalité dans laquelle elle a été un réel assassin lui a paru alors si révélatrice. Comme une voie qu'elle pourrait prendre. Une solution nouvelle. Et maintenant, tout ça, elle doit l'expliquer à Rhaps. Pour qu'elle comprenne. Pour qu'elle sache où elle en est dans sa vie. Que ces derniers événements l'ont conduite exactement là où elle. Elle plonge de nouveau ses yeux dans le regard bienveillant de Rhapsodie pour lui ouvrir son âme. Comme ces fois où, toutes les deux, elles se sont murmurées leur secret, au plus noir de la nuit, dans les chambres de l'Académie.

-Rhaps, pour toi, j'ai tué. Et je le ferais encore une centaine de fois si besoin. Mais je t'ai caché toutes les émotions que ça m'a procuré et...

Sa voix se brise, devient rauque. Elle doit continuer.

-J'ai aimé ça, Rhaps. J'ai aimé le voir ainsi agonisant à mes pieds tandis qu'il suppliait pour sa vie. J'ai aimé sentir la lame rentrer dans sa chair pendant qu'il hurlait de douleur. La jubilation de la vengeance alors que j'essayais de le faire souffrir autant qu'il t'a fait souffrir. J'ai assisté à son dernier souffle. Je l'ai torturé, j'y ai pris du plaisir et je l'ai tué. J'ai été envahie d'un bien-être total. Une plénitude entière alors que la voie de la Justice se déroulait sous moi. Le sentiment d'avoir accompli quelque chose d'incroyable.


Au fur et à mesure qu'elle raconte, les événements de la nuit se déroulent de nouveau sous ses yeux. Sa voix se voile, son regard se perd dans des souvenirs qu'elle s'efforce de contenir chaque jour. Elle frissonne même. De peur, d'appréhension ou juste d'excitation. Elle ne peut le dire.

-Et le lendemain, un rouleau de la Main Noire s'est trouvée sur mon oreiller. Le soir-même, l’Écoutante de la Lame est venue me trouver et m'a offert la possibilité de goûter à nouveau à ces sensations. Et j'ai...j'ai failli faire le pas Rhaps. J'ai failli... je l'ai voulu tellement fort.

Elle a failli. Elle a choisi Royale. Mais elle a failli l'abandonner. Elle y a sérieusement songé et y songe parfois, dans les moments les plus sombres. Pour se donner bonne conscience, la Chevaucheuse tente de se répéter que ce ne sont pas ses aptitudes qui déterminent ce qu'elle est. Ce sont ses choix. Une phrase qu'elle répète en boucle dans son esprit chaque fois que le doute la menace. Elle a certes failli, mais elle a choisi Royale. Royale. A qui elle voue une loyauté indéfectible. Jamais, elle ne pourra l'abandonner.
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptySam 17 Mar - 23:13

Abigaïl sourit, vaguement, et Rhapsodie vient presser sa main un peu plus fort. Elle sait bien que quelques mots écrits sur un papier ne peuvent apaiser les tourments qui doivent l’habiter, peut-être même la ronger de l’intérieur depuis des mois, comme écrire à Lucie ne l’a pas apaisée non plus, après… Après. Et elle s’en veut un peu, Rhapsodie, d’avoir été aveugle et tellement égoïste, avec son amie ! C’est vrai : elle s’est renfermée sur elle et ne s’est concentrée que sur ses propres malheurs, sans relever le nez de son nombril pour prêter attention à son amie. Elle aurait dû savoir, avant même qu’elle ne le lui dise, que quelque chose ne tournait pas rond. Elle aurait dû régler ses problèmes seule et prendre son courage à deux mains, sans impliquer Abigaïl, d’autant plus que ce qu’elle lui a demandé… Elle ne savait pas. Si elle avait su, pour l’autre printemps, pour Abigaïl, elle ne lui aurait jamais demandé d’accomplir une chose pareille.

La rouquine reprend la parole. La Compagne ne fuit pas son regard, mais lui adresse une moue désolée quand Abigaïl évoque son meurtre. Elle le sait, qu’elle tuerait pour elle, mais… elle s’en veut. Elle lui a imposé quelque chose de bien peu agréable, et peut-être que… Peut-être que ce qui va suivre est de sa faute. Peut-être qu’Abi est mal, depuis des semaines, des mois à cause d’elle… Oh, par tous les dieux, ce serait horrible ! Mais elle laisse ses remords de côté : Abigaïl n’a sûrement pas besoin de ça, et seulement de lui raconter. Alors elle ne faiblit pas, et maintient son regard dans celui de son amie, pour l’encourager mentalement à continuer. Ce qu’elle s’apprête à dire, il faut que cela sorte.

