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 C'est l'Histoire de la Vie

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Message Sujet: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyVen 19 Jan - 22:11


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Raygnar d'Ysgramor &
Sixtine d'Ibélène

C'est l'Histoire de la Vie

Le cycle éterneeeel



• Date : 20 janvier 1003
• Météo (optionnel) : il neige, il fait gris et il fait froid
• Statut du RP : privé
• Résumé : Sixtine reçoit Raygnar qui veut l'entretenir au sujet de son projet de rédiger un livre sur l'histoire d'Arven
• Recensement :
Code:
• [b]20 janvier 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3256-c-est-l-histoire-de-la-vie#121008]C'est l'Histoire de la Vie[/url] - [i]Raygnar d'Ysgramor & Sixtine d'Ibélène[/i]
Sixtine reçoit Raygnar qui veut l'entretenir au sujet de son projet de rédiger un livre sur l'histoire d'Arven

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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyVen 19 Jan - 22:12

La tête baissée sur des rouleaux de parchemins, tu as cet air sérieux et concentré qui te caractérise si bien. Tu es dans ton bureau, là où tu as pris l'habitude de recevoir certaines personnes occupant une place importante dans le château. La pièce est sobre, à l'architecture luxueuse tout en restant peu ornée. Tu as voulu privilégier l'austérité pour garder cet aspect sérieux, loin de l'ambiance décontractée qui peut se faire ressentir dans ton appartement personnel. Ces derniers jours ont été particulièrement éprouvant. Cela fait un peu plus d'un mois que ton père a quitté ce monde. Un mois de peine, de chagrin. Un mois passé à continuer à avancer laborieusement. Et la charge de travail qui ne cesse d'augmenter. Ton frère passe le plus clair de son temps à la place qu'occupait ton père. Vous essayez de vous voir au moins tous les deux ou trois jours pour faire le point sur la situation. Les choses se sont arrangées un minimum. Sûrement parce que vous n'êtes plus que tous les deux. Et qu'Ibélène a plus que jamais besoin de quelqu'un pour diriger. Le reste du temps, tu ne le vois pas. Vos réunions, d'ailleurs, sont presque secrètes et ce qui se dit entre vous n'est entendu que par vous. Nul témoin. Nul ne doit savoir. Tu continues de gérer l'intendance du palais. Une grosse charge de travail qui nécessite tout ton temps. Mais tu trouves tout de même le moyen de continuer de mettre subtilement ton nez dans des affaires qui te concernent moins, voire pas du tout. Enfin, en cet instant, tu as le nez plongé dans des calculs compliqués liés aux dépendances de la semaine. Tu as personnellement tenu a gardé un œil sur ce genre de documents et toutes les dépendances qui concernent le palais, passent par ton œil avisé. Non pas que vous manquiez d'argent, mais tu juges important de trouver le moyen de réduire certaines dépenses. Des économies qui peuvent ensuite vous profiter. L'avenir est tellement incertain, surtout en ce moment. Jamais, il y a quelques mois, tu as pensé partagé les derniers moments de vie de tes parents. Ta mère, d'ailleurs, a toujours répété qu'il est important pour une impératrice de se tenir au courant de tout ce qu'il se passe dans le palais, y compris les achats. Conseils judicieux que tu ne manques pas de suivre. Alors tu vérifies les comptes. Et tu es en plein calcul lorsque Hjördis vient t'interrompre.

-Votre visiteur est arrivé, altesse, déclare-t-elle dans une parfaite révérence.

Tu hoches la tête, signifiant que tu as entendu et qu'il peut entrer, sans détacher tes yeux de ton rouleau. Il ne te reste que quelques lignes à parcourir et ta plume dessine le résultat de tes opérations pour ne pas perdre le fil. Tu attends le seigneur d'Ysgramor, un historient réputé avec lequel tu as déjà eu l'occasion de discuter. Passionnée d'histoire, tu as aimé vos conversations et ce qu'il a pu t'apprendre. Tu ne caches pas ta curiosité. Il a demandé audience auprès de toi et tu as accepté mais les raisons restent floues. Tu sais qu'il s'agit d'un livre et tu soupçonnes, espères aussi, que c'est à propos d'Arven. Il a déjà laissé entendre plusieurs fois qu'il contait rédiger l'histoire d'Arven. Un projet gigantesque qui lui fait honneur et que tu approuves totalement.
Par chance, tu mets la touche finale à tes calculs lorsque la porte s'ouvre de nouveau pour y laisser entrer l'historien. Aussitôt tu te lèves, contournes ton bureau pour t'incliner d'une légère révérence.

-Pardonnez cette attente, certains détails méritaient mon attention et ont retardé de quelques minutes la promesse de notre entrevue, expliques-tu avec un doux sourire. Je suis heureuse de vous voir, j'espère que vous avez fait bon voyage.

D'un geste, tu l'invites à prendre place sur l'une des chaises. La perspective de cet entretien gonfle ton cœur de joie et soulage un peu le poids sur tes épaules. Les discussions avec le seigneur d'Ysgramor ont toujours été très intéressantes et instructives, nourrissant ta soif de savoir intarissable et c'est avec un réel plaisir que tu l'accueilles dans ton bureau. Et tu décides de bien commencer en vous mettant à l'aise. D'un tintement de cloche, Hjördis s'avance vers toi, prête à recevoir ta commande.

-Puis-je vous proposer une boisson ou quelques douceurs ?
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyVen 26 Jan - 22:17

Le palais impérial. Je n’y avais mis les pieds que quelques fois durant ma vie, mais, à chaque fois, j’avais le cœur qui battait la chamade. Appuyé sur ma canne, je laissais ma jambe blessée se reposer et j’admirais la façade. Mon regard voyageait inlassablement entre les statues, les sculptures. Je regrettais de ne pas avoir deux bras supplémentaires pour pouvoir dessiner tout cela sur mon carnet. Celui-ci, bien rangé dans ma poche, faisait l’objet d’une surveillance beaucoup plus accrue depuis qu’on m’avait dérobé son prédécesseur. Je regardais donc le palais, tout en me promettant, à mon départ, de m’arrêter et de m’asseoir pour dessiner. Comme ça, ma jambe blessée pourrait se reposer, et mon bras gauche ne serait pas trop sollicité. Celui-ci s’était rétabli de sa blessure, mais à grand peine. Les muscles, les chairs, et les tendons déchirés n’avaient pas complètement guéris, et je sentais qu’il y avait une certaine raideur dans tout mon avant-bras quand j’essayais de le bouger. Encore une blessure, encore des cicatrices, encore des séquelles qui allaient se voir. Je devais être plus marqué qu’un guerrier de la Guilde, à présent. Un œil inutile, une jambe estropiée, un bras raide, me voilà dans un bel état. Heureusement que j’avais une position, sinon je me serais retrouvé sans emploi, sans argent.