Elle ne bouge pas quand Abigaïl lui raconte tout ce qu’elle a ressenti. Tous ces sentiments inhumains et indescriptibles que l’on doit sûrement avoir quand on tue quelqu’un… Une part d’elle s’insurge et s’horrifie : son amie est un monstre, au fond. Elle a aimé arracher la vie de quelqu’un, elle a aimé le torturer, elle a aimé l’entendre crier. Une infime fraction de seconde, elle oublie que cet homme-là lui a fait quelque chose de similaire, en emportant avec lui une part de sa pureté, en riant de ses larmes et en la battant à chacun de ses gestes désespérés. Mais un battement de cil plus tard, elle se souvient. Ce qu’elle a fait… Elle n’a fait que rendre les coups. Elle l’a défendue. Elle l’a vengée. Et qui sait ce qu’elle serait devenue, si Abigaïl n’avait pas agi de la sorte ?

Elle ne bouge pas, pétrifiée sous les paroles de son amie, mais ne la lâche pas des yeux pour autant, pressant de temps en temps la main de la rousse pour l’encourager. Elle est captivée par son récit. Ce n’est pas souvent qu’Abigaïl se livre. Généralement, cela se fait dans l’autre sens : Rhapsodie écrit, et Abigaïl est l’épaule qui la soutient. Mais parfois les rôles s’inversent, et la Cibellane sait que ces moments sont importants et chargés de sens, pour elles deux. Et celui-là en fait partie.

La suite ne la surprend qu’à-peine. Le regard de la Chevaucheuse a légèrement dévié, et se perd désormais dans le vide, fixant un repère invisible, alors qu’elle lui dévoile avoir été approchée par la Confrérie Noire. Celle-là même que Rhapsodie craint, celle-là même dont Gauthier fait partie. Il a un peu changé sa vision des choses, sur eux, un peu inconsciemment ; au moins, maintenant ne les voit-elle plus obligatoirement comme des monstres sanguinaires prêts à tuer n’importe qui pour un peu d’argent. Elle sait qu’ils peuvent être des gens comme tout le monde, comme Gauthier. Comme Abigaïl. Rhapsodie ne s’agite que vers la fin de ses paroles, et reprend aussitôt son carnet pour répondre à son amie.

Tu as failli, et tu as voulu, peut-être. Mais tu ne l’as pas fait, et c’est tout ce qui compte.
Tu es forte, Abigaïl l’Embrasée. N’en doute jamais.
Ce n’est pas de ta faute, Abi. Rien n’est de ta faute. C’est sûrement de la mienne, je n’aurais pas dû te demander cela et te mêler à mes histoires. Excuse-moi, je n’ai pas pensé que tu vivrais une pareille chose, par ma faute. Je n’ai pensé qu’à moi.
Est-ce là que la Reine Noire est venue te trouver ?


Elle ne perd pas de vue ce que devait lui raconter Abigaïl. Elle imagine qu’elle avait besoin de ces détails pour comprendre, mais elle ne désire pas s’y attarder trop longtemps. Elle ne veut pas que la rousse replonge trop longtemps dans ses sombres souvenirs… Même si elle commence à réaliser que ce n’est peut-être que le commencement, et que ce qui vient sera encore pire.




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyDim 8 Avr - 1:15

Elle a redouté cet instant depuis de long mois, Abigaïl. Redouté d'annoncer cette si terrible réalité à son amie de toujours. De lui révéler qu'elle a failli. Elle a failli tourner le dos à Royale. Elle a failli abandonner la dragonne qui lui a tendu son âme. Elle a failli renier l'amour d'Aura, la flamme d'Igni et les valeurs de la Caserne pour s'abandonner dans les bras de Lida. Pour tout oublier et pour aller quêter vengeance. Vengeance par amour pour Rhapsodie. Les mots s'inscrivent comme par magie, presque aussitôt, sur son carnet. Abi les voit s'envoler vers son âme et panser quelque peu ses blessures les plus profondes alors que son amie lui clame qu'elle ne lui en veut pas et qu'elle ne la fuira pas devant de tels aveux. Cela la soulage. La plonge dans une reconnaissance profonde. Mais elle n'a pas fini. Il lui faut raconter la suite. Le plus dur. Mais elle s'accorde une pause. Elle presse sa main, lui jette un tendre regard et boit une gorgée de thé, comme pour se donner le courage de poursuivre. Elle inspire de nouveau à fond et se lance à nouveau dans son récit. Maintenant qu'elle a commencé, elle ne peut pas arrêter. Il faut qu'elle termine. Elle s'occupera de rassurer vraiment Rhaps plus tard.