Et également sans famille. Rolf avait appris, par l’intermédiaire d’un de ses amis Lorgois, et par ma bouche ensuite, que je l’avais humilié sans trop le vouloir lors de la soirée réunissant les anciens de l’Académie. Il l’avait très mal vécu. Le fait qu’il ait eu une… « relation » avec Melbren de Séverac était resté secret, jusqu’à ce que je le dévoile. Quel idiot. J’avais trahi mon propre fils, mon propre héritier, alors que j’avais juste cherché à défendre son honneur. Je lui avais dit que, s’il n’avait pas rencontré Melbren, s’il n’avait pas fait ces « choses », nous n’en serions pas là. Il aurait dû prendre une femme, et puis il aurait été heureux, tout comme moi à son âge. Mais non, il fallait qu’il aille fricoter avec des jeunes hommes. Quand je lui avais rétorqué cela, Rolf était entré dans une colère noire. Notre dispute a duré longtemps, s’entrecoupant de longs silences. Tout notre entourage avait senti la tension qui régnait entre nous deux. Les domestiques étaient nerveux, maladroits, mon frère avait la mine sombre. Il a essayé de s’en mêler, histoire de ramener la situation à la normale, mais je m’étais interposé. Il n’avait rien à faire dans cette histoire. Plus les jours avançaient, et plus les disputes devenaient violentes. Rolf me reprochait d’avoir ruiné sa vie, et moi, je lui répondais qu’il l’avait fait lui-même. Par Alder, Rolf tenait bien de moi. Têtu comme des ânes, nous cherchions à avoir le dernier mot, et aucun des deux ne tentait de se remettre en question.

Puis, un matin, j’ai décidé qu’il était temps que nos chemins ne se croisent plus pendant un moment. Je suis donc parti, laissant Rolf dans le manoir. Lors de mon départ, il m’a juste demandé de ne pas offenser d’autres ducs. Si mon frère a souri, sur le coup, ce n’était pas le cas de Rolf. Le souvenir de la colère du prince Martial de Bellifère, ajoutant à cela mes mains mutilées, suffisait pour que Rolf pense que je vieillissais mal. Il ne me le disait pas, mais je le voyais dans son regard, et plus encore depuis que je l’avais trahi. Je me sentais affreusement mal à l’aise. Mon fils pensait que je devenais sénile, et c’était très douloureux de le voir déambuler dans le manoir, essayant d’assumer les charges de seigneur, et tout en me conseillant d’aller me reposer. Mais que croyait-il ? J’avais encore de belles années devant moi, et ce n’était pas parce que j’avais offensé un ou deux ducs que j’allais me retrouver incapable de gérer le domaine !
Je suis donc parti, le cœur lourd. Je n’avais pas vraiment de destination précise. Perdu dans mes pensées, c’est le domestique que j’avais pris avec moi qui avait décidé de l’endroit où nous irions nous arrêter. Un soir, dans une auberge, en ouvrant mon carnet, je décidais d’aller me changer les idées, et de reprendre l’écriture de mon livre. Et, pour cela, rien de tel qu’un voyage à Ibelin !

Je clignais des yeux, un domestique impérial s’était dirigé vers moi, pour me demander la raison de ma présence ici. Je lui expliquais que j’étais une connaissance de Sixtine d’Ibelène, et que j’étais attendu. Il hocha la tête, et me fit entrer dans le hall. Après un moment d’attente, on me fit enfin entrer. J’entrais dans le bureau et m’inclina aussi respectueusement que me le permettaient mes blessures, vieilles et nouvelles. Sixtine et moi partagions un même centre d’intérêt, l’Histoire. Et c’est pour cela que nous nous sommes si bien entendu dés notre rencontre. La jeune femme s’excusa pour l’attente, et me dit qu’elle était heureuse de me revoir. Puis elle me proposa de quoi manger. Je me redressais, dissimulant une grimace de douleur, et répondis :

« - Le trajet s’est bien déroulé votre Majesté, je vous remercie. Et je suis désolé, j’ai déjà mangé, en cours de route. Je me tus, relevais la tête et repris : « J’espère ne pas vous déranger, j’arrive surement au mauvais moment. »
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyMar 30 Jan - 16:40

Cela te fait du bien. Une petite pause de passion après quelques calculs bien compliqués. La trésorerie impériale représente une grande part de tes tâches mais tu te refuses à l'abandonner. Tu as des devoirs, des obligations à remplir et tu le feras, pour l'honneur d'Ibélène, pour la mémoire de tes parents. Tu es bien décidée à montrer à l'empire qu'elle digne princesse tu es.
Ton sourire est des plus charmants avec le seigneur blessé et tes manières sont des plus délicates. Comme toujours, tu entretiens l'image de cette princesse parfaite, même si, dans ce cas, tu n'as pas à beaucoup forcer. Tu apprécies sincèrement le seigneur d'Ysgramor, surtout grâce à cette passion commune qui vous habite. Tu as déjà appris mille choses avec lui et est pressée d'en savoir plus. C'est une parenthèse très agréable après ces calculs brumeux et une discussion qui se promet d'être passionnante, bien loin des chichis habituels que peuvent te servir tes dames de compagnies.

-Vous ne me dérangez aucunement, seigneur, et votre présence m'offre un certain plaisir ainsi qu'une excuse honteuse pour me sortir la tête de quelques tâches moins passionnantes.

Ton sourire est angélique, limite embarrassée. Au fond, tu apprécies les responsabilités plus nombreuses qui se sont reporté sur toi, même si tu préfères franchement que tes parents soient encore de ce monde. Tu aimes ces responsabilités mais pas la façon dont tu les as obtenu, c'est une certitude.

-Néanmoins, j'ose espérer que vous me pardonnerez ma gourmandise, je vous avoue avoir tout de même un peu faim.

Hjördis s'approche de toi tandis que tu commandes un plateau avec un thé et quelques douceurs. Le moment promet d'être agréable et un thé ne fera qu'accroître cette perspective. Avec nostalgie, tu te rappelles un peu ton enfance, où tu écoutais les histoires des autres avec un thé et des gâteaux. D'une certaine façon, cette entrevue te permet de te sortir quelques minutes de ce lourd rôle qui est le tien. Juste l'espace de quelques temps, de quelques histoires. Hjördis revient quelques minutes plus tard avec ta commande et tu t'installes confortablement, une tasse à la main.

-Votre lettre titille ma curiosité. Qu'avez-vous donc d'important à me dire, pour solliciter ainsi pareille entrevue ? demandes-tu avec une pointe d'amusement. Je vous en prie, ne me faites plus ainsi languir et dites-moi tout.

Est-ce ce livre ? Tu l'espères sincèrement. Ou alors a-t-il souhaité te relater une découverte incroyable, connaissant ton goût très prononcé pour l'histoire.
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptySam 3 Fév - 17:02

Incliné comme je l’étais, je sentais mon genou qui, peu à peu, se réveilla pour me rappeler qu’il n’était plus fait pour ce genre de postures. J’attendis que Sixtine me réponde pour me redresser. Son sourire était des plus charmants. Je savais qu’elle m’appréciait, même si je ne savais pas encore pourquoi. Il y avait sa passion pour l’Histoire d’Arven, et le fait qu’elle avait adoré écouter mes récits et mes anecdotes. Mais mes récents différents avec le duc de Bellifère et le duc d’Erebor m’avaient quelque peu refroidi au sujet de mes relations avec la haute noblesse. J’avais compris qu’il fallait que je me montre prudent. Hélas, il était bien trop tard pour ça. Ma réputation était maintenant faite. Et je ne doutais pas que, d’ici peu, j’allais devoir répondre de mes actes devant le duc de Valkyrion. Celui-ci devait sans doute se demander pourquoi un de ses sujets avait la tendance factieuse de se mettre à dos d’autres souverains, et il devait sans doute se poser la question au sujet de ma loyauté. Je craignais de voir arriver ce jour. Rolf obtiendrait surement gain de cause, s’il parvenait à persuader la haute noblesse que je n’étais plus apte à diriger Ysgramor. Je serrais les doigts sur ma canne, et déglutis. Je devais me montrer prudent, et prouver que j’étais encore capable d’être un seigneur digne de ce nom.

La princesse me dit que je ne la dérangeais pas, bien au contraire, car je lui permettais d’oublier pendant un temps ses principales préoccupations. J’inclinais la tête, respectueux, et refusais polimment son offre de nourriture et de boisson. L’anxiété, la peur de mal faire me tordait l’estomac. Où était passé cette confiance que j’avais en moi ? Où était passé ma force ? J’avais l’impression d’être retourné quelques décennies en arrière, quand mon père m’a présenté pour la première fois à la haute noblesse. Je me rappelais de ce jour comme si c’était hier. Du haut de mes sept ou huit ans, j’étais resté totalement immobile. Paré de ma plus belle tenue, mon père vantait mon intelligence, ma capacité à apprendre très facilement, mais se plaignait de ne pas avoir encore fait de moi un homme d’arme digne de ce nom. J’avais senti les regards d’abord polis, puis indifférent de ces nobles qui m’étaient bien supérieurs, et cela m’avait rendu mal à l’aise. Droit comme un i, répondant poliment et timidement à ce que l’on me disait. Quelques années plus tard, j’avais appris à avoir confiance en moi, et rencontrer les autres nobles n’était plus un problème. Enfin, jusqu’à aujourd’hui.

Sixtine m’avoua qu’elle avait faim, et commanda de quoi boire et manger. Je gardais la tête inclinée, ne sachant que dire. Immobile, la main sur ma canne, j’attendis que Hjördis revienne avec le thé et les gâteaux de Sixtine. Celle-ci devait d’ailleurs sentir que je n’étais pas à l’aise, et je m’efforçais tant bien que mal de me détendre. Je relevais la tête, quand la voix de la princesse retentit. Avec une pointe d’amusement, elle me demanda ce que j’avais d’important à lui dire, car ma lettre avait réveillé sa curiosité. Elle me demanda de ne pas la faire languir plus longtemps. Je me permis un petit sourire et, tout en restant debout, je lui répondis :

« - C’est un projet que j’ai entrepris il y a à peu près deux ans votre Majesté. Je compte écrire un ouvrage, résumant au mieux l’Histoire d’Arven, et faire en sorte qu’elle soit accessible par tous. » Je me tus, et la regarda dans les yeux. Elle semblait très intéressée. Je pouvais donc enchainer : » J’ai déjà entrepris quelques voyages, dans différents duchés, afin de consulter leurs archives. Certains voyages se sont bien déroulés, d’autres non. Mais je ne perds pas espoir. »
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyLun 12 Fév - 0:32

Tu le considères avec un léger amusement alors que tu te rends compte qu'il reste debout. Le pauvre homme est trop bien éduqué pour ne pas s’asseoir sans y avoir été invité auparavant et, au fond de toi, cette attitude courtoise t'arrache quelques sourires intérieurs. Tu le laisses t'exposer la raison de sa visite, piochant quelques raisins en le fixant avec ta douce politesse qui te caractérise. Tu hoches un peu la tête également mais reste silencieuse. D'abord, pour le laisser t'expliquer. Ensuite, parce que tu réfléchis. Tu as espéré qu'il te consulte au sujet du livre et c'est le cas. Tu as également eu vent des rumeurs concernant son attitude envers le duc d'Erebor. Toutefois, tu as décidé de ne pas mettre ça sur le tapis. Cette histoire ne te concerne pas et le seigneur d'Ysgramor n'a jamais manifesté la moindre impolitesse envers ta personne. Il n'y a eu donc aucun outrage et tu ne peux juger une scène dont tu n'as pas été témoin. Surtout que, plus que jamais, tu as besoin du soutien de tous les nobles. Même s'ils ne sont issus que de la petite noblesse. Au bout d'un certain temps, toutefois, tu reprends la parole.