-La Reine Noire est venue me trouver, avant tout ça. Elle est venue me trouver dans mon sommeil, elle est venue illuminer un de mes rêves. Elle m'a dit qu'elle avait besoin de moi pour accomplir une mission. Elle m'a confié son utopie et j'ai accepté. C'est comme ça que je suis devenue l'écrin de Astrée.

Elle s'arrête un instant, cette fois abandonnée dans tes souvenirs nostalgiques mais néanmoins heureux. Elle se souvient de la sérénité qui l'a accueilli à son réveil. Et même si Astrée et elle n'ont partagé que peu de temps et que la Reine se faisait discrète, il lui manque leurs quelques conversations qu'elles ont eu la chance de partager.

-Astrée était plutôt discrète, continue-t-elle d'une voix apaisante. La plupart du temps, je ne percevais pas sa présence. Enfin... si, je la percevais. La sienne et celle d'Ivoire. Mais c'était plus une sensation. Une sensation légère et douce. Quelque chose de rassurant, comme si quelqu'un veillait toujours sur moi. Mais elle n'a jamais pris véritablement l'emprise de mon esprit, en dehors des fois où c'était nécessaire. Comme quelques jours après le meurtre. Après avoir reçu la proposition de la Confrérie.

Toutes traces de tendre nostalgies disparaissent de ton visage et ce sont des souvenirs moins agréables qui remontent à la surface alors que tu enchaînes sur la suite.

-J'ai reçu une convocation de la princesse Armandine, marmonne-t-elle, l'air sombre. Elle voulait me parler et... enfin tu connais ma position vis-à-vis de la famille impériale.

Rhaps a toujours su ses sentiments très mitigés envers la famille impériale. Surtout envers Gustave de Faërie. Elle qui a toujours beaucoup aimé Chimène. Elle lui en a tellement voulu.

-Je peux pas te dire que j'y suis allée de bon cœur et sans préjugé. Si je te dis que c'est une gamine pourrie gâtée qui a passé surtout son temps à geindre sur son propre sort, j'ai l'air tout sauf objective.

Elle s'accorde un petit sourire. Elle n'a pas été très tendre avec la princesse mais en même temps, elle a agi en accord avec ses valeurs et ses croyances. Abigaïl n'est pas responsable du manque de caractère de la princesse impériale. Si elle ne peut même pas répondre comme il se doit à une roturière, elle n'est pas digne de porter ce titre.

-Disons que je n'ai pas été des plus courtoises envers elle et, quand je suis partie, j'ai été rattrapée en route par des Chevaucheurs de la Garde Impériale. Et cette fois, c'était l'Impératrice qui demandé ma présence.

Et, pour la énième fois depuis le début de cette histoire, Abigaïl s'arrête.
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptySam 21 Avr - 22:24

Rhapsodie sent qu’elle a réussi, un peu, à panser l’âme de son amie. Comme elle a dû souffrir, d’avoir porté ses secrets pendant si longtemps ! Elle aurait pu se soulager, et lui en parler plus tôt ; mais en même temps, la Compagne voit mal quand. Après tout, Rhapsodie aussi a eu une année difficile, et n’a pas pu être disponible pour son amie quand elle en avait besoin. Alors qu’Abi… Abi a toujours été là, elle, et il n’y a pas une fois où elle a manqué à l’appel alors qu’elle avait besoin de la voir. A-t-elle été une si mauvaise amie, ces derniers mois ? Elle en a l’impression, un peu. Mais au moins, elle peut être là aujourd’hui. Et si elle l’interroge en lui faisant revivre un peu à contrecoeur certains passages de sa vie jusque là secrets, c’est pour essayer de comprendre, mais aussi pour la guérir, un peu de la blessure qu’elle perçoit au fond d’elle.  

Abi répond à ses questions, et Rhaps se rapproche encore un peu d’elle, fermant les yeux pour s’imprégner totalement de ses mots, et essayer de comprendre tout ce qu’à pu vivre son amie. Et elle sourit, doucement, en entendant la rouquine évoquer Astrée et ses souvenirs. Et un instant, Rhapsodie croit que son histoire se termine, comme ça, simplement. Que la Reine Noire n’est plus qu’un souvenir, certes, mais un souvenir heureux. Elle sait pourtant, au fond d’elle, que tout n’est pas si simple. Et elle rouvre les yeux à demi en entendant le ton d’Abi se durcir. Elle tourne doucement la tête vers elle pour voir son regard s’assombrir, lui adressant un léger signe de tête pour l’inciter à continuer.

En entendant la suite, la Cibellane hoche la tête. Oui, Rhapsodie la connaît bien, son opinion sur l’actuelle famille régnante de Faërie. Elle connaît bien, aussi, le caractère d’Abigaïl, et appréhende un peu la suite de son histoire. Néanmoins, elle ne l’interrompt pas, et s’autorise même à sourire doucement en l’entendant décrire leur princesse. Effectivement, l’objectivité d’Abi n’est pas particulièrement convaincante, mais la musicienne ne fait aucun commentaire, l’incitant simplement à continuer d’une petite pression de la main, un peu inquiète toutefois de la tournure des événements.

Et visiblement, ses craintes sont fondées, au vu de ce que lui apprend la rouquine. Elle a une envie brutale de se prendre la tête dans les mains, de râler et de la réprimander pour son comportement qui lui a valu d’être convoquée par l’Impératrice en personne. Mais elle n’en fait rien, et se contente de lever vers elle un regard teinté à la fois de reproche et d’inquiétude. Elle ne veut pas l’accabler pour ce qu’elle a fait – le passé est le passé, seul le futur peut être changé –, mais plutôt savoir comment elle a fait pour s’en sortir – parce que si elle n’a pas eu vent de cette histoire, c’est qu’elle a réussi à se tirer de ce mauvais pas comme un grande. Voyant qu’elle ne poursuit pas, la muette reprend son carnet afin de lui répondre.

Tu as vraiment le chic pour t’empêtrer dans de ces situations, Abi…
Mais tu t’en es sortie, n’est-ce pas ? Grâce à Astrée ? Elle t’a sauvée, alors ?
J’aurais aimé la rencontrer, je crois.


Il n’y a pas de reproche, dans ses mots. Simplement des constatations, toutes simples. Et un brin d’émerveillement, sur la fin. Dire qu’elle côtoie le dernier écrin de la Reine Noire, et qu’elle ne l’a appris que récemment ! Elle aurait aimé, peut-être, lui parler, discuter avec cette présence millénaire, comme Abi a eu la chance de le faire. En tout cas, elle espère adoucir un peu les pensées d’Abi, et la détourner un peu de la douleur qu’elle doit ressentir suite à sa perte.




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyLun 14 Mai - 14:46

Elle préfère tout sauf regarder Rhapsodie dans les yeux. Une part d'elle a un peu honte de ce qu'elle a fait. Mais surtout, Abigaïl connaît la position de son amie vis-à-vis de la famille impériale. Une position qu'elle ne partage pas. Un désaccord qui creuse un petit fossé entre elles. Un petit fossé presque imperceptible. Les deux amies sont trop proches pour laisser un tel désaccord avoir raison de leur amitié. Pourtant, aujourd'hui, Abigaïl se met totalement à nue, exposant les motifs de tout ce qui lui est arrivé dernièrement. Elle n'a pas besoin de regarder Rhapsodie pour sentir une certaine désapprobation. Mais elle sait aussi qu'elle ne lui reprochera rien. Ainsi sont-elles faites. D'amour et d'amitié qui n'émettent aucun jugement. Elles sont juste ensembles, heureuses d'être ainsi toutes les deux et n'ont guère besoin de se faire des leçons de morales. Juste savoir qu'elles sont ensembles pour toujours. Machinalement, elle lit les quelques phrases délicatement écrites par Rhaps et hoche la tête.

-Oui, elle m'a sauvé, murmure-t-elle. Elle a pris possession de mon esprit et de mon corps. J'ai assisté à toute la scène. Elle a parlé avec de nobles mots à Lauriane, mettant en avant sa loyauté envers Faërie et la famille royale. Chose que je n'aurais jamais pu dire, je pense. Et j'aurais perdu Royale. Mais elle m'a dit qu'elle avait trop besoin de moi pour une mission qui dépasse mes petits états d'âme. Et que, pour elle, ce n'est qu'une promesse éphémère, bientôt morte et perdue dans l'infini du temps. Qu'elle...