-Asseyez-vous donc,
l'invites-tu. La conversation promet d'être longue et vous n'allez pas rester ainsi tout ce temps.

Tu lui souris chaleureusement tout en désignant la place vide en face de toi. Tu grignotes encore quelques fruits, agrémenté d'un bon thé bien chaud avant d'enchaîner.

-Ainsi donc vous avez l'optique de rédiger l'histoire d'Arven, répètes-tu en choisissant soigneusement tes mots. Voilà un projet très ambitieux que je ne peux qu'approuver.

Tu souris doucement.

-Ma passion pour l'histoire ne vous est pas inconnue, un tel projet ne peut que me transporter de joie. Mais effectivement, la tâche n'est pas aisée, et vos recherches doivent être considérables ! Vous souhaitez avoir accès à la bibliothèque du palais impérial ? En quoi puis-je vous aider ?

Tu n'as certes pas la prétention de te croire meilleure que lui sur le domaine. Tu n'as que vingt-trois ans et tu n'es pas diplômée de l'Académie. Tu reconnais volontiers les connaissances du seigneur d'Ysgramor en la matière et tu sais pertinemment que tu n'as pas grand chose à lui apprendre. Voire rien du tout. Cependant, tu aimes véritablement l'Histoire et peut te targuer d'être plutôt cultivée dans ce domaine. S'il y a un moyen d'épauler le seigneur, ne serait-ce que par des relectures, tu le feras volontiers. Tu ne le considères même pas comme un travail de plus, mais comme une bonne façon de se détendre après une longue journée épuisante. En tout cas, tu comptes bien lui demander quelques pages à lire, s'il veut bien te les accorder. Rien que pour te donner un avant-goût de ce qui promet être une véritable œuvre. Surtout que l'histoire d'Arven est un domaine lourd et vaste qui est inépuisable. L'histoire s'écrit chaque jour qui passe et elle nécessitera peut-être des mises à jours régulières. Il ne suffit de voir à quel point elle a changé en quelques mois. Maintenant, la mort de tes parents ne peuvent que y figurer. En réalité, chaque jour de passé est une page de plus à relater dans ce livre qui, au final, paraît interminable. Le jeu en vaut la chandelle.
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyMar 13 Fév - 19:59

La princesse me désigna un siège vide, en face de moi, et m’invita à m’asseoir. Mon genou allait sans doute hurler son soulagement. Mais mon malaise n’en serait pas diminué. Je ne savais pas pourquoi je me sentais aussi gêné. Peut-être parce que je n’avais pas parlé à une personne aussi haute placé depuis ma confrontation avec Martial de Bellifère, ou alors parce que j’avais encore du mal à me remettre de ma dernière dispute avec Rolf, qui nous avait arraché des larmes à tous les deux. Je pense que c’était sans doute un vicieux mélange des deux. Je m’assis donc, après avoir exposé la raison de ma venue ici. La princesse me souriait chaleureusement, essayant de me mettre à l’aise. Une fois assis, je me détendis. Une main sur mon bras blessé, je la regardais piocher dans les fruits. Elle était vraiment à l’aise avec son rôle, pour son âge, c’était tout simplement admirable. Tout en choisissant soigneusement ses mots, elle me dit qu’elle ne pouvait qu’approuver mon projet. Je me permis un petit sourire. C’était déjà ça de gagné. Maintenant, je devrais pouvoir obtenir son aide sans trop de problème.

Sixtine du lire dans mes pensées, car elle reprit en me disant que sa passion pour l’Histire d’Arven ne m’était pas inconnu, ce à quoi j’hochais la tête, et elle m’avoua que mon projet la transportait de joie. Tant mieux, avoir une alliée, surtout aussi importante et aussi bien placée que Sixtine d’Ibelène, ne pourrait m’apporter que des bénéfices. Je posais les mains sur mes cuisses, attendant la suite avec grand impatience. Elle me sourit, et me demanda si je voulais avoir accès à la bibliothèque impériale, et si j’avais besoin de son aide, car mon travail ne serait pas aisé, tant les recherches étaient considérables. Je souris à mon tour, étonné par sa clairevoyance. Sixtine me demandait si je voulais aller dans la bibliothèque, elle me le proposait ! C’était un cadeau inespéré. Anthim devrait prendre exemple sur cette jeune femme, sinon quoi nous n’en serions jamais arrivés là.

Je passais une main dans mes cheveux, conscient que je ne devais faire aucune erreur. Sixtine me proposait certes ce dont pourquoi j’étais venu ici aujourd’hui, mais je savais que tout se méritait dans la vie. Anthim et Martial me l’avaient bien fait comprendre. Eh… En parlant de ces deux-là… Il me vient une idée. Sixtine pourrait agir à ma place auprès d’eux. Son influence ferait qu’ils seraient sans aucun doute d’accord pour lui livrer les informations que je cherchais. Je laissais échapper un petit sourire, tout en réfléchissant. Sixtine semblait désireuse de m’aider, autant que j’en profite un maximum. Comme ça, j’obtiendrais les informations et les secrets tandis qu’elle aurait la satisfaction d’avoir contribué à l’écriture de mon ouvrage. Je levais le regard vers elle et lui répondis sur un ton reconnaissant :

« - Vous êtes très perspicace votre Altesse. C’est bien pour cette raison que je suis venu vous voir aujourd’hui. » Je me tus, l’espace de quelques secondes, et reprit, sur un ton cette fois ci hésitant : » Je suis également venu demander votre aide, car mes recherches sont dans une impasse, par ma seule et unique faute.. »

Je me tus, elle était sans doute au courant de mes différents avec Anthim d’Erebor, mais pas forcément de celui avec Martial. J’allais sans doute devoir tout lui avouer, si je voulais obtenir son aide.
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyVen 23 Fév - 14:02