A ses mots son cœur se serre un peu plus et ses mains émettent quelques tremblements involontaires. Les mots qui suivent lui écorchent la langue et lui brûlent les yeux. Pourtant, elle se doit de poursuivre.

-Qu'elle perdurera alors que Lauriane et moi seront déjà aux portes du Royaume de Sithis, achève-t-elle.

Et pourtant... pourtant l'impératrice et elle sont bien là alors qu'Astrée s'est sacrifié pour sauver la vie au peuple d'Arven. Qu'il soit Ibéen ou Faë. Pendant un temps, elle est incapable de poursuivre mais finit par le faire, précédé d'un long soupir, comme si elle se réveille de quelques souvenirs très douloureux.

-Enfin bon, après ça Lauriane m'a laissé tranquille, satisfaite. Mais je sais qu'elle m'a à l'oeil. Surtout que cette promesse, c'est Astrée qui l'a clamé. Pas moi. Mais, comme elle l'a dit, elle avait besoin de moi pour autre chose. Il a fallu que j'infiltre l'Ordre. Avec Maelys.

Et voilà, encore une autre histoire. Encore une page qui se tourne sur sa vie. Comment elle a infiltré l'Ordre et comment elle s'est aperçu avoir terriblement mal jugée la Chevaucheuse lagrane.

-Encore une fois, Astrée a pris possession de moi et, avec son Pion, nous nous sommes rendus en Lagrance. Maelys y étant déjà infiltrée, s'était à elle de nous faire rentrer et nous en avons profité pour essayer de récupérer quelques informations. L'Ordre et la Rose sont ennemis, l'un prônant l'anarchie tandis que l'autre célèbre la paix. Tous les malheurs que subit Arven sont dus à l'Ordre et la Rose tente de contrer ses plans. Du moins... c'est ce que je croyais, termine-t-elle avec une pointe d'amertume.

Parce que, ensuite, on en arrive là. A cette guerre contre Ibélène et au Jour des Anciens où la Rose s'est sacrifiée pour eux. Mais quel sacrifice ? La Chasse Sauvage existe mais jamais personne n'a été au courant d'une telle catastrophe. Ils ont tout fait pour contenir cette menace et ont échoué mais n'ont jamais prévu de plan de garde. Juste un sacrifice avec pour seul legs, leurs armes. Mais quand est-il de leurs secrets ?

-Je sais que Astrée t'aurait beaucoup apprécié, en tout cas, souffle-t-elle en souriant doucement.
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyLun 4 Juin - 18:57

Abigaïl évite son regard, et Rhapsodie n’insiste pas. Elle sait parfaitement que la rouquine a du mal à reconnaître et parler de ses torts, même avec elle, et ne cherchera pas plus à la mettre mal à l’aise. Ce n’est pas son but, ni son genre. Elle veut juste… Savoir. Comprendre, un peu. Et même si leurs opinions divergent parfois, même si elle désapprouve un peu son comportement, la Compagne ne s’attarde pas sur ces détails, préférant se concentrer sur les réponses qu’elle recherche.

Elle l’écoute religieusement parler, essayant de se représenter la scène. Abigaïl, sa fière Chevaucheuse, face à l’Impératrice, prononcer des mots qui ne lui appartiennent pas. Ce n’était pas elle, la rouquine n’était que spectatrice à cette scène. Et il n’y aurait peut-être eu que Rhapsodie, ou quelques autres amis proches, qui auraient su discerner le vrai du faux, Abigaïl d’Astrée, l’écrin et la Reine Noire. Heureusement pour la Chevaucheuse, Lauriane n’est pas de ceux-là, et c’est certainement ce qui l’a sauvée.

Sa voix faiblit sur la fin, et Rhapsodie se blottit instinctivement un peu plus contre son amie, posant la tête sur son épaule, prenant sa main dans la sienne. Elle ne la presse pas, ne lui demande pas de continuer tout de suite. Le silence qui s’installe est chargé de douleur, et pendant quelques instants, Rhapsodie ne perçoit plus que le rythme de leurs respirations. Enfin, Abi reprend le cours de son histoire, et embraye rapidement sur son infiltration dans l’Ordre.