Devant toi ce tien un homme qui a un rêve. Un rêve fou, un projet qui peut paraître surréaliste, mais un rêve tout de même. Un rêve que tu ne peux te permettre de briser, par respect pour tes propres rêves. Et un rêve que tu juges assez grand pour qu'il ne soit pas perdu de vue. Bien évidemment, il peut paraître très prétentieux de retracer toute l'histoire d'Arven. Chaque duché a sa propre histoire, riche en événements, riche en légendes et riche en merveille. Retracer l'histoire complète de chaque duché peut prendre tellement d'année qu'une vie ne suffira pas. Le projet est ambitieux et pourtant, il te paraît important. Il te paraît important que chaque personne puisse savoir d'où il vient et comment le présent a été façonné. Il te semble aussi important de connaître tout ce passé pour forger un futur meilleur. Au final, c'est la projet de plusieurs vies, le rêve de plusieurs hommes. Beaucoup ont voulu le faire, ils ont tous failli. Projet abandonné, lassé par l'énorme travail qu'il demande. Le seigneur d'Ysgramor a l'air de s'y tenir, avec une détermination qui lui fait honneur. Silencieuse, tu l'écoutes, le laisses t'exposer son point de vue sur la question, tandis que sa phrase finit par mourir dans le silence. Tu as eu vent de cette histoire avec le duc d'Erebor. Une malencontreuse aventure, attirée par une maladresse diplomatique certaine. Tu peux pardonner de tels propos parce qu'ils ne concernent pas ton duché et parce que tu es la princesse d'un empire. Ta politique réside dans l'unification de chaque duché d'Ibélène et non dans les altercations entre deux duchés. Tu comprends aussi la position du seigneur d'Ysgramor. En tant qu'Historien, l'histoire passe en premier, faisant fi du reste. Néanmoins, sa passion l'a entraîné sur un terrain dangereux et tu le considères avec une certaine compassion alors qu'il se tient devant toi, nullement prêt à abandonner cette idée folle, mais ô combien compréhensible. Aussi, tu prends ton temps avant de répondre, choisissant tes mots. Tu n'as nullement envie de blesser sa dignité, même si son statut est bien en-dessous du tien. Tu as l'habitude de traiter tout le monde avec respect, tant qu'ils le sont aussi. Et toi, tu n'es guère offensée par les propos du seigneur d'Ysgramor.

-Je crois deviner où vous voulez en venir, seigneur d'Ysgramor, mais je suis au regret de vous informer que vous ne pourrez pas compter sur mon aide auprès du duc d'Erebor, expliques-tu d'un air sincèrement navré. Je ne peux plaider votre cause et commettre l'erreur de le froisser dans les circonstances actuelles.

Tu n'as pas le pouvoir de faire plier le duc d'Erebor. Et même si tu l'as, tu ne le feras pas. Les Erébiens n'aiment pas beaucoup les étrangers et c'est un peuple fier. Aller expliquer au sultan lui-même comment revisiter sa position sur un seigneur de Valkyrion alors qu'il a lui-même décidé de la marche à suivre serait une grave erreur diplomatique. Il est hors de question que tu fasses une chose pareille. C'est malheureux, mais le seigneur d'Ysgramor devra se sortir de cette situation tout seul. Dans les palais ducaux, les ducs sont seuls maîtres à bord. Même ton père ne risquerait pas une telle demande. Les duchés ont besoin d'être soudés en ces temps de guerre. Mais cette paix intérieure est fragile et ce n'est pas en pointant du doigt les erreurs des uns que l'on arrangera les affaires, bien au contraire.

-Je suis touchée par votre histoire, seigneur d'Ysgramor, et vous pouvez compter sur mon soutien et mon aide dans la mesure de mes capacités. Mais je n’intercéderais pas en votre faveur auprès de ceux que vous avez froissé.

Tu as parlé d'une voix douce et conciliante, nullement agressive, mais qui laisse tout de même transparaître le côté implacable de tes propos. Ainsi as-tu parlé. Tu ne reviendras pas dessus.
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyDim 25 Fév - 21:34

J'entendais presque le rire de Frida. Elle m'avait toujours dit que j'avais la naïveté d'un enfant. Quand je me mettais à espérer qu'il puisse se produire des choses quasiment impossible, je me souviens qu'elle m'embrassais la tête, et qu'elle me murmurait en riant doucement que même Rolf, Elanin, ou son enfant encore à naitre n'y croirait. Je la voyais s'arrondir, ne me doutant pas que j'allais la perdre quelques mois plus tard, et je souriais devant son commentaire. Frida... Elle savait me remettre dans le droit chemin quand j'avais tendance à trop dévier. Si elle avait été là, jamais je n'aurais offensé le duc d'Erebor, jamais je n'aurais été réduit à mendier de l'aide pour arriver à terminer mon travail. Mais je tentais quand même le coup. Qui ne tente rien n'a rien comme on dit. Dans mon cas, on devrait plutôt dire, qui tente n'arrive à rien. Je laissais ma phrase se perdre dans le silence, et je savais que Sixtine avait compris où je voulais en venir. Son regard me disait déjà sa réponse, mais elle prit quand même le temps de m'expliquer pourquoi elle ne pourrait pas m'aider.

Elle ne pouvait commettre l'erreur de froisser le duc d'Erebor comme je l'avais fait moi. Elle tenait à conserver tout le soutien de tous les ducs d'Ibelène, et elle ne risquerait pas de compromettre cette amitié pour un petit seigneur de pacotille. Je baissais la tête, honteux d'avoir été, une nouvelle fois, aussi naïf. La voix de Sixtine restait douce, conciliante, mais je sentais mon cœur se serrer un peu plus à chaque mot prononcé. Je baissais les yeux, gêné, et regardais mes doigts mutilés. Je caressais, du bout des doigts, le moignon de l'auriculaire de ma main gauche. Cela faisait longtemps que la douleur m'avait quitté à cet endroit, mais j'avais ressenti d'intenses démangeaisons pendant de longues semaines. Des démangeaisons sur un morceau de doigt qui n'existait plus. Des démangeaisons que je ne pouvais pas gratter. Je regardais donc ce moignon, qui représentait, avec l'autre de la main droite et mon genou brisé, le symbole de mon échec cuisant. La princesse Sixtine me dit, sur un ton ferme, qu'elle était touchée par mon histoire, mais qu'elle ne m'aiderait pas, pas pour ça.

Je parvins à retenir un soupir et, au lieu de cela, je lui fis un sourire. Un sourire qui cachait tant bien que mal ma honte et mon mal être. Elle ne reviendrais pas la dessus. Je relevais les yeux vers elle et lui dit :

"- Je suis désolé. Je n'aurais jamais du vous demander cela, alors que la seule manière de régler cela est que... Que je me fasse pardonner."
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyJeu 1 Mar - 21:29

Tu compatis tout de même. Vraiment. Le pauvre homme a fait les frais de sa maladresse. Il semble le regrette également. Mais tu comprends ce qui l'a poussé. Tu comprends que sa passion pour l'Histoire l'ait poussé au-delà des limites à ne pas franchir. Très certainement que tu agirais différemment. Tu l'aurais juste remis fermement à sa place, d'un ton très dur et froid. Mais tu n'es pas Erébienne. Et, plus encore, tu n'es pas la sultane du duché du roc et du sable. Tu ne connais que très peu Anthim d'Erebor. Pas assez pour connaître l'homme qu'il peut être. Mais ses agissements définissent plutôt bien le sultan qu'il est. Un homme que tu respectes et que tu admires dans sa façon de régenter son duché. Tu le sais intransigeant mais tout de même juste. Mais, comme tous les Erébiens, il est fier et sa fierté est aisément froissée par quelques paroles maladroites. Tu sais aussi que les mots ne signifient pas grand chose pour lui tant que les actes n'ont pas prouvé leur valeur. C'est un homme qui accordera sa confiance à des faits concrets plutôt qu'à de belles paroles qui, effectivement, peuvent facilement être vide de sens. Voilà ce que tu peux dire sur lui. Et avec tout ça, tu sais où es ta place. En-dessous de la sienne, sans aucun doute. Mais, plus important, tu devines qu'il ne se laissera pas attendrir par une lettre de ta part priant de revisiter son opinion sur le seigneur d'Ysgramor. Au contraire, tu risques de le froisser encore plus et tu ne parviendrais qu'à baisser dans son estime et ôter toute chance au seigneur d'Ysgramor de prouver ses regrets. Aussi, l'unique bénéfice que peut tirer le seigneur de toi, c'est ton appui moral. Ta compréhension, également. Au moins, il peut compter là-dessus. Peut-être même pourrais-tu en référer à Astrid, auprès de qui tu t'es rapprochée ces derniers temps. Mais tu ne feras que présenter un projet en mettant en avant l'intérêt que toi-même tu portes à cette affaire. En aucun cas tu te permettras de lui donner ton autorisation de parcourir la bibliothèque de Svaljärd. Une fois encore, Astrid est d'un rang supérieur au tien. Et, quand bien même tu seras impératrice, tu n'as pas à imposer au couple ducal comment ils doivent gérer leur duché. Il ne faut pas oublier que ton père a revêtu ce noble rôle après le consentement des ducs d'Ibélène. Feue ta mère n'a d'ailleurs jamais manqué une occasion de te rappeler ce fait. Pour avoir le soutien des ducs, il faut gagner leurs cœurs. Une fois fait, il est primordial de tout œuvrer pour leur prouver que vous n'oublierez jamais grâce à qui vous tenez cette place. Enfin... maintenant ni ton père ni ta mère ne peuvent s'en occuper et la tâche revient à ton frère. Et son inexpérience totale. Une époque sombre plane au-dessus d'Ibélène. Mais bon. Tu es là pour partager quelques moments de plaisirs, non pour ressasser de sombres pensées. Tu adresses alors un sourire compatissant au seigneur.

-Ce n'est rien, seigneur d'Ysgramor. Je comprends. Mais vous avez raison. C'est vous seul qui est maître de vos excuses. Et le duc d'Erebor y sera plus sensible que si j'émets quelques mots en votre faveur, croyez-moi.

Plus sensible certainement, mais de là à pardonner sur de simples excuses. Tu sais déjà que le chemin du seigneur d'Ysgramor sera long et difficile. Mais tu crois en ses capacités et tu ne doutes pas que sa passion pour l'histoire et sa détermination dans son projet suffiront à lui ouvrir la bonne voie. Au moins reconnaît-il ses tords.

-Vous êtes le mieux placé pour savoir à quel point l'Histoire n'est jamais écrite à l'avance,
poursuis-tu avec un sourire encourageant. Pour ma part, je suis convaincue du bien fondé de votre projet et vous pouvez donc compter sur mon aide. Pour le reste, laissez le temps faire son œuvre.

Sur ce, tu attrapes encore quelques grains de raisins. Le passé appartient au passé. Tu as assez confiance en lui pour savoir qu'il ne réitérera pas les mêmes erreurs et qu'il se servira de cette mauvaise expérience pour avancer.
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyVen 2 Mar - 21:28

Quelle humiliation. Ma naïveté me portera toujours préjudice, quoique je fasse. Ma passion et ma détermination à parvenir à mes fins m’avait poussé à commettre des actes irréfléchis, et à dire des paroles que je regrettais encore aujourd’hui. C’était en partie à cause d’elles que j’avais offensé Anthim, et que Rolf refusait de m’adresser la parole depuis plusieurs semaines. A la pensée de mon fils, seul, en Ysgramor, je baissais la tête. J’espérais sincèrement que nos relations s’améliorent. Je n’aimais pas le savoir en colère contre moi. S’il venait à m’arriver quelque chose, je ne voulais pas que notre dernière discussion se soit déroulée sur un fond de disputes et de tensions. Je savais que, dans tous les cas, l’un de nous allait devoir plier. Il était mon fils, et, tant qu’il serait sous mon doigt, il devra m’obéir, mais, s’il renonçait à cette folie, ce sera à contrecœur. Il m’obéira, pour le bien du domaine, mais cela ne changera rien pour ses… Ses choix de partenaires.
Quant à Anthim, j’allais devoir me montrer prudent. La seule manière que je voyais pour obtenir son pardon était de lui écrire. Une lettre me permettra peut-être de revenir dans le duché, ou, à la limite, d’écarter mes enfants de cette punition qui m’avait été infligée. Mais, dans tous les cas, je n’obtiendrais jamais le plein pardon. Il subsistera toujours cette méfiance, ce mépris qu’Anthim ressentira à mon égard.