Surprise, Rhapsodie se redresse un peu. Abigaïl a vraiment fait ça ? Combien de choses dangereuses et périlleuses a-t-elle fait, encore, sans qu’elle ne le sache ? Et si une de ces opérations avaient mal tourné ? Elle ne lui aurait jamais rien dit. Parce qu’elle n’en avait pas le droit, et parce qu’elle se serait sûrement inquiétée pour elle. Bien sûr, Rhapsodie s’inquiète déjà, craignant qu’elle ne perde la vie au front, à se battre contre Ibélène, et elle a accueilli la nouvelle de la trêve avec soulagement. Ça, Abi le sait bien, et peut-être qu’elle ne voulait pas l’angoisser davantage. Enfin, avec l’aide d’Astrée, du Pion Noir et de son écrin, tout a dû bien se passer. Elle connaît bien peu Maelys, au final, et se remémore surtout d’elle les paroles affreuses qu’elle a prononcé dans le passage secret à l’académie, lors du Jour des Anciens. Elle sait bien qu’elle était soumise à une malédiction, et ne lui en veut pas pour cela, mais à cause de cet épisode elle n’en garde pas un excellent souvenir.

Un silence, encore, et Abigaïl conclut en lui glissant qu’Astrée l’aurait beaucoup appréciée. Un sourire léger revient sur les lèvres de la Compagne, qui se redresse davantage dans le canapé, histoire d’être plus à l’aise pour écrire.

Ils ont pensé faire au mieux. Ils ont peut-être fait tout ce qui était en leur possible pour tenter de préserver la paix.
Tu ne savais pas, pour la Chasse Sauvage ? Pour l’Académie ?

Non, bien sûr. Si elle avait été au courant d’une chose pareille, elle aurait fait tout son possible pour empêcher une telle catastrophe de se produire. Et elle l’aurait empêchée de se rendre à l’Académie pour le Jour des Anciens pour la protéger, si elle avait su. De toute façon, la Rose Ecarlate et ses écrins ne peuvent être aussi malfaisants que l’Ordre, si ?




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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptyMar 7 Aoû - 0:04

Au fur et à mesure qu'elle parle, ses épaules semblent se délaisser d'un poids énorme. Voilà des mois que Abigaïl accumulait des secrets qu'elle ne pouvait confier à son amie. Des mois qu'elle se contenait. Parce que Rhapsodie traversait une mauvaise passe. Parce que la Reine Noire lui interdisait formellement de révéler ce qu'elles faisaient ensemble. Des mois à ne rien dire, à se taire, à vivre dans un mensonge par omission. Des mois où elle a eu presque l'impression de porter un bébé dragon sur ses épaules, qui ne cessait de grandir et de s'alourdir au fur et à mesure que les jours passaient. Tout ceci est bien fini, maintenant. Maintenant elle peut raconter. Elle doit raconter. Elle suppose que Rhapsodie ne lui en veut pas. Du moins, elle l'espère. Elle le prie de toutes ses forces. La Chevaucheuse n'a pas pour habitude de lui mentir. Certes, elle ne lui confie pas tout. Elle est Outreventoise et, comme toutes bonnes Outreventoises, elle a toujours été très réservée et pudique sur ses émotions. Abigaïl témoigne rarement de ses sentiments. Ils vont se manifester par ses gestes ou ses actions mais que très rarement par la parole. C'est ainsi. La fois où Rhapsodie lui a confié son secret et cette autre fois où elle est allée s'excuser auprès de Mae sont sûrement les premières et dernières fois où elle a pu ouvrir ainsi son cœur. Des souvenirs qui, d'un certain côté, la mettent très mal à l'aise. Elle sourit à Rhapsodie. Heureusement qu'elle est là. Grâce à elle, Abi a pu surmonter ces récents événements. Elle a accepté pour le peuple. Pour Arven. Pour protéger les citoyens. Et, bien évidemment, pour Rhapsodie. Pour lui offrir un monde où elle peut aller librement sans craindre de se faire tuer. Pour lui permettre de voyager, de découvrir autre chose. Abi reconnaît la chance qu'elle a de pouvoir ainsi aller librement dans les cieux. Bien sûr, tous les cieux ne lui sont pas permis. Elle ne peut survoler Ibélène. Mais elle a tout de même un sentiment de liberté que seul le vol peut lui procurer. Quelque chose que n'a pas Rhapsodie.7

-Non, je ne savais rien, avoue-t-elle d'une voix rauque. Rien du tout. J'étais sur le front en Lagrance, je me battais et, d'un coup, je me suis retrouvée dans une salle secrète avec toute les Pièces de la Rose Ecarlate. Nous étions tous là. C'était mon corps mais Astrée a pris entièrement possession de mon esprit et ce corps qui est mien lui obéissait totalement. Elle ne m'a rien expliqué.

Ses traits se figent. Il est dur pour elle de se rappeler cette nuit. Et encore... d'une certaine façon, elle a eu de la chance. Elle n'a pas eu à connaître Astrée aussi bien que certains Écrins ont pu connaître leur esprit millénaire. La rupture a été douloureuse mais sûrement pas autant que si elle connaissait Astrée depuis des années. Ce qui n'a pas empêché de laisser un trou d'une certaine façon. Après tout, elle s'est habituée à sentir sa présence. Même si la Reine Noire faisait preuve de beaucoup de réserves et s'affirmait que peu de fois, Abigaïl sentait constamment son doux contact dans son esprit. Avec celui d'Ivoire. Se dire que maintenant elles ne sont plus là...

-Ils ont débattu pendant un moment, poursuit-elle. Que faire face à cette Chasse... mais qu'est-ce donc cette Chasse au juste ? Astrée ne m'a rien dit. Nous ne savions rien, mais ils étaient paniqués, affligés et, pour beaucoup, résignés. Certains ont tenté de négocier le sacrifice mais, finalement, il a été unanime. Seul le Pion Blanc s'est enfui. Enfin, ils ont procédé au rituel, ingurgitant une potion qui mettait fin à leurs jours et je me suis retrouvée moi. Seule...

Le souvenir de son départ lui emplit soudainement la tête et Abigaïl se met à rougir furieusement. Ses mains viennent poser la tasse sur la table un peu trop fort, déversant un peu de son contenu brûlant. Mais la Chevaucheuse n'en tient absolument pas compte, encore trop absorbée par ses pensées. Puis elle se relève d'un coup et commence à faire les cent pas, tenant un discours plutôt agité.

-Elle m'a laissé ainsi ! Sans aucun respect pour mes propres convictions. Bien sûr, je comprends, après des millénaires passés à côté de l'homme que l'on aime, il est normal de lui dire au revoir, mais elle n'a pas pensé un seul instant à moi ! Quel égoïsme ! « C'est qu'un baiser, c'est qu'un baiser », mais bien sûr ! C'est facile quand c'est pas ses lèvres! Et puis le duc de Sombreciel, rien que ça ! Non mais vraiment !

Elle tape du poing dans sa main, fulminante, les joues rouges par ce souvenir si honteux. Embrasser le duc de Sombreciel... quelle folie ! Certes, ils ne l'ont pas décidé, ni l'un, ni l'autre, mais ce sont ses lèvres à elle qui se sont posées sur celle du Cielsombrois.

-Encore un Cielsombrois ! Vils serpents ! Sales petits êtres vicieux et sournois !

Que sa rage est grande, à la hauteur de sa gêne. Et c'est encore pire de se dire que deux baisers qu'elle a reçu, c'est celui de la Cielsombroise tant détestée qu'elle a préféré. Quel artifice est-ce donc ? Sans aucun doute c'est dû à la drogue qu'elle lui a fait boire. Cela ne peut être que ça de toute façon.

-C'est forcément la drogue, marmonne-t-elle pour elle-même.

Elle a oublié Rhapsodie, Abigaïl, toute emportée par des souvenirs qu'elle n'apprécie guère. Ah celle-là, si elle la retrouve, elle mériterait qu'elle lui couse les paupières avant de les piquer tout doucement avec une aiguille !

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Rhapsodie Épi-d'Or
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Message Sujet: Re: Ceux qui rêvent    Ceux qui rêvent  EmptySam 22 Sep - 17:59

Avant aujourd’hui, Rhapsodie ne mesurait pas l’importance de tout ce qu’Abi lui dissimulait et gardait pour elle, pour la protéger, et parce qu’elle n’en avait pas le droit. Elle n’avait même pas remarqué que la rouquine lui taisait autant de choses douloureuses, amie indigne qu’elle est. Elle aurait dû, au moins, soupçonner quelque chose, rien que pour s’inquiéter pour elle... Elle l’aurait sûrement fait si cette année 1002 n’avait pas été autant dévastatrice chez elle. Enfin, vaut mieux tard que jamais. Au moins, Abi semble aller… mieux. Comme si elle se débarrassait d’un poids énorme, et que toutes ses pensées s’étaient allégés dès qu’elle les avait prononcées. Ce n’est pas fini, pourtant, et Rhapsodie le sait.
 