Je m’excusais donc, pour m’être permis de formuler une telle demande. Je me sentais terriblement mal à l’aise. Mais Sixtine me dit que ce n’était rien, et, qu’effectivement, moi seul pouvait arranger ma situation vis-à-vis d’Anthim. Je baissais la tête. J’avais peur. Rien que le fait d’écrire une simple lettre me tordait l’estomac. Je doutais franchement qu’Anthim accepte mes excuses du premier coup. Le chemin pour y parvenir sera long, semé d’embuches, peut-être même me mènera-t-il à une impasse. J’hochais la tête, incapable de prononcer le mot. Je regardais les moignons de mes doigts. Qu’étaient devenus les morceaux que j’avais perdu ? Sans doute jetés, donnés à des chiens, brulés. Je me rappelais encore très bien des deux premiers jours que j’avais passé en cellule. Les rares moments où j’étais conscient, j’avais supplié les gardes de me donner de quoi me soigner. Mes blessures saignaient, et je m’affaiblissais de plus en plus. Je n’avais récolté que des coups, puis, au bout d’un moment, j’avais pu obtenir de l’eau pour boire et nettoyer les plaies. Pour les bander, j’avais déchiré ma propre chemise pour en faire des bandages de fortune.

Penser à cela n’avait pas dissipé mon malaise, bien au contraire. Mais Sixtine, voyant sans doute que je n’étais pas bien, me fit un sourire encourageant, et me dit que j’étais le mieux placé pour savoir que l’Histoire n’était jamais écrite à l’avance. Elle était convaincue du bien fondé de mon projet et je pouvais donc compter sur son aide. Je parvins à sourire et à lui répondre :

« - Vous êtes d’une grande bonté votre Majesté. Je vous remercie pour votre bienveillance. Je veillerais à vous faire parvenir des extraits de mon ouvrage. Et… Oh ! » Je sortis d’une de mes poches intérieures un paquet de feuilles et je le lui tendis : « J’ai pris quelques notes sur quelques évènements récents, auxquels j’ai pu assister, si ça vous intéresse…. »

J’avais rédigé sur ces feuilles un témoignage sur l’attaque des machines tueuses à Svaljard, sur la libération de la Chasse Sauvage, mais également sur le couronnement de Chimène de Faërie. Bref, cela n’était que de simples notes pour le moment, mais je comptais les rédiger pleinement pour les intégrer à mon ouvrage. A défaut de la raconter, ne pouvais-je pas écrire l’Histoire ?
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyMer 7 Mar - 23:52

Tu sens le malaise du seigneur d'Ysgramor. Tu espères que la conversation revienne vite à son utilité première. Déjà, parce que tu sais que cela ne sers à rien de ressasser ainsi une erreur du passé. Ce qui est fait, est fait. Ensuite, parce que tu n'as pas non plus tout le temps du monde devant toi. Tu peux accorder quelques heures au seigneur d'Ysgramor, tu es même prête à le revoir régulièrement parce que tu tiens réellement à ce projet. Toutefois, ta priorité est bien loin des rêves du seigneur kyréen. Tu as un palais à gérer, et, surtout, un empire à surveiller. Fort heureusement, il passe bien vite dans le vif du sujet. Tu n'as cessé de le contempler poliment, avec ce sourire si doux qui te caractérise tant et qui t'apporte nombreuses appréciations. Si seulement les gens savaient... tu penses que tu ne ferais pas l'unanimité. Mais pour le moment, les choses sont ainsi et tu comptes bien en profiter. Cela t'amène certaines informations nécessaires qui te permettent d’œuvre dans l'ombre et de conseiller au mieux ton frère. Ton sourire s'élargit et tu inclines légèrement la tête en signe de remerciement, face aux compliments qui te sont proférés.

-Cela me plairait beaucoup, approuves-tu en tendant les mains pour récupérer les feuilles. Je suis flattée de l'intérêt que vous portez à mon humble point de vue.

Tu es peut-être princesse impériale, mais tu n'es pas Historienne et tes connaissances de l'Histoire sont bien éloignées de celles de ton interlocuteur. Aussi, tu es sincèrement touchée de constater que le seigneur d'Ysgramor semble accorder un réel intérêt à ton opinion sur ce sujet si intéressant. Les quelques minutes qui suivent sont placées sous le signe du silence alors que tu lis les quelques notes rédigées par l'Historien. Les notes font référence à des événements plutôt récents. Tu en conclus que le seigneur d'Ysgramor les a rédigé pour les avoir lui-même vécu, de façon la plus factuelle possible. Ainsi, se déroule une nouvelle fois sous tes yeux les terribles événements de Svaljärd, ravivant la vive douleur de ta famille brisée. Mais ton visage reste de marbre et tes yeux demeurent secs. Devant toi sont tracées lignes de l'histoire récente. D'une histoire que tu as pu connaître. Il s'agit là de fait. De réalité. Toutes les réalités du passé ne sont pas des jolis contes aux fins heureuses. L'Histoire est fascinante, de par sa cruauté et des belles surprises qu'elle peut révéler. Svaljärd fait partie des pages sombres de l'Histoire. Mais les faits sont là. Inéluctables.
Tu finis par relever la tête et lui tendre les feuillets. Tu n'as en rien perdu de ton petit sourire et c'est avec le sérieux de celle qui veut être la plus précise possible que tu t'adresses à lui :

-Voilà qui est fort prometteur, seigneur. Vous nous offrez une belle ébauche des récents événements qui ont frappé notre continent. Il est en effet important que le monde se souvienne de ces faits marquants, car nous vivons une période de changement et jamais l'avenir n'a paru si incertain.

Et devant ce brumeux futur, savoir comment vous en êtes arrivés là demeure primordial. Tout comme ne jamais oublier ce passé qui a forgé votre avenir.
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyDim 11 Mar - 16:57

J’étais mal à l’aise. Evoquer mon voyage en Erebor ne me plaisait guère. Je me rappelais encore très bien chaque heure passée dans ce cachot, du moins, les heures durant lesquelles j’étais conscient. Le souvenir de cette période était profondément ancré dans ma mémoire, et il n’était pas rare que je me réveille en sursaut et en sueur, dans mon lit, après avoir rêvé des gardes d’Anthim et de leur lame qui me tranchaient d’abord les doigts, puis mes membres. Je frissonnais. Mon fils pensait que j’étais devenu sénile. Mon propre enfant m’avait dit que je n’étais peut-être plus apte à gérer le domaine, et que je devrais lui laisser la main pour me reposer. Ses paroles m’avaient laissé sans voix. Rolf n’avait plus confiance en moi. Tout cela à cause de ma bêtise, de mon entêtement ! Je baissais la tête, puis la relevais aussitôt. Ce n’était pas en parlant de mes problèmes à Sixtine que je parviendrais à obtenir son aide pour mon projet. Je décidais donc de changer plus ou moins de sujet, et de lui montrer les quelques notes que j’avais pu écrire sur quelques évènements récents.

Je me relevais et lui tendis les quelques feuilles que j’avais en ma possession. Elle me dit qu’elle était flattée de l’intérêt que je portais à son point de vue, et je répondis à cela par un petit sourire. Je reculais, me rassis, et profitais de sa lecture pour masser mon genou. Depuis que je m’étais remis de la blessure provoquée par la morsure du chien, les simples tâches de la vie quotidienne, rendues difficiles par mon genou, étaient devenues beaucoup plus compliqués, avec un bras raide. J’arrivais à le plier, au prix d’un certain effort. Je ne pouvais m’appuyer dessus que pendant quelques secondes, et je ne pouvais plus rien porter de lourd avec. Je regardais mon bras, et tentais de le replier contre ma poitrine pendant que Sixtine lisait. Etait-ce finalement une bonne idée d’entreprendre tous ces voyages ? J’en sortais à chaque fois plus abîmé, plus faible, plus vieilli. En l’espace de deux ans, j’avais dû gagner dix ans de vie supplémentaire en apparence. Quand je me regardais dans un miroir, je ne voyais le reflet que d’un homme lassé par son existence. Ses cheveux étaient parsemés de mèches grises, son regard portait une lourde fatigue, il avait besoin de s’appuyer sur une canne pour marcher, et d’un domestique pour l’aider à mettre une chemise. Quelle disgrâce.

Je parvins à replier mon bras, et soupira doucement, quand Sixtine releva la tête. Sa lecture l’avait visiblement perturbée, et je compris qu’elle avait dû relire les évènements qui avaient conduit à la mort de plusieurs membres de sa famille. Mais elle souriait, et je le lui rendis. Elle me dit que c’était fort prometteur, et que j’offrais une belle ébauche des derniers évènements. Elle me dit qu’il était important de transcrire ce qui s’était passé récemment, car nous vivions une période de changement, et que jamais l’avenir n’avait paru aussi incertain. Je penchais la tête, respectueux, et lui répondit :

« - C’est pour cela que je compte inclure ces évènements à mon ouvrage votre Altesse. Je compte également être présent au couronnement de sa Majesté Octave d’Ibelène. Je vous ferais parvenir des extraits de mon ouvrage. Ma plus grande difficulté, pour l’heure, réside dans le fait qu’il doit rester compréhensible par tous, votre avis me serait donc très précieux. »
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Message Sujet: Re: C'est l'Histoire de la Vie   C'est l'Histoire de la Vie EmptyMer 4 Avr - 21:37

Tu hoches la tête. Revivre ces événements, même à travers quelques lignes anecdotiques, est assez douloureux et tu ne souhaites pas trop t'étendre sur le sujet. Mais tu n'es pas non plus offensée. Malheureusement, ces faits font partis de l'Histoire et seront ainsi retranscris dans les livres futurs. Et plus tard, lorsque tu en liras quelques-uns, tu feras de nouveau face à ces souvenirs très douloureux. Le rappel du couronnement de ton frère est également un point sensible à aborder avec toi mais sur ton visage, il ne peut se voir que ce sourire poli qui te caractérise. Tu as beau apprécié le seigneur d'Ysgramor, il est hors de question que tu partages avec lui tes plus sombres secrets. Si les choses se sont nettement améliorées avec ton frère et que tu fais des efforts en ce sens, tu ressens toujours ce mélange d'envie, de frustration et de fureur à l'idée que la couronne ne sera pas pour toi, mais bien pour ton frère. Mais tu as fait une promesse. À lui, à tes parents. À l'empire. Tu ne reviendras pas dessus. Tu as pris une décision et tu tiens tes engagements.

-Ce sera avec un réel plaisir que je les consulterai. N'hésitez pas à me faire part de vos travaux, je suis flattée que vous ayez pensé à moi et je m'efforcerai de vous apporter une critique des plus constructives, dis-tu.

Tu as déjà pas mal de travail mais tu sais que tu trouveras le temps pour étudier ce projet dans lequel tu crois. Si tu dois te forcer à aménager quelques minutes dans ton emploi du temps pour pouvoir lire, alors tu le feras. Tu n'es plus à ça près.

-Altesse ? lance la voix de Hjördis derrière son dos. Veuillez me pardonner mais il est l'heure.

-Merci Hjördis.

Tu lui adresses un petit sourire poli avant de reporter ton attention sur ton visiteur. Pendant un instant tu laisses le silence régner dans ton bureau puis tu pousses un soupir et te redresses :

-J'ai été ravie de cette entrevue, seigneur d'Ysragmor, et j'attends avec impatience vos prochains jets. Veuillez toutefois me pardonner, je dois prendre congé. D'autres obligations nécessitent mon attention.

En même temps, tu as attrapé une petite cloche posée sur la table pour faire tinter sa jolie mélodie. Aussitôt, un majordome apparaît.

-Veuillez conduire le seigneur d'Ysgramor jusqu'à la bibliothèque s'il le désire et l'aider comme vous le pouvez.

Le majordome s'incline respectueusement et attend que vous finissez vos adieux pour exécuter tes ordres. Tu inclines légèrement la tête en signe de salut et lui octroie un autre de tes doux sourires.

-N'hésitez pas si vous avez besoin. Je vous souhaite bien du courage pour la suite de vos travaux et au plaisir de vous revoir prochainement.

Tu attends que le seigneur d'Ysgramoir soit parti et que la porte se ferme pour te tourner vers ton bureau où une pile de dossiers t'attend. Poussant un petit soupir, tu te remets au travail. Tu as voulu plus de responsabilités, tu es servie.
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