La Cibellane ferme les yeux alors que la Chevaucheuse lui raconte ce qui s’est déroulé dans les coulisses de ce soir maudit. Rhapsodie connaît déjà les grandes lignes de l’histoire, mais l’entendre être dite par sa moitié, son âme sœur, a un impact bien plus marquant. Elle l’a vécu, elle. Et Rhapsodie croit comprendre qu’il y a certainement de la rancœur dissimulée derrière sa tristesse. L’esprit millénaire a disparu brutalement, et douloureusement, en emportant avec elle des secrets vieux de mille ans. Mais il y a sûrement autre chose, et Rhapsodie peine à comprendre exactement quoi.  
 
Soudain, Abi pose sa tasse sur la table, faisant sursauter légèrement la Compagne. Rhapsodie ne dit rien, et relève simplement le menton vers elle lorsque la rousse se lève. Pourtant, sa mine se fait interloquée, alors qu’elle peine à comprendre réellement ce qui se cache derrière les mots de son amie. Un baiser ? Quel rapport avec la disparition d’Astrée… ? Et le duc de Sombreciel ? Rhapsodie sait qu’il était l’un des douze écrins, lui aussi, mais… Se pourrait-il qu’Abi l’ait embrassé involontairement ? L’amusement vient se mêler à la surprise, mais elle s’abstient de tout commentaire. Elle sait que c’est un sujet sensible chez la rousse Outreventoise, et ne désire pas s’attirer ses foudres pour quelque chose d’aussi futile – d’autant plus qu’elle a l’air d’être assez remontée comme cela.
 
Rhapsodie tique cependant en l’écoutant parler. Comment ça, encore un Cielsombrois ? Sa raison lui souffle qu’Abigaïl fait le parallèle avec sa propre histoire d’amour adolescente avec Melbren. Après tout, il était à l’Académie lors du jour des Anciens, et Castiel de Sombreflamme est son frère adoptif. Mais il y a du vécu dans ses mots, dans son expression. Encore une histoire dont elle n’a jamais entendu parler ? Est-ce qu’elle aurait été… Abusée, elle aussi ? Son cœur se pince violemment à cette idée. C’est impossible, pas son Abi. Elle ne se serait pas laissée faire, elle. Pourtant… Ne vient-elle pas de parler de drogues, en marmonnant ?
 
Elle se lève à son tour, délaissant son carnet sur le canapé, se plante devant la rouquine et lui agrippe les mains, une mine inquiète sur le visage. Que t’est-il arrivé, Abi ? Ne me dis pas que toi aussi. Elle veut savoir. Elle veut en avoir la certitude. Elle veut savoir si elle doit, elle aussi, protéger son amie d’un agresseur ignoble… Si elle doit tuer. Elle ne pensait pas arriver un jour à avoir cette idée, mais pour Abi, elle ferait n’importe quoi.

Et Abi lui raconte, encore, longtemps. Tout ce qu’elle gardait sur le coeur depuis si longtemps, tout ce qu’elle a tu, par pudeur ou par peur. Elle raconte, et Rhapsodie écoute. Pose des questions, de temps en temps. Et rassure, et console, comme elle sait si bien le faire. Elle apprend, aussi, à quel point elle a été bien peu fine observatrice, et une bien piètre amie, aussi. Abi aura beau dire le contraire, Rhaps s’en voudra toujours un peu de n'avoir rien vu, bien trop concentrée sur sa propre douleur en oubliant l’une des personnes les plus chères à ses yeux.

Elles ont discuté jusqu’à tard le soir, jusqu’à épuiser la mine et la voix. Et Abi est restée dormir, pour ne pas avoir à sortir et à être confrontée à la Chasse Sauvage. Et c’est la tête pleine de réponses, mais également d’interrogations nouvelles que Rhapsodie s’endort, le dos collé à celui de son Âme Soeur, au son de sa respiration régulière.




Comme on voit sur la branche, au mois de Mai, la Rose...
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